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Document 51999DC0635

Rapport de la Commission au Conseil sur la production et la commercialisation du houblon (récolte 1998)

/* COM/99/0635 final */

51999DC0635

Rapport de la Commission au Conseil sur la production et la commercialisation du houblon (récolte 1998) /* COM/99/0635 final */


RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL sur la production et la commercialisation du houblon (récolte 1998)

(présenté par la Commission)

RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL

sur la production et la commercialisation du houblon (récolte 1998)

TABLE DES MATIÈRES

1. INTRODUCTION

2. RECOLTE 1998

2.1. Situation mondiale

2.1.1. Production

2.1.2. Evolution du marché

2.2. Situation communautaire

2.2.1. Structure de la production

2.2.2. Production

2.2.3. Ventes et formation des prix

2.2.4. Recettes

3. ORGANISATION COMMUNE DES MARCHES DANS LE SECTEUR DU HOUBLON

3.1. Régime spécifique et rôle des groupements de producteurs

3.2. Mesures spéciales temporaires dans le secteur du houblon

4. CONCLUSIONS

1. INTRODUCTION

Aux termes de l'article 11 du règlement (CEE) n° 1696/71, la Commission est tenue de présenter au Conseil un rapport annuel sur la situation de la production et de la commercialisation du houblon, fournissant des informations sur l'évolution de la production, des prix et des besoins.

Le présent rapport annuel, qui est le 28ème présenté par la Commission, retrace les principaux événements de la campagne 1998; il est centré autour des faits saillants.

2. RECOLTE 1998

2.1. Situation mondiale

2.1.1. Production

Mondialement, la tendance reste à la poursuite de la réduction des superficies de houblon.

La superficie mondiale de houblon se situe aux environs de 71 500 ha, dont à peu près 24 370 ha sont cultivés dans les Etats membres producteurs de la Communauté (voir tableau 1). Il y a également une production importante en Chine pour laquelle on ne dispose pas de chiffres précis mais uniquement d'estimations grossières.

En moyenne, pour ce qui concerne le CICH (Comité International de la Culture du Houblon) et la CE, les superficies de houblon ont diminué de 14,89%, c.-à-d. de 9 575 ha, dont 2 414 ha dans l'Union européenne - notamment en Allemagne (-1 698 ha), 2 708 ha aux Etats-Unis et 1 754 ha en République tchèque.

Avec environ 2 234 000 Ztr [1], la récolte mondiale 1998 a été inférieure (-10,71%) à celle de 1997. La qualité de la production est moins bonne avec une teneur en acide alpha de 6,29%; la production totale d'acide alpha a diminué (-2 274 t) et se chiffre à 7 026 tonnes.

[1] 1 Ztr = 50 kg

Du point de vue production, la récolte 1998 est nettement inférieure à la moyenne des vingt dernières années.

En matière de production de bière, l'on constate que bien que l'Europe soit encore en tête de liste (8,8% pour l'Allemagne et 24,3% pour le reste de l'Europe en 1999 [2]), d'autres parties du monde, telles que l'Amérique Centrale et du Sud mais surtout l'Asie prennent des parts de marché de plus en plus importantes.

[2] Estimations Rapport Hopsteiner

Mondialement, la production de bière prévue pour 1999 s'élève à 1 300 millions d'hectolitres. L'houblonnage de 5,8 g/(/hl de bière dans les brasseries exige l'utilisation d'environ 6,4 g/hl, la différence provenant des pertes dues au stockage et à la transformation des houblons. Par conséquent, il faut 8 320 tonnes d'acide alpha pour produire cette quantité de bière, la quantité d'alpha produite au cours de la récolte 1998 est donc déficitaire (1 294 tonnes) par rapport aux besoins. Ceci est tout relatif puisqu'il semble encore y avoir des stocks au niveau des brasseries, suffisants pour couvrir les besoins équivalents à 15 mois. Il convient d'ajouter à cela qu'il faut aussi moins d'alpha qu'auparavant, suite à la tendance qui se développe pour la fabrication de bières moins amères et suite aux progrès technologiques permanents.

Depuis un certain nombre d'années, il y a une surproduction de houblon au niveau mondial, par rapport aux besoins des brasseries. C'est pourquoi les pays membres du C.I.C.H. - dont font partie tous les pays producteurs de l'Union européenne à l'exception de l'Autriche et de l'Irlande - avaient proposé de procéder à l'arrachage de 30% des superficies 1996, c.-à-d. 18 000 ha. En 1997, la réduction a été de 6 300 ha, soit 10%. Les réductions en 1998 se chiffrent à -9 575 ha au niveau des membres du CICH.

2.1.2. Evolution du marché

Au niveau mondial, ce sont principalement l'Union européenne, notamment l'Allemagne, et les Etats-Unis qui prédominent le marché.

Les prix moyens américains ont diminué (1,62 (/Pound (453,59 g), soit 178,58 (/Ztr, soit 151,48 EUR/Ztr); bien que le rendement soit plus élevé qu'en Europe (1,82 tonnes/ha contre 1,43 tonnes/ha), les recettes moyennes par hectare sont plus ou moins identiques (6 505,56 (/ha, soit 5 518,33 EUR/ha, contre 5 539 EUR/ha dans l'UE).

La conclusion de contrats à l'avance - pour laquelle la tendance à long terme est en régression du point de vue volume, durée et prix - prouve malgré tout être un système favorable du point de vue de la sécurité des revenus, du fait que les prix sont fixés à l'avance pour un certain nombre d'années, pour certaines variétés et pour certaines quantités, sachant que les prix contractuels sont généralement plus élevés que les prix spot (voir tableaux 2 et 5). A première vue, il est cependant assez surprenant que les brasseurs continuent à payer en moyenne le double du prix pour les houblons contractuels, alors qu'ils peuvent acheter du houblon à bon marché sur le marché libre, surtout depuis la récolte 1993. La raison en est que le marché libre est tout à fait imprévisible du point de vue production et commercialisation; en effet, le houblon est un produit dont la production est tributaire des conditions atmosphériques (sécheresse, excès d'eau, rafales de vent, orages) et des attaques parasitaires qui peuvent fortement endommager les cultures. Ces contrats constituent donc pour les brasseurs une sécurité en matière d'approvisionnement à des prix connus très longtemps à l'avance, ce qui est important pour pouvoir planifier les dépenses à long terme.

Un élément qui préoccupe tout particulièrement certains membres du CICH est le processus de formation des prix pour les variétés aromatiques basés sur les kilos alpha plutôt que sur l'arôme lui-même.

2.2. Situation communautaire

2.2.1. Structure de la production

Les mutations structurelles de la culture de houblon se sont poursuivies, à l'instar de celles de l'ensemble du secteur agricole. Actuellement, 3 818 exploitations produisent du houblon dans la Communauté (voir tableau A). Leur nombre a donc régressé de quelque 7,40% par rapport à 1997, alors que la superficie moyenne des houblonnières par exploitation est restée pratiquement la même. A peu près 300 exploitations ont arrêté leur production de houblon au sein de l'Union européenne.

2.2.2. Production

La superficie communautaire de houblon continue de diminuer d'année en année. Elle a atteint 24 371 ha en 1998, soit 2 414 ha (9%) de moins qu'en 1997 (voir tableaux 1 et 6), la plus grande partie étant en Allemagne (19 683 ha, soit 80%). Ce pays accuse une diminution de superficie de 1 698 ha par rapport à 1997, soit 7,94%, ce chiffre coïncidant pratiquement avec les superficies mises au repos et arrachées (voir point 3.2).

La diminution des surfaces est le corollaire de l'augmentation du rendement en alpha.

A l'heure actuelle, les variétés aromatiques représentent 60,57% de la superficie de houblon, la plus cultivée étant la variété Perle (25% de la superficie de houblon aromatique). Parmi les variétés aromatiques qui ont connu de fortes diminutions de superficie, il convient de signaler en Allemagne : Hersbrucker Spät (-696 ha, soit -22,42%, Hueller (-58 ha, soit -61,05%), Perle (-362 ha, soit -9,08%), Spalter Select (-110 ha, soit -7,66%) et au Royaume-Uni : Challenger (-79 ha, soit -27,43%), Progress (-61 ha, soit -33,52%), WVG (-53 ha, soit -32,32%). En France, la variété Strisselspalt a augmenté de 35 ha, soit 5%. Les variétés amères représentent 38,16% et les autres variétés 0,27%.

La part des superficies consacrées en 1998 aux variétés amères a augmenté légèrement aux dépens des autres variétés. Parmi les variétés amères, la plus cultivée est actuellement Hallertauer Magnum (sur 3 425 ha = + 399 ha, soit + 13,19%), suivie par Northern Brewer (sur 2 294 ha, ce qui représente une diminution de 689 ha, soit -23,09% par rapport à 1997). Viennent ensuite les variétés Nugget (sur 1 269 ha), Target (sur 820 ha) et Brewer's Gold (sur 246 ha), ces deux dernières variétés étant aussi en régression du point de vue superficie, respectivement de 41 ha et de 317 ha. Il est un fait que la tendance générale parmi les variétés amères est à l'augmentation des cultures des variétés super-alpha, plus recherchées sur les marchés, comme par exemple les variétés Hallertauer Magnum et surtout la variété Hallertauer Taurus, dont la superficie a augmenté de 783 ha par rapport à celle de la récolte 1997.

En termes quantitatifs, la récolte 1998 a été nettement inférieure à celle de 1997 (-9,74%). Avec 755 890 Ztr, le rendement moyen par hectare a été de 1,55 t/ha ou 31 Ztr/ha, c.-à-d. identique à ce qu'il était la récolte précédente.

La production a été de bonne qualité, et la teneur en acide alpha de 7,5% en moyenne dans l'ensemble de la Communauté pour les trois catégories de variétés, soit l'équivalent de 2 853 tonnes d'acide alpha - 117 kg par hectare - pour la production de bière en 1999.

2.2.3. Ventes et formation des prix

Ventes sous contrat

Globalement, le prix moyen du houblon vendu sous contrat s'élève à 197 EUR/Ztr, soit 5 EUR/Ztr de moins que pour la récolte 1997, avec des prix par Etat membre allant de 150 EUR/Ztr en Espagne à 365 EUR/Ztr en Irlande, ces deux pays ayant vendu la totalité de leur production sous contrat (voir tableau 6).

En Allemagne, les prix contractuels sont restés assez stables au cours des vingt dernières années.

Par contre, les autres pays producteurs accusent des prix contractuels plus bas, particulièrement la France (245 EUR/Ztr en 1997 et 211 EUR/Ztr en 1998, soit -34 EUR/Ztr, soit -13,88%), à l'exception de la Belgique (+ 4 EUR/Ztr) et l'Espagne (+ 7 EUR/Ztr), qui restent malgré tout en dessous de la moyenne communautaire.

La part de la récolte 1998 vendue sous contrat s'élève à 73% (voir tableau n° 5 de l'annexe), ce qui est similaire à l'année précédente. La Belgique se situe nettement en dessous de cette moyenne avec 23%. Le Portugal n'a rien vendu sous contrat.

Comme de coutume, les prix moyens contractuels les plus élevés ont été observés pour les variétés aromatiques (211 EUR/Ztr), dont les plus chères sont les variétés Bramling Cross, Challenger, First Gold, Fuggles, Goldings, et Progress. Les prix en EUR de ces variétés, cultivées principalement au Royaume-Uni sont plus élevés que la moyenne pour ce groupe. En monnaie nationale, les prix britanniques ont cependant fortement baissé. Cette différence s'explique par le taux de conversion de la livre sterling en euro. Pour la variété Strisselspalt exclusivement cultivée en France, des prix contractuels moyens de 213 EUR/Ztr ont été notés. Parmi les variétés qui ont accusé les prix les plus bas figure assurément la variété Hersbrucker qui occupe environ 16% de la superficie des variétés aromatiques (contrat 162 EUR/Ztr).

Pour les variétés amères, le prix moyen pour les ventes sous contrat se situe à 174 EUR/Ztr, les variétés ayant obtenu dans l'ensemble les prix les plus élevés étant les variétés Buket (uniquement cultivée en Autriche), Herald et Northdown, ces deux dernières variétés étant principalement cultivées au Royaume-Uni. Les prix contractuels pour la variété Nugget sont restés plus ou moins les mêmes.

Ventes sur le marché libre

Le prix moyen du houblon vendu sur le marché libre est nettement plus élevé que celui de la campagne précédente avec 92 EUR/Ztr, comparé à 64 EUR/Ztr en 1997. Il se rapproche du prix moyen constaté pour la récolte 1996. Là aussi, on constate des différences assez marquées par Etat membre allant de 85 EUR/Ztr en Belgique à 180 EUR/Ztr en France (voir tableau 6).

En Allemagne, les prix sur le marché libre ont oscillé fortement au cours des vingt dernières années, les extrêmes étant 119 DM/Ztr (récolte 1997) et 1 400 DM/Ztr (récolte 1980).

Les prix sur le marché libre sont les plus bas pour les autres variétés (80 EUR/Ztr) et les variétés aromatiques (81 EUR/Ztr), mais beaucoup plus élevés pour les variétés amères (103 EUR/Ztr).

Les prix sur le marché libre pour la variété Nugget sont remontés de 62 EUR/Ztr à 90 EUR/Ztr (45,16%). Cette variété très productive en acide alpha avait exercé un pouvoir attractif sur un certain nombre de planteurs, ce qui avait résulté en une offre très abondante sur le marché mondial, alimenté en grande partie par les Etats-Unis où la superficie de cette variété commence cependant à diminuer au profit des variétés super-alpha, notamment la variété Columbus.

Les prix sur le marché libre ont augmenté fortement en Allemagne (41,67%) et en Belgique (71%) et ont baissé dans les autres pays, particulièrement en Autriche (-46,24%).

Parmi les variétés cultivées à grande échelle, la variété qui accuse les prix les plus bas, déjà à partir de la récolte 1993, est la variété aromatique Hersbrucker, auparavant fort appréciée des américains, mais depuis un certain temps en perte de vitesse certaine, la politique d'achat américaine ayant été modifiée en faveur d'autres variétés, telles que Spalter Select et Hallertauer Tradition. Ces deux variétés aromatiques produites à l'Institut de Recherche à Hüll (D) commencent à connaître le même sort que la variété Hersbrucker au profit de la variété « Hallertauer Mittelfrüher ». C'est pourquoi, si la variété Hersbrucker n'a été payée que 55 EUR/Ztr, sur le marché libre, les deux nouvelles variétés aromatiques n'ont pas bénéficié de meilleurs prix (55 EUR/Ztr et 52 EUR/Ztr respectivement), ce qui est malgré tout toujours plus bas que la moyenne communautaire pour les houblons aromatiques.

Parmi les huit Etats membres producteurs de houblon, trois accusent des prix sur le marché libre inférieurs à la moyenne communautaire (toutes variétés confondues), à savoir la Belgique, l'Allemagne et le Portugal.

La récolte 1998 a pratiquement été entièrement vendue. En effet, sur les 755 890 Ztr produits dans la Communauté en 1998, les données officielles signalent que seuls 5 198 Ztr demeurent invendus (0,69%). L'Irlande et l'Espagne ont vendu la totalité de leur production, dans le cadre de contrats, pour des prix moyens de 365 EUR/Ztr et 150 EUR/Ztr respectivement (voir tableau 5), suivi par l'Autriche qui a vendu 91% de sa production sous contrat pour un prix moyen de 246 EUR/Ztr.

2.2.4. Recettes

En 1998, les recettes sont très comparables à celles de 1997, la recette moyenne par hectare pour les houblonnières en pleine production se situant à 5 539 EUR/ha (voir tableau 6), comparé à 5 528 EUR/ha pour la récolte 1997 (+ 0,19%).

A l'échelon communautaire, les recettes les plus élevées sont encore enregistrées pour le groupe des variétés aromatiques (5 759 EUR/ha en pleine production, bien qu'en diminution de 3,29% par rapport à l'année précédente), la Belgique affichant cependant des augmentations de recettes pour ces variétés.

Les variétés aromatiques qui ont été les plus rentables sont, pour la France, la variété Strisselspalt (recette de 7 098 EUR/ha en pleine production) et pour le Royaume-Uni les variétés Challenger (10 330 EUR/ha en pleine production), Goldings (11 120 EUR/ha en pleine production) et Fuggles (9 237 EUR/ha en pleine production). Il est à noter que la variété "Céleia", exclusivement cultivée en Autriche, et entièrement vendue sous contrat, a également donné des recettes de l'ordre de 12 278 EUR/ha en pleine production.

Les recettes ont augmenté pour le groupe de variétés amères (+ 6%) pour arriver à 5 191 EUR/ha en pleine production. Dans certains pays membres producteurs, les recettes ont cependant diminué, à savoir l'Irlande (-8,31%), l'Autriche (-10,22%), le Portugal (-43,30%) et le Royaume-Uni (-15,71%). Au Portugal, cette diminution est exclusivement attribuable à la diminution de prix de la variété Nugget, seule variété cultivée dans ce pays et qui est entièrement vendue sur le marché libre. Pour les "autres" variétés, principalement cultivées en Allemagne (60 ha) et un petit peu au Royaume-Uni (5 ha), les recettes moyennes ont augmenté (+ 14,75%). Ces variétés n'étant cultivées que sur de petites superficies, elles n'ont qu'une incidence négligeable sur la moyenne globale des recettes des producteurs.

3. ORGANISATION COMMUNE DES MARCHES DANS LE SECTEUR DU HOUBLON

3.1. Régime spécifique et rôle des groupements de producteurs

L'organisation commune des marchés dans le secteur du houblon a été instituée dès 1971 par le règlement (CEE) n° 1696/71, dans le but d'améliorer la qualité des produits et de préserver le niveau de vie des producteurs. Comme on a délibérément renoncé à instituer des règles spécifiques pour le commerce extérieur et un régime d'intervention, le secteur communautaire du houblon est fortement exposé à la concurrence sur le marché mondial.

Les éléments essentiels du règlement de base, qui ont été précisés par la suite dans des règlements spécifiques du Conseil ou de la Commission, sont la commercialisation du houblon selon une procédure de certification et un régime de "contrats conclus à l'avance", la reconnaissance et l'encouragement des groupements de producteurs, ainsi que les échanges avec les pays tiers. Le règlement prévoit également un régime d'aide pour le houblon produit dans la Communauté. Cette aide s'élève à 480 EUR/ha, jusqu'à la récolte de l'année 2000 incluse. Elle est en fait l'amalgame de deux aides existant dans le régime précédent, à savoir l'aide aux producteurs et la reconversion variétale. Le groupement de producteurs a la faculté de décider s'il paie cette aide intégralement à ses membres au prorata de leurs superficies cultivées ou seulement une fraction de celle-ci - située entre 80% et 100% - suivant qu'il y a encore des demandes à satisfaire en matière de reconversion variétale, ou éventuellement d'autres mesures à réaliser (voir point c) ci-dessous).

Lors de l'avant-dernière modification du règlement de base en août 1997 - par le règlement (CE) n° 1554/97 [3] -, l'accent a été mis sur le renforcement du rôle des groupements de producteurs par :

[3] JO L 208 du 2.8.1997, p. 1.

a) la possibilité pour les membres d'un groupement reconnu de producteurs de commercialiser eux-mêmes - sans être pénalisés par une réduction de l'aide - tout ou partie de leurs produits s'ils y sont autorisés par le groupement. Celui-ci exerce un droit de contrôle sur les prix négociés entre les producteurs et les négociants et donne ou ne donne pas son accord pour la conclusion des contrats. En cas de désaccord sur les prix proposés, le groupement de producteurs a l'obligation de reprendre l'offre à un prix plus élevé et de trouver un nouvel acheteur,

b) la possibilité d'effectuer la reconversion variétale sur une base permanente, c'est-à-dire sans limitation de surface et de temps, le paiement de celle-ci étant inclu dans l'aide forfaitaire par hectare mentionnée ci-dessus. Le budget consacré à cet effet est décidé par le groupement de producteurs en fonction de besoins, et dans le cadre de certaines limites (voir point c) ci-dessous),

c) la possibilité de retenir jusqu'à un maximum de 20% de l'aide aux producteurs pour la réalisation de mesures spéciales. Celles-ci consistent en mesures relatives à la rationalisation et la mécanisation des opérations de culture et de récolte, l'adoption de règles communes de production (techniques culturales, engrais, variétés, ...), la reconversion variétale, les actions de promotion, les actions visant à déterminer et améliorer la qualité, les actions de recherche et les "mesures d'intervention", conformément au deuxième alinéa ci-dessus. L'objectif de cette mesure est de garantir la flexibilité du groupement de producteurs en matière de gestion de l'aide, avec la possibilité, s'il le désire, d'utiliser intégralement les 20% de l'aide pour la réalisation de la reconversion variétale. Au cas où les groupements de producteurs ne commercialisent pas la totalité de la production de leurs membres, cette possibilité devient une obligation, le pourcentage dans ce cas étant toujours 20%.

3.2. Mesures spéciales temporaires dans le secteur du houblon

Le Conseil a adopté en mai 1998 un règlement instaurant des mesures spéciales temporaires dans le secteur du houblon (règlement (CE) n° 1098/98 du 25 mai 1998 [4]).

[4] JO L 157 du 30.5.1998, p. 7.

Le marché du houblon se caractérise actuellement par une situation excédentaire de caractère conjoncturel mais aussi structurel; il est par conséquent opportun de réduire la production en réduisant les superficies cultivées au sein de l'Union européenne.

Les mesures d'assainissement adoptées pour une période de 5 années à partir de la récolte 1998, concernent la mise au repos temporaire et/ou l'arrachage des cultures.

Pour ce faire, il est prévu d'accorder davantage de flexibilité aux groupements de producteurs, tout en restant à l'intérieur de l'enveloppe budgétaire actuelle.

Ces deux mesures ont un caractère optionnel, que ce soit au niveau de l'Etat membre, du groupement de producteurs ou du producteur individuel.

La mise en oeuvre de ces mesures se fera par :

- l'intégration de la "mise en repos temporaire" des cultures et de l'"arrachage" dans le catalogue des mesures spéciales qui peuvent être mises en place au niveau des groupements de producteurs pour adapter en commun la production aux exigences du marché,

- la prise en charge au niveau du groupement de producteurs du paiement d'une contribution financière à prélever sur la retenue de l'aide aux producteurs (qui ne peut pas dépasser 20%). Cette contribution sert à compenser partiellement les coûts réels liés à l'application de ces mesures, ainsi que le manque à gagner,

- le paiement d'une compensation aux producteurs - d'un montant égal à l'aide dont ils auraient bénéficié si la récolte avait été réalisée - pendant une période maximale de 5 années pour les superficies mises au repos ou arrachées, sous réserve du respect de certaines conditions.

Trois Etats membres ont déclaré avoir appliqué les mesures spéciales en 1998, à savoir l'Allemagne, la Belgique et le Portugal, la répartition étant la suivante :

>TABLE>

4. CONCLUSIONS

Mondialement la tendance reste à la poursuite de la réduction des surfaces de houblon. Au niveau des deux plus grands producteurs, à savoir l'Allemagne et les Etats-Unis. Les superficies en 1998 ont été réduites respectivement de + 1 700 ha et + 2 700 ha par rapport à 1997 et cette tendance se poursuit en 1999 par une réduction de + 1 200 ha en Allemagne et + 1 000 ha aux Etats-Unis.

Cette réduction a permis de sauvegarder un certain équilibre entre production et demande de l'industrie utilisatrice compte tenu du fait que :

· les producteurs continuent de cultiver des variétés de plus en plus riches en acide alpha ayant des rendements de plus en plus élevés, c.-à-d., qu'il faut toujours moins de surfaces pour produire les mêmes quantités,

· l'action d'arrachage permet d'éliminer les variétés aromatiques moins demandées par l'industrie,

· le marché de la bière est stagnant aux Etats-Unis, en Europe de l'Ouest et au Japon. Les marchés en expansion tels que l'Amérique Latine et l'Asie subissent les conséquences de crises économiques et monétaires,

· les progrès technologiques au niveau des brasseries ont pour résultat des taux de houblonnage de plus en plus faibles (nombre de grammes d'alpha nécessaires par hectolitre de bière),

· au niveau des consommateurs, il y a une préférence renforcée pour des bières plus faibles en amertume,

· le comportement ambigu de l'industrie brassicole soumise à une concurrence de plus en plus rude qui s'exprime par l'obligation de baisser les coûts. Comme il y a des stocks très importants au niveau des brasseries - dont personne ne connaît les volumes - leur politique d'achat au niveau du marché libre est tout à fait imprévisible et pas forcément orientée vers leurs fournisseurs traditionnels.

Conformément au règlement de base (CEE) n° 1696/71 (article 18), la Commission est tenue de présenter un rapport d'évaluation du secteur au Conseil avant le 1er septembre 2000.

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