Bruxelles, le 11.4.2024

COM(2024) 162 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

sur l’évaluation intermédiaire de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse 2019-2027

{SWD(2024) 90 final}


1.    INTRODUCTION    

2.    MISE EN ŒUVRE    

3.    PRINCIPALES CONSTATATIONS DE L’ÉVALUATION    

3.1.    Efficacité, efficience et cohérence – dans quelle mesure la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse porte-t-elle ses fruits?    

3.2    Valeur ajoutée européenne – comment la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse a-t-elle déjà permis de changer les choses, et pour qui?    

3.3    Pertinence – la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse est-elle toujours pertinente?    

4.    CONCLUSIONS ET ENSEIGNEMENTS TIRÉS    

4.1 Conclusions générales et enseignements tirés    

4.2 Participation des jeunes et prise en compte des questions relatives aux jeunes    

4.3 Instruments facilitateurs    

4.4 Possibilités de simplification    

4.5 Voie à suivre    

1.INTRODUCTION

Objectifs généraux de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse 2019-2027

-aider les jeunes à être les architectes de leur propre vie, soutenir leur développement personnel et leur croissance vers l’autonomie, renforcer leur résilience et leur fournir les compétences de la vie courante essentielles leur permettant de faire face à un monde en pleine mutation;

-encourager les jeunes et leur fournir les ressources nécessaires pour qu’ils puissent devenir des citoyens actifs, des acteurs de la solidarité et du changement positif inspirés par les valeurs et l’identité de l’Union européenne;

-améliorer les décisions politiques en ce qui concerne leur incidence sur les jeunes dans l’ensemble des secteurs, notamment l’emploi, l’éducation, la santé et l’inclusion sociale;

-contribuer à l’éradication de la pauvreté des jeunes et de toutes les formes de discrimination et promouvoir l’inclusion sociale des jeunes.

La stratégie de l’Union européenne (UE) en faveur de la jeunesse 2019-2027 constitue le cadre de la coopération de l’UE dans le domaine de la jeunesse, sur la base d’une résolution du Conseil du 18 décembre 2018 1 . Cette stratégie encourage la participation des jeunes à la vie démocratique, conformément à l’article 165 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), soutient leur engagement social et civique et vise à garantir que tous les jeunes disposent des moyens nécessaires pour participer à la société.

La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse mobilise les jeunes, les connecte et les autonomise; elle favorise en outre leur participation et la prise en compte des questions relatives aux jeunes dans tous les domaines d’action. Elle encourage l’élaboration de politiques en faveur de la jeunesse, en synergie avec d’autres politiques ciblant les jeunes (par exemple, l’éducation et la formation, l’emploi, la santé, la culture et l’environnement) afin de contribuer à la réalisation des onze objectifs pour la jeunesse européenne 2 .

La Commission européenne a procédé à un examen à mi-parcours de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, comme le prévoit la résolution du Conseil, étayé par une étude externe (réalisée entre février et décembre 2023) et par des consultations. Elle a évalué l’efficacité, l’efficience, la pertinence, la cohérence et la valeur ajoutée de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse à mi-parcours. Un groupe interservices rassemblant des services de la Commission a supervisé l’évaluation.

L’évaluation a confirmé que la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse était toujours pertinente en tant que cadre stratégique pour la coopération dans le domaine de la jeunesse. Il ressort également de l’évaluation que des améliorations pourraient être apportées sur certains plans, notamment pour accélérer encore l’intégration des questions relatives aux jeunes dans tous les domaines d’action dans la poursuite des objectifs généraux à plus long terme, tout en continuant à renforcer la participation inclusive des jeunes, à améliorer la communication et à réduire les exigences en matière de rapports pesant sur les États membres. Le présent rapport expose les principales conclusions de l’évaluation et propose des pistes pour l’avenir. Le document de travail des services de la Commission qui l’accompagne fournit des précisions sur les conclusions, les consultations et la méthode suivie.

L’évaluation complète la communication relative à l’Année européenne de la jeunesse 2022 3 . Toutes deux visent à soutenir l’ensemble des mesures de suivi prises par le Conseil, y compris un éventuel examen à mi-parcours et le plan de travail relatif à la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse pour la période 2025-2027, ainsi qu’à entamer des discussions sur la prochaine stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse pour l’après-2027.

2.MISE EN ŒUVRE

La stratégie de l’Union européenne (UE) en faveur de la jeunesse, en tant que cadre stratégique pour la coopération politique entre les États membres de l’UE et la Commission européenne, repose sur la méthode ouverte de coordination ainsi que sur l’engagement de toutes les parties prenantes à agir en faveur d’objectifs communs et à produire des effets à différents niveaux.

La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse fonctionne selon des cycles de travail de trois ans, à la fin desquels la Commission rend compte des progrès réalisés dans le rapport triennal de l’UE sur la jeunesse. Les priorités sont fixées par le Conseil conjointement avec la Commission dans les plans de travail pour la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, qui s’étendent sur deux trios de la présidence du Conseil. La priorité thématique générale pour la période 2019-2021 était «Créer des perspectives pour les jeunes». Pour la période 2022-2024, il s’agit de «Se mobiliser ensemble pour une Europe durable et inclusive» 4 .

Figure 1. Calendrier de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse 2019-2027

La mise en œuvre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse est soutenue par des instruments financés par le programme Erasmus+ et le corps européen de solidarité (par exemple, le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, le portail européen de la jeunesse et le programme de travail européen sur l’animation socio-éducative 5 ).

L’Année européenne de la jeunesse 2022 a favorisé les travaux sur les objectifs et instruments de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse grâce à la mobilisation et à la sensibilisation suscitées 6 . Les dialogues politiques avec les commissaires européens et les panels de citoyens lancés lors de la conférence sur l’avenir de l’Europe ont constitué, parmi d’autres, de nouvelles possibilités pour les jeunes.

3.PRINCIPALES CONSTATATIONS DE L’ÉVALUATION

Sur la base des lignes directrices de la Commission pour une meilleure réglementation 7 , l’évaluation s’appuie sur les éléments fournis par une étude externe 8 . La période couverte s’étendait sur la période allant de 2019 à 2022 ainsi que sur une partie de 2023. L’évaluation donne lieu à une appréciation globalement positive pour tous les critères d’évaluation et encourage à poursuivre la mise en œuvre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse.

3.1.Efficacité, efficience et cohérence – dans quelle mesure la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse porte-t-elle ses fruits? 

Efficacité

Il ressort de l’évaluation que la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse constitue un cadre de coopération stratégique efficace qui attire l’attention sur la jeunesse dans l’élaboration des politiques au niveau européen et dans l’alignement sur les programmes de l’UE, influence positivement les politiques en faveur de la jeunesse dans les États membres de l’UE, améliore le travail des organisations de jeunesse et profite directement aux jeunes grâce aux instruments de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. La stratégie a contribué à encourager la participation et la solidarité des jeunes ainsi qu’à soutenir leur autonomisation et leur citoyenneté active. Les principales conclusions relatives aux instruments clés sont mises en évidence ci-dessous.

ØLe dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse 9 est le plus grand instrument participatif au niveau européen permettant d’associer les jeunes à l’élaboration des politiques. D’autres actions participatives (telles que les dialogues politiques avec les commissaires européens, la plateforme européenne de participation des enfants et le conseil consultatif de la jeunesse dans l’action extérieure de l’UE) ont également souligné le rôle du dialogue entre les décideurs politiques de l’UE et les jeunes.

Le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse a permis de renforcer la démarche de sensibilisation et l’engagement auprès des jeunes. Cependant, l’évaluation a révélé peu d’éléments probants concernant l’influence directe et systématique du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse sur l’élaboration et le suivi des politiques européennes et nationales. Les parties prenantes ne sont pas toujours au courant des recommandations finales et du suivi. Le rôle des conseils nationaux de la jeunesse au sein du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse pourrait également être précisé.

Il est possible:

üde renforcer les mécanismes permettant d’alimenter les recommandations du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse à l’intention des décideurs politiques ainsi que de partager des informations sur le suivi aux niveaux européen et national;

üde favoriser le processus et la portée du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, afin d’associer les groupes difficiles à atteindre (par exemple, les jeunes issus de milieux défavorisés, les personnes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation et les jeunes ruraux) ainsi que maintenir les progrès réalisés pour les minorités et les jeunes handicapés;

üde soutenir la préparation des jeunes au dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse et associer systématiquement les conseils nationaux de la jeunesse;

üde recenser les synergies entre les initiatives de participation dans les processus démocratiques à tous les niveaux et aider les organisations de la société civile à découvrir et à promouvoir les possibilités offertes.

ØLe rôle du coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse est de renforcer la coopération intersectorielle et les connaissances en matière de jeunesse au sein de la Commission ainsi que de travailler avec les parties prenantes aux fins de la communication avec les jeunes. Ce rôle a été créé en juin 2021 et le coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse est devenu un pionnier pour ce qui est de prendre en compte les questions relatives aux jeunes. Le réseau pour la jeunesse des correspondants Jeunesse de la Commission, annoncé dans la communication relative à l’Année européenne de la jeunesse, soutiendra dans ces efforts le coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse.

Il est possible:

üde s’appuyer sur les réalisations du coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse visant à renforcer l’engagement des parties prenantes, la participation interinstitutionnelle et la coopération dans le domaine de la jeunesse. Il ressort de l’évaluation que le mandat du coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse est étendu et nécessite une attention et un soutien aux fins de la coopération et de la communication avec les parties prenantes externes.

ØLe programme Erasmus+ et le corps européen de solidarité restent les instruments principaux et les plus connus de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse.

L’évaluation a révélé qu’il existe un bon alignement entre les objectifs de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse et ces programmes, par exemple dans les activités de participation des jeunes au titre d’Erasmus+, dans le cadre de DiscoverEU et dans le soutien à l’animation socio-éducative. Les volets d’Erasmus+ relatifs à l’éducation formelle et à la formation contribuent également à la mobilisation et à l’autonomisation des jeunes. Le corps européen de solidarité s’aligne sur la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse grâce au volontariat. Les priorités horizontales des programmes (inclusion et diversité, environnement et changement climatique, transformation numérique, participation et engagement civique, activités de formation et de coopération et SALTO 10 ) facilitent l’établissement de liens.

Parmi les autres programmes et dispositifs de l’UE en faveur des jeunes figurent Horizon Europe; les fonds de la politique de cohésion de l’UE (y compris le FSE+, le FEDER, le Fonds pour une transition juste et le Fonds de cohésion); la facilité pour la reprise et la résilience; le programme pour une Europe numérique; le programme «Citoyens, égalité, droits et valeurs»; EU4Health; le programme «Europe créative» et l’instrument d’appui technique.

   Il est possible:

üde préserver les liens entre la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, d’une part, et Erasmus+ et le corps européen de solidarité, d’autre part; promouvoir les perspectives offertes aux jeunes; et étudier plus avant les synergies avec d’autres programmes et/ou fonds nationaux et européens.

ØLe portail européen de la jeunesse est l’un des dix sites web les plus visités sur europa.eu et un canal bien connu des jeunes et des parties prenantes en ce qui concerne les possibilités et les initiatives. L’information et le soutien aux jeunes sont également fournis par les agences nationales, le réseau Eurodesk et les organisations de la société civile.

L’Année européenne de la jeunesse a redynamisé le portail européen de la jeunesse avec sa carte d’activité et de nouveaux outils permettant aux jeunes de faire entendre leur voix. Grâce à ces innovations, le portail offre désormais aux jeunes une plateforme pour leur mobilisation.

Il est possible:

üde continuer à développer le portail européen de la jeunesse avec un contenu convivial pour les groupes cibles, en fonction de l’évolution des politiques.

ØLe programme de travail européen sur l’animation socio-éducative 11 complète la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse en ce qu’il renforce la base politique aux fins d’une animation socio-éducative de qualité. Le partenariat pour la jeunesse entre l’UE et le Conseil de l’Europe 12 soutient le programme de travail européen sur l’animation socio-éducative par l’apport de connaissances et de données probantes, notamment par l’intermédiaire d’un groupe de pilotage 13 . Les programmes de l’UE en faveur de la jeunesse soutiennent également l’animation socio-éducative et le Youthpass 14 et contribuent à la reconnaissance de l’animation socio-éducative.

Il est possible:

üde mener des activités d’apprentissage mutuel sur le programme de travail européen sur l’animation socio-éducative dans le cadre des efforts conjoints déployés par la Commission européenne, le partenariat pour la jeunesse entre l’UE et le Conseil de l’Europe, les États membres et les parties prenantes, étant donné que les États membres se trouvent à différents stades du développement de l’animation socio-éducative.

ØLa mobilité à des fins d’éducation et de formation est essentielle à la mobilisation, à la connectivité et à l’autonomisation des jeunes, ainsi qu’à la mise en œuvre de l’espace européen de l’éducation. La recommandation du Conseil de 2022 relative à la mobilité des jeunes volontaires 15 est l’un des résultats de l’Année européenne de la jeunesse et elle facilitera le volontariat des jeunes dans le cadre du corps européen de solidarité et des programmes nationaux. Elle a été suivie, en novembre 2023, d’une proposition de recommandation du Conseil intitulée «L’Europe en mouvement» – Des possibilités de mobilité à des fins d’éducation et de formation offertes à tous» 16 , présentée par la Commission.

Il est possible:

üde mener des activités d’apprentissage mutuel visant à soutenir les États membres et les parties prenantes dans la mise en œuvre des recommandations en matière de mobilité.

ØLa stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse encourage la prise en compte des questions relatives aux jeunes et la participation des jeunes dans tous les domaines d’action à tous les niveaux afin de veiller à ce que les incidences sur la jeunesse soient prises en considération lors de l’élaboration des politiques.

L’évaluation a mis en évidence une importance accrue accordée à la jeunesse dans les stratégies et politiques de l’UE. La communication de la Commission sur une approche globale en matière de santé mentale en est un exemple notable 17 . L’Année européenne de la jeunesse et le coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse ont contribué à cette coopération accrue dans le domaine de la jeunesse.

Au niveau national, la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse a surtout eu comme effet d’influencer les programmes et pratiques politiques, plutôt que de susciter l’élaboration de nouvelles stratégies nationales. La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse continue de jouer un rôle de catalyseur pour l’alignement et l’élaboration des politiques nationales en faveur de la jeunesse, en ce qu’elle donne aux acteurs de la jeunesse les moyens d’agir et renforce leur légitimité (y compris aux yeux des décideurs politiques d’autres secteurs).

L’évaluation n’a pas porté sur l’utilisation d’outils de prise en compte des questions relatives aux jeunes (par exemple, évaluations d’impact du point de vue des jeunes). Toutefois, les décideurs politiques nationaux en Belgique (la communauté flamande), en Allemagne, en France et en Autriche ont fait part de leur expérience positive de ces outils. Un prochain rapport analytique de la Commission, qui doit être publié en 2024, présentera une vue d’ensemble des approches en matière d’intégration des questions relatives aux jeunes dans les États membres. L’échange de bonnes pratiques et l’organisation d’activités d’apprentissage entre pairs s’en verront ainsi facilités pour les États membres intéressés.

En janvier 2024, la communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse 2022 18 a annoncé des actions visant à permettre aux jeunes d’exprimer davantage leur point de vue lors de prises de décisions qui les concernent ainsi qu’à approfondir la dimension de la jeunesse dans toute une série de politiques de l’UE. Lors de l’élaboration des politiques de l’UE, la Commission exploitera pleinement le potentiel de la prise en compte des questions relatives aux jeunes dans le contexte de la boîte à outils et du cadre de la Commission pour une meilleure réglementation, ce qui donnera lieu à une évaluation d’impact du point de vue des jeunes. À cela s’ajouteront les instruments spécifiques pour les jeunes dans le cadre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse.

Il est possible:

üd’assurer un suivi efficace des actions visant à renforcer la dimension «jeunesse» dans l’élaboration des politiques de l’UE et les synergies connexes, et soutenir les États membres désireux d’adopter des approches similaires dans l’élaboration des politiques nationales.

ØLe plan d’action pour la jeunesse dans l’action extérieure de l’UE 19 , adopté en octobre 2022 en tant que résultat de l’Année européenne de la jeunesse, a renforcé la dimension internationale de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Il contribue au respect des engagements internationaux de l’UE et à la promotion des valeurs de l’UE en ce qu’il renforce la participation et l’autonomisation des jeunes dans les politiques d’action extérieure de l’UE.

L’incidence internationale de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse se manifeste également par le renforcement des connaissances et la coopération, par le partenariat pour la jeunesse entre l’UE et le Conseil de l’Europe, ainsi que par les perceptions positives des organisations internationales telles que l’Unicef. La participation de pays tiers au programme Erasmus+ et au corps européen de solidarité favorise la portée internationale de la stratégie.

Il est possible:

üde continuer à promouvoir la mise en œuvre du plan d’action pour la jeunesse dans l’action extérieure de l’UE.

ØLe fait de communiquer sur la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse a permis de fournir des informations sur les possibilités de financement. Les parties prenantes ont un avis positif sur la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, en raison d’une forte sensibilisation et d’une vision positive du programme Erasmus+ et du corps européen de solidarité. La communication a été moins fructueuse en ce qui concerne d’autres activités.

L’évaluation a révélé un manque de produits de communication ciblant les décideurs politiques et les organisations de la société civile. Le rapport de l’UE sur la jeunesse contient de nombreuses informations sur les progrès réalisés dans le cadre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, mais sa fréquence et son format peuvent entraver son utilisation par les parties prenantes.

Les jeunes 20 ont signalé que des efforts plus importants pourraient être déployés afin d’utiliser des styles et des canaux de communication adaptés aux jeunes.

Il est possible:

üde mieux communiquer au sujet du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, des activités d’apprentissage mutuel, de l’intégration des questions relatives aux jeunes et de la base de connaissances;

ümettre au point des produits de communication à l’intention des décideurs politiques et des organisations de la société civile;

ütester des produits de communication auprès des jeunes.

ØLe suivi et la base factuelle de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse ont été renforcés par la publication d’un tableau de bord actualisé des indicateurs de l’UE relatifs à la jeunesse 21 au cours de l’Année européenne de la jeunesse 22 . Les tableaux de bord et les rapports annuels relatifs à Erasmus+ et au corps européen de solidarité, ainsi que les agences nationales, fournissent des données sur les programmes. Le wiki pour les jeunes 23 fournit des données sur les politiques nationales, des cartes comparatives et des rapports. Le rapport de l’UE sur la jeunesse recourt principalement à ces sources de données. Il n’est toutefois pas facile pour les parties prenantes de disposer d’une vue d’ensemble et d’un accès convivial aux données.

Il est possible:

üd’améliorer la manière de remédier à la disponibilité restreinte des données pour les parties prenantes, afin de faciliter l’utilisation des données à des fins de suivi, de communication et d’élaboration des politiques.

Efficience

La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse a eu un bon rapport coût-efficacité en ce qui concerne l’utilisation des ressources à bon escient au niveau européen. Les coûts modestes de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse semblent proportionnés. Les parties prenantes sont convenues que ses avantages l’emportaient sur ses coûts. La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse n’a pas imposé de charges administratives importantes aux autorités publiques ou aux autres parties prenantes.

Il est possible:

üd’apporter des améliorations supplémentaires afin de simplifier la planification des activités nationales futures (un outil permettant à la Commission de recueillir des informations sur les politiques nationales en faveur de la jeunesse) et de réduire les exigences en matière de rapports incombant aux États membres.

Cohérence

La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse fonctionne en synergie avec de nombreuses politiques de l’UE, grâce à des priorités, valeurs et objectifs communs 24 . La synergie entre la participation des jeunes et celle des enfants 25 en est un exemple. La plateforme européenne de participation des enfants 26 associe les enfants au processus décisionnel de l’UE et favorise leur participation active à la vie démocratique, contribuant ainsi à la participation des jeunes et à la citoyenneté active dans le cadre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Le train de mesures «Citoyenneté» 27 soutient la participation démocratique des jeunes citoyens. Le train de mesures «Défense de la démocratie» 28 souligne l’importance de la participation des jeunes et des enfants à la vie démocratique, soutient les jeunes électeurs et renvoie aux bonnes pratiques, y compris au dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse 29 . La participation des jeunes constitue un pilier de la nouvelle stratégie européenne pour un internet mieux adapté aux enfants 30 . Un autre exemple est la synergie avec les politiques démographiques qui accordent la priorité à l’égalité entre les hommes et les femmes, à la non-discrimination et à l’équité intergénérationnelle 31 .

La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse s’inscrit dans le droit fil des obligations internationales en ce qu’elle reflète certains des objectifs de développement durable des Nations unies, mais il est possible de communiquer sur les liens existants.

Il est possible:

üde mettre en avant les synergies existant entre la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse et les domaines d’action connexes, en particulier ceux sur lesquels la communication relative à l’Année européenne de la jeunesse attire l’attention (santé et bien-être, environnement et changement climatique, éducation et formation, coopération internationale et valeurs européennes, emploi et inclusion).

3.2    Valeur ajoutée européenne – comment la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse a-t-elle déjà permis de changer les choses, et pour qui? 

La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse a apporté une valeur ajoutée au-delà de ce que les États membres pourraient réaliser seuls en ce qu’elle:

·favorise le partage des connaissances et l’échange d’expériences;

·sert d’exemple et de catalyseur pour l’élaboration des politiques nationales et internationales;

·crée une responsabilité collective pour relever les défis de la jeunesse au niveau européen;

·améliore la compréhension de la jeunesse en tant que groupe complexe qui nécessite des approches globales.

La suppression de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse aurait des conséquences négatives, telles qu’une diminution de l’importance des questions relatives à la jeunesse pour les décideurs, une limitation de la coopération intersectorielle au niveau européen et un ralentissement des progrès dans l’élaboration des politiques nationales en faveur de la jeunesse.

3.3    Pertinence – la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse est-elle toujours pertinente? 

Selon les consultations des parties prenantes, les défis les plus urgents auxquels les jeunes ont été confrontés en 2019-2023 sont le coût de la vie, la stabilité financière et la pauvreté; la santé mentale et le bien-être; le chômage des jeunes; l’environnement et le changement climatique; ainsi que la participation des jeunes à la prise de décisions.

La stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse est généralement restée pertinente au regard des besoins de la jeunesse compte tenu de ses objectifs généraux et des objectifs pour la jeunesse européenne. L’Année européenne de la jeunesse a renforcé sa pertinence grâce à l’intensification de la coopération en matière de jeunesse entre toutes les parties prenantes concernées. Sur la base des consultations, la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse pourrait toutefois s’attaquer de manière plus visible aux répercussions de certains défis nouveaux ou résurgents (par exemple, le coût de la vie).

Il est possible:

üde donner une plus grande visibilité aux initiatives visant à renforcer la prise en compte des questions relatives aux jeunes aux niveaux européen et national dans les domaines où les jeunes ont des besoins.

4.CONCLUSIONS ET ENSEIGNEMENTS TIRÉS

4.1 Conclusions générales et enseignements tirés

Dans l’évaluation, ont été soulignés l’efficacité et l’importance constante de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse en tant que cadre stratégique pour la coopération au niveau de l’UE, le partage des connaissances et l’apprentissage entre pairs, en ce qu’elle canalise les ressources et les actions concertées vers des objectifs communs afin de relever les défis auxquels la jeunesse est confrontée ainsi que de compléter l’action et les initiatives des États membres. En particulier, la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse reste essentielle en tant que «catalyseur» de l’alignement et de l’élaboration des politiques. Elle constitue un exemple et/ou un modèle pour les stratégies nationales en faveur de la jeunesse et l’évolution de la politique relative à la jeunesse (en particulier dans les États membres qui ne disposent pas de stratégie nationale en faveur de la jeunesse ou dans lesquels une telle stratégie est en cours d’élaboration ou de renouvellement) lorsqu’il s’agit de soutenir la convergence des approches politiques. Ce rôle s’étend également au-delà de l’UE, comme le démontre le plan d’action pour la jeunesse dans l’action extérieure de l’UE par lequel la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse peut également inciter les pays tiers à adopter des approches similaires.

L’évaluation a mis en évidence la pertinence constante des objectifs de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, qui mettent fortement l’accent sur l’inclusion et la diversité, ainsi que sur la participation des jeunes et l’engagement civique. D’une manière générale, il a été constaté que le caractère large des objectifs de la stratégie et des objectifs pour la jeunesse européenne répondaient à une série de défis et de besoins des jeunes.

Néanmoins, il ressort de la consultation qu’il est possible de s’attaquer de manière plus visible à l’incidence qu’ont sur les jeunes les défis nouveaux ou résurgents (en particulier le coût de la vie; le logement; l’environnement et le climat; la numérisation; la santé et le bien-être physiques et mentaux; et les défis pour la jeunesse rurale). Cela souligne l’importance que revêt la double approche de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, à savoir, d’une part, continuer à prendre en compte les questions relatives aux jeunes dans tous les domaines d’action, en s’appuyant sur de fortes participation et représentation des jeunes; et, d’autre part, mobiliser et renforcer les instruments et initiatives spécifiques dans le secteur de la jeunesse.

L’Année européenne de la jeunesse 2022 a rapproché l’UE des jeunes, en les sensibilisant aux nombreuses possibilités qui s’offrent à eux. Elle a permis d’encourager la participation des jeunes, d’accélérer la prise en compte des questions relatives aux jeunes et d’accroître la pertinence de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Le maintien et la mise à profit de ces effets positifs, sur la base de la communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse 2022 32 , renforceront dans les années à venir la mise en œuvre et les performances de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse.

Les principaux enseignements et conclusions tirés de l’évaluation vont dans le sens d’accroître l’influence de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse par un renforcement accru de certains de ses instruments, lesquels sont décrits ci-dessous.

4.2 Participation des jeunes et prise en compte des questions relatives aux jeunes

ØDialogue de l’UE en faveur de la jeunesse: devenir plus inclusif, accorder une attention particulière au suivi

Le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse doit continuer à évoluer et à se renforcer. Il est essentiel de préserver les progrès réalisés en matière d’inclusion au cours des trois derniers cycles; de poursuivre les progrès en ce qui concerne la participation des jeunes issus de groupes minoritaires et des jeunes handicapés; ainsi que d’accroître la participation au processus de dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse de tous les groupes sous-représentés (y compris les jeunes ne travaillant pas et ne suivant pas d’études ni de formation, et les jeunes ruraux). L’affinement de la sensibilisation et de la communication peut faire partie des mesures, de même que l’amélioration de la préparation et du soutien des participants (en particulier les jeunes moins favorisés).

Un domaine d’attention essentiel concerne la nécessité de poursuivre le développement et le soutien d’un processus visant à transmettre les recommandations issues du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse aux parties prenantes concernées à tous les niveaux (en particulier les décideurs politiques). Il est également nécessaire de mettre en place des mécanismes permettant d’informer les participants et les parties prenantes du suivi prévu aux niveaux européen et national. Au niveau européen, la Commission alignera de manière plus étroite les objectifs du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse sur le programme de travail de la Commission. Le renforcement du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse est une action clé de la communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse (y compris la réflexion sur la manière de le relier à l’évaluation d’impact du point de vue des jeunes). Cette réflexion est importante tant pour le troisième cycle de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse 2019-2027 que pour la stratégie qui lui succédera pour l’après-2027.

Il serait également opportun de créer davantage de synergies avec d’autres instruments de participation des jeunes (par exemple, la plateforme européenne de participation des enfants) aux niveaux européen et national afin d’assurer la visibilité, ainsi que d’entreprendre des efforts conjoints pour mobiliser les jeunes et leurs représentants avec l’aide d’organisations et de réseaux de la société civile.

Les actions prioritaires visant à renforcer la participation des jeunes et le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse sont exposées dans la communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse.

ØPrise en compte des questions relatives aux jeunes: accélérer, exploiter et aller de l’avant

L’évaluation a mis en évidence des exemples d’initiatives politiques de l’UE qui ont intégré la perspective de la jeunesse. Certaines font également explicitement référence à la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse (par exemple, la communication de la Commission sur une approche globale en matière de santé mentale, élaborée avec la contribution de jeunes 33 ). Toutefois, bien qu’il existe de nombreuses synergies entre les politiques de l’UE, peu d’éléments attestent d’actions concrètes destinées à exploiter les complémentarités et les synergies, ce qui met en évidence la possibilité de renforcer encore la coopération au niveau européen.

Sur la base de la communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse, il est possible d’intensifier les efforts à tous les niveaux afin de progresser davantage en matière de prise en compte des questions relatives aux jeunes dans tous les domaines d’action, y compris au moyen d’outils concrets de prise en compte de ces questions.

Lors de l’élaboration des politiques de l’UE, la Commission exploitera pleinement le potentiel de la prise en compte des questions relatives aux jeunes dans le contexte de la boîte à outils et du cadre de la Commission pour une meilleure réglementation, ce qui donnera lieu à une évaluation d’impact du point de vue des jeunes. Cette approche va faire l’objet d’affinements et de tests en 2024, de façon à pouvoir appliquer l’évaluation d’impact du point de vue des jeunes aux nouvelles initiatives pertinentes du programme de travail annuel de la Commission dès 2025. Les efforts consisteront également à mieux informer les organisations de la société civile, les réseaux et les jeunes afin de les encourager à participer à des consultations en vue de nouvelles initiatives de l’UE, y compris au sein des panels de citoyens. La mise en place d’une nouvelle plateforme des acteurs de la jeunesse, qui se réunira pour la première fois à l’automne 2024, facilitera les échanges avec les organisations de jeunesse, les chercheurs dans le domaine de la jeunesse, les représentants des États membres et les autres institutions de l’UE. Toujours en 2024, la poursuite des dialogues stratégiques en faveur de la jeunesse avec les commissaires européens, l’organisation de tables rondes consacrées à la prise en compte des questions relatives aux jeunes ainsi que la mobilisation régulière du réseau interne de la Commission pour la jeunesse (en particulier par l’intermédiaire du coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse) constitueront également des moyens importants de renforcer cette prise en compte.

La Commission soutiendra également les efforts nationaux en organisant des activités d’apprentissage mutuel sur la prise en compte des questions relatives aux jeunes en coopération avec les États membres, afin de procéder à un échange de vues sur la manière d’associer les jeunes et les organisations de la société civile ainsi que de tenir compte du point de vue de la jeunesse dans les processus d’élaboration des politiques nationales ayant une incidence sur celle-ci. La Commission encourage également les États membres à désigner des coordonnateurs nationaux ou régionaux pour la jeunesse, à l’instar de la coordinatrice européenne des activités relatives à la jeunesse.

Les États membres et la Commission pourraient également définir les domaines spécifiques dans lesquels les synergies et les complémentarités pourraient être intensifiées (par exemple, entre la participation des jeunes dans le cadre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, la participation des enfants dans le cadre de la stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant et la nouvelle stratégie pour un internet mieux adapté aux enfants, ainsi qu’avec les politiques et initiatives nationales menées dans ces domaines), en liaison avec les mesures d’engagement civique inclusif et de participation en faveur de la résilience démocratique de l’UE décrites dans le train de mesures «Défense de la démocratie» de la Commission 34 .

Les États membres et la Commission pourraient également collaborer sur des politiques et des initiatives spécifiques, lesquelles pourraient, par exemple, cibler les problèmes de santé mentale chez les jeunes; envisager les interconnexions avec la vie numérique, y compris l’intelligence artificielle, le sport et la culture; et poursuivre des approches globales sur la base de la communication de la Commission sur une approche globale en matière de santé mentale 35 et des conclusions du Conseil 36 . À titre d’exemple supplémentaire, la Commission collabore étroitement avec les États membres par l’intermédiaire du sous-groupe sur la santé mentale du groupe d’experts sur la santé publique 37 . Une collaboration similaire peut être facilitée dans d’autres domaines clés, en fonction des défis recensés par les jeunes et les acteurs de la jeunesse. Les pouvoirs publics aux niveaux national et régional peuvent également demander un soutien au titre de l’instrument d’appui technique de l’UE afin de concevoir et mettre en œuvre des politiques axées sur les jeunes.

Il est également nécessaire et possible de renforcer le dialogue avec les parties prenantes, de mieux communiquer sur l’objectif de prise en compte des questions relatives aux jeunes et la nature intersectorielle de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, ainsi que de sensibiliser davantage à la réussite de l’intégration de la jeunesse à tous les niveaux.

Des actions prioritaires visant à renforcer encore la prise en compte des questions concernant les jeunes sont exposées dans la communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse.

ØCoordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse: indispensable pour la prise en compte des questions relatives aux jeunes, attention portée au rôle

Il ressort de l’évaluation que le coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse est un pionnier en matière de prise en compte des questions concernant les jeunes au niveau européen, notamment par l’intermédiaire du réseau interne de la Commission pour la jeunesse, qu’il présente un grand potentiel et qu’il est important pour la poursuite des efforts visant à promouvoir la participation des jeunes. Le retour d’information des parties prenantes a indiqué qu’il était possible d’accroître, auprès des parties prenantes externes, la visibilité du rôle et des travaux du coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse; et de mieux communiquer et, éventuellement, de clarifier davantage le mandat, qui est très large.

En tirant parti des expériences positives acquises au cours de l’Année européenne de la jeunesse, le coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse pourra s’appuyer sur une plateforme des acteurs de la jeunesse pour les consultations, les discussions, les échanges et la cocréation, menées par une communauté de pratique qui associe les parties prenantes à tous les niveaux et stimulera la gouvernance participative de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse.

4.3 Instruments facilitateurs

ØProgramme de l’UE: explorer d’autres synergies

Erasmus+ et le corps européen de solidarité sont des instruments essentiels pour soutenir au niveau européen la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Il est donc important de préserver les liens existant entre ces programmes, d’une part, et les objectifs et activités de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, d’autre part. Il est également possible d’explorer plus avant les synergies entre ces programmes et d’autres programmes/fonds/instruments au niveau européen (par exemple, Horizon Europe, les fonds de la politique de cohésion et l’instrument d’appui technique), ainsi qu’avec des programmes/fonds nationaux. Le réseau de la Commission pour la jeunesse ainsi que les activités d’apprentissage mutuel peuvent faciliter cette analyse.

ØInformation et communication auprès des jeunes: élaboration d’un plan de communication

Il est possible de communiquer plus clairement sur la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse ainsi que sur ses composantes et résultats interconnectés, de cibler davantage la communication vers les décideurs politiques et les organisations/praticiens de la société civile, et d’affiner des produits destinés aux jeunes sur le portail européen de la jeunesse. Il serait possible d’y parvenir en élaborant un plan de communication pour la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse.

ØOutils fondés sur des données probantes: amélioration continue, attention portée à la communication

Des efforts continus sont nécessaires pour fournir et communiquer à toutes les parties prenantes, en temps utile et de manière conviviale, des données pertinentes sur la mise en œuvre et les résultats de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse et sur l’évolution de la situation des jeunes. L’évaluation a mis en évidence la nécessité de mieux tirer parti des résultats déjà obtenus. Il est possible de rationaliser les ressources destinées aux décideurs politiques et aux organisations/praticiens de la société civile (actuellement réparties sur plusieurs portails et sites web). Il s’agirait par exemple de revoir la fréquence et la forme du rapport de l’UE sur la jeunesse afin de déterminer si elles peuvent être modifiées pour mieux répondre aux besoins des différents publics.

Afin de faciliter le suivi et l’appréciation, l’évaluation suggère de mettre au point quelques indicateurs clés permettant de suivre les progrès accomplis et de jeter un pont entre les objectifs de niveau supérieur et la sphère d’influence plus directe de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse (portant sur l’évolution des politiques en faveur de la jeunesse, les pratiques des organisations de jeunesse et la participation des jeunes) ainsi que de poursuivre les travaux sur la disponibilité des données sur la base des propositions avancées par le groupe d’experts ad hoc chargé des indicateurs dans le domaine de la jeunesse.

Les États membres et la Commission pourraient, avec la participation des acteurs de la jeunesse, coopérer pour poursuivre l’élaboration d’indicateurs, de méthodes et de données clés aux fins du suivi de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse.

4.4 Possibilités de simplification

ØPlanification des activités nationales futures: envisager d’autres solutions

Il ressort de l’évaluation qu’il est possible de simplifier et de réduire la charge des exigences en matière de rapports pesant sur les États membres en ce qui concerne la planification des activités nationales futures 38 . Les consultations ont révélé que les décideurs politiques trouvaient cette planification fastidieuse et d’une utilité restreinte. Il est donc nécessaire d’envisager d’autres moyens de recueillir des informations sur les priorités nationales des politiques en faveur de la jeunesse, en coopération avec les États membres (par exemple au moyen du wiki pour les jeunes et d’enquêtes simplifiées).

4.5 Voie à suivre

L’Année européenne de la jeunesse 2022 a placé les jeunes au premier rang des priorités politiques. Elle a suscité une forte mobilisation et instauré une dynamique en vue de créer davantage de possibilités, d’espace et d’outils pour la participation non seulement des jeunes, mais aussi des personnes qui travaillent avec eux et pour eux. La communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse comprend des actions prioritaires visant à soutenir et à exploiter le succès de l’Année européenne de la jeunesse. Avec les conclusions de la présente évaluation de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, cette communication offre des possibilités d’accélérer encore la mise en œuvre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse 2019-2027 et de renforcer son influence.

À moyen terme, ces efforts pourraient être poursuivis et s’inscrire dans le cadre des objectifs existants de la stratégie et des objectifs pour la jeunesse européenne (dans les domaines essentiels que sont la mobilisation, la connexion et l’autonomisation) ainsi que dans le cadre de la prise en compte des questions relatives aux jeunes à tous les niveaux, en utilisant les mécanismes et processus existants, comme le plan de travail 2025-2027.

Afin d’alimenter davantage les préparatifs de la coopération de l’UE dans le domaine de la politique de la jeunesse après 2027, y compris dans le contexte du nouveau cadre financier pluriannuel, la Commission propose de lancer en 2025-2026 un processus d’écoute et de cocréation avec l’ensemble des parties prenantes. La Commission mobilisera la plateforme des acteurs de la jeunesse afin de recueillir des points de vue et des idées, de coopérer et de créer conjointement des contributions. Cette mobilisation pourrait prendre la forme de réunions et d’événements ou d’une campagne en ligne et s’inscrire dans le cadre des consultations menées au titre du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse.

(1) Résolution du Conseil de l’Union européenne et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, sur un cadre pour la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse:   la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse 2019-2027 .
(2) Objectifs pour la jeunesse européenne | Portail européen de la jeunesse (europa.eu) .
(3) Communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse 2022 .
(4) Résolution du Conseil de l’Union européenne et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, sur la révision du plan de travail 2022-2024 pour la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse 2023/C 185/05
(5) Stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse | Portail européen de la jeunesse (europa.eu)
(6)  Page 3 de la Communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse 2022 (europa.eu) .
(7) https://ec.europa.eu/info/law/law-making-process/planning-and-proposing-law/better-regulation-why-and-how/better-regulation-guidelines-and-toolbox_fr .
(8) Étude d’appui à l’évaluation intermédiaire de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse 2019-2027
(9) Dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse | portail européen de la jeunesse (europa.eu) .
(10)  Les centres de ressources SALTO (soutien aux opportunités d’apprentissage et de formation de haut niveau) fournissent une expertise et des services aux agences nationales d’Erasmus+ et du corps européen de solidarité
(11) Résolution du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, relative au cadre pour l’établissement d’un programme de travail européen sur l’animation socio-éducative 2020/C 415/01
(12) About the EU-Council of Europe Youth Partnership - Youth Partnership (coe.int)  [À propos du partenariat pour la jeunesse entre l’UE et le Conseil de l’Europe – Partenariat pour la jeunesse (coe.int)]
(13) Steering Group on the European Youth Work Agenda - Youth Partnership (coe.int)  [Groupe de pilotage pour le programme de travail européen sur l’animation socio-éducative – Partenariat pour la jeunesse (coe.int)]
(14) Bienvenue sur Youthpass – Youthpass
(15) Recommandation du Conseil du 5 avril 2022 relative à la mobilité des jeunes volontaires dans l’Union européenne (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE) 2022/C 157/01
(16) Proposition de recommandation du Conseil «L’Europe en mouvement» – Des possibilités de mobilité à des fins d’éducation et de formation offertes à tous, présentée dans le cadre du train de mesures sur la mobilité des talents .
(17) Communication de la Commission du 7 juin 2023 sur une approche globale en matière de santé mentale (europa.eu)
(18) Communication de la Commission du 10 janvier 2024 relative à l’Année européenne de la jeunesse 2022 (europa.eu)
(19)   Plan d’action pour la jeunesse (communication conjointe de la Commission et du haut représentant)
(20)  Cette observation repose sur des informations qualitatives obtenues dans des groupes cibles associant des jeunes dans le cadre de l’évaluation.
(21) Tableau de bord de l’UE – Jeunesse – Eurostat (europa.eu)
(22)  Rapport final 2021 relatif à la proposition de tableau de bord actualisé des indicateurs de l’UE relatifs à la jeunesse .
(23) Youthwiki:   encyclopédie européenne des politiques nationales de la jeunesse (europa.eu)
(24)  Par exemple, avec le plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025 et la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025.
(25) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions – Stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant, COM(2021) 142 final .
(26) Plateforme européenne de participation des enfants | Union européenne (europa.eu)
(27)   Train de mesures «Citoyenneté» – Commission européenne (europa.eu)
(28) Protéger la démocratie – Commission européenne (europa.eu)
(29) Recommandation de la Commission relative à la promotion de l’implication des citoyens et des organisations de la société civile dans les processus d’élaboration des politiques publiques et de leur participation effective à ces processus
(30)   Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions – Une décennie numérique pour les enfants et les jeunes: la nouvelle stratégie européenne pour un internet mieux adapté aux enfants
(31)   Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions – Le changement démographique en Europe: une panoplie d’instruments d’action
(32) Communication de la Commission relative à l’Année européenne de la jeunesse 2022 (europa.eu)
(33)  Par exemple, dans le cadre de la conférence des jeunes survivants d’un cancer ou du dialogue stratégique en faveur de la jeunesse portant sur la santé mentale en février 2023.
(34) Documents sur la défense de la démocratie – Commission européenne (europa.eu)
(35) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur une approche globale en matière de santé mentale (europa.eu)
(36) Conclusions du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres sur une approche globale de la santé mentale des jeunes dans l’Union européenne
(37) https://health.ec.europa.eu/non-communicable-diseases/expert-group-public-health_fr
(38) Planification des activités nationales futures | Portail européen de la jeunesse (europa.eu)