91998E0133

QUESTION ECRITE no 133/98 de Katerina DASKALAKI au Conseil. Assassinat d'un bedeau à Istanbul

Journal officiel n° C 196 du 22/06/1998 p. 0118


QUESTION ÉCRITE P-0133/98 posée par Katerina Daskalaki (UPE) au Conseil (23 janvier 1998)

Objet: Assassinat d'un bedeau à Istanbul

Ces derniers temps, le patriarcat oecuménique de Constantinople fait l'objet d'agressions en série, telle l'attaque à la bombe qui a grièvement blessé un ecclésiastique. Dernière cible en date, la fontaine sacrée de Saint-Thérapon à Istanbul: des inconnus ont mis le feu, ravi de précieuses icônes et des objets de mobilier et assassiné M. Havieropoulos, bedeau, après lui avoir infligé d'effroyables sévices.

Pas une seule fois n'ont été arrêtés les auteurs des diverses agressions perpétrées contre le patriarcat oecuménique. De surcroît, les autorités turques n'ont pas permis au consul général de Grèce d'entrer en contact avec la préfecture d'Istanbul pour élever une protestation.

Considérant que la Turquie est liée par des accords spéciaux à l'Union européenne, d'une part, et qu'elle a l'obligation de protéger les monuments chrétiens, d'autre part, le Conseil pourrait-il dire quelles mesures il peut et compte prendre pour contraindre ce pays à prendre des mesures de sauvegarde de ces monuments ainsi que de protection des très rares Grecs qui vivent encore à Istanbul?

Réponse (30 avril 1998)

Le Conseil déplore et condamne les violents incidents mentionnés par l'Honorable Parlementaire, y compris l'explosion de bombes dans des églises. Il fait observer que, en vertu du traité de paix, signé à Lausanne en juillet 1923, le gouvernement turc s'est engagé à accorder une protection intégrale aux églises, synagogues, cimetières et autres établissements religieux des minorités non musulmanes.

Le Conseil européen de Luxembourg des 12 et 13 décembre 1997 a à nouveau souligné la nécessité pour le gouvernement turc de remplir ses obligations fondamentales, y compris la protection des minorités, ce qui englobe également les minorités religieuses. Il a rappelé, conformément à la position du Conseil exposée lors de la session du Conseil d'association avec la Turquie qui s'est tenue le 29 avril 1997, que le renforcement des liens de la Turquie avec l'Union européenne était aussi fonction de la poursuite des réformes politiques et économiques par ce pays, notamment l'alignement des normes et des pratiques en matière de droits de l'homme sur celles en vigueur dans l'Union européenne. À cet égard, il est indispensable de respecter et de protéger toutes les minorités.

Ces questions sont évoquées avec les autorités turques pratiquement à chaque occasion qui se présente.