COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 23.3.2020
COM(2020) 109 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur l'application par les États membres de la directive 2000/30/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 juin 2000 relative au contrôle technique routier des véhicules utilitaires circulant dans la Communauté
Période de référence 2015-2016
Table des matières
1.INTRODUCTION
2.DIRECTIVE 2000/30/CE
3.DONNÉES COMMUNIQUÉES PAR LES ÉTATS MEMBRES
4.CONTENU DU CONTRÔLE
5.DONNÉES STATISTIQUES
5.1. Ampleur des contrôles
5.2. Origine des véhicules contrôlés
5.3.Ampleur des suspensions
5.4.Origine des véhicules dont l’utilisation a été suspendue
5.5.Véhicules dont l’utilisation a été suspendue, par catégorie de véhicule et par État membre d’immatriculation
5.6.Types de défauts signalés par État membre
6.TYPES DE SANCTIONS
7.CONCLUSIONS SUCCINCTES
7.1.Contrôles
7.2.Suspensions
7.3.Défauts
1.INTRODUCTION
Dans l’intérêt de la sécurité routière, de la protection de l’environnement et d’une concurrence équitable, la législation européenne prévoit une série de mesures pour garantir que les véhicules utilitaires qui circulent sur les routes européennes sont dans un état technique approprié. Parmi ces mesures, citons:
·les règles d’accès à la profession qui requièrent des transporteurs une capacité financière suffisante pour assurer l’entretien correct des véhicules [règlement (CE) nº 1072/2009];
·les contrôles techniques périodiques des véhicules qui doivent être effectués dans les États membres pour les véhicules immatriculés sur leur territoire, selon une fréquence minimale fixée au niveau européen (directive 2009/40/CE);
·les contrôles techniques routiers (sur lesquels porte le présent rapport) visant à garantir que les véhicules utilitaires ne sont utilisés que s’ils sont entretenus de manière à assurer un niveau élevé de conformité à la réglementation technique (directive 2000/30/CE).
En vertu des dispositions de la directive 2000/30/CE, les véhicules utilitaires circulant dans les États membres, y compris les véhicules à moteur et leurs remorques et semi-remorques, sont soumis à des contrôles techniques routiers visant à améliorer la sécurité routière et la protection de l’environnement.
L’article 6 prévoit que, tous les deux ans, les États membres fournissent à la Commission des données recueillies au cours des deux années précédentes concernant:
·le nombre de véhicules utilitaires contrôlés, classés en sept catégories de véhicules et regroupés par pays d’immatriculation;
·les points contrôlés conformément à la directive; et
·les défauts constatés.
La directive 2000/30/CE exige également qu’une fois ces données recueillies, la Commission présente au Conseil un rapport sur l’application de ladite directive, basé sur les données transmises par les États membres et accompagné d’un résumé des résultats obtenus. C’est l’objet du présent rapport. L’article 6 de la directive exige en outre que la Commission communique au Parlement européen les informations communiquées par les États membres.
La directive 2000/30/CE définit neuf éléments (voir le point 4 du présent rapport) sur lesquels doivent porter les contrôles techniques routiers. Lors d’un contrôle, s’il devient évident que le véhicule utilitaire représente un risque important pour ses occupants ou pour les autres usagers du réseau routier, l’utilisation de ce véhicule peut être suspendue jusqu’à la réparation des défauts dangereux décelés. Au terme du contrôle, les défauts constatés sur le véhicule doivent être consignés dans un rapport de contrôle routier remis au conducteur.
En 2014, dans le cadre du paquet «contrôle technique», le Parlement européen et le Conseil ont révisé les règles et procédures applicables au contrôle technique routier des véhicules utilitaires. Le 3 avril 2014 a été adoptée la directive 2014/47/UE, qui est applicable depuis le 20 mai 2018. Cette directive a notamment introduit deux types de contrôles: les contrôles initiaux et les contrôles approfondis. Elle prévoit également que le nombre total de contrôles techniques routiers initiaux à mener dans l’Union chaque année civile doit correspondre à au moins 5 % du nombre total des véhicules concernés immatriculés dans les États membres. Pour atteindre cet objectif, chaque État membre doit s’efforcer de réaliser un nombre approprié de contrôles techniques routiers initiaux, en proportion du nombre total des véhicules concernés immatriculés sur son territoire. Le premier rapport postérieur à l’obligation de respecter cet objectif devra être remis le 31 mars 2021 au plus tard et portera sur la période 2019-2020.
2.DIRECTIVE 2000/30/CE
Conformément à la directive 2009/40/CE relative au contrôle technique des véhicules à moteur et de leurs remorques, les véhicules utilisés à des fins commerciales doivent être contrôlés annuellement. Un contrôle annuel étant toutefois jugé insuffisant pour garantir que ces véhicules demeurent aptes à circuler entre les contrôles techniques successifs, il est nécessaire de pratiquer également des contrôles techniques routiers à titre de mesure d’exécution afin de renforcer la sécurité routière.
Un contrôle technique routier consiste en un examen non annoncé d’un véhicule utilitaire en circulation sur le territoire d’un État membre. Le contrôle est effectué principalement sur la voie publique soit par les autorités, soit par un autre organisme agissant sous leur surveillance.
Les contrôles techniques routiers doivent être réalisés sans discrimination fondée sur la nationalité du conducteur ou sur le pays dans lequel le véhicule utilitaire est immatriculé ou a été mis en service. Ils doivent également être effectués de manière à réduire autant que possible les coûts et les retards pour les conducteurs et les transporteurs.
Il convient d’adopter une approche ciblée pour sélectionner les véhicules utilitaires devant être soumis aux contrôles techniques routiers, en accordant une importance particulière à la reconnaissance des véhicules qui semblent les plus susceptibles d’être mal entretenus.
Les contrôles routiers sont généralement effectués selon une procédure par étapes. En premier lieu, l’état d’entretien du véhicule est examiné de manière visuelle lorsque ce dernier est à l’arrêt, et les documents relatifs aux derniers contrôle routier (le cas échéant) et contrôle technique du véhicule sont vérifiés. Un contrôle approfondi peut également être effectué, sur place ou dans un centre de contrôle situé à proximité, afin de déceler d'éventuelles irrégularités sur la base de la liste de points figurant dans la directive 2000/30/CE. Dans le cas d’un contrôle approfondi, les résultats doivent être présentés dans un rapport de contrôle technique routier établi selon le modèle défini dans la directive. Les données que les États membres sont tenus de communiquer à la Commission sont basées sur le contenu de ces rapports.
L’utilisation d’un véhicule utilitaire peut être suspendue jusqu’à la réparation des défauts dangereux décelés si le véhicule représente un risque important pour la sécurité routière. En outre, les véhicules étrangers présentant des défauts graves doivent être signalés à l’État membre d’immatriculation pour permettre un suivi adéquat.
La directive 2000/30/CE telle que modifiée, qui s’appliquait jusqu’au 19 mai 2018, établissait un certain nombre de conditions pour les contrôles techniques routiers des véhicules utilitaires circulant dans l’UE. La directive 2010/47/UE a modifié les catégories de véhicules et des points de la liste de contrôle figurant à l’annexe I à partir du 1er janvier 2012.
Avant cette modification, les véhicules visés dans le rapport de contrôle routier (annexe I) étaient définis par classe, la classe «train routier» désignant par exemple tout véhicule à moteur affecté au transport de marchandises dont la masse maximale autorisée dépasse 3,5 tonnes (catégories N2 et N3), attelé à une remorque (catégories O3 et O4). Parallèlement, les véhicules de la catégorie N2 devaient figurer sous la rubrique «véhicule utilitaire léger» et les véhicules de la catégorie N3 devaient être inscrits sous la rubrique «camion», tandis que les véhicules des catégories O3 et O4 devaient figurer sous les rubriques «remorque» et «semi-remorque».
La directive 2010/47/UE a toutefois introduit une nouvelle méthode pour classer les véhicules, basée sur la désignation de la catégorie conformément à la législation sur la réception par type. Par conséquent, un véhicule qui était susceptible de figurer dans différentes classes ne peut plus figurer que dans une seule catégorie de véhicules. En outre, le véhicule tracteur et la remorque doivent être indiqués séparément. Compte tenu du fait que le véhicule tracteur et la remorque peuvent être immatriculés dans des États membres différents, ce nouveau système de classification permet de disposer d’informations plus précises, et il est également plus facile pour les États membres de s’acquitter de leur obligation de signaler à un autre État membre les défauts graves décelés sur un véhicule immatriculé dans ce dernier.
3.DONNÉES COMMUNIQUÉES PAR LES ÉTATS MEMBRES
Le présent rapport est le sixième portant sur la manière dont la directive 2000/30/CE est appliquée dans les États membres; il couvre les années civiles 2015-2016. Les États membres étaient tenus de transmettre à la Commission leurs données relatives à cette période de référence le 31 mars 2017 au plus tard.
Afin d'aider les États membres à respecter leur obligation relative à la communication des données, et conformément à la pratique antérieure, la Commission leur a envoyé une lettre d’information au début du mois de janvier 2017. Celle-ci était accompagnée d’un modèle (élaboré conjointement par la Commission et des experts des États membres) que les États membres étaient encouragés à utiliser pour la présentation de leur rapport.
Une communication rappelant l’imminence de la date limite de dépôt des rapports a ensuite été transmise au début du mois de mars 2017. Tous les États membres ont utilisé le modèle fourni pour transmettre leurs données par voie électronique. La Commission salue cette initiative, qui a permis de simplifier la compilation des données.
Toutefois, les États membres n’ont pas tous respecté le délai fixé pour la communication de leurs données. Certains (la Belgique, la Finlande, la France et la Tchéquie) ont accusé un retard minime, tandis que d’autres (Malte, les Pays-Bas) n’ont transmis leurs données qu’en janvier et en mars 2018, respectivement.
Onze États membres, à savoir l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l’Estonie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie et la Tchéquie, ont également transmis des données sur les véhicules immatriculés en dehors de l’Union, lesquels ont été classés en fonction du pays d’immatriculation; deux autres (la Belgique et l’Italie), ont en revanche fourni les chiffres correspondant à la totalité des véhicules contrôlés immatriculés en dehors de l’Union.
Les données présentées par Chypre concernaient uniquement les véhicules nationaux. L’Irlande, qui avait initialement procédé de la même manière, a par la suite transmis un ensemble de données révisées comprenant des informations détaillées sur les véhicules contrôlés immatriculés dans d’autres États membres.
Enfin, treize États membres (l’Autriche, la Bulgarie, le Danemark, la Grèce, la France, l’Irlande, Malte, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovaquie et la Tchéquie) ont également fourni des informations supplémentaires concernant les codes des défauts constatés pour chaque point inspecté [par exemple: 1) dispositif de freinage; 1.1.8. têtes d’accouplement pour freins de remorque]. Ces détails ont été introduits par la directive 2010/47/UE, dont les dispositions modifiant l’annexe I de la directive 2000/30/CE sont entrées en vigueur le 1er janvier 2012. Il n’est toutefois pas obligatoire d’apporter ce degré supplémentaire de précision aux données transmises.
Après une première analyse des rapports nationaux, la Commission a contacté plusieurs États membres afin de déterminer les causes potentielles des résultats ou changements remarquables par rapport à la période précédente. D’après les explications fournies par les États membres, un certain nombre de facteurs ont eu une incidence négative sur la quantité et la qualité des contrôles techniques routiers, parmi lesquels la réorganisation ou la décentralisation des compétences ayant conduit à des périodes d’interruption des contrôles et les restrictions financières ayant entraîné des pénuries de personnel, une réduction du nombre de contrôles ainsi qu’un accès limité aux équipements. Les échanges avec les États membres ont également mis en lumière le fait qu’il existe des différences significatives en ce qui concerne l’interprétation et l’exécution des dispositions portant sur la collecte et la communication des données; cela pourrait aussi avoir joué un rôle dans les écarts observés. Il est possible que ces écarts s’atténuent à partir du 20 mai 2018, compte tenu du fait que la directive 2014/47/UE vise à harmoniser davantage les méthodes de contrôle et d’évaluation des défauts, l’utilisation du matériel de contrôle et les exigences en matière d’établissement des rapports. Le premier rapport fondé sur la directive 2014/47/UE portera sur la période 2019-2020; les États membres devront présenter leurs données nationales le 31 mars 2021 au plus tard.
4.CONTENU DU CONTRÔLE
Les données qui doivent être transmises à la Commission concernent, au minimum, les aspects à contrôler visés au point 10 du modèle de rapport figurant à l’annexe I de la directive 2000/30/CE. Ces aspects sont les suivants:
·identification;
·dispositif de freinage;
·direction;
·visibilité;
·équipement d’éclairage et système électrique;
·essieux, roues, pneus, suspension;
·châssis et accessoires du châssis;
·autre équipement, y compris tachygraphe et dispositif de limitation de vitesse;
·nuisance, y compris les émissions et fuites de carburant et/ou d’huile.
Au verso du rapport de contrôle devrait figurer une liste exhaustive des points à contrôler afin de faciliter l’enregistrement des défauts détectés par les inspecteurs concernant ces points. Les inspecteurs doivent indiquer sur le rapport, à l’aide des codes prédéfinis, les points de contrôle concernant lesquels ils ont décelé des défauts et remettre, à l'issue du contrôle, un exemplaire du rapport au conducteur du véhicule.
Si l’inspecteur estime que les défauts décelés peuvent poser un risque pour la sécurité de nature à justifier, en ce qui concerne notamment le freinage, un examen plus approfondi, il peut ordonner que le véhicule soit soumis à une inspection plus poussée dans une installation de contrôle désignée située à proximité.
En outre, s’il devient évident, lors d’un contrôle, qu’un véhicule utilitaire représente un risque important pour ses occupants ou pour les autres usagers du réseau routier, l’utilisation de ce véhicule peut être suspendue jusqu’à la réparation des défauts dangereux décelés.
5.DONNÉES STATISTIQUES
5.1. Ampleur des contrôles
Pour la période 2015-2016, on enregistre 534 473 véhicules contrôlés en moins par rapport à la période 2013-2014, ce qui représente une diminution de 9,6 %. Le tableau 1 ci-dessous présente une ventilation de ces données par État membre.
En 2011-2012, 8 145 984 véhicules ont été contrôlés, alors que sur la période 2013-2014, les données font état de 5 584 164 contrôles, soit 2 561 820 de moins. La baisse observée s’est poursuivie en 2015-2016, avec 5 029 763 contrôles, soit une réduction de l’ordre de 10 %.
Tableau 1: Ampleur des contrôles – comparaison entre 2013-2014 et 2015-2016
|
État membre (EM) déclarant
|
Véhicules contrôlés sur la période 2013-2014
|
Véhicules contrôlés sur la période 2015-2016
|
Différence entre les périodes 2013-2014 et 2015-2016
|
Différence entre les périodes 2013-2014 et 2015-2016 en %
|
|
Autriche
|
48 884
|
42 438
|
-6 446
|
-13,2 %
|
|
Belgique
|
18 073
|
9 693
|
-8 380
|
-46,4 %
|
|
Bulgarie
|
321 325
|
250 516
|
-70 809
|
-22 %
|
|
Croatie
|
39 608
|
39 204
|
-404
|
-1 %
|
|
Chypre
|
1 174
|
6 214
|
5 040
|
429,3 %
|
|
Tchéquie
|
136 981
|
88 389
|
-48 592
|
-35,5 %
|
|
Danemark
|
2 081
|
3 753
|
1 672
|
80,3 %
|
|
Estonie
|
1 689
|
2 768
|
1 079
|
63,9 %
|
|
Finlande
|
11 152
|
8 390
|
-2 762
|
-24,8 %
|
|
France
|
1 053 692
|
996 892
|
-56 800
|
-5,4 %
|
|
Allemagne
|
1 600 728
|
1 620 465
|
19 737
|
1,2 %
|
|
Grèce
|
16 816
|
5 395
|
-11 421
|
-67,9 %
|
|
Hongrie
|
216 504
|
195 905
|
-20 599
|
-9,5 %
|
|
Irlande
|
12 939
|
29 840
|
16 901
|
130,6 %
|
|
Italie
|
15 147
|
5 514
|
-9 633
|
-63,6 %
|
|
Lettonie
|
6 101
|
8 652
|
2 551
|
41,8 %
|
|
Lituanie
|
79 860
|
70 586
|
-9 274
|
-11,6 %
|
|
Luxembourg
|
726
|
398
|
-328
|
-45,2 %
|
|
Malte
|
4 012
|
6 943
|
2 931
|
73,1 %
|
|
Pays-Bas
|
8 860
|
6 709
|
-2 151
|
-24,3 %
|
|
Pologne
|
888 111
|
627 384
|
-260 727
|
-29,4 %
|
|
Portugal
|
631
|
1 522
|
891
|
141,2 %
|
|
Roumanie
|
8 135
|
13 144
|
5 009
|
61,6 %
|
|
Slovaquie
|
16 211
|
18 760
|
2 549
|
15,7 %
|
|
Slovénie
|
5 113
|
4 945
|
-168
|
-3,3 %
|
|
Espagne
|
723 250
|
654 392
|
-68 858
|
-9,5 %
|
|
Suède
|
53 527
|
45 417
|
-8 110
|
-15,2 %
|
|
Royaume-Uni
|
292 838
|
265 535
|
-27 303
|
-9,3 %
|
|
Totaux
|
5 584 164
|
5 029 763
|
-554 401
|
-9,9 %
|
Au cours de la période 2015-2016, dix-huit États membres ont réalisé moins de contrôles que sur la période 2013-2014. Les baisses observées s’échelonnent de 1 % pour la Croatie à 68 % pour la Grèce. Les autres États membres ayant enregistré une réduction significative du nombre de contrôles sont l’Italie (64 %), la Belgique (46 %), le Luxembourg (45 %) et la Tchéquie (35 %). D’après les explications avancées par les États membres, des restrictions financières ainsi qu’une pénurie de ressources humaines ou une réorganisation des compétences sont à l’origine de la diminution des contrôles. En outre, des modifications apportées à la législation nationale et aux procédures administratives internes ont également eu des répercussions sur les activités d’exécution.
Dix États membres ont en revanche enregistré une augmentation du nombre de contrôles au cours de la période 2015-2016. Si cette hausse ne s’élève qu’à 1,2 % pour l’Allemagne, elle atteint 122 % pour l’Irlande, 141 % pour le Portugal et 429 % pour Chypre. Il convient cependant de noter que dans le cas de Chypre, les données communiquées pour la période de rapport 2013-2014 avaient établi un faible niveau de référence. Le pourcentage d’augmentation est donc à mettre en perspective. En ce qui concerne l’Irlande, la hausse est due au fait que les autorités nationales ont augmenté le nombre d’inspecteurs qui réalisent les contrôles techniques routiers.
5.2. Origine des véhicules contrôlés
Le tableau 2 ci-dessous présente une vue d’ensemble de l’origine des véhicules contrôlés par les États membres. Comme cela a été mentionné précédemment, Chypre est le seul pays à n’avoir transmis aucune donnée concernant les contrôles effectués sur des véhicules «étrangers», c’est-à-dire immatriculés dans un autre État membre ou en dehors de l’Union. Vingt-sept États membres ont communiqué des données portant sur les contrôles réalisés sur les véhicules immatriculés dans un autre État membre, et treize d’entre eux ont également procédé à des contrôles sur des véhicules immatriculés en dehors de l’Union.
Parmi les principales informations présentées dans le tableau 2, on relève que 62 % des contrôles effectués au cours de la période 2015-2016 concernent des véhicules nationaux, 33 % des véhicules immatriculés dans un autre État membre, et 5 % des véhicules immatriculés en dehors de l’Union.
Il convient également de noter qu’au Luxembourg, 15,8 % seulement des contrôles signalés concernent des véhicules nationaux; en Pologne, où 51 % des véhicules contrôlés par les autorités nationales étaient immatriculés dans le pays, on constate que les véhicules étrangers soumis à un contrôle étaient deux fois plus nombreux à être immatriculés en dehors de l’Union que dans d’autres États membres. On peut supposer que ces résultats s’expliquent notamment par la situation géographique de ces États membres.
Tableau 2: Origine des véhicules contrôlés
|
État membre (EM) déclarant
|
Immatriculés dans l’EM déclarant
|
Immatriculés dans un autre EM
|
Immatriculés en dehors de l’UE
|
Total
|
Véhicules de l’EM déclarant (%)
|
|
Autriche
|
18 672
|
22 188
|
1 578
|
42 438
|
44 %
|
|
Belgique
|
2 918
|
6 509
|
266
|
9 693
|
30,1 %
|
|
Bulgarie
|
209 717
|
40 016
|
783
|
250 516
|
83,7 %
|
|
Croatie
|
24 511
|
4 729
|
9 964
|
39 204
|
62,5 %
|
|
Chypre
|
6 214
|
0
|
0
|
6 214
|
100 %
|
|
Tchéquie
|
53 949
|
32 370
|
2 070
|
88 389
|
61 %
|
|
Danemark
|
3 175
|
553
|
25
|
3 753
|
84,6 %
|
|
Estonie
|
2 581
|
92
|
95
|
2 768
|
93,2 %
|
|
Finlande
|
6 646
|
1 744
|
0
|
8 390
|
79,2 %
|
|
France
|
369 857
|
627 035
|
0
|
996 892
|
37,1 %
|
|
Allemagne
|
1 055 997
|
525 616
|
38 852
|
1 620 465
|
65,2 %
|
|
Grèce
|
4 465
|
930
|
0
|
5 395
|
82,8 %
|
|
Hongrie
|
145 921
|
49 984
|
0
|
195 905
|
74,5 %
|
|
Irlande
|
28 754
|
1 086
|
0
|
29 840
|
96,4 %
|
|
Italie
|
4 740
|
756
|
18
|
5 514
|
86 %
|
|
Lettonie
|
5 739
|
2 913
|
0
|
8 652
|
66,3 %
|
|
Lituanie
|
56 237
|
14 349
|
0
|
70 586
|
79,7 %
|
|
Luxembourg
|
63
|
311
|
24
|
398
|
15,8 %
|
|
Malte
|
6 924
|
19
|
0
|
6 943
|
99,7 %
|
|
Pays-Bas
|
2 845
|
3 612
|
252
|
6 709
|
42,4 %
|
|
Pologne
|
317 270
|
100 168
|
209 946
|
627 384
|
50,6 %
|
|
Portugal
|
1 435
|
87
|
0
|
1 522
|
94,3 %
|
|
Roumanie
|
12 018
|
768
|
358
|
13 144
|
91,4 %
|
|
Slovaquie
|
9 761
|
8 999
|
0
|
18 760
|
52 %
|
|
Slovénie
|
4 048
|
897
|
0
|
4 945
|
81,9 %
|
|
Espagne
|
592 537
|
61 855
|
0
|
654 392
|
90,5 %
|
|
Suède
|
38 336
|
6 986
|
0
|
45 322
|
84,6 %
|
|
Royaume-Uni
|
130 661
|
134 874
|
0
|
265 535
|
49,2 %
|
|
Totaux
|
3 115 991
|
1 649 446
|
264 231
|
5 029 667
|
62 %
|
|
Suisse
|
39 813
|
20 034
|
4 492
|
64 339
|
61,9 %
|
|
Totaux
|
3 155 804
|
1 669 480
|
268 423
|
5 094 017
|
62 %
|
5.3.Ampleur des suspensions
Pour la période 2015-2016, on enregistre 60 112 suspensions d’utilisation en plus par rapport à la période 2013-2014, ce qui représente une augmentation de 17,5 %. Le tableau 3 ci-dessous présente une ventilation de ces données par État membre. Compte tenu du fait que, dans le même temps, le nombre de véhicules contrôlés a diminué de 9,6 % par rapport à la période 2013-2014, on peut supposer qu’une approche plus ciblée a été employée lors des contrôles routiers dans la plupart des États membres ou que, dans certains cas, un régime de contrôle plus strict a été appliqué.
Tableau 3: Suspensions d’utilisation – comparaison entre 2013-2014 et 2015-2016
|
État membre (EM) déclarant
|
Suspensions d’utilisation sur la période 2013-2014
|
Suspensions d’utilisation sur la période 2015-2016
|
Différence entre les périodes 2013-2014 et 2015-2016
|
Différence entre les périodes 2013-2014 et 2015-2016 en %
|
|
Autriche
|
28 088
|
24 194
|
-3 894
|
-13,9 %
|
|
Belgique
|
997
|
691
|
-306
|
-30,7 %
|
|
Bulgarie
|
5 798
|
1 646
|
-4 152
|
-71,6 %
|
|
Croatie
|
1 643
|
2 548
|
905
|
55,1 %
|
|
Chypre
|
1 719
|
1 232
|
-487
|
-28,3 %
|
|
Tchéquie
|
514
|
375
|
-139
|
-27 %
|
|
Danemark
|
532
|
1 192
|
660
|
124,1 %
|
|
Estonie
|
1 513
|
2 636
|
1 123
|
74,2 %
|
|
Finlande
|
5 840
|
163
|
-5 677
|
-97,2 %
|
|
France
|
2 714
|
103 720
|
101 006
|
3 721,7 %
|
|
Allemagne
|
34 269
|
26 768
|
-7 501
|
-21,9 %
|
|
Grèce
|
252
|
71
|
-181
|
-71,8 %
|
|
Hongrie
|
5 651
|
8 388
|
2 737
|
48,4 %
|
|
Irlande
|
779
|
1 909
|
1 130
|
145,1 %
|
|
Italie
|
6 090
|
2 923
|
-3 167
|
-52,%
|
|
Lettonie
|
45
|
61
|
16
|
35,6 %
|
|
Lituanie
|
931
|
311
|
-620
|
-66,6 %
|
|
Luxembourg
|
31
|
12
|
-19
|
-61,3 %
|
|
Malte
|
1 937
|
3 674
|
1 737
|
89,7 %
|
|
Pays-Bas
|
111
|
172
|
61
|
55 %
|
|
Pologne
|
32 969
|
38 374
|
5 405
|
16,4 %
|
|
Portugal
|
11
|
776
|
765
|
6 954,5 %
|
|
Roumanie
|
357
|
3 035
|
2 678
|
850 %
|
|
Slovaquie
|
6 123
|
5 955
|
-168
|
-2,7 %
|
|
Slovénie
|
477
|
109
|
-368
|
-77,1 %
|
|
Espagne
|
83 280
|
57 239
|
-26 041
|
-31,3 %
|
|
Suède
|
40 871
|
42 087
|
1 216
|
3 %
|
|
Royaume-Uni
|
80 283
|
72 886
|
-7 397
|
-9,2 %
|
|
Totaux
|
343 825
|
403 937
|
60 112
|
17,5 %
|
Au cours de la période 2015-16, douze États membres ont enregistré une augmentation du nombre de suspensions par rapport à la période 2013-2014. Les hausses constatées s’échelonnent de 3 %, pour la Suède, à environ 6 955 % dans le cas du Portugal, ce dernier étant parti d’une base de référence peu élevée, puisque 11 suspensions d’utilisation seulement avaient été signalées pour la période 2013-2014. Les autres États membres affichant un accroissement significatif du nombre de suspensions sont la Roumanie (850 %), le Danemark (124 %) et Malte (90 %). L’augmentation spectaculaire de 3 722 % enregistrée par la France est due au fait que, pour la période 2013-2014, le pays n’a pas fourni de données concernant les remorques (catégories O3 et O4), et que le rapport correspondant ne prenait pas en compte de l’ensemble des autorités participant aux activités de contrôle routier. Dans certains cas, la progression remarquable du nombre de suspensions peut s’expliquer par les modifications apportées à la législation nationale et aux méthodes utilisées pour la collecte et la communication des données.
Lorsqu’on compare ces augmentations à l’évolution concomitante du nombre de contrôles réalisés dans les États membres concernés, on constate qu’à l’exception de la France (qui enregistre une baisse de 3,6 %), la Roumanie, Malte, le Danemark et le Portugal affichent des hausses du nombre de contrôles respectives de 61,6 %, 73,1 %, 80,3 % et 141 %.
Seize États membres ont au contraire signalé une diminution du nombre de suspensions. Les baisses enregistrées vont de 2,7 % pour la Slovaquie à 97,2 % pour la Finlande. En ce qui concerne ce pays, la diminution du nombre de suspensions s’explique par des erreurs dans la méthode utilisée pour l’élaboration du rapport relatif à la période 2013-2014. Il est intéressant de constater que, parallèlement à la baisse des suspensions enregistrées, on constate une hausse du nombre de contrôles égale à 15,7 % pour la Slovaquie et une diminution des contrôles égale à 24,8 % pour la Finlande. Là encore, cela semble indiquer une évolution des politiques en matière de contrôle, qui s’accompagne probablement d’une amélioration de la conformité des véhicules à la réglementation technique.
5.4.Origine des véhicules dont l’utilisation a été suspendue
Le tableau 4 ci-dessous présente une synthèse des informations communiquées par les États membres et indique que la proportion de véhicules nationaux dont l’utilisation a été suspendue varie de moins de 1 % (Bulgarie, Lettonie, Lituanie, Tchéquie) à plus de 50 % (Autriche, Estonie, Italie, Malte, Portugal, Suède). L’Estonie affiche un pourcentage de suspensions supérieur à 90 % pour les véhicules nationaux, imputable à la méthode utilisée pour collecter les données, alors qu’à l’échelle de l’Union, le pourcentage global de suspensions concernant les véhicules nationaux s’élève à 7,9 %. Dans le cas de la Suède, il convient de noter qu’un réexamen des données transmises a permis de déceler une erreur dans les méthodes employées pour collecter et communiquer les données; cette erreur a perduré dans le temps et a eu une incidence sur les résultats communiqués pour les périodes 2013-2014 et 2015-2016.
Si l’on compare les pourcentages de suspensions pour les véhicules nationaux et pour les véhicules étrangers, on constate que dans six États membres, les données du rapport suggèrent que les véhicules étrangers satisfont à des normes plus élevées en matière de réglementation technique puisque dans ces pays, le pourcentage de suspensions est plus élevé pour les véhicules nationaux. Les États membres présentant une différence supérieure à 10 % en faveur des véhicules étrangers sont la Slovaquie, l’Italie, le Danemark, la Roumanie, Malte et le Portugal.
Dans deux autres États membres (le Royaume-Uni et l’Irlande), on constate au contraire que le pourcentage de suspensions des véhicules étrangers est supérieur de plus de 10 % à celui des véhicules nationaux.
À l’échelle des 28 États membres, le pourcentage moyen correspondant aux suspensions d’utilisation de véhicules de l’Union non nationaux est de 9 %; cela représente une légère baisse par rapport aux 10,4 % relevés pour la période 2013-2014.
Par ailleurs, Chypre n’ayant pas fourni les données relatives aux contrôles réalisés sur les véhicules étrangers, ces informations ne sont pas prises en considération dans la présente analyse. On peut supposer que cette situation, qui s’est déjà présentée pour la période de rapport 2013-2014, est imputable à la situation géographique du pays.
Tableau 4: Répartition des suspensions entre les véhicules nationaux et les véhicules d'autres pays de l’Union
|
|
Véhicules immatriculés dans l’EM déclarant
|
Véhicules immatriculés dans l’UE
(dans un EM autre que l’EM déclarant)
|
|
État membre déclarant
|
Nombre de véhicules contrôlés
|
Nombre de suspensions
|
Taux de suspension (%)
|
Nombre de véhicules contrôlés
|
Nombre de suspensions
|
Taux de suspension (%)
|
|
Autriche
|
18 672
|
10 315
|
55,2 %
|
22 188
|
12 882
|
58,1 %
|
|
Belgique
|
2 918
|
269
|
9,2 %
|
6 509
|
404
|
6,2 %
|
|
Bulgarie
|
209 717
|
1 144
|
0,5 %
|
40 016
|
500
|
1,2 %
|
|
Croatie
|
24 511
|
1 655
|
6,8 %
|
4 729
|
301
|
6,4 %
|
|
Chypre
|
6 214
|
1 232
|
19,8 %
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Tchéquie
|
53 949
|
285
|
0,5 %
|
32 370
|
85
|
0,3 %
|
|
Danemark
|
3 175
|
1 091
|
34,4 %
|
553
|
95
|
17,2 %
|
|
Estonie
|
2 581
|
2 465
|
95,5 %
|
92
|
79
|
85,9 %
|
|
Finlande*
|
6 646
|
130
|
2 %
|
1 744
|
33
|
1,9 %
|
|
France
|
369 857
|
44 383
|
12 %
|
627 035
|
59 337
|
9,5 %
|
|
Allemagne
|
1 055 997
|
11 278
|
1,1 %
|
525 616
|
14 497
|
2,8 %
|
|
Grèce
|
4 465
|
55
|
1,2 %
|
930
|
16
|
1,7 %
|
|
Hongrie
|
145 921
|
6 884
|
4,7 %
|
49 984
|
1 504
|
3 %
|
|
Irlande
|
28 754
|
1 716
|
6 %
|
1 086
|
193
|
17,8 %
|
|
Italie
|
4 740
|
2 616
|
55,2 %
|
756
|
297
|
39,3 %
|
|
Lettonie
|
5 739
|
32
|
0,6 %
|
2 913
|
29
|
1 %
|
|
Lituanie
|
56 237
|
211
|
0,4 %
|
14 349
|
100
|
0,7 %
|
|
Luxembourg
|
63
|
3
|
4,8 %
|
311
|
9
|
2,9 %
|
|
Malte
|
6 924
|
3 673
|
53 %
|
19
|
1
|
5,3 %
|
|
Pays-Bas
|
2 845
|
41
|
1,4 %
|
3 612
|
127
|
3,5 %
|
|
Pologne
|
317 270
|
30 026
|
9,5 %
|
100 168
|
2 728
|
2,7 %
|
|
Portugal
|
1 435
|
776
|
54,1 %
|
87
|
0
|
0 %
|
|
Roumanie
|
12 018
|
3 741
|
31,1 %
|
768
|
31
|
4 %
|
|
Slovaquie
|
9 761
|
3 667
|
37,6 %
|
8 999
|
2 288
|
25,4 %
|
|
Slovénie
|
4 048
|
53
|
1,3 %
|
897
|
56
|
6,2 %
|
|
Espagne
|
592 537
|
54 802
|
9,2 %
|
61 855
|
2 437
|
3,9 %
|
|
Suède*
|
38 336
|
1 671
|
4,36 %
|
6 986
|
5 962
|
85,3 %
|
|
Royaume-Uni
|
130 661
|
28 735
|
22 %
|
134 874
|
44 151
|
32,7 %
|
|
Totaux
|
3 116 086
|
247 403
|
7,9 %
|
1 649 446
|
148 142
|
9 %
|
|
Suisse
|
39 813
|
1 825
|
4,6 %
|
20 034
|
1 733
|
8,7 %
|
|
Totaux
|
3 155 899
|
249 228
|
7,9 %
|
1 669 480
|
149 875
|
9 %
|
Comme cela a été mentionné précédemment, treize États membres ont également transmis des données concernant les contrôles réalisés sur des véhicules immatriculés en dehors de l’Union. Des informations détaillées sont présentées dans le tableau 5 ci-dessous. Sur les 264 231 véhicules immatriculés en dehors de l’Union qui ont été contrôlés, 8 392 ont fait l’objet d’une suspension d’utilisation: le taux de suspension s’élève donc à 3,2 % pour ces véhicules, alors qu’il est de 7,9 % pour les véhicules nationaux et de 9 % pour les véhicules immatriculés dans un État membre de l’Union autre que l’État déclarant. À l’exception de l’Autriche, du Danemark, de l’Estonie, de l’Italie et de la Roumanie, les taux de suspension des véhicules immatriculés en dehors de l’Union reflètent généralement ceux des véhicules immatriculés dans l’Union. Dans les pays susmentionnés, en revanche, les données communiquées indiquent que les taux de suspension des véhicules immatriculés en dehors de l’Union sont respectivement inférieurs de 5,1 %, 6,8 %, 11 %, 16,4 % et 10,8 % à ceux des véhicules immatriculés dans l’Union.
Tableau 5: Répartition des suspensions – véhicules immatriculés en dehors de l’Union
|
|
Suspensions (véhicules immatriculés en dehors de l’UE)
|
|
État membre déclarant
|
Nombre de véhicules non UE contrôlés
|
Nombre de véhicules non UE dont l’utilisation a été suspendue
|
Taux de suspension pour les véhicules non UE (%)
|
|
Autriche
|
1 578
|
997
|
63,2 %
|
|
Belgique
|
266
|
18
|
6,8 %
|
|
Bulgarie
|
783
|
2
|
0,3 %
|
|
Croatie
|
9 964
|
592
|
5,9 %
|
|
Chypre
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Tchéquie
|
2 070
|
5
|
0,2 %
|
|
Danemark
|
25
|
6
|
24 %
|
|
Estonie
|
95
|
92
|
96,8 %
|
|
Finlande
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
France
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Allemagne
|
38 852
|
993
|
2,6 %
|
|
Grèce
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Hongrie
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Irlande
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Italie
|
18
|
10
|
55,6 %
|
|
Lettonie
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Lituanie
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Luxembourg
|
24
|
0
|
0 %
|
|
Malte
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Pays-Bas
|
252
|
4
|
1,6 %
|
|
Pologne
|
209 946
|
5 620
|
2,7 %
|
|
Portugal
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Roumanie
|
358
|
53
|
14,8 %
|
|
Slovaquie
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Slovénie
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Espagne
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Suède
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Royaume-Uni
|
0
|
0
|
s.o.
|
|
Totaux
|
264 231
|
8 392
|
3,2 %
|
|
Suisse
|
44 305
|
2 095
|
4,7 %
|
|
Totaux
|
308 536
|
10 488
|
3,4 %
|
5.5.Véhicules dont l’utilisation a été suspendue, par catégorie de véhicule et par État membre d’immatriculation
L’annexe 1 du présent rapport présente une vue d’ensemble des taux de suspension par État membre d’immatriculation. Sur l’ensemble des États membres, le taux moyen de suspension s’élève à 8,3 %. Pour les véhicules de la catégorie N3 (poids lourds), qui représentent le type de véhicule faisant le plus fréquemment l’objet d’une suspension d’utilisation, cette proportion atteint 9,6 %.
Les véhicules relevant de la catégorie «autre» (sans précision supplémentaire) présentent un taux de suspension de 19,3 %. Cette catégorie est toutefois susceptible de regrouper de nombreux types de véhicules, notamment des véhicules agricoles (catégorie T), des remorques légères (catégories O1 et O2) et des véhicules utilitaires légers (catégorie N1), dont les modalités de contrôle reposent sur des mesures législatives nationales.
La directive 2014/47/UE a cependant rendu obligatoire depuis le 20 mai 2018 le contrôle des tracteurs rapides (dont la vitesse maximale dépasse 40 km/h) dans les cas où ces véhicules sont principalement utilisés sur la voie publique à des fins de transport routier de marchandises pour le compte d’autrui.
Il est possible que les disparités relatives aux taux de suspension soient dues au fait que les États membres utilisent des méthodes différentes pour sélectionner les véhicules, effectuer les contrôles et recueillir les données, et qu’ils ne répertorient pas les défauts constatés de la même façon.
L’annexe 2 contient les données détaillées par catégorie de véhicule et par État membre de contrôle.
5.6.Types de défauts signalés par État membre
L’annexe 3 présente les taux de défaillance constatés concernant neuf points de contrôle lors des inspections réalisées par les États membres au cours de la période de référence 2015-2016.
Pour cette période de référence, les défauts les plus fréquemment décelés lors des contrôles concernent la conformité des éléments suivants:
-
équipement d’éclairage et système électrique (23 % contre 20,9 % pour la période précédente);
-
essieux, roues, pneus, suspension (21,8 % contre 20,6 % pour la période précédente);
-
autre équipement, y compris tachygraphe et dispositif de limitation de vitesse (15,5 % contre 17,4 % pour la période précédente); et
-
dispositif de freinage (13,9 % contre 18,8 % pour la période précédente).
Pour chacun des neuf points de contrôle, les données communiquées par les États membres révèlent des différences considérables concernant la fréquence de détection des défauts. En Espagne, par exemple, les défauts constatés dans la catégorie «autre équipement, y compris tachygraphe et dispositif de limitation de vitesse» constituent 86 % du total des défaillances signalées au cours de la période de référence, tandis qu’au Royaume-Uni, ce même type de défaut ne représente que 0,6 % du total. Là encore, la cause la plus probable est l’utilisation de méthodes de contrôle différentes d’un État membre à l’autre, éventuellement associée à une stratégie nationale visant à mettre davantage l’accent sur un point de contrôle particulier. Il convient cependant de noter qu'à partir du 20 mai 2018, la directive 2014/47/UE permettra d’harmoniser davantage les méthodes de contrôle et d’évaluation des défauts ainsi que l’utilisation du matériel de contrôle.
Lorsqu’on compare les chiffres à ceux de la période précédente, on constate que la baisse la plus significative concerne la catégorie «dispositif de freinage»: les défauts relatifs au freinage représentent 13,9 % du total des défaillances constatées pour l’ensemble des États membres, alors que ce chiffre s’élevait à 20,7 % pour la période 2013-2014. Les défauts relevant de la catégorie «équipement d’éclairage et système électrique» sont néanmoins toujours les plus fréquents et leur proportion est passée de 20,4 % (pour la période précédente) à 23 %. En ce qui concerne les autres points de contrôle, l’évolution des chiffres depuis la période précédente n’est pas d’une ampleur susceptible de soulever des préoccupations notables ou d’indiquer des modifications significatives dans les politiques mises en œuvre par les États membres.
Pour cinq points de contrôle sur neuf, à savoir «identification», «dispositif de freinage», «direction», «visibilité» et «nuisance, y compris les émissions et fuites de carburant et/ou d’huile», les pourcentages sont en baisse. Quant aux éléments concernés par une légère augmentation des taux depuis la période précédente, à savoir les catégories «équipement d’éclairage et système électrique», «essieux, roues, pneus, suspension», «châssis et accessoires du châssis» et «autre équipement, y compris tachygraphe et dispositif de limitation de vitesse», la hausse constatée est inférieure à 5 % dans tous les cas.
Il apparaît également que les défauts liés au dispositif de freinage sont décelés plus fréquemment lors des contrôles réalisés par les autorités du Royaume-Uni, de la Lettonie et du Luxembourg, où ils représentent respectivement 33,6 %, 33,5 % et 29,6 % du total des défaillances enregistrées. La Grèce n’a en revanche signalé aucun défaut ayant trait à ce point de contrôle.
Concernant les défauts liés à des émissions ou à des fuites (qui, outre le danger qu’ils représentent pour la sécurité routière, peuvent avoir une incidence sur l’environnement), l’augmentation de 0,9 % observée lors de la période précédente (le pourcentage passant de 3,2 % à 4,1 %) a été suivie d’une diminution de 0,4 % (de 4,1 % à 3,3 %): ces défauts représentent ainsi 3,3 % du total des défaillances enregistrées pour la période 2015-2016.
Enfin, comme l’indique le tableau 2, treize États membres ont effectué des contrôles sur des véhicules immatriculés en dehors de l’Union. Néanmoins, leur nombre total ne représentant que 5 % environ de l’ensemble des contrôles réalisés au cours de la période de référence, il n’est pas possible de tirer des conclusions solides quant à la conformité technique des véhicules concernés.
Toutefois, afin que les données soient présentées dans leur exhaustivité, l’annexe 4 du présent rapport contient une vue d’ensemble du nombre de véhicules contrôlés dans les États membres par pays d’immatriculation et des taux de suspension correspondants.
6.TYPES DE SANCTIONS
La directive 2000/30/CE ne définit pas de régime de sanctions pour les infractions constatées. Il revient aux États membres de déterminer les sanctions à appliquer, sans discrimination fondée sur la nationalité du conducteur ou sur le pays dans lequel le véhicule a été immatriculé ou mis en service.
Comme cela a été mentionné précédemment, s’il devient évident qu’un véhicule utilitaire représente un risque important pour ses occupants ou pour les autres usagers de la route, la directive 2000/30/CE autorise l’autorité ou l’inspecteur qui effectue le contrôle à suspendre l’utilisation du véhicule jusqu’à la réparation des défauts dangereux décelés.
Les défauts dangereux décelés sur un véhicule utilitaire appartenant à un non-résident, notamment ceux aboutissant à une suspension de son utilisation, doivent être signalés aux autorités compétentes de l’État membre d’immatriculation.
Les autorités compétentes de l’État membre où le défaut dangereux a été constaté peuvent demander aux autorités compétentes de l’État membre d’immatriculation de prendre des mesures appropriées, par exemple l'obligation de soumettre le véhicule à un nouveau contrôle technique. Il revient cependant à l’État membre d’immatriculation de mettre en œuvre toute mesure jugée appropriée; aucune notification n'est requise en pareil cas.
En pratique, les répercussions financières pour les transporteurs utilisant des véhicules présentant des défauts dangereux et faisant l’objet d’une suspension ne se limitent pas aux amendes éventuellement infligées par les autorités des États membres de contrôle. Des coûts supplémentaires peuvent notamment être occasionnés par le transport du véhicule jusqu’à une installation permettant un contrôle plus approfondi, la réalisation du contrôle technique en lui-même et la réparation des défauts constatés. En outre, le transporteur peut également avoir à supporter des coûts indirects s'il ne respecte pas les échéances prévues.
Enfin, la directive 2014/47/UE prévoit qu'à partir du 20 mai 2019 les informations relatives au nombre et à la gravité des défauts constatés devront être introduites dans le système de classification par niveau de risque établi au titre de la directive 2006/22/CE. Les véhicules d’entreprises présentant un profil de risque élevé sont susceptibles d’être sélectionnés plus fréquemment pour des contrôles routiers.
7.CONCLUSIONS SUCCINCTES
Comme indiqué au point 3, en raison des disparités mises en évidence concernant les méthodes utilisées pour effectuer les contrôles, collecter les données et établir les rapports, il convient de ne tirer aucune conclusion générale sur la base du présent document, et de traiter les résultats qu’il présente avec prudence. Cela étant, les principaux enseignements tirés des données recueillies pour la période de référence 2015-2016 sont exposés ci-dessous.
7.1.Contrôles
Lors la période précédente, une réduction de 31,5 % du nombre de véhicules contrôlés avait déjà été constatée; cette baisse s’est confirmée pendant la période 2015-2016, au cours de laquelle 534 473 véhicules de moins ont été contrôlés, ce qui représente une diminution de 9,6 %. D’après les explications fournies par les États membres, cette situation est le résultat d’un ensemble de facteurs: réduction des ressources, réorganisation, modifications de la législation nationale et des modalités d’application des règles et, dans certains cas, adoption d’une approche plus ciblée dans le cadre des contrôles.
Quoi qu’il en soit, le nombre des contrôles a diminué dans dix-huit États membres, les baisses observées s’échelonnant de 1 % pour la Croatie à 68 % pour la Grèce. À l’inverse, dix États membres ont enregistré une augmentation du nombre de contrôles allant de 1,2 % pour le Danemark à 429 % pour Chypre.
Les données indiquent que 62 % des contrôles effectués au cours de la période de référence concernaient des véhicules nationaux, 33 %, des véhicules immatriculés dans un autre État membre, et 5 %, des véhicules immatriculés en dehors de l’Union.
Par ailleurs, sur l’ensemble des véhicules contrôlés dans chaque État membre, la proportion de véhicules nationaux continue de varier considérablement, ce qui laisse supposer qu’il sera peut-être nécessaire de déployer des efforts supplémentaires pour mettre en place une approche plus harmonieuse. Par exemple, au Luxembourg, en Belgique et en France, les contrôles sur les véhicules nationaux représentent moins de 40 % du total des contrôles, alors que la situation est plus équilibrée dans les autres États membres de «transit».
7.2.Suspensions
Par rapport à la période précédente, 60 112 suspensions de plus ont été signalées, ce qui représente une augmentation de 17,5 %. Cela pourrait indiquer le début d’une évolution positive suggérant qu’une approche plus ciblée a été engagée.
Treize États membres ont enregistré une augmentation du nombre de suspensions prononcées, qui s’échelonne de 3 % pour la Suède à environ 7 000 % dans le cas du Portugal. Quinze États membres ont, par contre, relevé une diminution du nombre de suspensions allant de 2,7 % pour la Slovaquie à 71,8 % pour la Grèce et 71,6 % pour la Bulgarie.
En ce qui concerne l’origine des véhicules dont l’utilisation a été suspendue, le taux global de suspension s’élève à 7,9 % pour les véhicules nationaux, tandis que cette proportion est de 9 % pour les véhicules immatriculés dans un autre État membre et de 3,2 % pour les véhicules immatriculés en dehors de l’Union. Cela semble indiquer que, dans l'ensemble, les normes sont généralement appliquées concernant les véhicules de l’Union, quel que soit leur pays d’immatriculation. Le fait que les véhicules immatriculés en dehors de l’Union présentent un taux de suspension plus faible pourrait s’expliquer par le fait que les transporteurs choisissent leurs véhicules les plus récents et les mieux entretenus pour les trajets qui nécessitent de voyager dans l’Union.
Enfin, sur l’ensemble des États membres, le taux moyen de suspension s’élève à 8,3 % pour les véhicules immatriculés dans l’Union. Les véhicules de la catégorie N3 (poids lourds), qui affichent un taux de suspension égal à 9,6 %, sont ceux dont l’utilisation est le plus souvent suspendue. Les véhicules immatriculés à Malte, pour lesquels cette proportion atteint 43,9 %, sont les plus fréquemment touchés par des suspensions d’utilisation. À l’inverse, les véhicules allemands et bulgares sont ceux dont l’utilisation est le moins souvent suspendue (respectivement 1,5 % et 3,7 %). Il est possible que les disparités constatées entre les taux de suspension soient liées à des différences dans les méthodes employées par les États membres pour effectuer les contrôles et répertorier les défauts.
7.3.Défauts
Les deux types de défauts les plus fréquemment décelés au cours de la période de référence relèvent des points de contrôle «équipement d’éclairage et système électrique» et «essieux, roues, pneus, suspension». Ces défaillances représentent respectivement 23 % et 21,8 % de la totalité des défauts enregistrés. Les défauts liés au freinage représentent quant à eux 13,9 % du total enregistré par l’ensemble des États membres, alors que cette proportion s’élevait à 20,7 % pour la période précédente.
Toutefois, des différences significatives perdurent entre les États membres concernant les taux de suspension correspondant à chaque point de contrôle. En Espagne, par exemple, les défauts constatés dans la catégorie «autre équipement, y compris tachygraphe et dispositif de limitation de vitesse» constituent 86 % de l’ensemble des défaillances signalées au cours de la période de référence, tandis qu’au Royaume-Uni, les défauts de ce type ne représentent que 0,6 % du total. Là encore, la cause la plus probable de cet état de fait est l’utilisation de méthodes de contrôle différentes d’un État membre à l’autre, ainsi que la priorité accordée par les autorités à certains types de défauts. Il est possible que les disparités observées s’atténuent à partir du 20 mai 2018, avec l'introduction, par la directive 2014/47/UE, de dispositions visant à harmoniser davantage les méthodes de contrôle et d’évaluation des défauts, l’utilisation du matériel de contrôle et les exigences en matière d’établissement des rapports.