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20.7.2016 |
FR |
Journal officiel de l'Union européenne |
C 263/7 |
Publication d’une demande en application de l’article 50, paragraphe 2, point a), du règlement (UE) no 1151/2012 du Parlement européen et du Conseil relatif aux systèmes de qualité applicables aux produits agricoles et aux denrées alimentaires
(2016/C 263/05)
La présente publication confère un droit d’opposition conformément à l’article 51 du règlement (UE) no 1151/2012 du Parlement européen et du Conseil (1).
DOCUMENT UNIQUE
«BURRATA DI ANDRIA»
No UE: IT-PGI-0005-01393 — 27.10.2015
AOP ( ) IGP ( X )
1. Dénomination
«Burrata di Andria»
2. État membre ou pays tiers
Italie
3. Description du produit agricole ou de la denrée alimentaire
3.1. Type de produit
Classe 1.3. Fromages
3.2. Description du produit portant la dénomination visée au point 1
La «Burrata di Andria» IGP est un fromage fabriqué à partir de lait de vache et obtenu en combinant de la crème et du fromage à pâte filée. L’enveloppe est constituée exclusivement de pâte filée et contient un mélange de crème et de pâte filée effilochée.
Caractéristiques morphologiques, physico-chimiques, microbiologiques et organoleptiques:
Poids: le poids de la «Burrata di Andria» IGP varie de 100 g à 1 000 g.
Aspect: la «Burrata di Andria» IGP présente une couleur blanche laiteuse et son enveloppe a une épaisseur supérieure ou égale à 2 mm environ.
Consistance de la partie intérieure: pâte effilochée, spongieuse, immergée dans la crème.
Forme: le fromage présente une forme arrondie en forme de poche, pourvue d’une fermeture apicale caractéristique.
Straciatella (filaments de pâte de mozzarella coupés): la partie intérieure est obtenue à partir d’une pâte filée coupée («stracciata») exclusivement à la main et immergée dans la crème.
Humidité comprise: entre 60 % et 70 %.
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La crème s’écoule lors de la coupe. |
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La partie intérieure contient des morceaux effilochés de dimensions variables. |
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L’arôme présente des notes agréables de lait frais ou cuit, de beurre et de crème. |
3.3. Aliments pour animaux (uniquement pour les produits d’origine animale) et matières premières (uniquement pour les produits transformés)
Lait de vache. La crème utilisée dans la composition de la «Burrata di Andria» est obtenue par centrifugation de lait ou de sérum de lait frais, suivie d’une pasteurisation à 72 °C pendant 15 secondes. On peut également utiliser de la crème fraîche pasteurisée et/ou UHT conditionnée et/ou un mélange de celles-ci, en respectant les exigences microbiologiques énoncées dans la législation en vigueur.
3.4. Étapes spécifiques de la production qui doivent avoir lieu dans l’aire géographique délimitée
Toutes les opérations, de la transformation des matières premières à l’obtention du produit fini, doivent avoir lieu dans l’aire géographique délimitée.
3.5. Règles spécifiques applicables au tranchage, râpage, conditionnement, etc., du produit auquel la dénomination fait référence
La «Burrata di Andria» doit être conditionnée dans l’exploitation de production située à l’intérieur de l’aire géographique délimitée au point 4, étant donné qu’il s’agit d’un produit frais qui peut facilement devenir impropre à la consommation.
La «Burrata di Andria» peut être conditionnée:
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dans des sachets en matière plastifiée à usage alimentaire, à savoir enveloppée dans un papier plastifié et liée au niveau de la partie apicale avec des tiges de raphia à usage alimentaire, |
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enveloppée dans des feuilles plastifiées de couleur verte; |
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dans des barquettes, dans des pots ou verres et/ou immergée dans le liquide de conservation. |
Le produit doit être conservé à une température comprise entre 4 °C et 6 °C. Chaque pièce conditionnée pèse entre 100 g et 1 000 g.
3.6. Règles spécifiques applicables à l’étiquetage du produit auquel la dénomination fait référence
L’indication géographique protégée «Burrata di Andria» doit figurer sur l’étiquette en caractères lisibles et indélébiles qui se distinguent nettement de toute autre mention présente sur l’étiquette; celle-ci doit être immédiatement suivie de la mention «Indication géographique protégée» et/ou de l’acronyme «IGP».
Tout ajout d’une qualification non expressément prévue est interdit. L’utilisation d’indications faisant référence à des noms, des raisons sociales ou des marques privées ou publicitaires est autorisée, pour autant que ces indications n’aient pas un caractère élogieux et qu’elles n’induisent pas le consommateur en erreur.
Le logo de l’indication géographique protégée «Burrata di Andria» est constitué d’un ensemble graphique comprenant les symboles et les mots ci-après:
Le logo «Burrata di Andria I.G.P.» doit figurer sur les étiquettes, les emballages et les représentations graphiques en général de tous les produits conditionnés, le pourtour relatif (calculé par rapport à la surface d’un rectangle correspondant à la hauteur et à la longueur cumulée de la marque) ne pouvant être inférieur à 10 % ni supérieur à 25 % de la surface totale de la représentation graphique.
Le symbole européen de l’IGP doit être apposé sur les emballages.
4. Description succincte de la délimitation de l’aire géographique
L’aire géographique de production et de conditionnement de la «Burrata di Andria» IGP est constituée de l’ensemble du territoire de la région des Pouilles.
5. Lien avec l’aire géographique
La «Burrata di Andria» est un fromage typique des Pouilles, qui se distingue des autres fromages par sa technique de transformation particulière et par ses caractéristiques organoleptiques. Ces facteurs en font l’un des produits fromagers les plus prisés et les plus typiques des Pouilles et du Mezzogiorno.
Selon la tradition orale, la «Burrata di Andria» a été inventée dans une ancienne exploitation par Lorenzo Bianchino au cours des premières décennies du siècle dernier. On raconte qu’en raison d’une abondante chute de neige, il n’a pas pu acheminer le lait vers la ville et a été contraint de le transformer et surtout d’utiliser la crème affleurant naturellement, selon la méthode de production des «manteche» (enveloppes de pâte filée affinée dans lesquelles est conservé le beurre); il a donc tenté d’élaborer un produit frais en appliquant le même principe. À cela s’ajoute la connotation typique de la culture paysanne, dans laquelle on a coutume d’éviter le gaspillage et de réutiliser les déchets de production. M. Bianchino a donc eu l’idée de mélanger les résidus de la transformation de la pâte filée avec de la crème et d’envelopper le tout dans une coque également constituée de pâte filée.
La «Burrata di Andria» se présente sous la forme d’un sachet de pâte filée façonné à la main dans lequel sont insérés des filaments («sfilacci») de cette même pâte filée et de la crème. L’amalgame de crème et de filaments de pâte filée est appelé «stracciatella». Le terme «stracciatella» tire son origine de la manière dont le contenu est préparé. La pâte filée est en effet effilochée à la main pour former des petits morceaux rectangulaires («lucini») irréguliers.
L’une des premières références au produit remonte à 1931 dans le guide du Touring Club et la «Burrata di Andria» a immédiatement rencontré un franc succès, non seulement en Italie mais aussi à l’étranger; on a même trouvé en la personne du Chah d’Iran un de ses plus fidèles amateurs. Le goût simple et onctueux de ce produit typique des Pouilles permet de satisfaire tous ceux qui, appréciant la cuisine méditerranéenne, recherchent des produits simples, authentiques et peu élaborés.
La «Burrata di Andria» figure très largement dans les menus de nombreux restaurants dans le monde et la qualité élevée de ce produit est mise en avant en précisant qu’il provient de la localité d’Andria. La «Burrata di Andria» a non seulement permis de préserver le lien entre la tradition de production et le territoire mais elle a aussi acquis une notoriété encore plus importante si l’on considère la durée limitée de conservation (shelf-life) du produit qui en freine la commercialisation. Comme il s’agit en effet d’un produit destiné à être consommé frais, il semblerait que la «burrata» soit négligée par les principaux opérateurs commerciaux et reléguée à un marché de niche. Malgré cela, le produit fait l’objet d’une demande constante manifestement liée à l’excellente réputation qu’il a acquise auprès des consommateurs.
De nombreux articles parus dans la presse nationale mais aussi internationale sont consacrés à ce fromage. Dans le cadre d’une enquête datée du 26 août 1977, le journal Corriere della Sera désigne la «Burrata di Andria» comme un produit fromager d’excellence des Pouilles et de l’ensemble du Mezzogiorno (Italie).
Un article publié le 16 décembre 1999 dans le journal La Repubblica cite expressément la «Burrata di Andria» parmi les produits à sauvegarder.
Elle est également définie comme un fromage fantastique et unique dans un article d’Allan Bay publié sur le site www.vivimilano.it/atavola
Dans un article du 30 juillet 1999, le quotidien Il Sole 24 ore qualifie la «Burrata di Andria» de produit d’excellence des Pouilles.
Dans un article du journal La Stampa, intitulé «La Mondanità» et signé par Vanna Pescatori, le précieux fromage est mentionné sur le menu du dîner de gala organisé par Ferrari, le prestigieux constructeur automobile de Maranello.
Davide Paolini a publié un article intitulé «Giacimenti gustosi da salvaguardare» dans l’encart dominical (Tempo Liberato) du quotidien Il Sole 24 ore, dans lequel il associe la «Burrata di Andria» à d’autres produits d’excellence de notre culture culinaire, comme la «Mozzarella di Bufala Campana», la «Coppa Piacentina», le «Caciocavallo Silano», etc., qu’il convient de protéger et de préserver.
Le 18 août 1990, dans l’encart consacré à l’agriculture du quotidien Il Sole 24 ore, Nicola Dante Basile, dans l’article intitulé «Formaggi, il pecorino guida l’export», décrit la «Burrata di Andria» comme étant «exigeante», certainement pour souligner l’attention et la quasi-vénération qu’il convient de vouer à un fromage d’une telle qualité.
En 2000, à la suite de l’établissement, sous l’égide du ministère des politiques agricoles (par le D.M. 350/1999) du registre des produits traditionnels, la «Burrata di Andria» a été immédiatement inscrite par la région des Pouilles sur la première liste.
Elle est également définie comme un «joyau de lait» dans la rubrique intitulée «Les week-ends de “Slow Food” — les parfums des Pouilles de Federico II» rédigée par Alberto Pejrano le 9 octobre 2000. Sur le site internet www.stayinitaly.com, dans la section consacrée à la région des Pouilles, la «Burrata di Andria» est citée parmi d’autres fromages en tant que produit typique des Pouilles. Sur le site internet www.agipzone.com, certains qualifient la «Burrata di Andria» de mets très raffiné.
En dépit de sa durée de conservation très brève, la «Burrata di Andria» est très appréciée à l’étranger, même dans des pays lointains comme les États-Unis où le produit est expédié chaque semaine par quelques exploitations associées. Le produit figure également à la carte d’une chaîne de restaurant célèbre «Il Fornaio» qui propose régulièrement des menus à thème où sont mis à l’honneur des spécialités et des produits d’excellence.
Référence à la publication du cahier des charges
(article 6, paragraphe 1, deuxième alinéa, du présent règlement)
Le texte consolidé du cahier des charges de production peut être consulté sur le site internet: http://www.politicheagricole.it/flex/cm/pages/ServeBLOB.php/L/IT/IDPagina/3335
ou encore
en accédant directement à la page d’accueil du site du ministère des politiques agricoles alimentaires et forestières (www.politicheagricole.it) et en cliquant sur «Qualità e sicurezza» [Qualité et sécurité] (en haut à droite de l’écran) et sur «Disciplinari di Produzione all’esame dell’UE» [Cahiers des charges soumis à l’examen de l’Union européenne].
(1) JO L 343 du 14.12.2012, p. 1.