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Document 52013DC0294
REPORT FROM THE COMMISSION Malta Report prepared in accordance with Article 126(3) of the Treaty
RAPPORT DE LA COMMISSION Malte Rapport établi conformément à l'article 126, paragraphe 3, du traité
RAPPORT DE LA COMMISSION Malte Rapport établi conformément à l'article 126, paragraphe 3, du traité
/* COM/2013/0294 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION Malte Rapport établi conformément à l'article 126, paragraphe 3, du traité /* COM/2013/0294 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION Malte
Rapport établi conformément à l’article 126, paragraphe 3, du traité 1. Contexte juridique L’article 126 du TFUE prévoit une procédure concernant
les déficits excessifs (PDE). Cette procédure est précisée dans le règlement
(CE) nº 1467/97 du Conseil «visant à accélérer et à clarifier la mise en
œuvre de la procédure concernant les déficits excessifs»[1],
qui fait partie du pacte de stabilité et de croissance. Conformément à l’article 126,
paragraphe 2, du traité, la Commission examine si la discipline budgétaire
a été respectée sur la base de deux critères, à savoir:
a) si le rapport entre le déficit public prévu ou effectif et le produit
intérieur brut (PIB) dépasse la valeur de référence de 3 % (à moins que le
rapport n’ait diminué de manière substantielle et constante et n’atteigne un
niveau proche de la valeur de référence; ou
que le dépassement de la valeur de référence ne soit qu’exceptionnel et
temporaire et que ledit rapport ne reste proche de la valeur de référence); et b) si le rapport entre la dette publique et le
PIB dépasse la valeur de référence de 60 % (à moins que ce rapport ne
diminue suffisamment et ne s’approche de la valeur de référence à un rythme
satisfaisant). L’article 126, paragraphe 3, dispose que si un
État membre ne satisfait pas aux exigences de ces critères ou de l’un d’eux, la
Commission élabore un rapport. Celui-ci «examine également si le déficit public
excède les dépenses publiques d’investissement et tient compte de tous les
autres facteurs pertinents, y compris la position économique et budgétaire à
moyen terme de l’État membre». Ce rapport, qui constitue la première étape de la «procédure
concernant les déficits excessifs» (PDE), analyse les raisons à l’origine du
non-respect des critères relatifs au déficit et à la dette en tenant compte du
contexte économique et de tous les autres facteurs pertinents. Les
modifications apportées en 2011 au pacte de stabilité et de croissance ont
permis de pallier certaines faiblesses du cadre de surveillance. En
particulier, le volet correctif a été renforcé en plaçant les exigences
relatives à la dette sur un pied d’égalité avec les exigences relatives au
déficit, afin de faire en sorte que les pays dont le rapport entre la dette
publique et le PIB dépasse la valeur de référence de 60 % ramènent ce
rapport en deçà de cette valeur (ou le fassent reculer suffisamment vers cette
valeur). Le pacte de stabilité et de croissance[2]
dispose que les États membres soumis à une procédure concernant les déficits
excessifs à la date du 8 novembre 2011 bénéficient, à compter de l’année
suivant la correction du déficit excessif, d’une période de transition de trois
ans pendant laquelle ils sont tenus d’opérer une amélioration suffisante de
leur solde structurel, c’est-à-dire de leur solde corrigé des variations
conjoncturelles, déduction faite des mesures exceptionnelles et temporaires, de
manière à ce qu’à l’issue de cette période de trois ans, ils respectent le
critère de réduction de la dette. Les «Spécifications relatives à la mise en
œuvre du pacte de stabilité et de croissance et lignes directrices concernant
le contenu et la présentation des programmes de stabilité et de convergence» du
3 septembre 2012 précisent la manière dont les exigences relatives au
solde structurel sont définies et évaluées. Depuis son adhésion à l’UE, Malte a fait l’objet de deux PDE[3].
La première a été lancée par la décision du Conseil du 7 juillet 2004 et
abrogée par le Conseil le 5 juin 2007. La seconde a été lancée le
7 juillet 2009 et abrogée le 4 décembre 2012, après une prolongation
d’un an, jusqu’en 2011, du délai accordé pour corriger le déficit excessif, en
raison d’événements économiques négatifs et inattendus survenus en 2010, qui
ont eu des conséquences très défavorables sur les finances publiques. Selon les données communiquées par les autorités en avril
2013[4],
le déficit public de Malte a atteint 3,3 % du PIB en 2012 (cf tableau 1),
soit un niveau supérieur à la valeur de référence de 3 % du PIB. En outre, la dette publique brute s’est maintenue
au-dessus de la valeur de référence de 60 % du PIB et Malte n’a pas
réalisé de progrès suffisants pendant la période de transition en vue du
respect du critère de réduction de la dette (cf. tableau 3). Tableau 1: Déficit public et dette publique
(en % du PIB) Sources: Eurostat et prévisions du printemps 2013 des services
de la Commission. La Commission a donc décidé
d’engager la procédure de déficit excessif à l’égard de Malte au moyen de
l’adoption du présent rapport. La partie 3 du rapport examine le critère
du déficit, la partie 4, le critère de la dette. La partie 5 concerne
l’investissement public et les autres facteurs pertinents. Le rapport tient
compte des prévisions du printemps 2013 des services de la Commission, publiées
le 3 mai. 2. Critère du déficit En 2012, le déficit public a atteint 3,3 % du PIB,
contre 2,8 % en 2011. Bien qu’il dépasse la valeur de référence de 3 % du PIB
fixée par le traité, il en reste proche. Toutefois, ce dépassement n’est
pas exceptionnel. Notamment, il ne résulte pas d’une grave récession
économique au sens du traité et du pacte de stabilité et de croissance.
En 2010 et en 2011, la croissance du PIB réel a dépassé, en moyenne,
les 2 % par an et a donc été supérieure à la croissance potentielle. Selon
les données préliminaires sur le PIB publiées le 1er mars 2013 par l’office
national des statistiques, la croissance économique a ralenti en 2012, mais
elle est restée positive, à 0,8 %. Pour ce qui est des perspectives, selon
les prévisions du printemps 2013 des services de la Commission, la croissance
du PIB devrait se redresser en 2014 pour atteindre 1,8 %. L’écart de
production, positif en 2011, serait selon les estimations devenu légèrement
négatif en 2012 et devrait faiblement se creuser en 2013 et 2014. Tableau 2: Évolutions macroéconomiques et
budgétaires a Remarques: a En pourcentage du PIB sauf indication contraire. b Solde
corrigé des variations conjoncturelles et hors mesures exceptionnelles et
temporaires. Sources: Eurostat et prévisions du printemps 2013 des services
de la Commission. L’augmentation du déficit global
en 2012 par rapport à 2011 résulte d’une hausse des dépenses courantes de 1,3
point de pourcentage du PIB, qui a largement contrebalancé l’effet d’importantes
mesures exceptionnelles de nature à entraîner une réduction nette du déficit
(0,9 % du PIB), correspondant principalement aux recettes issues de la
redevance pour la concession d’exploitation de la loterie nationale versée par
son opérateur. D’après les prévisions du
printemps 2013 des services de la Commission, le dépassement de la valeur de
référence de 3 % du PIB n’est pas temporaire au sens du traité et
du pacte de stabilité et de croissance. Selon ces prévisions, le déficit
restera au-dessus de la valeur de référence en 2013 et en 2014, malgré l’accélération
attendue de la croissance du PIB réel. Ces
projections budgétaires se fondent sur les politiques actuelles, intégrant
ainsi le budget 2013 adopté par le Parlement en avril 2013, qui inclut des
mesures de relance tant sur le plan des recettes que des dépenses ainsi que l’injection
de capital déjà projetée dans Air Malta (0,6 % du PIB), avec un effet d’accroissement
net du déficit de 0,3 % du PIB. Les mesures de relance ne sont que
partiellement compensées par des augmentations de droits d’accise, par la
perception d’arriérés d’impôts ainsi que par les réductions de dépenses et la
hausse des cotisations sociales découlant de la réforme des retraites de 2006.
En outre, la contribution à l’effort d’assainissement budgétaire apportée selon
la Commission par les mesures exceptionnelles de réduction nette du déficit
chuterait fortement après 2012 (de 0,9 % du PIB à 0,3 % en 2013 puis
à 0,1 % en 2014). Il convient de souligner que le budget adopté est
largement semblable à celui initialement présenté en novembre 2012[5],
qui se basait sur un objectif de déficit à 2,3 % du PIB pour 2012, un
point de pourcentage en dessous du résultat communiqué. Après avoir présenté le
programme de stabilité 2013, les autorités maltaises ont informé la Commission
qu’elles avaient prévu de prendre des mesures supplémentaires en vue de ramener
le déficit sous le seuil des 3 % du PIB en 2013 et 2014. La Commission va examiner
ces mesures et, s’il y a lieu, réviser son évaluation quant au caractère
temporaire de l’excédent du déficit au-delà de la valeur de référence de
3 % du PIB. Le programme de stabilité d’avril
2013 fixe un objectif de déficit à 2,7 % du PIB pour 2013. L’écart avec le
déficit de 3,7 % du PIB pronostiqué dans les prévisions du printemps 2013
des services de la Commission correspond à une plus forte croissance des impôts
courants, sous l’effet notamment d’une plus grande élasticité des impôts
indirects par rapport à la croissance de la consommation privée. Pour les
années suivantes, le programme prévoit une poursuite de la baisse du déficit,
jusqu’à 0,8 % du PIB d’ici 2016, mais ne fournit de détails que pour
certaines mesures spécifiques. En résumé, selon l’évaluation de la Commission, le déficit
en 2012 est proche de la valeur de référence de 3 % du PIB, mais le
dépassement de celle-ci n’est ni exceptionnel ni temporaire au sens du traité
et du pacte de stabilité et de croissance. Cette analyse semble donc indiquer
que le critère du déficit prévu par le traité n’est pas rempli. 3. Critère de la dette En 2012, la dette publique brute atteignait 72,1 % du
PIB, soit un niveau supérieur à la valeur de référence de 60 % du PIB
prévue par le traité. La tendance à la baisse enregistrée entre 2004 et 2007 s’est
inversée en 2008, lorsque le solde primaire est devenu négatif. Selon les
prévisions du printemps 2013 des services de la Commission, les nouveaux
déficits primaires attendus en 2013 et en 2014 devraient se traduire par une
poursuite de la hausse de la dette publique, à 73,9 % du PIB en 2013 puis
à 74,9 % du PIB en 2014. À la suite de l’abrogation de la PDE en décembre 2012, Malte
bénéficie d’une période de transition de trois ans à partir de 2012 pour se
conformer au critère de réduction de la dette (cf. partie 1). Afin d’accomplir,
pendant la période de transition, des progrès continus et réalistes vers la
conformité à ce critère, les États membres devraient respecter simultanément
les deux conditions ci-dessous: i) premièrement, l’ajustement structurel annuel,
permettant le respect du critère de réduction de la dette à l’issue de la
période de transition, ne devrait pas s’écarter de plus de ¼ % du PIB de l’ajustement
structurel linéaire requis; ii) deuxièmement, à tout moment de la période de
transition, l’ajustement structurel annuel restant ne devrait pas dépasser
¾ % du PIB. L’effort structurel mis en œuvre par Malte en 2012 n’est pas
suffisant pour satisfaire aux exigences de la période de transition en ce qui
concerne le critère de réduction de la dette. Premièrement, l’ajustement
structurel linéaire minimal (ASLM) requis pour 2012 était de 0,4 % du PIB
alors que le déficit structurel de Malte s’est creusé de ½ point de pourcentage du PIB en 2012; deuxièmement,
l’ajustement structurel annuel restant dépasse ¾ % du PIB. Cette analyse semble donc indiquer que le critère de la
dette prévu par le traité n’est pas rempli. Tableau 3: Respect du critère de réduction de
la dette (période de transition) Correction du déficit excessif || Dette brute (en % du PIB) à la date butoir de la PDE || Dette brute (en % du PIB) à l’issue de la période de transition de trois ans || ASLM1 requis en… || Ajustement structurel prévu en… || || || 2012 || 2013 || 20142 || 2012 || 2013 || 20142 2011 || 70,3 || 74,9 || 0,4 || 0,9 || 1,6 || -0,5 || 0,3 || 0,1 1 Ajustement structurel linéaire minimal. 2 Le budget 2014 n’a pas encore été adopté. Sources: Eurostat et prévisions du printemps 2013 des services
de la Commission. 4. Facteurs pertinents Conformément à l’article 126, paragraphe 3, du
traité, le rapport de la Commission «examine également si le déficit public
excède les dépenses publiques d’investissement et tient compte de tous les
autres facteurs pertinents, y compris la position économique et budgétaire à
moyen terme de l’État membre.» Compte tenu des dispositions qui précèdent, les quatre
sous-parties suivantes examinent 1) la situation économique à moyen terme; 2) la position budgétaire à moyen terme
(investissement public inclus); 3) les
évolutions de la situation d’endettement public à moyen terme, sa dynamique et
sa viabilité; 4) les autres facteurs mis en
avant par l’État membre; et 5) les autres
facteurs jugés pertinents par la Commission. 4.1. Situation économique à moyen terme Conditions conjoncturelles et croissance potentielle. Si la croissance de Malte dépasse celle de la zone
euro, la crise a néanmoins pesé sur sa croissance potentielle. Après avoir atteint en moyenne 2,3 % pendant
les années 2006 à 2008, la croissance potentielle a chuté à 1,3 % en 2011
selon les estimations des services de la Commission, du fait d’un recul de la
contribution de l’accumulation de capital et de la productivité totale des
facteurs. Étant donné que l’accumulation de
capital devrait rester modeste, la croissance potentielle ne devrait que
légèrement se redresser pour atteindre en moyenne 1,6 % pendant les années
2013 à 2015. Après une contraction de
2,6 % en 2009, la croissance du PIB réel a dépassé la croissance
potentielle en 2010 et 2011. Mais la demande
intérieure et les exportations nettes s’étant affaiblies en 2012, la croissance
économique réelle a ralenti, redevenant inférieure à la croissance potentielle. Bien qu’un rebond alimenté par la demande
intérieure soit attendu, la croissance du PIB réel devrait rester en dessous de
la croissance potentielle en 2013 et ne repasser au-dessus qu’en 2014. Du fait de ces évolutions, l’écart de production
calculé est devenu négatif en 2012 et devrait le rester en 2013 et 2014. Réformes structurelles récentes.
Un compte rendu détaillé et une évaluation des mesures de réforme
prises par les autorités maltaises pour donner suite aux recommandations émises
en juillet 2012 par le Conseil seront réalisés dans le cadre du troisième
semestre européen. Parmi les réformes
structurelles susceptibles d’avoir un effet positif sur les résultats
budgétaires, il convient de noter que la réforme des retraites de 2006
contribue à favoriser la participation des travailleurs plus âgés au marché du
travail et exerce un effet positif à court terme sur la position budgétaire. Le gouvernement a également pris des mesures
pertinentes dans le secteur de l’énergie (la plus notable étant la construction
de l’interconnexion électrique avec l’Italie), qui, conjuguées aux mesures
visant à renforcer le fonctionnement du marché intérieur et à réduire la charge
administrative pesant sur les entreprises, pourraient exercer un effet
bénéfique sur la croissance potentielle. 4.2. Position budgétaire à moyen terme Déficit structurel et
assainissement budgétaire en période de conjoncture économique favorable.
En 2010 et en 2011, Malte se trouvait dans une période de conjoncture économique
indéniablement favorable, à en juger par la forte croissance qu’affichait alors
son PIB. En 2011, Malte a réalisé un important assainissement budgétaire, aussi
bien en termes nominaux que structurels (hors facteurs conjoncturels et mesures
exceptionnelles), ce qui a permis de ramener le déficit en dessous de la valeur
de référence de 3 %. L’assainissement budgétaire a également été rendu
possible par le recours constant à des mesures exceptionnelles. En 2012, Malte
a assoupli sa politique budgétaire. Selon les estimations, le déficit
structurel, c’est-à-dire corrigé des variations conjoncturelles et hors mesures
exceptionnelles et temporaires, s’est creusé de ½ point de pourcentage du PIB
en 2012, pour atteindre 4,1 % du PIB, abandonnant ainsi sa trajectoire de
baisse vers l’objectif à moyen terme (OMT) d’un budget en équilibre en termes
structurels, que le programme de stabilité d’avril 2013 ne prévoit toujours pas
d’atteindre durant la période de programmation. Selon les prévisions du
printemps 2013 des services de la Commission, le déficit structurel devrait se
replier de ¼ de point de pourcentage du PIB en 2013
en tenant compte d’une diminution de la contribution des mesures
exceptionnelles de nature à réduire le déficit, et, dans l’hypothèse de
politiques inchangées, n’enregistrer qu’une légère amélioration en 2014.
Selon le programme de stabilité d’avril 2013, le solde structurel, recalculé
par les services de la Commission sur la base de la méthode commune, devrait s’améliorer
de 1½ point de pourcentage du PIB en 2013, puis de ½
point en 2014. Investissement public. Les
dépenses publiques d’investissement (en pourcentage du PIB) ont atteint
3,1 % du PIB en 2012, en hausse de 0,6 point de pourcentage par rapport à
2011. Le déficit public nominal a donc dépassé l’investissement public total en
2012, et selon les prévisions du printemps 2013 des services de la Commission,
il devrait continuer de le dépasser en 2013 et 2014. En termes structurels, le
déficit de 4,1 % du PIB atteint en 2012 a été supérieur à l’investissement
public et selon les prévisions, il devrait le rester. Qualité des finances publiques. Le cadre budgétaire à
moyen terme est de nature non contraignante, ce qui, conjugué à l’absence de
règles budgétaires chiffrées et d’un conseil budgétaire indépendant, sape la
crédibilité de la stratégie d’assainissement du gouvernement. Malte n’a pas
encore transposé la directive 2011/85/UE relative aux cadres budgétaires.
En outre, il n’a pas encore été introduit dans le droit national de règle relative
au solde budgétaire structurel, telle que prévue par le traité sur la
stabilité, la coordination et la gouvernance. Le programme de stabilité annonce
une réforme du cadre budgétaire visant à le rendre plus contraignant au moyen
de l’introduction de règles budgétaires, tout en permettant une plus grande
souplesse en matière de réaffectation des dépenses entre les différentes
rubriques et fonctions des dépenses publiques. Il annonce aussi la création d’un
conseil budgétaire. Cependant, aucune mesure concrète n’a encore été prise dans
ces domaines. 4.3. Situation d’endettement public à moyen
terme Viabilité à long terme des finances publiques. La
viabilité des finances publiques de Malte semble incertaine à moyen ou long
terme. Selon le «rapport 2012 sur le vieillissement», les dépenses de Malte
consacrées aux retraites ont été inférieures, par le passé, à la moyenne de l’UE
(10,4 % du PIB en 2010 contre 11,2 % pour l’UE-27). Mais les
prévisions laissent attendre une croissance des dépenses liées au vieillissement
bien supérieure à la moyenne de l’UE, cette croissance étant pour plus de la
moitié due à l’augmentation des dépenses pour les retraites – en incluant l’effet
de la réforme des retraites de 2006. Sur la période 2010-2060, les dépenses
pour les retraites devraient augmenter de 5,5 points de pourcentage du PIB à
Malte, contre une hausse de 1,5 point dans l’UE. Les dépenses de santé
devraient également contribuer à la croissance escomptée des dépenses liées au
vieillissement, car elles devraient s’accroître de 2,9 points de pourcentage du
PIB sur la période 2010-2060 à Malte, contre une progression de 1,1 point dans
l’UE. Encours total de la dette garantie par l’État. Le
niveau élevé des engagements conditionnels constitue un risque supplémentaire pesant
sur les finances publiques de Malte. Le montant de la dette garantie par l’État,
qui a sensiblement augmenté à Malte depuis le début de la crise, est élevé. À
17,6 % du PIB en 2012 (contre 16,3 % en 2011), les engagements
conditionnels impliquent un montant total de dette garantie par l’État
représentant près de 90 % du PIB en 2012. Plus de la moitié de ces
engagements, de même que la majeure partie de leur hausse depuis 2008, sont
liés à Enemalta, l’entreprise publique d’électricité. En outre, de nouvelles
garanties ont été accordées en 2012 (pour un montant équivalent à 3,6 % du
PIB) à l’entité ad hoc créée pour la restructuration de la dette d’Enemalta[6]. 4.4. Autres facteurs mis en avant par l’État
membre Les autorités maltaises n’ont pas présenté de facteurs
pertinents comme le permet l’article 2, paragraphe 3, du règlement
(CE) n° 1467/97 du Conseil. 4.5. Autres facteurs jugés pertinents par la
Commission Pour évaluer si des progrès suffisants ont été accomplis en
vue du respect du critère de réduction de la dette à travers l’ajustement
structurel linéaire minimal, il convient de prendre en compte l’assistance
financière aux États membres de la zone euro[7]
ayant un effet d’accroissement de la dette ou du déficit. Pour Malte, l’effet
cumulé du prêt à la Grèce, des versements du Fonds européen de stabilité
financière, des apports de capitaux au mécanisme européen de stabilité et des
opérations dans le cadre du programme grec sur la période 2011-2014 serait de
3,9 % du PIB sur la dette, et de 0,1 % du PIB sur le déficit. En
tenant compte de l’incidence de ces opérations, l’ajustement structurel
linéaire minimal requis pour 2012 serait plus faible, à 0,3 % du PIB, ce
qui reste néanmoins bien supérieur à l’effort structurel accompli par Malte en
2012. 5. Conclusions Le déficit public de Malte a atteint 3,3 % du PIB en
2012, une valeur supérieure à la valeur de référence de 3 % du PIB mais
proche de celle-ci. Le dépassement de la
valeur de référence ne peut être considéré comme exceptionnel au sens du traité
et du pacte de stabilité et de croissance. D’après les prévisions du printemps
2013 des services de la Commission, il n’est pas non plus temporaire. Ceci
semble indiquer que le critère du déficit prévu par le traité n’est pas rempli.
Toutefois, après avoir présenté le programme de stabilité 2013, les autorités
maltaises ont informé la Commission qu’elles comptaient prendre des mesures
supplémentaires en vue de ramener le déficit sous le seuil des 3 % du PIB en
2013 et en 2014. La Commission va examiner ces mesures et, s’il y a lieu,
réviser son évaluation quant au caractère temporaire de l’excédent du déficit
au-delà de la valeur de référence de 3 % du PIB. La dette publique brute s’est établie à 72,1 % du PIB
en 2012, soit un niveau supérieur à la valeur de référence de 60 % du PIB,
et pendant la période de transition, Malte n’a pas réalisé suffisamment de
progrès en vue du respect du critère de réduction de la dette. Ceci semble indiquer que le critère de la dette
prévu par le traité n’est pas rempli, même en tenant compte de l’incidence de l’assistance
financière aux États membres de la zone euro. Conformément au traité, le présent rapport a également
examiné les «facteurs pertinents». Ainsi que
le précise le pacte de stabilité et de croissance, ces facteurs ne peuvent être
pris en compte pour décider de l’existence d’un déficit excessif que si le
déficit public reste proche de la valeur de référence et que le dépassement de
celle-ci est temporaire, ce qui n’est pas le cas. En
soi, les facteurs pertinents en jeu ne semblent pas remettre en question la
décision constatant l’existence d’un déficit excessif. [1] JO
L 209 du 2.8.1997, p. 6. Le rapport tient compte également des
«Spécifications relatives à la mise en œuvre du pacte de stabilité et de
croissance et lignes directrices concernant le contenu et la présentation des
programmes de stabilité et de convergence», approuvées par le Conseil ECOFIN le
3 septembre 2012, disponibles à l’adresse:
http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/legal_texts/index_en.htm. [2] Article 2,
paragraphe 1 bis, du règlement (CE) n° 1467/97, disponible à
l’adresse:
http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/legal_texts/index_en.htm. [3] Tous
les documents relatifs aux procédures concernant les déficits excessifs de
Malte se trouvent à l’adresse: http://ec.europa.eu/economy_finance/sgp/deficit/countries/malta_en.htm. [4] Conformément
au règlement (CE) n° 479/2009 du Conseil, les États membres doivent
notifier à la Commission, deux fois par an, leur déficit public et leur dette
publique prévus et effectifs. Les données les plus récemment communiquées par
Malte sont disponibles à l’adresse:
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/government_finance_statistics/excessive_deficit/edp_notification_tables. [5] Le
projet de budget 2013 a été présenté fin novembre par le précédent
gouvernement, mais il n’a pas été approuvé par le Parlement. [6] Un
plan de restructuration de la dette d’Enemalta a été adopté par les autorités
en décembre 2012, portant sur environ la moitié de la dette actuelle de
l’entreprise (qui, à la fin de l’année 2010, s’élevait à 687 millions
d’EUR en incluant uniquement les emprunts bancaires et autres dettes
financières, et à 836 millions d’EUR en ajoutant les dettes fournisseurs
et comptes rattachés). [7] Article 2,
paragraphe 3, du règlement (CE) n° 1467/97: «[...] une attention
particulière est accordée aux contributions financières destinées à encourager
la solidarité internationale et à favoriser la réalisation des objectifs des
politiques de l’Union, à la dette résultant d’un soutien bilatéral et
multilatéral entre États membres dans le cadre de la préservation de la
stabilité financière et à la dette liée aux opérations de stabilisation
financière pendant des crises financières majeures.»