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Document 52014DC0320
REPORT FROM THE COMMISSION TO THE EUROPEAN PARLIAMENT AND THE COUNCIL on the functioning of Directive 2010/65/EU on reporting formalities for ships arriving in and/or departing from ports of the Member States
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur le fonctionnement de la directive 2010/65/UE concernant les formalités déclaratives applicables aux navires à l’entrée et/ou à la sortie des ports des États membres
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur le fonctionnement de la directive 2010/65/UE concernant les formalités déclaratives applicables aux navires à l’entrée et/ou à la sortie des ports des États membres
/* COM/2014/0320 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur le fonctionnement de la directive 2010/65/UE concernant les formalités déclaratives applicables aux navires à l’entrée et/ou à la sortie des ports des États membres /* COM/2014/0320 final */
1.
Introduction
Le transport maritime doit respecter des
procédures administratives complexes, établies sur la base de nombreux textes
législatifs nationaux, internationaux et de l'Union européenne (UE) dans les
domaines, notamment, des douanes, de la fiscalité, de l'immigration, de la
sécurité et de la sûreté, des déchets et de la protection de la santé. C'est
pourquoi, lorsqu'un navire entre et/ou sort d'un port, les autorités publiques
exigent que de nombreux documents et informations relatifs à ces domaines leur
soient fournis. Ces formalités et les procédures pour les remplir sont souvent
considérées comme longues et faisant double emploi, ce qui se traduit par des
coûts et des retards pouvant rendre le transport maritime moins attrayant. Le 20 octobre 2010 a été adoptée la
directive 2010/65/UE concernant les formalités déclaratives applicables
aux navires à l’entrée et/ou à la sortie des ports des États membres[1]
(directive sur les formalités déclaratives). Cette directive vise à simplifier
et harmoniser certaines des procédures concernées en mettant en place un
système standard de transmission électronique d'informations et en
rationalisant les formalités déclaratives applicables aux navires à l’entrée
et/ou à la sortie des ports de l’UE, permettant ainsi de réduire la charge
administrative qui pèse sur les entreprises de transport maritime. Dans la
pratique, cela signifie que les États membres doivent accepter de remplir ces
formalités déclaratives, telles qu'elles figurent à l’annexe de la directive, sous
forme électronique et de les transmettre via un guichet unique national au plus
tard le 1er juin 2015. Conformément à l'article 15 de la directive,
la Commission présente un rapport au Parlement européen et au Conseil sur le
fonctionnement de ladite directive, y compris sur: ·
les progrès sur la voie de l’harmonisation et de la
coordination des formalités déclaratives, à savoir la mise en œuvre du guichet
unique national; ·
les données disponibles concernant le trafic/les
mouvements de navires au sein de l’Union et/ou les navires faisant escale dans
des ports de pays tiers; ·
la possibilité d’éviter ou de simplifier les
formalités pour les navires qui ont fait escale dans un port d’un pays tiers ou
d’une zone franche; ·
la compatibilité des services d’information
fluviale avec la procédure de transmission électronique de données; ·
la possibilité d’étendre le champ d’application des
simplifications introduites par ladite directive aux transports par voies
navigables intérieures. Le présent rapport fait le point sur ces
différents éléments. La mise en place du guichet unique étant la principale
exigence contenue dans la directive, elle fait l'objet d'une rubrique distincte
(rubrique 3). Les autres éléments sont traités dans la rubrique 4. Le
présent rapport présente en outre des informations sur les projets futurs
visant à améliorer l'échange d'informations maritimes et à simplifier et
réduire les charges administratives. Afin de préparer le présent rapport, un consultant
a été chargé de réaliser une étude[2]
sur les points évoqués ci-dessus.
2.
Contexte
La directive sur les formalités déclaratives a été
proposée par la Commission dans le cadre de la communication intitulée «Communication
et programme d'action en vue de créer un espace maritime européen sans
barrières»[3],
qui contenait des politiques et des mesures visant à harmoniser et à simplifier
les procédures administratives dans le transport maritime à courte distance,
améliorant ainsi l’efficience et la compétitivité du transport maritime
intra-UE. Un lien a été établi entre la directive sur les
formalités déclaratives et la directive 2002/59/CE du Parlement
européen et du Conseil relative à la mise en place d'un système communautaire
de suivi du trafic des navires et d'information, et abrogeant la
directive 93/75/CEE du Conseil[4],
notamment en ce qui concerne SafeSeaNet[5],
le système d'échange d'informations maritimes de l'Union. Les informations
pertinentes devront être communiquées via le système SafeSeaNet, qui, outre sa
fonction de sécurité, permet d’échanger des informations visant à faciliter le
trafic et le transport maritimes. La «ceinture bleue» est une initiative
récente qui complète les objectifs contenus dans la directive sur les
formalités déclaratives et qui s'inscrit dans le cadre de l'Acte pour le marché
unique II[6].
Elle prône la mise en place d’un véritable marché unique du transport maritime
et, pour ce faire, propose de ne plus soumettre les marchandises originaires de
l’UE (ci-après «marchandises UE») transportées entre des ports maritimes de
l’UE aux formalités administratives et douanières qui s'appliquent aux
marchandises en provenance de ports d’outre-mer. Plus spécifiquement, la
communication sur la «ceinture bleue»[7]
envisage l'introduction d'un manifeste de cargaison harmonisé et électronique à
l'attention des autorités douanières, dit «e-Manifest», qui vise à faciliter
davantage la circulation des navires faisant escale dans des ports de l'UE.
L'«e-Manifest» favorisera, dans le même temps, l’harmonisation et réduira la
charge administrative.
3.
Mise en œuvre des guichets uniques nationaux
Le concept de guichet unique constitue la
principale exigence pour la mise en œuvre de la directive sur les formalités
déclaratives. Le guichet unique: ·
est le service où tous les renseignements sont
notifiés une fois pour toutes et mis à la disposition des autorités compétentes
des États membres dans divers domaines (ports, douanes, sûreté, santé et
contrôles aux frontières); ·
fait le lien entre le système SafeSeaNet, le
système de douane électronique (e-Customs) et d’autres systèmes électroniques;
et ·
doit être accessible au système SafeSeaNet,
interopérable et compatible avec celui-ci et, le cas échéant, avec les systèmes
prévus dans la décision n° 70/2008/CE du Parlement européen et du Conseil
relative à un environnement sans support papier pour la douane et le commerce[8].
3.1.
État d’avancement
3.1.1.
Harmonisation et coordination des formalités
déclaratives accomplies au titre de l’article 3 de la directive sur les
formalités déclaratives au niveau des États membres
L'article 3, paragraphe 1, de la
directive sur les formalités déclaratives dispose que chaque État membre prend
des mesures pour faire en sorte que les formalités déclaratives soient
appliquées d’une manière harmonisée et coordonnée au sein dudit État membre. Tous les États membres ont transposé la directive
et ont lancé des initiatives concernant la mise en œuvre d’un guichet unique
national dans le domaine du transport maritime. Il existe toutefois de grandes
disparités en ce qui concerne (1) les concepts, systèmes et environnements liés
au guichet unique, (2) les approches pour la création d'un guichet unique, et
(3) l'avancement du développement dans les États membres. Certains États membres attendent que les
spécifications techniques soient finalisées (cf. infra), tandis que d'autres
modernisent, relient ou «reconstruisent» leur infrastructure nationale pour les
formalités déclaratives afin de créer leur guichet unique national, comme le
prévoit la directive. Diverses autorités publiques et des acteurs du secteur
privé dans différents domaines d'action (notamment maritime, douanes, santé et
contrôles aux frontières) sont impliqués. Il en résulte un processus complexe
de mise en œuvre et de coordination. Des efforts substantiels sont requis au
niveau des États membres afin, d'une part, de permettre à toutes les parties de
participer de manière continue et, d'autre part, de garantir une coordination
efficace. Par ailleurs, les États membres doivent également
faire face, à des degrés divers, aux défis suivants: ·
incidences de la mise en œuvre du budget disponible
et processus de budgétisation des États membres et des acteurs concernés; ·
préoccupations et/ou difficultés d'ordre juridique
quant à l’échange d’informations confidentielles/sensibles et garantie de la
qualité des données; ·
absence totale ou partielle, à ce jour, de
spécifications techniques élaborées au niveau de l’UE; ·
calendrier de mise en œuvre, également tributaire
de l'élaboration de l'e-Manifest dans le cadre de l'initiative «ceinture bleue»
(cf. infra). Le secteur du transport maritime a souligné le
risque que, en l’absence de nouvelles normes d’interopérabilité et vu le manque
d’harmonisation des informations requises au niveau national, les systèmes de
guichet unique national élaborés par les États membres puissent se révéler
assez différents les uns des autres. Cette situation pourrait nécessiter le
développement d'interfaces spécifiques pour que le secteur puisse communiquer
avec chaque système national, entraînant ainsi une augmentation des coûts de
mise en œuvre et une diminution des avantages pour le secteur.
3.1.2.
Harmonisation et coordination des formalités
déclaratives réalisées au titre de l’article 3 de la directive sur les
formalités déclaratives au niveau de l'UE
L’article 3, paragraphe 2, de la
directive sur les formalités déclaratives dispose que la Commission, en
coopération avec les États membres, met au point des mécanismes d’harmonisation
et de coordination des formalités déclaratives au sein de l’Union. Il convient
cependant de noter que la directive ne prévoit pas de procédure spécifique
susceptible d’aboutir à des actes contraignants pour encourager
l’harmonisation. À cette fin, la Commission a institué le groupe
d’experts sur la simplification et les services d’information électronique dans
le domaine maritime, à savoir le «groupe eMS», qui a pour objectif
d'aider les États membres à mettre en œuvre la directive sur les formalités
déclaratives de manière coordonnée. Des observateurs des principales
associations de parties prenantes concernées sont également invités à
participer aux travaux du groupe. Le fonctionnement du groupe eMS est présenté
à l’annexe I. La directive est mise en œuvre sur la base d'une approche
en cinq phases: (1)
Phase 1: élaboration de spécifications
fonctionnelles (2)
Phase 2: élaboration de spécifications techniques (3)
Phase 3: mise en œuvre technique (4)
Phase 4: tests (5)
Phase 5: phase opérationnelle initiale Ces cinq phases sont décrites en détail à
l'annexe II. Le calendrier initial prévoyait d’élaborer les
spécifications fonctionnelles communes (phase 1) dans le courant des
années 2012 et 2013 et les spécifications techniques (phase 2)
avant la fin de 2013. Pour l'heure, les sous-groupes pertinents ont
élaboré des spécifications fonctionnelles pour la quasi-totalité des
notifications spécifiques recensées dans l’annexe de la directive sur les
formalités déclaratives. Un certain nombre de données et de problèmes communs
ayant une dimension horizontale ont été recensés, examinés et harmonisés au
niveau horizontal. Le sous-groupe «Cartographie des données et fonctionnalités»
a proposé qu'un ensemble d'informations harmonisées soient fournies lorsqu’il
est satisfait aux exigences de la directive, mais ce sous-groupe doit encore
finaliser ses travaux à cet égard. Les règles applicables au secteur en ce qui
concerne le formulaire FAL n° 2 (déclaration de la cargaison) et le
manifeste de cargaison n’ont toujours pas été élaborées et elles n'ont pas été
prises en considération lors de l'exercice de cartographie des données, afin de
ne pas entraver la mise au point, par les services de la Commission, de
spécifications pour l'e-Manifest. L'e-Manifest, qui devrait être déposé via le
guichet unique national, s'inscrit dans le cadre de l’initiative «ceinture
bleue». Étant donné que l’ensemble du processus d’harmonisation entraînera
l'élaboration de définitions et de formats communs pour les données requises
lors des différentes formalités, les services de la Commission s’efforceront
d’harmoniser les spécifications techniques du manifeste de cargaison harmonisé
sous forme électronique et des autres formalités déclaratives accomplies
conformément à la directive 2010/65/UE. L'e-Manifest est toujours en cours
de discussion. La phase de mise en œuvre technique a commencé au
début de l'année 2014 mais certains États membres attendent la
finalisation des spécifications fonctionnelles et techniques avant de démarrer
la mise en œuvre. En effet, compte tenu de ce qui précède, des spécifications
techniques (définitions et formats de données) n’ont été élaborées que pour les
formalités couvertes par des spécifications fonctionnelles convenues. Il y a
encore du travail à faire à cet égard et cela pourrait avoir une incidence sur le
calendrier futur puisque les systèmes devront être prêts à être testés au
premier semestre de 2015 afin que la phase opérationnelle initiale puisse
commencer au plus tard le 1er juin 2015.
3.1.3.
Projets d'appui
Afin de faciliter encore la mise en œuvre de la
directive sur les formalités déclaratives, la Commission a lancé les projets de
démonstration AnNa et PMI auxquels participent plusieurs États membres.
3.1.3.1.
Projet de démonstration PMI
Le projet de démonstration PMI, qui a été confié à
l'AESM, est doté d'un budget de 700 000 euros et vise à mettre en
œuvre l'action 3.1 (évolution de SafeSeaNet) du programme de travail de la
politique maritime intégrée (PMI). L’objectif de ce projet de démonstration est de
développer des composants logiciels et de services qui seraient utilisés pour
soutenir les États membres participants (Bulgarie, Grèce, Italie, Malte et
Roumanie) et la Norvège dans la mise en œuvre de leur solution de guichet
unique national conformément à la directive sur les formalités déclaratives. Ce
projet permettrait aux États membres participants de diminuer les coûts et le
temps nécessaires à la mise en œuvre de leur guichet unique national en
réutilisant et en intégrant, dans leurs systèmes nationaux, les composants
élaborés de manière centralisée dans le cadre du projet. Le principal résultat attendu de ce projet est la conception
et la mise en œuvre d’un prototype de solution de guichet unique national qui
permettra de tester les flux d’informations entre: –
le secteur du transport maritime (par exemple,
agent maritime/capitaine/personne dûment habilitée) et le guichet unique
national; –
le guichet unique national et les autorités
publiques (sécurité maritime, douanes, contrôles aux frontières, santé,
autorités portuaires et autres qui pourraient être recensés); et –
le système central SafeSeaNet et le guichet unique
national. Une première version du prototype a été lancée et
testée dans le courant de l'année 2013. Elle offrait la possibilité de
remplir les formalités déclaratives via une interface harmonisée. La structure
et les formats de données utilisés étaient basés sur les résultats des travaux
réalisés par le sous-groupe «Cartographie des données et fonctionnalités» du
groupe eMS. Une deuxième version du prototype a été présentée début 2014;
elle se caractérise par des interfaces avec les autorités publiques permettant
de traiter les informations transmises par les fournisseurs de données sur les
navires et d'enregistrer les décisions pertinentes, et d'échanger des
informations avec SafeSeaNet. D’autres nouveautés sont prévues dans le courant
de l'année 2014 et la phase finale du projet se déroulera jusqu'en
novembre 2014.
3.1.3.2.
Projet AnNa[9]
AnNa (abréviation de «Advanced National Networks
for Administrations») est un projet qui a été sélectionné au titre de l'appel
pluriannuel 2012 relatif aux autoroutes de la mer du RTE-T. Doté d’un
budget de 37 076 000 euros, ce projet s'étend de 2012
à 2015 et a été élaboré par les États membres pour appuyer la mise en
œuvre effective de la directive sur les formalités déclaratives. Il vise à
soutenir le développement effectif et durable de guichets uniques nationaux
conformément à la directive (par exemple, en soutenant l’intégration d'un
système basé sur les TIC dans le développement du guichet maritime unique). Quatorze États membres (Belgique, Bulgarie,
Chypre, Grèce, France, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie,
Slovénie, Espagne, Suède et Royaume-Uni) participent activement au projet; six
autres États membres (Croatie, Danemark, Allemagne, Irlande, Finlande et Malte)
ont un statut d’observateur[10].
Plusieurs organisations d'acteurs du secteur maritime[11] sont
associées au projet. Le projet AnNa fonctionne selon une approche ascendante et
soutient les administrations nationales dans la mise au point de leur guichet
maritime unique; il vise à soutenir l’intégration (du système) au sein des
guichets maritimes uniques nationaux et entre ceux-ci (navire-terre et entre
les différents services et administrations) en s'appuyant sur la nécessité de: ·
faire un usage optimal des données et des modèles
de données (internationaux) déjà disponibles; ·
clairement recenser quelles sont les données
requises par les autorités publiques (en vertu de la loi) et par les opérateurs
de la chaîne logistique; ·
déterminer comment les données peuvent être
réutilisées; ·
intégrer le «plus long terme». Cela signifie que les
travaux et les investissements devraient être réalisés en fonction du rapport
qualité-prix (également pour les investissements réalisés dans les systèmes de
communauté portuaire) et de la mise en œuvre de l’agenda de la politique
européenne des transports, y compris les objectifs des initiatives «fret en
ligne» et e-Customs; ·
développer un cadre fournissant une liste de
contrôle des mesures réalisables (y compris leur perspective internationale). Des exigences fonctionnelles et techniques, un
plan directeur intermédiaire pour les exigences minimales de la directive ainsi
qu'un document de stratégie pour les acteurs concernés décrivant les points de
vue des différentes organisations de parties prenantes sont en cours
d'élaboration. Au cours de la prochaine phase, des projets pilotes seront
lancés afin de tester différents concepts et idées pour la mise en œuvre de la
directive. Afin d’éviter les chevauchements ou les activités
contradictoires avec celles du groupe eMS, les éléments livrables du projet
AnNa sont présentés et validés par le groupe eMS. Tant le projet de démonstration PMI que le projet
AnNa visent à répondre aux besoins ressentis par certains États membres dans la
mise en œuvre de la directive sur les formalités déclaratives. Les travaux
réalisés dans le cadre du projet de démonstration PMI et du projet AnNa sont
considérés comme une valeur ajoutée aux travaux du groupe eMS et de ses
sous-groupes pour la mise en œuvre globale de la directive sur les formalités
déclaratives, pour autant qu'ils soient correctement coordonnés et cohérents.
4.
Autres obligations en matière de rapport en vertu
de l’article 15
4.1.
Données disponibles concernant le trafic/les
mouvements de navires au sein de l’Union et/ou les navires faisant escale dans
des ports de pays tiers ou dans des zones franches
À l'heure actuelle, il n’existe pas de données
précises disponibles sur l’ampleur du trafic/des mouvements de navires d’un
port de l’UE vers un autre, ou de navires faisant une escale intermédiaire dans
des ports de pays tiers ou pénétrant dans des zones franches. Selon des
organisations de parties prenantes comme l’ECSA et le WSC, la grande majorité
des navires naviguant dans les eaux de l'UE font une escale intermédiaire dans
des ports de pays tiers, mais aucune donnée exacte n'est accessible au public,
que ce soit sur les volumes de cargaison ou sur la fréquence du trafic. Toutes les informations sur la cargaison se
trouvent dans le manifeste de cargaison. Les données sur la cargaison sont
fournies aux autorités douanières à des fins financières et autres, et aux
ports/terminaux pour des raisons opérationnelles. Elles sont échangées à titre
confidentiel à ces fins spécifiques et ne peuvent être utilisées à d’autres
fins qu’avec l’accord explicite de la personne ou de l’autorité qui les a
fournies. Les États membres sont tenus de fournir des
données sur la cargaison à la Commission (Eurostat), mais ces données ne
peuvent être utilisées que pour les finalités définies dans la
directive 2009/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 mai
2009 relative au relevé statistique des transports de marchandises et de
passagers par mer[12].
Les données relatives au transport maritime entre deux ports sont considérées
comme confidentielles par le groupe de travail «Statistiques du transport
maritime»[13].
En revanche, les statistiques sur les volumes de cargaison sont diffusées par
Eurostat au niveau agrégé du transport entre un port et une zone côtière
maritime. Il existe également d’autres statistiques accessibles au public, mais
elles sont trop générales (elles ne concernent pas le transport de cargaisons
spécifiques) et/ou elles ne se rapportent pas aux données sur les mouvements de
navires. Les données relatives aux mouvements sont
intégrées dans les formalités déclaratives (obligations de notification quant à
la sûreté portuaire, notification des marchandises dangereuses à bord des
navires, etc.) ou peuvent être obtenues par l'intermédiaire de systèmes de
suivi tels que les systèmes d'identification automatique (Automatic
Identifications Systems - AIS)[14]
et les systèmes d’identification et de suivi à distance (Long Range
Identification and Tracking Systems – LRIT)[15].
Il n'existe que peu d'études contenant une analyse des données relatives aux
mouvements pour une région, un type de navires ou une période déterminés, mais
elles ne suffisent pas à se faire une idée du nombre de mouvements de navires
au sein de l’UE et à destination et en provenance de ports de pays tiers ou
d'une zone franche. Des études liant les mouvements de navires au
trafic portuaire/de marchandises ont été réalisées (avec succès) au niveau des
ports ou des terminaux. Bien qu'il devrait, en théorie, être possible de faire
correspondre, par exemple, les données d’un AIS avec les données sur la
cargaison, il sera extrêmement difficile d'y parvenir à l'échelle de l’UE. La
quantité de données contenues dans les bases de données des AIS est énorme et,
pour des raisons de confidentialité, il n'est pas facile d'obtenir des données
sur la cargaison de la part des autorités portuaires. Une diffusion générale des données relatives aux
volumes de cargaison transportés entre deux ports et collectées dans le cadre
de la directive 2009/42/CE irait à l’encontre des principes de
confidentialité des données établis par le code de bonnes pratiques de la
statistique européenne, ainsi que du cadre juridique pour Eurostat et les
offices statistiques nationaux. Toutefois, des chercheurs pré-qualifiés peuvent
avoir accès aux microdonnées confidentielles à des fins scientifiques, pour
autant que les lignes directrices d’Eurostat régissant ce type d'accès soient
respectées. Des données précises sur les mouvements de navires
pourraient être obtenues à partir d'informations fournies par un AIS. Des
informations pourraient également être collectées sur la base des formalités
déclaratives et, à l'avenir, de l'e-Manifest.
4.2.
Possibilité d’éviter ou de simplifier les
formalités pour les navires qui ont fait escale dans un port d’un pays tiers ou
d’une zone franche
Bien que des simplifications aient été apportées
dans le passé, les procédures administratives applicables au transport maritime
sont souvent considérées comme étant d'une complexité inutile, superflues et
incompatibles d'un État membre ou d'un port à l'autre. Par conséquent, le
potentiel du transport maritime n'est pas toujours totalement exploité. D'autres facilitations importantes sont envisagées
avec l’introduction de l'initiative «ceinture bleue», qui permet aux
navires de circuler librement dans le marché intérieur de l’UE en ne
s’acquittant que d’un minimum de formalités administratives, notamment par la
simplification et l'harmonisation des mesures douanières pour le transport
maritime lorsque les navires ont également fait escale dans un port d’un pays
tiers. Lorsque des marchandises de l'Union sont
transportées à bord d'un navire qui navigue en dehors de la limite de
12 milles marins, elles changent automatiquement de statut et deviennent
des marchandises non-UE, et sont alors traitées comme telles à l’arrivée. Ce
principe s’applique même si le navire a pour destination finale un autre port
de l’UE. Par conséquent, à l’entrée d’un navire dans un port de l’UE, les
autorités douanières requièrent l’accomplissement de certaines formalités
déclaratives, la présentation de déclarations, la preuve du caractère UE le cas
échéant et d’autres informations sur la cargaison pour les marchandises qui
doivent être déchargées; à l’arrivée du navire dans les ports suivants de l’UE,
les marchandises devant être déchargées peuvent être soumises à des contrôles
identiques/similaires. La communication relative à l'initiative «ceinture
bleue» fait référence à deux mesures législatives que doit proposer la
Commission. La première, une simplification supplémentaire du système pour
l'exploitation d'un service régulier de transport maritime (navires autorisés
transportant principalement des marchandises de l’Union qui font régulièrement
escale dans des ports de l’UE uniquement), a été adoptée. Grâce aux nouvelles
règles, qui sont d'application depuis le 1er mars 2014, le
statut de service régulier de transport maritime deviendra plus attrayant. Tout
d’abord, la période de consultation qui suit une demande d'autorisation a été
ramenée de 45 à 15 jours. Ensuite, les compagnies maritimes ont la
possibilité de faire participer, dès le début, les États membres réellement
concernés par le service mais aussi les États membres qui pourraient
éventuellement l'être à l’avenir. La majorité des navires font fréquemment escale
dans des ports de pays tiers et transportent aussi bien des marchandises UE que
des marchandises non-UE, ce qui signifie soit qu'ils sont exclus du service
régulier de transport maritime, soit que la simplification peut ne pas s'avérer
adaptée à leur cas. Si l'on veut exploiter pleinement le potentiel du transport
maritime, il faut faire en sorte qu'une réelle facilitation concerne également
ce type de service de transport maritime. C'est dans ce but que la Commission
élabore l'e-Manifest, soit la deuxième mesure proposée. Dans un premier temps,
l'e-Manifest, lors de sa présentation dans un port de l’UE, permettra aux
autorités douanières de déterminer facilement le statut des marchandises, ce
qui se traduira par une diminution des contrôles douaniers. Si un navire a fait
escale dans un port d'un pays tiers mais que les marchandises de l’Union sont
restées à bord, il sera plus facile d'en prouver le caractère UE, permettant
ainsi au navire de poursuivre sa route plus rapidement. L'e-Manifest devrait
pouvoir être appliqué à partir de juin 2015. En ce qui concerne le transport de passagers, des
simplifications ont été apportées au code frontières Schengen. À l’entrée d’un
navire dans un port de l’UE, le contrôle aux frontières est subordonné à
l’accomplissement de certaines formalités comme la présentation des listes des
passagers et des membres d’équipage. Cette obligation s’applique lorsqu’un
navire provient d'un autre port de l'UE ou d'un port d’un pays tiers, ou part
vers un autre port de l’UE ou un port d’un pays tiers. Le règlement (CE)
n° 562/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006
établissant un code communautaire relatif au régime de franchissement des
frontières par les personnes (code frontières Schengen)[16], tel
que modifié par le règlement (UE) n° 610/2013[17],
prévoit une simplification de ces procédures pour les navires de croisière, les
bateaux de plaisance et les liaisons par transbordeurs, entre autres par
l’alignement des délais pour la présentation des listes sur les délais fixés
par la directive sur les formalités déclaratives.
4.3.
Extension possible de la simplification introduite
par la directive sur les formalités déclaratives aux voies navigables
intérieures et compatibilité des services d’information fluviale (SIF) avec la
procédure de transmission électronique de données
Le transport maritime et les transports par voies
navigables intérieures sont deux secteurs différents et distincts. Le secteur
du transport maritime est déjà très largement réglementé aux niveaux européen
et international, ainsi que par des procédures administratives obligatoires, à
des fins, notamment d'information et de rapport. En revanche, le secteur des
transports par voies navigables intérieures est moins réglementé. La directive 2005/44/CE du Parlement européen
et du Conseil relative à des services d'information fluviale (SIF) harmonisés
sur les voies navigables communautaires[18]
et les spécifications techniques des systèmes de notification électronique des
bateaux en navigation intérieure décrites dans le règlement (UE)
n° 164/2010 de la Commission[19]
définissent les règles et les normes pour la notification électronique et la
transmission de données entre les États membres, auxquelles il faut avoir
recours lorsque la réglementation nationale ou internationale requiert la
notification des navires. Par ailleurs, la Commission centrale pour la
navigation du Rhin a mis en place une notification électronique obligatoire
pour certains navires transportant des conteneurs sur le Rhin à partir du 1er janvier
2010 et un échange international de données est établi entre l’Allemagne et les
Pays-Bas. Dans l'intervalle, le secteur du transport
maritime a mis au point un mécanisme éprouvé d’échange de données, tel que le
système SafeSeaNet. En outre, la directive sur les formalités déclaratives
prévoit désormais la création de guichets uniques nationaux qui devraient
permettre de simplifier et de rationaliser la présentation des informations
nécessaires à de multiples fins. La transmission électronique de données dans
le secteur des transports par voies navigables intérieures se fait par
l'intermédiaire du système SIF, mais il n'existe pas de point unique d’entrée
des informations, ni de mécanisme d'échange élaboré comparable à celui du
système SafeSeaNet. Les simplifications concernant les formalités
déclaratives pour le secteur maritime pourraient éventuellement être élargies
au secteur des transports par voies navigables intérieures, mais cela
nécessiterait (1) d’harmoniser les informations utilisées dans le secteur du
transport maritime avec celles utilisées dans le secteur des transports par
voies navigables intérieures et (2) de revoir l’organisation de l’échange
électronique de données et, éventuellement, du cadre juridique pour la
notification électronique dans le secteur des transports par voies navigables
intérieures. Il faudrait également élaborer un plan d'action progressif et bien
structuré, assorti d’un calendrier réaliste, et bénéficiant de l'appui de
toutes les parties concernées.
5.
Conclusions
Le processus de mise en œuvre de la directive
sur les formalités déclaratives est toujours en cours et la mise en place
définitive des guichets uniques nationaux n’est pas prévue avant le mois
de juin 2015. Néanmoins, certaines observations peuvent déjà être
formulées sur la base des conclusions du rapport du consultant et suite à des
discussions avec les États membres et les parties prenantes dans le cadre du
groupe eMS. Un grand nombre d’autorités et de parties
prenantes différentes, dotées de fonctions, compétences et responsabilités
diverses, sont impliquées dans la mise en place du guichet unique national. Il
est donc essentiel qu'elles coopèrent, tant au niveau de l’UE qu'au niveau
national, et il y a lieu de renforcer cette coopération. Afin de maximiser l’efficience et d'éviter la
multiplication inutile des efforts, on tend à s'appuyer sur des plateformes,
des solutions techniques et des initiatives de normalisation déjà existantes,
en vue également d’utiliser les investissements déjà réalisés dans d'autres
systèmes. Il convient toutefois de ne pas perdre de vue les exigences de la
directive et de s’assurer qu’elles sont correctement remplies. Par conséquent,
les États membres devraient évaluer attentivement leurs systèmes actuels,
participer activement aux travaux du groupe eMS et mettre en œuvre les
spécifications fonctionnelles et techniques d'une manière correcte et comme
discuté au sein du groupe eMS. En outre, des avantages pourraient être tirés
des travaux effectués dans le cadre du projet de démonstration PMI et du projet
AnNa. Ces deux projets offrent des solutions pratiques pour la mise en œuvre
des guichets uniques nationaux. Il est nécessaire de continuer à soutenir le
processus de mise en œuvre pour que le guichet unique national puisse être mis
en place dans les délais prévus. Il faut définir plus avant et dans les
meilleurs délais des spécifications fonctionnelles et techniques. À cet égard,
la mise au point du e-Manifest, qui constitue l’essentiel du volume
d'informations à présenter via le guichet unique, est un facteur important. Les
États membres attendent que les données du e-Manifest soient clairement
définies avant de finaliser la mise en œuvre informatique du guichet unique
national. Le comité du code des douanes communautaire compétent devrait voter
sur le cadre juridique requis avant la mi-2014. Pour ce qui est des autres obligations en
matière de rapport, les conclusions que l'on peut tirer sont les suivantes: ·
à l'heure actuelle, il n’existe pas de données
suffisantes et précises disponibles sur l’ampleur du trafic/des mouvements de
navires d’un port de l’UE vers un autre, ou de navires faisant une escale
intermédiaire dans des ports de pays tiers ou pénétrant dans des zones
franches. Des possibilités ont toutefois été recensées pour collecter davantage
d’informations à l’avenir. La Commission examinera ces possibilités et
déterminera si et comment elles pourraient contribuer à améliorer la qualité et
la disponibilité de statistiques; ·
le recours optimal au transport maritime devrait
être stimulé en diminuant ou en simplifiant davantage les formalités pour les
navires qui ont fait escale dans un port d’un pays tiers ou d’une zone franche.
La récente initiative «ceinture bleue» et l'élaboration de l'e-Manifest, une
fois mis en œuvre, devraient constituer une étape importante dans cette
direction. L'étape suivante devrait consister pour la Commission à examiner
d’autres mesures de simplification, par exemple en dotant l'e-Manifest d’autres
fonctionnalités (dans le domaine des douanes); ·
il est possible d’étendre la simplification
envisagée par la directive sur les formalités déclaratives aux transports par
voies navigables intérieures et de rendre les SIF compatibles avec le système
SafeSeaNet, sous certaines conditions. La Commission les examinera et, le cas
échéant, se penchera sur des questions spécifiques dans le cadre de la future
révision de la politique en matière de SIF et de l’initiative «fret en ligne».
6.
Perspectives d’évolution
Les politiques de l’UE mettent toutes en évidence
la nécessité d'utiliser les ressources de manière plus efficiente et de garantir
la compétitivité du secteur européen des transports et le secteur du commerce
en général. De l'avis de la Commission, améliorer l'utilisation des
informations électroniques revêt une importance particulière pour atteindre ces
objectifs. Les guichets uniques nationaux créeront des
environnements de partage d'informations sur les plans national et horizontal,
qui permettront aux autorités nationales d’avoir accès à l’ensemble des
informations pertinentes sur le transport maritime par l'intermédiaire d'un
point unique et aux acteurs du secteur de ne communiquer les informations
qu'une seule fois. Grâce au système SafeSeaNet, les informations pertinentes
peuvent être et seront partagées entre les guichets uniques nationaux et, par
conséquent, entre les États membres. Ensemble, les guichets uniques nationaux
et la plateforme SafeSeaNet forment un véritable cadre pour la collecte et
l'échange de données sur le transport maritime, ils offrent des services à un
large éventail de fonctions et besoins dans le domaine maritime. En effet, le
système SafeSeaNet est en pleine évolution et capable désormais de fournir des
services maritimes intégrés: systèmes AIS terrestres et par satellite, systèmes
LRIT et images prises par satellite. Dans ce contexte, des informations du
système SafeSeaNet sont actuellement déjà utilisées à d’autres fins que la
sécurité maritime, à savoir pour des contrôles aux frontières/immigration par
l’agence FRONTEX, pour la surveillance des pêches par l'Agence européenne de
contrôle des pêches et pour des opérations de sécurité maritime comme la lutte
contre la piraterie. Des discussions sont en cours sur l’utilisation
potentielle de SafeSeaNet à d'autres fins comme l'application de la loi, la
surveillance des côtes et les douanes. Une telle évolution jouera également un rôle
central dans la mise en place de l’initiative/action relative à l'environnement
commun de partage de l'information (CISE), qui vise à faciliter l’échange
intersectoriel d’informations en matière de surveillance dans le domaine
maritime, notamment dans le secteur de la défense. Le guichet unique
national/la plateforme SafeSeaNet prévoit déjà le partage d'un important volume
de données et d'informations, tant centralisées que décentralisées, qui permet
aux autorités nationales de s’appuyer sur des systèmes et solutions existants,
renforçant ainsi davantage le partage d’informations aux niveaux national, de
l'UE et international. À moyen terme, la législation existante devra
faire l'objet de clarifications et d'adaptations pour tenir compte des
enseignements tirés de la mise en œuvre de la directive sur les formalités
déclaratives et de l'expérience tirée de l'utilisation de SafeSeaNet et des
progrès technologiques accomplis concernant ce système. Pour ce qui est de la directive sur les
formalités déclaratives et des guichets uniques nationaux, les points
suivants pourraient être pris en compte, et donc aboutir à une plus grande
simplification et réduction de la charge administrative, tant pour les
autorités administratives que pour le secteur du transport maritime: ·
extension du champ d’application de la directive
pour englober d'autres formalités comme, par exemple, les notifications de
contrôle par l'État du port; ·
méthode de surveillance pour la mise en œuvre des
guichets uniques nationaux en vue de leur optimisation plus poussée; ·
harmonisation des dispositions législatives
contenues dans les différents actes de l’Union comportant des obligations en
matière de rapport visées par la directive sur les formalités déclaratives, en
ce qui concerne les navires auxquels elles s’appliquent et les dérogations; ·
révision de l’article 9 exemptant les navires
participant au transport maritime intra-UE de certaines obligations de
déclaration, dans la mesure où des États membres ont fait valoir que certains
rapports pouvaient encore être nécessaires. Cette révision peut améliorer la
compréhension de la manière dont les dérogations peuvent être accordées à des
navires naviguant entre des ports de l’UE; ·
plus grande harmonisation des délais pour le
respect des obligations en matière de rapport fixés dans les différents actes
juridiques de l’Union visés par la directive sur les formalités déclaratives; ·
harmonisation des formalités déclaratives découlant
d’exigences nationales qui doivent être présentées via les guichets uniques
nationaux; ·
réutilisation des données à l'échelle de l’UE. Il convient en outre d’examiner la possibilité
d'habiliter la Commission à adopter des dispositions juridiques contraignantes.
Il est à l'évidence nécessaire d'élaborer un instrument contraignant, en
s'appuyant éventuellement sur le document de contrôle d'interface et des
fonctionnalités (DCIF) contenu dans la directive 2002/59/CE, afin de
réglementer un certain nombre de fonctionnalités (comme, par exemple, pour les
informations afférentes à la cargaison) et de solutionner certaines questions
de nature technique (comme, par exemple, les spécifications techniques et les
questions d'authentification et de droit d’accès qui ne peuvent, pour l'heure,
pas être traitées en vertu du cadre juridique prévu par la directive sur les
formalités déclaratives). Pour ce qui est du système SafeSeaNet, une
approche en deux étapes est envisagée dans le cadre de la révision de la
directive 2002/59/CE. La première étape est axée sur les éléments clés
pour une meilleure utilisation des informations électroniques et pour la
création d'une interopérabilité avec des systèmes maritimes et d'autres
systèmes de surveillance, d’information et d’établissement de rapports
existants, ce qui permettrait de fournir des services maritimes intégrés, le
système SafeSeaNet étant l'élément central du dispositif. Les actions
considérées consistent notamment à: ·
mettre à jour l’annexe III de la
directive 2002/59/CE, exploiter les progrès technologiques accomplis dans
le cadre de SafeSeaNet à travers les services maritimes intégrés et, par
conséquent, adapter les principes et le mandat du groupe de pilotage de haut
niveau; ·
clarifier la poursuite de l’intégration et de
l’utilisation du guichet unique national/de la plateforme SafeSeaNet en matière
de surveillance et de rapports sur l'environnement (par exemple, systèmes
d’information et de surveillance des installations de réception portuaires et
de la pollution causée par les navires). La deuxième étape, qui consiste en une révision
complète de la directive, tiendra compte de l’incidence et des enseignements
tirés de la mise en œuvre la directive sur les formalités déclaratives. La Commission poursuivra par ailleurs le
développement de l'initiative «e-Maritime», qui vise à optimiser les
processus portuaires relatifs aux navires et aux cargaisons et à réduire la
charge administrative en examinant les pratiques, processus et réglementations
en vigueur et en proposant des simplifications rendues possibles grâce à des
systèmes électroniques existants et émergents, au partage d’informations et à
la suppression de pratiques et réglementations obsolètes. Dans le cadre de
cette initiative, des discussions seront engagées avec des experts, qui
permettront aux entreprises et aux administrations actives dans le secteur du
transport maritime d'unir leurs efforts afin de recenser les obstacles qui
entravent la compétitivité et l’efficience du secteur du transport maritime
européen et d'identifier des idées prometteuses pour améliorer la situation
actuelle. En ce qui concerne l'aspect logistique, la
Commission lancera l’initiative «fret en ligne» qui vise à mettre en
liaison les parties prenantes pour garantir l'efficacité de l'accès et du
recours aux informations sur le transport de marchandises, non seulement dans
le secteur maritime mais aussi dans tous les modes de transport. L’objectif de
l'initiative «fret en ligne» est triple: abandonner «pour de bon» le papier et
passer aux documents électroniques, simplifier les procédures en évitant les
introductions multiples de données dans différents systèmes et intégrer les
informations provenant de différentes sources et différents niveaux. De
nouvelles opportunités commerciales se présenteront. En ce qui concerne plus
spécifiquement les formalités déclaratives, la directive sur les formalités
déclaratives et des initiatives politiques telles que l’initiative «e-Maritime»
et «ceinture bleue» devraient être complétées par les outils techniques et les
capacités de coordination qui seront développés dans le cadre de l’initiative
«fret en ligne». La réutilisation accrue des données permettra de rendre la
transmission, par les acteurs commerciaux aux autorités concernées, d’un
ensemble unique d’informations suffisant pour poursuivre des objectifs
douaniers, de transport et autres dans tous les modes de transport. La mise en place de guichets uniques nationaux et
la disponibilité de systèmes électroniques d’informations et d’échanges dans le
domaine maritime constituent déjà une belle réussite, mais il faut réfléchir
plus loin. La prochaine génération du système d’échange et d’informations
maritimes, qui combine et se fonde sur les guichets uniques nationaux, le
système SafeSeaNet et l’initiative «e-Maritime», devrait être intéressante pour
différentes fonctions maritimes et répondre à des besoins tant à l'échelle
nationale que de l’UE et, partant, renforcer davantage la sécurité et le
transport maritimes et la dimension du trafic ainsi que les aspects liés à la
facilitation des échanges. Cela favorisera une approche plus globale qui
contribuera à la réalisation des objectifs généraux en matière de transports
contenus dans le livre blanc de la Commission sur les transports. [1] JO L 283
du 29.10.2010. [2] http://ec.europa.eu/transport/modes/maritime/studies/doc/2013-12-reporting-obligation-2010l0065- final-report.pdf [3] COM(2009) 10
final du 21.1.2009. [4] JO L 208
du 5.8.2002. [5] SafeSeaNet est un système
électronique d’échange d’informations et de notification pour la circulation des navires, hébergé et développé
par l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) Il fournit
notamment des informations sur l’identification des navires, leur position et
leur statut, les heures de départ et d’arrivée, les rapports
d’incidents et les cargaisons dangereuses. [6] COM(2012) 573
final du 3.10.2012. [7] COM(2013) 510
final du 8.7.2013. [8] JO L 23 du
26.1.2008. [9] www.annamsw.eu. [10] L’Islande,
Israël, le Monténégro et la Norvège ont également un statut d’observateur. [11] CESMA
(Confederation of European Shipmasters’ Associations), CLECAT (European
organisation for freight forwarding, logistics and customs), FIATA
(International Federation of Freight Forwarders Associations), ECASBA
(European Community Association of Ship brokers and agents), ECSA (European
Community Shipowners’ Association), EHMC (European Harbour Masters’ Committee),
EPCSA (European Port Community Systems Association), ESPO (European Sea
Port Association), WSC (World Shipping Council) et WCO (World
Customs Organisation). [12] JO
L 141 du 6.6.2009, p. 29. [13] Le groupe de travail
«Statistiques du transport maritime» est un groupe d'experts institué par la Commission qui conseille celle-ci
sur des questions liées à la zone concernée, établit des liens étroits de coopération entre les
instituts de statistiques des États membres et la Commission et facilite
l'échange d'informations, d'expériences et de bonnes
pratiques. [14] Le système
AIS est mis en place par la convention internationale pour la sauvegarde de la
vie humaine en mer (SOLAS), telle que modifiée,
qui requiert que tous les navires soient munis de systèmes d'identification
automatique
capables de fournir automatiquement des informations sur le navire à d'autres navires et aux autorités
côtières. [15] Le système
LRIT est mis en place par la convention SOLAS, telle que modifiée. L'objectif
premier des rapports de position de
navires LRIT est de permettre à un gouvernement partie à la convention
d'établir l'identité d'un navire et
d'obtenir des informations sur sa localisation dans des délais suffisants pour
permettre à ce
gouvernement d'évaluer le risque pour la sûreté que représente un navire
navigant au large de ses côtes et, si nécessaire,
de réagir afin de réduire tout risque. [16] JO
L 105 du 13.4.2006, p. 1. [17] JO
L 182 du 29.6.2013, p. 1. [18] JO
L 255 du 30.9.2005, p. 152. [19] JO L 57
du 6.3.2010, p. 1. ANNEXE I: fonctionnement du groupe eMS Afin de discuter de thèmes spécifiques et des
formalités avec les différentes autorités administratives, le groupe eMS a créé
huit sous-groupes spécialisés: (1) Sous-groupe «Informations maritimes
générales»: notification avant l'entrée dans un port, notification des
marchandises dangereuses et polluantes, formulaire FAL n° 1 (déclaration
générale) et formulaire FAL n° 7 (manifeste de marchandises dangereuses). (2) Sous-groupe «Douanes»: déclaration
sommaire d’entrée, formulaire FAL n° 2 (déclaration de la cargaison),
formulaire FAL n° 3 (déclaration des provisions de bord) et formulaire FAL
n° 4 (déclaration des effets et marchandises de l'équipage). (3) Sous-groupe «Déchets»: notification des
déchets et résidus. (4) Sous-groupe «Sûreté»: notification des
renseignements en matière de sûreté. (5) Sous-groupe «Santé»: déclaration maritime
de santé. (6) Sous-groupe «Contrôle aux frontières»:
contrôle aux frontières des personnes, formulaire FAL n° 5 (liste des
membres d’équipage) et formulaire FAL n° 6 (liste des passagers). (7) Sous-groupe «Cartographie des données et
fonctionnalités». (8) Sous-groupe «Définition des flux de
données et guichet unique». Le groupe eMS et ses sous-groupes réunissent
respectivement les coordonnateurs nationaux pour la mise en œuvre de la
directive et des autorités nationales actives notamment dans les domaines des
transports, des douanes, de la santé ou du contrôle aux frontières, selon les
données spécifiques auxquelles ils ont recours. L’Agence européenne pour la sécurité maritime
(AESM) apporte un soutien important à la Commission et aux États membres dans
l’élaboration de spécifications fonctionnelles et techniques, et gère un projet
de démonstration. Les groupes d’experts de la Commission, tels que,
par exemple, le groupe de pilotage de haut niveau SafeSeaNet[1] et le
groupe «informatisation des douanes»[2],
sont informés et consultés, respectivement, sur l’échange de données et les
informations relatives aux douanes. ANNEXE
II: feuille de route (1) Phase 1: élaboration de spécifications
fonctionnelles Les spécifications fonctionnelles décrivent les
éléments nécessaires aux parties prenantes (autorités et secteur d'activités),
les processus ainsi que les propriétés requises pour les données communiquées
et partagées. Les spécifications contribueront à éviter la multiplication
inutile des efforts et les incohérences, et permettront d’estimer plus
précisément les travaux et les ressources nécessaires. Elles donneront une idée
précise des problèmes à résoudre, afin que les architectes du système puissent
concevoir ce dernier de manière efficace et estimer le coût des alternatives de
conception. Par ailleurs, les spécifications fourniront des orientations aux
testeurs pour la vérification de chaque exigence technique. Les spécifications fonctionnelles contiennent les
éléments suivants: définition des flux de données et guichet unique, règles
applicables au secteur pour chaque formalité déclarative, harmonisation des
règles applicables et cartographie des données. (2) Phase 2: élaboration de spécifications
techniques Les spécifications techniques définissent
l’interface entre le guichet unique et les connexions réseau y afférentes, y
compris l’architecture, les interfaces et les exigences de performance du
système. Elles contiennent des lignes directrices pour
l'interface entre le secteur du transport maritime et le guichet unique, ainsi
qu'entre le guichet unique et le système SafeSeaNet, les fonctionnalités
obligatoires du guichet unique, y compris la qualité des données et la gestion
des droits d’accès, l'authentification de l'utilisateur, l'exécution de plans
d’essai et un référentiel d’informations sur les navires. Ensemble, les spécifications fonctionnelles et
techniques constituent les lignes directrices de mise en œuvre. Les lignes
directrices relatives au guichet unique national définissent les
fonctionnalités minimales requises dont doit être doté le guichet unique
national. Elles définissent également les fonctionnalités susceptibles d’être
mises en œuvre par les États membres en fonction de leurs dispositions
législatives nationales. Les exigences minimales sont qualifiées d'obligatoires
dans les lignes directrices; les autres sont facultatives. (3) Phase 3: mise en œuvre technique Au cours de cette phase, les systèmes nationaux et
le système central doivent être mis en œuvre par les États membres et l’AESM
suivant les spécifications fonctionnelles et techniques convenues au cours des
phases 1 et 2. (4) Phase 4: Tests Au cours de la phase de test, des essais
fonctionnels et non fonctionnels seront réalisés. Les essais fonctionnels
permettront de vérifier les actions de fonctions spécifiées dans les
spécifications fonctionnelles. Ils visent à répondre à des questions telles que
«L’utilisateur peut-il faire ceci?» et «Cette particularité
fonctionne-t-elle?». Les essais non fonctionnels portent sur des aspects tels
que l’extensibilité ou d'autres performances, le comportement dans certaines
conditions de contraintes ou la sécurité. (5) Phase 5: phase opérationnelle initiale Au cours de cette phase finale, la mise en œuvre
au niveau national sera évaluée au regard des exigences juridiques et
techniques. [1] Décision 2009/584/CE
de la Commission du 31 juillet 2009 établissant le groupe de pilotage de
haut niveau SafeSeaNet (JO L
201 du 1.8.2009, p. 63), lequel se compose d’un représentant de chaque
État membre et d’un
représentant de la Commission. [2] Le groupe
«informatisation des douanes» est un groupe d’experts de la Commission chargé de
la mise en œuvre de la stratégie en
matière d’informatisation des douanes.