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Dokument 52012DC0761
REPORT FROM THE COMMISSION TO THE EUROPEAN PARLIAMENT AND THE COUNCIL Interim Progress Report on the implementation of Council Directive 2011/85/EU on requirements for budgetary frameworks of the Member States
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Rapport d'étape sur la mise en œuvre de la directive 2011/85/UE du Conseil sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Rapport d'étape sur la mise en œuvre de la directive 2011/85/UE du Conseil sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres
/* COM/2012/0761 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Rapport d'étape sur la mise en œuvre de la directive 2011/85/UE du Conseil sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres /* COM/2012/0761 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU
CONSEIL Rapport d'étape sur la mise en œuvre de la directive
2011/85/UE du Conseil sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des
États membres 1. Introduction La directive 2011/85/UE du Conseil sur les exigences
applicables aux cadres budgétaires des États membres[1]
est entrée en vigueur en décembre 2011. Elle constitue un élément
important du train de mesures législatives sur le renforcement de la
gouvernance économique (le «six-pack»). Cette directive a donné pour la
première fois à l'Union européenne la possibilité d'imposer des exigences
minimales pour les cadres budgétaires, ajoutant ainsi une certitude juridique
aux recommandations par pays émises dans le cadre du semestre européen. Compte
tenu de l'importance d'un assainissement budgétaire urgent dans bon nombre
d'États membres, la mise en œuvre de ces dispositions revêt désormais la plus
haute importance. Dans ce contexte, les efforts visant à renforcer les cadres
budgétaires nationaux sont étroitement liés aux politiques d'assainissement
dans le but commun d'améliorer durablement la qualité des résultats
budgétaires. Selon la directive, on entend par «cadre budgétaire»
l'ensemble de mesures, de procédures, de règles et d'institutions qui
sous-tendent la conduite de la politique budgétaire des administrations
publiques, et notamment: i) les systèmes de comptabilité budgétaire et
d’information statistique; ii) les règles et les procédures régissant
l’établissement des prévisions aux fins de la programmation budgétaire; iii)
les règles budgétaires chiffrées propres à chaque pays; iv) les cadres
budgétaires à moyen terme; v) les mécanismes régissant les relations
budgétaires entre les pouvoirs publics des différents sous-secteurs des
administrations publiques. Pour chaque rubrique, la directive précise un
certain nombre d'exigences essentielles. Les États membres doivent les
transposer dans leur droit national pour le 31 décembre 2013 au plus
tard. En juillet 2011, l'engagement politique des chefs d'État et de
gouvernement des États membres de la zone euro à transposer la directive avant
la fin de 2012[2]
a donné un nouvel élan au processus. Enfin, l'adoption du traité
intergouvernemental sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG)
a constitué un prolongement de la directive. 25 États membres se sont engagés à
établir une règle d'équilibre budgétaire national en termes structurels. En vertu de l'article 15, paragraphe 3, de la
directive, la Commission «prépare un rapport d’avancement
intermédiaire sur la mise en œuvre des principales dispositions de la présente
directive sur la base des informations pertinentes des États membres,
lesquelles sont présentées au Parlement européen et au Conseil, au plus tard le
14 décembre 2012.» Par conséquent, en mai 2012, la
Commission a soumis au Comité de politique économique un questionnaire donnant
aux États membres la possibilité de fournir des informations sur les mesures
mises en place, les réformes engagées et les projets concrets. Le présent rapport
repose donc essentiellement sur les informations transmises par les États
membres. La plupart des États membres ont communiqué leurs informations en
septembre 2012[3].
Par conséquent, les informations sont le reflet de la situation qui régnait au
moment où elles ont été transmises. Les fiches détaillées par pays sont
présentées dans le document de travail SWD(2012) 433 des services de la
Commission joint au rapport. Le rapport d'avancement intermédiaire doit permettre
d'informer le Conseil, le Parlement européen et le public des progrès accomplis
dans la transposition de la directive. Il ne s'agit donc pas d'une évaluation
exhaustive de la conformité de la législation nationale avec les dispositions
de la directive, qui aura lieu après l'expiration du délai fixé pour la
transposition, conformément au droit de l'UE. Afin de donner un aperçu adéquat,
la partie 2 du présent rapport est divisée en cinq sous‑parties
correspondant aux principales dispositions de la directive, suivies par une
conclusion résumant les principales observations. 2. Progrès accomplis dans la transposition des principales
dispositions de la directive 2.1 Dispositions relatives à la comptabilité,
aux statistiques et à la transparence (chapitre II et article 14 de la
directive) Une politique budgétaire saine doit reposer sur un système
sain de transmission des informations budgétaires. Pour les décideurs
politiques, il est essentiel à maints égards de disposer d'informations
précises, complètes et transmises en temps utile concernant l'exécution
budgétaire. Tout d'abord, cela permet de faire en sorte que les budgets votés
par les organes législatifs soient correctement exécutés. Ensuite, cela permet
aux autorités budgétaires de suivre presque en temps réel tout écart par
rapport aux trajectoires budgétaires approuvées. Enfin, dans une perspective à
plus long terme, cela permet d'effectuer la programmation budgétaire à partir
des chiffres les plus récents possible, pour minimiser les effets de base
induits par les révisions ultérieures des données budgétaires. Jusqu'à récemment, les informations budgétaires qui doivent
être transmises très fréquemment étaient communiquées de manière parcellaire
par une majorité d'États membres. Et même lorsque les exigences en matière
d'information étaient clairement définies, les données concernant les
différents pans de l'administration étaient recueillies selon différentes
règles comptables ou différents principes statistiques en termes de fréquence,
de transmission, de délais ou de méthodes de calcul. Dans ces conditions, des
évolutions budgétaires défavorables sont restées inaperçues pendant trop
longtemps, surtout lorsqu'elles se produisaient dans des administrations
décentralisées. L'une des premières initiatives des États membres dans le cadre
des programmes d'ajustement économique et de croissance a été la préparation de
rapports budgétaires à haute fréquence pour tous les organes de
l'administration[4]. Par conséquent, la directive offre la possibilité
d'harmoniser les conventions comptables au sein de l'administration, de
rationaliser la transmission des informations et de fournir ainsi des données
utiles pour les décideurs et les observateurs extérieurs. Le fait d'inscrire
dans le droit les procédures informelles actuelles pour la collecte de données et
de nouvelles exigences statistiques permettrait de faire en sorte que les
centaines, et parfois les milliers, d'organismes composant l'administration
participent de manière appropriée à un système global de collecte des données. Presque tous les États membres qui transmettent des
informations communiquent des données mensuelles en comptabilité de trésorerie
ou sur une autre base comptable pour les organes de l'administration centrale
(BG, DK, DE, EE, EL, ES, FR, IE, IT, LT, MT, NL, AT, PT, RO, SK, FI, SE, SI et
RU)[5].
En revanche, en ce qui concerne les entités de la sécurité sociale (BG, DK, EE,
EL, NL, RO, PT et FI), la disponibilité de données budgétaires conformes aux
exigences de la directive est nettement moindre, et les réformes en cours ne
sont pas encore terminées pour les entités fédérées dans le cas de AT, DE et ES[6].
Au niveau local, pour lequel la directive impose des règles relativement moins
strictes (transmission trimestrielle d'informations basées sur la comptabilité
de caisse ou équivalent), onze États membres seulement (BG, DK, EE, EL, IT, LT,
MT, PT, RO, FI et RU) fournissent des données. Par conséquent, la plupart des
États membres doivent encore déployer des efforts considérables pour les
sous-secteurs ne relevant pas de l'administration centrale. Cela s'impose
d'autant plus que ces sous-secteurs représentent parfois une part importante du
total des dépenses publiques, notamment dans les États très décentralisés. Parallèlement aux efforts des États membres, la Commission
prend également des mesures dans le domaine statistique. Pour aider les États
membres dans la mise en œuvre pratique des dispositions statistiques contenues
à l'article 3 et à l'article 14 de la directive, Eurostat a mis en place un
groupe de travail sur les implications de la directive pour la collecte et la
diffusion des données budgétaires. Ce groupe de travail devrait élaborer une
série de modèles et de notes explicatives concernant la méthodologie, les
données à fournir, la périodicité et le calendrier pour la publication
nationale des indicateurs individuels afin d'aider les instituts nationaux de
statistique dans leurs efforts. De nombreux États membres ont exprimé leur
volonté de prendre en compte les conclusions du groupe de travail dans les
mesures prises dans le domaine statistique. De plus, l'article 16, paragraphe 3, de la directive,
dispose que «pour le 31 décembre 2012 au plus tard, la Commission
procède à une évaluation de l’adéquation, pour les États membres, des
normes comptables internationales pour le secteur public.» À cet égard,
plus de soixante contributions ont été transmises à la suite de la consultation
publique de la Commission. Le rapport d'évaluation devrait être publié avant la
fin de 2012. Il traitera de l'importance et de l'utilité de la comptabilité
d'exercice ainsi que de son utilisation actuelle dans les États membres,
comportera un résumé et une évaluation de l'adéquation des normes comptables
internationales, des liens et des différences entre les normes comptables
internationales et la comptabilité statistique, du coût potentiel de la mise en
œuvre de nouvelles normes comptables et des questions liées à la gouvernance. Enfin, en ce qui concerne la mise en œuvre de l'article 4,
paragraphe 7, de la directive, Eurostat a publié pour la première fois le
6 février 2012 un communiqué de presse régulier consacré à
l'évolution trimestrielle de la dette publique de l'UE, de la zone euro et de
chaque État membre. Une initiative similaire est envisagée pour l'évolution
trimestrielle du déficit. 2.2 Prévisions macroéconomiques et budgétaires
(chapitre III de la directive) Les prévisions macroéconomiques et budgétaires utilisées
pour la programmation budgétaire sont considérées depuis longtemps comme un
maillon faible dans le processus d'élaboration des budgets annuels. Des
distorsions sont identifiées depuis longtemps dans les estimations budgétaires
de certains États membres. Quand c'est le cas, on peut difficilement considérer
que des budgets fondés sur des hypothèses biaisées fournissent au Parlement et
au public une image fiable de la réalité. C'est pourquoi la directive accorde
une attention particulière aux prévisions, en consacrant un chapitre à ce
sujet, obligeant principalement les États membres à fonder leur programmation budgétaire
sur des prévisions macroéconomiques et budgétaires réalistes se fondant sur des
données actualisées. Même s'il est particulièrement difficile d'établir des
normes pour les prévisions, les États membres doivent être particulièrement
vigilants lors de l'élaboration, la publication et l'évaluation de leurs
prévisions. Au stade de la mise en œuvre, il convient notamment de délimiter
clairement les tâches confiées aux entités impliquées dans le processus de
prévision et de prévoir une évaluation a posteriori. Elle ne doit pas
nécessairement avoir lieu chaque année, mais constitue une démarche utile qui
pourrait avertir les autorités budgétaires de l'existence d'un biais. Des institutions ou organes indépendants disposant d'une
autonomie fonctionnelle pourraient prendre part aux prévisions, comme cela a
été proposé dans le projet de règlement du «two-pack» sur le suivi des projets
budgétaires des États membres de la zone euro[7],
qui prolonge et précise certaines dispositions de la directive. Lorsqu'il sera
adopté, le règlement budgétaire du «two-pack» pourrait procurer un soutien tangible
aux objectifs de la directive dans ce domaine. Environ un tiers des États membres (BG, DE, DK, EE, PL, RO,
SE, SI, SK et RU) indiquent avoir mis en place des processus structurés
impliquant divers organes ou institutions pour assurer la transparence et la
fiabilité des prévisions. D'autres États membres sont encore au stade des
projets ou n'ont encore transmis que de vagues déclarations d'intention.
L'élaboration de scénarios macroéconomiques et budgétaires alternatifs – une
démarche préventive saine qui facilite la rectification du budget au stade de
l'exécution lorsque les paramètres réels s'écartent du scénario de base – est
annoncée par AT, BG, CY, DE, DK, EL, RO, SE et RU. Une minorité d'États membres
indiquent qu'ils comparent (ou envisagent de comparer) leurs prévisions avec
celles de la Commission européenne (BG, CY, DE, EE, EL[8],
FR, RO et SI), même si certains États membres incorporent les hypothèses de la
Commission dans leurs propres procédures (EE et PL). À ce stade, rares sont les
États membres qui font part de mesures spécifiques pour évaluer a posteriori la
qualité des prévisions au sens de l'article 4, paragraphe 6, de la
directive. 2.3 Règles budgétaires chiffrées nationales
(chapitre IV de la directive) La directive oblige les États membres à disposer de règles
budgétaires chiffrées qui leur sont propres, ce qui favorise effectivement le
respect des obligations du traité dans le domaine de la politique budgétaire
(articles 5 à 7). La directive ne précise pas ces règles de manière
détaillée, mais elle prévoit notamment l'obligation de définir clairement les
objectifs et la portée des règles, de mettre en place une surveillance
indépendante effective en temps utile, d'instaurer des mécanismes de mise en
œuvre stricte et de définir seulement des clauses échappatoires clairement
circonscrites[9]. On sait que des cadres basés sur des règles bien conçues
renforcent sensiblement la discipline budgétaire. Lorsque les États membres
élaborent de telles règles, ils doivent respecter certaines conditions
préalables. Tout d'abord, les règles budgétaires nationales doivent être
pleinement compatibles avec le cadre budgétaire de l'UE. Ensuite, il est
important d'éviter deux pièges opposés. D'une part, des lacunes dans les règles
entre les règles pourraient réduire l'efficacité de l'ensemble du cadre en
ouvrant la voie à des dépassements budgétaires. D'autre part, la superposition
de règles nationales risque d'accroître la probabilité de conflits entre elles
si elles sont mal conçues, ce qui pourrait avoir pour effet d'affaiblir leur
autorité. Enfin, pour que les règles produisent pleinement leurs effets et
assurent effectivement la discipline budgétaire, il convient d'évaluer leur
mise en œuvre régulièrement. Le suivi effectif et l'évaluation ex post se
justifient en particulier lorsque les règles sont complexes ou lorsqu'il existe
de nombreuses règles nationales dont l'interaction est plus difficile à
interpréter. Les vérifications périodiques de la part d'institutions de suivi
dotées d'une autorité suffisante donneraient également la possibilité de
sensibiliser davantage à la viabilité budgétaire, et encourageraient un débat
sain avec les autorités budgétaires et le public sur des objectifs budgétaires communs. Avec le nouvel élan donné par l'introduction de la directive
et du TSCG, des réformes majeures conduisant à un réexamen des règles
budgétaires ont été annoncées ou sont déjà finalisées selon les informations
transmises par vingt États membres (AT, BG, CY, CZ, DE, DK, EE, ES, IE, IT, FR,
LT, LV, NL, PL, PT, RO, SE, SK et SI). De nouvelles règles d'équilibre
budgétaire ont été annoncées dans onze États membres, y compris des
propositions législatives (CY, IE, ES, FR, IT, LT, LV, NL, PL, PT et SI). De plus,
les règles d'équilibre budgétaire sont actualisées afin de les renforcer dans
cinq autres États membres (BG, DK, DE, EE et AT). Certaines règles d'équilibre
budgétaire entreraient pleinement en vigueur au terme d'une période de
transition. C'est le cas pour l'Allemagne (2016 pour le gouvernement fédéral,
2020 pour les Länder), l'Autriche (2017), et l'Espagne (2020). Des
règles relatives aux dépenses sont mises en place dans dix États membres (AT,
CY, DK, EE, ES, IT, LT, LV, PL et PT) et font l'objet de modifications dans
cinq autres (BG, CZ, RO, SI et SK). La création ou le renforcement de règles
nationales en matière de dette constitue un élément nouveau concernant douze
États membres (AT, BG, CY, CZ, EE, IE, IT, ES, NL, PL, PT et SK). De plus, les
États membres qui font l'objet d'un programme d'ajustement sont soumis à un
cadre pluriannuel avec plusieurs objectifs, qui balise leur politique
budgétaire comme une règle budgétaire de facto avec des caractéristiques
renforcées en ce qui concerne le suivi et la mise en œuvre. De nombreux États membres déclarent que les nouvelles règles
ou les règles actualisées présenteront des caractéristiques conformes aux
exigences de la directive. En particulier, plusieurs États membres indiquent
que les institutions de surveillance seront chargées d'évaluer la mise en œuvre
des règles budgétaires (BG, CY, CZ, DK, DE, EE, IE, IT, LV, PL et SK). Des
clauses échappatoires ont été définies en BG, CY, CZ, DK, DE, ES, IE, LV, AT,
PL et SK. Le champ d'application des règles budgétaires est élargi pour inclure
d'autres sous-secteurs de l'administration ne relevant pas de l'administration
centrale. Les pouvoirs locaux ou régionaux sont soumis à des règles
budgétaires, qu'il s'agisse de règles d'équilibre budgétaire (BG, DE, ES, FR,
LT, LU, NL, AT, RO, SE et SK), de règles relatives à la dette (BG, CZ, EE, ES,
IT, AT, PT, RO et SK) ou de règles relatives aux dépenses (BG, ES et AT). Dans
l'ensemble, la mise en place de règles budgétaires chiffrées au niveau national
semble être sur la bonne voie. Toutefois, leurs caractéristiques spécifiques et
leur cohérence globale devraient être évaluées eu égard aux exigences imposées
par les articles 5 et 6 de la directive. 2.4 Cadres budgétaires à moyen terme (chapitre V
de la directive) En vertu de la directive, les États membres sont tenus de
mettre en place un cadre budgétaire crédible et effectif à moyen terme, leur
permettant d'étendre la programmation budgétaire au-delà de l'horizon annuel et
de promouvoir ainsi l'élaboration de politiques plus cohérentes, plus efficaces
et potentiellement plus ambitieuses à moyen terme. Ce cadre budgétaire doit
comporter des objectifs budgétaires pluriannuels combinés à des projections
pour chaque poste important de recettes et de dépenses dans une hypothèse de
politiques inchangées, avec des explications concernant les politiques
correctives à moyen terme permettant de combler l'écart entre les projections
fondées sur les hypothèses de politiques inchangées et les objectifs
politiques. Il doit également comporter une évaluation de l'impact probable des
politiques envisagées sur la viabilité des finances publiques à long terme. Si la directive consacre un chapitre au cadre budgétaire à
moyen terme (articles 9 à 11), il est important de ne pas envisager
d'élaborer un cadre budgétaire à moyen terme de manière isolée. Le calendrier
de l'élaboration du cadre budgétaire à moyen terme et son intégration dans le
cycle budgétaire annuel doivent être soigneusement étudiés de manière à pouvoir
constituer réellement un document stratégique pour l'État, qui fonctionne en
tandem avec les documents budgétaires annuels classiques. Si nécessaire, le
cadre budgétaire à moyen terme devrait remplacer les documents de programmation
existants ou les consolider en un seul document stratégique bien identifié. La
cohérence est primordiale et devrait être comprise à plusieurs niveaux. Tout
d'abord, le cadre budgétaire à moyen terme devrait réellement servir de base
pour l'élaboration ultérieure du budget annuel. Ensuite, dès lors que certains
États membres ont développé des règles budgétaires pluriannuelles
contraignantes, les chiffres qui découlent de ces règles budgétaires pourraient
naturellement être incorporés dans le cadre budgétaire à moyen terme. Enfin, le
document concernant le cadre budgétaire à moyen terme devrait également être
cohérent au fil du temps, en documentant de manière détaillée et transparente
les révisions de données, qu'elles découlent d'effets de base, d'écarts dans l'exécution
budgétaire ou de changements de politique. Vingt-deux États membres font état de l'existence de cadres
pluriannuels ou de projets concrets dans ce sens (BG, CY, CZ, DK, DE, EE, IE,
EL, FR, HU, IT, LT, LV, NL, AT, PL, PT, RO, SE, SI, SK et RU). Dans presque
tous les cas, l'actualisation de ces cadres obéit à une méthode glissante, ce
qui implique qu'au moins une fois par an une nouvelle année est ajoutée en fin
de période. Toutefois, NL n'actualise son cadre que pour prendre en compte
l'évolution des prix pendant la législature, tandis que FR l'actualise tous les
deux ans. SI applique un budget biannuel, par le biais d'ajustements effectués
chaque année et combinés à un cadre de dépenses de trois ans. Les cadres
pluriannuels signalés courent sur trois ans (BG, CY, FR, IT, LT, LV, HU, RO, SE
et SK), quatre ans (CZ, DK, EE, EL, NL, PL, AT, PT et SI) ou cinq ans (DE, RU).
Il existe des dispositions législatives qui assurent la cohérence entre les
cadres pluriannuels nationaux et les procédures budgétaires annuelles
respectives (BG, CZ, EE, LV, PL et SK). Les cadres pluriannuels peuvent
également servir d'instrument pour la fixation de plafonds ou d'objectifs de
dépenses (CZ, DK, EE, EL, FR, LT, LV, NL, AT, PT, SE et SI), même si la
présentation de l'évolution des seules dépenses à moyen terme ne suffit pas
pour constituer un cadre budgétaire à moyen terme au sens de la directive.
Enfin, seuls quelques États membres indiquent que des projections
pluriannuelles sont présentées sur la base de politiques inchangées, bien qu'il
soit crucial d'établir un scénario de référence combiné à des mesures
politiques garantissant la réalisation des cibles ou objectifs budgétaires découlant
des règles budgétaires existantes. 2.5 Mécanismes de coordination entre les
sous-secteurs de l'administration (articles 12 et 13 de la directive) L'article 12 indique que les mesures prévues par la
directive doivent être cohérentes entre les différents sous-secteurs des
administrations publiques et couvrent tous ces sous-secteurs. Cela tient compte
du fait que les premiers efforts visant à améliorer les cadres budgétaires ne
concernaient que l'administration centrale. La directive ouvre la voie à une
vaste extension des principes concernant la comptabilité, les statistiques, les
prévisions et les règles budgétaires aux fonds de sécurité sociale et aux
administrations locales qui, considérés globalement, représentent une part
significative des dépenses totales. Dans le souci d'une bonne administration,
l'article 13 de la directive souligne également l'importance d'établir clairement
les responsabilités budgétaires des différents sous-secteurs des
administrations publiques et établit le principe selon lequel «Les États
membres mettent en place des mécanismes appropriés de coordination entre les
sous-secteurs des administrations publiques, afin d’assurer l’intégration
complète et cohérente de tous ces sous-secteurs des administrations publiques
dans la programmation budgétaire, dans l’élaboration de règles
budgétaires chiffrées spécifiques au pays, ainsi que dans l’établissement
des prévisions budgétaires et dans la mise en place de la programmation
pluriannuelle, comme prévu notamment dans le cadre budgétaire pluriannuel.» Les dispositions nationales devraient donc permettre de
faire en sorte que tous les niveaux de l'administration se conforment de
manière adéquate aux contraintes découlant des objectifs budgétaires pour les
administrations. Ces dispositions détaillées doivent être propres à chaque pays
compte tenu des spécificités de la redistribution horizontale et verticale
parfois complexe entre et au sein des différents niveaux de l'administration.
Si des règles et des procédures claires et appliquées de manière effective sont
essentielles à cette fin, il est souhaitable que de tels instruments
s'accompagnent d'instances dans lesquelles les représentants des entités
publiques aient l'occasion de procéder à des échanges de vues et de participer
au cycle budgétaire annuel au niveau stratégique, avant que chaque niveau de
l'administration prépare son budget annuel selon ses propres règles de
procédure. Au-delà de la mise en place de règles budgétaires (ou de
leur extension) au niveau des sous-secteurs de l'administration, les États
membres font état de divers instruments de coordination à différents niveaux de
la procédure budgétaire annuelle. En BG, des consultations sont organisées avec
les municipalités pendant le processus d'élaboration d'un cadre budgétaire à
moyen terme. Les procès-verbaux de ces consultations accompagnent le projet de
loi budgétaire de l'État qui doit être débattu par le Conseil des ministres. Au
DK, un lien plus étroit doit être établi entre les objectifs budgétaires approuvés
et les dotations de l'administration centrale aux municipalités. En DE,
l'institution de suivi pour la règle de l'équilibre budgétaire (le conseil de
stabilité) réunit des membres du gouvernement fédéral et des Länder. La
pratique de longue date consistant à effectuer des prévisions conjointes pour
les recettes provenant des impôts communs au sein d'une commission constitue
également une forme de coordination «intégrée». En ES, la nouvelle loi
organique établit des plafonds pour la dette ventilés entre les niveaux de
l'administration, avec des procédures correctives applicables aux sous-secteurs
de l'administration. Cette formule d'un pacte de stabilité national est
également appliquée en AT, où les objectifs de déficit sont également fixés
pour chaque niveau, avec un organe de conciliation rassemblant tous les niveaux
de l'administration et chargé de régler les différends. Aux Pays-Bas, le projet
de loi sur la viabilité des finances publiques vise à ancrer dans la loi
l'obligation pour les administrations locales d'assumer leur part de
responsabilité dans la réalisation de l'objectif à moyen terme. Si les
objectifs communs ne sont pas atteints, des amendes peuvent être imposées à
tous les niveaux de gouvernement responsables. En RO, le ministère des finances
publiques donne des instructions aux autorités locales dans une lettre-cadre
concernant l'élaboration des budgets locaux, le cadre macroéconomique et les
plafonds pour les transferts budgétaires à partir du budget de l'État. De plus,
BE, DE, IE, FI, FR, LU et SI envisagent d'adapter leurs dispositions en matière
de coordination. 3. Conclusion Dans l'ensemble, les États membres font état de progrès
substantiels mais inégaux dans la transposition de la directive. En ce qui
concerne le chapitre II de la directive, les États membres doivent
déployer des efforts supplémentaires pour garantir une couverture statistique
complète en temps utile pour tous les sous-secteurs de l'administration. Pour
certains États membres, les dispositions notifiées concernant les prévisions ne
sont pas suffisamment détaillées. Les progrès sont plus importants en ce qui
concerne les règles budgétaires chiffrées visées au chapitre IV de la
directive: un vaste éventail d'instruments nationaux est en cours d'élaboration
pour soutenir l'élaboration des politiques budgétaires nationales. Le fait que
tous les éléments législatifs du «six-pack» concernant la réforme du pacte de stabilité
et de croissance se renforcent mutuellement, ainsi que l'élan supplémentaire
donné par le TSCG, a contribué à placer ces questions parmi les priorités du
calendrier de réforme des États membres. Si bon nombre d'États membres
indiquent que des cadres budgétaires à moyen terme sont mis en place ou prévus
au sens du chapitre V de la directive, ils fournissent parfois peu de
détails et ne démontrent pas suffisamment que ces cadres sont pleinement
conformes aux dispositions de la directive. Enfin, de nombreux États membres
travaillent à améliorer la coordination en ce qui concerne les sous-secteurs de
l'administration, mais les intentions positives annoncées doivent encore se
traduire en dispositions concrètes et applicables. Un certain nombre d'États membres
considérés comme de bons élèves en matière budgétaire ont annoncé moins de
réformes abouties à ce stade mais envisagent de formaliser une partie de leur
cadre informel actuel pour en améliorer l'efficacité. La Commission poursuivra
la mise en œuvre de la directive pour les parties dont elle est responsable et
procédera à une évaluation complète de son application après l'échéance du
délai prévu pour sa transposition, conformément aux procédures habituelles de
l'UE. [1] JO
L 306 du 23.11.2011, p. 41. [2] Déclaration
du 21 juillet 2011, p. 4, point 14. [3] NL,
SI, LT, PT, IT et HU ont transmis les informations en octobre, CY, LV, MT et RU
en novembre. [4] Des
travaux importants ont été menés dans ce sens par la Grèce, Voir European
Economy – Occasional Paper N° 94. 'The Second Economic Adjustment Programme for
Greece – March 2012'. [5] Toutefois,
il n'est pas toujours aisé de déterminer, pour les États membres qui
transmettent les informations, si tous les organes et entités ne relevant pas
du budget de l'État mais bien de l'administration centrale contribuent
réellement à la collecte de données. [6] Dans
certains cas, la sécurité sociale est incluse dans l'administration centrale,
alors que de nombreux États membres n'ont pas de budget au niveau régional
selon le système européen de comptes (S.1312). [7] Proposition
de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant les dispositions
communes pour le suivi et l'évaluation des projets de budgets et pour la
correction des déficits excessifs dans les États membres de la zone euro
(COM(2011)821 final). [8] Cela
se produit lors de discussions bilatérales dans le contexte des programmes
d'ajustement économique et de croissance. [9] Le
TSCG intergouvernemental constitue une application concrète de la directive
pour les États membres de la zone euro et pour les autres États membres qui ont
ratifié le traité sur une base volontaire. Il prévoit l'introduction d'une
règle d'équilibre budgétaire en termes structurels au niveau national, qui
devrait naturellement être conforme aux exigences de la directive au même titre
que toute autre règle chiffrée nationale.