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Document 52015SC0019
COMMISSION STAFF WORKING DOCUMENT Analysis by the Commission services of the budgetary situation in France following the adoption of the COUNCIL RECOMMENDATION to France on 21 June 2013 with a view to bringing an end to the situation of an excessive government deficit Accompanying the document Recommendation for a COUNCIL RECOMMENDATION with a view to bringing an end to the situation of an excessive government deficit in France
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION Analyse de la situation budgétaire de la France par les services de la Commission à la suite de l'adoption de la RECOMMANDATION DU CONSEIL à la France du 21 juin 2013 visant à ce qu'il soit mis un terme à la situation de déficit excessif accompagnant le document: Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL visant à ce qu'il soit mis un terme à la situation de déficit excessif en France
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION Analyse de la situation budgétaire de la France par les services de la Commission à la suite de l'adoption de la RECOMMANDATION DU CONSEIL à la France du 21 juin 2013 visant à ce qu'il soit mis un terme à la situation de déficit excessif accompagnant le document: Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL visant à ce qu'il soit mis un terme à la situation de déficit excessif en France
/* SWD/2015/0019 final */
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION Analyse de la situation budgétaire de la France par les services de la Commission à la suite de l'adoption de la RECOMMANDATION DU CONSEIL à la France du 21 juin 2013 visant à ce qu'il soit mis un terme à la situation de déficit excessif accompagnant le document: Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL visant à ce qu'il soit mis un terme à la situation de déficit excessif en France /* SWD/2015/0019 final */
1.
Introduction Le
21 juin 2013, conformément à l'article 126, paragraphe 7, du TFUE, le
Conseil a décidé que les autorités françaises avaient engagé une action suivie
d’effets mais que des événements économiques négatifs et inattendus ayant des
conséquences défavorables majeures pour les finances publiques s'étaient
produits après l'adoption de sa recommandation du 2 décembre 2009. En
conséquence, le Conseil a recommandé à la France de corriger son déficit
excessif en 2015 au plus tard. Afin de ramener le déficit public sous la barre
des 3 % du PIB d'une manière crédible et durable, il a été recommandé à la
France a) de parvenir à un déficit nominal de 3,9 % du PIB en 2013, de 3,6 % en
2014 et de 2,8 % en 2015, ce qui semblait correspondre à une amélioration du
solde structurel de 1,3 % du PIB en 2013, 0,8 % en 2014 et 0,8 % en 2015, sur
la base des prévisions étendues du printemps 2013 de la Commission; b) de
mettre intégralement en œuvre les mesures déjà adoptées pour 2013 (1½ % du
PIB) et de préciser, d'adopter et de mettre rapidement en œuvre les mesures
d’assainissement nécessaires pour 2014 et 2015 afin de se conformer à la
recommandation d’amélioration du solde structurel tout en procédant comme prévu
actuellement à un examen minutieux des postes de dépenses dans tous les
sous-secteurs des administrations publiques, notamment au niveau de la sécurité
sociale et des collectivités locales; c) de consacrer toutes les recettes
imprévues à la réduction du déficit. Le Conseil a également recommandé de faire
en sorte que les mesures d’assainissement budgétaire conduisent à une
amélioration durable du solde structurel des administrations publiques de
manière propice à la croissance. Dans ses recommandations, le Conseil a fixé la
date limite du 1er octobre 2013 pour que la France engage une
action suivie d’effets et, conformément à l’article 3,
paragraphe 4 bis, du règlement (CE) nº 1467/97 du
Conseil, remette un rapport détaillé sur la stratégie d'assainissement
envisagée pour atteindre les objectifs. Le
15 novembre 2013, la Commission a conclu que, sur la base des prévisions de
l'automne 2013 de ses services, la France avait engagé une action suivie
d'effets en réponse à la recommandation du Conseil du 21 juin 2013 en vue de
ramener son déficit public sous la valeur de référence de 3 % du PIB et a
donc estimé qu'aucune étape supplémentaire dans le cadre de la procédure de
déficit excessif ne s'imposait. Le
5 mars 2014, la Commission a émis une recommandation concernant les mesures à
prendre par la France afin de garantir la correction en temps utile de son
déficit excessif. Dans sa recommandation, la Commission a considéré que la
France avait à consentir des efforts supplémentaires pour garantir le plein
respect de la recommandation du Conseil au titre de la procédure concernant les
déficits excessifs. Dans son programme de stabilité présenté le 7 mai 2014, la
France a annoncé un certain nombre de mesures supplémentaires pour 2014. Compte
tenu également du fait que l’effort budgétaire consenti en 2013 s’est révélé
plus important que prévu au moment où la Commission avait adopté sa
recommandation, il a été considéré que le programme de stabilité était
globalement compatible avec la recommandation de la Commission. Le 13 janvier 2015, la Commission a
présenté une communication sur la flexibilité, dans laquelle elle a donné de
nouvelles orientations sur les modalités d'application des règles existantes du
pacte de stabilité et de croissance, afin de renforcer le lien entre la mise en
œuvre des réformes structurelles, l’investissement et la responsabilité
budgétaire à l’appui de la croissance et de l’emploi. La communication ne
modifie pas les dispositions du pacte, mais vise à améliorer l’efficacité et la
compréhension de ses règles et à mettre en œuvre une politique budgétaire plus
propice à la croissance dans la zone euro en garantissant la meilleure
utilisation possible de la flexibilité inscrite dans le pacte de stabilité et
de croissance tout en préservant sa crédibilité et son efficacité dans le
maintien de la responsabilité budgétaire. Selon
les prévisions de l'hiver 2015 de la Commission, publiées le 5 février 2015, le
déficit public devrait atteindre 4,3 % du PIB en 2014 et 4,1 % du PIB en 2015.
Le déficit nominal attendu pour 2015 devrait donc rester nettement supérieur
aux 2,8 % du PIB fixés par le Conseil dans sa recommandation du 21 juin 2013 et
également supérieur au seuil de 3 % du PIB. Le
présent document se fonde sur les prévisions économiques de l’hiver 2015 de la
Commission pour déterminer si la France a engagé une action suivie d’effets en
vue de corriger le déficit excessif et propose une nouvelle trajectoire
d’ajustement qui permettrait de ramener le déficit public durablement sous les
3 % du PIB. Il analyse notamment les évolutions budgétaires depuis la
communication de la Commission au Conseil du 15 novembre 2013 sur
l’action engagée. 2.
Résultats macroéconomiques et budgétaires récents En
2013, la croissance du PIB en France est restée atone sur fond d’augmentation
du chômage et de faiblesse persistante de la demande intérieure. Le taux
de chômage a augmenté pour passer de 9,8 % à 10,3 % en un an, et le nombre
de demandeurs d’emploi inscrits a dépassé la barre des 3 millions. La
faiblesse de la demande intérieure s'est traduite par un fléchissement des
investissements des entreprises et a entraîné une légère contribution positive
des exportations nettes. L’inflation est tombée à 1,0 % dans un contexte
de faiblesse de la croissance économique et de baisse des prix de l’énergie.
Toutefois, l’évolution de la situation économique en 2013 s’est avérée
légèrement plus favorable qu'escompté dans les prévisions du printemps 2013 des
services de la Commission, qui annonçaient une croissance du PIB de -
0,1 % pour 2013, dans la mesure où des prix à la consommation plus faibles
que prévu et des salaires plus élevés ont stimulé la consommation des ménages. Selon
les prévisions de l’hiver 2015 de la Commission, la croissance du PIB serait
restée faible en 2014, et se serait établie à 0,4 %. En 2014,
tout comme en 2013, la faible croissance de l'activité aurait été tirée
principalement par la consommation privée et publique, tandis que
l’investissement aurait diminué en raison de la faiblesse de la demande globale
et de la baisse de la confiance des entreprises. Alors que les exportations
nettes ont légèrement contribué à la croissance du PIB en 2013, une nouvelle
baisse des parts de marché à l’exportation semble s'être traduite par une
contribution négative en 2014 (- 0,3 point de pourcentage), compensée par un redressement
des stocks (+ 0,3 point de pourcentage). Selon les estimations, l’emploi
total a augmenté en 2014, en raison notamment de l’emploi subventionné et, plus
marginalement, grâce à l’instauration du crédit d’impôt pour la compétitivité
et l’emploi (CICE). Toutefois, cette progression de l'emploi ne ferait
qu'absorber l’augmentation de la main-d'œuvre, et le taux de chômage resterait
inchangé à 10,3 %. Selon les estimations, la progression des prix à la
consommation serait retombée de 1,0 % en 2013 à 0,6 % en 2014, parallèlement
aux prix pétroliers (exprimés en euros), qui auraient reflué en moyenne de 9 %
en 2014 après un recul de 6 % en 2013. Si
la croissance du PIB en 2013 a été plus élevée que prévu dans le scénario de
référence qui sous-tend la recommandation du Conseil du 21 juin 2013
(0,3 % contre - 0,1 %), les projections en matière de croissance et
d’inflation pour 2014 figurant dans les prévisions de l’hiver 2015 de la
Commission sont nettement plus faibles que prévu dans le scénario de référence. Ce
dernier misait sur un net redressement de l’économie en 2014, et sur une
croissance du PIB de 1,1 %. Le scénario PDE, qui reposait sur une
amélioration du solde structurel de 0,8 % du PIB et qui sous-tendait la
recommandation du Conseil du 21 juin 2013, misait sur une croissance du PIB de
0,6 % en 2014. Selon les prévisions économiques de l’hiver 2015 de la
Commission, la croissance du PIB devrait être nettement moins élevée que prévu
à la fois par le scénario de référence et le scénario PDE établis en juin 2013.
La principale différence entre ces deux exercices de prévision provient des
révisions à la baisse de la demande extérieure, mais aussi des investissements,
qui devraient rester modérés dans un contexte de marges bénéficiaires limitées
et d'un nouveau recul de la confiance des entreprises. Le scénario de référence
qui sous-tend la recommandation du Conseil, annonçait une progression du
déflateur du PIB de 1,7 % en 2014. Dans le contexte de la forte baisse des
prix du pétrole en 2014, les prévisions de l’hiver 2015 de la Commission
annoncent désormais une augmentation moindre du déflateur du PIB, de 0,9 pp. Tableau 1 – Comparaison des
évolutions et des prévisions macroéconomiques Malgré
une croissance du PIB plus favorable que prévu, le déficit public a atteint 4,1
% du PIB en 2013, dépassant ainsi les 3,9 % du PIB recommandés par le Conseil
le 21 juin 2013. Malgré un volume important de nouvelles mesures
discrétionnaires, la croissance des recettes publiques s’est révélée décevante.
Les recettes fiscales, à l’exclusion des mesures discrétionnaires, ont
progressé à un rythme bien plus lent que le PIB, avec une élasticité de
seulement 0,4 selon la Commission[1].
Les prévisions du printemps 2013 de la Commission tablaient déjà sur une
élasticité des recettes fiscales au PIB inférieure à l’unité, de 0,9, et
indiquaient que, compte tenu de la position dans le cycle économique, un
chiffre encore inférieur ne pouvait être écarté. L’impact négatif de la faible
croissance des recettes publiques sur le déficit des administrations publiques
a cependant été partiellement compensé par un ralentissement des dépenses
publiques, qui ont augmenté de 2,0 % en termes nominaux, hors crédits d'impôts,
ce qui constitue un ralentissement sensible par rapport à la croissance de 3,0
% enregistrée en 2012. En particulier, la réduction de 5,6 milliards d’EUR
(0,3 % du PIB) des intérêts payés sur la dette publique a ralenti la
progression de la croissance des dépenses publiques de 0,5 point de
pourcentage. Selon
les prévisions de l’hiver 2015 des services de la Commission, le déficit
nominal aurait augmenté jusqu'à 4,3 % du PIB en 2014, sur fond d’écart de
production encore croissant et d'inflation faible. Le volume de
mesures discrétionnaires dans le volet des recettes resterait important,
représentant 0,6 % du PIB. Par ailleurs, en raison notamment de la
composition de la croissance du PIB, l’élasticité spontanée des recettes
fiscales devrait s’établir à 0,7, ce qui est nettement inférieur à la valeur
standard de 1,0. La faible élasticité et le ralentissement de l’inflation
devraient peser sur les recettes publiques et sur le déficit des
administrations publiques. Du côté des dépenses, des mesures ont été prises
pour brider les dépenses publiques qui, hors crédits d’impôt, devraient croître
de 1,3 % en termes nominaux. Toutefois, selon les estimations, le CICE,
comptabilisé comme une dépense supplémentaire dans le SEC 2010, compense en
partie ces efforts et devrait alourdir le déficit public de 0,5 point de
pourcentage du PIB. Le
déficit public devrait retomber à 4,1 % du PIB en 2015. Les
nouvelles mesures discrétionnaires dans le volet des recettes devraient être
globalement neutres pour le solde des finances publiques, tandis que
l'élasticité des recettes fiscales devrait augmenter pour atteindre 0,8. Les
risques qui pèsent sur les perspectives budgétaires s’équilibrent mutuellement. Bien
qu’aucun dépassement de dépenses de grande ampleur ne soit attendu à ce stade,
la reprise économique reste fragile et un contenu fiscal de l’activité
économique encore moins élevé que prévu actuellement ne saurait être exclu. En
particulier, la baisse des prix du pétrole depuis l’automne 2014 pourrait avoir
une incidence plus forte que prévu sur les prix à la consommation, qui
constituent la base de la TVA, et entraîner des effets négatifs sur les
recettes publiques. Pour ce qui est des aspects positifs, l’annonce récente de
la Banque centrale européenne pourrait donner lieu à un nouvel assouplissement
des taux d’intérêt le mois prochain, avec une incidence positive sur le solde
des finances publiques. Le
ratio de dette publique, qui s’élevait à 92,2 % du PIB en 2013, devrait
continuer à grimper en 2014 et 2015. Il devrait atteindre 95,3 % du PIB en 2014
et 97,1 % en 2015, compte tenu des déficits publics encore relativement élevés
et de la croissance timide du PIB nominal. Les ajustements stock-flux devraient
contribuer à stabiliser la dette publique. 3. Exécution
budgétaire au cours de la période 2013-2015 Cette section fournit une analyse
détaillée de l’évolution de la situation budgétaire au cours de la période
2013-2015. Elle
examine notamment les principales mesures discrétionnaires adoptées dans le
volet des recettes et les réductions de dépenses mises en œuvre. 3.1. Exécution
budgétaire en 2013 Selon les estimations de l'INSEE
(Institut national de la statistique), le déficit nominal devrait s'établir à
4,1 % du PIB pour 2013, et dépasser ainsi l'objectif de 3,9 % du PIB fixé par
le Conseil le 21 juin 2013. L’élasticité des recettes fiscales plus
faible que prévu a contribué à cet écart, bien que la croissance du PIB ait été
légèrement plus forte que prévu au moment de la recommandation. Dans
l’ensemble, l’effort budgétaire estimé par la Commission semble légèrement
inférieur à l’effort recommandé par le Conseil. Du côté des recettes, un grand nombre de
mesures discrétionnaires ont été adoptées, représentant 1,3 % du PIB selon
la Commission. Les principales mesures ayant une incidence sur les
recettes publiques ont été inscrites dans la loi de finances rectificative pour
2012, adopté le 16 août 2012, ainsi que dans la loi de finances initiale pour
2013. Les recettes supplémentaires par rapport à 2012 provenaient
principalement de réductions de dépenses fiscales relatives à l’impôt sur le
revenu des sociétés, avec des mesures de l'ordre de 0,4 % du PIB dans le
budget initial de 2013. En outre, les augmentations des cotisations de sécurité
sociale ont contribué à accroître la charge fiscale. La suppression des
exonérations de charges sociales pour les heures supplémentaires, adoptée en
2012, faisait partie de ce paquet. Des mesures ont également été prises pour
augmenter l’impôt sur le revenu des personnes physiques, telles que la
non-indexation sur l'inflation du barème de l’impôt sur le revenu des personnes
physiques et de l’impôt sur la fortune ainsi qu’une réforme de l’imposition des
revenus du capital. Un certain nombre de mesures représentant 0,2 pp du PIB
n’ont eu qu’une incidence budgétaire ponctuelle, de sorte qu’elles n’ont pas
été prises en compte dans le calcul de l'effort budgétaire consenti. Par
conséquent, selon les estimations, les mesures discrétionnaires adoptées dans
le volet des recettes, hors mesures ponctuelles et temporaires, auraient
représenté 1,1 % du PIB, soit un peu moins que les 1,3 % du PIB prévus dans le
scénario de référence sur lequel repose la recommandation. Tableau 2 – Composition de l’ajustement budgétaire L'augmentation
des dépenses publiques a ralenti de manière significative en 2013 grâce à des
réductions de certaines dépenses ainsi qu’à l’impact de normes de dépenses dans
un contexte de baisse des taux d’intérêt. Le processus de
réexamen des dépenses (la révision générale des politiques publiques, remplacée
par l’initiative de modernisation de l’action publique depuis le milieu de
l’année 2012) a produit des économies au niveau de l’administration centrale en
2013. De plus, le gel des salaires a été maintenu dans le secteur public, où la
rémunération des travailleurs n'a progressé que de 1,7 % en termes nominaux,
par rapport à une augmentation moyenne de plus de 3 % sur la période 2000-2008.
La norme de dépenses de l’administration centrale en termes nominaux a
également contribué à ralentir la croissance des dépenses, bien qu'elle n'ait
pas été rigoureusement respectée, notamment en raison d’une augmentation
inattendue de la contribution au budget de l’UE en fin d’année. En ce qui
concerne la sécurité sociale, les dépenses de santé se sont avérées inférieures
à l’objectif fixé dans le budget. En outre, la réforme des retraites de 2010 a
continué de produire des économies supplémentaires avec le relèvement
progressif de l’âge minimal du départ à la retraite, en dépit d’une remise en
cause partielle de la réforme pour les travailleurs ayant une carrière longue.
À l’inverse, les investissements des collectivités locales ont été dynamiques,
conformément à la tendance généralement observée pendant l'année précédant une
élection municipale. Enfin, en raison de la baisse des taux d’intérêt, le coût
de la dette a diminué de 0,2 point de pourcentage du PIB en 2013, alors que la
dette elle-même a continué à augmenter. Dans l'ensemble, les dépenses publiques
ont augmenté de 1,9 % en termes nominaux (2,0 % à l'exclusion des crédits
d'impôt), le deuxième taux de croissance le plus faible enregistré au cours des
20 dernières années. Les dépenses dépendant de la volonté du gouvernement,
corrigées pour tenir compte de l’évolution des taux d'intérêt et du nombre de
chômeurs, ont augmenté de 1,2 point de pourcentage du PIB, soit 0,1 pp de moins
que ce qui était prévu dans le scénario de référence présenté en juin 2013. Tableau 3 -
Principales mesures budgétaires sur la période 2013-2015 (hors mesures
exceptionnelles) Recettes || Dépenses 2013 Augmentation de la fiscalité indirecte (+0,2 % du PIB) Augmentation de l’impôt sur le revenu/réduction des dépenses fiscales liées aux revenus (+0,3 % du PIB) Non-indexation du barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur la fortune (0,1 % du PIB) Augmentation des prélèvements sociaux sur les revenus du capital, les plus-values et l’épargne salariale (+0,2 % du PIB) Augmentation des cotisations sociales/réduction des exonérations sociales (+0,3 % du PIB) || Gel des salaires de base des fonctionnaires (-0,1 % du PIB) Économies résultant de la RGPP au niveau de l’administration centrale (-0,1 % du PIB) Réforme des retraites de 2010 (-0,1 % du PIB) Économies sur les dépenses de santé (-0,1 % du PIB) Programme des Investissements d'avenir (+0,1 % du PIB) Autres mesures (+0,1 % du PIB) 2014 Réduction des exonérations fiscales sur le revenu des personnes physiques (+ 0,2 % du PIB) Augmentation (du taux) des cotisations sociales (+0,1 % du PIB) Hausse temporaire de 5 % de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 250 millions d’EUR (+ 0,1 % du PIB) Augmentation des taux de TVA (+0,3 % du PIB) Réduction de l’impôt sur le revenu pour les ménages à faibles revenus (- 0,05 % du PIB) || Gel des salaires de base des fonctionnaires (-0,1 % du PIB) Économies sur les dépenses de santé (-0,1 % du PIB) Économies résultant de la révisions des dépenses dans le cadre de la RGPP au niveau de l’administration centrale (-0,1 % du PIB) Réforme des retraites de 2010 (-0,1 % du PIB) Introduction du crédit d'impôt sur la compétitivité et l'emploi (+0,5 % du PIB) 2015 Nouvelle réduction de l’impôt sur le revenu pour les ménages à faibles revenus (- 0,05 % du PIB) Réduction des cotisations sociales patronales pour les travailleurs dont la rémunération représente entre 1 et 1,6 fois le salaire minimum (0,2 % du PIB) || Réforme des retraites de 2010 (-0,2 % du PIB) Économies sur les dépenses de santé (-0,2 % du PIB) Gel des salaires de base des fonctionnaires (-0,1 % du PIB) Report de l’indexation des transferts sociaux (- 0,1 % du PIB) Montée en charge du crédit d'impôt sur la compétitivité et l'emploi (+0,3 % du PIB) Remarque: un signe positif signale une augmentation des recettes/des dépenses découlant de la mesure prise. Les impacts budgétaires annuels sont estimés par les services de la Commission. Seules les mesures ayant une incidence budgétaire d’au moins 0,1 % du PIB sont répertoriées. 3.2. Évolution
des finances publiques en 2014 Selon les prévisions de l'hiver 2015 de
la Commission, le déficit nominal devrait s'établir à 4,3 % du PIB en 2014, et
donc dépasser l'objectif de 3,6 % du PIB fixé par le Conseil le 21 juin 2013. Outre
un effet de base négatif résultant de l’année 2013, la croissance plus faible
que prévu du PIB nominal explique en grande partie cet écart. Par ailleurs,
l’ampleur des mesures discrétionnaires prises en matière de recettes et
l’évolution des dépenses semblent globalement compatible avec la recommandation
du Conseil du 21 juin 2013. En ce qui concerne les recettes, les
mesures discrétionnaires devraient représenter 0,5 % du PIB selon les
prévisions de l’hiver 2015 de la Commission. Les principales
mesures ayant une incidence sur les recettes publiques adoptées en 2014
concernent les modifications des taux de TVA au 1erjanvier 2014, le doublement
de la taxe exceptionnelle sur le revenu des sociétés pour les grandes sociétés
et l’augmentation de la contribution pour la pension de vieillesse adoptée dans
le cadre de la réforme des retraites de 2013. Dans le cadre de la réforme des
taux de TVA, le taux normal est passé de 19,6 % à 20 %, et le taux
intermédiaire de 8 % à 10 %. Le taux minimal est resté inchangé, à 5,5 %,
et s’applique désormais aux travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique
des logements construits depuis plus de deux ans. Cette mesure, qui devrait
produire des recettes supplémentaires de 0,3 pp du PIB, a notamment été adoptée
pour compenser en partie l’impact négatif du CICE récemment mis en place sur
les finances publiques. La taxe exceptionnelle sur le revenu des grandes
entreprises, introduite en 2011, est passée de 5 % à 10,7 %, et a rapporté près
de 0,1 pp du PIB. Selon les prévisions économiques de l’hiver 2015 de la
Commission, l’élasticité des recettes fiscales devrait s'améliorer en 2014,
mais elle devrait rester nettement inférieure à 1,0, ce qui ramène les recettes
courantes à 53,1 % du PIB. Les mesures ponctuelles et temporaires, y
compris celles qui concernent des contentieux judiciaires et la réduction
exceptionnelle de la contribution de la France au budget de l’UE en 2014, se
sont pratiquement mutuellement compensées et ne devraient donc avoir qu’une
incidence marginale sur les mesures discrétionnaires. La
progression des dépenses publiques devrait continuer de ralentir en 2014, en
dépit de l’augmentation du coût du CICE, comptabilisé comme une dépense
publique dans le cadre du SEC 2010. Les efforts déployés par le
gouvernement pour limiter la croissance des dépenses devraient être soutenus
par la poursuite de la baisse des taux d’intérêt et la baisse de l’investissement
des collectivités locales conformément au cycle électoral. Le gel des salaires
dans la fonction publique a été maintenu, et la rémunération des salariés du
secteur public devrait augmenter à nouveau, de 1,7 %, en termes nominaux.
La norme de dépenses de l’administration centrale en termes nominaux devrait
être respectée. En ce qui concerne la sécurité sociale, l'objectif de
progression des dépenses de santé a été fixé à 2,3 %, après un taux de
croissance de 2,4 % en 2013. Les investissements des collectivités locales
devraient eux aussi se contracter fortement, selon la tendance généralement
observée au cours de l’année d’une élection municipale. Les taux d’intérêt
devraient continuer à décroître, mais l’impact de ce repli serait légèrement plus
faible qu’en 2013 (- 0,1 pp du PIB). En revanche, le CICE, qui a été adopté en
2012 et montera en charge au cours de la période 2014-2015, devrait accroître
les dépenses publiques de 0,5 point de pourcentage du PIB en 2014. D'une
manière générale, les dépenses publiques devraient augmenter de 2,2 % en termes
nominaux (1,3 % à l'exclusion de l'incidence du crédit d'impôt). Si l'on tient
compte de l’incidence des crédits d’impôt sur les dépenses publiques dans le
SEC 2010, les dépenses sous le contrôle du gouvernement devraient augmenter de
1,3 point de pourcentage du PIB, soit 0,1 pp de moins que prévu dans le
scénario de référence présenté en juin 2013. 3.3. Évolution
des finances publiques en 2015 Selon
les prévisions de l’hiver 2015 des services de la Commission, le déficit
nominal devrait atteindre 4,1 % du PIB en 2015, bien au-dessus de la
valeur de référence de 3 % du PIB et de l’objectif de 2,8 % du PIB
fixé par le Conseil le 21 juin 2013. Outre l'effet de base négatif
résultant de l’année 2014, la croissance plus faible que prévu du PIB nominal
explique en grande partie cet écart. Selon les prévisions de l’hiver 2015 des
services de la Commission, le solde structurel devrait s’améliorer de
0,3 % du PIB en 2015. En
ce qui concerne les recettes, les mesures discrétionnaires devraient
représenter 0,1 % du PIB, dès lors que les mesures ayant pour effet
d’accroître les recettes sont presque entièrement compensées par la mise en
œuvre du pacte de responsabilité et de solidarité. En effet, la
réduction des cotisations sociales patronales adoptée dans le cadre d’une loi
de finances rectificative pour 2014 sera en vigueur à partir du 1er
janvier 2015 et devrait réduire les recettes publiques de 0,2 point de
pourcentage du PIB. La réduction prévue de l’impôt sur le revenu pour les
ménages à faibles revenus devrait encore réduire la charge fiscale de 0,1 point
de pourcentage du PIB. L’impact de ces mesures sur les recettes fiscales sera
compensé notamment par une augmentation de la fiscalité indirecte et par la prolongation
d’un an de l’impôt exceptionnel sur les grandes entreprises, qui devait expirer
en 2015. Selon les prévisions économiques de l’hiver 2015 de la Commission,
l’élasticité des recettes fiscales devrait être de pratiquement 0,8 en 2015,
avec des recettes courantes stables à 53,1 % du PIB. En raison de la
disparition de mesures ponctuelles prévue en 2014, les prévisions du printemps
2013 indiquaient que les mesures ponctuelles augmenteraient de 0,1 point de
pourcentage du PIB le montant global des mesures discrétionnaires pour l’année
2015. À titre de comparaison, les prévisions de l’hiver 2015 annoncent que les
mesures ponctuelles et temporaires, qui résultent des contentieux judiciaires,
réduiront l’ampleur des mesures discrétionnaires de 0,1 point de pourcentage du
PIB. Dans
le volet des dépenses, le gouvernement prévoit une réduction des dépenses
publiques de 21 milliards d’EUR, conformément à l’objectif visant à
réaliser des économies de 50 milliards d’EUR sur la période 2015-2017. Les
économies attendues de l’administration centrale s’élèveraient à près de 8
milliards d’EUR. En particulier, le gouvernement prévoit de contenir
l'enveloppe salariale et d’autres coûts de fonctionnement en maintenant le gel
des salaires de base. Il est prévu également de déployer des efforts visant à
réaliser des gains d’efficience et à rationaliser le parc immobilier du secteur
public. Les organismes divers d'administration centrale, des organismes
contrôlés par l'État, recevront des incitations financières pour réduire eux
aussi leurs propres dépenses. Les dotations de l’État aux collectivités locales
diminueront de 3,7 milliards d’EUR. Enfin, dans le secteur de la sécurité
sociale, les économies devraient atteindre près de 9 milliards d’EUR du fait
d’une nouvelle réduction de l’objectif en matière de dépenses de santé et d'un
gel nominal des prestations sociales pendant un an. La méthode utilisée par les
autorités pour quantifier ces économies ne semble pas être pleinement
cohérente. En ce qui concerne l’État, des efforts ont été déployés pour estimer
la croissance tendancielle des dépenses pour lesquelles des économies sont
quantifiées. En revanche, la baisse de l’investissement des collectivités
locales prévue en 2015 est partiellement liée au cycle électoral et ne devrait
pas être considérée comme une économie effective, et les impôts locaux
devraient également augmenter, notamment en raison des mesures annoncées à la
Commission le 27 octobre et adoptées dans le cadre de la deuxième loi de
finances rectificative pour 2014 au mois de décembre. Selon les prévisions de
la Commission de l'hiver 2015, les dépenses publiques devraient augmenter
globalement de 1,5 % en termes nominaux (1 % hors incidence du crédit d'impôt).
Si l'on inclut le crédit d’impôt, les dépenses sous le contrôle du gouvernement
devraient augmenter de 0,8 point de pourcentage du PIB, soit nettement moins
que la croissance de 1,3 point de pourcentage annoncée en juin 2013. 4.
Action suivie d'effets sur la période 2013-14 4.1. Contexte L’évaluation
actuelle de l’action suivie d'effets repose sur les prévisions économiques de
l’hiver 2015 de la Commission. Elle tient compte de l'évolution de la situation
économique et budgétaire depuis la dernière recommandation adressée par le
Conseil le 21 juin 2013 au titre de l'article 126, paragraphe 7, du
TFUE. La méthode d’évaluation d’une action suivie d’effets est celle qui a été
approuvée par le Conseil en juin 2014. L’évaluation débute par une comparaison
entre l’objectif de déficit nominal et d’amélioration du solde structurel
recommandée par le Conseil, d'une part, et le déficit nominal et l’effort
budgétaire apparent, mesuré par la variation du solde budgétaire structurel,
d'autre part. Si ces objectifs ne sont pas atteints, une analyse approfondie
fondée sur (i) l’évolution du solde structurel corrigé et (ii) une évaluation
ascendante (bottom-up) des mesures d’assainissement mises en œuvre par les
autorités françaises en 2013 et 2014 est effectuée. L’ajustement
du solde structurel tient compte i) de l’impact des révisions de la croissance
du PIB potentiel par rapport au scénario de croissance sous-tendant la
recommandation du Conseil, ii) de l'incidence des augmentations/diminutions de
recettes par rapport au scénario de référence, et iii) de l’incidence négative
du passage au SEC 2010 sur le coût des crédits d'impôts. 4.2. Objectifs
nominaux et ajustement du solde structurel Selon
les estimations, le déficit des administrations publiques est resté supérieur
au niveau recommandé en 2013 et 2014. Dans sa
recommandation du 21 juin 2013, le Conseil avait recommandé à la France
d'atteindre des objectifs nominaux de 3,9 % du PIB en 2013 et de 3,6 % en 2014.
En 2013, le déficit public a atteint 4,1 % du PIB. Selon les prévisions
économiques de l’hiver 2015 de la Commission, il aurait encore progressé pour
atteindre 4,3 % du PIB en 2014. Dans
sa recommandation du 21 juin 2013, le Conseil a recommandé à la France
d’améliorer son solde structurel de 1,3 point de pourcentage du PIB en 2013 et
de 0,8 point de pourcentage en 2014 et en 2015. Selon les
prévisions de l’hiver 2015 de la Commission, le déficit structurel serait tombé
à 3,3 % du PIB en 2013, contre 4,3 % du PIB en 2012, et devrait
continuer à reculer jusqu’à 2,9 % du PIB en 2014 et 2,6 % en 2015.
Cela implique un effort budgétaire annuel de 1,0 % du PIB en 2013, de 0,4 % en
2014 et de 0,3 % en 2015, inférieur à l'objectif pour chacune de ces années. Une
analyse approfondie se justifie, dès lors que ni les objectifs nominaux ni les
objectifs de déficit structurel n’ont été atteints en 2013 et en 2014. Tableau 4: Comparaison des projections
budgétaires 4.3. Analyse
approfondie Évaluation du solde structurel corrigé La correction effectuée pour tenir
compte des révisions de la croissance potentielle depuis juin 2013 a peu d'incidence
sur l’amélioration estimée du solde structurel en 2013 et 2014. Au
moment de la recommandation du Conseil du 21 juin 2013, la croissance du PIB
potentiel était estimée à 0,9 % pour 2013 et à 1,0 % pour 2014. Sur
la base de ses prévisions de l’hiver 2015, la Commission estime que la
croissance potentielle a atteint 1,0 % tant en 2013 qu'en 2014. Toutes
choses étant égales par ailleurs, une révision à la hausse de la croissance
potentielle creuse l'écart de production et réduit le déficit structurel estimé.
La prise en compte de cette évolution a toutefois une incidence insignifiante
ces deux années. Par
rapport au scénario de référence, les prévisions de l’hiver 2015 indiquent des
pertes de recettes de 0,2 point de pourcentage du PIB en 2013 et en 2014. Alors
qu'une croissance négative du PIB réel était attendue en 2013, la Commission
tablait, dans ses prévisions du printemps 2013, sur une progression des
recettes plus rapide que ce que les élasticités standard des recettes publiques
au PIB laissaient supposer à la fois pour 2013 et pour 2014. Or, dans ses
prévisions de l’hiver 2015, la Commission s’attend maintenant à des
moins-values fiscales, ce qui signifie que les recettes courantes auraient
augmenté plus lentement que le PIB nominal ces deux années-là. Par comparaison
avec le scénario de référence, la prise en compte des plus-values et
moins-values fiscales dans les prévisions de
l’hiver 2015 de la Commission conduit donc à une augmentation des recettes
courantes en 2013 et 2014. La
prise en compte de l’incidence négative du passage au SEC 2010 augmente de 0,1
point de pourcentage du PIB l’amélioration du solde structurel en 2014. En
2014, le système européen de comptes (SEC) a connu un certain nombre de
changements méthodologiques à l’occasion du passage du SEC 1995 au SEC 2010. En
particulier, les crédits d’impôt restituables, qui étaient comptabilisés dans
le SEC 1995 comme des mesures négatives dans le volet des recettes, sont
désormais comptabilisés comme des dépenses. De plus, alors que ces crédits
d’impôt, notamment le CICE et le crédit d'impôt recherche, étaient auparavant
enregistrés au moment où les sommes dues étaient exigées, les dépenses
supplémentaires sont désormais comptabilisées dès la reconnaissance de la
créance par le fisc. Ce changement de méthode, qui n’était pas prévu au moment
de la recommandation du Conseil et peut être considéré comme indépendant de la
volonté du gouvernement, alourdit le coût total de ces mesures de 0,1 point de
pourcentage du PIB en 2014 et réduit donc d'autant l'amélioration du solde
structurel. En
tenant compte de l'ajustement adéquat, l’amélioration cumulée du solde
structurel sur la période 2013-2014 serait, selon les estimations, en deçà du
niveau recommandé par le Conseil. Corrigée des révisions à la baisse
de la croissance du PIB potentiel et des plus-values et moins-values fiscales
depuis la recommandation du Conseil, ainsi que de l’incidence négative du
passage au SEC 2010, l’amélioration du solde structurel s'établit à 1,2 %
du PIB en 2013 et à 0,7 % en 2014. Pour ces deux années, l'effort cumulé
est donc inférieur de 0,2 point de pourcentage à la recommandation de
2,1 % du PIB émise par le Conseil. Tableau 5 – Évolution du solde
structurel corrigé (top-down) et de l'effort budgétaire (bottom-up) Évaluation
ascendante (bottom-up) Dans
sa recommandation du 21 juin 2013, le Conseil a estimé que, pour correspondre à
l’ajustement du solde structurel recommandé, des mesures d'un montant égal à
0,0 % du PIB en 2013 et supérieur à 1,0 % en 2014 devaient être
prises pour compléter le scénario de référence qui sous-tend la recommandation. C'est
pourquoi l’évaluation ascendante de l’évolution budgétaire établit une
comparaison entre le scénario de référence sous-tendant la recommandation du
Conseil du 21 juin 2013 et i) les mesures discrétionnaires, hors mesures
ponctuelles et temporaires, adoptées dans le volet des recettes et ii)
l’évolution des dépenses sous contrôle du
gouvernement[2].
Pour
2013, d’après l’évaluation ascendante, l’effort est inférieur de 0,1 % du
PIB par rapport au scénario de référence. En ce qui
concerne les recettes, le scénario de référence anticipait, sur la base des
mesures spécifiées au moment de la recommandation du Conseil, des mesures
discrétionnaires d'un montant égal à 1,3 % du PIB en 2013 et une
croissance de 1,3 point de pourcentage du PIB des dépenses dépendantes de
la volonté du gouvernement. D'après les estimations de la Commission, le
montant des mesures discrétionnaires effectivement mises en œuvre en 2013 ne
représente que 1,1 % du PIB (voir le tableau 3 pour de plus amples
détails). Dans le même temps, l'évolution des dépenses sous contrôle du
gouvernement a été moins dynamique que ne le prévoyait le scénario de référence
(+ 1,2 point de pourcentage du PIB). En
2014, selon les prévisions de l’hiver 2015 de la Commission, un effort
ascendant supplémentaire de 1,1 % du PIB, corrigé de l'incidence négative
du passage au SEC 2010, a été réalisé par rapport au scénario de référence. D'après
le scénario de référence qui sous-tend la recommandation du Conseil du 21 juin
2013, les mesures en recettes pour l'année 2014 devaient représenter -
0,2 % du PIB, tandis que les dépenses sous contrôle du gouvernement
devaient croître de 1,4 point de pourcentage du PIB. Dans sa recommandation
du 21 juin 2013, le Conseil a considéré que, par rapport à ce scénario, des
mesures supplémentaires de plus de 1 % du PIB étaient nécessaires pour
atteindre les objectifs budgétaires. Sur la base des prévisions de l’hiver 2015
des services de la Commission, les recettes supplémentaires produites par les
mesures discrétionnaires en 2014 devraient en réalité s’élever à 0,7 % du
PIB. En ce qui concerne les dépenses, celles sous contrôle du gouvernement
devraient progresser de 1,2 point de pourcentage en 2014, une fois prise
en compte l’incidence du passage au SEC 2010 sur le coût des crédits d’impôt
restituables. Selon
les estimations, l’effort cumulé sur 2013 et 2014 est légèrement supérieur à
1 % du PIB, ce qui correspond au niveau jugé nécessaire par le Conseil le
21 juin 2013. L’effort en 2013 présente un écart de 0,1 % du
PIB par rapport au niveau jugé compatible avec la variation du solde structurel
recommandée par le Conseil. Cet écart est toutefois compensé par un effort
ascendant de 1,1 % du PIB en 2014, ce qui est donc supérieur au niveau de
1 %, comme jugé nécessaire par le Conseil pour cette année-là. L'effort
supplémentaire par rapport au scénario de référence a été essentiellement
composé de mesures en recettes, tandis que l'évolution des dépenses est restée
proche de celle prévue dans le scénario de référence sous-tendant la
recommandation du Conseil. Conclusions de l’analyse approfondie La
révision à la baisse de l’inflation enregistrée en 2014 a eu un impact négatif
sur le déficit public. En 2014, l’inflation s'est révélée
nettement inférieure aux prévisions. Si le scénario qui sous-tend la
recommandation du Conseil prévoyait une inflation de 1,4 % en 2013 et de
1,7 % en 2014 (sur la base du déflateur du PIB), la Commission, dans ses
prévisions de l’hiver 2015, estime en revanche l'inflation à 0,8 % pour
chacune des deux années. Un tel choc d'inflation négatif réduit les bases
fiscales et aboutit à des révisions à la baisse des recettes fiscales. En
comparaison, les dépenses sont moins sensibles aux révisions de l'inflation,
particulièrement en France où les dépenses publiques sont en partie régies par
des normes fixées en valeur. De plus, un certain nombre de dépenses, notamment
les salaires de la fonction publique et les transferts sociaux liés aux
retraites et au logement, ont été gelées en termes nominaux en 2014, ce qui
rend plus difficiles de nouvelles économies. La
différence entre l'évolution du solde structurel corrigé et l'évaluation
ascendante en 2014 s'explique principalement par cette forte révision à la
baisse de l’inflation: l'évaluation descendante est en effet fortement affectée
par le choc d’inflation, contrairement à l’évaluation ascendante. La
dégradation du déficit nominal entraîne une détérioration du solde structurel,
d'où l'estimation d'un effort moindre dans l’approche descendante. Cela tient
au fait que l’écart de production, qui est utilisé pour estimer la composante
conjoncturelle du déficit, est calculé en volume et n'est, de ce fait, pas
affecté par l’inflation. Dès lors, la composante conjoncturelle du déficit
nominal n’est, elle non plus, pas affectée par la révision à la baisse de
l’inflation. Par conséquent, la détérioration du déficit nominal imputable à
l'inflation se traduit par une détérioration du même ordre du solde structurel.
A
contrario, l’évaluation ascendante apparaît moins sensible aux révisions
d’inflation que la variation du solde structurel corrigé. Le
chiffrage direct des mesures de recettes discrétionnaires adoptées en 2014 n’a
été que peu affecté par le niveau d'inflation plus faible qu'attendu. En outre,
comme indiqué ci-dessus, les objectifs de dépenses sont généralement fixés en
valeur nominale, ce qui signifie qu’une grande partie des dépenses n'est pas
corrigée de l'inflation plus faible. La révision à la baisse de l’inflation n'a
donc probablement eu qu'une incidence globale limitée sur l'effort ascendant.
Plus précisément, comme certaines dépenses publiques sont sensibles à
l’inflation et auraient pu être revues quelque peu à la baisse, l'évaluation
ascendante aurait pu être affectée positivement mais, quoi qu'il en soit,
beaucoup moins que l'évaluation descendante dans le cas particulier de la
France. L’écart
entre l’effort structurel corrigé – de 0,2 % du PIB par rapport à la
recommandation – et l’effort ascendant – compatible avec la recommandation –
s’explique principalement par la révision à la baisse de l’inflation. Le
niveau de l'inflation plus faible que prévu a réduit l'effort structurel
corrigé de quelque 0,6 % du PIB. En revanche, les paiements d’intérêts,
exclus de l'approche ascendante, ont été moins élevés que prévu, ce qui a eu
pour effet d'accroître l’effort structurel corrigé de 0,4 % du PIB. La
conjugaison de ces deux effets, qui se compensent en partie, explique l'écart
de 0,2 % du PIB de l’effort descendant. Au
final, sur la base des prévisions de l'hiver 2015 de la Commission, les
informations disponibles ne permettent pas de conclure que l’effort recommandé
n’a pas été réalisé en 2013-2014. 5.
Proposition de nouvelle trajectoire d’ajustement Selon
les prévisions de l’hiver 2015 de la Commission, la France n’est pas
susceptible de corriger son déficit excessif dans les délais fixés dans la
recommandation du Conseil du 21 juin 2013, même si l’effort budgétaire cumulé
sur la période 2013-2014, établi à partir des mesures discrétionnaires prises
en matière de recettes et de dépenses, correspond au niveau indiqué par le
Conseil.
En effet, si le scénario macroéconomique qui sous-tend la recommandation se
fondait sur l'hypothèse d'un comblement progressif de l’écart de production, la
croissance du PIB devrait en réalité être inférieure au potentiel, bien que la
croissance potentielle estimée ait été révisée à la baisse depuis les
prévisions du printemps 2013. Malgré l'adoption de mesures supplémentaires d'un
montant «supérieur à 1 % du PIB» depuis juin 2013, la croissance
économique plus lente que prévu a eu un impact négatif sur le solde budgétaire
nominal. De plus, l’ajustement cumulé de l’effort structurel est inférieur au
niveau recommandé par le Conseil en juin 2013, mais il semble que cela soit dû
principalement à la prévision d'inflation inscrite dans les prévisions de
l'hiver 2015 de la Commission, plus faible que le niveau escompté au moment de
la recommandation. Il apparaît dès lors justifié d’émettre une recommandation
révisée et de prolonger le délai de correction du déficit excessif. 5.1.
Effets
attendus des réformes structurelles Le
rapport 2015 des services de la Commission pour la France a conclu que le pays
connaissait des déséquilibres macroéconomiques excessifs nécessitant une
surveillance spécifique et la poursuite d’une action politique déterminée,
comme en témoignent la persistance d'une compétitivité extérieure faible et
d'un endettement du secteur public élevé. La détérioration
de la balance commerciale et de la compétitivité mérite l'attention constante
des pouvoirs publics. En particulier, dans un contexte d'atonie de la
croissance et de l'inflation, et compte tenu de l'insuffisance des mesures
prises jusqu'à présent, les risques associés à une faible compétitivité et à
une dette publique élevée sont importants. Il importe tout particulièrement de
prendre des mesures pour réduire les risques de retombées négatives sur
l’économie française et, étant donné la taille de celle-ci, d'effets
d'entraînement sur l’Union économique et monétaire. Dans
sa communication du 13 janvier 2015, la Commission a renforcé le lien entre la
mise en œuvre des réformes structurelles, l’investissement et la responsabilité
budgétaire pour soutenir la croissance et la création d'emplois, dans le cadre
des règles existantes du pacte de stabilité et de croissance. La
communication précise que les réformes structurelles seront prises en compte
lorsqu’il s’agira de recommander la durée de la prolongation du délai imparti
pour corriger le déficit excessif. Dans le cadre de cette communication, la
Commission indique qu’elle tiendra également compte des réformes qui n’ont pas
encore été mises en œuvre, à condition que celles-ci aient été clairement
spécifiées – et assorties de délais d'adoption crédibles – dans un plan de
réformes structurelles qui doit être adopté par l’État membre concerné. Dans
une lettre adressée à la Commission en novembre 2014, les autorités françaises
se sont engagées à mener un certain nombre de réformes structurelles mettant en
œuvre les recommandations spécifiques de 2014 formulées par le Conseil en
juillet 2014.
Le 12 décembre 2014, le gouvernement a publié un agenda des réformes dans
lequel sont présentées les réformes prioritaires jusqu’en 2017. Cet agenda a
été confirmé dans une communication relative au programme national de réforme
présentée par le premier ministre au conseil des ministres le 18 février 2015.
Les autorités françaises s'attendent à ce que les mesures présentées aient une
incidence positive sur la croissance et, partant, sur la viabilité des finances
publiques. Elles estiment à 3,3 points de pourcentage du PIB d'ici à 2020
l'incidence globale de toutes les réformes mises en œuvre ou engagées depuis
2012, indépendamment de leur état d'avancement actuel. Les
principales mesures de réforme prises depuis la recommandation du Conseil du 21
juin 2013 comprennent notamment les réductions du coût du travail ainsi que la
réforme des retraites adoptée en janvier 2014. Les réductions
du coût du travail passeront notamment par le CICE et le pacte de
responsabilité et de solidarité. Le CICE s'applique aux salaires
représentant jusqu’à 2,5 fois le salaire minimum, pour un montant total de
20 milliards d’EUR. Le pacte de responsabilité et de solidarité comprend un
certain nombre de réductions supplémentaires du coût du travail, pour un
montant de 10 milliards d'EUR. En 2015, seront réduites les cotisations
sociales patronales sur les salaires représentant jusqu’à 1,6 fois le salaire
minimum, pour un coût de 4,5 milliards d'EUR, et les cotisations des
travailleurs indépendants, pour un coût de 1 milliard d'EUR. En 2016, une
nouvelle réduction des cotisations patronales, d’un montant de 4,5 milliards
d’EUR, est prévue pour les salaires représentant entre 2,5 et 3,5 fois le
salaire minimum. Ces mesures sont censées réduire environ de moitié l'écart
entre le coin fiscal de la France et le coin fiscal moyen de la zone euro. La
réforme du système des retraites de 2014 vise à améliorer la viabilité à long
terme du système. L'essentiel de l'ajustement qui sera réalisé d'ici à 2020
repose sur des mesures de recettes, au premier rang desquelles des hausses de
cotisations sociales. Par la suite, la durée minimale de cotisation nécessaire
pour bénéficier d'une retraite à taux plein passera progressivement de 41¾ ans
en 2020 à 43 ans en 2035. Dans l’ensemble, la proposition de réforme
réduirait de moitié le déficit du système des retraites à l’horizon 2020, et
contribuerait à accroître la population active à partir de 2020. Parmi
les autres projets de réformes figurent notamment des mesures destinées à
réformer les collectivités locales, à améliorer l'environnement des entreprises
et à renforcer la concurrence dans le secteur des services. En
particulier, la réforme des collectivités locales et un projet de loi sur
l’activité économique sont actuellement en cours d’examen au Parlement. La
réforme des collectivités locales vise à réduire le «millefeuille»
administratif et à prévenir les chevauchements de compétences. Cette réforme
peut améliorer l’efficacité et la productivité des collectivités locales et
devrait se traduire à moyen terme par des économies de fonds publics. Parmi les
mesures visant à améliorer l’environnement des entreprises figurent un programme
de simplification, actuellement en cours, ainsi qu'un projet de révision de la
législation du travail relative aux seuils d'effectifs susceptibles d’entraver
la croissance des entreprises françaises. Le projet de loi sur l’activité
économique vise à réduire la charge administrative, notamment dans le secteur
de la construction, et s'attaque aux problèmes de concurrence concernant les
professions juridiques, ouvre à la concurrence le secteur du transport par
autocar, réduit les barrières à l’entrée dans le commerce de détail et
assouplit les règles encadrant le travail dominical. Il prévoit également une
réforme de la procédure des litiges portant sur les licenciements individuels.
Dans
l’ensemble, ces réformes sont susceptibles d'accroître le potentiel de
croissance de l’économie française, mais les autorités françaises semblent
toutefois en avoir surestimé les effets. Elles
s’attendent notamment à ce que la réduction de la charge fiscale sur le travail
augmente le PIB de 1,7 point de pourcentage d’ici à 2020. Cette estimation ne
tient pas compte du coût de financement des réductions du coût du travail. Il
ressort de simulations réalisées par la Commission européenne avec le modèle
QUEST III, en tenant compte d'un financement ex ante intégral des réformes, que
le CICE et le pacte de responsabilité et de solidarité auront, d'ici à 2020, un
impact sur le PIB certes important mais nettement plus faible qu'escompté. En
outre, comme l’a souligné le rapport 2015 des services de la Commission pour la
France, le dynamisme de la croissance des salaires pourrait annuler les effets
de cette réduction du coût du travail. Qui plus est, la quantification des
impacts est, dans certains cas, imprécise et semble optimiste, comme l'atteste,
dans le modèle de la Commission (QUEST), l'ampleur des mesures qui serait
nécessaire pour obtenir des résultats comparables. Cela vaut notamment pour la
loi sur la politique énergétique (dont les autorités attendent un gain de 0,8
point de pourcentage du PIB d’ici à 2020). Enfin, les autorités tiennent compte
dans leurs estimations des effets de législations qui n’ont pas encore été
adoptées. C’est notamment le cas du projet de loi sur la croissance et
l’activité qui est actuellement en discussion au Parlement et dont l’impact sur
le PIB pourrait être amoindri par des modifications introduites au cours du
processus législatif. Dans
l’ensemble, si l'agenda des réformes fixé par les autorités françaises va dans
la bonne direction, les progrès concernant la mise en œuvre de la recommandation
du Conseil du 8 juillet 2014 sont limités. Compte tenu des
défis qu’il reste à relever dans les domaines d’action recensés dans le rapport
pays 2015 et du fait que les mesures prises jusqu’à présent n’ont pas encore
débouché sur une correction significative des déséquilibres macroéconomiques de
la France, un engagement constant en faveur de l’adoption rapide et de la mise
en œuvre intégrale des réformes structurelles couvrant l’ensemble des
recommandations par pays est essentiel. Dans ce contexte, la France a été
invitée à fournir de plus amples précisions sur les réformes structurelles dans
son plan national de réforme, qui continuera à être suivi attentivement par la
Commission. Ainsi qu'elle l'a indiqué dans sa communication intitulée «Semestre
européen 2015: évaluation des enjeux dans le domaine de la croissance,
prévention et correction des déséquilibres macroéconomiques et résultats des
bilans approfondis en vertu du règlement (UE) nº 1176/2011», la Commission
examinera en mai, en tenant compte du niveau d’ambition du programme national
de réforme et des autres engagements qui lui auront été présentés d'ici là,
s'il y a lieu de recommander au Conseil d’adopter, conformément à
l’article 7, paragraphe 2, du règlement (CE) nº 1176/2011, des
recommandations constatant l’existence d’un déséquilibre excessif et
recommandant à la France de prendre des mesures, dans le cadre d'un plan de
mesures correctives. 5.2.
Scénario
de référence Afin
de définir l’effort que devra fournir la France, les prévisions de l'hiver 2015
de la Commission ont été étendues. Pour 2015 et 2016, le scénario de
référence est identique aux prévisions de l’hiver 2015 des services de la
Commission. Plus précisément, la baisse de l’inflation et la croissance des
salaires, qui reste soutenue, étant susceptibles de soutenir la consommation,
la reprise devrait s'affermir progressivement. Selon les projections, la
croissance du PIB devrait donc atteindre 1,0 % en 2015 et, dans
l’hypothèse de politiques inchangées, 1,8 % en 2016. L'inflation devrait
s’établir à 0,0 % en 2015, sous l'effet notamment de la forte baisse
récente des prix du pétrole et de la faiblesse persistante de la conjoncture.
L'inflation devrait enregistrer un léger rebond à 1,0 % en 2016. Pour
2017, le scénario de référence repose sur l'hypothèse d'un comblement de
l'écart de production en cinq ans, en l'absence de mesures. Les mesures déjà
adoptées qui sont susceptibles d'avoir une incidence significative sur le
déficit public après 2015 ont également été prises en compte dans le scénario
de référence. Parmi celles-ci figurent notamment pour 2016, sur la base des
prévisions de l’hiver 2015, la diminution prévue des cotisations sociales
patronales (- 0,2 % du PIB) ainsi que la réduction prévue de la
contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) (- 0,05 % du PIB) et
l’accroissement de la fiscalité environnementale (0,1 % du PIB). En 2017,
les mesures de recettes prises en compte dans les prévisions étendues creusent
le déficit public de 0,2 % du PIB. Il s'agit notamment de la suppression
annoncée de la C3S (0,1 % du PIB) et de la réduction prévue du taux
général de l’impôt sur les sociétés (0,05 % du PIB). En outre, le solde
structurel devrait se détériorer de près de ¼ pp du PIB en raison d'un
taux de croissance spontané des dépenses publiques supérieur au taux de
croissance du PIB potentiel. D'après
les prévisions étendues, le PIB devrait progresser, à politiques inchangées, au
rythme de 1,8 % en 2017. La croissance du PIB serait donc
supérieure à la croissance potentielle (estimée à 1,2 % pour 2017). Les
hypothèses qui sous-tendent le scénario de référence décrit ci-dessus suggèrent
une stabilisation du déficit nominal sur la période 2015-2017. Tableau 6 –
Prévisions des principales variables macroéconomiques et budgétaires en vertu
du scénario de référence 5.3.
Proposition
de prolongation du délai L’échéance
proposée pour corriger la situation de déficit excessif tient notamment compte
des conditions économiques ainsi que d’autres facteurs pertinents. Les
effets secondaires des efforts d’assainissement supplémentaires requis pour
mettre fin à la situation de déficit excessif sont évalués sur la base du
scénario de référence décrit plus haut. Sont également évalués d’autres
facteurs pertinents, en particulier la mise en œuvre de réformes structurelles
compatibles avec les dispositions de la communication de la Commission du 13
janvier 2015 intitulée «Utiliser au mieux la flexibilité offerte par les règles
existantes du pacte de stabilité et de croissance». Dans tous les cas, l’ajustement
annuel du solde structurel envisagé est au moins égal au seuil minimum de
0,5 % du PIB fixé par le pacte de stabilité et de croissance. Sur
cette base, différents scénarios ont été envisagés pour évaluer le délai dont
la France aurait besoin pour corriger son déficit excessif. Sur la
base des prévisions de l’hiver 2015 de la Commission, la prolongation du délai
d’un an supposerait un ajustement cumulé du solde structurel en 2015 et 2016
d'au moins 2,2 % du PIB. L'effort moyen requis pour ces deux années serait
dès lors supérieur à l’effort annuel moyen recommandé pour la période 2013-2015
dans la recommandation du Conseil du 21 juin 2013. Compte tenu de son ampleur,
l’effort budgétaire cumulé aurait un impact négatif important sur la croissance
du PIB. Un
nouveau délai de deux ans (jusqu'à 2017) permettrait de ramener le déficit
nominal sous le seuil de 3 % tout en permettant au PIB de croître de
0,8 % cette année-là. Afin de définir la trajectoire
d’ajustement pour 2015 et au-delà, il est supposé que les mesures
complémentaires requises ont des effets secondaires négatifs sur la croissance
du PIB via un effet multiplicateur proche de 0,7 pour les mesures
d'accroissement des recettes et de 1,0 pour les réductions de dépenses. En
ce qui concerne la composition des mesures complémentaires, il est supposé que
les autorités procéderont à de nouvelles réductions de dépenses, en plus de
celles déjà incluses dans le scénario de référence (d'un montant proche de 25
milliards d'EUR sur la période 2015-2017), afin de parvenir à un montant total
de 50 milliards d'EUR sur la période 2015-2017, conformément à la loi de
programmation des finances publiques. Au-delà de ce montant, il est supposé que
l'effort supplémentaire nécessaire serait réparti à parts égales entre des
mesures d'accroissement des recettes et des mesures de réduction des dépenses.
Sur la base de ces hypothèses, le déficit public devrait atteindre 4,0 %
du PIB en 2015, 3,4 % en 2016 et 2,8 % en 2017. Cette trajectoire
budgétaire correspond à un ajustement du solde structurel de 0,5 % du PIB
en 2015, de 0,8 % en 2016 et de 0,9 % en 2017. Par rapport au
scénario de référence décrit plus haut, il y aurait lieu de prendre des mesures
supplémentaires représentant 0,2 % du PIB en 2015, 1,2 % en 2016 et
1,3 % en 2017. En tenant compte des effets de second tour sur la
croissance économique des mesures d’assainissement supplémentaires nécessaires,
la croissance du PIB atteindrait 0,8 % en 2015, 0,7 % en 2016 et
0,8 % en 2017. Tableau 7 – Prévisions des principales
variables macroéconomiques et budgétaires en vertu du scénario de référence 6.
Conclusions Sur
la base des informations actuellement disponibles, l’ajustement cumulé du solde
structurel sur la période 2013-2014 est estimé à 1,9 % du PIB, ce qui est
inférieur à la recommandation de 2,1 % du Conseil de juin 2013. Toutefois,
d'après l’approche ascendante, l’effort budgétaire serait de - 0,1 % en
2013 et de 1,1 % en 2014, de sorte que l’effort cumulé correspondrait au
niveau indiqué par le Conseil («supérieur à 1,0 % du PIB»). Comme
l’écart entre l’évaluation descendante et l'évaluation ascendante résulte
principalement des révisions de l’inflation intervenues depuis le printemps
2013, l'analyse approfondie permet de conclure que l’approche ascendante doit jouer
un rôle prépondérant dans l’évaluation de l’évolution de la situation
budgétaire au cours de la période 2013-2014. Dans l’ensemble, les éléments de
preuve disponibles ne permettent pas de conclure que l’effort recommandé n’a
pas été réalisé en 2013-2014. Le
déficit devrait rester nettement supérieur à la valeur de référence de 3 %
du PIB en 2015. La forte détérioration conjoncturelle de la position budgétaire
résultant de la position globale moins favorable de l’économie par rapport au
scénario macroéconomique qui sous-tend la recommandation du Conseil de 2013 et
les perspectives de croissance à moyen terme, ainsi que les premières étapes
vers un ambitieux programme de réformes structurelles, qui doivent encore être
complétées selon les indications de la communication de la Commission intitulée
«Semestre européen 2015: évaluation des enjeux dans le domaine de la
croissance, prévention et correction des déséquilibres macroéconomiques et
résultats des bilans approfondis en vertu du règlement (UE) nº 1176/2011»,
laissent supposer qu'une prolongation du délai pour la correction du déficit
excessif jusqu'en 2017 au plus tard est approprié à la lumière également de la
communication COM(2015) de la Commission du 13 janvier 2015, intitulée
«Utiliser au mieux la flexibilité offerte par les règles existantes du pacte de
stabilité et de croissance». Un
nouveau délai de deux ans pour que la France corrige son déficit excessif
correspond à des objectifs de déficit nominal de 4,0 % du PIB en 2015, de
3,4 % en 2016 et de 2,8 % en 2017. L’amélioration sous-jacente du
solde budgétaire structurel serait de 0,5 % du PIB en 2015, de 0,8 %
en 2016 et de 0,9 % en 2017. L'effort cumulé devrait donc atteindre
0,5 % en 2015, 1,3 % en 2016 et 2,2 % en 2017. Il conviendrait à
cet effet de prendre des mesures supplémentaires par rapport au scénario de
référence décrit dans le présent document de travail, pour un montant égal à
0,2 % du PIB en 2015, à 1,2 % en 2016 et à 1,3 % en 2017. Au
total, les mesures supplémentaires nécessaires devraient donc représenter
0,2 % du PIB en 2015, 1,4 % en 2016 et 2,7 % en 2017. Annexe – Tableaux types Tableau 8 – Ajustement de l’effort
structurel apparent pour tenir compte de la révision de la croissance
potentielle – Calculs détaillés Tableau 9 – Ajustement de l’effort
structurel apparent pour tenir compte des augmentations/diminutions de recettes
attendues – Calculs détaillés Tableau 10 —
Prévisions des principales variables pour le calcul de l’effort budgétaire dans
le cadre du scénario de référence [1] Selon le gouvernement,
l’élasticité des recettes fiscales a été encore plus faible (0,2) en raison
d’un rendement estimé des mesures discrétionnaires adoptées significativement
supérieur par rapport aux prévisions de l’hiver 2015 des services de la
Commission. [2] À l’exclusion des charges d’intérêts et de l'impact sur les finances
publiques de l’évolution du nombre de chômeurs.