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Document 52013SC0081
DOCUMENT DE TRAVAIL CONJOINT DES SERVICES Mise œuvre de la Politique Européenne de Voisinage au Maroc Progrès réalisés en 2012 et actions à mettre en œuvre accompagnant le document: COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Politique Européenne de Voisinage Vers un partenariat renforcé
DOCUMENT DE TRAVAIL CONJOINT DES SERVICES Mise œuvre de la Politique Européenne de Voisinage au Maroc Progrès réalisés en 2012 et actions à mettre en œuvre accompagnant le document: COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Politique Européenne de Voisinage Vers un partenariat renforcé
/* SWD/2013/081 final */
DOCUMENT DE TRAVAIL CONJOINT DES SERVICES Mise œuvre de la Politique Européenne de Voisinage au Maroc Progrès réalisés en 2012 et actions à mettre en œuvre accompagnant le document: COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Politique Européenne de Voisinage Vers un partenariat renforcé /* SWD/2013/081 final */
1.
Evaluation d’ensemble et recommandations
Ce
rapport présente une vue d’ensemble des progrès effectués dans la mise en œuvre
du plan d’action de la Politique européenne de Voisinage (PEV) entre le 1er janvier
et le 31 décembre 2012; néanmoins, des événements survenus en dehors de cette
période ont également été pris en compte lorsqu’ils ont été considérés comme
importants. Ce plan d’action, adopté en 2005, était arrivé à son échéance en
2010, mais les deux parties ont alors convenu d’en prolonger la mise en œuvre
pendant la négociation du nouveau plan d’action 2013-2017. Les négociations sur
le nouveau Plan d’action 2013-2017 incluant une matrice d’actions prioritaires
ont été conclues en novembre 2012. Le présent document n’est pas un rapport
général et exhaustif sur la situation économique et politique du Maroc. En
outre, pour des informations sur les processus sectoriels régionaux et
multilatéraux, il conviendra de se référer au rapport sur le Partenariat
pour la Démocratie et la Prospérité Partagée. L’année 2012 a été
marquée par la formation d’un nouveau gouvernement de coalition issu des élections
législatives anticipées de novembre 2011 qui a reçu le vote de confiance du
Parlement le 26 janvier 2012. Le débat parlementaire a gagné en dynamisme et on
a assisté à l’émergence d’un débat public sur l’action gouvernementale à
travers des émissions télévisées et dans les autres médias. Toutefois, le progrès
dans la mise en œuvre effective de la nouvelle Constitution a été assez limité
en 2012 avec une seule loi organique adoptée (celle sur la nomination aux
hautes fonctions). Seize sur dix-neuf lois organiques prévues doivent encore
être élaborées et adoptées par le gouvernement. Concernant la justice, la
Haute Instance du dialogue national sur la réforme de la justice, établie en
mai 2012, devra élaborer une Charte nationale pour la réforme de la justice
attendue pour mars 2013. En matière de lutte
contre la corruption, un avant projet de loi sur le statut de l’Instance
centrale de prévention de la corruption (ICPC) a été élaboré ayant pour
objectif de renforcer les prérogatives de cette instance. Dans le domaine de la
démocratie et des droits de l’Homme, le Maroc s’est présenté à la 13ème
session de l’Examen périodique universel et a accepté 141 des 148 recommandations
du Conseil des droits de l’Homme. Le Maroc a signé en 2012 une convention du
Conseil de l'Europe et poursuivant sa coopération avec cette organisation. Une
visite au Maroc du rapporteur des NU sur la torture a eu lieu en septembre 2012
et un rapport du Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH) concernant les
prisons a été rédigé. Les conditions de vie carcérales restent en effet
préoccupantes mais ces deux faits ont démontré une volonté de plus grande
transparence de la part des autorités marocaines. Des entraves à
l’exercice des libertés d’association et de rassemblement ont persisté, de même
que des mesures d’intimidation et de répression à l'encontre des journalistes
et des médias. La réforme du code de la presse n’a pas encore abouti. Les droits
des migrants ont été bafoués à de multiples reprises. Le dialogue sur la migration, la
mobilité et la sécurité a progressé en 2012 et la négociation du
Partenariat pour la mobilité est quasiment finalisée, l'objectif étant
d'aboutir à sa signature au premier semestre 2013. Lors de la visite du
Président Barroso et de la Commissaire Malmström au Maroc le 1er mars 2013,
l'UE et le Maroc ont constaté leur accord politique sur le texte de la
Déclaration politique. Sur le plan commercial,
des progrès substantiels ont été réalisés avec la mise en place définitive de
la zone de libre-échange entre le Maroc et l’UE le 1er mars 2012 et
l’entrée en vigueur de l’accord commercial pour les produits agricoles, les
produits agricoles transformés et les produits de la pêche le 1er
octobre 2012. Les négociations en matière de libéralisation du commerce dans le
secteur des services et du droit à l’établissement ont continué. Les travaux
préparatoires en vue de l’ouverture des négociations pour un accord de libre-échange
complet et approfondi (ALECA) ont été finalisés afin de lancer les négociations
début 2013. Les efforts en matière de rapprochement du cadre législatif avec
l’acquis communautaire ont continué dans le domaine de la concurrence et dans les
trois secteurs prioritaires définis conjointement (normes et règlementation
technique, assurances, marchés publics) ainsi que dans différents domaines
afférents au commerce (conformité des produits industriels, aspects sanitaires
et phytosanitaires), mais une stratégie globale en la matière fait toujours
défaut. Le protocole à l’Accord d’Association relatif à la participation du
Maroc aux programmes de l’UE est entré en vigueur en octobre 2012. L'économie marocaine a continué de
démontrer une certaine performance avec une croissance estimée à 3% en 2012
(contre 5% en 2011). Toutefois, il est prévu que le déficit budgétaire reste à
un niveau élevé (6.1% du PIB) et que le déficit de la balance commerciale tende
à se creuser (-8% à -10% estimation pour 2012). Malgré la poursuite par les
autorités des politiques macroéconomiques adéquates qui ont largement protégé
le pays des conséquences majeures de la crise économique et financière
internationale, l’économie marocaine a été affectée par la continuation de la
crise dans les pays partenaires et par le poids du système de subventions qui a
pesé sur les finances publiques. Sur le plan social, le chômage reste élevé,
principalement parmi les jeunes. En ce qui concerne la protection et l'inclusion
sociales, il faut souligner la généralisation à l'ensemble du pays du régime d'assurance
maladie des démunis (RAMED) depuis le mois d'avril. En dépit de la progression
des dépenses budgétaires en faveur des secteurs sociaux (plus de 50%
actuellement), l’équité d’accès aux services sociaux de la population n’est pas
assurée, et les inégalités sociales persistent. La
loi de finances 2012 a alloué deux milliards de dirhams à un fonds de
solidarité. Toutefois, une vision globale coordonnée
permettant de faire face aux dimensions multiples de l'exclusion et de la
pauvreté, reste à élaborer. La réforme de la caisse de compensation
visant à couvrir les catégories de la population les plus vulnérables n’a pas
encore été menée à bien. L’indice de scolarisation primaire a progressé;
toutefois, l’analphabétisme demeure encore important (30%). En 2012, le Maroc a pris
des initiatives concernant la mise en œuvre de toutes les recommandations
formulées dans le rapport portant sur la mise en œuvre du plan d'action en
2011, mais ne les a pas entièrement réalisées. La plupart des
recommandations du rapport de 2012 restent donc valides. Sur la base du
rapport de cette année et en vue de la mise en œuvre du nouveau Plan d'action
PEV pour la période 2013-2017, le Maroc est invité à: ·
Poursuivre et accélérer la mise en
œuvre de la nouvelle Constitution, notamment par l’adoption des seize lois
organiques prévues et la mise en place des structures chargées de son
application. ·
Sur la base de la Charte nationale pour
la réforme de la justice (à établir par la Haute Instance du dialogue national
sur la réforme de la justice), préparer et adopter les lois organiques pour la
création d’un Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et le statut des
magistrats et formuler un plan stratégique global pour la réforme du secteur de
la justice (y compris sur le plan du code pénal). ·
Poursuivre les réformes en vue
d'assurer une bonne gouvernance dans la
gestion de l’État (y compris adoption de la nouvelle Loi organique des
finances) et lutter plus résolument contre la corruption, notamment sur la base
d’un renforcement des compétences et capacités de l’Instance nationale de
probité et de lutte contre la corruption et de l’adoption d’une stratégie
nationale en la matière. ·
Garantir un meilleur respect de
l’exercice des libertés d’association, de rassemblement, d’expression et de la
presse (y compris par l’adoption du nouveau Code de la presse), améliorer les
conditions carcérales, mettre en œuvre le Plan gouvernemental sur l’égalité,
adopter le Plan d’action national en matière de démocratie et des droits de
l’Homme et promouvoir un rôle actif de la société civile en l'associant à
l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques. ·
Poursuivre des réformes structurelles
de l’économie, notamment par la mise en œuvre du Pacte National pour
l’Emergence Industrielle dans les secteurs porteurs de l’économie, l’adoption
de la nouvelle loi sur la concurrence, et l’amélioration de l’environnement des
affaires. ·
Renforcer la lutte contre le chômage
notamment des femmes et des jeunes, y compris à travers des mesures visant la
formation de la main d’œuvre dans les secteurs porteurs de l’économie et le
développement rural. ·
Améliorer la situation des couches de
la population les plus défavorisées avec un ciblage du système de subventions
généralisées (« caisse de compensation ») sur ces populations ainsi
qu’un renforcement de leur couverture sociale et une intensification de la
lutte contre l’analphabétisme. ·
En vue d’élaborer un programme national
de convergence réglementaire, approfondir et rendre plus systématique le
rapprochement avec l’acquis communautaire. ·
Approfondir les relations commerciales
par la conclusion des accords sur l’évaluation de la conformité et
l’acceptation des produits industriels (ACAA) pour des secteurs prioritaires
et, d’une manière plus générale, dans le contexte de l’ouverture des
négociations pour un accord de libre-échange complet et approfondi, ainsi que
par la ratification de la convention régionale sur les règles d’origine
préférentielles pan-euro-méditerranéennes.
2. Dialogue Politique et Réformes
Vers une démocratie solide et durable À la suite des élections législatives de novembre 2011, le
nouveau gouvernement a été formé le 3 janvier et le vote de confiance par la Chambre
des Représentants a eu lieu le 26 janvier 2012, en conformité avec les
dispositions et principes de la nouvelle Constitution de 2011. Sur base des
rapports des différentes missions d'observation électorale de ces élections, le
CNDH a émis des recommandations pour des amendements à la loi sur l'observation
électorale. Toutefois, la modification du cadre électoral et la stimulation de
la participation électorale n'ont pas figuré parmi les priorités politiques de
2012. Il n'y a en effet pas eu de scrutin organisé en 2012 en raison du report
des élections locales et professionnelles à fin 2013. La mise en œuvre de la nouvelle Constitution de 2011 nécessite
l’adoption de dix-neuf lois organiques et autres règlements. En 2012, seule une
loi organique a été adoptée, à savoir la loi organique sur la nomination
aux hautes fonctions qui instaure un partage de pouvoirs entre le Souverain et
le chef du gouvernement concernant la nomination de hauts fonctionnaires, et
quelques autres projets de lois organiques sont en cours d’élaboration. Seize
lois organiques à adopter pour la mise en œuvre effective de la nouvelle
Constitution demeurent inachevées. Par ailleurs, le gouvernement doit toujours
communiquer un calendrier détaillé pour la programmation des travaux relatifs à
la mise en œuvre de la Constitution (lois organiques, autres règlements et lois,
renforcement des nouvelles instances et institutions). Le
Chef du gouvernement ainsi que les Présidents des Chambres ont encouragé la
tenue d'échanges réguliers dans les enceintes parlementaires. Le débat parlementaire
a ainsi gagné en dynamisme. Le Parlement continue toutefois à souffrir du
problème de l'absentéisme. Depuis le mois de juillet, le bureau de la Chambre
des représentants a décidé d'appliquer les sanctions financières et
administratives prévues par la loi en cas d'absentéisme. Par ailleurs, le Chef
du gouvernement et des membres du gouvernement ont contribué à l’émergence d’un
débat public sur l’action gouvernementale à travers leur participation à des
débats télévisés. Plusieurs partis politiques ont tenu leurs congrès en
2012 et ont renouvelé leurs dirigeants; de fait, le principe de l'élection du
Secrétaire général au sein des principaux partis se généralise, ce qui va dans
le sens d'une plus grande démocratie interne et de l'élaboration de programmes
plus articulés. Dans le domaine de la liberté
d’association, des difficultés pratiques (enregistrement et octroi de
récépissés) persistent. La publication de la liste d’associations marocaines
qui bénéficient de subventions puis un projet de circulaire du gouvernement sur
le financement des associations ont soulevé une forte opposition de la part des
organisations de la société civile, illustrée par la Déclaration de Rabat
signée par un collectif de plus de 400 associations. Celles-ci ont demandé un
débat plus large sur la liberté associative. De nombreuses manifestations
pacifiques se sont déroulées en 2012. Plusieurs cas de violences de la part
des forces de l'ordre et d’arrestations arbitraires à l'encontre des
manifestants ont été rapportés. En
ce qui concerne la réforme du Code de la presse, celle-ci n’a pas abouti
en 2012. En octobre 2012, le
ministre de la communication a mis en place un comité consultatif pour la
réforme du Code de la presse et du Code de l'édition. Le comité a pour
mission d'initier un dialogue national sur la réforme des deux codes. L’objectif
annoncé de cette réforme est de faire en sorte que ces codes soient en
harmonie avec la nouvelle Constitution et de supprimer des peines privatives de
liberté qui sont toujours d’application à l’encontre notamment de certains
journalistes ou blogueurs. Quelques numéros de presse écrite européenne se sont
heurtés à une interdiction de publication durant l'année. En mai 2012, une
Haute Instance du dialogue national sur la réforme de la justice a été
établie par le Roi. La Haute Instance est composée de membres issus de
l'Administration, de la sphère judiciaire et de la société civile. La Haute
Instance devra proposer une Charte nationale pour la réforme de la justice attendue
pour mars 2013. Afin de préparer la Charte nationale, une série de neuf
rencontres thématiques régionales, menées par la Haute Instance, se déroulent dans
les principales villes du pays. Plus de 300 organismes sont invités à
contribuer à ces débats régionaux (les différents corps de métier du secteur,
syndicats, institutions, universitaires, société civile, etc.). Il n'a toutefois
pas été possible d'engager les fonds communautaires prévus pour l'appui à cette
réforme, l'élaboration d'une stratégie opérationnelle de mise en œuvre ayant
été retardée. Le non-aboutissement de cette réforme a engendré un certain
nombre de frustrations parmi les professionnels du secteur, soucieux qu’une
réponse soit apportée au problème de l’indépendance de la justice. Le Maroc occupe en 2012 la 88ème
place sur 176 pays au niveau de l'indice de perception de la corruption.
L'avant-projet de loi sur le statut de l'Instance centrale de prévention de la
corruption (ICPC), a été publié par le Secrétariat Général du gouvernement,
pour consultation, en octobre 2012. Le projet propose plus de prérogatives à
l'instance notamment le pouvoir d'auto-saisine, d'investigation et d'accès à
l'information. La loi fixant les modalités de déclaration obligatoire du
patrimoine des membres du gouvernement n'a toujours pas été adoptée. Pour
contourner ce vide juridique, le secrétaire général du gouvernement a invité,
en février, les membres du gouvernement à transmettre leurs déclarations ainsi
que celles de leurs chefs de cabinet, au président de la Cour des comptes. Parmi
les autres mesures prises par le gouvernement on peut souligner la publication
des listes des bénéficiaires des agréments de transport et de l’exploitation
des carrières, l'objectif étant d'afficher plus de transparence dans ce
système. Toutefois, cette publication n'a pas été suivie par d'autres mesures
notamment en ce qui concerne la définition des critères d'attribution des
agréments. Respect des droits de l'Homme et autres questions
liées à la gouvernance Le Maroc s'est présenté à la 13ème
session de l'Examen périodique universel (mai 2012) et accepté 141 des
148 recommandations du Conseil des Droits de l'Homme. Les recommandations
auxquelles le Maroc n’a pas souscrit concernent le retrait des déclarations
relatives à la Convention pour la lutte contre toutes les formes de
discrimination à l’égard de la femme (CEDEF) et la révision des dispositions du
Code de la famille relatives à la polygamie, au mariage des mineurs et à
l’égalité hommes/femmes en matière de succession, la surveillance des droits de
l’Homme au Sahara occidental par la Minurso, ainsi que l’abolition de la peine
de mort ou l’adoption d’un moratoire de jure. Le Maroc a également fait part de
son intention de coopérer avec les procédures spéciales du Conseil de Droits de
l'Homme des Nations Unies. En novembre 2012, le Conseil des Ministres a adopté trois
projets de loi portant approbation du protocole facultatif se rapportant à la
Convention de lutte contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants, du protocole facultatif à la CEDEF, ainsi que du
protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits
civils et politiques. Toutefois, le Maroc doit encore déposer les instruments
d'adhésion à ces mécanismes. Le
schéma institutionnel en matière de droits de l'homme comprenant la Délégation
interministérielle aux droits de l'Homme (DIDH), le CNDH et l'institution du Médiateur
s'est renforcé avec la création de 13 commissions régionales du CNDH. À la
suite d'un audit organisationnel, l'UE a signé avec le gouvernement marocain un
appui au renforcement des capacités du CNDH. Cet appui va également cibler la
DIDH pour l'appuyer dans l'exécution de son mandat. Malgré
la mise à jour du plan d'action national en matière de démocratie
et de droits de l’Homme afin de prendre en compte les dispositions de la
nouvelle Constitution relatives au renforcement des libertés fondamentales, celui-ci n’a toujours pas été adopté. Cet
objectif figure toutefois dans la déclaration gouvernementale. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur
la torture a effectué une visite au Maroc en septembre 2012 et a pu
bénéficier d'un libre accès aux centres de détention. Dans ses conclusions
préliminaires, il a indiqué que si la pratique de la torture a globalement régressé
par rapport aux décennies précédentes, le recours aux mauvais traitements reste
courant dans les affaires criminelles ordinaires, et les traitements
assimilables à la torture demeurent fréquents dans le cadre d'événements
exceptionnels, comme les manifestations, les menaces présumées contre la
sécurité nationale ou les actes de terrorisme. Une commission d'enquête
parlementaire a rédigé un rapport sur la prison Oukacha de Casablanca en
juillet 2012. Le CNDH a également publié en octobre 2012 un rapport sur le
système pénitentiaire et les conditions de détention qui a donné lieu aux mêmes
conclusions que celles du rapport de 2011 de l'Observatoire marocain des prisons
faisant état de nombreux problèmes dans les conditions de détention
(engorgement, malnutrition, déficience des soins médicaux, mauvais traitement, harcèlement
sexuel, consommation de drogue, corruption, transferts abusifs, maladies,
promiscuité, suicides). Le
plan gouvernemental pour l’égalité 2012-2015, élaboré par le gouvernement précédent
en 2011, a été confirmé par le nouveau gouvernement mais n'a pas encore
officiellement été adopté. Le programme de l'UE pour la promotion de l'équité
et de l'égalité entre les femmes et les hommes, doté d'un budget de 45 millions
d'euros qui appuie la mise en œuvre de ce plan a été signée en juillet 2012. Il
n'y a pas encore de projet de loi sur la mise en place de l’Autorité
pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination. Le CNDH
a toutefois élaboré en 2012 un rapport formulant des recommandations à ce sujet
et le gouvernement a sollicité l’appui du Conseil de l’Europe à ce sujet
(Commission de Venise). La préparation
d'une loi sur la violence contre les femmes est en discussion mais le
gouvernement n'a pas encore défini son articulation avec la réforme du Code
pénal. En matière de lutte contre les
discriminations, il convient aussi de noter que le projet de loi sur les droits
des personnes en situation de handicap est toujours au niveau du
Secrétariat Général du gouvernement. De même, le projet de loi sur le travail
domestique n’a toujours pas été adopté. Enfin, concernant le respect des
droits de l'Homme envers les migrants, tant la société civile, que le
HCR et l'OIM ont souligné de nombreux cas de violence commise par les forces de
sécurité. La Loi
organique relative aux régions et aux collectivités territoriales n’a
toujours pas été adoptée, ce qui constitue la raison principale du report des
élections locales. Sujets
régionaux et internationaux, coopération dans les domaines des relations
étrangères et de sécurité, prévention des conflits et gestion des crises Depuis la tenue du Dialogue Politique
Renforcé en décembre 2011, le dialogue politique de haut niveau entre
l'UE et le Maroc s'est poursuivi lors de la session du Conseil d’Association
UE/Maroc (Luxembourg, 23 avril) et des visites du Président du Parlement
européen Schulz (24/25 mars), du Commissaire pour l’Elargissement et de la Politique
européenne de Voisinage Füle (18/19 janvier) et de la Haute Représentante pour
les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité et Vice-Présidente (HR/VP)
Ashton (5 novembre). Ce dialogue a couvert tant le volet bilatéral que les
volets régionaux d’intérêt commun. La
participation du Maroc au Conseil de sécurité des Nations Unies lui a
permis de jouer un rôle constructif dans les grands dossiers politiques
internationaux et dans la gestion des crises, le Maroc s'étant particulièrement
impliqué dans le conflit syrien. Le Maroc a notamment accueilli la 4e
réunion ministérielle des Amis du peuple syrien à Marrakech le 12 décembre,
illustrant son active participation au 'Core Group'. Le Maroc s’est également
engagé dans la recherche d’une solution à la crise dans le Sahel et a organisé
le 10 décembre une réunion sur le sujet dans le cadre du Conseil de sécurité
avec les représentants des organisations régionales et sous-régionales
concernées pour promouvoir la coopération sur la gestion de cette crise. Le Maroc a approfondi sa coopération avec
le Conseil de l'Europe dans de nombreux domaines, notamment en adhérant
à une convention du Conseil de l'Europe, et en préparant la ratification de
plusieurs autres. Le Maroc a également participé activement au programme
«Renforcer la réforme démocratique dans les pays du voisinage méridional»
financé par l'UE et visant à développer la coopération entre le Conseil de
l'Europe et les pays du voisinage méridional. En matière de coopération
régionale, l'année 2012 a été marquée par des tentatives de relance de
l'Union du Maghreb Arabe (UMA). Celles-ci n’ont toutefois pas permis
d’organiser, comme annoncé, un Sommet de l’UMA en 2012. Le Maroc et l’Algérie
ont néanmoins entamé un renforcement de leur coopération bilatérale sectorielle.
Le Maroc a également exploré la possibilité de développer une coopération sectorielle
avec la Libye. Enfin, le Maroc a participé au Sommet du Dialogue 5+5 de Malte,
les 5 et 6 octobre. 3. Réformes économiques et sociales
Evolution macroéconomique récente[1]
Le Maroc a poursuivi en
2012 une politique macroéconomique prudente marquée par un contexte économique
régional et international difficile. Les difficultés des pays avancés ainsi que
la hausse de prix du pétrole ont réduit les marges de manœuvre fiscales et
extérieures. La croissance du PIB devrait se situer autour de 3.2% en 2012
(contre 5.0% en 2011). Les revenus du tourisme et les transferts des migrants
n'arrivent plus à couvrir le déficit de la balance commerciale, ce qui a
entrainé un déficit du compte courant historiquement large (8.9% du PIB en
2012, le plus élevé depuis des décennies). Les besoins de financement de la
balance des paiements ont ainsi entrainé une ponction des avoirs extérieurs du
pays. L’inflation, qui avait
enregistré le taux le plus bas de la région l’année précédente (1.3%), s’est
maintenue autour de 1.3% en 2012, malgré la hausse des prix des hydrocarbures. Ce
faible niveau d'inflation s'explique, en particulier, par le système de
subventions des prix des produits énergétiques et alimentaires, mais aussi par
le bon fonctionnement du mécanisme de transmission monétaire. Le déficit budgétaire
devrait s'établir autour du 6.1% du PIB au terme de l'exercice 2012, grâce,
notamment, à la hausse des prix des carburants. Ceci représente une légère
baisse par rapport à l’année précédente, où il a atteint 6.9% du PIB en 2011,
en raison du creusement des dépenses au titre des subventions des prix des
produits pétroliers et alimentaires. Le niveau de dette publique totale devrait
se situer au terme de l'année 2012 à l'équivalent de 57% du PIB. La réforme de la loi organique
des finances, soutenue par l'UE, qui vise à renouveler le système des finances
publiques au Maroc, pour le fonder sur davantage de performance, transparence
et démocratie budgétaire, n’a pas été adoptée en 2012, mais reste une réforme
centrale pour améliorer l'efficacité de l'action publique et promouvoir la
reddition des comptes. Le Maroc est, depuis août
2012, bénéficiaire d’une Ligne de Précaution et de Liquidité de deux ans de la
part du Fonds Monétaire International, d'un montant de 6.2 milliards de
dollars, qui permettrait de répondre à une éventuelle pression additionnelle
sur les comptes extérieurs. Dans ce contexte, la réforme du système de
subventions généralisées vers un système offrant un meilleur ciblage aux plus
démunis et les réformes structurelles permettant d'améliorer la compétitivité
de l'économie marocaine constituent des priorités. La réforme de la Loi
organique des Finances, soutenue par l'UE, qui vise à renouveler le système des
finances publiques au Maroc, pour le fonder sur davantage de performance,
transparence et démocratie budgétaire constitue une réforme centrale pour
améliorer l'efficacité de l'action publique et promouvoir la reddition des
comptes. Bien que le travail sur le projet de loi soit bien avancé, la Loi n'a
pas encore été adoptée. Emploi et politique sociale Le
chômage des jeunes est devenu une préoccupation nationale pour la population.
La création d'emplois est insuffisante pour absorber les primo-demandeurs sur
le marché de travail. Plusieurs grandes manifestations contre le chômage et la
situation sociale ont eu lieu, notamment à Casablanca et dans d'autres grandes
villes. Le taux de chômage devrait enregistrer une
hausse, passant de 8.9% en 2011 à
environ 9.4%. Selon les chiffres sur l'emploi du Haut Commissariat au
Plan, entre le troisième trimestre de l’année 2011 et
la même période de 2012, le taux d'activité a légèrement baissé pour atteindre 73.6
% pour les hommes et seulement 25.4 % pour les femmes. La segmentation
prononcée du marché de travail n'est pas suffisamment reprise par ces
statistiques: l'emploi précaire, informel et le travail des enfants restent
répandus et continuent à entraîner des situations de fragilité et de
vulnérabilité. Malgré la
progression ces dernières années des dépenses budgétaires en faveur des
secteurs sociaux (plus de 50% actuellement), l'équité d'accès aux services
sociaux de la population n'est pas assurée, et les inégalités sociales et
spatiales (contexte rural/urbain) et interrégionales persistent. Les objectifs
de la lutte contre la pauvreté et de l'amélioration de l'accès aux
services de base font partie des priorités de la déclaration gouvernementale
élaborée en janvier 2012. Dans ce contexte, la loi de Finances 2012 a
alloué deux milliards de dirhams à un Fonds de solidarité financé en partie par
une contribution du secteur privé (1.5% sur le bénéfice net) et des
augmentations de taxes spécifiques. Toutefois, une vision
globale coordonnée permettant de faire face aux dimensions multiples de
l'exclusion et de la pauvreté, reste à élaborer. Dans le cadre de la
phase II de l'Initiative nationale de développement humain -INDH-(2011-2015),
un programme de mise à niveau territoriale (désenclavement, santé, éducation,
électrification, accès à l'eau potable) a été lancé, ciblant 503 communes
rurales situées dans 22 provinces montagneuses ou enclavées. Ce programme est
doté d'un budget de 5 milliards de dirhams (450 millions d'euros) et fait
l'objet d'un soutien de la part de l'UE. La législation du travail est
peu respectée par les entreprises. L'Inspection du travail souffre d'un manque
d'effectifs. En matière de
dialogue social, le Conseil économique et social et ses six commissions ont
poursuivi leurs travaux en 2012, donnant lieu à des avis d'auto-saisine sur
différents sujets tels que l'économie verte, la prévention des conflits de
travail, le respect des droits et l'inclusion des personnes en situation de
handicap. Le dialogue bipartite entre travailleurs et employeurs reste peu
ancré, avec des négociations collectives largement confinées à certains
secteurs et limitées par des seuils de représentativité rigides. Au niveau des
discussions tripartites, le dialogue a connu des difficultés. En octobre 2012,
les cinq centrales syndicales représentatives ayant été invitées aux pourparlers
se sont retirées du processus de dialogue avec le gouvernement. Le projet de
loi organique concernant le droit de grève n'a toujours pas évolué. 4. QUESTIONS LIÉES AU COMMERCE, AU MARCHÉ ET À LA RÉFORME RÉGLEMENTAIRE L'UE est le premier partenaire
commercial du Maroc, avec une part de 50 % du commerce extérieur en 2011[2].
Les échanges commerciaux bilatéraux ont légèrement augmenté et pendant
les onze premiers mois de 2012 atteignaient 23.9 milliards d'euros. Les exportations
de l’UE vers le Maroc consistaient principalement en textile et vêtements,
produits agricoles, et machinerie. Les importations de l’UE du Maroc consistaient
principalement en machinerie et équipement de transport, produits transformés,
et produits chimiques. La
mise en place officielle de la zone de libre échange entre le Maroc et l'UE
a eu lieu le 1er mars 2012, conformément aux engagements pris dans
l'Accord d'association. Depuis cette date, tous les produits industriels européens
entrent au Maroc en franchise de droits. Deux points demeurent en suspens: le
démantèlement des produits usagés et la mise en œuvre de la nomenclature
combinée, reportée sine die. La présence de quelques cas d'entraves d'accès au
marché est cependant à suivre. L’accord
sur la libéralisation des échanges commerciaux de produits agricoles, des produits
agricoles transformés, des poissons et des produits de la pêche entre le
Maroc et l'UE est entré en vigueur le 1er octobre 2012. Les
négociations pour un nouveau protocole à l’accord de partenariat dans le
secteur de la pêche ont été ouvertes à Rabat en novembre 2012. Le premier round
de négociation d'un accord sur la protection des indications géographiques
entre les deux parties a eu lieu le 20 décembre 2012. L'objectif affiché des
négociateurs étant de clôturer ce processus durant le 1er semestre
2013. Cette approche basée sur la qualité des produits du terroir devrait
permettre à terme un développement important des échanges dans ce domaine. Les négociations
sur la libéralisation des services ont continué durant l'année 2012, mais
la date de leur éventuelle conclusion n'est pas encore clairement définie. En
revanche, les discussions préparatoires sur la possible mise en place d'une zone
de libre-échange approfondie et globale avec l'UE viennent de s'achever.
Ces discussions ont donné des résultats positifs et l'ouverture des
négociations est prévue pour début 2013, faisant du Maroc le pays du voisinage
méridional le plus avancé dans ce processus. Dans
le domaine douanier, le Maroc a poursuivi l'adoption de mesures
concernant la facilitation et l'amélioration des opérations et procédures
douanières en concertation avec les opérateurs économiques (assouplissement des
procédures de délivrance de la mainlevée, harmonisation des régimes économiques
en douanes, facilité de cautionnement, simplification de la procédure relative
à la circulation des conteneurs, etc.). Dans le cadre de la sécurisation de la
chaîne d'approvisionnement, le Maroc a introduit en 2012 l'obligation de la
déclaration préalable pour les arrivées de marchandises par bateau et par
avion. Déjà opérationnel au port de Casablanca depuis mars 2011, le système
PortNet (guichet unique) a été déployé à partir du mois de juillet 2012 dans
les ports d’Agadir, de Mohammedia, de Jorf Lasfar, de Safi et de Nador. Le
nombre d'entreprises bénéficiant du système de catégorisation (offrant des
facilitations douanières aux entreprises agréées) continue de croître. En novembre
2012, 244 entreprises ont été catégorisées et plus de 600 entreprises ont
manifesté leur souhait de bénéficier du programme. Enfin, l'application d'une
nomenclature fondée sur la nomenclature combinée de l'UE, initialement prévue
pour 1er janvier 2012 a été reportée sine die, ce qui est un pas en arrière
regrettable dans la consolidation de la zone de libre-échange. Le Maroc doit
encore ratifier la convention régionale sur les règles d'origine
préférentielles pan-euro-méditerranéennes (qu'il a signée en avril 2012). Le
Maroc a participé aux réunions du groupe de travail pan-euro-méditerranéen qui
discute actuellement la révision des règles d'origine dans le cadre de la
convention régionale. Le
Maroc a progressé dans le domaine de la libre circulation des biens et des
réglementations techniques dans la préparation d'un accord sur
l’évaluation de la conformité des produits industriels (ACAA). Un projet de
révision de la loi 24-09 alignant le nouveau cadre législatif européen et la directive
sécurité des produits, ainsi que des projets d’arrêtés sectoriels ont été
soumis aux services de la Commission pour évaluation. L’harmonisation
nécessaire des normes industrielles relatives aux secteurs prioritaires est en
cours. En 2012, l’organisme marocain d’accréditation, SEMAC, est devenu membre
associé de la coopération européenne pour l’accréditation (EA). Le Maroc
souhaite se focaliser sur deux premiers secteurs prioritaires: les jouets et les
produits électriques. Les négociations ACAA pourraient commencer au courant de
l'année 2013 à condition que les préparatifs progressent davantage. Le
Maroc poursuit l'alignement sur les règles de l’UE pour les questions sanitaires
et phytosanitaires (SPS). Le projet de loi vétérinaire, qui permettra au
pays de disposer d'un cadre réglementaire actualisé et harmonisé avec la
réglementation européenne, a été préparé en 2011 et n'est toujours pas publié.
Un projet de décret fixant les conditions et les modalités d'étiquetage des
produits alimentaires est en cours d’élaboration. Le Maroc a participé au
séminaire méditerranéen consacré à l’identification animale et au contrôle des
maladies animales, organisé par la Commission et l’Autorité européenne de
sécurité des aliments au mois du septembre à Chypre. Un nouvel appui au domaine
SPS a été lancé dans le cadre du programme "Réussir le Statut Avancé",
qui a débuté en 2012 avec le soutien financier de l'UE. En juin 2012 l'Office
alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne a effectué une mission afin
d'évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production des
produits de la pêche et des mollusques bivalves vivants destinés à
l'exportation vers l'Union européenne. Le Maroc a commencé à rectifier les
problèmes identifiés. Le
rapport "Doing Business" 2013 indique qu'en termes de climat des
affaires et des investissements, le Maroc a facilité la création des
sociétés à responsabilité limitée en éliminant la limite minimale de capital
requis, mais l’augmentation des frais d’acquisition des terrains a fini par lui
coûter une légère descente dans ce classement très compétitif après un gain de
21 places l’année précédente. Un projet de loi relative au partenariat
public-privé se trouve au Secrétariat général du gouvernement. Le
cadre relatif au droit d'établissement des sociétés est l’objet des
efforts du gouvernement: une nouvelle charte des investissements est en voie de
finalisation; un projet de loi modifiant la loi sur les sociétés anonymes pour
une plus grande simplification lors de leur création, plus de protection pour
les actionnaires et un renforcement de l'information a été mise en ligne pour
consultation publique en juin 2012; et un projet de convergence des normes
comptables nationales vers les normes comptables internationales (IAS/IFRS) a
été engagé. Le décret relatif au retard de paiement dans les transactions
commerciales a été publié au Bulletin officiel au mois d'août. Un code de bonne
gouvernance pour les entreprises publiques a été publié. Le secteur des
services financiers fait l'objet d'un projet de refonte de la loi relative
aux établissements de crédit et organismes assimilés qui répond à la nécessité
d'instaurer des dispositifs de prévention et de gestion des crises et d’accroitre
la supervision ainsi que de renforcer la convergence du dispositif législatif
vers les meilleures pratiques internationales. Dans le secteur des assurances,
le projet de loi portant création de l'Autorité de contrôle des assurances et
de la prévoyance sociale a été adopté en Conseil de gouvernement en novembre
(mais ne devrait être examiné au Parlement que lors de la session du printemps).
Cette nouvelle autorité aura un contrôle sur les trois piliers que sont: les
assurances, les retraites et l'assurance maladie. En
ce qui concerne les mouvements des capitaux et
paiements courants, le Maroc doit faire face
actuellement à des difficultés de disponibilité en devises ; la
libéralisation des paiements s’en trouve ralentie. Autres domaines essentiels En matière
fiscale, le gouvernement s'engage à poursuivre, en coopération avec l'UE
(volet "recettes" du programme "Hakama"), la réforme de la
politique et de l'administration fiscale, avec les objectifs de rendement
budgétaire, d’équité, d’efficience et de transparence du système fiscal. Le projet de nouveau
décret concernant les marchés publics devrait entrer en vigueur à la fin
du premier semestre 2013. Il consacre les principes d'unité du cadre
réglementaire à travers l'ensemble du secteur public, renforce le système de
recours et la transparence et inscrit la préférence des PME. Contrairement à la
législation européenne et aux règles de l’OMC, le nouveau texte garde la préférence
nationale du texte de loi précédent. Dans le cadre de la politique
des entreprises, le Maroc a continué d’échanger les bonnes pratiques pour
promouvoir l’entrepreneuriat et les PME dans les domaines couverts par la
charte euro-méditerranéenne pour l’entreprise et dans des secteurs
spécifiques : textile/habillement; tourisme, matières premières, espace.
Le Maroc mise aussi sur l’internationalisation: l'Agence nationale pour la promotion
de la petite et moyenne entreprise a rejoint le réseau EEN (European Enterprise
Network). Dans le domaine des droits de propriété intellectuelle, le Maroc n'a
pas encore accédé à la Convention de Rome pour la protection des artistes
interprètes ou exécutants, des producteurs de phonogrammes et des organismes de
radiodiffusion. Le jumelage avec l'Organisation Mondiale de la Propriété
Intellectuelle et Commerciale s'est terminé en décembre. Il aura permis
d'adapter la législation sur les brevets, de renforcer la coopération avec les
organismes internationaux, de réaliser la comparaison
du cadre juridique, de contribuer à la lutte contre la contrefaçon et le piratage, d’améliorer les
systèmes d’information et de renseignements et enfin de sensibiliser les
citoyens à l’importance des droits de propriété intellectuelle pour la
croissance économique du pays. Le jumelage avec
l'Office des changes qui s'est terminé en janvier 2013, a permis l’amélioration
de l'appareil statistique et la production de statistiques harmonisées
relatives aux échanges extérieurs et à la balance des paiements. Une stratégie
de développement des statistiques agricoles a été élaborée, et suivant la
promulgation de la loi instituant l’identifiant commun des
entreprises (ICE) en 2011, l’utilisation des sources administratives pour la
production des statistiques a été facilitée. La convergence vers
les normes internationales de contrôle et d'audit interne est poursuivie
par l'Inspection générale des finances (IGF) et le développement de sa capacité
d'évaluation de la performance est poursuivi notamment dans le cadre d'un
jumelage avec l'UE. En matière de contrôle externe, la Cour des comptes
renforce sa capacité de contrôle de gestion du secteur public dans le cadre
d'un jumelage avec l'UE. Les décrets
d'application de la loi sur la protection des consommateurs
ne sont pas encore parus. Il n’y a pas eu de
progrès dans le domaine de la concurrence et des aides d'État.
5. Cooperation en matière de justice, de
liberte et de sécurite
Le Dialogue sur la
migration, la mobilité et la sécurité s'est poursuivi en 2012 avec
notamment deux rencontres officielles, en mai et octobre. Le gouvernement
marocain a clairement exprimé son intérêt pour un futur Partenariat pour la mobilité,
notamment en soumettant un non-paper riche en propositions au mois
d'avril et une version révisée de la Déclaration politique le 19 octobre 2012,
ainsi qu’une deuxième série de commentaire sur la Déclaration politique le 3
janvier 2013. Un premier round de négociations a eu lieu les 18-19 octobre et
un second round s’est tenu les 14-15 février 2013. La négociation du
Partenariat pour la mobilité est quasiment finalisée, l'objectif étant
d'aboutir à sa signature au premier semestre 2013. Lors de la visite du
Président Barroso et de la Commissaire Malmström au Maroc le 1er mars 2013,
l'UE et le Maroc ont constaté leur accord politique sur le texte de la
Déclaration politique. Parallèlement, les Etats membres et la
Commission continuent de se concerter sur les appuis et facilités qui pourront
être proposés au Maroc pour la mise en œuvre du partenariat et qui sont
répertoriés dans l’annexe. Le Maroc participe activement aux actions mises en œuvre
dans le cadre du projet EUROMED Migration. La
problématique de la protection internationale et du droit d’asile est
désormais présente parmi les actions identifiées dans le cadre du Partenariat
pour la mobilité; il est probable que, de concert avec l’UE et les Etats
membres participants, ce sujet reçoive un soutien appuyé. Un dialogue régulier entre le gouvernement
marocain et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) existe et le gouvernement
marocain a indiqué qu’une loi nationale sur le droit d’asile serait en
préparation. Cependant, plusieurs cas de refoulement de personnes rentrant dans
les critères de protection, et des cas de violence ont été rapportés. La
problématique de la traite des êtres humains est aussi présente parmi
les actions identifiées dans le cadre du Partenariat pour la Mobilité et il
est probable que, de concert avec l’UE et les Etats membres participants, ce
sujet reçoive un soutien appuyé.
Le Protocole additionnel visant "à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes,
en particulier des femmes et des enfants",
auquel le Maroc a adhéré en 2011, n'est pour l'instant pas mis en œuvre. Aucun
dispositif de protection ni de réhabilitation des victimes de traite n’est pour
l‘instant mis en œuvre. Le
code pénal ne définit pas la traite des personnes comme un délit spécifique,
limitant l'action des juges face à ce type de crime. Malgré des actions de
formation et de sensibilisation des professions juridiques, financées dans le
cadre de projets internationaux, notamment de projets de l'Union européenne,
l'approche des enquêteurs et des procureurs marocains face à la traite n'est
pas différenciée de celle de la lutte contre le trafic de migrants. Aucun changement majeur
n’est à signaler dans les domaines de la lutte contre le blanchiment des
capitaux. En ce qui concerne la protection des données personnelles,
le délai d’application de la loi 09-08 relative à
la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à
caractère personnel est échu le 15 novembre. Le Maroc a continué une
politique active de lutte contre le trafic de drogue et a procédé à
plusieurs reprises à d'importantes saisies dans ce domaine. Malgré la
difficulté d’obtenir des statistiques sur la production de cannabis, un certain
statu quo de la production est observé, bien que les surfaces
cultivées aient été réduites. L'instabilité au Sahel n'a pas favorisé une
baisse du trafic de drogues en lien avec le trafic d'armes. Il est intéressant
de noter que la coopération Maroc-Espagne prend la forme de forces de police
conjointes (à Algésiras et à Tanger) et cible également la lutte contre le
trafic aérien. Le Maroc a participé au premier « weekend Reitox »
organisé par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) à
Lisbonne en mai. Le Maroc a également participé à l’atelier « Prévention
et observation des toxicomanies : situation et perspectives dans les pays partenaires
de la PEV du Sud », organisé par la Commission et l’EMCDDA sous les
auspices de la Présidence chypriote en octobre à Chypre. Le dialogue sur les
drogues UE-Maroc a eu lieu en octobre à Bruxelles. La partie marocaine a
exprimé son intérêt à renforcer les relations avec l’EMCDDA avec l’ouverture de
négociations en vue d’un « Memorandum of Understanding ». Il n'y a pas eu de développements
significatifs dans les domaines de la coopération judiciaire ou policière
ou encore en matière de coopération de lutte anti-terroriste en 2012. Le
Maroc participe toutefois activement aux actions mises en œuvre dans le cadre
des projets EUROMED Justice et Police. Plusieurs coopérations bilatérales entre
autorités judiciaires et de police sont également en cours avec différents
Etats membres. 6. Transport, energie, environnement, société
de l’information, recherche et innovation Dans le domaine des transports, et
notamment en matière de sécurité routière, le jumelage financé par l'UE a
permis d'améliorer le système d’information sur l’accidentologie et le trafic
et d'actualiser les règles et normes de signalisation routière. L’introduction
du nouveau code de la route n’a toutefois pas permis de réduire le nombre de
victimes. En matière de libéralisation des services,
deux nouveaux opérateurs d'assistance en escale ont été sélectionnés dans les
aéroports du Royaume. Le Maroc a participé en tant qu'observateur non permanent
au comité Ciel Unique européens et a collaboré avec la cellule
méditerranéenne MASC au sein de l'Agence Européenne de Sécurité Aérienne
(AESA) dans la mise en œuvre de la convergence réglementaire en matière de
sécurité aérienne. Le Maroc a poursuivi son adhésion à un certain
nombre de règlements de l'Organisation Maritime Internationale (OMI) en matière
de substances dangereuses. Le Vessel Traffic Services (VTS) de Tanger qui
permet le suivi du transport des matières dangereuses dans le détroit de
Gibraltar est opérationnel. La signature d'un protocole d’accord en 2013 devra
permettre de connecter la base de données marocaine sur le transport de
marchandises dangereuses à la base de données SafeSeaNet de l'Agence européenne
de sécurité maritime (EMSA). Le Maroc a procédé au lancement
des travaux du TGV entre Tanger et Casablanca, et le tramway de Casablanca a
été mis en service. La Stratégie Energétique Nationale
établie par le gouvernement précédent est poursuivie. L’UE appuie la réforme du
secteur énergétique avec un montant conséquent. Pour faire face à la très forte croissance de la demande d'énergie, le Maroc a élaboré,
pour le court terme, un plan d'action sur la maîtrise de l’énergie. Le Fonds de
Développement de l'Energie soutient les investissements relatifs à l'efficacité
énergétique et aux technologies propres. Le système de subvention des principaux
produits énergétiques, à travers la caisse de compensation, pèse très
lourdement sur le budget national. À la suite d’une première augmentation du
prix à la consommation des produits énergétiques de base en juin, une stratégie
de réduction progressive de la compensation est en cours d’élaboration. Les codes de l’électricité et du gaz restent en cours d’élaboration.
La loi créant, par le regroupement de deux offices, l’Office National de l’Eau
et de l’Electricité est entrée en vigueur en avril 2012. Les travaux visant à
mettre en place une autorité de régulation du gaz et de l'électricité n’ont
pas enregistré de progrès concrets. Le Maroc a signé en septembre 2012 la
Charte européenne de l'énergie, renforçant son statut de pays observateur. Le renforcement des interconnexions électriques avec l’Espagne
(troisième ligne) est en cours d’étude. Le Maroc prépare un schéma directeur
pour les réseaux électriques marocains. Un projet de terminal gazier est en
cours d’étude et un deuxième terminal pétrolier (stockage) est en construction
à Tanger. La prospection des hydrocarbures continue, notamment off-shore.
L’étude concernant une deuxième raffinerie est en cours. Les travaux portant sur la création
d’un marché maghrébin de l’électricité n’ont pas progressé significativement en
2012. Le Maroc continue à mettre en œuvre une politique de
développement des énergies renouvelables ambitieuse. L’Agence Marocaine de
l’Energie Solaire a annoncé en septembre 2012 l'attribution du marché de
construction de la centrale solaire d'Ouarzazate (160 MW). Ce projet bénéficie
d’un appui conséquent provenant de la Facilité d'investissement pour le
voisinage ainsi que d'un prêt de la BEI. Il représente la première réalisation
concrète dans le cadre du Plan Solaire Marocain et du Plan Solaire
Méditerranéen au Maroc. Des projets d’énergie éolienne ont
également déjà été lancés. En ce qui concerne le changement
climatique, le projet sur le renforcement des capacités à faible production
d’émissions a démarré en octobre, avec l’assistance de l’UE. Le
Maroc est encouragé à développer ses capacités et à continuer à s’engager dans
les nouveaux mécanismes du marché du carbone à la suite des conférences de la convention
cadre des Nations unies sur le changement climatique 17 et 18.
Compte tenu du soutien du nouveau projet régional d'assistance technique, le
Maroc est également encouragé à élaborer une stratégie de développement à
faible émissions de carbone. Par ailleurs, des efforts accrus devraient
être envisagés pour mettre en œuvre les accords de Cancun et de Durban. Le projet de loi cadre
portant sur la charte de l'environnement et du développement durable,
qui prévoit l'obligation de mener des études environnementales stratégiques
sectorielles, a été déposé auprès du Secrétariat général du gouvernement en
août et une consultation publique a été lancée au cours du même mois. Dans le
cadre du programme « Réussir le statut avancé » et
son volet consacré à la gestion de l’eau, visant une convergence progressive
avec les critères de la directive-cadre européenne sur l’eau, le Maroc a mis au
point des outils harmonisés et prévoit une révision de sa loi sur l’eau. En ce
qui concerne l’assainissement, plusieurs projets issus de la stratégie
nationale ont permis une augmentation du taux d’épuration des eaux usées dont
certains bénéficiant d’un traitement tertiaire à des fins de recyclage. En
matière de gestion des déchets, le taux de collecte et le contrôle des
décharges a augmenté. En juin et juillet, le Maroc a ratifié le protocole
relatif à la gestion intégrée des zones côtières[3]
ainsi que l’annexe VI à la Convention MARPOL concernant les teneurs en soufre
dans les combustibles pour navires. Au niveau de la
coopération régionale, le Maroc a tenu des ateliers dont deux au niveau
national, sur les déchets et l’économie verte dans le cadre de l’initiative
« Horizon 2020 » visant la dépollution de la mer Méditerranée. Maroc
a activement participé au projet «Politique Maritime Intégrée pour la
Méditerranée» (PMI-MED) visant à fournir une assistance technique dans le cadre
du programme Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat pour le Sud. Dans le domaine de la protection civile,
le programme phare pour la prévention, la préparation et la réponse aux
catastrophes naturelles et aux catastrophes causées par l’homme (PPRD Sud) a
contribué à l'établissement d'un réseau régional d'autorités de gestion de
catastrophes qui pourraient intervenir collectivement lors d'une catastrophe
qui dépasse les capacités nationales du pays affecté. Le Maroc est parmi les 168
gouvernements qui ont adopté en 2005 "Le cadre d'action de Hyogo: Pour des nations et des collectivités résilientes face
aux catastrophes", qui souligne le rôle central de la réduction de risque
de catastrophes (RRC) pour toute politique de développement. Néanmoins, le
processus de réduction des risque de catastrophes et l'adaptation au changement
climatique n'en est qu'à son début et un soutien considérable afin de
développer davantage les capacités et les processus sera nécessaire. La
politique RRC favorise le dialogue avec la société civile et les ONGs,
contribuant ainsi à une démocratie plus durable. Une analyse des cadres
règlementaire et institutionnel a commencé avec l'objectif de renforcer les
capacités et la coordination interministérielle dans une deuxième phase du
programme. En ce qui concerne la société de
l’information, la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle et
l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications ont signé en août
2012 un accord relatif à l’harmonisation des attributions de fréquences de
radiodiffusion et des services mobiles au Maroc avec celles des pays voisins,
pour permettre l’activation du processus de transition de la télévision
analogique terrestre vers le numérique, en coordination avec les autorités
gouvernementales compétentes. Une étude a été lancée fin 2012 pour proposer des
conditions de déploiement des réseaux 4G. Pour ce qui est
du secteur de l'audiovisuel, une réforme des cahiers des charges
relatifs à l’audiovisuel public a été lancée dans l'objectif de renforcer la
gouvernance et la compétitivité du secteur. Suscitant un vif débat, cette
réforme a été adoptée par le gouvernement ainsi que par la Haute Autorité de la
Communication Audiovisuelle. En matière de
recherche et innovation, le 6ème Comité Paritaire
en S&T avec le Maroc s'est tenu en septembre. Il a permis de faire l'état
des lieux sur la coopération scientifique avec ce pays; le Maroc est le 2ème
pays le plus actif de la région méditerranéen. En
2012, 57 institutions
marocaines participaient aux 74 projets au
titre du 7ème Programme-cadre pour la recherche
et développement technologique de l'UE.
La contribution totale de l'UE s'élève à 296 millions d’euros, dont 10 millions d’euros ont été versés aux partenaires
marocains. Le Maroc est
particulièrement actif dans les domaines suivants: sécurité alimentaire,
agriculture, pêche, biotechnologies et environnement. L'impact important du
projet M2ERA (plateforme bilatérale visant à renforcer la coopération
scientifique entre l'UE et le Maroc) a été largement
reconnu, notamment ses liens avec les projets soutenus par l'UE visant à
soutenir le système national de recherche et l'intégration du Maroc dans
l'Espace Européen de la Recherche. Le successeur de M2ERA, le projet MOBILISE,
important pour la transition de la coopération S&T UE-Maroc vers l’initiative
«Horizon 2020», débutera d'ici peu (la réunion de lancement du projet a eu lieu
à Casablanca fin novembre 2012).
7.
Contacts entre les peuples, éducation
et sante
Une
amélioration des indicateurs relatifs à l'éducation a pu être notée lors
de la dernière année scolaire écoulée. Les taux nets de scolarisation sont
ainsi passés, entre 2008/2009 et 2011/2012, au primaire de 90.5% (89.1% des
filles) à 96.6% (96% des filles), au secondaire général de 42.7% (42.4% des
filles) à 53.9% (52.9% des filles) et au secondaire qualifiant de 19.8% (21.8%
des filles) à 29.4% (31.6% des filles). Le taux d'abandon des filles au général
(milieu rural) a diminué en 2012. Le taux de réinsertion d'enfants bénéficiaires
de l'éducation non formelle, en école formelle et formation professionnelle, a
également augmenté. Le décret portant création et
organisation des Centres régionaux d’éducation et de formation a été publié et
les nouvelles structures rendues opérationnelles. Le taux
d'analphabétisme au Maroc est de l'ordre de 30%, selon les estimations du
Département de lutte contre l'analphabétisme en 2012. Le nombre d'inscrits aux
programmes d'alphabétisation au titre de l'année 2011/2012 est de 735.000
personnes. Le Département a été titulaire de la mention honorable du prix
Confucius de l'Unesco en matière d'alphabétisation et de post alphabétisation.
La loi portant création de l'agence nationale d'alphabétisation a été adoptée
et publiée au Bulletin officiel. La priorité
du Département de la formation professionnelle tout au long de l’année a
été le développement d’une Stratégie de la formation professionnelle à
l’horizon 2020. Cet exercice a été mené en concertation avec la Confédération générale
des entreprises Marocaines (CGEM), le Conseil supérieur pour l’enseignement et
les autres parties prenantes. Avec du retard par rapport au calendrier initial,
la stratégie devrait être officiellement lancée au début 2013. Le
travail sur la mise en place d’un Cadre national des certifications (CNC) entre
les trois sous-systèmes de l'éducation nationale, l’enseignement supérieur et
la formation professionnelle et les représentants des entreprises, sous l’égide
du Conseil supérieur de l’enseignement, a continué avec l’appui de l’UE (à travers la Fondation européenne pour la
formation, ETF). Le travail réalisé portait sur la validation du dispositif
technico-méthodologique et sur l’expérimentation du cadre. Une fois arrêtée la
définition du portage politique du CNC, y inclus les questions de gouvernance
institutionnelle et de formulation d’un acte juridique, le CNC pourra être
officiellement lancé et mis en œuvre. La
réforme de l'enseignement supérieur demeure une priorité avec le Plan
d'urgence 2009 – 2012 et la création par la Constitution de 2011 d'un Conseil supérieur
de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique, une instance
consultative chargée d'émettre son avis sur les politiques publiques et sur les
questions d'intérêt national concernant l'éducation, la formation et la
recherche scientifique. Le Maroc a confirmé également sa convergence volontaire
vers les principes du processus de Bologne. Plusieurs défis demeurent, en
particulier la qualité de l'enseignement dans un contexte de forte croissance
du nombre d'étudiants, l'adéquation avec les besoins du marché du travail et la
question du chômage des diplômés. On note également des changements dans le
secteur de l'enseignement supérieur avec la création d'établissements privés
d'enseignement supérieurs. Le
programme Tempus IV a continué à apporter son soutien aux réformes dans
ce domaine; en 2012, le Maroc a bénéficié de onze projets (soit huit de
plus que lors de l'appel précédent). 163 étudiants et enseignants ont obtenu
des bourses de mobilité dans le cadre du programme Erasmus Mundus,
comprenant 4 bourses pour des masters conjoints et 159 bourses pour des
mobilités plus courtes dans le cadre d’un partenariat universitaire. Le Maroc a
participé également à deux nouveaux projets Erasmus Mundus visant la promotion
de l'attractivité de l'enseignement supérieur (action 3). Entre 2007 et 2012, 17
chercheurs et 25 organismes de recherche marocains ont bénéficié des actions
Marie Curie qui financent des formations et expériences professionnelles à
l’étranger pour les chercheurs tout au long de leur carrière. Les jeunes Marocains et
les organisations de jeunesse marocaines ont continué de bénéficier des possibilités
offertes par le programme Jeunesse en action. En 2012, 51 projets ont été
approuvés en 2012 et 207 jeunes marocains ont pu y prendre part. Dans
le secteur de la culture, la ville de Rabat
a été inscrite sur la liste du Patrimoine mondial 2012 de l'Unesco dans la catégorie des biens culturels. Les procédures menant à la ratification de la convention
de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions
culturelles n'ont pas encore abouti. Dans le cadre de la réforme du secteur de
la santé, le Maroc a lancé, en septembre, le nouveau Plan d'action
2012-2016 pour l'accélération de la réduction de la mortalité maternelle et
néonatale. Le Maroc est en train de finaliser une nouvelle stratégie de
politique de santé pour 2013-2016; un plan d'action pour sa mise en œuvre est
en cours d'élaboration. En outre, un plan d'urgence pour l'année 2012 est mis
en œuvre pour répondre aux besoins de la population en matière de santé.
Une étude sur la proposition des scénarios visant à élargir l'Assurance Maladie
Obligatoire (AMO) à toutes les catégories socioprofessionnelles a été lancée
avec l'appui de l'UE. Il faut souligner la généralisation à l'ensemble du pays
du Régime d'Assurance Maladie des Démunis (RAMED) depuis le mois d'avril. En
septembre, environ 475.000 foyers ont été déclarés éligibles au RAMED
(±1.400.000 bénéficiaires) sur un total de 1.200.000 demandes.
Le Maroc a continué à participer au projet «Episouth Plus» financé par
l'UE et visant à accroître la sécurité sanitaire dans la région méditerranéenne et l'Europe du sud-est. Le Maroc a participé
à une conférence organisée par la Commission et le Centre européen pour la
prévention et le contrôle des maladies ainsi qu’à une formation visant à
renforcer les moyens d’action pour le contrôle et la prévention des maladies
transmissibles dans la région de la Méditerranée. L'objectif est d'explorer
conjointement les possibilités de développement d’un programme régional de
formation à l'épidémiologie de terrain. [1] Les chiffres sur le PIB, l’inflation, le commerce et l’emploi
proviennent soit d’Eurostat sur la base de données fournies par les instituts
statistiques nationaux soit il s'agit d’estimations du FMI ou des services de
la Commission Européenne, comme indiqué dans l’annexe statistique. L'usage
d’autres sources est signalé. [2] Les données pour l'année 2012 n’étaient pas disponibles au
moment de la rédaction de présent rapport. [3] De la convention
pour la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée.