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8.4.2004 |
FR |
Journal officiel de l'Union européenne |
CE 88/39 |
(2004/C 88 E/0042)
QUESTION ÉCRITE E-1678/03
posée par José Ribeiro e Castro (UEN) à la Commission
(19 mai 2003)
Objet: «Enfants-soldats» en Angola
Selon des informations récentes fournies par les médias, les mineurs d'âge qui ont combattu pendant la guerre civile angolaise seront exemptés du service militaire obligatoire par le gouvernement de ce pays.
L'ONG «Human Rights Watch» a avancé, il y a quelques jours, le nombre de 11 000 comme étant le nombre probable de mineurs se trouvant dans cette situation.
La Banque mondiale a fourni une donation de 30 millions de dollars pour soutenir des projets concernant ces «enfants-soldats».
La Commission voudrait-elle par conséquent indiquer:
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si elle dispose d'informations quant au nombre (probable ou approximatif) de mineurs d'âge susceptibles d'avoir servi dans les armées en conflit au cours des dernières années de la guerre civile en Angola? |
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quelle est son évaluation de la situation actuelle de ces mineurs dans le contexte de la démobilisation des armées, du regroupement familial et de la sédentarisation de la population ainsi que des mesures poursuivies par les institutions angolaises et soutenues au niveau international? |
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si elle considère déjà le problème spécifique de la récupération, du traitement et de la formation des «enfants-soldats», que ce soit en général ou s'agissant de ceux qui sont restés orphelins ou handicapés? |
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quelles mesures elle a adoptées ou compte adopter à cet égard? |
Réponse donnée par M. Nielson au nom de la Commission
(11 juillet 2003)
Les deux parties au conflit angolais ont utilisé des enfants-soldats. Aucun chiffre précis n'est disponible, mais les estimations varient entre 6 000 (chiffres du gouvernement) et 11 000 («Human Rights Watch»).
La Commission estime que l'aide aux anciens enfants-soldats est l'un des nombreux défis majeurs de l'après-guerre auxquels il faut faire face. Le gouvernement, avec l'aide de la communauté internationale, doit se montrer plus actif dans ce domaine, même si des efforts sont déjà fournis actuellement. Ainsi, début mars 2003, le gouvernement angolais, l'Unicef (le Fonds des Nations unies pour l'enfance) et les partenaires de la société civile ont réaffirmé leur cadre politique régissant l'aide aux anciens enfants-soldats et aux enfants séparés de leur famille lors d'une table ronde consacrée aux défis de la protection des droits de l'enfant dans le processus de réinsertion et organisée par le ministère de l'assistance et de la réinsertion sociale.
En outre, le programme angolais de démobilisation et de réinsertion (ADRP) vise notamment à fournir une assistance sur mesure à des groupes-cibles particuliers tels que les ex-enfants-soldats et les ex-combattants handicapés. Quelque 31 millions de dollars américains sont alloués à l'assistance de ces groupes-cibles particuliers. La Commission participe à l'ADRP par le biais de sa contribution de 20 millions d'euros au Fonds fiduciaire multi-bailleurs du programme multi-pays de démobilisation et de réinsertion (MDRP). La Commission envisage actuellement la possibilité d'apporter une autre contribution directe à l'ADRP.
Globalement, la situation de la démobilisation, du regroupement familial et de la sédentarisation de la population s'améliore, même si certaines difficultés subsistent. Des efforts considérables et soutenus sont nécessaires de la part du gouvernement, avec le soutien de la communauté internationale, afin de mener à bien ce processus, qui prendra vraisemblablement du temps.