Bruxelles, le 2.7.2024

COM(2024) 260 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Rapport 2024 sur l’état d’avancement de la décennie numérique


Table des matières

1. Introduction: accomplir les ambitions de la décennie numérique    

2. L’UE s’impose comme l’innovateur mondial en matière de politiques    

3. Un renforcement de la base industrielle numérique de l’UE qui accélère les progrès de la décennie numérique    

4. État d’avancement de la décennie numérique: progrès accomplis en 2024    

4.1 Un signal d’alarme    

4.1.1. Progrès accomplis sur la voie d’une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique    

4.1.2. Progrès sur la voie de la protection et de l’autonomisation des citoyens et de la société de l’UE    

4.1.3 Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent    

4.2 Les feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique et leur rôle dans la réalisation de l’ambition de l’UE    

4.3 Recommandations sur la voie à suivre    

5. Dimension internationale    

6. Conclusions    



1. Introduction: accomplir les ambitions de la décennie numérique 

La présente communication contient le rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2024. Ce rapport passe en revue l’évolution de la stratégie numérique depuis le rapport de 2023 1 et présente les progrès accomplis par l’UE dans la réalisation des objectifs et cibles convenus en vue d’une transformation numérique réussie pour les citoyens, les entreprises et l’environnement, comme indiqué dans la décision établissant le programme d’action pour la décennie numérique à l’horizon 2030 2 . La figure 1 ci-dessous donne un aperçu de cette analyse pour chaque cible de la décennie numérique.

Figure 1. Bilan des progrès accomplis dans la réalisation des cibles de la décennie numérique fixées pour 2030 3

Pour la première fois, le présent rapport comprend une évaluation des feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique. Sur la base de ces feuilles de route, il décrit la contribution individuelle des États membres à la réalisation collective des objectifs et cibles de la décennie numérique et confirme, dans l’ensemble, les conclusions du rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023:

-ces dernières années, l’UE a considérablement renforcé son action au moyen de mesures réglementaires et non réglementaires afin de se doter d’un cadre de gouvernance et d’une vision claire de l’avenir, fondée sur des objectifs et cibles spécifiques et des moyens de les atteindre. Le programme d’action pour la décennie numérique a été conçu comme le principal instrument de coordination de ces efforts: il repose sur une coopération étroite avec les États membres et les parties prenantes aux niveaux local, régional, national et européen afin de garantir des progrès collectifs 4 ;

-grâce à ce cadre favorable et à cette action commune, des progrès ont déjà été accomplis. En particulier, la mise en œuvre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) a apporté une contribution importante à la réalisation du programme d’action pour la décennie numérique. Ces instruments et ce cadre de gouvernance sont complémentaires les uns des autres et du Semestre européen de coordination des politiques économiques et sociales; 

-toutefois, comme le montre la figure 2 ci-dessous 5 , au rythme actuel des interventions des États membres, les cibles devraient être atteintes, pour certaines d’entre elles, largement après l’échéance convenue de 2030. Il est donc essentiel que les États membres s'engagent dans cette voie et renforcent leur contribution à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique en adoptant des mesures et des politiques concrètes, en commençant par l’adaptation de leurs feuilles de route.

Figure 2. Délai prévu pour atteindre la cible sur la base de la dernière progression annuelle moyenne de chaque ICP

La présente communication expose les principales conclusions de l’analyse et est accompagnée de trois annexes: l’annexe 1 fournit une analyse approfondie des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique et contient des recommandations horizontales adressées à tous les États membres; sur la base des données les plus récentes disponibles, l’annexe 2 met à jour les trajectoires permettant à l’UE d’atteindre dans les délais chaque cible de la décennie numérique et chaque indicateur clé de performance (ICP); l’annexe 3 présente un résumé de l’analyse effectuée pour chaque État membre et contient des recommandations par pays. Tant les recommandations horizontales que les recommandations par pays visent à accélérer les progrès collectifs de l’UE et proposent des adaptations des feuilles de route stratégiques nationales 6 .

2. L’UE s’impose comme l’innovateur mondial en matière de politiques

Au cours des cinq dernières années, l’UE a opéré un tournant stratégique en faveur d’un cadre d’action numérique plus affirmé, en reconnaissant l’urgence de façonner l’espace numérique au moyen d’investissements ciblés et de mécanismes réglementaires solides si nécessaire. Cette approche marque un point de rupture net, poussant l’UE à la pointe de la gouvernance numérique mondiale et de l’innovation en matière de politiques. Grâce à son corpus réglementaire de pointe dans le domaine du numérique, l’UE devrait contribuer, en établissant des conditions de concurrence équitables entre les États membres, à la réalisation future des objectifs et cibles de la décennie numérique.

2023 et 2024 ont été des années décisives pour le rôle de chef de file de l’UE à l’ère numérique et pour son rôle de régulateur mondial plus ambitieux, incitant d’autres régions du monde à agir. Durant son mandat quinquennal de 2019 à 2024, la Commission européenne a remanié le paysage de la politique numérique en proposant et en négociant 23 dossiers législatifs 7 qui ont contribué à renforcer la position de l’UE dans la décennie numérique.

De nouvelles règles à l’échelle de l’UE ont contribué à la réalisation des objectifs de la décennie numérique relatifs à la compétitivité et au développement d’un espace numérique centré sur l’humain, en renforçant la protection des personnes, et ont facilité la croissance des entreprises en approfondissant le marché unique et en façonnant l’économie numérique bien au-delà de ses frontières. Parmi les textes législatifs importants adoptés dans le cadre de ce mandat figure notamment la législation sur l’intelligence artificielle (législation sur l’IA) 8 , la première initiative mondiale réglementant les utilisations spécifiques de l’intelligence artificielle en fonction du niveau de risque potentiel. Cette législation vise à relever les défis sociétaux et à garantir les droits et la sécurité, y compris les considérations éthiques, tout en établissant des exigences efficaces mais légères pour les systèmes d’IA opérant au sein de l’UE. D’autres initiatives telles que le règlement sur la gouvernance des données 9 , le règlement sur les données 10 ou le règlement relatif à l’espace européen des données de santé 11 , le système technique «une fois pour toutes» (OOTS) 12 au titre du règlement sur le portail numérique unique 13 et le règlement pour une Europe interopérable 14 ont jeté les bases de notre économie fondée sur les données. L’UE renforce la protection contre les préjudices en ligne et la désinformation pour un espace numérique plus sûr et plus transparent, en lançant des enquêtes et des demandes d’information en vue de faire appliquer le règlement sur les services numériques 15 . Les grandes plateformes en ligne ont déjà procédé à des changements en vue de se conformer au règlement sur les marchés numériques 16 , en offrant davantage de choix aux utilisateurs de l’UE et en garantissant des marchés numériques équitables et concurrentiels où nos entreprises peuvent se développer. Enfin, au cours de ce mandat, des mesures essentielles ont également été prises afin d’orienter la mise en œuvre des principales composantes législatives du marché unique numérique, telles que le code des communications électroniques européen de 2018 17 , la directive de 2019 sur le droit d’auteur et la directive révisée sur les services de médias audiovisuels 18 .

Les objectifs de la décennie numérique en matière de résilience et de cybersécurité ont également été renforcés grâce à la modernisation des cadres, par exemple en mettant à jour la directive sur la sécurité des réseaux et des systèmes d’information (directive SRI 2) 19 et en adoptant le règlement sur la cybersolidarité 20 et le règlement sur la cyberrésilience 21 . Grâce au règlement relatif à une identité numérique européenne 22 , l’UE facilite l’accès à des services en ligne de confiance et leur utilisation au moyen du portefeuille européen d’identité numérique. L’UE a favorisé le développement économique et social en accélérant le déploiement de réseaux à haut débit grâce au règlement sur les infrastructures gigabit 23 . L’UE renforce la sécurité énergétique européenne en adoptant le code de réseau sur la cybersécurité pour les flux transfrontaliers d’électricité.

Après cette vague d’efforts considérables en matière de réglementation, l’UE devra à présent mener à bien la mise en œuvre et l’application de la législation, avec davantage de cohérence et de meilleures synergies entre les autorités de régulation afin de régir efficacement les politiques numériques de l’UE. Cet aspect sera essentiel pour trouver un équilibre entre innovation et charge réglementaire et contribuer à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique de l’UE.

3. Un renforcement de la base industrielle numérique de l’UE qui accélère les progrès de la décennie numérique

Au cours des cinq dernières années, l’innovation numérique et la politique industrielle ont considérablement progressé, ce qui a favorisé un écosystème européen unique et dynamique. Cet écosystème, fondé sur la connectivité, les nœuds périphériques, le calcul à haute performance (HPC), l’informatique quantique, les puces électroniques et les start-up, soutient la transition écologique et la transformation numérique de l’UE, renforçant ainsi sa compétitivité. Il est essentiel d’intensifier la primauté technologique de l’UE si l’on veut accélérer ses progrès en vue de la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

Comme indiqué dans le t able au 1 , avec un effort financier estimé à 205 milliards d’EUR ces dernières années à l’échelle internationale, l’UE a pleinement exploité sa capacité de financement en vue de soutenir la décennie numérique. La transformation numérique, qui est l’une des principales priorités stratégiques de la Commission pour améliorer la prospérité, la reprise économique et la résilience de l’UE, bénéficie d’un soutien coordonné substantiel des fonds de l’UE dans tous les domaines. Un premier bilan a montré que 131,9 milliards d’EUR des budgets de l’UE pour 2021 et 2022 (y compris NextGenerationEU) ont été alloués à la transition numérique, soit près de 17,4 % du budget total de l’UE 24 . En particulier, les plans pour la reprise et la résilience, qui combinent des investissements et des réformes d’une valeur de 651,7 milliards d’EUR 25 , constituent une source essentielle de financement de la transformation numérique au niveau national pour de nombreux États membres et complètent les projets européens stratégiques à grande échelle financés au titre du programme pour une Europe numérique (DIGITAL), d’Horizon Europe et du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE).

Tableau 1. Budget pertinent de l’UE pour les cibles de la décennie numérique (CFP 2021-2027, y compris FRR 2020-2026, en millions d’EUR) 26   27

Fonds

Total

FRR 
(2020-2026) 28

Cohésion  
(2021-2027) 29

DIGITAL 
(2021-2027)

Horizon 
(2021-2024)

Volet numérique

du MIE 
(2021-2027)

Financement total

957 422

651 670

260 896

7 948

35 199

1 709

Financement numérique

204 583

150 037

31 063

7 948

13 826

1 709

Financement numérique (en %)

21 %

23 %

12 %

100 %

39 %

100 %

Financement des objectifs généraux de la décennie numérique

27 488

14 129

4 392

1 275

7 320

373

Financement des cibles de la décennie numérique

Budget cible total

177 096

135 909

26 672

6 673

6 506

1 336

Compétences numériques élémentaires

15 405

14 294

950

128

34

0

Spécialistes des TIC*

10 881

9 506

633

661

73

8

Réseaux en gigabits

14 003

11 628

2 164

4

0

206

5G*

3 362

1 967

115

4

396

879

Semi-conducteurs*

18 200

14 801

0

1 396

2 004

0

Nœuds périphériques*

609

0

0

220

355

35

Informatique quantique*

1 918

866

0

293

669

90

Informatique en nuage*

8 373

6 019

1 584

370

337

63

Analyse de données*

7 552

4 718

1 584

546

678

26

Intelligence artificielle*

9 386

5 278

1 584

1 227

1 266

30

Adoption tardive des technologies numériques*

19 885

14 154

4 753

674

304

0

Licornes

19 257

14 158

4 753

159

187

0

Fourniture en ligne de services publics essentiels

32 343

24 449

7 271

616

6

0

Santé en ligne

15 233

13 604

1 280

163

187

0

Identification électronique

688

466

0

212

9

0

Plus précisément, la facilité pour la reprise et la résilience représente une source sans précédent de financement de la transformation numérique dans les États membres, et, dans bon nombre de cas, la principale source de financement. Malgré des révisions majeures des plans, y compris l’intégration de REPowerEU afin de relever de nouveaux défis, le budget total de la FRR consacré aux réformes et aux investissements numériques avait augmenté début 2024 pour atteindre environ 150 milliards d’EUR, soit 26 % du financement total de la FRR 30 .

La FRR a déjà eu une incidence significative sur la décennie numérique à tous les niveaux. Une part importante du financement de la FRR contribue directement aux objectifs et cibles de la décennie numérique, notamment en aidant les gouvernements et les organismes publics à numériser leurs services et leurs secteurs clés tels que les systèmes de santé, ainsi qu’en soutenant la numérisation des entreprises et l’amélioration des compétences numériques (voir tableau ci-dessus). Pour ne citer que quelques exemples, à ce jour, 14,7 millions de logements supplémentaires ont été équipés d’un accès à l’internet à très haute capacité via des réseaux à très haute capacité, 728 475 entreprises (principalement des PME) ont bénéficié d’un soutien afin de développer des produits, des services et des processus numériques et 2,1 millions de personnes ont participé à des activités d’éducation ou de formation axées sur les compétences numériques 31 .

Doté d’un budget de 1,7 milliard d’EUR, le volet numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE 2) soutient les investissements dans des projets d’infrastructure numérique européens essentiels contribuant à la réalisation des objectifs de la décennie numérique relatifs à des infrastructures plus résilientes et souveraines.

Le MIE 2 a eu une incidence importante sur les objectifs de la décennie numérique en matière de connectivité, de résilience et de souveraineté: à ce jour, 158 projets ont été attribués, y compris dans les régions ultrapériphériques de l’UE 32 . Des projets d’importance stratégique ont bénéficié d’un financement au titre du MIE, notamment des tronçons transfrontaliers des corridors 5G 33 , des câbles sous-marins 34 , des systèmes fondés sur la 5G permettant de se servir de cas d’utilisation comme de moteurs socio-économiques en amont via des communautés intelligentes 5G dans les administrations publiques, les centres de soins de santé, les écoles et d’autres établissements d’éducation et de formation ainsi que des connexions pour infrastructures de communication quantique.

Doté d’un budget de 40,5 millions d’EUR, le volet numérique du MIE cofinance un câble sous-marin intelligent à 6 fibres entre le Portugal continental, les Açores et Madère, garantissant ainsi la connexion des deux îles pour les 30 prochaines années et permettant la collecte de données en matière de détection sismique, de surveillance de l’environnement, de détection des activités nautiques sous-marines et de transmission de données à des fins scientifiques, avec une incidence locale, régionale, nationale et mondiale. Avec plus de 29 millions d’EUR, le MIE 2 finance également l’ajout d’une nouvelle branche de 2 145 km au projet phare européen EllaLink reliant le Portugal au Brésil afin de l’étendre à la Guyane française. Cette branche permettra non seulement de relier directement cette région ultrapériphérique de l’UE à l’Europe continentale, sans dépendance vis-à-vis d’un pays tiers, mais aussi de jeter les bases de l’extension du câble au territoire européen des Caraïbes. Parmi les autres projets ayant une incidence importante, citons le financement, à hauteur de 29 millions d’EUR, du premier câble reliant directement l’Irlande à la partie continentale de l’UE (plus précisément la France, avec de futures extensions au Portugal et à l’Espagne).

Le MIE 2 assure également le développement des corridors 5G, en allouant près de 6 millions d’EUR au financement du déploiement et de la modernisation de la 5G RAN, de la 5G Core et des éléments de transport le long des autoroutes grecques (GR) et bulgares (BG) du corridor du RTE-T «Orient/Méditerranée orientale». Il fournit également un financement de plus de 6,3 millions d’EUR couvrant le tronçon d’autoroute de Frisange (Luxembourg) à Sarrebruck (Allemagne) au point de passage frontalier situé à proximité de Schengen, qui comprendra également des essais de mobilité connectée et automatisée par un grand constructeur automobile de l’UE.

Doté d’un budget de 7,9 milliards d’EUR, le programme pour une Europe numérique est le principal programme destiné à financer des investissements stratégiques visant à créer des écosystèmes numériques, garantissant ainsi l’autonomie numérique de l’UE et sa compétitivité à l’échelle mondiale. Ce programme a déjà obtenu plusieurs résultats importants en ce qui concerne le déploiement de nouvelles solutions numériques innovantes, de capacités et de services connexes. L’entreprise commune EuroHPC a notamment attribué le marché relatif à JUPITER, le premier système européen disposant de capacités exaflopiques, c’est-à-dire la capacité d’exécuter plus d’un milliard d’opérations par seconde. Des initiatives en matière d’espace des données 35 dans des secteurs clés sont en cours de mise en place, les plus récentes étant l’initiative européenne en matière d’imagerie sur le cancer et l’infrastructure européenne de données génomique. Le programme pour une Europe numérique a financé de nombreuses installations d’essai et d’expérimentation.

Le programme pour une Europe numérique a joué un rôle essentiel en permettant à l’UE de progresser dans la réalisation de ses objectifs et cibles en matière d’infrastructures (notamment en ce qui concerne le HPC, l’informatique quantique, la cybersécurité, les semi-conducteurs, l’IA et les services d’administration en ligne) et le financement d’activités de coopération telles que les consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) et les pôles européens d’innovation numérique (EDIH). Opérationnels depuis 2023, les EDIH sont issus du programme pour une Europe numérique et visent à accompagner les PME, les entreprises de taille intermédiaire et les organisations du secteur public dans leur transformation numérique. Ils offrent toute une gamme de services à leurs clients, dont des évaluations de la maturité numérique, des plateformes de test avant investissement, des services d’aide à l’investissement, des formations, des activités de mise en réseau, etc. La force du réseau réside dans sa très grande portée. Il comprend aujourd’hui plus de 200 pôles, présents dans 90 % des régions européennes et couvrant 100 % de l’UE, qui réunissent des entités publiques et privées, y compris des organismes de recherche, des universités, des associations professionnelles, des agences de développement régional et des entreprises du secteur privé. Le programme DIGITAL contribue à créer des administrations publiques plus connectées dans un cadre transfrontière, par exemple en connectant les registres du commerce des États membres, y compris avec d’autres systèmes au niveau de l’UE 36 . Il soutient également la réduction de la fracture numérique entre les régions et a financé divers pôles dans les régions ultrapériphériques de l’UE 37 ..

Horizon Europe devrait consacrer 35 % de son budget de 95 milliards d’EUR à la transition numérique sur l’ensemble de la période 2021-2027 38 , avec l’obligation légale d’affecter au moins 13 milliards d’EUR aux technologies numériques de base (à des fins générales) 39 .

Horizon Europe a aidé l’UE à jouer un rôle de chef de file dans plusieurs domaines qui sous-tendent la vision et les cibles de la décennie numérique. Avec le pôle «Numérique, industrie et espace», il soutient la recherche et l’innovation de pointe dans les technologies génériques, telles que l’IA et la robotique, l’internet de nouvelle génération, la microélectronique, l’internet des objets et l’informatique en nuage, le calcul à haute performance et l’analyse de données, la 6G, la réalité augmentée, l’informatique quantique et d’autres technologies émergentes, ainsi que plusieurs partenariats européens 40 .

Le programme InvestEU renforce considérablement les investissements dans les infrastructures et technologies numériques, y compris dans les contenus et les compétences médiatiques.

10 % du total des opérations d’investissement et de financement déjà approuvées contribuent à la réalisation des objectifs de transformation de la décennie numérique. 5,24 milliards d’EUR sont destinés à soutenir la numérisation et à mobiliser jusqu’à 74 milliards d’EUR d’investissements publics et privés. Ce financement permettra à 1 420 000 ménages, entreprises ou bâtiments publics supplémentaires d’accéder aux réseaux VHCN et créera un nombre important de points d’accès Wi-Fi.

Enfin, l’instrument d’appui technique 41 fournit, à la demande, une expertise technique sur mesure pour concevoir et mettre en œuvre des réformes structurelles dans les États membres de l’UE, avec un budget de 864 millions d’EUR.

L’instrument d’appui technique contribue à renforcer la capacité des États membres à participer à la décennie numérique. Il soutient plus de 240 projets directement liés à l’économie numérique, concernant notamment la gouvernance de la transformation numérique, l’IA, la réingénierie des processus d’affaires, la prise de décision fondée sur les données et le développement des compétences numériques. En 2023, plus de la moitié des projets étaient liés (directement ou indirectement) aux efforts visant à soutenir la mise en œuvre de la FRR par les États membres. L’initiative phare «AI-ready public administration» (Préparer l’administration publique à l’IA) 42 a particulièrement soutenu le déploiement de l’IA dans l’administration publique. L’appel lancé cette année comprend une priorité spécifique visant à renforcer les capacités des administrations publiques à participer à la décennie numérique de l’Europe 43 . Son but est de renforcer leur capacité à mettre efficacement en œuvre la législation de l’UE dans le domaine numérique et à atteindre les objectifs liés à la numérisation des services publics.

L’UE a également commencé à réduire ses dépendances stratégiques dans des secteurs critiques grâce à des initiatives majeures adoptées au cours de ce mandat. Le règlement sur les semi-conducteurs a déclenché une vague de nouveaux investissements dans la fabrication de semi-conducteurs en Europe. Les projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) de l’UE progressent, avec l’approbation récente notable du deuxième PIIEC sur la microélectronique et les technologies de la communication et du PIIEC sur les infrastructures et services d’informatique en nuage de nouvelle génération. Plusieurs alliances industrielles ont été lancées dans les domaines des batteries, des données, de l’informatique en périphérie et de l’informatique en nuage, des processeurs et des technologies des semi-conducteurs, ainsi que des cybertechnologies 44 . Grâce aux investissements réalisés par l’UE ces dernières années, l’Europe est devenue un fer de lance dans le domaine du calcul à haute performance, avec trois des 10 supercalculateurs les plus puissants au monde 45 . En janvier 2024, l’UE a adopté le train de mesures sur l’innovation en matière d’IA afin de soutenir les start-up et les PME actives dans le domaine de l’IA 46 . Ces initiatives sont soutenues par des investissements considérables dans le développement de compétences numériques avancées dans des domaines numériques stratégiques clés.

Avec la stratégie en matière de sécurité économique 47 adoptée en juin 2023, la Commission coordonne les évaluations de quatre catégories de risques: 1) les risques pour la résilience des chaînes d’approvisionnement; 2) les risques pour la sécurité physique et informatique des infrastructures critiques; 3) les risques pour la sécurité technologique et les fuites de technologies ayant une influence sur la sécurité; et 4) les risques d’instrumentalisation des dépendances économiques ou de la coercition économique. Ces évaluations permettent à l’UE de comprendre les risques nouveaux, émergents et changeants dans ce contexte géopolitique difficile et de trouver des moyens de les atténuer, en prenant des mesures visant à promouvoir la compétitivité de l’UE et à protéger la sécurité de son économie, notamment en constituant des partenariats avec le plus large éventail possible de partenaires. En particulier, l’adoption de la stratégie a donné le coup d’envoi des évaluations des risques visant à évaluer les risques pour la sécurité technologique et les fuites de technologies dans quatre domaines technologiques jugés extrêmement critiques pour l’UE (sur les 10 domaines recensés dans la recommandation de la Commission du 3 octobre) 48 , à savoir les technologies avancées des semi-conducteurs, les technologies quantiques, les technologies d’IA et les biotechnologies.

Afin de renforcer davantage la souveraineté stratégique de l’UE et de favoriser sa primauté technologique, la Commission a proposé, en juin 2023, de créer la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP), un instrument visant à développer des technologies émergentes critiques qui présentent un intérêt pour les transitions écologique et numérique ainsi que pour la souveraineté stratégique de l’UE. Cette plateforme vise à stimuler la capacité de production dans le domaine des technologies numériques et de l’innovation «deep tech», des technologies propres et économes en ressources et des biotechnologies, à renforcer les chaînes de valeur et à remédier aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences dans ces secteurs.

Dernier point, mais non des moindres: les efforts concrets de coopération progressent rapidement en vue de développer des projets à grande échelle qu’un seul État membre ne peut gérer seul. À la fin du mois de mai 2024, trois consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) avaient été créés: l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage», l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins Towards the CitiVERSE» et l’EDIC dénommé «partenariat européen des chaînes de blocs et infrastructure européenne de la chaîne de blocs» (EUROPEUM-EDIC). Huit autres consortiums sont en préparation et quelques initiatives supplémentaires sont à l’étude 49 .

Comme le montre le présent chapitre, des investissements conjoints et coordonnés dans les technologies numériques sont essentiels pour accélérer les progrès dans la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique, stimulant ainsi l’innovation et la croissance économique, en particulier à une époque où la transformation numérique est en train de redéfinir les industries et les sociétés. Les investissements publics, lorsqu’ils sont combinés aux efforts du secteur privé, créent un effet synergique qui accélère les progrès technologiques et élargit leur incidence. Pour que l’Union européenne reste compétitive sur la scène mondiale, il est impératif que les priorités en matière de financement demeurent résolument axées sur l’objectif de continuer de mettre à profit l’effet de levier des investissements publics et privés afin d’améliorer les infrastructures numériques, de favoriser les compétences numériques et de soutenir l’innovation numérique dans tous les secteurs. En donnant la priorité aux investissements numériques, l’UE peut consolider son rôle de chef de file à l’ère numérique, en garantissant une croissance durable et une économie solide et à l’épreuve du temps.

4. État d’avancement de la décennie numérique: progrès accomplis en 2024

4.1 Un signal d’alarme

Malgré les initiatives importantes entreprises au niveau de l’UE, l’analyse détaillée de l’état d’avancement des objectifs et cibles présentée aux annexes 1 et 3 50 fait apparaître deux problèmes majeurs: les progrès insuffisants accomplis dans la réalisation des objectifs et cibles et la fragmentation importante entre les États membres. Ces faiblesses mettent en évidence la nécessité pour les États membres d’intensifier leurs efforts en vue d’assurer le contrôle de l’UE sur son avenir. 

4.1.1. Progrès accomplis sur la voie d’une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Tout d’abord, l’analyse 2024 de la progression des objectifs et cibles confirme les conclusions du rapport de 2023 et souligne la nécessité de continuer à œuvrer au maintien d’une position de chef de file dans le domaine des technologies numériques: celle-ci est essentielle pour la prospérité future de l’UE, car elle pourrait dégager une valeur économique de plus de 3 400 milliards d’EUR, ce qui représente 21 % de l’économie actuelle de l’UE et contribuerait grandement à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique 51 .

Le potentiel du marché unique (numérique) n’est toujours pas pleinement exploité: les échanges intra-UE de services ne représentent que 8 % du PIB, ce qui contraste fortement avec les échanges de biens, qui dépassent les 25 %. Il est essentiel de tirer parti du marché unique afin de remédier aux déséquilibres majeurs dans la production de services numériques. Actuellement, 80 % des technologies et services nécessaires à la transformation numérique de l’Europe sont conçus et fabriqués dans des pays tiers 52 et ces 10 dernières années, les plateformes européennes ont peiné à capter plus de 5 % de la valeur du marché mondial. Plus généralement, les entreprises européennes sont peu présentes parmi les grandes entreprises mondiales du secteur des TIC, puisque seules trois d’entre elles figurent parmi les 50 plus grandes entreprises du secteur des TIC par capitalisation boursière 53 .

En suivant les progrès accomplis par rapport aux objectifs fixés sur la base des données de 2023, le rapport met en évidence le bon positionnement de l’UE en ce qui concerne le HCP et l’informatique quantique, ainsi que les progrès limités accomplis au niveau de la couverture en connectivité, en particulier sur le plan de la qualité. Seuls 64 % des ménages ont accès à la fibre et le taux de progression (13,5 %) est bien inférieur à ce qui est nécessaire pour atteindre la cible «connectivité gigabit» d’ici à 2030. En outre, le taux d’adoption des connexions en gigabits est extrêmement faible (à peine 18,5 %). La couverture de la 5G de haute qualité ne s’étend qu’à 50 % du territoire de l’UE (sur la base de la principale bande pionnière), la grande majorité du déploiement de la 5G n’étant pas autonome. Les investissements nécessaires pour atteindre les objectifs de connectivité restent considérables puisqu’ils s’élèvent à 200 milliards d’EUR. En outre, le déploiement d’environ 1 186 nœuds périphériques est insuffisant et ces nœuds sont principalement utilisés à des fins d’essais et de recherche, au lieu d’être pleinement opérationnels et disponibles à des fins d’utilisation générale.

Dans l’industrie des semi-conducteurs, les recettes de l’UE ont diminué de 3 % entre 2022 et 2023 (passant de 90 milliards d’EUR à 87 milliards d’EUR), tandis que les recettes mondiales ont diminué de 14 % (passant de 918 milliards d’EUR à 791 milliards d’EUR), ce qui montre toutefois que le marché de l'UE est relativement plus résilient .

Dans le domaine des technologies quantiques, le premier jalon de la cible de la décennie numérique – à savoir disposer du premier ordinateur à accélération quantique d’ici à 2025 – devrait être atteint cette année. Toutefois, le niveau des investissements privés reste faible, puisqu’ils ne représentent que 5 % du financement total.

Avec des progrès annuels limités, l’adoption des technologies numériques par les entreprises reste un défi majeur. L’adoption de l’informatique en nuage n’a augmenté que de 7 %, ce qui est inférieur aux 9 % nécessaires pour atteindre la cible. Il n’y a pas eu d’amélioration notable en ce qui concerne l’adoption de l’IA, et seulement 32 % des entreprises européennes ont adopté l’analyse de données. La numérisation des PME progresse également de manière trop lente et inégale dans l’ensemble de l’UE, avec une augmentation annuelle de seulement 2,5 %, soit la moitié du taux de croissance nécessaire pour atteindre la cible. L’écosystème des start-up, malgré certains progrès (croissance de 5,6 % du nombre de licornes) reste sous-développé. L’UE ne compte que 263 licornes (13 % du total), contre 387 en Chine et 1 539 aux États-Unis, en partie en raison d’un manque de capitaux privés.

4.1.2. Progrès sur la voie de la protection et de l’autonomisation des citoyens et de la société de l’UE

Principales conclusions du rapport Eurobaromètre 2024 54 : 

– trois Européens sur quatre considèrent que la numérisation des services quotidiens leur facilite la vie;

– 46 % des citoyens européens pensent que l’utilisation abusive des données à caractère personnel est l’un des problèmes en ligne qui a le plus de conséquences personnelles pour eux et 45 % pensent la même chose des fausses informations et de la désinformation, tandis que le retrait non justifié de contenus et l’absence de transparence des pratiques de modération des contenus sont les deux problèmes les moins mentionnés.

– 82 % des répondants estiment qu’il est important que les pouvoirs publics veillent à ce que les entreprises européennes puissent se développer et devenir des champions européens capables d’affronter la concurrence mondiale, tandis que 86 % pensent également qu’il importe d’accroître la recherche et l’innovation pour des technologies numériques plus sûres et plus robustes;

– 9 Européens sur 10 estiment qu’il est important que les pouvoirs publics fournissent un soutien humain adéquat pour aider les individus à naviguer dans la transformation numérique et les services numériques;

 la protection insuffisante des mineurs sur les plateformes en ligne constitue l’une des préoccupations les plus importantes pour un tiers des répondants, soit une augmentation de 10 points de pourcentage par rapport à l’année dernière;

– une majorité croissante d’Européens sont conscients que les droits dont ils jouissent hors ligne devraient également être respectés en ligne (62 %), mais moins de la moitié d’entre eux (45 %) estiment que leurs droits numériques sont dûment protégés.

Si l’importance de la transformation numérique s’impose progressivement parmi les citoyens européens, ces derniers sont de plus en plus sensibles aux effets de son évolution rapide sur leurs vies. Pour que la transformation numérique soit un succès, il est essentiel de maintenir l’engagement et le soutien des citoyens. Selon 88 % des citoyens de l’UE, les pouvoirs publics devraient apporter un soutien adéquat pour les aider à gérer les conséquences de la transformation numérique sur leurs vies. Il convient, dans ce contexte, d’intensifier la promotion et la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques 55 , qui vise à fournir aux citoyens un point de référence clair sur le type de transformation numérique souhaité par l’UE.

Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les cibles fixées pour 2030 en matière de compétences numériques: seule 55,6 % de la population de l’UE possède au moins des compétences numériques de base et, au rythme actuel, le nombre de spécialistes des TIC atteindra seulement 12 millions d’ici à 2030, soit un niveau nettement inférieur à la cible de 20 millions, dans un contexte de concurrence croissante pour les talents dotés de compétences numériques. Les progrès annuels accomplis en 2023 sont alarmants et insuffisants, puisqu’ils sont de 2,5 à 3 fois inférieurs au rythme nécessaire pour atteindre les cibles fixées d’ici à 2030.

La disponibilité des schémas d’identification électronique et des services publics numériques et l’accès aux dossiers de santé en ligne s’améliorent, mais des différences importantes subsistent entre les pays, qui présentent des taux variables d’adoption de l’identification électronique. Il existe d’importantes lacunes en ce qui concerne la fourniture de services publics numériques entièrement centrés sur l’utilisateur, accessibles 56 et souverains.

Les risques en ligne sont en hausse et la désinformation a été définie comme l’un des plus grands facteurs de déstabilisation pour nos sociétés, ce qui nécessite une action globale et coordonnée de tous les acteurs par-delà les frontières. Le paysage de la cybersécurité de l’UE continue d’être fortement touché par les événements géopolitiques, avec une augmentation des cyberattaques: l’ENISA a enregistré plus de 2 500 cyberincidents entre juillet 2022 et juin 2023, dont 220 ciblaient spécifiquement deux pays de l’UE ou plus 57 . En 2023, 33,5 % des personnes interrogées dans l’UE 58 ont déclaré avoir été confrontées à des messages hostiles ou dégradants en ligne, ciblant des groupes spécifiques en raison de leurs opinions politiques et sociales, de leur race ou origine ethnique ou de leur orientation sexuelle, ce qui souligne la prévalence des discours haineux en ligne. En outre, l’augmentation de 10 points de pourcentage du soutien du public à une meilleure protection des enfants en ligne met en évidence l’importance croissante accordée à la protection des enfants dans l’espace numérique. Le temps considérable que les enfants passent en ligne combiné aux techniques numériques sophistiquées et invasives utilisées par les annonceurs pose de nouvelles difficultés importantes pour la protection des enfants dans l’espace en ligne, y compris les risques pour leur santé mentale ou les risques d’abus d’aliments néfastes pour la santé, de tabac ou d’alcool. En outre, la dimension sanitaire de la numérisation a récemment attiré l’attention en raison des effets négatifs que la conception de certaines interfaces en ligne peut avoir sur la santé en général, et sur la santé mentale en particulier.

L’un des principaux défis auxquels est confrontée la transformation numérique de l’UE, tel qu’il ressort du suivi des objectifs et cibles de la décennie numérique, est la diffusion limitée des technologies numériques au-delà des grandes villes, liée à l’aggravation des fractures numériques et à la lenteur de la numérisation des entreprises, en particulier des PME. La convergence accuse toujours du retard, car les grands bassins de population concentrent souvent les investissements, le capital humain et les infrastructures numériques, tandis que les petites villes et les zones reculées et rurales peinent à stimuler l’activité économique et à faire face aux défis démographiques. Le succès de la décennie numérique ne sera donc pas possible sans mettre davantage l’accent sur l’inclusion et la participation de tous les acteurs à tous les niveaux, y compris des régions et des villes. À cette fin, le programme d’action pour la décennie numérique fournit un cadre de coopération entre les acteurs offrant de nouvelles possibilités de collaboration.

4.1.3 Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Le secteur numérique représente actuellement entre 7 et 9 % de la consommation mondiale d’électricité, un chiffre qui devrait passer à 13 % d’ici à 2030 en raison de la demande croissante de services internet et d’IA au niveau mondial. Les efforts visant à réduire la consommation d’énergie des services numériques seront essentiels, en mettant l’accent sur les semi-conducteurs à haut rendement énergétique et les nœuds périphériques neutres pour le climat. Malgré son importance pour la réalisation d’une économie circulaire, le recyclage des appareils numériques reste limité, seuls 10,4 % des personnes déclarant avoir recyclé leurs téléphones portables/smartphones, tandis que respectivement 9,7 % et 12,8 % des personnes ont indiqué avoir recyclé leurs ordinateurs portables/tablettes et leurs ordinateurs de bureau.

Le rôle croissant que jouent la transformation numérique et l’adoption des technologies dans la réduction de l’empreinte environnementale des TIC, en stimulant les gains de productivité et d’efficacité pour les entreprises et en permettant des avancées dans les domaines de l’énergie, des technologies «zéro net» et des technologies propres, devient de plus en plus évident. Ce secteur pourrait effectivement permettre de réduire entre 15 et 20 % des émissions totales de gaz à effet de serre avant 2030, et ce dans l’ensemble de l’économie. L’élaboration et la mise en œuvre d’une méthode scientifique de mesure de l’incidence environnementale nette des solutions numériques, facilitées par la coalition européenne pour le numérique vert, ont constitué une avancée importante en 2023.

Enfin, la FRR contribue à soutenir la double transition écologique et numérique, y compris la mobilité intelligente et les systèmes énergétiques intelligents (tels que les réseaux intelligents et les systèmes TIC).

4.2 Les feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique et leur rôle dans la réalisation de l’ambition de l’UE

Comme indiqué précédemment, pour la première fois, l’analyse des progrès accomplis par l’UE sur la voie de la décennie numérique a pu compter sur une analyse des ambitions nationales combinées décrites dans les feuilles de route nationales 59 de tous les États membres. Cet ensemble initial de feuilles de route nationales constitue un bon point de départ démontrant l’existence d’un effort conjoint des États membres en vue de contribuer à la décennie numérique. 

Dans leurs feuilles de route nationales, les États membres proposent 1 623 mesures visant à atteindre les objectifs et cibles de la décennie numérique, à hauteur de 251,9 milliards d’EUR d’investissements (dont 168 milliards d’EUR provenant du budget public, soit 1 % du PIB de l’UE). Les mesures proposées sont principalement axées sur les semi-conducteurs (budget public: 40 milliards d’EUR, soit 24 %), la connectivité (29 milliards d’EUR, soit 17 %) et les compétences numériques de base (25 milliards d’EUR, soit 15 %). Si les références faites aux objectifs généraux dans les feuilles de route nationales sont moins développées que les cibles spécifiques, elles comprennent tout de même 414 mesures portant sur la compétitivité (budget public de 56,8 milliards d’EUR), la primauté technologique (22,3 milliards d’EUR) et la cybersécurité (5,9 milliards d’EUR).

Les feuilles de route contiennent également des cibles nationales correspondant aux cibles et aux ambitions de la décennie numérique, comme illustré dans la figure 3 ci-dessous. Toutefois, seules 70 % des cibles escomptées étaient incluses dans les feuilles de route nationales, 52 % des cibles étant alignées sur celles définies au niveau de l’UE. Le niveau d’ambition des États membres n’est comparable à celui de la décennie numérique de l’UE que dans le cas des compétences numériques de base, de la VHCN 60 , de la 5G de base 61 et de l’indice d’intensité numérique, alors qu’il est beaucoup plus bas pour la FTTP, les spécialistes des TIC, l’analyse de données, l’informatique en nuage et l’IA.

Figure 3. Cibles nationales pour 2030 par rapport aux cibles de l’UE

Une analyse de l’effort collectif effectuée en comparant les feuilles de route à la réalisation des cibles (voir tableau 2) montre que, dans le scénario actuel, les efforts collectifs des États membres sont en deçà du niveau d’ambition de l’UE pour au moins huit des 12 ICP.

Tableau 2. Regroupement des engagements figurant dans les feuilles de route nationales

ICP

Compétences numériques élémentaires

Spécialistes des TIC

VHCN

FTTP

5G 62

Nuage

Analyse de données

IA 63

DII

Services publics numériques

Santé en ligne

Citoyens

Entreprises

% de réalisation de la cible de l’UE 

98 %

62 %

97 %

69 %

94 %

63 %

51 %

48 %

95 %

77 %

77 %

76 %

Une évaluation plus approfondie 64 montre que des améliorations et adaptations substantielles des feuilles de route nationales sont nécessaires afin de les aligner sur l’ambition et les critères de référence du programme d’action pour la décennie numérique, conformément aux orientations publiées par la Commission en 2023 65 . En particulier, toutes les cibles devraient être couvertes par des cibles et trajectoires nationales reflétant le niveau d’ambition de l’UE, tel que défini par les colégislateurs, et devraient être traduites en mesures plus ambitieuses, tenant compte des considérations budgétaires. Afin de garantir des progrès plus durables dans la réalisation de ces cibles, les États membres devraient également présenter une analyse d’impact de ces mesures. Il convient d’accorder une plus grande attention aux difficultés auxquelles chaque État membre est confronté et aux objectifs généraux (à savoir l’espace numérique centré sur l’humain, la compétitivité, l’équité, la résilience, la souveraineté, l’inclusion, la durabilité et le verdissement et la cohérence de l’action) liés à la déclaration européenne sur les droits et principes numériques 66 . Ces objectifs mettent également l’accent sur la promotion de la diversité culturelle et linguistique. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration montre en effet qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national pourrait également contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 67 . Cela garantira la cohérence et l’efficacité de l’action collective. Enfin, la consultation des parties prenantes constitue un élément clé de la décennie numérique, et devrait être réalisée et dûment prise en considération dans les feuilles de route nationales.

4.3 Recommandations sur la voie à suivre

Toutes les avancées réalisées par l’UE, soutenues par une action politique énergique, commencent déjà à donner des résultats significatifs en ce qui concerne la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique, avec des effets concrets sur la couverture en connectivité de base, les semi-conducteurs et les superordinateurs, comme souligné plus en détail dans l’annexe 1.

Toutefois, compte tenu des progrès limités accomplis en 2023 et des besoins importants recensés dans le cadre du suivi de la décennie numérique dans la plupart des domaines, il reste absolument nécessaire d’agir et d’investir aux niveaux national et de l’UE en ce qui concerne notamment les compétences numériques, les experts des TIC, la connectivité de haute qualité, la diffusion de l’IA et l’analyse de données et les écosystèmes de start-up, tandis que les efforts dans le domaine des semi-conducteurs devraient être poursuivis. Parmi tous les domaines critiques, la promotion de réseaux de connectivité et d’informatique collaboratives 68 nécessitera au moins 280 milliards d’EUR d’investissements d’ici à 2030 69 .

Compte tenu de cette analyse complète, les annexes 1 et 3 du présent rapport formulent des recommandations concrètes aux États membres sur la voie à suivre, en abordant toutes les possibilités d’action envisageables: mobiliser des investissements, parachever le marché unique, diffuser des technologies et encourager la coopération entre États membres. En résumé, les recommandations s’articulent autour des grands piliers suivants.

Premièrement, afin d’assurer la mise en œuvre et l’exécution rapides des cadres réglementaires établis pour stimuler la transformation numérique (y compris le règlement sur les services numériques, le règlement sur les marchés numériques, le règlement sur l’IA, le règlement sur l’identité numérique européenne, l’OOTS, les législations sur la cybersécurité et sur les données et la boîte à outils de l’UE pour la cybersécurité de la 5G), l’UE et ses États membres devraient s’engager à renforcer la coordination et la cohésion dans tous les domaines, à intensifier les synergies entre les entités de gouvernance et les programmes de financement et à réduire davantage la charge administrative inutile.

En particulier, la réduction de la charge administrative, au niveau tant de la mise en œuvre que de l’application des actes législatifs existants, suppose d’encourager les synergies, d’éviter les doubles emplois et d’adopter une approche coordonnée de la gestion des structures de gouvernance existantes, en veillant à la cohérence entre la politique numérique et la politique de cybersécurité. Dans ce contexte, le comité pour la décennie numérique peut servir de point central pour les États membres, grâce à son large mandat couvrant divers aspects de la transformation numérique, tels que la gouvernance, les obligations de déclaration et les projets multinationaux. En s’appuyant sur ce comité, il sera possible de rationaliser et d’harmoniser davantage les efforts entre les différentes entités, dans les différents États membres, ce qui aura pour effet, en définitive, d’adopter l’approche «pangouvernementale» sous-tendant la décennie numérique. Une telle approche peut permettre d’éliminer les barrières entre les organismes publics et de garantir ainsi un échange de données et d’informations harmonieux entre leurs systèmes. Elle peut également favoriser la collaboration en matière de cartographie des obligations de déclaration, de consolidation ou de codification du cadre juridique numérique, ce qui permettra à terme de rationaliser les processus pour les entreprises et les citoyens. 

Deuxièmement, les États membres devraient intensifier leurs efforts visant à accroître leur compétitivité, notamment en ce qui concerne la productivité, la résilience, le verdissement et la souveraineté. Cela nécessite des mesures et des investissements accrus, ainsi qu’un changement radical dans la manière de supprimer les obstacles au marché unique. L’UE devrait être prête à garantir la disponibilité de réseaux de connectivité et d’informatique collaboratives fiables, rapides et sûrs dans l’ensemble de l’UE, en favorisant la numérisation tant des entreprises que des services publics, dans l’intérêt des utilisateurs nationaux et transfrontières. L’UE devrait également se doter d’un cadre plus cohérent et stratégique en matière d’investissement, de gouvernance et de renforcement des capacités, en vue d’assurer le développement efficace et inclusif des compétences et des talents à l’ère numérique, notamment grâce à une adaptation rapide des systèmes d’éducation et de formation de l’UE.

Une mobilisation significative de nouveaux investissements publics et privés sera essentielle pour favoriser la recherche, l’innovation et le développement des infrastructures numériques. Ces investissements sont également primordiaux pour réduire la fracture numérique entre les régions. Il s’agit notamment de cultiver des écosystèmes de start-up, de créer des logiciels et des puces répondant aux normes de durabilité et de sécurité et de tirer parti des synergies entre les industries civile et de la défense. Il est également essentiel de progresser sur la voie d’une véritable union des marchés des capitaux afin de stimuler la croissance et l’innovation.

Le rapport souligne également la nécessité d’étendre la portée des interventions des pouvoirs publics, en particulier dans le domaine des marchés publics. Cela contribuera à accélérer le développement de la base des industries et des services numériques de l’UE, y compris pour les technologies et services souverains dans les secteurs de l’IA et de l’informatique en nuage.

Troisièmement, il existe encore de nombreuses possibilités inexploitées de favoriser la diffusion des technologies numériques dans l’ensemble de la société et des régions, notamment en renforçant la coopération et la collaboration entre les acteurs européens au niveau local. En se fondant sur les EDIC, les EDIH et les partenariats tels que l’entreprise commune EuroHPC, l’UE et les États membres devraient nouer des liens plus étroits avec les acteurs locaux, notamment les PME, les start-up, les universités, etc. Cette collaboration devrait également s’étendre aux villes et aux banques de développement locales afin de tirer pleinement parti du potentiel de la société européenne. L’expérience et les capacités des régions et des villes revêtent une importance capitale pour la réussite de la décennie numérique. Grâce à leur expérience pratique, à leurs connaissances et à leurs solutions innovantes fondées sur des contacts quotidiens avec les citoyens et les entreprises, les régions et les villes peuvent contribuer à mieux promouvoir et suivre la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques, en luttant contre les fractures numériques et en veillant à ce que les avantages de la numérisation puissent profiter à tous les acteurs, y compris les PME.

Quatrièmement, en s’appuyant sur la sensibilisation croissante des citoyens au potentiel offert par la transformation numérique pour favoriser une transition écologique intelligente, les États membres peuvent tirer parti des résultats significatifs obtenus en 2023 pour mieux comprendre les synergies entre les deux transitions et les effets de levier possibles. La priorité est de passer de projets pilotes et d’initiatives à petite échelle à des projets de grande envergure fondés sur la coopération entre acteurs publics et privés. Pour atteindre cet objectif, il est notamment essentiel de définir une cible quantitative en matière de verdissement dans le cadre de la décennie numérique, d’accélérer les travaux sur le recensement des meilleures pratiques et d’intensifier la coordination entre les feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique et les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC).

Cinquièmement, un effort commun est requis afin de faire en sorte que les personnes et leurs droits, conformément aux engagements pris dans la déclaration européenne sur les droits et principes numériques figurent au cœur de la transformation numérique, en veillant à ce qu’ils disposent des compétences numériques adéquates et en s’assurant de conserver leur adhésion. Pour atteindre cet objectif, l’UE et les États membres devront mieux surveiller les risques sociétaux et économiques découlant de la numérisation, en s’attaquant à des problèmes tels que les inégalités, la pauvreté, la discrimination en ligne et l’exclusion sociale, et encourager la fourniture d’un soutien humain direct aux personnes en difficulté. Les États membres devraient également intensifier la lutte contre les menaces pour la santé publique et la démocratie, tout en veillant à ce que l’espace en ligne devienne un environnement véritablement sûr, sain et sécurisé pour les enfants. Ces actions visant à lutter contre les problèmes d’inégalités, de discrimination en ligne, de fractures et d’exclusion sociale liés à la place de plus en plus centrale des interfaces en ligne dans la vie quotidienne sont essentielles pour éviter qu’une déconnexion numérique croissante ne se transforme en mécontentement numérique.

Enfin, le recensement et le partage des meilleures pratiques constituent un moteur essentiel de la réussite de la transformation numérique et ont été considérés comme une priorité tant pour la Commission que pour les États membres. L’objectif est de favoriser une coopération accrue, une inspiration mutuelle et le partage des réussites et des solutions aux défis systémiques. Cette collaboration est essentielle pour progresser sur la voie de la réalisation des objectifs de l’UE à l’horizon 2030 et de la transformation numérique au sens large. Comme convenu par le comité pour la décennie numérique et compte tenu de l’intérêt des États membres, le processus de partage des bonnes pratiques devrait s’intensifier en 2024, avec, dans un premier temps, une priorité accordée à trois domaines pilotes: i) l’amélioration des compétences numériques; ii) l’adoption de technologies numériques de pointe, en particulier l’IA; et iii) le suivi de l’empreinte écologique des technologies numériques. Ce processus sera mené par les États membres, tandis que la Commission jouera un rôle d’accélérateur afin de recenser, de sélectionner et de suivre les bonnes pratiques et leur diffusion.

5. Dimension internationale

Les efforts de coopération internationale en matière de politiques numériques sont axés sur i) la promotion du modèle et du cadre réglementaire centrés sur l’humain de l’UE, ii) la protection des intérêts stratégiques de l’UE, y compris de sa sécurité économique et iii) le renforcement du rôle mondial joué par l’UE dans le monde numérique.

La déclaration sur les droits et principes numériques 70 a influencé les textes internationaux, notamment la déclaration de l’OCDE sur un avenir numérique de confiance, durable et inclusif 71 et les discussions en vue d’un pacte numérique mondial des Nations unies. L’UE a jeté les bases d’une diplomatie numérique en adoptant des conclusions du Conseil et entend suivre une approche plus forte et plus stratégique dans les affaires numériques mondiales. L’importance de la dimension internationale des politiques numériques de l’UE a encore été soulignée par le Conseil européen dans ses conclusions du 18 avril 2024, dans lesquelles il a souligné la nécessité de renforcer le rôle de chef de file de l’UE dans les affaires numériques mondiales et a invité la Commission et le haut représentant à élaborer une communication conjointe sur le sujet.

La Commission a continué de développer son réseau de conseils du commerce et des technologies (CCT) et de partenariats numériques avec des partenaires partageant les mêmes valeurs tels que les États-Unis, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, Singapour et le Canada, en développant la coopération en matière d’investissements et d’appui technique, de politique et de législation ainsi que de normalisation. Grâce au CCT UE-États-Unis, l’UE a intensifié sa coopération dans des domaines clés tels que les technologies émergentes, la connectivité sûre et résiliente et la protection des droits de l’homme et des valeurs en ligne. Le CCT établi avec l’Inde et les partenariats numériques avec le Japon, la République de Corée et Singapour illustrent l’engagement stratégique pris par l’UE avec la région indo-pacifique dans le domaine numérique.

Dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes (ALC), des dialogues bilatéraux sur la politique numérique ont été mis en place avec le Brésil et l’Argentine et un dialogue est prévu avec le Mexique, en complément du dialogue birégional établi dans le cadre de l’alliance numérique UE-ALC 72 . En Asie, l’UE a organisé un deuxième dialogue de haut niveau sur le numérique avec la Chine en septembre 2023, en plus du dialogue économique de haut niveau. Ce dialogue a notamment porté sur les problèmes rencontrés par les entreprises de l’UE en Chine, tels que l’accès aux organismes de normalisation des TIC ou aux données transfrontières.

L’initiative «Global Gateway» se concentre sur les investissements dans les infrastructures numériques visant à combler la fracture numérique mondiale et à renforcer les connexions numériques sécurisées, notamment le déploiement de réseaux 5G sécurisés provenant de fournisseurs de confiance et la sécurité et la résilience des câbles sous-marins, en renforçant ainsi la résilience numérique de l’UE tout en réduisant les dépendances. La Commission a continué de soutenir les efforts de transformation numérique entrepris dans les pays concernés par l’élargissement et dans le voisinage de l’UE, y compris un accord d’itinérance à long terme avec l’Ukraine dans le cadre de l’accord d’association UE-Ukraine 73 . La Commission a également participé à des enceintes multilatérales, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (processus du G7, dit d’Hiroshima, sur l’IA, convention du Conseil de l’Europe). Afin de préserver ses intérêts économiques, l’UE a mis en œuvre des mesures telles que la stratégie européenne en matière de sécurité économique, qui promeut la coopération avec des partenaires clés dans le domaine des technologies émergentes. Ces mesures visent à trouver un équilibre entre ouverture économique et intérêts stratégiques et à renforcer la résilience de l’UE dans les secteurs critiques.

La politique commerciale et les accords commerciaux jouent également un rôle primordial à cet égard en définissant les règles mondiales et bilatérales applicables au commerce numérique de manière ouverte mais ferme, sur le fondement des valeurs européennes. La Commission a négocié des engagements ambitieux en matière de commerce numérique dans le cadre de récents accords commerciaux conclus avec la Nouvelle-Zélande, le Chili et le Japon. Les règles commerciales permettent aux entreprises et aux consommateurs de l’UE dans l’ensemble de l’économie d’avoir accès aux biens et aux services les plus innovants et les plus performants et aux entreprises de l’UE d’accéder à une clientèle plus large sur un marché mondial. Étant donné que le contexte géopolitique devrait rester tendu, il est important de convenir de règles contraignantes en matière de commerce numérique avec les pays partageant les mêmes valeurs pour que les entreprises de l’UE puissent accéder aux marchés des pays tiers et à des flux transfrontières fiables de données et se développer et prospérer dans l’économie numérique à l’échelle mondiale. L’UE a également joué un rôle moteur dans les négociations plurilatérales de l’OMC sur le commerce électronique menées entre 90 membres de l’OMC représentant plus de 90 % du commerce mondial. Plus récemment, en 2023, la Commission a ouvert des négociations en vue de conclure des accords modernes et autonomes en matière de commerce numérique avec Singapour et la Corée. 

6. Conclusions

Au cours des cinq dernières années, l’UE a établi une tradition numérique inédite en élaborant une vision, sous la forme des objectifs et cibles de la décennie numérique, et en se dotant des outils permettant de façonner sa transformation numérique afin de concrétiser cette vision. Son cadre réglementaire unique dans le domaine du numérique reste sans équivalent, tandis que l’innovation et la politique industrielle ne cessent de s'affirmer. 

L’état des lieux décrit dans le présent rapport appelle également à mettre à profit l’acquis en vue d’intensifier l’action conjointe dans le domaine de la transformation numérique de l’UE. Les États membres sont invités à prendre note de l’analyse effectuée dans le présent rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique et à examiner les recommandations horizontales et par État membre figurant dans les annexes. Il est essentiel que les États membres répondent à cet appel à l’action et adaptent leurs feuilles de route nationales afin de les aligner sur l’ambition du programme d’action pour la décennie numérique avant novembre 2024, comme l’exige la décision relative à la décennie numérique 74 .

Eu égard aux données probantes présentées dans le présent rapport, la Commission poursuivra ses discussions avec les États membres, le Parlement européen et les parties prenantes quant à la manière de progresser ensemble, en tirant parti du mécanisme de gouvernance de la décennie, notamment du comité pour la décennie numérique. Le rapport apportera également des informations utiles à la coopération avec les parties prenantes et les partenaires en dehors de l’UE.

Comme indiqué dans le programme d’action pour la décennie numérique, la Commission suivra et évaluera la mise en œuvre de ces recommandations et rendra compte des progrès accomplis dans le rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2025.

La Commission commencera également à préparer le réexamen du programme d’action pour la décennie numérique, prévu pour juin 2026.

(1) https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/2023-report-state-digital-decade.
(2)

Décision (UE) 2022/2481 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 établissant le programme d’action pour la décennie numérique à l’horizon 2030 (JO L 323 du 19.12.2022, p. 4).

(3)

 Analyse de la Commission, document de travail des services de la Commission, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024)260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 .

(4)

Ce rapport a été rédigé à la suite d’une série d’ateliers et de missions d’information qui ont représenté plus de 100 réunions organisées dans tous les États membres. Ces réunions ont rassemblé des autorités, des régulateurs et des représentants de la société civile.

(5)

Dans la figure 2, le «délai pour atteindre la cible» est calculé par projection de la croissance annuelle moyenne la plus récente observée (en 2023). Cette projection ne prévoit pas d‘accélération et ne tient pas non plus compte d’actions très récentes susceptibles d’avoir une incidence positive. L’ICP actuel pour la cible relative à la 5G ne tient pas compte de la qualité du service, et, par conséquent, on peut considérer que la majeure partie du déploiement actuel de la 5G relève de la catégorie «5G de base». La 5G «autonome», qui garantit une fiabilité élevée et une faible latence, et est essentielle pour permettre des fonctionnalités avancées, n’est toujours pas déployée à une échelle significative, à l’exception de très rares cas de réseaux privés. Dans le même temps, la couverture 5G dans la bande 3,4-3,8 GHz, considérée comme la bande pionnière de la 5G dans l’Union, et la seule bande moyenne disponible à grande échelle offrant un bon équilibre entre couverture et capacité, ne s’élevait qu’à 51 % en 2023. Depuis 2023, la Commission européenne travaille, en collaboration avec les États membres, sur une mise à jour de l’indicateur 5G, ce qui implique l’élaboration d’une méthode de cartographie de la qualité du service.

(6)

Le présent rapport est complété par le document de travail des services de la Commission intitulé «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective» et ses annexes [SWD(2024) 260], qui comprend une analyse horizontale et individuelle détaillée des feuilles de route stratégiques relatives à la décennie numérique présentées par les États membres et qui rend compte de la mise en œuvre de la déclaration européenne sur les droits et principes numériques (2023/C 23/01, JO C 23 du 23.1.2023, p. 1), qui traduit la vision de l’UE pour la transformation numérique en principes et en engagements et fournit une référence claire aux citoyens, aux décideurs politiques et aux entreprises quant au type de transformation numérique qui est souhaitée dans l’Union.

(7)  Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024)260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 1, «List of relevant policy initiatives».
(8) Le règlement devrait être publié au Journal officiel à l’été 2024 (page web consacrée au règlement sur l’IA: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/regulatory-framework-ai).
(9)   Règlement (UE) 2022/868 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2022 portant sur la gouvernance européenne des données et modifiant le règlement (UE) 2018/1724 (règlement sur la gouvernance des données) (JO L 152 du 3.6.2022, p. 1, http://data.europa.eu/eli/reg/2022/868/oj)
(10)   Règlement (UE) 2023/2854 du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2023 concernant des règles harmonisées portant sur l’équité de l’accès aux données et de l’utilisation des données et modifiant le règlement (UE) 2017/2394 et la directive (UE) 2020/1828 (règlement sur les données) (JO L, 2023/2854, 22.12.2023 ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2854/oj).
(11) Le règlement devrait être publié au Journal officiel à l’automne 2024 (page web de l’EHDS: https://health.ec.europa.eu/ehealth-digital-health-and-care/european-health-data-space_fr).
(12) https://commission.europa.eu/news/once-only-technical-system-key-creation-first-european-data-space-2022-07-20_en.
(13) Règlement (UE) 2018/1724 du Parlement européen et du Conseil du 2 octobre 2018 établissant un portail numérique unique pour donner accès à des informations, à des procédures et à des services d’assistance et de résolution de problèmes, et modifiant le règlement (UE) nº 1024/2012, JO L 295 du 21.11.2018, p. 1, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=uriserv:OJ.L_.2018.295.01.0001.01.FRA.
(14)  Règlement (UE) 2024/903 du Parlement européen et du Conseil du 13 mars 2024 établissant des mesures destinées à assurer un niveau élevé d’interopérabilité du secteur public dans l’ensemble de l’Union (règlement pour une Europe interopérable), JO L, 2024/903, 22.3.2024, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32024R0903.
(15)  Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (règlement sur les services numériques) (JO L 277 du 27.10.2022, p. 1, ELI: https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2022/2065/oj ); ://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2022/2065/oj ; https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/list-designated-vlops-and-vloses ; https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/dsa-enforcement . .
(16)  Règlement (UE) 2022/1925 du Parlement européen et du Conseil du 14 septembre 2022 relatif aux marchés contestables et équitables dans le secteur numérique et modifiant les directives (UE) 2019/1937 et (UE) 2020/1828 (règlement sur les marchés numériques) (JO L 265 du 12.10.2022, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2022/1925/oj). Contrôleurs d’accès désignés par le règlement sur les marchés numériques (europa.eu)  .
(17) Directive (UE) 2018/1972 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 établissant le code des communications électroniques européen (JO L 321 du 17.12.2018, p. 36, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2018/1972/oj).
(18) Lignes directrices de la Commission sur les plateformes de partage de vidéos, sur les œuvres européennes et sur le champ d’application des rapports sur l’éducation aux médias des États membres (https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/audiovisual-and-media-services).
(19) Directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, modifiant le règlement (UE) nº 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148, JO L 333 du 27.12.2022, p. 80, http://data.europa.eu/eli/dir/2022/2555/2022-12-27 (texte consolidé).
(20) Ce règlement devrait être publié au Journal officiel dans le courant de l’année 2024 (page web consacrée au règlement sur la cybersolidarité: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/cyber-solidarity).
(21) Ce règlement devrait être publié au Journal officiel dans le courant de l’année 2024 (page web consacrée au règlement sur la cyberrésilience: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/cyber-resilience-act).
(22) Règlement (UE) 2024/1183 du Parlement européen et du Conseil du 11 avril 2024 modifiant le règlement (UE) nº 910/2014 en ce qui concerne l’établissement du cadre européen relatif à une identité numérique (JO L, 2024/1183, 30.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1183/oj).
(23) Règlement (UE) 2024/1309 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2024 relatif à des mesures visant à réduire le coût du déploiement de réseaux gigabit de communications électroniques, modifiant le règlement (UE) 2015/2120 et abrogeant la directive 2014/61/UE (règlement sur les infrastructures gigabit) (JO L, 2024/1309, 8.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1309/oj).
(24)   https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/eu-budget/performance-and-reporting/horizontal-priorities/digital-tracking_en .
(25) Ce montant représente les coûts totaux estimés des mesures incluses dans les plans pour la reprise et la résilience, y compris les mesures REPowerEU.
(26) Source: Rapport du Centre commun de recherche intitulé «Mapping EU level funding instruments to Digital Decade targets – 2024 update» (Signorelli e.a., 2024).
(27) Les cibles de la décennie numérique indiquées dans le tableau avec un astérisque (*) bénéficient d’un financement du HPC. Ce financement soutient non seulement la recherche et les infrastructures informatiques (par exemple, l’informatique quantique, l’informatique en nuage, l’IA, etc.), mais aussi la formation de spécialistes, le développement de l’hyperconnectivité (5G, nœuds périphériques) et l’adoption du HPC par les PME. Au total, le financement du HPC s’élève à 3 267 millions d’EUR, principalement par l’intermédiaire du programme DIGITAL (1 967,2 millions d’EUR), d’Horizon Europe (900 millions d’EUR), du MIE (200 millions d’EUR) et de la FRR (168 millions d’EUR).
(28) Y compris des mesures dans les chapitres REPowerEU contribuant à la transition numérique. Il convient de noter que ces mesures sont prises en considération dans l’analyse du présent rapport, mais qu’elles ne contribuent pas à la réalisation de l’objectif numérique de 20 % fixé par le règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience (voir également les orientations sur les plans pour la reprise et la résilience dans le cadre de REPowerEU ). À l’exclusion des mesures relevant du chapitre REPowerEU, le montant de la FRR qui contribue à la transition numérique s’élève à environ 149,7 milliards d’EUR, soit environ 26 % du total des fonds de la FRR.
(29) Bien que le montant total des fonds de la politique de cohésion s’élève à 392 milliards d’EUR, seuls les fonds suivants sont inclus dans la cartographie et les estimations ultérieures: le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds de cohésion (FC) et le Fonds européen de coopération territoriale (Interreg), y compris les investissements dans la numérisation relevant des chapitres REPowerEU.
(30) À l’exclusion des mesures relevant du chapitre REPowerEU. La part a été calculée à l’aide de l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience (FRR).
(31)   https://ec.europa.eu/economy_finance/recovery-and-resilience-scoreboard/common_indicators.html?lang=en
(32) Les régions ultrapériphériques (article 349 TFUE) font partie intégrante de l’UE et sont situées dans l’océan Atlantique, dans le bassin des Caraïbes, en Amérique du Sud et dans l’océan Indien. Le volet numérique du MIE prévoit des taux de cofinancement plus élevés pour les projets impliquant les régions ultrapériphériques et a financé des infrastructures de câbles sous-marins dans ces régions pour un montant supérieur à 125 millions d’EUR.
(33) 5G Seagul, 5G DeLux, 5G NETC, MEDCOR, 5G Balkans et BaltCor5G.
(34) Câble sous-marin CAM Ring (Continent – Açores – Madère), projet Pisces, projet ViaTunisia et divers projets de connectivité dans l’Arctique.
(35)   https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/second-staff-working-document-data-spaces
(36) À savoir le système d’interconnexion des registres de bénéficiaires effectifs de l’UE (BORIS) et avec le système d’interconnexion des registres d’insolvabilité de l’UE (IRI).
(37) Par exemple, le pôle CIDIHUB, aux îles Canaries, est axé sur la numérisation des entreprises, tandis que l’EDIH de la Réunion est spécialisé dans la cybersécurité grâce à un financement du programme DIGITAL.
(38)   https://www.statista.com/statistics/732308/worldwide-research-and-development-information-communication-technology/ .
(39)   https://www.statista.com/statistics/732308/worldwide-research-and-development-information-communication-technology/ .
(40) Avec les entreprises communes «Semi-conducteurs», EuroHPC, «Réseaux et services intelligents» et d’autres partenariats tels que le partenariat sur l’IA, les données et la robotique, le partenariat Photonics ou Made in Europe ou encore le partenariat sur les mondes virtuels et les matériaux avancés.
(41) https://commission.europa.eu/funding-tenders/find-funding/eu-funding-programmes/technical-support-instrument/technical-support-instrument-tsi_en.
(42) https://reform-support.ec.europa.eu/tsi-2024-flagship-ai-ready-public-administration_en.
(43)   https://reform-support.ec.europa.eu/our-projects/flagship-technical-support-projects/tsi-2025-flagship-compact-pillar-ii-capacity-europes-digital-decade_en.  
(44)   https://single-market-economy.ec.europa.eu/industry/strategy/industrial-alliances_en
(45)   https://www.top500.org/lists/top500/list/2024/06/.
(46) https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news/commission-launches-ai-innovation-package-support-artificial-intelligence-startups-and-smes.
(47) JOIN/2023/20 final – Communication conjointe au Parlement européen et au Conseil relative à la «Stratégie européenne en matière de sécurité économique».
(48) C(2023) 6689 final – Recommandation de la Commission relative aux domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’Union en vue d’une évaluation approfondie des risques avec les États membres.
(49) Pour une description complète des EDIC en cours, voir: document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 2, «Update on MCPs/EDICs».
(50)

Voir la communication intitulée «État d’avancement de la décennie numérique 2024» et ses annexes, COM(2024) 260:  https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833324 .

(51)    Depuis l’année dernière, la part de l’UE a connu une augmentation marginale de 0,5 point de pourcentage (https://www.statista.com/statistics/263801/global-market-share-held-by-selected-countries-in-the-ict-market/). S’il est peut-être un peu trop tôt pour interpréter cela comme un changement de tendance, il pourrait néanmoins s’agir d’un signe encourageant.
(52) https://cerre.eu/wp-content/uploads/2022/12/Digital-Industrial-Policy-for-Europe.pdf.
(53)   https://companiesmarketcap.com/tech/largest-tech-companies-by-market-cap/.
(54)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351.

(55)

https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/digital-principles.

(56) La disponibilité transfrontière des services publics numériques demeure limitée pour les citoyens et pour les entreprises, puisqu’elle obtient dans les deux cas un score d’environ 70 points sur 100 (source: eGovernment Benchmark, Capgemini).
(57)   https://www.enisa.europa.eu/publications/enisa-threat-landscape-2023 .
(58)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351.

(59) https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/national-strategic-roadmaps.
(60) Les réseaux à très haute capacité (VHCN) comprennent à la fois la fibre jusqu’aux locaux (FTTP) et les technologies «Docsis 3.1».
(61) Voir la note de bas de page nº 5. L’ICP actuel pour la cible relative à la 5G ne tient pas compte de la qualité du service, et, par conséquent, on peut considérer que la majeure partie du déploiement actuel de la 5G, ainsi que les cibles nationales correspondantes relatives à la 5G, relève de la catégorie «5G de base».
(62) Voir note de bas de page ci-dessus.
(63) Les chiffres les plus récents disponibles sur l’adoption de l’IA par les entreprises ont été recueillis en 2023 et ne peuvent pas tenir compte des effets potentiels du train de mesures sur l’innovation visant à soutenir les start-up et les PME actives dans le domaine de l’IA qui a été lancé par la Commission européenne en janvier 2024 (https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_24_383).
(64)

 Document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 .

(65) https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/guidance-member-states-preparation-national-digital-decade-strategic-roadmaps.
(66)

 Déclaration européenne sur les droits et principes numériques pour la décennie numérique, 2023/C 23/01: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=OJ:JOC_2023_023_R_0001.

(67)

 Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 4, «Monitoring of the European Declaration on Digital Rights and Principles».

(68) Un écosystème qui englobe les semi-conducteurs, la capacité de calcul dans tous les types d’environnements informatiques de périphérie et en nuage, les technologies radio, les infrastructures de connectivité ainsi que la gestion des données et les applications.
(69) Commission européenne, Livre blanc sur les options envisageables pour renforcer le soutien à la recherche et au développement dans le domaine des technologies à double usage potentiel, 2024: https://research-and-innovation.ec.europa.eu/document/download/7ae11ca9-9ff5-4d0f-a097-86a719ed6892_en; Discours liminaire de la Présidente von der Leyen à la conférence annuelle 2023 de l’AED: faire monter en puissance la défense européenne, 30 novembre 2023: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/SPEECH_23_6207 .
(70)

 Déclaration européenne sur les droits et principes numériques pour la décennie numérique, 2023/C 23/01: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=OJ:JOC_2023_023_R_0001.

(71)

OCDE, Déclaration sur un avenir numérique de confiance, durable et inclusif: https://legalinstruments.oecd.org/fr/instruments/OECD-LEGAL-0488.

(72)

Alliance numérique entre l’Union européenne et l’Amérique latine et les Caraïbes: https://international-partnerships.ec.europa.eu/policies/global-gateway/eu-latin-america-and-caribbean-digital-alliance_en.

(73)

Accord d’association entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et l’Ukraine, d’autre part: https://eur-lex.europa.eu/eli/agree_internation/2014/295/oj?eliuri=eli%3Aagree_internation%3A2014%3A295%3Aoj&locale=fr

(74)  Décision (UE) 2022/2481, article 8, paragraphe 3.

Bruxelles, le 2.7.2024

COM(2024) 260 final

ANNEXE

de la

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions

Rapport 2024 sur l’état d’avancement de la décennie numérique


Annexe 1: Compétitivité et souveraineté, citoyens, verdissement intelligent, cohérence des politiques et synergies



Table des matières

Introduction    

1. Principaux moteurs de la transformation numérique de l’UE en 2024    

1.1 Un nouveau paradigme géopolitique    

1.2. Favoriser la compétitivité dans un contexte économique complexe    

1.3. Entrer dans une nouvelle ère façonnée par l’IA générative    

1.4 Conserver l’adhésion des citoyens et des sociétés dans un contexte de plus en plus hybride    

2. Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique    

2.1. Renforcer la primauté technologique numérique pour assurer la compétitivité à l’avenir    

2.1.1. Investir dans la recherche et l’innovation    

2.1.2. Un marché unique numérique opérationnel constituant un bien public pour la productivité de l’UE    

2.1.3. Développement et déploiement d’infrastructures de connectivité et d’informatique collaboratives souveraines et résilientes    

2.2. Soutenir les écosystèmes numériques à l’échelle de l’UE et développer les entreprises innovantes    

2.2.1. Promouvoir la transformation numérique des entreprises de l’UE    

2.2.2. Développer les entreprises innovantes    

2.3. Renforcement de la cybersécurité    

3. Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir    

3.1. Donner aux citoyens les moyens d’agir et rapprocher la transformation numérique de leurs besoins    

3.1.1. Aider les citoyens à acquérir des compétences numériques    

3.1.2. Des solutions fiables pour les interactions numériques: l’identité numérique européenne et l’euro numérique    

3.1.3. Des services publics numériques efficaces, faciles d’utilisation et accessibles à tous    

3.1.4. Mettre à profit les technologies numériques pour la santé    

3.2. Protéger les citoyens et créer un environnement et des technologies numériques sûrs et centrés sur l’humain    

3.2.1. Créer des environnements numériques sûrs et protéger les droits fondamentaux en ligne    

3.2.2. Protéger et autonomiser les enfants (notamment grâce à la vérification de l’âge)    

3.2.3. Promouvoir des systèmes d’IA responsables et centrés sur l’humain    

3.3. Promouvoir et préserver notre démocratie    

3.3.1. Lutter contre la désinformation et préserver l’intégrité des élections    

3.3.2. Accès aux médias et pluralisme des médias    

4. Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent    

4.1. Le lien entre transition écologique et transformation numérique    

4.2. Vers des infrastructures numériques durables    

4.3. La contribution de la numérisation à la transition écologique se concrétise.    

4.4. La voie à suivre    

5. Renforcer la cohérence et créer des synergies entre les politiques numériques et les dépenses    

5.1. Mise en œuvre horizontale au moyen des feuilles de route nationales    

5.2. Œuvrer en faveur d’une mise en œuvre efficace, efficiente et sans lourdeur administrative du cadre réglementaire numérique    

5.3. Créer des synergies entre les financements prévus pour la numérisation    

5.4. Renforcer la coopération à tous les niveaux, notamment en associant davantage les villes et les régions à la décennie numérique    



Table des matières

Figure 1. Dépenses de R&D relatives aux technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le monde en 2022 [Source: Commission européenne (2023) et Statista Inc.]    

Figure 2. Couverture par FTTP dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024    

Figure 3: Déploiement des nœuds périphériques (projection pour l’UE jusqu’en 2030)    

Figure 4. Nombre d’ordinateurs quantiques dans l’UE. Trajectoire à l’horizon 2030    

Figure 5. Évaluation comparative internationale des start-up dans le domaine des technologies quantiques    

Figure 6. Pourcentage d’entreprises utilisant des services en nuage dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024    

Figure 7. Pourcentage d’entreprises utilisant l’IA dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024    

Figure 8. Évaluation comparative internationale des investissements en capital-risque dans l’IA    

Figure 9. Proportion d’entreprises utilisant l’analyse des données dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024    

Figure 10. Indice d’intensité numérique, données historiques comparables, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024    

Figure 11. Évaluation comparative internationale des licornes    

Figure 12. Nombre de licornes dans l’UE. Données historiques et trajectoire de référence pour 2024    

Figure 13. Personnes disposant au moins de compétences numériques élémentaires dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire à l’horizon 2030 pour 2024    

Figure 14: spécialistes des TIC en activité dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire à l’horizon 2030 pour 2024    

Figure 15: Fourniture de services en ligne pour les citoyens (en haut) et les entreprises (en bas). Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée    

Figure 16: indicateur composite de santé en ligne. Données historiques et trajectoire DN    

Introduction

La présente annexe fait partie intégrante du rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2024. Il maintient la structure en trois chapitres du rapport 2023, axée sur la compétitivité, les citoyens et la société et le verdissement intelligent, et introduit un chapitre supplémentaire sur la création de synergies entre les politiques numériques et les dépenses.

Le présent rapport aborde également la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques 1 . Cette déclaration traduit la vision de l’UE pour la transformation numérique en principes et en engagements.

Enfin, l’annexe recense les lacunes et carences importantes et recommande à tous les États membres des politiques, des mesures ou des actions. Ces recommandations ciblent les domaines où une action collective supplémentaire est nécessaire. Elles préconisent la mobilisation d’investissements et d’actions supplémentaires en vue d’achever le marché unique numérique, de stimuler la diffusion des technologies et de favoriser la coopération entre les États membres.

L’analyse repose principalement sur le suivi effectué dans le cadre de l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI). Elle est également étayée par des études et des analyses d’experts pertinentes, ainsi que par les feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique présentées par les États membres.

1. Principaux moteurs de la transformation numérique de l’UE en 2024

Les principaux moteurs recensés dans le rapport 2023 sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2 demeurent pertinents et importants à l’échelle mondiale en 2024. Toutefois, il y a eu des intensifications et des changements notables. L’analyse actuelle et les recommandations qui en découlent sont effectuées à la lumière de ces évolutions.

1.1 Un nouveau paradigme géopolitique

Les derniers mois ont été marqués par une augmentation considérable des points d’inflexion géopolitiques, sous l’effet de l’intensification des conflits, d’une fragmentation croissante et d’une politique de rapports de force 3 . Les conséquences de ces tendances, notamment l’accroissement des menaces en matière de cybersécurité 4 , la désinformation, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, la coercition économique et les conflits armés, se chevauchent et s’aggravent mutuellement 5 . Rien n’indique que les risques engendrés par cette situation sont susceptibles de s’atténuer dans un avenir proche.

La course technologique mondiale s’est intensifiée en 2024. Toutes les grandes économies, notamment l’UE, les États-Unis, la Chine, le Japon et l’Inde, prennent de plus en plus conscience de l’importance des technologies avancées pour l’économie et la sécurité nationale, et certains pays mènent des politiques agressives visant à réglementer et, parfois, à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en technologies 6 . Plus la dépendance à l’égard de ces technologies s’accroît, plus le risque qu’elles soient utilisées à des fins militaires augmente 7 .

Dans un contexte d’instabilité permanente, les principaux atouts de l’UE sont sa puissance économique, son marché intérieur, sa résilience et son vaste réseau de partenaires commerciaux 8 . Dans ce contexte, l’UE assume une plus grande responsabilité en ce qui concerne son leadership diplomatique ainsi que sa sécurité et sa défense en stimulant les investissements 9 et en mettant l’accent sur l’innovation, en particulier dans les technologies numériques à double usage 10 et les technologies émergentes de rupture 11 .

1.2. Favoriser la compétitivité dans un contexte économique complexe

Le paysage économique de 2024 se caractérise par une incertitude exceptionnellement élevée, exacerbée par les tensions géopolitiques 12 . En outre, la croissance économique de l’Europe a connu un ralentissement, tandis que les niveaux d’endettement ont continué d’augmenter en 2023 et 2024 13 . De surcroît, les prix de l’électricité se sont stabilisés à un niveau structurellement élevé, puisqu’ils sont trois fois plus élevés qu’aux États-Unis et plus de deux fois plus élevés qu’en Chine 14 . Cette situation s’explique notamment par l’augmentation des taux d’inflation, la fréquence et la gravité accrues des perturbations de l’offre et la vulnérabilité croissante de la chaîne d’approvisionnement en ressources et technologies essentielles. Dans l’ensemble, cela a créé un environnement moins propice à l’investissement dans la transformation numérique 15 , de sorte que l’UE accuse un retard important par rapport aux États-Unis, où les gains de productivité depuis 2019 sont décuplés (6 % contre 0,6 % en Europe) 16 .

Tous ces éléments soulignent qu’il est urgent que l’UE agisse en priorité dans les domaines qui favorisent l’innovation et la croissance, améliorent la productivité et atténuent les perturbations, en particulier dans les secteurs des technologies numériques et des compétences numériques 17 . Plus généralement, des investissements substantiels sont nécessaires pour relever les défis de la numérisation, de la durabilité environnementale, du vieillissement de la population, de la transition énergétique, de la tendance émergente de la démondialisation et de la réduction de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles 18 . En outre, il faut impérativement s'efforcer de renforcer l’attrait du marché unique pour inverser le déclin de la compétitivité de l’UE, qui résulte d’une intégration insuffisante 19 . De telles mesures sont indispensables pour moderniser l’économie de l’UE et stimuler les capacités de production. De surcroît, il est essentiel de réussir à coupler les transitions écologique et numérique. La réalisation de ces objectifs nécessitera une transformation numérique dynamique.

1.3. Entrer dans une nouvelle ère façonnée par l’IA générative

Si le rôle transformateur de l’IA est connu depuis des années, l’essor de l’IA générative en 2023 a constitué une nouvelle étape de la révolution technologique offrant pour les entreprises, les citoyens et l’administration publique, des possibilités de réactions systémiques en chaîne qui s'appliquent tant aux opportunités qu'aux risques. L’IA générative permet de démocratiser massivement la génération de contenu 20 (notamment l’accessibilité, la modularité, la facilité d’utilisation et les caractéristiques humaines), offrant des perspectives concrètes d’utilisation à grande échelle par l’ensemble des individus et des entreprises et laissant entrevoir la possibilité d'une accélération inédite de l’adoption de l’IA par les citoyens, les entreprises et les administrations publiques en Europe 21 . L’accroissement considérable de la puissance de calcul permet désormais d’intégrer l’IA à divers aspects de la vie quotidienne, tels que les voitures, les téléphones portables, les maisons et les montres de sport. Cette intégration stimule l’innovation systémique, renforce l’efficacité économique et accroît la productivité des entreprises. D’ici à 2030, l’IA devrait apporter à l’économie européenne un gain de croissance net de 600 milliards d’EUR qui viendrait s'ajouter aux 2 800 milliards d’EUR prévus antérieurement 22 . En outre, le déploiement de l’IA générative devrait entraîner, pour les entreprises, une création de valeur économique comprise entre 2 400 et 4 000 milliards d’EUR par an 23 . Ce virage technologique affectera aussi fortement les emplois et les compétences, de diverses manières qui n’ont pas encore été totalement anticipées et comprises.

Le développement d’un écosystème solide pour l’IA générative nécessite que l’UE maîtrise tous les niveaux de la chaîne de valeur technologique. Cela suppose notamment d’assurer le développement simultané de tous les composants interdépendants 24 , des puces électroniques et des capacités de calcul à haute performance essentielles pour les modèles de formation et les données fondamentales des systèmes d’IA ainsi que des chercheurs et des spécialistes qui développent ces systèmes. Il s’agit également de cultiver une main-d’œuvre qualifiée capable de déployer l’IA dans les entreprises, y compris les PME, et de mettre en place une infrastructure de connectivité solide, qui englobe les centres de données. Il est également crucial de disposer d’investissements soutenus par un marché des capitaux profond et performant. Chacun de ces éléments est essentiel et renforce la nécessité de progresser globalement dans tous les domaines de la décennie numérique, afin d’éviter de mettre en péril l’initiative dans son ensemble.

1.4 Conserver l’adhésion des citoyens et des sociétés dans un contexte de plus en plus hybride

Les technologies numériques imprègnent de plus en plus d’aspects de la vie quotidienne des citoyens, pour lesquels les solutions hors ligne sont parfois limitées, voire inexistantes. Bien que les citoyens tirent d’importants avantages de cette transformation de leur vie, il devient essentiel de répondre aux préoccupations pressantes liées aux vulnérabilités et aux inégalités et, plus généralement, d’aider les citoyens à s’adapter au rythme rapide du changement, notamment grâce à une approche cohérente et stratégique de l’habileté numérique. Les Européens sont nombreux à se sentir mal équipés ou mal à l’aise avec la transformation numérique: seuls 56 % des adultes possèdent au moins des compétences numériques de base et environ 100 millions de citoyens européens perçoivent la numérisation comme une source de complexité dans leur vie. Une grande majorité d’Européens (88 %) estime que les pouvoirs publics devraient accorder la priorité à la fourniture d’un soutien humain pour les aider à s’adapter à la transformation numérique 25 . Les citoyens se sentent également vulnérables face aux escroqueries en ligne ou aux pratiques déloyales en matière d’annulation, de remboursement et de gonflement des prix 26 . Enfin, les préoccupations relatives à l’incidence de l’IA sur les contributions humaines, y compris les emplois, et aux atteintes à la vie privée sont palpables et grandissantes 27 .

En 2024, la technologie continue de mettre à l’épreuve nos sociétés, 72 % des Européens s’inquiétant désormais des risques de manipulation et de perturbation des élections dans l’UE par des cyberattaques 28 . Plus généralement, l’exposition des sociétés démocratiques aux ingérences étrangères est particulièrement préoccupante cette année, qui est la plus grande année électorale de l’histoire, avec des citoyens du monde entier, y compris 450 millions d’Européens, qui voteront lors d’élections capitales. Dans ce contexte, la polarisation de nos sociétés apparaît comme l’un des principaux risques menaçant les démocraties 29 , qui pourrait compromettre notre capacité à relever efficacement les défis mondiaux urgents de notre époque. Par conséquent, l’un des défis majeurs à relever consiste à faire en sorte que les technologies et les services numériques renforcent la confiance dans les institutions, au lieu de la saper.

Il est également primordial de prévenir les ingérences qui nuisent à la stabilité de la société, telles que la désinformation. Depuis mai 2023, les faux articles générés par l’IA ont augmenté de plus de 1 000 %, notamment du fait d’une constellation de plus de 600 sites web d’informations non fiables 30 . De nouveaux types de robots et d’outils de médias sociaux créés par l’IA générative diffusent de la désinformation politique et électorale d’une manière de plus en plus difficile à détecter. Cette année, de nouveaux éléments ont démontré que les algorithmes de recommandation des plateformes en ligne comportaient un parti pris politique qui peut favoriser de manière disproportionnée certains contenus, ce qui finit par influencer les opinions publiques et par menacer la démocratie et la cohésion sociale.

Enfin, de récents faits d’actualité ont illustré les liens complexes existant entre les technologies numériques et la santé publique. Sur le plan positif, l’utilisation accrue de l’IA dans le domaine de la santé, les espaces des données de santé et la communication accrue entre les patients et les médecins ouvrent de nouvelles perspectives 31 . Toutefois, l’année 2023 a également mis en évidence les effets négatifs des interfaces en ligne sur la santé mentale, comme en témoignent les comportements addictifs, les déficits d’attention ou la désensibilisation à la violence 32 . Des études récemment effectuées au sujet des enfants ont mis en évidence un changement significatif dans les expériences vécues pendant l’enfance, avec la montée d’une «culture centrée sur le téléphone». Cette évolution, combinée à une surprotection hors ligne et à une baisse des niveaux d’éducation, a été associée à une dégradation des résultats en mathématiques lors de l’enquête PISA et à une détérioration de la santé mentale des enfants, notamment des taux plus élevés d’addiction, de dépression, d’anxiété et d’automutilation 33 .

2. Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Les sections suivantes suivent la progression des principaux objectifs généraux en matière de compétitivité, de souveraineté numérique (qui nécessite une primauté technologique), de cybersécurité, de résilience collective et d’écosystèmes numériques solides, ainsi que de leurs cibles correspondantes (connectivité gigabit, nœuds périphériques, informatique quantique et numérisation des entreprises, y compris des PME, informatique en nuage, IA et mégadonnées).

2.1. Renforcer la primauté technologique numérique pour assurer la compétitivité à l’avenir

Ces dernières années, la compétitivité de l’UE a été confrontée à d’importants défis, notamment en raison de ses lacunes technologiques. L’UE a pris du retard dans les trois dimensions clés de l’innovation, de la production et de l’adoption des technologies, en particulier en ce qui concerne les évolutions technologiques critiques 34 . Ces lacunes ont notamment affecté ses performances en matière de numérisation, ce qui suscite des inquiétudes 35 . En outre, le retard de l’UE dans la course aux TIC a entraîné une diminution de 10,5 % de la part du PIB de l’UE dans les recettes mondiales sur le marché des TIC au cours de la décennie écoulée entre 2013 et 2022 36 , ce qui a eu une incidence considérable sur les gains de productivité.

En ce qui concerne les technologies et les réseaux numériques, les États-Unis abritent 28 % des entreprises numériques du monde entier, suivis par la Chine (23 %) et l’UE (14 % seulement). Cette répartition révèle d’importantes asymétries dans la production de services numériques 37 . En particulier, 80 % des technologies et services essentiels à la transformation numérique de l’Europe sont toujours conçus et fabriqués en dehors de l’UE 38 . En outre, les plateformes européennes n’ont pas encore réussi à capter plus de 5 % de la valeur mondiale au cours de la dernière décennie. Dans l’ensemble, les entreprises européennes sont peu présentes parmi les chefs de file à l’échelle mondiale, puisque seules trois d’entre elles figurent parmi les 50 plus grandes entreprises du secteur des TIC par capitalisation boursière 39 .

Dans ce contexte, un effort soutenu et coordonné est essentiel pour renforcer la primauté technologique numérique de l’UE, qui est un facteur clé de l’amélioration de sa compétitivité. Cet effort nécessite également des mécanismes de gouvernance solides pour les entreprises européennes qui garantissent des conditions de concurrence équitables au sein du marché unique de l’UE.

Le thème du renforcement de la primauté technologique figure au cœur de nombreuses feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique, les États membres y faisant référence lorsqu’ils décrivent leur contexte national, leurs ambitions et leurs stratégies. Cela correspond aux objectifs du programme d’action pour la décennie numérique relatifs au renforcement de la souveraineté et de la résilience grâce à la primauté technologique. Toutefois, le nombre de mesures communiquées qui contribuent explicitement à la réalisation de ces objectifs est plutôt limité. Les États membres décrivent souvent leur contribution à la primauté technologique en faisant référence à des mesures visant à atteindre les cibles correspondantes en matière d’infrastructures et de technologies numériques. La plupart de ces mesures sont axées sur le développement et le déploiement d’infrastructures et de technologies numériques souveraines et résilientes, souvent dans le cadre de projets multinationaux et d’autres initiatives transfrontières. Cela est particulièrement évident dans les domaines du calcul à haute performance, des chaînes de blocs et des centres des opérations de sécurité. En outre, certaines mesures communiquées dans les feuilles de route soutiennent les activités de recherche et de développement relatives aux technologies, aux réseaux et aux infrastructures, notamment dans le cadre de centres de compétences et de pôles d’innovation.

2.1.1. Investir dans la recherche et l’innovation

Si l’UE continue de s’illustrer par sa contribution importante au progrès scientifique mondial, depuis 2022, la Chine est devenue le nouveau chef de file, avec des publications de premier plan dans les domaines de l’ingénierie, des technologies stratégiques génériques et des TIC 40 . Dans le même temps, l’UE est à la traîne en ce qui concerne les demandes de brevets, la Suède (grâce à la contribution d’Ericsson) étant le seul pays de l’UE à figurer parmi les dix premiers dépositaires de demandes de brevets internationaux. En 2022, les demandes émanant de la Chine étaient huit fois plus nombreuses que celles déposées en Europe et huit des 10 principaux dépositaires de brevets internationaux se trouvent en Asie du Nord-Est.

En outre, l’UE n’a pas non plus atteint son objectif de 3 % d’investissement total (public et privé) dans la R&I 41 , ce qui ne représente que 2,2 % du PIB de l’UE 42 . Ce niveau est nettement inférieur à celui des États-Unis (3,4 %) et légèrement inférieur à celui de la Chine (2,4 %), ce qui témoigne d’un niveau particulièrement faible d’investissement dans le secteur privé. Cet écart est encore plus marqué dans le secteur des TIC, où les dépenses de l’Union étaient environ sept fois inférieures à celles des États-Unis en 2022 (39,2 milliards d’EUR contre 301,5 milliards d’EUR; voir la figure ci-dessous).

Figure 1. Dépenses de R&D relatives aux technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le monde en 2022 [Source: Commission européenne (2023) et Statista Inc. 43 ]

Dans la course technologique, les entreprises de l’UE cherchent à jouer un rôle de premier plan dans les technologies émergentes et de rupture, afin de renforcer leurs capacités militaires et de renseignement, tout en poursuivant activement des stratégies de fusion civilo-militaire. Afin de mieux protéger les actifs stratégiques, les intérêts, l’autonomie et la sécurité de l’UE, la Commission a introduit des garanties au titre du règlement Horizon Europe 44 et des garanties en matière d’investissement dans le cadre du Conseil européen de l’innovation. Poursuivant ses efforts en vue de remédier aux vulnérabilités et aux risques pour la sécurité de la recherche dans le secteur de la R&I, la Commission a proposé une recommandation du Conseil du 24 janvier 2024 45 , dans le cadre de la stratégie européenne en matière de sécurité économique. Cette proposition souligne la nécessité de favoriser une compréhension commune des vulnérabilités et de prendre des mesures afin d’y répondre au niveau de l’UE.

L’UE a également adopté des lignes directrices pour la recherche portant sur les biens à double usage, afin de faire en sorte que les risques soient effectivement détectés, gérés et atténués par les autorités et les organismes de recherche 46 . Conformément au train de mesures sur la sécurité économique adopté le 24 janvier 2024 47 , la Commission a lancé une consultation publique sur le soutien à la R&D au niveau de l’UE dans le domaine des technologies à double usage potentiel 48 . Cette consultation vise à évaluer l’adéquation du soutien apporté en réponse aux défis géopolitiques existants et émergents décrits dans la stratégie en matière de sécurité économique.

Primauté technologique – Politiques, mesures et actions recommandées 49

Mobiliser des investissements

Les États membres sont encouragés à accroître efficacement leurs investissements dans la R&I numérique dans tous les secteurs en vue d’atteindre l’objectif de 3 % du PIB de l’UE 50 . Il s’agit notamment d’investir dans des infrastructures et technologies critiques et de soutenir des projets d’intérêt stratégique pour la souveraineté numérique de l’UE.

Achever le marché unique numérique

Les États membres devraient contribuer à la planification et à la coordination des investissements et des réformes afin d’approfondir le marché unique, qui est un facteur essentiel pour accélérer une transformation numérique fondée sur l’UE.

Ils devraient dialoguer avec le secteur de la recherche et de l’innovation afin de renforcer la sécurité de la recherche dans les activités nationales de recherche, dans le but de gérer des risques tels que les transferts indésirables de technologies critiques, les influences malveillantes et les atteintes à l’éthique ou à l’intégrité de la part de pays tiers.

Encourager la coopération entre États membres

Les États membres sont encouragés à participer pleinement aux exercices conjoints d’évaluation des risques pour la sécurité économique. Ces exercices comprennent des évaluations coordonnées des risques liés à la sécurité technologique et aux fuites de technologies et supposent notamment de partager les informations pertinentes en leur possession.

2.1.2. Un marché unique numérique opérationnel constituant un bien public pour la productivité de l’UE

Les échanges intra-UE de services ne représentent qu’environ 8 % du PIB, contre environ 25 % pour les marchandises. Les cinq dernières années ont été marquées par une activité législative intense qui a créé les conditions d’un marché unique compétitif. Un marché unique véritablement fonctionnel sera essentiel pour progresser sur la voie de la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique. En garantissant des conditions de concurrence équitables pour toutes les entreprises européennes, le marché unique numérique est l’un des facteurs déterminants pour permettre aux entreprises de chercher de nouvelles opportunités, de se développer et d’atteindre l’échelle nécessaire pour être compétitives au niveau de l’UE et au niveau international, tout en fournissant davantage d’outils pour traverser les périodes difficiles. Le marché unique numérique élargit également le choix des consommateurs, en supprimant les obstacles artificiels au sein de l’UE, et contribue à définir des valeurs et des normes communes.

La mise en œuvre du règlement sur les marchés numériques 51 . Les petites et moyennes entreprises et les start-up européennes dépendent des grandes plateformes numériques: plus de 1 million d’entreprises de l’UE vendaient des biens ou des services numériques par l’intermédiaire de plateformes en ligne en 2023.

Le règlement sur les marchés numériques établit des règles uniformes afin de réglementer le comportement des plateformes numériques qui agissent en tant que contrôleurs d’accès entre les entreprises utilisatrices et leurs clients dans l’UE. Cette approche implique de délaisser les interventions ex-post en matière de pratiques anticoncurrentielles au profit d’une réglementation ex-ante, comportant un ensemble de règles qui modifient la manière dont les grandes plateformes en ligne sont autorisées à opérer dans l’UE.

Le 6 septembre 2023, la Commission a désigné six contrôleurs d’accès – Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance, Meta et Microsoft – en vertu du règlement sur les marchés numériques, auxquels est venu s’ajouter Booking à la suite de la désignation du 13 mai 2024.

Au total, 24 services de plateforme essentiels fournis par les contrôleurs d’accès ont été désignés. Ces services constituent des passerelles importantes permettant aux entreprises d’atteindre leurs consommateurs.

Depuis le 7 mars 2024, les six premiers contrôleurs d’accès doivent se conformer pleinement aux obligations du règlement sur les marchés numériques pour chacun de leurs services de plateforme essentiels désignés. Si elle soupçonne un manquement, la Commission peut prendre des mesures d’exécution afin de garantir le respect du règlement. Le 25 mars, la Commission a ouvert des enquêtes sur des cas de non-conformité visant Alphabet, Apple et Meta. En outre, le 24 juin, la Commission a également ouvert une nouvelle enquête pour non-conformité des nouvelles conditions contractuelles d’Apple pour les développeurs. Le contrôle par la Commission du respect effectif des règles par les contrôleurs d’accès est en cours.

La mise en œuvre et l’application effectives de la législation récemment approuvée constitueront un défi majeur dans les années à venir. En outre, une véritable union des marchés des capitaux est essentielle pour parvenir à renforcer le marché unique numérique et réussir les transitions écologique et numérique en cours 52 .

Le soutien aux écosystèmes numériques compétitifs et aux entreprises innovantes fait partie des objectifs énoncés dans un grand nombre de feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique. Cet objectif correspond à ceux définis dans le programme d’action pour la décennie numérique, visant à créer des écosystèmes numériques solides et des chaînes d’approvisionnement résilientes.

Toutefois, le nombre de mesures communiquées qui contribuent explicitement à la réalisation de ces objectifs est plutôt limité. Le plus souvent, les États membres décrivent leur contribution à la compétitivité et à la résilience en faisant référence à des mesures visant à atteindre les cibles correspondantes en matière de technologies numériques et de numérisation des entreprises. La plupart de ces mesures sont axées sur le soutien aux écosystèmes numériques et l’expansion des entreprises innovantes.

Un petit nombre de mesures comprennent des interventions réglementaires visant à assurer la fixation de normes, l’interopérabilité et la concurrence équitable pour les utilisateurs, les entreprises et les régions (c’est le cas, par exemple, de la Bulgarie, de Chypre, de la Grèce, de la Croatie, du Luxembourg et de la Suède) et à remédier aux dépendances en matière d’approvisionnement en technologies critiques (par exemple, le Danemark, l’Allemagne, la France, l’Espagne et les Pays-Bas), ainsi que des initiatives relatives aux échanges internationaux (par exemple, la Lituanie et la Suède).

2.1.3. Développement et déploiement d’infrastructures de connectivité et d’informatique collaboratives souveraines et résilientes

Le succès de la décennie numérique dépendra de la capacité de l’UE à mettre en place un écosystème fondé sur la convergence entre les infrastructures de connectivité et les services informatiques, y compris les fabricants de puces électroniques, les communications électroniques, les fournisseurs d’équipements de réseau et les fournisseurs de services en périphérie et en nuage, en évoluant vers la fourniture de services de connectivité et d’informatique collaboratifs.

2.1.3.1. Infrastructure de connectivité gigabit

Eurobaromètre 2024: pour faciliter leur utilisation des technologies numériques au quotidien, 4 Européens sur 5 soulignent la nécessité d’améliorer la connectivité en mettant à disposition des connexions internet à haut débit abordables 53 .

Des infrastructures de réseaux numériques de pointe constituent une condition préalable et un facteur essentiel au développement de services et d’applications qui bénéficieront aux entreprises et aux consommateurs européens en tant que facteur de productivité et de développement économique. Pour cette raison, l’ambition de la décennie numérique est de fournir à tous les Européens et à toutes les entreprises des réseaux fixes et mobiles en gigabits. Dans la déclaration sur les droits et principes numériques, l’UE et ses États membres se sont également engagés à ce que la connectivité numérique soit abordable pour tous 54 .

L’UE est encore loin d’atteindre ses objectifs de connectivité. Les réseaux en fibre optique, qui sont essentiels pour garantir une connectivité gigabit, ne couvrent que 64 % des ménages, contre plus de 99 % au Japon et en Corée du Sud 55 . Malgré des progrès significatifs dans certains États membres (notamment une augmentation de 38 % des déploiements FTTP en Grèce, liée à un effet de rattrapage), la progression annuelle moyenne dans l’UE (+ 13,5 %) reste beaucoup trop limitée pour garantir que l’objectif d’une couverture de 100 % sera atteint d’ici à 2030, compte tenu du coût et de la difficulté de couvrir les 36 % de ménages restants. En l’absence de mesures et d’investissements supplémentaires, moins de 90 % de cet objectif seront atteints d’ici à 2030.

En outre, il existe d’importantes disparités entre les États membres en ce qui concerne, en particulier, le déploiement de la fibre optique, essentiel pour garantir une connectivité gigabit. Ces disparités peuvent s’expliquer par le fait que les États membres ne partent pas tous du même niveau en ce qui concerne la qualité et l’étendue de l’infrastructure existante, ainsi que par leurs différences géographiques et par leurs approches différentes du financement public du déploiement de la fibre et du traitement réglementaire de l’accès aux réseaux existants. Éviter le doublonnement inutile des infrastructures, en particulier celles qui sont financées par l’État, est une stratégie qui a porté ses fruits, par exemple en France.

Une importante fracture numérique subsiste entre les zones urbaines et rurales de l’Union européenne. La couverture par VHCN fixe (FTTP et DOCSIS 3.1) a augmenté de 11,5 points de pourcentage, passant de 44,2 % en 2022 à 55,7 % en 2023, ce qui reste nettement inférieur à la couverture par VHCN fixe globale (78,8 %). La couverture FTTP dans les zones rurales a augmenté de 12,1 points de pourcentage pour atteindre 52,8 % en 2023, soit un niveau inférieur à celui de la couverture FTTP globale (64,0 %). La couverture 5G dans les zones rurales augmente rapidement puisqu’elle a gagné 22,7 points de pourcentage en un an, pour atteindre 73,7 % en 2023. Cela reste toutefois nettement inférieur à la couverture 5G globale (89,3 %).

Du côté de la demande, l’adoption des connexions d’au moins 1 Gbps restait très faible en 2023, à 18,5 % 56 , tandis que dans 20 États membres, moins de 10 % des consommateurs avaient adopté les services à haut débit. L’adoption des abonnements à haut débit fixe est plus faible dans l’UE qu’aux États-Unis (20,44 %), en Corée du Sud (88,04 %) et au Japon (84,77 %) 57 .

Figure 2. Couverture par FTTP dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024

Si le déploiement de la 5G touche actuellement 89,3 % de la population de l’UE (avec une couverture de seulement 73,7 % dans les zones rurales), il ne permet toujours pas d’offrir des performances améliorées de la 5G partout en Europe. La majeure partie du déploiement actuel de la 5G peut être classée dans la catégorie «5G de base», et il reste nécessaire d’améliorer la qualité du service et de fournir des fonctionnalités supplémentaires pour répondre à la demande de services 5G améliorés. Cela est également nécessaire à l’obtention d’un continuum informatique englobant la connectivité, le nuage/l’IA et l’internet des objets.

La 5G «autonome», qui garantit une fiabilité élevée et une faible latence, ce qui est essentiel pour permettre des fonctionnalités avancées, n’est toujours pas déployée à une échelle significative, à l’exception de très rares cas de réseaux privés.

Dans le même temps, en 2023, la couverture 5G dans la bande de fréquences 3,4-3,8 GHz (bande 3,6 GHz), qui est considérée comme la bande pionnière de la 5G dans l’Union et qui est la seule bande moyenne largement disponible à grande échelle offrant la possibilité de grandes portions de spectre contigu de 80-100 MHz, ne représentait que 50,6 %. Cette bande est essentielle car elle offre la possibilité d’atteindre une couverture 5G de haute qualité (en offrant un bon équilibre entre couverture et capacité).

L’accélération du déploiement est capitale car la disponibilité d’une infrastructure 5G dense et de haute qualité est non seulement un moteur majeur de la compétitivité actuelle de l’UE, mais aussi le principal fondement du futur déploiement de la 6G, qui réutilisera de grandes parties de l’infrastructure 5G (par exemple, la collecte en fibre optique, les satellites LEO, etc.).

Dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique, 24 États membres ont fourni des trajectoires pour la cible relative à la connectivité gigabit et la cible relative à la couverture 5G. La plupart des valeurs des cibles définies par les États membres pour 2030 (23 sur 24 pour la connectivité gigabit et 22 sur 24 pour la 5G) incluaient la 5G de base et le réseau à très haute capacité (VHCN) 58 .

Au total, les États membres ont communiqué 93 mesures contribuant à la cible «connectivité gigabit», pour un budget total de 82 milliards d’EUR. La plupart des mesures sont axées sur des interventions réglementaires visant à faciliter le déploiement des réseaux, y compris la réglementation de l’accès et la réutilisation de l’infrastructure physique, le soutien financier pour le déploiement de réseaux dans les zones qui ne sont pas commercialement viables (y compris les zones rurales et les régions ultrapériphériques) ou pour le déploiement de réseaux dorsaux.

Les États membres ont communiqué 35 mesures contribuant à la réalisation de la cible «couverture 5G», pour un budget total de 7 milliards d’EUR. La plupart d’entre elles se concentrent sur la gestion du spectre, y compris l’attribution du spectre, ainsi que sur des interventions réglementaires visant à faciliter le déploiement des réseaux.

Il est nécessaire d’accélérer le déploiement des réseaux de connectivité ainsi que de les faire évoluer vers un réseau «Informatique collaborative connectée» («réseau 3C»), comme décrit dans le livre blanc sur la connectivité intitulé «Comment maîtriser les besoins de l’Europe en matière d’infrastructures numériques?», publié en février 2024 et soumis à l’avis du public 59 .

Selon les estimations, la logiciellisation et la mise en nuage croissantes des réseaux de communications électroniques nécessitent 80 milliards d’EUR d’investissements supplémentaires d’ici à 2027, qui viennent s’ajouter aux plus de 200 milliards d’EUR d’investissements manquants qu’il faudra trouver dans les six prochaines années pour atteindre les objectifs de connectivité de la décennie numérique 60 .

Ces estimations nécessitent des efforts soutenus de la part des opérateurs privés et des pouvoirs publics, dépassant largement les montants budgétisés par les États membres dans leurs feuilles de route nationales, si l’on veut garantir la connectivité gigabit de haute qualité rapide, à haute fiabilité et à faible latence dont les utilisateurs auront besoin d’ici à 2030. Il convient également de redoubler d’efforts afin de remédier à la fragmentation unique des marchés de détail des télécommunications européens et de créer les conditions propices à leur expansion.

Le livre blanc sur la connectivité décrit l’avenir des infrastructures de réseaux numériques de l’UE et les défis qui y sont liés. Il souligne la nécessité d’investir dans la recherche et le déploiement des capacités technologiques et dans des infrastructures numériques sûres et résilientes, ainsi que de créer un véritable marché unique des réseaux de communications permettant de faire passer le secteur du marché traditionnel de l’internet pour les consommateurs à un continuum informatique, qui est notamment constitué de semi-conducteurs et autres composants pour processeurs ultrarapides intégrés dans des dispositifs, de l’informatique de périphérie fonctionnant en cohésion avec des services en nuage centralisés, et d’applications fondées sur l’IA gérant le réseau.

L’entreprise commune «Réseaux et services intelligents» réunit l’industrie et les organismes publics dans le cadre d’une plateforme de l’UE pour le financement de la R&I en faveur des systèmes 5G avancés et 6G, afin de tirer parti de la force de l’UE en matière d’offre de réseaux et de l’élargir à l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris à l’informatique en nuage et aux logiciels ainsi qu’aux appareils et composants. L’entreprise commune «Réseaux et services intelligents» a lancé la recherche sur la 6G en Europe en cofinançant 63 projets de recherche et d’innovation sur les réseaux 5G avancés et 6G, couvrant les architectures, les communications sans fil optiques avancées, les réseaux non terrestres et les communications sûres et fiables.

Le livre blanc souligne également l’importance des infrastructures de câbles sous-marins, qui transportent plus de 99 % du trafic intercontinental de données et pour lesquelles une recommandation aux États membres 61 a été adoptée en février 2024. Cette recommandation vise à encourager les actions visant à réaliser une cartographie précise des infrastructures câblées existantes, afin de faciliter une évaluation à l’échelle de l’UE des risques, des vulnérabilités et des dépendances, en particulier à l’égard de fournisseurs à haut risque. Ces risques seront atténués au moyen d’une «boîte à outils pour la sécurité du câble», une gouvernance commune des technologies par câble et des services de pose de câbles garantissant une réparation et une maintenance rapides et sûres des câbles, ainsi que l’identification et le financement de projets critiques de câbles d’intérêt européen (PCIE) à l’intérieur de l’UE et à l’échelle mondiale.

Connectivité – Politiques, mesures et actions recommandées

Achever le marché unique numérique

Les États membres sont encouragés à collaborer avec la Commission afin de prendre des mesures visant à transformer le secteur des communications électroniques et à permettre aux opérateurs d’atteindre une taille critique.

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient prendre des mesures ciblées afin d’encourager la demande en réseaux fixes et mobiles améliorés, qui est elle-même liée au développement d’applications à forte intensité de données et de cas d’utilisation, fondés, par exemple, sur l’informatique de périphérie, l’IA et l’internet des objets, y compris par les PME.

Les États membres devraient prendre des mesures ciblées en vue de promouvoir l’adoption des réseaux en gigabit par les utilisateurs finaux, notamment en appliquant des bonnes pratiques afin de connecter les utilisateurs finaux, y compris à des applications innovantes, et devraient, le cas échéant, mettre en place des dispositifs de soutien afin d’encourager l’adoption par les utilisateurs finaux et de garantir l’accessibilité financière d’un accès au haut débit de meilleure qualité.

Les États membres devraient envisager des aides publiques supplémentaires, associées à des fonds européens, et encourager les investissements privés, afin d’atteindre les zones de défaillance du marché et de faciliter le développement de nouveaux cas d’utilisation de la 5G fondés sur une connectivité avancée et de nouveaux écosystèmes correspondants, tels que la mobilité connectée et automatisée, les villes intelligentes et la santé en ligne.

Ils devraient garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications B2B et B2C innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de cœurs de réseaux 5G autonomes. Les États membres pourraient envisager des partenariats public-privé lorsque cela s’avère approprié, dans lesquels, par exemple, les capitaux publics prennent la forme de garanties ou de co-investissements juniors, dans des conditions de marché, afin d’aider le secteur des communications électroniques à financer sa transformation.

Les États membres devraient intégrer une dimension de durabilité marquée dans le développement et le déploiement de la 6G, en s’alignant notamment sur le futur code de conduite de l’UE et en tirant parti de la taxinomie de l’UE.

Encourager la coopération entre États membres

Les États membres devraient mettre en œuvre la nouvelle recommandation relative aux câbles sous-marins le plus rapidement possible afin de garantir une cartographie et une évaluation coordonnées de nos infrastructures de câbles, en établissant une «boîte à outils pour la sécurité du câble» comportant des mesures d’atténuation ainsi qu’une liste des projets de câbles d’intérêt européen.

2.1.3.2. Semi-conducteurs

Les semi-conducteurs représentent la «machine à vapeur» de la transformation numérique et écologique: ils fournissent des applications et des infrastructures critiques pour les smartphones et les voitures, les soins de santé, l’énergie, les communications, la défense, l’espace et l’automatisation industrielle. Le marché des semi-conducteurs devrait voir sa valeur doubler au cours de cette décennie par rapport à son niveau de 2021, puisqu’il devrait atteindre plus de 1000 milliards d’USD d’ici à 2030 62 . Cette expansion englobe des domaines tels que la conception de puces électroniques, la production de wafers, la fourniture de produits chimiques, le conditionnement et les biens de production.

Les semi-conducteurs sont au cœur des intérêts géostratégiques et des stratégies industrielles et de sécurité dans le monde entier. Nos partenaires et concurrents déploient d’importants investissements publics et privés ainsi que des mesures économiques offensives afin de garantir l’approvisionnement et la capacité de production de leurs économies.

Si les chaînes d’approvisionnement sont interconnectées à l’échelle mondiale, dans la plupart des segments, elles restent fortement concentrées en Asie, ce qui crée des dépendances à l’égard des concepteurs et fabricants de puces et des installations de conditionnement (y compris de conditionnement avancé) des pays tiers, susceptibles d’entraîner des pénuries d’approvisionnement perturbant des secteurs industriels entiers (par exemple, l’industrie automobile, l’automatisation industrielle ou les communications).

Encadré: mettre à profit les meilleurs services de calcul à haute performance (CHP) européens pour les modèles d’IA. La progression rapide des services d’IA repose largement sur l’intégration de puces spécialisées optimisées pour les algorithmes d’apprentissage automatique, tels que les unités de procédé génériques (general processing units ou GPU). Ces puces permettent de traiter efficacement de grandes quantités de données et d’alimenter les applications d’IA dans différents secteurs, notamment les soins de santé, la finance et les véhicules autonomes. De même, les systèmes CHP, illustrés par des projets tels que JUPITER, dépendent fortement des technologies de pointe en matière de semi-conducteurs pour atteindre des capacités de calcul sans précédent, tandis que les GPU avancés jouant un rôle central dans l’accélération des simulations complexes et des tâches d’analyse de données. JUPITER sera le premier supercalculateur exaflopique d’EuroHPC, situé sur le campus Forschungszentrum Jülich en Allemagne et exploité par le centre de supercalcul de Jülich. Il sera fondé sur l’architecture à refroidissement liquide direct BullSequana XH3000 d’Eviden, qui intègre la technologie NVIDIA dans ses puces semi-conductrices de pointe. Cette intégration souligne le rôle essentiel des puces avancées dans la réalisation de simulations et d’applications d’IA révolutionnaires, marquant ainsi une étape importante dans la poursuite de la primauté technologique de l’Europe dans le domaine du calcul à haute performance et de l’IA générative.

L’ambition de l’Europe dans le cadre de la décennie numérique est de doubler sa part de la production mondiale (de 10 à 20 %) et d’asseoir sa primauté sur la scène mondiale dans ce secteur, en effectuant des investissements ciblés visant à produire les semi-conducteurs les plus avancés (procédé de gravure en 2 nanomètres). L’UE peut mettre à profit ses capacités de recherche (IMEC, CEA-LETI et Fraunhofer) et ses capacités technologiques (ASML, ASM, produits chimiques) considérables, qui sont à la pointe du progrès en ce qui concerne les puces les plus avancées, grâce aux stratégies et aux investissements réalisés par le passé.

En 2022, la part de marché combinée de la chaîne de valeur des semi-conducteurs de l’UE-27 s’élevait à 90 milliards d’EUR, soit 9,8 % des recettes de la chaîne de valeur mondiale. Les recettes ont fortement augmenté par rapport aux niveaux de 2019 (57 milliards d’EUR), mais la part de marché a légèrement diminué, puisqu’elle était de 9,9 % en 2019. Les États-Unis sont actuellement le numéro un sur le marché (environ 40 %), suivis de Taïwan (15 %), de la Corée du Sud (13,2 %), du Japon (12,4 %) et de l’EU-27, dont les recettes représentent 9,8 % du marché mondial en valeur selon les estimations d’International Data Corporation 63 . En ce qui concerne les sièges nationaux, les recettes totales cumulées de la chaîne de valeur de l’EU-27 sont concentrées aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Autriche, en Belgique et au Luxembourg. La fabrication de semi-conducteurs représente 56 % des recettes totales de la chaîne de valeur, tandis que les équipements représentent 29 %.

La cible fixée pour l’UE par le programme pour la décennie numérique en ce qui concerne les semi-conducteurs de pointe consiste à atteindre une part de marché de 20 % en valeur à l’horizon 2030. Toutefois, à ce stade, les semi-conducteurs de pointe ne sont toujours pas disponibles sur le marché et il est prévu de réaliser d’importants investissements dans l’UE qui stimuleront les capacités de fabrication en Europe dans les années à venir.

Entre 2022 et 2023, les recettes dans l’UE ont diminué de 3 % (passant de 90 à 87 milliards d’EUR), tandis que les recettes mondiales ont chuté de 14 % (passant de 918 à 791 milliards d’EUR). Dans ce contexte difficile, la prochaine étape pour l’UE consistera à renforcer l’écosystème des semi-conducteurs en Europe, de la R&I aux capacités de fabrication, en développant la présence industrielle tout au long de la chaîne d’approvisionnement. En 2024, l’UE est confrontée à un défi majeur en ce qui concerne la mise en place d’un réseau de production solide, qui nécessite un apport financier massif. Elle doit notamment remédier aux faiblesses de la conception, de la fabrication, de l’assemblage et du conditionnement des puces, étant donné que la fabrication dans l’UE a diminué au fil du temps en raison de son externalisation vers des fonderies en dehors de l’UE et des effets de la pénurie de 2020-2021.

Avec le règlement de l’UE sur les semi-conducteurs, entré en vigueur le 21 septembre 2023, le deuxième projet important d’intérêt européen commun dans le domaine de la microélectronique et des technologies de la communication (PIIEC ME/TC) et l’alliance pour les processeurs et les technologies des semi-conducteurs, l’UE a pris des mesures audacieuses afin de mettre en œuvre sa vision d’une Europe devenant un acteur majeur de la fabrication de semi-conducteurs d’envergure mondiale. La réalisation des objectifs ambitieux de la décennie numérique nécessitera un effort continu et concerté de la part des entités européennes.

Dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique, les États membres ont communiqué au total 47 mesures contribuant à cette cible, dotées d’un budget total de 48,6 milliards d’EUR, soit le troisième budget le plus élevé indiqué pour une cible. La plupart des mesures sont axées sur le soutien à la recherche et au développement ainsi qu’à la capacité de production et au déploiement industriel des semi-conducteurs, notamment par l’intermédiaire du PIIEC sur la microélectronique et les technologies de la communication. En outre, deux États membres (la Pologne et la Slovénie) fournissent également des valeurs cibles et des trajectoires nationales pour la cible relative aux semi-conducteurs ou pour les éléments qui y contribuent.

Semi-conducteurs – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser les investissements et encourager la coopération entre les États membres

Les États membres devraient stimuler les capacités nationales sûres et durables de conception et de fabrication de puces électroniques, notamment en relocalisant les activités d’assemblage et de conditionnement à l’intérieur de l’UE, en améliorant les compétences numériques dans les technologies de pointe dans tous les secteurs et en renforçant l’engagement à l’égard de l’écosystème européen.

Achever le marché unique numérique

Les États membres devraient envisager d’adopter des politiques visant à tirer parti de l’électronique de confiance, le cas échéant en prenant en compte, dans les appels d’offres publics (par exemple, pour les réseaux de communications ou les infrastructures de données), les normes, les certifications et les exigences communes en matière de puces sécurisées, y compris les exigences de sécurité et les spécifications connexes fondées sur les performances.

Les États membres devraient concevoir une politique plus forte en matière d’investissements directs étrangers afin de conserver la propriété intellectuelle en Europe.

2.1.3.3. Nœuds périphériques

Le développement des nœuds périphériques ne représente pas seulement un changement de paradigme en faveur d’un modèle décentralisé de stockage des données, assurant un traitement des données à faible latence et respectueux de la vie privée. Il illustre également le rôle que joueront les infrastructures de numérisation à l’avenir, en tant qu’élément essentiel pour la mise en place d’infrastructures innovantes et efficaces, reposant sur les logiciels fondés sur l’IA, les réseaux informatiques et les réseaux de télécommunications. Cette révolution est également l’occasion pour l’UE de préserver la sécurité, la souveraineté et l’indépendance technologique de ses réseaux numériques en tant qu’infrastructures critiques.

Figure 3: Déploiement des nœuds périphériques (projection pour l’UE jusqu’en 2030) 64

Le programme d’action pour la décennie numérique vise à déployer au moins 10 000 nœuds périphériques hautement sécurisés et neutres pour le climat, répartis de manière à garantir aux entreprises, où qu’elles se trouvent, un accès aux services de données avec une faible latence (à savoir quelques millisecondes). 

Le déploiement total des nœuds périphériques dans l’UE a atteint, selon les estimations, 1 186 unités en 2023, soit une augmentation par rapport aux 499 unités enregistrées en 2022. Cette estimation reste insuffisante pour atteindre pleinement la cible, puisqu’elle ne représente que 12 % de la cible concernant les nœuds périphériques à l’horizon 2030. En outre, le marché est loin d’être parvenu à maturité, étant donné que seuls 12 % de ces nœuds déployés sont destinés à la production, tandis que les 88 % restants sont utilisés à des fins d’essais et de recherche.

Selon les premières conclusions de l’Edge Observatory et les chiffres de l’IDC 65 , les dépenses effectuées par l’Europe en 2023 dans l’informatique de périphérie ont représenté 22 % des dépenses mondiales dans ce domaine (190 milliards d’EUR en 2023). Les États-Unis devraient dépenser le plus pour l’informatique de périphérie, avec plus de 40 % des dépenses mondiales totales, suivis par l’Europe et la Chine. L’Amérique latine et la Chine devraient connaître la croissance des dépenses la plus rapide au cours des cinq prochaines années.

La répartition des nœuds périphériques dans l’UE présente d’importantes disparités géographiques, les pays les plus avancés étant la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Ces États membres ont le potentiel de créer des tendances et de diffuser les meilleures pratiques, en s’appuyant notamment sur le taux d’investissement rapide de la France dans l’infrastructure informatique de périphérie et l’adoption de technologies connexes depuis le début des années 2020, ainsi que sur les pratiques de l’Espagne en matière de passation de marchés, qui visent à encourager les marchés respectueux de l’environnement en s’appuyant sur les 59 % d’entreprises qui tiennent compte de l’incidence environnementale des services ou équipements de TIC avant d’opérer un choix.

Six États membres (la Croatie, la Grèce, l’Italie, l’Irlande, la Pologne et la Slovénie) ont présenté une trajectoire pour la cible relative aux nœuds périphériques dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique. Au total, 19 mesures contribuant à cette cible ont été communiquées, pour un budget total de 2 milliards d’EUR.

La plupart des mesures sont axées sur le soutien au déploiement de nœuds périphériques, y compris à des fins de recherche et/ou de premier déploiement industriel, dans le cadre du projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) sur les infrastructures et services d’informatique en nuage de nouvelle génération, et sur le soutien à la recherche et au développement dans le domaine des nœuds périphériques.

Nœuds périphériques – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient soutenir le déploiement de nœuds périphériques sûrs et durables dans le cadre de leurs stratégies en matière de connectivité, d’internet des objets et d’IA.

Achever le marché unique numérique

Les États membres devraient veiller à ce que le déploiement de nœuds périphériques ne crée pas de nouvelles fractures au sein du marché unique.

2.1.3.4. Informatique quantique

Les technologies quantiques transformeront profondément l’industrie et la société de l’UE, en permettant de réaliser d’énormes gains de productivité et en revitalisant l’industrie, en permettant la réalisation de tâches informatiques complexes, telles que la modélisation des réactions biomoléculaires et chimiques, en accélérant le diagnostic fiable et le traitement des maladies et en protégeant les systèmes de communication au moyen de clés extrêmement sûres. Elles seront essentielles pour garantir la souveraineté européenne, comme souligné dans la stratégie européenne en matière de sécurité économique 66 et la recommandation de la Commission relative aux domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’Union en vue d’une évaluation approfondie des risques avec les États membres 67 .

Depuis 2018, l’UE et ses États membres ont engagé plus de 8 milliards d’EUR en faveur des technologies quantiques, un montant complété par le lancement de projets multinationaux, par des accords individuels et, plus récemment, par la déclaration européenne sur les technologies quantiques, dont la signature par les États membres est en cours.

Dans ce contexte, le premier jalon de la cible de la décennie numérique – à savoir disposer d’un premier ordinateur à accélération quantique d’ici à 2025devrait être atteint cette année. Le projet HPC-QS 68 devrait bientôt déployer deux systèmes fabriqués par la start-up française PASQAL, qui était au départ un projet financé par l’initiative phare concernant les technologies quantiques, dotée d’un budget d’un milliard d’EUR, en France (GENCI) et en Allemagne (Jülich). La suite des travaux de l’initiative phare concernant les technologies quantiques et l’acquisition et le déploiement en cours d’autres systèmes d’informatique et de simulation quantiques sous la supervision de l’entreprise commune EuroHPC, ainsi que la poursuite du développement et du déploiement de l’infrastructure européenne de communication quantique (EuroQCI) lancée en 2019, d'une part, et d’infrastructures avancées de détection quantique, d'autre part, aideront l’UE à progresser vers la réalisation de sa cible à l’horizon 2030, à savoir disposer de trois ordinateurs quantiques basés sur la technologie européenne.

Figure 4. Nombre d’ordinateurs quantiques dans l’UE. Trajectoire à l’horizon 2030

L’écosystème quantique est également relativement solide dans l’UE, qui compte le plus grand nombre de start-up dans le domaine des technologies quantiques au monde, pondéré en fonction du PIB.

Figure 5. Évaluation comparative internationale des start-up dans le domaine des technologies quantiques 69

En revanche, l’investissement public européen dans les technologies quantiques, bien que prometteur, n’a pas encore été égalé par le secteur privé: en 2021, environ 25 % des acteurs du secteur des technologies quantiques dans le monde étaient basés en Europe, mais la région avait reçu moins de 5 % du financement mondial. L’industrie européenne doit recenser les cas d’utilisation des technologies quantiques susceptibles de transformer la productivité et d’apporter des améliorations concrètes dans la vie quotidienne et procéder aux investissements nécessaires.

Six États membres (la Tchéquie, l’Allemagne, la Finlande, la Croatie, l’Italie et la Pologne) ont fourni une trajectoire pour la cible relative aux technologies quantiques dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique. En outre, les États membres ont communiqué 58 mesures contribuant à cet objectif, pour un budget total de 3,7 milliards d’EUR.

La plupart de ces mesures sont axées sur le soutien à la recherche et au déploiement dans le domaine de l’informatique quantique dans les entreprises, y compris dans le cadre de l’entreprise commune pour le calcul à haute performance européen, ainsi que sur le soutien au déploiement des technologies quantiques. Seul un très faible nombre de mesures, en Lettonie et en Croatie, se concentrent sur des activités soutenant les travaux «depuis le laboratoire jusqu’au marché», c’est-à-dire la commercialisation de nouvelles solutions et de nouveaux services sur le marché.

Si les progrès accomplis à ce jour sont prometteurs, une plus grande coordination et une action commune sont nécessaires pour atteindre la cible à l’horizon 2030, en s’appuyant sur la déclaration européenne sur les technologies quantiques de décembre 2023 70 .

Informatique quantique – Politiques, mesures et actions recommandées

Encourager la coopération entre les États membres

Les États membres devraient œuvrer en vue d’atteindre les objectifs de la déclaration quantique, c’est-à-dire collaborer entre eux et avec la Commission dans le domaine stratégique et à fort potentiel des technologies quantiques, dans le but ultime de faire de l’UE la «Quantum Valley» du monde.

Les États membres devraient coordonner leurs investissements dans les technologies quantiques et s’efforcer de remédier au niveau relativement faible des investissements du secteur privé européen.

2.2. Soutenir les écosystèmes numériques à l’échelle de l’UE et développer les entreprises innovantes

La capacité des entreprises à exploiter de puissants écosystèmes numériques et à adopter la numérisation est essentielle à la prospérité et à la compétitivité de l’UE à long terme. La numérisation permet aux entreprises de rationaliser leurs opérations, de gagner en efficacité et de s’adapter rapidement à l’évolution de la dynamique du marché, tout en renforçant la prééminence, la flexibilité et la résilience face aux perturbations du marché.

2.2.1. Promouvoir la transformation numérique des entreprises de l’UE

L’adoption des technologies numériques par les entreprises est essentielle pour garantir une convergence de la productivité entre les entreprises chefs de file et celles qui sont à la traîne, éviter le renforcement de l’effet «le gagnant prend tout» et assurer la diffusion des gains de productivité dans l’ensemble de l’économie. Pour profiter des gains de productivité rendus possibles par les technologies numériques, il faut non seulement un accès à des technologies sûres et abordables, mais aussi des changements complémentaires dans l’organisation des entreprises, sous l’impulsion de facteurs liés à la gestion et aux compétences 71 .

2.2.1.1. Adoption des technologies numériques avancées

En 2023, l’adoption des technologies numériques par les entreprises européennes est restée bien en deçà des objectifs de la décennie numérique, en particulier en ce qui concerne l’IA et les mégadonnées. Eu égard aux tendances actuelles, et en l’absence d’investissements et d’incitations supplémentaires, les objectifs ne seront pas atteints d’ici à 2030: selon l’estimation de la trajectoire de référence, seules 64 % des entreprises utiliseront l’informatique en nuage, 50 % les mégadonnées et 17 % l’IA, ce qui est loin de l’objectif de 75 % fixé pour 2030 72 . Une autre préoccupation majeure est la diminution de la part de marché des fournisseurs européens de services d’informatique en nuage, qui est passée de 27 % en 2017 à 13 % au deuxième trimestre de 2022 73 .

25 États membres ont fourni une trajectoire pour l’adoption des services d’informatique en nuage, des mégadonnées ou de l’intelligence artificielle dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique. Si l’on prend chacune de ces trois technologies individuellement, le Danemark a retenu une valeur cible nationale supérieure à 75 % pour les services d’informatique en nuage et l’IA et la Suède a fait de même pour les services d’informatique en nuage.

Les États membres ont communiqué au total 164 mesures contribuant à l’adoption des services d’informatique en nuage, des mégadonnées ou de l’intelligence artificielle, pour un budget total de 10,1 milliards d’EUR. Les mesures se concentrent principalement sur trois aspects: i) le renforcement des écosystèmes, du partage d’informations et de l’échange de connaissances sur l’adoption de l’informatique en nuage/de l’IA/des mégadonnées; ii) les conditions-cadres propices à l’adoption de ces trois technologies, y compris l’accès à la formation et au soutien financier (par exemple, au moyen de programmes de financement); et iii) le soutien au développement des capacités en matière d’IA, d’informatique en nuage et de mégadonnées, y compris au moyen de la R&D pour les technologies avancées. Les mesures visant à promouvoir le déploiement et la mise en place de solutions industrielles viables sur le marché sont nettement moins nombreuses: seuls la Belgique, le Danemark, la Grèce, la Roumanie, la Suède et la Slovaquie ont communiqué des mesures à ce sujet dans leurs feuilles de route.

Adoption des services en nuage

En 2023, la valeur économique des flux européens de données en nuage a été estimée à 107 milliards d’EUR, dont 77 milliards d’EUR dans l’UE (selon les estimations, elle atteindra 328 milliards d’EUR d’ici à 2035). La valeur économique totale des flux de données en nuage en Europe en 2023 est donc supérieure à la valeur individuelle des PIB de la Bulgarie, de la Croatie, de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie.

En 2023, alors que les prévisions du marché européen de l’informatique en nuage tablaient sur une valeur de 560 milliards d’EUR 74 , à peine plus d’une entreprise de l’UE sur trois (38,9 %) avait adopté l’informatique en nuage, avec des différences marquées en fonction de l’État membre, de la taille de l’entreprise et du type de service en nuage. Cela représente une augmentation de 4,9 points de pourcentage par rapport à la dernière mesure effectuée en 2021, soit une progression annuelle de près de 7 %. Ce chiffre reste inférieur à la progression annuelle de plus de 9 % nécessaire jusqu’à la fin de la décennie pour atteindre la cible.

Figure 6. Pourcentage d’entreprises utilisant des services en nuage dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024

L’UE doit accélérer l’adoption des services en nuage, tout en veillant au respect des valeurs et intérêts fondamentaux de l’Europe. Les initiatives et stratégies de diffusion et d’exploitation, élaborées conjointement par les acteurs des secteurs public et privé, doivent stimuler fortement l’utilisation de nouvelles solutions avancées en matière d’informatique en nuage, telles que celles qui devraient être développées dans le cadre du PIIEC CIS, en particulier dans l’écosystème des PME. Le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage devrait jouer un rôle clé dans cette diffusion, en plus des engagements en matière de retombées et de diffusion pris par les participants directs au PIIEC CIS.

Ces dernières années, d’importantes interventions publiques ont ciblé l’offre du marché européen de l’informatique en nuage, dans le but de favoriser la diversification en encourageant le développement et le déploiement d’offres commerciales nuage-périphérie fiables et interopérables adaptées aux besoins des utilisateurs européens. Ces interventions ont été réalisées au moyen d’investissements (par exemple, dans le cadre du PIIEC CIS ou du programme pour une Europe numérique, qui couvre l’acquisition du logiciel intermédiaire intelligent Simpl), des dispositions du règlement sur les données relatives au changement de fournisseur visant à éliminer les pratiques menant à une dépendance à l’égard des fournisseurs et d’autres initiatives telles que l’alliance européenne pour les données industrielles, la périphérie et le nuage.

Si cette intervention a amorcé une évolution vers un marché européen de l’informatique en nuage plus diversifié, des obstacles importants subsistent, tels que des pratiques de marché déloyales, y compris des pratiques de ventes liées et groupées, des relations contractuelles inéquitables limitant le pouvoir de négociation des clients 75 et des pratiques de télémesure au moyen desquelles les fournisseurs profitent des métadonnées de leurs clients pour obtenir des avantages concurrentiels.

Adoption de l’intelligence artificielle

L’adoption de l’IA est sans aucun doute l’aspect le plus urgent et crucial de la numérisation des entreprises dans l’UE. Cette technologie est celle dont l’adoption a le moins progressé en 2023, aucune amélioration perceptible n’étant observée par rapport à 2021. Entre 2021 et 2023, le pourcentage d’entreprises utilisant l’IA a peu évolué, passant de 7,6 % en 2021 à 8 % en 2023. Au rythme de progression actuel, l’adoption de l’IA risque de rester inférieure à 17 % en 2030.

Figure 7. Pourcentage d’entreprises utilisant l’IA dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024

L’UE accuse actuellement un retard par rapport à ses concurrents internationaux en ce qui concerne l’adoption des technologies émergentes, dont l’IA. Les investissements en capital-risque dans l’IA sont également faibles par rapport aux États-Unis et à la Chine.

Figure 8. Évaluation comparative internationale des investissements en capital-risque dans l’IA

L’année 2023 a été décevante pour le marché européen du capital-risque, y compris pour les start-up dans le domaine de l’IA 76 . Les investissements en capital-risque dans les start-up européennes ont atteint 51,7 milliards d’EUR en 2023, mais cela représente une baisse de 45,6 % par rapport à 2022 77 . Les entreprises de l’UE continuent également de rencontrer des difficultés pour se développer, en raison des obstacles qui subsistent pour accéder au marché unique de l’UE.

Si certains signes sont encourageants, comme le grand nombre d’entreprises de l’UE expérimentant l’IA et le nombre élevé et croissant de start-up travaillant avec l’IA générative, des mesures vigoureuses sont nécessaires pour mieux progresser sur la voie de la réalisation de cette cible.

L’UE peut s’appuyer sur des actions telles que le récent train de mesures sur l’innovation en matière d’IA adopté le 24 janvier 2024, qui facilitera la création de fabriques d’IA, construites autour de supercalculateurs dédiés à l’IA, de centres de données associés connectés par des réseaux à haut débit et du capital humain correspondant.

Les consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC), qui encouragent la coopération entre les États membres, jettent également de nouvelles bases pour le développement de l’IA. Les deux premiers EDIC créés par la décision de la Commission de février 2024 se concentrent sur l’IA. L’un d’entre eux est le consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC), qui fournira un accès centralisé aux données linguistiques pour le développement de «grands modèles linguistiques» pour l’IA générative européenne, en offrant des outils précieux pour collecter les données nécessaires, en particulier aux États membres dont la visibilité linguistique est limitée. Un troisième EDIC intitulé Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE (EDIC LDT CitiVERSE) mettra en œuvre un écosystème numérique autour de composants d’infrastructure partagés et de technologies de pointe pour les données, les services fondés sur l’IA et les éléments connexes pour les communautés intelligentes fondées sur l’informatique en nuage.

Adoption des mégadonnées/utilisation de l’analyse des données

Les données sont le moteur de la formation et de l’amélioration des algorithmes d’intelligence artificielle (IA) et constituent un élément essentiel de l’innovation en matière d’IA. En 2023, seules 33,2 % des entreprises européennes ont utilisé l’analyse des données, avec de grandes disparités entre les États membres. Si les progrès ne s’accélèrent pas, le taux d’adoption devrait atteindre à peine plus de 50 % d’ici à 2030, soit 25 points de pourcentage de moins que la cible fixée pour 2030.

Figure 9. Proportion d’entreprises utilisant l’analyse des données dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024

Plus généralement, les derniers chiffres 78 indiquent que l’économie fondée sur les données de l’UE a connu une croissance en 2023 pour atteindre 544,1 milliards d’EUR, contre 497,8 milliards d’EUR en 2022, soit 4,2 % du PIB de l’UE. Dans le scénario de référence, la valeur de l’économie fondée sur les données de l’UE augmentera pour atteindre 851,5 milliards d’EUR d’ici à 2030, soit 5,8 % du PIB global de l’UE.

L’économie fondée sur les données de l’UE employait environ 7,66 millions de professionnels des données en 2023, soit 4,3 % de l’emploi total. Dans le même scénario de référence, on estime que, d’ici à 2030, le nombre de professionnels des données passera à 9,9 millions, avec un taux de croissance moyen composé de 3,5 % sur la période 2025-2030.

Le défi pour les années à venir consistera à mettre rapidement en œuvre tous les aspects de la stratégie européenne pour les données, en commençant par appliquer les dispositions du règlement sur la gouvernance des données 79 et du règlement sur les données 80 , afin de créer de la sécurité juridique et d’assurer un cadre juridique sûr et équitable pour l’économie fondée sur les données. Les parties prenantes devront également mettre l’accent sur le déploiement concret et l’interconnexion des espaces européens de données, ce qui permettra de créer un marché intérieur des données où la disponibilité des données sera accrue et où l'innovation et les politiques seront davantage fondées sur les données.

Adoption de l’informatique en nuage/IA/mégadonnées – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements 

Les États membres devraient adopter des mesures et allouer des ressources pour soutenir l’adoption, par les entreprises européennes, de solutions de souveraineté fiables fondées sur l’IA, accroître les investissements publics dans l’IA à usage général et générative et encourager les investissements privés.

Les États membres devraient encourager les efforts nationaux en faveur de l’adoption de l’informatique en nuage au moyen d’investissements ciblés sur l’informatique en nuage et de stratégies d’exploitation de solutions avancées dans le domaine de l’informatique en nuage dans les entreprises (en particulier les PME) ainsi que de l’élaboration de programmes spécifiques d’acquisition de compétences, y compris en ce qui concerne la sécurité de l’informatique en nuage et les performances environnementales.

Les États membres devraient favoriser la cohérence et les synergies lorsqu’ils font appel à la facilité pour la reprise et la résilience pour investir dans la mise en nuage des entreprises.

Diffuser des technologies numériques

Les États membres devraient promouvoir la mise à disposition d’un soutien juridique et technique pour acquérir et mettre en œuvre des solutions fiables et souveraines fondées sur l’IA dans tous les secteurs.

Les États membres devraient veiller à ce que tous les acteurs des pouvoirs publics et des entreprises adoptent une approche commune des efforts visant à accroître l’adoption de l’informatique en nuage par les entreprises.

Les États membres devraient encourager l’adoption de nouvelles solutions nuage-périphérie avancées par les PME en mettant en place des stratégies et des activités visant à exploiter pleinement le PIIEC CIS, en mettant à profit les activités de complémentarité du bureau d’exploitation et les engagements en matière de retombées déjà pris par les participants directs à ce PIIEC CIS. Les États membres qui ne participent pas à ce PIIEC devraient rechercher activement des moyens de se mobiliser pour bénéficier des retombées, se concerter et éventuellement établir, après une décision d’approbation, des collaborations avec les participants directs ou les partenaires indirects de ce PIIEC.

Achever le marché unique numérique et encourager la coopération entre les États membres

Les États membres devraient continuer d’encourager le partage fiable et sécurisé des données, notamment en soutenant le déploiement d’espaces européens communs des données et en mettant en œuvre la législation pertinente en matière de données telle que le règlement sur la gouvernance des données et le règlement sur les données. Dans ce contexte, les États membres devraient également tirer pleinement parti des EDIC pertinents nouvellement créés (ALT-EDIC et EDIC LDT CitiVERSE) et accélérer la création des autres EDIC pertinents en préparation (l’EDIC de données relatives à la mobilité et à la logistique et l’EDIC sur les communs numériques, par exemple).

2.2.1.2. Favoriser la numérisation des PME

Les progrès accomplis en 2023 sur la voie de la numérisation des PME restent insuffisants et sont très inégaux dans l’UE. Entre 2021 et 2023, soit les deux seules années comparables à ce jour, le pourcentage d’entreprises ayant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique a légèrement augmenté, passant de 54,8 % en 2021 à 57,7 % en 2023. Cela correspond à une progression annuelle modeste de 2,6 %, soit moins de la moitié du rythme de croissance requis pour atteindre la cible pour 2030 81 . Dans un scénario de statu quo, seules 68 % des PME seront numérisées d’ici à 2030, ce qui montre que des efforts supplémentaires sont nécessaires. La progression est également moins rapide qu’aux États-Unis 82 .

Figure 10. Indice d’intensité numérique, données historiques comparables, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 pour 2024

Ce pourcentage varie considérablement d’un État membre à l’autre: plus de 75 % des PME ont déjà atteint ce niveau en Finlande, en Suède, aux Pays-Bas, à Malte et au Danemark, tandis que moins d’un tiers l’a atteint en Bulgarie et en Roumanie.

Au cours de la période à venir, les pôles européens d’innovation numérique (EDIH) joueront un rôle essentiel en rapprochant les différentes initiatives numériques européennes des acteurs de terrain et en soutenant leur mise en œuvre au niveau local, tout en accompagnant les entreprises dans leurs efforts de numérisation.

25 États membres ont fixé, dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique, une valeur nationale et une trajectoire pour le pourcentage de PME atteignant un niveau élémentaire d’intensité numérique. La majorité de ces valeurs cibles nationales sont conformes à la cible de l’UE. Six États membres ont fixé une valeur cible inférieure à la cible de l’UE et quatre États membres (Allemagne, Pays-Bas, Suède et Danemark) en ont fixé une au-dessus de la valeur cible de l’UE.

Au total, 126 mesures contribuant à cette cible ont été communiquées, pour un budget total de 16 milliards d’EUR. L’accent est principalement mis sur le soutien à l’adoption et au déploiement des technologies numériques dans les entreprises, en particulier dans les PME, y compris sur la formation à l’utilisation des technologies numériques, ainsi que sur l’apport d’un soutien financier, par exemple dans le cadre de programmes de financement. D’autres mesures sont axées sur le renforcement de l’écosystème, du partage d’informations et de l’échange de connaissances sur les technologies numériques, notamment dans le cadre des EDIH. Seul un très petit nombre de mesures sont axées sur la commercialisation de nouvelles solutions et de nouveaux services sur le marché (par exemple en Bulgarie et au Portugal).

Numérisation des PME – Politiques, mesures et actions recommandées

Encourager la coopération entre États membres

Les États membres devraient renforcer leurs politiques et leurs incitations pour accélérer la numérisation des PME, notamment en adoptant des stratégies spécifiques, en partageant les bonnes pratiques et en s’appuyant sur des projets communs.

Les États membres devraient renforcer les liens entre les EDIH et d’autres réseaux (par exemple, les cadres de numérisation locaux et nationaux, les installations d’essai et d’expérimentation, les centres de compétences en cybersécurité nationaux et européens et les centres de calcul à haute performance) et les communautés. L’objectif est de garantir un écosystème cohérent qui offre des services complets de transformation numérique dans différents secteurs et technologies.

Les États membres sont notamment encouragés à donner la priorité à l’intégration et à l’adoption de l’IA dans le cadre des EDIH. Cela suppose notamment de fournir des services d’IA spécialisés et de faciliter l’accès, par exemple, aux installations d’essai et d’expérimentation de l’IA et à la plateforme d’IA à la demande.

Mobiliser des investissements

En outre, les États membres sont encouragés à relever le défi majeur du financement en faisant des EDIH les principaux points d’accès des entreprises aux possibilités qu’offrent les marchés publics dans les biens et services numériques et au capital-risque, à faciliter les liens avec les intermédiaires financiers et à s’appuyer sur le soutien de l’UE.

Diffuser des technologies numériques

Les États membres devraient intensifier leurs activités visant à favoriser la diffusion de l’utilisation des outils numériques par les PME, en particulier auprès des acteurs locaux (organisations professionnelles, villes, universités, etc.)

2.2.2. Développer les entreprises innovantes

L’écosystème des start-up et des licornes joue un rôle central dans l’accroissement de la compétitivité de l’UE. Ces entreprises favorisent la croissance économique en introduisant des technologies de rupture, en créant de nouvelles possibilités d’emploi, en promouvant l’innovation et en attirant les investissements. Elles incarnent la flexibilité, la créativité et la capacité d’adaptation, en poussant ainsi les industries traditionnelles à évoluer et à rester pertinentes sur un marché en évolution rapide. En outre, les start-up constituent un terreau fertile pour l’esprit d’entreprise, nourrissant une culture de prise de risque et d’innovation essentielle à la viabilité économique à long terme.

Ces dernières années, l’écosystème européen a réussi à augmenter le nombre de licornes, démontrant que l’Europe peut développer son propre modèle d’écosystème de start-up sur l’ensemble du continent, soutenu par l’engagement, pris dans le cadre de décennie numérique, d’au moins doubler le nombre de licornes par rapport au niveau de référence de 2022.

Pourtant, l’UE n’abrite actuellement qu’environ 13 % des licornes du monde entier. Fin 2023, l’UE comptait 263 licornes, soit une augmentation de 5,6 % par rapport à 2022 (249 licornes fin 2022). Il s’agit, tant en pourcentage qu’en chiffres absolus, d’une baisse significative de la croissance annuelle du nombre de licornes de l’UE par rapport à 2020 (environ 30 % d’augmentation) et à 2021 (environ 62 %). Le nombre de licornes créées dans l’UE en 2023 a été inférieur à celui enregistré chaque année depuis 2017, sur fond d’une contraction mondiale des marchés de capitaux privés tout au long de l’année 2023.

Figure 11. Évaluation comparative internationale des licornes

AU: Australie; CN: Chine, IL: Israël, JP: Japon, KR: République de Corée, UK: Royaume-Uni, US: États-Unis d’Amérique, EU: Union européenne

La différence entre le nombre absolu de licornes ayant leur siège dans l’UE et le nombre de licornes ayant leur siège dans d’autres grands pays reste marquée, avec 263 licornes dans l’UE 83 , contre 387 en Chine et 1 539 aux États-Unis à la fin de 2023. Cela souligne la nécessité d’une action ciblée tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, afin de garantir non seulement la réalisation de la cible de la décennie numérique à l’horizon 2030, qui est de 500 licornes dans l’UE, mais aussi de soutenir la croissance et d’égaler les performances d’autres régions du monde. 

Figure 12. Nombre de licornes dans l’UE. Données historiques et trajectoire de référence pour 2024

15 États membres ont fourni une trajectoire pour les licornes et les entreprises en expansion innovantes dans leur feuille de route stratégique nationale relative à la décennie numérique. Au total, les États membres ont communiqué 100 mesures contribuant à cette cible, pour un budget total de 26,4 milliards d’EUR.

La plupart des mesures sont axées sur l’accès au financement, y compris sur de nouvelles possibilités de financement adaptées aux différents cycles de vie des licornes et des entreprises en expansion. Parmi les autres aspects couverts figurent la promotion du transfert de technologies, de l’incubation, des entreprises issues de l’essaimage et des écosystèmes de start-up, ainsi que le soutien aux conditions-cadres et à la réglementation applicables aux start-up, dont des stratégies pertinentes et un cadre de promotion des activités d’innovation.

Les progrès accomplis en vue de la réalisation de la décennie numérique restent confrontés à de nombreux défis. La détérioration des conditions de financement externe va toucher durement les jeunes entreprises innovantes, en particulier celles qui introduisent des innovations sur le marché. Ces entreprises dépendent fortement du financement externe, ce qui les rend vulnérables à des conditions d’accès au financement plus strictes. Cette dépendance, conjuguée à leur exposition à une aversion pour le risque chez les investisseurs, accroît l’incertitude quant à leur stabilité financière. Il est donc essentiel de garantir des conditions de financement favorables afin de favoriser l’innovation et de soutenir la croissance de ces entreprises émergentes.

Par ailleurs, en raison d’un manque relatif de capitaux privés pour réaliser de gros investissements, trop de start-up dans l’UE sont contraintes de solliciter du capital de croissance à un stade avancé auprès de fonds de capital-risque situés dans des pays tiers 84 , ce qui les amène souvent à déplacer leur siège social en dehors de l’UE. L’adoption insuffisante des bonnes pratiques stratégiques établies dans les États membres réduit les possibilités pour les start-up d’attirer et de retenir des talents, d’accéder à des financements ou de décrocher des marchés publics avec leurs innovations.

À ce tableau peu propice à l’établissement de conditions propices à la création de licornes viennent s’ajouter les liens sous-optimaux entre les programmes de recherche nationaux et européens (essentiels pour aider les programmes d’innovation financés par l’UE à faire émerger des champions nationaux) et le soutien insuffisant pour encourager la création d’un plus grand nombre entreprises issues d’universités.

Licornes – Politiques, mesures et actions recommandées

Les États membres devraient mobiliser les politiques publiques – en particulier celles relatives au transfert de technologies et à l’utilisation du budget consacré aux marchés publics en vue d’acquérir des innovations auprès de start-up – afin de favoriser l’expansion des start-up et de faciliter la création d’entreprises issues d’universités et de centres de recherche. Les progrès accomplis dans ces domaines devraient faire l’objet d’un suivi.

Les États membres devraient mettre en place ou améliorer des initiatives politiques visant à accroître le montant et la diversité des capitaux privés (provenant, par exemple, des fonds de pension nationaux) disponibles pour le co-investissement dans de start-up à forte croissance.

2.3. Renforcement de la cybersécurité

Les objectifs de la décennie numérique 85 sont notamment d’améliorer la résilience aux cyberattaques, de contribuer à améliorer la sensibilisation aux risques et la connaissance des processus de cybersécurité et d’accroître les efforts des organisations publiques et privées visant à atteindre au moins un niveau élémentaire de cybersécurité. La décision relative à la décennie numérique prévoit la possibilité d’inclure des cibles spécifiques dans le cadre de son réexamen prévu en 2026 86 .

Par ailleurs, dans la déclaration sur les droits et principes numériques, l’UE et ses États membres se sont engagés à prendre de nouvelles mesures pour promouvoir la traçabilité et la sécurité des produits sur le marché unique numérique et pour protéger les personnes, les entreprises et les institutions publiques contre les risques de cybersécurité et la cybercriminalité, y compris au moyen d’exigences en matière de cybersécurité applicables aux produits connectés mis sur le marché unique 87 .

En 2023, le paysage des cybermenaces de l’UE a continué d’être fortement touché par des événements géopolitiques 88 , les opérations continuant à cibler les acteurs de l’UE, en particulier les pouvoirs publics, l’armée, les infrastructures critiques et les organismes chargés des affaires étrangères. Les menaces ont notamment pris la forme de rançongiciels, d’attaques physiques et contre les chaînes d’approvisionnement et de sabotages d’infrastructures numériques.

Le nombre de cyberattaques et d’opérations d’extorsion a augmenté en 2023 89 . Les groupes agissant au moyen de rançongiciels, motivés par des raisons géopolitiques, ciblent non seulement les entreprises, mais aussi les administrations publiques et les infrastructures critiques. L’Agence de l’UE pour la cybersécurité (ENISA) a elle-même enregistré plus de 2 500 cyberincidents entre juillet 2022 et juin 2023, dont 220 ciblaient spécifiquement deux pays de l’UE ou plus. Les administrations publiques et la santé ont été les principales cibles (respectivement 19 % et 8 %), tandis que 6 % des actes de piratage ont ciblé les secteurs de l’industrie de transformation, des transports et de la finance.

En avril 2023, la Commission a proposé le règlement sur la cybersolidarité, qui vise à renforcer la solidarité au niveau de l’Union afin de mieux détecter les menaces et incidents de cybersécurité, de mieux s’y préparer et de mieux y réagir. Le réseau de pôles nationaux et transfrontaliers contribuerait à renforcer la détection des menaces et des incidents de cybersécurité. Le mécanisme d’urgence dans le domaine de la cybersécurité améliorerait la préparation en établissant des tests de préparation coordonnés et d’autres mesures de préparation pour les entités importantes et essentielles. Ce mécanisme comprendrait également une réserve de cybersécurité de l’UE consistant en des services d’entreprises privées de confiance fournissant des services de sécurité gérés, tels que des analyses des incidents ou des actions de coordination de la réaction aux incidents.

Quatre ans plus tard, certains États membres doivent encore redoubler d’efforts en vue de mettre en œuvre la boîte à outils de l’UE pour la sécurité des réseaux 5G et d’atténuer efficacement les risques, en particulier ceux posés par les fournisseurs à haut risque. En 2023, la Commission a également fait part de ses vives préoccupations quant aux risques pour la sécurité de l’UE posés par certains fournisseurs de 5G 90 et s’efforce de garantir la sécurité et d’éviter d’exposer ses propres communications institutionnelles aux fournisseurs à haut risque, ainsi que de refléter son évaluation dans tous les programmes et instruments de financement pertinents de l’UE.

Début 2024, la Commission a adopté le tout premier schéma européen de certification de cybersécurité 91 , conformément au règlement de l’UE sur la cybersécurité. Ce schéma propose un ensemble de règles et de procédures à l’échelle de l’UE sur la manière de certifier les produits TIC au cours de leur cycle de vie et de les rendre ainsi plus fiables pour les utilisateurs. Cette étape majeure favorise la primauté numérique de l’UE à l’échelle mondiale.

Le 30 novembre 2023, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord politique concernant le règlement sur la cyberrésilience 92 , qui a été adopté par le Parlement européen le 12 mars 2024 et qui entrera en vigueur courant 2024. Le règlement sur la cyberrésilience subordonne la vente de produits matériels et logiciels sur le marché européen au respect des exigences en matière de cybersécurité. Il s’agit du premier règlement en son genre, non seulement en Europe, mais aussi au niveau international. 

Ce règlement impose des obligations de sécurité dès la conception aux fabricants de produits matériels et logiciels. Reconnaissant que la sécurité est une question qui relève de la responsabilité des fabricants tout au long de la chaîne d’approvisionnement, il couvre non seulement le produit final, tel qu’un ordinateur portable ou un système d’exploitation, mais aussi ses composants matériels et logiciels. Au cours de la période de transition de trois ans à compter de l’entrée en vigueur du règlement, les organisations européennes de normalisation seront chargées d’élaborer des normes visant à faciliter la mise en conformité par les fabricants, et la Commission adoptera les actes délégués et les actes d’exécution pertinents ainsi que des orientations afin de veiller à ce que les fabricants puissent facilement se conformer au règlement.

La directive SRI 2 93 impose aux États membres d’adopter des stratégies nationales de cybersécurité qui doivent contenir des politiques contribuant directement à la réalisation de l’objectif général relatif à la cybersécurité énoncé dans la décennie numérique, telles que des politiques de promotion d’une cyberprotection active et de promotion et de développement de l’éducation et de la formation en matière de cybersécurité, des compétences en matière de cybersécurité, des initiatives de sensibilisation et de recherche et développement en matière de cybersécurité, ainsi que des orientations sur les bonnes pratiques de cyberhygiène et les contrôles, à l’intention des citoyens, des parties prenantes et des entités.

Les mesures de cybersécurité ne sont pas bien prises en considération dans les feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique. Certains États membres incluent toutefois des mesures spécifiques en matière de cybersécurité dans leur feuille de route. Ces mesures comprennent des stratégies et des plans d’action en matière de cybersécurité, en particulier dans les domaines de la sensibilisation, de la formation aux compétences en matière de cybersécurité et de la protection des infrastructures critiques.

Objectif en matière de cybersécurité – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient poursuivre leurs efforts visant à prendre des mesures spécifiques afin de combler le déficit de compétences en matière de cybersécurité.

Achever le marché unique numérique

Les États membres qui n’ont pas encore mis en œuvre la boîte à outils de l’UE pour la cybersécurité des réseaux 5G devraient adopter d’urgence des mesures appropriées pour faire face rapidement et efficacement aux risques en matière de cybersécurité.

3. Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Eurobaromètre 2024: trois répondants sur quatre estiment que leur utilisation des technologies numériques au quotidien s’améliorerait considérablement s’ils recevaient davantage de cours et de formations pour renforcer leurs compétences numériques. Dans le même temps, quatre Européens sur cinq jugent important que les pouvoirs publics influent sur le développement de l’intelligence artificielle et des autres technologies numériques afin de veiller à ce qu’elles respectent nos droits et nos valeurs, et trois répondants sur quatre estiment que, d’ici à 2030, les technologies numériques seront importantes pour participer à la vie démocratique.

Placer les citoyens au centre de la transformation numérique de nos sociétés et de nos économies est la pierre angulaire de la décennie numérique. Cette volonté est reflétée dans la déclaration européenne sur les droits et principes numériques ainsi que dans les objectifs généraux et les cibles de la décision relative à la décennie numérique, qui visent prioritairement à bâtir un espace numérique centré sur l’humain, à protéger les droits fondamentaux et à lutter contre les fractures numériques, à promouvoir les compétences numériques, à donner les moyens de participer à la vie démocratique et à protéger les personnes vulnérables, y compris les enfants. Les sections ci-après suivent les progrès accomplis en ce qui concerne ces objectifs et cibles, qui comprennent les compétences numériques de base, les spécialistes des TIC, les services d’administration en ligne, l’identification électronique et la santé en ligne.

3.1. Donner aux citoyens les moyens d’agir et rapprocher la transformation numérique de leurs besoins

Eurobaromètre 2024 – Trois Européens sur quatre considèrent que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie.

– Pour neuf Européens sur 10, il est important que les pouvoirs publics veillent à ce que les citoyens bénéficient d’un soutien humain approprié pour accompagner la transformation provoquée par les technologies et les services numériques dans leur vie.

Dans un contexte où les outils numériques sont désormais omniprésents dans tous les aspects de notre vie quotidienne, les Européens devraient pouvoir acquérir toutes les compétences numériques de base et avancées et avoir la possibilité de s’adapter aux changements induits par la numérisation du travail grâce au renforcement des compétences ou à la reconversion, conformément à la déclaration sur les droits et principes numérique 94 s notamment. Il est tout aussi essentiel de fournir aux citoyens des outils fiables, tels que des moyens d’identification électronique sécurisés, afin de veiller à ce que les technologies numériques et les services publics en ligne, y compris les services de santé, soient accessibles à tous les citoyens de l’UE, y compris aux personnes handicapées 95 .

3.1.1. Aider les citoyens à acquérir des compétences numériques

Une population possédant des compétences numériques: Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

L’une des principales cibles de la décennie numérique consiste à faire en sorte qu’au moins 80 % des personnes âgées de 16 à 74 ans disposent au moins de compétences numériques élémentaires d’ici à 2030. En 2023, un peu plus de 55,6 % de ces personnes ont déclaré disposer au moins de compétences numériques élémentaires, un chiffre qui varie entre 82,7 % et environ 27,7 % d’un État membre à l’autre. Par rapport à 2021, le pourcentage moyen de personnes disposant au moins de compétences numériques élémentaires dans l’UE n’a progressé que de 1,7 point de pourcentage en 2023, un rythme insuffisant pour atteindre la cible fixée pour 2030. Par rapport à la trajectoire idéale nécessaire pour parvenir à la cible de 80 %, l’UE se situe à 4,2 points de pourcentage en dessous de la valeur idéale qui était nécessaire en 2023 pour être sur la bonne voie. En l’absence de mesures supplémentaires, seuls 59,8 % des citoyens disposeront au moins de compétences numériques élémentaires d’ici à 2030 selon la trajectoire de référence.

Figure 13. Personnes disposant au moins de compétences numériques élémentaires dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire à l’horizon 2030 pour 2024

Les lacunes en matière de compétences numériques ne concernent pas seulement les personnes âgées. Une proportion notable (30 %) de la jeune génération âgée de 16 à 24 ans ne dispose pas au moins de compétences numériques élémentaires. Si l’écart entre les hommes et les femmes en matière de compétences numériques élémentaires continue de se réduire (avec 55 % de femmes contre 57 % d’hommes), il existe des différences considérables liées au niveau d’éducation (80 % des personnes ayant un niveau d’études élevé, contre 34 % des personnes à bas niveau d’études ou jamais scolarisées) ainsi qu’une nette fracture entre les zones urbaines et rurales (63 % des personnes vivant en ville contre 48 % des personnes vivant en zone rurale).

Au cours de son mandat actuel, la Commission européenne a déployé des efforts considérables pour faire progresser les compétences numériques dans le cadre du plan d’action sur le socle européen des droits sociaux et du plan d’action en matière d’éducation numérique 2021-2027, en recommandant un soutien au niveau de l’UE afin de renforcer les systèmes d’éducation et de formation, notamment par l’intermédiaire du dialogue structuré sur l’éducation et les compétences numériques. L’année 2023 a été proclamée «Année européenne des compétences»; à cette occasion, l’importance d’acquérir des compétences essentielles, y compris numériques, afin de garantir des emplois de qualité et de remédier aux pénuries de main-d’œuvre a été soulignée. En 2023, une autre réalisation importante a été l’adoption d’un train de mesures sur l’éducation et les compétences numériques, comprenant deux propositions de recommandations du Conseil, l’une relative aux principaux facteurs favorisant la réussite de l’éducation et de la formation numériques et l’autre sur l’amélioration de l’enseignement des compétences numériques dans le domaine de l’éducation et de la formation. En outre, en adoptant à l’unanimité la recommandation du Conseil sur l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms, les États membres se sont engagés à élaborer des mesures destinées à soutenir l’acquisition de compétences numériques par les Roms 96 . Enfin, la Commission a mobilisé divers programmes de financement afin de stimuler les compétences numériques dans toute l’Europe, tels que le Fonds social européen plus 97 , le programme pour une Europe numérique et Erasmus+ 98 .

Les compétences numériques occupent une place importante dans les feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique. 26 États membres ont défini une trajectoire pour la cible relative aux compétences numériques élémentaires qui, dans la plupart des cas, correspond à la valeur cible de l’UE (80 %). Trois États membres (l’Espagne, la Finlande et les Pays-Bas) ont retenu une valeur cible supérieure à celle de l’UE. La Bulgarie est le seul État membre à faire explicitement référence au fait de parvenir à un équilibre entre les femmes et les hommes pour cette cible. Au total, les États membres ont communiqué 292 mesures contribuant à cette cible, pour un budget total de 24,8 milliards d’EUR. Ces mesures couvrent plusieurs aspects, allant des compétences numériques dans l’éducation formelle aux programmes de perfectionnement et de reconversion professionnels pour les personnes exerçant actuellement un emploi, en passant par des actions ciblant les groupes vulnérables. Un très faible nombre de mesures visent expressément à améliorer l’équilibre entre les femmes et les hommes en renforçant les compétences numériques élémentaires et intermédiaires des filles et des femmes (en particulier au Portugal, en Italie, à Chypre et en Autriche).

Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre que les États membres prennent activement des mesures en vue de fournir à leurs citoyens des cours, des formations et des compétences numériques 99 .

Néanmoins, les institutions européennes et les États membres devront redoubler d’efforts ciblés pour faciliter l’acquisition de compétences numériques. Dans le contexte du vieillissement de la population et d’une société de plus en plus axée sur les technologies, il est indispensable de suivre une approche multidimensionnelle ciblant les compétences numériques dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, l’enseignement et la formation professionnels et l’apprentissage tout au long de la vie et accordant une attention particulière aux groupes prioritaires ou «difficiles à atteindre». En outre, le paysage économique actuel et les défis à relever pour assurer la compétitivité de l’Europe exigent un cadre plus cohérent et stratégique en matière d’investissement, de gouvernance et de renforcement des capacités, en vue d’assurer le développement efficace et inclusif des compétences et des talents. Cela nécessite d’adapter rapidement les systèmes d’éducation et de formation de l’UE à l’ère numérique, afin qu’ils puissent jouer un rôle clé dans l’amélioration de l’offre de compétences numériques à tous les niveaux et dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie, en contribuant ainsi à accroître la croissance et la compétitivité de l’Europe 100 .

Compétences élémentaires – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient accorder la priorité aux investissements dans l’éducation et les compétences numériques conformément à la recommandation du Conseil sur l’amélioration de l’enseignement des compétences et aptitudes numériques dans le domaine de l’éducation et de la formation, en prévoyant des politiques ciblées en faveur des groupes qui en ont le plus besoin, y compris les groupes vulnérables, la population âgée, les personnes à bas niveau d’études ou jamais scolarisées, les personnes vivant dans des zones rurales et les personnes handicapées.

Une main-d’œuvre numérique hautement qualifiée: spécialistes des TIC et compétences numériques avancées

À une époque caractérisée par des progrès technologiques rapides, la pénurie de spécialistes des TIC constitue un problème systémique qu’il faut absolument résoudre pour atteindre tous les objectifs et cibles de la décennie numérique. Il est donc essentiel de constituer un réservoir suffisant de professionnels hautement qualifiés dans ces domaines clés de capacités. La cible ambitieuse définie par l’UE dans le cadre de la décennie numérique vise à employer au moins 20 millions de spécialistes des TIC dans l’UE d’ici à 2030, en augmentant le nombre de diplômés et en assurant la convergence hommes-femmes dans ce secteur. 

Figure 14: spécialistes des TIC en activité dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire à l’horizon 2030 pour 2024

 

Au cours des dix dernières années, l’offre de spécialistes des TIC a considérablement progressé. En 2023, près de 9,8 millions de spécialistes des TIC contribuaient à l’emploi dans l’UE, soit une augmentation annuelle de 4 % par rapport à 2022. Toutefois, en 2023, il manquait à l’UE 0,9 million de spécialistes pour atteindre la valeur nécessaire afin d’être sur la bonne voie pour atteindre la cible définie pour 2030, selon les estimations sur la base de la trajectoire de référence. Selon la tendance actuelle, le nombre de spécialistes des TIC dans l’UE sera d’environ 12 millions en 2030 en l’absence de toute intervention supplémentaire. L’écart entre les hommes et les femmes reste important et persistant. En 2023, seuls 19,4 % des spécialistes des TIC employés dans l’UE étaient des femmes, ce qui nuit également à la manière dont les solutions numériques sont conçues et déployées; cette situation a des répercussions négatives avérées sur l’égalité sociale et les aspects sociaux dans leur ensemble. L’UE est en outre de plus en plus tributaire des talents étrangers pour atteindre les cibles de la décennie numérique. En 2023, 11 % des spécialistes des TIC employés dans l’UE provenaient de pays tiers, contre 8 % en 2019 101 .

Les entreprises européennes sont déjà confrontées à une concurrence accrue pour attirer des talents dotés de compétences numériques: plus de 60 % des entreprises de l’UE ayant recruté ou tenté de recruter des spécialistes des TIC ont en effet signalé des difficultés à cet égard en 2022 102 , et les professions non TIC plus traditionnelles sont confrontées à d’importants déficits de compétences numériques avancées 103 .

Ces problèmes devraient s’aggraver et être exacerbés par la course mondiale aux talents numériques. Par exemple, la demande de professionnels travaillant dans le domaine du développement et du déploiement de l’IA a augmenté de 33 % entre 2019 et 2022 dans certains pays de l’OCDE 104 . Selon des estimations, rien que pour répondre à la future demande de compétences en IA de l’industrie, entre 0,5 et 2,8 millions d’Européens devront acquérir ces compétences au cours des cinq prochaines années, tandis qu’environ 1,2 à 3,7 millions de personnes devront acquérir une maîtrise des compétences relatives à l’informatique en nuage 105 .

Ces lacunes, dont le faible nombre de jeunes qui suivent des études dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) ou des études dans le domaine des TIC (seuls 4,2 % de l’ensemble des diplômés de l’UE poursuivent des études dans le domaine des TIC), s’expliquent par de nombreux facteurs complexes 106 : une pénurie de programmes de formation spécialisés, un décalage par rapport aux besoins de l’industrie et le manque de flexibilité des parcours d’apprentissage existants. En outre, les difficultés rencontrées pour attirer et conserver les femmes dans le secteur des technologies empêchent de réaliser l’accroissement nécessaire du nombre de travailleurs de l’UE dans le domaine des TIC. Des équipes plus diversifiées conduisent à une meilleure prise de décision et à des produits et services plus innovants, ce qui a un effet positif sur la facilité d’utilisation des technologies par divers utilisateurs, y compris les femmes.

L’une des pierres angulaires de la stratégie de la Commission a été l’adoption de la recommandation du Conseil sur l’amélioration de l’enseignement des compétences et aptitudes numériques dans le domaine de l’éducation et de la formation 107 . L’acquisition de compétences numériques avancées est également soutenue par de nombreux programmes de financement, notamment le programme pour une Europe numérique, qui prévoit l’élaboration de programmes d’enseignement spécialisés à différents niveaux universitaires 108 ainsi que des formations de courte durée dans divers domaines numériques clés. À l’heure actuelle, les États membres mettent également en place l’Académie des compétences en matière de cybersécurité, l’un des consortiums pour une infrastructure numérique européenne en préparation.

La Commission a en outre pris récemment une série de mesures qui se renforcent mutuellement afin de rendre l’UE plus attrayante pour les talents de pays tiers et de stimuler la mobilité à l’intérieur de l’Union 109 . La Commission propose, en particulier, de créer un réservoir européen de talents afin de faciliter le recrutement stratégique international de demandeurs d’emploi de pays tiers dans des professions en pénurie 110 . Elle révise également en ce moment la directive «carte bleue européenne» 111 , qui a notamment introduit une équivalence en ce qui concerne les compétences attestées par une expérience professionnelle et des qualifications de l’enseignement supérieur comparables dans certains emplois du secteur des TIC. Enfin, dans le cadre des partenariats destinés à attirer les talents noués avec des pays partenaires clés, l’UE soutient les programmes de mobilité, le renforcement des capacités et les investissements dans le capital humain.

Dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique, 24 États membres ont défini des trajectoires pour les spécialistes des TIC, dont environ la moitié étaient alignées sur la cible de l’UE ou la dépassaient, dans le cas de l’Irlande et de la Suède 112 . En outre, plusieurs États membres ont fait part de leur intention d’augmenter la proportion de femmes spécialistes des TIC et le Portugal, la Suède et la Slovaquie ont même défini des cibles nationales en ce sens. Ces efforts sont soutenus par un total de 178 mesures, représentant un budget de 9,5 milliards d’EUR et couvrant plusieurs aspects du développement des compétences, qu’il s’agisse des compétences numériques avancées dans l’enseignement formel et supérieur, de mesures soutenant le perfectionnement de la main-d’œuvre ou d’autres initiatives de soutien, en mettant l’accent, par exemple, sur l’équilibre entre les femmes et les hommes ou sur les actions visant à attirer et à retenir des spécialistes des TIC du monde entier.

Malgré ces mesures, il sera difficile, dans un scénario de statu quo, d’atteindre les cibles de la décennie numérique à l’horizon 2030 fixées en ce qui concerne les spécialistes des TIC. Il faut agir de toute urgence en adoptant une approche globale et coordonnée couvrant l’ensemble du continuum de l’éducation et de la formation, y compris l’apprentissage tout au long de la vie, et en tirant parti des efforts de collaboration entre les parties prenantes.

Spécialistes des TIC – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient rapidement concevoir des initiatives, renforcer leur politique et donner la priorité à des actions conformes aux recommandations spécifiques visant à remédier à la pénurie de professionnels des TIC formulées dans la recommandation du Conseil sur l’amélioration de l’enseignement des compétences et aptitudes numériques dans le domaine de l’éducation et de la formation. Ils devraient en particulier soutenir l’exposition précoce des jeunes, en particulier des filles, aux STIM, promouvoir l’EFP et l’apprentissage tout au long de la vie dans le domaine des TIC, accroître l’offre universitaire en compétences numériques avancées, faciliter la collaboration entre les établissements d’enseignement supérieur, renforcer l’intégration dans l’industrie et favoriser la diversité et l’inclusion, en particulier des femmes.

3.1.2. Des solutions fiables pour les interactions numériques: l’identité numérique européenne et l’euro numérique

Les transactions et interactions numériques devenant essentielles dans la vie quotidienne, les citoyens de l’UE ont de plus en plus besoin de moyens fiables, sûrs et simples d’utilisation pour s’identifier en ligne, effectuer des authentifications, stocker et partager des attestations numériques et utiliser des signatures électroniques. Entré en vigueur en mai 2024, le règlement sur l’identité numérique européenne répond à ce besoin et constitue une véritable révolution en simplifiant la vie des citoyens et des entreprises tout en protégeant les droits fondamentaux en ligne, en garantissant la sécurité et le respect de la vie privée, en permettant aux citoyens d’avoir un contrôle total sur les données qu’ils partagent et en évitant le profilage, le traçage et le pistage, conformément aux droits et principes numériques de l’UE.

La mise en œuvre rapide des portefeuilles européens d’identité numérique d’ici à 2026 est également une condition pour atteindre la cible de la décennie numérique, à savoir que d’ici à 2030, 100 % des citoyens de l’Union aient accès à des moyens d’identification électroniques sécurisés (eID) reconnus dans toute l’Union, leur permettant d’avoir un contrôle total sur les transactions faisant intervenir leur identité et sur leurs données à caractère personnel partagées.

Actuellement, des schémas d’identification électronique notifiés sont disponibles dans 22 États membres (ainsi qu’en Norvège et au Liechtenstein), ce qui représente 93 % de la population de l’UE. Toutefois, l’adoption des moyens d’identification électroniques est très inégale d’un État membre à l’autre. En 2023, 35,7 % des particuliers dans l’UE utilisaient un moyen d’identification électronique pour accéder aux services fournis par les autorités publiques ou les services publics de leur pays, un pourcentage qui varie de 95 % aux Pays-Bas à moins de 1 % à Chypre 113 . La mise en œuvre des portefeuilles européens d’identité numérique devrait encourager l’adoption de ces moyens, grâce à un outil unique permettant d’accéder aux services numériques publics et privés.

Depuis avril 2023, le programme pour une Europe numérique finance quatre projets pilotes à grande échelle visant à tester des cas d’utilisation tels que le stockage et le partage d’identifiants relatifs à l’éducation, de documents de voyage, tels que des cartes d’embarquement, ou de permis de conduire numériques; l’accès aux services publics numériques (y compris au niveau transfrontière); l’ouverture d’un compte bancaire, l’accès à celui-ci et l’autorisation de paiements; l’achat d’une carte SIM prépayée; la signature de contrats; et la preuve de l’affiliation professionnelle. La large participation de la quasi-totalité des États membres reflète les recommandations du rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023, qui invitait les États membres à «se préparer à concevoir et à mettre en œuvre le portefeuille européen d’identité numérique, notamment au moyen de projets pilotes et en mobilisant l’écosystème numérique».

Enfin, la task force sur la vérification de l’âge, créée en vertu du règlement sur les services numériques avec les États membres, le groupe des régulateurs européens pour les services de médias audiovisuels (ERGA) et le Comité européen de la protection des données (CEPD), étudie actuellement les moyens d’utiliser au mieux le portefeuille à des fins de vérification de l’âge, afin d’apporter une réponse essentielle aux inquiétudes liées à l’exposition des enfants à des contenus préjudiciables (voir ci-dessous). La vérification de l’âge à l’aide du portefeuille est également l’un des cas d’utilisation prioritaires de l’appel à propositions pour de nouveaux projets pilotes qui devraient débuter en 2025.

Alors que l’utilisation des billets et des pièces diminue, la Banque centrale européenne prévoit d’introduire un euro numérique d’ici à 2027. Le Parlement européen et le Conseil examinent actuellement le cadre législatif proposé par la Commission en juin 2023 afin d’établir l’euro numérique et d’en réglementer les principaux éléments. Une fois ce processus législatif achevé, la Banque centrale européenne décidera de son émission. Ce système public de paiement paneuropéen fournirait de la monnaie de banque centrale sous forme numérique, permettant aux citoyens et aux entreprises d’effectuer des paiements sécurisés, privés et largement acceptés dans toute la zone euro. L’introduction de l'euro numérique en tant que bien public vise à faire en sorte que notre système monétaire suive le rythme de la numérisation tout en restant inclusif. Il créerait une nouvelle infrastructure européenne permettant aux acteurs du marché d’innover et de développer des services à valeur ajoutée. L’objectif est de rendre l’euro numérique totalement interopérable avec les portefeuilles européens d’identité numérique, en prenant en charge divers cas d’utilisation, du commerce électronique aux transactions en magasin et entre pairs, même sans connexion à l’internet.

Les feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique des États membres n'accordent pas une large place à la cible relative à l’identification électronique et aux portefeuilles d’identité numérique. Au total, les États membres ont communiqué 60 mesures contribuant à cette cible, pour un budget total de 0,9 milliard d’EUR. Ces mesures concernent généralement le déploiement de l’identification électronique et des services de confiance, y compris les processus de certification et la réglementation, ainsi que la mise en œuvre des portefeuilles européens d’identité numérique, par exemple au moyen de validations de concepts et de projets pilotes.

Identité numérique européenne – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient accorder la priorité à l’élaboration de cas d’utilisation concrets afin d’aider les utilisateurs et les fournisseurs de services privés et publics à utiliser le portefeuille européen d’identité numérique et les services de confiance fondés sur le cadre européen relatif à l’identité numérique.

3.1.3. Des services publics numériques efficaces, faciles d’utilisation et accessibles à tous

Les États membres continuent de progresser vers la réalisation de la cible consistant à rendre 100 % des services publics essentiels accessibles en ligne aux citoyens et aux entreprises. En 2023, le score moyen de l’UE était de 79 sur 100 en ce qui concerne la disponibilité de services publics numériques pour les citoyens (contre 77 sur 100 en 2022) et de 85 sur 100 pour les entreprises (contre 84 en 2022). Ces deux valeurs restent inférieures (de 7,8 points pour les citoyens et de 5,4 points pour les entreprises) à la valeur qui était nécessaire en 2023 pour atteindre la cible à l’horizon 2030. Malgré le nombre de mesures prises dans les États membres afin de rendre les services publics numériques accessibles à tous les Européens 114 , dans un scénario de statu quo, la réalisation de la cible de l’UE d’ici à 2030 reste difficile.

Figure 15: Fourniture de services en ligne pour les citoyens (en haut) et les entreprises (en bas). Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée

(a)Proportion de démarches administratives qui peuvent être effectuées en ligne pour des événements majeurs de la vie des citoyens nationaux et étrangers (0 = aucune démarche ne peut être effectuée en ligne; 100 = l’ensemble du processus peut être effectué en ligne). Données historiques, trajectoire «décennie numérique» et trajectoire de référence

(b)Proportion des services publics nécessaires pour créer une entreprise et exécuter des opérations commerciales régulières qui sont disponibles en ligne pour les utilisateurs nationaux et étrangers (0 = aucune démarche ne peut être effectuée en ligne; 100 = l’ensemble du processus peut être effectué en ligne). Données historiques, trajectoire «décennie numérique» et trajectoire de référence

D’importantes lacunes subsistent en ce qui concerne la fourniture de services publics numériques entièrement centrés sur l’utilisateur, accessibles aux utilisateurs handicapés 115 et souverains, dans un contexte où la plupart des services numériques, tels que les services en nuage, sont développés par des entreprises de pays tiers.

Les services publics numériques ont été l’un des principaux domaines d’investissement dans le cadre de la facilité pour la reprise et la résilience, avec 24,5 milliards d’EUR contribuant directement à la réalisation de ces cibles 116 .

Sur le plan législatif, la mise en œuvre du règlement relatif au portail numérique unique 117 a contribué à réduire la charge administrative pesant sur les citoyens et les entreprises de l’UE grâce à l’interface utilisateur du portail numérique unique, le portail «L’Europe est à vous», qui donne accès à un large éventail d’informations en ligne et de services publics. En outre, le récent lancement du système technique «une fois pour toutes» (OOTS) permettra de relier les administrations sur le territoire de l’État membre et d’échanger des documents et des données publiques par-delà les frontières. Le portail numérique unique et l’OOTS permettent aux citoyens d’étudier, de se déplacer, de travailler et de prendre leur retraite plus facilement et aux entreprises, notamment les PME, de faire des affaires dans toute l’UE.

En avril 2024, le règlement pour une Europe interopérable 118 est entré en vigueur et, grâce à des évaluations obligatoires de l’interopérabilité, il améliorera la disponibilité de services publics numériques essentiels centrés sur l’utilisateur et transfrontières. Le règlement sur les données atténuera les préoccupations liées à la dépendance des administrations publiques à l’égard des solutions technologiques provenant de fournisseurs étrangers tels que les fournisseurs de services en nuage à grande échelle. Des progrès ont également été accomplis en ce qui concerne l’accessibilité numérique, un droit fondamental pour les personnes handicapées, qui a connu une évolution considérable à la suite de l’adoption de la directive sur l’accessibilité du web en 2016.

Enfin, les États membres ont renforcé leur collaboration dans l’ensemble de l’UE en développant des infrastructures communes et en tirant parti des technologies de pointe pour les services transfrontières. L’EDIC dans le domaine de l’administration publique connectée (IMPACTS) est en cours de préparation et l’EDIC dénommé «partenariat européen des chaînes de blocs et infrastructure européenne de la chaîne de blocs» (EUROPEUM-EDIC) a été mis en place.

Dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique, 21 États membres ont fourni une trajectoire pour les services publics numériques destinés aux citoyens et aux entreprises. 21 valeurs cibles nationales correspondent à la valeur cible de l’UE, à savoir 100 % des services publics essentiels accessibles en ligne. Au total, les États membres ont communiqué 238 mesures contribuant à cette cible, pour un budget total de 14 milliards d’EUR. Ces mesures couvrent différents domaines, de l’accroissement de la confiance et de la satisfaction du public à l’égard des services électroniques à des mesures visant à favoriser l’interopérabilité.

La réduction de la charge administrative a constitué l’une des grandes priorités de la Commission européenne 119 , en particulier en ce qui concerne les PME. L’adoption de la transformation numérique et l’exploitation de technologies innovantes afin d’assurer des services publics efficaces peuvent permettre de réaliser d’importantes économies de temps et d’argent tout en améliorant l’efficacité et la réactivité globales des politiques publiques.

La numérisation pourrait effectivement permettre de rationaliser considérablement les processus bureaucratiques et de réduire la lourdeur administrative en Europe, grâce aux documents et signatures électroniques, aux services publics en ligne, au partage et à l’intégration des données, aux systèmes automatisés de vérification des données, à l’automatisation des procédures de conformité et de déclaration et à l’identité numérique.

La numérisation peut avoir des effets encore plus profonds en permettant une évolution significative de l’approche réglementaire, en réduisant la lourdeur administrative et en promouvant l’innovation, par exemple l’utilisation de «bacs à sable réglementaires», tels que ceux mis en œuvre dans l’industrie financière. En créant un espace sûr pour l’expérimentation, les régulateurs peuvent collaborer avec les parties prenantes, y compris les entreprises innovantes, afin de comprendre les technologies émergentes, d’évaluer les risques potentiels et d’élaborer des cadres réglementaires appropriés garantissant un équilibre entre l’innovation, d’une part, et la protection des consommateurs et la stabilité systémique, d’autre part. Les possibilités d’opérer des changements réglementaires pourraient être explorées dans des domaines tels que les soins de santé, les services financiers, la mobilité ou l’agriculture, en vue non seulement de proposer un cadre plus souple, mais aussi d’améliorer les informations de haute qualité fondées sur les données et l’IA pour les utilisateurs et les bénéficiaires. La numérisation pourrait ainsi favoriser une évolution réglementaire et simplifier radicalement le respect des dispositions réglementaires tout en fournissant de nouveaux services, par exemple dans le domaine de l’agriculture de précision, de la traçabilité et de la gestion des exploitations agricoles, qui sont essentiels à la compétitivité des agriculteurs et à l’amélioration de leur empreinte sur l’environnement. À cet égard, un consortium pour une infrastructure numérique européenne destinée au secteur agroalimentaire est également à l’étude parmi les États membres.

Services d’administration en ligne – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements et achever le marché unique numérique

Les États membres devraient cibler leurs investissements et leurs mesures réglementaires en vue d’élaborer et de mettre à disposition des solutions numériques sûres, souveraines et interopérables pour les services publics et administratifs en ligne, y compris, éventuellement, dans le cadre des marchés publics.

Diffuser des technologies numériques

Les États membres devraient surveiller l’utilisation efficace des services publics en ligne par les utilisateurs nationaux et, éventuellement, par les utilisateurs transfrontières, ainsi que les éventuelles disparités, y compris entre les zones urbaines et rurales.

Les États membres devraient intensifier leurs efforts pour faire en sorte que tous, y compris les personnes âgées et les personnes handicapées, bénéficient d’un accès égal aux services publics en ligne.

Les États membres devraient collaborer avec la Commission sur les moyens de garantir que les technologies et les outils numériques sont mis au service de cadres réglementaires plus flexibles, exempts de bureaucratie et fondés sur les données.

Encourager la coopération entre les États membres

Les États membres sont invités à accomplir de nouveaux progrès en ce qui concerne leurs engagements multinationaux et leur coopération dans le domaine de l’administration publique connectée et de l’infrastructure européenne de services de chaînes de blocs, par l’intermédiaire des EDIC récemment mis en place.

3.1.4. Mettre à profit les technologies numériques pour la santé

L’utilisation des données de santé et des technologies avancées pourrait fortement contribuer à améliorer l’accès des citoyens aux services de santé, à accroître la qualité et l’efficacité des soins de santé, à élaborer des approches personnalisées et à soutenir la recherche et l’innovation 120 . Selon les conclusions de l’Eurobaromètre 2024, quatre répondants sur cinq estiment que les technologies numériques seront importantes d’ici à 2030 pour accéder aux services de soins de santé (par exemple, la télémédecine ou le diagnostic de maladies assisté par l’intelligence artificielle) ou bénéficier de tels services.

Un exemple notable est le certificat COVID numérique de l’UE, développé en un temps record pendant la pandémie et devenu une norme au niveau mondial: plus de 2,3 milliards de certificats ont été délivrés à l’échelle de l’UE et 78 pays au total ont été connectés à cette solution européenne, qui a contribué de manière significative à lutter contre cette maladie à l’échelle mondiale, en protégeant la santé des citoyens de l’Union et en rétablissant leur droit à la libre circulation.

Le programme d’action pour la décennie numérique fixe comme cible que 100 % des citoyens de l’Union aient accès à leur dossier médical électronique. En 2023, l’UE a obtenu un score de 79/100, en hausse par rapport aux 72/100 de 2022, ce qui correspond à un taux de croissance annuel de 9,7 % 121 . Tous les États membres disposent désormais d’une forme de service d’accès électronique à la santé, régionale ou nationale, et ont amélioré l’étendue des catégories de données de santé accessibles, la technologie et les moyens d’accès, ainsi que les possibilités d’accès pour certaines catégories de personnes. La valeur actuelle est supérieure à la valeur de la trajectoire attendue en 2023. À ce rythme, la cible sera atteinte en 2026.

Figure 16: indicateur composite de santé en ligne. Données historiques et trajectoire DN

 

Dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique, 22 États membres ont fourni une trajectoire concernant la cible relative à la disponibilité de données médicales électroniques. 21 valeurs cibles nationales correspondent à la valeur cible de l’UE, à savoir 100 % des citoyens de l’Union ayant accès à leur dossier médical électronique. 93 mesures contribuent à la réalisation de cette cible, pour un budget total de 5,5 milliards d’EUR, l’accent étant mis sur l’accès des citoyens aux données de santé, y compris les portails et les applications pour les appareils mobiles, les réglementations, les feuilles de route et les projets transfrontières.

L’aboutissement des négociations politiques sur le règlement relatif à l’espace européen des données de santé est une étape importante qui permettra de renforcer les progrès dans ce domaine et de donner aux citoyens les moyens d’agir en développant davantage l’accès sécurisé aux données de santé électroniques au niveau national et transfrontalier, en contribuant à une fourniture de soins de santé plus efficace et en améliorant la qualité et l’accessibilité des données de santé en vue de leur utilisation secondaire à des fins de recherche, d’innovation et d’élaboration des politiques de santé.

La Commission a présenté plusieurs initiatives relatives aux infrastructures de données sur la santé et à la recherche et à l’innovation dans le domaine de la santé. Lancée en décembre 2022, l’initiative européenne en matière d’imagerie sur le cancer rassemble des données cliniques et des données d’imagerie du cancer de 12 pays européens afin de soutenir l’innovation dans le processus décisionnel clinique et les algorithmes prédictifs; l’initiative «Plus d’un million de génomes» met en place un accès sécurisé aux données génomiques et aux données cliniques connexes au moyen de l’infrastructure européenne de données génomique et d’un génome de référence européen, le «génome de l’Europe»; enfin, l’initiative européenne sur les jumeaux humains virtuels, lancée en décembre 2023, vise à accélérer les soins personnalisés grâce à une modélisation avancée, avec des applications dans les domaines de la découverte de médicaments, de la recherche clinique et de la formation médicale.

Récemment, l’attention portée à la dimension sanitaire de la numérisation s’est également concentrée sur le fait que certaines conceptions d’interfaces en ligne peuvent avoir des effets négatifs sur la santé, en particulier sur la santé mentale, en raison du temps excessif passé en ligne et du stress qui en découle, des risques d’addiction ou de l’exposition à des contenus violents et inappropriés 122 . Des instruments législatifs récemment adoptés, dont le règlement sur les services numériques, offrent des outils pour faire face à ces risques (voir section ci-dessous).

Santé en ligne – Politiques, mesures et actions recommandées

Achever le marché unique numérique Les États membres devraient veiller à ce que l’accès aux dossiers médicaux électroniques, comportant un ensemble minimal de données relatives à la santé stockées dans des systèmes de dossiers de santé électroniques publics et privés, soit possible sur le plan technologique et aisé pour les citoyens (via un portail ou une application mobile conçus pour les patients). Conformément aux objectifs de l’espace européen des données de santé, cet ensemble minimal devrait comprendre des résumés des dossiers médicaux électroniques, les prescriptions et dispensations électroniques, les résultats et rapports en ligne, y compris les analyses d’imagerie médicale, les résultats de laboratoire et les rapports de sortie de l’hôpital.

Les États membres devraient coopérer en vue de déployer pleinement le potentiel d’innovation des données de santé en maximisant l’utilisation des initiatives et des infrastructures existantes et futures en matière de données de santé, en investissant dans la recherche et le déploiement de technologies avancées telles que le calcul à haute performance et les applications d’IA dignes de confiance dans le domaine des soins de santé, tout en renforçant les mesures de cybersécurité.

Encourager la coopération entre les États membres

Les États membres sont invités à progresser davantage dans la mise en place des EDIC proposés dans le domaine de la génomique et des données d’imagerie du cancer en vue de stimuler l’innovation en matière de soins de santé personnalisés et de solutions d’IA applicables au traitement du cancer. 

3.2. Protéger les citoyens et créer un environnement et des technologies numériques sûrs et centrés sur l’humain

Les objectifs généraux énoncés dans la décision relative à la décennie numérique mettent l’accent sur la promotion d’un environnement numérique centré sur l’humain, fondé sur les droits fondamentaux, inclusif, transparent et ouvert 123 . En outre, la déclaration sur les droits et principes numériques comprend des principes et des engagements relatifs à l’accès à un environnement numérique fiable, diversifié et non discriminatoire. Elle souligne en particulier le rôle des très grandes plateformes en ligne dans l’atténuation des risques découlant de leurs services, notamment en ce qui concerne la désinformation.

3.2.1. Créer des environnements numériques sûrs et protéger les droits fondamentaux en ligne

L’utilisation abusive des plateformes en ligne et de leurs algorithmes peut faciliter et amplifier la propagation des discours de haine, de l’extrémisme violent et des contenus à caractère terroriste, qui constituent des menaces pour des individus ou des groupes cibles spécifiques. Des événements récents, tels que la crise au Moyen-Orient, nous ont à nouveau rappelé comment les plateformes en ligne pouvaient être utilisées pour inciter au terrorisme et diffuser des discours de haine illégaux. Selon les conclusions de l’Eurobaromètre 2024, les risques liés à l’utilisation abusive de données à caractère personnel, à la prolifération de fausses informations et à la désinformation sont l’un des principaux sujets de préoccupation rencontrés en ligne, tandis que le retrait non justifié de contenus et l’absence de transparence des pratiques de modération des contenus sont les deux problèmes les moins mentionnés.

En 2023, 33,5 % des personnes interrogées dans l’UE ont déclaré avoir été confrontées à des messages hostiles ou dégradants en ligne, ciblant des groupes spécifiques en raison de leurs opinions politiques et sociales, de leur race ou origine ethnique ou de leur orientation sexuelle, ce qui souligne la prévalence des discours haineux en ligne 124 .

Dans la déclaration sur les droits et principes numériques, l’UE et les États membres se sont engagés à lutter contre toutes les formes de contenu illicite et préjudiciable en ligne, dans le plein respect des droits fondamentaux, notamment de la liberté d’expression 125 .

Mise en œuvre du règlement sur les services numériques 126 . Depuis avril 2023, la Commission a désigné 24 très grandes plateformes en ligne et très grands moteurs de recherche en ligne. Le 17 février 2024, le règlement sur les services numériques est pleinement entré en application. À compter de cette date, les États membres étaient tenus de désigner leurs coordinateurs pour les services numériques et de leur donner les pouvoirs appropriés 127 , et les nouvelles règles ont commencé à s’appliquer à tous les intermédiaires en ligne, quelle que soit leur taille. Bien qu’il soit encore récent, le règlement sur les services numériques a déjà commencé à avoir une incidence notable. La Commission a d’ores et déjà pris des mesures d’exécution à l’égard de très grandes plateformes en ligne et de très grands moteurs de recherche en ligne. En décembre 2023 et en avril 2024, la Commission a ouvert des procédures formelles respectivement contre X et Meta (pour Facebook et Instagram), qui concernaient, entre autres, la diffusion de contenus illicites dans l’UE et l’efficacité des mesures prises pour atténuer les risques pour le discours civique et les processus électoraux. Des procédures formelles ont été ouvertes à l’encontre de TikTok (en février et avril 2024) et de Meta (pour Facebook et Instagram, en mai 2024) sur des aspects relatifs à la gestion des risques liés aux effets négatifs sur la santé physique et mentale et sur les droits de l’enfant, notamment en raison de la conception addictive des sites, des phénomènes d’aspiration mentale («rabbit holes») ou de l’accès à des contenus préjudiciables. Dans la deuxième procédure ouverte à l'encontre de TikTok relative aux fonctionnalités addictives de TikTok Lite, la Commission a fait part à l'entreprise de son intention de suspendre les fonctionnalités en question dans l’UE dans l’attente de l’évaluation de leur sécurité: en conséquence, TikTok a annoncé unilatéralement le retrait de ces fonctionnalités; la procédure de non-conformité reste néanmoins ouverte et l’enquête est en cours. En mars 2024, AliExpress est également venue s’ajouter à la liste des très grandes plateformes en ligne faisant l’objet d’une procédure formelle de la Commission. Cette procédure portait, entre autres, sur des questions telles que le manque d’application des conditions d’utilisation interdisant certains produits qui présentent des risques pour la santé des consommateurs, tels que des médicaments contrefaits, le respect de l’obligation qu’impose le règlement sur les services numériques de permettre à tous les utilisateurs de signaler du contenu illicite sur la plateforme et le respect des obligations de transparence. Enfin, en juin 2024, à la suite d’une demande de renseignements de la Commission, LinkedIn a décidé de retirer volontairement une fonctionnalité qui était soupçonnée d’enfreindre l’interdiction, au titre du règlement sur les services numériques, des publicités ciblées fondées sur des données à caractère personnel sensibles, telles que l’orientation sexuelle, les opinions politiques ou la race.

La protection des droits fondamentaux et les moyens de garantir le respect des valeurs démocratiques en ligne sont un aspect dont peu de pays ont tenu compte dans leur feuille de route stratégique nationale relative à la décennie numérique (Belgique, Croatie, Grèce, Luxembourg, Pays-Bas, Roumanie et Slovénie). Parmi les mesures communiquées figurent des activités visant à protéger contre la désinformation, la manipulation et les contenus préjudiciables. Il est à noter que ces éléments sont également pertinents pour la section 4.3 ci-dessous.

Au-delà d’une surveillance rigoureuse et d’une application stricte des règles, il sera essentiel de surveiller les nouvelles tendances et d’approfondir les connaissances et la recherche sur des questions complexes telles que l’interaction dynamique entre l’utilisation des outils numériques, l’exposition à du contenu préjudiciable et la santé mentale et le bien-être, sur les plans de l’addiction, de l’anxiété, de l’automutilation et de la dépression.

Objectif en matière de protection des droits – Politiques, mesures et actions recommandées

Achever le marché unique numérique

Les États membres devraient accélérer les interventions nécessaires à la mise en œuvre du cadre réglementaire, en particulier du règlement sur les services numériques. Ils devraient se concentrer sur la mise en place du système de gouvernance nécessaire au niveau national et favoriser une coopération et un dialogue étroits avec la Commission, le comité européen des services numériques nouvellement créé, les coordinateurs pour les services numériques et la société civile.

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient intensifier leurs efforts pour développer la recherche et les connaissances sur l’environnement en ligne (et en suivre les tendances), notamment en ce qui concerne l’interaction entre l’utilisation des outils numériques, l’exposition à du contenu préjudiciable et la santé mentale (y compris des enfants et des adolescents).

3.2.2. Protéger et autonomiser les enfants (notamment grâce à la vérification de l’âge)

La protection des enfants constitue l’une des grandes priorités de la décennie numérique. Dans la déclaration sur les droits et principes numériques, l’UE s’est engagée à former les enfants à l’environnement numérique afin qu’ils y fassent des choix sûrs, en connaissance de cause, y compris en promouvant des expériences positives pour les enfants et en les protégeant contre les contenus nuisibles et les abus 128 . Les risques liés aux contenus illicites et préjudiciables présentés ci-dessus sont encore plus importants pour les enfants, étant donné que les jeunes utilisent fréquemment des produits et services numériques conçus pour les adultes. Les services numériques, des réseaux sociaux aux jeux interactifs, peuvent exposer les enfants à certains risques, tels que l’addiction, les contenus inadaptés, le harcèlement, le pédopiégeage, les défis dangereux, les abus sexuels sur enfants ou la radicalisation, et certains de ces phénomènes se multiplient dans l’ensemble de l’UE. Les statistiques des lignes d’assistance téléphonique Insafe, gérées par les centres pour un internet plus sûr financés par l’UE, montrent que le nombre de signalements de cyberharcèlement effectués par des jeunes a augmenté de 34 % entre 2022 et 2023 129 , tandis que le nombre de signalements de matériel pédopornographique présumé effectués par le public sur les lignes directes INHOPE a également augmenté d’un tiers 130 . D’autres sources montrent une augmentation spectaculaire (+ 320 %) des signalements de faits de pédopiégeage dans les pays de l’UE, y compris de chantage sexuel pour de l’argent (sextortion financière), qui ont quadruplé entre 2022 et 2023, pour s’établir à plus de 32 000 signalements de sollicitation d’enfants en ligne à des fins sexuelles rien que dans l’UE 131 .

Le 7 juin 2023, la communication de la Commission sur une approche globale en matière de santé mentale a mis la santé mentale sur un pied d’égalité avec la santé physique, dans le cadre d’une union européenne de la santé forte 132 , et elle a souligné les effets potentiellement négatifs que les outils numériques peuvent avoir sur la santé et le bien-être des enfants, en appelant à progresser vers un espace numérique plus sûr et plus sain pour les enfants. Le temps considérable passé en ligne par les enfants, combiné aux techniques numériques sophistiquées et invasives utilisées par les annonceurs, pose de nouveaux et sérieux problèmes pour la protection des enfants, qu’il s’agisse de problèmes liés à la santé mentale, d’aliments néfastes pour la santé, de produits du tabac et de produits émergents ou encore de la commercialisation de l’alcool. À cet égard, certaines mesures de précaution pourraient également être nécessaires, en raison de l’absence de preuves que l’espace en ligne est suffisamment sûr pour les enfants et les adolescents.

La directive «Service de médias audiovisuels» (directive SMA) et le règlement sur les services numériques, en plus du règlement général sur la protection des données (RGPD), visent à protéger la vie privée et la sécurité des mineurs, par exemple en interdisant la publicité ciblée adressée aux mineurs et fondée sur le profilage et en imposant aux très grandes plateformes en ligne et aux très grands moteurs de recherche en ligne qu’ils évaluent et atténuent les risques systémiques de leurs services pour les droits des enfants ainsi que les effets négatifs de leurs services sur le bien-être mental ou physique des personnes.

Afin de mieux protéger les enfants en ligne, la Commission a également adopté, en mai 2022, une proposition de règlement visant à prévenir et à combattre les abus sexuels sur enfants 133 , tandis que la stratégie pour un internet mieux adapté aux enfants de 2022 soutient l’autonomisation numérique des enfants, fournit des ressources pour des campagnes de sensibilisation et propose des services d’assistance téléphonique et de lignes d’urgence. 

Enfin, la task force sur la vérification de l’âge étudie actuellement la possibilité d’utiliser le portefeuille européen d’identité numérique comme solution européenne interopérable, sécurisée et respectueuse de la vie privée pour prouver l’âge des utilisateurs.

La protection des enfants en ligne constitue également une priorité bien établie au niveau national et, ces dernières années, la plupart des États membres ont connu des évolutions notables et ont accordé une attention croissante à la sécurité en ligne des enfants, à leur santé et à leur bien-être en ligne, à l’exploitation sexuelle et au cyberharcèlement 134 . Un très faible nombre de feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique (principalement la Pologne et la Roumanie) couvrent la protection des enfants en ligne, en communiquant des mesures spécifiques prévues ou déjà en place. Les mesures communiquées prévoient une action législative et l’élaboration de stratégies pertinentes, mais pas de financement spécifique.

À l’avenir, une plus grande attention devra être accordée à ce sujet, comme en témoigne la perception croissante par les citoyens de la nécessité de mieux protéger les enfants en ligne (l’enquête Eurobaromètre de 2024 a fait état d’une augmentation de 10 points de pourcentage en un an). Cela suppose une meilleure compréhension des liens complexes entre les outils numériques et le bien-être des enfants, ainsi qu’une action concrète et audacieuse 135 , la conception de solutions techniques, une application stricte de la législation existante, une meilleure information sur les règles en vigueur, une sensibilisation aux risques et des mesures proactives pour les réduire au minimum.

Objectif: protéger les enfants – Politiques, mesures et actions recommandées

Achever le marché unique numérique

Les États membres devraient collaborer avec la Commission pour garantir des solutions d’identité numérique et des services de confiance sûrs, respectueux de la vie privée, faciles d’utilisation et interopérables, notamment pour la vérification de l’âge, afin de permettre le développement d’une solution harmonisée à partir de 2025 dans l’ensemble de l’UE, en tirant notamment parti des portefeuilles européens d’identité numérique.

Coopération

Les États membres sont encouragés à poursuivre la coordination avec la Commission afin d’accroître la protection, l’autonomisation numérique et la sécurité des enfants en ligne, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie pour un internet mieux adapté aux enfants. Une attention particulière devrait être portée aux initiatives de sensibilisation concernant les nouvelles menaces pour la sécurité et le bien-être des enfants posées par l’intelligence artificielle, les mondes virtuels, la surexposition au contenu numérique, les menaces numériques (telles que les discours de haine, le cyberharcèlement, le harcèlement, les abus sexuels commis contre des enfants, le pédopiégeage et les contenus violents), ou les campagnes commerciales agressives, y compris au moyen de garanties en matière de protection de l’enfance dès la conception.

Les États membres devraient redoubler d’efforts pour coopérer en vue de protéger les enfants contre les risques que présente l’utilisation des technologies numériques pour leur santé, notamment en améliorant la surveillance et la recherche.

3.2.3. Promouvoir des systèmes d’IA responsables et centrés sur l’humain

L’émergence de modèles d’IA à usage général et générative a engendré à la fois un potentiel sans précédent et des risques accrus, notamment des dysfonctionnements mettant en danger la sécurité physique, des processus décisionnels opaques, des atteintes à la vie privée, l’exploitation criminelle de données, des algorithmes discriminatoires et la prolifération de la désinformation générée par l’IA.

Pour faire face à ces défis, le règlement historique de l’UE sur l’IA a été officiellement adopté en avril 2024. Ce règlement pionnier, qui constitue la toute première législation horizontale sur l’IA au monde, vise à traiter des enjeux sociétaux, des droits et de la sécurité, y compris des considérations éthiques, tout en établissant des exigences efficaces mais proportionnées pour les systèmes d’IA utilisés dans l’Union européenne. Les dispositions du règlement sur l’IA comprennent des interdictions des systèmes d’IA qui présentent des risques inacceptables (considérés comme une menace manifeste pour la sécurité, les moyens de subsistance et les droits fondamentaux), des normes de qualité minimales pour les systèmes d’IA et les cas d’utilisation qui présentent un risque élevé pour les droits fondamentaux (par exemple, dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la répression), des mesures de renforcement de la transparence et des mécanismes permettant aux particuliers de porter plainte en cas de préjudice lié à l’IA. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques 136 montre que des initiatives sont menées en parallèle au niveau national afin de répondre aux défis liés à l’IA, y compris au moyen de codes juridiques non contraignants ou de la corégulation. De nombreuses autres régions du monde se sont inspirées de l’approche européenne et envisagent à présent de prendre des mesures législatives en tenant compte de l’expérience et de l’expertise de l’UE.

La promotion de systèmes d’IA responsables et centrés sur l’humain est un aspect dont peu de pays ont tenu compte dans leur feuille de route stratégique nationale relative à la décennie numérique (Belgique, Allemagne, Grèce, Pays-Bas et Suède). Les mesures soutiennent le développement de systèmes d’IA sûrs et non discriminatoires, notamment dans les domaines des services sociaux, de l’éducation et des projets de R&D des PME.

Pour l’avenir, il est primordial de réussir la mise en œuvre du règlement sur l’IA. La collaboration avec les États membres, les PME et d’autres parties prenantes sera essentielle pour garantir une mise en œuvre efficace, notamment grâce à l’élaboration de normes techniques, de documents d’orientation et de principes communs.

Objectif relatif à l’IA centrée sur l’humain – Politiques, mesures et actions recommandées

Achever le marché unique numérique

Les États membres devraient accélérer les interventions nécessaires pour accompagner la mise en œuvre du règlement sur l’IA. Cela nécessite notamment de favoriser une coopération et un dialogue étroits avec la Commission, le bureau de l’IA nouvellement créé et les régulateurs nationaux, ainsi qu’avec la société civile.

Les États membres devraient intensifier leurs efforts pour développer la recherche sur les systèmes d’IA centrés sur l’humain.

3.3. Promouvoir et préserver notre démocratie

La réalisation des objectifs généraux de la décennie numérique et le respect de la déclaration sur les droits et principes numériques sont essentiels pour les systèmes démocratiques de l’UE, car ils visent à lutter contre la propagation de la mésinformation et de la désinformation en ligne. Ces efforts permettent aux citoyens de faire des choix éclairés et de disposer d’un accès transfrontière à des informations fiables, fournies par des médias de qualité, indépendants et transparents.

3.3.1. Lutter contre la désinformation et préserver l’intégrité des élections     

La désinformation est considérée comme l’un des principaux facteurs de déstabilisation de nos sociétés à l’avenir 137 , y compris dans l’UE, où 38 % des citoyens de l’Union ont indiqué que les «informations fausses et/ou trompeuses circulant en ligne et hors ligne» constituaient la plus grande menace pour la démocratie 138 en 2023. Selon l’Eurobaromètre 2024, 45 % des Européens estiment que les fausses informations et la désinformation sont l’un des problèmes rencontrés en ligne qui ont la plus grande incidence personnelle sur eux.

La prolifération de la désinformation constitue une menace importante pour le discours civique et l’intégrité des systèmes électoraux dans l’UE. La pandémie de COVID-19, puis les événements géopolitiques de 2023, notamment l’invasion en cours de l’Ukraine par la Russie et le conflit israélo-palestinien, ont encore amplifié le phénomène de désinformation, lié en particulier aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger 139 . La propagation de la désinformation risque d’accentuer la polarisation de la société et de la classe politique, ainsi que la méfiance à l’égard des institutions, notamment lors des processus électoraux. En plus des schémas de mésinformation et de désinformation déjà connus, l’essor récent de l’IA générative a fait naître de nouvelles menaces, comme son utilisation pour faciliter la création d’éléments de désinformation ou pour diffuser ces éléments au moyen d’hallucinations de chatbots et de «deepfakes» (trucages vidéo ultra-réalistes).

Ces dernières années, la Commission européenne a proposé deux grands piliers de la stratégie de lutte contre la désinformation: le règlement sur les services numériques, en vertu duquel les très grandes plateformes en ligne et les très grands moteurs de recherche en ligne doivent prendre des mesures d’atténuation appropriées lorsque leur fonctionnement entraîne un risque d’amplification de la désinformation, et le code de bonnes pratiques contre la désinformation, qui est actuellement converti en code de conduite dans le cadre du règlement sur les services numériques. En mars 2024, la Commission a adopté des lignes directrices sur l’atténuation des risques systémiques pour les processus électoraux, qui définissent les mesures que les très grandes plateformes en ligne et les très grands moteurs de recherche devraient adopter afin de se conformer au règlement sur les services numériques. Trois procédures formelles pour manquement à l’obligation de lutter contre la propagation de la désinformation ont déjà été ouvertes en vertu du règlement sur les services numériques, notamment contre X et les réseaux Facebook et Instagram de Meta.

En décembre 2023, la Commission a adopté le paquet législatif «Défense de la démocratie européenne», qui se compose de propositions et de recommandations visant à lutter contre des problèmes tels que les ingérences étrangères et à encourager l’engagement civique et la participation démocratique dans l’UE. Conformément à la déclaration sur les droits et principes numériques, la recommandation de la Commission du 12 décembre 2023 a invité les États membres à prendre des mesures afin d’encourager une participation inclusive et la résilience face à la désinformation et aux cybermenaces 140 . Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre également qu’en raison du défi que représente la lutte contre les contenus préjudiciables, la plupart des initiatives des États membres reposent sur l’amélioration, au moyen de diverses activités éducatives, de l’éducation aux médias et de l’esprit critique des citoyens, qui sont des conditions préalables essentielles pour renforcer la résilience de notre société face à la désinformation à long terme 141 .

La Commission a financé l’Observatoire européen des médias numériques (EDMO) afin d’unir les efforts déployés par le monde universitaire, la société civile et les pouvoirs publics en vue de renforcer l’éducation aux médias et d’améliorer la résilience de la société face à la désinformation en ligne. 

Objectif relatif à la protection de la démocratie – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient favoriser le développement d’une communauté qui s’attaquerait à différents enjeux liés à la désinformation, tels que la vérification des faits, l’éducation aux médias et les activités de recherche, par exemple en menant davantage de recherches sur la désinformation et sur les facteurs structurels, psychologiques, sociologiques et technologiques qui la sous-tendent. Les États membres pourraient en particulier encourager le développement des services de vérification des faits afin qu’ils contribuent au nouvel écosystème des médias numériques et investir dans la mise au point d’outils technologiques susceptibles d’aider les utilisateurs à mieux détecter et contextualiser la désinformation.

Les États membres devraient élaborer et mettre en œuvre une stratégie de lutte contre les campagnes de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger. Ils devraient poursuivre leurs efforts en vue de détecter ces campagnes, tout en créant des canaux efficaces et efficients pour les échanges de données.

Promouvoir la coopération

Les États membres devraient envisager la création d’un observatoire européen de la fracture numérique afin d’analyser, d’un point de vue comparatif, le problème de la fracture numérique au sein des groupes sociaux vulnérables de toute l’UE.

Les États membres sont encouragés à continuer de soutenir les efforts de la Commission pour appliquer efficacement le règlement sur les services numériques en ce qui concerne la lutte contre la désinformation, notamment en fournissant des données à l’appui de ces efforts.

3.3.2. Accès aux médias et pluralisme des médias

Il est essentiel de donner aux acteurs des médias indépendants les moyens de fournir des informations fiables en ligne et de donner aux individus les moyens de rechercher ces informations afin de renforcer la résilience des sociétés démocratiques à l’ère numérique.

Si la télévision reste le média le plus utilisé pour accéder aux actualités, elle est de plus en plus rattrapée par les médias en ligne, tandis que la lecture quotidienne de la presse écrite concerne désormais moins d’un cinquième de la population 142 . Publiées en mai 2023, les premières perspectives du secteur européen des médias (European Media Industry Outlook) 143 ont mis en lumière les grandes tendances de l’industrie des médias, en montrant également que les médias fonctionnent de plus en plus selon la logique d’une économie de l’attention, dans laquelle différentes formes de contenus (actualités, publicités, divertissement) se disputent l’attention des utilisateurs.

Entré en vigueur le 7 mai 2024, le règlement européen sur la liberté des médias vise à améliorer le fonctionnement du marché unique des services de médias à mesure que ceux-ci deviennent de plus en plus numériques et intrinsèquement transfrontières. Ce cadre juridique renforcé de l’UE en ce qui concerne les médias sera promu par le nouveau comité européen pour les services de médias, une instance indépendante.

Le règlement européen sur la liberté des médias comprend des mesures sans précédent pour protéger les médias et les journalistes contre les ingérences politiques, ainsi que des règles veillant à ce que les médias puissent opérer plus facilement par-delà les frontières, sans subir de pressions indues et en bénéficiant de la transformation numérique de l’espace médiatique. Grâce à ses dispositions relatives à la fourniture de services de médias et à l’accès à ces services dans un environnement numérique et à ses règles de transparence concernant la propriété des médias, ce règlement conduira à une gamme plus diversifiée de contenus médiatiques de qualité permettant des débats publics pluralistes, conformément aux objectifs de la décennie numérique et à la déclaration sur les droits et principes numériques.

Le règlement européen sur la liberté des médias s’accompagne d’autres initiatives en faveur de la liberté et du pluralisme des médias, telles que la proposition de directive visant à améliorer la protection des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme contre les procédures judiciaires abusives (poursuites-bâillons) et des recommandations concernant des garde-fous internes destinés à protéger l’indépendance éditoriale et la transparence de la propriété dans le secteur des médias et la protection, la sécurité et le renforcement des moyens d’action des journalistes. Il présente des synergies avec le règlement sur les services numériques, le code de bonnes pratiques contre la désinformation et d’autres actes de réglementation numérique. Enfin, des actions visant à promouvoir la transformation numérique de l’industrie des médias, son pluralisme, le journalisme de qualité, les informations vérifiées et l’éducation aux médias bénéficient d’un soutien au titre du plan d’action pour les médias et l’audiovisuel 144 de la Commission ainsi que d’un financement spécifique 145 , notamment au titre du programme «Europe créative».

Objectif relatif à la protection de la démocratie – Politiques, mesures et actions recommandées

Les États membres devraient promouvoir la liberté et le pluralisme des médias afin d’aider les citoyens à accéder à un espace diversifié d’informations et d’actualités en ligne, en soutenant le secteur et en coopérant avec d’autres États membres et avec la Commission européenne.

4. Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Eurobaromètre 2024: le couplage des transitions numérique et écologique est considéré comme un facteur clé de la numérisation de l’Europe. Quatre Européens sur cinq jugent important que les pouvoirs publics veillent à ce que les technologies numériques soient au service de la transition écologique.

Les objectifs de la décennie numérique visent à garantir la durabilité des infrastructures et des technologies numériques ainsi que leur utilisation efficace des ressources. La décennie numérique définit également plusieurs cibles en matière de durabilité des infrastructures, telles que le développement des nœuds périphériques et des semi-conducteurs. Conjointement à la déclaration sur les droits et principes numériques, la décennie numérique vise à promouvoir des technologies, des produits et des services numériques durables, ainsi qu’à fournir un accès à des informations relatives à l’incidence environnementale et à la consommation d’énergie. Elle encourage en outre l’adoption de technologies numériques ayant une incidence positive sur l’environnement et le climat 146 .

4.1. Le lien entre transition écologique et transformation numérique

Les inquiétudes liées au réchauffement climatique se sont accrues ces derniers mois et les dangers pour l’environnement continuent de dominer le paysage des risques. Les températures ont continué de battre des records en 2023 et le changement climatique et la perte de biodiversité figurent parmi les principaux défis de la prochaine décennie à l’échelle mondiale, selon l’enquête sur la perception des risques dans le monde («Global Risks Perception Survey») réalisée par le Forum économique mondial en 2024 et le rapport de Munich sur la sécurité 2024 147 . L’Europe, qui est le continent où le réchauffement climatique est le plus rapide au monde, est particulièrement exposée, plusieurs régions telles que le sud de l’Europe constituant des points critiques exposés à de multiples risques climatiques 148 .

Compte tenu des inquiétudes concernant le changement climatique, il est devenu primordial d’évaluer l’effet de la prolifération et de l’utilisation croissante des technologies sur l’environnement. Bien qu’il reste difficile d’évaluer les incidences et de déterminer les analyses à mener, les données montrent clairement que l’empreinte des technologies sur l’environnement est appelée à s’accroître. La numérisation est un processus qui nécessite beaucoup de ressources (énergie, eau et extraction de matières premières), et si certaines technologies laissent entrevoir des trajectoires durables, la «double transition» n’est pas encore garantie dans la pratique.

Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration fait état, jusqu’à présent, d’un nombre limité de mesures prises par les États membres en ce qui concerne le développement de technologies durables et de technologies ayant une incidence positive sur le climat et l’environnement, telles que des normes et des labels 149 .

Le rôle joué par la transformation numérique et l’adoption des technologies est de mieux en mieux perçu, tant en ce qui concerne la nécessité de réduire l’empreinte des TIC et d’augmenter les gains de productivité et d’efficacité des entreprises qu’en ce qui concerne les avancées dans le domaine de l’efficacité énergétique, des technologies «zéro net» et des technologies propres. Selon les chiffres publiés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale d’électricité a considérablement augmenté en 2023 et le rythme de cette croissance devrait s’accélérer sensiblement au cours des deux prochaines années, parallèlement à la demande mondiale de services internet et d’IA 150 . La consommation d’électricité des centres de données, de l’IA et du secteur des cryptomonnaies pourrait doubler au cours des deux prochaines années, étant donné que l’alimentation des systèmes d’IA nécessite de grandes capacités de stockage et des techniques de traitement efficaces. Toutefois, les centres de données actuels ne sont pas conçus pour répondre à ce besoin: il faudra construire de plus grandes capacités d’énergie et de stockage 151 .

De manière plus générale, le sentiment que la transformation numérique peut piloter une «transition écologique intelligente», rendue possible par une économie européenne plus compétitive qu’elle soutient à son tour, est de plus en plus répandu.

4.2. Vers des infrastructures numériques durables

Eurobaromètre 2024: La population prend de plus en plus conscience du rôle joué par les technologies numériques dans la lutte contre le changement climatique: trois Européens sur quatre estiment que les technologies numériques joueront un rôle important dans la lutte contre le changement climatique, ce qui représente une progression de 10 % en un an, puisque seuls deux répondants sur trois avaient exprimé cet avis dans l’Eurobaromètre 2023.

Le secteur numérique reste une source importante de consommation d’énergie, d’émissions et de déchets. Aujourd’hui, il représente environ 7 % à 9 % de la consommation mondiale d’électricité et les prévisions tablent sur un taux de 13 % d’ici à 2030 152 , ainsi que sur des quantités croissantes de déchets électroniques 153 .

Par exemple, dans le cas de la France, la majeure partie (79 %) de l’empreinte carbone du secteur numérique provient des appareils numériques (notamment les smartphones, les ordinateurs et les tablettes), en particulier au stade de la production. Toutefois, les tendances récentes indiquent que les émissions de GES des fabricants d’appareils diminuent lentement (- 5,4 % entre 2021 et 2022), tandis que celles des centres de données, qui ne représentaient que 16 %, ont augmenté au cours de la période 2021-2022, avec une hausse de 14 % des émissions de gaz à effet de serre, de 15 % de la consommation d’électricité et de 20 % de la consommation d’eau 154 . Selon une étude prospective 155 , dans un scénario de statu quo politique, l’empreinte carbone du secteur numérique augmenterait de 45 % d’ici à 2030. Cette forte augmentation est due à la croissance des flux de données, principalement des vidéos, elle-même favorisée par l’augmentation du nombre de centres de données. Ces derniers pourraient représenter 22 % des émissions de GES du secteur numérique en 2050, malgré l’utilisation de technologies améliorant l’efficacité énergétique.

Selon l’OCDE 156 , une part importante de la consommation d’énergie et de ressources du secteur numérique devrait être liée à l’IA. Cela s’explique probablement par l’augmentation massive du stockage et du traitement des données. Selon des estimations récentes, la consommation d’électricité des centres de données pourrait doubler au niveau mondial entre 2022 et 2026 157 . En fonction de la technologie utilisée, le refroidissement des centres de données peut également avoir une forte incidence sur la consommation d’eau et il convient donc d’en tenir compte dans le cadre des efforts visant à créer des infrastructures numériques durables.

En ce qui concerne l’économie circulaire, l’utilisation du recyclage reste limitée: en effet, dans l’UE, 10,4 % des personnes interrogées ont déclaré recycler leurs téléphones portables/smartphones, 9,7 % leurs ordinateurs portables et tablettes et 12,8 % leurs ordinateurs de bureau. Au niveau des entreprises, près d’une entreprise sur deux (48,7 %) a indiqué tenir compte de l’incidence des services et équipements TIC sur l’environnement avant de les choisir et appliquer certaines mesures ayant une incidence sur la consommation de papier ou d’énergie des équipements TIC 158 .

En 2023, l’UE a fixé des exigences minimales d’efficacité en matière d’écoconception pour les smartphones, les tablettes et, plus tôt, pour les serveurs et les ordinateurs, qui font actuellement l’objet d’un réexamen. La révision de la directive relative à l’efficacité énergétique 159 a inclus, pour la première fois, des dispositions relatives à la performance énergétique des centres de données. De nouvelles règles de planification et d’évaluation ont été adoptées en vue d’encourager l’implantation de nouveaux centres de données là où la chaleur résiduelle peut être réutilisée et où les besoins en eau et en énergie pour le refroidissement peuvent être réduits. En outre, le règlement délégué (UE) 2024/1364 160 établit les règles relatives au suivi de la performance énergétique des centres de données et à la collecte et à la publication de données, y compris sur l’empreinte sur l’énergie et sur les ressources en eau des centres de données.

En 2023, la Commission a également réalisé une étude, menée par son JRC, afin de développer des indicateurs communs pour mesurer l’empreinte environnementale des services de communications électroniques 161 . Le rapport final de cette étude comprend une sélection d’indicateurs pouvant servir de base au futur code de conduite pour des réseaux de télécommunications durables, qui devrait être finalisé d’ici à la fin de 2025.

Les semi-conducteurs à haut rendement énergétique sont essentiels pour réduire la consommation d’énergie des appareils électroniques, étant donné le rôle central qu’ils jouent dans les efforts mondiaux de réduction des émissions de carbone. Il s’agit d’un domaine dans lequel l’UE occupe clairement une position de chef de file sur la scène mondiale. Plusieurs évolutions, soutenues par l’UE et les États membres, contribueront à accélérer les progrès sur la voie de la neutralité carbone. Premièrement, la miniaturisation des puces électroniques augmentera considérablement leur efficacité énergétique. En particulier, les technologies européennes de pointe développées par ASML et Imec permettront de concevoir des puces de 3 nm qui généreront 35 % de gains d’efficacité en plus que celles de 5 nm. Deuxièmement, les processeurs à basse consommation permettront de réaliser des économies d’énergie révolutionnaires dans les technologies d’IA fondées sur l’informatique de périphérie. Troisièmement, l’utilisation de nouveaux matériaux – les matériaux dits à large bande, tels que le carbure de silicium et le nitrure de gallium – devrait également améliorer les performances et l’efficacité énergétique.

Il sera essentiel de mobiliser des investissements pour encourager la transition vers des technologies numériques plus économes en ressources. Ainsi, la facilité pour la reprise et la résilience soutient des mesures qui s’appuient sur les technologies numériques pour encourager la transition écologique, telles que la numérisation des systèmes de transport, y compris les transports ferroviaires et urbains, ou le déploiement de systèmes énergétiques intelligents (y compris les réseaux intelligents et les systèmes TIC).

L’acte délégué du règlement de la taxinomie de l’UE relatif à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à celui-ci a défini des critères clairs qui contribueront à orienter les investissements vers des centres de données plus écologiques et vers des solutions numériques vertes éprouvées en tant qu’activité économique durable. Durant l’été 2024, la Commission publiera un recueil de règles de l’Union européenne sur l’informatique en nuage, qui servira de point de référence unique pour les règles pertinentes applicables à l’informatique en nuage, notamment en matière de durabilité.

En février 2024, la Commission a lancé une période permettant aux parties prenantes de formuler des observations au sujet du livre blanc intitulé «Comment maîtriser les besoins de l’Europe en matière d’infrastructures numériques?» 162 . Comme indiqué dans l’un des scénarios, la Commission peut envisager de faciliter l’écologisation des réseaux numériques en promouvant la désactivation en temps utile des réseaux en cuivre et le passage à un environnement intégralement fibré et à une utilisation plus efficace des réseaux (codecs) sur l’ensemble du territoire de l’Union. Cela implique notamment de coopérer avec le secteur afin d’améliorer encore la facilité d’utilisation et le champ d’application potentiel de la taxinomie de l’UE pour les investissements verts, d’élaborer des indicateurs pour estimer le bilan carbone net des solutions numériques et d’assurer la coopération de tous les acteurs de l’écosystème des réseaux numériques afin de réduire leur empreinte carbone, notamment au moyen de mesures concrètes telles que des labels de performance des codecs.

Les infrastructures et technologies numériques durables sont un aspect dont seul un faible nombre de pays ont tenu compte dans leur feuille de route stratégique nationale relative à la décennie numérique (principalement la Belgique, la France, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Slovénie et la Slovaquie). La majeure partie des mesures porte sur le développement et l’utilisation de technologies et d’infrastructures économes en énergie et en ressources, allant de la réduction des déchets électroniques à des mesures soutenant les modèles économiques circulaires et numériques. La définition d’indicateurs et le suivi de l’incidence des technologies numériques sur l’environnement, notamment lors de la conception de nouveaux services en ligne, font également l’objet d’un petit nombre de mesures.

Il est possible de renforcer la coordination entre les feuilles de route nationales et les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC). En décembre 2023, la Commission a publié son évaluation des projets de PNEC des États membres de l’UE et émis des recommandations afin d’aider les États membres à revoir à la hausse leurs ambitions conformément aux objectifs de l’UE à l’horizon 2030. Lors de cette évaluation, plusieurs liens ont été faits entre numérisation et durabilité, notamment en envisageant la numérisation comme un facteur d’intégration des énergies renouvelables dans le réseau et la cybersécurité comme une exigence clé pour un système énergétique sûr et solide. Dans l’ensemble, les projets de plans mis à jour des États membres manquent de mesures et de financements nécessaires à la mise en œuvre du plan d’action de l’UE sur la transition numérique du système énergétique ainsi que de mesures et de financements relatifs aux compétences numériques et écologiques 163 .

4.3. La contribution de la numérisation à la transition écologique se concrétise.

La transformation numérique joue un rôle essentiel dans les efforts visant à réduire l’empreinte environnementale et à réaliser les objectifs du pacte vert pour l’Europe, puisqu’elle peut permettre une réduction des émissions totales de gaz à effet de serre comprise entre 15 % et 20 % avant 2030 (FEM, GeSI), pour autant qu’elle soit correctement utilisée et réglementée. 

À cet égard, 2024 est une année où des résultats concrets et très importants sont attendus.

-L’une des priorités actuelles est de mettre au point une méthodologie fondée sur des données scientifiques afin de mesurer l’incidence nette des solutions numériques sur l’environnement et de permettre la collecte de données probantes qui serviront de base à l’élaboration de politiques. Lancée en 2021 par la Commission, la coalition européenne pour le numérique vert 164 a été créée dans le but d’amener les principaux acteurs du secteur des TIC à développer une méthodologie fondée sur des données scientifiques pour quantifier l’incidence nette des solutions numériques sur l’environnement, démontrer sa facilité d’utilisation et élaborer des lignes directrices pour les secteurs importants. La coalition européenne pour le numérique vert a atteint tous ses objectifs avec succès en mars 2024 et collaborera, à partir du quatrième trimestre de 2024, avec les acteurs de secteurs critiques pour le climat, à savoir l’énergie, les transports, la construction, l’agriculture, la santé, les villes intelligentes et l’industrie manufacturière, afin d’élaborer des critères d’éligibilité pour soutenir cette numérisation par un financement durable.

-La Commission soutient une série de projets axés sur l’IA dans le cadre d’Horizon Europe et du programme pour une Europe numérique afin d’optimiser l’utilisation des ressources, de réduire au minimum les déchets et de freiner la consommation d’énergie dans différents secteurs.

-Les outils numériques jouent un rôle essentiel pour favoriser la coordination et la coopération au niveau local. Le nouveau consortium pour une infrastructure numérique européenne CitiVERSE contribuera à la construction de villes intelligentes et vertes, dans le plein respect de la double transition numérique et écologique et du nouveau Bauhaus européen, qui vise à créer des villes inclusives, esthétiques et durables. De même, le réseau des pôles européens d’innovation numérique (EDIH) promeut une approche durable de la numérisation dans toutes les activités et tous les services qu’il propose aux PME et aux administrations publiques locales au niveau régional. L’espace des données du pacte vert pour l’Europe sera mis en œuvre à partir du quatrième trimestre de 2024 et encouragera une économie fondée sur les données afin d’atteindre les objectifs du pacte vert dans les domaines de l’économie circulaire, de la biodiversité, du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci et de l’ambition «zéro pollution». L’UE abrite aujourd’hui 114 pôles travaillant à la fois sur la transition écologique et la transition numérique ou sur des variations de ces priorités politiques.

-«Destination Terre» (DestinE), initiative soutenue par la Commission européenne visant à créer un jumeau numérique de la Terre, sera lancée sous peu et sera ouverte aux utilisateurs à la mi-2024. Grâce à ses fonctionnalités révolutionnaires permettant de modéliser, de surveiller et de simuler les phénomènes naturels, les risques et les activités humaines connexes avec un niveau unique de précision, de rapidité et d’interactivité, DestinE aidera les utilisateurs à concevoir des stratégies d’adaptation et des mesures d’atténuation précises et réalisables.

-La Commission aide les gestionnaires de réseaux électriques (GRD et GRT) à créer un jumeau numérique des réseaux européens. Celui-ci favorisera la coopération entre les gestionnaires de réseau, contribuera à stimuler et à coordonner les investissements publics et privés et facilitera les efforts de normalisation.

La contribution de la numérisation à la transition écologique est un aspect dont peu de pays ont tenu compte dans leurs feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique (principalement la Croatie, Chypre, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède). Les mesures couvrent différents domaines d’application, notamment l’informatique de périphérie et les centres de données, le tourisme, l’efficacité énergétique des bâtiments, les réseaux de connectivité à haut débit et la mobilité.

4.4. La voie à suivre

En se fondant sur la sensibilisation croissante des citoyens et sur le soutien politique global en Europe au vaste potentiel offert par la transformation numérique pour favoriser une transition écologique intelligente 165 , ainsi que sur les réalisations accomplies en 2023, la priorité est de développer des synergies et de passer de projets pilotes et d’initiatives à petite échelle à des projets d’envergure reposant sur la coopération entre les acteurs publics et privés.

Objectif relatif au verdissement intelligent – Politiques, mesures et actions recommandées

Feuilles de route nationales 

Les États membres devraient envisager un déploiement plus large de solutions numériques afin de soutenir les objectifs de durabilité des secteurs critiques pour le climat, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture. Cela favorisera également la compétitivité et la croissance du marché européen des technologies numériques vertes.

Achever le marché unique numérique

Les États membres devraient accélérer et intensifier leurs actions préparatoires nécessaires pour rendre compte de la durabilité des centres de données en s’appuyant sur la directive relative à l’efficacité énergétique.

Les États membres, en coopération avec la Commission européenne et les parties prenantes concernées, devraient élaborer une méthodologie pour évaluer l’empreinte carbone et la capacité des infrastructures numériques, et en particulier la consommation d’énergie des nœuds périphériques, en vue de progresser, d’ici à la fin de 2025, sur la voie des indicateurs de la décennie numérique visant à améliorer la durabilité des infrastructures numériques et l’efficacité énergétique de l’informatique de périphérie.

Les États membres devraient utiliser la méthodologie de la coalition européenne pour le numérique vert publiée en avril 2024 pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre évitées grâce à l’utilisation de solutions numériques dans des secteurs tels que l’énergie, le transport, le bâtiment, l’agriculture, la santé, les villes intelligentes et l’industrie manufacturière. Ces mesures fourniront les preuves nécessaires à l’éligibilité aux financements de l’action climatique (financements verts) disponibles pour la numérisation des secteurs critiques pour le climat.

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient intensifier leurs travaux avec la Commission européenne et les acteurs financiers institutionnels sur les critères d’éligibilité aux financements verts afin de soutenir le déploiement d’infrastructures et de solutions numériques qui démontrent une incidence positive sur le développement durable.

5. Renforcer la cohérence et créer des synergies entre les politiques numériques et les dépenses

La décennie numérique comprend un engagement commun à veiller à ce que les politiques, mesures et programmes numériques pertinents pour la transformation numérique de l’UE soient pris en considération de manière coordonnée et cohérente afin de contribuer pleinement aux objectifs de la décennie numérique, tout en évitant les chevauchements et en réduisant au minimum la charge administrative. La présente section suit les progrès accomplis dans la réalisation de ces objectifs.

5.1. Mise en œuvre horizontale au moyen des feuilles de route nationales

Le premier cycle de feuilles de route nationales constitue un bon point de départ pour discuter des voies à suivre afin de réaliser la transformation numérique dans tous les États membres selon une vision commune, pour les harmoniser et pour les partager. Pour la première fois, l’UE peut compter sur des feuilles de route nationales communiquées par l’ensemble des 27 États membres. Quatre pays (la Tchéquie, l’Allemagne, la Grèce et la Lettonie) ont en outre pleinement et explicitement tenu compte, dans leur feuille de route, des recommandations formulées dans le rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023. Une évaluation complète 166 montre néanmoins que des améliorations et ajustements horizontaux substantiels des feuilles de route nationales sont nécessaires afin de les aligner sur les critères de référence établis dans le programme d’action pour la décennie numérique, conformément aux orientations de la Commission publiées en 2023.

Feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique – Politiques, mesures et actions recommandées

Les États membres devraient veiller à ce que toutes les cibles de l’UE soient couvertes par des cibles et des trajectoires nationales, reflétant le niveau d’ambition de l’UE.

Les États membres devraient veiller à ce que ces cibles et objectifs nationaux soient traduits en mesures plus ambitieuses, tenant compte des considérations budgétaires.

Les États membres devraient présenter une analyse de l’incidence de ces mesures afin de garantir une progression plus durable vers la réalisation de ces cibles et objectifs.

Les États membres devraient accorder une plus grande attention aux défis liés à la réalisation des objectifs généraux (à savoir un espace numérique centré sur l’humain, la compétitivité, la résilience, la souveraineté, l’inclusivité, la durabilité et le verdissement et la cohérence de l’action) et aux mesures nécessaires qui devraient être prises, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques.

Les États membres devraient associer les parties prenantes à l’adaptation des feuilles de route nationales, dans le cadre d’une consultation appropriée.

5.2. Œuvrer en faveur d’une mise en œuvre efficace, efficiente et sans lourdeur administrative du cadre réglementaire numérique

La Commission et les États membres insistent de plus en plus sur la nécessité de réduire la charge administrative tant dans la mise en œuvre et l’application des actes législatifs existants que lors de la réflexion sur de nouvelles initiatives législatives 167 . Ils ont appelé à créer des synergies, à éviter les doubles emplois et à adopter une approche coordonnée dans la gestion des structures de gouvernance existantes, tout en soulignant la nécessité de veiller à la cohérence entre la politique numérique et la politique en matière de cybersécurité. Les aspects suivants pourraient être étudiés afin d’encourager la mise en œuvre de l’acquis numérique:

-envisager la possibilité de consolider une partie de l’acquis numérique dans certains domaines, en s’appuyant sur l’expérience du code des communications électroniques européen, qui a fusionné cinq directives en un seul document juridique;

-mettre pleinement à profit le suivi du livre blanc sur l’avenir de la connectivité adopté en février 2024 pour simplifier le cadre réglementaire des télécommunications dans un contexte de convergence entre les services de télécommunications et les services nuage-périphérie;

-réaliser une cartographie complète des obligations d’information établies dans l’ensemble de l’acquis numérique, en s’appuyant sur les travaux initiaux déjà réalisés en 2023, en vue de simplifier les obligations d’information, de mettre à profit l’expérience des «bacs à sable» et de tirer parti de la nouvelle possibilité de déclaration numérique;

-assurer une mise en œuvre rapide des règlements, lignes directrices, codes de bonnes pratiques et autres initiatives juridiques que la Commission européenne et son nouveau bureau de l’IA devront adopter au cours des prochains mois afin de préparer le terrain pour le règlement sur l’IA.

Enfin, l’approche «pangouvernementale» promue par la décennie numérique peut réduire les barrières entre les organismes publics et contribuer à un échange fluide de données et d’informations entre les différents systèmes, simplifiant ainsi les processus pour les entreprises et les citoyens.

Le nouveau comité de comitologie (pour les actes d’exécution) et le comité pour la décennie numérique en tant que groupe d’experts (pour les activités de collaboration et de coopération avec les États membres) ont été établis par décision de la Commission en 2023. Le comité pour la décennie numérique a été conçu afin de servir de point central aux États membres et a été investi d’un large mandat pouvant couvrir toutes les questions et discussions ayant trait à la transformation numérique, y compris celles relatives à la gouvernance et aux obligations d’information, ainsi que les projets multinationaux.

En 2023 et 2024, la Commission et les États membres ont discuté des moyens de conférer au comité pour la décennie numérique un rôle stratégique, de s’appuyer sur son mandat et de renforcer son positionnement en tant que référence pour les décideurs et les dirigeants politiques sous l’impulsion des présidences espagnole, belge et bientôt hongroise du Conseil de l’UE.

Le programme d’action pour la décennie numérique pourrait notamment jouer un rôle dans la promotion de synergies entre les travaux des comités sectoriels (tels que le comité européen des services numériques dans le cadre du règlement sur les services numériques, ou le comité de l’intelligence artificielle) et dans l’analyse et la clarification des interactions entre les différentes législations de l’UE et leurs organes directeurs, tels que les groupes d’experts, afin de garantir une meilleure compréhension de celles-ci par les parties prenantes, en particulier les PME.

Objectif visant à favoriser la coordination et la cohérence – Politiques, mesures et actions recommandées

Achever le marché unique numérique

Les États membres devraient coopérer avec la Commission afin de mettre en œuvre des outils et des solutions visant à favoriser l’application cohérente des actes législatifs existants et d’étudier les moyens de réduire la charge administrative, en particulier pour les PME.

Les États membres devraient échanger avec la Commission les bonnes pratiques en matière de consolidation et de codification du cadre réglementaire numérique existant.

Les États membres devraient coopérer avec la Commission en vue de développer des synergies et d’améliorer la coordination des législations existantes de l’UE avec leurs différentes structures et entités de gouvernance afin d’accroître l’efficacité et la cohérence globales de la législation de l’UE tout en contribuant à améliorer le respect de la législation et à renforcer le marché unique.

Les États membres devraient tirer pleinement parti du rôle et de l’expertise du comité pour la décennie numérique afin de contribuer à la mise en œuvre de l’acquis numérique.

5.3. Créer des synergies entre les financements prévus pour la numérisation

Plusieurs programmes de l’UE, tels qu’Horizon Europe, le programme pour une Europe numérique, le volet numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, la FRR et InvestEU, sont essentiels pour atteindre les objectifs et cibles de la décennie numérique.

L’augmentation significative des investissements de l’UE dans les technologies numériques dans le cadre de programmes et d’instruments relevant du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 offre des possibilités d’améliorer les gains d’efficacité, y compris l’enrichissement mutuel des industries. Elle offre également des perspectives de renforcer l’innovation européenne en explorant et en exploitant les technologies à l’interface entre les industries civile, de la défense et de l’espace, telles que l’intelligence artificielle, l’informatique en nuage et l’informatique quantique, comme indiqué dans le plan d’action sur les synergies entre les industries civile, spatiale et de la défense de février 2021.

Sur la base des conclusions du Conseil de mai 2024 168 , la création de synergies nécessite une planification, une conception et une programmation adéquates des programmes de financement de l’UE, harmonisant les priorités stratégiques et les règles. Des synergies peuvent être développées et encouragées dans trois grands domaines.

Premièrement, un financement complémentaire permet à différents programmes de participer au même projet. Un financement complémentaire a pu être octroyé à bon nombre de pôles européens d’innovation numérique (EDIH) financés au titre du programme pour une Europe numérique en combinaison avec le Fonds européen de développement régional, compte tenu de la très forte dimension régionale des EDIH.

Deuxièmement, le financement séquentiel couvre des projets successifs reposant les uns sur les autres, en amont ou en aval, notamment entre Horizon Europe, le programme pour une Europe numérique et le volet numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE 2), afin de préparer, de déployer et de connecter les infrastructures numériques. Horizon Europe soutient la recherche, le développement technologique, la démonstration, le pilotage, la validation de concepts, les essais et l’innovation – y compris le déploiement avant commercialisation – de technologies numériques innovantes. Le programme pour une Europe numérique est axé sur le renforcement des capacités et des infrastructures numériques de grande envergure afin de soutenir l’adoption et le déploiement dans toute l’Union de solutions numériques innovantes de taille critique, parmi celles qui existent ou qui ont été testées. Le volet numérique du MIE 2 soutient le déploiement de réseaux dorsaux et de réseaux 5G à très haute capacité (corridors et communautés intelligentes) nécessaires pour déployer les services et technologies numériques dans l’ensemble de l’UE. Un autre exemple de financement séquentiel est l’action actuellement menée afin de permettre le passage de l’innovation du secteur civil vers le secteur de la défense, dans le cadre d’appels «spin-in» ou «spin-off».

Troisièmement, le financement alternatif permet à un programme ou à un instrument de reprendre des propositions de projets de haute qualité provenant d’autres programmes, notamment par l'intermédiaire du label d’excellence, qui reconnaît la valeur d’un projet et encourage d’autres fonds à bénéficier du processus d’évaluation de haute qualité. Dans le cadre d’Horizon Europe, le label d’excellence de l’Accélérateur du Conseil européen de l’innovation (CEI) offre un large éventail de possibilités de financement en exploitant des synergies avec d’autres programmes nationaux et de l’UE tels que NextGenerationEU ou les fonds de cohésion. Le programme pour une Europe numérique attribue le label d’excellence notamment aux pôles européens d’innovation numérique (EDIH). 151 EDIH sont financés par le programme pour une Europe numérique et plus de 70 EDIH ayant obtenu le label d’excellence ont été financés par les fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI) ou la FRR. En 2023, le volet numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe a également attribué des labels d’excellence à un certain nombre de projets présentés dans le cadre du deuxième appel relatif à la stratégie «Global Gateway», qui ne pouvaient pas être financés autrement en raison d’un manque de budget. S’appuyant sur le succès du label d’excellence, le règlement établissant la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) 169 a introduit le label de souveraineté. Ce label sera attribué à des projets satisfaisant à des exigences minimales de qualité (y compris des critères d’éligibilité, d’exclusion et d’attribution) dans le cadre de la procédure de sélection au titre du programme pour une Europe numérique, du Fonds européen de la défense, du programme «L’UE pour la santé», d’Horizon Europe ou du Fonds pour l’innovation.

Dernier point, mais non des moindres, des synergies peuvent également être créées entre les subventions et les formes d’aide remboursable, telles que les prêts, les garanties et les investissements en fonds propres, afin de remédier à des défaillances particulières du marché ou à des déficits d’investissement. Le Fonds InvestEU peut être combiné à des subventions ou des instruments financiers (ou les deux), financés par le budget de l’UE géré de manière centralisée ou par le Fonds européen pour l’innovation. Ce processus d’investissement rationalisé permet d’assurer la visibilité de la réserve de projets et de maximiser les synergies entre les programmes pertinents de l’UE dans des domaines tels que la numérisation. C’est le cas des opérations de mixage entre le programme pour une Europe numérique et InvestEU, dans le cadre desquelles la garantie InvestEU est augmentée afin de fournir un soutien ciblé en fonds propres dans le domaine des technologies numériques stratégiques ou des puces électroniques.

Objectif visant à favoriser la coordination et la cohérence – Politiques, mesures et actions recommandées

Mobiliser des investissements

Les États membres devraient coopérer avec la Commission pour créer de nouvelles synergies entre les programmes de financement mobilisés pour la transformation numérique de l’UE, afin d’éviter les doubles emplois et de rechercher des complémentarités.

Les États membres devraient maximiser l’impact du budget de l’UE en soutenant particulièrement les projets revêtant une forte dimension transfrontière qui ont reçu un label d’excellence ou qui devraient étendre davantage leur couverture, afin de faire en sorte que les investissements européens servent d’accélérateurs aux futures initiatives destinées à réaliser les objectifs et cibles de la décennie numérique.

Les États membres devraient coopérer avec la Commission en vue de promouvoir un processus d’investissement rationalisé et d’assurer ainsi la visibilité des réserves de projets tout en maximisant les synergies existantes.

5.4. Renforcer la coopération à tous les niveaux, notamment en associant davantage les villes et les régions à la décennie numérique

Le suivi des objectifs et cibles montre qu’un des principaux écueils pour la transformation numérique de l’UE est le manque de diffusion des technologies numériques au-delà de points névralgiques, tels que certaines grandes villes. Ce problème est mis en évidence par la persistance de la fracture numérique et la numérisation insuffisante des entreprises, en particulier des PME. Comme le montre le 9e rapport sur la cohésion 170 , la convergence régionale est toujours à la traîne étant donné que les régions capitales concentrent souvent les investissements, le capital humain et les infrastructures numériques, tandis que les autres régions et les zones rurales et reculées peinent à stimuler l’activité économique et à faire face aux défis démographiques. La décennie numérique ne pourra se concrétiser qui si on accorde davantage d’attention à l’inclusivité et à l’implication de tous les acteurs à tous les niveaux. Sur le plan institutionnel, les multiples références faites aux régions dans le programme d’action illustrent l’objectif du Parlement européen et du Conseil de l’UE de veiller à une approche inclusive de la décennie numérique, qui aille au-delà des niveaux national et européen.

Les régions et les municipalités ont en commun un grand nombre des principales entraves à la transformation numérique, qu’elles concernent l’infrastructure, la gouvernance intelligente, la mobilité intelligente, les écosystèmes de start-up, les données ouvertes ou la durabilité numérique. Une récente enquête 171 menée par la BEI montre que l’accès aux compétences numériques et techniques constitue un obstacle majeur à la transformation numérique de plus de la moitié (58 %) des municipalités de l’UE. Plus généralement, les collectivités locales et régionales jouent un rôle important dans la mise en œuvre des initiatives de l’Union, étant donné que 70 % de la législation de l’UE a besoin de leur intervention pour être mise en œuvre 172 .

Le programme d’action pour la décennie numérique et la déclaration sur les droits et principes numériques sont l’occasion d’accroître la contribution des régions et des villes à la transformation numérique de l’UE, en proposant un langage commun et un cadre global permettant d’aligner les mesures sur les priorités qui définissent l’action «à l’européenne», sur la base d’une coopération et d’un mécanisme de gouvernance qui offrent aux États membres, aux régions et aux villes de nouvelles possibilités de travailler en partenariat et d’intensifier leur action, notamment dans le cadre de projets tels que l’EDIC LDT CitiVERSE.

À l’inverse, l’expérience et les capacités spécifiques des régions et des villes sont essentielles au succès de la décennie numérique, car elles sont riches d’expériences pratiques, de connaissances et de solutions innovantes fondées sur les contacts quotidiens avec les citoyens et les entreprises, qui peuvent également contribuer à un meilleur suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques, à la résolution de problèmes tels que la fracture numérique et à la garantie que les avantages de la numérisation peuvent atteindre tous les groupes locaux, y compris les PME. Les observatoires locaux et les observatoires de la fracture numérique sont des outils prometteurs qui permettent aux régions et aux villes de mettre en place des conditions favorables à l’obtention d’informations auprès des citoyens sur les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien concernant la numérisation, ainsi que sur les fractures numériques 173 . La Coalition des villes pour les droits numériques 174 , un réseau de villes engagées à promouvoir et à défendre les droits numériques en milieu urbain, peut également jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques.

Au niveau local, le mouvement Living-in.EU mis en place par des villes européennes a profité de la décennie numérique pour jouer un rôle moteur dans la transformation numérique des régions, des villes et des communautés locales. Ce mouvement est soutenu par le Comité des régions et par la Commission européenne dans le cadre du programme pour une Europe numérique. Créé en 2019, il ne cesse de croître et compte plus de 150 signataires et plus de 130 sympathisants institutionnels, ce qui représente déjà 10 % de la population de l’UE. Le mouvement Living-in.EU a lancé Lordimas, un outil mis au point afin de mesurer la maturité numérique au niveau local, qui pourrait être davantage aligné sur la décennie numérique afin d’aider les décideurs politiques nationaux et européens à fournir un meilleur soutien stratégique et un financement ciblé. Toutefois, les modes actuellement mis en œuvre par les régions et les villes pour diffuser les bonnes pratiques et les exemples de réussite n’ont pas l’efficacité d’un cadre ni les mécanismes internes nécessaires pour partager plus efficacement leurs expériences et connaissances, surtout dans les plus petites communautés. Il serait bénéfique pour toutes les villes de l’UE de disposer de projets de diffusion à proprement parler, qui comprendraient des échéances, des moyens financiers et, dès leur conception, un mécanisme destiné à reproduire les bonnes pratiques dans les plus petites villes.

Objectif visant à favoriser la coordination et la cohérence à tous les niveaux – Politiques, mesures et actions recommandées

Les États membres devraient coopérer avec la Commission afin d’encourager un dialogue plus étroit et bidirectionnel avec les régions et les villes, notamment par l’intermédiaire des réseaux existants, et de recenser, collecter et diffuser les meilleures pratiques, notamment en tenant compte de la déclaration sur les droits et principes numériques. Ces efforts devraient s’appuyer sur les «observatoires locaux» existants, qui pourraient servir de principal vecteur de collecte et de diffusion des bonnes pratiques aux différents niveaux de gouvernance.

Les États membres devraient améliorer la collecte de données et le suivi de la transformation numérique au niveau local afin de soutenir le programme d’action pour la décennie numérique.

(1)

 Document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», annexe 3. «Analysis of national Digital Decade strategic roadmaps», SWD(2024)260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 . Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques s’appuie sur diverses sources, dont une étude d’appui indépendante ( https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833359 ), des mécanismes de rapport de la Commission tels que le suivi de la déclaration de Berlin et le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique (Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351 ).

(2)

Communication de la Commission, Rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023, COM/2023/570 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=COM%3A2023%3A570%3AFIN.

(3)

Une boussole stratégique en matière de sécurité et de défense, https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-7371-2022-INIT/fr/pdf .

(4)

Groupe de coopération SRI, «Cybersecurity and resiliency of Europe’s communications infrastructures and networks: Follow-up to the Nevers Call of 9 March 2022», février 2024, https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/report-cybersecurity-and-resiliency-eu-communications-infrastructures-and-networks .

(5)

Discours de la Présidente von der Leyen au Forum économique mondial de Davos 2024, https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/speech_24_221.

(6)

Varadajan e.a., «The Unwinding of Global Tech Supply Chains», Boston Consulting Group, mars 2023, https://www.bcg.com/publications/2023/the-unwinding-of-global-tech-supply-chains#SnippetTab.

(7)

Communication conjointe relative à la stratégie européenne en matière de sécurité économique, JOIN/2023/20 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=JOIN:2023:20:FIN.

(8)

ESPAS, Global Trends to 2040: Choosing Europe’s Future, avril 2024, https://www.espas.eu/files/espas_files/about/ESPAS-Global-Trends-to-2040-Choosing-Europes-Future.pdf.

(9)

Une nouvelle stratégie pour l’industrie européenne de la défense pour préparer l’Union à toute éventualité en la dotant d’une industrie européenne de la défense réactive et résiliente, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A52024JC0010 .

(10)

Commission européenne, Livre blanc sur les options envisageables pour renforcer le soutien à la recherche et au développement dans le domaine des technologies à double usage potentiel, janvier 2024, https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/14060-RD-sur-les-technologies-a-double-usage-options-de-soutien_fr; Discours liminaire de la Présidente von der Leyen à la conférence annuelle 2023 de l’AED, 30 novembre 2023, https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/SPEECH_23_6207.

(11)

Une nouvelle stratégie pour l’industrie européenne de la défense pour préparer l’Union à toute éventualité en la dotant d’une industrie européenne de la défense réactive et résiliente, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A52024JC0010 .

(12)

Déclaration du commissaire Gentiloni lors de la présentation des prévisions économiques de l’hiver 2024, février 2024 (en anglais uniquement), https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/speech_24_844 .

(13)

McKinsey Global Institute, «Accelerating Europe: Competitiveness for a new era», janvier 2024, https://www.mckinsey.com/mgi/our-research/accelerating-europe-competitiveness-for-a-new-era .

(14)

Conférence inaugurale du laboratoire de l’UEM par Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, à l’Institut universitaire européen: «From laggard to leader? Closing the euro area’s technology gap», Florence, février 2024, https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2024/html/ecb.sp240216~df6f8d9c31.en.html.

(15)

Commission européenne, Rapport annuel 2024 sur le marché unique et la compétitivité, SWD(2024) 77 final – SWD(2024) 78 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52024DC0077 .

(16)

  https://www.cfr.org/event/conversation-christine-lagarde-0 .

(17)

Recommandation (UE) 2023/2113 de la Commission du 3 octobre 2023 relative aux domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’Union en vue d’une évaluation approfondie des risques avec les États membres, C(2023) 6689 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=OJ:L_202302113.

(18)

Banque européenne d’investissement, Rapport sur l’investissement 2023/2024: Une transformation au service de la compétitivité, https://www.eib.org/attachments/lucalli/20230323_economic_investment_report_2023_2024_fr.pdf.

(19)

Letta, E., «Much more than a market – Speed, Security, Solidarity: Empowering the Single Market to deliver a sustainable future and prosperity for all EU Citizens», avril 2024, https://www.consilium.europa.eu/media/ny3j24sm/much-more-than-a-market-report-by-enrico-letta.pdf.

(20)

Commission européenne, «Opportunities and challenges of Artificial Intelligence Technologies for the Cultural and Creative Sectors», février 2022, https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/359880c1-a4dc-11ec-83e1-01aa75ed71a1/language-en.

(21)

Une enquête menée auprès de plus de 16 000 citoyens et de 14 000 entreprises a révélé que 38 % des entreprises expérimentaient actuellement l’IA, voir https://www.unlockingeuropesaipotential.com/executive-summary.

(22)

 https://www.aboutamazon.eu/news/job-creation-and-investment/ai-adoption-forecast-to-unleash-600-billion-growth-in-europes-economy.

(23)

McKinsey, «The economic potential of generative AI: The next productivity frontier», 14 juin 2023, https://www.mckinsey.com/capabilities/mckinsey-digital/our-insights/the-economic-potential-of-generative-ai-the-next-productivity-frontier#introduction et https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/communication-boosting-startups-and-innovation-trustworthy-artificial-intelligence .

(24)

Communication de la Commission, Stimuler les start-up et l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle digne de confiance, COM(2024) 28 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52024DC0028.

(25)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351.

(26)

  https://www.oecd-ilibrary.org/science-and-technology/consumer-vulnerability-in-the-digital-age_4d013cc5-en .

(27)

Edelman, R., Technology Industry Watch Out: Innovation at Risk, mars 2024, https://www.edelman.com/insights/technology-industry-watch-out-innovation-risk.

(28)

L’UE en 2023: Rapport général sur l’activité de l’Union européenne, https://op.europa.eu/fr/publication-detail/-/publication/ea6b0987-dd66-11ee-b9d9-01aa75ed71a1 .

(29)

Forum économique mondial, Global Risks Report 2024, https://www.weforum.org/publications/global-risks-report-2024/.

(30)

  https://www.newsguardtech.com/special-reports/ai-tracking-center/ ; https://www.washingtonpost.com/technology/2023/12/17/ai-fake-news-misinformation/.

(31)

Voir notamment https://www.economist.com/technology-quarterly/2024/03/27/artificial-intelligence-has-long-been-improving-diagnoses .

(32)

  https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_24_926 ; en décembre 2023, le Parlement européen a adopté un rapport d’initiative qui soulignait «l’incidence considérable de la conception addictive sur tout un chacun, mais en particulier sur les enfants et les adolescents».

(33)

PISA 2023. Insights and interpretations – How smart phones and tablets can impact learning. Décembre 2023.

(34)

Communication de la Commission, « La compétitivité à long terme de l’UE: se projeter au-delà de 2030 » , COM(2023) 168 final: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52023DC0168.

(35)

Selon des études, la numérisation et d’autres avancées technologiques pourraient permettre d’augmenter de 0,5 à 1,0 % la croissance annuelle de la productivité. MGI, mars 2021.

(36)

Statista, ICT global market share worldwide 2023, https://www.statista.com/statistics/263801/global-market-share-held-by-selected-countries-in-the-ict-market/ .

(37)

Centre sur la régulation en Europe (CERRE), Digital Industrial Policy for Europe, décembre 2022, p. 15, https://cerre.eu/publications/digital-industrial-policy-for-europe/ .

(38)

Centre sur la régulation en Europe (CERRE), Digital Industrial Policy for Europe, décembre 2022, p. 15, https://cerre.eu/publications/digital-industrial-policy-for-europe/.

(39)

  https://companiesmarketcap.com/tech/largest-tech-companies-by-market-cap/ .

(40)

Analyse du plan stratégique Horizon Europe pour la période 2025-2027, pp. 52 à 55, https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/b3baec75-fdd0-11ed-a05c-01aa75ed71a1/language-en/format-PDF/source-287596143.

(41)

Communication de la Commission «Un nouvel EER pour la recherche et l’innovation», COM/2020/628 final: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=COM:2020:628:FIN.

(42)

Selon les dernières données disponibles de 2022 ( https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=R%26D_expenditure&oldid=627002#Gross_domestic_expenditure_on_R.26D ), les investissements dans la R&I représentaient 2,2 % du PIB de l’UE. Ce niveau est nettement inférieur à celui des États-Unis (3,4 %) et légèrement inférieur à celui de la Chine (2,4 %), ce qui témoigne d’un niveau particulièrement faible d’investissement dans le secteur privé.

(43)

  https://www.statista.com/statistics/732308/worldwide-research-and-development-information-communication-technology/ ; https://www.statista.com/statistics/732308/worldwide-research-and-development-information-communication-technology .  

(44)

Règlement (UE) 2021/695 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» et définissant ses règles de participation et de diffusion, et abrogeant les règlements (UE) nº 1290/2013 et (UE) nº 1291/2013.

(45)

  Proposition de recommandation du Conseil sur le renforcement de la sécurité de la recherche, COM(2024) 26 final: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52024DC0026.

(46)

Recommandation (UE) 2021/1700 de la Commission du 15 septembre 2021 relative aux programmes internes de conformité pour les contrôles de la recherche portant sur les biens à double usage en vertu du règlement (UE) 2021/821 du Parlement européen et du Conseil instituant un régime de l’Union de contrôle des exportations, du courtage, de l’assistance technique, du transit et des transferts en ce qui concerne les biens à double usage.

(47)

https://europa.eu/newsroom/ecpc-failover/pdf/ip-24-363_fr.pdf.

(48)

https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/14060-RD-sur-les-technologies-a-double-usage-options-de-soutien_fr.

(49)

Les recommandations formulées dans le présent rapport s’appuient sur celles figurant dans le premier rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique, en tenant compte des progrès accomplis, dans la mesure du possible, et du peu de temps écoulé entre les recommandations formulées l’année dernière (fin septembre) et la présentation des feuilles de route nationales des États membres. Dans de nombreux cas, les recommandations du premier rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique sont réitérées dans le présent rapport, soit avec le même champ d’application, soit avec une orientation et un degré de détail partiellement différents. Cela vaut pour toutes les recommandations formulées dans le présent rapport.

(50)

Recommandation (UE) 2021/2122 du Conseil du 26 novembre 2021 sur un pacte pour la recherche et l’innovation en Europe (JO L 431 du 2.12.2021, p. 1).

(51)

 Règlement (UE) 2022/1925 du Parlement européen et du Conseil du 14 septembre 2022 relatif aux marchés contestables et équitables dans le secteur numérique et modifiant les directives (UE) 2019/1937 et (UE) 2020/1828 (règlement sur les marchés numériques) (JO L 265 du 12.10.2022, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2022/1925/oj).

(52)

Lagarde, C., «Une révolution kantienne pour l’union des marchés de capitaux», discours lors du Congrès bancaire européen, Francfort-sur-le-Main, 17 novembre 2023, https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2023/html/ecb.sp231117~88389f194b.fr.html , faisant suite à la communication de la Commission intitulée «Une union des marchés des capitaux au service des personnes et des entreprises – nouveau plan d’action», COM(2020) 590 final: https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:61042990-fe46-11ea-b44f-01aa75ed71a1.0002.02/DOC_1&format=PDF .

(53)

Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351 . Dans le présent document, cette étude est appelée «Eurobaromètre 2024».

(54)

Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 4.

(55)

 Visionary Analytics, International benchmarking of the digital transformation, mars 2024.

(56)

Source: Comité des communications (COCOM).

(57)

Part des abonnements à la fibre dans le total des abonnements au haut débit fixe en 2022, source: OCDE.

(58)

Sur la base de la décision d’exécution de la Commission du 30 juin 2023 établissant des indicateurs clés de performance pour mesurer les progrès accomplis vers les cibles numériques définies à l’article 4, paragraphe 1, de la décision (UE) 2022/2481 du Parlement européen et du Conseil:

– la connectivité gigabit est mesurée en pourcentage des ménages couverts par les réseaux à très haute capacité (VHCN). Les technologies envisagées sont celles qui permettent actuellement de fournir une connectivité gigabit, à savoir la FTTP (Fibre to the Premises) et le câble «Docsis 3.1». L’évolution de la couverture FTTP fera également l’objet d’un suivi distinct et sera prise en considération lors de l’interprétation des données relatives à la couverture VHCN;

– la couverture 5G est mesurée en pourcentage de zones habitées couvertes par au moins un réseau 5G, quelle que soit la bande de fréquences utilisée.

(59)

  Commission européenne , Livre blanc – Comment maîtriser les besoins de l’Europe en matière d’infrastructures numériques?, février 2024, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52024DC0081.

(60)

  WIK Consult, Investment and funding needs for the Digital Decade connectivity targets, juillet 2023, https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/investment-and-funding-needs-digital-decade-connectivity-targets.

(61)

Recommandation (UE) 2024/779 de la Commission du 26 février 2024 pour des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes, C/2024/1181, JO L, 2024/779, 8.3.2024.

(62)

McKinsey, «Exploring new regions: The greenfield opportunity in semiconductors», janvier 2024, https://www.mckinsey.com/industries/semiconductors/our-insights/exploring-new-regions-the-greenfield-opportunity-in-semiconductors.

(63)

  https://www.idc.com/about/ .

(64)

La trajectoire pour les nœuds périphériques repose sur les conclusions de l’étude de l’Edge Observatory (https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/edge-observatory)

(65)

  https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/edge-observatory et IDC Worldwide Edge Spending Guide, https://www.idc.com/getdoc.jsp?containerId=IDC_P39947.

(66)

Communication conjointe relative à la stratégie européenne en matière de sécurité économique, JOIN/2023/20 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=JOIN:2023:20:FIN.

(67)

Recommandation (UE) 2023/2113 de la Commission du 3 octobre 2023 relative aux domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’Union en vue d’une évaluation approfondie des risques avec les États membres, C(2023) 6689 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=OJ:L_202302113.

(68)

https://www.hpcqs.eu.

(69)

 Étude intitulée «International Benchmarking of the Digital Transformation 2024»: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833343 .

(70)

Déclaration européenne sur les technologies quantiques, https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/european-declaration-quantum-technologies .

(71)

Anderton, R., Botelho, V., et Reimers, P. (2023), « Digitalisation and productivity: gamechanger or sideshow ?», Working Paper Series, No 2794, BCE, mars 2023.

(72)

Communication de la Commission établissant des trajectoires prévisionnelles au niveau de l’union pour les cibles numériques, C(2023) 7500: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52023XC0929(03).

(73)

Sinergy Research Group, European Cloud Providers Double in Size but Lose Market Share, 27 septembre 2022: https://www.srgresearch.com/articles/european-cloud-providers-continue-to-grow-but-still-lose-market-share.

(74)

Statista, Cloud Computing in Europe – statistics and facts, https://www.statista.com/topics/8472/cloud-computing-in-europe/#topicOverview.

(75)

Commission européenne, «Study on the Economic Detriment to Small and Medium-Sized Enterprises Arising from Unfair and Unbalanced Cloud Computing Contracts», novembre 2019, https://commission.europa.eu/publications/study-economic-detriment-small-and-medium-sized-enterprises-arising-unfair-and-unbalanced-cloud_en. Il est à noter que le règlement sur les données, qui entrera en application le 12 septembre 2025, fixe des exigences minimales pour les contrats d’informatique en nuage.

(76)

  https://pitchbook.com/news/reports/2023-annual-european-venture-report ; Forum économique mondial, Global Risks Report 2024, https://www.weforum.org/publications/global-risks-report-2024 , p. 50 sur l’IA.

(77)

  https://www.orrick.com/en/Insights/2024/03/Deal-Flow-4-5-Things-We-Learned-About-European-Tech-Deal-Terms-in-2023 ; https://pitchbook.com/news/reports/2023-annual-european-venture-report .  

(78)

European Data Market Study (mise à jour d’octobre 2023).

(79)

Règlement (UE) 2022/868 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2022 portant sur la gouvernance européenne des données et modifiant le règlement (UE) 2018/1724 (règlement sur la gouvernance des données) (JO L 152 du 3.6.2022, p. 1, http://data.europa.eu/eli/reg/2022/868/oj).

(80)

  Règlement (UE) 2023/2854 du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2023 concernant des règles harmonisées portant sur l’équité de l’accès aux données et de l’utilisation des données et modifiant le règlement (UE) 2017/2394 et la directive (UE) 2020/1828 (règlement sur les données) (JO L, 2023/2854, 22.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2854/oj) .

(81)

Banque européenne d’investissement, enquête de la BEI sur l’investissement 2019-2022.

(82)

 Document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 .

(83)

La plateforme Dealroom met régulièrement à jour le nombre de licornes. Au 29 janvier 2024, l’UE comptait 263 licornes, selon les données de Dealroom. Les statistiques ne tenaient pas compte du Royaume-Uni.

(84)

Aujourd’hui, plus de 90 % des investissements mondiaux en capital-risque destinés à l’IA, qui sont passés de 2,7 milliards d’EUR en 2022 à 24 milliards d’EUR en 2023, sont réalisés aux États-Unis. Il est essentiel d’attirer des investissements dans les start-up européennes actives dans le domaine de l’IA pour accélérer le déploiement de solutions d’IA avancées.

(85)

Voir article 3, paragraphe 1, point k), de la décision (UE) 2022/2481 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 établissant le programme d’action pour la décennie numérique à l’horizon 2030 (JO L 323 du 19.12.2022, p. 4) (ci-après la «décision relative à la décennie numérique»).

(86)

Voir considérant 20 de la décision relative à la décennie numérique.

(87)

   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 4.

(88)

ENISA, ENISA Threat Landscape 2023, https://www.enisa.europa.eu/publications/enisa-threat-landscape-2023.

(89)

ENISA, ENISA Threat Landscape 2023, https://www.enisa.europa.eu/publications/enisa-threat-landscape-2023 . 

(90)

Communication de la Commission, «Mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité des réseaux 5G», C(2023) 4049 final, https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/communication-commission-implementation-5g-cybersecurity-toolbox.

(91)

Règlement d’exécution de la Commission portant modalités d’application du règlement (UE) 2019/881 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne l’adoption du schéma européen de certification de cybersécurité fondé sur des critères communs (EUCC), C(2024) 560, https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:80ab8300-c029-11ee-b164-01aa75ed71a1.0019.02/DOC_1&format=PDF.

(92)

Accord politique concernant le règlement sur la cyberrésilience, https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_23_6168.

(93)

Directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, modifiant le règlement (UE) nº 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148, JO L 333 du 27.12.2022, p. 80, http://data.europa.eu/eli/dir/2022/2555/2022-12-27 (texte consolidé).

(94)

 Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 4.

(95)

Mazzoni e.a., «Implications of the Digital Transformation on Different Social Groups», EP studies, mars 2024, https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2024/760277/IPOL_STU(2024)760277_EN.pdf.

(96)

  Recommandation du Conseil du 12 mars 2021 sur l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms , 2021/C 93/01, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=OJ%3AJOC_2021_093_R_0001.

(97)

Au titre duquel environ 2 milliards d’EUR ont déjà été programmés exclusivement pour soutenir les compétences numériques, en plus d’autres mesures plus générales susceptibles d’impliquer le renforcement des compétences numériques au moyen, par exemple, de la modernisation des systèmes d’éducation et de formation ou de la mise en œuvre de politiques actives du marché du travail.

(98)

Les actions susmentionnées s’accompagnent d’un certain nombre d’initiatives supplémentaires adoptées entre 2019 et 2024 qui ciblent directement les compétences numériques ou qui couvrent ces dernières dans le cadre d’initiatives plus larges visant à améliorer le développement des compétences. Il s’agit, par exemple, de la coalition en faveur des compétences et des emplois numériques et de ses coalitions nationales, de la plateforme des compétences et des emplois numériques , des « European Digital Skills Awards », du pacte pour les compétences , des centres d’excellence professionnelle et de la semaine européenne du code.

(99)

 Sur le plan du nombre de mesures mises en œuvre. Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 4.

(100)

Communication de la Commission intitulée «Plan d’action en matière d’éducation numérique 2021-2027 – Réinitialiser l’éducation et la formation à l’ère du numérique», COM/2020/624 final, 2020, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52020DC0624.

(101)

Eurostat, extrapolation ad hoc à partir de données de l’enquête sur les forces de travail.

(102)

Eurostat, isoc_ske_itrcrs.

(103)

Par exemple, les médecins qui s’appuient de plus en plus sur les technologies numériques avancées pour fournir des diagnostics plus précis, ou les spécialistes du secteur nécessaires pour libérer le potentiel des solutions numériques innovantes dans le cadre de la transition écologique.

(104)

https://digital-skills-jobs.europa.eu/en/latest/news/brave-new-world-oecds-2023-skills-outlook-new-approach-skills .

(105)

  https://advancedskills.eu/wp-content/uploads/2023/10/D2.2_LEADS_GAP_ANALYSIS_v1.0.pdf .

(106)

Eurostat, educ_uoe_grad02, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/EDUC_UOE_GRAD02__custom_5451972/bookmark/table?lang=en&bookmarkId=2b0446a9-c20a-4e43-a024-8a75c5afa79e .

(107)

  https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-15740-2023-INIT/fr/pdf .  

(108)

Ou équivalents aux niveaux 6 à 8 de la CITE.

(109)

  https://migrant-integration.ec.europa.eu/news/european-commission-adopts-skills-and-talent-mobility-package_en .

(110)

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil portant création d’un réservoir européen de talents, COM/2023/716 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=COM%3A2023%3A716%3AFIN .

(111)

Directive (UE) 2021/1883 du Parlement européen et du Conseil du 20 octobre 2021 établissant les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi hautement qualifié, et abrogeant la directive 2009/50/CE du Conseil (JO L 382 du 28.10.2021, p. 1), https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32021L1883 .

(112)

L’objectif de 20 millions de spécialistes des TIC dans l’UE correspond à environ 10 % des personnes employées dans chaque État membre.

(113)

Eurostat, Utilisation de l’identification électronique (eID), isoc_eid_ieid.

(114)

 Sur le plan des initiatives mises en œuvre. Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

(115)

La disponibilité transfrontière des services publics numériques demeure limitée pour les citoyens et pour les entreprises, puisqu’elle obtient dans les deux cas un score d’environ 70 points sur 100 (source: eGovernment Benchmark, Capgemini).

(116)

Rapport du JRC intitulé «Mapping EU level funding instruments 2020-2027 to Digital Decade targets – 2024 update» (Signorelli e.a., 2024). Ce montant passe à 49,5 milliards d’EUR si l’on tient compte de toutes les mesures relevant du domaine d’intervention «services d’administration en ligne», conformément à la méthode de l’annexe VII du règlement FRR.

(117)

Règlement (UE) 2018/1724 du Parlement européen et du Conseil du 2 octobre 2018 établissant un portail numérique unique pour donner accès à des informations, à des procédures et à des services d’assistance et de résolution de problèmes, et modifiant le règlement (UE) nº 1024/2012, JO L 295 du 21.11.2018, p. 1, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=uriserv:OJ.L_.2018.295.01.0001.01.FRA.

(118)

 Règlement (UE) 2024/903 du Parlement européen et du Conseil du 13 mars 2024 établissant des mesures destinées à assurer un niveau élevé d’interopérabilité du secteur public dans l’ensemble de l’Union (règlement pour une Europe interopérable), JO L, 2024/903, 22.3.2024, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32024R0903. Les évaluations obligatoires de l’interopérabilité, les efforts de collaboration visant à développer des solutions d’interopérabilité au moyen de partenariats GovTech et de la participation à des «bacs à sable» en matière d’interopérabilité ainsi que le renforcement proactif des compétences en matière d’interopérabilité au sein du secteur public ne sont que quelques exemples de la stratégie multidimensionnelle envisagée par ce règlement.

(119)

Dans le cadre des efforts visant à réduire les charges pesant sur les entreprises et les administrations, la Commission s’est engagée, dans sa stratégie pour la compétitivité à long terme publiée en mars 2023, à rationaliser les obligations d’information et à réduire ces charges de 25 %, sans compromettre les objectifs stratégiques correspondants.

(120)

Comme en témoigne notamment la recommandation du Conseil du 8 décembre 2022 sur l’accès à des soins de longue durée abordables et de haute qualité (2022/C 476/01), qui appelle à déployer des technologies et des solutions numériques accessibles en faveur de l’autonomie et d’une vie indépendante.

(121)

Le score est calculé sur la base des indicateurs qui reflètent les aspects suivants: 1. la disponibilité à l’échelle nationale de l’accès en ligne aux données de santé électroniques; 2. les catégories de données de santé accessibles; 3. la disponibilité de systèmes d’authentification, le type de solutions frontales et la couverture; 4. l’accessibilité pour certaines catégories de personnes, telles que les groupes vulnérables.

(122)

Voir la résolution du Parlement européen du 5 juillet 2022 sur la santé mentale dans le monde du travail numérique et la communication de la Commission sur une approche globale en matière de santé mentale, COM(2023) 298 final, https://health.ec.europa.eu/publications/comprehensive-approach-mental-health_en . En ce qui concerne les risques pour les enfants et les adolescents, voir également https://www.hhs.gov/surgeongeneral/priorities/youth-mental-health/social-media/index.html#:~:text=Children%20and%20adolescents%20who%20spend,symptoms%20of%20depression%20and%20anxiety ainsi que le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , section 4.2.1.

(123)

Voir l’article 3, paragraphe 1, point a), de la décision relative à la décennie numérique.

(124)

Eurostat, Particuliers – messages en ligne hostiles ou dégradants ( isoc_ci_hm ).

(125)

 Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 4.

(126)

 Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (règlement sur les services numériques) (JO L 277 du 27.10.2022, p. 1, ELI: https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2022/2065/oj).

(127)

La date limite pour la désignation était fixée au 17 février 2024, mais tous les États membres n’ont pas désigné leurs coordinateurs pour les services numériques; voir https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/dsa-dscs.

(128)

   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

(129)

Voir les tendances des lignes d’assistance téléphonique INSAFE: quatrième trimestre de 2023, https://www.betterinternetforkids.eu/practice/articles/article?id=7218998.

(130)

Voir le rapport annuel 2023 d’INHOPE, https://inhope.org/media/pages/articles/annual-reports/6a4f5f6bd2-1710410986/inhope-annual-report-2023.pdf.

(131)

Voir le rapport 2023 de CyberTipline, https://www.missingkids.org/gethelpnow/cybertipline/cybertiplinedata.

(132)

Communication de la Commission sur une approche globale en matière de santé mentale, COM(2023) 298 final, https://health.ec.europa.eu/publications/comprehensive-approach-mental-health_en.

(133)

Proposition de règlement européen du Parlement européen et du Conseil établissant des règles en vue de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants, COM/2022/209 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=COM%3A2022%3A209%3AFIN&qid=1652451192472.

(134)

Outil de recensement des initiatives pour un internet mieux adapté aux enfants, portail «Un internet mieux adapté aux enfants», www.betterinternetforkids.eu.

(135)

Voir notamment le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , sections 4.1.4 et 4.2.1.

(136)

 Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

(137)

La désinformation a été considérée comme le principal risque à court terme dans le rapport 2024 sur les risques mondiaux du Forum économique mondial; elle a également été considérée comme faisant partie, avec les campagnes d’influence, des 10 principales menaces de cette décennie dans le rapport de l’ENISA intitulé «Foresight Cybersecurity Threats for 2030» (Prévisions des menaces de cybersécurité à l’horizon 2030) (https://www.enisa.europa.eu/publications/enisa-foresight-cybersecurity-threats-for-2030).

(138)

Eurobaromètre, mars 2023, https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/2966.

(139)

Observatoire européen des médias numériques, rapport intitulé «Disinformation narratives during the 2023 election in Europe», novembre 2023, https://edmo.eu/wp-content/uploads/2023/10/EDMO-TF-Elections-disinformation-narratives-2023.pdf.

(140)

Recommandation (UE) 2023/2829 du 12 décembre 2023 relative à des processus électoraux inclusifs et résilients dans l’Union, au renforcement du caractère européen des élections au Parlement européen et à une meilleure garantie de leur bon déroulement, C/2023/8626, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32023H2829 .

(141)

 Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

(142)

Commission européenne, Les habitudes médiatiques dans l’Union européenne – Rapport, Eurobaromètre Standard 98 – Hiver 2022-2023, https://data.europa.eu/doi/10.2775/608948.

(143)

Commission européenne, European Media Industry Outlook , SWD(2023) 150 final, mai 2023, https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/european-media-industry-outlook.

(144)

Communication de la Commission intitulée «Les médias européens dans la décennie numérique: Un plan d’action pour soutenir la reprise et la transformation», COM/2020/784 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52020DC0784 .

(145)

Le programme «Europe créative» a notamment alloué pour la première fois 75 millions d’EUR en soutien d’actions dans des domaines tels que le pluralisme des médias, l’éducation aux médias et le journalisme de qualité. 20 millions d’EUR supplémentaires par an sont dépensés pour accroître la couverture médiatique professionnelle des affaires européennes afin que les citoyens puissent accéder à des informations de qualité sur les sujets qui les intéressent.

(146)

   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

(147)

Forum économique mondial, rapport 2024 sur les risques mondiaux, https://www.weforum.org/publications/global-risks-report-2024 ; Bunde T., Eisentraut S., Schuette L.(éds.), «Lose-Lose? Munich Security Report 2024», https://securityconference.org/assets/01_Bilder_Inhalte/03_Medien/02_Publikationen/2024/MSR_2024/MunichSecurityReport2024_Lose-lose.pdf , chapitre 7.

(148)

  https://www.eea.europa.eu/en/newsroom/news/europe-is-not-prepared-for .  

(149)

 Celles-ci représentent moins de 5 % des mesures nationales prises pour mettre en œuvre les engagements de la déclaration. Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

(150)

  https://www.iea.org/energy-system/buildings/data-centres-and-data-transmission-networks ; https://www.iea.org/reports/electricity-2024 .

(151)

  https://www.reuters.com/technology/european-data-centres-grapple-with-ai-driven-demand-space-2024-02-27/

(152)

 Selon le rapport de prospective stratégique 2022 , le plan d’action de l’UE sur la numérisation du système énergétique   et eWaste Monitor .

(153)

Les déchets électroniques sont tous les dispositifs ou équipements électroniques obsolètes, énergivores ou ayant atteint la fin de leur vie, tels que les anciens ordinateurs, téléphones portables, tablettes, téléviseurs intelligents, équipements de télécommunications et autres dispositifs électroniques. UNITAR, Global E-Waste Monitor, https://ewastemonitor.info/gem-2020/ .

(154)

ARCEP, Enquête annuelle «Pour un numérique soutenable» – édition 2023, https://www.arcep.fr/cartes-et-donnees/nos-publications-chiffrees/impact-environnemental/enquete-annuelle-pour-un-numerique-soutenable-edition-2023.html .

(155)

ARCEP, «Étude ADEME – Arcep sur l’empreinte environnementale du numérique en 2020, 2030 et 2050’, https://www.arcep.fr/la-regulation/grands-dossiers-thematiques-transverses/lempreinte-environnementale-du-numerique/etude-ademe-arcep-empreinte-environnemental-numerique-2020-2030-2050.html .

(156)

OCDE, «Measuring the environmental impacts of artificial intelligence compute and applications, The AI footprint», documents de travail de l’OCDE sur l’économie numérique, nº 341, 2022, https://doi.org/10.1787/7babf571-en .

(157)

Agence internationale de l’énergie, «Electricity 2024: Analysis and forecast to 2026», janvier 2024, https://iea.blob.core.windows.net/assets/6b2fd954-2017-408e-bf08-952fdd62118a/Electricity2024-Analysisandforecastto2026.pdf .

(158)

  Eurostat, «What do people do with their old ICT equipment?», https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20231124-1#:~:text=Almost%20half%20of%20people%20(49,threw%20it%20away%20without%20recycling .

(159)

Directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil du 13 septembre 2023 relative à l’efficacité énergétique et modifiant le règlement (UE) 2023/955 (JO L 231 du 20.9.2023, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2023/1791/oj ).

(160)

Règlement délégué (UE) 2024/1364 de la Commission du 14 mars 2024 sur la première phase de la mise en place d’un système commun de notation des centres de données à l’échelle de l’Union, JO L, 2024/1364, 17.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2024/1364/oj .

(161)

  Baldini, G., Cerutti, I. et Chountala, C., Identifying common indicators for measuring the environmental footprint of electronic communications networks (ECNs) for the provision of electronic communications services (ECSs) , Centre commun de recherche, 2023, https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC136475 .

(162)

  Commission européenne , Livre blanc – Comment maîtriser les besoins de l’Europe en matière d’infrastructures numériques?, février 2024, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52024DC0081.

(163)

Communication de la Commission intitulée «Évaluation à l’échelle de l’UE des projets mis à jour de plans nationaux en matière d’énergie et de climat – Une étape importante sur la voie des objectifs plus ambitieux en matière d’énergie et de climat à l’horizon 2030 dans le cadre du pacte vert pour l’Europe et du plan RePowerEU», COM(2023) 796 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=comnat:COM_2023_0796_FIN .

(164)

  https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/QANDA_22_6229 ; https://www.greendigitalcoalition.eu/ ; La coalition européenne pour le numérique vert soutient les travaux de ses membres et en tire profit, de même que 45 PME dont les PDG se sont également engagés à atteindre les objectifs de la coalition en signant sa déclaration .

(165)

Voir Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351 ; Conclusions du Conseil sur l’avenir de la politique numérique: https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2024/05/21/eu-digital-policy-council-identifies-main-priorities-for-the-next-legislative-cycle/pdf/) et sur la politique en matière de cybersécurité: https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2024/05/21/cybersecurity-council-approves-conclusions-for-a-more-cyber-secure-and-resilient-union/ adoptées lors du Conseil «télécommunications» le 21 mai 2024.

(166)

 Document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 3.

(167)

Voir les conclusions du Conseil sur l’avenir de la politique numérique (https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2024/05/21/eu-digital-policy-council-identifies-main-priorities-for-the-next-legislative-cycle/pdf/) et sur la politique en matière de cybersécurité ( https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2024/05/21/cybersecurity-council-approves-conclusions-for-a-more-cyber-secure-and-resilient-union/ ) adoptées lors du Conseil «télécommunications» le 21 mai 2024.

(168)

Dans ses conclusions, le Conseil «télécommunications» du 21 mai 2024 a souligné l’importance de rationaliser les procédures des programmes de financement et a appelé à promouvoir les synergies afin d’améliorer la clarté et la prévisibilité du cadre législatif de l’UE en vue de renforcer la sécurité juridique et de garantir des conditions de concurrence équitables pour tous les acteurs concernés, y compris les PME et les start-up.

(169)

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) et modifiant la directive 2003/87/CE et les règlements (UE) 2021/1058, (UE) 2021/1056, (UE) 2021/1057, (UE) nº 1303/2013, (UE) nº 223/2014, (UE) 2021/1060, (UE) 2021/523, (UE) 2021/695, (UE) 2021/697 et (UE) 2021/241, COM(2023) 335 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:52023PC0335 .

(170)

Commission européenne, neuvième rapport sur la cohésion économique, sociale et territoriale, avril 2024, https://ec.europa.eu/regional_policy/information-sources/cohesion-report_en.

(171)

Banque européenne d’investissement, «Digitalisation in Europe 2022-2023: Evidence from the EIB Investment Survey», https://www.eib.org/en/publications/20230112-digitalisation-in-europe-2022-2023.

(172)

 Voir la déclaration de Mons du Comité européen des régions (CdR), , mars 2024.

(173)

  https://eurocities.eu/latest/a-digital-divide-observatory-by-european-cities/ .  

(174)

  https://citiesfordigitalrights.org/thecoalition .  


Bruxelles, le 2.7.2024

COM(2024) 260 final

ANNEXE

de la

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique


Annexe 2: Mise à jour des trajectoires prévisionnelles au niveau de l’Union pour les cibles numériques

Table des matières

1.Introduction

1.1.Trajectoires prévisionnelles de l’UE par cible numérique

1.1.1.Compétences numériques élémentaires

1.1.2.Spécialistes des TIC (et écart entre les hommes et les femmes en matière de TIC)

1.1.3.Connectivité

1.1.4.Semi-conducteurs

1.1.5.Nœuds périphériques

1.1.6.Informatique quantique

1.1.7.Adoption des technologies numériques

1.1.8.Niveau élémentaire d’intensité numérique

1.1.9.Entreprises innovantes/entreprises en expansion (licornes)

1.1.10.Numérisation des services publics

1.1.11.Dossiers médicaux électroniques

1.1.12.Identification électronique (eID)

2.Annexe: aperçu des trajectoires 2024 du programme d’action pour la décennie numérique



Liste des figures

Figure 1: Personnes disposant au moins de compétences numériques élémentaires dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée    

Figure 2: Pourcentage de personnes âgées de 16 à 74 ans disposant au moins de compétences élémentaires dans l’UE, selon le sexe (de 2015 à 2023).    

Figure 3: Spécialistes des TIC dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée    

Figure 4: Pourcentage de personnes occupant un emploi en tant que spécialistes des TIC dans l’UE, selon le sexe (2012-2023). La ligne continue montre la tendance dans le temps depuis 2012. À gauche: pourcentage de femmes par rapport au total de spécialistes des TIC; à droite: pourcentage d’hommes par rapport au total de spécialistes des TIC. La fourchette de valeurs est différente dans les deux figures.    

Figure 5: Couverture par VHCN fixe dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée    

Figure 6: Couverture par FTTP dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée    

Figure 7: Déploiement global de la 5G dans l’UE, données historiques et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée    

Figure 8: Recettes et part de la chaîne de valeur des semi-conducteurs de l’UE par rapport au marché mondial. Les valeurs sont estimées telles qu’elles étaient en 2023 (source: International Data Corporation)    

Figure 9: Déploiement des nœuds périphériques (projection pour l’UE jusqu’en 2030). La trajectoire pour les nœuds périphériques repose sur les conclusions de l’étude de l’Edge Observatory (https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/edge-observatory)    

Figure 10: Nombre d’ordinateurs quantiques dans l’UE. Trajectoire à l’horizon 2030    

Figure 11: Pourcentage d’entreprises utilisant des services en nuage dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée    

Figure 12: Proportion d’entreprises utilisant l’analyse des données dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030    

Figure 13: Pourcentage d’entreprises utilisant l’IA dans l’UE. Données historiques, trajectoire de la décennie numérique (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée (même paramètre de vitesse de diffusion que dans la trajectoire de référence relative aux mégadonnées établie dans la communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union)    

Figure 14: Pourcentage d’entreprises utilisant soit l’IA, soit l’informatique en nuage soit l’analyse des données dans l’UE. Données historiques, trajectoire de la décennie numérique (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 (même paramètre de vitesse de diffusion que dans la trajectoire de référence relative à l’informatique en nuage)    

Figure 15: Indice d’intensité numérique, version III. Données historiques comparables et trajectoire «décennie numérique» (DN) à l’horizon 2030 fondée sur le DII version III.    

Figure 16: Nombre de licornes dans l’UE. Données historiques et trajectoire de référence    

Figure 17: Fourniture de services en ligne pour les citoyens (en haut) et les entreprises (en bas). Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée    

Figure 18: indicateur composite de santé en ligne. Données historiques et trajectoire DN    

 

Liste des tableaux

Tableau 1: Tableau récapitulatif de l’état d’avancement, des progrès accomplis et de l’analyse des lacunes    

Tableau 2: Nombre de licornes dans l’UE par année: augmentation annuelle nette (créations et fermetures) et progression annuelle relative depuis 2009    

1.Introduction

La présente communication accompagne et complète le deuxième rapport de la Commission sur l’état d’avancement de la décennie numérique. Elle met à jour la communication de la Commission de 2023 établissant des trajectoires prévisionnelles au niveau de l’Union pour les cibles numériques [C(2023) 7500] 1 (ci-après la «communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union») en tenant compte des données les plus récentes disponibles pour les indicateurs clés de performance (ICP) définis dans la décision d’exécution de la Commission 2 , adoptée par la Commission le 30 juin 2023 (ci-après la «décision sur les indicateurs clés de performance»).

La disponibilité de nouvelles données, collectées en 2023, a permis à la Commission de mettre à jour les trajectoires de référence, qui sont des projections des valeurs annuelles des ICP estimées par extrapolation des données historiques disponibles.

Les trajectoires de référence décrivent le scénario du statu quo car, vu qu’elles sont estimées sur la base des données observées dans le passé, elles ne prennent en compte que les investissements et interventions passés, tant privés que publics. Pour chaque ICP, les trajectoires de référence sont fondées sur le plus long ensemble disponible de données historiques comparables et leur point de départ (valeur de référence) est toujours le point de données le plus récent pour cet ICP.

La Commission utilise des trajectoires de référence à titre purement illustratif pour évaluer et surveiller régulièrement l’écart entre la tendance estimée et la tendance idéale pour chaque ICP défini dans la décision sur les indicateurs clés de performance.

La trajectoire de référence extrapole les tendances historiques vers un avenir plausible tout en tenant compte uniquement de l’incidence de tous les instruments de financement, interventions et investissements – tant privés que publics – mis en place pendant et avant la période qui couvre les séries chronologiques de l’ICP. C’est pourquoi la valeur estimée pour 2030 selon la trajectoire de référence devrait être considérée comme la limite inférieure prudente. La première année et la valeur de la trajectoire de référence coïncident toujours avec l’année et la valeur du point de données le plus récent disponible pour chaque ICP, qui est 2023 pour tous les ICP dans la présente révision.

La présente annexe présente les trajectoires de référence mises à jour sur la base des dernières données et tendances observées. En incluant les données les plus récentes, les trajectoires de référence au niveau de l’Union prennent en compte de manière dynamique la trajectoire réelle des ICP vers la cible pour 2030. Ce faisant, les trajectoires de référence tiennent compte de manière dynamique de l’incidence, sur les différents ICP, des nouveaux investissements, y compris la facilité pour la reprise et la résilience et les fonds de la politique de cohésion.

Les trajectoires de référence mises à jour sont élaborées selon la même méthode que celle adoptée pour la communication de 2023 établissant des trajectoires prévisionnelles au niveau de l’Union pour les cibles numériques.

Les trajectoires de la décennie numérique (DN) présentées dans la présente annexe sont plutôt celles établies par la communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union. Elles décrivent la trajectoire théorique de la progression de la valeur de chaque ICP à partir du dernier point de données historiques disponibles au début du processus de suivi de la DN jusqu’à sa valeur cible pour 2030. Deux exceptions sont toutefois prévues: la trajectoire DN pour le niveau d’intensité numérique des entreprises et la trajectoire nouvellement établie pour l’ICP combiné sur l’adoption par les entreprises de services d’informatique en nuage, d’analyse de données ou d’intelligence artificielle (IA), disponible pour la première fois. Ces cas seront examinés dans la suite du présent document.

Le t able au 1  présente des données sur le niveau actuel et la disparité (l’écart) entre les valeurs estimées et les valeurs idéales des ICP pour lesquels des données historiques sont disponibles et les trajectoires reposent sur une modélisation mathématique plutôt que sur des estimations d’experts. Il comprend des informations sur la valeur de l’ICP en 2023 ainsi qu’une analyse des progrès accomplis entre 2023 et 2030. Plus précisément, le tableau comprend: la valeur actuelle de l’ICP (l’année de référence est 2023 pour tous les ICP); le taux de progression annuel le plus récent, calculé comme étant la progression annuelle moyenne entre 2023 et le précédent point de données observé (taux de croissance annuel moyen); le taux de progression annuel idéal nécessaire pour atteindre la cible de l’UE; la différence entre le taux de progression annuel observé et le taux de progression annuel idéal; la valeur estimée pour 2023 selon la trajectoire de référence, qui correspond à la valeur que l’UE atteindra sans nouvelles interventions politiques et investissements associés; l’écart entre la valeur estimée selon la trajectoire de référence et la valeur idéale selon la trajectoire DN, mesuré en pourcentage de la valeur idéale, en 2023 et en 2030; et l’écart entre la valeur estimée selon la trajectoire de référence et la valeur idéale selon la trajectoire DN, mesuré comme étant la différence entre ces deux valeurs, en 2023 et en 2030.

Les sections ci-après fournissent une explication détaillée de la révision des trajectoires au niveau de l’Union en utilisant les derniers points de données disponibles pour chaque ICP.


Tableau 1: Tableau récapitulatif de l’état d’avancement, des progrès accomplis et de l’analyse des lacunes

1.1.Trajectoires prévisionnelles de l’UE par cible numérique

Les sous-sections suivantes décrivent la construction des trajectoires de référence au niveau de l’Union révisées pour chaque ICP par rapport à chaque cible. Les définitions des ICP et des cibles sont alignées respectivement sur la «décision sur les indicateurs clés de performance» et la «décision»; pour plus d’informations, voir le document intitulé «DESI 2024 Methodological Note – State of the Digital Decade Report 2024» 3 .

La méthode d’estimation des trajectoires est alignée sur celle utilisée dans la «communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union» 4 .

1.1.1.Compétences numériques élémentaires

Cible: une population disposant de compétences numériques et des professionnels du numérique hautement qualifiés avec l’objectif de parvenir à un équilibre de genre, parmi laquelle a) au moins 80 % des personnes âgées de 16 à 74 ans disposent au moins de compétences numériques élémentaires; […]

Définition de l’ICP [faisant référence à la partie a) de la cible]: Personnes disposant au moins de compétences numériques élémentaires, mesurées en pourcentage d’individus âgés de 16 à 74 ans, ventilés par sexe, possédant des compétences numériques «élémentaires» ou «plus avancées» dans chacune des cinq dimensions suivantes: information, communication, résolution de problèmes, création de contenu numérique et compétences en matière de sécurité. Ces compétences sont mesurées sur la base des activités menées par les personnes concernées au cours des trois derniers mois 5 ; et convergence entre les hommes et les femmes, mesurée en pourcentage de femmes et d’hommes parmi les personnes possédant des compétences numériques «élémentaires» ou «plus avancées».

Source: Eurostat, Enquête de l’Union européenne sur l’utilisation des TIC par les ménages et les particuliers.

Points de données disponibles: 2015, 2016, 2017, 2019, 2021, 2023 (avec une rupture de série en 2021).

Valeurs des données de 2023: 55,6 %

Évolution récente 

La trajectoire de référence est basée sur la forme fonctionnelle linéaire. L’hypothèse est que l’indicateur suivra une tendance linéaire, avec un taux de croissance constant jusqu’en 2030. Entre 2019 et 2021, une révision de la méthode de mesure de cet indicateur a entraîné une rupture de série. Comme dans la «communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union», la trajectoire de référence est d’abord estimée sur la base des séries chronologiques historiques jusqu’en 2019 (cette dernière année étant incluse), puis ajustée pour tenir compte de la rupture de série. L’ajustement pour la rupture de série consiste à calculer l’ordonnée à l’origine (intercept) de la droite de régression en imposant que la valeur de départ de la trajectoire de référence coïncide avec le dernier point de données observé.

La f igure   1  présente les données historiques disponibles, ainsi que la trajectoire «décennie numérique» et la trajectoire de référence de l’ICP. La tendance récente montre qu’en 2023, l’écart entre la valeur la plus récente observée et la valeur idéale selon la trajectoire «décennie numérique» est déjà de plus de 4 points de pourcentage. Cela indique que la cible ne sera pas atteinte sans nouvelles interventions politiques et investissements associés, étant donné que, d’après les prévisions pour 2030 selon la trajectoire de référence, 59,8 % des personnes âgées de 16 à 74 ans disposeraient au moins de compétences numériques élémentaires, ce qui est inférieur de plus de 20 points à la cible.

Figure 1: Personnes disposant au moins de compétences numériques élémentaires dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée

En 2023, seuls 55,6 % des citoyens de l’UE possédaient au moins des compétences numériques élémentaires, contre 53,9 % en 2021. En quelques années, l’UE n’a enregistré qu’une progression annuelle de 1,5 %, ce qui est bien loin de la croissance annuelle moyenne de plus de 4,5 % sur une décennie nécessaire pour atteindre la cible. Les tendances récentes soulignent l’urgence d’efforts importants et immédiats pour combler l’écart par rapport à la cible pour 2030 en ce qui concerne au moins les compétences numériques élémentaires.

Il n’y a pas de différence significative entre les sexes en ce qui concerne la proportion de personnes disposant au moins de compétences numériques élémentaires, mais en moyenne, les hommes ont tendance à disposer de compétences numériques meilleures que les femmes (voir f igure 2 ). L’écart entre les hommes et les femmes (en pourcentage) a diminué ces dernières années, la différence entre les hommes et les femmes qui possèdent au moins des compétences élémentaires passant de 5,6 points en 2015 à 2,2 points en 2023.

Figure 2: Pourcentage de personnes âgées de 16 à 74 ans disposant au moins de compétences élémentaires dans l’UE, selon le sexe (de 2015 à 2023).

1.1.2.Spécialistes des TIC (et écart entre les hommes et les femmes en matière de TIC)

Cible (identique à la précédente): une population disposant de compétences numériques et des professionnels du numérique hautement qualifiés avec l’objectif de parvenir à un équilibre de genre, parmi laquelle [...] b) au moins 20 millions de spécialistes des TIC occupent un emploi au sein de l’Union, tout en favorisant l’accès des femmes à ce secteur et en augmentant le nombre de diplômés dans le domaine des TIC.

Définition de l’ICP [faisant référence à la partie b) de la cible]: Les spécialistes des TIC, mesurés comme le nombre de personnes âgées de 15 à 74 ans employées en tant que spécialistes des TIC; et la convergence entre les hommes et les femmes, mesurée en pourcentage de femmes et d’hommes parmi les personnes employées en tant que spécialistes des TIC. Conformément à la classification des codes CITP-08 6 , les spécialistes des TIC sont des travailleurs qui ont la capacité de développer, d’exploiter et d’entretenir des systèmes TIC et pour qui les TIC constituent la partie principale de leur travail, y compris, mais pas exclusivement, les gestionnaires de services TIC, les professionnels des TIC, les techniciens TIC, les installateurs et les gestionnaires de TIC.

L’écart entre les hommes et les femmes pour ce qui est des spécialistes des TIC occupant en emploi est calculé comme la part de femmes spécialistes des TIC par rapport à l’ensemble des spécialistes des TIC occupant un emploi. Bien que la cible indique qu’il y a lieu de favoriser l’accès des femmes à ce secteur, la décision (UE) 2022/2481 n’établit pas d’objectif spécifique et quantitatif en matière de convergence entre les hommes et les femmes. En conséquence, cet élément de la cible n’est pas traité comme un ICP distinct.

Source: Eurostat - Enquête sur les forces de travail.

Points de données disponibles: de 2011 à 2023.

Valeurs des données de 2023: Nombre total des spécialistes des TIC = 9,79 millions; part des femmes spécialistes des TIC = 19,4 %.

Contexte, hypothèses, forme fonctionnelle modèle et tendances les plus récentes 

L’indicateur de suivi de cette cible fait référence aux spécialistes des TIC comme étant «les travailleurs qui ont la capacité de développer, d’exploiter et d’entretenir des systèmes TIC et pour qui les TIC constituent la partie principale de leur travail» 7 .

La trajectoire «décennie numérique» est la même que celle publiée dans la communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union et repose sur une forme fonctionnelle linéaire, en partant de l’hypothèse que la courbe de l’ICP suit une tendance à la hausse à taux constant sur l’ensemble de la période. La  f igure 3  illustre la trajectoire de référence mise à jour qui intègre le point de données de 2023. Comme il avait été prévu en 2023, l’UE reste très éloignée de la cible dans le cadre du scénario du statu quo. En 2023, l’UE employait un peu moins de 10 millions de spécialistes des TIC, soit seulement 4,8 % de l’emploi total. Cela entraînait déjà une pénurie de 900 000 spécialistes par rapport à la valeur prévue en 2023 selon la trajectoire «décennie numérique», avec une pénurie attendue de 7,8 millions d’ici à 2030 si aucun investissement supplémentaire n’est réalisé.

Le nombre prévu de spécialistes des TIC d’ici à 2030 selon la trajectoire de référence est de 12,2 millions, soit environ 6 % de l’emploi total. Au cours de l’année écoulée, le nombre de spécialistes des TIC occupant un emploi a augmenté de 4,1 %, passant de 9,40 à 9,79 millions. Toutefois, ce taux de progression est nettement inférieur à l’augmentation annuelle de près de 10 % nécessaire pour atteindre la cible.

Figure 3: Spécialistes des TIC dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée

En 2023, les femmes représentaient 19,4 % de l’ensemble des spécialistes des TIC occupant un emploi. Au cours de la dernière décennie, le pourcentage d’hommes a continué de dépasser de 60 points le pourcentage de femmes, les femmes représentant entre 16,3 % et 19,4 % et les hommes entre 80,6 % et 83,7 % ( Figure 4 ). Malgré une légère baisse entre 2013 et 2015, le pourcentage de femmes occupant un emploi en tant que spécialistes des TIC n’a cessé d’augmenter, bien qu’à un rythme lent depuis 2012 ( Figure 4 , à gauche). En revanche, le pourcentage d’hommes occupant un emploi en tant que spécialistes des TIC a diminué depuis son pic en 2014-2015, mais reste nettement supérieur au pourcentage de femmes occupant un emploi dans les TIC, puisqu’il est plus de quatre fois plus élevé ( Figure 4 , à droite).

Figure 4: Pourcentage de personnes occupant un emploi en tant que spécialistes des TIC dans l’UE, selon le sexe (2012-2023). La ligne continue montre la tendance dans le temps depuis 2012. À gauche: pourcentage de femmes par rapport au total de spécialistes des TIC; à droite: pourcentage d’hommes par rapport au total de spécialistes des TIC. La fourchette de valeurs est différente dans les deux figures.

1.1.3.Connectivité 

Cible: des infrastructures numériques durables, sûres, résilientes et performantes, impliquant que tous les utilisateurs finaux en un lieu fixe sont couverts par un réseau en gigabit jusqu’au point de terminaison du réseau, et toutes les zones habitées sont couvertes par des réseaux sans fil à haut débit de nouvelle génération dont les performances sont au moins équivalentes à celles de la 5G, conformément au principe de neutralité technologique.

Définition de l’ICP:

·La connectivité gigabit, mesurée en pourcentage des ménages couverts par les réseaux fixes à très haute capacité (very high capacity network - VHCN). Les technologies envisagées sont celles qui permettent actuellement de fournir une connectivité gigabit, à savoir la FTTP (Fibre to the Premises - fibre jusqu’aux locaux) et le câble «Docsis 3.1» 8 . L’évolution de la couverture FTTP fera également l’objet d’un suivi distinct et sera prise en considération lors de l’interprétation des données relatives à la couverture VHCN.

·La couverture 5G, mesurée en pourcentage de zones habitées couvertes par au moins un réseau 5G, quelle que soit la bande de fréquences utilisée.

Source: Broadband coverage in Europe studies for the European Commission by Omdia and Point Topic (Couverture à large bande en Europe, études réalisées pour la Commission européenne par Omdia et Point Topic) 9 .

Points de données disponibles: Gigabit: de 2013 à 2023; 5G: de 2020 à 2023

Valeurs des données de 2023: VHCN = 78,8 % en 2023; couverture 5G = 89,3 % en 2023 10

Contexte, hypothèses, forme fonctionnelle modèle et tendances les plus récentes 

La disponibilité de services de connectivité en gigabit et la couverture mobile 5G sont des facteurs essentiels de la transformation numérique. Les comportements des ménages et l’adoption de nouvelles technologies telles que la réalité virtuelle et augmentée, les applications d’IA, la conduite automatisée, la logistique et les processus de fabrication renforceront la demande.

Cette cible concerne deux ICP:

·Disponibilité pour tous les ménages européens de connexions fixes capables de fournir des services de connectivité à très haut débit et fiables (mesurée à l’aide de l’indicateur VHCN).

·Disponibilité dans toutes les zones habitées d’un réseau mobile 5G, quelle que soit la bande de fréquences utilisée.

Gigabit: La trajectoire VHCN est la trajectoire de référence pour le suivi de la cible «connectivité gigabit». Sur la base de la «décision sur les indicateurs clés de performance», la trajectoire VHCN est complétée par la trajectoire FTTP. Conformément à la «communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union», la courbe en S est adoptée pour cet ICP tant pour la trajectoire «décennie numérique» que pour la trajectoire de référence ( Figure 5 ) et la vitesse de diffusion de la trajectoire de référence VHCN repose sur les données historiques pour la FTTP. La f igure   5  montre la trajectoire «décennie numérique» et la trajectoire de référence révisée pour l’indicateur VHCN fixe.

Figure 5: Couverture par VHCN fixe dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée

Sur la base de l’actuelle définition de la VHCN et des données disponibles, les réseaux à très haute capacité fixes ayant la capacité d’offrir une connectivité gigabit couvraient 78,8 % des foyers de l’UE en 2023, contre 73,4 % un an plus tôt, et ce pourcentage devrait atteindre 94,7 % d’ici à la fin de la période de projection. L’écart par rapport à la trajectoire «décennie numérique» idéale s’élève à 6,4 points de pourcentage en 2023 et devrait légèrement diminuer pour s’établir à 5,3 points selon le scénario du statu quo d’ici à 2030 si aucun investissement supplémentaire n’est réalisé (la valeur prévisionnelle pour 2030 selon la trajectoire de référence est de 94,7 %). Depuis 2022, le pourcentage de ménages couverts par un VHCN fixe a augmenté de 7,4 %. L’évolution récente de cet ICP a été alimentée par le déploiement des réseaux en fibre optique (FTTP), qui couvraient 64 % des foyers de l’UE en 2023. Les 21 % des foyers restants qui ne sont pas encore couverts par les VHCN seront principalement couverts au moyen de nouveaux déploiements FTTP, ce qui nécessitera des efforts soutenus, étant donné que les ménages qui ne sont toujours pas couverts par le réseau vivent le plus souvent dans les zones périurbaines, semi-rurales et rurales où le déploiement est plus coûteux.

Afin de suivre l’évolution de la couverture FTTP, comme indiqué dans la décision sur les indicateurs clés de performance, et de mieux interpréter les données relatives à la couverture VHCN, une trajectoire au niveau de l’Union est également établie et suivie pour cet indicateur ( Figure 6 ). En 2023, la fibre couvrait 64,0 % des ménages de l’UE et devrait atteindre 89,5 % d’ici à la fin de la période de projection selon le scénario du statu quo. En un an, le pourcentage de ménages couverts par la fibre a augmenté de 13,5 %, passant de 56,4 % en 2022 à 64 % en 2023. L’écart par rapport à la trajectoire «décennie numérique» idéale était de 10,8 points de pourcentage en 2023 et devrait demeurer pour l’essentiel stable d’ici à 2030 si aucun investissement supplémentaire n’est réalisé.

Figure 6: Couverture par FTTP dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée

Couverture 5G globale: La cible en matière de connectivité mobile énoncée à l’article 4, paragraphe 1, point 2) a), de la décision vise à faire en sorte que toutes les zones habitées soient couvertes par des réseaux sans fil à haut débit de nouvelle génération dont les performances sont au moins équivalentes à celles de la 5G, conformément au principe de neutralité technologique. L’ICP correspondant figurant dans la décision sur les indicateurs clés de performance mesure le pourcentage de zones habitées couvertes par au moins un réseau 5G, quelle que soit la bande de fréquences utilisée (couverture 5G globale).

D’après les données disponibles, la couverture 5G a progressé rapidement dans l’UE, pour atteindre 89,3 % en 2023, avec quatre États membres qui ont atteint un taux de 100 % et plusieurs autres qui en sont très proches. Selon les prévisions établies en fonction de la trajectoire de référence révisée, près de 100 % des zones peuplées seront couvertes par les réseaux 5G dans toute l’UE d’ici à 2025. Depuis 2022, la couverture 5G a augmenté de près de 10 % au niveau de l’UE (9,84 %), passant de 81,3 à 89,3 %. La  f igure 7  ne montre aucune trajectoire «décennie numérique».

Toutefois, il convient de noter que l’ICP actuel pour la cible «5G» comporte des limites méthodologiques, car il ne tient pas compte de la qualité du service fourni aux heures de pointe. En octobre 2023, la Commission a proposé aux membres du groupe sur la décennie numérique une mise à jour des ICP de la décennie numérique, spécifiquement axée sur la connectivité et la 5G. Cette mise à jour implique une approche en deux étapes. La première étape, axée sur le court terme, doit être utilisée pour le rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2024 et conserve l’indicateur 5G existant, qui repose sur la couverture 5G par toutes les bandes disponibles. La deuxième étape, actuellement en cours, prévoit l’élaboration d’une méthode de cartographie de la qualité du service pour les services à haut débit fixes sans fil et mobiles, en accordant une attention particulière à la 5G. Cette méthode s’inspire des lignes directrices concernant les enquêtes géographiques sur les déploiements de réseaux de l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE), comme exposé à l’article 22 du code des communications électroniques européen, et de l’annexe des lignes directrices relatives aux aides d’État en faveur des réseaux de communication à haut débit sur la cartographie. L’objectif général est de combler toute lacune subsistante et de parvenir à une approche commune et pleinement harmonisée applicable à la fois aux contextes politiques (le programme d’action pour la décennie numérique), réglementaires (le code des communications électroniques européen) et relatifs aux aides d’État. Cette initiative vise à aider les États membres à surmonter les obstacles potentiels auxquels sont confrontés les collecteurs de données. L’élaboration de la méthode devrait être achevée d’ici à la fin de 2024 et impliquera des consultations avec toutes les autorités compétentes, ainsi qu’avec des représentants du secteur des télécommunications.

Figure 7: Déploiement global de la 5G dans l’UE, données historiques et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée

1.1.4.Semi-conducteurs 

Cible: des infrastructures numériques durables, sûres, résilientes et performantes impliquant que la production, conformément au droit de l’Union relatif à la durabilité environnementale, de semi-conducteurs de pointe dans l’Union représente, en valeur, au moins 20 % de la production mondiale.

Définition de l’ICP: Les semi-conducteurs, mesurés en valeur générée, en termes de recettes, par les activités dans le domaine des semi-conducteurs dans l’Union, à toutes les étapes de la chaîne de valeur, par rapport à la valeur du marché mondial. Pour la première année, les rapports seront établis sur la base de ces activités en Europe.

Source: Étude en cours de l’International Data Corporation.

Points de données disponibles: de 2019 à 2022

Valeur des données de 2023 (estimation): 11 % de part du marché mondial en valeur

Les semi-conducteurs sont au centre d’intérêts géostratégiques puissants et au cœur de la course technologique mondiale. Ce sont des composants fondamentaux des produits et des services numériques. Des smartphones aux voitures, en passant par des applications et des infrastructures critiques pour les soins de santé, l’énergie, la défense, les communications et l’automation dans l’industrie, les semi-conducteurs sont incontournables dans l’économie numérique moderne.

La cible fixée pour l’UE par le programme pour la décennie numérique en ce qui concerne les semi-conducteurs de pointe consiste à atteindre une part de marché de 20 % en valeur à l’horizon 2030.

La f igure 8  montre les valeurs historiques observées de 2019 à 2022 et les valeurs prévisionnelles de 2023 à 2030, fournies par l’étude de l’IDC 11 . Les barres vertes indiquent les revenus de la chaîne de valeur des semi-conducteurs de l’UE, et la ligne noire indique la part de l’UE par rapport au marché mondial. En 2022, la part de marché de la chaîne de valeur des semi-conducteurs de l’EU27 s’élevait à 90 milliards d’EUR, soit 9,8 % des recettes de la chaîne de valeur mondiale. Entre 2022 et 2023, les recettes dans l’UE ont diminué de 3 % (passant de 90 à 87 milliards d’EUR), tandis que les recettes mondiales ont chuté de 14 % (passant de 918 à 791 milliards d’EUR). Cela témoigne d’une amélioration relative de la résilience sur le marché de l’UE.

Selon les estimations de l’IDC, la part de l’UE augmentera pour atteindre 11,7 % en 2030. L’IDC tient compte de l’effet des interventions politiques et des investissements existants, tels que les investissements mobilisés par le règlement européen sur les semi-conducteurs. Toutefois, ses estimations restent incertaines dans un contexte géopolitique et de marché en constante évolution. En outre, à ce stade, les semi-conducteurs de pointe au sens de la cible pertinente de la décennie numérique ne sont toujours pas disponibles sur le marché et il est prévu de réaliser d’importants investissements dans l’UE qui renforceront les capacités de fabrication en Europe dans les années à venir. Des données et des analyses supplémentaires sont donc nécessaires pour estimer la trajectoire de l’UE.

Figure 8: Recettes et part de la chaîne de valeur des semi-conducteurs de l’UE par rapport au marché mondial. Les valeurs sont estimées telles qu’elles étaient en 2023 (source: International Data Corporation)

Avec l’accélération de la transition numérique, la demande mondiale de puces électroniques augmentera rapidement et devrait dépasser 1 000 milliards de dollars d’ici à 2030, ce qui doublera sa valeur au cours de cette décennie. Cela signifie que les recettes de l’UE dans le secteur des semi-conducteurs devraient quadrupler d’ici à 2030.

Grâce au règlement européen sur les semi-conducteurs et aux nouveaux investissements pertinents réalisés dans l’UE, tels que les projets importants d’intérêt européen commun, l’UE ambitionne d’atteindre son objectif consistant à doubler sa part de marché actuelle pour atteindre 20 % en 2030.

1.1.5.Nœuds périphériques

Cible: des infrastructures numériques durables, sûres, résilientes et performantes impliquant le déploiement dans l’Union d’au moins 10 000 nœuds périphériques hautement sécurisés et neutres pour le climat, répartis de manière à garantir aux entreprises, où qu’elles se trouvent, un accès aux services de données avec une faible latence (à savoir quelques millisecondes);

Définition de l’ICP: les nœuds périphériques, mesurés comme le nombre de nœuds de calcul fournissant des latences inférieures à 20 millisecondes; par exemple un serveur individuel ou un autre ensemble de ressources informatiques connectées, exploités dans le cadre d’une infrastructure de calcul périphérique, généralement situés dans un centre de données périphérique opérant à la périphérie de l’infrastructure, et donc physiquement plus proche de ses utilisateurs prévus qu’un nœud en nuage dans un centre de données centralisé.

Source: Edge Observatory 12

Pas de point de données disponible

Valeur des données de 2023 (estimation): 1186 en 2023.

Contexte, hypothèses, forme fonctionnelle modèle et tendances les plus récentes 

L’informatique de périphérie permet de fournir des services de traitement de données à partir de nœuds de calcul décentralisés et d’infrastructures à la périphérie du réseau, réduisant ainsi au minimum la transmission de données inutiles sur le réseau et améliorant les performances globales de l’informatique en nuage. Le déploiement de nœuds périphériques soutient le développement de services de traitement des données à faible latence. Associé à diverses technologies telles que l’IA, l’apprentissage automatique, le déploiement de la 5G, les capteurs et l’internet des objets, les données, la réalité virtuelle et la robotique, le déploiement de nœuds périphériques est susceptible de produire des avantages significatifs pour les entreprises et de soutenir les progrès de la transformation numérique dans de nombreux secteurs de l’économie.

Le déploiement de nœuds périphériques hautement sécurisés et neutres pour le climat devrait évoluer vers une courbe en S d’adoption des technologies et de l’innovation, d’après l’allocation budgétaire et l’évolution des dépenses observées par l’Edge Observatory pour le marché des infrastructures d’informatique de périphérie 13 .

Au moyen de sa méthode de suivi 14 , l’Edge Observatory for the Digital Decade a estimé que la valeur de référence pour le déploiement des nœuds périphériques en 2022 était de 499 unités dans l’ensemble de l’UE 15 . Cette évaluation résulte de projections fondées sur l’allocation du budget du secteur privé et les dépenses dans les infrastructures d’informatique de périphérie plutôt que sur des chiffres à l’unité, ce qui permet d’estimer le déploiement des nœuds périphériques au cours des années à venir. Concrètement, les estimations de la valeur de référence pour les nœuds périphériques reposent sur les hypothèses de l’IDC ainsi que sur les meilleures connaissances disponibles au sujet du nombre potentiel d’installations d’informatique de périphérie publiques et privées en Europe, y compris les infrastructures et dispositifs d’informatique de périphérie et les nœuds périphériques fournissant des ressources locales de calcul et de stockage à proximité de l’endroit où les données sont générées.

L’Edge Observatory for the Digital Decade a achevé son premier rapport de collecte de données à l’été 2023. Dans le cadre de ce processus, 300 répondants issus d’entreprises européennes comptant plus de 50 salariés dans 10 États membres (Tchéquie, Estonie, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Espagne et Suède) ont été interrogés, soit un total de 30 répondants par État membre couvert. Les organisations interrogées comprenaient un large éventail de types d’entreprises, dont 14 % d’organisations comptant 250 à 499 salariés et 5 % d’entreprises de plus de 1000 salariés. Les participants représentent 37 secteurs différents de l’économie de l’UE.

Les résultats montrent que l’informatique de périphérie est de plus en plus un domaine d’investissement pour les organisations européennes. Le besoin croissant d’installations d’informatique de périphérie a créé des débouchés commerciaux considérables pour les fournisseurs de technologies, qui forment de plus en plus de partenariats et d’alliances afin d’apporter des solutions. C’est notamment le cas de l’industrie 4.0 16 , qui tire le meilleur parti des avantages offerts par l’informatique de périphérie dans les environnements de fabrication intelligente.

Conformément à cette tendance, les Pays-Bas et la Tchéquie ont réalisé d’importants investissements dans les technologies d’informatique de périphérie de pointe, consacrant respectivement 33 % et 41 % de leur budget au matériel de périphérie. L’Espagne, les Pays-Bas et l’Italie sont les trois pays qui dépensent le plus pour les logiciels de périphérie, lesquels représentent respectivement 32 %, 37 % et 34 % de leurs investissements totaux. L’affectation notable de ressources financières aux services de périphérie en Estonie (71 %) et en Pologne (66 %) souligne l’importance de services tels que l’administration, la maintenance et le soutien à la mise en place et au fonctionnement des nœuds périphériques. La Suède et la Roumanie proposent une stratégie complète qui donne la priorité au matériel, aux logiciels et aux services informatiques lors de l’allocation des ressources. Ce plan d’investissement équilibré montre que le déploiement réussi des nœuds périphériques est complexe et nécessite le développement et l’intégration coordonnés des trois composantes.

En ce qui concerne le déploiement des nœuds périphériques, le rapport de l’Edge Observatory indique que, si l’informatique de périphérie suscite un grand intérêt, le passage des connaissances théoriques à la mise en œuvre effective est progressif et propre à chaque pays.

Selon l’analyse du rapport de l’Edge Observatory sur les données, bien qu’il existe un intérêt général pour l’informatique de périphérie, le passage des connaissances théoriques à la mise en œuvre pratique est progressif et varie d’un pays à l’autre. Les organisations explorent timidement les avantages de l’informatique de périphérie dans le cadre d’études et de projets pilotes, mais elles cherchent à obtenir plus de clarté sur ses incidences financières et sa durabilité avant de procéder à un déploiement généralisé. Les disparités entre les niveaux d’engagement peuvent s’expliquer par des différences régionales en matière de maturité technologique, de préparation du marché et de confiance dans l’intégration du modèle d’informatique de périphérie dans les stratégies commerciales existantes et futures. Seules 12 % des entreprises ont mis en œuvre un déploiement en périphérie dans les environnements de production. Il est important d’observer que toutes les analyses présentées concernent le déploiement de la technologie des nœuds périphériques en général et ne tiennent pas compte du niveau élevé de sécurité et de neutralité climatique des nœuds, deux domaines qui font partie de la cible de la décennie numérique pour les nœuds périphériques. En ce qui concerne ces deux domaines, les conclusions de l’Edge Observatory indiquent que les entreprises accordent une attention particulière à la protection de la vie privée et à la sécurité des données, puisque 67 % d’entre elles tiennent compte de ces préoccupations. En revanche, seules 5 % des organisations interrogées ont indiqué que la durabilité faisait partie des priorités établies pour le déploiement des nœuds périphériques.

En outre, l’Edge Observatory for the Digital Decade 17 a encore affiné la trajectoire et la répartition des nœuds périphériques par État membre en tenant compte de la superficie des États membres et de plusieurs paramètres directs et indirects afin de fournir l’estimation prévue du déploiement des nœuds périphériques jusqu’en 2023. Parmi les paramètres directs figurent la population, le PIB et les dépenses totales de l’État membre dans les technologies 18 . Les paramètres indirects comprennent le PIB par habitant, la densité de population et la propension de l’État membre à adopter l’informatique de périphérie. Ce paramètre découle des enquêtes menées dans le cadre de cette étude et reflète la propension des industries interrogées dans l’État membre à investir dans ses propres infrastructures d’informatique de périphérie distribuées.

Figure 9: Déploiement des nœuds périphériques (projection pour l’UE jusqu’en 2030). La trajectoire pour les nœuds périphériques repose sur les conclusions de l’étude de l’Edge Observatory (https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/edge-observatory)

Le deuxième rapport sur les données relatives au déploiement de l’informatique de périphérie 19 offre une perspective internationale en comparant l’état d’avancement du déploiement de l’informatique de périphérie avec d’autres zones géographiques en dehors de l’UE, notamment les États-Unis, la Chine, le Japon et la Corée du Sud, ainsi qu’en réalisant une évaluation comparative des progrès de ces pays dans le domaine de l’informatique de périphérie.

Par la suite, le processus de suivi des données sur le déploiement de l’informatique de périphérie continuera de suivre les progrès accomplis par l’UE en collectant des données auprès de 10 autres États membres dans le cadre d’un processus continu jusqu’en 2030.

1.1.6.Informatique quantique 

Cible: des infrastructures numériques durables, sûres, résilientes et performantes impliquant que, d’ici à 2025, l’Union dispose de son premier ordinateur à accélération quantique, ouvrant la voie à une Union à la pointe des capacités quantiques à l’horizon 2030.

Définition de l’ICP: l’informatique quantique, mesurée comme le nombre d’ordinateurs quantiques ou de simulateurs quantiques opérationnels, y compris les accélérateurs de supercalculateurs à haute performance, déployés et accessibles aux communautés d’utilisateurs.

Source: Quantum Flagship study 20

Points de données disponibles: 2022 et 2023

Point de données de 2023: 0

La valeur de départ de cet ICP est de 0 en 2022 et est restée identique à la trajectoire en 2023 (figure 10). On s’attend à ce qu’au moins un ordinateur quantique devienne opérationnel d’ici à 2024, en avance sur le calendrier prévu, suivi d’un deuxième en 2027 et d’au moins trois d’ici à 2030. En raison de la spécificité de cette cible, aucune trajectoire de référence n’est établie.

Figure 10: Nombre d’ordinateurs quantiques dans l’UE. Trajectoire à l’horizon 2030

Remarque: La trajectoire pour les ordinateurs quantiques repose uniquement sur une évaluation par des experts (comme dans la «communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union»).

1.1.7.Adoption des technologies numériques

Cible: la transformation numérique des entreprises, impliquant qu’au moins 75 % des entreprises de l’Union ont adopté un ou plusieurs des éléments suivants, conformément à leurs activités commerciales: i) les services d’informatique en nuage; ii) les mégadonnées; iii) l’intelligence artificielle.

Définition de l’ICP 21 :

(I)L’informatique en nuage, mesurée en pourcentage d’entreprises utilisant au moins un des services d’informatique en nuage suivants: applications logicielles financières ou comptables, applications logicielles de planification des ressources d’entreprise (ERP), applications logicielles de gestion des relations avec la clientèle (CRM), applications logicielles de sécurité, hébergement de la ou des bases de données de l’entreprise et plateforme informatique fournissant un environnement hébergé pour le développement, l’essai ou le déploiement d’applications.

(II)Les mégadonnées, mesurées en pourcentage d’entreprises qui analysent des mégadonnées provenant de n’importe quelle source de données (interne ou externe). À partir du rapport 2024, les mégadonnées seront mesurées en pourcentage d’entreprises effectuant l’analyse de données (interne ou externe).

(III)L’intelligence artificielle, mesurée en pourcentage d’entreprises utilisant au moins une technologie d’intelligence artificielle.

Source: Eurostat - Enquête de l’Union européenne sur l’utilisation des TIC et du commerce électronique dans les entreprises

Points de données disponibles: Nuage: 2014, 2016, 2018, 2020, 2021 et 2023 (rupture de série en 2021); analyse des données (mégadonnées avant 2023): 2016, 2018, 2020 et 2023 (rupture de série en 2023); IA: à savoir 2021 et 2023.

Valeurs des données de 2023: Informatique en nuage = 38,9 %; analyse des données = 33,2 %; IA = 8 %, IA ou nuage ou analyse des données = 54,6 %

Évolution récente

Cette cible concerne l’adoption par les entreprises de l’UE de trois technologies numériques différentes qui jouent un rôle clé dans le soutien de la compétitivité, l’amélioration de la capacité de stocker, extraire et traiter des données ou encore d’améliorer des services et produits existants ou d’en créer de nouveaux. Pour évaluer dans quelle mesure la cible est atteinte, on fait appel à quatre indicateurs reflétant la proportion d’entreprises de l’UE qui:

·utilisent des services perfectionnés ou intermédiaires d’informatique en nuage;

·ont recours à l’analyse des données, ce qui renvoie à l’utilisation de technologies, de techniques ou d’outils logiciels destinés à analyser des données afin d’en extraire des constantes, des tendances et des informations en vue de formuler des conclusions et des prédictions et d’améliorer les processus décisionnels dans le but d’améliorer les performances (par exemple, d’augmenter la production ou de réduire les coûts). Les données peuvent être extraites des sources de données propres à l’entreprise ou de sources externes (par exemple les fournisseurs, les clients ou les pouvoirs publics);

·utilisent au moins une technologie de l’intelligence artificielle (IA), telle que 1) la fouille de textes, 2) la reconnaissance vocale, 3) la génération de langage naturel, 4) la reconnaissance et le traitement d’images, 5) l’apprentissage automatique (apprentissage profond, par exemple) pour l’analyse de données, 6) l’automatisation des processus robotisés par logiciel fondé sur l’intelligence artificielle), 7) les robots autonomes, les véhicules autonomes, les drones autonomes;

·utilisent l’intelligence artificielle ou des services d’informatique en nuage ou l’analyse des données. Cet indicateur, calculé en 2023, correspond à la cible relative à l’adoption des technologies numériques.

Les trajectoires correspondantes sont décrites ci-dessous.

Nuage:

La f igure 11  montre la trajectoire «décennie numérique» et la trajectoire de référence pour la proportion d’entreprises utilisant des services en nuage perfectionnés ou intermédiaires. En 2023, un peu moins de 40 % des entreprises utilisaient des services d’informatique en nuage, soit un écart de 8,4 points de pourcentage par rapport à la trajectoire «décennie numérique» idéale. Cet écart devrait légèrement se creuser pour s’établir à plus de 10 points selon le scénario du statu quo d’ici à 2030 si aucun investissement supplémentaire n’est réalisé (la valeur prévisionnelle pour 2030 selon la trajectoire de référence est de 64,4 %).

Depuis 2021, le pourcentage d’entreprises utilisant des services d’informatique en nuage a progressé de 4,9 points de pourcentage, passant de 34,0 % à 38,9 %, soit une progression annuelle de près de 7 %. Ce taux de progression reste légèrement inférieur à la progression annuelle de plus de 9 % sur une décennie qui est nécessaire pour atteindre la cible.

La valeur prévisionnelle pour 2030 selon la trajectoire de référence est de 64,4 %.

Figure 11: Pourcentage d’entreprises utilisant des services en nuage dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée 22

Analyse des données (anciennes mégadonnées):

La f igure 12  montre la trajectoire «décennie numérique» et la trajectoire de référence nouvellement établies pour le pourcentage d’entreprises utilisant l’analyse des données. La modification apportée en 2023 à l’indicateur, qui est passé d’«utilisation des mégadonnées» à «utilisation de l’analyse des données» 23 , suppose l’établissement d’une nouvelle trajectoire «décennie numérique» pour l’analyse des données, avec une valeur de référence de 33,2 % en 2023 ( Figure 12 ). La vitesse de diffusion de la trajectoire de référence est estimée sur la base des points de données historiques disponibles pour l’indicateur relatif aux mégadonnées, indiqués par les points rouges dans la  f igure 12 . Le calendrier de diffusion dépend de la valeur de référence établie en 2023 pour l’indicateur relatif à l’analyse des données.

La valeur estimée pour 2030 dans le scénario de statu quo - la valeur prévisionnelle pour 2030 selon la trajectoire de référence - est de 50,3 %, soit 25 points de moins que la cible pour 2030.

Figure 12: Proportion d’entreprises utilisant l’analyse des données dans l’UE. Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030

Intelligence artificielle: Avec seulement deux points de données disponibles pour l’adoption de l’IA, la trajectoire de référence pour l’IA utilise le même paramètre de vitesse de diffusion que celui estimé pour la trajectoire de référence relative aux mégadonnées et établi dans la communication sur les trajectoires au niveau de l’Union. Comme pour tous les autres ICP, le calendrier de diffusion est plutôt calculé en faisant coïncider le point de départ de la trajectoire de référence avec le point de données observé pour 2023.

La f igure 13  montre la trajectoire «décennie numérique» et la trajectoire de référence révisées pour le pourcentage d’entreprises utilisant l’IA. Le pourcentage d’entreprises utilisant l’IA n’a augmenté que de 0,4 point de pourcentage en 2 ans, passant de 7,6 % en 2021 24 à 8,0 % en 2023. L’écart entre la valeur observée et la valeur idéale est supérieur à 11 points de pourcentage en 2023 et devrait atteindre près de 60 points d’ici à 2030 selon le scénario du statu quo. Moins de 17 % des entreprises devraient adopter l’IA d’ici à 2030 si aucune mesure supplémentaire n’est prise (la valeur prévisionnelle pour 2030 selon la trajectoire de référence est de 16,8 %).

Entre 2021 et 2023, le pourcentage d’entreprises utilisant l’IA a peu évolué, avec une légère hausse de 7,6 % en 2021 à 8 % en 2023 25 , ce qui correspond à une progression annuelle modeste de seulement 2,6 %. Ce rythme de croissance est nettement inférieur aux près de 30 % de progression annuelle nécessaires à la réalisation de la cible pour 2030. La valeur prévisionnelle pour 2030 selon la trajectoire de référence est de 16,8 %.

Figure 13: Pourcentage d’entreprises utilisant l’IA dans l’UE. Données historiques, trajectoire de la décennie numérique (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée (même paramètre de vitesse de diffusion que dans la trajectoire de référence relative aux mégadonnées établie dans la communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union)

Intelligence artificielle ou services d’informatique en nuage ou analyse des données: En 2023, des données sur les trois indicateurs (intelligence artificielle, services d’informatique en nuage ou analyse des données) ont été collectées. Il a donc été possible de mesurer la cible relative à l’adoption des technologies numériques en calculant le pourcentage d’entreprises ayant adopté une ou plusieurs de ces trois technologies. En 2023, 54,6 % des entreprises de l’UE utilisaient au moins une de ces technologies. Par définition, davantage d’entreprises satisfont à l’exigence de la définition de cet ICP qu’aux exigences des ICP relatifs à l’adoption de ces technologies numériques prises séparément.

La forme fonctionnelle en S est également utilisée pour cet ICP. En l’absence de données historiques pour cet ICP, la vitesse de diffusion de l’adoption de la technologie en nuage est utilisée, tandis que le calendrier de diffusion dépend de la valeur observée en 2023 pour cet ICP. La valeur prévisionnelle pour 2030 selon la trajectoire du statu quo est de 72,3 %, ce qui n’est pas loin de la cible de 75 % de l’UE.



Figure 14: Pourcentage d’entreprises utilisant soit l’IA, soit l’informatique en nuage soit l’analyse des données dans l’UE. Données historiques, trajectoire de la décennie numérique (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 (même paramètre de vitesse de diffusion que dans la trajectoire de référence relative à l’informatique en nuage)

Dans l’ensemble, on peut observer que le niveau d’adoption des technologies numériques par les entreprises reste inégal. Il varie en fonction de la technologie utilisée, avec des différences notables selon les États membres et les secteurs économiques. L’utilisation des services d’informatique en nuage a quelque peu progressé ces dernières années, puisque près de 39 % des entreprises de l’UE ont fait appel à de tels services en 2023. L’adoption des technologies d’analyse des données est également relativement élevée, se situant à 33,2 % en 2023. L’adoption des technologies d’IA reste beaucoup plus limitée, puisque ces technologies ne sont utilisées que par 8 % des entreprises de l’UE, un pourcentage resté stable ces deux dernières années.

Le nouvel indicateur relatif à l’adoption de l’IA ou de l’informatique en nuage ou de l’analyse des données, qui était disponible pour la première fois en 2023 et qui correspond à l’ICP de cette cible, avait une valeur plus élevée que les indicateurs se rapportant aux trois technologies distinctes, à savoir près de 55 %. L’absence de données historiques ne permet pas d’estimer avec précision le niveau de progression au cours des prochaines années jusqu’en 2030. En supposant des progrès semblables à ceux accomplis dans le domaine de l’informatique en nuage, on peut en déduire que l’UE dans son ensemble ne sera pas loin de la cible pour 2030. Toutefois, l’indicateur relatif à l’informatique en nuage est celui qui a affiché le taux de progression le plus élevé par le passé, tandis que l’évolution de l’analyse des données, et surtout de l’IA, est beaucoup plus lente et pourrait également ralentir l’évolution de l’indicateur combiné (IA ou informatique en nuage ou analyse de données).

Pour atteindre les cibles de la décennie numérique, les États membres devront déployer des efforts considérables en adoptant des politiques globales et intégrées visant à stimuler l’adoption et à lever les obstacles qui entravent le progrès (notamment le manque de compétences spécialisées et d’expertise technique, les obstacles à l’utilisation des données). En l’absence d’actions ciblées supplémentaires, le niveau d’adoption des technologies d’analyse des données, et en particulier des technologies d’IA, sera nettement inférieur aux cibles pour 2030.

1.1.8.Niveau élémentaire d’intensité numérique

Cible: La transformation numérique des entreprises, impliquant que plus de 90 % des PME de l’Union atteignent au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique 26 .

Définition de l’ICP: Les PME ayant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, mesurées en pourcentage de PME utilisant au moins 4 des 12 technologies numériques sélectionnées.

Source: Eurostat – Enquête de l’Union européenne sur l’utilisation des TIC et du commerce électronique dans les entreprises (code: ISOC_E_DII) 27 . Depuis 2021, deux versions différentes de cet indicateur sont mesurées tous les deux ans: DII version III, mesuré en 2021 et 2023; DII version IV, mesuré en 2022. Le but est de maintenir le DII version III stable à partir de 2026.

Points de données disponibles: de 2015 à 2023. Rupture de série chaque année, sauf en 2023 et 2021.

Valeur des données de 2023: 57,7 %

Contexte, hypothèses, forme fonctionnelle modèle et tendances les plus récentes

L’«intensité numérique» est une valeur agrégée fondée sur le nombre de technologies utilisées par une entreprise, par rapport à un tableau de bord de différentes technologies, conformément à l’indice relatif à l’économie et à la société numériques. Cette cible fait référence à une large adoption des technologies numériques par PME de l’UE 28 , soit les entreprises qui employaient près des deux tiers de la population active dans l’économie non financière de l’UE en 2020.

L’intensité numérique est mesurée au moyen de l’indice d’intensité numérique (DII), qui mesure le nombre de technologies utilisées par les entreprises parmi 12 technologies sélectionnées. Un niveau élémentaire d’intensité numérique signifie qu’une entreprise utilise au moins 4 des 12 technologies numériques sélectionnées.

Chaque année, l’indice couvre un large éventail de technologies, des technologies élémentaires à des technologies plus perfectionnées, afin de mesurer le niveau de numérisation des PME dans l’UE. L’enquête de 2023 comprenait les 12 technologies et/ou critères suivants (source: Eurostat): «entreprises dans lesquelles plus de 50 % des personnes employées utilisaient des ordinateurs ayant accès à l’internet à des fins professionnelles; utilisation d’un progiciel de gestion intégré pour le partage d’informations entre différents départements; vitesse maximale contractuelle de téléchargement de la connexion internet fixe la plus rapide d’au moins 30 Mb/s; entreprises dont les ventes en ligne représentaient plus de 1 % du chiffre d’affaires total et les ventes en ligne B2C plus de 10 % des ventes en ligne; l’analyse des données pour l’entreprise est effectuée par les propres salariés de l’entreprise ou par un prestataire externe; utilisation d’un réseau social; utilisation de logiciels de gestion des relations avec la clientèle (CRM); achat de services perfectionnés ou intermédiaires d’informatique en nuage; utilisation d’une technologie d’IA; achat de services d’informatique en nuage utilisés sur l’internet; utilisation des réseaux informatiques pour la vente (au moins 1 %); utilisation d’au moins deux réseaux sociaux» 29 .

Disposer d’une définition souple permet d’adapter l’indicateur à l’évolution technologique et de le faire évoluer, étant donné que les compétences ou les technologies jugées avancées aujourd’hui pourraient être considérées comme élémentaires à l’avenir.

La disponibilité de deux points de données comparables, 2021 et 2023, a permis à la Commission d’estimer une nouvelle trajectoire «décennie numérique» avec une valeur de référence en 2021 et une trajectoire de référence fondée sur le DII version III.

La trajectoire «décennie numérique» repose sur une forme fonctionnelle linéaire, car on part de l’hypothèse que la courbe de l’ICP sera ascendante à partir de 2021, la cible étant atteinte en 2030 (figure 14).

Figure 15: Indice d’intensité numérique, version III. Données historiques comparables et trajectoire «décennie numérique» (DN) à l’horizon 2030 fondée sur le DII version III.

Entre 2021 et 2023, le pourcentage d’entreprises ayant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique a légèrement augmenté, passant de 54,8 % en 2021 à 57,7 %. Cela correspond à une progression annuelle modeste de 2,6 %, soit moins de la moitié du rythme de croissance requis pour atteindre la cible pour 2030 (5,7 % au cours de la décennie 2021-2030). La valeur prévisionnelle pour 2030 selon la trajectoire de référence est de 67,9 %.

1.1.9.Entreprises innovantes/entreprises en expansion (licornes)

Cible: La transformation numérique des entreprises, impliquant que l’Union facilite la croissance de ses entreprises en expansion innovantes et améliore leur accès au financement, ce qui permet, au minimum, de doubler le nombre de licornes.

Définition de l’ICP: Les licornes sont mesurées comme la somme des licornes visées à l’article 2, point 11) a) et à l’article 2, point 11) b) de la décision.

Source: plateforme Dealroom 30 .

Points de données disponibles: de 2008 à 2023.

Valeur des données de 2023 31 : 263

La cible à l’horizon 2030 pour cet ICP nécessite une définition du point de données de référence. La présente communication prend comme point de référence le nombre de licornes enregistrées en 2022 dans l’UE (249) et considère que le chiffre de 500 est la cible à l’horizon 2030. Dans l’hypothèse d’une répartition égale de l’effort, la cible fixée au niveau national pour 2030 devrait être au moins de doubler le nombre total de licornes qui étaient présentes dans le pays à la fin de 2022 et publiées dans le DESI 2023.

Les données récemment publiées montrent que le nombre de licornes créées dans l’UE en 2023 était inférieur à celui enregistré chaque année depuis 2017, alors que la valorisation des start-up diminue. En 2023, le nombre de start-up valorisées à plus d’un milliard d’USD dans l’ensemble de l’UE a connu une augmentation nette de 14 start-up, soit une baisse de 82 % par rapport au niveau record enregistré en 2021 (+ 79 start-up) ( Table au 2 ). La flambée des valorisations qui a caractérisé la pandémie de COVID-19 en 2021 et 2022 a de toute évidence pris fin. Le taux de progression annuel observé entre 2022 et 2023 s’élève à 5,6 %, de 249 à 263, soit le plus faible niveau enregistré depuis 2009. Ce ralentissement va de pair avec le resserrement des conditions des marchés de capitaux privés observé dans le monde entier tout au long de l’année 2023 et est confirmé par les plus récentes données trimestrielles de l’UE.

Les données relatives au premier trimestre 2024 32 indiquent que l’augmentation du nombre de licornes dans l’UE a été relativement faible au cours des premiers mois de 2024, avec seulement six nouvelles licornes enregistrées. Cette évolution correspond à la croissance observée au premier trimestre 2023 (quatre nouvelles licornes), ce qui laisse penser que les difficultés n’ont pas encore été surmontées. Elle contraste en outre fortement avec la croissance observée au cours des périodes correspondantes du premier trimestre 2021 et du premier trimestre 2022 (respectivement 17 et 19 nouvelles licornes dans l’UE). En conclusion, le taux de création de licornes dans l’UE a fortement diminué pour retomber aux niveaux d’avant la pandémie de COVID-19.

Tableau 2: Nombre de licornes dans l’UE par année: augmentation annuelle nette (créations et fermetures) et progression annuelle relative depuis 2009

La trajectoire de référence repose sur les données historiques relatives aux licornes couvrant la période 2008-2023. La forme fonctionnelle choisie dans ce cas est exponentielle 33 et correspond bien aux données historiques ( Figure 16 ). Conformément à la «communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union», aucune trajectoire «décennie numérique» n’est présentée ici.

Figure 16: Nombre de licornes dans l’UE. Données historiques et trajectoire de référence

Malgré le net ralentissement constaté en 2023, la tendance exponentielle reste celle qui illustre le mieux la tendance historique; nous observons néanmoins que les données les plus récentes indiquent une tendance future plus linéaire qu’exponentielle. Selon l’estimation de la courbe de référence présentée dans la  f igure 16 , le nombre de 500 licornes devrait être atteint bien avant 2030, c’est-à-dire d’ici à la fin de l’année 2025. Le scénario excluant les années de la pandémie de COVID-19 (2021 et 2022) de l’estimation aboutit à des résultats très similaires. Les effets du ralentissement de la création de nouvelles licornes, tant au niveau de l’UE qu’au niveau mondial, devraient se manifester au cours des prochaines années.



1.1.10.Numérisation des services publics 

Cible: la numérisation des services publics, impliquant que:100 % des services publics essentiels sont accessibles en ligne et, le cas échéant, que les citoyens et les entreprises de l’Union ont la possibilité d’interagir en ligne avec les administrations publiques;

Définition de l’ICP:

-Citoyens: La fourniture en ligne de services publics essentiels aux citoyens, mesurée comme la part des démarches administratives pouvant être effectuées entièrement en ligne pour les grands événements de la vie. Les événements suivants sont pris en considération: déménagement; transports; ouverture d’une procédure de règlement des petits litiges; famille; carrière; études; et santé

-Entreprises: La fourniture en ligne de services publics essentiels aux entreprises, mesurée comme la part des démarches administratives nécessaires pour démarrer une entreprise et mener des activités commerciales régulières, qui peuvent se faire entièrement en ligne.

Source: évaluation comparative pour l’administration en ligne «e-Government Benchmark» 34 .

Points de données disponibles: de 2013 à 2023 (rupture de série à partir de 2020).

Valeur des données de 2023: Citoyens = 79,4 (0-100 points); Entreprises = 85,4 (0-100 points)

Évolution récente

Les deux ICP utilisés pour les estimations de la trajectoire sont les suivants:

·Pour les citoyens, on se fonde, pour suivre la réalisation de l’objectif, sur la proportion de démarches administratives qui peuvent être effectuées en ligne pour des événements majeurs de la vie (déménagements; transports; ouverture d’une procédure de règlement des petits litiges; famille; carrière; études; santé).

·Pour les entreprises, on se fonde, pour suivre la réalisation de l’objectif, sur la proportion de services publics nécessaires à la création d’une entreprise et à l’exécution d’opérations commerciales régulières qui sont disponibles en ligne tant pour les utilisateurs nationaux que pour les utilisateurs étrangers.

La méthode utilisée par l’indice de référence pour l’administration en ligne a été révisée en 2020, ce qui a entraîné une rupture de séries pour les deux indicateurs 35 . La disponibilité de trois points de données comparables après la rupture de série a permis d’estimer les trajectoires de référence révisées entièrement sur la base des données postérieures à celle-ci (2021, 2022 et 2023).

Les données historiques, la trajectoire «décennie numérique» et la trajectoire de référence révisée sont présentées dans la f igure 17  (a) pour l’ICP «citoyens» et dans la  f igure 17  (b) pour l’ICP «entreprises».

Figure 17: Fourniture de services en ligne pour les citoyens (en haut) et les entreprises (en bas). Données historiques, trajectoire «décennie numérique» (DN) et trajectoire de référence à l’horizon 2030 révisée

(a)Proportion de démarches administratives qui peuvent être effectuées en ligne pour des événements majeurs de la vie des citoyens nationaux et étrangers (0 = aucune démarche ne peut être effectuée en ligne; 100 = l’ensemble du processus peut être effectué en ligne). Données historiques, trajectoire «décennie numérique» et trajectoire de référence

(b)Proportion des services publics nécessaires pour créer une entreprise et exécuter des opérations commerciales régulières qui sont disponibles en ligne pour les utilisateurs nationaux et étrangers (0 = aucune démarche ne peut être effectuée en ligne; 100 = l’ensemble du processus peut être effectué en ligne). Données historiques, trajectoire «décennie numérique» et trajectoire de référence

La note relative à la fourniture de services publics numériques essentiels aux citoyens a augmenté de 3,2 % en un an, passant de 77,0/100 à 79,4/100. Le récent taux de progression est légèrement inférieur à la croissance annuelle moyenne de 3,3 % sur une décennie nécessaire pour atteindre la cible, dans l’hypothèse d’une tendance linéaire. En 2023, l’écart entre la valeur la plus récente observée et la valeur idéale selon la trajectoire «décennie numérique» est de 7,8 points et devrait atteindre 9,8 points en 2030. Cela indique que, si la tendance actuelle se poursuit, la cible ne sera pas atteinte.

Une tendance similaire est observée pour la fourniture de services publics essentiels aux entreprises, qui a augmenté de 2 % en un an, passant de 83,7/100 à 85,4/100. Les écarts estimés par rapport à la trajectoire idéale en 2023 et 2030 sont plus limités que dans le cas des services aux citoyens, puisqu’ils se chiffrent respectivement à 5,4 et 6,2 points de pourcentage.

Il convient de noter que ces ICP se situent tous deux à l’extrémité supérieure de la courbe du «déploiement technologique», du moins au niveau de l’UE. Cela révèle une situation dans laquelle la maturité et la qualité des sites internet des services publics s'accroissent , tandis qu’il est de plus en plus difficile d’apporter des améliorations supplémentaires.

Les valeurs prévisionnelles pour 2030 selon la trajectoire de référence sont de 90,9/100 pour l’indicateur «citoyens» et de 93,8/100 pour l’indicateur «entreprises».

1.1.11.Dossiers médicaux électroniques 

Cible: La numérisation des services publics, impliquant que 100 % des citoyens de l’Union ont accès à leur dossier médical électronique.

Définition de l’ICP: L’accès aux dossiers de santé en ligne, mesuré comme suit: (i) la disponibilité à l’échelle nationale de services d’accès en ligne pour les citoyens aux données de leurs dossiers médicaux électroniques (via un portail des patients ou une application mobile pour les patients) avec des mesures supplémentaires permettant à certaines catégories de personnes (par exemple, les tuteurs pour enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées) d’accéder également à leurs données, et (ii) le pourcentage de personnes qui ont la capacité d’obtenir ou d’utiliser leur propre ensemble minimal de données relatives à la santé actuellement stockées dans des systèmes de dossiers de santé électroniques publics et privés.

Source: Capgemini Invent 36 .

Points de données disponibles: 2022 et 2023 

Valeur des données de 2023: 2023 = 79 (0-100 points)

Le cadre conceptuel de l’indicateur de santé en ligne est axé sur la disponibilité de données de santé électroniques pour les citoyens européens et ne mesure pas l’utilisation réelle des services d’accès aux données de santé en ligne. Le cadre est composé de quatre dimensions thématiques, chacune comprenant des indicateurs qui mesurent les principaux aspects de la disponibilité de l’accès en ligne aux données des dossiers médicaux électroniques. Il existe 12 indicateurs au total au niveau national qui décrivent:

1. la disponibilité à l’échelle nationale de l’accès en ligne aux données de santé électroniques;

2. les catégories de données de santé accessibles;

3. la disponibilité de systèmes d’authentification, le type de solutions frontales et la couverture;

4. l’accessibilité pour certaines catégories de personnes, telles que les groupes vulnérables.

L’indicateur de santé en ligne est une mesure agrégée composée des notes de chaque dimension thématique.

La trajectoire «décennie numérique» est la même que celle publiée dans la communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union et repose sur une forme fonctionnelle linéaire, en partant de l’hypothèse que la courbe de l’ICP suit une tendance à la hausse à taux constant sur l’ensemble de la période. Avec seulement deux points de données disponibles, 2022 et 2023, la trajectoire de référence est supposée être la ligne passant par ces deux points ( f igure 18 ).

En 2023, l’UE a obtenu une note de 79/100, en hausse par rapport aux 72/100 de 2022, soit un taux de croissance annuel de 9,7 %. À ce rythme, la cible pour 2030 sera atteinte en 2026.

Toutefois, il importe de reconnaître que la forme fonctionnelle linéaire pourrait ne pas être la plus appropriée pour prévoir l’évolution de l’indicateur de santé en ligne. La majorité des systèmes de dossiers de santé électroniques publics ayant atteint le stade de la maturité, il est probable que la courbe atteigne un plateau. Cela pourrait s’expliquer, notamment, par la complexité croissante des efforts visant à fournir un accès aux autres catégories de données de santé, à relier tous les types de prestataires de soins de santé pertinents et à apporter un soutien suffisant aux groupes vulnérables. Par conséquent, il pourrait s’avérer difficile de maintenir le rythme de croissance observé récemment. À l’avenir, à mesure que davantage de points de données seront accessibles, il est plausible qu’une courbe en S puisse être adoptée.

Figure 18: indicateur composite de santé en ligne. Données historiques et trajectoire DN

1.1.12.Identification électronique (eID)

Cible: La numérisation des services publics, qui implique que 100 % des citoyens de l’Union ont accès à des moyens d’identification électroniques sécurisés (eID) qui sont reconnus dans toute l’Union, leur permettant d’avoir un contrôle total sur les transactions faisant intervenir leur identité et sur leurs données à caractère personnel partagées.

Définition de l’ICP: L’accès à l’identification électronique est mesuré par deux ICP: 1) le nombre d’États membres qui ont notifié au moins un schéma national d’identification électronique conformément au règlement (UE) nº 910/2014; et 2) le nombre d’États membres qui ont fourni un accès à une identification électronique sécurisée respectueuse de la vie privée par l’intermédiaire du portefeuille européen d’identité numérique, conformément à la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) nº 910/2014 en ce qui concerne l’établissement d’un cadre européen relatif à une identité numérique 37 .

Source: Cadre européen relatif à une identité numérique

Valeurs des données de 2023: 22 sur 27 systèmes nationaux d’identification électronique notifiés conformément au règlement (UE) nº 910/2014.

La cible «décennie numérique» en matière d’identification électronique prévoit que 100 % des citoyens aient accès à une identification électronique sécurisée et respectueuse de la vie privée d’ici à 2030.

La progression vers la cible est suivie par deux ICP. Le premier est le nombre d’États membres qui ont notifié au moins un schéma national d’identification électronique conformément au règlement (UE) nº 910/2014;

En 2024, des identifications électroniques notifiées sont disponibles dans 22 États membres de l’UE, pour un peu plus de 93 % de la population de l’UE. Ce chiffre est en légère progression par rapport à 2023, année où 21 États membres ont notifié leurs systèmes d’identification électronique. Toutefois, les progrès accomplis au cours des trois dernières années ont été remarquables: en 2021, lors de l’adoption du règlement introduisant le cadre européen relatif à une identité numérique, seuls 14 États membres avaient notifié un système d’identification électronique, et environ 60 % de la population européenne étaient donc couverts par de tels systèmes. En 2022, ce chiffre est passé à 18 États membres disposant de systèmes d’identification électronique notifiés. La nécessité de progresser dans ce domaine a été soulignée dans le rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023 38 , qui invitait les États membres à notifier leur système d’identification électronique.

Le deuxième ICP utilise comme référence la proposition inscrite dans le nouveau cadre européen relatif à une identité numérique, modifiant le règlement existant sur l’identification électronique et les services de confiance (règlement eIDAS). Proposé en 2021 39 , ce nouveau cadre vise à faire en sorte que, d’ici à 2030, conformément à la cible énoncée dans le programme d’action pour la décennie numérique, 100 % des citoyens de l’UE aient accès à un système d’identification électronique sécurisé reconnu dans toute l’UE, permettant aux utilisateurs d’exercer un contrôle total sur les transactions liées à l’identité et sur les données à caractère personnel partagées. Le nouveau cadre comprend un portefeuille numérique personnel permettant aux citoyens de prouver leur identité et de partager les attributs et les documents électroniques liés à l’identité de manière sécurisée et pratique. Les portefeuilles européens d’identité numérique permettront aux citoyens de déterminer quels éléments de leur identité, de leurs données et de leurs certificats ils partagent avec des tiers, et de garder la trace de ce partage. La maîtrise laissée à l’utilisateur garantit que seules les informations dont le partage est indispensable seront partagées. L’utilisation du portefeuille européen d’identité numérique sera toujours laissée à l’appréciation de l’utilisateur. Le nouveau cadre, qui est entré en vigueur le 20 mai 2024, impose aux États membres de donner accès à un portefeuille numérique fondé sur des normes techniques communes.

L’évolution de cette cible est conditionnée par la mise en œuvre du cadre européen relatif à l’identité numérique par les États membres. Les trajectoires relatives à cette cible seront établies sur la base du délai fixé par les colégislateurs pour la fourniture du portefeuille européen d’identité numérique par les États membres.

Dans le cadre du réexamen des cibles numériques que la Commission devrait, si nécessaire, entreprendre d’ici juin 2026, conformément à l’article 4, paragraphe 2, de la décision (UE) 2022/2481, la cible de 2030 concernant l’accès à une identification électronique sécurisée et respectueuse de la vie privée peut être réexaminée en tenant compte des étapes d’adoption et de mise en œuvre du cadre européen relatif à une identité numérique.

2.Annexe: aperçu des trajectoires 2024 du programme d’action pour la décennie numérique 

 

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

Valeur 2023: 55,6 %

Valeur 2030:

·cible: 80 %

·prévu: 59,8 %

Spécialistes des TIC occupant un emploi

Valeur 2023: 9,79 millions

Valeur 2030:

·cible: 20 millions

·prévu: 12,2 millions

Réseau fixe à très haute capacité (gigabit)

Valeur 2023: 78,8 %

Valeur 2030:

·cible: 100 %

·prévu: 94,7 %

Fibre dans les locaux (FTTP)

Valeur 2023: 64,0 %

Valeur 2030:

·cible: 100 %

·prévu: 89,5 %

Couverture 5G globale

Valeur 2023: 89,3 %

Valeur 2030:

·cible: 100 %

·prévu: 100 %

Semi-conducteurs

Valeur de 2023 (estimation): 11 %

Valeur 2030:

·cible: 20 %

·prévu: N.D.

n.d.

Nœuds périphériques

Valeur de 2023 (estimation): 687

Valeur 2030:

·cible: 10 000

·prévu: n.d.

Nombre d’ordinateurs quantiques dans l’UE

Valeur 2023: 0

Valeur 2030:

·cible: «la pointe des capacités quantiques»

·prévu: 3

Adoption des services d’informatique en nuage par les entreprises

Valeur 2023: 38,9 %

Valeur 2030:

·cible: 75 %

·prévu: 64,4 %

Adoption des services d’analyse des données par les entreprises

Valeur 2023: 33,2 %

Valeur 2030:

·cible: 75 %

·prévu: 50,3 %

Adoption de l’AI par les entreprises

Valeur 2023: 8,0 %

Valeur 2030:

·cible: 75 %

·prévu: 16,8 %

Adoption de l’IA ou des services d’informatique en nuage ou de l’analyse des données

Valeur 2023: 54,6 %

Valeur 2030:

·cible: 75 %

·prévu: 72,3 %

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

Valeur 2023: 57,7 %

Valeur 2030:

·cible: 90 %

·prévu: 67,9

Nombre de licornes

Valeur 2023: 263 (nombre)

Valeur 2030:

·cible: 500

·prévu: >500

Numérisation des services publics pour les citoyens

2023: 79,4/100

Valeur 2030:

·cible: 100/100

·prévu: 90,9/100

Numérisation des services publics pour les entreprises

2023: 85,4/100

Valeur 2030:

·cible: 100/100

·prévu: 93,8/100

Indicateur composite «Santé en ligne» sur la disponibilité de données médicales électroniques

2023: 79 (0-100 points)

Valeur 2030:

·cible: 100/100

·prévu: 100

Identification électronique

2023: 22 pays disposant de systèmes d’identification électronique notifiés 

Portefeuille électronique

L’ICP suit le cadre européen relatif à l’identité numérique.

n.d.

(1) https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/communication-establishing-union-level-projected-trajectories-digital-targets.
(2) Décision d’exécution (UE) 2023/1353 de la Commission du 30 juin 2023 établissant des indicateurs clés de performance pour mesurer les progrès accomplis vers les cibles numériques définies à l’article 4, paragraphe 1, de la décision (UE) 2022/2481 du Parlement européen et du Conseil.
(3)   https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833329 .
(4)    La méthode de 2023 est fondée sur cette étude: Centre commun de recherche, «Methodology to project Digital Decade trajectories towards 2030», https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC133748.
(5) Définies suivant la méthodologie d’Eurostat conformément au cadre des compétences numériques révisé (DIGCOMP 2.0), tel qu’il figure également au règlement d’exécution (UE) 2022/1399 de la Commission du 1er août 2022 précisant les éléments techniques de l’ensemble de données, établissant les formats techniques de transmission des informations et précisant les modalités et le contenu des rapports de qualité concernant l’organisation d’une enquête par sondage dans le domaine de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour l’année de référence 2023 au titre du règlement (UE) 2019/1700 du Parlement européen et du Conseil.
(6) Classification internationale type des professions 2008.
(7) Définition d’Eurostat mise en œuvre par l’intermédiaire de la classification internationale type des professions (CITP).
(8)    Norme «Data Over Cable Service Interface Specification».
(9)    Broadband coverage in Europe 2023, Omdia and Point Topic for the European Commission: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833345 .
(10)    Il convient de noter que ces chiffres sont constamment mis à jour et révisés par les agences nationales de régulation, même rétroactivement. Cela peut entraîner de légères modifications des précédentes valeurs par rapport à celles indiquées dans la communication de 2023 sur les trajectoires au niveau de l’Union.
(11)    Les valeurs observées et estimées ne sont fournies qu’au niveau de l’UE et au niveau mondial.
(12)

  https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/edge-observatory .  

(13)   Edge Observatory for Digital Decade_Monitoring Methodology : https://ec.europa.eu/newsroom/dae/redirection/document/100201.
(14)   Edge Observatory for Digital Decade_Monitoring Methodology , https://ec.europa.eu/newsroom/dae/redirection/document/100201.
(15) Il est à noter que cette estimation diffère de celle publiée dans le rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023, qui prévoyait 0 nœud en attendant que les phases ultérieures de l’étude de l’Edge Observatory ne permettent de collecter les données empiriques nécessaires pour éclairer de manière fiable les futures projections. L’Edge Observatory a publié ses conclusions en novembre 2023, après la publication du rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023.
(16) McKinsey, What are Industry 4.0, the Fourth Industrial Revolution, and 4IR?, https://www.mckinsey.com/featured-insights/mckinsey-explainers/what-are-industry-4-0-the-fourth-industrial-revolution-and-4ir.
(17) Edge Observatory for the Digital Decade, Edge Deployment Data report 1, https://ec.europa.eu/newsroom/dae/redirection/document/100264 .
(18)    Total des dépenses technologiques en milliards d’USD (en valeur annuelle constante 2022), d’après le guide des dépenses de l’IDC.– Worldwide Black Book Live Edition.
(19)     https://ec.europa.eu/newsroom/dae/redirection/document/105371 .
(20)     https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/quantum-technologies-flagship.
(21)    La décision sur les indicateurs clés de performance contient davantage de précisions sur la définition de ces ICP: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833345 .
(22)    Indicateur d’Eurostat «Entreprises achetant au moins l’un des services d’informatique en nuage (CC) suivants: l’hébergement de la base de données de l’entreprise, les logiciels comptables, les logiciels de gestion des relations clients, la puissance de calcul» (code E_CC_GE_ME) est utilisé pour la période 2014-2020. Une rupture de série s’est produite en 2021 lorsque l’indicateur «Entreprises achetant des services d’informatique en nuage perfectionnés ou intermédiaires» a été utilisé. Cet indicateur comprend différents services d’informatique en nuage: logiciels comptables (CC_PFACC); progiciels de gestion intégrée (CC_PERP); logiciels de gestion de la relation client (CC_PCRM); logiciels de sécurité (CC_PSEC); hébergement de bases de données (CC_PDB) et environnement d’hébergement pour le développement d’applications (CC_PDEV).
(23)    En 2023, Eurostat, en coopération avec tous les instituts nationaux de statistiques de l’UE, a remplacé l’indicateur des mégadonnées par celui relatif à l’analyse des données. L’analyse des données renvoie à l’utilisation de technologies, de techniques ou d’outils logiciels destinés à analyser des données afin d’en extraire des constantes, des tendances et des informations en vue de formuler des conclusions et des prédictions et d’améliorer les processus décisionnels dans le but d’améliorer les performances (par exemple, d’augmenter la production ou de réduire les coûts). Les données peuvent être extraites des sources de données propres à l’entreprise ou de sources externes (par exemple les fournisseurs, les clients ou les pouvoirs publics) (source: Eurostat). L’analyse des données couvre un ensemble de technologies plus large que les anciennes mégadonnées.
(24)    Fin 2023, Eurostat a publié une révision rétroactive des chiffres de 2021 sur l’adoption de l’IA. La moyenne de l’UE a également été révisée et est passée de 7,9 % avant la révision à 7,6 % après celle-ci.
(25)    Les chiffres les plus récents disponibles sur l’adoption de l’IA par les entreprises ont été recueillis en 2023 et ne peuvent pas tenir compte des effets potentiels du train de mesures sur l’innovation visant à soutenir les start-up et les PME travaillant dans le domaine de l’IA qui a été lancé par la Commission européenne en janvier 2024 (https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_24_383).
(26)    Selon la définition du règlement d’exécution (UE) 2021/1190 de la Commission du 15 juillet 2021 fixant les spécifications techniques des exigences en matière de données pour le thème «Utilisation des TIC et commerce électronique» pour l’année de référence 2022, et des règlements d’exécution ultérieurs, conformément au règlement (UE) 2019/2152 du Parlement européen et du Conseil (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE), et notamment son article 7, paragraphe 1, et son article 17, paragraphe 6. 
(27)    L’ICP est calculé comme le complément à 100 du pourcentage de PME ayant un indice d’intensité numérique très faible (sous-catégorie E_DI4_VLO).
(28)    Les entreprises dont le nombre de salariés et de travailleurs indépendants est compris entre 10 et 249 sont prises en considération pour l’estimation de l’indice d’intensité numérique (données pour les microentreprises manquantes pour presque tous les États membres).
(29)    Les questions de l’enquête sur les entreprises utilisées pour la définition de l’indice d’intensité numérique varient chaque année; toutefois, en 2023, la plupart des technologies sont les mêmes que celles de l’enquête de 2021. La liste utilisée par année est fournie par Eurostat.
(30)    https://dealroom.co/guides/guide-to-unicorns.
(31)    La plateforme Dealroom met régulièrement à jour le nombre de licornes. Au 29 janvier 2024, l’UE comptait 263 licornes, selon les données de Dealroom. Les statistiques ne tiennent pas compte du Royaume-Uni.
(32) Dealroom, https://tinyurl.com/EU-unicorns-Q1-2023 , consulté pour la dernière fois le 5 avril 2024.
(33)    La forme fonctionnelle est linéaire dans le logarithme du nombre de licornes.
(34)    Rapport d’évaluation comparative sur l’administration en ligne 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833346 .
(35)    Lorsque la méthode a été mise à jour, le nombre de services par événement de vie a été réduit et l’indicateur de transparence des organisations publiques a été remplacé par l’indicateur de transparence de la conception des services. Pour avoir des informations complètes sur la révision et la nouvelle méthode, voir eGovernment Benchmark Method Paper 2020-2023 .
(36)    Étude intitulée «Digital Decade eHealth Indicator Study»:  https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833348 .
(37)    Le règlement sur l’identité numérique [règlement (UE) 2024/1183] est entré en vigueur le 20 mai 2024. Il modifie le précédent règlement (UE) nº 910/2014 en ce qui concerne l’établissement du cadre européen relatif à une identité numérique.
(38)    Rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/2023-report-state-digital-decade.
(39)      Afin de mettre en place l’architecture technique nécessaire, d’accélérer la mise en œuvre du règlement révisé, de fournir des lignes directrices aux États membres et d’éviter la fragmentation, la proposition était accompagnée d’une recommandation pour l’élaboration d’une boîte à outils commune de l’UE définissant des spécifications techniques harmonisées pour le portefeuille.

Bruxelles, le 2.7.2024

COM(2024) 260 final

ANNEXE

de la

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique


Annexe 3: Rapports succincts des 27 États membres de l’UE

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Autriche


1 Synthèse

L’Autriche apporte une contribution positive aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, l’Autriche a enregistré des progrès notables dans le domaine des infrastructures de connectivité gigabit (notamment la FTTP) et de l’adoption des technologies en nuage. Toutefois, certains problèmes subsistent en ce qui concerne la couverture par des réseaux en gigabits de haute qualité et l’adoption de l’analyse des données par les entreprises. Le règlement sur l’Autriche numérique définit les mesures et principes du programme de travail des pouvoirs publics dans le domaine du numérique. Cette stratégie nationale est bien alignée sur les cibles de la décennie numérique (telles que la connectivité, les compétences et l’administration en ligne) et sur ses objectifs (la cybersécurité, la compétitivité, l’innovation et l’action pour le climat, par exemple). Les autorités autrichiennes reconnaissent l’effet transformateur de la numérisation sur la croissance économique et les emplois et prennent activement des mesures à ce sujet. L’autoévaluation des forces, des faiblesses et des défis présentée dans la feuille de route est cohérente avec celle réalisée dans le cadre de la décennie numérique. L’Autriche dispose d’une population qualifiée, d’acteurs compétitifs dans les secteurs des semi-conducteurs et de la technologie quantique et d’un très bon système de soutien pour les start-up. Toutefois, la connectivité à haut débit reste sous-développée et l’adoption des technologies numériques par les entreprises pourrait être améliorée. Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 1 , 71 % des citoyens autrichiens estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre qui se situe autour de la moyenne de l’UE (73 %).

En ce qui concerne les consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC), l’Autriche est un pays observateur du consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «Alliance pour les technologies du langage» et finalise en ce moment les négociations en vue de devenir membre de l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins Towards the CitiVERSE» (ALT-EDIC et CitiVERSE EDIC, tous deux déjà constitués). L’Autriche participe également à des groupes de travail visant à mettre en place des EDIC dans d’autres domaines, notamment les données relatives à la mobilité et à la logistique, l’Académie des compétences en matière de cybersécurité, l’administration publique connectée, les communs numériques ou le secteur agroalimentaire 2 .

Le plan pour la reprise et la résilience de l’Autriche consacre 36 % de ses fonds à la transformation numérique (1,3 milliard d’EUR) 3 , les priorités étant données à la connectivité gigabit et aux compétences numériques. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 80 millions d’EUR (7 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 4 .



Autriche

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

AT

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

54,8 %

67,6 %

23,3 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

36,6 %

41,0 %

11,9 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

91,7 %

96,0 %

4,7 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

30

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

64,4 %

57,9 %

-5,2 %

57,7 %

2,6 %

x

90 %

Nuage

28,8 %

35,6 %

11,2 %

38,9 %

7,0 %

x

75 %

Intelligence artificielle

8,8 %

10,8 %

10,8 %

8,0 %

2,6 %

x

75 %

Analyse des données

N.D.

23,9 %

N.D.

33,2 %

N.D.

x

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

47,0 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

5

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

63,3 %

64,7 %

1,1 %

55,6 %

1,5 %

100 %

80 %

Spécialistes des TIC

5,0 %

5,3 %

6,0 %

4,8 %

4,3 %

x

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

78,4

80,7

2,9 %

79,4

3,1 %

x

100

Services publics numériques pour les entreprises

82,9

82,9

0,0 %

85,4

2,0 %

x

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

88,2

88,2

0,0 %

79,1

10,6 %

x

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuilles de route stratégiques nationales relatives à la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de l’Autriche à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est peu ambitieuse; toutefois, selon ce document, l’Autriche entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route est globalement cohérente et recense les faiblesses détectées, mais ne comporte pas d’engagements formels au niveau national. La feuille de route autrichienne montre que la cible définie pour l’ICP relatif à l’accès à des moyens d’identification électroniques sûrs a déjà été atteinte et comporte des cibles nationales à l’horizon 2030 pour trois ICP (VHCN, 5G et personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires), mais ne prévoit pas de cibles formelles nationales pour les 12 ICP restants. Les trois cibles nationales pour 2030 sont alignées sur les cibles de l’UE pour 2030 (VHCN et 5G) et la cible relative aux compétences numériques au moins élémentaires est plus ambitieuse (100 % au lieu de 80 %). Il manque des trajectoires avec projections annuelles jusqu’en 2030 pour toutes les cibles, à l’exception du VHCN et de la 5G. La feuille de route couvre plusieurs objectifs de la décennie numérique, tels que la résilience, la sécurité et la souveraineté. D’autres aspects, tels que la transition écologique, pourraient être abordés plus en profondeur.

Le budget total des 60 mesures proposées est estimé à 3,4 milliards d’EUR (environ 0,7 % du PIB), les priorités étant la connectivité gigabit et le soutien aux start-up et aux licornes. Selon la feuille de route de l’Autriche, le pays compte actuellement six licornes, soit une seule de plus que le chiffre enregistré par la plateforme DealRoom , d’où proviennent les données utilisées dans le présent rapport. Certains aspects nécessitent davantage d’efforts, en particulier pour la numérisation des entreprises (adoption de technologies avancées).



Recommandations pour la feuille de route

Dans ce contexte, lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, l’Autriche devrait:

-CIBLES: i) fixer des cibles nationales explicites pour 2030 qui contribueront à la réalisation des cibles de l’UE à l’horizon 2030 concernant les spécialistes des TIC, la FTTP, les nœuds périphériques, les PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, l’adoption de l’analyse des données, de l’informatique en nuage et de l’intelligence artificielle, les licornes, les services publics numériques pour les citoyens et les entreprises et l’accès aux dossiers de santé en ligne; ii) définir les trajectoires correspondantes ainsi que des projections annuelles jusqu’en 2030 pour toutes les cibles (à l’exception du VHCN et de la 5G).

-MESURES: i) ajouter de plus amples informations sur le budget et les sources de financement pour les mesures ne précisant pas de telles informations; ii) ajouter des mesures concernant les nœuds périphériques et l’adoption de l’analyse des données; iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle des informations essentielles sur la perception qu’ont les Autrichiens des droits numériques. 55 % des Autrichiens estiment que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (45 %) et une augmentation de 8 points par rapport à la précédente enquête. La confiance est supérieure à la moyenne de l’UE dans tous les domaines pertinents, tels que la liberté de réunion en ligne (65 %), les services publics numériques (65 %) et les technologies respectueuses de la vie privée (67 %). Parmi les préoccupations majeures figurent le contrôle des données à caractère personnel (38 %) et la sécurité des enfants en ligne (47 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 5 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

L’Autriche pourrait renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité en comblant le fossé en matière de connectivité et d’adoption des technologies par les entreprises. La couverture des réseaux à très haute capacité (67,6 %, moyenne de l’UE: 78,8 %) et de la FTTP (41,0 %; moyenne de l’UE: 64,0 %) reste la principale faiblesse de l’infrastructure numérique autrichienne, mais la situation s’améliore grâce à la mise en œuvre de l’initiative pour le haut débit en Autriche à l’horizon 2030. Si la couverture 5G est très bonne (96,0 %), son adoption est à la traîne. Tant pour la connectivité fixe que pour la connectivité mobile, une attention particulière doit être accordée aux zones rurales. La numérisation des entreprises présente un tableau contrasté. Le pays compte des acteurs de premier plan dans les secteurs des semi-conducteurs et des technologies quantiques; le soutien public aux start-up est élevé et le taux d’adoption de l’IA par les entreprises est bon. En revanche, la numérisation de l’ensemble des PME reste moyenne et l’adoption de l’analyse des données et des technologies en nuage pourrait être améliorée. Le défi pour l’Autriche consiste à préserver ses entreprises pionnières tout en veillant à ce que la numérisation atteigne tous les acteurs de l’économie. Le plan d’action numérique prévoit des orientations générales visant à garantir la souveraineté numérique, y compris la souveraineté des données. La stratégie autrichienne en matière de cybersécurité fournit un cadre stratégique dans ce domaine et favorisera la mise en œuvre de la directive SRI 2.

Recommandations – L’Autriche devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) prendre les mesures appropriées pour maintenir le rythme soutenu actuel de déploiement de la FTTP et surveiller attentivement les indicateurs, y compris la couverture des zones rurales, afin d’atteindre une couverture complète d’ici à 2030; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: proposer des mesures spécifiques pour soutenir le déploiement des nœuds périphériques.

-PME: définir une stratégie claire ciblant les PME, proposant des dispositifs de soutien spécifiques plus ambitieux afin de donner un nouvel élan à leur numérisation.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) concevoir des mesures spécifiques pour accroître l’adoption des technologies avancées par les entreprises, en particulier des techniques d’analyse des données et de l’informatique en nuage; ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

L’Autriche peut compter sur une population compétente en matière numérique, mais elle connaît tout de même des pénuries de compétences sur le marché du travail. Le niveau de compétences numériques de la population (64,7 %) est nettement supérieur à la moyenne de l’UE (55,6 %). Dans le cadre de la décennie numérique, l’Autriche se distingue par son ambition, puisqu’elle entend arriver d’ici à 2030 à ce que 100 % de sa population âgée de 16 à 74 ans possède au moins des compétences numériques élémentaires. La réalisation de cette cible nécessitera de progresser à un rythme soutenu, grâce à des mesures de soutien appropriées. L’Autriche compte 237 000 spécialistes des TIC (5,3 % de la population active, soit un niveau supérieur à la moyenne de l’UE). Elle est néanmoins confrontée à des difficultés liées à des pénuries de compétences, comme cela a également été souligné dans les récents rapports par pays du Semestre européen. Si les mesures visant à améliorer les compétences numériques de la population semblent efficaces (principalement au niveau de l’éducation formelle), l’utilisation de cet avantage pour alimenter le marché du travail n’a pas encore été exploitée.

L’état de la numérisation des services publics est moyen et pourrait nécessiter une accélération. La feuille de route prévoit des actions prospectives visant à améliorer les performances du pays en matière de numérisation des services publics à l’avenir. L’Autriche affiche un score global de maturité en matière de santé en ligne de 88,2 en 2023, un chiffre stable par rapport aux données de l’année dernière et qui reste supérieur à la moyenne de l’UE. Tous les citoyens ont accès à une identité numérique sécurisée (e-ID), mais son utilisation devrait être encouragée. L’Autriche anticipe la mise en œuvre du futur portefeuille européen d’identité numérique (portefeuille EUDI).

Recommandations – L’Autriche devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRESétudier des mesures visant à renforcer les compétences numériques de la population éloignée de la numérisation (comme les demandeurs d’emploi peu qualifiés), afin d’atteindre la cible nationale très ambitieuse.

-SPÉCIALISTES DES TICsur la base des conclusions de l’étude sur les professionnels dans le cadre de l’«offensive en matière de compétences numériques», concevoir de nouvelles mesures ciblées afin d’augmenter considérablement le nombre de spécialistes des TIC, notamment en assurant le perfectionnement et la reconversion professionnels de la main-d’œuvre et en comblant l’écart entre les hommes et les femmes.

-IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUE/SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES ESSENTIELSencourager l’utilisation de l’identification électronique et des services publics numériques par les citoyens. S’appuyer sur les conclusions de l’«étude sur les moyens appropriés de réaliser la numérisation avec un maximum d’avantages» afin de poursuivre efficacement la numérisation des services publics.

-Santé en ligne: i) faire en sorte que toutes les catégories de données soient mises à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; ii) proposer une application mobile permettant aux citoyens d’accéder à leur dossier médical électronique; iii) accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

En Autriche, la double transition numérique et écologique est de mieux en mieux connue, mais devrait être soutenue par des mesures dans la feuille de route. Plusieurs mesures consacrées aux cibles de la décennie numérique comportent une dimension écologique et le domaine «La technologie au service du verdissement» a été défini comme une priorité pour les défis numériques à venir. Toutefois, la feuille de route ne comporte pas de mesures spécifiques sur la décarbonation du secteur des TIC, incluant des cadres de suivi.

Recommandations – L’Autriche devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Belgique


1 Synthèse

La Belgique apporte une contribution positive aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Belgique a enregistré des progrès notables en ce qui concerne l’adoption de l’intelligence artificielle par ses entreprises et elle se distingue comme une pionnière de la fourniture de services publics numériques. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent dans le domaine des compétences numériques élémentaires et avancées.

En tant que «championne de l’innovation» en Europe , la Belgique peut compter sur des instituts de recherche très performants (comme l’Imec, connu pour sa R&D d’envergure mondiale dans le domaine des semi-conducteurs) et combinés à un écosystème de R&D dynamique pour soutenir le développement et l’adoption de technologies et d’innovations par les entreprises. Les performances de la Belgique en matière de compétences numériques et d’infrastructures de connectivité montrent qu’il est nécessaire d’intensifier considérablement les efforts afin d’atteindre les objectifs et cibles de l’UE à l’horizon 2030.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 6 , 77 % des citoyens belges estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

Parallèlement, la Belgique s'est fortement investie dans plusieurs consortiums pour l’infrastructure numérique européenne (EDIC). Pour les EDIC déjà établis, la Belgique est l’État membre qui héberge l’EUROPEUM-EDIC sur les chaînes de blocs et elle est membre de l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE» (EDIC LDT CitiVERSE), qui vise à mettre en relation les jumeaux numériques locaux à travers l’Europe. Elle participe en tant que pays observateur à l’EDIC intitulé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC), qui vise à remédier au manque de données linguistiques européennes disponibles pour les solutions d’intelligence artificielle (IA). En mai 2024, la Belgique participait également aux discussions sur les préparatifs des EDIC sur le génome, les communs numériques et l’agroalimentaire. Le pays a également manifesté son intérêt à participer aux discussions sur la mise en place de l’EDIC sur les données relatives à la mobilité et à la logistique 7 .

La Belgique consacre 27 % du budget total de son plan pour la reprise et la résilience aux objectifs numériques (1,25 milliard d’EUR) 8 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 0,3 milliard d’EUR (13 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 9 .



Belgique

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

BE

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

78,3 %

96,0 %

22,6 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

17,2 %

25,0 %

45,7 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

29,6 %

40,4 %

36,2 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

8

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

65,3 %

74,5 %

6,8 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

46,9 %

47,7 %

0,8 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

10,3 %

13,8 %

15,7 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

44,5 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

64,2 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

7

263

14

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

54,2 %

59,4 %

4,6 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

5,6 %

5,4 %

-3,6 %

4,8 %

4,3 %

10 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

81,5

82,3

1,1 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

87,6

91,6

4,6 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

85,1

100

17,6 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Belgique à la décennie numérique, présentée dans sa feuille de route, le pays se montre extrêmement ambitieux et, selon ce document, entend consacrer des efforts à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route de la Belgique est globalement cohérente avec les efforts nécessaires sur tous les aspects de la numérisation. La Belgique a tenu compte de la dimension régionale de la décision relative à la décennie numérique, notamment au moyen d’une feuille de route spécifique pour la Flandre. La Belgique a saisi l’occasion offerte par son exercice de la présidence de l’UE pour encourager les références à la décennie numérique et à la déclaration dans les travaux du Conseil, ainsi que pour envisager une coopération plus étroite avec ses régions. Le budget total pour les 161 mesures présentées dans la feuille de route nationale est estimé à 892 millions d’EUR (environ 0,2 % du PIB). La feuille de route belge est un document complet, dont la plupart des mesures sont en cours de mise en œuvre ou ont été adoptées en 2023 et 2024, et la Belgique a donné la priorité à la numérisation des services publics essentiels et à la promotion des compétences numériques élémentaires et avancées. La feuille de route comprend des valeurs cibles nationales pour presque toutes les cibles de la décision relative à la décennie numérique (à l’exception de la FTTP et des nœuds périphériques), qui ont toutes le même niveau d’ambition que les cibles de l’UE. Les recommandations du rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023 ont été prises en considération, en particulier en ce qui concerne la coordination et les synergies entre les acteurs privés et publics. Néanmoins, ainsi qu’il est reconnu dans la feuille de route, plusieurs des mesures adoptées en réponse à ces recommandations doivent encore être transformées en actions concrètes.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Belgique devrait:

-CIBLES: proposer une cible et une trajectoire pour la FTTP et les nœuds périphériques.

-MESURES: i) réexaminer et mettre à jour le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en mettant l’accent sur les sources de l’UE, par exemple la FRR; ii) inclure davantage de mesures et de politiques contribuant à la double transition; iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

-CONSULTATION: rendre compte plus en détail des résultats du processus de consultation et inclure davantage d’informations sur les parties prenantes invitées.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique met en évidence des informations essentielles sur la perception qu’ont les Belges des droits numériques. 51 % des Belges estiment que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre qui a diminué de 5 points de pourcentage, tout en restant supérieur à la moyenne de l’UE. Leurs préoccupations se sont amplifiées, 48 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne et 42 % du contrôle des données à caractère personnel. En revanche, 66 % d’entre eux font confiance à la protection de la vie privée en ligne et 70 % attachent de l’importance à la liberté d’association en ligne, deux chiffres largement supérieurs à la moyenne de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 10 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Malgré les progrès accomplis dans la couverture de ses réseaux gigabit et 5G, la Belgique reste largement en dessous de la moyenne de l’UE en ce qui concerne la couverture FTTP et 5G. Elle occupe néanmoins une position de premier plan et se situe nettement au-dessus de la moyenne de l’UE en ce qui concerne la couverture VHCN (gigabit). La 5G dans la bande de fréquences 3,4-3,8 GHz, une bande essentielle pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante, couvrait 14,2 % des ménages belges en 2023, soit un niveau nettement inférieur à la moyenne de l’UE (50,6 %). Toutefois, la couverture 5G est en train de s'étendre considérablement. En janvier 2024, 87 % des ménages belges pouvaient déjà bénéficier de la 5G. L’adoption du haut débit à grande vitesse est faible, puisque la part des abonnements au haut débit fixe s’établit à 5,4 % pour les vitesses supérieures à 1 Gbps (contre 18,5 % pour la moyenne de l’UE), et ce, alors que la Belgique se place au-dessus de la moyenne de l’UE (72,25 % contre 65,9 %) pour les abonnements à des services fournissant des vitesses supérieures à 100 Mbps.

Dans le domaine de la cybersécurité, de nombreuses initiatives sont en place pour renforcer les capacités et la préparation du pays, notamment grâce aux efforts de sensibilisation et de formation déployés par le Centre national pour la cybersécurité de la Belgique. Les PME belges progressent de manière satisfaisante en ce qui concerne la numérisation, avec une forte adoption de l’informatique en nuage et de l’analyse des données, ainsi que des progrès très importants (supérieurs à la moyenne de l’UE) dans le domaine de l’IA. Le pays se consacre à la R&D et dispose de solides capacités en la matière, par exemple dans le domaine des semi-conducteurs. Il s'est également investi dans des partenariats dans des domaines tels que l’informatique quantique. Cela montre que la Belgique est en parfaite adéquation avec l’état d’esprit de la gouvernance de la décennie numérique, à savoir la collaboration dans l’ensemble de l’UE et les efforts conjoints.



Recommandations – La Belgique devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) redoubler d’efforts pour garantir une couverture FTTP et 5G complète, en s’attaquant aux problèmes qui subsistent, tels que la limitation de la vitesse et du service dans les zones rurales; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: i) continuer de soutenir les activités de son Centre national pour la cybersécurité (CCB), notamment afin de sensibiliser les entreprises à la cybersécurité dans le cadre de leurs stratégies internes; ii) poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-NUAGE: soutenir l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec les participants directs afin d’élaborer une stratégie de diffusion propre au pays allant au-delà des organisations participantes.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

En Belgique, les régions et, à l'échelon national, le gouvernement fédéral se sont tous défini comme priorité de lutter contre la fracture numérique et d’encourager une transformation numérique verte et inclusive, notamment dans le cadre de projets relevant de la FRR. La Belgique est une pionnière de la fourniture de services publics et de solutions numériques essentiels aux citoyens et aux entreprises. Les mesures et les programmes énumérés dans la feuille de route de la Belgique sont, en grande partie, axés sur le renforcement de la numérisation des services publics essentiels, ce qui témoigne de la détermination du pays à progresser dans la réalisation de ces cibles. La Belgique est particulièrement performante en matière d’administration en ligne. En 2023, la Belgique a été le premier État membre à obtenir un score de 100 pour l’indicateur de santé en ligne, un chiffre bien au-dessus de la moyenne de l’EU-27, qui se situait à 79. Les mesures visant à promouvoir la numérisation des services publics essentiels sont équilibrées, avec un accent particulier sur les compétences. La poursuite des efforts visant à atteindre ses objectifs pour 2030 portera ses fruits, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires afin d’améliorer les compétences numériques élémentaires des Belges et de remédier à la pénurie persistante de main-d’œuvre dans le domaine des TIC dans le pays.

Recommandations – La Belgique devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: i) intégrer l’apprentissage des compétences numériques à tous les niveaux d’éducation et de formation, notamment en ce qui concerne l’IA, la cybersécurité et l’éthique dans le domaine de la technologie; ii) redoubler d’efforts pour renforcer la participation des adultes aux formations de perfectionnement et de reconversion et développer les initiatives d’apprentissage tout au long de la vie.

-SPÉCIALISTES DES TIC: i) mettre en place des partenariats universitaires et industriels, afin de réduire les obstacles rencontrés pour attirer et recruter des talents numériques; ii) œuvrer en vue d’augmenter le nombre de femmes diplômées dans le domaine des TIC.

-SANTÉ EN LIGNE: afin d’améliorer la qualité des services, la Belgique pourrait envisager d’aller au-delà des exigences de la méthodologie relative à la santé en ligne et de contrôler la fourniture d’un ensemble varié de données de santé par toutes les catégories de prestataires de soins de santé, ainsi que de mettre en place un système de retour d’information pour les citoyens leur permettant de signaler toute limitation de l’accès à leurs données.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Le gouvernement fédéral, les gouvernements régionaux et les entreprises belges accordent la priorité aux incidences sur l’environnement lorsqu’ils adoptent des stratégies et solutions en matière de TIC, ce qui reflète une attitude proactive en faveur d’un verdissement intelligent. Toutefois, les performances de la Belgique en matière d’innovation environnementale et de réalisation des objectifs de durabilité pourraient être améliorées. D’ores et déjà, son secteur des télécommunications demeure résolu à réduire davantage ses émissions et à améliorer son efficacité énergétique. L’organisme de régulation national (l’IBPT) surveille et encourage les efforts en matière de protection de l’environnement déployés par les opérateurs, contribuant ainsi à la durabilité globale du secteur.

Recommandations – La Belgique devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées en suivant les orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Bulgarie


1 Synthèse

La Bulgarie pourrait encore améliorer ses performances afin de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Bulgarie a enregistré des progrès notables dans la fourniture de services en ligne aux entreprises et dans sa contribution au développement de technologies stratégiques telles que les puces électroniques et l’informatique quantique. Des difficultés particulièrement importantes subsistent en ce qui concerne les compétences numériques élémentaires et avancées, l’adoption des technologies par ses entreprises et la réduction des fractures entre les zones urbaines et rurales.

Bien que la Bulgarie continue à obtenir de bons résultats en ce qui concerne la connectivité gigabit fixe, sa couverture 5G reste inférieure à la moyenne de l’UE. La répartition inégale des infrastructures numériques dans les zones faiblement peuplées, isolées et rurales doit également faire l’objet d’une attention accrue. La Bulgarie devrait promouvoir des conditions favorables à la numérisation réussie de ses PME afin de favoriser le transfert de technologies et d’accélérer l’adoption des technologies, en particulier de l’intelligence artificielle (IA). L’adoption des services publics numériques par les citoyens reste faible et des mesures ciblées sont nécessaires pour y remédier. Grâce à ses bons résultats en matière de connectivité, la Bulgarie peut accélérer l’accès aux services numériques pour tous.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 11 , 73 % des citoyens bulgares estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre identique à la moyenne de l’UE (73 %).

En ce qui concerne la participation aux consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC), la Bulgarie est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC), qui vise à remédier au manque de données linguistiques européennes disponibles pour les solutions d’IA.  En mai 2024, en collaboration avec d’autres États membres, la Bulgarie était en train d’élaborer les statuts de l’EDIC sur le génome ainsi que ceux de l’EDIC de données relatives à la mobilité et à la logistique 12 au sein de leurs groupes de travail informels respectifs.

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de la Bulgarie consacre 23,1 % de son financement à la transformation numérique (1,3 million d’EUR) 13 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 1,3 milliard d’EUR (13 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 14 .



Bulgarie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

BG

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

85,6 %

88,6 %

3,5 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

85,6 %

88,6 %

3,5 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

67,2 %

70,9 %

5,4 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

5

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

25,2 %

28,4 %

6,2 %

57,7 %

2,6 %

60 %

90 %

Nuage

9,9 %

14,2 %

19,8 %

38,9 %

7,0 %

15 %

75 %

Intelligence artificielle

3,3 %

3,6 %

4,4 %

8,0 %

2,6 %

11 %

75 %

Analyse des données

N.D.

21,9 %

N.D.

33,2 %

N.D.

9 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

29,3 %

N.D.

54,6 %

N.D.

35 %

75 %

Licornes

0

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

31,2 %

35,5 %

6,7 %

55,6 %

1,5 %

52 %

80 %

Spécialistes des TIC

3,8 %

4,3 %

13,2 %

4,8 %

4,3 %

5 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

59,5

67,5

13,4 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

80,8

91,9

13,8 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

77,2

77,2

0,0 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Bulgarie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est très ambitieuse, et selon ce document, la Bulgarie entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route de la Bulgarie reflète en partie les efforts nécessaires sur tous les aspects de la numérisation. Elle présente une évaluation réaliste et complète de la situation dans le pays et de sa capacité à atteindre les cibles de la décennie numérique en alignant ses efforts sur les recommandations du rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023. Le budget total pour les 60 mesures présentées est estimé à 2,19 milliards d’EUR (environ 2,3 % du PIB). Environ trois quarts des mesures présentées dans la feuille de route sont nouvelles et sont particulièrement axées sur les compétences numériques élémentaires et la numérisation des entreprises et des services publics essentiels, qui correspondent aux principaux domaines à améliorer en Bulgarie. Le plan comprend moins de mesures sur les cibles et les objectifs liés à la connectivité, bien que le pays soit un pionnier dans le domaine de la connectivité gigabit. La feuille de route comprend des objectifs et des trajectoires pour tous les ICP, à l’exception des licornes. La plupart des cibles définies par la Bulgarie pour 2030 sont inférieures aux niveaux d’ambition de l’UE, à l’exception des services publics numériques et de la couverture 5G. Certains aspects nécessitent davantage d’efforts, en particulier les cibles relatives aux compétences numériques élémentaires et avancées et à la numérisation des entreprises. La Bulgarie ne fait référence qu’une seule fois à la déclaration sur les droits et principes numériques dans sa feuille de route. Peu d’informations sont fournies au sujet de la transition écologique et la Bulgarie pourrait renforcer sa description des objectifs, en particulier dans les domaines de la cybersécurité, de la résilience et de la souveraineté, ainsi que de l’inclusion numérique.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Bulgarie devrait:

-CIBLES: i) fournir des cibles nationales pour les ICP suivants: licornes, nœuds périphériques et identification électronique; ii) présenter une trajectoire prévisionnelle nationale pour les licornes; iii) harmoniser le niveau d’ambition des cibles nationales relatives aux compétences numériques élémentaires, aux spécialistes des TIC, à la numérisation des PME et à l’adoption de technologies avancées (nuage, IA, analyse des données) par les entreprises.

-MESURES: i) clarifier le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en mettant l’accent sur les sources de l’UE, telles que la FRR; ii) indiquer clairement si les mesures sont des investissements ou des réformes; iii) inclure des mesures et des politiques plus ciblées et spécifiques contribuant à la création de synergies entre la transformation numérique et la transition écologique; iv) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent; 

-CONSULTATION: rendre compte plus en détail des résultats du processus de consultation et inclure davantage d’informations sur les parties prenantes invitées.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique met en évidence des informations essentielles sur la perception qu’ont les Bulgares des droits numériques. Si 40 % des Bulgares considèrent que l’UE protège leurs droits numériques, leur niveau de confiance reste inférieur à la moyenne de l’UE (45 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 52 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 12 points), et 36 % de la protection de leur vie privée en ligne (un chiffre en hausse de 7 points). En revanche, 63 % d’entre eux ont confiance dans l’internet à haut débit abordable et dans l’amélioration de leurs compétences numériques. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 15 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Dans le domaine des infrastructures numériques et de la connectivité, la Bulgarie est l’un des pays les plus avancés de l’UE. Il est important qu’elle remédie à l’insuffisance de la couverture de ses infrastructures numériques dans les zones faiblement peuplées, isolées et rurales, car il s’agit d’un problème persistant pour la connectivité sans fil 5G et gigabit, surtout en ce qui concerne le financement public, en particulier dans les zones faiblement peuplées, isolées et rurales où les opérateurs n’ont aucun intérêt commercial à investir dans le déploiement des VHCN. La 5G dans la bande de fréquences 3,4-3,8 GHz, une bande essentielle pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante, couvrait 45,1 % des ménages bulgares en 2023, soit un niveau légèrement inférieur à la moyenne de l’UE (50,6 %). L’adoption du haut débit à grande vitesse est faible, la part des abonnements au haut débit fixe s’établissant à 53,4 % pour les vitesses de plus de 100 Mbps (soit un taux inférieur à la moyenne de l’UE) et à 1 % pour les vitesses de plus de 1 Gbps. Les prix élevés des services en gigabit posent problème, compte tenu du faible pouvoir d’achat de l’utilisateur moyen. La cybersécurité est un domaine dans lequel la Bulgarie a progressé sur le plan réglementaire, mais le pays continue de faire face à des risques élevés en matière de cybersécurité. Selon sa feuille de route, l’écosystème numérique bulgare bénéficie de pôles et de parcs technologiques bien établis dans le domaine des TIC, ainsi que de l’accès à une main-d’œuvre qualifiée et à des talents scientifiques. Malgré une dynamique positive en ce qui concerne l’adoption de l’informatique en nuage par les PME et leur intensité numérique globale, ainsi que leur participation à l’IA (notamment grâce à l’ALT-EDIC, aux centres d’excellence et la création de BgGPT), l’adoption des technologies numériques dans le pays reste nettement inférieure à la moyenne de l’UE. Parmi les domaines de la décennie numérique auxquels le pays devrait contribuer de manière significative figurent les semi-conducteurs et l’informatique quantique. 

Recommandations – La Bulgarie devrait:

-COMPÉTITIVITÉ/RÉSILIENCE: i) stimuler la demande en vue de parvenir à une couverture FTTP complète; ii) redoubler d’efforts pour accroître la couverture 5G; iii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-NUMÉRISATION DES PME/ADOPTION DE L’IA/DE L’INFORMATIQUE EN NUAGE/DE L’ANALYSE DES DONNÉES: i) intensifier ses efforts en adoptant davantage de mesures visant à accroître l’adoption des technologies par les PME, notamment des mesures visant à stimuler les investissements dans les transferts de technologies, par exemple en augmentant le nombre de mesures «depuis le laboratoire jusqu’au marché» et en soutenant davantage ses start-up innovantes; ii) mettre à profit les activités menées dans le cadre de l’ALT-EDIC et s’appuyer sur ses capacités telles que BgGPT pour concevoir de nouvelles mesures visant à développer l’écosystème de l’IA et à favoriser l’adoption de celle-ci; iii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

-CYBERSÉCURITÉ: i) mettre en place une infrastructure nationale de cybersécurité afin de renforcer l’efficacité des mesures de cybersécurité et d’intégrer la cybersécurité dans tous les programmes et projets de numérisation; ii) poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G;

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Ces deux dernières années, des évolutions rapides et positives ont été observées dans le domaine de la démocratie numérique et de l’administration en ligne en Bulgarie. Le schéma national d’identification électronique est toujours en cours d’élaboration, mais les adaptations réglementaires introduites en 2023 améliorent considérablement la situation. La Bulgarie affichait un score global de maturité en matière de santé en ligne de 77,2 en 2023, un chiffre proche de la moyenne de l’UE (79,1). Malgré une dynamique positive, l’adoption des services publics en ligne par les citoyens reste inférieure à la moyenne de l’UE, et trop peu de services publics sont fournis entièrement en ligne. La Bulgarie a mis en place un nombre important de mesures relatives à des programmes de formation, conformément aux recommandations, en vue d’assurer le perfectionnement et la reconversion professionnels de la main-d’œuvre et de répondre aux besoins en matière d’éducation et de formation des adultes. Toutefois, certains aspects nécessitent davantage d’efforts, notamment pour améliorer les compétences numériques élémentaires et avancées et renforcer l’inclusion numérique, en particulier pour les populations vulnérables, vieillissantes ou habitant dans des zones reculées. Des progrès restent à faire, tant pour sensibiliser la population à ses droits que pour remédier au manque de confiance en ligne.

Recommandations – La Bulgarie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES/ÉDUCATION NUMÉRIQUE: i) prendre des mesures de soutien supplémentaires afin de compenser le manque de compétences numériques élémentaires ou avancées, en revoyant l’approche adoptée en ce qui concerne la rétention des talents et en offrant des conditions attrayantes; ii) veiller à la mise en œuvre de mesures capables d’améliorer l’inclusion numérique des populations vulnérables, de sensibiliser les citoyens à leurs droits grâce à des orientations et de stimuler les compétences numériques/la culture numérique dès la petite enfance et tout au long de la vie professionnelle.

-SPÉCIALISTES DES TIC: élaborer des mesures, notamment dans le cadre de programmes de l’UE, afin d’aider les entreprises à recruter des experts dans les zones les moins peuplées où l’adoption des technologies et le déficit de compétences constituent des problèmes urgents.

-SERVICES PUBLICS ESSENTIELS: i) identification électronique: développer et améliorer davantage l’architecture de l’administration en ligne, au-delà de la numérisation, afin de rendre les procédures publiques plus faciles à utiliser tout en réduisant au minimum la charge administrative, notamment en tenant compte du principe «une fois pour toutes»; ii) poursuivre les collaborations avec les acteurs locaux, publics ou privés, afin de remédier aux déséquilibres régionaux prononcés qui entravent l’accès aux services numériques, l’utilisation et la connaissance de ceux-ci, notamment en ce qui concerne la fourniture de services en ligne aux citoyens.

-SANTÉ EN LIGNE: i) étendre la couverture du service d’accès en ligne afin de garantir que tous les citoyens puissent accéder à leurs données de santé électroniques en ligne; ii) mettre la catégorie de données relative à l’imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; iii) veiller à ce que toutes les catégories de données soient mises à disposition en temps utile.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La Bulgarie a adopté plusieurs pratiques durables en matière de TIC pour sa transformation numérique. En 2023, plusieurs mesures ont favorisé la transition écologique. Certaines de ces mesures sont en cours, tandis que d’autres sont en attente de lancement ou d’évaluation, et elles comprennent des mesures axées sur l’économie circulaire. Il convient de noter que le pays entend devenir une vallée de l’hydrogène de premier plan au niveau mondial, ce qui contribue aux priorités de la stratégie de l’UE pour l’hydrogène et du plan REPowerEU ainsi qu’aux objectifs visant à atteindre la neutralité climatique. La Bulgarie abrite quatre pôles européens d’innovation numérique (EDIH), avec le cofinancement du programme pour une Europe numérique, et huit labels d’excellence, qui jouent un rôle dans la promotion du développement écologique et numérique des entreprises bulgares. Toutefois, il n’existe pas de cadre global permettant de suivre l’incidence du numérique sur la double transition.

Recommandations – La Bulgarie devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Croatie


1 Synthèse

La Croatie apporte une contribution positive aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Croatie a enregistré des progrès notables en ce qui concerne l’augmentation du nombre de spécialistes des TIC, la numérisation de ses PME et le déploiement de la connectivité gigabit (réseaux FTTP). Toutefois, des difficultés particulièrement importantes subsistent en ce qui concerne la numérisation des services publics et l’adoption de l’IA et de l’analyse des données, ainsi que l’augmentation de la connectivité dans les zones rurales.

La stratégie numérique nationale de la Croatie à l’horizon 2032 (DCS 2032) fournit le cadre stratégique d’action conformément à la décennie numérique. Elle fixe un ensemble d’objectifs clairs pour une Croatie numérique dans les années à venir, en définissant les priorités de la mise en œuvre des politiques publiques dans tous les domaines de la transformation numérique.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 16 , 83 % des citoyens croates estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, une proportion largement supérieure à la moyenne de l’UE (73 %).

En ce qui concerne la participation à des consortiums pour l’infrastructure numérique européenne (EDIC), la Croatie a rejoint plusieurs EDIC, dont l’ALT-EDIC consacré aux technologies du langage, l’EDIC sur l’agroalimentaire et l’EUROPEUM-EDIC sur la chaîne de blocs (tous deux déjà constitués), et le pays participe aux groupes de travail chargés de créer des EDIC dans d’autres domaines, dont l',EUCAIM EDIC), consacré à l’imagerie du cancer, l’EDIC sur le génome, l’IMPACTS EDIC sur l’administration publique connectée et l’EDIC relatif à l’Académie des compétences en matière de cybersécurité 17 .

La Croatie consacre 20 % du budget total de son plan pour la reprise et la résilience au numérique (1,4 milliard d’EUR) 18 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 0,8 milliard d’EUR (9 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 19 . Les investissements les plus importants sont consacrés aux services publics numériques pour les citoyens et les entreprises (303 millions d’EUR) et à la santé en ligne (66 millions d’EUR), suivis de la connectivité gigabit par VHCN (207,5 millions d’EUR) et des compétences numériques (134,4 millions d’EUR).



Croatie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

HR

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

61,5 %

67,8 %

10,3 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

54,0 %

62,1 %

15,1 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

82,5 %

83,4 %

1,1 %

89,3 %

9,8 %

95 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

3

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

49,7 %

56,0 %

6,1 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

34,6 %

40,7 %

8,5 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

8,7 %

7,9 %

-4,7 %(2)

8,0 %

2,6 %

20 %

75 %

Analyse des données

N.D.

51,7 %

N.D.

33,2 %

N.D.

30 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

65,6 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

2

263

4

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

63,4 %

59,0 %

-3,6 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

3,7 %

4,3 %

16,2 %

4,8 %

4,3 %

7 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

71,1

67,2

-5,6 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

66,8

66,2

-0,9 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

85,6

85,6

0,0 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

(2) La variation entre les deux années n’est pas considérée comme statistiquement significative, mais correspond à la stagnation de cet indicateur.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Croatie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est extrêmement ambitieuse, et selon ce document, la Croatie entend entreprendre des efforts considérables pour atteindre les objectifs et cibles de la décennie numérique. 

En mars 2024, la Croatie a adopté sa feuille de route stratégique nationale, conformément à l’article 7 de la décision relative à la décennie numérique, à la suite d’une consultation ayant comporté une série d’ateliers avec les parties prenantes, et l’a ensuite publiée au Journal officiel croate . La feuille de route croate comprend des cibles et des trajectoires nationales pour toutes les cibles de la décennie numérique, à l’exception des semi-conducteurs. Toutes les valeurs cibles nationales fournies sont alignées sur les cibles de l’UE pour 2030, à l’exception de celles relatives à l’adoption de l’IA, aux mégadonnées, aux spécialistes des TIC et à la 5G, moins élevées, ce que les autorités croates expliquent par le contexte national, leur niveau de départ et les mesures prévues. Les mesures de la feuille de route soutiennent toutes les cibles de la décennie numérique, bien que les mesures relatives à la connectivité et à la numérisation des entreprises soient très probablement en deçà de la cible définie pour 2030.

Recommandations pour la feuille de route:

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Croatie devrait:

-CIBLES: i) relever le niveau d’ambition des cibles définies pour les spécialistes des TIC, l’adoption de l’IA/de l’analyse des données et la 5G.

-MESURES: i) inclure davantage de mesures en faveur de la connectivité, des compétences numériques, de l’informatique en nuage, de l’IA et de l’analyse des données, ainsi que de la numérisation des services publics; ii) fournir une meilleure vue d’ensemble des mesures soutenant les objectifs plus généraux du programme; iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

-CONSULTATION: garantir un processus de consultation plus large et plus approfondi des parties prenantes concernées.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations essentielles sur la perception qu’ont les Croates des droits numériques. 56 % des Croates pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (45 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 44 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne et 40 % du contrôle de leurs données à caractère personnel, ce qui reflète une sensibilisation accrue aux risques numériques. En revanche, 69 % d’entre eux ont confiance dans la liberté d’expression en ligne et dans la protection de la vie privée en ligne, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE dans les deux cas. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourrait contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 20 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

En 2023, la Croatie a contribué de manière positive, mais limitée aux cibles de la décennie numérique de l’UE en matière d’infrastructures numériques; cela est particulièrement évident dans le cas de la couverture par le réseau fixe à très haute capacité (VHCN), qui a enregistré une augmentation d’environ 6 points de pourcentage par rapport à l’année précédente: 61 % en 2022 contre 67,8 % en 2023. Il existe encore un potentiel inexploité d’amélioration de la couverture des zones rurales, 25,5 % d’entre elles étant couvertes alors que la moyenne de l’UE est de 55,6 %. En ce qui concerne la couverture de la fibre jusqu’aux locaux (FTTP), la Croatie s’est améliorée, passant de 54 % en 2022 à 62,1 % en 2023, mais elle risque de ne pas atteindre la cible fixée pour la FTTP à l’horizon 2030. La 5G dans la bande de fréquences 3,4-3,8 GHz, une bande essentielle pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante, couvrait 40 % des ménages croates en 2023, soit un niveau inférieur à la moyenne de l’UE (50,6 %). En 2023, la Croatie a lancé une initiative visant à mettre en place le Centre croate de compétences pour les semi-conducteurs (CROCCS) afin de contribuer à la cible de l’UE relative aux semi-conducteurs.

La numérisation des PME en Croatie révèle une dynamique mitigée, avec plusieurs indicateurs proches de la moyenne de l’UE (par exemple, le commerce électronique, avec 11,3 %, est proche de la moyenne de l’UE, qui est de 11,9 %) et d’autres pour lesquels le pays obtient des résultats largement supérieurs à la moyenne de l’UE (29,5 %, contre 19,1 % pour la moyenne de l’UE). La Croatie figure également parmi les pays les plus avancés de l’UE en ce qui concerne l’utilisation de l’analyse des données par les entreprises (51,7 % contre une moyenne de 33,20 % au niveau de l’UE). Dans le domaine des licornes, la contribution de la Croatie se limite à 2 licornes sur les 263 que compte l’UE. Ce faible nombre s’explique notamment par le bas niveau des investissements dans la R&D (la R&D annuelle dans le secteur des TIC ne représente que 0,2 % du PIB) et par l’accès insuffisant au financement. La Croatie met actuellement en place un certain nombre de mesures visant à faciliter l’accès au financement en vue d’augmenter le nombre de licornes.



Recommandations – La Croatie devrait:

-CONNECTIVITÉ: i) poursuivre et étendre les mesures visant à soutenir le déploiement de la FTTP, en vue de combler pleinement la fracture entre les zones rurales et urbaines, notamment en soutenant la demande de services en gigabit; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications B2B et B2C innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-INFORMATIQUE QUANTIQUE ET NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: redoubler d’efforts dans les domaines de l’informatique quantique et des nœuds périphériques, compte tenu de leur importance pour la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

-NUAGE: soutenir l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec les participants directs afin d’élaborer une stratégie de diffusion propre au pays allant au-delà des organisations participantes.

-ADOPTION DE L’IA/DE L’INFORMATIQUE EN NUAGE/DE L’ANALYSE DES DONNÉES ET LICORNES: redoubler d’efforts en vue de soutenir la réalisation de la cible relative aux licornes, notamment en revoyant à la hausse le niveau de la R&D dans le secteur des TIC, en améliorant l’accès au financement et en soutenant le développement et le déploiement de technologies et de solutions avancées fiables, sûres et souveraines.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

La Croatie est bien placée en ce qui concerne les compétences numériques élémentaires, puisque 59 % de la population possède au moins des compétences numériques élémentaires, contre 55,6 % pour la moyenne de l’UE. On observe également un bon équilibre global entre hommes et femmes au niveau de la répartition des compétences numériques. Le pourcentage des citoyens croates possédant des compétences en matière de création de contenu numérique (81,5 %) est largement supérieur à la moyenne de l’UE (68,3 %). Le pourcentage de spécialistes des TIC dans la population active en Croatie (4,3 %) est inférieur à la moyenne de l’UE (4,8 %). L’investissement de 176,5 millions d’EUR réalisé par la Croatie dans des «produits et plateformes numériques» au titre du PRR vise à accroître encore le pourcentage de spécialistes des TIC dans la population active.

La Croatie pourrait encore améliorer ses performances dans le domaine des services publics numériques, avec un score de 67,2 pour l’offre de services numériques aux citoyens (contre une moyenne de 79,4 pour l’UE) et de 66,2 pour l’offre de services numériques aux entreprises (contre une moyenne de 85,4 pour l’UE). La Croatie obtient en revanche des résultats nettement supérieurs à la moyenne de l’UE pour les utilisateurs de l’administration en ligne, ce qui illustre le bon niveau de compétences numériques de sa population et souligne l’importance d’améliorer la fourniture des services. La Croatie apporte une contribution positive à la cible relative à la santé en ligne.

La Croatie contribue également de manière positive au domaine de la numérisation centrée sur l’humain, en mettant en œuvre de nouvelles solutions réglementaires garantissant la mise en œuvre sûre et éthique des technologies numériques.

Recommandations – La Croatie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES: poursuivre les efforts entrepris concernant les compétences numériques élémentaires et les spécialistes des TIC afin de progresser suffisamment en vue de la réalisation des cibles à l’horizon 2030.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES ESSENTIELS: prendre des mesures afin d’accroître la numérisation des services publics et d’améliorer l’accessibilité et la facilité d’utilisation de leurs services pour les citoyens et les entreprises. 

-Santé en ligne: i) introduire une base juridique et fournir les fonctionnalités techniques permettant aux personnes autorisées d’accéder à des données de santé électroniques pour le compte d’autrui; ii) mettre la catégorie de données relative à l’imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; iii) proposer une application mobile permettant aux citoyens d’accéder à leur dossier médical électronique.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La Croatie a pris des mesures de grande ampleur pour renouveler et numériser son système énergétique: selon Eurostat, elle fait partie des États membres les plus performants en ce qui concerne la décarbonation des secteurs de l’énergie et des transports. Néanmoins, la contribution du pays à la réalisation des objectifs de la décennie numérique reste limitée dans les domaines de l’énergie plus durable et des infrastructures et technologies numériques plus économes en ressources. Cela indique que la Croatie dispose d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer à l’objectif numérique de l’UE relatif au couplage des transitions numérique et écologique.

Recommandations – La Croatie devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Chypre

 

1 Synthèse

Chypre dispose d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, Chypre a enregistré des progrès notables en ce qui concerne les infrastructures de connectivité gigabit (notamment la FTTP) et la part des spécialistes des TIC dans la population active. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne les compétences numériques au moins élémentaires et la santé en ligne. 

Chypre a accompli des progrès significatifs ces dernières années. Sa stratégie numérique nationale pour la période 2020-2025 vise à faire du pays une «société adaptée à l’avenir et une économie basée sur la connaissance». La mise en œuvre de cette stratégie donne des résultats positifs, notamment en ce qui concerne le déploiement de l’infrastructure de connectivité gigabit, qui a atteint une couverture de 77,1 % en 2023. Bien que Chypre ait progressé dans presque tous les indicateurs par rapport à 2022, la moitié de sa population ne possède toujours pas au moins un niveau élémentaire de compétences numériques. Toutefois, les résultats relatifs à la proportion des spécialistes des TIC dans la population active (5,4 %) montrent une dynamique très forte, dépassant les attentes. La mise en place d’une architecture gouvernementale numérique solide, sécurisée, intégrée et moderne est au cœur de la transition numérique de Chypre, afin de fournir des services numériques sûrs et inclusifs aux citoyens et aux entreprises.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 21 , 79 % des répondants à Chypre estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre largement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %). Toutefois, seuls 56 % des répondants savent que les droits qui s’appliquent hors ligne devraient également être respectés en ligne, ce qui est inférieur à la moyenne de l’UE (62 %).

Chypre collabore activement au niveau de l’UE, puisqu’elle est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) sur les chaînes de blocs, l’EUROPEUM-EDIC (déjà constitué). Elle est également en train d’élaborer les statuts et d’autres documents pertinents du potentiel futur EDIC relatif à l’Académie des compétences en matière de cybersécurité, au sein d’un groupe de travail informel. En outre, le pays participe à des projets multinationaux tels qu’EuroHPC et le consortium européen POTENTIAL (Pilots for European digital Identity Wallet).

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de Chypre consacre 24,6 % de son budget total à la transformation numérique (274 millions d’EUR). Une priorité particulière est accordée à la numérisation des services publics et à la modernisation des infrastructures de connectivité conformément aux recommandations par pays du Semestre européen 22 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 0,1 milliard d’EUR (12 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 23 .

Chypre

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

CY

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

60,0 %

77,1 %

28,5 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

60,0 %

77,1 %

28,5 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

100,0 %

100,0 %

0,0 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

7

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

66,2 %

67,3 %

0,8 %

57,7 %

2,6 %

90,1 %

90 %

Nuage

42,2 %

45,5 %

3,8 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

2,6 %

4,7 %

34,5 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

33,5 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

58,0 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

3

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

50,2 %

49,5 %

-0,7 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,6 %

5,4 %

17,4 %

4,8 %

4,3 %

9 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

63,6

74,0

16,3 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

84,7

86,1

1,6 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

70,2

68,1

-3,0 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de Chypre à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, le pays se montre très ambitieux, mais, selon ce document, entend consacrer des efforts à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route stratégique nationale de Chypre est en pleine adéquation avec la vision de la décennie numérique et sera bientôt achevée. Elle définit des mesures pour la majorité des cibles ainsi que 12 trajectoires nationales afin de contribuer à la réalisation des cibles correspondantes d’ici à 2030. Il manque uniquement des trajectoires et des cibles pour les nœuds périphériques et les licornes. La cible relative à la 5G a déjà atteint une couverture de 100 %. Les cibles nationales sont alignées sur les valeurs cibles de l’UE pour 2030, à l’exception du pourcentage de spécialistes des TIC dans la population active: la cible nationale est prudemment fixée à 9 %, tandis que celle de l’UE est fixée à 10 %. Certaines parties de la feuille de route pourraient bénéficier d’une attention et d’efforts supplémentaires, compte tenu des résultats actuels et du rythme lent de la croissance annuelle. Il s’agit en particulier de l’amélioration des compétences numériques de la population, de la promotion de l’adoption de l’IA par les entreprises et de la numérisation des services publics pour les citoyens. Les objectifs généraux de la décennie numérique sont présentés parallèlement aux stratégies existantes. En particulier, une transition numérique verte est prévue dans le cadre de la stratégie numérique nationale pour la période 2020-2025, avec pour objectif de réduire l’incidence environnementale du secteur numérique de 20 % d’ici à 2025. Toutefois, la feuille de route ne décrit aucune mesure spécifique visant à accélérer la progression de ces objectifs, bien que plusieurs initiatives soient en cours au niveau national. La décennie numérique et la déclaration sur les droits et principes numériques sont implicitement incluses dans les stratégies nationales relatives à la transition numérique du pays.

Le budget total des mesures présentées est estimé à 497,1 millions d’EUR (environ 1,7 % du PIB), les priorités étant la numérisation des services publics, la promotion de la transformation numérique des PME et la création d’un écosystème innovant pour les start-up et les entreprises en expansion. Le financement de la transformation numérique repose largement sur les fonds de l’UE [facilité pour la reprise et la résilience (FRR) et financement au titre de la politique de cohésion].

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, Chypre devrait:

-CIBLES: fournir une cible et une trajectoire pour les licornes et les nœuds périphériques.

-MESURES: i) réexaminer et renforcer les mesures visant à contribuer aux cibles les plus difficiles à atteindre, telles que les compétences numériques pour tous et l’adoption de l’IA par les entreprises; ii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations sur la perception qu’ont les Chypriotes des droits numériques. 43 % des Chypriotes pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques, soit une baisse de 10 points de pourcentage par rapport à l’année dernière et un niveau légèrement inférieur à la moyenne de l’UE (45 %). Leurs préoccupations sont dignes d'être relevées, 54 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 15 points) et 47 % du contrôle de leurs données à caractère personnel (un chiffre en hausse de 12 points). Sur le plan positif, 58 % apprécient l’accès aux services publics en ligne et la liberté de réunion et d’association dans l’environnement en ligne. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourrait contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 24 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

En ce qui concerne la primauté technologique et la compétitivité, Chypre a récemment accompli des progrès satisfaisants dans le déploiement de son infrastructure de connectivité gigabit et a déjà atteint la cible de 100 % à l’horizon 2030 concernant la couverture 5G. En ce qui concerne les infrastructures numériques avancées, la contribution de Chypre à la réalisation des objectifs de la décennie numérique est actuellement limitée. Les avancées technologiques constituent un défi pour une économie spécialisée dans l’industrie des services, bien que la technologie continue de jouer un rôle essentiel dans la résilience des services numériques face aux cybermenaces. Avec la création du centre national d’opérations de sécurité (SOC), Chypre a récemment franchi une étape importante dans le renforcement de ses capacités de lutte contre les menaces sur la cybersécurité. Elle apporte par ailleurs une contribution positive à la cible de la décennie numérique de l’UE relative à la numérisation des PME: 67,3 % des PME présentent au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique. Le pays s’est également engagé à développer son écosystème d’innovation pour les start-up et les entreprises en expansion. Il a créé le premier fonds de capital-investissement du pays avec le soutien de la FRR.

Recommandations – Chypre devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) maintenir le rythme du déploiement du VHCN, en veillant particulièrement à atteindre les zones mal desservies; ii) évaluer régulièrement la demande du marché émergent relative aux fréquences du spectre non encore assignées dans la bande 26 GHz; iii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-SEMI-CONDUCTEURS: élaborer une stratégie de soutien à la recherche et à l’innovation afin de contribuer à l’écosystème européen des semi-conducteurs.

-NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: continuer d’évaluer le marché afin de mettre au point des mesures ou des actions à court terme en vue de contribuer à la réalisation de la cible de l’UE relative aux nœuds périphériques.

-INFORMATIQUE EN NUAGE/IA/ANALYSE DES DONNÉES: i) examiner la nécessité d’adopter d’autres mesures ciblées en vue de faciliter l’adoption de l’IA par les entreprises, en particulier les PME, pour atteindre la cible d’ici à 2030; ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Aider les citoyens à acquérir des compétences numériques constitue une priorité pour Chypre, qui a placé la transformation numérique des écoles au cœur de sa politique globale en faveur de la transition numérique. Une réforme majeure prévoit notamment de réviser les programmes d’enseignement, de concevoir des supports pédagogiques et de former les enseignants. Cette réforme a tout pour contribuer à la cible de la décennie numérique relative aux compétences numériques élémentaires et établit les bases nécessaires pour augmenter la proportion de spécialistes des TIC. En 2023, Chypre a déjà apporté une contribution positive à cette cible de la décennie numérique de l’UE, les spécialistes des TIC représentant 5,4 % de sa population active, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (4,8 %). Toutefois, en 2023, la moitié de la population ne possédait pas au moins un niveau élémentaire de compétences numériques, ce qui pose problème, compte tenu du rythme de la transformation numérique de la société et de l’économie. Dans sa feuille de route, Chypre a également prévu de mettre en place une architecture gouvernementale numérique solide, sécurisée, intégrée et moderne afin de fournir des services numériques sûrs et inclusifs dans le but d’améliorer la qualité de vie des citoyens ainsi que l’environnement des entreprises. Néanmoins, en 2023, Chypre a démontré qu’elle disposait d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer aux cibles de la décennie numérique relatives aux services publics numériques aux citoyens, en obtenant un score inférieur à la moyenne de l’UE (74/100 contre 79,4/100). Le pays a toutefois accompli des progrès significatifs depuis 2022, lorsqu’il avait obtenu un score de 63,6.

Recommandations – Chypre devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: envisager, compte tenu de ses résultats modérés actuels, de renforcer la stratégie de développement des compétences numériques élémentaires de la population, en particulier en formant les personnes de plus de 55 ans.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES: envisager de prendre des mesures ciblées, après une analyse plus approfondie de la méthode d’évaluation comparative de l’administration en ligne, afin que les résultats de l’évaluation comparative reflètent l’état actuel des services publics numériques du pays.

-SANTÉ EN LIGNE: i) améliorer la méthode d’authentification permettant de se connecter au service d’accès en ligne en utilisant un schéma d’identification électronique notifié; ii) mettre les catégories de données relatives à l’imagerie médicale et aux lettres de sortie d'hospitalisation à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; iii) veiller à ce que le service d’accès en ligne soit conforme aux lignes directrices sur l’accessibilité des contenus web.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Dans le cadre de sa stratégie numérique nationale pour la période 2020-2025, Chypre s’est engagée à atteindre l’objectif d’une transition numérique écologique. Ce plan fixe comme objectif de réduire de 20 % l’incidence environnementale du secteur numérique d’ici à 2025 et de promouvoir l’utilisation des technologies numériques pour soutenir le développement durable. Plusieurs actions ont été entreprises en 2023, notamment dans le domaine de la R&D.

Recommandations – Chypre devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Tchéquie

 

1 Synthèse

La Tchéquie dispose d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Tchéquie a enregistré des progrès notables dans le renforcement des compétences numériques et l’adoption de l’IA. Des efforts importants ont été déployés afin de numériser les services publics essentiels. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne le déploiement des réseaux FTTP et la numérisation des PME.

La Tchéquie vise l’excellence dans le domaine des technologies de pointe telles que l’informatique quantique, les micropuces et l’IA et entend également perfectionner sa population afin de rester en phase avec l’innovation. Afin de nourrir ses ambitions et de suivre le rythme de l’adoption croissante de l’IA par ses entreprises, la Tchéquie met actuellement à jour sa stratégie nationale en matière d’IA, sa stratégie nationale relative aux technologies quantiques à l’horizon 2030 et sa stratégie nationale relative aux semi-conducteurs à l’horizon 2030. Elle continue également à améliorer les compétences numériques des enfants, des étudiants et des travailleurs et de rendre davantage de services publics accessibles en ligne tout en augmentant leur utilisation. L’amélioration des services publics en ligne est primordiale étant donné que, selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 25 , 78 % des citoyens tchèques estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie.

La Tchéquie est néanmoins confrontée à d’importantes difficultés en ce qui concerne la numérisation des entreprises, en particulier des PME, le recrutement de spécialistes des TIC et le développement des réseaux fixes à très haute capacité (VHCN), en particulier dans les zones rurales. Il faut remédier à ces difficultés: la déclaration sur les droits et principes numériques dispose que «[t]oute personne, où qu’elle se trouve dans l’UE, devrait avoir accès à une connexion numérique à haut débit». Pour adopter la numérisation, les petites entreprises ont besoin d’avoir accès à des infrastructures de réseau et à des ressources de qualité. Afin d’améliorer la situation, la Tchéquie a lancé plusieurs initiatives visant à améliorer la connectivité et la numérisation des entreprises.

La Tchéquie est active dans plusieurs projets multinationaux, tels que le PIIEC sur la microélectronique et les technologies de la communication, et elle est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC) et de l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE». Le pays participe également aux discussions relatives à la mise en place des EDIC sur le génome et les communs numériques. Dans le domaine des technologies quantiques, la Tchéquie participe aux initiatives EuroQCI, EURHPC-LUMI-Q, CLONETS et EPIQUE 26 .

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de la Tchéquie consacre 22,8 % de son budget total au numérique (1,94 milliard d’EUR) 27 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 1,9 milliard d’EUR (9 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 28 .



Tchéquie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

CZ

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

53,2 %

50,5 %

-5,0 %

78,8 %

7,4 %

95 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

37,4 %

36,1 %

-3,7 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

82,6 %

94,6 %

14,5 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

10

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

52,5 %

49,3 %

-3,1 %

57,7 %

2,6 %

80 %

90 %

Nuage

40,0 %

35,2 %

-6,2 %

38,9 %

7,0 %

60 %

75 %

Intelligence artificielle

4,5 %

5,9 %

14,5 %

8,0 %

2,6 %

16 %

75 %

Analyse des données

N.D.

19,5 %

N.D.

33,2 %

N.D.

25 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

43,1 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

4

263

6

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

59,7 %

69,1 %

7,6 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,5 %

4,3 %

-4,4 %

4,8 %

4,3 %

7 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

76,2

76,3

0,2 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

83,8

83,8

0,0 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

46,6

51,1

9,5 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Tchéquie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est extrêmement ambitieuse; toutefois, selon ce document, la Tchéquie entend consacrer des efforts limités à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

Dans l’ensemble, la feuille de route de la Tchéquie correspond aux efforts nécessaires à la numérisation du pays, mais les cibles spécifiques devraient être plus détaillées. La feuille de route comprend des cibles à l’horizon 2030 pour tous les indicateurs, à l’exception de la fibre jusqu’aux locaux (FTTP) et des nœuds périphériques, pour lesquels des cibles seront introduites l’année prochaine. Au total, 5 cibles nationales sont alignées sur les cibles de l’UE pour 2030, et 7 sont inférieures: le VHCN, les spécialistes des TIC, les PME ayant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, le nombre de licornes et l’adoption de l’IA, de l’analyse des données et de l’informatique en nuage. Aucune trajectoire n’a été définie pour la FTTP et les nœuds périphériques. En outre, en ce qui concerne les compétences, la Tchéquie pourrait opérer une distinction entre compétences élémentaires et compétences avancées et définir des mesures ciblées pour accroître le nombre de spécialistes des TIC. Bien que la feuille de route couvre partiellement les objectifs de la décennie numérique, tels que la sécurité en ligne, la souveraineté, la représentation des femmes travaillant dans le secteur des TIC et l’accès aux services publics en ligne, elle ne couvre pas la transition écologique. Le budget total alloué aux 58 mesures de la feuille de route est estimé à 1,77 milliard d’EUR (environ 0,6 % du PIB), avec une priorité accordée aux spécialistes des TIC, à la connectivité et aux services publics essentiels. Certains aspects nécessitent des mesures renforcées, en particulier l’objectif de la numérisation des entreprises (tant en ce qui concerne le niveau élémentaire d’intensité numérique qu’en ce qui concerne le taux d’adoption des technologies avancées).

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Tchéquie devrait tenir compte des recommandations supplémentaires ci-dessous:

-CIBLES: i) proposer une cible et une trajectoire pour les nœuds périphériques et formaliser la trajectoire pour la FTTP; ii) distinguer le niveau d’ambition des cibles définies pour l’adoption des trois technologies (IA, informatique en nuage et analyse des données) par les entreprises de celui des cibles de l’UE et l’aligner sur ce dernier. ​

-MESURES: i) renforcer les mesures contribuant aux cibles les plus difficiles à atteindre, telles que la numérisation des entreprises, et distinguer les mesures contribuant aux compétences numériques élémentaires de celles contribuant aux compétences numériques avancées; ii) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en mettant dûment l’accent sur les sources de l’UE, telles que la FRR; iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fait la lumière sur la perception qu’ont les Tchèques des droits numériques. 46 % des Tchèques ne pensent pas que l’UE protège correctement leurs droits numériques, soit une diminution du niveau de confiance de 5 points de pourcentage par rapport à l’année dernière. Leurs préoccupations se sont amplifiées, 58 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne et 44 % du contrôle de leurs données à caractère personnel, soit une hausse dans les deux cas. Sur le plan positif, 57 % d’entre eux sont satisfaits de la liberté d’expression et 55 % apprécient la disponibilité de technologies respectueuses de la vie privée, deux chiffres qui sont très proches des moyennes de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 29 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, la Tchéquie doit renforcer ses infrastructures de réseau fixe et encourager la numérisation des entreprises. L’infrastructure tchèque rencontre des difficultés pour assurer une couverture de 100 % des VHCN, en raison de la lenteur du déploiement de la fibre et d’un très faible taux d’adoption du haut débit fixe capable de fournir une vitesse de 1 Gbps. La couverture 5G s’étend rapidement, près de 95 % des ménages étant désormais couverts. Toutefois, en 2023, seuls 39,3 % des ménages tchèques disposaient de la 5G dans la bande de fréquences 3,4-3,8 GHz, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne de l’UE (50,6 %). Les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises sont tous inférieurs à la moyenne de l’UE, y compris ceux du niveau élémentaire d’intensité numérique des PME et de l’adoption de l’analyse des données, de l’IA et des technologies en nuage. Une stratégie révisée pour l’IA est en cours d’élaboration, dans le but d’accroître l’intérêt des entreprises et d’encourager l’adoption de l’IA. Aider les entrepreneurs à lever des fonds et à accéder aux services de conseil pourrait permettre d’améliorer l’écosystème des start-up. Le pays peut également compter sur des entreprises à forte intensité technologique dans des domaines tels que la microélectronique, l’informatique quantique et les start-up actives dans l’IA. Enfin, s’agissant de la cybersécurité, la Tchéquie est confrontée à un nombre croissant de menaces. L’Agence nationale pour la cybersécurité et la sécurité des informations (NUKIB) s’efforce activement d’y faire face et de communiquer des bonnes pratiques et du matériel de soutien aux parties prenantes, par l’intermédiaire de ses sites web et de ses conférences visant à faciliter le passage au chiffrement post-quantique.

Recommandations – La Tchéquie devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) accélérer le déploiement de la FTTP, notamment en sensibilisant aux avantages des réseaux en gigabits, en simplifiant les processus et les autorisations de déploiement de réseaux et en encourageant la construction de bâtiments adaptés à la fibre. ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-NUMÉRISATION DES ENTREPRISES: Poursuivre et intensifier les appels à subventions en faveur de la numérisation des PME afin d’accroître le renforcement de leurs capacités grâce à des services de soutien dans la mise en œuvre de leurs projets.

-LICORNES: i) soutenir la recherche appliquée afin que les brevets et idées soient adaptés au marché et créer une justification économique à l’innovation; ii) faciliter l’accès au capital pour les start-up, y compris au capital-risque et au capital de croissance.

IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) réexaminer la combinaison de mesures visant à soutenir l’adoption de technologies numériques avancées, notamment l’IA, l’informatique en nuage et les mégadonnées, afin de comprendre pourquoi l’adoption diminue. ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

-NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: l’informatique de périphérie étant un élément important de l’IA, du déploiement des futurs réseaux et de l’internet des objets, les États membres devraient envisager de déployer des nœuds périphériques lors de la création de programmes et de stratégies d’investissement dans ces domaines. 

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

La Tchéquie est bien préparée pour réussir une transition numérique inclusive, grâce à ses efforts continus visant à améliorer les compétences numériques. Toutefois, une importance accrue devrait être accordée à la formation des spécialistes des TIC. Le niveau de compétences numériques de la population est nettement supérieur à la moyenne de l’UE. Depuis 2022, la Tchéquie met en œuvre une réforme de ses programmes d’enseignement primaire et secondaire afin d’y intégrer les matières numériques et de doter les écoles d’outils numériques. La part de spécialistes des TIC dans la population active est inférieure à la moyenne de l’UE, ce qui est dû, en partie, à une pénurie de travailleurs dans le pays; de surcroît, sur les 4,3 % de spécialistes des TIC dans la population active, seuls 12,4 % sont des femmes. La numérisation des services publics et le développement de la santé en ligne doivent progresser davantage, étant donné que les scores de la Tchéquie sont inférieurs à la moyenne de l’UE. La création de l’Agence du numérique et de l’information (Digital and Information Agency, DIA) constitue une évolution prometteuse, dans la mesure où elle centralise les décisions en matière d’administration en ligne. Cette nouvelle agence a contribué à rendre les initiatives plus cohérentes et à accélérer le déploiement du portefeuille numérique tchèque. Toutefois, le nombre de projets à gérer devrait être soigneusement examiné et des effectifs supplémentaires pourraient être nécessaires.

Recommandations – La Tchéquie devrait:

-SPÉCIALISTES DES TIC: renforcer l’attrait des études dans le domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) et des carrières dans le secteur des TIC, en particulier chez les femmes.

-NUMÉRISATION DES SERVICES PUBLICS: redoubler d’efforts pour parvenir à la numérisation des services publics, en veillant également à prévoir suffisamment de ressources administratives pour les soutenir.

-Santé en ligne: i) étendre la couverture du service d’accès en ligne afin de garantir que tous les citoyens puissent accéder à leurs données de santé électroniques en ligne; ii) étendre les catégories de données mises à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; iii) accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La Tchéquie n’a pas défini de stratégie pour coupler les transitions numérique et écologique. Le pays commence tout juste à réfléchir aux moyens de calculer l’empreinte environnementale du secteur des TIC, de promouvoir une utilisation responsable de l’énergie auprès des consommateurs et de faire progresser l’écoconception des équipements et services TIC.

Recommandations – La Tchéquie devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d'émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration des futures politiques et de l’obtention des financements nécessaires. 

   

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique
Danemark

 

1 Synthèse

Le Danemark apporte une contribution très importante aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, le Danemark a enregistré des progrès notables en ce qui concerne la numérisation des services publics pour les entreprises et l’augmentation du nombre de spécialistes des TIC. Toutefois, des difficultés subsistent en ce qui concerne la numérisation des PME et, plus généralement, l’adoption par les entreprises des technologies avancées, telles que l’intelligence artificielle (IA).

En accordant une importance particulière à la résolution des défis sociétaux grâce à des moyens numériques, le Danemark a présenté une feuille de route nationale comprenant des plans visant à renforcer la compétitivité des entreprises, à améliorer les services publics et à faire progresser la transition écologique. Lancée en novembre 2023, la version mise à jour de la stratégie de numérisation pour la période 2024-2027 prévoit l’allocation d’environ 100 millions d’EUR à des initiatives axées sur la fourniture de connaissances technologiques dans les écoles primaires, l’adoption accrue des technologies numériques telles que l’IA et la robotique et l’utilisation des données pour la transition écologique, entre autres. Parmi les stratégies pertinentes figurent également la stratégie numérique conjointe du gouvernement pour la période 2022-2025, la stratégie nationale pour le haut débit, la stratégie nationale du Danemark pour les technologies quantiques et la stratégie pour la cybersécurité et la sécurité de l’information .

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 30 , 83 % des citoyens danois estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre largement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

Le Danemark est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «Alliance pour les technologies du langage (ALT-EDIC), qui remédie au manque de données linguistiques européennes nécessaires pour les solutions d’IA. Il est également en train d’élaborer les statuts et d’autres documents pertinents du potentiel futur EDIC sur le génome et participe aux discussions sur la création de l’EDIC sur les communs numériques, au sein, dans les deux cas, de groupes de travail informels. Le Danemark finalise également les négociations en vue de son adhésion à l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE». Enfin, le pays a mis en place cinq pôles européens d’innovation numérique (EDIH) en vue de renforcer les capacités numériques des entreprises et des organisations du secteur public 31 .

Danemark

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DK

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

96,3 %

97,2 %

0,9 %

78,8 %

7,4 %

x

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

77,9 %

84,0 %

7,9 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

97,8 %

100,0 %

2,2 %

89,3 %

9,8 %

x

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

22

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

79,4 %

75,3 %

-2,6 %

57,7 %

2,6 %

95 %

90 %

Nuage

62,2 %

66,2 %

3,2 %

38,9 %

7,0 %

78 %

75 %

Intelligence artificielle

23,9 %

15,2 %

-20,3 %(2)

8,0 %

2,6 %

76,6 %

75 %

Analyse des données

N.D.

49,5 %

N.D.

33,2 %

N.D.

72,7 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

77,4 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

75 %

Licornes

8

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

68,7 %

69,6 %

0,7 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

5,7 %

5,9 %

3,5 %

4,8 %

4,3 %

7,7 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

84,1

84,2

0,2 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

88,7

88,7

0,0 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

95,8

97,9

2,2 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

(2) La baisse récemment observée de la valeur de l’IA est probablement liée à une sensibilisation accrue des entreprises à l’utilisation de technologies spécifiques d’IA, telles que, par exemple, l’automatisation des processus robotisés (RPA) fondée sur l’IA.

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) du Danemark consacre 27 % de son budget total à la transformation numérique du pays (environ 382 millions d’EUR) 32 . La priorité est donnée à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie numérique, à l’extension de la couverture haut débit à grande vitesse dans les zones rurales, à l’amélioration de la préparation en matière de cybersécurité et de l’utilisation de l’IA, à la poursuite de la numérisation des PME et de l’administration publique, avec une attention particulière accordée au développement de solutions numériques pour le secteur des soins de santé et au renforcement de la R&D. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 1,9 milliard d’EUR (9 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 33 .

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution du Danemark à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, le pays se montre très ambitieux et, selon ce document, entend consacrer des efforts à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route danoise est cohérente, y compris en ce qui concerne les objectifs, mais ne reflète que partiellement les efforts nécessaires pour atteindre les cibles de la décennie numérique. Elle comprend des cibles nationales à l’horizon 2030 pour 10 des 15 indicateurs clés de performance (ICP) mais n’inclut pas de cibles et trajectoires formalisées pour la couverture de la fibre jusqu’aux locaux (FTTP), les nœuds périphériques et les licornes. La cible relative à la couverture par les réseaux fixes à très haute capacité (VHCN) est définie pour 2025, tandis que la cible relative à la 5G est jugée non applicable puisque le pays a déjà atteint une couverture totale. Au total, neuf des cibles nationales présentées sont alignées sur les cibles de l’UE pour 2030, tandis que celle relative aux spécialistes des TIC est d’un niveau d’ambition inférieur. La feuille de route couvre tous les objectifs, à savoir la citoyenneté numérique, la promotion de la primauté et de la compétitivité, et la transition numérique au service de la transition écologique. Avec 55 mesures présentées, le budget total indiqué dans la feuille de route lors de la rédaction du présent rapport est estimé à 145,4 millions d’EUR (moins de 0,11 % du PIB), les priorités étant les technologies quantiques, l’adoption de technologies clés par les entreprises et la numérisation des services publics. Certains aspects pourraient nécessiter davantage d’efforts, en particulier les compétences numériques, l’augmentation du nombre de nœuds périphériques et l’adoption des technologies numériques par les petites entreprises.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’il soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, le Danemark devrait:

-CIBLES: i) fournir des objectifs et des trajectoires pour la FTTP, les nœuds périphériques et les licornes et formaliser la trajectoire à l’horizon 2030 pour les VHCN; ii) envisager d’aligner le niveau d’ambition des cibles définies pour le nombre de spécialistes des TIC sur celui des cibles correspondantes de l’UE; iii) recalculer certaines trajectoires en utilisant l’année de départ correcte pour les ICP suivants (compétences numériques élémentaires, informatique en nuage, analyse des données et PME ayant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique), comme dans le rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023.

-MESURES: i) renforcer les mesures contribuant à la réalisation des cibles pour lesquelles le Danemark devrait pouvoir en faire plus, notamment celles relatives aux compétences numériques, aux nœuds périphériques et à l’adoption des technologies numériques par les petites entreprises; ii) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures, en mettant l’accent sur les sources de financement de l’UE telles que la facilité pour la reprise et la résilience (FRR); iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

-CONSULTATION: Fournir de plus amples informations sur la consultation des parties prenantes prévue dans la feuille de route.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique donne des lumières sur la perception qu’ont les Danois des droits numériques. 60 % des Danois pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques, un chiffre inférieur de 4 points de pourcentage à celui de l’année dernière mais qui reste supérieur à la moyenne de l’UE (45 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 67 % d’entre eux s’inquiétant notamment de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en forte hausse de 25 points) et 47 % du contrôle de leurs données à caractère personnel (un chiffre en hausse de 6 points). Sur le plan positif, 74 % des citoyens apprécient la liberté de réunion en ligne et 72 % apprécient l’accès à des services publics gratuits, deux chiffres largement supérieurs à la moyenne de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 34 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, le Danemark dispose d’une infrastructure solide et d’une communauté de recherche de grande qualité, notamment dans les domaines de la robotique et des centres deep tech pour la fabrication de nanotechnologies telles que les technologies quantiques, les capteurs et les puces. Toutefois, il est encore possible de faire davantage pour traduire la R&D en innovations sur le marché et pour stimuler l’utilisation des nouvelles technologies, en particulier l’IA et l’informatique en nuage, par les jeunes entreprises plus petites et les aider à suivre le rythme des grandes entreprises en ce qui concerne le niveau de numérisation.

S’agissant des infrastructures, le Danemark est en bonne voie pour atteindre une couverture de 100 % pour les VHCN et la 5G d’ici à 2025, soit cinq ans plus tôt que la cible définie par l’UE à l’horizon 2030. Le pays peut compter sur l’un des taux les plus élevés d’abonnements au haut débit fixe à vitesse supérieure à 1 Gbps dans l’UE (29,3 %). La 5G dans la bande de fréquences 3,4-3,8 GHz, qui est essentielle pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante, couvrait 85,0 % des ménages danois en 2023, soit un niveau largement supérieur à la moyenne de l’UE (50,6 %). Le Danemark continue de faire de sa primauté et de sa souveraineté technologiques une priorité et prévoit d’investir davantage dans les semi-conducteurs et dans la commercialisation des technologies quantiques, un domaine dans lequel il apporte déjà une contribution significative.

Bien que tous les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises soient supérieurs à la moyenne de l’UE (par exemple, 75,3 % des PME affichent au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique), leur dynamique limitée, voire, à certains moments, très limitée laisse entrevoir une marge d’amélioration potentielle. Grâce à des initiatives d’automatisation telles que SME:Digital et SME:Robot, le Danemark vise à rationaliser les processus numériques dans les PME. Toutefois, le Danemark pourrait faire davantage pour promouvoir un large éventail de solutions numériques conçues pour s’adapter aux besoins et aux ressources de tous les types de PME, en particulier les petites entreprises. L’allocation récente d’un fonds de recherche de 4,2 millions d’EUR au titre du Fonds danois pour l’innovation contribuera déjà à renforcer la recherche stratégique dans les technologies clés, en particulier les mégadonnées et l’IA, ainsi que dans la cybersécurité, la sécurité de l’information et les semi-conducteurs. Davantage d’efforts pourraient être envisagés en ce qui concerne l’utilisation par les entreprises danoises du cofinancement européen afin d’améliorer concrètement la compétitivité et la productivité du pays. La scène danoise des start-up prospère dans les domaines de la robotique, de l’automatisation, des technologies quantiques et des drones, mais reste confrontée à des difficultés d’accès au capital-risque et à la concurrence pour attirer des talents. En ce qui concerne la cybersécurité, la stratégie nationale pour la cybersécurité et la sécurité de l’information est en cours de mise en œuvre afin de protéger les systèmes TIC critiques des pouvoirs publics et d’améliorer les compétences informatiques des citoyens, des entreprises et des autorités.

Recommandations – Le Danemark devrait: 

-NUMÉRISATION DES ENTREPRISES mettre l’accent sur le soutien et la sensibilisation des petites entreprises aux solutions numériques afin qu’elles améliorent leurs activités et apprennent à mieux utiliser ces solutions.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) réexaminer la combinaison de mesures visant à soutenir l’adoption de technologies numériques avancées par les entreprises, en particulier celles ciblant l’adoption de l’IA par les entreprises. ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS. 

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: envisager d’inclure le déploiement d’un plus grand nombre de nœuds périphériques au niveau national, ainsi que de programmes d’investissement, en tenant compte de l’innovation que les nœuds périphériques apporteront dans les domaines de l’IA, de l’internet des objets et du déploiement des réseaux.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Le Danemark mène une transformation numérique visant à renforcer l’inclusion numérique et à favoriser une main-d’œuvre qualifiée. En 2023, 69,6 % de la population possédait au moins des compétences numériques élémentaires, ce qui est supérieur à la moyenne de l’UE, qui est de 55,6 %. Toutefois, des améliorations sont encore possibles en vue de combler la fracture entre les zones urbaines et rurales et l’écart entre les hommes et les femmes, en particulier afin d’éviter le risque d’exclusion numérique dans un pays où la transformation numérique est en progrès constant. La part des spécialistes des TIC dans la population active danoise est de 5,9 %, un chiffre lui aussi supérieur à la moyenne de l’UE (4,8 %), mais qui présente néanmoins d’importantes différences entre les hommes et les femmes (seuls 22,6 % des spécialistes des TIC en activité sont des femmes). En outre, la part des entreprises ayant des postes vacants difficiles à pourvoir dans le secteur des TIC et qui recherchaient des spécialistes des TIC en 2022 (10,7 %) était généralement supérieure à celle de l’UE (6 %), ce qui indique la persistance d’un problème sur le marché du travail des TIC. À l’avenir, il est possible de faire plus pour intéresser davantage les jeunes, en particulier les femmes, au domaine des TIC. Le Danemark entend également intensifier ses efforts en ce qui concerne le perfectionnement et la reconversion professionnels de la main-d’œuvre et retenir davantage d’étudiants internationaux en TIC sur le marché du travail danois. Ces efforts pourraient contribuer à augmenter les taux d’inscription aux formations relatives aux TIC ainsi que le nombre de diplômés de ce secteur dans le pays (qui représentent actuellement 5,5 % de l’ensemble des diplômés du pays): en effet, bien que les programmes diplômants axés sur les TIC disposent d’un nombre suffisant de places, celles-ci ne sont souvent pas pourvues. En ce qui concerne la numérisation de l’administration (services publics pour les citoyens et les entreprises, identification électronique et accès aux dossiers de santé en ligne), le Danemark est sur la bonne voie et affiche des résultats supérieurs à la moyenne de l’UE, avec un score de maturité particulièrement élevé (97,9 sur 100) pour la santé en ligne et des données de santé fournies pour toutes les catégories de prestataires de soins de santé. La nouvelle solution unique d’identification électronique sécurisée du pays, MitID, a été notifiée au titre du règlement eIDAS avec un niveau élevé d’assurance. Les données montrent que 83,9 % des citoyens danois ont utilisé l’identification électronique pour accéder aux services publics au cours des 12 derniers mois, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’UE (36,1 %). Avec un niveau élevé de services publics numérisés, le Danemark veille particulièrement à garantir leur inclusivité et leur accessibilité, en offrant, à chaque fois que cela est nécessaire, la possibilité aux personnes présentant des déficiences de choisir de ne pas y participer.

Recommandations – Le Danemark devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: mettre l’accent sur l’inclusion des compétences numériques élémentaires dans l’enseignement primaire et le premier cycle du secondaire au niveau national, de manière à atteindre un niveau homogène de compétences numériques élémentaires au sein de la population danoise, en accordant une attention particulière à la fracture existante entre les zones urbaines et rurales et à l’écart entre les hommes et les femmes.

-COMPÉTENCES EN MATIÈRE DE TIC: donner suite aux plans énoncés dans la nouvelle stratégie de numérisation visant à assurer le perfectionnement et la reconversion professionnels des spécialistes des TIC. Concevoir des dispositifs visant à intéresser davantage les jeunes, y compris les femmes, aux TIC, et retenir les étudiants internationaux participants à des programmes diplômants axés sur les TIC afin d’augmenter les taux d’inscription.

-SANTÉ EN LIGNE: mettre la catégorie de données relative à l’imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Le Danemark améliore activement la normalisation, la numérisation et l’automatisation des données afin d’aider les entreprises, les pouvoirs publics et la population à accéder à leur empreinte climatique et environnementale et à faire des choix plus intelligents et plus éclairés. Dans cette optique, le gouvernement danois souhaite créer une banque de données circulaire qui collecte et partage des données sur les déchets et les matériaux.

Recommandations – Le Danemark devrait:

-continuer de concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique, notamment en soutenant des projets pilotes pertinents. Premièrement, continuer d’encourager l’utilisation efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-s’appuyer sur les mesures existantes afin de contrôler et de quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. Dans la mesure du possible, jouer un rôle de premier plan dans ce domaine en promouvant les méthodologies et outils nationaux au niveau de l’UE.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Estonie

 
1 Synthèse

L’Estonie apporte une contribution positive aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, l’Estonie a enregistré des progrès notables dans la numérisation des services publics et dans le domaine des compétences numériques, notamment en ce qui concerne les spécialistes des TIC et les initiatives en matière cybersécurité. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne l’obtention d’une couverture en gigabits complète et la numérisation des PME.

La numérisation est une priorité en Estonie, comme en témoigne sa stratégie numérique nationale pour 2030, adoptée en 2021. Cette stratégie est principalement axée sur trois domaines: l’État numérique, la cybersécurité et la connectivité. Si les politiques de numérisation de l’Estonie sont très complètes, le pays ne compte en revanche aucune stratégie sur les semi-conducteurs, les nœuds périphériques et l’informatique quantique. L’Estonie pourrait également améliorer son infrastructure de connectivité, en particulier sa couverture et sa vitesse. La numérisation des services publics essentiels représente une priorité absolue en Estonie.

L’Estonie place les citoyens au centre de sa numérisation, en mettant l’accent sur l’inclusion et la participation: elle a mis en place des services publics essentiels accessibles aux citoyens et aux entreprises, qui permettent des activités telles que la participation au processus démocratique. L’accent mis par l’Estonie sur la cybersécurité témoigne également de sa volonté de garantir un environnement numérique sûr et sécurisé.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 35 (Eurobaromètre «The Digital Decade»), 81 % des Estoniens estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre largement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %). En outre, 73 % des Estoniens savent que les droits qui s’appliquent hors ligne devraient également être respectés en ligne.

L’Estonie est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) intitulé «Networked Local Digital Twins Towards the CitiVERSE» et a un statut d’observateur au sein de l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage», qui remédie au manque de données linguistiques européennes nécessaires pour les solutions d’IA (ces deux EDIC ont déjà été constitués). L’Estonie participe également aux groupes de travail chargés de constituer les EDIC sur le génome et les communs numériques 36 .

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de l’Estonie consacre 24,1 % de son budget aux politiques numériques (208 millions d’EUR), avec pour priorités la numérisation des entreprises et des administrations publiques et l’amélioration de la connectivité 37 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 0,4 milliard d’EUR (11 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 38 .



Estonie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

EE

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

76,3 %

76,9 %

0,8 %

78,8 %

7,4 %

x

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

76,3 %

76,9 %

0,8 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

43,3 %

87,5 %

102,0 %

89,3 %

9,8 %

x

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

3

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

54,0 %

55,9 %

1,7 %

57,7 %

2,6 %

x

90 %

Nuage

50,5 %

52,6 %

2,1 %

38,9 %

7,0 %

x

75 %

Intelligence artificielle

2,8 %

5,2 %

36,3 %

8,0 %

2,6 %

x

75 %

Analyse des données

N.D.

25,6 %

N.D.

33,2 %

N.D.

x

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

60,6 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

2

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

56,4 %

62,6 %

5,4 %

55,6 %

1,5 %

60 %

80 %

Spécialistes des TIC

6,6 %

6,7 %

1,5 %

4,8 %

4,3 %

x

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

94,0

95,8

1,9 %

79,4

3,1 %

x

100

Services publics numériques pour les entreprises

98,8

98,8

0,0 %

85,4

2,0 %

x

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

89,2

97,5

9,3 %

79,1

10,6 %

x

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de l’Estonie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est peu ambitieuse, et, selon ce document, l’Estonie entend consacrer des efforts limités à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique, bien que l’adoption formelle de la feuille de route au niveau national, qui est essentielle pour que le pays s’engage pleinement dans la réalisation de ces ambitions, soit toujours en suspens. 

La feuille de route présente une cible nationale sur 15 possibles, zéro trajectoire sur 13 possibles et trois mesures. Elle ne contient aucune cible ni trajectoire sur les réseaux à très haute capacité (VHCN), la couverture de la fibre jusqu’aux locaux (FTTP), la couverture 5G globale, les nœuds périphériques, les PME ayant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, l’informatique en nuage, l’intelligence artificielle, l’analyse des données, les licornes, les spécialistes des TIC, les services publics numériques pour les citoyens et les entreprises et l’accès aux dossiers de santé en ligne.

La cible nationale incluse dans la feuille de route et les trois mesures brièvement mentionnées font référence aux compétences numériques élémentaires. La cible nationale, fixée à 60 %, ne correspond pas au niveau d’ambition de l’UE, qui est de 80 % d’ici à 2030. En outre, avec 62,6 % de sa population qui possède déjà au moins un niveau de compétences numériques élémentaires, l’Estonie a en réalité déjà atteint sa cible nationale. 

De surcroît, la feuille de route ne précise pas le montant des fonds consacrés à la décennie numérique. Qui plus est, l’Estonie n’a pas consulté les parties prenantes au sujet de la feuille de route. Compte tenu des avancées numériques réalisées par l’Estonie, il est important que la feuille de route en tienne compte. La feuille de route nécessite davantage d’efforts dans tous les domaines.

Recommandations pour la feuille de route 

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, l’Estonie devrait:

-CIBLES: i) définir une cible et une trajectoire nationales en ce qui concerne la couverture VHCN, la couverture FTTP, la couverture 5G, les nœuds périphériques, les PME ayant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, l’informatique en nuage, l’IA, l’analyse des données, les licornes, les spécialistes des TIC, les services publics numériques pour les citoyens, les services publics numériques pour les entreprises et l’accès aux dossiers de santé en ligne; ii) aligner le niveau d’ambition de la cible nationale et proposer une trajectoire concernant le nombre de personnes possédant au moins des compétences numériques élémentaires.

-MESURES: i) présenter clairement des mesures consacrées à la couverture VHCN, à la couverture FTTP, à la couverture 5G, aux nœuds périphériques, aux PME ayant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, à l’informatique en nuage, à l’IA, à l’analyse des données, aux licornes, aux spécialistes des TIC, aux compétences numériques au moins élémentaires, aux services publics numériques pour les citoyens, aux services publics numériques pour les entreprises et à l’accès aux dossiers de santé en ligne qui tiennent compte des objectifs de la décennie numérique. Dans la présentation des mesures de la feuille de route, fournir une description de la mesure, décrire ses effets et résultats escomptés et indiquer le budget de la mesure en distinguant les fonds publics, privés et de l’UE; ii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

-CONSULTATION: i) consulter les parties prenantes lors de l’élaboration de la feuille de route; ii) rendre compte de la prise en considération des observations des parties prenantes dans la feuille de route.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle la perception qu’ont les Estoniens des droits numériques. 42 % des Estoniens pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques; soit une baisse de 6 points par rapport à l’année dernière qui fait passer ce chiffre sous la moyenne de l’UE (47 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 55 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 10 points) et 46 % du contrôle de leurs données à caractère personnel(un chiffre en hausse de 11 points). Sur le plan positif, 66 % des citoyens estoniens apprécient le niveau de compétences et d’éducation numériques et 68 % apprécient l’accès aux services publics en ligne, deux chiffres largement supérieurs à la moyenne de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 39 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

L’Estonie est déterminée à améliorer les infrastructures et les technologies numériques. Le pays s’efforce actuellement d’améliorer ses infrastructures, par exemple dans le cadre du dispositif d’aide à l’accès aux réseaux 1.0 et 2.0. La couverture 5G a connu une forte croissance annuelle grâce à la mise aux enchères des fréquences radioélectriques des bandes 700 MHz et 3,4-3,8 GHz en 2022. Il existe une importante fracture entre les zones urbaines et rurales, que les pouvoirs publics visent à combler tout en assurant une couverture complète pour tous les citoyens dans le cadre du dispositif d’aide à l’accès aux réseaux 4.0. Des investissements publics et privés supplémentaires sont néanmoins nécessaires pour atteindre davantage de ménages et couvrir les zones blanches (zones à faible connectivité). En outre, l’Estonie ne dispose pas de mesures concernant les nœuds périphériques ou les semi-conducteurs. Le taux de PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique prend du retard sur la moyenne de l’UE. Les progrès de l’Estonie en matière d’analyse des données et d’adoption de l’IA sont lents. La création d’un environnement numérique sûr et sécurisé est importante pour le pays, à tous les niveaux. Parmi les mesures adoptées figurent le renforcement de l’infrastructure nationale et l’amélioration des compétences de la population en matière de cybersécurité.

Recommandations – L’Estonie devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) poursuivre ses efforts actuels visant à soutenir le déploiement des VHCN, de la FTTP et de la 5G, notamment en stimulant les investissements privés et en encourageant l’adoption de ces technologies; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-SEMI-CONDUCTEURS/ORDINATEURS QUANTIQUES: élaborer des stratégies et des mesures pour les semi-conducteurs et l’informatique quantique.

-NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: l’informatique de périphérie étant un élément important de l’IA, du déploiement des futurs réseaux et de l’internet des objets, envisager de déployer des nœuds périphériques lors de la création de programmes et de stratégies d’investissement dans ces domaines.

-NUMÉRISATION DES ENTREPRISES ET IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) poursuivre les travaux sur la numérisation des PME, en particulier en ce qui concerne l’analyse des données et l’IA; ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par des entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS. 

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

L’Estonie s’est fortement engagée à améliorer les compétences numériques des citoyens et à les placer au centre de sa transformation numérique. L’Estonie met activement en place un environnement numérique centré sur l’humain, inclusif et transparent, conformément aux objectifs généraux de l’UE en faveur de l’autonomisation numérique des citoyens. Le pays obtient des résultats supérieurs à la moyenne de l’UE en ce qui concerne l’amélioration des compétences numériques des citoyens et les spécialistes des TIC représentent déjà un pourcentage élevé de la population active (6,7 %). L’Estonie affiche également le deuxième taux le plus élevé de femmes spécialistes des TIC dans l’UE (26,8 %). Elle a introduit des mesures éducatives visant à former à la fois les éducateurs et les personnes qui se trouvent à différents stades de leur vie, en mettant l’accent sur l’apprentissage tout au long de la vie.

L’Estonie est une championne de la fourniture de services publics essentiels aux citoyens et aux entreprises et s’efforce de mettre des services numériques à disposition pour tous les événements majeurs de la vie. En 2023, le gouvernement a introduit de nouvelles applications en ligne visant à rationaliser certains processus administratifs tels que le mariage, la naissance d’un enfant, le service militaire, la migration ou le décès d’un proche. L’application Digigate a pour but de réduire la charge administrative pour les entrepreneurs en leur permettant de communiquer toutes les informations pertinentes à un seul et même endroit en ligne, en simplifiant la communication avec les autorités.

Près de 80 % de la population estonienne dispose d’au moins un moyen d’identification électronique. En outre, la grande maturité de l’Estonie dans le domaine de la santé en ligne la place dans le groupe des pays précurseurs. Toutes les catégories de données examinées dans ce cadre sont mises à la disposition des citoyens en temps utile. En outre, toutes les catégories de prestataires de soins de santé examinées dans l’enquête sur la santé en ligne fournissent des données pertinentes au service d’accès en ligne aux dossiers médicaux électroniques. Les citoyens peuvent accéder à ces données en se connectant à un portail en ligne, bien qu’aucune application mobile ne soit disponible. En outre, toutes les catégories de prestataires de soins de santé applicables fournissent des données pertinentes. En ce qui concerne les possibilités d’accès de certaines catégories de personnes, l’Estonie obtient un score de 100 sur 100, alors que la moyenne européenne est de 77 sur 100, et elle observe les lignes directrices sur l’accessibilité des contenus web. Dans l’ensemble, l’Estonie s’emploie à simplifier davantage les applications de services publics afin de rendre les données accessibles sur une plateforme unique et facile à utiliser.

Recommandations – L’Estonie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: poursuivre la mise en œuvre d’initiatives visant à améliorer les compétences numériques et à veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

-SPÉCIALISTES DES TIC: poursuivre les mesures visant à accroître le nombre de spécialistes des TIC chevronnés (niveau d’expérience plus élevé) et continuer d’améliorer l’équilibre entre les hommes et les femmes.

-SANTÉ EN LIGNE: proposer une application mobile permettant aux citoyens d’accéder à leur dossier médical électronique.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

L’Estonie fait preuve d’une grande ambition en ce qui concerne le couplage des transitions écologique et numérique, sachant que, dans sa stratégie numérique pour 2030, le gouvernement entend devenir « le gouvernement numérique le plus écologique au monde ». L’Estonie doit continuer à tirer parti des possibilités offertes par la transition écologique en intégrant les initiatives correspondantes dans un cadre plus large. Au moyen de l’étude que le pays a réalisée en 2023, dénommée «analyse de la situation actuelle et des possibilités d’assurer le respect de l’environnement dans le cadre de l’État numérique», il vise à recenser les principaux défis numériques et écologiques. Les conclusions de cette étude seront présentées en 2024 et serviront de base à un plan d’action. Si l’Estonie a déjà introduit des exigences écologiques dans ses procédures de passation de marchés publics, elle pourrait élaborer une stratégie plus large combinant des mesures écologiques et numériques pour le secteur privé. Les entreprises privées, en particulier les start-up, prennent actuellement des mesures en vue de créer des synergies entre les actions écologiques et numériques.

Recommandations – L’Estonie devrait:

-continuer de concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires;

-encourager les investissements et les initiatives privés dans les technologies vertes responsables.

(1)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(2)

 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(3)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(4)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(5)

   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(6)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

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La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(9)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325 , annexe 4.

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    La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

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La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

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La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

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 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

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La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(39)

   Voir le document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.


Bruxelles, le 2.7.2024

COM(2024) 260 final

ANNEXE

de la

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique


Annexe 3: Rapports succincts des 27 États membres de l’UE

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Finlande


1 Synthèse

La Finlande apporte une contribution très importante aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.  

En 2023, la Finlande a enregistré des progrès notables dans le déploiement de réseaux en gigabits et a continué d’enregistrer une croissance record en ce qui concerne les compétences numériques de la population et la numérisation de ses entreprises. Toutefois, des difficultés subsistent pour suivre le rythme du déploiement des réseaux en gigabits sur l’ensemble du territoire et dans le domaine de l’administration en ligne, où il est nécessaire d’améliorer la santé en ligne et de veiller à ce que l’accès à d’autres services publics numériques reste au plus haut niveau possible.

Utiliser la numérisation comme un outil pour parvenir à une économie prospère et résiliente et à une société sûre et inclusive est une priorité pour les autorités finlandaises. La Finlande a exposé sa vision pour 2030 dans sa boussole numérique nationale, conformément aux objectifs de l’UE. Alors que la transition numérique bat son plein en Finlande, le pays se concentre sur la recherche, le développement et l’innovation (RDI) dans le domaine des technologies avancées, de la connectivité 6G et des possibilités offertes par l’économie fondée sur les données. La production de semi-conducteurs et l’informatique quantique constituent également une priorité absolue. Ces évolutions en Finlande s’inscrivent dans un contexte de services publics en ligne accessibles et d’une population possédant un niveau élevé d’éducation numérique. Des spécialistes des TIC sont toujours recherchés afin de remédier aux pénuries de main-d’œuvre.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 1 , 78 % de citoyens finlandais estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie. Ce chiffre est légèrement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).  

La Finlande participe aux travaux visant à mettre en place des consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) sur le génome, les données relatives à la mobilité et à la logistique et l’administration publique connectée (IMPACTS-EDIC). Le pays finalise en ce moment ses négociations en vue de rejoindre l’EDIC sur les jumeaux numériques locaux (EDIC LDT CitiVERSE) et a décidé de demander le statut d’observateur au sein de l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC) 2 (tous deux ont déjà été constitués). Il participe également à l’entreprise commune EuroHPC, en hébergeant LUMI, l’un des supercalculateurs achetés par l’entreprise commune.

Le plan pour la reprise et la résilience de la Finlande consacre 29 % de son budget à des mesures de politique numérique (0,5 milliard d’EUR), les priorités étant données à la santé en ligne, à la cybersécurité et à la R&D dans les technologies clés (6G, IA et informatique quantique) 3 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 0,4 milliard d’EUR (20 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 4 .



Finlande

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

FI

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

70,8 %

77,7 %

9,8 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

50,3 %

61,2 %

21,5 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

94,7 %

98,4 %

3,9 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

24

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

81,6 %

85,6 %

2,4 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

66,3 %

73,0 %

4,9 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

15,8 %

15,1 %

-2,2 %(2)

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

40,6 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

79,5 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

7

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

79,2 %

82,0 %

1,8 %

55,6 %

1,5 %

87 %

80 %

Spécialistes des TIC

7,6 %

7,6 %

0,0 %

4,8 %

4,3 %

10 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Non

Services publics numériques pour les particuliers

91,6

90,6

-1,1 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

100,0

100,0

0,0 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

90,1

82,6

-8,3 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

(2) La variation entre les deux années n’est pas considérée comme statistiquement significative, mais correspond à la stagnation de cet indicateur.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Finlande à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est extrêmement ambitieuse, et selon ce document, la Finlande entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route est ambitieuse et cohérente et inclut tous les objectifs. La feuille de route nationale de la Finlande comprend des cibles à l’horizon 2030 pour tous les ICP, à l’exception de la FTTP, des nœuds périphériques et des licornes. Elle affiche également des ambitions dans des domaines tels que les semi-conducteurs et les technologies quantiques. Au total, toutes les cibles nationales présentées sont alignées sur les cibles définies par l’UE pour 2030. À ce stade, il manque des trajectoires pour la FTTP, les nœuds périphériques, les licornes, l’adoption de l’informatique en nuage, de l’IA et de l’analyse des données, les services publics numériques pour les citoyens et la santé en ligne. La feuille de route couvre tous les objectifs de la décennie numérique, tels que la primauté technologique, la souveraineté, la compétitivité, la cybersécurité, la protection des droits fondamentaux dans l’espace numérique et la transition écologique. L’ensemble de mesures proposé pour les atteindre repose sur des valeurs telles que la confiance et la durabilité.

Le budget total pour les mesures est estimé à 499,7 millions d’EUR (environ 0,2 % du PIB). Les priorités sont l’adoption de l’informatique en nuage, de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données/mégadonnées, le développement des capacités en matière d’informatique quantique, les innovations en matière de connectivité (telles que la 6G) et l’augmentation des dépenses de RDI.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Finlande devrait:

-CIBLES: i) proposer une cible et une trajectoire pour la FTTP, les nœuds périphériques et les licornes et concevoir une trajectoire pour les VHCN, l’informatique en nuage, l’analyse des données, l’IA, les services publics numériques pour les citoyens et la santé en ligne; ii) proposer une cible plus ambitieuse pour le niveau élémentaire d’intensité numérique des entreprises.

-MESURES: i) renforcer les mesures sur les spécialistes des TIC et le gigabit et ajouter des mesures sur les services publics numériques et la santé en ligne; ii) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en mettant dûment l’accent sur les sources nationales et de l’UE, telles que la FRR; iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique décrit en détail la manière dont les Finlandais perçoivent leurs droits numériques. Si la majorité des Finlandais jugent la numérisation bénéfique, seuls 58 % d’entre eux estiment que leurs droits sont bien protégés par l’UE: le taux diminue ainsi de 9 points par rapport à 2023, mais reste supérieur à la moyenne de l’UE (45 %). Parmi les principales préoccupations figurent la sécurité de l’internet pour les enfants et le contrôle de l’héritage numérique, pour lesquels seuls 33 % et 36 % des citoyens, respectivement, se sentent en sécurité. Toutefois, 71 % d’entre eux estiment disposer d’une liberté d’expression et d’information suffisante en ligne, soit une hausse de 5 points. Des tendances positives sont observées en ce qui concerne l’accès à l’internet à haut débit (taux de satisfaction de 68 %, + 2 %) et la protection de la vie privée en ligne (taux de satisfaction de 69 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 5 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, la Finlande dispose d’excellentes infrastructures de réseaux mobiles, d’un taux élevé de numérisation des entreprises et d’un niveau élevé d’investissements dans les technologies de rupture. En ce qui concerne les infrastructures, la Finlande est déjà sur le point d’atteindre une couverture de 100 % pour la 5G (98,4 %). La 5G dans la bande de fréquences 3,4-3,8 GHz, essentielle pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante, couvre 89,7 % des ménages finlandais. Le taux de déploiement des réseaux en gigabits (VHCN) augmente régulièrement, mais la couverture reste légèrement inférieure à la moyenne de l’UE. En revanche, les abonnements au haut débit fixe à des vitesses de téléchargement de 1 Gbps ou plus atteignent un taux de 4 %, inférieur à la moyenne de l’UE (18,5 %).

85,6 % des PME finlandaises possèdent au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique et près de 80 % utilisent l’IA, l’informatique en nuage ou l’analyse des données. Les entreprises sont constamment encouragées à accroître leur productivité et leur compétitivité en exploitant le potentiel de la 6G, de l’économie fondée sur les données et de l’IA. Le gouvernement et l’industrie investissent massivement dans la recherche et le développement dans de nombreux domaines numériques, notamment les semi-conducteurs, l’IA et l’informatique quantique. L’approche actuellement adoptée en matière de cybersécurité présente cette problématique comme un exercice pour l’ensemble de la société, avec des investissements publics dans les compétences des citoyens et la résilience des entreprises. La stratégie nationale dans ce domaine sera mise à jour en 2024.

Recommandations – La Finlande devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) intensifier ses efforts visant à développer la connectivité gigabit fixe, notamment en renforçant les investissements publics si nécessaire; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à poursuivre le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) encourager les entreprises à appliquer les solutions technologiques avancées existantes, par exemple l’IA ou les possibilités d’expérimentation quantique, et à innover davantage dans ces domaines; ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.  

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G. 

-PRIMAUTÉ TECHNOLOGIQUE: obtenir d’autres sources de financement et encourager l’investissement privé dans les technologies de rupture.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

La Finlande est bien préparée pour mener à bien une transformation numérique fondée sur la confiance, qui accorde une place centrale aux citoyens. Elle a déjà atteint la cible définie au niveau de l’UE concernant les compétences numériques au moins élémentaires grâce à des mesures destinées à renforcer la résilience de la société et à continuer de combler les fractures géographiques et démographiques dans l’éducation et la formation formelles et informelles. Le pays vise à atteindre une proportion de 10 % de spécialistes des TIC dans la population active, ce qui nécessite de maintenir la dynamique, même s’il obtient de meilleurs résultats que d’autres pays de l’UE. Afin d’augmenter le nombre de travailleurs possédant des compétences numériques avancées, la feuille de route de la Finlande propose un plus grand nombre de places dans les établissements d’enseignement supérieur et des incitations pour les étrangers. Le pays obtient un score de 90,6 pour l’accessibilité des services publics numériques pour les citoyens et de 100 pour l’accès des entreprises. L’identification électronique est très largement utilisée et, en 2023, la Finlande a entamé le processus de notification d’un schéma d’identification électronique transfrontière au titre du règlement eIDAS. Au-delà de ses performances supérieures à la moyenne dans le domaine de la santé en ligne, le pays pourrait utiliser le soutien numérique dans les services de santé et de soin afin de contribuer à compenser les pénuries de main-d’œuvre dans ces secteurs et ajouter des fonctionnalités au système de santé en ligne afin de le rendre plus facile d’utilisation.

Recommandations – La Finlande devrait:

-COMPÉTENCES ÉLÉMENTAIRES: continuer de favoriser l’éducation numérique de sa population et de développer les compétences dans des domaines tels que la cybersécurité.

-SPÉCIALISTES DES TIC: redoubler d’efforts afin d’attirer des spécialistes des TIC et d’offrir des parcours de formation sur mesure, et combler l’écart entre les hommes et les femmes dans ce domaine.

-IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUE: notifier à la Commission un schéma d’identification électronique au titre du règlement eIDAS.

-SANTÉ EN LIGNE: i) étendre la couverture du service d’accès en ligne afin de garantir que tous les citoyens puissent accéder à leurs données de santé électroniques en ligne; ii) élargir le catalogue de données accessibles aux citoyens au moyen de ce service; iii) envisager de proposer une application mobile permettant aux citoyens d’accéder à leur dossier médical électronique et d’offrir des méthodes d’authentification améliorées.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

L’ambition de la Finlande en matière de primauté numérique repose sur la durabilité, qui est l’une des valeurs sous-jacentes de ses efforts, ainsi que sur l’objectif de favoriser une transition écologique numérique. En 2021, le gouvernement a publié une stratégie climatique et environnementale pour le secteur des TIC , en coopération avec le secteur privé et la communauté des chercheurs, et suit sa mise en œuvre. En Finlande, des études et d’autres activités sont en cours pour non seulement réduire l’empreinte carbone du pays, mais aussi pour créer une mesure de l’action positive des industries technologiques. Le but est donc de développer des technologies numériques capables d’aider à relever les défis mondiaux en matière de climat et d’environnement. Par exemple, le supercalculateur finlandais LUMI a été choisi pour gérer le jumeau numérique d’adaptation au changement climatique, un jumeau numérique hautement prioritaire dans le cadre de l’initiative phare de l’UE intitulée «Destination Terre».

Recommandations – La Finlande devrait:

-continuer de concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration des futures politiques et de l’obtention des financements nécessaires;

-jouer un rôle de premier plan en ce qui concerne l’utilisation de la transition numérique à des fins environnementales en promouvant les méthodologies et outils nationaux au niveau européen.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

France


1 Synthèse

La France apporte une contribution positive aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.  

En 2023, la France a enregistré des progrès notables dans le domaine de la santé en ligne et dans le déploiement de son réseau en fibre optique. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne la numérisation des PME et l’adoption des technologies avancées (telles que l’IA et l’informatique en nuage) par les entreprises. 

La numérisation constitue une priorité pour les autorités françaises, l’accent étant mis sur les infrastructures et la recherche et le développement (R&D) dans les technologies clés. Dans le cadre de son plan d’investissement «France 2030», la France investit massivement dans la recherche et l’innovation dans les nouvelles technologies telles que l’informatique en nuage, la cybersécurité, l’intelligence artificielle (IA) et l’informatique quantique. La production de semi-conducteurs sur le territoire national représente également une priorité absolue. La France bénéficie aussi d’infrastructures numériques solides. Bien que ses politiques de numérisation couvrent un large éventail de domaines, elle peut encore améliorer plusieurs indicateurs relatifs aux citoyens et aux entreprises. Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 6 , seuls 64 % des citoyens français estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, l’un des scores les plus faibles dans l’UE.

La France héberge le consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) ALT-EDIC (déjà constitué), qui remédie au manque de données linguistiques européennes nécessaires pour les solutions d’IA, et est candidate pour accueillir deux EDIC supplémentaires, tous deux en cours de création: l’EDIC sur l’agroalimentaire et (avec les Pays-Bas) l’EDIC sur les communs numériques. La France est également membre de l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE» (déjà constitué). Elle est également en train d’élaborer les statuts des potentiels futurs EDIC de données relatives à la mobilité et à la logistique et EDIC sur le génome 7 .

La France consacre 21,6 % du budget total de son plan pour la reprise et la résilience au numérique (8,1 milliards d’EUR) 8 , les priorités étant données à la santé en ligne et à la R&D dans les technologies clés (5G, informatique quantique et informatique en nuage). Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 1,9 milliard d’EUR (11 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 9 .



France

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

FR

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

73,4 %

81,4 %

10,9 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

73,4 %

81,4 %

10,9 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

88,8 %

93,2 %

4,9 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

257

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

47,0 %

52,0 %

(2)

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

25,3 %

22,9 %

(2)

38,9 %

7,0 %

53,3 %

75 %

Intelligence artificielle

6,7 %

5,9 %

(2)

8,0 %

2,6 %

46,7 %

75 %

Analyse des données

N.D.

33,9 %

N.D.

33,2 %

N.D.

49,7 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

44,9 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

40

263

100

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

62,0 %

59,7 %

-1,9 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,3 %

4,7 %

9,3 %

4,8 %

4,3 %

10 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

71,3

72,1

1,1 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

79,3

79,3

0,0 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

54,5

79,3

45,5 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

(2) La comparaison avec les précédentes années est impossible pour la France, en raison de changements méthodologiques.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la France à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, le pays se montre très ambitieux et, selon ce document, entend consacrer des efforts à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

Dans l’ensemble, la feuille de route de la France est ambitieuse et cohérente, y compris en ce qui concerne ses objectifs, mais elle présente certaines faiblesses au niveau de la numérisation des entreprises. La feuille de route nationale de la France comprend des cibles à l’horizon 2030 pour tous les ICP, à l’exception de la FTTP et des nœuds périphériques (la trajectoire de la FTTP est censée être semblable à celle des VHCN, mais elle doit être formalisée). Au total, 9 cibles nationales sont alignées sur les cibles de l’UE pour 2030, mais trois sont d’un niveau d’ambition inférieur: l’adoption de l’IA, l’adoption de l’analyse des données et l’adoption de l’informatique en nuage. Il manque des trajectoires pour la FTTP, les nœuds périphériques et les licornes. La feuille de route couvre tous les objectifs de la décennie numérique, tels qu’un espace numérique centré sur l’humain, la résilience et la sécurité, la souveraineté, la transition écologique et la protection de la société, avec un niveau élevé d’ambition, en particulier en ce qui concerne l’espace numérique centré sur l’humain, la souveraineté et la transition écologique.

Le budget total des mesures (publiques et privées) présentées dans la feuille de route est estimé à 17,8 milliards d’EUR (environ 0,6 % du PIB), les priorités étant les semi-conducteurs, la connectivité et la santé en ligne. Certains aspects nécessitent des mesures renforcées, en particulier pour les spécialistes des TIC, afin de doubler le nombre actuel de professionnels des TIC, et pour la numérisation des entreprises (tant du point de vue du niveau élémentaire d’intensité numérique qu’en ce qui concerne le taux d’adoption des technologies avancées).

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la France devrait:

-CIBLES: i) fournir une cible et une trajectoire pour les nœuds périphériques, élaborer une trajectoire pour les licornes et formaliser la trajectoire pour la FTTP; ii) envisager d’aligner les niveaux d’ambition des cibles définies pour l’adoption des trois technologies (IA, nuage et analyse des données) par les entreprises sur les cibles de l’UE.

-MESURES: i) renforcer les mesures contribuant aux cibles les plus difficiles à atteindre, en particulier celles relatives aux compétences et à la numérisation des entreprises; ii) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en mettant dûment l’accent sur les sources de l’UE, telles que la facilité pour la reprise et la résilience (FRR); iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

-CONSULTATION: rendre compte de la consultation des parties prenantes dans la feuille de route. 

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations sur la perception qu’ont les Français des droits numériques. Si 39 % des répondants français pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques, ce taux est en baisse et est inférieur à la moyenne de l’UE (47 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 52 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne et 45 % du contrôle de leurs données à caractère personnel, ce qui reflète un malaise croissant. En revanche, 85 % d’entre eux considèrent que les technologies numériques jouent un rôle précieux pour communiquer avec leurs amis et leur famille, et 82 % pour accéder aux services publics, ce qui indique une forte appréciation des progrès numériques. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 10 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, la France dispose d’infrastructures de qualité affichant une dynamique de déploiement positive, mais devrait encourager la numérisation de ses entreprises. En ce qui concerne les infrastructures, la France est en bonne voie pour parvenir à une couverture de 100 % pour les VHCN (+3,5 millions de connexions à la fibre en 2023) et pour la 5G d’ici à 2025, soit cinq ans plus tôt que la cible définie par l’UE. La France affiche le taux le plus élevé d’abonnements au haut débit fixe à vitesse supérieure à 1 Gbps dans l’UE (51,6 %). Cela s’explique principalement par le déploiement réussi du plan «France très haut débit», par le choix de la FTTP comme principale technologie et par l’appétit français pour le haut débit. La couverture 5G est de 93,2 %, avec 64,8 % des ménages français couverts par la bande 3,4-3,8 GHz, une bande essentielle pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante. Plusieurs appels à projets ont été lancés en vue de développer la 5G industrielle et la bande de 26 GHz est ouverte depuis 2019 à des fins d’expérimentation. Toutefois, les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises (niveau élémentaire d’intensité numérique des PME et adoption de l’analyse des données, de l’IA et de l’informatique en nuage) font tous état d’une performance inférieure à la moyenne de l’UE. Bien que la France héberge certains pionniers de l’innovation (notamment des start-up dynamiques), dans son ensemble, le secteur des entreprises n’obtient pas les résultats escomptés en matière de numérisation. La France a fait de la souveraineté numérique une priorité, notamment en augmentant la production de semi-conducteurs et en développant des solutions souveraines dans les domaines de l’IA, de l’informatique en nuage, de l’informatique quantique et de la cybersécurité. En ce qui concerne l’IA, une commission nationale a récemment publié un rapport afin d’orienter les actions futures du gouvernement. La stratégie nationale de cybersécurité sera mise à jour en 2024 avec un accent particulier mis sur les compétences.

Recommandations – La France devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: i) poursuivre ses efforts en matière de cybersécurité afin de faire face à l’évolution des menaces et rétablir la confiance des entreprises et du grand public; ii) poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-PME: mettre en place des mesures supplémentaires et accroître les ressources disponibles pour les programmes existants afin d’améliorer les performances des PME en matière de numérisation, de renforcer l’impact du pôle européen d’innovation numérique dans les régions et de tirer parti de sa proximité avec les écosystèmes régionaux, en accordant une attention particulière à ses régions ultrapériphériques.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES/NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES 

-i) réexaminer la combinaison de mesures visant à soutenir l’adoption de technologies numériques avancées (en accordant une attention particulière à l’IA et à l’informatique en nuage). Favoriser la création d’écosystèmes locaux afin de permettre la diffusion des technologies (IA, informatique en nuage, analyse des données) et des bonnes pratiques dans l’ensemble du secteur des entreprises. S’appuyer sur le récent rapport de la commission nationale de l’IA pour concevoir de nouvelles mesures visant à développer l’écosystème de l’IA et à favoriser l’adoption de technologies connexes par les entreprises;

-ii) veiller à l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en élaborant une stratégie de diffusion propre au pays (qui complète les engagements déjà pris dans le cadre du PIIEC CIS); contribuer aux activités de diffusion supplémentaires menées par le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage;

-iii) envisager de prendre des mesures spécifiques au déploiement des nœuds périphériques, en complément de la participation au PIIEC CIS.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

La France est bien préparée pour parvenir à une transition numérique inclusive, mais elle devra déployer des efforts soutenus pour assurer l’amélioration continue des compétences numériques de sa population et former des spécialistes des TIC. Le niveau de compétences numériques de la population reste légèrement supérieur à la moyenne de l’UE, avec une légère baisse par rapport à l’année dernière, peut-être en raison des effets post-COVID-19 (c’est-à-dire une baisse de l’utilisation des outils des TIC). Ces dernières années, la France a intégré les compétences numériques à divers stades de ses programmes d’enseignement. En 2023, elle a également annoncé des mesures visant à renforcer l’enseignement de base (en particulier en mathématiques) et à accroître l’attrait des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Cela pourrait permettre d’augmenter le nombre de jeunes qui entreprennent une carrière dans le numérique à l’avenir. La proportion de spécialistes des TIC (4,7 %) dans la population active est globalement conforme à la moyenne de l’UE et progresse fortement. Toutefois, une action soutenue sera nécessaire pour atteindre les cibles de la décennie numérique définies aux niveaux national et de l’UE, compte tenu de l’évolution relativement lente des indicateurs relatifs à la population. Les progrès concernant la numérisation des services publics devront être accélérés, la France se situant légèrement en dessous de la moyenne de l’UE. La France a amélioré son score global de maturité en matière de santé en ligne, qui est passé de 54,5 en 2022 à 79,3 en 2023. En février 2024, les autorités ont lancé «France Identité», une application d’accompagnement permettant aux utilisateurs de l’identification électronique de s’authentifier et d’accéder aux services d’identification numérique. La France a traditionnellement toujours privilégié l’inclusivité lors de la conception de ses politiques. La numérisation est une pratique courante et des mesures sont en place afin de réduire les fractures géographiques et l’écart entre les hommes et les femmes ainsi que pour réduire l’inhabileté numérique.

Recommandations – La France devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: prendre des mesures afin de renforcer les compétences numériques de la population à court terme, en déployant des efforts supplémentaires dans ses régions ultrapériphériques.

-SPÉCIALISTES DES TIC: i) renforcer l’attrait des disciplines STIM à l’école afin d'augmenter le nombre de jeunes, y compris de filles, désireux de suivre des études ou d’entreprendre une carrière en lien avec les TIC; ii) accroître la visibilité et la présentation formelle des possibilités de formation et de reconversion. Concevoir des dispositifs d’incitation pour attirer et retenir des spécialistes des TIC.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES ESSENTIELS: entreprendre des efforts afin de numériser les services publics, en accordant une attention particulière à la réutilisation des informations à la disposition des administrations publiques et à l’assistance aux utilisateurs.

-SANTÉ EN LIGNE: i) faire en sorte que toutes les catégories de données soient mises à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; ii) améliorer la méthode d’authentification permettant de se connecter au service d’accès en ligne en utilisant un schéma d’identification électronique (pré)notifié; iii) introduire une base juridique et fournir les fonctionnalités techniques permettant aux personnes autorisées d’accéder à des données de santé électroniques pour le compte d’autrui.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La France se positionne comme un chef de file au niveau de l’UE par sa capacité à créer des liens entre les transitions numérique et écologique. Elle est à la pointe de la surveillance de l’empreinte du secteur des TIC, ainsi que de la promotion de la sobriété énergétique et de l’écoconception des équipements et services TIC. Durant la présidence française de l’UE, la France a élaboré une déclaration commune sur la double transition écologique et numérique, signée par 22 États membres.

Recommandations – La France devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-faire preuve d’initiative et continuer de contrôler et de quantifier les réductions d’émissions des solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Allemagne


1 Synthèse

L’Allemagne apporte une contribution positive aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, l’Allemagne a enregistré des progrès notables dans le déploiement des infrastructures de connectivité, en particulier des infrastructures adaptées aux réseaux 5G autonomes et de la FTTP. Des progrès satisfaisants ont également été accomplis dans l’amélioration des compétences numériques élémentaires. Toutefois, le pays reste confronté à d’importantes difficultés pour atteindre une couverture FTTP complète ainsi que pour la numérisation de ses services publics.  

La numérisation représente une priorité absolue pour le gouvernement fédéral, comme l’illustrent plusieurs stratégies ciblées ainsi que les investissements massifs réalisés dans la recherche et le développement des technologies numériques. La politique phare de l’Allemagne est la stratégie numérique , adoptée en août 2022 et mise à jour en avril 2023, qui couvre tous les aspects d’une société souveraine et numérique, d’une économie innovante et d’un État numérique. Plusieurs autres stratégies se concentrent sur des aspects spécifiques de la numérisation en Allemagne, telles que la stratégie gigabit , la stratégie pour l’IA , la stratégie en matière de données , la stratégie pour les start-up , la stratégie «Éducation dans le monde numérique» et la stratégie nationale pour l’enseignement supérieur .

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 11 , 70 % des citoyens allemands estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre inférieur à la moyenne de l’UE (73 %).

En ce qui concerne les consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC), l’Allemagne participe aux discussions relatives à la création de l’EDIC de données relatives à la mobilité et à la logistique, à l’EDIC sur les communs numériques, à l’EDIC intitulé «Cancer Image Europe» (EUCAIM), à l’EDIC sur le génome et à l’EDIC sur l’agroalimentaire. Le pays finalise également les négociations en vue de son adhésion à l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE» 12 (déjà constitué). Dans le cadre de l’entreprise commune EuroHPC, l’Allemagne accueillera l’un des deux supercalculateurs exaflopiques de l’UE et l’un des ordinateurs quantiques.

En ce qui concerne le financement de l’UE, tant le plan pour la reprise et la résilience de l’Allemagne (DARP) que les fonds de cohésion soutiennent l’engagement de l’Allemagne en faveur de la numérisation. Le DARP se concentre sur les investissements numériques, qui comprennent deux projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC), l’un sur les semi-conducteurs et l’autre sur l’informatique en nuage. L’Allemagne consacre 48 % du budget total de son plan pour la reprise et la résilience au numérique (13,5 milliards d’EUR) 13 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 2,3 milliards d’EUR (12 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 14 .

Allemagne

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DE

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

70,1 %

74,7 %

6,6 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

19,3 %

29,8 %

54,2 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

93,2 %

98,1 %

5,3 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

351

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

58,9 %

61,4 %

2,1 %

57,7 %

2,6 %

91 %

90 %

Nuage

31,8 %

38,5 %

10,0 %

38,9 %

7,0 %

x

75 %

Intelligence artificielle

10,6 %

11,6 %

4,6 %

8,0 %

2,6 %

x

75 %

Analyse des données

N.D.

37,1 %

N.D.

33,2 %

N.D.

x

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

58,0 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

75 %

Licornes

67

263

122 15

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

48,9 %

52,2 %

3,3 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

5,0 %

4,9 %

-2,0 %

4,8 %

4,3 %

x

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

78,4

75,8

-3,3 %

79,4

3,1 %

x

100

Services publics numériques pour les entreprises

80,7

78,6

-2,6 %

85,4

2,0 %

x

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

70,3

87,0

23,7 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de l’Allemagne à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est relativement ambitieuse, et selon ce document, l’Allemagne entend consacrer des efforts très importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

Plus précisément, les cibles définies sont ambitieuses, mais toutes les cibles de l’UE ne sont pas couvertes. La feuille de route énonce des cibles à l’horizon 2030 pour huit ICP: les VHCN, la FTTP, la 5G, l’indicateur commun IA ou informatique en nuage ou mégadonnées (les trois technologies étant considérées ensemble), l’intensité numérique, les licornes, les compétences numériques et la santé en ligne. Elle ne définit aucune cible, et donc aucune trajectoire, pour sept ICP: spécialistes des TIC, nœuds périphériques, IA, informatique en nuage, mégadonnées (séparément), services publics numériques pour les citoyens et services publics numériques pour les entreprises. Toutes les cibles nationales sont alignées sur les cibles de l’UE pour 2030, mais des trajectoires complètes ne sont fournies que pour deux ICP: les PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique et la santé en ligne. Des trajectoires avec un ou deux points de données sont fournies pour trois ICP: la FTTP/les VHCN et la 5G. Bien que cela ne soit pas obligatoire, la feuille de route fournit également une trajectoire complète pour l’informatique quantique, l’indicateur commun IA ou informatique en nuage ou mégadonnées et pour l’identification électronique.

La feuille de route couvre brièvement les objectifs de la décennie numérique, tels que la citoyenneté numérique, la promotion de la primauté et de la souveraineté et la contribution à la transition écologique.

Le budget total des mesures est estimé à près de 100 milliards d’EUR (environ 2,4 % du PIB de l’Allemagne), dont 60 % sont alloués au déploiement de la fibre optique, 17 % aux semi-conducteurs et 10 % aux licornes/start-up. Certains aspects nécessitent davantage de mesures, tels que l’objectif d’augmenter le nombre actuel de professionnels des TIC. La feuille de route évalue les principaux problèmes relatifs aux cibles et analyse l’incidence des mesures dans les domaines où des problèmes spécifiques existent.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, l’Allemagne devrait:

-CIBLES: i) proposer une cible et une trajectoire pour les spécialistes des TIC, les nœuds périphériques, l’IA, l’informatique en nuage et l’analyse des données (séparément), les services publics numériques pour les citoyens et les services publics numériques pour les entreprises; ii) compléter la trajectoire et fournir ainsi des points de données annuels pour les cinq ICP suivants: FTTP, VHCN, 5G, licornes et compétences numériques élémentaires.

-MESURES: fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations sur la perception qu’ont les Allemands des droits numériques. Si 41 % des Allemands pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques, ce taux est en baisse de 6 points par rapport à l’année dernière et est inférieur à la moyenne de l’UE (45 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 58 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 4 points) et 44 % du contrôle de leurs données à caractère personnel (un chiffre en hausse de 2 points). Sur le plan positif, 57 % des citoyens allemands apprécient la liberté d’expression en ligne et sont satisfaits du niveau des compétences numériques, deux chiffres qui restent inférieurs à la moyenne de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 16 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

L’Allemagne entend devenir un leader technologique et investit massivement dans des technologies de premier plan (semi-conducteurs, technologies quantiques, etc.), mais elle devrait continuer à étendre la couverture de son réseau en fibre optique, dont le déploiement a progressé de manière très positive au cours de l’année écoulée. S’agissant des infrastructures, l’Allemagne arrive en avant-dernière position, dans l’UE, en ce qui concerne la couverture FTTP, avec 29,8 %, un chiffre largement inférieur à la moyenne de l’UE, mais en forte augmentation (plus de 10 points de pourcentage par rapport à l’année dernière). Pour atteindre une couverture de 100 % d’ici à 2030, elle doit poursuivre le déploiement à ce rythme élevé. Le financement nécessaire proviendra à la fois de sources publiques et privées, le secteur privé devant investir 50 milliards d’EUR dans les années à venir. La part des lignes de détail pour le haut débit dont la vitesse est supérieure à 1 Gbps est toujours très faible (5,45 %), largement en dessous de la moyenne de l’UE (18,5 %). Avec 98,1 %, l’Allemagne est sur le point d’atteindre une couverture 5G globale complète des ménages. Les autorités allemandes ont fait état d’une couverture 5G prête à l’emploi de 87,3 % du territoire allemand. Toutefois, la couverture dans la bande 3,4-3,8 GHz, nécessaire pour exploiter tout le potentiel de cette technologie, est plutôt limitée (43,8 % des ménages). En outre, seulement 16,5 % de la population allemande utilisait des cartes SIM 5G en 2023, soit un niveau nettement inférieur à la moyenne de l’UE (24,6 %).

La numérisation des entreprises gagne lentement du terrain en Allemagne, étant donné que presque tous les ICP pertinents indiquent une performance supérieure à la moyenne de l’UE. L’Allemagne héberge également 67 licornes, soit 25 % de l’ensemble des licornes de l’UE. Les start-up innovantes et axées sur la technologie sont soutenues par le «Fonds pour l’avenir» à hauteur de 10 milliards d’EUR. La souveraineté numérique et technologique est l’une des priorités fixées par l’Allemagne dans sa stratégie numérique et le pays participe activement à des projets qui contribueront à la réalisation de cet objectif dans les domaines des semi-conducteurs (PIIEC sur la microélectronique), des données (Gaia-X) et de l’informatique en nuage (PIIEC CIS).

Recommandations – L’Allemagne devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) maintenir le rythme récemment accéléré du déploiement de son infrastructure en fibre afin d’atteindre la cible de la décennie numérique; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à poursuivre le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-NUAGE: veiller à l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en élaborant une stratégie de diffusion propre au pays (qui complète les engagements déjà pris dans le cadre du PIIEC CIS); contribuer aux activités de diffusion supplémentaires menées par le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage;

-PME: continuer de soutenir la numérisation des PME. 

-CYBERSÉCURITÉ: i) poursuivre ses efforts en matière de cybersécurité afin de faire face à l’évolution des menaces et renforcer, à cet égard, la collaboration entre l’État et l’industrie; ii) poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

L’Allemagne est déterminée à renforcer les compétences numériques de la population et à former des spécialistes des TIC, mais les progrès sont lents et des efforts soutenus seront nécessaires pour numériser les services publics. Le niveau de compétences numériques de la population est légèrement inférieur à la moyenne de l’UE, mais progresse lentement. Le développement des compétences est une responsabilité conjointe du gouvernement fédéral et des Länder; une bonne coopération est donc nécessaire. Ces dernières années, l’Allemagne a lancé plusieurs initiatives afin de développer les compétences numériques. Elle a inclus des mesures à ce sujet dans son plan pour la reprise et la résilience et a énuméré, dans sa feuille de route, 17 mesures pertinentes dans ce domaine, soutenues par un budget de 7,5 milliards d’EUR. Doté d’un budget de 6,5 milliards d’EUR, le Pacte numérique pour les écoles aide les Länder à fournir un niveau minimal d’infrastructures numériques et de technologies d’enseignement et apprentissage dans les écoles. Toutefois, ce projet devrait prendre fin en mai 2024. Un projet destiné à prendre sa suite (le pacte numérique pour les écoles 2.0) était en cours de négociation lors de la rédaction du présent document (mars 2024). La proportion de spécialistes des TIC dans la population active est légèrement supérieure à la moyenne de l’UE. Toutefois, l’Allemagne est confrontée à un défi: la baisse générale du nombre d’étudiants de première année, due aux changements démographiques. Le pays devra accélérer le rythme de la numérisation des services publics, celle-ci étant inférieure à la moyenne de l’UE et ayant même connu une légère baisse dans les indicateurs correspondants.

En avril 2024, 157 17  services publics numériques étaient disponibles à l’échelle nationale sur les 575 services que l’Allemagne avait proposé de numériser d’ici à la fin de 2022 en vertu de la loi sur l’accès en ligne. Pour promouvoir l’adoption de ces services, l’Allemagne met de plus en plus l’accent sur la facilité d’utilisation de ses services publics numériques. À cette fin, elle a adopté, en février 2024, la loi modificative 20/8093 sur l’accès en ligne (Onlinezugangsänderungsgesetz). L’Allemagne obtient un score inférieur à la moyenne de l’UE en ce qui concerne la numérisation des services publics, tant pour les citoyens (75,8 contre 79,4 pour la moyenne de l’UE) que pour les entreprises (78,6 contre 85,4).

L’Allemagne affichait un score global de maturité en matière de santé en ligne de 87 en 2023, supérieur à la moyenne de l’UE (79) et nettement supérieur à son score de 70 en 2022.

Recommandations – L’Allemagne devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: intensifier la coopération à tous les niveaux de l’administration afin de renforcer les compétences numériques de la population d’ici à 2030.

-SPÉCIALISTES DES TIC: i) renforcer l’attrait des disciplines STIM à l’école afin d'augmenter le nombre de jeunes, y compris de filles et de femmes, désireux de suivre des études ou d’entreprendre une carrière en lien avec les TIC; ii) concevoir des dispositifs d’incitation pour attirer et retenir des spécialistes des TIC.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES: accélérer la numérisation des services publics pour les citoyens et pour les entreprises.

-SANTÉ EN LIGNE: i) veiller à ce que toutes les catégories de données soient mises à disposition en temps utile; ii) accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Pour l’Allemagne, la double transition écologique et numérique constitue une priorité absolue, comme en atteste un plan d’action du ministère fédéral de l’éducation et de la recherche (BMBF) intitulé « Naturel. Numérique. Durable ». Ce plan est à la base de l’initiative «Innovations en matière de durabilité numérique», qui prévoit un financement spécifique pour établir un lien entre numérisation et durabilité 18 . Les entreprises et les citoyens allemands sont généralement sensibles à la transition écologique du secteur numérique. L’Allemagne a mis en place une multitude de mesures visant à verdir l’économie numérique, allant de l’application des technologies de l’IA à l’organisation d’ateliers, en passant par la promotion de l’application des critères du label Ange Bleu. L’Allemagne s’est engagée à surveiller l’incidence des systèmes TIC. L’autorité réglementaire nationale allemande, la Bundesnetzagentur, a commandé une étude , publiée en 2023, qui a donné lieu à un ensemble d’indicateurs évaluant la durabilité environnementale des infrastructures de télécommunications. Quatre mesures de numérisation lancées en Allemagne apportent un soutien direct à la transition écologique et auront également une incidence positive sur l’environnement.

Recommandations – L’Allemagne devrait:

-continuer de concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, continuer d’encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, continuer de soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-faire preuve d’initiative et continuer de contrôler et de quantifier les réductions d’émissions des solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires;

-partager son expérience en matière de développement de technologies d’IA économes en ressources et ses bonnes pratiques concernant l’utilisation de l’IA pour accroître l’efficacité des ressources et les économies de matériaux.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Grèce


1 Synthèse

La Grèce pourrait encore améliorer ses performances afin de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.  

En 2023, la Grèce a enregistré des progrès notables dans le déploiement de l’infrastructure de connexion à la fibre jusqu’aux locaux (FTTP) et dans la numérisation des services publics. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne la part des spécialistes des TIC dans la population active et le niveau élémentaire d’intensité numérique des PME. 

Bien que la Grèce affiche encore un niveau relativement faible de maturité numérique, elle a inversé la tendance au cours des cinq dernières années. La transition numérique de la Grèce repose sur un engagement politique fort et sur une stratégie globale de transformation numérique couvrant la période 2020-2025. Le pays a commencé par se concentrer spécifiquement sur la numérisation des services publics pour les particuliers et les entreprises, et ses efforts soutenus donnent des résultats concrets. Des actions sont également en cours concernant la numérisation d’autres secteurs publics essentiels tels que l’éducation, la justice et les soins de santé, ainsi que de secteurs économiques disposant encore d’un vaste potentiel inexploité. Dans l’ensemble, ces initiatives, conformément aux recommandations par pays du Semestre européen, ont bénéficié d’un financement au titre de la facilité pour la reprise et la résilience à un moment crucial. Toutefois, la Grèce ayant entamé tardivement sa transition numérique, certains problèmes structurels perdurent. En particulier, le manque de progrès concernant les compétences numériques de la population empêche la numérisation d’améliorer de manière soutenue la compétitivité et la prospérité du pays, malgré d’importants investissements dans l’éducation et la formation numériques.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 19 , 75 % des répondants en Grèce estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

La Grèce collabore très activement au niveau de l’UE. Elle est membre de l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC) et de l’EUROPEUM-EDIC sur les chaînes de blocs (tous deux déjà constitués). La Grèce devrait être l’État membre qui accueillera le potentiel futur EDIC sur l’administration publique connectée ainsi que le potentiel futur EDIC relatif à l’Académie des compétences en matière de cybersécurité. La Grèce est également en train d’élaborer les statuts et d’autres documents pertinents du potentiel futur EDIC sur le génome, au sein d’un groupe de travail informel. Elle participe également à des discussions sur la mise en place d’un potentiel futur EDIC intitulé «Cancer Image Europe» (EUCAIM), au sein d’un groupe de travail informel 20 . La Grèce participe également au PIIEC sur la microélectronique et les technologies de la communication (PIIEC ME/TC) ainsi qu’aux consortiums communs sur le portefeuille européen d’identité numérique: POTENTIAL, EWC, DC4EU.

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de la Grèce consacre 22,1 % de son budget total à la transition numérique (7,78 milliards d’EUR) 21 , en accordant une priorité particulière à la transformation de l’administration publique et à la numérisation de l’économie, en particulier des PME. Le pays investit également de manière significative dans le renforcement des compétences numériques de la population. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 2,7 milliards d’EUR (13 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 22 .



Grèce

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

EL

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

27,9 %

38,4 %

37,9 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

27,9 %

38,4 %

37,9 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

85,7 %

98,1 %

14,5 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

12

1 186

95

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

37,7 %

43,3 %

7,2 %

57,7 %

2,6 %

79,7 %

90 %

Nuage

15,2 %

18,1 %

9,1 %

38,9 %

7,0 %

56 %

75 %

Intelligence artificielle

2,6 %

4,0 %

24,0 %

8,0 %

2,6 %

32 %

75 %

Analyse des données

N.D.

25,0 %

N.D.

33,2 %

N.D.

40 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

33,5 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

3

263

20

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

52,5 %

52,4 %

-0,1 %

55,6 %

1,5 %

70,2 %

80 %

Spécialistes des TIC

2,5 %

2,4 %

-4,0 %

4,8 %

4,3 %

4,5 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Non

Services publics numériques pour les particuliers

64,6

75,9

17,5 %

79,4

3,1 %

98,2

100

Services publics numériques pour les entreprises

73,7

86,2

17,0 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

60,7

73,8

21,6 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Grèce à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est extrêmement ambitieuse, et selon ce document, la Grèce entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route est pratiquement complète et présente 14 trajectoires et cibles nationales à atteindre d’ici à 2030. Les cibles nationales définies en matière de connectivité, de transformation numérique des services publics et de santé en ligne correspondent aux cibles de l’UE pour 2030, mais celles relatives aux compétences numériques et à la transformation numérique des entreprises sont d’un niveau d’ambition inférieur à celui des cibles de l’UE pour 2030. La feuille de route contient une analyse détaillée de la situation actuelle, ainsi qu’un ensemble complet de mesures et d’initiatives conçues pour atteindre les objectifs et cibles de la décennie numérique en vue de transformer le pays en une société avancée sur le plan numérique et inclusive d’ici à 2030. Elle est fondée sur la stratégie numérique nationale du pays pour la période 2020-2025, la Bible pour la transformation numérique . Le financement de la transformation numérique repose largement sur les financements de l’UE (FRR et financement au titre de la politique de cohésion).

Le financement public total des 104 mesures de la feuille de route est estimé à 5 230,2 millions d’EUR (environ 2,37 % du PIB). Les priorités sont la transformation numérique du secteur public, y compris du secteur de la santé, la transformation numérique de l’économie et l’adoption des technologies numériques avancées par les entreprises. La feuille de route donne également une estimation approximative des investissements privés qu’il est prévu de réaliser dans les prochaines années dans les centres de données et la connectivité gigabit, chiffrés à 6 900 millions d’EUR.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Grèce devrait:

-CIBLES: envisager, en temps utile, de revoir toutes les cibles nationales qui ne sont pas alignées sur les cibles de l’UE pour 2030, en particulier celle relative à l’adoption de l’informatique en nuage, de l’analyse des données et de l’IA par les entreprises, qui est actuellement peu ambitieuse.

-MESURES: réexaminer et renforcer la stratégie et les mesures visant à contribuer aux cibles i) qui sont les plus difficiles à atteindre, telles que les infrastructures numériques et les spécialistes des TIC, et ii) qui affichent un faible niveau d’ambition, telles que l’adoption de l’informatique en nuage, de l’analyse des données et de l’IA par les entreprises. Fournir des précisions supplémentaires sur la manière dont les mesures existantes et prévues pour la numérisation des PME contribueront à la réalisation de la cible définie pour 2030; iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques; en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations sur la perception qu’ont les Grecs des droits numériques. Seuls 33 % des Grecs pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques: malgré une augmentation d’1 point par rapport à l’année dernière, ce taux reste largement inférieur à la moyenne de l’UE (47 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 62 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 2 points) et 51 % du contrôle de leurs données à caractère personnel, tandis que les répondants semblent globalement plus préoccupés par leurs droits et principes numériques que la moyenne de l’UE. En revanche, 85 % des répondants considèrent que les technologies numériques jouent un rôle précieux pour communiquer avec leurs amis et leur famille, ce qui est supérieur à la moyenne de l’UE (83 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 23 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Grâce à un soutien important des fonds de l’UE, la Grèce prend des mesures afin de commencer à moderniser ses infrastructures numériques et de recherche et de développer des écosystèmes d’innovation dans les technologies de pointe, qui en sont actuellement à leurs balbutiements. Le pays est toujours confronté à plusieurs problèmes. Il accuse un retard dans le déploiement des réseaux en fibre optique nécessaires pour fournir une connectivité gigabit pour tous, bien que son plan national pour le haut débit 2021-2027 commence à porter ses fruits. En outre, tous les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises font état d’une performance inférieure à la moyenne de l’UE. De nombreuses PME ont un niveau d’innovation relativement modéré et un faible niveau de maturité numérique. En 2023, seuls 43,3 % des PME affichaient au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, ce qui est inférieur à la moyenne de l’UE (57,7 %). En Grèce, les entreprises ont par ailleurs un faible taux d’adoption des technologies avancées telles que l’IA, l’informatique en nuage et l’analyse des données en général. Toutefois, le dynamisme de l’écosystème de start-up est un signe positif d’un écosystème numérique en développement.

Recommandations – La Grèce devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) suivre de près les progrès accomplis en ce qui concerne la couverture en gigabits afin de déceler suffisamment tôt les éventuels déficits d’investissement qui subsistent pour atteindre la cible définie pour 2030; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-SEMI-CONDUCTEURS, TECHNOLOGIES QUANTIQUES, NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: élaborer des mesures supplémentaires en temps utile afin d’accélérer le déploiement des infrastructures numériques et de données et d’encourager l’utilisation des capacités numériques et l’accès aux technologies numériques.

-TRANSFORMATION NUMÉRIQUE DES ENTREPRISES: envisager de renforcer les conditions-cadres pour permettre i) aux PME moins mûres sur le plan numérique d’adopter la transition numérique; et ii) à toutes les entreprises de bénéficier de l’économie fondée sur les données en adoptant rapidement les technologies avancées (IA, informatique en nuage, analyse des données) afin d’en faire un avantage concurrentiel; iii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Les efforts concertés déployés ces dernières années pour faire progresser la transformation numérique ont permis d’améliorer sensiblement et concrètement les services publics numériques mis à la disposition des citoyens et des entreprises. Ces progrès devraient contribuer de manière significative à la résilience et à la compétitivité du pays. Toutefois, pour ce qui est de permettre aux citoyens de tirer parti des possibilités offertes par la numérisation croissante de la société et de l’économie, la Grèce n’a pas encore relevé le défi consistant à doter sa population du niveau de compétences numériques requis, malgré plusieurs mesures, investissements et réformes récents. En 2023, seuls 52,4 % des Grecs possédaient au moins des compétences numériques élémentaires (moyenne de l’UE: 55,5 %), ce qui indique qu’aucun progrès n’a été accompli depuis la précédente collecte de données en 2021. La proportion de spécialistes des TIC dans la population active est de 2,4 %, ce qui est largement inférieur à la moyenne de l’UE (4,8 %). Toutefois, en 2023, les technologies de l’information ont été présentées comme le secteur économique grec figurant en tête de liste en ce qui concerne l’intention de recruter de nouveaux professionnels, avec des perspectives d’emploi qui ont atteint 27 %.

Recommandations – La Grèce devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES: étudier et déterminer si des mesures ciblées supplémentaires en vue de former la population sont suffisantes pour atteindre la cible, renforcer la résilience de l’économie et de la société et parvenir à une croissance inclusive.

-SPÉCIALISTES DES TIC: renforcer la stratégie et les mesures visant à accroître le nombre de spécialistes des TIC et à retenir les meilleurs talents.

-IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUE: la Grèce devrait notifier à la Commission un schéma d’identification électronique au titre du règlement eIDAS.

-SANTÉ EN LIGNE: i) mettre les catégories de données relatives aux comptes rendus et aux clichés d’imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; ii) veiller à ce que le service d’accès en ligne soit conforme aux lignes directrices sur l’accessibilité des contenus web.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La feuille de route nationale de la Grèce mentionne certaines mesures liées à la transition écologique, en plus des mesures relatives à la mise en place d’infrastructures et de technologies numériques plus durables et plus économes en énergie et en ressources (par exemple, le nuage souverain, les nœuds périphériques et les infrastructures 5G). La Grèce a également fixé, dans son plan national en matière d’énergie et de climat et dans le PRR, des objectifs pour lesquels les technologies numériques peuvent être utilisées comme moteurs intelligents de la transition écologique (par exemple, les compteurs intelligents). En 2023, un programme soutenu par des fonds de la politique de cohésion a été lancé pour la «transformation écologique des PME» afin de soutenir des projets visant à développer et à utiliser des technologies modernes pour améliorer leurs produits, services et processus du point de vue de la rénovation énergétique, de l’économie circulaire et de l’adoption de sources d’énergie propres. Il manque, toutefois, une approche plus globale permettant de rendre le secteur numérique plus respectueux de l’environnement et plus durable. Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique, 86 % des répondants grecs ont déclaré que veiller à ce que les technologies numériques soient au service de la transition écologique devrait constituer un objectif important des pouvoirs publics, un taux supérieur à la moyenne de l’UE (81 %). À cet égard, le centre de données géré par le secrétariat général des systèmes d’information et de la gouvernance numérique du ministère de la gouvernance numérique a adopté et mis en œuvre le code de conduite européen sur l’efficacité énergétique des centres de données.

Recommandations – La Grèce devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Hongrie

 

1 Synthèse

La Hongrie dispose d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.  

En 2023, la Hongrie a enregistré des progrès notables dans le domaine de la connectivité à haut débit, en améliorant la couverture 5G élémentaire, et dans la numérisation des PME, plus particulièrement l’adoption de l’informatique en nuage et de l’analyse des données. Toutefois, des difficultés particulièrement importantes subsistent dans le domaine des compétences numériques, en particulier pour les générations plus âgées, et dans l’adoption de technologies avancées telles que l’IA dans les entreprises hongroises. 

La Hongrie a pour objectif très ambitieux et difficile à atteindre de figurer parmi les 10 principales économies de l’UE dans le domaine de la numérisation d’ici à 2030. Cet objectif est reflété dans sa stratégie nationale de numérisation pour la période 2022-2030 , qui est alignée sur le programme d’action de l’UE pour la décennie numérique. Bien que le système institutionnel hongrois responsable de la mise en œuvre de la décennie numérique ait subi plusieurs changements (transformation des ministères et de leurs institutions de référence dans le domaine des TIC), la responsabilité de la coordination des initiatives menées par différents ministères se situe en dessous du niveau ministériel, entre les mains de l’Agence pour la Hongrie numérique.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 24 , 83 % des répondants hongrois estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie. Il s’agit du deuxième score le plus élevé de l’UE, nettement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

La Hongrie participe à trois consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) déjà constitués ou en cours de création, dont l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT EDIC, déjà constitué), l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE» (déjà constitué) et l’EDIC sur l’administration publique connectée (IMPACTS-EDIC, en cours de création).

Le plan pour la reprise et la résilience de la Hongrie consacre 1,7 milliard d’EUR (soit 29,1 % de l’enveloppe totale) à la transformation numérique 25 , la priorité étant accordée à la santé en ligne et aux compétences numériques. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 2,5 milliards d’EUR (12 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 26 .

Hongrie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

HU

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

80,3 %

84,1 %

4,8 %

78,8 %

7,4 %

95 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

70,1 %

76,2 %

8,7 %

64,0 %

13,5 %

X

-

Couverture 5G globale

57,9 %

83,7 %

44,6 %

89,3 %

9,8 %

99 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

5

1 186

X

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

34,5 %

53,2 %

24,2 %

57,7 %

2,6 %

89 %

90 %

Nuage

20,6 %

37,1 %

34,2 %

38,9 %

7,0 %

60 %

75 %

Intelligence artificielle

3,0 %

3,7 %

11,1 %

8,0 %

2,6 %

24 %

75 %

Analyse des données

N.D.

53,2 %

N.D.

33,2 %

N.D.

30 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

65,6 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

0

263

2

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

49,1 %

58,9 %

9,5 %

55,6 %

1,5 %

60 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,1 %

4,2 %

2,4 %

4,8 %

4,3 %

8,3 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Non

Services publics numériques pour les particuliers

67,9

73,4

8,1 %

79,4

3,1 %

96,3

100

Services publics numériques pour les entreprises

76,3

74,9

-1,8 %

85,4

2,0 %

97,2

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

79,9

86,0

7,6 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Hongrie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, le pays se montre très ambitieux; toutefois, selon ce document, il entend consacrer des efforts à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route est globalement réaliste et complète, mais assez prudente au niveau des cibles définies. Elle contient des cibles et trajectoires à l’horizon 2030 pour 12 ICP (VHCN, 5G, intensité numérique, informatique en nuage, mégadonnées, IA, licornes, compétences numériques, spécialistes des TIC, services publics numériques pour les citoyens et les entreprises et santé en ligne). La feuille de route comprend des cibles à l’horizon 2030 pour tous les ICP, à l’exception des nœuds périphériques. Deux cibles nationales (santé en ligne et licornes) correspondent pleinement aux cibles définies par l’UE pour 2030, tandis que quatre cibles nationales en sont très proches et y sont globalement conformes (5G, services publics numériques pour les citoyens et les entreprises et PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique). Six cibles sont en revanche d’un niveau d’ambition inférieur à celui des cibles de l’UE (VHCN, compétences numériques, spécialistes des TIC, services en nuage, analyse des données et IA). En ce qui concerne les mesures, la feuille de route de la Hongrie, qui a été adoptée et publiée en décembre 2023, présente une vue d’ensemble complète de la stratégie numérique du pays. Le budget total des mesures s’élève à 2,4 milliards d’EUR (environ 1,2 % du PIB), la priorité étant accordée aux compétences numériques et aux infrastructures numériques. En outre, certains des objectifs de la décision relative à la décennie numérique, tels que ceux relatifs à la transition écologique, à la compétitivité, à la souveraineté, à la primauté et à la résilience, y compris la cybersécurité, ont également été pris en considération dans le document.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Hongrie devrait:

-CIBLES: i) proposer des valeurs cibles et des trajectoires nationales pour les nœuds périphériques et formaliser la trajectoire pour la FTTP; ii) revoir à la hausse la cible relative aux VHCN, afin de la rapprocher de celle de l’UE, compte tenu du bon point de départ du pays et de son rythme actuel de progression; iii) envisager des cibles plus ambitieuses pour l’adoption des technologies d’informatique en nuage et d’analyse des données par les entreprises, afin de les rapprocher de celles de l’UE, étant donné que les performances actuelles de ces indicateurs sont déjà supérieures aux cibles définies dans la feuille de route de la Hongrie; iv) définir une cible plus ambitieuse pour les compétences numériques, plus proche de celle de l’UE, étant donné que la cible nationale actuelle est déjà presque atteinte, selon la valeur observée pour 2023.

-MESURES: fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations essentielles sur la perception qu’ont les Hongrois des droits numériques. 60 % des Hongrois pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques, un chiffre largement supérieur à la moyenne de l’UE (47 %). Si certaines de leurs préoccupations se sont amplifiées, notamment en ce qui concerne la liberté d’association en ligne et la sécurité des enfants en ligne (+5 points de pourcentage dans les deux cas), les Hongrois restent globalement plus confiants que la moyenne de l’UE. Sur le plan positif, pas moins de 70 % d’entre eux sont satisfaits du niveau de compétences numériques, et 68 % apprécient des aspects tels que l’accès à un internet à haut débit abordable ou à des services en ligne respectueux de l’environnement. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 27 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, la Hongrie est dotée d’infrastructures numériques solides dont le déploiement progresse de manière satisfaisante. Elle devrait néanmoins accorder davantage d’attention à la numérisation de ses entreprises. En ce qui concerne les infrastructures, la Hongrie obtient un score supérieur à la moyenne de l’UE pour les VHCN et est également très proche de la moyenne de l’UE pour la 5G. Grâce aux accords stratégiques conclus avec les principaux fournisseurs de services de télécommunications, qui se sont engagés à atteindre les taux de couverture figurant dans la stratégie nationale de numérisation de la Hongrie, le pays est en bonne voie pour atteindre les cibles définies pour 2030 concernant les VHCN et la 5G. Malgré l’augmentation significative de l’adoption des technologies avancées, la plupart des entreprises, en particulier les PME, ne profitent pas encore de tous les avantages de ces technologies numériques, en raison d’un manque de compétences numériques, ce qui a à son tour une incidence négative sur la compétitivité de l’économie. Toutefois, les résultats positifs dans le domaine de l’analyse des données pourraient constituer un tournant pour l’économie. Des progrès significatifs ont été accomplis en ce qui concerne la numérisation des PME, qui a augmenté de 24,2 % et qui se rapproche de la moyenne de l’UE. Les initiatives prévues dans les domaines d’importance stratégique que sont l’industrie de la défense et la cybersécurité ne donneront malheureusement pas de résultats dans les prochaines années.

Recommandations – La Hongrie devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) poursuivre et intensifier les efforts visant à garantir une couverture en gigabits et 5G complète, conformément au niveau d’ambition de l’UE. ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-PME: poursuivre ses efforts en lançant de nouveaux programmes de soutien et de nouvelles incitations, afin de soutenir la transformation numérique des PME et d’accroître les ressources destinées aux programmes existants, en mettant notamment l’accent sur l’adoption de l’informatique en nuage par les PME.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES/NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES i) soutenir davantage les investissements dans l’informatique en nuage, l’intelligence artificielle, l’analyse des données et d’autres technologies de pointe; ii) veiller à l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en élaborant une stratégie de diffusion propre au pays (qui complète les engagements déjà pris dans le cadre du PIIEC CIS); contribuer aux activités de diffusion supplémentaires menées par le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage; iii) envisager de prendre des mesures spécifiques au déploiement des nœuds périphériques, en complément de la participation au PIIEC CIS.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Les compétences numériques deviennent de plus en plus nécessaires pour les demandeurs d’emploi dans l’industrie et les services. Toutefois, l’écart se creuse entre les personnes qui sont des utilisateurs habituels des outils numériques et celles qui ne sont pas intéressées par des cours de perfectionnement, ce deuxième groupe représentant près de la moitié de la population active. Si les entreprises se sont concentrées sur l’optimisation de leurs opérations et la conservation de leurs talents, la demande de certains spécialistes des TIC reste immense, en particulier dans les domaines de l’IA, de l’informatique en nuage et de la cybersécurité. En revanche, des progrès significatifs ont été accomplis en ce qui concerne les compétences numériques au moins élémentaires, un chiffre qui a augmenté de 9,5 % et passe ainsi au-dessus de la moyenne de l’UE: 58,9 % des Hongrois possèdent au moins des compétences numériques élémentaires (contre 55,6 % pour la moyenne de l’UE). Les écarts restent toutefois importants parmi les générations plus âgées et les groupes vulnérables.

Bien que plus de 70 % de la population hongroise possède déjà un moyen d’identification électronique, son utilisation est limitée à l’intérieur du pays. La feuille de route de la Hongrie définit plusieurs mesures visant à accélérer la transition vers la nouvelle solution d’identification électronique mobile qui devraient produire des résultats d’ici à 2026 et qui seront également essentielles pour assurer son utilisation transfrontière.

En ce qui concerne la disponibilité de services publics numériques essentiels pour les citoyens et les entreprises, la Hongrie reste en dessous de la moyenne de l’UE. En revanche, s’agissant de l’accès aux dossiers médicaux électroniques, la Hongrie est déjà bien avancée. Sa nouvelle application mobile, qui permet d’accéder aux dossiers de santé, est devenue le service public numérique mobile le plus utilisé dans le pays. Les principales failles de la Hongrie concernant la maturité de ses services de santé en ligne sont l’impossibilité de s’authentifier avec un schéma d’identification électronique (pré)notifié et le fait que le service d’accès ne respecte pas les lignes directrices sur l’accessibilité des contenus web.

Recommandations – La Hongrie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: accélérer ses efforts visant à réduire la fracture numérique en élaborant et en investissant dans des politiques d’inclusion axées sur les groupes vulnérables, tels que les personnes peu qualifiées, les chômeurs, les personnes de plus de 55 ans, les personnes handicapées et les Roms.

-SPÉCIALISTES DES TIC: i) maintenir son taux élevé de diplômés dans le domaine des TIC, mais s’attacher davantage à attirer les femmes vers ce domaine d’études; ii) suivre de près la mise en œuvre des mesures existantes visant à augmenter le nombre de spécialistes des TIC à court terme et poursuivre les mesures visant à augmenter le pourcentage de femmes menant une carrière dans le secteur des TIC; iii) accroître les efforts visant à réduire le déficit de compétences en matière de cybersécurité.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES ESSENTIELS: accélérer ses efforts visant à numériser les services publics pour les citoyens et les entreprises.  

-IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUE: notifier à la Commission un schéma d’identification électronique au titre du règlement eIDAS.

-SANTÉ EN LIGNE: i) mettre la catégorie de données relative à l'imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne. ii) améliorer la méthode d’authentification permettant de se connecter au service d’accès en ligne en utilisant un schéma d’identification électronique (pré)notifié. iii) veiller à ce que le service d’accès en ligne soit conforme aux lignes directrices sur l’accessibilité des contenus web.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La transition écologique et la durabilité sont des tendances clés de la numérisation en Hongrie, la hausse des prix de l’énergie ayant été le principal moteur de changement. Dans le cadre de la version modifiée du plan pour la reprise et la résilience présentée par la Hongrie en 2023, plusieurs mesures énoncées dans le chapitre REPowerEU permettront de relever les défis liés à la transition écologique, notamment la numérisation des réseaux électriques.

Recommandations – La Hongrie devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires;

-aider les acteurs du numérique, y compris les fournisseurs de services de télécommunications, à accélérer la transition de leurs infrastructures de réseau vers des solutions plus écologiques et moins énergivores.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Irlande

 

1 Synthèse

L’Irlande apporte une contribution positive aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.  

En 2023, l’Irlande a enregistré des progrès notables dans le domaine des infrastructures FTTP et a considérablement investi dans l’habileté numérique de sa population. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent pour remédier au manque de spécialistes des TIC et faire progresser les initiatives en matière de santé en ligne, où les progrès sont encore lents.

Comme indiqué dans le cadre numérique national intitulé Harnessing Digital (Mettre à profit le numérique), l’Irlande a pour objectif d’être à l’avant-garde du numérique, au cœur des évolutions numériques européennes et mondiales.

Afin de mieux mettre en avant les prouesses numériques de l’Irlande tant sur la scène nationale qu’internationale, le pays continue de donner la priorité à des initiatives stratégiques visant à renforcer l’infrastructure numérique, à encourager l’innovation et à garantir la souveraineté numérique. En outre, l’engagement de l’Irlande à améliorer l’habileté et les compétences numériques de sa population renforce encore sa position prépondérante dans le paysage numérique à l’échelle mondiale. En collaborant avec les parties prenantes du secteur, le monde universitaire et les agences gouvernementales, l’Irlande devrait accélérer encore sa transformation numérique, contribuer de manière significative aux objectifs de la décennie numérique de l’UE et renforcer sa position de pionnière du numérique sur la scène mondiale.

Alors que le déploiement des réseaux 5G progresse régulièrement et est conforme à la moyenne de l’UE, l’Irlande a tardé à déployer des services 5G dans la bande 3,6 GHz, qui est la seule bande de fréquences actuellement disponible pour fournir des services 5G hautement performants à une grande partie de la population et pour assurer les communications entre entreprises (B2B). Les opérateurs irlandais devraient être encouragés à accélérer ce déploiement de la 5G dans la bande moyenne.

Selon l’Eurobaromètre spécial sur «la décennie numérique 2024» 28 , 76 % des répondants irlandais estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (73 %). L’Irlande est le troisième plus grand exportateur mondial de services fournis par voie numérique 29 .

Le pays est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «Alliance pour les technologies du langage (ALT-EDIC), déjà constitué, qui remédie au manque de données linguistiques européennes nécessaires pour les solutions d’IA 30 .

L’Irlande consacre 34 % du budget total de son plan pour la reprise et la résilience au numérique (313 millions d’EUR) 31 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 54 millions d’EUR (5 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 32 .



Irlande

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

IE

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

83,8 %

87,0 %

3,8 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

72,1 %

78,5 %

8,9 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

83,9 %

85,3 %

1,7 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

24

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

64,2 %

66,1 %

1,5 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

47,4 %

53,1 %

5,8 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

7,9 %

8,0 %

0,6 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

37,1 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

64,1 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

12

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

70,5 %

72,9 %

1,7 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

6,3 %

6,2 %

-1,6 %

4,8 %

4,3 %

9,6 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

81,1

81,2

0,2 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

100,0

100,0

0,0 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

0,0

11,4

79,1

10,6 %

80

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de l’Irlande à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est très ambitieuse, et selon ce document, l’Irlande entend consacrer des efforts très importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route stratégique nationale de l’Irlande est alignée sur le programme d’action de l’UE pour la décennie numérique et présente un plan complet, dont toutes les sections ont été achevées. Si les défis, les forces et les atouts sont clairement indiqués, il manque des informations importantes, notamment sur les cibles relatives à la FTTP, aux nœuds périphériques et aux licornes. La feuille de route présente 59 mesures, dotées d’un budget estimé à 14,9 milliards d’EUR (2,9 % du PIB), qui sont alignées sur les objectifs et cibles du programme d’action et sur la déclaration sur les droits et principes numériques. En s’appuyant sur les stratégies existantes telles que la stratégie numérique nationale intitulée «Harnessing Digital», l’Irlande se concentre sur les services publics numériques, les spécialistes des TIC et la connectivité, en mettant particulièrement l’accent sur les mesures de soutien aux licornes. La feuille de route établit un équilibre entre les besoins privés et publics, en s’alignant sur les objectifs de la décennie numérique consistant à renforcer la compétitivité, la cybersécurité et l’autonomisation des citoyens. Dans l’ensemble, la feuille de route de l’Irlande est cohérente et innovante, ce qui place le pays sur la bonne voie pour atteindre les cibles numériques de l’UE.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, l’Irlande devrait:

-CIBLES: i) privilégier la définition de cibles claires et mesurables pour tous les domaines clés définis dans la feuille de route stratégique nationale, y compris la FTTP, les nœuds périphériques et les licornes; ii) intensifier les efforts visant à atteindre la cible définie au niveau de l’UE concernant la santé en ligne, conformément aux exigences du futur règlement relatif à l’espace européen des données de santé.

-MESURES: i) améliorer l’analyse et l’évaluation des mesures figurant dans la feuille de route stratégique nationale en fournissant des informations complètes sur les incidences escomptées et les dotations budgétaires pour chaque mesure, y compris la contribution du PRR; ii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations sur la perception qu’ont les Irlandais des droits numériques. Malgré une baisse de 7 points depuis l’année dernière, 62 % des répondants irlandais pensent toujours que l’UE protège leurs droits numériques, soit un peu plus que la moyenne de l’UE (45 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 41 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 13 points) et 32 % du contrôle de leur héritage numérique (un chiffre en hausse de 11 points). Sur le plan positif, 70 % des citoyens apprécient l’existence de compétences numériques et 63 % ont confiance dans la liberté de réunion en ligne, deux chiffres largement supérieurs à la moyenne de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 33 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Les initiatives stratégiques de l’Irlande sont étroitement alignées sur les objectifs de l’UE visant à améliorer les infrastructures numériques, à encourager la recherche et l’innovation et à préserver la souveraineté numérique. Des initiatives telles que le plan national pour le haut débit et le déploiement de réseaux en fibre optique à haut débit témoignent de l’engagement de l’Irlande à atteindre les cibles de la décennie numérique de l’UE relatives aux infrastructures de connectivité et à garantir des systèmes numériques résilients et accessibles aux citoyens comme aux entreprises.

En soutenant les écosystèmes numériques et les entreprises innovantes à l’échelle de l’UE dans le cadre d’initiatives telles que le fonds pour la transition numérique et le plan pour la croissance des PME, l’Irlande démontre son attachement à la compétitivité et à la souveraineté numérique. En donnant la priorité à l’adoption de l’informatique en nuage, de l’IA et de l’analyse des données, l’Irlande vise à accélérer la transformation numérique et à encourager les champions potentiels du numérique, conformément à la vision de l’UE. En outre, l’accent mis par l’Irlande sur la recherche et l’innovation souligne son engagement à stimuler le progrès numérique et à relever les grands défis en matière de RDI. Grâce à son projet de créer une nouvelle agence de financement de la recherche d’ici à 2024, l’Irlande devrait renforcer davantage sa position de chef de file de l’innovation numérique dans l’UE.

Recommandations – L’Irlande devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) poursuivre les efforts visant à garantir une couverture en gigabits et 5G complète, notamment en s’attaquant aux goulets d’étranglement opérationnels tels que les autorisations de déploiement massif des télécommunications qui doivent être obtenues pour étendre la couverture mobile; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: étudier les possibilités de partenariats public-privé et mobiliser les mécanismes de financement pour soutenir le déploiement de l'infrastructure des nœuds périphériques.

-INFORMATIQUE EN NUAGE/IA/ANALYSE DES DONNÉES: i) élaborer des programmes ciblés et des incitations afin d’encourager les entreprises et les PME à adopter les mégadonnées et l’IA et à exploiter leur potentiel d’innovation et de croissance; ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

-LICORNES: revoir à la hausse les mécanismes de financement tels que le Fonds pour la transition numérique et le mécanisme de capital d’amorçage et de capital-risque afin de soutenir l’entrepreneuriat numérique et d’encourager les licornes potentielles.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

L’Irlande a accompli des progrès considérables vers la réalisation de la cible de la décennie numérique de l’UE relative aux compétences numériques élémentaires: en effet, 72,9 % de la population possède au moins des compétences numériques élémentaires, dépassant ainsi la moyenne de l’UE. Des initiatives clés telles que la stratégie d’amélioration des compétences des adultes pour la vie et la stratégie numérique pour les écoles ont joué un rôle crucial dans la promotion de l’habileté numérique dans la société. Les initiatives telles que le plan de mise en œuvre de l’éducation dans le domaine des STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) démontrent l’engagement de l’Irlande à donner aux citoyens les moyens d’agir grâce à l’éducation et au développement de leurs compétences, tandis que celles visant à répondre à la demande de spécialistes des TIC reflètent une approche concertée pour combler les fractures et favoriser la préparation au numérique au sein de la population active.

L’Irlande améliore également ses services publics numériques afin de renforcer l’inclusion et l’accessibilité. Des initiatives telles que l’établissement d’un cadre national pour les marchés publics et la création d’un centre de données publiques commun reflètent les efforts du pays visant à moderniser les services publics et à promouvoir l’efficacité. Les investissements dans les initiatives de santé numérique soulignent une fois de plus la volonté de l’Irlande à tirer parti de la technologie pour assurer l’accessibilité des soins de santé et l’autonomisation des patients, en faisant ainsi avancer sa stratégie de transformation numérique.

Recommandations – L’Irlande devrait:

-SPÉCIALISTES DES TIC: élargir les programmes d’apprentissage et les initiatives de perfectionnement et de reconversion professionnels afin de répondre à la demande croissante de spécialistes des TIC, grâce à une réforme structurelle du fonds national pour la formation. Il convient de poursuivre les efforts visant à combler l’écart entre les hommes et les femmes.

-IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUE: notifier à la Commission un schéma d’identification électronique au titre du règlement eIDAS, tout en mettant à profit les programmes numériques tels que MyGovID et le portefeuille européen d’identité numérique pour améliorer l’accès aux services essentiels conformément au règlement eIDAS.

-SANTÉ EN LIGNE: i) étendre la couverture du service d’accès en ligne afin de garantir que tous les citoyens puissent accéder à leurs données de santé électroniques en ligne; ii) faire en sorte que d’autres catégories de données soient mises à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne. iii) accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Les derniers résultats de l’enquête Eurobaromètre révèlent un large soutien de la part des citoyens irlandais, 89 % d’entre eux ayant souligné le rôle des technologies numériques dans la transition écologique. Afin de tenir son engagement de réduire les émissions, l’Irlande se concentre sur l’intégration des transitions écologique et numérique aux futures politiques des entreprises. Des initiatives telles que la loi sur l’économie circulaire et le projet «Build Digital» reflètent les efforts déployés par le pays pour promouvoir la durabilité dans le secteur numérique. Des difficultés persistent, avec seulement 20 % des entreprises qui mettent en œuvre des mesures d’efficacité énergétique pour leurs équipements TIC. Toutefois, les initiatives gouvernementales, telles que la stratégie nationale pour le travail à distance et le nouveau centre de traitement des données, visent à atténuer les incidences sur l’environnement tout en maximisant les avantages numériques. Les organismes de réglementation contribuent aux efforts de durabilité, en mettant l’accent sur une approche globale visant à faire progresser les objectifs environnementaux dans le paysage numérique.

Recommandations – L’Irlande devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration des futures politiques et de l’obtention des financements nécessaires.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Italie


1 Synthèse

L’Italie dispose d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.  

En 2023, l’Italie a accompli des progrès dans le domaine de l’administration en ligne, en particulier en ce qui concerne la santé en ligne et les services publics numériques essentiels pour les entreprises, et a continué de progresser dans le déploiement de réseaux en gigabits. Toutefois, malgré certains progrès, des difficultés particulièrement importantes subsistent en ce qui concerne les compétences numériques, alors que les entreprises italiennes accusent un retard dans l’adoption de technologies avancées telles que l’IA.

Ces dernières années, en s’appuyant également sur le plan pour la reprise et la résilience, l’Italie a consacré des efforts considérables à la transformation numérique du pays, en intensifiant les initiatives visant à numériser l’administration publique, à soutenir la numérisation des entreprises et à améliorer les compétences numériques dans l’ensemble du pays. Elle peut par ailleurs compter sur une base solide dans des domaines tels que les semi-conducteurs, l’informatique de périphérie et les technologiques quantiques, qui sont essentiels au positionnement et à la primauté technologique du pays.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 34 , 71 % des citoyens italiens estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie (contre 73 % au niveau de l’UE), un chiffre qu’il convient d’améliorer en s’assurant de l’adhésion de tous les citoyens. 

La participation aux initiatives menées conjointement avec d’autres États membres de l’UE reste également essentielle. À l’heure actuelle, l’Italie participe à neuf consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) déjà constitués ou en cours de création 35 , ainsi qu’aux projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) dans les domaines des infrastructures et services en nuage et de la microélectronique.

L’Italie consacre 25,6 % du budget total de son plan pour la reprise et la résilience au numérique (47 milliards d’EUR) 36 , ce qui représente une possibilité d’action importante, mais reste insuffisant pour atteindre pleinement les cibles de la décennie numérique et nécessite de mettre fortement l’accent sur la mise en œuvre et l’alignement sur les différents plans stratégiques existants. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 5,5 milliards d’EUR (13 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 37 .



Italie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

IT

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

53,7 %

59,6 %

11,0 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)(2)

53,7 %

59,6 %

11,0 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

99,7 %

99,5 %

-0,2 %(3)

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

77

1 186

946

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

60,3 %

60,7 %

0,3 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

51,9 %

55,1 %

3,0 %

38,9 %

7,0 %

74 %

75 %

Intelligence artificielle

6,2 %

5,0 %

-10,2 %(4)

8,0 %

2,6 %

60 %

75 %

Analyse des données

N.D.

26,6 %

N.D.

33,2 %

N.D.

60 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

63,1 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

7

263

16

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

45,6 %

45,8 %

0,2 %

55,6 %

1,5 %

74,6 %

80 %

Spécialistes des TIC

3,9 %

4,1 %

5,1 %

4,8 %

4,3 %

7,3 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

67,9

68,3

0,5 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

74,7

76,3

2,1 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

71,3

82,7

15,9 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

(2) L’indicateur relatif à la couverture par le VHCN et l’indicateur relatif à la couverture FTTP sont identiques.

(3) Cette variation ne reflète pas une modification de la couverture, mais résulte de légères améliorations des critères adoptés pour estimer la couverture.

(4) La variation entre les deux années n’est pas considérée comme statistiquement significative, mais correspond à la stagnation de cet indicateur.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de l’Italie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est extrêmement ambitieuse, et selon ce document, l’Italie entend consacrer des efforts considérables à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique. Toutefois, l’adoption et la publication formelles de la feuille de route au niveau national, qui sont essentielles pour que le pays s’engage pleinement dans la réalisation de ces ambitions, sont toujours en suspens.

La feuille de route donne une vue d’ensemble complète, couvrant toutes les cibles à l’horizon 2030. Si les cibles sont globalement ambitieuses et conformes aux cibles définies par l’UE, celles relatives aux compétences numériques élémentaires et aux spécialistes des TIC ainsi qu’à l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) et de l’analyse des données restent inférieures aux niveaux d’ambition de l’UE et ne reflètent que les mesures actuellement en vigueur. La feuille de route définit, au total, plus de 60 mesures, dotées d’un budget de plus de 32 milliards d’EUR (environ 1,6 % du PIB). L’accent est mis sur l’amélioration des compétences numériques, les spécialistes des TIC et les services publics numériques. Toutefois, certains domaines, dont les licornes et l’adoption de l’IA, ne font pas l’objet de mesures ciblées. Une approche plus globale pourrait être adoptée en ce qui concerne le positionnement du pays dans des domaines technologiques clés tels que les semi-conducteurs et les technologies quantiques.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, l’Italie devrait:

-CIBLES: i) fournir une trajectoire pour la cible relative aux licornes; ii) envisager d’aligner le niveau d’ambition des cibles définies pour les compétences numériques élémentaires, les spécialistes des TIC et l’adoption des technologies (IA, informatique en nuage et analyse des données) sur celui des cibles de l’UE.

-MESURES: i) renforcer et/ou mieux adapter les mesures contribuant aux cibles les plus difficiles à atteindre, en particulier celles relatives aux compétences, aux spécialistes des TIC, à l’adoption de l’IA et à l’analyse des mégadonnées; ii) préciser les mesures visant à atteindre la cible relative aux licornes; iii) envisager de fournir une analyse et une vue d’ensemble plus complètes des mesures et des stratégies relatives aux semi-conducteurs et aux technologies quantiques; iv) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures, en veillant à son exhaustivité et son exactitude; v) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

-CONSULTATION: organiser un processus de consultation sur la feuille de route, conformément aux règles nationales, et en rendre compte.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle que 49 % de la population italienne estime que l’UE protège correctement ses droits numériques, un chiffre qui reste supérieur à la moyenne de l’UE (45 %), malgré une baisse de 6 points par rapport à l’année précédente. Le niveau de confiance dans la protection de la vie privée numérique s’élève à 57 %, ce qui est également supérieur à la moyenne de l’UE. Parmi les préoccupations exprimées figurent la sécurité des environnements numériques pour les enfants (45 %) et le contrôle des données à caractère personnel (40 %). Malgré ces préoccupations, 83 % des Italiens soulignent l’importance des technologies numériques pour accéder aux services publics et 81 % pour communiquer avec leurs amis et leur famille, ce qui dénote une forte appréciation des progrès numériques. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 38 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Le pays progresse dans le déploiement des réseaux de connectivité, tandis que les technologies avancées telles que l’informatique de périphérie, les technologies quantiques et les semi-conducteurs suscitent de plus en plus d’attention. Le maintien de cette dynamique devrait rester une priorité afin de renforcer les capacités et le positionnement du pays. Si l’Italie est globalement à la pointe en ce qui concerne la couverture 5G générale, des progrès rapides et soutenus sont nécessaires pour déployer des réseaux fixes à très haute capacité (VHCN), et, en particulier, des réseaux de fibre optique jusqu’aux locaux (FTTP), de même que des efforts accrus pour relier l’infrastructure de connectivité aux capacités de l’informatique de périphérie et en nuage. L’Italie devrait également redoubler d’efforts pour améliorer la qualité du service des réseaux 5G et offrir à grande échelle les performances supérieures nécessaires pour les cas d’utilisation avancés, en particulier pour les communications entre entreprises (B2B).

La présence de grands projets et de centres d’excellence dans le domaine des capacités quantiques pourrait renforcer les ambitions du pays dans ce domaine, mais le niveau d’investissement nécessite une évaluation minutieuse. Le secteur des semi-conducteurs fait l’objet de plus en plus d’attention et d’investissements, ce qui nécessite une vision cohérente et des efforts soutenus.

L’adoption des technologies est relativement élevée parmi les entreprises italiennes, y compris les PME. Toutefois, d’importantes lacunes subsistent en ce qui concerne l’utilisation de l’IA et dans le domaine des entreprises innovantes et à forte croissance (licornes). L’expansion des entreprises en Italie reste difficile, car elle est freinée par un écosystème généralement faible et par des investissements en capital-risque limités.

Recommandations – L’Italie devrait: 

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) continuer de déployer la FTTP, qui assure un taux de croissance élevé, et redoubler d’efforts pour développer les infrastructures de connectivité de manière cohérente et conjointe avec les capacités d’informatique en nuage et de périphérie exploitant le potentiel du réseau 5G du pays; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-SEMI-CONDUCTEURS ET TECHNOLOGIES QUANTIQUES: poursuivre les efforts dans le secteur des semi-conducteurs et accroître les investissements dans les technologies quantiques, notamment dans le cadre d’initiatives de l’UE et en vue de contribuer au règlement sur les semi-conducteurs.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: 

oi) renforcer les mesures axées sur l’adoption des technologies par les entreprises, en accordant une attention particulière à l’IA et en examinant les obstacles et les facteurs propres au contexte national.

oii) veiller à l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en élaborant une stratégie de diffusion propre au pays (qui complète les engagements déjà pris dans le cadre du PIIEC CIS); contribuer aux activités de diffusion supplémentaires menées par le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage; 

-LICORNES: renforcer les actions visant à soutenir l’écosystème des start-up et des entreprises innovantes, notamment en améliorant la disponibilité d’outils financiers efficaces et en encourageant les initiatives visant à soutenir l’expansion des entreprises, en particulier dans les secteurs stratégiques, en créant des synergies entre la recherche et les systèmes industriels.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Les principales lacunes du pays concernent toujours les compétences numériques, ce qui sape les efforts visant à combler les fractures numériques et freine la compétitivité. Malgré l’orientation de la feuille de route et les nombreuses initiatives menées récemment par l’Italie, seuls 45,8 % des citoyens italiens possèdent au moins des compétences numériques élémentaires et la proportion de spécialistes des TIC dans la population active reste limitée, tandis que la demande de ces compétences par les entreprises augmente. 

L’Italie obtient de bons résultats en ce qui concerne le déploiement des dossiers médicaux électroniques et elle a poursuivi, en 2023, son action visant à renforcer l’accès aux principaux services publics numériques; toutefois, des efforts supplémentaires sont nécessaires. L’Italie possède deux schémas d’identification électronique certifiés au titre du règlement eIDAS et contribue aux travaux en vue du déploiement du portefeuille européen d’identité numérique. Le dossier médical numérique (DMN) a été introduit dans toutes les régions. Toutefois, la disponibilité de services publics numériques pour les citoyens était toujours inférieure à la moyenne de l’UE en 2023. Les grands projets et investissements en cours dans le domaine de l’administration en ligne ne produisent pas encore tous leurs effets.

Recommandations – L’Italie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: redoubler d’efforts en vue de renforcer les compétences numériques dans tous les groupes cibles dans le cadre d’interventions sur mesure, notamment: i) en renforçant les services destinés à accompagner les citoyens dans l’utilisation des outils numériques; ii) en développant des programmes d’enseignement numérique dans les écoles et en renforçant l’intérêt pour les disciplines des STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) et des TIC; iii) et en encourageant les travailleurs à suivre des parcours de reconversion et de perfectionnement professionnels.

-SPÉCIALISTES DES TIC: i) développer les programmes TIC dans l’enseignement supérieur, notamment en renforçant les instituts techniques supérieurs, en fonction des besoins du marché du travail et en collaboration avec l’industrie; ii) prendre des mesures spécifiques pour accroître la participation des femmes à l’enseignement des TIC et aux carrières dans le secteur des TIC; iii) envisager des mesures visant à attirer et à retenir des spécialistes des TIC. 

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES ESSENTIELS: poursuivre les efforts visant à numériser les services publics, en mettant l’accent sur la facilité d’utilisation et l’interopérabilité afin d’accroître leur simplification et la réutilisation des informations à la disposition des administrations publiques.

-SANTÉ EN LIGNE: i) accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé; ii) s’appuyer sur les dispositions juridiques existantes et mettre en place des possibilités d’accès pour les tuteurs légaux, les personnes autorisées et les groupes défavorisés; iii) mettre tous les types d’images médicales à la disposition des citoyens en temps utile et dans toutes les régions grâce au service d’accès en ligne, notamment au moyen d’applications mobiles.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Le plan pour la reprise et la résilience encourage les initiatives de couplage des transitions numérique et écologique. L’adoption du plan «Transition 5.0», qui fait partie du chapitre REPowerEU, encourage la transition des entreprises dans le cadre d’investissements visant à réduire leur consommation d’énergie. Ce plan comprend aussi des mesures relatives à la surveillance avancée du changement climatique et au soutien des systèmes de transport intelligents dans trois villes pilotes. Ces efforts complètent les initiatives existantes en matière de gestion énergétique urbaine, d’utilisation stratégique des actifs et de marchés publics innovants.

Recommandations – L’Italie devrait:

-poursuivre et intensifier ses efforts visant à coupler transition écologique et transition numérique, en tirant également parti des technologies avancées et en développant à grande échelle les initiatives couronnées de succès;

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration des futures politiques et de l’obtention des financements nécessaires. 

(1)

Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(2)

Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024

(3)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(4)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(5)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective », et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(6)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(7)

 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(8)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(9)

   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(10)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective », et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(11)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(12)

 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(13)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(14)

   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(15)

 Aucun chiffre concret n’a été fourni dans la feuille de route. La cible est une hypothèse formulée par la Commission européenne, qui utilise DealRoom comme base de données. Pour le DESI 2023, la Commission européenne a dénombré 61 licornes en Allemagne. L’Allemagne n’a pas d’accès direct aux données et ne peut donc assumer aucune responsabilité quant à leur comparabilité avec d’autres pays ou quant à leur exhaustivité et leur exactitude. En cas de modification dans la base de données, la cible devrait, au besoin, être ajustée.

(16)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective », et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(17)

  https://dashboard.digitale-verwaltung.de/

(18)

  Digitalisierung und Nachhaltigkeit – BMBF .

(19)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(20)

 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(21)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(22)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(23)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective », et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(24)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(25)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(26)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(27)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective », et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(28)

Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(29)

Organisation mondiale du commerce (2023), Perspectives et statistiques du commerce mondial.

(30)

Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024

(31)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(32)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(33)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective », et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(34)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(35)

 Mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(36)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(37)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(38)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective », et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 


Bruxelles, le 2.7.2024

COM(2024) 260 final

ANNEXE

de la

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique


Annexe 3: Rapports succincts des 27 États membres de l’UE

 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Lettonie

  
 



1 Synthèse

La Lettonie dispose d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’UE, en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Lettonie a enregistré des progrès notables dans la numérisation des PME, l’adoption globale de l’informatique en nuage et la numérisation des services publics pour les entreprises. Toutefois, des difficultés particulièrement importantes subsistent en ce qui concerne l’amélioration des compétences numériques des citoyens et le renforcement de l’infrastructure de connectivité globale, tant en gigabits qu’en 5G.

La numérisation est une priorité pour les autorités lettones. Elle figure dans plusieurs stratégies nationales, telles que les lignes directrices pour la transformation numérique 2021-2027, le plan de développement du secteur des communications électroniques pour la période 2021-2027, les lignes directrices pour la politique industrielle nationale (2021-2027) et le plan national de développement pour la période 2021-2027. La Lettonie se situe en dessous de la moyenne de l’UE pour les infrastructures numériques, malgré une forte croissance annuelle. La Lettonie progresse dans la numérisation des services publics pour les citoyens et les entreprises, tout en tombant en dessous de la moyenne de l’UE en ce qui concerne les compétences numériques élémentaires et la numérisation des PME.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 1 , 78 % des citoyens lettons estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

La Lettonie est membre de l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC) et de l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE» et participe aux discussions relatives à la création de l’EDIC intitulé «Cancer Image Europe» (EUCAIM) avec un groupe de travail informel. Le pays participe également, avec des participants indirects, au PIIEC sur les infrastructures et services d’informatique en nuage de nouvelle génération 2 .

Le PRR letton consacre 23 % de son budget à la promotion de la transition numérique (416 millions d’EUR) 3 , en mettant l’accent sur l’amélioration des compétences numériques élémentaires, l’adoption accrue des solutions numériques et l’augmentation du nombre de spécialistes des TIC. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 0,5 milliard d’EUR (11 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 4 .



Lettonie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

LV

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

62,7 %

71,5 %

13,9 %

78,8 %

7,4 %

53 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

60,9 %

61,9 %

1,6 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

42,0 %

53,1 %

26,5 %

89,3 %

9,8 %

70 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

3

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

38,1 %

48,2 %

12,5 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

22,2 %

29,0 %

14,3 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

3,7 %

4,5 %

10,3 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

36,9 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

48,2 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

0

263

2

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

50,8 %

45,3 %

-5,5 %

55,6 %

1,5 %

70 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,4 %

4,4 %

0,0 %

4,8 %

4,3 %

10 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

87,2

88,2

1,2 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

85,8

87,2

1,6 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

78,8

84,8

7,6 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Lettonie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est très ambitieuse, et selon ce document, la Lettonie entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route est globalement ambitieuse et cohérente, y compris en ce qui concerne ses objectifs, mais elle présente certaines faiblesses au niveau de la numérisation des entreprises. La feuille de route couvre tous les objectifs de la décennie numérique, tels qu’un espace numérique centré sur l’humain, la résilience et la sécurité, la souveraineté, la transition écologique et la protection de la société, avec un niveau élevé d’ambition, en particulier en ce qui concerne la transformation centrée sur l’humain et la souveraineté.

La feuille de route comprend l’ensemble des ICP à l’horizon 2030 mais fournit des informations limitées sur les progrès accomplis en ce qui concerne les semi-conducteurs, les nœuds périphériques et la FTTP. Tous les objectifs nationaux, sauf trois (compétences numériques élémentaires, gigabit et connectivité 5G), sont alignés sur les cibles définies par l’UE pour 2030. La feuille de route ne fournit ni cible ni trajectoire nationale pour la FTTP ni pour les nœuds périphériques. Au total, la feuille de route présente 47 mesures.

Une consultation publique sur la feuille de route a donné lieu à de nombreuses observations, notamment de la part des partenaires sociaux et des organisations non gouvernementales (ONG). La Lettonie a tenu compte de ces observations et des recommandations de la Commission figurant dans le rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique 2023 dans la version présentée.

Le budget total de la feuille de route est estimé à 1 539 millions d’EUR (environ 4,5 % de son PIB), les priorités étant le développement des licornes, l’adoption du numérique par les PME et l’adoption de l’information en nuage/de l’IA/des mégadonnées. Certains aspects nécessitent des efforts supplémentaires, en particulier pour augmenter le niveau des compétences numériques.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Lettonie devrait:

-CIBLES: i) proposer une cible et une trajectoire pour la FTTP et les nœuds périphériques; ii) aligner le niveau d’ambition des cibles définies pour les compétences numériques au moins élémentaires, les VHCN et la 5G sur celui des cibles de l’UE.

-MESURES: i) renforcer les mesures et augmenter le financement concernant les compétences numériques au moins élémentaires, les VHCN et la 5G afin d’être en mesure d’aligner ses cibles nationales sur celles de la décennie numérique; ii) accroître le financement de la numérisation des entreprises et des compétences numériques afin de pouvoir atteindre les cibles définies concernant l’intensité numérique des PME, l’adoption de l’informatique en nuage, de l’IA et de l’analyse des données et les spécialistes des TIC. iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle des informations essentielles sur la perception qu’ont les Lettons des droits numériques. Seuls 42 % des Lettons pensent que l’UE protège efficacement leurs droits numériques, un chiffre en forte baisse de 16 points de pourcentage par rapport à l’année dernière et inférieur de 3 points à la moyenne de l’UE. Le niveau de confiance dans la protection de la vie privée numérique s’élève à 48 %, également inférieur de 3 points à la moyenne de l’UE. Parmi les préoccupations exprimées figurent la sécurité des environnements numériques pour les enfants (56 %) et le contrôle des données à caractère personnel (38 %), avec une baisse notable de la confiance. Parmi les tendances positives, citons l’importance des technologies numériques pour communiquer avec ses amis et sa famille, qui obtient un score (90 %) largement supérieur à la moyenne de l’UE (83 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 5 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

En ce qui concerne l’acquisition d’une primauté technologique en vue d’une UE compétitive, souveraine et résiliente, la Lettonie accuse un retard en matière d’infrastructures de connectivité, tout en affichant une croissance et une ambition impressionnantes en ce qui concerne l’adoption du numérique par les PME. Sur le plan de la couverture FTTP, la Lettonie se situe en dessous de la moyenne de l’UE, avec un taux de croissance annuel largement inférieur à la moyenne de l’UE. En ce qui concerne la couverture des VHCN et de la 5G, la Lettonie se situe également en dessous de la moyenne de l’UE, bien que, dans ce cas, le taux de croissance soit plus important (puisqu’il est supérieur à la moyenne de l’UE). La Lettonie devra fournir des efforts considérables pour mettre en place une infrastructure numérique adéquate. À cet égard, elle accorde la priorité à des mesures de soutien public ciblées visant à déployer les sections du réseau intermédiaires et du dernier kilomètre. La Lettonie affiche des progrès dans le domaine des semi-conducteurs et de l’informatique quantique, tandis que ses initiatives en matière de nœuds périphériques sont extrêmement limitées. En outre, les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises (niveau élémentaire d’intensité numérique des PME et adoption de l’analyse des données, de l’IA ou de l’informatique en nuage) font tous état d’une performance inférieure à la moyenne de l’UE, mais sont en très forte croissance. La Lettonie concentre ses efforts sur la cybersécurité, comme en témoignent le lancement de sa stratégie pour la cybersécurité 2023-2026, ses mesures ciblant les infrastructures de cybersécurité et sa collaboration multinationale, particulièrement importante compte tenu de sa situation géopolitique.

Recommandations – La Lettonie devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) poursuivre ses efforts actuels visant à soutenir le déploiement des VHCN et de la FTTP et intensifier considérablement ses efforts en matière de déploiement de la 5G, notamment en stimulant les investissements privés et en encourageant l’adoption de ces technologies; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: i) dispenser des cours sur la cybersécurité dans les programmes d’études pertinents de l’éducation formelle; ii) poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES: envisager de prendre des mesures spécifiques au déploiement des nœuds périphériques, en complément de la participation au PIIEC CIS.

-NUMÉRISATION DES ENTREPRISES: mettre en place et soutenir des initiatives ambitieuses visant à accroître la numérisation des PME.

-INFORMATIQUE EN NUAGE/IA/ANALYSE DES DONNÉES: i) poursuivre, augmenter et accélérer les investissements publics et privés dans l’adoption de l’informatique en nuage/de l’IA/de l’analyse des données; ii) soutenir l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec les participants directs afin d’élaborer une stratégie de diffusion propre au pays allant au-delà des organisations participantes.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

La Lettonie œuvre à la réalisation d’une transition numérique inclusive. Pour ce faire, elle devra toutefois déployer des efforts soutenus et ambitieux afin d’accroître le niveau de compétences numériques de sa population. Le niveau de compétences numériques élémentaires de la population est inférieur à la moyenne de l’UE et a considérablement baissé depuis le rapport de l’année dernière, en raison des effets post-COVID-19 (baisse de l’utilisation des outils TIC). Ces dernières années, la Lettonie a fait du développement des compétences numériques une priorité nationale. Ainsi, le pays a intégré la formation aux compétences numériques à différents stades: dans l’éducation formelle et non formelle initiale, dans la population active, dans l’éducation et la formation des adultes, dans le cadre du compte de formation individuel et dans l’apprentissage en ligne. Il est capital que la Lettonie poursuive, maintienne et intensifie ses efforts en vue d’augmenter le nombre de personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires, car cela a une incidence sur l’ensemble des cibles numériques. La Lettonie met actuellement en œuvre des mesures ciblant spécifiquement les filles et les femmes, afin de renforcer leurs compétences numériques élémentaires et d’augmenter le nombre de femmes spécialistes des TIC, en vue de maintenir ses performances au-dessus de la moyenne de l’UE. L’ambition de la décennie numérique de l’UE nécessitera des efforts soutenus, compte tenu de l’évolution relativement lente du renforcement des compétences numériques. La numérisation des services publics et le développement de la santé en ligne et de l’identification électronique progressent bien, puisqu’ils obtiennent des scores supérieurs à la moyenne de l’UE.

Recommandations – La Lettonie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: i) accélérer les mesures visant à renforcer davantage les compétences numériques de la population et à accroître les investissements; ii) mettre l’accent sur la mise en œuvre de mesures et d’une éducation à l’habileté numérique pour tous.

-SPÉCIALISTES DES TIC: poursuivre les mesures existantes et mettre en œuvre des mesures supplémentaires ciblant différents groupes afin de garantir une augmentation du nombre de spécialistes des TIC et d’améliorer l’équilibre entre les hommes et les femmes.

-Santé en ligne: i) veiller à ce que toutes les catégories de données soient mises à disposition en temps utile; ii) proposer une application mobile permettant aux citoyens d’accéder à leur dossier médical électronique; iii) connecter davantage de centres de rééducation privés au service d’accès en ligne; iv) veiller à ce que le service d’accès en ligne soit conforme aux orientations sur l’accessibilité du web.

-SERVICES PUBLICS ESSENTIELS: assurer la mise en œuvre coordonnée des services publics et œuvrer à l’intégration des registres publics en vue de l’application du principe «une fois pour toutes» dans l’administration publique.



Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La Lettonie a commencé à mettre en œuvre des politiques écologiques dans le cadre de sa transformation numérique. La politique environnementale pour la période 2021-2027 ainsi que la politique en matière de marchés publics écologiques dans le domaine des TIC sont des exemples de l’interaction entre la transition écologique et la transition numérique. Toutefois, la plupart des mesures décrites dans la feuille de route lettone sont des initiatives transversales qui ont pour conséquence secondaire de réduire les effets sur l’environnement, au lieu de les cibler activement.

Recommandations – La Lettonie devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires.



Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Lituanie

 

1 Synthèse

La Lituanie apporte une contribution positive aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’UE, en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Lituanie a enregistré des progrès notables dans l’amélioration du niveau des compétences numériques de sa population et du nombre de spécialistes des TIC dans la population active, ainsi que dans l’amélioration de la couverture 5G. Toutefois, des difficultés subsistent, en particulier en ce qui concerne l’adoption par les entreprises de technologies avancées telles que l’IA et l’informatique en nuage, et la création de synergies entre les transitions numérique et écologique.

La numérisation constitue une priorité pour les autorités lituaniennes: elle figure dans le plan national pour le progrès 2021-2030 , qui définit les orientations, les priorités et les principes du pays en matière de développement dans les différents domaines relevant de la gouvernance de l’État. En outre, l’un des cinq axes du plan national pour le progrès intitulé Vision de la Lituanie pour l’avenir à l’horizon 2050 est un pays connecté au développement durable et équilibré.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 6 , 75 % des citoyens lituaniens estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne de l’UE (75 %).

La Lituanie est l’un des membres du consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) déjà créé dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC). En outre, la Lituanie est également en train d’élaborer les statuts et d’autres documents pertinents du potentiel futur EDIC sur le génome et du potentiel futur EDIC sur l’administration publique connectée, au sein de leurs groupes de travail informels respectifs 7 .

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de la Lituanie consacre 23,3 % (724 millions d’EUR) 8 de son budget à la promotion de la transition numérique. Sa mise à jour, qui comprend un chapitre REPowerEU, a été approuvée en novembre 2023. Le PRR lituanien présente diverses mesures visant à aider les entreprises et les citoyens, à améliorer les services publics et à accélérer la transition numérique en Lituanie grâce à des actions destinées à numériser les secteurs public et privé, à soutenir l’innovation et la recherche, etc. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 309 millions d’EUR est alloué à la transformation numérique du pays 9 .



Lituanie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

LT

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

78,0 %

78,1 %

0,1 %

78,8 %

7,4 %

98 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

78,0 %

78,1 %

0,1 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

90,1 %

98,9 %

9,8 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

3

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

56,7 %

60,0 %

2,9 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

27,7 %

33,6 %

10,1 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

4,5 %

4,9 %

4,3 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

40,5 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

53,5 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

2

263

6

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

48,8 %

52,9 %

4,1 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,4 %

4,9 %

11,4 %

4,8 %

4,3 %

6,9 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

83,9

86,7

3,4 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

94,4

95,9

1,7 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

92,0

95,4

3,8 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Lituanie à la décennie numérique, sa feuille de route témoigne d’une grande ambition. Selon ce document, le pays entend consacrer des efforts à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique. 

La feuille de route lituanienne est globalement cohérente et très ambitieuse en ce qui concerne la réalisation des cibles de la décennie numérique. Elle comprend des cibles et des trajectoires à l’horizon 2030 pour tous les ICP, à l’exception de la FTTP et des nœuds périphériques. Toutes les cibles sont alignées sur celles de l’UE, à l’exception de celle relative aux spécialistes des TIC, qui se situe bien en deçà du niveau d’ambition des cibles de l’UE. La feuille de route couvre tous les objectifs de la décennie numérique, tels qu’un espace numérique centré sur l’humain, la résilience et la sécurité, la souveraineté, la transition écologique et la protection de la société, avec un niveau élevé d’ambition, en mettant l’accent sur la transformation centrée sur l’humain, la souveraineté et la dimension écologique.

La feuille de route comprend 22 mesures pour un budget total de près de 1,5 milliard d’EUR, en tenant compte de la FRR, d’autres fonds de l’UE et du budget national, ce qui représente environ 2 % de son PIB. En ce qui concerne les spécialistes des TIC, davantage d’ambition est nécessaire pour atteindre la cible de l’UE.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Lituanie devrait:

-CIBLES: i) proposer une cible et élaborer une trajectoire pour les nœuds périphériques; ii) préciser si la cible et la trajectoire relatives à la «couverture à haut débit ultrarapide» correspondent uniquement aux réseaux FTTP ou si elles incluent d’autres types de VHCN. Le cas échéant, il convient de formaliser une cible et de définir une trajectoire pour les technologies manquantes. iii) aligner le niveau d’ambition de la cible relative au nombre de spécialistes des TIC sur celui de la cible de l’UE.

-MESURES: i) renforcer ou mieux adapter les mesures contribuant aux cibles les plus difficiles à atteindre, en particulier celles relatives aux compétences, aux spécialistes des TIC, à l’adoption de l’IA et à l’analyse des mégadonnées; ii) proposer des mesures dans le domaine des semi-conducteurs, des nœuds périphériques et de l’informatique quantique; iii) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en veillant à son exhaustivité et son exactitude; iv) réexaminer la description des mesures afin de fournir des informations sur les incidences attendues; v) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

-CONSULTATION: Fournir de plus amples informations sur la consultation des parties prenantes. 

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle des informations essentielles sur la perception qu’ont les Lituaniens des droits numériques. Malgré une baisse de 5 points depuis l’année dernière, 57 % des Lituaniens estiment que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (45 %). Le niveau de confiance dans la protection de vie privée numérique a augmenté pour s’établir à 52 %, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne de l’UE. Les préoccupations relatives au contrôle de l’héritage numérique (31 %) et à la sécurité des enfants en ligne (46 %), bien qu’elles aient augmenté respectivement de 5 et 10 points, demeurent inférieures à la moyenne de l’UE. Bon nombre de Lituaniens considèrent que les technologies numériques jouent un rôle précieux pour communiquer avec leurs amis et leur famille (84 %). Ces constatations soulignent la nécessité d’une présence plus marquée des droits et principes numériques dans la feuille de route et les stratégies numériques de la Lituanie 10 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, la Lituanie peut s’appuyer sur des infrastructures de qualité qui affichent une dynamique de déploiement positive, notamment en ce qui concerne la couverture 5G (qui atteint 98,9 % des zones peuplées).

Les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises (niveau élémentaire d’intensité des PME et adoption de l’analyse des données, de l’IA et de l’informatique en nuage) font état d’une dynamique globalement positive, en particulier s’agissant du niveau élémentaire d’intensité des PME. La Lituanie donne la priorité à son écosystème de start-up, qui est l’un des moteurs de l’économie lituanienne, contribuant de manière significative à l’innovation et au progrès technologique du pays. Il permet aux entreprises lituaniennes de se développer et de devenir des championnes européennes capables d’affronter la concurrence mondiale. La Lituanie s’appuie également sur son industrie numérique liée à la production de semi-conducteurs, en particulier de lasers, qui constituent un élément indispensable de la chaîne de production de puces électroniques et, potentiellement, d’ordinateurs quantiques.

Recommandations – La Lituanie devrait:  

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) intensifier ses efforts visant à déployer le réseau en gigabits, en encourageant les investissements publics et privés, en particulier dans les zones rurales; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) réexaminer la combinaison de mesures visant à soutenir l’adoption de technologies numériques avancées afin de garantir la réalisation des cibles ambitieuses; ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

La Lituanie est bien préparée pour mener à bien une transition numérique inclusive, mais elle devra déployer des efforts soutenus pour continuer d’améliorer le niveau des compétences numériques de sa population et former des spécialistes des TIC. Le niveau de compétences numériques de la population reste légèrement inférieur à la moyenne de l’UE, tandis que la proportion de spécialistes des TIC a considérablement augmenté au cours de l’année écoulée. Ces indicateurs sont importants, compte tenu du dynamisme économique de la Lituanie, dans lequel le secteur des TIC joue un rôle important. Les services publics numériques pour les citoyens et les entreprises sont supérieurs à la moyenne de l’UE, ce qui reflète le niveau élevé de numérisation du pays. Dans le même temps, les résultats de l’Eurobaromètre 2024 montrent l’excellent taux de progrès numériques du pays et le niveau élevé d’ambition perçu et attendu par ses citoyens.

Recommandations – La Lituanie devrait: 

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: poursuivre la mise en œuvre d’initiatives visant à améliorer les compétences numériques afin de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

-SPÉCIALISTES DES TIC: poursuivre ses efforts afin d’accroître le nombre de spécialistes des TIC.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Les autorités lituaniennes n’ont pas encore fait de la création de synergies entre les transitions numérique et écologique une priorité. Cela tranche avec l’opinion de 82 % des Lituaniens qui, selon l’Eurobaromètre 2024, estiment que veiller à ce que les technologies numériques soient au service de la transition écologique devrait constituer un objectif important des pouvoirs publics.

Bien que l’innovation en faveur de la durabilité soit l’un des objectifs du plan national pour le progrès 2021-2030 et que la feuille de route contienne une mesure liée à la durabilité, aucun progrès spécifique à cet égard n’a été déclaré en 2023. Toutefois, il convient de noter que le PRR consacre 37,4 % de son budget à des objectifs climatiques, bien que ceux-ci ne soient pas directement liés à la promotion de la transition numérique.

Recommandations – La Lituanie devrait:

-faire preuve d’une plus grande ambition en ce qui concerne la création de synergies entre les transitions numérique et écologique, en mettant l’accent sur la contribution que le numérique peut apporter à la durabilité, tout en tirant parti des technologies avancées et en développant à grande échelle les initiatives couronnées de succès, ainsi qu’en proposant des mesures de décarbonation et en encourageant les initiatives dans le domaine des technologies vertes responsables.

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration des futures politiques et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Luxembourg

 

1 Synthèse

Le Luxembourg apporte une contribution très importante aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’UE, en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, le Luxembourg a enregistré des progrès notables en ce qui concerne la proportion de spécialistes des TIC dans la population active et dans l’élargissement de la couverture 5G, y compris dans la bande 3,4-3,8 GHz. Toutefois, certaines difficultés subsistent en ce qui concerne les compétences numériques au moins élémentaires et l’adoption de technologies avancées (telles que l’informatique en nuage) par les entreprises. 

Le Luxembourg souscrit pleinement aux objectifs de l’UE à l’horizon 2030 en matière de transition numérique qui placent les citoyens au centre de la numérisation de notre société européenne. Le pays obtient déjà de bons résultats en ce qui concerne de nombreux indicateurs clés de performance (ICP) et fixe des cibles nationales à l’horizon 2030 qui sont conformes à celles de l’UE. Ces dernières années, l’accent a été davantage mis sur les questions numériques et leur importance politique croissante, ce qui s’est traduit par l’élaboration et la mise en œuvre de plusieurs initiatives visant à améliorer les performances numériques du pays. Le Luxembourg peut déjà compter sur un déploiement très large d’infrastructures gigabit et sur un très grand nombre de spécialistes des TIC dans la population active. Le pays compte également un grand nombre de services publics en ligne, tant pour les citoyens que pour les entreprises, notamment un dossier de santé en ligne pour tous. Toutefois, la disponibilité de données médicales électroniques reste faible. Le Luxembourg place actuellement la cybersécurité au cœur de sa stratégie de développement technologique et élabore en ce moment une stratégie nationale en matière de données. En ce qui concerne le niveau élémentaire d’intensité numérique des PME, les résultats obtenus en 2023 sont encore loin de la cible définie par l’UE pour 2030, malgré une dynamique positive.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 11 , 88 % des répondants au Luxembourg estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

Le Luxembourg collabore très activement au niveau de l’UE. Le Luxembourg est membre de l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins Towards the CitiVERSE» (LDT CitiVERSE), de l’EUROPEUM-EDIC sur les chaînes de blocs et de l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC), qui ont tous déjà été mis en place. Le Luxembourg est en train d’élaborer les statuts et d’autres documents pertinents des potentiels futurs EDIC de données relatives à la mobilité et à la logistique et EDIC sur l’administration publique connectée (IMPACTS-EDIC). Le Luxembourg s’est proposé pour accueillir le potentiel futur EDIC sur le génome. Le pays participe également à des projets multinationaux, dont le PIIEC sur les infrastructures et services d’informatique en nuage de nouvelle génération (PIIEC CIS) avec sept partenaires indirects, EuroHPC et POTENTIAL 12 .

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) du Luxembourg consacre 29,6 % de son budget total à la transition numérique (24,5 millions d’EUR) 13 , avec une forte priorité accordée à la modernisation de l’administration publique grâce à la numérisation, en particulier celle des PME. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 6,8 millions d’EUR (18 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 14 .

Luxembourg

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

LU

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

93,3 %

94,7 %

1,5 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

76,2 %

78,9 %

3,5 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

93,2 %

99,6 %

6,9 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

8

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

53,9 %

57,8 %

3,6 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

29,0 %

32,6 %

6,0 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

13,0 %

14,4 %

5,2 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

32,4 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

52,0 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

2

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

63,8 %

60,1 %

-2,9 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

7,7 %

8,0 %

3,9 %

4,8 %

4,3 %

10 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

94,8

94,8

0,0 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

96,7

96,7

0,0 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

67,2

76,1

13,3 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution du Luxembourg à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est très ambitieuse, et selon ce document, le Luxembourg entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route du Luxembourg présente un plan d’action assez détaillé, assorti de 12 cibles et trajectoires démontrant sa volonté de contribuer aux objectifs et cibles communs de la décennie numérique de l’UE. La plupart des cibles et trajectoires nationales pour 2030 sont fournies, à l’exception des nœuds périphériques et des licornes. Toutes les cibles présentées sont conformes aux valeurs cibles de l’UE.

La feuille de route est cohérente avec les objectifs de la décennie numérique, notamment les politiques et mesures portant sur l’inclusion, la résilience, la cybersécurité, la souveraineté technologique et la durabilité.

Le budget total des mesures présentées dans la feuille de route nationale est estimé à 309,5 millions d’EUR (environ 0,39 % du PIB), les priorités étant les compétences numériques pour tous et le soutien à l’écosystème national et européen des start-up et des entreprises en expansion en vue d’accroître le nombre de licornes européennes. Un grand nombre de mesures sont également consacrées à la réalisation des objectifs de la décennie numérique, en particulier dans les domaines de la cybersécurité, du nuage souverain, de l’innovation numérique, de la sécurité en ligne et de l’accessibilité des services en ligne.



Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’il soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, le Luxembourg devrait:

-CIBLES: i) examiner la possibilité de fournir une cible et une trajectoire pour les licornes; ii) fournir une cible et une trajectoire pour les nœuds périphériques.

-MESURES: i) réexaminer et renforcer, si cela est jugé nécessaire à ce stade, les mesures visant à contribuer aux cibles les plus difficiles à atteindre, telles que les compétences numériques pour tous et le niveau élémentaire d’intensité numérique des PME; ii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques, y compris en précisant les mesures nationales qui y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle des informations essentielles sur la perception qu’ont les Luxembourgeois des droits numériques. Malgré une baisse de 8 points depuis l’année dernière, 56 % des Luxembourgeois estiment que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre toujours supérieur à la moyenne de l’UE (45 %). Le niveau de confiance dans la protection de la vie privée numérique s’élève à 66 %, ce qui est supérieur à la moyenne de l’UE (51 %). Les préoccupations se sont amplifiées en ce qui concerne le contrôle de l’héritage numérique (28 %) et la sécurité des enfants en ligne (40 %), qui représentent une hausse respective de 10 et de 2 points. Parmi les tendances positives, citons l’importance des technologies numériques pour accéder aux services publics en ligne et communiquer avec ses amis et sa famille, qui obtient un score (90 %) largement supérieur à la moyenne de l’UE (83 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 15 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, le Luxembourg peut s’appuyer sur une infrastructure de connectivité solide, dotée d’un niveau très élevé de couverture par les VHCN et la 5G. Le Luxembourg est en bonne voie pour atteindre les cibles définies par l’UE pour 2030 en ce qui concerne les VHCN et la 5G et surveille de près si les zones blanches peuvent être couvertes d’ici à 2030. En ce qui concerne les PME présentant un niveau élémentaire d’intensité numérique (57,8 %), le Luxembourg se situe globalement au niveau de l’UE (57,7 %). Les progrès annuels récemment accomplis pourraient ne pas être suffisants pour atteindre la cible de l’UE de 90 %, bien que plusieurs mesures soient prévues dans la feuille de route pour les années à venir. Pour les entreprises, en particulier celles de petite taille, le Luxembourg prévoit de faciliter l’adoption des technologies avancées en réduisant les obstacles à l’entrée relatifs aux connaissances techniques et au financement qui empêchent les entreprises d’utiliser des technologies avancées telles que l’informatique en nuage, l’IA et l’analyse des données. Le Luxembourg met également l’accent sur la cybersécurité et la mise en place d’un nuage national souverain afin d’offrir aux entreprises, y compris aux PME, situées au Luxembourg un maximum de sécurité et des garanties leur permettant de se développer davantage dans une économie fondée sur les données.

Recommandations – Le Luxembourg devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et clients (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-NUMÉRISATION DES ENTREPRISES: s’efforcer d’atteindre la cible définie pour 2030 en adoptant des mesures supplémentaires, si nécessaire, pour convaincre les PME moins numérisées de s’engager dans une transition numérique afin de stimuler leur croissance.

-INFORMATIQUE EN NUAGE/IA/ANALYSE DES DONNÉES: i) envisager de nouvelles mesures de sensibilisation et/ou de formation destinées aux PME afin qu’elles adoptent l’IA et l’analyse des données en vue de gagner en compétitivité. ii) soutenir l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec les participants directs afin d’élaborer une stratégie de diffusion propre au pays allant au-delà des organisations participantes.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Le Luxembourg peut compter sur un pourcentage élevé de spécialistes des TIC dans la population active (8,0 %). Par ailleurs, en 2023, 60,1 % de la population luxembourgeoise possédait au moins des compétences numériques élémentaires, ce qui situe le pays au-dessus de la moyenne de l’UE (55,6 %). Toutefois, les progrès annuels accomplis récemment par le pays sont lents, bien que le fait de doter les citoyens de compétences numériques et de favoriser l’inclusion numérique soit une priorité pour le Luxembourg. Des mesures spécifiques sont également en place pour donner aux citoyens, en particulier aux jeunes, les moyens d’utiliser les technologies numériques de manière sûre et responsable. Le Luxembourg est un champion de la fourniture de services publics numérisés aux citoyens (94,8) et aux entreprises (96,7), des chiffres qui sont déjà proches de la cible définie par l’UE pour 2030. Il dispose déjà d’un schéma national d’identification électronique auquel les citoyens ont accès. Le portefeuille européen d’identité numérique national est en cours de développement et devrait être mis en place en 2024. Le Luxembourg affichait un score global de maturité en matière de santé en ligne de 76,1 en 2023, un chiffre inférieur à la moyenne de l’UE (79,1). Bien que tous les citoyens luxembourgeois disposent par défaut d’un dossier médical électronique, le volume de données de santé accessibles reste limité.

Recommandations – Le Luxembourg devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: renforcer la stratégie de développement des compétences numériques élémentaires de la population.

-SANTÉ EN LIGNE: i) mettre les catégories relatives aux données des prescriptions électroniques et aux dispensations électroniques à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; ii) veiller à ce que toutes les catégories de données soient mises à disposition en temps utile; iii) améliorer la méthode d’authentification permettant de se connecter au service d’accès en ligne en utilisant un schéma d’identification électronique notifié; iv) accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé. 

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La feuille de route nationale du Luxembourg mentionne certaines mesures conformes aux objectifs généraux, relatives à l’efficacité énergétique du secteur numérique et à l’utilisation des technologies numériques pour assurer l’efficacité énergétique et la durabilité des produits et des processus. La réduction des coûts de l’énergie est prévue conformément à la vaste stratégie de gouvernance électronique du Luxembourg, qui héberge le GovCloud dans des centres de données très efficaces sur le plan de la consommation d’énergie et du refroidissement. Le déploiement de compteurs intelligents a commencé en 2016 et est sur le point d’être achevé.

Recommandations – Le Luxembourg devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Malte


1 Synthèse

Malte apporte une contribution très importante aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.  

En 2023, Malte a enregistré des progrès notables dans le domaine des infrastructures de connectivité, plus particulièrement dans le déploiement des réseaux par fibre optique jusqu’aux locaux (FTTP), et l’adoption de l’intelligence artificielle et de l’informatique en nuage par les entreprises. Toutefois, les réseaux FTTP doivent encore être pleinement déployés dans tout le pays et des difficultés subsistent en ce qui concerne les compétences numériques élémentaires et la nécessité de remédier au manque de spécialistes des TIC.

La numérisation constitue une priorité pour les autorités maltaises. Malta Diġitali est la principale stratégie du pays pour la période 2022-2027 Le pays obtient de très bons résultats dans plusieurs domaines, en particulier celui des infrastructures numériques, dans lequel il a déjà atteint la cible relative à la couverture par les VHCN et la 5G élémentaire, et celui des services publics numériques, qui sont déjà entièrement accessibles aux citoyens et aux entreprises. En outre, la stratégie de Malte est centrée sur l’humain et tient compte des divers besoins numériques de la société, des entreprises et des pouvoirs publics.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 16 , 80 % des citoyens maltais estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

Malte est un pays observateur du consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT EDIC), déjà constitué 17 .

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de Malte consacre 26,2 % de son budget au numérique (68 millions d’EUR) 18 , avec des mesures sur les compétences numériques et la numérisation des entreprises et du secteur public. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 129 millions d’EUR (17 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 19 .

Malte

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

MT

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

100,0 %

100,0 %

0,0 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

56,2 %

69,6 %

23,8 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

100,0 %

100,0 %

0,0 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

21

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

72,8 %

76,5 %

2,5 %

57,7 %

2,6 %

85 %

90 %

Nuage

47,5 %

58,2 %

10,7 %

38,9 %

7,0 %

80 %

75 %

Intelligence artificielle

10,2 %

13,2 %

13,8 %

8,0 %

2,6 %

27,2 %

75 %

Analyse des données

N.D.

35,6 %

N.D.

33,2 %

N.D.

51,1 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

68,3 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

3

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

61,2 %

63,0 %

1,5 %

55,6 %

1,5 %

75 %

80 %

Spécialistes des TIC

5,0 %

4,7 %

-6,0 %

4,8 %

4,3 %

8 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

100,0

100,0

0,0 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

97,2

100,0

2,9 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

77,6

88,0

13,4 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de Malte à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est très ambitieuse; toutefois, selon ce document, Malte entend consacrer des efforts très importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route est globalement cohérente avec les efforts nécessaires sur tous les aspects de la numérisation. La feuille de route maltaise comprend 66 mesures dotées d’un budget total de 214,65 millions d’EUR (1,5 % du PIB) couvrant la plupart des cibles. Au total, trois cibles (à savoir les VHCN, la 5G et les services publics numériques pour les citoyens) ont déjà été atteintes, tandis que cinq autres sont alignées sur les cibles définies par l’UE pour 2030. Toutefois, selon la feuille de route du pays, le niveau d’ambition de trois cibles nationales (compétences numériques élémentaires, nombre de spécialistes des TIC et PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique) est légèrement inférieur à celui des cibles de l’UE. Cela semble lié à l’algorithme d’estimation utilisé pour projeter des valeurs historiques jusqu’en 2030. Il manque des trajectoires pour les nœuds périphériques, la santé en ligne et les licornes. Bien que la feuille de route couvre presque tous les objectifs de la décennie numérique, certains aspects peuvent nécessiter davantage d’efforts. Par exemple, très peu d’éléments sont indiqués dans la feuille de route concernant les activités écologiques et numériques.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, Malte devrait:

-CIBLES: i) proposer une cible et une trajectoire pour les nœuds périphériques et les licornes et formaliser les trajectoires pour la FTTP et la santé en ligne; ii) aligner le niveau d’ambition des cibles relatives aux compétences numériques, aux spécialistes des TIC et aux PME présentant au moins un niveau élémentaire d'intensité numérique sur celui des cibles correspondantes de l’UE.

-MESURES: i) renforcer les mesures contribuant aux cibles les plus difficiles à atteindre, en particulier celles relatives aux compétences numériques, aux spécialistes des TIC et à la numérisation des entreprises; ii) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en mettant dûment l’accent sur les sources de l’UE, telles que la facilité pour la reprise et la résilience (FRR); iii) indiquer quelles sont les principales mesures de soutien public ou initiatives du secteur privé qui seront mises en œuvre dans le pays afin de contribuer à l’objectif d’évaluation et de suivi de l’incidence de la transformation numérique sur la transition écologique. iv) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

-CONSULTATION: rendre compte de la consultation des parties prenantes dans la feuille de route. ​

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle des informations essentielles sur la perception qu’ont les Maltais des droits numériques. Malgré une forte baisse de 16 points, 49 % d’entre eux estiment que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne de l’UE (45 %). Le niveau de confiance des Maltais dans la protection de la vie privée numérique s’élève à 56 %, ce qui est également supérieur à la moyenne de l’UE (51 %). Leurs préoccupations se sont considérablement amplifiées, 55 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 24 points) et 36 % du contrôle de leurs données à caractère personnel (un chiffre en hausse de 16 points). Parmi les tendances positives, citons l’importance des technologies numériques, par exemple, pour communiquer avec ses amis et sa famille, qui obtient un score (86 %) supérieur à la moyenne de l’UE (83 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 20 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Malte peut compter sur des infrastructures de qualité et sur un niveau d’adoption satisfaisant des technologies par les entreprises. Le pays a déjà atteint 100 % de couverture par les VHCN et la 5G, respectivement en 2020 et en 2022. Toutefois, la couverture 5G dans les bandes 3,4-3,8 GHz reste limitée, puisqu’elle s’élève à 24,7 % contre 50,6 % au niveau de l’UE. En outre, malgré son solide positionnement sur le plan des infrastructures numériques, Malte ne dispose actuellement d’aucun plan connu de déploiement des nœuds périphériques.

Les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises (niveau élémentaire d’intensité des PME et adoption de l’analyse des données, de l’IA et de l’informatique en nuage) font état de valeurs égales ou supérieures à la moyenne de l’UE. L’écosystème des PME est très dynamique, puisque 66,1 % des PME présentaient au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique en 2023. En ce qui concerne l’informatique en nuage, l’IA et l’analyse des données, plusieurs entités ont pris des mesures afin de faciliter l’adoption des technologies, plaçant Malte bien au-dessus de la moyenne de l’UE dans presque tous les domaines. Malte comptait trois licornes en 2023, tandis que le pays continue de se concentrer sur le développement d’un écosystème flexible et favorable pour les start-up.

Malte fait partie de l’écosystème européen des semi-conducteurs, dans lequel elle est spécialisée dans les opérations d’emballage en aval du cycle qui s’adressent principalement aux secteurs de l’automobile et des télécommunications, et participe aux projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC). En ce qui concerne les technologies quantiques, le pays participe activement à QuantERA, un réseau européen d’organisations publiques finançant des projets de recherche et d’innovation dans ce domaine.

Recommandations – Malte devrait:

-NUMÉRISATION DES ENTREPRISES ET IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) continuer à mettre en œuvre des politiques dans le domaine de la numérisation des entreprises. En particulier, Malte devrait continuer à faciliter l’accès à des technologies et solutions numériques avancées sûres et souveraines et encourager les investissements dans la recherche et l’innovation numériques; ii) faire connaître les avantages des technologies numériques et accroître la participation aux programmes de financement existants, en particulier parmi les nombreuses micro, petites et moyennes entreprises familiales qui composent l’économie maltaise. iii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Les compétences numériques restent essentielles pour veiller à ce que les citoyens maltais aient accès aux infrastructures numériques disponibles et les utilisent pour atteindre les cibles de la décennie numérique. Plusieurs initiatives ont été mises en œuvre ces dernières années afin d’encourager les citoyens à acquérir au moins des compétences numériques élémentaires et d’améliorer les niveaux d’emploi dans le secteur des TIC. En 2023, Malte est restée au-dessus de la moyenne de l’UE, 63 % de la population possédant des compétences numériques élémentaires, contre 55,6 % en moyenne dans l’UE. Toutefois, la part des spécialistes des TIC dans la population active reste stagnante à Malte (4,7 % contre 4,8 % en moyenne dans l’UE) et faible par rapport à la demande. Les femmes sont sous-représentées. La pénurie de compétences numériques est en partie traitée par la stratégie nationale de Malte en matière de compétences numériques pour la période 2022-2025, qui fournit un cadre pour évaluer les initiatives existantes et en introduire de nouvelles, en vue de promouvoir les compétences et outils numériques élémentaires et avancés susceptibles de générer davantage d’emplois. 

Malte est un acteur de premier plan dans la fourniture de services publics numériques essentiels et obtient de très bons résultats en ce qui concerne la mise en œuvre et l’accès aux dossiers médicaux électroniques. 

Recommandations – Malte devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: continuer d’encourager les citoyens à se former aux compétences numériques, par des campagnes d’information et un accès facilité aux formations, en accordant une attention particulière aux groupes vulnérables.

-SPÉCIALISTES DES TIC: Continuer à établir des prévisions sur les compétences requises et améliorer la coopération avec l’industrie et la société civile, afin d’évaluer les offres d’éducation et de formation et de les adapter régulièrement aux besoins du marché du travail, et d’encourager les femmes à se spécialiser dans les TIC.

-SANTÉ EN LIGNE: proposer une application mobile permettant aux citoyens d’accéder à leur dossier médical électronique. accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Les initiatives de couplage des transitions numérique et écologique menées par Malte progressent lentement. Celles-ci ont principalement lieu dans des entreprises qui réalisent des investissements directs étrangers, avant d’être reproduites dans des entreprises autochtones. Le ministère de l’environnement, de l’énergie et de la régénération du Grand Harbour a mis en place la stratégie de développement durable de Malte pour 2050 et l’a ouverte à une consultation publique. Il s’agit d’un document ambitieux qui traduit la vision de Malte en faveur du développement durable à l’horizon 2050 en une orientation stratégique pour la protection de l’environnement et le développement socio-économique de l’archipel maltais.

Recommandations – Malte devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration des futures politiques et de l’obtention des financements nécessaires.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Pays-Bas

 

1 Synthèse

Les Pays-Bas apportent une contribution très importante aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’UE, en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, les Pays-Bas ont enregistré des progrès notables dans le déploiement de leur réseau en fibre optique et dans le domaine des compétences numériques élémentaires, notamment en ce qui concerne le renforcement des connaissances en matière de numérisation et d’outils numériques. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent pour remédier au manque de spécialistes des TIC et il convient également de veiller particulièrement à ce que les entreprises continuent d’adopter les technologies avancées, telles que l’intelligence artificielle (IA) et l’informatique en nuage. 

La numérisation aux Pays-Bas est considérée comme une occasion de renforcer la croissance, la compétitivité et la résilience. Les stratégies du pays, notamment la stratégie néerlandaise pour l’économie numérique et le programme de travail néerlandais sur la numérisation centrée sur les valeurs , ont comme priorités les compétences et les connaissances numériques, les infrastructures numériques à haute performance et l’innovation technologique, mais aussi la confiance numérique, l’inclusivité, la transparence et la cybersécurité. Parmi les autres stratégies notables figurent la stratégie technologique nationale visant à promouvoir la souveraineté technologique et la stratégie pour la cybersécurité prévoyant de renforcer la lutte contre les cybermenaces. 

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 21 , 83 % des citoyens néerlandais estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie. Il s’agit de l’un des scores les plus élevés de l’UE, nettement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

Les Pays-Bas participent à plusieurs consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC). Ils devraient notamment accueillir le potentiel futur EDIC de données relatives à la mobilité et à la logistique et figurent, avec la France, parmi les candidats à l’accueil du potentiel futur EDIC sur les communs numériques. Le pays est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC), l’un des tout premiers EDIC constitués, qui remédie au manque de données linguistiques européennes nécessaires pour les solutions d’IA. Il est également en train d’élaborer les statuts et d’autres documents pertinents du potentiel futur EDIC relatif à l’Académie des compétences en matière de cybersécurité et du potentiel futur EDIC sur le génome, au sein, dans les deux cas, de groupes de travail informels. Enfin, les Pays-Bas finalisent en ce moment les négociations en vue de leur adhésion à l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE» 22 (déjà constitué).

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) des Pays-Bas consacre 26 % de son financement à la politique numérique (environ 1,2 milliard d’EUR) 23 . La priorité est accordée aux investissements dans les technologies numériques innovantes, notamment les technologies quantiques et l’IA, au développement des compétences numériques à différents niveaux du système éducatif et à la numérisation accrue des services publics. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 200 millions d’EUR (11 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 24 .



Pays-Bas

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

NL

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

97,8 %

98,3 %

0,5 %

78,8 %

7,4 %

99,6 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

63,4 %

77,7 %

22,6 %

64,0 %

13,5 %

99,6 %

-

Couverture 5G globale

100,0 %

100,0 %

0,0 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

27

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

75,3 %

78,6 %

2,2 %

57,7 %

2,6 %

88,2 %

90 %

Nuage

60,2 %

57,4 %

-2,4 %

38,9 %

7,0 %

82 %

75 %

Intelligence artificielle

13,1 %

13,4 %

1,1 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

48,6 %

N.D.

33,2 %

N.D.

40 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

70,9 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

75 %

Licornes

30

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

78,9 %

82,7 %

2,4 %

55,6 %

1,5 %

x

80 %

Spécialistes des TIC

7,2 %

6,9 %

-4,2 %

4,8 %

4,3 %

9,2 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

84,6

85,9

1,5 %

79,4

3,1 %

x

100

Services publics numériques pour les entreprises

89,4

86,7

-3,1 %

85,4

2,0 %

x

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

69,4

72,5

4,5 %

79,1

10,6 %

x

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution des Pays-Bas à la décennie numérique telle qu’elle est présentée dans leur feuille de route, celle-ci fait preuve d’une certaine ambition. Toutefois, selon ce document, le pays entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route néerlandaise est cohérente, mais ne reflète que partiellement les efforts nécessaires pour atteindre les cibles de la décennie numérique. Elle comprend des objectifs à l’horizon 2030 pour neuf indicateurs clés de performance (ICP), mais certaines cibles et trajectoires cruciales telles que celles relatives aux nœuds périphériques, aux licornes, aux compétences numériques élémentaires, aux services publics numériques pour les citoyens et les entreprises et à l’accès aux dossiers de santé en ligne font défaut.

La plupart des cibles nationales sont conformes à celles définies par l’UE pour 2030, tandis que celles relatives à l’adoption de l’analyse des données par les entreprises et à la proportion de spécialistes des TIC dans la population active sont d’un niveau d’ambition inférieur. Les Pays-Bas réitèrent à plusieurs reprises leur engagement total à atteindre les cibles de l’UE d’ici à 2030 et leur intention de les inclure toutes dans la future révision de leur feuille de route. La feuille de route couvre tous les objectifs de la décennie numérique, à savoir la citoyenneté numérique, la promotion de la primauté et de la souveraineté technologies et la contribution à la transition écologique.

Elle compte 55 mesures, pour un budget total estimé à 5,4 milliards d’EUR (environ 0,5 % du PIB), bien que de nombreuses mesures n’aient pas de budget indiqué et que d’autres comprennent des approximations. Les priorités sont définies comme étant la numérisation des services publics essentiels, les semi-conducteurs et les technologies quantiques. Des efforts globaux ont été entrepris, notamment en ce qui concerne les spécialistes des TIC, et des efforts plus ciblés ont été entrepris pour la numérisation des entreprises; toutefois, des efforts supplémentaires pourraient encore être consentis. Certaines sections, notamment celles relatives à la création de synergies entre les transitions numérique et écologique, gagneraient à être plus explicites quant aux actions prévues et aux résultats attendus.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’ils soumettront des adaptations de leur feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, les Pays-Bas devraient:

-CIBLES: i) proposer une cible et une trajectoire pour les nœuds périphériques, les licornes, les compétences numériques au moins élémentaires, la numérisation des services publics et l’accès aux dossiers de santé en ligne; ii) aligner le niveau d’ambition des cibles relatives aux VHCN, aux PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, à l’adoption de l’analyse des données par les entreprises et aux spécialistes des TIC sur celui des cibles correspondantes de l’UE. 

-MESURES: i) renforcer les mesures contribuant aux cibles les plus difficiles à atteindre, en particulier celles relatives aux spécialistes des TIC et à la numérisation des PME; ii) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en mettant dûment l’accent sur les sources de l’UE, telles que la facilité pour la reprise et la résilience (FRR); iii) faire plus concrètement référence aux actions et à la mise en œuvre de certaines mesures, en particulier celles relatives aux objectifs de la décennie numérique, ainsi qu’à leurs résultats escomptés; iv) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), y compris sur les mesures qui y contribuent.

-CONSULTATION: fournir de plus amples informations sur le processus de consultation des parties prenantes prévu dans la feuille de route.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle des informations essentielles sur la perception qu’ont les Néerlandais des droits numériques. Malgré une baisse de 12 points, 45 % des répondants néerlandais estiment que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre qui correspond à la moyenne de l’UE. Le niveau de confiance des Néerlandais dans la protection de la vie privée numérique s’élève à 54 %, ce qui est supérieur à la moyenne de l’UE (51 %). Leurs préoccupations se sont considérablement amplifiées, 63 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 10 points) et 58 % du contrôle de leur héritage numérique (un chiffre en hausse de 8 points). Parmi les tendances positives, citons l’importance des technologies numériques pour accéder aux services publics (91 %) et pour communiquer avec ses amis et sa famille (87 %), deux chiffres supérieurs à la moyenne de l’UE (83 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’améliorer la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un engagement accru des parties prenantes pourrait contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 25 . 

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer leur primauté technologique et leur compétitivité, les Pays-Bas s’appuient sur leurs infrastructures numériques solides, leur vaste base de connaissance et leur grande communauté de chercheurs. Toutefois, il est possible d’améliorer les investissements dans la recherche et le développement (R&D), d’utiliser les technologies numériques clés et de créer un environnement favorable aux entreprises et start-up technologiques. Les progrès sont manifestes, comme en témoigne le fait que les Pays-Bas ont atteint la cible relative au gigabit et une couverture 5G de 100 % en 2022, bien que des efforts supplémentaires soient nécessaires en ce qui concerne les abonnements au haut débit à grande vitesse et le développement de la 5G industrielle. En ce qui concerne le haut débit à grande vitesse, les Pays-Bas ne comptent que 4,13 % d’abonnements au haut débit fixe à vitesse supérieure à 1 Gbps, soit un chiffre largement inférieur à la moyenne de l’UE (18,5 %). En ce qui concerne la 5G industrielle, la mise aux enchères récente de la bande de 3,6 GHz pour la 5G est une évolution positive, mais le déploiement de cette bande sera essentiel pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante.

Si les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises sont généralement supérieurs à la moyenne de l’UE, avec 78,6 % des PME déclarant posséder au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, le gouvernement néerlandais souligne qu’il est nécessaire de mobiliser davantage de fonds publics et privés pour développer les technologies numériques efficaces telles que les applications d’IA et dépasser les niveaux d’adoption des technologies numériques de l’UE, conformément aux aspirations du pays. Des initiatives telles que Quantum Delta NL et PhotonDelta resteront essentielles pour garantir l’avantage concurrentiel à long terme du pays. En ce qui concerne la souveraineté numérique, les Pays-Bas jouent un rôle de premier plan dans l’analyse des risques posés par les technologies numériques, le recensement des technologies critiques hautement prioritaires et l’engagement en faveur des politiques industrielles et d’innovation. En ce qui concerne la cybersécurité, les Pays-Bas mettent l’accent sur le renforcement de la sensibilisation à la cybersécurité, des compétences informatiques et du respect des droits démocratiques et des droits de l’homme à l’échelle mondiale.

Recommandations – Les Pays-Bas devraient:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications B2B et B2C innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes. 

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) continuer de soutenir l’adoption de technologies numériques avancées, en accordant une attention particulière au développement à grande échelle des initiatives couronnées de succès en matière d’IA et à l’amélioration de l’accès au financement, aux données et aux infrastructures informatiques; ii) veiller à l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en élaborant une stratégie de diffusion propre au pays: contribuer aux activités de diffusion menées par le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage; envisager de prendre des mesures spécifiques au déploiement des nœuds périphériques, en complément de la participation au PIIEC CIS.

-TECHNOLOGIES QUANTIQUES/SEMI-CONDUCTEURS: Continuer de garantir un financement public et stimuler les investissements privés afin de mettre à profit leur avantage concurrentiel dans les domaines des semi-conducteurs et des technologies quantiques, tout en maintenant un environnement économique favorable à l’innovation numérique à long terme.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Avec une économie et une société hautement numérisées, les Pays-Bas sont déterminés à garantir l’inclusion numérique de leur population et de leurs travailleurs, à renforcer les connaissances en matière de numérisation et à donner à la société les moyens d’agir contre la désinformation, et ils progressent bien dans cette voie. Toutefois, des efforts supplémentaires peuvent être entrepris afin de combler les pénuries sur le marché du travail des TIC. Les efforts visant à améliorer les compétences numériques ont dépassé les cibles de l’UE, puisque 82,7 % de la population possède au moins des compétences numériques élémentaires, soit le score le plus élevé de l’UE. D’autres initiatives au niveau national, telles que l’intégration de l’habileté numérique dans les programmes scolaires, pourraient améliorer les niveaux de compétences et aider les Pays-Bas à atteindre une cible encore plus ambitieuse. En ce qui concerne les spécialistes des TIC, le gouvernement a poursuivi le développement de son initiative phare, à savoir le plan d’action pour des emplois verts et numériques, tout en investissant dans des partenariats visant à accélérer la formation, la reconversion et le perfectionnement professionnels des personnes travaillant dans le secteur des TIC. Bien que les spécialistes des TIC représentent 6,9 % de la population active des Pays-Bas, soit plus que la moyenne de l’UE (4,8 %), des difficultés subsistent pour répondre aux besoins du marché et garantir une forte disponibilité des talents. La numérisation des services publics et le développement de l’identification électronique sont globalement en bonne voie, mais les Pays-Bas devraient garder pour objectif de prévenir une future stagnation de la numérisation des services aux entreprises, qui obtient actuellement un score de 86,7 sur 100, ainsi que d’améliorer la disponibilité d’une gamme plus diversifiée de catégories de données médicales en ligne pour les citoyens. Avec un score globalement élevé (85,9 sur 100) pour les services publics numériques destinés aux citoyens et de nombreuses mesures prévues, les Pays-Bas entendent améliorer l’interopérabilité, la proactivité et l’accessibilité de ces services.



Recommandations – Les Pays-Bas devraient:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: introduire des mesures afin de contribuer à la concrétisation des plans nationaux visant à renforcer les compétences numériques et la sensibilisation au numérique dans les écoles, dans le but de compléter les efforts actuellement déployés aux niveaux local et régional pour garantir l’inclusion numérique.

-SPÉCIALISTES DES TIC: suivre de près la mise en œuvre des mesures et partenariats existants visant à perfectionner et à retenir les spécialistes des TIC, y compris les femmes. Concevoir des dispositifs d’incitation pour renforcer l’attrait des disciplines STIM, en particulier chez les filles, et augmenter le nombre de jeunes désireux de suivre des études ou d’entreprendre une carrière en lien avec les TIC. Renforcer davantage la collaboration entre les industries, les établissements d’enseignement et l’administration publique afin d’améliorer le lien entre l’enseignement professionnel et les besoins du marché du travail.

-SANTÉ EN LIGNE: mettre davantage de catégories de données de santé à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne et accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent 

Les Pays-Bas soulignent la nécessité d’améliorer la durabilité dans le secteur des TIC, en mettant l’accent sur la coordination des actions gouvernementales visant à réduire la consommation d’énergie des dispositifs et infrastructures de TIC tels que les centres de données. Il s’agit notamment de fournir des outils, des informations sur les coûts permettant d’opérer des choix durables et des indicateurs fiables permettant de mesurer l’incidence. Un comité interservices progresse actuellement dans l’élaboration d’un plan d’action national couplant les transitions numérique et écologique.

Recommandations – Les Pays-Bas devraient:

-continuer de concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique, notamment en soutenant des projets pilotes pertinents. Premièrement, continuer d’encourager l’utilisation efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires.

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Pologne

 

1 Synthèse

La Pologne pourrait encore améliorer ses performances afin de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’UE, en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Pologne a enregistré des progrès notables dans les domaines de la connectivité gigabit et de la numérisation des PME. Toutefois, des difficultés subsistent dans les domaines des compétences numériques et de l’adoption des technologies avancées, telles que l’IA et l’analyse des données, par les entreprises.

D’importantes ressources sont consacrées à l’amélioration de la connectivité, au renforcement de l’utilisation des technologies numériques par les entreprises et au développement des services publics numériques, ce qui devrait accroître la compétitivité de l’économie polonaise et stimuler l’utilisation des technologies numériques par l’ensemble de la société. La Pologne investira également dans la production de semi-conducteurs et participera à des projets de construction d’ordinateurs quantiques.

La population polonaise reconnaît l’importance de la numérisation: selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 26 , 81 % des citoyens polonais estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie. Il s’agit de l’un des scores les plus élevés de l’UE, nettement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

La Pologne est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC) et a demandé à rejoindre le consortium pour une infrastructure numérique européenne dénommé «partenariat européen des chaînes de blocs et infrastructure européenne de la chaîne de blocs» (EUROPEUM EDIC). Elle participe également aux projets importants d’intérêt européen commun sur les infrastructures et services d’informatique en nuage de nouvelle génération (PIIEC CIS) et sur la microélectronique et les technologies de la communication (PIIEC ME/TC) 27 .

Le plan pour la reprise et la résilience de la Pologne consacre 21 % de son budget à la politique numérique (7,4 milliards d’EUR) 28 , la majeure partie des investissements étant consacrés au déploiement du haut débit, à l’amélioration des compétences numériques, à la numérisation des services publics ainsi qu’à la santé en ligne et à la cybersécurité. Dans le cadre des programmes de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 5,7 milliards d’EUR (8 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 29 .



Pologne

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

PL

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

70,7 %

81,1 %

14,6 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

59,5 %

75,4 %

26,7 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

63,4 %

71,9 %

13,4 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

44

1 186

370

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

39,8 %

50,0 %

12,1 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

19,2 %

46,5 %

55,6 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

2,9 %

3,7 %

13,0 %

8,0 %

2,6 %

10 %

75 %

Analyse des données

N.D.

19,3 %

N.D.

33,2 %

N.D.

35 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

51,8 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

11

263

20

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

42,9 %

44,3 %

1,6 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

3,7 %

4,3 %

16,2 %

4,8 %

4,3 %

6 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

59,9

63,7

6,4 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

72,7

72,9

0,2 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

86,4

90,0

4,2 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Pologne à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est extrêmement ambitieuse, et selon ce document, la Pologne entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique. Toutefois, l’adoption formelle de la feuille de route au niveau national, qui est essentielle pour que le pays s’engage pleinement dans la réalisation de ces ambitions, est toujours en suspens.

Le projet de feuille de route de la Pologne 30 est ambitieux et cohérent, malgré certaines faiblesses en ce qui concerne les compétences numériques et la numérisation des entreprises. Il comprend des trajectoires et des cibles nationales pour tous les indicateurs clés de performance, à l’exception des VHCN 31 . Les cibles nationales sont majoritairement alignées sur celles définies par l’UE pour 2030, à l’exception de celles relatives aux spécialistes des TIC, à l’adoption de l’analyse des données et à l’adoption de l’IA, pour lesquelles le niveau d’ambition est moins élevé.

La feuille de route recense les principaux défis à relever par la Pologne et couvre tous les objectifs de la décennie numérique, avec un niveau d’ambition élevé en ce qui concerne la souveraineté et la compétitivité, l’intégration des nouvelles technologies, les services publics inclusifs et la cybersécurité. D’autres aspects, tels que le renforcement des compétences numériques et la transition écologique, pourraient être développés davantage. La feuille de route contient également une présentation générale des incidences attendues.

La feuille de route comporte 52 mesures, dont le budget total est estimé à 12,4 milliards d’EUR (environ 1,6 % du PIB), les priorités étant la connectivité gigabit, la numérisation des entreprises, les semi-conducteurs et la santé en ligne. Certains aspects nécessitent davantage d’efforts, en particulier les compétences numériques élémentaires et les spécialistes des TIC, ainsi que l’adoption des technologies avancées, telles que l’IA et l’analyse des données, par les entreprises.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Pologne devrait:

-CIBLES: i) envisager d’aligner le niveau d’ambition des cibles définies pour le nombre de spécialistes des TIC et l’adoption de l’IA et de l’analyse des données par les entreprises sur celui des cibles de l’UE.

-MESURES: i) renforcer les mesures contribuant aux cibles les plus difficiles à atteindre, en particulier celles relatives aux compétences numériques; ii) réexaminer la description des mesures relatives à la numérisation des entreprises et à la connectivité afin de préciser leur contribution à des ICP spécifiques. iii) fournir des informations sur les mesures pertinentes au niveau régional, notamment les programmes opérationnels régionaux financés par la politique de cohésion; iv) fournir des informations sur le déficit d’investissement estimé là où elles étaient manquantes (à savoir en ce qui concerne les compétences numériques, les spécialistes des TIC, les semi-conducteurs, les nœuds périphériques, la mise en œuvre de services publics numériques essentiels en ligne, la santé en ligne et l’identification électronique); v) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle des informations essentielles sur la perception qu’ont les Polonais des droits numériques. 66 % d’entre eux pensent que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre largement supérieur à la moyenne de l’UE (45 %). Le niveau de confiance dans la protection de la vie privée numérique s’élève à 68 %, ce qui est supérieur à la moyenne de l’UE (51 %). Malgré des préoccupations croissantes à l’échelle de l’UE concernant la sécurité des enfants en ligne (+ 10 points) et le contrôle des données à caractère personnel (+ 5 points), respectivement 59 % et 64 % des Polonais demeurent confiants. Parmi les tendances positives, citons l’importance des technologies numériques pour communiquer avec ses amis et sa famille (82 %) et pour accéder aux services publics (82 %), deux chiffres qui correspondent à la moyenne de l’UE (83 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 32 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa compétitivité, la Pologne doit parvenir à une couverture complète de la connectivité en gigabits et stimuler la numérisation des entreprises. Elle doit également remédier aux retards pris dans le déploiement du réseau 5G.

La Pologne semble être en bonne voie pour parvenir à une couverture VHCN de 100 % d’ici à 2030, bien que les derniers déploiements risquent de s’avérer plus difficiles à réaliser. Le développement de la 5G est tardif, principalement en raison du retard pris dans l’autorisation des bandes pionnières de la 5G; seule la bande 3,4-3,8 GHz a été attribuée à ce jour. En conséquence, la 5G industrielle doit encore être développée. En outre, le code des communications électroniques européen [directive (UE) 2018/1972] doit encore être transposé en droit national, ce qui fait de la Pologne le dernier pays de l’UE à n’avoir pas encore adapté son cadre des communications électroniques.

Tous les ICP relatifs à la numérisation des entreprises, à l’exception de l’utilisation des services en nuage, montrent que les performances de la Pologne sont inférieures à la moyenne de l’UE. Les start-up polonaises ont un potentiel de croissance très important, mais l’écosystème des start-up du pays n’a pas encore tenu ses promesses. Avec 20 licornes, la cible définie par la Pologne pour 2030 est conforme à l’objectif d’un doublement du nombre de licornes, mais semble modeste, compte tenu du potentiel d’innovation du pays.

Pour contribuer à la souveraineté de l’UE, la Pologne vise à: i) faire passer sa part dans les chaînes de valeur de la production microélectronique mondiale, qui est actuellement minime, à 0,5 % d’ici à 2030; ii) déployer 370 nœuds périphériques d’ici à 2030; et iii) héberger un ordinateur quantique d’ici à 2025.

L’actuelle stratégie nationale pour la cybersécurité a été adoptée en 2019. Cette stratégie ayant une durée de cinq ans, il se peut qu’elle doive être modifiée ou remplacée cette année, alors que la directive SRI 2 n’a pas encore été transposée.

Recommandations – La Pologne devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) procéder à l’attribution des bandes pionnières 5G restantes; ii) transposer le code des communications électroniques européen en droit national; iii) renforcer les mesures relatives au déploiement de la 5G, notamment celles le long des principaux corridors de transport; iv) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) réexaminer la combinaison de mesures visant à soutenir l’adoption de technologies numériques avancées (en accordant une attention particulière à l’IA et à l’analyse des données). ii) veiller à l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en élaborant une stratégie de diffusion propre au pays (qui complète les engagements déjà pris dans le cadre du PIIEC CIS); contribuer aux activités de diffusion supplémentaires menées par le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage;

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Afin d’assurer l’inclusivité de la transformation numérique, la Pologne doit améliorer les compétences numériques de sa population et la part des spécialistes des TIC dans la population active à un rythme beaucoup plus soutenu que les années précédentes.

La part de la population polonaise possédant au moins des compétences numériques élémentaires est inférieure à la moyenne de l’UE; pour atteindre la cible de 80 % de la population possédant au moins des compétences numériques élémentaires d’ici à 2030, le rythme de croissance jusqu’à cette date devrait être plus de cinq fois supérieur à la moyenne observée ces dernières années. De même, pour les spécialistes des TIC, la valeur de 2023 est inférieure à la moyenne de l’UE, mais la Pologne ne prévoit pas d’atteindre la cible de l’UE (10 %), préférant proposer une cible nationale de 6 %. Néanmoins, les mesures annoncées dans le projet de feuille de route ne promettent pas de résultats suffisants pour atteindre l’augmentation attendue d’ici à 2030.

La Pologne a accompli des progrès en ce qui concerne son schéma d’identification électronique: une notification a été soumise à la Commission européenne en 2023 et une autre est en cours en préparation. 36,5 % des Polonais utilisaient l’identification électronique pour accéder aux services publics dans le pays (moyenne de l’UE: 36,1 %), un bon résultat probablement lié à l’utilisation généralisée de l’application mObywatel et de moyens d’identification électronique, à savoir le profil personnel (profil osobisty) disponible sur la carte d’identité. La Pologne se situe en dessous de la moyenne de l’UE en ce qui concerne la disponibilité des services publics en ligne pour les citoyens et les entreprises et l’utilisation de l’administration en ligne au cours des 12 derniers mois; toutefois, le taux moyen de croissance et les efforts déployés pour améliorer les services disponibles ou en proposer de nouveaux devraient, s’ils sont maintenus, permettre à la Pologne de combler l’écart d’ici à 2030. Le score de la Pologne concernant l’accès aux dossiers de santé en ligne est largement supérieur à celui de l’ensemble de l’UE et ses actions dans ce domaine donnent à penser que la cible de 100 est à portée de main.

Recommandations – La Pologne devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: inclure dans la feuille de route des mesures visant à améliorer les compétences élémentaires des plus jeunes (par exemple, des actions visant à améliorer les équipements numériques dans les écoles, des formations des enseignants aux TIC et des modifications des programmes afin d’accroître l’attrait des disciplines STIM).

-SPÉCIALISTES DES TIC: prendre des mesures afin d’augmenter le nombre de spécialistes des TIC (par exemple, améliorer la visibilité et l’accessibilité des possibilités de formation et de reconversion ou des dispositifs d’incitation pour attirer de nouveaux spécialistes des TIC et retenir ceux qui sont déjà là) et promouvoir les études et carrières dans le secteur des TIC auprès des femmes et des filles.

-SERVICES PUBLICS: assurer la mise en œuvre coordonnée des services publics et œuvrer à l’intégration des registres publics en vue de l’application du principe «une fois pour toutes».

-SANTÉ EN LIGNE: i) mettre les catégories de données relatives aux problèmes actuels et à l'imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne; ii) veiller à ce que toutes les catégories de données soient mises à disposition en temps utile.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Les autorités publiques et les entreprises polonaises tiennent compte des infrastructures et des technologies numériques économes en énergie et en ressources dans leurs activités et investissements quotidiens, en particulier en ce qui concerne les ressources de l’UE. Toutefois, ces efforts semblent être principalement motivés par l’obligation de respecter la réglementation ou la volonté de réduire les coûts. Il n’existe aucun système permettant de suivre les incidences numériques sur l’environnement, ni aucune réflexion globale sur les possibilités offertes par les synergies entre les technologies vertes et numériques.

Recommandations – La Pologne devrait:

-intégrer les considérations relatives à l’incidence sur l’environnement, y compris les synergies potentielles, dans sa réflexion stratégique sur la politique numérique nationale et concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires.

(1)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(2)

Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(3)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(4)

   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(5)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(6)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(7)

 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(8)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(9)

   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(10)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

(11)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(13)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(14)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(15)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(16)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

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La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(19)

   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(20)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(21)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

(22)

 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(23)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(24)

   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(25)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.

(26)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(28)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(29)

   Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(30)

Le 30 janvier 2024, les autorités polonaises ont communiqué à la Commission un projet de feuille de route, qui doit encore être formellement approuvé par le Conseil des ministres. Au moment de la rédaction du présent rapport, cette approbation formelle n’avait pas encore eu lieu, de sorte que le présent rapport se fonde sur le projet présenté en janvier, qui pourrait différer légèrement de la feuille de route finale en cours d’adoption.

(31)

Le projet de feuille de route prévoit toutefois une trajectoire pour la FTTP, avec une cible de 100 % d’ici à 2030, ce qui suppose que la cible relative aux VHCN sera également atteinte dans ce délai.

(32)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 


Bruxelles, le 2.7.2024

COM(2024) 260 final

ANNEXE

de la

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique


Annexe 3: Rapports succincts des 27 États membres de l’UE

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Portugal

 

1 Synthèse

Le Portugal dispose d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat. 

En 2023, le Portugal a enregistré des progrès notables dans le domaine de la santé en ligne et dans le déploiement des réseaux 5G, y compris dans la bande 3,4-3,8 GHz. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne l’amélioration des compétences élémentaires et avancées dans l’ensemble de la population. 

La numérisation est une priorité des autorités portugaises, qui mettent l’accent sur la fiabilité des services publics en ligne, le développement des compétences numériques et la libération du potentiel numérique des entreprises. Le Portugal saisit l’occasion d’utiliser les fonds de l’UE pour transformer son économie et sa société et élabore actuellement ses stratégies sur les nouvelles technologies telles que la cybersécurité, l’IA et le calcul avancé. Ses efforts en ce sens sont facilités par une excellente infrastructure numérique. Toutefois, malgré les efforts déployés, certains indicateurs relatifs à la population générale et aux entreprises suggèrent la nécessité d’une action plus intensive.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 1 , 74 % des citoyens portugais estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

Le Portugal est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE» (EDIC LDT CitiVERSE) déjà constitué et de l’EUROPEUM-EDIC. Conjointement avec d’autres États membres, il participe aux travaux relatifs aux potentiels futurs EDIC: l’EDIC relatif à l’Académie des compétences en matière de cybersécurité, l’EDIC EUCAIM et l’EDIC sur le génome 2 .

Le plan pour la reprise et la résilience du Portugal consacre 4,5 milliards d’EUR (21 % de son budget total) à la transformation numérique 3 , la priorité étant accordée aux qualifications et aux compétences numériques ainsi qu’à la transformation numérique des entreprises. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 2,4 milliards d’EUR (11 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 4 .

Portugal

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

PT

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

93,0 %

94,2 %

1,2 %

78,8 %

7,4 %

x

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

90,8 %

92,3 %

1,7 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

70,1 %

98,1 %

40,0 %

89,3 %

9,8 %

x

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

19

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

48,6 %

53,6 %

5,0 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

28,1 %

32,3 %

7,2 %

38,9 %

7,0 %

x

75 %

Intelligence artificielle

7,2 %

7,9 %

4,7 %

8,0 %

2,6 %

x

75 %

Analyse des données

N.D.

38,6 %

N.D.

33,2 %

N.D.

x

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

54,4 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

75 %

Licornes

1

263

2

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

55,3 %

56,0 %

0,6 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,3 %

4,5 %

4,7 %

4,8 %

4,3 %

7 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

77,8

81,5

4,8 %

79,4

3,1 %

x

100

Services publics numériques pour les entreprises

81,9

81,9

0,0 %

85,4

2,0 %

x

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

62,7

86,0

37,2 %

79,1

10,6 %

x

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution du Portugal à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est relativement ambitieuse; toutefois, selon ce document, le Portugal entend consacrer des efforts limités à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique. L’adoption formelle de la feuille de route au niveau national, qui est essentielle pour que le pays s’engage pleinement dans la réalisation de ces ambitions, est toujours en suspens.

La feuille de route du Portugal reflète en partie les efforts nécessaires sur tous les aspects de la numérisation. La feuille de route ne comprend qu’une partie des cibles nationales attendues, à savoir celles liées aux compétences numériques, aux PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique et aux licornes, ainsi qu'une cible commune pour l’adoption de l’IA, de l’informatique en nuage ou de l’analyse des données, ce qui laisse de la marge pour une politique pus ambitieuse. La feuille de route ne comprend aucune trajectoire, ce qui rend difficile l’évaluation du rythme de mise en œuvre. Les cibles nationales définies pour 2030 correspondent aux niveaux d’ambition de l’UE, à l’exception de celle relative aux spécialistes des TIC. Le budget total pour les mesures s’élève à 854 millions d’EUR (0,3 % du PIB). Si les mesures présentées traitent certains des problèmes les plus urgents, tels que le niveau insuffisant de compétences numériques élémentaires, les spécialistes des TIC et la numérisation des entreprises, des efforts plus soutenus sont nécessaires pour atteindre les cibles nationales. Dans l’intérêt de la coopération prévue par le programme, une feuille de route complète reste essentielle, y compris dans les domaines où le pays obtient de bons résultats, par exemple la connectivité.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’il soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, le Portugal devrait:

-CIBLES: i) proposer des objectifs et des trajectoires concernant les VHCN, la FTTP, la couverture 5G, les nœuds périphériques, l’informatique en nuage, l’IA et l’analyse des données séparément, l’accessibilité des services publics essentiels pour les citoyens et les entreprises et l’accès aux dossiers de santé en ligne, et définir des trajectoires pour les compétences numériques élémentaires, les spécialistes des TIC, l’intensité numérique des PME et les licornes, en utilisant la valeur de référence appropriée; ii) aligner le niveau d’ambition de la cible relative aux spécialistes des TIC sur celui de la cible de l’UE; iii) envisager d’établir des ambitions nationales en matière de primauté technologique, de compétitivité et de résilience afin de soutenir les cibles définies à l’échelle de l’UE concernant les semi-conducteurs et les technologies quantiques.

-MESURES: i) compléter la feuille de route par des mesures liées à la connectivité; ii) réexaminer les mesures contribuant à la réalisation des cibles relatives aux compétences et à la numérisation des entreprises; envisager de mettre en place des mesures supplémentaires pour les spécialistes des TIC et le niveau élémentaire d’intensité numérique des entreprises; iii) revoir le descriptif budgétaire de toutes les mesures présentées, en mettant en évidence les sources de l’UE et les sources nationales; iv) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent. v) intégrer, le cas échéant, les mesures communiquées par d’autres canaux dans la feuille de route.

-CONSULTATION: Consulter les principales parties prenantes, comme indiqué dans la décision relative à la décennie numérique, avant de proposer l’adaptation de la feuille de route nationale.

Droits et principes numériques

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique, 43 % des répondants portugais estiment que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne de l’UE (45 %). Le niveau de confiance des Portugais dans la protection de la vie privée numérique s’élève à 48 %, ce qui est également inférieur à la moyenne de l’UE. Leurs préoccupations se sont considérablement amplifiées, 60 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 20 points par rapport à 2023) et 52 % du contrôle de leurs données à caractère personnel (un chiffre en hausse de 15 points par rapport à 2023). Malgré ces préoccupations, 78 % des citoyens considèrent que les technologies numériques sont importantes pour accéder aux services publics et 83 % pour communiquer avec ses amis et sa famille, des chiffres qui correspondent à la moyenne de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 5 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, le Portugal dispose d’infrastructures d’excellente qualité, affichant une dynamique de déploiement positive, mais il peut encore stimuler la numérisation de ses entreprises. En ce qui concerne les infrastructures, le Portugal est en bonne voie pour atteindre une couverture de 100 % concernant la connectivité en gigabits (94,2 % pour les VHCN et 92,3 % pour la FTTP) et en 5G (98,1 %) bien avant l’échéance de 2030 fixée pour la cible de l’UE. 65,2 % des ménages portugais sont couverts par la 5G dans la bande 3,4-3,8 GHz, une bande essentielle pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante. En revanche, le taux d’abonnement au haut débit fixe à des vitesses de téléchargement de 1 Gbps ou plus est de 9,1 %, ce qui est inférieur à la moyenne de l’UE (18,5 %). La bonne situation de départ du Portugal est due à des initiatives publiques, telles que la récente mise aux enchères de la 5G et l’appel d’offres en cours concernant le gigabit, ainsi qu’au dynamisme des opérateurs privés. En revanche, les indicateurs relatifs à la numérisation des entreprises (niveau élémentaire d’intensité numérique des PME et adoption de l’analyse des données, de l’IA et de l’informatique en nuage) font tous état d’une performance inférieure ou égale à la moyenne de l’UE. Les PME sont peu performantes en ce qui concerne l’adoption des technologies numériques, malgré un large soutien financier offert par le plan portugais pour la reprise et la résilience et d’autres sources de financement de l’UE et la vision établie dans le programme COMPETE 2030. Toutefois, un solide programme a été mis en place en vue de favoriser la croissance de l’écosystème des start-up. Le Portugal entend renforcer sa contribution à la résilience et à la souveraineté technologiques de l’UE grâce à sa récente stratégie sur les semi-conducteurs et à la révision de ses stratégies et actions en matière de calcul avancé et d’IA. Une approche globale des compétences et des capacités en matière de cybersécurité contribue également à la réalisation de cet objectif.

Recommandations – Le Portugal devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-SEMI-CONDUCTEURS: poursuivre ses efforts dans le domaine des semi-conducteurs, notamment en proposant des actions concrètes et en étudiant les synergies entre la stratégie nationale et la coopération au niveau de l’UE.

-NUMÉRISATION DES PME ET LICORNES: i) renforcer les mesures existantes en tenant compte de la cible ambitieuse définie concernant le niveau élémentaire d’intensité numérique des entreprises et de la nécessité d’assurer la continuité du soutien jusqu’en 2030; ii) continuer de renforcer l’écosystème national des start-up et des entreprises en expansion, notamment en garantissant la disponibilité et l’efficacité des mesures adoptées.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) envisager des mesures spécifiques pour l’adoption de l’informatique en nuage, de l’IA et de l’analyse des données, telles que le renforcement de la collaboration entre les secteurs public et privé et avec le monde universitaire, afin de mieux adapter le potentiel de ces technologies aux besoins des entreprises; ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Le Portugal est bien préparé pour mener à bien une transition numérique inclusive, mais il devra soutenir son effort pour continuer d’améliorer le niveau des compétences numériques de sa population et former des spécialistes des TIC. Le pourcentage de la population possédant au moins des compétences numériques élémentaires est à peine supérieur à la moyenne de l’UE et n’a progressé que de manière limitée ces dernières années. La proportion de spécialistes des TIC dans la population active est inférieure à la moyenne de l’UE et la part de femmes dans la profession est en baisse. Ces dernières années, les autorités portugaises ont mis au point de multiples initiatives pour renforcer les compétences numériques de la population, notamment des travailleurs; il s’agit notamment de réformes et d’investissements dans le système éducatif et d’autres initiatives de formation. L’ambition de la décennie numérique et des cibles nationales nécessitera que le Portugal redouble encore d’efforts dans ce domaine. La numérisation des services publics reste proche de la moyenne de l’UE, tandis que le niveau de maturité en matière de santé en ligne s’est considérablement amélioré et est désormais supérieur à la moyenne de l’UE. Grâce à des mesures visant à soutenir la numérisation du système de santé, à mettre en œuvre des schémas d’identification électronique et à soutenir la modernisation de l’administration publique, le Portugal est en bonne voie pour atteindre les cibles définies à l’échelle de l’UE. Dans le même temps, il pourrait faire davantage pour sensibiliser la population aux avantages des solutions mises en place.

Recommandations – Le Portugal devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: intensifier ses efforts, notamment en évaluant l’adoption des mesures actuelles et les besoins qu’il reste à combler pour atteindre la cible ambitieuse.

-SPÉCIALISTES DES TIC: adopter des mesures supplémentaires pour les spécialistes des TIC, y compris les talents dans le secteur de la cybersécurité, et promouvoir les études dans les filières TIC et l’équilibre hommes-femmes dans ce domaine.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES/IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUE: poursuivre le développement de solutions d’administration en ligne faciles d’utilisation et intensifier les efforts visant à promouvoir leur adoption, en accordant une attention particulière à l’identification électronique.

-SANTÉ EN LIGNE: mettre les catégories de données relatives à l’imagerie médicale et aux lettres de sortie d’hospitalisation à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne et, en s’appuyant sur les dispositions juridiques existantes, mettre en œuvre une fonctionnalité technique permettant aux tuteurs légaux et aux personnes autorisées d’accéder aux données de santé électroniques pour le compte d’autrui.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

Le Portugal commence à accorder de l’importance au couplage des transitions numérique et écologique. Les autorités portugaises ont fait preuve d’un engagement croissant en faveur d’un avenir plus durable, en mettant en place des mesures numériques, telles que la facturation dématérialisée ou le suivi de l’efficacité énergétique, afin de soutenir une administration publique, des entreprises et des comportements individuels plus efficaces dans l’utilisation des ressources. En ce qui concerne l’objectif de rendre le secteur des TIC plus respectueux de l’environnement, la plupart des acteurs du secteur des télécommunications élaborent des rapports sur le développement durable, ce qui permet de suivre les améliorations dans le secteur de la connectivité. Toutefois, une approche plus globale dans ce domaine pourrait s’avérer nécessaire.

Recommandations – Le Portugal devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Roumanie

 

1 Synthèse

La Roumanie pourrait encore améliorer ses performances afin de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Roumanie a enregistré des progrès notables dans la numérisation des services publics et dans la numérisation des PME et a continué d’afficher des résultats remarquables en ce qui concerne la couverture FTTP. Toutefois, malgré les efforts en cours, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne l’amélioration des compétences numériques élémentaires dans l’ensemble de la population et le déploiement des réseaux 5G. 

La transformation numérique a gagné de l'importance sur le plan politique en Roumanie ces dernières années et bénéficie actuellement d’un financement important de l’UE. La Roumanie consacre 21,8 % du budget total de son plan pour la reprise et la résilience au numérique (5,8 milliards d’EUR) 6 . Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 3 milliards d’EUR (10 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 7 . Certaines des mesures en cours commencent déjà à améliorer les indicateurs clés de performance mais, pour l’heure, les avantages à grande échelle pour les citoyens et les entreprises restent insuffisants en ce qui concerne l’éducation et l’inclusion numériques, les entreprises compétitives et innovantes ou des services publics de meilleure qualité et plus transparents. 

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 8 , 59 % des citoyens roumains estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie. Il s’agit de l’un des scores les plus faibles de l’UE, bien en deçà de la moyenne de l’UE (73 %).

En ce qui concerne la participation aux consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC), la Roumanie est membre de l’EUROPEUM-EDIC (dans le domaine de la chaîne de blocs, déjà constitué) et participe aux groupes de travail qui élaborent les statuts et d’autres documents pertinents des potentiels futurs EDIC sur le génome et sur l’administration publique connectée (IMPACTS) 9 .

Roumanie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

RO

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN) 10

95,6 %

95,0 %

-0,6 %

78,8 %

7,4 %

99 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

95,6 %

95,0 %

-0,6 %

64,0 %

13,5 %

99 %

-

Couverture 5G globale

26,8 %

32,8 %

22,4 %

89,3 %

9,8 %

62 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

5

1 186

113

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

22,2 %

26,8 %

9,9 %

57,7 %

2,6 %

75 %

90 %

Nuage

11,3 %

15,5 %

17,1 %

38,9 %

7,0 %

40 %

75 %

Intelligence artificielle

1,4 %

1,5 %

3,5 %

8,0 %

2,6 %

10 %

75 %

Analyse des données

N.D.

21,9 %

N.D.

33,2 %

N.D.

15 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

28,7 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

0

263

x

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

27,8 %

27,7 %

-0,2 %

55,6 %

1,5 %

50 %

80 %

Spécialistes des TIC

2,8 %

2,6 %

-7,1 %

4,8 %

4,3 %

4 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Non

Services publics numériques pour les particuliers

47,6

52,2

9,7 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

44,6

50,0

12,1 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

57,1

58,6

2,7 %

79,1

10,6 %

x

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Roumanie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route , le pays se montre très ambitieux et, selon ce document, entend consacrer des efforts à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique, bien que l’adoption formelle de la feuille de route au niveau national, qui est essentielle pour que le pays s’engage pleinement dans la réalisation de ces ambitions, soit toujours en suspens. 

La Roumanie a approuvé des cibles nationales correspondant à toutes les cibles de la décennie numérique à l’horizon 2030, excepté pour la santé en ligne, les technologies quantiques, les nœuds périphériques et les semi-conducteurs. Les cibles définies pour les compétences numériques, la numérisation des entreprises et la couverture 5G sont fixées nettement en dessous du niveau d’ambition des cibles de l’UE.

Les 97 mesures incluses dans la feuille de route s’appuient en grande partie sur le plan roumain pour la reprise et la résilience (PRR) et, dans une mesure plus limitée, sur le financement pertinent au titre de la politique de cohésion. Sur la base des informations budgétaires figurant dans le plan, il apparaît que la plupart des efforts de financement se concentrent sur la numérisation des services publics (11 mesures d’une valeur supérieure à 1 milliard d’EUR) et sur l’amélioration des compétences numériques (23 mesures d’une valeur supérieure à 1 milliard d’EUR), qui sont considérées comme les principaux moteurs de la numérisation de la Roumanie. En ce qui concerne la numérisation des entreprises, la plupart des mesures incluses dans la feuille de route sont prises au niveau régional par l’intermédiaire des pôles d’innovation numérique européens et, à ce titre, elles ne sont pas susceptibles de relever tous les défis recensés. La feuille de route souligne la nécessité de mesures supplémentaires pour soutenir la R&D, l’innovation et la transformation numérique des entreprises. Des processus interinstitutionnels ont commencé à élaborer des politiques dans des domaines tels que les semi-conducteurs, les technologies quantiques et, dans une moindre mesure, les nœuds périphériques, en s’appuyant en partie sur la participation de la Roumanie à des projets multinationaux. Dans l’ensemble, la feuille de route pourrait être étoffée afin de refléter les objectifs généraux du programme.

Recommandations pour la feuille de route 

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Roumanie devrait:

-CIBLES: i) proposer des cibles et des trajectoires pour les nœuds périphériques et la santé en ligne; ii) réviser la cible relative aux licornes conformément à la définition actuelle de l’ICP; ii) revoir à la hausse le niveau d’ambition pour la 5G, les compétences numériques élémentaires, les spécialistes des TIC, la numérisation des PME et l’adoption de technologies numériques avancées.

-MESURES: i) réexaminer les mesures visant à soutenir les cibles relatives à la numérisation des entreprises et à l’adoption des technologies numériques avancées, afin de garantir une vue d’ensemble plus complète, ainsi que la réalisation des objectifs du programme; ii) poursuivre le processus institutionnel d’élaboration de politiques dans les domaines des semi-conducteurs, de l’informatique de périphérie et des technologies quantiques; iii) revoir le descriptif budgétaire des mesures financées par le budget national et la politique de cohésion; iv) classer les mesures en fonction de la cible et/ou de l’objectif auquel elles contribuent; v) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), y compris sur les mesures qui y contribuent. 

-CONSULTATION: assurer un processus de consultation pour la feuille de route révisée, en accordant aux parties prenantes intéressées suffisamment de temps pour réagir, et en rendre compte dans la feuille de route.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique révèle des informations essentielles sur la perception qu’ont les Roumains des droits numériques. 45 % d’entre eux pensent que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre identique à la moyenne de l’UE. Le niveau de confiance dans la protection de la vie privée numérique s’élève à 48 %, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne. Parmi les préoccupations des Roumains figurent la sécurité des enfants en ligne (48 %) et le contrôle de leurs données à caractère personnel (41 %), qui sont tous deux en forte hausse. Parmi les tendances positives, citons l’importance accordée par les Roumains aux technologies numériques pour accéder aux services publics (64 %) et pour communiquer avec ses amis et sa famille (71 %). Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 11 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique 

Avec une couverture de 95 % des ménages (la deuxième la plus élevée de l’UE), la Roumanie est sur le point d’offrir une couverture FTTP presque complète à ses citoyens et à ses entreprises, y compris dans les zones rurales, où la couverture est déjà de 92,5 % et progresse encore rapidement. Le pays affiche également le taux d’adoption de l’internet haut débit le plus élevé de l’UE: 94 % des connexions internet ont des vitesses égales ou supérieures à 100 Mbps. À la suite de l’attribution récente du spectre et de diverses mesures réglementaires, la couverture 5G s’améliore, mais reste très en retard par rapport à la moyenne de l’UE. Les résultats en matière de numérisation des entreprises restent nettement inférieurs à la moyenne de l’UE, bien qu’une dynamique positive ait été observée en ce qui concerne le niveau élémentaire d’intensité numérique et certains autres indicateurs connexes, en particulier la facturation électronique. Malgré les efforts déployés, il reste un écart important à combler pour atteindre les cibles fixées pour les entreprises à l’horizon 2030 et pour mettre en œuvre la feuille de route; il conviendra notamment d’accroître le niveau de R&D et d’innovation dans le secteur des TIC. Des évolutions significatives dans le domaine de la cybersécurité ont également été observées en 2023, à l’initiative d’acteurs tant privés que publics, notamment des actions de sensibilisation et de renforcement des compétences pertinentes.



Recommandations – La Roumanie devrait: 

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) redoubler d’efforts pour encourager un niveau d’ambition plus élevé pour la cible relative à la 5G, y compris un soutien éventuel des cas d’utilisation et des projets pilotes, compte tenu de l’importance de cette cible pour la compétitivité future de l’UE et de la Roumanie et en s’appuyant sur la tendance positive actuelle; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-PME: intensifier les actions en matière de numérisation des entreprises, en commençant par fournir une vue d’ensemble des mesures de soutien disponibles et en recensant les lacunes potentielles en ce qui concerne la satisfaction des besoins existants, ainsi qu’en garantissant le bon fonctionnement des EDIH.

-NUAGE/PÉRIPHÉRIE: i) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les États membres participant au PIIEC CIS; ii) envisager le déploiement de nœuds périphériques lors de la création de programmes et de stratégies d’investissement dans les domaines de l’IA, du futur déploiement des réseaux et de l’internet des objets, étant donné que l’informatique de périphérie joue un rôle important dans ces domaines.

-LICORNES: élargir les mesures visant à soutenir un secteur des TIC innovant et axé sur la R&D, dans le cadre des objectifs de la feuille de route relatifs à la compétitivité et à la primauté technologique.

-TECHNOLOGIES QUANTIQUES/SEMI-CONDUCTEURS: élaborer une politique et de nouvelles mesures visant à soutenir les cibles relatives aux semi-conducteurs, aux technologies quantiques et aux nœuds périphériques, en s’appuyant sur l’intérêt national croissant et les actifs existants, ainsi que sur la coopération multinationale.

-CYBERSÉCURITÉ: i) élargir la feuille de route afin de mieux refléter l’intérêt croissant pour la cybersécurité et les activités liées à celle-ci, en fixant des objectifs clairs à cet égard; ii) poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

La Roumanie déploie des efforts considérables pour relever le niveau des compétences numériques, dans un contexte où plus de 72 % de sa population manque encore de compétences numériques élémentaires. L’accent est actuellement mis sur l’intégration des compétences numériques à tous les niveaux de l’éducation formelle, notamment dans le cadre de réformes des programmes d’études, de formations des enseignants, d’infrastructures et de ressources pédagogiques. Certaines mesures plus limitées ciblent les adultes en transformant les bibliothèques publiques en pôles pour l’acquisition de compétences numériques, le perfectionnement et la reconversion professionnels des adultes actifs, et la formation des jeunes. Si la Roumanie continue d’obtenir de très bons résultats en matière de formation des spécialistes des TIC, la proportion de spécialistes des TIC dans sa population active est relativement faible, notamment en raison des difficultés à les retenir dans le pays.

Les résultats en matière de numérisation des services publics restent faibles, mais une action continue pourrait conduire à des améliorations radicales dans les années à venir, sur le plan de la transparence, de la simplification et de la qualité. À cet égard, les initiatives visant à numériser les principaux services régionaux et nationaux et à mettre en place un «nuage gouvernemental» ainsi qu’un portail et un cadre d’interopérabilité sont importantes. Une solution d’identification électronique, ROeID, est en cours de prénotification. L’accès aux dossiers de santé électroniques reste médiocre, mais pourrait s’améliorer grâce à un investissement plus large au titre de la FRR. Enfin, la Roumanie accorde de plus en plus d’attention à la protection des enfants en ligne et aux questions sociétales telles que la désinformation et la confiance dans les services en ligne.

Recommandations – La Roumanie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: i) renforcer les mesures relatives au perfectionnement et à la reconversion professionnels de la main-d’œuvre; ii) continuer à améliorer la qualité et la pertinence des formations, non seulement en enseignant les compétences numériques en tant que matière distincte, mais aussi en intégrant les compétences et l’éducation numériques à tous les niveaux, dans le cadre d’une approche transversale.

-SPÉCIALISTES DES TIC: envisager des mesures supplémentaires visant à retenir les spécialistes des TIC dans le pays.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES: poursuivre les efforts nécessaires à la mise en œuvre de l’actuel et ambitieux programme pour la numérisation des services publics, notamment en garantissant des niveaux suffisants de financement, de capacités de gestion de projets et de spécialistes des TIC et en assurant une vaste/solide coordination entre les différentes autorités concernées. 

-SANTÉ EN LIGNE: étendre la couverture du service d’accès en ligne, mettre les données relatives aux dispositifs médicaux/implants médicaux, aux tests de laboratoire et aux images médicales à la disposition des citoyens au moyen de ce service d’accès en ligne et intégrer à celui-ci davantage de catégories de prestataires de soins de santé.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La Roumanie souligne que les efforts considérables qu’elle déploie pour numériser ses services publics, en particulier les services environnementaux, apporteront également des avantages considérables sur le plan de l’action pour le climat. Depuis 2023, l’éducation au numérique et à l’écologie est proposée aux écoliers en tant que cours facultatifs. À noter, un secteur dynamique des technologies propres semble émerger, et bénéficie de plusieurs mesures de soutien aux niveaux régional et national.

Recommandations – La Roumanie devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Slovaquie

 

1 Synthèse

La Slovaquie pourrait encore améliorer ses performances afin de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’UE, en vue de mener à bien une numérisation favorisant les compétences, la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Slovaquie a enregistré des progrès notables dans l’amélioration des services publics numériques pour les citoyens et les entreprises, ainsi que dans la promotion des initiatives en matière de santé en ligne. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne le développement de la couverture du réseau en gigabits et l’amélioration des compétences numériques élémentaires et avancées dans l’ensemble de la population.

La numérisation a été au centre des dernières réformes et des derniers plans du gouvernement. Outre le plan d’action pour la transformation numérique de la Slovaquie pour la période 2023-2026, la stratégie nationale de la République slovaque en matière de compétences numériques et le plan d’action 2023-2026, la Slovaquie a publié le plan 2023-2026 pour des villes et régions intelligentes et la stratégie nationale en matière de recherche, de développement et d’innovation à l’horizon 2030, en adoptant des objectifs globaux et ambitieux à tous les niveaux afin d’assurer une meilleure qualité de vie. La mise en œuvre de ces stratégies devrait stimuler la transformation numérique de la Slovaquie, qui reste à la traîne par rapport à la moyenne de l’UE dans tous les indicateurs clés de performance (ICP) de la décennie numérique sauf un.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 12 , 82 % des citoyens slovaques estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie. Ce score est largement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

La Slovaquie est membre du consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) intitulé «Networked Local Digital Twins Towards the CitiVERSE» et a un statut d’observateur au sein de l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (tous deux déjà constitués). La Slovaquie est membre des groupes de travail visant à mettre en place l’IMPACTS-EDIC, l’EDIC de données relatives à la mobilité et à la logistique, l’EDIC sur le génome et l’EDIC sur les communs numériques 13 , ainsi que de groupes de travail étudiant d’autres domaines potentiels dans lesquels des EDIC pourraient être constitués. Elle est également membre du projet important d’intérêt européen commun dans le domaine de la microélectronique et des technologies de la communication (PIIEC ME/TC).

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de la Slovaquie consacre 20,5 % de son budget au numérique (1,2 milliard d’EUR) 14 . Il a été mis à jour en juillet 2023 afin d’y inclure des réformes et des investissements répondant aux objectifs REPowerEU. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 0,9 milliard d’EUR (7 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 15 .



Slovaquie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

SK

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

71,3 %

69,1 %

-3,1 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

66,9 %

64,2 %

-4,0 %

64,0 %

13,5 %

x

-

Couverture 5G globale

55,3 %

79,0 %

42,8 %

89,3 %

9,8 %

98,5 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

8

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

43,0 %

42,2 %

-0,9 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

30,8 %

30,2 %

-1,0 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

5,2 %

7,0 %

16,0 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

30,2 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

45,8 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

0

263

3

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

55,2 %

51,3 %

-3,6 %

55,6 %

1,5 %

70 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,3 %

4,2 %

-2,3 %

4,8 %

4,3 %

6 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

67,2

72,1

7,2 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

77,9

79,2

1,6 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

42,0

66,3

57,8 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

(2) La dernière mesure utilisée correspond à 2021.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Slovaquie au programme d’action pour la décennie numérique présentée dans sa feuille de route nationale, celle-ci est très ambitieuse, tandis que le pays entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

Publiée en mars 2024, la feuille de route de la Slovaquie présente une vue d’ensemble de l’orientation stratégique numérique du pays pour le développement. Ce document donne un aperçu de l’état d’avancement, des défis et des points forts dans différents secteurs. En particulier, la feuille de route présente de nombreuses cibles, dont la plupart (neuf cibles relatives à la connectivité, aux entreprises et aux services publics) sont alignées sur celles de l’UE. Elle mentionne également 113 mesures, avec un engagement important en faveur du progrès numérique, souligné par un budget estimé à 2 270 millions d’EUR (1,8 % du PIB).

Certains domaines sont présentés de manière moins détaillée. Par exemple, aucune mesure détaillée n’est fournie pour les nœuds périphériques, les semi-conducteurs et les technologies quantiques. La feuille de route est en partie alignée sur les principales recommandations présentées dans le rapport par pays sur la décennie numérique 2023 relatif à la Slovaquie et met l’accent sur des mesures visant à améliorer l’accès aux informations et le partage des connaissances pour les entreprises, notamment dans le cadre des pôles d’innovation numérique européens et d’actions visant à numériser les services publics. Il est toutefois nécessaire de revoir à la hausse les ambitions relatives à la connectivité et aux compétences numériques.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Slovaquie devrait:

-CIBLES: i) proposer des valeurs cibles nationales pour la FTTP et les nœuds périphériques; ii) recalculer la trajectoire relative aux VHCN en utilisant les valeurs correctes; iii) réévaluer les efforts pouvant être déployés en ce qui concerne la couverture 5G, les compétences numériques élémentaires et les spécialistes des TIC.

-MESURES: i) renforcer les mesures visant à contribuer au développement des compétences numériques et à favoriser la connectivité; ii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent. iii) réexaminer le budget estimé pour toutes les mesures présentées, en mettant en évidence les différentes sources, y compris en donnant plus de détails sur les fonds de l’UE tels que la FRR.

-CONSULTATION: fournir de plus amples informations sur le processus de consultation prévu dans la feuille de route.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations essentielles sur la perception qu’ont les Slovaques des droits numériques. 47 % des répondants slovaques estiment que l’UE protège leurs droits numériques, soit une augmentation de 5 points par rapport à l’année dernière. Le niveau de confiance dans la protection de la vie privée numérique a augmenté de 5 points, pour s’établir à 52 %, ce qui correspond à la moyenne de l’UE. Parmi les préoccupations notables figurent les inquiétudes concernant la sécurité des enfants en ligne (57 % des répondants, soit une hausse de 8 points) et le contrôle des données à caractère personnel (39 %). Des tendances positives se dégagent de l’importance accordée aux technologies numériques pour accéder aux services publics (84 %) et pour communiquer avec ses amis et sa famille (89 %), deux chiffres supérieurs à la moyenne de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 16 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique 

Malgré l’engagement du pays à garantir un accès égal à une connectivité numérique de haute qualité abordable, 69 % des ménages sont actuellement couverts par les VHCN et des difficultés subsistent afin d’assurer une couverture en gigabits pour tous. Des actions visant à créer des possibilités grâce à la recherche, au développement et à l’innovation sont en cours, bien que la part du secteur des TIC dans les dépenses de R&D du secteur privé reste relativement faible (0,6 %). Les initiatives de collaboration entre les universités, l’industrie et le gouvernement visent à stimuler l’innovation et à développer les capacités dans des domaines tels que les semi-conducteurs et les technologies quantiques. Les améliorations apportées aux infrastructures, telles que la nouvelle dorsale optique internationale et le développement de l’infrastructure slovaque des communications quantiques, contribuent à renforcer la résilience de l’écosystème numérique slovaque. En outre, la Slovaquie a pris des mesures afin de promouvoir l’adoption des technologies numériques par les entreprises, avec actuellement 42 % des PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique, soulignant ainsi leur rôle moteur pour la croissance économique.

Recommandations – La Slovaquie devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) élaborer des initiatives ciblées visant à combler le déficit d’investissement et à garantir des financements publics et privés dans la couverture haut débit et l’adoption de celui-ci afin de résoudre les problèmes recensés en matière de connectivité en gigabits et en 5G, en particulier dans les zones rurales; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-PME: accélérer la diffusion de technologies et de solutions innovantes dans l’ensemble de l’économie afin d’améliorer l’adoption du numérique et la compétitivité.

-SEMI-CONDUCTEURS/NŒUDS PÉRIPHÉRIQUES/TECHNOLOGIES QUANTIQUES: favoriser un engagement accru au niveau européen pour promouvoir l’adoption des semi-conducteurs, des nœuds périphériques et des technologies quantiques.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) soutenir le développement, le déploiement et l’adoption de l’informatique en nuage, de l’intelligence artificielle, de l’analyse des données et d’autres technologies de pointe, notamment en soutenant les investissements dans ces domaines. ii) encourager l’adoption de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

-LICORNES: élargir les mesures existantes visant à soutenir la croissance des entreprises en expansion et des start-up qui stimulent l’innovation et investissent dans les technologies émergentes.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G. 

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir 

La Slovaquie encourage activement un environnement numérique centré sur l’humain, inclusif et transparent, conformément aux objectifs généraux de l’UE en faveur de l’autonomisation numérique des citoyens. Les mesures telles que l’adoption de la loi sur la protection des consommateurs illustrent les efforts déployés pour donner aux citoyens les moyens d’agir en garantissant un juste équilibre entre les droits et les obligations des consommateurs dans la sphère numérique. Ces mesures législatives répondent aux défis émergents dans le domaine numérique et sont alignées sur la législation de l’UE relative à la protection des consommateurs. En outre, la participation de la Slovaquie au réseau INHOPE souligne l’engagement du pays à promouvoir l’inclusion numérique et à préserver la sécurité en ligne, en particulier pour les groupes vulnérables tels que les enfants. Toutefois, les mesures prises par la Slovaquie ne se traduisent pas encore par de meilleurs résultats en ce qui concerne les compétences numériques. Les actions menées à tous les niveaux du secteur de l’éducation doivent encore être améliorées, les compétences numériques élémentaires ayant enregistré une baisse au cours de l’année écoulée (de 55 % à 51 %), soit un niveau inférieur à la moyenne de l’UE (55 %), probablement en raison des effets post-COVID-19 (c’est-à-dire une baisse de l’utilisation des outils TIC). La Slovaquie doit accorder une attention particulière aux tranches d’âge 55-64 ans (38 %) et 65-74 ans (19 %). Le niveau d’ambition des cibles nationales définies pour 2030 est inférieur à celui des cibles de l’UE. Avec des cibles nationales de 70 % pour les compétences numériques élémentaires et de 6 % pour la proportion de spécialistes des TIC dans la population d’ici à 2030, des mesures plus spécifiques et plus larges sont nécessaires et cruciales pour renforcer les compétences numériques en Slovaquie, conformément aux stratégies nationales existantes.

L’utilisation de l’identification électronique reste limitée: seuls 8 % des citoyens utilisent l’identification électronique pour accéder aux services publics, contre une moyenne de 36 % dans l’UE. Pour y remédier, la Slovaquie a lancé le projet de test et de déploiement de l’identité numérique, qui se déroulera jusqu’en 2026 et vise à permettre d’accéder à l’identification numérique au moyen d’appareils mobiles. Dans le domaine des services publics numériques, les résultats de la Slovaquie en ce qui concerne les services offerts aux citoyens et aux entreprises, bien qu’ils s’améliorent quelque peu, restent inférieurs à la moyenne de l’UE. Des actions sont en cours en vue de promouvoir la numérisation, notamment en simplifiant les procédures de passation des marchés publics, en renforçant la communication électronique avec l’administration publique et en améliorant l’accès aux dossiers médicaux électroniques. Des campagnes de sensibilisation et le développement d’applications mobiles spéciales sont envisagés pour accroître l’utilisation et l’accessibilité des services de santé en ligne, conformément à l’engagement de la Slovaquie de tirer parti de la technologie pour améliorer la fourniture de soins de santé.



Recommandations – La Slovaquie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: i) accélérer la mise en œuvre de nouveaux programmes d’enseignement dans les écoles primaires et secondaires, incluant des programmes solides axés sur l’informatique et les compétences numériques; ii) mettre en œuvre un programme complet de perfectionnement pour les enseignants afin de veiller à ce que tous les éducateurs possèdent un niveau adéquat de compétences numériques.

-SPÉCIALISTES DES TIC: encourager le développement de formations certifiantes plus flexibles et diverses dans le domaine des TIC, à différents niveaux et selon différentes modalités dans l’enseignement supérieur.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES: renforcer la transformation numérique des services publics et encourager activement l’adoption de modalités électroniques tant par les travailleurs que par les retraités.

-SANTÉ EN LIGNE: i) proposer une application mobile permettant aux citoyens d’accéder à leur dossier médical électronique, en améliorant la méthode d’authentification pour se connecter aux services d’accès en ligne en respectant pleinement les exigences d’accessibilité; ii) mettre la catégorie de données relative à l’imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne. iii) étendre la couverture du service d’accès en ligne afin de garantir que tous les citoyens puissent accéder à leurs données de santé électroniques en ligne.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La Slovaquie peut encore tirer parti des possibilités de transformation écologique, en favorisant le développement des compétences vertes et en renforçant ses capacités numériques et professionnelles conformément à ses objectifs stratégiques. Des mesures telles que l’«analyse du passage à des TIC écologiques dans l’administration publique» sont en cours afin d’évaluer l’incidence de la transition vers des infrastructures de communication durables, des centres de données écologiques et des services de TIC économes en énergie. Ces initiatives donnent la priorité aux droits numériques et au développement durable en tenant compte des principes de confidentialité des données, de sécurité et d’utilisation éthique des technologies, en contribuant ainsi à la durabilité environnementale et à l’inclusion numérique.

Recommandations – La Slovaquie devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Slovénie

 

1 Synthèse

La Slovénie dispose d’un potentiel inexploité qui lui permettrait de contribuer aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Slovénie a enregistré des progrès notables en ce qui concerne l’administration en ligne, grâce à la notification de son schéma national d’identification électronique et à une maturité globalement élevée dans le domaine de la santé en ligne, et en ce qui concerne la couverture 5G, y compris dans les bandes de fréquences 3,4-3,8 GHz. Toutefois, malgré les efforts actuels, des difficultés subsistent en ce qui concerne l’amélioration des compétences numériques élémentaires de la population, tandis que les entreprises slovènes, en particulier les PME, accusent un retard dans l’adoption des technologies avancées telles que l’analyse des données. 

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 17 , 74 % des citoyens slovènes estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne de l’UE (73 %).

La Slovénie prépare activement les bases de sa transformation numérique en élaborant des orientations stratégiques et des plans d’action complémentaires, notamment des stratégies sur les semi-conducteurs et les technologies quantiques. Attendue de longue date, la stratégie relative aux services publics numériques à l’horizon 2030 a été publiée en 2023 et la participation de la Slovénie aux EDIC souligne son engagement à faire progresser les initiatives numériques.

La Slovénie est membre de plusieurs EDIC, dont l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC), l’EDIC intitulé «Networked Local Digital Twins towards the CitiVERSE» et EUROPEUM (tous déjà constitués). Elle est également en train d’élaborer les statuts et d’autres documents pertinents du potentiel futur EDIC relatif à l’Académie européenne des compétences en matière de cybersécurité et participe aux discussions relatives à la création du potentiel futur EDIC sur les communs numériques, au sein de groupes de travail informels 18 . Toutefois, la Slovénie ne participe pas au PIIEC CIS.

Si certaines activités de mise en œuvre ont été réalisées, les progrès et les effets transformateurs à plus grande échelle doivent encore se concrétiser.

Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de la Slovénie consacre 20 % de son budget (0,5 milliard d’EUR) aux mesures de politique numérique 19 . La priorité est donnée à la numérisation des services publics et de la santé en ligne, ainsi qu’à la participation à des projets numériques multinationaux, par exemple dans les domaines de l’informatique en nuage et des semi-conducteurs. En outre, 9 % (0,3 milliard d’EUR) du financement total du pays au titre de la politique de cohésion sont consacrés à la transformation numérique 20 .



Slovénie

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

SI

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

75,5 %

78,5 %

4,0 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

75,5 %

78,5 %

4,0 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

63,9 %

82,1 %

28,5 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

5

1 186

200

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

55,2 %

50,4 %

-4,4 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

37,6 %

36,0 %

-2,2 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

11,7 %

11,4 %

-1,3 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

19,1 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

44,7 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

0

263

7

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

49,7 %

46,7 %

-3,0 %

55,6 %

1,5 %

80 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,5 %

3,8 %

-15,6 %

4,8 %

4,3 %

10 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

71,4

77,0

7,9 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

82,7

84,0

1,5 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

80,4

87,6

8,9 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Slovénie à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est extrêmement ambitieuse, et selon ce document, la Slovénie entend consacrer des efforts très importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique. Toutefois, l’adoption formelle de la feuille de route au niveau national, qui est essentielle pour que le pays s’engage pleinement dans la réalisation de ces ambitions, est toujours en suspens.

La feuille de route de la Slovénie est très ambitieuse et cohérente et couvre tous les objectifs de la décennie numérique dans le cadre d’un ensemble complet de 99 mesures. Les cibles à l’horizon 2030 qu’elle définit pour les indicateurs clés de performance (ICP) sont alignées sur celles de l’UE et elle introduit des cibles supplémentaires telles que l’adoption de l’identification électronique. La feuille de route comprend également des estimations quantitatives de la manière dont elle devrait contribuer à la réalisation des cibles relatives aux nœuds périphériques et aux semi-conducteurs.

Le budget total alloué aux mesures décrites dans la feuille de route est estimé à 1 milliard d’EUR (environ 1,7 % du PIB), les priorités étant les compétences numériques élémentaires, les services publics numériques, la connectivité en gigabits et l’adoption de l’IA/de l’informatique en nuage/de l’analyse des données (en particulier l’IA). Toutefois, des mesures plus globales sont nécessaires pour remédier aux limitations (par exemple, pour les spécialistes des TIC) et proposer des initiatives ciblées (pour la numérisation des PME). En outre, la feuille de route gagnerait à disposer d’une description plus détaillée des stratégies et activités prévues pour les semi-conducteurs, les technologies quantiques et l’IA, notamment du projet de centre de compétences.

Recommandations pour la feuille de route

En plus des recommandations horizontales adressées à tous les États membres au sujet de leur feuille de route nationale, la Slovénie devrait envisager de soumettre les adaptations suivantes de la sienne (article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique):

-MESURES: i) présenter des mesures supplémentaires en faveur de la numérisation des PME et de l’adoption des technologies avancées, en particulier l’analyse des données, ainsi que du perfectionnement de la population, en mettant l’accent sur les spécialistes des TIC et les femmes dans le secteur des TIC, et en insistant sur les semi-conducteurs, les technologies quantiques et l’IA; ii) réviser le descriptif budgétaire afin d’assurer la cohérence globale et compléter les informations relatives à l’incidence attendue au niveau des mesures; iii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), en précisant quelles mesures nationales y contribuent. 

Droits et principes numériques

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique, 46 % des Slovènes estiment que l’UE protège leurs droits numériques, un chiffre en baisse de 5 points par rapport à l’année dernière et qui se situe juste en dessous de la moyenne de l’UE (47 %). Parmi les préoccupations croissantes, 62 % des citoyens slovènes s’inquiètent pour la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 11 points), et 47 % pour le contrôle de leurs données à caractère personnel. Toutefois, 62 % ont confiance dans la liberté de réunion en ligne et 57 % dans les technologies sûres et respectueuses de la vie privée, deux chiffres supérieurs à la moyenne de l’UE. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 21 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

Pour renforcer sa primauté technologique et sa compétitivité, la Slovénie prend des mesures considérables en vue de développer des technologies de pointe, mais des mesures supplémentaires sont nécessaires pour stimuler la transformation numérique et l’adoption de technologies avancées par les entreprises, en particulier les PME.

En ce qui concerne la connectivité, la Slovénie obtient d’assez bons résultats, à l’exception de la connectivité fixe et mobile dans les zones rurales. Ce problème de longue date, qui est en partie d’ordre structurel (c’est-à-dire lié à la topographie), est traité dans le cadre de mesures telles que la construction en cours de réseaux à haut débit d’au moins 100 Mbps dans les zones blanches, cofinancée par des acteurs publics et privés. La Slovénie prend par ailleurs des mesures pour se préparer à la prochaine génération de réseaux de communication électronique, notamment avec la mise aux enchères de réseaux 5G privés en mars 2024, et se prépare à mettre aux enchères des bandes pour les réseaux de communication de machine à machine, y compris l’internet des objets. 

La Slovénie se situe en dessous de la moyenne de l’UE en ce qui concerne la numérisation des entreprises. Malgré la forte numérisation des grandes entreprises (y compris la forte adoption de l’IA) et la participation du pays à des initiatives (notamment au niveau de l’UE) visant à développer des technologies de pointe (informatique en nuage, semi-conducteurs, technologies quantiques – en particulier la recherche – et chaîne de blocs), l’adoption des technologies numériques continue à poser problème. Les PME slovènes, en particulier, affichent les scores les plus faibles de l’UE en ce qui concerne le niveau élémentaire d’intensité numérique, l’adoption de l’informatique en nuage et l’adoption de l’analyse des données. Afin de remédier à ces mauvais résultats, des mesures ont été prises en vue d’encourager l’adoption des technologies avancées par les grandes entreprises et les PME, des investissements sans précédent ont été réalisés par l’intermédiaire du Fonds pour l’innovation technologique (qui fait partie du Fonds slovène des entreprises) et des améliorations ont été apportées au cadre structurel, notamment concernant l’emploi de ressortissants de pays tiers (bien que certains de ces programmes soient actuellement en suspens). Les pôles d’innovation numérique européens mettent également leurs services à la disposition des PME slovènes. La Slovénie œuvre en outre à l’amélioration de sa cybersécurité dans le cadre de projets visant à créer des écoles de la cybersécurité ainsi qu’un centre national de coordination de la cybersécurité, mais ceux-ci n’ont pas encore été déployés à grande échelle.

Recommandations – La Slovénie devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) poursuivre et compléter ses mesures destinées à résoudre les problèmes de connectivité 5G, en particulier dans les zones rurales; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-SEMI-CONDUCTEURS: soutenir les activités relatives aux semi-conducteurs et les mettre rapidement en œuvre sur le terrain.

-PME: accélérer les politiques visant à accroître l’adoption des technologies numériques par les PME, notamment en mettant rapidement en œuvre, en maintenant et en complétant les efforts visant à créer des conditions-cadres favorables, y compris une main-d’œuvre hautement qualifiée, de manière continue et en accordant une attention particulière aux spécificités des industries.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) accélérer les politiques visant à accroître et à accélérer l’adoption des technologies avancées, notamment en intensifiant les actions relatives à l’analyse des données et en accélérant et en ciblant davantage la préparation et la mise en œuvre des mesures relatives à l’IA; ii) soutenir l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en liaison avec les participants directs afin d’élaborer une stratégie de diffusion propre au pays allant au-delà des organisations participantes. 

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

La Slovénie est déterminée à réaliser une transformation numérique inclusive. Toutefois, une action importante et continue est nécessaire pour faire en sorte que les citoyens disposent des compétences numériques nécessaires et puissent accéder à des services publics numériques faciles à utiliser, ainsi que pour remédier à la pénurie de spécialistes des TIC afin de contribuer à stimuler la compétitivité économique.

Les résultats du pays en matière de compétences numériques élémentaires sont inférieurs à la moyenne de l’UE (et ont de nouveau baissé depuis l’année dernière, ce qui pourrait s’expliquer par les effets post-COVID-19, à savoir une baisse de l’utilisation des outils TIC) et des mesures ciblant différents groupes (jeunes, adultes et populations vulnérables) sont actuellement appliquées. La Slovénie s’efforce également de résoudre les problèmes rencontrés pour recruter des spécialistes des TIC en réformant les programmes d’enseignement supérieur (en cours) et en mettant en place (un petit nombre de) programmes de formation spécifiques, notamment des initiatives visant à encourager la présence des femmes dans le secteur des TIC. Des actions sont en cours pour mieux comprendre les besoins en spécialistes des TIC grâce à la «plateforme de prévision des compétences et du marché du travail».

Dans le domaine des services publics numériques, de la santé en ligne et de l’identification électronique, la Slovénie obtient des résultats proches de la moyenne de l’UE, mais on observe également un écart entre les services proposés et leur utilisation. Améliorer l’habileté numérique pourrait contribuer à combler cet écart, d’autant plus qu’un grand nombre de personnes n’interagissent pas avec les autorités publiques en ligne car elles manquent de compétences et de connaissances. La stratégie relative aux services publics numériques à l’horizon 2030 devrait mettre de telles mesures en pratique.

Recommandations – La Slovénie devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: accélérer les efforts dans le domaine des compétences numériques élémentaires, notamment en améliorant le niveau de ces compétences afin de permettre à sa population et à son économie d’exploiter pleinement le potentiel de la transformation numérique. Cela peut passer par une augmentation et une intensification de l’offre et de la collaboration entre les acteurs publics et privés.

-SPÉCIALISTES DES TIC: améliorer la détermination précoce des besoins du marché du travail et compléter les mesures afin de pouvoir réagir rapidement, en particulier dans le domaine du perfectionnement et de la reconversion numériques, adapter les programmes d’enseignement (supérieur) aux besoins numériques les plus récents et s’efforcer de combler l’écart entre les hommes et les femmes. Une collaboration renforcée entre les secteurs d’activité, les établissements d’enseignement (supérieur), l’administration publique et les parties prenantes concernées peut accroître l’efficacité de ces mesures.

-Santé en ligne: Mettre les catégories de données relatives aux comptes rendus et aux clichés d’imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne et s’appuyer sur les dispositions juridiques et les solutions techniques existantes pour permettre aux personnes autorisées d’accéder aux données de santé électroniques pour le compte d’autrui.

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES: poursuivre les efforts visant à numériser les services publics. La Slovénie devrait continuer d’accorder une attention particulière au développement participatif et à la facilité d’utilisation de ces services.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La Slovénie a commencé à utiliser les technologies numériques pour soutenir la transition écologique, en mettant particulièrement l’accent sur l’amélioration de l’efficacité énergétique. Citons par exemple un projet pilote élaboré par le ministère de la transformation numérique qui utilise l’internet des objets pour collecter des données sur la consommation énergétique des bâtiments gérés par le ministère de l’administration publique. Les mesures de soutien public relatives au numérique commencent à couvrir la promotion de modèles économiques durables et circulaires. La Slovénie élabore par ailleurs en ce moment un cadre de budgétisation verte.

Recommandations – La Slovénie devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME; 

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Espagne

 

1 Synthèse

L’Espagne apporte une contribution très importante aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat. 

En 2023, l’Espagne a enregistré des progrès notables dans l’amélioration des compétences numériques élémentaires et l’utilisation de l’intelligence artificielle par les entreprises. L’Espagne dispose d’une excellente couverture FTTP et a pris des mesures importantes dans le domaine des semi-conducteurs. Toutefois, d’importantes difficultés subsistent en ce qui concerne le manque de spécialistes des TIC et certains indicateurs liés à la numérisation des entreprises, notamment l’adoption de l’informatique en nuage.

L’ agenda «Espagne numérique» est la stratégie nationale pour la transformation numérique qui vise à mettre à profit les nouvelles technologies pour stimuler une croissance économique intensive, en plaçant les citoyens au cœur des efforts et en couvrant tous les territoires. Cet agenda s’articule autour de 10 axes stratégiques et de deux axes transversaux, relevant de trois dimensions qui correspondent au programme d’action pour la décennie numérique: i) l’infrastructure et la technologie; ii) l’économie; et iii) les citoyens. Il a été approuvé en 2020 et mis à jour en 2022 sous le titre «Espagne numérique 2026». Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 22 , 73 % des citoyens espagnols estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie. Ce pourcentage correspond à la moyenne de l’UE et reflète la réussite des autorités espagnoles à mettre en œuvre l’agenda pour le numérique de manière inclusive.

L’Espagne est membre et pays d’accueil du consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) intitulé «Networked Local Digital Twins Towards the CitiVERSE» (déjà constitué) et a récemment rejoint l’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC, déjà constitué), qui remédie au manque de données linguistiques européennes nécessaires pour les solutions d’IA. Elle est également en train d’élaborer les statuts et d’autres documents pertinents du potentiel futur EDIC sur le génome et de l’EDIC de données relatives à la mobilité et à la logistique, au sein de leurs groupes de travail informels respectifs. Le pays participe en outre aux discussions sur la mise en place de l’EDIC intitulé «Cancer Image Europe» (EUCAIM) et de l’EDIC sur l’agroalimentaire, au sein de leurs groupes de travail informels respectifs 23 . En ce qui concerne les projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC), l’Espagne participe au PIIEC sur les infrastructures et services d’informatique en nuage de nouvelle génération (PIIEC CIS) et au PIIEC sur la microélectronique et les technologies de la communication (PIIEC ME/TC). Elle participe aussi à l’entreprise commune pour le calcul à haute performance européen (EuroHPC) avec le supercalculateur MareNostrum 5 basé à Barcelone.

Le plan espagnol pour la reprise et la résilience (PRR) consacre 26 % de son budget à des mesures liées au domaine numérique 24 . Le plan modifié, mis à jour en octobre 2023, met davantage l’accent sur la transition numérique, en consacrant 40,4 milliards d’EUR à des mesures qui soutiennent les objectifs numériques (contre 19,7 milliards d’EUR dans le plan initial). Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 5,7 milliards d’EUR (16 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 25 .



Espagne

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

ES

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

93,3 %

96,3 %

3,2 %

78,8 %

7,4 %

100 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

91,0 %

95,2 %

4,6 %

64,0 %

13,5 %

100 %

-

Couverture 5G globale

82,3 %

92,3 %

12,1 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

171

1 186

x

10 000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

59,7 %

60,5 %

0,7 %

57,7 %

2,6 %

90 %

90 %

Nuage

27,0 %

27,2 %

0,4 %

38,9 %

7,0 %

75 %

75 %

Intelligence artificielle

7,7 %

9,2 %

9,3 %

8,0 %

2,6 %

75 %

75 %

Analyse des données

N.D.

38,0 %

N.D.

33,2 %

N.D.

75 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

49,9 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

11

263

24

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

64,2 %

66,2 %

1,6 %

55,6 %

1,5 %

85 %

80 %

Spécialistes des TIC

4,3 %

4,4 %

2,3 %

4,8 %

4,3 %

8,6 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

86,2

84,2

-2,3 %

79,4

3,1 %

100

100

Services publics numériques pour les entreprises

91,0

91,0

0,0 %

85,4

2,0 %

100

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

83,2

84,6

1,7 %

79,1

10,6 %

100

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de l’Espagne à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, le pays se montre extrêmement ambitieux, et entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique. 

La feuille de route espagnole est ambitieuse, complète et cohérente avec la vision de l’Espagne, qui doit contribuer fortement à la réalisation des cibles de la décennie numérique de l’UE. En s’appuyant sur cette feuille de route, les autorités espagnoles ont, ces dernières années, ouvert la voie à la transformation numérique de l’économie espagnole et ce document reflète cette vision et cet engagement. La feuille de route présente des cibles et des trajectoires pour toutes les cibles de la décennie numérique, à l’exception des nœuds périphériques. Dans l’ensemble, les cibles sont alignées sur les valeurs de l’UE, à l’exception de celle relative aux compétences numériques élémentaires, qui dépasse le niveau d’ambition de la cible de l’UE, et de celle relative aux spécialistes des TIC, qui est légèrement en deçà du niveau d’ambition de la cible de l’UE. La feuille de route comprend 67 mesures dotées d’un budget total de 33 750 millions d’EUR (environ 2,3 % de son PIB) et fixe comme principaux objectifs la croissance des licornes, l’écosystème des start-up innovantes et la production de semi-conducteurs. 

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, l’Espagne devrait:

-CIBLES: i) proposer des cibles et élaborer des trajectoires pour les nœuds périphériques; ii) s’aligner sur le niveau d’ambition de l’UE en ce qui concerne les spécialistes des TIC. 

-MESURES: i) renforcer la feuille de route en y ajoutant des mesures supplémentaires sur les spécialistes des TIC, l’adoption des technologies numériques avancées et les objectifs; ii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), y compris sur les mesures qui y contribuent. 

-CONSULTATION: publier la feuille de route afin d’encourager un débat ouvert et un engagement en faveur des objectifs numériques et recevoir les futures observations des parties prenantes. 

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique souligne que seuls 36 % des Espagnols pensent que l’UE protège leurs droits numériques, ce qui représente un écart important de 9 points par rapport à la moyenne de l’UE (45 %) et une augmentation de 13 % de la méfiance depuis l’année dernière. Leurs préoccupations se sont amplifiées, 61 % d’entre eux s’inquiétant de la sécurité des enfants en ligne (un chiffre en hausse de 21 points) et 53 % du contrôle de leurs données à caractère personnel (un chiffre en hausse de 17 points). Sur le plan positif, 60 % d’entre eux ont confiance dans un internet à haut débit abordable et 62 % sont satisfaits du niveau de compétences numériques. Ces constatations soulignent l’urgence d’accorder plus d’importance aux droits et principes numériques dans la feuille de route et les stratégies numériques de l’Espagne. Le suivi de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’améliorer la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un engagement accru des parties prenantes pourrait contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 26 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

L’Espagne obtient des résultats exceptionnels en matière de connectivité: la couverture FTTP s’élève à 95,2 % et la couverture 5G à 92,3 %, des chiffres bien au-dessus de la moyenne de l’UE et proches d’atteindre la cible. En ce qui concerne la production de semi-conducteurs, le pays en a fait une priorité dans le cadre du projet PERTE Chip. Bien que la feuille de route ne présente pas de cibles ni de trajectoires à cet égard, le pays peut être considéré comme ambitieux dans le domaine des nœuds périphériques, compte tenu de ses investissements publics et privés et de sa participation au PIIEC CIS afin d’accélérer le déploiement des nœuds périphériques. Cela vaut également pour les technologies quantiques, compte tenu de la participation de l’Espagne à EuroHPC et des présentations, en décembre dernier, du «pacte quantique» et du supercalculateur MareNostrum 5. Si le pays obtient des résultats relativement bons en ce qui concerne le niveau élémentaire d’intensité numérique des PME (60,5 %), il est confronté à des difficultés, bien qu’il s’améliore, en ce qui concerne la numérisation avancée des entreprises, telle que l’adoption de l’informatique en nuage, de l’analyse des données et de l’IA. Le pays s’attache également à soutenir l’écosystème des start-up innovantes, en planifiant et en mettant en œuvre des investissements destinés à soutenir les entreprises innovantes.

Recommandations – L’Espagne devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes. 

-NUMÉRISATION DES PME/IA, INFORMATIQUE EN NUAGE ET ANALYSE DES DONNÉES: i) poursuivre les efforts visant à soutenir la numérisation des entreprises, en particulier pour favoriser l’adoption des technologies avancées; ii) veiller à l’adoption à grande échelle de la prochaine génération d’infrastructures et de services en nuage en cours de développement dans le cadre du PIIEC CIS par les entreprises de toutes tailles, notamment en élaborant une stratégie de diffusion propre au pays (qui complète les engagements déjà pris dans le cadre du PIIEC CIS); contribuer aux activités de diffusion supplémentaires menées par le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage; 

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G. 

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

L’Espagne prend des mesures constructives afin de donner aux citoyens les moyens d’agir et de promouvoir constamment les possibilités pour tous dans l’économie numérique. Pour combler les lacunes, les technologies numériques devraient être accessibles à tous: il s’agit de l’objectif que poursuit l’Espagne dans le cadre de toutes les activités liées à son plan national relatif aux compétences numériques. La cible nationale de 85 % de la population possédant des compétences numériques élémentaires d’ici à 2030 est supérieure au niveau d’ambition de l’UE, et la valeur actuelle est également supérieure à la moyenne de l’UE (66,2 % contre 55,6 %). En revanche, le pays pourrait faire preuve d’une plus grande ambition en ce qui concerne les spécialistes des TIC, puisque la feuille de route fixe une cible inférieure aux attentes de l’UE. En ce qui concerne les services publics numériques, l’Espagne apporte une contribution positive aux cibles de la décennie numérique de l’UE relatives aux services publics pour les citoyens (84) et pour les entreprises (91), en se classant bien au-dessus de la moyenne de l’UE (respectivement 79 et 85). 

Le pays a activement promu la charte des droits numériques approuvée en 2021 et procédé à la création d’un observatoire des droits numériques.

Recommandations – L’Espagne devrait:

-SPÉCIALISTES DES TIC: poursuivre ses efforts visant à augmenter le nombre de spécialistes des TIC, en concevant des dispositifs d’incitation pour les attirer et les retenir et en améliorant la visibilité et la présentation formelle des possibilités de formation et de reconversion. 

-SERVICES PUBLICS NUMÉRIQUES: poursuivre les efforts visant à numériser les services publics et continuer à encourager leur utilisation.

-Santé en ligne: i) mettre les catégories de données relatives aux dispositifs/implants médicaux, aux procédures/opérations et aux clichés d'imagerie médicale à la disposition des citoyens au moyen du service d’accès en ligne dans toutes les régions; ii) accroître la fourniture de données de santé en intégrant davantage de catégories de prestataires de soins de santé, en particulier dans le secteur privé; iii) s’appuyer sur les dispositions juridiques existantes et mettre en œuvre une fonctionnalité technique permettant aux personnes autorisées d’accéder à des données de santé électroniques pour le compte d’autrui.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

L’Espagne exploite le potentiel des technologies numériques afin de renforcer la transition écologique dans des domaines clés tout en mettant en œuvre des programmes innovants visant à réduire l’incidence environnementale des technologies numériques à forte intensité énergétique. Afin de mettre au point des technologies respectueuses de l’environnement fondées sur des critères de durabilité, le plan national d’algorithmes verts (PNAV) a été lancé, grâce à un investissement de 257 millions d’EUR au titre de NextGenerationEU.

Dans l’ensemble, l’Espagne est déterminée à faire en sorte que toutes les mesures figurant dans l’agenda «Espagne numérique» respectent le principe consistant à ne pas causer de préjudice important à l’environnement qui, associé aux labels climatiques/environnementaux pertinents, garantit que la numérisation progresse de manière durable.

Recommandations – L’Espagne devrait:

-poursuivre l’élaboration et la mise en œuvre d’une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique, en tirant parti des technologies avancées et en développant à grande échelle les initiatives couronnées de succès qui réduisent la consommation d’énergie et de matériaux des infrastructures numériques, en particulier les centres de données, en proposant des mesures de décarbonation et en soutenant l’adoption de technologies vertes réduisant l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture. 

-Contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires. 

Rapport 2024 sur l'état d'avancement de la décennie numérique

Suède

 

1 Synthèse

La Suède apporte une contribution très importante aux objectifs et cibles de la décennie numérique de l’Union européenne (UE), en vue de mener à bien une numérisation favorisant la compétitivité, la résilience, la souveraineté, les valeurs européennes et l’action pour le climat.

En 2023, la Suède a enregistré des progrès notables en ce qui concerne la couverture 5G, y compris dans les bandes 3,4-3,8 GHz, et la promotion des licornes. Toutefois, des difficultés subsistent dans le domaine de la santé en ligne et le pays doit poursuivre ses travaux sur l’identification électronique.

La Suède entend être un leader mondial dans le domaine de la numérisation et continue de s’appuyer sur l’importance économique croissante de son secteur des TIC. Sa principale force est sa main-d’œuvre compétente en matière numérique, associée à des infrastructures bien développées sur la majorité du territoire national. Les données d’Eurostat montrent que le secteur des TIC représentait 6,5 % de l’économie en 2019 et 7,1 % en 2020. Les investissements en capital-risque en pourcentage du PIB sont passés de 7 % en 2020 et 8 % en 2021 à 9 % en 2022. La Suède continue d’obtenir de bons résultats et est l’un des pays les plus performants de l’UE en matière de compétences numériques. La Suède a fait des progrès considérables dans le déploiement de la 5G, puisque la couverture des ménages est passée de 21 % à 90 % en un an. Le déploiement de la fibre optique se poursuit, avec le soutien du public. Malgré les financements disponibles, notamment dans le cadre du plan pour la reprise et la résilience, il sera difficile de garantir que tous les ménages auront accès à un réseau FTTP d’ici à 2030.

Selon le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique 27 , 88 % des citoyens suédois estiment que la numérisation des services publics et privés du quotidien leur facilite la vie (un chiffre nettement supérieur à la moyenne de l’UE, qui est de 73 %).

La Suède ne participe actuellement à aucun consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC), mais pourrait le faire à l’avenir. Dans ce contexte, la Suède a manifesté son intérêt pour le projet d’EDIC dénommé «Alliance pour les technologies du langage» (ALT-EDIC), déjà constitué 28 .

Le plan pour la reprise et la résilience de la Suède consacre 21 % (674 millions d’EUR) 29 de son financement au numérique, la majeure partie de ce budget étant destiné à soutenir le déploiement des VHCN dans les zones rurales. Dans le cadre de la politique de cohésion, un montant supplémentaire de 0,2 milliard d’EUR (13 % du financement total du pays au titre de la politique de cohésion) est alloué à la transformation numérique du pays 30 .

 

Suède

UE

Cible de la décennie numérique à l’horizon 2030

ICP de la décennie numérique (1)

DESI 2023

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

DESI 2024 (année 2023)

Progression annuelle

SE

UE

Couverture par réseau fixe à très haute capacité (VHCN)

81,6 %

88,5 %

8,4 %

78,8 %

7,4 %

98,5 %

100 %

Couverture FTTP («fibre to the premises»)

81,5 %

83,9 %

2,9 %

64,0 %

13,5 %

98,5 %

-

Couverture 5G globale

20,5 %

90,3 %

341,3 %

89,3 %

9,8 %

100 %

100 %

Semi-conducteurs

N.D.

Nœuds périphériques

34

1186

x

10000

PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique

86,1 %

79,9 %

-3,7 %

57,7 %

2,6 %

95 %

90 %

Nuage

69,2 %

66,0 %

(2)

38,9 %

7,0 %

94 %

75 %

Intelligence artificielle

9,9 %

10,4 %

2,5 %

8,0 %

2,6 %

39 %

75 %

Analyse des données

N.D.

35,0 %

N.D.

33,2 %

N.D.

56 %

75 %

IA ou informatique en nuage ou analyse des données

N.D.

73,1 %

N.D.

54,6 %

N.D.

75 %

Licornes

36

263

64

500

Personnes ayant au moins des compétences numériques élémentaires

66,6 %

66,4 %

-0,1 %

55,6 %

1,5 %

89 %

80 %

Spécialistes des TIC

8,6 %

8,7 %

1,2 %

4,8 %

4,3 %

12 %

~10 %

Notification d’un schéma d’identification électronique

Oui

Services publics numériques pour les particuliers

88,2

93,3

5,8 %

79,4

3,1 %

90

100

Services publics numériques pour les entreprises

87,9

96,0

9,2 %

85,4

2,0 %

90,5

100

Accès aux dossiers de santé en ligne

70,3

77,9

10,9 %

79,1

10,6 %

78,5

100

(1) Voir la note méthodologique pour la description des indicateurs et des autres mesures descriptives.

(2) La comparaison avec les précédentes années est impossible pour la Suède, en raison de changements méthodologiques.

Feuille de route stratégique nationale pour la décennie numérique

En ce qui concerne la contribution de la Suède à la décennie numérique présentée dans sa feuille de route, celle-ci est extrêmement ambitieuse, et selon ce document, la Suède entend consacrer des efforts importants à la réalisation des objectifs et cibles de la décennie numérique.

La feuille de route est globalement cohérente avec les efforts nécessaires sur tous les aspects de la numérisation. Elle donne une bonne vue d’ensemble des domaines dans lesquels la Suède peut contribuer au programme pour la décennie numérique et de ceux dans lesquels elle doit intensifier ses efforts. La feuille de route définit des cibles et des trajectoires pour la plupart des ICP, mais certains, tels que l’ICP relatif à l’accès aux dossiers de santé en ligne, ne devraient pas atteindre les cibles fixées par l’UE pour 2030. Les trajectoires sont fondées sur les informations disponibles avant le 1er juin 2023. Les mesures sont particulièrement axées sur les compétences numériques et les infrastructures numériques, tandis qu’elles sont moins nombreuses à mettre l’accent sur la numérisation des services publics. Certains aspects nécessitent davantage d’efforts, tels que le verdissement de la numérisation.

Recommandations pour la feuille de route

Lorsqu’elle soumettra des adaptations de sa feuille de route nationale conformément à l’article 8, paragraphe 3, de la décision relative à la décennie numérique, la Suède devrait:

-CIBLES: i) compléter la feuille de route en y ajoutant la cible manquante concernant les nœuds périphériques; ii) lorsqu’il y a plusieurs trajectoires pour une cible, déterminer la trajectoire la plus probable.

-MESURES: i) expliquer plus en détail comment les mesures de portée plus large, telles que les programmes d’innovation stratégique, «Impact Innovation» et «Business Sweden», soutiennent les objectifs et cibles de la décennie numérique; ii) fournir davantage d’informations sur la mise en œuvre des droits et principes numériques (et des objectifs généraux de la décennie numérique), y compris sur les mesures qui y contribuent. 

-CONSULTATION: expliquer plus en détail comment les observations des parties prenantes ont été prises en considération pendant le processus de consultation.

Droits et principes numériques

Le rapport Eurobaromètre spécial de 2024 sur la décennie numérique fournit des informations essentielles sur la perception qu’ont les Suédois des droits numériques. Malgré une baisse de 5 points depuis l’année dernière, 50 % des Suédois estiment toujours que l’UE protège efficacement leurs droits numériques, un chiffre supérieur à la moyenne de l’UE (45 %). Leurs préoccupations se sont amplifiées, 74 % d’entre eux s’inquiétant notamment de la sécurité des enfants en ligne, ce qui représente une hausse de 21 points et le score le plus élevé dans l’UE. En outre, 59 % sont préoccupés par le contrôle de leur héritage numérique, soit 19 points au-dessus de la moyenne de l’UE. En revanche, 80 % des Suédois ont confiance dans la liberté de réunion en ligne, soit 21 points de plus que la moyenne de l’UE, et 65 % apprécient le niveau des compétences numériques dans le pays. Le suivi de la mise en œuvre de la déclaration sur les droits et principes numériques montre qu’accroître la visibilité de la déclaration au niveau national et encourager un meilleur engagement des parties prenantes pourraient contribuer à améliorer les résultats dans les années à venir 31 .

Une UE compétitive, souveraine et résiliente, fondée sur la primauté technologique

La Suède déploie activement des infrastructures de connectivité. Une part importante des ménages a déjà accès aux réseaux VHCN et 5G; toutefois, le coût du raccordement d’un ménage à la FTTP augmente rapidement et les ménages les plus éloignés seront les plus chers à couvrir. La 5G dans la bande de fréquences 3,4-3,8 GHz, une bande essentielle pour permettre les applications avancées nécessitant une large bande passante, couvrait 64,5 % des ménages suédois en 2023, soit un niveau supérieur à la moyenne de l’UE (50,6 %).

La Suède dispose d’un environnement économique propice à l’innovation et d’un bon accès au financement, comme en témoigne le nombre élevé de licornes. Les entreprises suédoises ont un taux élevé d’adoption des technologies d’informatique en nuage; en revanche, l’adoption de l’IA et de l’analyse des données est plus lente. La Suède a indiqué dans sa feuille de route que le nombre insuffisant de spécialistes des TIC, en particulier, limitait l’adoption de l’IA. La Suède élabore actuellement une stratégie pour les STIM. En augmentant son nombre d’ingénieurs, la Suède pourra mieux répondre à la demande de compétences.

La Suède continue de renforcer le Centre national pour la cybersécurité afin d’améliorer encore la cybersécurité. La Suède prépare également une stratégie nationale en matière d’information et de cybersécurité, qui sera présentée en 2024. Elle sera complétée ultérieurement par une stratégie nationale sur les questions internationales relatives au cyberespace et au numérique.



Recommandations – La Suède devrait:

-INFRASTRUCTURES DE CONNECTIVITÉ: i) poursuivre ses efforts visant à parvenir à une couverture en gigabits complète, en commençant par mettre en œuvre la stratégie nationale pour le haut débit, qui fixe des cibles pour 2025. La réalisation des cibles nationales constituera une étape vers la réalisation des cibles de la décennie numérique à l’horizon 2030; ii) garantir aux nouveaux acteurs un accès suffisant au spectre pour les applications entre entreprises (B2B) et entre entreprises et consommateurs (B2C) innovantes et encourager les opérateurs à accélérer le déploiement de réseaux centraux 5G autonomes.

-IA/INFORMATIQUE EN NUAGE/ANALYSE DES DONNÉES: i) continuer à encourager l’utilisation de l’IA et de l’analyse des mégadonnées par les entreprises suédoises; et ii) travailler en liaison avec le bureau d’exploitation du PIIEC sur l’informatique en nuage et/ou les coordinateurs et les États membres participant au PIIEC CIS.

-CYBERSÉCURITÉ: poursuivre la mise en œuvre de la boîte à outils sur la cybersécurité de la 5G afin de garantir la sécurité et la résilience des réseaux 5G.

Protéger les citoyens et la société de l’UE et leur donner les moyens d’agir

Le niveau de compétences numériques de la population et la part de spécialistes des TIC dans la population active garantissent que la Suède apportera une contribution importante aux cibles de l’UE. La Suède s'appuie largement sur le développement et l’utilisation de solutions numériques qui nécessitent un niveau élevé de compétences numériques. Le pays affiche un score nettement supérieur à la moyenne de l’UE tant pour les compétences numériques élémentaires que pour les spécialistes des TIC; dans le premier cas, toutefois, on observe un écart entre les zones rurales et non rurales. La Suède prend de plus en plus de mesures afin de répondre à la demande de compétences numériques élémentaires ainsi qu’à la demande de l’industrie visant à augmenter le nombre de spécialistes des TIC et à améliorer les compétences numériques de la main-d’œuvre globale.

L’accès de tous à un moyen d’identification électronique est également essentiel pour utiliser les solutions numériques fournies tant par les services publics que par les entreprises. La Suède a lancé un certain nombre d’actions visant à ce que chacun ait accès à un moyen d’identification électronique.

Recommandations – La Suède devrait:

-COMPÉTENCES NUMÉRIQUES ÉLÉMENTAIRES: poursuivre les efforts visant à faire en sorte que la population puisse améliorer ses compétences élémentaires, en particulier dans les zones rurales.

-SPÉCIALISTES DES TIC: i) finaliser les discussions sur une stratégie nationale axée sur les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM); ii) prendre des mesures visant à augmenter le nombre de femmes parmi les spécialistes des TIC.

-Identification électronique: poursuivre les efforts visant à ce que chacun ait accès à un moyen d’identification électronique.

-Santé en ligne: redoubler d’efforts pour que tous les citoyens puissent accéder à leur dossier médical en ligne d’ici à 2030, conformément aux exigences du futur règlement relatif à l’espace européen des données de santé. En particulier, i) mettre la catégorie de données relative aux dispositifs/implants médicaux à la disposition des citoyens dans toutes les régions au moyen des services d’accès en ligne; ii) veiller à ce que toutes les catégories de données soient mises à disposition en temps utile; et iii) mettre en œuvre une fonctionnalité technique dotée de la base juridique nécessaire pour permettre aux tuteurs légaux et aux personnes autorisées d’accéder à des données de santé électroniques pour le compte d’autrui.

Tirer parti de la transformation numérique pour un verdissement intelligent

La Suède souligne le potentiel de la numérisation pour rendre l’économie plus verte. Le remplacement des anciennes connexions mobiles en cuivre peu performantes par le haut débit est important pour la société ainsi que pour la transition écologique. Les enquêtes montrent l’importance que les Suédois attachent à l’utilisation d’outils numériques pour soutenir le verdissement. La Suède mène actuellement plusieurs projets afin de mieux comprendre l’incidence de la numérisation sur le verdissement; toutefois, elle propose relativement peu d’actions concrètes dans ce domaine.

Recommandations – La Suède devrait:

-concevoir une approche cohérente du couplage des transitions numérique et écologique. Premièrement, encourager une utilisation plus efficace de l’énergie et des matériaux dans les infrastructures numériques, en particulier les centres de données. Deuxièmement, soutenir le développement et le déploiement de solutions numériques qui réduisent l’empreinte carbone dans d’autres secteurs, tels que l’énergie, les transports, le bâtiment et l’agriculture, en veillant à l’adoption de ces solutions par les PME;

-contrôler et quantifier les réductions d’émissions rendues possibles par les solutions numériques déployées conformément aux orientations pertinentes de l’UE et en se fondant sur la méthodologie élaborée par la coalition européenne pour le numérique vert , en vue de l’élaboration de politiques futures et de l’obtention des financements nécessaires.

(1)

 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351 . 

(2)

 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

(3)

La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(4)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

(5)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

(6)

 La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

(7)

Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

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Par rapport aux précédentes données du DESI, pour lesquelles les opérateurs déclaraient les chiffres relatifs à la couverture haut débit sur la base des foyers desservis, dans le DESI 2024, la couverture haut débit des ménages a été calculée sur la base des données fournies par les opérateurs au niveau des adresses. Grâce à la résolution spatiale géographique détaillée, les données déclarées sont devenues plus solides et pertinentes, ce qui donne également lieu à des différences mineures par rapport aux précédentes éditions.

(11)

   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

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 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

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 La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

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 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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 Mise à jour des informations: 31 mai 2024.

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 La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

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 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

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 La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4. 

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 Eurobaromètre spécial 551 «The Digital Decade» de 2024: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833351

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 Dernière mise à jour des informations: 31 mai 2024.

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 La part des dotations financières qui contribuent aux objectifs numériques a été calculée en utilisant l’annexe VII du règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.

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Ce montant comprend tous les investissements spécifiquement destinés à la transformation numérique ou apportant une contribution substantielle à celle-ci au cours de la période de programmation 2021-2027 de la politique de cohésion. Les fonds proviennent du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds social européen plus et du Fonds pour une transition juste.

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   Voir document de travail des services de la Commission européenne, «Digital Decade in 2024: Implementation and perspective», et ses annexes, SWD(2024) 260: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news-redirect/833325, annexe 4.