This document is an excerpt from the EUR-Lex website
Document 52011SC1173
COMMISSION STAFF WORKING PAPER EXECUTIVE SUMMARY OF THE IMPACT ASSESSMENT
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT
/* SEC/2011/1173 Final */
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT /* SEC/2011/1173 Final */
1. DÉFINITION DU PROBLÈME:
quel est précisément le problème, qui est le plus concerné et pourquoi
l'intervention des pouvoirs publics est-elle nécessaire? Dans le contexte de la situation
mondiale actuelle, des grands défis mondiaux[1], du
débat sur la légitimité des aides et du nouvel environnement institutionnel au
niveau international (G20, IFI, Nations unies,…) et de l'UE (cadre d'action
extérieure de l'après-Lisbonne), un changement s'impose pour «accroître
l'impact de la politique de développement de l'UE». L'objectif est de
permettre à la politique de développement de l'UE de relever les défis de la
décennie à venir et d'aider les pays partenaires à mettre en œuvre les
changements requis pour accélérer la réduction de la pauvreté et la réalisation
des OMD. Les études actuelles[2]
montrent que depuis 2005, date d'adoption de la Déclaration de Paris, on
assiste à une dégradation des modalités d'octroi de l'aide au niveau mondial.
En réalité, de nombreux problèmes entravent l'efficacité des politiques de développement
de l'UE et d'autres acteurs. Tout d'abord, la fragmentation de l'aide a
progressé parallèlement à la hausse de l'aide publique au développement. La
tendance est au saupoudrage de l'aide. On observe, dans le même temps, une
prolifération des donateurs: à l'échelon mondial, ceux‑ci sont présents
dans un plus grand nombre de pays et, à l'intérieur de ces pays, dans un plus
grand nombre de secteurs. La prolifération s'est aussi développée au niveau
sectoriel: 41 % de l'ensemble des secteurs dans les pays bénéficiaires
avaient obtenu des aides de plus de trois donateurs de l'UE en 2007. Par ailleurs, la prolifération
des relations entre pays donateurs et partenaires nécessite des efforts de
coordination importants qui sont essentiellement supportés par les pays
partenaires, mais aussi par les représentants des donateurs sur le terrain. La
duplication des efforts avec d'autres donateurs (y compris des États membres)
et le manque de coordination peuvent engendrer de soudaines failles dans la
couverture géographique/sectorielle de l'aide (lesdits «orphelins de l'aide»)
et créer un climat d'incertitude pour les pays partenaires et les principaux
bénéficiaires dans ces pays, parmi lesquels figurent très souvent les groupes
les plus vulnérables. L'impact des coûts à long terme
d'une aide inefficace sur la qualité de l'administration dans les pays
partenaires et des économies dans les pays bénéficiaires fait l'objet d'études
universitaires. Ces coûts sont présentés généralement en termes qualitatifs,
alors qu'il pourrait s'agir dans certains cas de coûts quantitatifs sous la
forme d'une croissance économique sacrifiée ou de hausses de coûts découlant
d'une prévisibilité insuffisante du financement du développement[3].
Par exemple, les coûts à long terme associés à la seule fragmentation de l'aide
se traduisent par une incapacité du gouvernement à mettre de l'ordre dans son
portefeuille de projets ou même à dresser un aperçu des investissements et
actions financés par l'aide, une absence de planification effective, un
saupoudrage géographique de l'aide, etc.[4]. 2.
ANALYSE DE LA SUBSIDIARITÉ: l'action de l'UE se justifie-t-elle pour des
raisons de subsidiarité (nécessité et valeur ajoutée de l'UE)? D'après le traité de Lisbonne,
la politique de développement est une compétence partagée de la Commission et
des États membres. La Commission jouera un rôle dans l'accroissement de
l'impact de son aide, tout en reconnaissant pleinement le fait que d'autres
dimensions, aspects et acteurs (comme la cohérence des politiques au service du
développement, les modalités d'octroi de l'aide, l'appropriation de l'aide par
les pays, etc.) sont complémentaires et devraient être pris en considération
dans la mesure où ils influent sur l'impact global de la politique de
développement de l'UE. Par conséquent, les mesures prises par l'UE pour
promouvoir la coordination et la cohérence et sa capacité à mettre en commun
des services et des ressources et à mener un dialogue avec les pays partenaires
sont nécessaires, car l'action des seuls États membres n'est pas suffisante
pour exercer un tel rôle. L'action coordonnée de l'UE dans son ensemble
confère donc une valeur ajoutée qui, par son effet de levier politique et
financier, est supérieure à la somme des actions individuelles des 27 États membres
et de la Commission[5].
Une étude de 2009[6] a
estimé qu'un programme européen de soutien à l'efficacité de l'aide pourrait
engendrer des retombées positives de l'ordre de 3 à 6 milliards d'EUR par an. Comme
cela a été souligné par la consultation publique sur le livre vert, la
Commission devrait concentrer l'aide qu'elle gère sur un nombre plus limité de
secteurs et de régions; ses choix doivent être posés dans une perspective plus
stratégique qu'autrefois et tenir compte des avantages comparatifs de l'UE et
de sa capacité à exercer un impact notable. La Commission peut également jouer
un rôle de premier plan en amorçant et en coordonnant une meilleure division du
travail entre l'UE et les États membres. Dans un souci de maximisation de
cette valeur ajoutée, une spécialisation et une meilleure division du travail
pourraient déboucher sur une efficacité accrue, des économies d'échelle et des
coûts de transaction réduits qui permettraient d'accroître encore les
ressources financières disponibles et de renforcer le pouvoir de négociation de
l'UE, ce qui placerait cette dernière dans une meilleure position pour jouer un
rôle prépondérant au niveau mondial. 3. OBJECTIFS DE L'INITIATIVE
DE L'UE: quels sont les principaux objectifs stratégiques de l'UE? Conformément au traité, le
principal objectif de la politique et des pratiques de l'UE en matière de
développement est de réduire la pauvreté dans le contexte d'un développement
durable. Les objectifs reconnus au niveau international qui relèvent de
l'objectif précité, auxquels souscrit l'UE, sont les objectifs du Millénaire
pour le développement (OMD). Une grande conférence internationale qui a eu lieu
en septembre 2010[7] a
souligné l'écart existant entre les niveaux atteints sur la voie de la
réalisation des OMD et les objectifs proprement dits, à moins de cinq ans de
l'échéance fixée; l'insuffisance des progrès accomplis dans certains pays et
régions (notamment en Afrique subsaharienne) et au titre de certains OMD
(notamment la santé maternelle et infantile) est particulièrement préoccupante.
Compte tenu des efforts restant
à accomplir pour atteindre les OMD d'ici 2015, l'UE doit accroître rapidement
l'impact de son aide sur la réduction de la pauvreté. Au-delà de 2015, elle
devra continuer de soutenir les efforts déployés au niveau mondial tant que la
pauvreté ne sera pas complètement éradiquée. Le programme de changement proposé
vise donc à faire en sorte que chaque euro de l'aide au développement de l'UE
génère l'impact le plus élevé possible sur la pauvreté dans les pays en
développement, afin de maximiser la contribution de l'Union à la réalisation
des OMD et à l'éradication de la pauvreté à long terme. L'UE part du principe qu'elle
peut améliorer l'impact de son aide sur la réduction de la pauvreté par une concentration
géographique et sectorielle sur un nombre plus limité de pays et de secteurs,
plutôt que de disperser de faibles montants d'aide aux quatre coins du monde.
Ce faisant, la Commission restera un acteur mondial du développement, tout en
concentrant, en tant que donateur, son aide sur les secteurs et les pays dans
lesquels l'impact sera le plus élevé. À l'appui de cet effort, le
programme de cohérence des politiques au service du développement contribue
également à améliorer les résultats effectifs de notre coopération au
développement en limitant les incohérences et en encourageant les synergies
entre les objectifs de politique intérieure et ceux du développement. Il
convient en outre de veiller à une cohérence accrue entre les objectifs de politique
extérieure et le développement. 4. OPTIONS STRATÉGIQUES:
quelles options ont été envisagées et lesquelles ont été analysées en
détail ? Quatre grandes options ont été
dégagées dans l'analyse d’impact. La première option est celle du
statu quo, à savoir que les processus d'octroi et de mise en œuvre de l'aide ne
s'écartent pas du système actuel (pas d'action complémentaire de l'UE) et que
la Commission continuerait donc d'affecter l'aide au développement qu'elle gère
à un grand nombre de secteurs et pays. En d'autres termes, l'UE continue de
«tout faire, partout» et délaisse ainsi le problème de la fragmentation de
l'aide. Cette option a été examinée en détail dans le contexte de la dispersion
et de la fragmentation de l'aide au développement de l'UE, qui constitue la
base à partir de laquelle il est possible d'améliorer le système pour le rendre
plus efficace. La deuxième option est celle de
la concentration sectorielle; afin de réduire la dispersion de l'aide de l'UE
au niveau sectoriel, la Commission se concentrerait principalement sur certains
domaines et secteurs, en particulier ceux dans lesquels elle jouit d'avantages
comparatifs, mais continuerait de fournir une aide à un grand nombre de pays,
des pays plus pauvres aux pays en développement les plus avancés (des PMA aux
BRIC). La troisième option est celle de
la concentration géographique; afin de réduire la dispersion de l'aide de l'UE
au niveau géographique, la Commission concentrerait son aide sur un nombre
limité de pays (sélectionnés en fonction de leurs besoins, de leurs capacités,
de leurs intérêts et de leurs engagements), mais continuerait de couvrir un
vaste éventail de secteurs. Selon la quatrième option, l'UE
concentrerait son aide tant au niveau sectoriel que géographique en proposant une
approche différenciée pour l'octroi de l'aide au développement, ainsi qu'une
offre d'aide concentrée sur un nombre limité de secteurs. L'analyse d'impact ne vise pas à
examiner des choix sectoriels et géographiques prédéterminés, mais plutôt à
mettre à l'épreuve les principes de concentration sectorielle et de
différenciation géographique. Le choix final des secteurs et des pays sera le
résultat d'une analyse détaillée et d'un dialogue exhaustif pays par pays,
fondés sur les principes établis d'appropriation et de partenariat inscrits
dans la Déclaration de Paris, ainsi que d'un débat engagé avec les autres
donateurs, en particulier les États membres de l'UE, dans le cadre du code de
conduite sur la division du travail. Une cohérence accrue des
politiques au service du développement, une meilleure coordination au niveau de
l'UE, les modalités d'aide choisies et les niveaux globaux de financement
disponibles pour le développement sont autant de facteurs qui auront aussi un
impact sur la capacité de l'UE à réaliser ses objectifs en matière de
développement et seront des constantes applicables à chacune des quatre
options. Ces éléments ne sont donc pas pris en considération dans l'analyse
d'impact. 5. ÉVALUATION DES INCIDENCES: quelles sont les
principales incidences économiques, environnementales et sociales de chaque
option, notamment en termes d’avantages (quantifiés/budgétisés) et de coûts
(dont l’estimation de la charge administrative et autres coûts de mise en
conformité et de mise en œuvre pour les administrations publiques) ? Option 1 Selon l'option du statu quo,
l'aide gérée par la Commission resterait affectée à un grand nombre de secteurs
et de pays bénéficiaires. La Commission maintiendrait donc une présence
transsectorielle aux quatre coins du monde, ce qui lui permettrait d'exercer
une influence au niveau global et un effet de levier dans tous les pays.
L'option du statu quo n'affronte pas le problème de la dispersion et de la
fragmentation de l'aide, ce qui accroît le risque d'inefficacité du futur
programme d'aide. De surcroît, les moyens d'aide limités resteraient trop
dispersés, ce qui réduirait l'impact de l'aide de l'UE et nuirait dès lors à sa
pertinence, à sa légitimité et à sa visibilité. Option 2 Une plus grande concentration sectorielle pourrait
contribuer à renforcer l'impact de l'aide de l'UE en ciblant les ressources sur
un nombre limité de secteurs, accroissant ainsi la masse critique de l'UE.
Cette option pourrait également renforcer les compétences spécialisées, la
visibilité et la réputation de l'UE dans un certain nombre de secteurs,
notamment ceux dans lesquels elle jouit d'un avantage comparatif avéré. En
outre, la Commission maintiendrait sa présence mondiale dans le domaine du
développement, ce qui lui permettrait d'exercer une influence et un effet de
levier potentiel dans tous les pays. L'option de la concentration sectorielle
risque néanmoins d'engendrer une inadéquation entre l'offre d'aide limitée de
la Commission et la demande émanant des pays partenaires, ce qui pourrait
engendrer des difficultés à dépenser l'intégralité des ressources disponibles.
De surcroît, une approche descendante de la concentration sectorielle porterait
atteinte au processus d'appropriation par le pays bénéficiaire (un élément jugé
essentiel à l'efficacité de l'aide et au succès global du développement). Option 3 Une plus grande concentration
géographique contribuerait à renforcer l'impact de l'aide de l'UE en ciblant
des ressources limitées sur les pays qui en ont le plus besoin et dans lesquels
l'aide aurait l'impact le plus élevé. Ce faisant, la Commission appliquerait
une approche différenciée à l'octroi de l'aide et aux partenariats, en se
fondant sur un dialogue politique et stratégique global avec l'ensemble des
pays partenaires, dans le cadre duquel l'UE définirait la forme de coopération
la plus appropriée, débouchant sur l'adoption de décisions éclairées et
objectives sur la combinaison de mesures, les niveaux d'aide, les instruments
financiers et les modalités d'aide les plus efficaces. L'option de la concentration
géographique risque néanmoins d'affaiblir l'influence et l'effet de levier de
l'UE dans certains pays et régions dans lesquels elle n'est plus présente. En
l'absence d'une coordination renforcée et d'une meilleure division du travail
entre l'UE et ses États membres, elle risque également de creuser le fossé
entre les bénéficiaires favoris des donateurs et ceux qu'ils délaissent, à
l'heure où un nombre croissant de donateurs de l'UE réduisent leurs
portefeuilles et se retirent de certains pays en développement. Ces deux
risques peuvent toutefois être atténués par des mesures d'accompagnement,
notamment une stratégie de sortie progressive, l'établissement de nouveaux
types de partenariats avec les pays qui ne reçoivent plus de subventions et des
mesures en faveur d'une programmation et d'une division du travail conjointes. Option 4 Une concentration sectorielle et
géographique accrue contribuerait à renforcer significativement l'impact de
l'aide de l'UE grâce à une utilisation et à une allocation plus judicieuses et
plus stratégiques de moyens d'aide limités. Ce faisant, l'UE pourrait augmenter
sa masse critique dans certains secteurs et pays, ce qui permettrait de
renforcer son pouvoir de négociation et son effet de levier sur les ressources
et les politiques. En montrant l'exemple, la Commission pourrait accroître la
visibilité et la légitimité de son aide et inciter les États membres de l'UE à
faire de même. Cela renforcerait également le rôle rassembleur et coordinateur
de la Commission, notamment pour certains aspects essentiels de la division du
travail. 6. COMPARAISON DES OPTIONS: quelle est l'option préférée,
selon quels critères ou pour quelles raisons? L'étude d'impact conclut que l'option 4 est la plus solide.
Elle permettrait une allocation plus stratégique, justifiable et visible des
moyens d'aide limités de l'UE, qui, au lieu d'être trop dispersés entre
différents secteurs et pays comme préconisé dans l'option 1 du statu quo,
seraient ciblés sur les secteurs et les pays qui en auraient le plus besoin et
dans lesquels leur impact sur la réduction de la pauvreté serait le plus élevé.
L'option 4 combine les avantages des options 2 et 3 et remédie à certaines des
restrictions inhérentes à une concentration exclusivement sectorielle ou
exclusivement géographique. La stratégie définie par l'option 4 permettra à la
Commission d'exercer un rôle de donateur plus équilibré et stratégique qui
devrait avoir des retombées positives en termes de visibilité et de réputation.
7. SUIVI ET ÉVALUATION:
quelles sont les modalités prévues pour déterminer les coûts et bénéfices réels
et l'obtention des effets souhaités? La Commission a déjà mis en
place des systèmes d'évaluation et de suivi réguliers couvrant toute la gamme
de son programme d'aide. Elle évalue actuellement des stratégies thématiques et
par pays, des programmes individuels et des projets. Des évaluations de plus
grande ampleur portent sur la complémentarité et les synergies entre les
différents instruments législatifs, notamment les activités n'entraînant pas de
dépenses. Des évaluations complexes peuvent également analyser des objectifs
politiques généraux définis dans le cadre de processus politiques
correspondants, ainsi que des questions transversales touchant à plusieurs instruments
législatifs ou à l'ensemble d'entre eux. La Commission associe dans la mesure
du possible toutes les parties prenantes à la phase d'évaluation de l'aide de
l'UE, notamment aux évaluations conjointes. [1] Tels
que la crise financière, le changement climatique, l'accès à l'énergie,
l'insécurité alimentaire, les pressions migratoires, la fragilité des États,
les conflits régionaux et la sécurité internationale, l'émergence de nouveaux
pouvoirs/investisseurs/donateurs. [2] «Trends
of In-country Aid Fragmentation and Donor Proliferation: An Analysis of Changes
in Aid Allocation Patterns between 2005 and 2009», rapport au nom de l'équipe
de l'OCDE chargée de la division du travail et de la complémentarité, premier
projet – 24 mars 2011, version finale à paraître. [3] «Le
programme d'action à l'appui de l'efficacité de l'aide – les bénéfices d'une
action européenne»
http://ec.europa.eu/development/icenter/repository/AE_Full_Final_Report_20091023.pdf
[4] Idem. [5] Comme
démontré plus haut en référence à l'étude d'octobre 2009 intitulée «Le
programme d'action à l'appui de l'efficacité de l'aide – les bénéfices d'une
action européenne»:
http://ec.europa.eu/development/icenter/repository/AE_Full_Final_Report_20091023.pdf [6] «Le
programme d'action à l'appui de l'efficacité de l'aide – les bénéfices d'une
action européenne», HTPSE Limited, octobre 2009,
http://ec.europa.eu/development/icenter/repository/AE_Full_Final_Report_20091023.pdf
[7] Réunion
plénière de haut niveau des Nations unies sur les OMD, New York,