L’espace Schengen est le plus grand espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures au monde. Il garantit la libre circulation à plus de 450 millions de ressortissants de l’Union européenne (UE), ainsi qu’aux ressortissants de pays tiers vivant dans l’UE ou séjournant dans l’UE en tant que touristes, étudiants participant à un échange ou à des fins professionnelles (toute personne légalement présente dans l’UE).
QUEL EST L’OBJECTIF DE L’ESPACE SCHENGEN?
La suppression des contrôles aux frontières intérieures, tout en garantissant un niveau élevé de sécurité à ses ressortissants. Cela implique de renforcer et d’appliquer des critères uniformes sur les contrôles aux frontières extérieures communes, de développer la coopération entre les garde-frontières, les autorités policières et judiciaires nationales, et de recourir à des systèmes d’échange d’informations sophistiqués.
POINTS CLÉS
Évolution de la coopération Schengen
La coopération Schengen est passée d’une initiative à cinq pays à un domaine politique essentiel de l’UE qui régit les déplacements sans frontières intérieures et le contrôle des frontières extérieures au cours des étapes suivantes:
1985. La Belgique, l’Allemagne, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas signent, dans le village luxembourgeois de Schengen, un accord sur la suppression progressive de leurs contrôles aux frontières intérieures.
1995. Création de l’espace Schengen sans frontières intérieures avec la suppression des contrôles aux frontières intérieures entre sept États membres de l’UE.
1999. Le protocole de Schengen au traité d’Amsterdam intègre la coopération Schengen dans le cadre juridique de l’UE.
2022. Création du Conseil Schengen et du cycle de Schengen, pierre angulaire du système de gouvernance de Schengen.
2025. Approbation de la déclaration de Schengen pour marquer le 40e anniversaire de la signature de l'accord de Schengen et renouveler l'engagement en faveur d'un espace sans frontières intérieures.
Membres
Composé à l’origine de cinq membres fondateurs, l’espace Schengen comprend désormais tous les États membres, à l’exception de l’Irlande, ainsi que quatre pays associés: l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.
Contrôles aux frontières intérieures en pratique
Toute personne légalement présente dans l’espace Schengen, quelle que soit sa nationalité, peut franchir les frontières intérieures sans être contrôlée.
Les autorités nationales peuvent effectuer des contrôles aléatoires, soit à la frontière, soit dans les zones frontalières, lorsque ces contrôles sont fondés sur des informations générales et l’expérience et qu’il ne s’agit pas de contrôles systématiques de passeports.
Les personnes doivent être en possession de certains documents de voyage, selon qu’elles sont ressortissantes de l’UE, membres de la famille d’un pays tiers ou ressortissantes d’un pays tiers.
Tout pays de l’espace Schengen peut à titre exceptionnel réintroduire des contrôles aux frontières, à titre de mesure temporaire de dernier recours, pour une période initiale maximale de 30 jours, en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure. Il doit en informer les autres États Schengen, le Parlement européen, la Commission européenne et le public. À la suite de la pandémie de COVID-19, le code frontières Schengen comprend désormais également des règles spécifiques pour l’introduction de mesures en cas de crise sanitaire, ce qui confère un rôle au Conseil de l'Union européenne.
Renforcement de la sécurité
L’espace Schengen comprend un ensemble unique de règles couvrant:
la manière dont les personnes qui franchissent une frontière extérieure de l’UE doivent être contrôlées conformément au code frontières Schengen;
une coopération plus étroite entre les pays et les agences européennes en matière de lutte contre la criminalité transfrontalière;
une coopération judiciaire renforcée par l’intermédiaire d’un système d’extradition plus rapide et du transfert des jugements répressifs entre les juridictions.
Système d’information Schengen (SIS)
Ce système d’information à grande échelle:
soutient le contrôle aux frontières extérieures et la coopération en matière de répression entre les États Schengen;
a été créé en 1995 et élargi par la suite, plus récemment en 2023, avec de nouvelles alertes, des mises à niveau et des photographies d’alertes, en raison des nouveaux défis en matière de migration et de sécurité;
contient des informations concernant:
les criminels présumés,
les personnes qui n’ont pas le droit d’entrer ou de séjourner dans l’UE,
les personnes disparues,
les biens volés, détournés ou égarés;
est utilisé par les autorités nationales chargées:
des contrôles aux frontières,
des contrôles policiers et douaniers,
des poursuites judiciaires dans le cadre de procédures pénales et des enquêtes judiciaires, avant la mise en examen ou l’inculpation,
Les nouveaux États membres doivent aligner leurs systèmes nationaux sur l’ensemble des règles de Schengen dans le cadre du processus d’élargissement de l’UE. Il s’agit de renforcer la capacité institutionnelle et opérationnelle d’application des règles de Schengen aux normes les plus élevées au moyen d’un cadre national de gouvernance de Schengen solide.
Lorsqu’un pays adhère à l’UE, il devient un État Schengen, ce qui signifie que toutes les règles de Schengen deviennent contraignantes lors de l’adhésion. Toutefois, certaines dispositions ne s’appliquent qu’à un stade ultérieur — telles que le plein accès actif à tous les systèmes d’information, le droit de délivrer des visas Schengen et la suppression des contrôles aux frontières intérieures. Pour que celles-ci s’appliquent, le nouvel État Schengen doit faire l’objet d’une évaluation complète coordonnée par la Commission et réalisée en étroite coopération avec les États membres, dans le cadre du mécanisme d’évaluation de Schengen (voir synthèse).
Une fois que l’évaluation aura confirmé que le pays remplit toutes les conditions et applique efficacement l’acquis de Schengen, le Conseil doit adopter une décision autorisant la levée des contrôles aux frontières intérieures. Cette dernière étape marque l’intégration complète du pays dans l’espace Schengen sans contrôles aux frontières intérieures.
DATE D’ENTRÉE EN VIGUEUR
La convention d’application de l’accord de Schengen est pleinement entrée en vigueur le , supprimant les contrôles aux frontières intérieures et établissant effectivement l’espace Schengen sans frontières intérieures.
CONTEXTE
Pour de plus amples informations, veuillez consulter:
Acquis de Schengen — Accord entre les gouvernements des États de l’Union économique Benelux, de la République fédérale d’Allemagne et de la République française relatif à la suppression graduelle des contrôles aux frontières communes, signé à Schengen le (JO L 239 du , p. 13-18).
Acquis de Schengen — Convention d’application de l’accord de Schengen du entre les gouvernements des États de l’Union économique Benelux, de la République fédérale d’Allemagne et de la République française relatif à la suppression graduelle des contrôles aux frontières communes (JO L 239 du , p. 19-62).
DOCUMENTS LIÉS
Règlement (UE) 2022/922 du Conseil du relatif à la création et au fonctionnement d’un mécanisme d’évaluation et de contrôle destiné à vérifier l’application de l’acquis de Schengen, et abrogeant le règlement (UE) no 1053/2013 (JO L 160 du , p. 1-27).
Règlement (UE) 2019/1896 du Parlement européen et du Conseil du relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes et abrogeant les règlements (UE) no 1052/2013 et (UE) 2016/1624 (JO L 295 du , p. 1-131).
Règlement (UE) 2019/817 du Parlement européen et du Conseil du portant établissement d’un cadre pour l’interopérabilité des systèmes d’information de l’UE dans le domaine des frontières et des visas et modifiant les règlements (CE) no 767/2008, (UE) 2016/399, (UE) 2017/2226, (UE) 2018/1240, (UE) 2018/1726 et (UE) 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil et les décisions 2004/512/CE et 2008/633/JAI du Conseil (JO L 135 du , p. 27-84).
Les modifications successives du règlement (UE) 2019/817 ont été intégrées au texte de base. Cette version consolidée n’a qu’une valeur documentaire.
Règlement (UE) 2018/1860 du Parlement européen et du Conseil du relatif à l’utilisation du système d’information Schengen aux fins du retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier (JO L 312 du , p. 1-13).
Règlement (UE) 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du sur l’établissement, le fonctionnement et l’utilisation du système d’information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d’application de l’accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) no 1987/2006 (JO L 312 du , p. 14-55).
Règlement (UE) 2018/1862 du Parlement européen et du Conseil du sur l’établissement, le fonctionnement et l’utilisation du système d’information Schengen (SIS) dans le domaine de la coopération policière et de la coopération judiciaire en matière pénale, modifiant et abrogeant la décision 2007/533/JAI du Conseil, et abrogeant le règlement (CE) no 1986/2006 du Parlement européen et du Conseil et la décision 2010/261/UE de la Commission (JO L 312 du , p. 56-106).
Règlement (UE) 2018/1726 du Parlement européen et du Conseil du relatif à l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA), modifiant le règlement (CE) no 1987/2006 et la décision 2007/533/JAI du Conseil et abrogeant le règlement (UE) no 1077/2011 (JO L 295 du , p. 99-137).
Règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du concernant un code de l’Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) (JO L 77 du , p. 1-52).
Règlement (CE) no767/2008 du Parlement européen et du Conseil du concernant le système d’information sur les visas (VIS) et l’échange de données entre les États membres sur les visas de court séjour (règlement VIS) (JO L 218 du , p. 60-81).