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Le règlement (UE) 2024/1263 vise à assurer la coordination efficace des politiques économiques nationales afin de promouvoir des finances publiques saines et durables, une croissance durable et inclusive, ainsi que la résilience par le biais de réformes et d’investissements, et d’empêcher les déficits publics excessifs.
Pour ce faire, le règlement fixe les règles relatives au contenu, à la présentation, à l’évaluation et au suivi des plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme dans le cadre de la surveillance budgétaire multilatérale par le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne.
Le Conseil et la Commission, avec la participation du Parlement européen, assurent une surveillance multilatérale basée sur des statistiques indépendantes de haute qualité.
Le Semestre comprend:
la formulation et la mise en œuvre de la surveillance:
des recommandations concernant la politique économique de la zone euro,
des lignes directrices pour l’emploi, y compris les principes du socle européen des droits sociaux et des recommandations par pays y afférentes;
la présentation, l’évaluation et l’approbation de plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme et leur suivi ultérieur par le biais de rapports d’avancement annuels;
la surveillance afin de prévenir et corriger les déséquilibres macroéconomiques.
Les États membres:
doivent tenir dûment compte des recommandations du Conseil, qui se fondent sur des propositions de la Commission, lors de la prise de décisions économiques, sociales, structurelles, budgétaires et d’emploi clés;
peuvent recevoir de nouvelles recommandations ou faire face à un avertissement et à des sanctions financières de la Commission s’ils ignorent la recommandation et les lignes directrices initiales.
Lorsqu’un État membre dont la dette publique dépasse 60 % de son produit intérieur brut (PIB) ou dont le déficit dépasse 3 % du PIB élabore un plan budgétaire et structurel national à moyen terme, la Commission fournit à l’État membre et au Comité économique et financier des orientations préalables sous la forme d’une trajectoire budgétaire pluriannuelle («trajectoire de référence»).
La trajectoire de référence est fondée sur le risque et adaptée aux défis de durabilité de l’État membre pour s’assurer que:
le rapport dette-PIB:
est placé, ou reste, sur une trajectoire descendante plausible, ou demeure à des niveaux prudents inférieurs au seuil de 60 % du PIB d’ici à la fin d’une période de quatre ans («période d’ajustement») sans autres mesures budgétaires,
diminue d’un montant moyen annuel minimal d’un point de pourcentage du PIB lorsque le rapport est supérieur à 90 % et à 0,5 point de pourcentage lorsqu’il est compris entre 60 % et 90 %;
le déficit:
est ramené en dessous de 3 % du PIB à la fin d’une période d’ajustement de quatre ans et reste inférieur à ce niveau à moyen terme sans que d’autres mesures budgétaires soient prises,
continue de diminuer jusqu’à ce qu’il offre une marge de 1,5 % du PIB en termes structurels par rapport à la valeur de référence de 3 % du PIB;
l’effort d’ajustement est linéaire, en règle générale;
la période d’ajustement peut être portée de quatre à sept ans au maximum, lorsqu’elle est étayée par un ensemble spécifique d’engagements en matière de réforme et d’investissement. Dans ce cas, l’effort à long terme du plan budgétaire et structurel national à moyen terme devrait au moins être proportionnel à l’effort total;
il existe une cohérence avec la trajectoire de correction recommandée dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs, le cas échéant.
La Commission:
utilise une méthode reproductible, prévisible et transparente pour déterminer si le ratio de la dette publique d’un État membre est sur une trajectoire descendante ou reste à un niveau prudent;
transmet les éléments suivants aux États membres avant qu’ils ne soumettent leur plan budgétaire et structurel national à moyen terme, ainsi qu’au comité économique et financier:
une trajectoire de référence (pour les États membres dont la dette publique dépasse 60 % du PIB ou dont le déficit dépasse 3 % du PIB) et le solde primaire structurel correspondant,
les informations techniques et le solde primaire structurel correspondant, à la demande d’un État membre dont la dette publique est inférieure à 60 % du PIB et dont le déficit est inférieur à 3 % du PIB,
le cadre sous-tendant les projections de dette publique à moyen terme et les résultats obtenus;
ses hypothèses et prévisions macroéconomiques.
Plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme
Les États membres, après consultation avec les organisations de la société civile, les partenaires sociaux, les autorités régionales et les autres parties prenantes concernées, soumettent un plan budgétaire et structurel national à moyen terme au Conseil et à la Commission, qui couvre une période de quatre ou cinq ans, en fonction de la durée régulière de la législature de l’État membre. Avant la soumission du plan, l’État membre prévoit un dialogue technique avec la Commission.
Le plan:
définit une trajectoire budgétaire qui répond aux exigences de l’UE en matière de dette et de déficit;
inclut la trajectoire de référence de la Commission (pour les États membres dont la dette publique dépasse 60 % du PIB ou dont le déficit dépasse 3 % du PIB);
explique comment l’État membre assurera la mise en place d’une série de réformes et d’investissements pertinents sous-tendant une prolongation de la période d’ajustement à sept ans au maximum, le cas échéant;
explique comment l’État membre assurera la mise en œuvre de réformes et d’investissements répondant aux principaux défis identifiés dans le contexte du Semestre européen, et comment l’État membre traitera les priorités d’une transition écologique et numérique équitable, de la résilience sociale et économique, de la sécurité énergétique et, le cas échéant, du renforcement des capacités de défense;
contient des informations économiques et budgétaires clés.
La Commission examine le plan national et recommande au Conseil de l’approuver ou de demander un plan révisé. Le Conseil doit expliquer publiquement lorsqu’il ne suit pas la recommandation de la Commission («appliquer ou expliquer»).
Mise en œuvre des plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme
Les États membres soumettent à la Commission un rapport d’avancement annuel accessible au public. La Commission contrôle étroitement si les États membres suivent la trajectoire des dépenses nettes exposée dans le plan et approuvée par le Conseil, la mise en œuvre de l’ensemble des réformes et des investissements sous-tendant une prolongation de la période d’ajustement (le cas échéant), ainsi que la mise en œuvre des réformes et des investissements plus larges dans le cadre du Semestre européen. À la demande de l’État membre, des institutions budgétaires indépendantes fournissent également une évaluation de la conformité avec la trajectoire des dépenses nettes approuvée par le Conseil.
coopère étroitement avec des institutions budgétaires indépendantes;
formule des suggestions pour l’évolution future du cadre budgétaire.
Le Conseil peut prévoir des écarts par rapport à la trajectoire des dépenses nettes:
pour tous les États membres en cas de récession économique grave dans la zone euro ou dans l’ensemble de l’UE, à condition que cela ne mette pas en péril la viabilité budgétaire à moyen terme («clause dérogatoire générale»);
pour un État membre lorsque des circonstances exceptionnelles échappant à son contrôle ont une incidence majeure sur ses finances publiques («clause dérogatoire nationale»), pour autant qu’un tel écart ne mette pas en péril la viabilité budgétaire à moyen terme.
Transparence et responsabilité
Le Parlement participe de manière régulière et structurée au processus du Semestre européen en:
réceptionnant les plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme;
recevant régulièrement des mises à jour des présidents du Conseil et de la Commission sur la surveillance multilatérale et un rapport annuel du président de l’Eurogroupe;
recevant de nombreuses informations économiques et financières de la Commission;
étant en mesure d’inviter les présidents du Conseil européen, du Conseil, de la Commission et de l’Eurogroupe à débattre de l’évolution économique.
Trajectoire de référence. Une trajectoire budgétaire pluriannuelle que la Commission fournit comme une orientation préalable aux États membres dont la dette dépasse 60 % du PIB ou dont le déficit dépasse 3 % du PIB avant d’élaborer leur plan budgétaire et structurel national à moyen terme.
DOCUMENT PRINCIPAL
Règlement (UE) 2024/1263 du Parlement européen et du Conseil du relatif à la coordination efficace des politiques économiques et à la surveillance budgétaire multilatérale et abrogeant le règlement (CE) no 1466/97 du Conseil (JO L, 2024/1263, ).
DOCUMENTS LIÉS
Décision (UE) 2024/2115 de la Commission du créant un comité budgétaire européen consultatif indépendant et abrogeant la décision (UE) 2015/1937 (JO L, 2024/2115, ).
Règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil du établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique et modifiant les règlements (CE) no 401/2009 et (UE) 2018/1999 («loi européenne sur le climat») (JO L 243 du , p. 1-17).
Règlement (UE) no472/2013 du Parlement européen et du Conseil du relatif au renforcement de la surveillance économique et budgétaire des États membres de la zone euro connaissant ou risquant de connaître de sérieuses difficultés du point de vue de leur stabilité financière (JO L 140 du , p. 1-10).
Directive 2011/85/UE du Conseil du sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres (JO L 306 du , p. 41-47).
Les modifications successives de la directive 2011/85/UE ont été intégrées au texte de base. Cette version consolidée n’a qu’une valeur documentaire.
Règlement (UE) no1176/2011 du Parlement européen et du Conseil du sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques (JO L 306 du , p. 25-32).
Règlement (CE) no223/2009 du Parlement européen et du Conseil du relatif aux statistiques européennes et abrogeant le règlement (CE, Euratom) no 1101/2008 relatif à la transmission à l’Office statistique des Communautés européennes d’informations statistiques couvertes par le secret, le règlement (CE) no 322/97 du Conseil relatif à la statistique communautaire et la décision 89/382/CEE, Euratom du Conseil instituant un comité du programme statistique des Communautés européennes (JO L 87 du , p. 164-173).
Règlement (CE) no1467/97 du Conseil du visant à accélérer et à clarifier la mise en œuvre de la procédure concernant les déficits excessifs (JO L 209 du , p. 6-11).