COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur le financement à long terme de l'économie européenne /* COM/2014/0168 final */
1. Introduction
1.1
Contexte économique La crise
économique et financière a détérioré l'aptitude du secteur financier à pourvoir
au financement de l’économie réelle, en particulier sous la forme d'investissements
à long terme. La forte dépendance à l’égard de l’intermédiation bancaire, conjuguée
au désendettement des banques et à une baisse de la confiance des investisseurs,
a réduit les sources de financement pour tous les secteurs de l’économie.
L’Union agit avec détermination pour inverser ces tendances et rétablir un
climat de croissance durable et d’investissement. Elle a assaini les finances
publiques et mis en place des procédures visant à assurer une meilleure
coordination des politiques budgétaires et économiques. En faisant preuve de fermeté,
la BCE entend faire renaître la confiance dans les marchés, tandis que la
création de l’union bancaire contribue à réduire la fragmentation financière et
à restaurer la confiance dans la zone euro. La mise à profit
de ces améliorations nécessite des investissements à long terme pouvant servir
de base à une croissance intelligente, durable et inclusive. La capacité du
système financier à mobiliser des fonds pour les investissements à long terme
sera essentielle pour asseoir la position de l’Europe sur la voie d’une
croissance durable. 1.2 Nécessité
du financement à long terme Le financement à
long terme possède quelques caractéristiques essentielles[1]:
il finance des activités productives
qui soutiennent la croissance en réduisant les coûts, en diversifiant les
moyens de production et en créant des emplois d'une manière intelligente,
durable et inclusive;
il est patient, en ce sens
que les investisseurs tiennent compte de la performance à long terme et
des risques liés à leurs investissements, plutôt que des fluctuations des
prix à court terme. Cette perspective à long terme exerce un effet contracyclique
et favorise la stabilité financière;
il est engagé, en ce sens
que les investisseurs prennent en considération des aspects à plus long
terme dans leurs stratégies d’investissement, par exemple l’environnement,
les enjeux sociaux, la gouvernance.
Les
infrastructures et les PME apportent une contribution fondamentale à la
croissance durable. Des infrastructures de qualité améliorent la productivité
du reste de l’économie en servant la croissance et favorisent l'interconnexion
sur le marché intérieur. Les investissements nécessaires dans les réseaux
d’infrastructures de transport, d’énergie et de télécommunications d’importance
européenne sont estimés à 1 000 milliards d’EUR d’ici à 2020[2].
Des investissements considérables seront également nécessaires dans le capital
humain[3] et la R&D,
les nouvelles technologies et l’innovation dans le cadre de la stratégie
«Europe 2020» et du paquet «Climat et énergie» à l’horizon 2030[4].
Les
PME représentent environ deux tiers des emplois et près de 60 % de la
valeur ajoutée dans l’Union. Elles apportent une contribution considérable à la
croissance du PIB grâce à leur importance globale et à leur capacité à innover,
croître et créer des emplois. Le climat
d’incertitude et d’aversion au risque né de la crise financière et économique a
ébranlé aussi bien la demande que l’offre de financement. Du côté de la
demande, on constate en effet une baisse des demandes de financement des PME,
des partenariats public-privé et d’autres projets d’investissement nécessitant
un financement à long terme. Cette baisse se traduit par un niveau
insatisfaisant de l’investissement et du financement à long terme. Pour ce qui
est de l’offre, la crise a renforcé l’aversion au risque et fait naître une
préférence pour les liquidités qui, associée au désendettement des banques, a
affecté la capacité de l’économie à se financer par des dettes de longue durée.
Les niveaux insuffisants du financement à long terme sont également révélateurs
des défaillances du marché et des failles de la chaîne d’intermédiation[5]. Résoudre ces
problèmes est une priorité pour l’Europe. La capacité du système économique à générer
une offre de financements à long terme pour renforcer la compétitivité de
l’économie et de l’industrie en Europe dépend de sa capacité à mobiliser l’épargne
par l'intermédiaire d’un secteur financier ouvert, sûr et concurrentiel. À
cette fin, la sécurité juridique et la confiance des investisseurs sont essentielles. 1.3 Livre
vert et consultation publique sur le financement à long terme Le
25 mars 2013, la Commission a adopté un livre vert sur le financement
à long terme, qui a amorcé un vaste débat sur les différents facteurs qui déterminent
l'aptitude de l’économie européenne à attirer les fonds nécessaires pour
soutenir et accélérer sa relance. Ce document se voulait une réflexion sur la
manière de mettre plus efficacement l’épargne des administrations publiques,
des entreprises et des ménages au service du financement à long terme. La
consultation sur le livre vert a reçu un accueil très positif de la part des
parties intéressées et a donné lieu à 292 réactions provenant de tous les
segments de l’économie[6]. Une grande majorité des
parties intéressées ont souscrit à la nécessité d’élargir les sources de
financement à long terme en Europe, tout en reconnaissant le rôle important que
les banques continueront à jouer, notamment pour les PME. Si l'existence d’un
environnement réglementaire bien défini et stable a été jugée très important,
de nombreuses parties intéressées ont également préconisé un meilleur
paramétrage de la réforme réglementaire afin de tenir compte des objectifs du
financement à long terme. 1.4 Autres
initiatives stratégiques européennes et internationales Le débat sur le
financement à long terme a trouvé un écho à l'échelon européen et
international. Le comité économique et financier a créé un groupe d’experts de
haut niveau qui a publié son rapport en décembre 2013[7], axé
sur les PME et l’infrastructure. Le 26 février 2014, le Parlement
européen a adopté une résolution[8] sur le
financement à long terme de l’économie européenne. Cette résolution aborde de
nombreuses questions évoquées dans la présente communication. Au
niveau international, le G20 a approuvé en septembre 2013 un plan de
travail sur le financement de l’investissement[9] et a
créé un groupe de travail pour approfondir les travaux sur le financement à
long terme. L’OCDE a mis au point des principes de haut niveau destinés aux
investisseurs institutionnels qui choisissent la voie du financement à long
terme[10]. *** Dans ce contexte
et dans le prolongement de la consultation sur le livre vert, la présente
communication présente une série d’actions concrètes. Développer et diversifier
la manière dont l’investissement à long terme est financé constitue une
entreprise complexe et pluridimensionnelle qui ne peut se résumer à une action unique
ni à une solution miracle mais suppose un ensemble de réponses et
d’initiatives. Les actions proposées dans la présente communication s’attachent
à i) mobiliser les sources privées du financement à long terme, ii) faire
un meilleur usage des finances publiques, iii) développer les marchés de
capitaux, iv) améliorer l’accès des PME au financement, v) attirer les
financements privés dans les infrastructures, et vi) améliorer le climat
général pour favoriser des finances durables. La
Commission présente également, en marge de cette communication:
une
proposition de révision de la directive concernant les activités
et la surveillance des institutions de retraite professionnelle (IRP)
afin d’encourager la poursuite du développement des retraites
professionnelles, une source importante d’investissement institutionnel à
long terme dans l’Union;
une
communication sur le financement participatif, une source croissante de
financement pour les PME.
2. Mobiliser
les sources privées du financement à long terme
Il est primordial
d’encourager les banques à accorder des prêts de manière responsable et de solliciter
davantage les sources de financement non bancaires, par exemple les investisseurs
institutionnels comme les entreprises d’assurance, les fonds de pension, les
fonds d’investissement traditionnels ou alternatifs, les fonds souverains ou
les fondations: si les banques continueront de jouer un rôle significatif, la
diversification du financement est importante aussi bien à court terme pour
accroître la disponibilité du financement qu’à long terme pour aider l’économie
européenne à mieux résister aux crises futures. Les
banques En vertu
du règlement sur les exigences de fonds propres (règlement CRR) et de la
directive sur les exigences de fonds propres (CRD IV)[11]
dont la mise en œuvre progressive a commencé en janvier 2014, les banques
sont tenues de détenir des niveaux de capitaux propres plus importants pour
renforcer leur capacité à absorber les pertes éventuelles. La Commission
évaluera la pertinence des exigences imposées par le règlement CRR par rapport
au financement à long terme en deux temps, en 2014 et en 2015. Les
banques seront également soumises à de nouvelles exigences en matière de
gestion des liquidités, lesquelles les aideront à absorber les chocs de
liquidité imprévus. Ces exigences devraient améliorer la confiance dans le
système financier, mais des règles renforcées en matière de liquidité risquent par
ailleurs de nuire à la capacité des banques à prêter à long terme. La mise en
œuvre du ratio de liquidité à court terme (LCR, un ratio de liquidité calculé à
un mois) en Europe et les discussions internationales en cours sur la
définition du ratio de financement net stable (NSFR, un ratio de liquidité
calculé à un an) doivent tendre vers un juste équilibre permettant, d’une part,
d'accroître la résilience du secteur bancaire aux chocs de liquidité et, d’autre
part, d'éviter des restrictions excessives de la transformation de maturité qui
décourageraient le financement à long terme[12]. En
outre, le règlement CRR prévoit la mise en œuvre progressive du LCR et une
longue période d’observation préalablement à toute proposition législative sur
le NSFR. Les
réformes du secteur bancaire, et notamment l’union bancaire, sont un déterminantes
pour rétablir la confiance dans le secteur financier et pour réduire la
fragmentation actuelle du marché, qui affecte particulièrement le financement
des PME. Une fois ces réformes achevées, les emprunteurs et les investisseurs
devraient profiter d’un marché étendu et renforcé, soumis à une meilleure
réglementation et à une meilleure supervision. La
récente proposition de réforme structurelle du secteur bancaire de l’Union[13]
est également importante car elle vise à préserver les activités financières de
base, comme l’octroi de prêts à l’économie, en les séparant des activités à
risque. Cette proposition devrait également mettre un frein aux financements
croisés actuels des activités de négociation par les dépôts, encourageant
d’autant plus les banques à octroyer des prêts à l’économie réelle. Actions
La
Commission élaborera, d’ici 2014[14] et 2015[15], des
rapports sur la pertinence des exigences imposées par le règlement CRR par
rapport au financement à long terme.
La Commission tiendra le plus grand
compte, dans la préparation de l’acte délégué relatif au LCR[16] (attendu au premier
semestre 2014) et le paramétrage final du NSFR[17], de la nécessité de ne pas restreindre
excessivement le financement à long terme par les banques. En outre, il
convient de profiter pleinement de la période d'observation prévue dans le
règlement CRR pour régler et corriger les éventuels effets indésirables
des nouvelles règles de liquidité applicables à l’investissement à long
terme.
Les
entreprises d’assurance Les
investisseurs institutionnels tels que les entreprises d’assurance sont des
fournisseurs légitimes de financement à long terme. Si les investisseurs
institutionnels étaient jusqu'à présent peu enclins à investir dans les actifs
moins liquides, les actifs d’infrastructure par
exemple, la recherche de rendements plus élevés dans un contexte caractérisé
par la faiblesse des taux d’intérêt accroît leur intérêt pour ce type d'actifs.
La
directive «Solvabilité II»[18], qui entrera en
application le 1er janvier 2016, supprimera certains
obstacles à l’investissement qui existent actuellement dans les États membres,
notamment pour les classes d’actifs moins liquides. Les assureurs seront libres
d’investir dans le type d’actifs de leur choix en respectant le principe du bon
père de famille, en vertu duquel ils doivent être en mesure de «déterminer,
mesurer, suivre, gérer, maîtriser et signaler correctement»[19]
les risques liés à ces actifs. Selon
certains, le durcissement des exigences de fonds propres pour prendre en
considération tous les risques quantifiables, y compris le risque de marché
(qui n’était pas pris en considération dans l’ancien cadre juridique, la directive
«Solvabilité I»), pourrait influencer le comportement d’investisseur et la
vision à long terme des assureurs dans leur rôle d’investisseurs
institutionnels[20]. Pour cette raison, la
Commission a demandé en septembre 2012 à l’Autorité européenne des assurances
et des pensions professionnelles (AEAPP) de déterminer s’il y a lieu d’ajuster
le paramétrage et la conception des exigences de fonds propres, sans pour
autant mettre en péril l’efficacité prudentielle du régime, en particulier en
ce qui concerne les investissements dans l’infrastructure, les PME et les
entreprises sociales (y compris par la titrisation de dettes). L’AEAPP a remis
son analyse en décembre 2013[21]. Elle
recommande des critères pour définir une titrisation optimale et propose un
traitement plus favorable de ces instruments, en abaissant les paramètres de
simulation de crise correspondants[22]. Il s’agit d’un grand pas
en avant dans le programme général d’encouragement en faveur de marchés de
titrisation durables [voir la partie 4 consacrée à la titrisation]. La
Commission tiendra compte du dernier rapport de l’AEAPP pour élaborer les actes
délégués pertinents associés à la directive «Solvabilité II», y compris d'éventuels
ajustements à apporter au traitement des classes d’actifs autres que la
titrisation (infrastructure, PME et entreprises sociales), comme prévu dans le
mandat initial de l’AEAPP. En
outre, la directive «Omnibus II»[23] complétera la directive
«Solvabilité II» par des mesures spécialement conçues pour renforcer les
incitations actuelles visant à faire correspondre les passifs à long terme aux
actifs à long terme et à les détenir jusqu’à l’échéance. La liste des actifs
éligibles pour la mise en correspondance a été élargie afin d’inclure les
principaux investissements à long terme, comme les obligations liées à des
projets d’infrastructure. Actions
En septembre 2014 au plus
tard, la Commission adoptera l'acte délégué pour la directive
«Solvabilité II», comprenant un certain nombre d’incitations pour
stimuler l’investissement à long terme de la part des assureurs.
Les
fonds de pension Les
fonds de pension sont des investisseurs institutionnels ayant un passif à long
terme. En tant que tels, ils sont en mesure d’agir en investisseurs «patients».
La Commission se félicite que les fonds de pension se tournent de plus en plus
vers les investissements alternatifs, comme le capital-investissement privé et les
infrastructures, pour diversifier leurs portefeuilles et obtenir des rendements
plus élevés[24]. La proposition IRP 2
adoptée aujourd’hui pourrait contribuer à l’investissement à plus long terme de
la part des fonds de retraite professionnelle en limitant la faculté des États
membres de restreindre certains types d'investissements à long terme. Parallèlement
aux fonds de retraite professionnelle, les produits de retraite individuelle
pourraient également favoriser l’investissement à long terme. En
novembre 2012, la Commission a invité l’AEAPP à rédiger un avis technique
sur l’élaboration d’un cadre européen pour les activités et la surveillance des
produits de retraite individuelle[25]. Ceux-ci
offriraient la possibilité de mobiliser plus d’épargne pour financer les
investissements à long terme, favorisant de cette manière à la fois la
viabilité des retraites et la croissance économique. L’AEAPP a été invitée à
examiner au moins deux méthodes: i) élaborer des règles communes pour permettre
l’activité transfrontière de régimes individuels de retraite; ou ii) élaborer
un 29e régime dans lequel les règles de l’Union ne remplacent
pas les règles nationales mais offrent une autre solution. L’AEAPP rendra un
rapport préliminaire sur les produits de retraite individuelle au cours du
premier trimestre 2014. Actions
Les
services de la Commission soumettront une demande d’avis complète à
l’AEAPP dans la seconde moitié de 2014 en vue de créer un marché unique
pour les retraites individuelles et éventuellement de mobiliser ainsi
davantage l’épargne de retraite personnelle pour le financement à long
terme.
Les
comptes d’épargne personnels Le livre vert a reçu le soutien
de certaines parties intéressées pour avoir envisagé des moyens d’accroître les
flux d’épargne transfrontières, par exemple, l’introduction d’un compte
d’épargne européen visant à offrir un cadre normalisé devant encourager les
épargnants à contribuer au financement à long terme. Cet exercice examinerait
dans un premier temps les modèles nationaux pour en étudier les aspects tels
que les taux de rémunération, la garantie des dépôts à l'échelon national, la
complémentarité avec les régimes nationaux existants, la collecte de fonds et
les critères d’octroi de prêts. Actions
Les services de la Commission
entreprendront, d’ici la fin 2014, une étude des éventuelles
défaillances du marché et autres insuffisances concernant les flux
d’épargne transfrontières, comprenant un panorama des modèles nationaux de
comptes d’épargne et une évaluation de l'opportunité d'introduire un
compte d’épargne européen.
3. Faire un meilleur usage du financement public Le
secteur public apporte une contribution fondamentale à la formation de capital
brut sous la forme d’investissements corporels et incorporels. Il convient de
déployer des efforts pour garantir une utilisation plus transparente et efficiente
des fonds publics, afin de maximaliser le rendement de l'investissement public,
sa contribution à la croissance et sa capacité à mobiliser les investissements
privés. La Commission continuera de suivre les politiques budgétaires de l’UE-28,
y compris la qualité des dépenses publiques et le respect de la procédure
concernant les déficits excessifs dans le cadre du semestre européen. Un large spectre
d'action s'impose, s'étendant à l’activité des banques de développement
nationales et des organismes de crédit à l’exportation. Les
banques de développement nationales (BDN) Les
banques de développement nationales et régionales, au même titre que la BEI/le
FEI et d’autres banques de développement multilatérales (BDM) comme la BERD,
jouent un rôle important pour catalyser le financement à long terme. Ces
dernières années, elles ont intensifié leurs activités afin de répondre à la
contraction des bilans des prêteurs commerciaux. Eu égard à la stabilisation de
la situation économique et à la capacité de prêt limitée de ces institutions,
il faut concentrer l'attention sur les défaillances du marché et sur les
opérations à valeur ajoutée. Au cours de la consultation, des appels ont été
lancés pour une multiplication des initiatives communes entre l’Union et les
États membres ou les acteurs multinationaux et une simplification des procédures
visant à promouvoir la coopération et les synergies entre le budget de l’Union
et la BEI/le FEI, les BDM et les BDN, ainsi qu’à améliorer la participation des
BDN dans les politiques de l’Union et l’accès aux fonds de l’Union. Les
politiques comprennent l'environnement, les externalités liées au climat,
l'innovation, ainsi que le développement du capital social et humain. La
question de la coordination entre les banques multilatérales et les BDN a été jugée
importante pour optimaliser les synergies et les complémentarités et éviter la
duplication des efforts et les doubles financements. Actions
La
Commission publiera en 2014 une communication concernant les banques de
développement afin de fournir des orientations sur les principes généraux;
la gouvernance et la transparence, facteurs essentiels pour garantir la
confiance des investisseurs et des conditions de financement favorables;
la surveillance et les aspects réglementaires; et le rôle des BDN dans les
investissements conjoints et l’affectation des fonds du budget de l’Union
en faveur des priorités stratégiques de l’Union pour 2020 et au-delà.
La
Commission encouragera et surveillera la coopération des BDN avec la
BEI/le FEI et, peut-être, avec d’autres BDM, ainsi qu’il lui a été demandé
lors du Conseil européen de juin 2013, et présentera son rapport au
Conseil de décembre 2014.
Les organismes de crédit à l’exportation
Les
organismes de crédit à l’exportation sont à la fois des investisseurs et des
garants/assureurs de risque pour le financement à long terme. Par conséquent,
ils pourraient jouer un rôle important en soutenant les investissements
transfrontières au sein de l’Union ainsi que les exportations de biens
d'investissement en dehors de l’Union. Il s’agit d’un domaine où les tensions
consécutives au risque souverain ont un effet immédiat sur le financement à
long terme, notamment dans le cas des garanties à long terme. Actions
Les
services de la Commission publieront un rapport sur la promotion en faveur
d’une meilleure coordination et coopération entre les régimes nationaux de
crédit à l’exportation existants.
4.
Développer les marchés de
capitaux européens Un
effort politique s’impose en Europe pour diversifier les canaux de financement.
Les marchés de capitaux européens sont, en moyenne, relativement peu développés
et ne sont pas en mesure, à l’heure actuelle, de combler le manque de
financement créé par le désendettement des banques. Des instruments financiers
adéquats sont également nécessaires pour permettre aux marchés financiers de
jouer un rôle actif et efficace dans la mise à disposition de fonds pour
l’investissement à long terme. Il s'agit notamment d'instruments financiers
innovants en rapport avec les principaux défis de la croissance durable en
Europe, comme les obligations d’infrastructure, les obligations climatiquement
responsables et les obligations à effet social (voir la section 6). Les
marchés des actions et des obligations d’entreprises Le financement sur le marché des
capitaux a beaucoup souffert depuis la crise, mais la tendance à la baisse
remonte aux années 90. Le nombre d’introductions en bourse en Europe et
aux États-Unis est environ cinq fois inférieur au niveau d’avant 1999[26].
Des études américaines montrent également que le délai d'introduction en bourse
a doublé, passant de 4,8 ans au début des années 80 à plus de
9 ans depuis 2007[27]. Même
s’ils tiennent compte de la nature cyclique des introductions en bourse, ces
constats ont de quoi inquiéter, a fortiori quand il est question de création
d’emplois, puisque les mêmes études américaines montrent que les entreprises réalisent
92 % de leur croissance après l’introduction en bourse. La création, par plusieurs
associations du marché[28], d’une task-force
consacrée aux introductions en bourse est une initiative qui mérite d'être
saluée. L’émission d’obligations
d’entreprise est une pratique utilisée par les grandes entreprises notées qui
émettent des obligations de montant élevé achetées par les établissements
financiers. Ce marché est en expansion depuis quelques années. Ces instruments
restent toutefois généralement hors de portée des PME et des entreprises de
capitalisation moyenne même si, dans le passé, plusieurs marchés d’émissions
obligataires par offre au public ont également vu le jour en Allemagne (BondM
lancé en 2010), au Royaume-Uni (ORB lancé en 2010), en France (IBO lancé en
2012) et en Italie (ExtraMOT PRO lancé en 2013). En dépit de ces initiatives
nationales, les marchés de capitaux européens, obligations et actions
confondues, restent fragmentés, peu attractifs pour les PME et les moyennes
capitalisations et marqués par un faible niveau d’investissement transfrontière
dans les titres autres que les valeurs-vedettes (blue chips). Des
obstacles majeurs subsistent, comme les divergences législatives dans le domaine
des valeurs mobilières et des faillites. Actions
La
Commission veillera, à travers l’acte délégué visé dans la directive
«MiFID II» [29], à ce que les
exigences des marchés de croissance des PME prévoient un niveau minimal de
charges administratives pour les émetteurs sur ces marchés, tout en
maintenant un niveau élevé de protection des investisseurs. Ces exigences portent
notamment sur la proportion minimale de petits et moyens émetteurs sur ces
marchés, les critères adéquats d’admission à la négociation, les
informations aux investisseurs et les informations financières.
Les
services de la Commission entreprendront une étude pour déterminer s’il y
a lieu, dans le prolongement des améliorations introduites par
MiFID II pour les titres autres que les actions, d’adopter de
nouvelles mesures afin de permettre la création d’un marché secondaire
liquide et transparent pour le négoce des obligations d’entreprise dans
l’Union.
La
Commission évaluera les conséquences et les effets des règles de la
directive sur les prospectus d’ici la fin 2015[30]. Cette évaluation portera notamment
sur le régime d'information proportionné pour les petits et moyens
émetteurs et les entreprises à capitalisation boursière réduite.
La
Commission examinera également si les critères d’éligibilité qui régissent
les investissements par des organismes de placement collectif en valeurs
mobilières (OPCVM) doivent être élargis aux valeurs mobilières cotées sur
les marchés de croissance des PME présentant certaines caractéristiques de
liquidité, en prévision de la mise en œuvre du cadre MiFID II. La
question de savoir si les fonds européens d'investissement à long terme
(FEILT) devraient également pouvoir investir dans des PME cotées est
actuellement au cœur des débats dans le cadre de la proposition de la
Commission sur les FEILT[31]. La proposition de la
Commission inclut déjà les PME non cotées dans les classes d’actifs
éligibles pour l’investissement d’un FEILT.
La
titrisation Les opérations de
titrisation permettent aux banques de refinancer les prêts en mettant en commun
des actifs et en les transformant en titres attrayants pour les investisseurs
institutionnels. Pour les banques, ces opérations dégagent des ressources de
capital qui renforcent leur capacité à accroître leur volume de prêts et à
financer la croissance économique. Pour les investisseurs institutionnels, ces
titres, pour autant que leur volume soit suffisant, ouvrent des possibilités
d’investissements liquides dans des classes d’actifs dans lesquelles ils
n’investissent pas directement, par exemple les PME ou les emprunts
immobiliers. Certains modèles de
titrisation étaient mal réglementés dans le passé. Les faiblesses de ces
modèles ont été constatées rapidement et corrigées par la suite lors d’une
réforme financière dans l’Union. Des exigences de conservation d'une part du
risque («intérêts propres en jeu») existent dans le secteur bancaire de l’Union
depuis 2011 et ont été élargies à tous les secteurs financiers. En outre,
les obligations de publicité ont été durcies pour permettre aux investisseurs
d’acquérir une connaissance approfondie des instruments dans lesquels ils
investissent. Les autorités
prennent de nombreuses mesures concrètes pour rendre les opérations de
titrisation plus normalisées et transparentes, ranimant ainsi la confiance des
investisseurs[32]. Les
institutions et agences de l’Union doivent renforcer leur coopération et mettre
en place des synergies, par exemple en vue de normaliser les modèles de rapports
d'information. Parallèlement, les initiatives menées par le secteur financier,
comme la mise en œuvre de labels, contribuent également à ces objectifs. En dépit de ces mesures, aucune
reprise notable n’a été observée sur ce marché jusqu’à présent, une situation
qui s’explique en grande partie par les préjugés qui restent associés à ces
opérations et par leur traitement réglementaire. De nombreuses parties
intéressées ont demandé une différenciation des produits de titrisation à des
fins prudentielles afin de favoriser le développement de marchés de titrisation
durables. Le rapport technique de l’AEAPP sur la directive
«Solvabilité II» et la proposition de la Commission sur la réforme
structurelle du secteur bancaire introduisent une différenciation pour les
produits de titrisation de «grande» qualité. Actions ·
La Commission travaillera sur la différenciation
des produits de titrisation de «grande» qualité en vue d’assurer la cohérence
entre les secteurs financiers et d’envisager un éventuel traitement
réglementaire préférentiel compatible avec les principes prudentiels. La
Commission envisagera d’introduire cette approche dans la législation
pertinente de l’Union pour l'ensemble des secteurs financiers. La Commission
prendra notamment en considération le fait qu’un certain nombre de produits de
titrisation pourraient prochainement voir leur liquidité augmenter sous l’effet
de la différenciation et de la normalisation de ces produits. ·
La Commission collaborera avec les responsables
internationaux des normes, notamment avec le Comité de Bâle et l’Organisation
internationale des commissions de valeurs (OICV), afin d’élaborer et de mettre
en œuvre des normes internationales, notamment concernant les règles relatives
à la conservation du risque, la normalisation de grande qualité et la
transparence pour garantir la cohérence et éviter l’arbitrage réglementaire. Les
obligations garanties Les obligations garanties sont
une méthode courante pour recourir aux marchés de capitaux et y trouver des
financements adossés à des actifs de bonne qualité. Si ces instruments confèrent
aux investisseurs une sécurité et de la liquidité par rapport aux titres non
garantis de premier rang, ils apportent également aux émetteurs des avantages
tels qu’un financement rentable et une diversification du financement. Bien que
plusieurs dispositions de l’Union fassent référence aux obligations garanties,
il n’y a actuellement aucun cadre unique harmonisé. Certains États membres
n’ont aucune législation propre à ce sujet. Un certain degré de convergence est
toutefois apparu consécutivement à l’évolution des critères d’éligibilité
applicables aux exigences de fonds propres préférentielles dans le secteur
bancaire, qui sont devenus la référence sur le marché[33]. Actions ·
La Commission réexaminera le traitement des
obligations garanties dans le règlement CRR d’ici la fin 2014[34]
dans le but de poser les bases d’un marché européen intégré des obligations
garanties. L’examen portera sur la qualité du crédit, les sûretés admissibles
et la transparence. Il pourrait également se pencher sur le renforcement de la
surveillance, le caractère exécutoire des droits préférentiels et les aspects
liés à la ségrégation des actifs en cas de faillites. ·
S’appuyant sur les conclusions de l’examen
susmentionné, les services de la Commission entreprendront une étude sur
l’intérêt d’introduire un cadre européen des obligations garanties. Le
placement privé Les placements privés
offrent une autre solution que les prêts bancaires et l’émission publique
d’obligations d’entreprises. Ils pourraient accroître la disponibilité de financement
pour les entreprises moyennes à grandes non cotées et, éventuellement, les
projets d’infrastructure. Le cadre réglementaire actuel autorise les placements
privés et certains États membres ont déjà mis ces marchés en place (le Schuldschein
en Allemagne et l’Euro PP en France, par exemple). L’offre et la demande
pour cette solution de financement sont en hausse, comme l’attestent la
croissance des marchés existants dans l’Union et le nombre d’émetteurs
européens qui affluent sur le marché américain du placement privé[35].
Cependant, cette activité
ne s’est pas imposée à grande échelle en Europe, notamment en raison de
l’absence de documents et d’informations normalisés sur la solvabilité des émetteurs
et du manque de liquidité sur le marché secondaire. Les informations sur la
relance étant particulièrement importantes pour les investisseurs qui
choisissent ces produits, les différences entre les réglementations européennes
sur l’insolvabilité sont également citées comme des entraves à la création d’un
marché transfrontière élargi du placement privé. Actions ·
Les services de la Commission réaliseront, d’ici la
fin 2014, une étude pour répertorier les marchés du placement privé en
Europe et les comparer à d’autres localisations/pratiques, analyser les principales
clés de leur succès et mettre au point des recommandations stratégiques sur la
manière de reproduire ces bons résultats à l’échelle plus large de l’Union. Ils
soupèseront également les risques potentiels, dans la mesure où les marchés du
placement privé sont par définition moins transparents que les marchés de
capitaux publics et sont fortement illiquides. Cette étude s’appuiera sur la
consultation publique et l’analyse d’impact réalisées en 2007/2008[36]. 5.
Améliorer l’accès des PME au
financement La
dépendance particulière des PME vis-à-vis du financement bancaire en a fait les
premières victimes de la crise. Aujourd’hui encore, il est difficile pour elles
d’obtenir des prêts, surtout dans les économies périphériques, notamment en
raison de la fragmentation du secteur bancaire[37]. Un
aspect essentiel du financement des PME consiste à faciliter la conversion des
jeunes pousses en PME et en entreprises de capitalisation moyenne, autrement
dit l'évolution sur «l’échelle du financement». Au cours de leur cycle de vie,
les PME font appel à une combinaison de sources de financement, dont la dette
bancaire et les fonds propres extérieurs provenant d’investisseurs individuels
privés (business angels), le capital-risque, les fonds privés et, enfin,
les marchés de capitaux. Les PME éprouvent souvent des difficultés à passer
d’une combinaison de sources de financement à une autre. À différents stades de
leur croissance, les entreprises sont confrontées à des «déficits de
financement» et des «déficits d’éducation». C’est particulièrement le cas dans
les premiers mois de création et lors de la phase de croissance, en raison
notamment d’un financement limité basé sur le capital-risque en Europe. En
2011, la Commission a adopté un plan d’action pour le financement des PME.
Nombre de ces actions se sont concrétisées, notamment les mesures
réglementaires, les programmes financiers et les initiatives de facilitation.
Un aperçu de la mise en œuvre du plan d’action figure dans le document de
travail joint à la présente communication. Certaines de ces actions sont
toujours en cours, telles que les initiatives visant à corriger les déficits
d’éducation et d’information des PME par le biais du réseau Entreprise Europe.
Le prochain réseau, qui deviendra opérationnel en 2015[38], offrira
une gamme plus étendue de conseils et d’assistance aux PME concernant l’accès
au financement et collaborera étroitement avec d’autres prestataires de
services locaux, comme les intermédiaires financiers et les comptables.
Plusieurs programmes d’accompagnement existent au niveau national,
principalement pour préparer les PME à entrer sur les marchés de capitaux (tels
que le programme ELITE développé par Borsa Italiana)[39]. Un
problème souvent désigné comme une entrave qui a traditionnellement induit une
plus grande dépendance des PME vis-à-vis du financement par les banques locales
est le manque d’informations adéquates, comparables, fiables et aisément
accessibles sur le crédit concernant les PME. En novembre 2013, la
Commission a organisé un atelier en présence d’un grand nombre de parties
intéressées pour débattre des pratiques nationales privées et publiques et des
initiatives nouvelles, en vue de trouver des pistes permettant d'améliorer
l’information des PME. Cet atelier a confirmé que les investisseurs et
pourvoyeurs de fonds rencontraient des obstacles manifestes pour accéder à des
informations fiables, accessibles et comparables sur les PME dans l’Union. Ces
obstacles sont en partie associés aux grandes disparités entre les États
membres quant au degré d’information publique et à la publication de ces
informations, essentiellement en raison de la conception des cadres juridiques
nationaux. Actions
En
2014, les services de la Commission entreprendront de répertorier les
réglementations et les pratiques européennes et nationales qui limitent la
disponibilité des informations sur le crédit concernant les PME, dans le
but d’examiner les différentes manières dont l’Union pourrait approcher le
secteur de l’évaluation du crédit et d’évaluer la possibilité d’harmoniser/accroître
la comparabilité des données sur les PME dans l’Union.
Les
services de la Commission relanceront le dialogue entre les banques et les
PME afin d'améliorer la culture financière des PME, notamment en ce qui
concerne les retours d'information des banques sur les demandes de prêt.
Ils évalueront également les bonnes pratiques pour aider les PME à accéder
aux marchés de capitaux.
6. Attirer des financements privés dans les
infrastructures qui mettent en œuvre la stratégie «Europe 2020» L’investissement dans l’infrastructure visait à
l’origine principalement les grands projets d'investissement comme les réseaux
routiers et ferroviaires, les pipelines et les réseaux de transmission, et les
structures nationales de télécommunication. La nouvelle approche adoptée au
titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) et des Fonds
structurels et d’investissement européens met l’accent sur la durabilité,
l’efficacité énergétique, l’innovation, l’interopérabilité et les liaisons au
sein d’une infrastructure européenne multimodale. Cette approche suppose
une évolution passant par un accroissement de la part du transport ferroviaire
et une gestion intelligente du trafic dans le secteur du transport, une
production énergétique à faible taux d'émission de carbone et un souci d’efficacité
énergétique dans le secteur de la construction, ainsi que des interconnexions
dans les secteurs de l’énergie et des TIC. L’initiative européenne relative aux obligations de
projet (IOP)[40] a été mise en avant par de
nombreuses parties intéressées comme un exemple à suivre pour attirer les
capitaux privés dans les projets d’infrastructure; les services de la
Commission examinent actuellement une série d’améliorations de l’IOP et la
possibilité d’étendre les obligations de projet à d’autres secteurs
d’infrastructure, comme le transport durable, les sources d’énergie
renouvelables et les actifs de réseaux intelligents. Les modalités pratiques
des contributions éventuelles au titre des Fonds structurels et d’investissement
européens conformément aux règlements concernés peuvent notamment faire partie
des points examinés. Dans ce contexte, la Commission encouragera les
pouvoirs adjudicateurs de toute l’Union à envisager la participation du secteur
privé, si elle est économiquement avantageuse, à la réalisation des projets
d’infrastructure; elle encouragera les autorités à recourir à des analyses du
cycle de vie complet et du rapport qualité-prix et à favoriser les offres qui
proposent un large choix de financements, en parfaite conformité avec les
récentes modifications apportées aux directives sur les marchés publics. De la
même manière, améliorer la disponibilité d’informations et de données
transparentes sur les nouveaux projets de partenariat public-privé (PPP)
pourrait inciter les investisseurs institutionnels à financer des projets
européens. Malgré l’importance de l’investissement dans
l’infrastructure, il y a très peu d’informations paneuropéennes cohérentes
disponibles sur la performance des crédits à l'infrastructure. Dans son rapport
de décembre 2013 à la Commission, l’AEPP a qualifié ce manque de données
d’obstacle à la réalisation des analyses nécessaires pour recommander un
calibrage à la baisse des exigences de fonds propres pour les actifs
d’infrastructure. Les infrastructures sont, par nature, des actifs de
grande taille, c’est pourquoi les échantillons sont plus petits que pour les crédits
d'entreprise traditionnels. Les informations sont souvent la propriété des
banques et des investisseurs partenaires et sont soumises à des clauses de
confidentialité strictes. En mettant ces informations à la disposition du
marché élargi, il est possible non seulement d’agrandir la base d’investisseurs
institutionnels mais également d’aider les organismes de régulation à examiner
les avantages d’un régime prudentiel sur mesure pour les investissements dans les
infrastructures. Actions
Les services de la Commission
évalueront en 2014 la possibilité de mise à disposition volontaire, si
possible par le biais d’un portail unique, des informations existantes sur
les projets et les plans d’investissement dans l’infrastructure par les
autorités nationales, régionales et municipales.
Les services de la Commission
évalueront en 2014 les possibilités et les modalités de collecte et, si
possible, de publication de statistiques de crédit complètes et
harmonisées sur la dette liée aux infrastructures, accessibles en un point
unique. Cet exercice constituerait un soutien aux travaux du CSF et du G20
et pourrait réunir la BEI, la BERD, les BDN et les investisseurs
institutionnels.
7.
Améliorer le cadre élargi du
financement durable La
capacité de l’économie à mettre à disposition des fonds pour le financement à
long terme dépend également d’un certain nombre de facteurs horizontaux comme la
gouvernance d’entreprise, la comptabilité et l’environnement juridique et
fiscal. L’environnement entrepreneurial et réglementaire en général joue un
rôle important pour l’investissement aussi bien national que transfrontière. Gouvernance
d'entreprise La
manière dont les actifs sont gérés peut jouer un rôle important dans le
financement à long terme en faisant concorder les incitations des investisseurs
institutionnels, des gestionnaires d’actifs et des entreprises avec leurs
stratégies à long terme et en réduisant dès lors les craintes liées au
court-termisme, à la spéculation et aux relations d’agence. De
nombreuses parties intéressées, ainsi qu’un grand nombre d’études empiriques et
de rapports, soulignent les avantages possibles de la participation financière
des salariés et de l’actionnariat des salariés pour l’amélioration de la
productivité et de la compétitivité, d’une part, et la motivation et la
fidélisation des salariés, d’autre part. Ces plans donnent naissance à des
actionnaires engagés qui privilégient le long terme. Des
éléments convaincants attestent l’importance des questions environnementales,
sociales et de gouvernance (ESG) pour la performance durable à plus long terme
des sociétés et des investisseurs qui s’engagent en faveur de ces questions. La
Commission a déjà imaginé plusieurs initiatives pour accroître la transparence
des entreprises par les entreprises elles-mêmes, comme la proposition sur la
publication d’informations non financières[41]. Pourtant,
seuls peu d’investisseurs tiennent compte des questions ESG pour constituer
leurs portefeuilles et certains investisseurs considèrent même qu’intégrer ces
facteurs irait à l’encontre de leur responsabilité fiduciaire d’obtenir
la meilleure rentabilité pour les bénéficiaires. Actions
La
Commission envisagera la présentation d'une proposition de révision de la
directive relative aux droits des actionnaires visant à mieux harmoniser
les intérêts à long terme des investisseurs institutionnels, des
gestionnaires d’actifs et des entreprises.
Dans
le cadre du projet pilote du Parlement européen intitulé «Promotion de
l’actionnariat et de la participation des salariés», la Commission prévoit
en 2014 d’évaluer l’actionnariat des salariés dans toute l’Union afin de
dresser l'inventaire des problèmes liés à la mise en œuvre transfrontière
de régimes d’actionnariat et de participation des salariés et de proposer
des actions envisageables au niveau de l’Union pour promouvoir la
participation des salariés, et en particulier l’actionnariat.
La
Commission envisagera la publication d'une recommandation destinée à
améliorer la qualité de la transmission d’informations en matière de
gouvernance d’entreprise, d'un rapport sur les incitations données aux investisseurs
institutionnels et aux gestionnaires d’actifs pour tenir davantage compte
des informations environnementales (l’empreinte carbonique et les risques
pour le climat, par exemple), sociales et de gouvernance (ESG) dans leurs
décisions d’investissement, ainsi que d’une étude sur les responsabilités
fiduciaires et la durabilité.
Les
normes comptables Le
livre vert a abordé la question de la conciliation entre l’exactitude des
informations fournies aux investisseurs et l’incitation à détenir et à gérer
des actifs à long terme. Dans ce contexte, la comptabilité à la juste valeur a
suscité les critiques d’une série de parties intéressées, qui lui reprochent
d’introduire une part de volatilité du marché dans les rapports d'information financière
et de favoriser ainsi les comportements à court terme. De nombreux répondants
ont commenté l’importance du cadre conceptuel de l’IASB pour garantir que les
normes comptables à venir sont élaborées sans porter préjudice à
l’investissement à long terme. Ils ont également évoqué les travaux en cours au
sein de l’IASB sur la révision de la norme sur les instruments financiers
(IFRS 9). Le
règlement de 2002 sur les normes comptables internationales (IAS) fait l’objet
d’une évaluation qui doit déterminer, entre autres, si les critères d’adoption
définis en 2002 sont toujours de circonstance et suffisamment solides pour
l’Europe d’aujourd’hui et pour demain[42]. À
cet égard, le traitement comptable des PME joue un rôle important. De
nombreuses parties intéressées demandent, pour les PME cotées, une version
simplifiée de l’ensemble des normes IFRS applicables à toutes les
entreprises cotées, tout en admettant que des normes strictes sont nécessaires
pour garder la confiance des investisseurs[43]. En outre, un cadre
comptable autonome et complet destiné aux PME non cotées pourrait être utile
pour les groupes transfrontières. Actuellement, les PME non cotées sont
soumises aux règles comptables nationales inspirées de la directive européenne
sur la comptabilité récemment révisée, qui définit des principes fondamentaux
communs que les États membres doivent respecter lorsqu’ils élaborent leurs
cadres comptables nationaux pour les PME (voir le document de travail des
services de la Commission). Actions ·
Dans le cadre de son adoption de la norme
IFRS 9 révisée, la Commission examinera si l’utilisation de la juste
valeur est adéquate dans le cas de cette norme, en particulier en ce qui
concerne les modèles économiques d’investissement à long terme. ·
La Commission invitera l’IASB à prendre dûment en
considération les conséquences de toutes ses décisions sur les horizons
d’investissement des investisseurs, aussi bien dans le cadre des projets
particuliers concernés que dans l’élaboration de son cadre conceptuel. Dans ce
contexte, il convient d’accorder une attention particulière à la réintroduction
du concept de prudence.
Les
services de la Commission évalueront le règlement IAS pour examiner avec
les parties intéressées, dans le courant de 2014, l’opportunité des
critères d’adoption, en prenant notamment en considération les besoins de
financement à long terme de l’Europe.
En
2014, les services de la Commission lanceront une consultation pour
examiner i) la nécessité d’instaurer une norme comptable simplifiée pour
les états financiers consolidés des PME cotées, et ii) l’utilité d’une
norme comptable autonome et complète pour les PME non cotées, en
complément de la directive comptable.
Environnement fiscal
et juridique
Une
grande majorité des régimes d’impôt sur les sociétés en Europe (et dans le
monde) favorisent l’endettement par rapport aux capitaux propres en autorisant
la déduction de la charge des intérêts, alors qu’aucun traitement similaire
n’existe pour les coûts liés au financement par émission de fonds propres.
Cette distorsion fiscale en faveur de l’endettement risque d’encourager les entreprises
à emprunter davantage et de pénaliser les entreprises innovantes et les jeunes
pousses financées grâce à des capitaux propres. Cette question a suscité un
intérêt majeur lors de la consultation publique. S’agissant
de l’environnement juridique du financement à long terme, les divergences entre
les systèmes de droit des États membres relatifs à l’insolvabilité et le manque
de flexibilité de ces lois génèrent des coûts élevés pour les investisseurs,
des rendements faibles pour les créanciers et des difficultés pour les
entreprises ayant des activités ou des participations transfrontières dans
l’Union. Ce manque d’efficience se ressent sur la disponibilité du financement
ainsi que sur la capacité des entreprises à s’établir et à grandir, pour les PME
en particulier. Par ailleurs, il existe des entraves juridiques au transfert de
créances, c'est-à-dire le concept juridique de la «cession de créances», qui
intervient dans de nombreuses opérations de financement transfrontières, comme
la titrisation et l’affacturage. L’absence de réglementation claire au niveau
de l’Union[44] est source d’insécurité
juridique pour la cession de créances transfrontière. Actions ·
La Commission continuera d'encourager, par des
recommandations individuelles adressées aux différents pays dans le cadre du
processus du semestre européen, l'investissement en capitaux propres, notamment
dans les États membres où la fiscalité des entreprises favorise l’endettement. ·
Comme le prévoit la recommandation de mars 2014[45] relative aux principes
de bonnes pratiques visant à permettre le redressement rapide des entreprises
viables et à offrir une seconde chance aux entrepreneurs en faillite, la
Commission examinera la mise en œuvre de la recommandation et évaluera la
nécessité de mener des études complémentaires. ·
Les services de la Commission publieront en 2014 un
rapport sur le droit applicable à la question des tiers dans le domaine de la
cession de créances.
8. Conclusion
Il est
essentiel, pour assurer la croissance intelligente, durable et inclusive de
l’Europe, d’encourager le financement à long terme. La présente communication
propose une large gamme d’initiatives dans différents domaines. Certaines dérivent
de la réglementation actuelle, d’autres sont d'une nature plus expérimentale. Toutes
visent à ce que le système financier mette à disposition davantage de
ressources pour les investissements à long terme. La Commission
s’engage à mettre en œuvre ce plan d’action. À cette fin, elle rencontrera au
besoin, et sur une base régulière, toutes les parties intéressées concernées.
La Commission invite les États membres et le Parlement européen à soutenir les
initiatives présentées dans la présente communication. [1] Concepts
introduits par l’OCDE, dans «Promoting Longer-Term Investment by Institutional
Investors: Selected Issues and Policies», 2011, http://www.oecd.org/daf/fin/private-pensions/48616812.pdf [2] Mécanisme
pour l’interconnexion en Europe: 500 milliards d’EUR pour le transport, 200
milliards d’EUR pour l’énergie, 270 milliards d’EUR pour le haut débit rapide
(http://ec.europa.eu/transport/themes/infrastructure/connecting/doc/connecting/2012-10-02-cef-brochure.pdf)
[3] Voir le paquet «Investissements
sociaux», COM (2013)83 du 20.2.2013. [4] Communication
sur un cadre d'action en matière de climat et d’énergie pour la période
comprise entre 2020 et 2030, http://ec.europa.eu/energy/doc/2030/com_2014_15_fr.pdf
[5] Pour une
explication détaillée, voir le document de travail des services de la
Commission accompagnant le livre vert sur le financement à long terme: http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=SWD:2013:0076:FIN:EN:PDF
[6] Pour
une synthèse détaillée des réactions et les réponses non confidentielles, voir:
http://ec.europa.eu/internal_market/consultations/2013/long-term-financing/docs/summary-of-responses_en.pdf. [7] http://europa.eu/efc/working_groups/hleg_report_2013.pdf. [8] http://www.europarl.europa.eu/oeil/popups/ficheprocedure.do?reference=2013/2175%28INI%29&l=FR [9] Voir http://en.g20russia.ru/news/20130906/782782178.html. [10] Voir http://www.oecd.org/finance/private-pensions/G20-OECD-Principles-LTI-Financing.pdf. [11] Règlement
(UE) n° 575/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant
les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux
entreprises d'investissement et modifiant le règlement (UE) n° 648/2012;
directive 2013/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant
l'accès à l'activité des établissements de crédit et la surveillance
prudentielle des établissements de crédit et des entreprises d'investissement,
modifiant la directive 2002/87/CE et abrogeant les directives 2006/48/CE et
2006/49/CE. [12] Voir le considérant 100 du
règlement (UE) n° 575/2013. [13] COM/2014/043 [14] Article 505: «Le
31 décembre 2014 au plus tard, la Commission soumet au Parlement
européen et au Conseil un rapport […] sur la pertinence des exigences imposées
dans le présent règlement compte tenu de la nécessité de garantir des niveaux
de financement adéquats pour toutes les formes de financement à long terme pour
l'économie, y compris les projets d'infrastructures critiques dans l'Union dans
le domaine des transports, de l'énergie et des communications». [15] Article 516: «Le
31 décembre 2015 au plus tard, la Commission présente un rapport sur
l'impact du présent règlement sur le soutien aux investissements à long terme
dans des infrastructures favorables à la croissance». [16] Article 460 du règlement
CRR. [17] Article 510, paragraphe
3, du règlement CRR. [18] Directive
2009/138/CE du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2009 sur l’accès
aux activités de l’assurance et de la réassurance et leur exercice (Solvabilité
II) [19] Article
132 de la directive « Solvabilité II ». [20] Les
exigences de fonds propres ne sont qu’un des éléments déclencheurs des
décisions d’investissement, en outre des régimes d’imposition, des règles
comptables ou du manque d’expérience des assureurs dans les actifs moins
liquides. [21] Voir https://eiopa.europa.eu/fileadmin/tx_dam/files/consultations/consultationpapers/EIOPA-13-163/2013-12-19_LTI_Report.pdf. [22] Contrairement
à la situation dans le secteur bancaire, les exigences de fonds propres
dépendent du profil de risque de chaque assureur et sont nettement inférieures
aux paramètres de simulation de crise puisque le calcul ne repose pas
exclusivement sur des facteurs. Les exigences de fonds propres correspondent à
la perte potentielle encourue par l’assureur en période de crise sur le marché,
après avoir pris en considération plusieurs circonstances atténuantes
propres à chaque assureur (réduction des futures primes des preneurs
d’assurance, crédits d’impôts différés, couverture, diversification par
d’autres sources de risque, etc.). Sur la base des analyses d’impact
quantitatives les plus récentes à l’échelle européenne, la Commission estime
que les exigences de fonds propres correspondant au risque de marché pour un
assureur proposant des assurances vie traditionnelles ayant des passifs à long
terme sont entre deux et trois fois inférieures aux paramètres de simulation de
crise pour chaque type d’investissement. [23] Une
directive proposée en 2011 [COM(2011)0008] pour adapter Solvabilité II au
nouveau cadre de mesures d’exécution introduit par le traité de Lisbonne et à
la création de l’AEAPP. [24] La
part de leurs actifs consacrée aux investissements de ce type reste toutefois limitée,
notamment dans le domaine des actifs d'infrastructure. Par exemple, une récente enquête de l’OCDE sur 86 grands fonds de
pension et fonds de réserve publics (http://www.oecd.org/daf/fin/private-pensions/survey-large-pension-funds.htm) a conclu que seulement 1 % des actifs étaient investis dans des
fonds d’infrastructure non cotés et 12 % à 15 % dans d’autres fonds
alternatifs (les actifs restants étant investis dans des fonds
obligataires et des fonds actions cotés). [25] http://ec.europa.eu/internal_market/pensions/docs/calls/072012_call_en.pdf.
[26] Les introductions en bourse au Royaume-Uni,
en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne sont passées d’environ
350 par an entre 1996 et 2000 à quelque 70 par an entre 2008 et 2012 (voir
OCDE, document de travail, Making Stock Markets Work to Support Economic
Growth, http://www.oecd-ilibrary.org/fr/governance/making-stock-markets-work-to-support-economic-growth_5k43m4p6ccs3-en). Une baisse similaire a été enregistrée aux États-Unis, où le nombre
d’introductions en bourse a chuté d’environ 500 par an avant 1999 à
quelque 100 par an après 1999 (voir http://www.sec.gov/info/smallbus/acsec/ipotaskforceslides.pdf). [27] Voir http://www.sec.gov/info/smallbus/acsec/ipotaskforceslides.pdf. [28] La
Fédération des bourses européennes (FESE), European Issuers et l’Association
européenne des sociétés de capital-risque (EVCA). Voir http://www.fese.eu/en/?inc=cat&id=8 [29] Conformément
à l’article 35 de la Directive du Parlement européen et du Conseil concernant
les marchés d’instruments financiers abrogeant la Directive 2004/39/CE (MiFID II), tel que rédigé dans le texte final de compromis. [30] Article
4 de la directive 2010/73/UE du Parlement européen et du Conseil du 24 novembre
2010 concernant le prospectus à publier en cas d’offre au public de valeurs
mobilières ou en vue de l’admission de valeurs mobilières à la négociation et
la directive 2004/109/CE sur l’harmonisation des obligations de transparence
concernant l’information sur les émetteurs dont les valeurs mobilières sont
admises à la négociation sur un marché réglementé. [31] Voir
par exemple le projet de rapport du Parlement européen rédigé par
Kratsa-Tsagaropoulou sur la proposition de règlement du Parlement européen et
du Conseil relatif aux fonds européens d’investissement à long terme. [32] Les
principales initiatives sont les dispositions juridiques du règlement sur les
agences de notation de crédit qui imposent à l’AEMF de mettre en place un site
internet public (CRA3, art. 8 ter) ainsi que la base de données
européenne centralisée (European DataWarehouse, EDW) soutenue par la
BCE. [33] Les
dispositions incluses dans la directive CRD depuis 2006, et désormais dans le
règlement CRR, ont déjà donné lieu à une importante harmonisation en ce qui concerne
la gamme d’actifs éligibles au titre d’obligations garanties. De même,
concernant la transparence, le règlement CRR impose déjà une norme minimale. [34] Voir
l’article 503 du règlement CRR. [35] En
2012, 36 entreprises européennes (dont 11 petites entreprises
enregistrant un revenu inférieur à 500 millions d’USD) ont utilisé le
marché américain du placement privé, pour un montant de près de
20 milliards d’USD. Voir
http://www.thecityuk.com/research/our-work/reports-list/alternative-finance-for-smes-and-mid-market-companies/ [36] Voir http://ec.europa.eu/internal_market/investment/private_placement/index_en.htm. [37] Voir
l’enquête de la BCE sur l’accès au financement des PME de la zone euro,
réalisée d’avril à septembre 2013, http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/accesstofinancesmallmediumsizedenterprises201311en.pdf?acff8de81a1d9e6fd0d9d3b38809a7a0.
Seules 33 % des PME qui ont introduit une demande de crédit en Grèce ont
obtenu l’intégralité du montant demandé, et seules 50 % en Espagne et en
Italie (contre une moyenne de 65 % dans la zone euro et 87 % en
Allemagne). Quelques timides signes d’amélioration pointent toutefois à
l’horizon: 60 % des PME d’Irlande affirment avoir réussi à obtenir un
prêt, contre 30 % lors du semestre précédent, tandis qu’en Espagne le
pourcentage est passé de 40 % à 50 %. [38] Voir le récent appel à propositions
lancé par la Commission (http://ec.europa.eu/enterprise/contracts-grants/calls-for-proposals/index_en.htm). [39] Voir http://elite.borsaitaliana.it/en. [40] L'IOP est
un instrument de partage des risques mis en place par la Commission et la BEI
et dont l’objectif est de permettre aux sociétés chargées des projets d’émettre
des emprunts obligataires pour le financement de projets qui soient attrayants
pour les investisseurs sur le marché des capitaux d’emprunt dans les secteurs
des réseaux transeuropéens de transport (RTE-T) et de l’énergie (RTE-E), ainsi
que les télécommunications et les réseaux à large bande. [41] COM(2013)
207 [42] Voir
le rapport de Philippe Maystadt intitulé «Should IFRS Standards be More European?», http://ec.europa.eu/internal_market/accounting/docs/governance/reform/131112_report_en.pdf [43] Le
Conseil des normes comptables internationales (IASB) a élaboré un ensemble de
normes simplifiées, les normes IFRS pour PME. Ces normes sont toutefois
destinées aux entreprises non cotées. [44] Le
règlement (CE) n° 593/2008 sur la loi applicable aux obligations
contractuelles (Rome I) ne règle actuellement pas expressément cette
question. [45] C(2014) 1500