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Document 52012DC0068
REPORT FROM THE COMMISSION Alert Mechanism Report
RAPPORT DE LA COMMISSION sur le mécanisme d'alerte
RAPPORT DE LA COMMISSION sur le mécanisme d'alerte
/* COM/2012/068 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION sur le mécanisme d'alerte /* COM/2012/068 final */
1. Introduction Un nouveau départ qui élargit et renforce la
gouvernance économique dans l'UEM Des déséquilibres
macroéconomiques profonds et persistants – qui se manifestent par des déficits
et des excédents extérieurs importants et persistants, des pertes
significatives de compétitivité, un accroissement de la dette et des bulles
immobilières – se sont accumulés au cours de la dernière décennie et expliquent
en partie la crise économique actuelle. Ces déséquilibres sont non seulement
source de difficultés macroéconomiques pour les États membres concernés, mais
sont aussi responsables en partie, de par leurs graves répercussions, des
menaces qui pèsent sur la zone euro. Le présent rapport sur
le mécanisme d’alerte (RMA) marque la première étape de la mise en œuvre de la
nouvelle procédure de surveillance pour la prévention et la correction des
déséquilibres macroéconomiques (ci-après la «procédure concernant les
déséquilibres macroéconomiques», ou PDM). Il contient également le modèle
définitif du tableau de bord d'indicateurs (présenté dans le tableau 1 et
la partie 2). L'exercice d'une surveillance afin de prévenir et de
corriger les déséquilibres macroéconomiques au titre de la PDM est un nouvel
instrument du cadre renforcé pour une gouvernance économique dans l'Union. Cette
mesure figure dans le paquet sur la gouvernance économique («six-pack»), qui
prévoit aussi notamment un renforcement significatif de la surveillance des
politiques budgétaires. La surveillance des déséquilibres macroéconomiques au titre
de la PDM s'inscrit dans le cadre du «semestre européen», qui permet une
analyse intégrée et prospective des défis que l'Union doit relever en matière
de politique économique pour garantir la viabilité des finances publiques, la
compétitivité, la stabilité des marchés financiers et la croissance économique. Objet et champ d'application du
rapport sur le mécanisme d'alerte Le RMA fonctionne comme
un instrument de contrôle dans lequel la Commission dresse la liste des États
membres qui doivent faire l'objet d'un examen complémentaire pour déterminer
s'ils sont touchés par des déséquilibres préjudiciables[1]
ou risquent de l'être. Il convient de souligner que c'est dans ces analyses
approfondies que les facteurs influant sur les évolutions constatées sont analysés
en détail en vue de déterminer la nature de ces déséquilibres. Ce n'est que sur
cette base que la Commission proposera, le cas échéant, des recommandations
quant aux politiques à suivre, au titre du volet préventif ou correctif de la
procédure. Les analyses approfondies et les propositions de recommandations
s'inscriront dans le cadre du semestre européen. La décision de procéder
à une analyse complémentaire est fondée sur l'évaluation d'un tableau de bord
d'indicateurs établi par la Commission après consultation du Conseil, du
Parlement européen et du Comité européen du risque systémique (voir la
partie 2 et les tableaux 1 et 2 ci-dessous)[2].
Il importe de signaler que les indicateurs du tableau de bord ne sont pas
interprétés de manière mécanique. Les pays sont évalués en examinant
l'évolution des indicateurs dans le temps et en tenant compte des évolutions et
perspectives les plus récentes. L'évaluation tient compte également d'un
ensemble d'informations pertinentes supplémentaires. Ainsi, la Commission
accorde une attention particulière à une série d'indicateurs élargie (voir la
partie 2, tableau 3), qui, de l'avis du Conseil et du Parlement
européen, revêt une importance particulière pour une lecture économique du
tableau de bord. La partie 2 présente
les caractéristiques du tableau de bord du mécanisme d'alerte; la partie 3
fait une lecture horizontale et thématique de la situation, sur la base d'une
lecture du tableau de bord; la partie 4 comprend une analyse du tableau de
bord par pays; enfin, la partie 5 contient les principales constatations
et conclusions. Tableau 1. Indicateurs du tableau de bord et seuils indicatifs (*) || Déséquilibres et compétitivité extérieurs || Déséquilibres intérieurs Indicateur || Balance des opérations courantes (moyenne sur 3 ans) en % du PIB || Position extérieure globale nette en % du PIB || Variation en % (3 ans) du taux de change effectif réel, hors IPCH, par rapport à 35 pays industriels (a) || Variation en % (5 ans) des parts de marché à l’exportation || Variation en % (trois ans) du coût unitaire nominal du travail (b) || Variation en % (en g.a.) des prix immobiliers hors inflation (c) || Flux de crédit au secteur privé en % du PIB (d), (e) || Dette du secteur privé en % du PIB (d), (e) || Dette des administrations publiques en % du PIB (f) || Taux de chômage (moyenne sur 3 ans) Source de données || Statistiques de la balance des paiements, EUROSTAT. || Statistiques de la balance des paiements, EUROSTAT. || Base de données sur la compétitivité-prix et coût, indicateur DG ECFIN. || Statistiques de la balance des paiements, EUROSTAT. || EUROSTAT || Indice harmonisé des prix de l'immobilier d'EUROSTAT, complété par des données BCE, OCDE et BRI || EUROSTAT pour données annuelles et CST, BCE pour données trim. || EUROSTAT pour données annuelles et CST, BCE pour données trim. || EUROSTAT (PDE – définition du traité) || EUROSTAT Seuils indicatifs || +6/-4 % || -35 % Quartile inférieur || +/- 5 % pour ZE +/- 11 % pour hors ZE Quartiles inférieur et supérieur de ZE -/+ écart type de ZE || -6 % Quartile inférieur || + 9% ZE + 12 % hors ZE Quartile supérieur ZE 3 pp || +6 % Quartile supérieur || +15 % Quartile supérieur || 160 % Quartile supérieur || +60 % || +10 % Période pour le calcul des seuils || 1970-2007 || Première année disponible (mi-années 1990)-2007 || 1995-2007 || 1995-2007 || 1995-2007 || || 1995-2007 || 1994-2007 || || 1994-2007 Autres indicateurs pour une lecture économique || Emprunts-prêts nets vis-à-vis du reste du monde (compte de capital + compte des transactions courantes, en % du PIB) || Dette extérieure nette en % du PIB || TCER vis-à-vis du reste de la ZE || Parts de marché à l’exportation sur la base des volumes de marchandises; productivité du travail; tendance de la croissance PTF || CUT nominal (évolutions sur 1, 5 et 10 ans); CUT effectif par rapport au reste de la ZE; autres mesures de la productivité || Prix réels de l'immobilier (évolution sur 3 ans); prix nominaux de l'immobilier (évolution sur 1 et 3 ans); construction résidentielle || Indicateur de l'évolution des passifs financiers du secteur financier non consolidé et du ratio dette/fonds propres || Dette du secteur privé sur la base de données consolidées || || Remarques: (a) l'IPCH est utilisé
pour les partenaires commerciaux de l’UE; pour les partenaires non commerciaux,
un IPC calculé au moyen d'une méthode proche de celle de l'IPCH est utilisé; (b) indice
fournissant le ratio rémunération nominale par salarié/PIB réel par personne
employée; c) évolution des prix de l'immobilier par rapport au déflateur de la
consommation d'Eurostat; (d) par secteur privé, on entend les sociétés non
financières, les ménages et les institutions sans but lucratif au
service des ménages; (e) addition des prêts, et valeurs mobilières autres
que les actions; éléments de passif, non consolidé; (f) la viabilité
des finances publiques étant couverte par le pacte de stabilité et de
croissance, elle ne sera pas évaluée dans le cadre de la PDM; cet indicateur
fait toutefois partie du tableau de bord, car la dette publique participe à
l'endettement total, et donc à la vulnérabilité globale, d'un pays. (*) il est envisagé de mettre au point, d'ici à
la fin de 2012, un indicateur plus large du secteur bancaire/financier. Tableau 2. Tableau de
bord de la PDM pour 2010 || Déséquilibres extérieurs et compétitivité || Déséquilibres intérieurs Année 2010 || Moyenne sur 3 ans de la balance des opérations courantes en % du PIB || Position extérieure globale nette en % du PIB || Variation en % du taux de change effectif réel hors IPCH (3 ans) || Évolution en % (sur 5 ans) des parts de marché à l'exportation || Variation en % des CUT nominaux (3 ans) || Évolution en % et en g.a. des prix immobiliers hors inflation || Flux de crédit au secteur privé, en % du PIB || Dette du secteur privé, en % du PIB || Dette du secteur public, en % du PIB || Chômage (moyenne sur 3 ans) Seuils || -4/+6 % || -35 % || ±5 % & ±11 % || -6 % || +9 % & +12 % || +6 % || 15 % || 160 % || 60 % || 10 % BE || -0,6 || 77,8 || 1,3 || -15,4 || 8,5 || 0,4 || 13,1 || 233 || 96 || 7,7 BG || -11,1 || -97,7 || 10,4 || 15,8 || 27,8 || -11,1 || -0,2 || 169 || 16 || 7,5 CZ || -2,5 || -49,0 || 12,7 || 12,3 || 5,1 || -3,4 || 1,7 || 77 || 38 || 6,1 DK || 3,9 || 10,3 || 0,9 || -15,3 || 11,0 || 0,5 || 5,8 || 244 || 43 || 5,6 DE || 5,9 || 38,4 || -2,9 || -8,3 || 6,6 || -1,0 || 3,1 || 128 || 83 || 7,5 EE || -0,8 || -72,8 || 5,9 || -0,9 || 9,3 || -2,1 || -8,6 || 176 || 7 || 12,0 IE || -2,7 || -90,9 || -5,0 || -12,8 || -2,3 || -10,5 || -4,5 || 341 || 93 || 10,6 EL || -12,1 || -92,5 || 3,9 || -20,0 || 12,8 || -6,8 || -0,7 || 124 || 145 || 9,9 ES || -6,5 || -89,5 || 0,6 || -11,6 || 3,3 || -3,8 || 1,4 || 227 || 61 || 16,5 FR || -1,7 || -10,0 || -1,4 || -19,4 || 7,2 || 5,1 || 2,4 || 160 || 82 || 9,0 IT || -2,8 || -23,9 || -1,0 || -19,0 || 7,8 || -1,4 || 3,6 || 126 || 118 || 7,6 CY || -12,1 || -43,4 || 0,8 || -19,4 || 7,2 || -6,6 || 30,5 || 289 || 62 || 5,1 LV || -0,5 || -80,2 || 8,5 || 14,0 || -0,1 || -3,9 || -8,8 || 141 || 45 || 14,3 LT || -2,3 || -55,9 || 9,1 || 13,9 || 0,8 || -8,7 || -5,3 || 81 || 38 || 12,5 LU || 6,4 || 96,5 || 1,9 || 3,2 || 17,3 || 3,0 || -41,8 || 254 || 19 || 4,9 HU || -2,1 || -112,5 || -0,5 || 1,4 || 3,9 || -6,7 || -18,7 || 155 || 81 || 9,7 MT || -5,4 || 9,2 || -0,6 || 6,9 || 7,7 || -1,6 || 6,9 || 212 || 69 || 6,6 NL || 5,0 || 28,0 || -1,0 || -8,1 || 7,4 || -3,0 || -0,7 || 223 || 63 || 3,8 AT || 3,5 || -9,8 || -1,3 || -14,8 || 8,9 || -1,5 || 6,4 || 166 || 72 || 4,3 PL || -5,0 || -64,0 || -0,5 || 20,1 || 12,3 || -6,1 || 3,8 || 74 || 55 || 8,3 PT || -11,2 || -107,5 || -2,4 || -8,6 || 5,1 || 0,1 || 3,3 || 249 || 93 || 10,4 RO || -6,6 || -64,2 || -10,4 || 21,4 || 22,1 || -12,1 || 1,7 || 78 || 31 || 6,6 SI || -3,0 || -35,7 || 2,3 || -5,9 || 15,7 || 0,7 || 1,8 || 129 || 39 || 5,9 SK || -4,1 || -66,2 || 12,1 || 32,6 || 10,1 || -4,9 || 3,3 || 69 || 41 || 12,0 FI || 2,1 || 9,9 || 0,3 || -18,7 || 12,3 || 6,8 || 6,8 || 178 || 48 || 7,7 SE || 7,5 || -6,7 || -2,5 || -11,1 || 6,0 || 6,3 || 2,6 || 237 || 40 || 7,6 UK || -2,1 || -23,8 || -19,7 || -24,3 || 11,3 || 3,4 || 3,3 || 212 || 80 || 7,0 Remarques: (1) Date
butoir: 30 janvier 2012; * Pays sous
programme (IE, EL, PT, RO); le programme
de soutien à la balance des paiements de la Lettonie s'est achevé le 19 janvier
2012, mais le pays reste sous une surveillance post-programme. Tableau 3. Autres
indicateurs utilisés dans la lecture économique du tableau de bord de la PDM,
2010 Année 2010 || Croissance du PIB réel (% en g.a.) || Formation brute de capital fixe en % du PIB || Dépenses intérieures brutes de R&D en % du PIB || Solde des opérations courantes en % du PIB, données BdP || Emprunts-prêts nets vis-à-vis du reste du monde, en % du PIB, données BdP || Dette extérieure nette en % du PIB || Entrées d'IDE en % du PIB || Solde net des échanges de produits énerg. en % du PIB || Variation en % (3 ans) du TCER vs. ZE (17) || Évolution en % et en g.a. des parts de marché à l'exp., volumes || Croissance de la productivité du travail (% en g.a.) || Croissance de l'emploi (% en g.a.) || Variation en % (sur 10 ans) des CUT nominaux || Variation en % (sur 10 ans) des CUT effectifs vs. ZE (17) || Variation en % (sur 3 ans) des prix nominaux de l'immo. || Construction résidentielle, en % du PIB || Dette du secteur privé, en % du PIB, données consolidées || Passifs financiers du secteur fin., croissance non consolidée (g.a.) BE || 2,3 || 20,2 || 2,0 || 1,5 || 1,3 || -121,8 || 5,7 || n.d. || 1,9 || -5,6 || 1,4 || 0,8 || 22,5 || 4,0 || 6,3 || n.d. || 130,6 || -2,1 BG || 0,2 || 23,5 || 0,6 || -1,3 || -0,5 || 43,6 || 4,9 || -5,9 || : || 3,9 || 6,4 || -5,9 || 72,9 || : || -11,8 || 4,3 || 151,2 || -2,2 CZ || 2,7 || 24,4 || 1,6 || -3,1 || -2,2 || 0,5 || 3,4 || -3,5 || : || 3,0 || 4,5 || -0,9 || 27,1 || : || 4,0 || 4,4 || 71,6 || 2,5 DK || 1,3 || 17,2 || 3,1 || 5,5 || 5,6 || 25,4 || -2,4 || 1,1 || : || -10,4 || 3,6 || -2,0 || 34,5 || : || -14,1 || 4,2 || 244,1 || 7,8 DE || 3,7 || 17,5 || 2,8 || 5,7 || 5,7 || -5,8 || 1,4 || -2,9 || -1,4 || -0,7 || 3,2 || 0,5 || 4,3 || -16,7 || 3,6 || 5,3 || 111,8 || 0,0 EE || 2,3 || 18,8 || 1,6 || 3,6 || 7,2 || 24,1 || 8,1 || -1,5 || 8,0 || 7,7 || 7,4 || -4,1 || 73,8 || 42,4 || -44,5 || 3,3 || n.d. || -10,1 IE || -0,4 || 11,5 || 1,8 || 0,5 || 0,1 || -295,9 || 12,7 || n.d. || -5,2 || -12,4 || 4,0 || -4,2 || 28,7 || 9,4 || -33,8 || 3,0 || 292,8 || 5,9 EL || -3,5 || 16,6 || n.d. || -10,1 || -9,2 || 97,4 || 0,1 || -4,2 || 5,1 || -11,7 || -1,7 || -1,9 || 36,6 || 13,7 || 2,8 || 4,8 || 124,1 || 8,5 ES || -0,1 || 22,9 || 1,4 || -4,6 || -4,0 || 91,7 || 1,8 || -3,0 || 1,0 || -6,8 || 2,6 || -2,3 || 29,2 || 8,5 || -9,9 || 7,5 || 213,9 || -1,8 FR || 1,5 || 19,3 || 2,3 || -1,7 || -1,7 || 23,5 || 1,3 || -2,4 || -0,1 || -6,0 || 1,4 || 0,2 || 22,6 || 3,7 || 0,0 || 6,1 || 137,4 || 2,9 IT || 1,5 || 19,7 || 1,3 || -3,5 || -3,5 || 51,3 || 0,4 || -3,4 || 0,8 || -4,7 || 2,3 || -0,7 || 30,5 || 11,5 || 2,3 || 5,3 || 125,4 || 1,4 CY || 1,1 || 18,6 || 0,5 || -9,9 || -9,7 || 18,4 || 3,3 || n.d. || 0,6 || -5,8 || 1,1 || 0,0 || 32,8 || 9,2 || -6,5 || 6,0 || 289,0 || -7,6 LV || -0,3 || 19,5 || 0,6 || 3,0 || 4,9 || 53,5 || 1,6 || -4,8 || : || 2,9 || 4,7 || -3,7 || 86,0 || : || -46,8 || 2,0 || 135,8 || -0,1 LT || 1,4 || 16,3 || 0,8 || 1,5 || 4,2 || 39,4 || 2,1 || -7,2 || : || 2,5 || 6,9 || -5,2 || 28,6 || : || -32,9 || 1,9 || 76,7 || 0,0 LU || 2,7 || 18,4 || 1,6 || 7,7 || 7,1 || -3312,0 || 386,0 || n.d. || 1,8 || -18,8 || 0,8 || 1,7 || 37,5 || 16,6 || 5,0 || 3,4 || 201,6 || 10,0 HU || 1,3 || 18,0 || 1,2 || 1,1 || 2,9 || 60,3 || 1,4 || -5,0 || : || -2,9 || 0,9 || 0,0 || 53,7 || : || 1,4 || 2,5 || 134,8 || 3,2 MT || 2,9 || 17,7 || 0,6 || -3,9 || -2,2 || -176,2 || 12,8 || n.d. || 3,6 || -2,0 || 0,6 || 2,2 || 32,9 || 11,2 || 7,4 || 2,8 || 164,7 || 18,5 NL || 1,7 || 18,2 || 1,8 || 6,6 || 5,8 || 30,7 || -1,7 || -2,9 || -0,9 || -4,6 || 2,2 || -0,3 || 24,2 || 6,8 || -3,8 || 5,0 || 222,0 || 7,0 AT || 2,3 || 20,5 || 2,8 || 3,0 || 3,1 || 30,2 || 1,0 || -3,0 || 0,2 || -1,2 || 1,7 || 0,9 || 13,2 || -2,8 || 5,6 || 4,2 || 149,7 || -1,5 PL || 3,9 || 19,9 || 0,7 || -4,6 || -2,8 || 33,5 || 1,9 || n.d. || : || -3,8 || 3,5 || 0,6 || 12,8 || : || n.d. || 2,6 || 71,1 || 13,5 PT || 1,4 || 19,8 || 1,6 || -10,0 || -8,9 || 84,4 || 0,6 || n.d. || -2,1 || -8,8 || 3,0 || -1,5 || 24,9 || 4,8 || 6,3 || 3,8 || 224,4 || 10,2 RO || -1,6 || 24,0 || 0,5 || -4,0 || -3,7 || 38,3 || 1,8 || -2,2 || : || 2,4 || 0,2 || -1,8 || 225,5 || : || n.d. || n.d. || 76,7 || 4,5 SI || 1,4 || 21,6 || 2,1 || -0,8 || -0,8 || 31,7 || 0,8 || -5,1 || 3,3 || -2,3 || 4,0 || -1,7 || 52,2 || 30,4 || -2,6 || 3,2 || 118,4 || -3,4 SK || 4,2 || 22,2 || 0,6 || -3,5 || -1,9 || 23,9 || 0,6 || n.d. || 12,8 || 2,4 || 5,7 || -2,0 || 33,9 || 15,7 || -1,2 || 2,7 || 69,0 || 1,6 FI || 3,6 || 18,8 || 3,9 || 1,8 || 1,9 || 28,5 || 2,9 || -2,9 || 2,1 || -8,0 || 5,1 || -1,5 || 21,8 || 3,2 || 8,9 || 6,5 || 155,0 || 19,0 SE || 5,6 || 17,8 || 3,4 || 6,7 || 6,5 || 62,3 || -0,3 || -1,7 || : || -0,7 || 4,4 || 1,1 || 15,6 || : || 13,3 || 3,2 || 221,0 || 2,1 UK || 2,1 || 14,9 || 1,8 || -3,3 || -3,1 || 46,3 || 2,2 || n.d. || : || -5,7 || 1,9 || 0,3 || 30,0 || : || -2,1 || 3,1 || n.d. || 8,0 Remarques: (1) «n.d.»
fait référence aux données non disponibles pour le moment. (2) la date butoir est le 30 janvier 2012; * Pays sous programme (IE, EL, PT, RO); le programme de soutien à la balance des paiements
de la Lettonie s'est achevé le 19 janvier 2012. 2. Les caractéristiques du tableau de bord Le tableau de bord a
été établi par la Commission conformément à l'article 4 du règlement[3]
et après prise en compte des remarques[4]
formulées par le Parlement européen[5],
le Conseil[6],
ainsi que par le Comité européen du risque systémique en ce qui concerne les
questions liées à la stabilité des marchés financiers[7].
Les indicateurs du tableau de bord (voir le tableau 1) sont publics[8]. Pour sélectionner les indicateurs et les
seuils de cette première édition du tableau de bord, la Commission a suivi les
principes directeurs prévus par la législation. Le tableau de bord est composé
d'un petit nombre d'indicateurs pertinents, pratiques, simples, mesurables et
disponibles. Les sources Eurostat ont été utilisées lorsqu'elles étaient
disponibles; dans le cas contraire, une autre source de données de la plus
haute qualité a été utilisée (par exemple, la BCE). La sélection d'indicateurs
vise à permettre une détection rapide des déséquilibres qui se font jour à
court terme et des déséquilibres liés à des tendances structurelles et à long
terme. À cette fin, le choix des indicateurs est axé sur les dimensions les
plus pertinentes des déséquilibres macroéconomiques et des pertes de
compétitivité, un accent particulier étant mis sur le bon fonctionnement de la
zone euro. En ce qui concerne la dette publique, il convient de souligner que
la surveillance dont elle fait l'objet se limite à son rôle dans la formation
de déséquilibres macroéconomiques, étant donné que la viabilité des finances
publiques est déjà couverte par le pacte de stabilité et de croissance[9]. En vue d’éviter un trop grand nombre de
«fausses alertes», les seuils indicatifs ont été fixés à des niveaux prudents,
mais pas à un point tel qu'ils ne permettent de détecter les problèmes qu'une
fois qu'ils sont fermement enracinés. Le tableau 2 contient les valeurs
des indicateurs du tableau de bord, qui se fondent sur des données allant
jusqu'à 2010 (dernière année pour laquelle on dispose de données complètes). Les
parties grisées signifient que la valeur de l'indicateur dépasse les seuils
indicatifs. Ces seuils sont les mêmes pour tous les pays (à l’exception des
indicateurs relatifs aux taux de change effectifs réels et aux coûts unitaires
nominaux du travail, pour lesquels une distinction a été faite entre pays de la
zone euro et pays hors zone euro). De plus, l’évaluation tient compte des
données les plus récentes et des perspectives économiques figurant dans les
prévisions d'automne de la Commission publiées le 10 novembre 2011. Les
valeurs des indicateurs pour les années précédentes et pour la période la plus
récente figurent dans l'annexe statistique qui accompagne le présent rapport[10]. L'évaluation des déséquilibres ne découle
pas d'une application mécanique des indicateurs du tableau de bord et des
seuils qui y sont associés, mais d'une lecture économique, étayée par d'autres
informations et indicateurs tenant dûment compte des circonstances particulières
des pays et de leurs institutions nationales. Dans sa résolution[11],
le Parlement européen a souligné la nécessité d'adopter une approche globale
reflétant les facteurs de productivité et l'évolution du chômage. Il a
également recommandé que les retombées des politiques soient pleinement prises
en considération dans l'analyse du tableau de bord. À cette fin, et
conformément au règlement, des indicateurs supplémentaires ont été pris en
compte (tableau 3). Ils portent notamment sur d'autres aspects liés à la
situation macroéconomique générale (notamment les conditions de la croissance
et les investissements) et à la convergence nominale et réelle à l’intérieur et
à l’extérieur de la zone euro, y compris des aspects relatifs aux résultats
commerciaux et aux particularités des économies en voie de rattrapage
(indicateurs relatifs aux IDE et dette extérieure nette, par exemple). Ils
donnent également une idée du risque que des déséquilibres apparaissent, ainsi
que de la capacité d'ajustement d'une économie (la productivité, par exemple). Faisant
suite aux recommandations formulées par le Conseil, le Parlement européen et le
CERS dans leurs observations sur sa proposition de tableau de bord, la
Commission a par ailleurs incorporé des indicateurs relatifs à l'état des
marchés financiers, qui ont joué un rôle important dans la crise actuelle[12].
Cette série d'indicateurs supplémentaires a été dûment prise en compte dans la
lecture économique du tableau de bord et pour choisir les États membres qui
feront l'objet d'un bilan approfondi. 3. Lecture thématique du tableau de bord Les disparités des balances courantes
ont été réduites, mais n'ont pas disparu avec les crises successives… La forte contraction de l'activité
économique pendant la crise a entraîné une réduction notable des déséquilibres
extérieurs. Plus particulièrement, les États membres qui sont entrés en
récession alors qu'ils affichaient un important déficit courant ont connu une
correction marquée en raison d'une chute plus brutale de la demande du secteur
privé et d'une contraction symétrique des importations. Dans le même temps, ces
dernières années, dans plusieurs des États membres qui enregistraient un fort
excédent courant, la demande du secteur privé a été relativement plus
résistante (bien que peu dynamique) et/ou les exportations ont été freinées par
l'effondrement de la demande mondiale; autant d'éléments qui ont contribué à
réduire quelque peu les excédents courants. Les déficits et excédents élevés de
balances courantes n'ont pas complètement disparu pour autant. L'indicateur du
tableau de bord relatif à la balance des opérations courantes (moyenne sur
trois ans en % du PIB) montre que le déficit dépasse encore le seuil indicatif
de 4 % du PIB en Bulgarie, en Espagne, à Chypre, à Malte, en Pologne et en
Slovaquie, même si, pour certains de ces pays, le déficit courant a continué à
se réduire sur la période la plus récente. Il est possible de réduire la vulnérabilité
potentielle liée aux déficits extérieurs en finançant ces déficits par des moyens
relativement sûrs (IDE ou transferts en capital, par exemple). Les entrées
d'IDE étaient importantes avant la crise dans de nombreux États membres en voie
de rattrapage: ces cinq dernières années, par exemple, elles ont financé plus
de la moitié des déficits courants en Bulgarie, en République tchèque, en
Estonie, à Malte et en Slovaquie. De la même façon, le solde positif du compte
de capital, dans lequel sont généralement comptabilisés les transferts en
capital de l'étranger, a été non négligeable dans une majorité d'États membres
en voie de rattrapage[13]. Néanmoins, certains États membres
continuent d'enregistrer des excédents courants durables: le Luxembourg et la
Suède dépassent le seuil indicatif de 6 %, tandis que l'Allemagne et les
Pays-Bas se situent juste en dessous de ce seuil. D'après les prévisions de l'automne 2011 de
la Commission, la correction des soldes des opérations courantes devrait se
poursuivre au cours des deux prochaines années, même si la réduction des
déficits devrait être modérée dans la plupart des cas, alors qu'aux Pays-Bas,
par exemple, les excédents sont appelés à augmenter (voir graphique 1). En ce qui concerne l'avenir, l'une des
grandes questions est de savoir si les déséquilibres des balances courantes
resteront modérés ou s'ils s'aggraveront une fois que les conditions des
marchés se seront améliorées. Quelques-uns des déséquilibres enregistrés par le
passé étaient dus à une demande excessive, elle-même alimentée par l'excès
d'optimisme des prévisions sur la croissance future des revenus dans certains
États membres. Les corrections qui se sont produites récemment pourraient
présenter un caractère durable pour peu qu'elles soient dues à une réévaluation
de ces attentes et non à une simple baisse conjoncturelle de la production. Par
ailleurs, les ajustements des prix relatifs ont été limités dans la plupart des
cas, ce qui laisse ouverte la question sur la nature structurelle de ces
réalignements et, partant, sur leur viabilité. Graphique 1: Évolution des balances des opérations
courantes (en % du PIB) Source: Commission européenne. … et l'encours de la dette
extérieure nette reste substantiel dans de nombreux pays. Les positions extérieures
globales nettes (PEGN)[14]
en proportion du PIB sont restées fortement débitrices dans de nombreux pays en
déficit courant, ce qui s'explique par la persistance des déficits courants,
qui ont toutefois diminué, et la dynamique de faible croissance. Actuellement,
les PEGN dépassent le seuil indicatif de -35 % dans un certain nombre
d'États membres: Bulgarie, République tchèque, Estonie, Espagne, Hongrie,
Lettonie, Lituanie, Slovaquie, Pologne et, dans une faible mesure, Slovénie. Le
degré de vulnérabilité est plus faible lorsque la part des passifs qui
requièrent un remboursement du principal ou des intérêts, tel que les prêts ou
les titres de dette en portefeuille, est elle-même faible. Un indicateur de la
dette extérieure nette[15]
(DEN, voir le tableau 3) montre que ces types d'engagements sont
relativement faibles dans de nombreux États membres en voie de rattrapage, en
raison principalement du niveau élevé des stocks d'IDE, mais qu'ils sont
relativement élevés en Espagne, en Hongrie, en Lituanie et en Lettonie. L'évolution des positions extérieures
avant la crise a coïncidé avec des déséquilibres de la compétitivité-prix…
La compétitivité des coûts et des prix des
États membres présentant un déficit élevé et durable de leur balance courante a
diminué au cours des années qui ont précédé la crise. Les salaires ont eu
tendance à croître davantage que la productivité dans de nombreux pays de l'UE,
ce qui a entraîné une hausse des coûts unitaires du travail (CUT). De même,
l'évolution des taux de change effectifs réels (TCER), qui reflète la
compétitivité-prix d'un pays par rapport à ses principaux partenaires
commerciaux, traduit un accroissement des déséquilibres. De telles évolutions
peuvent signaler qu'il existe une surchauffe ou des rigidités structurelles des
marchés de produits et du travail et/ou que les ajustements des salaires
n'étaient pas adaptés aux chocs qu'ont connus certains pays, mais aussi
refléter un processus de rattrapage dans certains États membres. Dans un
certain nombre d'États membres affichant un déficit extérieur élevé, la hausse
des coûts du travail concernait essentiellement, mais pas exclusivement, les
secteurs non marchands, ce qui a provoqué, à son tour, une réaffectation des
ressources vers ces secteurs et accru la pression sur les positions
extérieures. La crise a interrompu cette évolution et
déclenché un ajustement[16].
L'indicateur du tableau de bord (évolution sur trois ans des coûts unitaires du
travail) montre néanmoins qu'un certain nombre d'États membres ont encore
dépassé les seuils indicatifs au cours de la période 2008-2010 (9 % pour
les pays de la zone euro et 12 % pour les pays hors zone euro)[17]:
il s'agit en l'occurrence de la Bulgarie, du Luxembourg, de la Pologne, de la
Slovénie, de la Slovaquie et de la Finlande. L'indicateur relatif au TCER
(évolution sur trois ans, corrigé de l'IPCH) montre également une interruption
ou un renversement des tendances observées avant la crise. Dans les États
membres qui dépassent les seuils indicatifs, cette évolution s'explique
principalement par la variation des taux de change nominaux. C'est le cas de la
Slovaquie (avant son entrée dans la zone euro) et de la République tchèque,
dont les monnaies se sont fortement appréciées. Le Royaume-Uni a connu une
forte dépréciation. En revanche, l'appréciation du TCER en Estonie s'explique
en grande partie par une inflation plus élevée que chez les partenaires
commerciaux, en raison principalement d'une plus grande sensibilité à la hausse
des prix des matières premières sur les marchés mondiaux ainsi qu'à la hausse
plus importante des prix administrés. Malgré ces renversements de tendance,
souvent de grande ampleur, la plupart des États membres n'ont pas totalement
récupéré la compétitivité-prix perdue. Une poursuite du réalignement des prix
relatifs et une amélioration de la compétitivité faciliteraient la
réaffectation sectorielle nécessaire et contribueraient à la viabilité de
l'ajustement extérieur. … tandis que
l'UE dans son ensemble a perdu des parts de marché à l'exportation au niveau
mondial, certains États membres en ayant perdu plus que d'autres. La variation des parts de marché à
l'exportation de biens et services au niveau mondial (variation en % sur cinq
ans) reflète, pour un certain nombre d'États membres, des pertes structurelles
potentiellement importantes de compétitivité globale dans l’économie mondiale: les
pertes de parts de marché de la Belgique, du Danemark, de l'Allemagne, de
l'Espagne, de la France, de l'Italie, de Chypre, des Pays-Bas, de l'Autriche,
de la Finlande, de la Suède et du Royaume-Uni ont dépassé le seuil indicatif de
6 %. Dans un certain nombre de ces pays, les pertes sont encore plus
importantes si l'on se base sur une période plus longue (voir le
graphique 2). Outre des pertes de compétitivité-prix et coût, cette
situation peut aussi refléter la faible amélioration de la compétitivité hors
prix, une faible capacité à exploiter de nouveaux débouchés commerciaux ou un
détournement des ressources au profit du secteur non marchand durant les
périodes d'expansion de la demande intérieure. Dans de nombreux cas, les pertes
de parts de marché à l’exportation au niveau mondial sont dues en grande partie
au fait que les exportations de ces États membres ont crû à un rythme plus lent
que celui du commerce mondial – la part de l'UE dans les exportations s'est
réduite. Toutefois, les performances à l’exportation de la Belgique, du
Danemark, de la France, de l'Italie, de Chypre, de l'Autriche, de la Finlande
et du Royaume-Uni ont en outre été moins dynamiques que celles d'autres pays de
l'UE, ainsi qu'en témoigne la diminution de leur part dans les exportations totales
des États membres de l'UE (voir le graphique 2)[18]. Graphique 2: Évolution des parts de marché à
l'exportation (en %) Source: Commission européenne. L'endettement pèse sur les ménages et
les entreprises Pendant la longue période d'expansion du
crédit antérieure à la crise, les agents économiques se sont lourdement
endettés dans de nombreux États membres (voir le graphique 3). Ce
processus traduisait en partie une intégration et un approfondissement accrus
des marchés financiers, ainsi qu'une convergence des taux d'intérêt nominaux. De
plus, la croissance rapide du crédit a également été alimentée par d'autres
facteurs, tels que des prix d'actifs mal alignés, favorisés par des mesures
fiscales et les pratiques en matière d'octroi de crédits, comme en témoigne la
hausse généralisée de la part des crédits au logement dans le total des prêts
octroyés au cours de la période qui a précédé la crise. L’endettement du
secteur privé dans son ensemble dépasse le seuil indicatif de 160 % dans
treize États membres: Belgique, Bulgarie, Danemark, Estonie, Espagne, Chypre,
Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Autriche, Finlande, Suède et Royaume-Uni. En
raison du niveau élevé de son endettement, le secteur privé est encore plus
exposé aux variations du cycle économique, de l'inflation et des taux
d'intérêt. En outre, les désendettements soudains de grande ampleur
compromettent la croissance et la stabilité financière. Un examen plus détaillé
montre que l'accumulation de la dette en Belgique, en Espagne, à Chypre, en
Slovénie et en Suède est le fait principalement des sociétés non financières. Si
la capacité des entreprises à rembourser leur dette (dette sur PIB ou sur
valeur ajoutée) peut servir de point de départ à l'analyse de l'endettement des
entreprises, il faut examiner plus en détail la part des actifs financés par
l'emprunt et la structure des échéances pour déterminer les besoins réels de
désendettement ainsi que son rythme. De surcroît, le secteur des ménages a
contribué, dans une large mesure, à l'augmentation du niveau d'endettement au
Danemark, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, pays où la dette des ménages est
supérieure au PIB. Ces évolutions sont allées de pair avec une hausse globale
des prix de l'immobilier supérieure à 150 % sur le dernier cycle (seules
l'Espagne et l'Irlande ont connu une hausse comparable des prix du logement). La hausse des
prix de l'immobilier a atteint des niveaux sans précédent… L'endettement des
ménages est étroitement lié à l'évolution de la situation du marché du
logement: la décennie qui a précédé la crise a été caractérisée par un
accroissement simultané des crédits aux ménages et des prix de l'immobilier. Le
cycle des prix de l'immobilier dans l'UE a été particulièrement prononcé, avec
une croissance moyenne globale des prix supérieure à 40 %. Par exemple, le
prix des logements a plus que doublé pendant la période de reprise économique
dans la moitié des États membres. Par ailleurs, dans environ deux tiers des
États membres, le rythme moyen des hausses des prix réels de l'immobilier a
dépassé 6 % par an et, dans certains cas, les taux de croissance annuels
moyens étaient compris entre 20 % et 35 %. Si la durée et la rapidité
de cette expansion ont varié considérablement d'un pays à l'autre, il n'en
reste pas moins que les prix des logements ont atteint un niveau record dans
une grande majorité d'États membres en 2007 et 2008. Les prévisions selon
lesquelles les prix continueraient d'augmenter ont aussi favorisé l'essor du
secteur de la construction. En effet, l'investissement massif dans l'immobilier
résidentiel est allé de pair avec l’augmentation des prix des logements dans de
nombreux États membres (Danemark, Espagne, Lituanie, Malte, Suède et
Royaume-Uni, par exemple). … mais
l'ajustement est en cours, même si son ampleur et sa durée sont incertaines. Une correction est
actuellement en cours: en 2010, la hausse des prix réels de l'immobilier était
inférieure au seuil indicatif de 6 % dans tous les États membres, à
l'exception de la Finlande et de la Suède. L'ampleur des ajustements récents a
été relativement importante, notamment – mais à quelques exceptions près – dans
les pays où l'augmentation des prix a été la plus grande et la plus rapide
avant la crise, signe que les prix étaient surévalués. Par exemple, la
Bulgarie, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, la Lituanie, la Lettonie et la
Slovaquie ont connu un ajustement de grande ampleur à la suite d'une forte
augmentation globale des prix réels des logements. Outre ces corrections,
d'autres ajustements pourraient encore avoir lieu dans plusieurs pays qui ont
aussi connu une hausse importante et rapide des prix de l'immobilier (Belgique,
France, Luxembourg, Malte, Slovénie, Suède et Royaume-Uni), étant donné qu'il
existe généralement un lien direct entre l'ampleur de la phase de correction et
l'ampleur de la phase haute du cycle des prix immobiliers. En outre, la
dégradation des conditions de crédit et la faible croissance du PIB risquent de
peser sur l'évolution des prix de l'immobilier dans un proche avenir. Les
conditions de l'offre constitueront aussi un facteur important. Le désendettement a commencé… Plus généralement, les crédits au secteur
privé ont ralenti fortement dans certains États membres et le processus de
désendettement a commencé. Les données sur les flux de crédit au secteur privé
indiquent que l’ajustement a commencé en 2009, à la suite d'une expansion du
crédit toujours forte en 2008. En 2010, seul Chypre a dépassé le seuil
indicatif de 15 % relatif à la croissance du crédit. Une croissance lente
du crédit combinée à une hausse de l'épargne nette peut, en limitant la demande
intérieure, avoir un effet négatif sur la croissance du PIB. L'expérience
montre que le processus d'ajustement des bilans provoqué par la crise dans le
secteur privé dure en moyenne plus de cinq ans, voire plus longtemps en ce qui
concerne les entreprises non financières. Dans ce contexte, les exportations
nettes et la productivité constituent les principaux moteurs de la croissance
économique; leur évolution joue donc un rôle central. …ce qui accroît la vulnérabilité des
économies de l'UE. Pendant la crise financière, il est
clairement apparu que l'endettement global d'un État membre constitue une
variable importante et que la dette du secteur privé et la dette des
administrations publiques sont étroitement liées[19].
Il convient donc d'examiner la dette du secteur privé conjointement avec la
dette des administrations publiques, car les effets du désendettement dans le
secteur privé pourraient être démultipliés par la crise actuelle des dettes
souveraines, qui met les secteurs publics surendettés sous pression. Cela vaut
tout particulièrement pour les États membres dont les secteurs public et privé
sont très endettés, tels que la Belgique[20]
ou le Royaume-Uni (voir le graphique 3). En Italie, l'endettement du secteur
privé n'est certes pas excessif, mais le niveau élevé de la dette publique et
la nécessité d'assainir les finances publiques pourraient exercer des pressions
sur les comptes du secteur privé. Alors que règne une forte incertitude sur les
marchés financiers internationaux, les montants élevés de dette détenus par des
non-résidents pourraient être une source de préoccupation supplémentaire, étant
donné qu'ils accroissent la vulnérabilité du pays aux pénuries de capitaux ou
aux interruptions brutales des entrées de capitaux. En ce qui concerne la dette
extérieure, l'Espagne et la Hongrie plus particulièrement combinent un
endettement élevé du secteur privé et une dette extérieure nette élevée. De
plus, une dette libellée en devises peut créer d'autres problèmes de
vulnérabilité liés aux fluctuations des taux de change. Graphique 3: Niveau de la dette accumulée par secteur en
% du PIB (2010) Remarques: la dette du secteur privé se fonde sur des données non
consolidées. Source: Commission européenne. L'ajustement de l'économie réelle est
en cours L’ajustement
des déséquilibres extérieurs et l'assainissement de la situation financière des
ménages et des entreprises ont été assez douloureux, notamment dans les États
membres qui connaissaient d'importants déséquilibres avant la crise. Cet
ajustement a été favorisé en grande partie par l'évolution de la demande
intérieure, et est souvent allé de pair avec une forte hausse du chômage. Cette
situation pourrait être la conséquence d'un ajustement prix/salaires trop
limité, mais aussi du processus de redéploiement sectoriel actuellement en
cours. Le rééquilibrage macroéconomique nécessite souvent des transferts en
capital et de main-d'œuvre entre différents secteurs de l’économie, en
particulier les secteurs artificiellement gonflés comme le secteur de
l'immobilier ou les secteurs marchands. Ce processus est généralement
progressif (étant donné la diversité des besoins des secteurs concernés en
matière de compétences) et il reste encore du chemin à parcourir. Le chômage a atteint des niveaux élevés au
cours des dernières années, et l'indicateur du tableau de bord (moyenne du taux
de chômage sur trois ans) est supérieur au seuil indicatif de 10 % en
Estonie, en Espagne, en Lettonie, en Lituanie et en Slovaquie. De même, dans de
nombreux autres États membres, cet indicateur laisse présager des niveaux de
chômage plutôt élevés, qui, de plus, ont généralement suivi une tendance à la
hausse. La récession récente a eu une incidence considérable sur le taux de
chômage structurel. Le redéploiement de la main-d'œuvre entre les différents
secteurs de l'économie a été lent dans la plupart des États membres et les taux
de chômage élevés qui en résultent pourraient donner lieu à de lourdes pertes
en capital humain et en efficience globale. De plus, les prévisions de chômage
sont susceptibles d'être influencées par l'incertitude actuelle et le
ralentissement de la croissance, les possibilités de redéploiement sectoriel
dans l'économie et le processus de désendettement en cours dans de nombreux
États membres. L'ajustement sera inévitablement plus
difficile dans le contexte de faible croissance de la productivité. La tendance
à la baisse de la productivité a contribué à l'accumulation de déséquilibres
macroéconomiques et aux pertes de compétitivité au cours de la période qui a
précédé la crise dans un certain nombre d'États membres. Dans le même temps, la
réalisation de l'ajustement nécessaire des coûts du travail et des prix
relatifs est plus facile lorsque la productivité augmente à un rythme soutenu,
étant donné que la pression sur l'évolution des salaires et des prix nominaux
s'en trouve réduite. 4. Commentaires par pays sur la lecture du tableau
de bord La présente partie ne traite pas des États
membres qui font l'objet d'une surveillance dans le cadre de programmes. Il
s'agit en l'occurrence de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal pour les pays
de la zone euro, et de la Roumanie pour les pays hors zone euro. Belgique: les
valeurs des indicateurs du tableau de bord concernant l'évolution des parts de
marché à l’exportation, de la dette brute du secteur privé et de la dette du
secteur public sont au-dessus des seuils indicatifs. En ce qui concerne la
compétitivité extérieure, on constate une perte de parts de marché à
l’exportation, parallèlement à une dégradation de la balance courante, bien que
le niveau reste au-dessous du seuil indicatif et que la dégradation de la
balance des biens est compensée en partie par les bons résultats de la balance
des services. Ces tendances peuvent s'expliquer par la perte de
compétitivité des coûts, provoquée notamment par la hausse des coûts unitaires
du travail (plus élevés que dans la zone euro), mais aussi de compétitivité
hors coûts. Sur le plan intérieur, l'indicateur de la dette du secteur
privé est largement au-dessus du seuil indicatif. Des éléments
permettent néanmoins de nuancer cette analyse, notamment l'incidence des prêts
entre sociétés sur la dette des sociétés non financières et le fait que la
dette des ménages est liée à des prêts hypothécaires tandis que le taux
d'épargne des ménages reste élevé. Néanmoins, le niveau de la dette brute du
secteur privé doit être examiné en conjonction avec le niveau élevé de la dette
publique. Bulgarie: avant la crise, la
Bulgarie a enregistré d'importants déficits courants, qui sont à l'origine
d'une PEGN débitrice, financée par les entrées de capitaux (sous forme
principalement d'IDE) et la croissance du crédit au secteur privé. La crise a
provoqué une correction brutale du déficit courant, qui, selon les projections
actuelles, devrait se muer en un léger excédent en 2011 et les années
suivantes. L'amélioration ne résulte pas seulement de la réduction des
importations, mais aussi de la bonne tenue des exportations dans un contexte de
rattrapage. La Bulgarie enregistre l'une des hausses les plus importantes de
l'Union européenne en ce qui concerne les coûts unitaires du travail; la
progression des salaires, à partir d'un niveau de base très faible, fait partie
du processus de convergence en cours, mais elle pourrait néanmoins ralentir le
processus de rattrapage sur le moyen et plus long terme. L'endettement du
secteur privé a augmenté rapidement et atteint des niveaux supérieurs au seuil
indicatif, du fait principalement de l'accroissement de la dette des entreprises;
la dette des ménages reste limitée, comme celle du secteur public. République tchèque: des déficits
courants ont été enregistrés tout au long de la dernière décennie, mais sont
restés inférieurs au seuil; ces dernières années ont néanmoins été marquées par
une diminution relative du déficit courant, sous l'effet principalement d'une
amélioration de la balance commerciale. La PEGN a dépassé le seuil indicatif de
ce fait, mais aussi à cause d'effets de valorisation défavorables des stocks
d'actifs et de passifs. En raison d'un financement dominé par les IDE et de
l'endettement relativement limité des secteurs privé et public, la dette
extérieure nette est restée quasiment nulle. Malgré les pertes de
compétitivité-prix provoquées par la forte appréciation du TCER et la
croissance des coûts unitaires du travail, le pays a gagné des parts de marché
à l'exportation. Danemark: la balance des opérations
courantes est actuellement excédentaire, en raison principalement de la bonne
tenue des exportations de services, des recettes des exportations de pétrole et
de gaz et des revenus des investissements étrangers. Les performances à
l'exportation ont toutefois diminué au cours des dernières années, comme en
témoigne l'indicateur des parts de marché à l'exportation, qui se situe
au-dessus du seuil. En outre, la compétitivité-prix du Danemark s'est quelque
peu dégradée du fait d'accords salariaux garantissant des salaires nominaux
élevés en période de surchauffe et de faible croissance de la productivité. La
bulle immobilière danoise, dont la correction a commencé en 2007, était liée à
la croissance rapide du crédit et à l'envolée de la dette du secteur privé, en
particulier dans le secteur des ménages. En dépit d'un ajustement partiel du
crédit et des prix immobiliers ces dernières années, l'encours de la dette du
secteur privé reste très élevé et supérieur au seuil indicatif; toutefois, pour
les ménages, cette évolution reflète en partie des contributions élevées à des
fonds d'épargne-retraite privés et un filet de sécurité généreux. Allemagne: au cours de la dernière
décennie, l’Allemagne a enregistré des excédents courants persistants, du fait
en partie de ses résultats à l'exportation, qui correspondent à un regain de
compétitivité-prix, et aussi de la faiblesse de l'investissement intérieur et
d'un taux d'épargne des ménages relativement élevé. Toutefois, ces dernières
années ont été marquées par un lent renforcement de la demande intérieure, qui
a soutenu une réduction progressive de l'excédent courant et peut être
considéré comme faisant partie du rééquilibrage. En outre, si une perte des
parts de marché à l’exportation de marchandises a été constatée, ce phénomène
est moins marqué que pour la moyenne de la zone euro. Sur le plan intérieur,
l'endettement du secteur privé est relativement limité, tandis que l'indicateur
de la dette des administrations publiques dépasse le seuil indicatif; il
devrait toutefois diminuer en 2011; la mise en œuvre progressive du frein à
l'endettement inscrit dans la Constitution devrait favoriser une baisse
tendancielle. Estonie: au cours de la dernière
décennie, l'Estonie a constamment enregistré des déficits courants, jusqu'à la
forte correction qui s'est produite durant la crise; au cours de la même
période, elle a gagné d'importantes parts de marché à l’exportation, malgré une
perte de compétitivité-prix (à partir d'un faible niveau initial des prix). Un
ajustement des salaires et des coûts s'est produit ces dernières années. Dans
l’ensemble, la PEGN est devenue progressivement débitrice et reste supérieure
au seuil indicatif: toutefois, cette situation est due dans une large mesure
aux IDE, ce qui signifie que la dette extérieure nette est nettement plus
faible. L'endettement du secteur privé se situe au-dessus du seuil indicatif,
en dépit d'un processus de désendettement vigoureux. Compte tenu de la forte
croissance du PIB nominal, le ratio d'endettement du secteur privé devrait
diminuer. Le taux de chômage est élevé, mais il diminue rapidement en raison de
la grande flexibilité du marché du travail. Espagne: l'économie espagnole
traverse actuellement une période d'ajustement, après avoir accumulé, pendant
la longue phase d'expansion qu'ont connue les secteurs du crédit et de
l'immobilier avant la crise, d'importants déséquilibres extérieurs et
intérieurs. La balance des opérations courantes a affiché d'importants
déficits, qui ont commencé à se résorber ces dernières années dans le contexte
du fort ralentissement économique et à la faveur d'une embellie sur le front
des exportations, mais ils restent supérieurs au seuil indicatif. Depuis 2008,
les pertes de compétitivité des prix et des coûts ont été en partie regagnées. Alors
que le processus de rééquilibrage se poursuit, l'absorption des encours
importants de la dette intérieure et extérieure et la réaffectation des
ressources provenant du secteur de la construction seront longues; il faudra
donc du temps pour revenir à une situation plus équilibrée. La contraction de
l'emploi liée à la restructuration du secteur de la construction et à la
récession économique a été aggravée par le faible ajustement des salaires, qui
a alimenté une hausse du chômage. France: la lecture économique du
tableau de bord fait apparaître plusieurs aspects à considérer, tant sur le
plan extérieur qu'intérieur. Le recul des parts de marché de la France dans les
exportations mondiales se situe au-dessus du seuil indicatif et figure parmi
les plus importants de l'UE. La balance commerciale s'est progressivement
détériorée, ce qui se traduit par une dégradation de la balance courante, qui
reste néanmoins en dessous du seuil indicatif. Les inquiétudes concernant la
position extérieure de l'économie française sont également alimentées par
quelques pertes de compétitivité-prix et hors prix. Dans ce contexte, la baisse
de la rentabilité des entreprises françaises et les conséquences pour les
investissements sont des facteurs pertinents qui méritent une analyse
approfondie. Le niveau de l'endettement du secteur privé a progressivement
augmenté pour atteindre le seuil indicatif, et ce, alors que la dette du
secteur public augmentait elle aussi. Italie: les
valeurs du tableau de bord dépassent les seuils indicatifs dans les domaines de
la compétitivité et de la dette publique. La compétitivité de l'Italie s'est
fortement détériorée depuis le milieu des années 1990, ce qui transparaît
également dans les pertes durables de parts de marché à l'exportation. Ces
pertes ne se reflètent que partiellement dans la détérioration régulière de la
position extérieure de l'Italie, étant donné la croissance relativement faible
de la demande intérieure. La faiblesse de la productivité en est la cause
principale. L'endettement du secteur privé est relativement limité en Italie,
du fait en grande partie de la situation financière des ménages; en revanche,
le niveau de la dette publique est préoccupant, étant donné notamment l'atonie
de la croissance et les faiblesses structurelles. Cette situation pourrait à
son tour exercer des pressions sur les comptes du secteur privé. Chypre: la lecture économique du
tableau de bord montre qu'il existe des défis de grande envergure sur les plans
extérieur et intérieur, comme en témoignent les valeurs de nombreux indicateurs
au-dessus des seuils indicatifs. L'économie chypriote a été caractérisée, au
cours de la dernière décennie, par des déficits courants persistants, favorisés
principalement par la vigueur de la demande intérieure. L'évolution de la
balance courante chypriote révèle de fortes disparités dans les échanges de
biens et de services, ce qui traduit un glissement de l'économie du pays vers
le secteur tertiaire. Le déficit de la balance commerciale des biens n'est
compensé qu'en partie par l’excédent de la balance des services. Chypre a
enregistré des pertes de compétitivité-prix dans les années qui ont précédé la
crise, mais cette tendance s'est atténuée ces dernières années. Le secteur
privé, qui est très endetté, a continué à réduire le niveau élevé de l’encours
de sa dette, qui coexiste toutefois avec un volume d'actifs considérable. La
dégradation des perspectives économiques et de la situation budgétaire ainsi
que les conséquences de l’exposition du secteur bancaire à la Grèce rendent
encore plus préoccupants les défis que pose le rééquilibrage dans d'autres
secteurs de l'économie. Lettonie: jusqu'en 2008, la Lettonie
a enregistré des déficits courants importants et durables, conjugués à la
croissance rapide d'une PEGN négative, bien que la dette extérieure nette soit
plus faible si l'on tient compte des IDE. La crise a provoqué un «atterrissage»
particulièrement difficile, avec une correction immédiate et brutale du déficit
courant, qui a rendu nécessaire un programme d'ajustement solide financé par le
mécanisme de soutien de la balance des paiements (expirant en janvier 2012). Les
pertes continues de compétitivité-prix ont été compensées par un ajustement
interne, marqué notamment par des suppressions d'emplois et des réductions
salariales. Les années d'expansion économique ont également été caractérisées
par une forte croissance du crédit, une flambée des prix de l'immobilier et
l'essor du secteur de la construction. Il en a résulté un endettement rapide du
secteur privé, ce qui a entraîné un processus de désendettement et un
ajustement substantiel des prix de l'immobilier dans la période de récession. Le
chômage demeure élevé, mais a néanmoins diminué rapidement après avoir atteint
un record historique à la fin de 2009. Lituanie: jusqu'en 2008, la Lituanie
a enregistré d'importants déficits courants ainsi que des pertes de
compétitivité-prix, en conséquence d'un «boom» intérieur. Après un processus
d'ajustement marqué et de grande ampleur pendant la crise, la balance courante
est maintenant proche de l'équilibre. Le TCER s'est déprécié, en raison
principalement d'une baisse des salaires nominaux. Même avant 2008, la Lituanie
a été en mesure de gagner des parts de marché à l’exportation, à partir d'un
niveau assez bas. La PEGN demeure négative et se maintient à des niveaux
supérieurs au seuil indicatif, mais la dette extérieure nette est beaucoup
moins élevée si l'on tient compte des financements par IDE. La crise financière
a mis fin à l'expansion du secteur bancaire et à la forte dynamique des
salaires, le secteur privé a engagé un processus de désendettement, les flux de
crédit en pourcentage du PIB sont devenus négatifs et les prix de l'immobilier
ont subi une forte correction. Le chômage demeure élevé, mais a néanmoins
diminué après avoir atteint un record historique en 2010. Luxembourg: la valeur de
l'indicateur du tableau de bord concernant la balance courante est au-dessus du
seuil, en raison d'excédents commerciaux liés à la forte spécialisation du pays
dans les services financiers. Cette situation n'est toutefois pas liée à une
faiblesse de la demande intérieure, mais à la concentration des activités
économiques et des emplois dans le pays. La compétitivité-prix du Luxembourg a
diminué en raison des fortes hausses salariales et de la faible croissance de
la productivité, mais il convient de noter que, malgré cela, le Luxembourg
gagne actuellement des parts de marché à l’exportation dans le secteur des
services. L'endettement du secteur privé se situe au-dessus du seuil indicatif,
alors que les flux sont importants et volatils. Cela s’explique principalement
par des opérations d'emprunts et de prêts à l'intérieur de sociétés
internationales non financières, plutôt que par un endettement excessif du
secteur privé. Le niveau d'endettement des ménages est relativement limité. Les
prix réels de l'immobilier ont enregistré une forte croissance cumulée au cours
de la dernière décennie, et la correction reste limitée pour le moment. Hongrie: les
valeurs des indicateurs du tableau de bord concernant le ratio de la dette
publique et la PEGN sont bien au-dessus des seuils indicatifs. L'évolution de la
PEGN est la conséquence des déficits courants enregistrés de manière continue
dans les années qui ont précédé la crise. La chute de la demande intérieure
pendant la crise a entraîné un ajustement brutal, mais le déficit de la PEGN
reste important, même s'il est financé en grande partie par l'IDE. La période
antérieure à la crise a aussi été marquée par une très forte croissance du
crédit, qui a été, en particulier pour les ménages, largement financée en
devises. La dette extérieure du secteur privé s'est accumulée dans un contexte
marqué par des niveaux élevés et croissants de la dette publique, elle aussi
financée dans une large mesure en devises. En novembre 2011, le gouvernement a
officiellement demandé, à l'Union européenne et au FMI, une assistance financière
à titre de précaution[21].
Malte: au cours
des dix dernières années, l'économie a enregistré des déficits courants
durables, qui ont toutefois diminué ces dernières années; la PEGN de Malte est
positive. Il reste à voir si la réduction du
déficit extérieur est de nature structurelle ou non. Les
pertes de parts de marché à l’exportation enregistrées par le passé sont dues
au déclin des activités manufacturières traditionnelles, mais cette tendance
est en train de s'inverser grâce au secteur des services. Sur le plan intérieur, les prix de l'immobilier ont
considérablement augmenté, mais semblent désormais sur une trajectoire
descendante. Pays-Bas: au cours des années qui
ont précédé la crise, les Pays-Bas ont enregistré d'importants excédents
courants persistants, alimentés principalement par la balance commerciale, et
notamment par les exportations nettes de gaz. Toutefois, les niveaux se situent
actuellement au-dessous du seuil, même si la Commission prévoit qu'ils
augmenteront dans les années à venir. Malgré une certaine augmentation des
coûts unitaires nominaux du travail, les Pays-Bas ont perdu peu de parts de
marché à l'exportation. Les excédents sont liés également au niveau élevé de
l'épargne des entreprises, conjugué à de faibles investissements. Les risques
internes qui pèsent sur l'économie néerlandaise concernent principalement
l'endettement relativement élevé du secteur privé et le marché immobilier. Dans
les années qui ont précédé la crise, le ratio dette-revenu disponible des
ménages et les prix du logement ont augmenté, du fait en partie d'incitations
fiscales encourageant les ménages à souscrire un emprunt hypothécaire
important. Le patrimoine financier net des ménages est néanmoins positif. Autriche: en ce qui concerne la
position extérieure de l'Autriche, la balance des opérations courantes a
enregistré d'importants excédents; dans le même temps, l'indicateur relatif aux
parts de marché à l'exportation montre que la croissance des coûts unitaires du
travail a été limitée; les niveaux d'endettement du secteur privé ont augmenté
progressivement et se situent actuellement, comme la dette du secteur public,
légèrement au-dessus du seuil indicatif. Cependant, l'Autriche n'a pas connu,
en termes relatifs, de bulles intérieures de l'immobilier, des actifs ou du
crédit à la fin des années 2000, et l'accroissement de l'endettement est le
fait principalement des entreprises. Pour 2011, l'évolution récente laisse
penser que l'augmentation de la dette du secteur privé s'est interrompue et que
ce secteur, sociétés non financières incluses, sera en position de créancier
net. Pologne: les valeurs des indicateurs
du tableau de bord pour la balance courante et la PEGN sont au-dessus des
seuils indicatifs, mais elles doivent être replacées dans le contexte du
processus de rattrapage; de plus, ces déficits ont été financés en grande
partie par des entrées relativement stables d'IDE et de fonds européens. La
Pologne a enregistré des pertes limitées de compétitivité-prix au cours de la
période 2006-2008, en raison de l'appréciation du taux de change nominal, mais
la tendance s'est inversée à partir de 2009. Malgré ces pertes, de nombreuses
parts de marché à l’exportation ont été gagnées et les coûts unitaires du
travail ont peu augmenté en Pologne. La croissance du crédit a été relativement
forte et la dette du secteur privé a augmenté, à partir d'un niveau certes
faible, mais financée partiellement en devises. Slovénie: deux indicateurs dans le
tableau de bord dépassent les seuils respectifs en 2010. Dans les années qui ont précédé la crise, la Slovénie a connu
une croissance et une demande intérieure soutenues, combinées toutefois à des
pertes de compétitivité-prix et à une aggravation progressive du déficit de la
balance courante. Certains signes indiquent qu'il
y a eu surchauffe, notamment la croissance du crédit au secteur privé, la
valeur ajoutée de la construction et les prix de l'immobilier. L'économie slovène a été durement frappée par la
crise mondiale. Cette situation a permis
l'amorce d'un certain rééquilibrage extérieur, de nature peut-être temporaire. Le fort endettement des entreprises non
financières, notamment dans le secteur de la construction, se reflète dans les
nombreuses faillites, les ratios prêts-fonds propres et les arriérés de prêts. Slovaquie: la Slovaquie a
enregistré, au cours de la dernière décennie, des déficits courants profonds et
durables, financés en partie par des transferts en capital de l'étranger. Néanmoins,
l'indicateur de la balance courant reste supérieur au seuil indicatif, quoique
légèrement. L’investissement direct étranger, qui était en grande partie dirigé
vers les secteurs productifs tournés vers l'exportation, est la principale
cause de la dégradation progressive de la position extérieure globale nette. La
perte de compétitivité-prix, qui se manifeste par une valeur de l'indicateur du
taux de change effectif réel supérieure au seuil indicatif, est due
principalement à une forte appréciation nominale, et est allée de pair avec une
croissance élevée de la productivité, des exportations et des parts dans le
commerce mondial. D'une manière générale, le niveau d'endettement du secteur
privé et du secteur public reste faible. Finlande: plusieurs indicateurs du
tableau de bord relatifs à la position extérieure (par exemple, celui relatif
aux pertes de parts de marché à l'exportation) dépassent les seuils indicatifs.
La balance courante est excédentaire, quoiqu'en baisse, au cours de la dernière
décennie du fait non seulement du ralentissement économique mondial, mais aussi
des évolutions structurelles dans les secteurs d'exportation. De plus, alors
que les pertes de compétitivité-prix ont été relativement limitées pendant la
plus grande partie de la décennie écoulée, des pertes plus lourdes, dues au
lent ajustement des salaires dans un contexte marqué par la chute de la
productivité, ont été enregistrées ces dernières années. Le tableau de bord
indique également que le niveau d'endettement du secteur privé n'a cessé
d'augmenter au cours de la dernière décennie et se situe maintenant au-dessus
du seuil indicatif, en raison principalement de l'accroissement de
l'endettement hypothécaire. Les prix des logements ont augmenté au cours de la
dernière décennie malgré une légère correction en 2008 et 2009. Les prix ont
recommencé à augmenter en 2010, à un rythme supérieur à celui prévu par le
seuil indicatif, bien que leur progression ait ralenti à partir du second
semestre 2011. Suède: la balance courante a
constamment affiché un large excédent, supérieur au seuil indicatif. Cette évolution
est due non seulement au taux d'épargne positif des secteurs privé et public,
mais aussi, dans une certaine mesure, à l'atonie des investissements
intérieurs, en particulier dans le secteur de la construction.
Les indicateurs de l'évolution des coûts, tels que les coûts unitaires
du travail et les taux de change effectifs réels, ne révèlent pas de perte de
compétitivité-prix. Sur le plan intérieur, il apparaît que l'endettement du
secteur privé est très élevé et dépasse largement le seuil indicatif. L'endettement
des ménages s'est accru et se situe désormais à un niveau élevé malgré le
ralentissement récent de la croissance du crédit. Cette évolution s'explique
par la très forte augmentation, au cours des 15 dernières années, des prix
de l'immobilier, qui n'ont commencé à se stabiliser que récemment. Royaume-Uni: le pays a perdu des
parts de marché à l’exportation au cours de la dernière décennie (l'indicateur
est supérieur au seuil), même si la situation s'est quelque peu stabilisée ces
dernières années. Ces pertes de part de marché se sont produites malgré la
forte dépréciation du TCER ces dernières années. Dans le même temps, le pays a
enregistré des déficits courants, qui se situent néanmoins au-dessous du seuil
indicatif. Le niveau élevé de la dette du secteur privé est préoccupant,
notamment dans un contexte de finances publiques dégradées et d'une dette
publique élevée et croissante. L'endettement des ménages est lié, dans une
grande mesure, à la souscription de crédits hypothécaires sur fond de forte
hausse cumulée des prix de l'immobilier. Si le niveau de la dette des ménages
et les prix de l'immobilier ont été réduits, ils n'en demeurent pas moins
élevés, ce qui laisse supposer que ces déséquilibres ne sont pas encore
corrigés et que le rythme de l'ajustement constitue un élément important. 5. Principales constatations
et conclusions Cette première mise en
œuvre de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques se déroule
dans un climat économique problématique dominé par les inquiétudes liées aux
dettes publiques. Tous les États membres procèdent actuellement à un ajustement
économique, dont l'ampleur et la sévérité varient toutefois d'un pays à
l'autre. Ainsi que l'explique la Commission dans son tout dernier examen annuel
de la croissance[22],
en plus de corriger les profonds déséquilibres qui se sont accumulés ces
dernières années, l'Union et ses États membres doivent relever des défis
étroitement liés: remédier à la faible croissance et au taux de chômage élevé,
assurer la viabilité des finances publiques et rétablir la stabilité du système
financier. Le G20 a lui aussi fait de la réduction des déséquilibres un
objectif, en mettant en place un processus de surveillance visant à favoriser
un rééquilibrage ordonné des conditions de la croissance mondiale. Un rééquilibrage
macroéconomique est en cours dans de nombreux États membres, notamment ceux qui
affichent ou affichaient des déficits extérieurs importants et de profonds
déséquilibres en ce qui concerne la situation financière des ménages et/ou des
entreprises ainsi que le secteur public. Ce processus n'est pas encore achevé,
et a provoqué une hausse considérable du chômage et une réduction du niveau de
l'activité économique sur le court terme dans un certain nombre de pays. Ainsi
que le souligne la Commission dans son examen annuel de la croissance, les
réformes favorisant la croissance de la productivité, en raison de leur
incidence positive sur la production potentielle et la capacité d'ajustement,
intéresseront tout particulièrement les États membres qui souffrent de
déséquilibres macroéconomiques[23].
Dans l’environnement actuel, les risques de nouveaux déséquilibres causés par
la demande sont généralement faibles, même si des pressions pourraient
s'exercer de nouveau sur les marchés d'actifs une fois la croissance revenue. Étant donné que les pays
soumis à un programme font déjà l'objet d'une surveillance renforcée en ce qui
concerne leur situation économique et leurs politiques, ils ne sont pas
examinés au titre de la PDM[24].
Il s'agit en l'occurrence de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal
et de la Roumanie. La Lettonie est, quant à elle, soumise à une
surveillance post-programme, son programme de soutien de la balance des
paiements ayant expiré le 19 janvier 2012; elle fait donc l'objet d'un
examen dans le présent rapport. Sur la base de la
lecture économique du tableau de bord, la Commission considère qu'une analyse
complémentaire est justifiée pour examiner plus attentivement certaines
questions relatives à plusieurs États membres. Cette approche globale
s'explique par le fait qu'il s'agit de la première mise en œuvre de la
surveillance au titre de cette procédure; elle doit donc tenir compte également
de l'ajustement aux déséquilibres accumulés précédemment. Les États membres
concernés sont les suivants: la Belgique, la Bulgarie, le Danemark,
l'Espagne, la France, l'Italie, Chypre, la Hongrie, la Slovénie, la Finlande,
la Suède et le Royaume-Uni. Ces États membres sont confrontés à des
défis et à des risques potentiels (effets de contagion, par exemple)
différents. Certains d'entre eux doivent corriger leurs déséquilibres
intérieurs et extérieurs. Ils devront ainsi réduire leur haut niveau
d'endettement global et renforcer leur compétitivité afin d'améliorer leurs
perspectives de croissance et leurs résultats à l’exportation. Une analyse
approfondie aidera à évaluer les facteurs influant sur l'évolution de la
productivité, de la compétitivité et des échanges commerciaux, ainsi que les
conséquences du niveau d'endettement accumulé et la relation plus ou moins
grande entre les déséquilibres dans plusieurs États membres. Certains pays
connaissent un ajustement rapide, en raison en partie d'effets de rattrapage,
qu'il pourrait être nécessaire d'examiner de manière plus approfondie. Malgré
des résultats macroéconomiques globalement satisfaisants, certains pays
méritent eux aussi une analyse complémentaire en raison de l'évolution de leurs
marchés d'actifs, notamment le marché de l'immobilier, et de l'accroissement
continu de la dette de leur secteur privé. Enfin, la lecture économique des
indicateurs du tableau de bord fait apparaître la nécessité de procéder à une
analyse horizontale plus poussée des facteurs et des conséquences politiques
d'importants excédents durables de la balance courante, surtout dans certains
États membres de la zone euro. Dans les prochains mois, la Commission analysera
plus avant les écarts de performance économique entre les différents États
membres, en étudiant notamment les liens commerciaux et financiers entre pays
déficitaires et pays excédentaires ainsi que la nécessité de poursuivre le
rééquilibrage au niveau de la zone euro et dans un contexte global. Elle
évaluera également le rôle des facteurs structurels (notamment le
fonctionnement des marchés de services) dans la formation d'excédents durables,
de par leur influence sur la consommation et l'investissement intérieurs, et
formulera les orientations nécessaires. Dans ce contexte, la Commission
examinera aussi plus attentivement le rôle des effets de rattrapage. Dans le cadre de la surveillance
multilatérale et conformément à l'article 3, paragraphe 4, du règlement,
la Commission invite le Conseil et l'Eurogroupe à examiner le présent rapport. Elle
attend avec intérêt les remarques du Parlement européen et des autres parties
intéressées. Sur la base de ces discussions, la Commission commencera à
préparer les analyses approfondies pour chaque État membre concerné. [1] On
entend ici «déséquilibres» au sens de l'article 2 du règlement sur la
prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques. [2] Le
Conseil a approuvé le tableau de bord dans les conclusions du Conseil Ecofin du
7 novembre 2011. Le Parlement européen a adopté une résolution le
15 décembre 2011. Le CERS, quant à lui, a répondu dans une lettre datée du
9 décembre 2011. [3] Règlement
(UE) nº 1176/2011 sur la prévention et la correction des déséquilibres
macroéconomiques. [4] Le
document de travail des services de la Commission, y compris la proposition de
tableau de bord sur laquelle a porté la consultation, est disponible à
l'adresse suivante: HYPERLIEN. De plus, la Commission publiera un document de
travail qui fournit d'autres éléments justifiant et expliquant le choix des
indicateurs. [5] Résolution
du Parlement européen adoptée le 15 décembre 2011:
http://ec.europa.eu/dgs/economy_finance/index_en.htm [6] Conclusions
du Conseil Ecofin du 8 novembre 2011 (en anglais):
http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/125976.pdf [7] L'avis
du CERS sur les indicateurs du tableau de bord envisagés pour la stabilité des
marchés financiers est disponible à l'adresse suivante: http://ec.europa.eu/dgs/economy_finance/index_en.htm [8] http://ec.europa.eu/dgs/economy_finance/index_en.htm [9] En
outre, l’indicateur sur l'évolution du chômage est lu en liaison avec d’autres
indicateurs, plus prospectifs, du tableau de bord et est utilisé pour mieux
comprendre la gravité potentielle des déséquilibres macroéconomiques
(persistance probable et capacité d'ajustement de l’économie). [10] http://ec.europa.eu/dgs/economy_finance/index_en.htm [11] Voir
la note de bas de page nº 7. [12] Il
convient de noter que cet aspect se reflète aussi dans certains indicateurs,
notamment ceux sur l'évolution du crédit et les prix de l'immobilier. Il est
envisagé de mettre au point, d'ici à la fin de 2012, un indicateur sur le
secteur bancaire/financier, qui serait incorporé au tableau de bord à temps
pour le prochain semestre européen. [13] Ces
transferts comprennent aussi des entrées de capitaux provenant des Fonds
structurels de l'Union européenne. Dans les cas de la Slovaquie et de la
Pologne, la prise en compte du solde du compte de capital ramènerait la valeur
de l’indicateur dans les limites des seuils indicatifs. Les entrées de capitaux
provenant des Fonds structurels de l'UE ont été importantes également en Grèce,
en Espagne et au Portugal. [14] Les
statistiques relatives à la position extérieure globale nette reflètent la
position financière nette (différence entre le total des engagements et celui
des avoirs) d'un pays par rapport au reste du monde. Les données couvrent les
stocks d'investissements directs et de portefeuille, les produits dérivés
financiers et les autres investissements et réserves. [15] La
dette extérieure nette indique la position nette d'un pays par rapport au reste
du monde en ce qui concerne les engagements qui requièrent le paiement du
principal et/ou d'intérêts par le débiteur à un moment donné. Elle peut être
calculée à partir de la PEGN, en déduisant les engagements extérieurs autres
que les titres de dette (les participations, par exemple). [16] En
2009, si les coûts unitaires du travail ont progressé plus rapidement, c'est
parce que les fortes baisses de la productivité, dues aux pertes de production
et à la rétention de main-d'œuvre, ont dépassé les corrections salariales,
souvent de grande ampleur. Toutefois, la croissance moyenne des CUT a fortement
ralenti en 2010 et a été modérée en 2011. [17] Dans
le tableau de bord, il est peut être justifié, d'un point de vue économique,
d'établir une distinction entre pays de la zone euro et pays hors zone euro
pour les seuils indicatifs. En ce qui concerne les CUT, une telle distinction
s'explique par le fait que, dans la majorité des États membres hors zone euro,
c'est-à-dire ceux qui ont adhéré à l'Union en 2004 ou ultérieurement, le
commerce s'est libéralisé à partir des années 1990, ce qui a entraîné un
processus naturel de convergence des prix des facteurs et, en corollaire, une
croissance relativement plus forte du coût du travail. [18] Ces
conclusions semblent valoir également lorsqu'on examine la variation des parts
de marché à l’exportation sur la base du commerce de marchandises en volume. [19] Les
États ont repris d'importants passifs éventuels du secteur privé qui, même
s'ils n'ont pas d'incidence immédiate sur le niveau de leur dette, peuvent
influer sur leur signature. En retour, le secteur privé exerce lui aussi une
influence sur le secteur public, dans la mesure où ses acteurs (les
établissements financiers mais pas seulement) peuvent devenir d'importants
créanciers des États, ce qui les rendrait vulnérables à leurs difficultés
budgétaires. [20] Bien
que la dette du secteur privé soit, sur la base de chiffres consolidés,
inférieure en Belgique en raison de la forte proportion de prêts entre
sociétés. [21] Les
négociations formelles n'ont pas encore commencé. [22] http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/president/news/documents/pdf/ags_fr.pdf
[23] Voir
également l'annexe macroéconomique de l'examen annuel de la croissance: http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/president/news/documents/pdf/annex_2_fr.pdf [24] Ce
principe est conforme à l'approche prônée par la Commission dans sa proposition
de règlement relatif au renforcement de la surveillance économique et
budgétaire des États membres connaissant ou risquant de connaître de sérieuses
difficultés du point de vue de leur stabilité financière au sein de la zone
euro, présentée le 23 novembre 2011 – COM(2011)819 final.