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Document 52013PC0888
REPORT FROM THE COMMISSION TO THE EUROPEAN PARLIAMENT AND THE COUNCIL on the case for an optional quality term ‘product of island farming’
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur l’opportunité d’introduire la mention «produit de l’agriculture insulaire» en tant que mention de qualité facultative
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur l’opportunité d’introduire la mention «produit de l’agriculture insulaire» en tant que mention de qualité facultative
/* COM/2013/0888 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur l’opportunité d’introduire la mention «produit de l’agriculture insulaire» en tant que mention de qualité facultative /* COM/2013/0888 final */
TABLE DES MATIÈRES 1........... Introduction.................................................................................................................. 3 2........... Situation actuelle de l’agriculture
insulaire................................................................... 3 2.1........ Importance
socio-économique de l’agriculture insulaire................................. 5 2.2........ Production
agricole insulaire........................................................................... 6 3........... Systèmes d’étiquetage en place dans
les différents États membres............................. 7 4........... Pourquoi introduire une mention de
qualité facultative............................................... 9 4.1........ Caractéristiques
«horizontales» des produits ou techniques agricoles............ 9 4.2........ Valeur
ajoutée............................................................................................... 10 4.3........ Dimension
européenne.................................................................................. 10 5........... Conclusion.................................................................................................................. 10 RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur l’opportunité d’introduire la mention
«produit de l’agriculture insulaire» en tant que mention de qualité facultative 1. Introduction L’article 32 du règlement (UE) n° 1151/2012
relatif aux systèmes de qualité applicables aux produits agricoles et aux
denrées alimentaires[1]
exige que la Commission présente, au plus tard le 4 janvier 2014, un
rapport au Parlement européen et au Conseil sur l’opportunité d’établir une
nouvelle mention «produit de l’agriculture insulaire», si nécessaire accompagné
de propositions législatives appropriées. L’article 32 stipule que cette mention ne
peut être utilisée que dans les cas suivants: ·
pour les produits destinés à la consommation
humaine qui sont énumérés à l’annexe I du traité; ·
pour les produits dont les matières premières
proviennent de zones insulaires; et ·
pour ce qui concerne les produits transformés, la
transformation doit avoir lieu dans des zones insulaires lorsqu’elle influence
considérablement les caractéristiques spécifiques du produit final. Dans le cadre d’une série d’actions visant à
mieux comprendre l’agriculture insulaire dans l’ensemble de l’Union européenne,
la Commission a consulté les États membres ainsi que les parties prenantes[2] et organisé des
discussions au sein des enceintes appropriées[3].
En juin 2013, la Commission a organisé un atelier de deux jours sur le thème
des produits de l’agriculture et des industries alimentaires insulaires[4]. Ces activités, ainsi
que le rapport scientifique et politique du JRC[5]
rédigé à l’issue de l’atelier, ont apporté des éléments essentiels à la
rédaction du présent rapport. Le présent document étudie la situation
socio-économique ainsi que les particularités de l’agriculture insulaire,
réexamine les systèmes d’étiquetage existants et ouvre une réflexion sur les
avantages que présente la mise en place d’une mention de qualité facultative
pour les «produits de l’agriculture insulaire». 1. Situation actuelle de
l’agriculture insulaire Aux fins du présent rapport: –
la mention de qualité facultative «produit de
l’agriculture insulaire» est un terme générique/horizontal destiné à apparaître
sur l’étiquette d’un produit sans faire référence au nom d’une île en
particulier ni comporter un quelconque contenu figuratif tel qu’un logo. Ce terme ne peut être utilisé que pour décrire les produits:
1) destinés à la consommation humaine; 2) énumérés à l’annexe I du traité;
et 3) dont les matières premières proviennent de zones
insulaires. Pour ce qui concerne les
produits transformés, la transformation doit avoir lieu dans des zones
insulaires lorsqu’elle influence considérablement les caractéristiques
spécifiques du produit final[6]. –
l’«agriculture insulaire» désigne la production de
produits agricoles et denrées alimentaires sur des îles; –
un «produit insulaire» désigne un produit agricole
ou une denrée alimentaire fabriqué sur une île. À l’inverse d’autres concepts géographiques,
celui d’«île» répond à première vue à une définition simple: il s’agit d’une
étendue de terre entourée d’eau. Cependant, des définitions plus précises prenant
en compte des critères supplémentaires ont souvent été utilisées à des fins
spécifiques. Les critères pris en compte sont notamment les suivants: ·
la taille (en termes de superficie ou de
population); ·
l’existence de liens permanents avec le continent
ou l’éloignement par rapport à ce dernier; ou ·
l’existence d’une autorité administrative
régionale. À des fins statistiques, Eurostat a
établi les critères suivants pour définir ce qu’est une île: i) superficie
minimale de 1 km²; ii) distance minimale
de 1 km entre l’île et le continent; iii) population
permanente supérieure à 50; iv) absence de
structure permanente reliant l’île au continent (pont, tunnel, digue, etc.); et
v) absence de
capitale d’un État membre de l’UE. L’application de ces critères dans le cadre de
l’étiquetage des produits agricoles engendrerait certaines difficultés. Ainsi,
les îles reliées en permanence au continent sans être véritablement intégrées
économiquement à ce dernier seraient exclues de la définition, de même qu’un
grand nombre d’îles faiblement peuplées. Un archipel de plus de 50 habitants
composé de plusieurs îles comptant chacune une population inférieure (comme
c’est le cas de nombreuses îles finlandaises et suédoises) ne serait pas
concerné même s’il connaît des difficultés similaires. Dans le cadre des Fonds structurels et du Fonds
de cohésion[7],
les îles sont définies comme les «États membres insulaires éligibles au Fonds
de cohésion et les autres îles, à l’exclusion de celles où est située la capitale
d’un État membre ou ayant un lien permanent avec le continent». Contrairement à
la définition d’Eurostat, celle-ci inclut toutes les îles petites et côtières
ainsi que deux États membres insulaires (Malte et Chypre), mais ni l’Irlande,
ni le Royaume-Uni, ni les nombreuses petites îles reliées au continent par une
structure permanente. Au vu de ces différentes définitions, il est
difficile de déterminer le nombre exact d’îles que compte l’UE. D’après les
estimations, ce chiffre varie de 300 environ selon les définitions les plus
restrictives (pas de lien permanent, taille minimale, etc.) à plus de 300 000
(la plupart en Finlande et en Suède) si l’on se fonde sur des critères purement
géomorphologiques[8]. Si ces îles sont très
diverses sur les plans géomorphologique, naturel, démographique, culturel et
administratif, elles présentent cependant certains points communs: ·
un grand nombre d’îles sont montagneuses; ·
leur climat est naturellement souvent maritime; ·
leur emplacement leur confère une place périphérique
et une mauvaise accessibilité; ·
leur capital naturel est unique et fragile; ·
leur démographie est généralement dynamique (à
l’exception des plus petites îles qui ont tendance à se dépeupler); ·
elles possèdent une identité culturelle forte; et ·
dans bien des cas, elles disposent d’une
administration autonome. La
définition d’une «île» dépend donc des fins auxquelles on l’emploie. Pour ce
qui est de l’étiquetage des produits agricoles insulaires, il convient de
définir précisément le message que l’étiquette doit faire passer afin de
déterminer la définition à adopter. 1.1. Importance socio-économique de
l’agriculture insulaire L’agriculture
et l’agro-alimentaire constituent des secteurs essentiels pour les économies
des îles de l’UE. L’agriculture, la sylviculture et la pêche représentent 2,7 %
de leur valeur ajoutée brute (VAB), contre 1,6 % de la VAB totale de l’UE-27.
Leur industrie agro-alimentaire tient en outre une plus grande place que sur le
continent, totalisant 19 % des emplois industriels, contre seulement 13 %
au niveau de l’UE. C’est
en Grèce et en Italie que l’importance des îles dans l’agriculture nationale
est la plus forte, notamment en raison des trois grandes îles que comptent ces
pays (Sicile, Sardaigne et Crète). La Sicile et la Sardaigne représentent ainsi
plus de la moitié de la production agricole insulaire de l’UE en termes de
valeur, tandis que la Crète, les Açores et la Réunion en totalisent 5 à 10 %. En 2011,
l’Enquête sur la structure des exploitations agricoles dénombrait 572 000 exploitations
dans les régions insulaires NUTS 2 de l’UE. Le nombre total
d’exploitations insulaires peut donc être estimé aujourd’hui à environ 600 000.
La production agricole totale de ces dernières a été estimée à 11,4 milliards
EUR par an. L’agriculture
insulaire est confrontée aux défis structurels suivants: ·
la superficie agricole par exploitation est
inférieure à la moyenne de l’UE; ·
les exploitations insulaires présentent une
intensité de main-d’œuvre plus faible que sur le continent; ·
l’isolement entraîne des coûts de transport plus
élevés (les intrants peuvent coûter deux à trois fois plus cher que sur le
continent); ·
le nombre limité d’habitants entrave la diversité
de la production et, par ricochet, le degré de concurrence locale; ·
le dépeuplement se traduit parfois par la perte de
savoir-faire pointus; ·
la production est souvent spécialisée, ce qui la
rend plus sensible aux fluctuations de l’économie mondiale; ·
l’approvisionnement en eau et en énergie ainsi que
la gestion des déchets peuvent avoir un effet néfaste sur l’agriculture
insulaire. Certaines
parties prenantes ont avancé l’idée que ces défis auraient en réalité des
répercussions positives sur les qualités et les caractéristiques des produits
insulaires et sur les méthodes locales de production. En effet, la production
agricole insulaire s’appuie sur des spécificités locales qui favorisent la
qualité; en outre, il existe des liens étroits entre la production primaire, la
transformation et la commercialisation, qui respectent des normes de qualité très
élevées fondées sur un savoir-faire traditionnel. De plus, le grand isolement
de certaines îles a contribué à l’amélioration des techniques de transformation
locales. 1.2. Production agricole insulaire La
production agricole insulaire est dominée par deux groupes de produits:
les fruits et légumes, d’une part, et les cultures spécialisées, de l’autre,
telles que l’olive et le vin. La valeur de ces productions représente
respectivement 4,7 % et 3,6 % du total de l’UE pour ces deux
secteurs, et près de 60 % de la valeur totale de la production insulaire
de l’UE, alors que, dans le reste de l’UE, la valeur de ces deux productions ne
représente que 30 % de la production agricole globale. Les
exploitations insulaires sont essentiellement spécialisées dans l’horticulture.
À quelques exceptions près (les céréales en Sicile et la canne à sucre dans
certaines îles tropicales), les céréales et les grandes cultures y sont
sous-représentées par rapport à l’UE d’une manière générale. La
production animale insulaire se caractérise par l’importance des exploitations
spécialisées dans l’élevage ovin et caprin. En moyenne, la production de viande
ovine et caprine est trois fois plus importante, en termes de valeur, sur les
îles que dans l’UE. Cependant,
les États membres et les parties prenantes sont divisés sur la question de la particularité
des caractéristiques des produits insulaires. Certains
estiment que les caractéristiques spécifiques des produits insulaires tiennent
à: ·
un savoir-faire traditionnel; ·
des conditions climatiques particulières ayant une
influence sur la maturation, la transformation et le transport; et ·
la nature des matières premières locales. Ces
caractéristiques spécifiques sont perçues comme étant directement liées à des
traditions, une expertise et des recettes transmises de génération en
génération, ainsi qu’à des conditions uniques de culture et à l’élevage de
races indigènes. D’autres
assurent qu’il est difficile d’apporter la preuve de la spécificité des
produits insulaires par rapport à des produits issus de régions côtières du
continent, avançant l’argument selon lequel les produits insulaires ne
présentent aucune caractéristique spécifique liée à la transformation sur
l’île, mis à part leur origine. Il n’existe selon eux aucun exemple de transformation
devant absolument être réalisé sur l’île, et considérer certaines étapes de la
production, telles que la fumaison ou le séchage, comme uniques en raison du
climat insulaire pourrait même être une erreur, ce dernier pouvant être
similaire à celui des zones côtières sur le continent voisin. En conclusion des réflexions mentionnées
ci-dessus:
l’agriculture
insulaire présente certains éléments transversaux, mais il s’agit
davantage de défis structurels que de spécificités inhérentes aux
produits. Ces défis font déjà l’objet de diverses mesures telles que les
Fonds structurels, des programmes de développement rural, des régimes d’aides
directes dans le cadre de la politique agricole commune, des politiques de
transport, des programmes de recherche, des stratégies de développement
local, etc.;
les
défis structurels peuvent être considérés comme positifs dans leurs
répercussions sur les qualités/caractéristiques des produits
insulaires et sur les méthodes de production (notamment par le maintien de
la qualité, du savoir-faire et des matières premières, et l’amélioration
des techniques locales de transformation);
la
conjugaison des facteurs naturels et humains peut certes se traduire par
des caractéristiques spécifiques aux produits insulaires, mais ces dernières
sont en général propres à une île donnée. Étant donné la grande
diversité des îles, il semble peu réaliste de recenser des
caractéristiques spécifiques communes à tous leurs produits, ou tout du
moins aux produits de l’annexe I destinés à la consommation humaine.
2. Systèmes d’étiquetage en place dans les différents États membres Actuellement, il n’existe aucun instrument
juridique, à l’échelon national ou de l’UE, spécialement prévu pour protéger
les produits insulaires ou l’agriculture insulaire en tant que tels. Les instruments ci-dessous concernent
indirectement la commercialisation des produits de l’agriculture insulaire et
les protègent contre les abus et les pratiques trompeuses ou déloyales: ·
les systèmes de qualité de l’UE, et notamment: -
les appellations d'origine protégée (AOP) et les
indications géographiques protégées (IGP); et -
les programmes POSEI en faveur de l’agriculture
dans les régions ultra-périphériques[9],
qui concernent essentiellement des territoires insulaires et constituent un
système de qualité officiel de l’UE (désigné ci-après «logo RUP»[10]); ·
des règles de «droit commun», telles que les
systèmes de marques commerciales de l’UE et des États membres, les règles en
matière de concurrence déloyale et de protection globale des consommateurs,
ainsi que les règlements concernant l’information des consommateurs sur les
denrées alimentaires aux niveaux de l’UE et des États membres; ·
un ensemble d’instruments tels que les systèmes
régionaux de marques collectives ou de marques de certification associés aux
systèmes de qualité de l’UE (logo RUP, AOP/IGP ou agriculture biologique). Un certain nombre
d’exemples de produits agricoles ou de denrées alimentaires dont l’étiquette
porte la mention d’une origine insulaire ont été recensés dans un inventaire
non exhaustif de cas sur la base des éléments suivants: ·
des pratiques recensées dans les banques de données
de marques OHMI et OMPI; ·
les étiquettes repérées sur le marché; ·
les systèmes de qualité de l’UE; et ·
les marques et initiatives régionales collectives. Seule une petite partie des étiquettes contient
le terme générique/horizontal «île/insulaire» et/ou sa traduction, ou y fait
référence. Sur les 8 400 marques commerciales répertoriées pour les
produits agroalimentaires et les boissons, la plupart contiennent le nom d’une
île spécifique, et seulement environ 1 360 comportent le terme «île/insulaire»
en tant que tel ou une traduction, soit 16 % de toutes les marques
répertoriées. Si certaines de ces étiquettes concernent réellement des produits
agricoles insulaires (dans ce cas, elles sont alors généralement accompagnées
d’un toponyme plus précis identifiant un territoire insulaire particulier), ce
n’est pas le cas pour 80 % d’entre elles (noms imaginaires, marques
commerciales, etc.). Plus de 85 % des étiquettes répertoriées
font référence à un territoire insulaire spécifique, et indiquent que le
produit est originaire de ce territoire insulaire ou de cet archipel (par
exemple Sardaigne, Açores, Madère ou Martinique). Pour les détenteurs de marques,
il est plus intéressant de citer une origine précise et bien définie que
d’indiquer de manière générique que leurs produits sont d’origine insulaire. De nombreuses marques territoriales ont
été enregistrées pour les produits insulaires de l’EU[11]. De nombreuses îles
et/ou archipels possèdent une ou plusieurs marques collectives, ce qui
complique la compréhension pour le consommateur. Ces marques reposent sur des
marques collectives ou des marques de certification détenues par des groupes de
parties prenantes privées, des pouvoirs publics ou des partenariats
public-privé. Toutes sont des marques commerciales semi-figuratives
(c'est-à-dire constituées d’un nom et d’un symbole). Le logo RUP
est utilisé pour promouvoir des produits de qualité très spécifiques provenant
des régions les plus périphériques de l’UE. Ces produits sont soumis à des
critères relatifs à la qualité, aux techniques de culture, de production ou de
fabrication, ou encore à la présentation et à l’emballage. L’utilisation la
plus fréquente de ce logo concerne les bananes en provenance de Guadeloupe, de
Martinique, des îles Canaries et de Madère, mais il est également apposé sur
d’autres fruits (ex.: ananas et melons) ainsi que des légumes, des fleurs et du
vin en provenance de ces régions. Les AOP/IGP insulaires représentent
environ 10 % de toutes les indications géographiques agroalimentaires
enregistrées dans l’UE: au 1er octobre 2013, 118 des 1 158 produits
bénéficiant d’une AOP/IGP étaient produits sur une île. 50 appellations de
vins insulaires sont également protégées par des systèmes de qualité de l’UE.
Au total, 168 produits possédant une AOP/IGP enregistrée proviennent d’une
île de l’UE. Les produits protégés par AOP/IGP représentent environ 5 % de
la valeur totale de la production agricole insulaire de l’UE (rapport du JRC). Les noms géographiques renvoient
principalement au nom de l’île en question (dans 52 % des cas; la plupart
sont des îles grecques, outre la Sardaigne, la Corse, les Canaries et les
Baléares), parfois avec des noms additionnels (en particulier dans le cas des
dénominations crétoises, pour lesquelles l’étiquette précise la partie de l’île
dont le produit provient). Dans les autres cas (32 %), la dénomination
renvoie à une localité située sur une île. C’est le cas pour la plupart des
dénominations siciliennes, mais également pour d’autres, comme Stornoway dans
les Hébrides extérieures, etc. Dans quelques cas (8 %), il est fait
référence au nom d’un archipel (ex.: les Açores, les Shetlands, les Orcades et
les îles Canaries). Les avis recueillis auprès des États
membres/parties prenantes ainsi que les enquêtes réalisées sur les logos
d’AOP/IGP ont révélé que: ·
les groupes de producteurs ne communiquent pas
systématiquement l’origine insulaire de leur produit sur leur logo. Les logos
ne mettent généralement pas en avant les îles respectives des produits. La
plupart du temps, les logos sont imaginés; ·
les AOP/IGP constituent les moyens privilégiés pour
indiquer la spécificité, les caractéristiques particulières et la qualité d’un
produit insulaire. Il est généralement fait référence au nom de l’île en
question à la localité ou à la région d’origine. ·
Voici quelques exemples de l’utilisation du terme
générique «produit insulaire» en tant que tel: -
Danemark (miel des abeilles brunes de Læsø, pommes
de l’île Fejø dans le sud du pays); -
Finlande («mouton d’Åland» ou «produit de
l’archipel»); et -
Pays-Bas («Waddengoud»); ou de logos régionaux
collectifs créés par les autorités régionales de Madère («produit de Madère»)
et des îles Canaries («Tenerife Rural», «Gran Canaria Calidad», «Alimentos
del Hierro»). Les parties prenantes ont également dénoncé,
preuve à l’appui, des pratiques d’étiquetage trompeuses voire «frauduleuses»
pour des produits de l’agriculture insulaire (imitations bon marché vendues aux
touristes) et ont pointé la nécessité de protéger l’authenticité des produits
fermiers insulaires de l’UE. En résumé, il existe de nombreuses AOP/IGP
enregistrées pour des produits insulaires de l’UE, mais elles ne couvrent pas
une proportion significativement plus élevée de produits qu’en moyenne dans
l’UE. Il existe également un grand nombre de marques privées qui font référence
à une origine insulaire, la majorité mettant en avant le territoire insulaire. 3. Pourquoi introduire une mention
de qualité facultative Les mentions de qualité
facultatives, établies par le règlement (UE) n° 1151/2012, visent à aider
les producteurs à faire connaître la valeur ajoutée ou les caractéristiques
spécifiques de leurs produits agricoles. En vertu de l’article 29,
paragraphe 1, du règlement, ces mentions doivent posséder les
caractéristiques suivantes: -
la mention a trait à une caractéristique
«horizontale» d’une ou plusieurs catégories de produits, ou à une propriété de
production ou de transformation s’appliquant à des zones spécifiques; -
l’utilisation de la mention apporte une valeur
ajoutée au produit par rapport aux produits comparables; et -
la mention a une dimension européenne. 3.1. Caractéristiques «horizontales»
des produits ou techniques agricoles En raison de la diversité de
leur géographie, les îles de l’UE sont source d’une production importante et
très variée de produits agricoles et alimentaires, en particulier de cultures
spécialisées (fruits, légumes, pommes de terre, huile d’olive et vin), mais
aussi de produits d’élevage (viande ovine et caprine ainsi que, dans une
moindre mesure, produits laitiers et viande bovine). Le secteur agro-alimentaire
joue un rôle significativement plus important pour les économies insulaires de
l’UE que dans le reste de l’UE en moyenne, et est souvent étroitement lié à
l’activité économique principale, à savoir le tourisme. De nombreuses îles ont
adopté des stratégies de développement axées sur une «spécialisation
intelligente» afin d’exploiter les synergies entre le tourisme et le secteur
agroalimentaire local. Le savoir-faire local, les
traditions, la richesse du patrimoine naturel et la biodiversité locale, en
termes de variétés végétales spécifiques et de races animales indigènes, sont
autant de facteurs qui permettent au secteur agro-alimentaire de se hisser
parmi les plus puissants moteurs de croissance pour les îles de l’UE, notamment
grâce au développement de produits de niche à haute valeur ajoutée. Bien qu’ils
soient communs aux pratiques agricoles insulaires en général, ces éléments se
manifestent différemment selon les produits de chaque île. Par conséquent, ils
ne se traduisent pas nécessairement par des caractéristiques «horizontales»
communes à tous les produits insulaires en tant que catégorie. 3.2. Valeur ajoutée Bien que toutes les îles de l’UE partagent des
caractéristiques qui pourraient potentiellement faire l’objet d’une
dénomination générique telle que «produit de l’agriculture insulaire», les avis
quant à la valeur ajoutée d’une telle dénomination semblent partagés. Lors de la commercialisation de leurs produits
alimentaires, la grande majorité des producteurs indiquent le caractère
insulaire du produit en faisant référence à une île en particulier ou à
un archipel. Il n’a été relevé aucun exemple de marque ou de système de qualité
renvoyant à toutes les îles sans distinction géographique précise. Les
dénominations «horizontales» sont employées pour des groupes de petites îles,
notamment plusieurs petites îles danoises, ou pour des produits provenant d’archipels
(Finlande), mais on est bien loin d’un système d’étiquetage générique horizontal
pour l’agriculture insulaire. De plus, dans certains cas, les îles sont en
concurrence les unes avec les autres, et la référence à une île spécifique est
essentielle pour les producteurs qui souhaitent se démarquer sur le marché. 3.3. Dimension européenne Les îles de l’UE partagent
des caractéristiques communes en termes de géographie, de capital naturel,
humain et social, ainsi que de dépendance économique et politique vis-à-vis du
continent. D’après la structure des
échanges commerciaux mise en évidence dans les «matrices de comptabilité
sociale» régionales du CCR-IPTS pour 2005[12], 60 % environ, en moyenne, de la production agricole
des îles de l’UE, en termes de valeur, et 35 % de leur
production agroalimentaire sont «exportés», principalement vers le continent de
leurs États membres respectifs. Seuls 7 % (Madère) à 18 % (îles
Canaries) de leur production agroalimentaire part vers d’autres États membres
ou pays tiers, mais ces produits bénéficient déjà d’un programme de l’UE (logo
RUP). 4. Conclusion La plupart des difficultés
rencontrées par les îles de l’UE et par leurs secteurs agricoles sont structurelles
et nécessitent principalement des solutions et des réponses politiques
structurelles, lesquelles sont déjà partiellement en place sous la forme, d’une
part, de politiques régionales et de mesures de développement rural et, d’autre
part, de subventions destinées à pallier les handicaps propres aux îles. Tous les produits
agroalimentaires insulaires ne bénéficient pas des programmes existants et des
initiatives publiques ou privées visant à améliorer la qualité et à apporter
une valeur ajoutée sur le marché. Par exemple, seuls 5 % environ
(en termes de valeur) d’entre eux sont couverts par une AOP/IGP. De plus, le
logo RUP, bien qu’il soit utilisé, ne vise que les produits provenant des
régions périphériques et répondant à certains critères. En revanche, de nombreux
régimes privés faisant souvent référence à une origine géographique spécifique
ont été mis en place. La situation semble cependant varier considérablement
d’une île de l’UE à l’autre. Les arguments en faveur
d’une mention de qualité facultative «produit de
l’agriculture insulaire» sont les suivants: Ø
outil basé sur le volontariat, représentant une charge administrative, budgétaire et de contrôle
assez faible, une telle mention de qualité facultative peut convenir à certains
petits producteurs, en particulier sur les petites îles ne possédant pas
assez d’envergure pour investir dans d’autres outils marketing (tels que les
marques collectives, de certification et territoriales, les AOP/IGP et le logo
RUP). Un tel instrument ne conviendrait que pour une petite partie des produits
insulaires; Ø
outre sa fonction d’outil marketing et de
communication, une mention de qualité facultative peut conférer davantage
de valeur à certains produits agricoles insulaires, en particulier si les États
membres concernés veillent à intégrer ou à lier ce dispositif à un train de
mesures connexes. Toutefois: Ø
une mention de qualité
facultative «produit de l’agriculture insulaire» pourrait pénaliser les
producteurs d’ores et déjà engagés dans un système de qualité en les
plaçant en situation de concurrence. Il existe un risque de dilution des
initiatives existantes (marques territoriales, AOP/IGP, etc.) qui sont
soumises à un contrôle plus strict et/ou à certification, d’où des coûts
supplémentaires; Ø
le fait qu’il n’existe actuellement aucune
dénomination générique pour les produits insulaires (les dénominations et
promotions font référence à des îles précises) laisse penser que le
concept d’«île» n’est pas perçu comme suffisamment fort ou opportun pour faire
passer un message spécifique aux consommateurs. Le seul exemple qui se
rapproche de cette démarche, le logo RUP, possède un champ d’application limité.
Une mention de qualité facultative pourrait avoir des répercussions négatives
sur ces systèmes existants; Ø
le fait que la majeure partie des produits insulaires
ne soient pas exportés mais vendus localement ou sur le continent de l’État
membre concerné semble indiquer que la réglementation concernant les mentions
d’étiquetage serait plus efficacement gérée au niveau des États membres;
Ø
l’éventail des produits potentiellement
éligibles à une mention de qualité facultative devrait se resserrer
drastiquement du fait des obligations prévues dans le règlement (UE)
n° 1151/2012 quant à l’achat des matières premières, aux critères de
transformation et à la restriction aux produits énumérés à l’annexe I; Ø les problèmes structurels rencontrés par les îles pourraient
être traités à l’aide des instruments structurels existants. L’objectif du présent rapport est de fournir une
analyse factuelle permettant d’engager un débat sur la question de savoir si le
fait de réserver une nouvelle mention de qualité facultative «produit de
l’agriculture insulaire» constituerait un bon moyen d’aider les producteurs
insulaires à mieux faire connaître les caractéristiques conférant une valeur
ajoutée à leurs produits. La Commission invite le Parlement européen et le
Conseil à débattre de ce rapport et à lui transmettre leur avis. [1] Règlement (UE) n° 1151/2012 du Parlement européen
et du Conseil du 21 novembre 2012 relatif aux systèmes de qualité
applicables aux produits agricoles et aux denrées alimentaires (JO L 343,
14.12.2012, p. 1). [2] Questionnaires adressés aux États membres et aux parties
prenantes (28 janvier et 6 juin 2013). [3] Groupe consultatif sur la politique de qualité et groupe
d’experts pour la durabilité et la qualité de l’agriculture et du développement
rural. [4] Séville, 13 et 14 juin 2013. [5] Santini F., Guri, F., et al.
(2013), EU island farming and the labelling of its products, JRC Scientific and
Policy Reports, JRC84949 [6] Article 32 du règlement (UE) n° 1151/2012. [7] Article 52 du règlement (CE) n° 1083/2006 du
Conseil portant dispositions générales sur le Fonds européen de développement
régional, le Fonds social européen et le Fonds de cohésion, et abrogeant le règlement
(CE) n° 1260/1999 (JO L 210, 31.7.2006, p. 25). [8] http://www.scb.se/Pages/PressRelease____275646.aspx. [9] Règlement (UE) n° 228/2013 du Parlement européen et
du Conseil et règlement de la Commission (CE) n° 793/2006. [10] Pour régions ultra-périphériques. [11] Plusieurs îles et/ou archipels possèdent une ou plusieurs
marques collectives, ce qui peut être déroutant pour les consommateurs. [12] Mueller, M. et Ferrari, E. (2012), Social Accounting
Matrices and Satellite Accounts for EU‑27 on NUTS 2 Level (SAMNUTS2),
rapports scientifiques et politiques du CCR, EUR 25687 EN (en anglais).