11.11.2015   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 374/5


Publication d’une demande de modification en application de l’article 50, paragraphe 2, point a), du règlement (UE) no 1151/2012 du Parlement européen et du Conseil relatif aux systèmes de qualité applicables aux produits agricoles et aux denrées alimentaires

(2015/C 374/06)

La présente publication confère un droit d’opposition conformément à l’article 51 du règlement (UE) no 1151/2012 du Parlement européen et du Conseil (1).

DEMANDE D’APPROBATION D’UNE MODIFICATION NON MINEURE CONCERNANT LE CAHIER DES CHARGES D’UNE APPELLATION D’ORIGINE PROTÉGÉE OU D’UNE INDICATION GÉOGRAPHIQUE PROTÉGÉE

Demande d’approbation d’une modification conformément à l’article 53, paragraphe 2, premier alinéa, du règlement (UE) no 1151/2012

«LINGOT DU NORD»

No UE: FR-PGI-0105-01312 – 11.2.2015

AOP ( ) IGP ( X )

1.   Groupement demandeur et intérêt légitime

La demande de modification est déposée par l’association Lingot du Nord

Adresse:

21, rue Duhamel Liard

ZAE des Petits Pacaux

BP 84 59660 Merville

Tél.

+33 328496532

Fax

+33 328483654

Courriel.:

lingot-du-nord@wanadoo.fr

L’association regroupe l’ensemble des producteurs d’IGP «Lingot du Nord», soit 24 producteurs pour une surface semée de 57 hectares (campagne 2013) et une structure de conditionnement. Elle est à ce titre légitime pour demander des modifications du cahier des charges.

2.   État membre ou pays tiers

France

3.   Rubrique du cahier des charges faisant l’objet de la/des modification(s)

Dénomination du produit

Description du produit

Aire géographique

Preuve de l’origine

Méthode d’obtention

Lien

Étiquetage

Autres: mise à jour des coordonnées du groupement et de l’organisme de contrôle et modification des exigences relatives au conditionnement

4.   Type de modification(s)

Modification du cahier des charges d’une AOP/IGP enregistrée ne pouvant être considérée comme mineure au sens de l’article 53, paragraphe 2, troisième alinéa, du règlement (UE) no 1151/2012

Modification du cahier des charges d’une AOP/IGP enregistrée, pour laquelle un document unique (ou équivalent) n’a pas été publié, ne pouvant être considérée comme mineure au sens de l’article 53, paragraphe 2, troisième alinéa, du règlement (UE) no 1151/2012

5.   Modification(s)

5.1.   Description du produit

Retrait de la description de la plante car l’IGP «Lingot du Nord» porte uniquement sur les grains qui en sont issus.

Mise à jour de la description du produit pour la mettre en cohérence avec la nomenclature officielle des caractères: «non réniformes, presque cylindrique, souvent aplatis à un bout» est ainsi remplacé par «de forme elliptique, droits, à extrémités souvent tronquées»

Modification des exigences relatives au calibrage pour simplifier la mise en œuvre des contrôles: la longueur moyenne est définie par une fourchette (de 15 à 16 mm) au lieu d’une valeur cible (16 mm), l’écart entre le plus petit et le plus long lingot est défini par une proportion (50 %) en remplacement d’une longueur 6 mm.

Retrait de la référence aux épreuves de dégustation en comparaison avec un haricot blanc sec standard. Cette référence visait à mettre en avant la qualité supérieure du produit, ce qui ne relève pas du lien à l’origine. Les descripteurs identifiés sont repris pour définir la qualité déterminée du produit.

La description organoleptique a été précisée: goût typique de châtaigne. Les éléments de description redondants ont été retirés: le calibre homogène est redondant avec les fourchettes définissant la longueur moyenne, peau fine et couleur blanche sont évoquées précédemment.

5.2.   Aire géographique

Extension de l’aire à 10 communes limitrophes de la zone actuelle: Armentières, Aubers, Bois-Grenier, Erquinghem-Lys, Frelinghien, Fromelles, Houplines, La Chapelle-d’Armentières, Le Maisnil, Radinghem-en-Weppes. Ces communes répondent aux critères de délimitation de la zone actuellement enregistrée.

Précisions apportées aux opérations réalisées obligatoirement dans l’aire géographique: depuis la mise en culture des «Lingot du Nord» jusqu’au tri avant conditionnement.

Ajout de la carte illustrant l’aire géographique.

5.3.   Preuve de l’origine

Actualisation du tableau avec les différentes étapes et la traçabilité associée: suppression de l’obligation de cultiver les semences dans l’aire conformément à la modification de la méthode d’obtention.

5.4.   Méthode d’obtention

Mise à jour du schéma de vie. Les étapes qui ne sont plus couvertes par le cahier des charges (production de semences, traitements phytosanitaires), sont retirées du schéma.

Retrait des exigences relatives au labour en hiver, aux apports en azote et aux traitements phytosanitaires car ces pratiques culturales ne sont pas spécifiques à l’aire.

Suppression de l’obligation de cultiver les semences dans l’aire géographique de l’IGP: les semences de Lingot peuvent être attaquées par une bactérie, de type Xanthomonas, responsable de la maladie de la graisse du haricot. En zone non déclarée indemne, ce qui est le cas du Nord-Pas-de-Calais où est située l’aire, les semences doivent être soumises à des analyses. En cas de contamination, les lots concernés sont détruits. Le groupement a fait le choix de renoncer à la production des semences dans l’aire pour ne pas prendre le risque d’une pénurie de semences. Le lien à l’origine ainsi que les caractéristiques du produit ne sont pas affectés par ce retrait.

Modification de la liste des variétés autorisées: la liste des variétés autorisées, limitée jusqu’à présent à la seule variété lingot, est étendue aux variétés de type lingot. Les variétés sont inscrites sur la liste à l’issue d’un protocole de sélection qui comporte:

la vérification de l’appartenance de la variété au type lingot défini dans le cahier des charges par consultation du GEVES (Ce groupement d’intérêt public est un organisme officiel unique en France assurant l’expertise sur les nouvelles variétés végétales et l’analyse de la qualité des semences),

des essais de culture de la variété candidate dans l’aire géographique afin de s’assurer de son adaptation au contexte pédoclimatique,

des tests sensoriels pour vérifier le respect des caractéristiques organoleptiques du produit: peau fine et tendre, texture fondante, goût typique de châtaigne.

La liste des variétés est validée par le groupement et diffusée aux producteurs, à l’organisme de contrôle et aux autorités de contrôle compétentes. Le lien à l’origine n’est pas affecté, le protocole de sélection visant à s’assurer que la qualité déterminée est bien obtenue avec la nouvelle variété.

Suppression du taux de germination («supérieur ou égal à 80 %»): ce taux était lié à la production des semences par les producteurs de «Lingot du Nord» afin de maintenir la qualité des semences de génération en génération. Du fait de l’emploi exclusif de semences certifiées, ce critère n’est plus nécessaire.

Actualisation des pratiques agricoles: l’écart maximum entre ligne est porté de 45 à 75 cm pour correspondre à l’évolution des matériels. La densité de semis reste inchangée.

Définition du stade de maturité des lingots pour la récolte: le critère de 80 % de feuilles tombées s’avère difficile à contrôler. Il est remplacé par l’apparition des premières gousses jaunes – les gousses jaunissent à maturité – critère qui est plus fiable pour identifier le stade juste avant la maturité. Les «Lingot du Nord» sont alors fauchés et atteignent leur pleine maturité pendant la phase de séchage.

Introduction d’une définition des perroquets, structures sur lesquelles les lingots sont mis à sécher: «Les perroquets sont constitués de bâtons réunis à une extrémité par une pointe appelée corbeau ou par un fil de fer, avec des retenues à environ 40 cm du sol. Les fanes sont déposées sur les retenues, en conservant une cheminée à l’intérieur du perroquet afin de laisser circuler l’air.». En effet, le cahier des charges en vigueur mentionnait ces équipements sans les définir. Or leur structure particulière est importante pour préserver la peau fine et tendre des grains. Il est donc nécessaire de fixer les caractéristiques à respecter pour ces équipements.

5.5.   Étiquetage

Seules les règles d’étiquetage propres à l’IGP sont indiquées. Suppression des mentions prévues dans la réglementation nationale.

Obligation d’apposer le logo IGP de l’Union européenne.

5.6.   Autres

Groupement demandeur: les coordonnées du groupement ont été actualisées. Les données relatives à la présentation du groupement ont été retirées.

Type de produit: L’intitulé de la classe de produit a été actualisé: «classe 1.6 Fruits, légumes et céréales en l’état ou transformés».

Mode de présentation et de conditionnement: différents éléments relatifs au conditionnement sont précisés:

retrait des exigences relatives à la taille des différents conditionnements autorisés (en cartons de 250 ou 500 g, sac de jute de 10, 25 ou 50 kg) du fait que cela n’a pas d’impact sur la qualité du produit. Seuls les types de contenants autorisés sont maintenus (filets, sachets microperforés, cartonnettes, sac jute ou tout autre conditionnement non hermétique);

suppression de la notion de deuxième conditionnement (simple reconditionnement sans tri qui ne constitue pas une étape de production). Le schéma de vie est mis à jour car il n’y a plus lieu de distinguer deux étapes de conditionnement.

suppression des types de conditionnement (filets, boîtes, cartons…) car cela ne relève pas de la traçabilité.

Mise à jour des références concernant l’organisme de contrôle. Exigences nationales: introduction d’un tableau avec les principaux points à contrôler, tel que demandé par la réglementation nationale.

DOCUMENT UNIQUE

«LINGOT DU NORD»

No UE: FR-PGI-0105-01312 – 11.2.2015

AOP ( ) IGP ( X )

1.   Dénomination(s)

«Lingot du Nord»

2.   État membre ou pays tiers

France

3.   Description du produit agricole ou de la denrée alimentaire

3.1.   Type de produit

Classe 1.6: Fruits, légumes et céréales en l’état ou transformés

3.2.   Description du produit portant la dénomination visée au point 1

Le «Lingot du Nord» est un haricot blanc sec de l’espèce Phaseolus vulgaris L., séché à l’air libre sur des structures appelées «perroquets», constituées de bâtons réunis à une extrémité.

Le «Lingot du Nord» est produit à partir d’une variété de type lingot, définie par son type de croissance nain, la couleur blanche des fleurs, la forme elliptique à extrémités tronquées et la couleur blanche des grains.

Le «Lingot du Nord» se caractérise par des grains:

de forme elliptique, droits, à extrémités souvent tronquées,

de couleur blanche à blanc cassé,

ayant une peau fine et tendre,

d’une longueur moyenne de 15 à 16 mm, avec un écart maximum de 50 % entre le plus petit et le plus long lingot.

Il présente les caractéristiques organoleptiques suivantes: fondant en bouche, non farineux, texture tendre, goût typique de châtaigne.

Le «Lingot du Nord» peut être présenté en UVC (unités vente consommateur) ou en vrac.

3.3.   Aliments pour animaux (uniquement pour les produits d’origine animale) et matières premières (uniquement pour les produits transformés)

3.4.   Étapes spécifiques de la production qui doivent avoir lieu dans l’aire géographique délimitée

Toutes les étapes depuis la mise en culture du «Lingot du Nord» jusqu’au tri avant conditionnement ont lieu dans l’aire géographique délimitée.

3.5.   Règles spécifiques applicables au tranchage, râpage, conditionnement, etc., du produit auquel la dénomination fait référence

Le «Lingot du Nord» est conditionné en filets, sachets microperforés, cartonnettes, sac jute ou tout autre conditionnement non hermétique.

3.6.   Règles spécifiques applicables à l’étiquetage du produit auquel la dénomination fait référence

Sans préjudice de la réglementation en vigueur, l’étiquetage comporte:

la dénomination de l’IGP: Lingot du Nord;

le logo IGP de l’Union européenne.

4.   Description succincte de la délimitation de l’aire géographique

L’aire géographique correspond à la plaine de la Lys comporte:

 

Dans le département du Nord, les communes:

 

Armentières, Aubers, Bailleul, Bois-Grenier, Erquinghem-Lys, Estaires, Frelinghien, Fromelles, Haverskerque, Hazebrouk, Houplines, La Chapelle-d’Armentières, La Gorgue, Le Doulieu, Le Maisnil, Merris, Merville, Morbecque, Neuf-Berquin, Nieppe, Radinghem-en-Weppes, Steenbecque, Steenwerck, Strazeele, Thiennes, Vieux-Berquin.

 

Dans le département du Pas de Calais, les communes:

 

Berguette, Busnes, Calonne-sur-la-Lys, Festubert, Fleurbaix, Gonnehem, Guarbecque, Hinges, Isbergues, La Couture, Ham-en-Artois, Laventie, Lestrem, Lillers, Locon, Lorgies, Mont-Bernanchon, Neuve-Chapelle, Richebourg, Robecq, Sailly-sur-la-Lys, St-Floris, St-Venant, Vieille-Chapelle.

5.   Lien avec l’aire géographique

Spécificité de l’aire géographique

L’aire géographique de l’IGP «Lingot du Nord» coïncide avec la plaine de la Lys, entité bien délimitée d’environ 25 km de largeur et 45 km de longueur, située dans les Flandres wallonnes.

La plaine de la Lys est une région fertile qui correspond à une vaste dépression axée sur la rivière Lys encadrée par les Monts de Flandres au Nord, le plateau de l’Artois à l’ouest, le bassin minier au sud, le relief des Weppes au sud-est ainsi que la rivière de la Deûle et les hauteurs du Ferrain au nord-est. Cette vaste plaine résulte de la subsidence du substrat argilo-sableux tertiaire des Flandres et d’une succession de transgressions marines au cours du Tertiaire et du Quaternaires (la dernière ayant eu lieu au VIIIe siècle). Les argiles tertiaires ont été recouvertes de loess (limons éoliens) au Quaternaire, d’une épaisseur de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres, masquant totalement le relief initial et imprimant une quasi-parfaite planitude avec un paysage d’openfield: l’altitude est toujours inférieure à 30 mètres et se situe aux environs de 15 mètres pour la vallée inondable de la Lys.

Par ailleurs la plaine de la Lys est caractérisée par la présence d’un dense réseau hydrographique en partie canalisé par l’homme, ce qui a pour conséquence de déposer des alluvions essentiellement argilo-limoneuses, et qui portent des sols riches en éléments fins et nutritifs avec un pourcentage généralement supérieur à 20 % d’argile.

Les précipitations sont de l’ordre de 700 à 800 mm, inférieures à celles du plateau de l’Artois qui enregistrent plus de 1 000 mm d’eau par an.

Son climat se caractérise par une température assez régulière et douce, une faible amplitude notamment en été. La plaine de la Lys bénéficie souvent d’une arrière-saison bien ensoleillée, avec une pluviométrie faible en août et en septembre.

Enfin l’hygrométrie y reste suffisante, et en tout cas, la sécheresse est exceptionnelle.

La production de «Lingot du Nord» dans la plaine de la Lys est très ancienne puisqu’on retrouve la trace de cette culture dans les arrondissements d’Armentières, d’Hazebrouk et de Merville dès 1856.

Dès cette époque, cette culture se caractérise par une technique originale de séchage des haricots mise au point par les producteurs de la région: le séchage à l’air libre sur perroquets.

Les perroquets sont constitués de plusieurs bâtons montés en forme de tente indienne avec des retenues à 40 cm environ du sol. Les fanes sont déposées sur les retenues.

Cette méthode de séchage est ancienne puisqu’on retrouve trace de ce type de séchage dès 1865. À l’époque, les fanes étaient accrochées sur des perches simples. Ce mode de séchage sur perche, qui préfigure l’actuel séchage sur perroquet est très tôt décrit en détail dans divers ouvrages (par exemple, dans le 13e tome des Archives de l’agriculture du Nord de la France, en page 311-312).

Les perroquets, ce qui revient à solidariser plusieurs perches entre elles, ont été mis au point plus récemment, dans les années 1970.

Cette technique de séchage requiert un savoir-faire bien particulier pour charger les perroquets et beaucoup de main d’œuvre puisqu’elle ne peut pas être mécanisée.

Le battage des lingots nécessite également un savoir-faire particulier en raison de la finesse de la peau. Le lingot est battu dans des batteuses traditionnelles: il s’agit de batteuses à blé dont le batteur a été transformé pour tourner plus lentement.

La plaine de la Lys est traditionnellement une région de polyculture et de petites exploitations. Les conditions foncières de cette région sont peu propices à une forte mécanisation. La surface agricole utile de la plaine de la Lys est prise par l’ensemble Pomme de terre – haricots secs (lingots du Nord et chevriers) – légumes frais. Ainsi, en 1950, Monsieur Cassez signale que «le Lingot du Nord est le haricot le plus répandu dans la Vallée de la Lys».

La culture du «Lingot du Nord» a aussi pu se développer en raison de la main d’œuvre familiale disponible. Elle constitue une culture secondaire, très bien adaptée aux petites exploitations familiales de la Vallée de la Lys.

Spécificité du produit

Le «Lingot du Nord» est un haricot blanc sec qui se caractérise par:

des grains de forme elliptique, droits, à extrémités souvent tronquées,

une couleur blanche à blanc cassé,

une peau fine et tendre,

sa texture fondante, non farineuse,

son goût typique de châtaigne.

Le «Lingot du Nord» est une culture traditionnelle de la région de Merville qui bénéficie d’une large réputation à l’échelle de la France et plus particulièrement dans sa région d’origine et dans le sud de la France où il rentre dans la composition de plats traditionnels. De par sa peau fine et tendre et sa texture fondante, il se prête en effet très bien à la préparation de plats cuisinés tels que le cassoulet.

Lien causal

Le lien à l’origine du «Lingot du Nord» est basé sur ses qualités déterminées ainsi que sur sa réputation.

Les caractéristiques du «Lingot du Nord» sont essentiellement dues aux conditions pédoclimatiques de l’aire, à l’utilisation de semence de type Lingot et au savoir-faire local, appliqué depuis plus de 100 ans sans modification du séchage à l’air libre en perroquets.

La vallée de la Lys est caractérisée par sa teneur élevée en argile dès les premiers horizons du sol. Ses sols forment ainsi une couche arable très riche bénéfique pour la culture du lingot, puisque celui-ci est planté sur très peu de profondeur. La richesse du sol en argile, en permettant une bonne alimentation hydrique des haricots jusqu’à leur maturité, agit sur la qualité gustative du «Lingot du Nord» et sur sa bonne tenue à la cuisson. En effet, la mise en réserve de l’amidon dans ces conditions très favorables lui permet de se maintenir dans la graine à l’issue de la cuisson, garantissant sa tenue. La structure des sols permet de plus un apport d’eau sans excès car on n’observe pas de traces de phénomène d’hydromorphie dans les 50 premiers centimètres du sol qui correspondent au niveau moyen d’enracinement des haricots.

D’autre part, la plaine de la Lys a une humidité moindre que celle de la région voisine de Lille. Cette faible humidité, répartie sur toute l’année associée à la proportion de limons dans les horizons de surface qui permet un drainage efficace de l’eau en profondeur, est favorable au développement des haricots, qui demandent une terre bien meuble, ni trop sèche (ce qui empêcherait la germination des haricots), ni trop humide (qui provoquerait un pourrissement des haricots).

Enfin, une arrière-saison souvent bien ensoleillée avec une pluviométrie faible en août et en septembre permet au «Lingot du Nord» d’atteindre sa complète maturité en gousse, et autorise ce séchage de manière traditionnelle, à l’air libre, en perroquet. De plus, à cette époque, les vents dominants sont d’orientation est, nord et nord-est, des vents plus secs qui favorisent le séchage.

Les pratiques culturales déterminent également la qualité du «Lingot du Nord».

La forme elliptique à extrémités tronquées et la couleur blanche à blanc cassé caractéristiques du «Lingot du Nord» sont dues à l’utilisation de semences de type Lingot, sélection qui résulte des pratiques traditionnelles de la culture de haricots dans la plaine de la Lys.

La finesse de la peau et la texture fondante du «Lingot du Nord» s’expliquent par les techniques de récolte et de séchage spécifiques.

Dans l’aire géographique, caractérisée par des exploitations disposant de main d’œuvre familiale, les producteurs ont mis au point la technique originale de séchage en perroquet: les lingots sont récoltés lorsqu’ils n’ont pas encore atteint leur complète maturité, sinon les graines s’échapperaient des gousses. Ils sont fauchés et partiellement séchés au sol puis disposés sur les perroquets. La structure de ces perroquets avec une cheminée centrale permet une bonne circulation de l’air et protège les haricots des éventuelles pluies puisque l’eau ne peut pénétrer en profondeur dans le tas. Ils arrivent ainsi naturellement à complète maturité

Cette méthode de séchage a une réelle influence sur la qualité du produit puisqu’elle permet, d’éviter de durcir la peau du haricot et en préserve ainsi la finesse. D’ailleurs, Monsieur Cassez relevait déjà, en 1950, que «les haricots de l’année étaient les meilleurs et cuisaient plus vite que les vieux haricots».

C’est d’ailleurs en raison de la finesse de sa peau que le lingot est battu dans des batteuses traditionnelles, à blé ceci afin d’éviter de casser les grains ou de blesser la peau, résultat qui serait obtenu avec une moissonneuse batteuse.

Aujourd’hui encore, l’utilisation de moissonneuse batteuse est interdite et seule la récolte de la campagne est commercialisée sous IGP.

Ainsi, grâce à un climat et un sol favorables à l’épanouissement du lingot, à la sélection des variétés et au recours à des pratiques culturales originales, la culture du «Lingot du Nord» est devenue une culture traditionnelle de la région de Merville et d’Armentières où elle a d’abord acquis sa réputation.

La présentation du «Lingot du Nord» à l’Exposition Universelle de 1867 atteste de l’ancienneté de sa réputation qui s’est rapidement étendue dans toute la France, notamment dans le midi. C’est ainsi qu’à Castelnaudary dès 1938, les restaurateurs préconisaient l’utilisation du «Lingot du Nord» pour préparer le cassoulet.

Le «Lingot du Nord» est régulièrement à la carte de restaurateurs, des restaurants gastronomiques, et à l’affiche des quinzaines de caractères des Tables régionales du Nord-Pas-de-Calais. Cette démarche «Les Tables régionales du Nord-Pas-de-Calais» associe des restaurateurs du Nord et du Pas-de-Calais autour d’une même volonté de valorisation de la gastronomie régionale, en privilégiant dans leurs menus les spécialités culinaires de la région.

Une manifestation appelée «Ducasse à Pierrots» est organisée dans les environs de Lille et notamment dans la ville de Saint-André-lez-Lille. Il s’agit d’une vieille coutume au cours de laquelle chaque année depuis les années 1920, les convives dégustent le Pierrot, plat à base de «Lingot du Nord» et de saucisses fumées.

Enfin, chaque année depuis 1999 est organisée la foire au «Lingot du Nord» à Calonne-sur-la-Lys le premier dimanche d’octobre. Cette foire est l’occasion d’une démonstration de battage, et se termine par la dégustation de «Lingot du Nord».

Référence à la publication du cahier des charges

(article 6, paragraphe 1, deuxième alinéa, du présent règlement)

https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/document_administratif-8d51b634-115a-4fe9-b21e-4b1c6b2d2bd2


(1)  JO L 343 du 14.12.2012, p. 1.