92002E3494

QUESTION ÉCRITE E-3494/02 posée par Cristiana Muscardini (UEN) au Conseil. Massacres au Nigéria.

Journal officiel n° 155 E du 03/07/2003 p. 0160 - 0160


QUESTION ÉCRITE E-3494/02

posée par Cristiana Muscardini (UEN) au Conseil

(9 décembre 2002)

Objet: Massacres au Nigéria

Les tragiques événements du Nigéria (massacre de plus de 200 chrétiens, incendies et destruction d'églises et de magasins) démontrent une fois de plus de manière particulièrement urgente la gravité d'une situation internationale caractérisée par une violence extrême chaque fois que l'on tente d'imposer la charia comme loi d'État. Tout en réaffirmant le principe selon lequel tout pays a droit au respect de ses propres traditions, l'Europe ne peut pas rester insensible à la violation aussi brutale et inhumaine des droits de l'homme, de la dignité des personnes, de la liberté de croyance et d'expression au nom de laquelle certains vont jusqu'à massacrer et détruire des biens, comme cela vient de se produire au Nigéria et comme cela pourrait se produire dans tout autre pays dans lequel opérent des organisations islamiques intégristes.

1. Le Conseil n'estime-t-il pas qu'il y a lieu d'intervenir en imposant des sanctions politiques lorsque, sous un prétexte religieux, de tels massacres sont perpétrés?

2. Quelles initiatives a-t-il l'intention de prendre afin d'éviter que de telles tragédies se reproduisent?

Réponse

(4 mars 2003)

La liberté de pensée, de conscience et de religion est consacrée par les principaux instruments internationaux en matière de droits de l'homme, notamment les conventions des Nations unies relatives aux droits de l'homme. L'UE condamne en toutes circonstances la persécution des personnes en raison de leur croyance ou de leur conviction. L'UE ne néglige aucune occasion d'exhorter les États à mettre en oeuvre des lois et des pratiques qui favorisent la tolérance et le respect mutuel, et à protéger les minorités de la discrimination, de l'intimidation et des agressions. Des cas précis de persécution religieuse sont régulièrement abordés avec les gouvernements concernés, tant lors des contacts bilatéraux que dans des enceintes multilatérales, comme les sessions annuelles de la Commission des droits de l'homme des Nations unies et de la Troisième commission de l'Assemblée générale des Nations unies.

Dans le cas du Nigeria, tout en étant manifestement préoccupée par les récentes flambées de violence, l'UE se félicite néanmoins des efforts déployés par le gouvernement fédéral pour s'assurer que le droit nigérian est conforme aux instruments internationaux en matière de droits de l'homme. L'UE juge encourageante l'action pacifique engagée à cet égard au Nigeria par des groupes musulmans et chrétiens de défense des droits de l'homme sous la forme d'un recours en justice. L'UE a indiqué aux autorités nigérianes qu'elle est disposée à poursuivre le dialogue qui est mené dans le cadre de son partenariat avec le Nigeria, en vue de renforcer les processus en cours au Nigeria en vue de la consolidation de la démocratie et du respect des droits de l'homme.