RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Quatrième rapport de suivi de la libéralisation du régime des visas concernant les pays des Balkans occidentaux conformément à la déclaration de la Commission du 8 novembre 2010 /* COM/2013/0836 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT
EUROPÉEN ET AU CONSEIL Quatrième rapport de suivi de la
libéralisation du régime des visas concernant les pays des Balkans occidentaux
conformément à la déclaration de la Commission du 8 novembre 2010 (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE) 1. Introduction Depuis le 19 décembre 2009, les
ressortissants de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, du Monténégro
et de la Serbie possédant un passeport biométrique peuvent se rendre sans visa
dans les États membres de l’Union européenne, conformément au règlement n°
539/2001[1].
Depuis le 15 décembre 2010, les mêmes conditions s’appliquent aux citoyens
d’Albanie et de Bosnie-Herzégovine. La décision de supprimer l’obligation de
visa a été prise à la suite d’une évaluation minutieuse des progrès accomplis
par ces pays en vue de la réalisation des objectifs des feuilles de route
relatives au processus de libéralisation du régime des visas dans des domaines
tels que la sécurité des documents, la gestion des frontières et de
l’immigration, l’asile, la lutte contre la criminalité organisée et la
corruption, et la protection des droits fondamentaux dans le cadre de la libre
circulation. La mise en place du régime d’exemption des visas marque l’une des
plus grandes avancées de ces pays vers l’intégration dans l’Union européenne. Dans une déclaration devant le Conseil
«Justice et affaires intérieures», le 8 novembre 2010, la Commission a souligné
que, pour garantir l’intégrité du régime d’exemption de visas, il importe que
tous les pays des Balkans occidentaux continuent de mettre en œuvre les mesures
définies dans leurs feuilles de route. La Commission a mis en place un
mécanisme de suivi de la libéralisation du régime des visas, qui couvre tous
les domaines abordés dans les feuilles de route, afin de pouvoir évaluer la
durabilité des réformes engagées pour garantir l’intégrité du régime
d’exemption des visas. Le présent document est le quatrième
rapport de suivi de la libéralisation du régime des visas depuis la déclaration
de la Commission en 2010[2].
Il explique dans les grandes lignes la genèse du mécanisme de suivi de la
libéralisation du régime des visas; il présente l’évaluation par la Commission
des mesures mises en œuvre par les pays des Balkans occidentaux sur la base des
feuilles de route; il décrit le fonctionnement du régime d’exemption de visas;
et il recommande des réformes à entreprendre pour éviter que se répètent les
problèmes qui grippent le système depuis 2010. 1. Renforcement du mécanisme
de suivi de la libéralisation du régime des visas La Commission a publié son troisième
rapport sur le mécanisme de suivi de la libéralisation du régime des visas le
28 août 2012[3].
Ce rapport faisait le point sur les progrès accomplis dans chaque pays concerné
en vue de la mise en œuvre des réformes prescrites dans les feuilles de route
sur la libéralisation des visas, décrivait le fonctionnement du régime
d’exemption des visas et évaluait les mesures prises par ces pays pour lutter
contre le recours abusif aux procédures d’asile dans les États membres de l’UE. Le dialogue sur
l’exemption des visas entre la Commission et les pays des Balkans occidentaux
se déroule dans le cadre du processus de stabilisation et d’association. Des
représentants de la Commission se sont rendus au Monténégro en janvier 2013, en
Serbie en mai 2013 et en Bosnie-Herzégovine en juin 2013. Ils ont ainsi pu,
avec l’aide d’experts des États membres, vérifier sur place la qualité des
réformes entreprises par ces pays exemptés de visas. Le 10e Forum ministériel UE-Balkans
occidentaux sur la justice et les affaires intérieures a eu lieu à Tirana le 5
novembre 2012, alors que l’UE était confrontée à un afflux saisonnier sans
précédent de demandeurs d’asile originaires des Balkans occidentaux. Les pays
des Balkans occidentaux ont adopté une déclaration commune sur les exemptions
de visas, dans laquelle ils réaffirment leur détermination à mettre en œuvre
les réformes nécessaires pour assurer l’intégrité du régime d’exemption des
visas. La Commission a convoqué une réunion des hauts responsables le 12
novembre 2012 afin de donner une forme concrète à ces engagements. Les
participants sont convenus de renforcer le mécanisme de rapport sur les flux
migratoires, en s’appuyant sur les alertes mensuelles de Frontex et les contributions
d’Europol et du Bureau européen d’appui en matière d’asile (BEAA). En décembre 2012, tous les pays des Balkans
occidentaux concernés par le régime d’exemption de visas ont commencé à
présenter à la Commission des statistiques mensuelles sur les flux migratoires
vers l’UE. La Commission a fait le point sur ce système de rapport lors de la
réunion des hauts responsables qui s’est tenue à Bruxelles le 22 février 2013. Face à la forte augmentation des demandes
d’asile dans certains pays en 2012 et 2013, les États membres de l’UE et les
pays associés à l’Espace Schengen qui étaient concernés, ainsi que leurs
homologues des Balkans occidentaux, ont immédiatement pris des mesures. L’explosion
des demandes d’asile introduites au Royaume-Uni par des ressortissants albanais
au début de 2013 a conduit les autorités britanniques à dépêcher à Tirana un
agent de liaison en matière d’immigration. En août 2012, les autorités
allemandes responsables de l’asile ont répondu à l’augmentation des demandes
d’asile émanant de ressortissants serbes et macédoniens en rétablissant une
unité d’appui pour les Balkans occidentaux, qui a permis de réduire le temps de
traitement des dossiers pour les décisions de première instance. En juillet
2012, l’autorité fédérale suisse des migrations a mis en place une procédure
accélérée pour tous les demandeurs d’asile en provenance de pays européens
bénéficiant de l’exemption de visas. Les autorités suédoises, confrontées à une
soudaine augmentation des demandes d’asile de ressortissants albanais en avril
et mai 2012, ont envoyé des agents de liaison en Serbie et au Monténégro, et
ont persuadé leurs homologues albanais de renforcer les contrôles à tous les
points-frontières. La police des frontières albanaise a renforcé le contrôle
des vols à destination de la Suède en provenance de la Grèce, du Kosovo* et de l’ancienne
République yougoslave de Macédoine, points de départ privilégiés des passagers
albanais. À ce jour, Frontex a publié 34 rapports
d’alerte, avec l’appui de son réseau d’analyse des risques pour les Balkans
occidentaux. Son analyse annuelle 2013 des risques pour les Balkans
occidentaux, qui a été présentée aux participants des Balkans occidentaux lors
de la conférence de Skopje en mai 2013, résume les dernières tendances en matière
de contrôle aux frontières extérieures de l’UE et d’immigration illégale en
provenance de cette région. Ces rapports ainsi que l’analyse annuelle des
risques livrent une analyse très pointue des tendances dans les flux
migratoires en provenance de la région et des mesures opérationnelles prises
par les États membres de l’UE et les pays exemptés de visa pour prévenir les
abus en matière d’asile. La Commission s’appuie sur les rapports d’alerte
mensuels de Frontex pour donner des instructions au Conseil et, si nécessaire,
organiser des réunions des hauts responsables. 2. Évaluation de la mise en
œuvre continue, par les pays des Balkans occidentaux, des mesures prises pour
se conformer aux prescriptions des feuilles de route La présente évaluation se fonde sur: les
rapports d’alerte mensuels et l’analyse annuelle 2013 des risques pour les
Balkans occidentaux publiés par Frontex; les statistiques mensuelles sur les
tendances des flux migratoires fournies par les pays des Balkans occidentaux;
les rapports narratifs des pays exemptés de visa, qui analysent les causes du
phénomène d’abus du droit d’asile; d’autres informations fournies par le BEAA et
d’autres agences de l’UE; les conclusions des réunions des sous-comités et des
réunions de dialogue à haut niveau organisées dans chaque pays dans le cadre du
processus de stabilisation et d’association; ainsi que les résultats de
missions d’évaluation ciblées menées par des représentants de la Commission. Cette
évaluation suit la structure par blocs de la feuille de route de chaque pays
concernant la libéralisation du régime des visas de chaque pays. 2.1. Albanie La production et la distribution de
passeports biométriques et de cartes d’identité se poursuivent. Depuis leur introduction
en mai 2009, les autorités albanaises ont délivré 2 590 000
passeports biométriques. L’Albanie a modifié sa législation afin de rendre plus
strictes les conditions de changement de nom, une procédure à laquelle
recourent certains citoyens pour se soustraire aux contrôles frontaliers. La
loi relative au registre d’état civil a ainsi été modifiée de façon à limiter
et à contrôler les modifications au registre. En vertu d’un nouveau décret pris
par le ministre de l’intérieur, les citoyens doivent, préalablement à toute
demande de changement de nom, se procurer auprès de la police des frontières un
certificat attestant qu’ils ne figurent pas sur la liste des personnes visées
par une interdiction d’entrer dans l’espace Schengen. Entre juin 2012 et mars
2013, quelque 34 pour cent des 6 763 demandes de changement de nom ont été
rejetées pour ce motif. La fraude documentaire, en particulier l’utilisation de
faux timbres aux frontières extérieures de l’UE et l’utilisation de passeports
contrefaits par des ressortissants albanais, reste un problème majeur. L’Albanie a réalisé des
progrès dans le domaine de la gestion des frontières. Elle a intensifié la
coopération opérationnelle avec la Grèce, l’Italie et le Kosovo; mis en œuvre
l’accord établissant un centre commun pour la coopération policière avec
l’ancienne République yougoslave de Macédoine; et organisé plusieurs
patrouilles conjointes avec le Kosovo, l’ancienne République yougoslave de
Macédoine et le Monténégro. L’Albanie a également raccordé le système
informatique de la police des frontières à la base de données du registre d’état
civil aux points de passage frontaliers, créant ainsi un deuxième niveau de
contrôle pour détecter les changements de nom frauduleux. Les capacités
d’analyse des risques et d’évaluation des menaces doivent être renforcées. Dans le domaine de l’asile, le cadre
juridique et institutionnel est en place. Toutefois, seuls quelques candidats
se voient accorder une protection internationale en Albanie. Il convient
d’intensifier les efforts en la matière. À ce jour, les réfugiés et les
personnes bénéficiant d’une protection subsidiaire n’ont encore reçu aucun
document d’identité. Le régime des visas albanais n’est pas encore pleinement
conforme aux normes européennes. Quelques progrès ont été observés dans le
domaine des migrations. L’Albanie continue d’appliquer l’accord de réadmission
conclu avec l’UE. Le nombre de ressortissants albanais retournant
volontairement dans leur pays était plus élevé en 2012 qu’en 2011. Il convient
toutefois de renforcer les capacités institutionnelles en vue de la mise en
œuvre de la stratégie et des plans d’action pour les migrants de retour au
pays. Des avancées ont également été réalisées
dans le domaine de la coopération policière et de la lutte contre la
criminalité organisée. La police albanaise procède actuellement à un
remaniement de ses procédures de manière à renforcer les capacités de ses
officiers de première ligne en matière d’élaboration de rapports ainsi que la
proactivité de ses services d’enquête. Il devient néanmoins urgent que les
institutions clés intensifient la coordination et maximisent leur capacité
d’enquêter sur le grand banditisme et sur la criminalité organisée. L’Albanie
est sur le point de conclure un accord opérationnel avec Europol. Des améliorations ont été constatées dans
le domaine de la lutte contre les produits stupéfiants. Au premier trimestre de
2013, le nombre d’affaires pénales liées au trafic de stupéfiants a augmenté de
près de 40 pour cent tandis que le nombre de personnes placées en détention
pour des faits liés aux stupéfiants a augmenté de 11,5 pour cent. Si les
saisies de marijuana et de cocaïne ont été plus nombreuses, les saisies
d’héroïne, en revanche, ont diminué. Certaines avancées ont aussi été
enregistrées dans la lutte contre la traite des êtres humains, même si celle-ci
demeure un problème important au niveau national. Il existe des procédures
opérationnelles standard pour l’identification et l’aide aux victimes et
victimes potentielles, mais les capacités des instances judiciaires et la coopération
internationale doivent être renforcées. Un groupe de travail conjoint auquel
participent le ministère de l’intérieur, le bureau du procureur et le ministère
de la justice a été mis en place en novembre 2012 pour débattre de cas concrets
de traite d’êtres humains. Il importe d’assurer le suivi de cette initiative. Des progrès ont été réalisés dans le
domaine du blanchiment d’argent. La police a mis au point des évaluations des
risques, qu’elle a partagées avec d’autres agences. Sur la base des recommandations
Moneyval, le code pénal a été modifié de manière à établir l’autonomie du
blanchiment d’argent par rapport à l’infraction principale et à introduire la
notion d’auto-blanchiment. Le nombre de condamnations dans des affaires de
blanchiment d’argent, relativement faible jusqu’alors, est en hausse, de même
que le nombre de signalements de transactions suspectes. Quelques progrès ont été engrangés dans la
lutte contre la corruption. Le cadre juridique et institutionnel est
globalement fixé, mais les obstacles à de véritables enquêtes sur les hauts
fonctionnaires et les magistrats n’ont pas encore été levés. Un registre
complet des enquêtes, poursuites et condamnations à tous les niveaux doit être
mis en place, mais les efforts commencent à payer. Entre 2012 et 2013, le
nombre d’affaires de corruption renvoyées devant les tribunaux a augmenté de 22
à 45; le nombre d’enquêtes proactives est passé de 19 à 32; et les opérations
de police liées à la corruption et à la criminalité en col blanc ont augmenté, de
5 à 11. Les progrès dans le domaine des droits
fondamentaux sont inégaux. Ainsi, si des avancées ont été observées concernant
les droits des femmes et la lutte contre la discrimination, la situation des
Roms a quant à elle peu changé. Les outils politiques ciblant les groupes
vulnérables doivent être appliqués de manière plus efficace. La stratégie
d’amélioration des conditions de vie des Roms est incohérente. Des mesures ont
été prises en vue de remédier au problème des enfants roms non déclarés. Il est
indispensable d’accélérer la mise en œuvre des mesures définies dans le plan
d’action national pour la Décennie pour l’intégration des Roms. De manière
générale, les Roms vivent toujours dans des conditions extrêmement précaires et
sont souvent victimes de discriminations dans l’accès à l’éducation, à
l’emploi, aux soins de santé et au logement. 2.2. Bosnie-Herzégovine Des progrès ont été réalisés en matière de
sécurité des documents. Les autorités ont délivré 1 791 444
passeports biométriques mais 62 565 anciens passeports sont toujours en
circulation. La Bosnie-Herzégovine a adopté une nouvelle loi sur les passeports
et a procédé aux aménagements nécessaires pour pouvoir émettre les passeports
biométriques de troisième génération. Des cartes d’identité électroniques de
nouvelle génération sont délivrées depuis mars 2013 et, à ce jour, 258 077
cartes ont été personnalisées. Les amendements proposés à la loi sur la
résidence n’ont pas encore été adoptés. La stratégie révisée et le plan d’action
pour la gestion intégrée des frontières sont actuellement mis en œuvre, et des
mécanismes de suivi ont été mis en place. La coopération opérationnelle et le
partage d’informations avec Frontex ont été maintenus, et la police des
frontières a reçu une formation complémentaire. Un centre commun d’analyse des
risques fournit des analyses stratégiques aux autorités compétentes. Les
équipements de surveillance des points de passage frontaliers ont été
modernisés. La coopération avec les pays voisins s’est poursuivie et des patrouilles
frontalières conjointes ont été déployées régulièrement, facilitant la
détection des immigrés clandestins et des marchandises de contrebande. La
Bosnie-Herzégovine a fermé 44 points de passage à la frontière avec le
Monténégro identifiés comme non autorisés. Les points de passage non autorisés
à la frontière avec la Serbie n’ont pas encore été fermés. Concernant l’asile, les amendements à la
loi sur la circulation et le séjour des étrangers et des demandeurs d’asile ont
été adoptés. Grâce à ces modifications, la loi est plus conforme aux normes
européennes et internationales. De nouvelles mesures seront toutefois
nécessaires pour aligner les dispositions relatives à la détention sur l’acquis
communautaire. Une nouvelle stratégie et un plan d’action sur les migrations et
l’asile ont été adoptés. Les autorités ont construit un centre d’asile
permanent à Trnovo, et la capacité du système d’asile semble actuellement
suffisante pour faire face au nombre de demandes. Les agents des services
d’asile ont par ailleurs reçu une formation complémentaire. La situation s’est améliorée dans le
domaine des migrations. Le centre de rétention provisoire pour immigrés
clandestins est à présent opérationnel. L’accord de réadmission conclu entre
l’Union européenne et la Bosnie-Herzégovine est mis en œuvre, mais il convient
d’appliquer pleinement la stratégie de réinsertion des personnes rapatriées. La Bosnie-Herzégovine prépare une nouvelle
stratégie de lutte contre la criminalité organisée en s’inspirant de
l’Évaluation de la menace que représente la grande criminalité organisée
d’Europol. La précédente stratégie n’allait pas au-delà de 2012. Le système
d’échange de données électroniques entre les forces de maintien de l’ordre et
les magistrats est à présent opérationnel mais la direction de la coordination
des services de police n’a pas accès aux bases de données sous-jacentes. L’absence
d’échanges systématiques d’informations et de renseignements sur la criminalité
et de mécanismes de coordination efficaces entrave la lutte contre la
criminalité organisée. Un projet de loi sur la protection des témoins est par
ailleurs sur le point d’être adopté. Il n’existe pas de système efficace pour
gérer la confiscation des biens. En 2012, plusieurs opérations de police de
grande envergure ont été menées avec succès en collaboration avec des pays
tiers dans le cadre de la lutte contre la traite des êtres humains, le trafic
de stupéfiants et le trafic d’armes. La feuille de route convenue entre Europol
et le ministère de la sécurité doit être pleinement mise en œuvre. L’évaluation
de la protection des données par Europol, condition indispensable à la
conclusion de tout accord opérationnel, a été réalisée et soumise à l’avis de
l’autorité de contrôle commune d’Europol. Pour ce qui concerne la lutte contre le
trafic de stupéfiants, la capacité des institutions de coordonner et mettre en
œuvre le cadre politique reste déficiente. Les capacités répressives doivent
être renforcées. La mise en œuvre de la précédente stratégie nationale de lutte
contre les stupéfiants et de son plan d’action s’est révélée insuffisante. Les
propositions d’amendements à la loi sur la prévention et la répression de
l’abus de stupéfiants, et notamment celle concernant la création d’un Office
des stupéfiants, n’ont pas encore été adoptées. La coopération avec
l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies s’est poursuivie. Une nouvelle stratégie et un plan d’action
ont été adoptés pour lutter contre la traite des êtres humains. Des
dispositions relatives à la traite des êtres humains ont été intégrées dans les
codes pénaux de la Republika Srpska et du district de Brčko. Il reste
encore à adopter des amendements similaires au niveau de l’état et de la
fédération. Le nombre de victimes recensées a augmenté. Les campagnes
d’information à l’intention des travailleurs sociaux, des enseignants, des
inspecteurs du travail et des magistrats continuent. Le service de lutte contre
la traite des êtres humains au sein du bureau du coordinateur national et la
base de données sur les victimes ne sont pas encore entièrement opérationnels. Aucune mesure efficace n’a encore été prise
pour prévenir le blanchiment d’argent et le financement des activités
terroristes. Il est indispensable de renforcer la législation et d’améliorer la
mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action pour la prévention du
blanchiment d’argent et du financement d’activités terroristes. Il convient
également d’adopter une nouvelle loi sur le blanchiment d’argent et le
financement du terrorisme, et de modifier le code pénal en s’appuyant sur les
recommandations Moneyval. Le plan d’action défini pour suivre la recommandation
Moneyval doit être appliqué. Le partage d’informations via Egmont Group, un
réseau de cellules de renseignement financier (CRF), s’est poursuivi. La mise en œuvre de la nouvelle stratégie
et du plan d’action anti-corruption a été différée. L’agence pour la prévention
de la corruption et la coordination de la lutte contre la corruption a embauché
du personnel mais n’est pas encore pleinement opérationnelle. La corruption
reste un phénomène très largement répandu, tant dans le secteur public que
privé. Les services répressifs et les magistrats doivent prendre des mesures
plus fermes, et ce le plus rapidement possible. Les enquêtes, poursuites et
condamnations liées à des affaires de corruption sont rares. Une nouvelle loi
sur le financement des partis politiques a été adoptée mais la législation dans
ce domaine demeure fragmentée. Les amendements à la loi sur les conflits
d’intérêt doivent être affinés. Enfin, il n’existe aucune législation
garantissant la protection des dénonciateurs. S’agissant des droits fondamentaux liés à
la liberté de circulation, la situation des Roms s’est légèrement améliorée. Un
comité sur les Roms a été constitué au sein du gouvernement afin de suivre
l’évolution de la mise en œuvre de la stratégie en faveur des Roms et d’évaluer
la Décennie de l’intégration des Roms entre 2005 et 2015. Il est composé de 22
membres, dont la moitié sont issus de la communauté rom et l’autre moitié
d’institutions compétentes. Le comité s’est réuni à deux reprises et a alloué
des fonds à des projets visant à faciliter l’accès des Roms à l’emploi, au
logement et aux soins de santé. Toutefois, les mesures mises en place pour
améliorer la situation des femmes et des enfants roms sont bien maigres. Dans
de nombreux cas, la naissance des enfants roms n’est pas enregistrée, ce qui
signifie qu’ils ne peuvent pas être scolarisés ni bénéficier d’une assurance
santé. La mendicité organisée des enfants reste un problème très préoccupant. 2.3. Ancienne République
yougoslave de Macédoine L’ancienne République yougoslave de
Macédoine a réalisé des progrès en matière de sécurité des documents. Les
autorités ont délivré 1 603 993 passeports biométriques entre avril
2007 et décembre 2012. Le processus de délivrance des documents se déroule sans
heurts. Depuis février 2012, seuls les passeports biométriques sont valables. S’agissant de la gestion des frontières, la
coopération opérationnelle et le partage des données avec Frontex se sont
poursuivis. Au premier trimestre de 2013, l’ancienne République yougoslave de
Macédoine a déployé 87 patrouilles mixtes avec l’Albanie, la Bulgarie, le
Kosovo et la Serbie. Les travaux en vue de l’introduction du système de
communication radio TETRA se sont poursuivis, et la police des frontières a
reçu une formation complémentaire. Les capacités institutionnelles et
fonctionnelles du centre national de coordination de la gestion des frontières
restent insuffisantes. Concernant l’asile, un programme national
d’intégration a été adopté. La construction de 20 infrastructures de logement,
financée par le HCR, a débuté. 527 demandes d’asile ont été introduites en
2012, soit 213 de moins qu’en 2011. La majorité de ces demandes émanaient de
ressortissants afghans et pakistanais. Les campagnes d’information à
destination des demandeurs d’asile continuent. Les capacités du service en
charge des demandes d’asile au sein du ministère de l’intérieur ont été
renforcées grâce à la formation complémentaire du personnel. Le cadre
législatif et institutionnel est satisfaisant mais la mise en œuvre doit être
améliorée. Le processus de délivrance de documents d’identité aux demandeurs
d’asile a été accéléré mais la mise à disposition d’interprètes pour interroger
les demandeurs d’asile pose toujours problème. Concernant les migrations, la loi relative
aux étrangers a été modifiée de manière à simplifier les procédures d’octroi de
permis de séjour provisoires. 682 immigrés clandestins ont été détectés en
2012; 111 d’entre eux ont été repérés durant les deux premiers mois de 2013. La
capacité de gestion des flux migratoires est insuffisante face à l’augmentation
du nombre de migrants qui transitent par le pays. L’ancienne République
yougoslave de Macédoine a continué de mettre en œuvre l’accord de réadmission
conclu avec l’UE. Dans le domaine de la lutte contre la
criminalité organisée, le centre pour la répression de la criminalité organisée
et du grand banditisme au ministère de l’intérieur a rencontré des difficultés
pour recruter du personnel. La base de données criminelles nationale, qui doit
permettre de regrouper les renseignements, n’est pas encore opérationnelle. Le
centre national de coordination de la lutte contre la criminalité organisée n’a
pas encore été mis sur pied. La coopération entre les instances judiciaires
compétentes (ministère de l’intérieur, ministère public, administration des
douanes et police financière) dans la lutte contre la criminalité organisée
doit être intensifiée. Les formations en vue de la mise en œuvre de la nouvelle
loi relative à la procédure pénale se sont poursuivies. Le travail des parquets est entravé par
l’absence d’accès direct aux bases de données des services répressifs. Par
ailleurs, la police ne dispose d’aucun mécanisme de contrôle externe
indépendant et efficace. La coopération entre les forces de l’ordre et les
services douaniers dans le cadre de saisies de produits stupéfiants a été
améliorée, et plusieurs opérations de police internationales ont été menées
avec succès contre des réseaux de trafic de stupéfiants. Les effectifs du
département des drogues illicites du ministère de l’intérieur devraient être
renforcés. La coopération internationale et régionale dans le domaine de la
criminalité organisée transfrontière a été maintenue. L’ancienne République
yougoslave de Macédoine a ratifié un accord opérationnel mais n’a pas encore
affecté d’officier de liaison à Europol. Une nouvelle stratégie et un plan d’action
ont été adoptés pour lutter contre la traite des êtres humains. Ils mettent
l’accent sur l’identification des victimes, la prévention et l’amélioration de
la réinsertion des victimes. Il est également prévu de créer un fonds d’État
pour l’indemnisation des victimes de la traite des êtres humains. Six équipes
mobiles ont été mises en place au niveau local, en collaboration avec des ONG, en
vue de l’identification précoce des victimes potentielles. La formation des
forces de l’ordre, y compris la police des frontières, des procureurs, des
juges et des fonctionnaires s’est poursuivie. 24 personnes ont été condamnées
en 2012 dans le cadre de quatre affaires liées à la traite des êtres humains.
Il convient toutefois de développer une approche de la traite qui soit globale,
pluridisciplinaire et davantage centrée sur la victime. Les capacités
d’identification et de réinsertion des victimes et de poursuite des auteurs
doivent aussi être améliorées. Concernant la lutte contre la corruption, le
cadre législatif a été consolidé en 2012 afin de permettre une vérification
systématique des déclarations de conflit d’intérêt par la commission d’État
pour la prévention de la corruption. Au total, 483 déclarations soumises par
des membres du gouvernement, des membres du parlement et des fonctionnaires ont
fait l’objet d’une vérification en 2012, laquelle a débouché sur
l’identification de 9 conflits d’intérêt. 123 personnes ont omis de présenter
des déclarations de conflit d’intérêt, et des poursuites correctionnelles ont
été engagées dans 26 cas. Un plan détaillé pour la vérification des
déclarations émanant du corps judiciaire et d’administrations locales autonomes
a été adopté au premier trimestre de 2013. Une formation complémentaire a été
dispensée aux juges, aux procureurs, aux agents des forces de l’ordre et aux
fonctionnaires. Le système mis en place pour contrôler le financement des
partis politiques et des campagnes électorales a été renforcé par l’adoption,
en novembre 2012, d’amendements à la loi sur le financement des partis
politiques. Un inventaire des enquêtes, mises en accusation, condamnations et
peines infligées, notamment dans le cadre d’affaires de corruption à haut
niveau, est actuellement en cours. Les capacités du parquet en matière de lutte
contre la criminalité organisée et la corruption ont été renforcées grâce au
recrutement de trois procureurs, qui sont désormais au nombre de 13. La
coopération interinstitutionnelle doit être améliorée, et les procureurs
devraient pouvoir avoir accès aux bases de données pertinentes des services
répressifs. Dans le domaine des droits fondamentaux, le
plan d’action sur l’inclusion des Roms est actuellement mis en œuvre. Ce plan
prévoit notamment des mesures destinées à améliorer l’accès à l’emploi, à
l’éducation, au logement et à des documents personnels. Jusqu’à présent, 11
centres d’information sur les Roms ont été ouverts dans le but d’aider les membres
de cette communauté à accéder aux services sociaux et éducatifs. Deux projets
sont actuellement mis en œuvre: un projet d’aide juridique à la communauté rom,
et un projet régional sur les meilleures pratiques en matière d’intégration des
Roms dans les Balkans occidentaux. Enfin, la commission pour la protection
contre la discrimination prévoit de nommer un représentant de la communauté
rom. 2.4. Monténégro Entre mai 2008 et mars 2013, les autorités
monténégrines ont délivré 344 004 passeports biométriques. Concernant la gestion intégrée des
frontières, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie assortie d’un plan
d’action, qui n’est pas encore conforme au concept européen de gestion intégrée
des frontières. Le contrôle de la frontière bleue et, surtout, de la frontière
verte doit être renforcé et, à cette fin, les autorités doivent investir
davantage dans les équipements de surveillance. Un centre de coordination
national devrait être créé. La coopération transfrontalière avec les pays
voisins s’est poursuivie, et 709 patrouilles conjointes ont été déployées en
2012. Les points de passage non autorisés à la frontière avec la
Bosnie-Herzégovine n’ont toujours pas été fermés. S’agissant de l’asile, la législation n’est
que partiellement alignée sur l’acquis. D’après les statistiques
relatives au premier semestre de 2013, 876 personnes ont introduit une demande
d’asile. La majorité des demandeurs prennent la fuite avant que leur demande
soit traitée. La plupart de ces demandes émanaient de ressortissants algériens,
suivis des citoyens tunisiens et des afghans. L’ouverture d’un nouveau centre
d’asile à Spuz a été différée. Le centre d’accueil provisoire, situé à Konik,
doit faire en sorte de satisfaire aux normes d’accueil minimales, notamment
pour ce qui concerne les soins de santé. Le Monténégro doit accorder davantage
d’attention à l’hébergement des demandeurs d’asile. Pour ce qui concerne les migrations, le
gouvernement a adopté un nouveau plan d’action pour mettre en œuvre la
stratégie de gestion des migrations. Le Monténégro continue d’appliquer
l’accord de réadmission conclu avec l’UE. Il doit toutefois redoubler d’efforts
dans la lutte contre l’immigration clandestine ainsi que pour l’intégration des
migrants et la protection des personnes vulnérables. Le centre d’accueil
réservé aux migrants en situation irrégulière n’est pas encore opérationnel. Dans le domaine de la lutte contre la
criminalité organisée, un nouveau plan d’action a été élaboré. De nouveaux
amendements ont été apportés au code pénal; ils portent notamment sur la
cybercriminalité, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et
la traite des êtres humains. La coopération interinstitutionnelle souffre de
l’absence de système de communication fiable et du fait que les institutions
compétentes n’ont pas suffisamment accès aux données sous-jacentes. Les
enquêtes financières ne sont pas encore utilisées de manière systématique (le
nombre d’enquêtes de ce type et le volume des biens recouvrés restent peu
élevés). Il n’existe pas de législation spécifique régissant les confiscations
provisoire, permanente et élargie. La durée de la détention préventive,
actuellement limitée à six mois, devrait être prolongée car elle nuit à
l’efficacité des enquêtes. La durée d’utilisation des mesures d’investigation
spéciales devrait, elle aussi, être étendue. Le système de police fondé sur le
renseignement est actuellement mis en œuvre, et les formations en la matière
devraient être maintenues. Les effectifs des unités de police spécialisées dans
la lutte contre la criminalité organisée, y compris la cybercriminalité et la
traite des êtres humains, demeurent insuffisants, notamment à l’échelon
régional. Dans le domaine de la traite des êtres
humains, le Monténégro est considéré comme un pays de transit, d’origine et de
destination. Une nouvelle stratégie nationale et un plan d’action ont été
adoptés pour lutter contre ce fléau. Le code pénal a été modifié de façon à améliorer l’identification
des victimes et à introduire des délits tels que le trafic de parties du corps
humain. Le code inclut aussi
l’esclavage et le mariage forcé parmi les infractions pénales résultant de la
traite des êtres humains. La coopération étroite avec Europol,
Interpol, les forces de police des États membres de l’UE et celles des pays
voisins, notamment dans le domaine du trafic de stupéfiants, a été maintenue. Le
ministère de la santé, en coopération avec le ministère de l’intérieur, a
élaboré une nouvelle stratégie et un plan d’action pour la lutte contre les
produits stupéfiants. Ceux-ci prévoient, entre autres, des mesures de
prévention, de réinsertion, de soins médicaux et de régulation de l’offre. Concernant la lutte contre la corruption,
le cadre juridique doit être consolidé et mis en œuvre. La protection des
dénonciateurs a été renforcée au travers de nouvelles dispositions relatives au
droit du travail. Toutefois, la dénonciation de faits de corruption par des
citoyens reste relativement rare. Un nouveau plan d’action mettant en œuvre la
stratégie de lutte contre la corruption et la criminalité organisée a été
élaboré. Les mécanismes de contrôle des conflits d’intérêt, du financement des
partis politiques et des campagnes électorales, de même que l’application des
sanctions et les mécanismes de contrôle dans les marchés publics, doivent
encore être renforcés. En outre, la capacité professionnelle et l’indépendance
des institutions de contrôle, en particulier la commission électorale de
l’État, la commission d’audit de l’État et la commission pour la prévention des
conflits d’intérêt, doivent être améliorées. La commission pour la prévention
des conflits d’intérêt devrait pouvoir avoir accès à toutes les bases de
données pertinentes des autres organismes gouvernementaux. Les affaires de
corruption n’ont encore donné lieu à aucun recouvrement de biens. Les campagnes
de sensibilisation visant à encourager la dénonciation de la corruption se sont
poursuivies. La direction des initiatives anti-corruption a été placée sous
l’autorité du ministère de la justice. Toutefois, elle ne dispose pas des
outils nécessaires pour assurer une coordination efficace des activités de
prévention de la corruption. Les statistiques relatives aux condamnations dans
des affaires de corruption mettent en évidence un nombre très élevé
d’acquittements, tant en première instance qu’en appel. Dans le domaine des droits fondamentaux
liés à la liberté de circulation, le dernier plan d’action mettant en œuvre la
stratégie sur les personnes déplacées et les personnes déplacées à l’intérieur
du pays a été adopté en janvier 2013. Il comprend des mesures concernant le
statut, l’intégration socioéconomique, notamment dans l’emploi, l’éducation,
les soins de santé, l’assurance sociale et le logement, mais sa mise en œuvre
demeure insuffisante. Les activités de sensibilisation se sont poursuivies. La
législation régissant le statut des personnes déplacées a été améliorée. En
janvier 2013, le gouvernement a soumis au parlement un amendement à la loi sur
les étrangers, qui prévoyait de repousser jusqu’à décembre 2013 la date limite
pour introduire une demande d’octroi du statut de résident permanent. Des
visites au Kosovo sont actuellement organisées pour permettre aux personnes
déplacées de rassembler les documents nécessaires à la régularisation de leur
situation au Monténégro. La stratégie visant à améliorer la situation des
communautés roms, ashkalis et égyptiennes, adoptée en avril 2012, n’a pas
encore été mise en œuvre. Il faudra en outre redoubler d’efforts pour améliorer
les conditions de vie dans le camp de Konik. En octobre 2013, le Monténégro a adopté des
plans d’action globaux pour les chapitres 23 et 24 des négociations
d’élargissement afin de mettre en œuvre les réformes dans les domaines
judiciaire, des droits fondamentaux, de la justice, de la liberté et de la
sécurité. 2.5. Serbie L’émission et la distribution de passeports
biométriques et de cartes d’identité sécurisées se poursuivent: La Serbie a
délivré 584 668 passeports biométriques en 2012. Le fonctionnement et la
procédure de transmission de données de la direction de coordination spéciale,
chargée de la délivrance des passeports biométriques et cartes d’identité aux
personnes résidant au Kosovo, devraient toutefois être améliorés. La Serbie a continué à mettre en œuvre sa
stratégie de gestion intégrée des frontières et le plan d’action connexe. Elle
a maintenu sa coopération transfrontalière avec la Bosnie-Herzégovine et le
Monténégro, modernisé ses installations de vidéosurveillance et mené des
opérations conjointes avec ses voisins. Les points de passage non autorisés à
la frontière avec la Bosnie-Herzégovine n’ont toujours pas été fermés. Le
système d’alerte précoce mis en place pour détecter les documents de voyage
falsifiés semble bien fonctionner. La Serbie a également renforcé les contrôles
à certains points de passage frontaliers afin de prévenir tout abus du droit
d’asile dans les États membres. En combinant analyse des risques, inspection
des agences de voyage et techniques d’investigation, la police et le ministère
des transports ont réussi à anticiper de nombreux abus. La Serbie a par
ailleurs modifié son code pénal en y ajoutant le délit pénal de «facilitation
de l’abus du droit d’asile dans un pays étranger», et a multiplié les enquêtes
sur les entreprises de transport et les agences de voyage soupçonnées de
faciliter l’immigration clandestine vers l’UE. Les autorités ont déjà engagé
sept procédures pénales contre 8 personnes en vertu de cette nouvelle
disposition. En 2012, le dialogue entre Belgrade et
Pristina a livré d’excellents résultats dans le domaine de la gestion intégrée
des frontières. À la fin
décembre 2012, quatre postes-frontières, dont les deux situées dans le nord du
Kosovo, étaient opérationnels; depuis février 2013, les six postes-frontières
entre la Serbie et le Kosovo sont tous opérationnels. Les deux parties ont également convenu de commencer à percevoir les
droits de douane. S’agissant de
la libre circulation, le régime de déplacement sur présentation d’une carte
d’identité est désormais opérationnel. L’accord sur les cachets douaniers continue d’être mis en œuvre de
part et d’autre. Des progrès
ont aussi été observés concernant le registre de l’état civil, et la
coopération de la Serbie avec EULEX s’est encore resserrée. Les contacts directs à haut niveau et les
contacts au niveau opérationnel continuent de faciliter la coopération,
notamment en ce qui concerne la lutte contre la criminalité organisée. La Serbie devrait faire preuve de sa
volonté de normaliser ses relations avec le Kosovo. En revanche, aucune amélioration notable
n’a été constatée dans le domaine de l’asile. Le cadre législatif est
globalement conforme aux normes européennes, mais il n’est pas mis en œuvre de
manière efficace. En l’absence de procédures d’asile adéquates, les demandeurs
d’asile ont tendance à considérer la Serbie comme un pays de transit pour
l’immigration (clandestine) vers l’UE. La Serbie compte deux centres d’accueil
pour demandeurs d’asile, mais ceux-ci ne disposent pas de capacités suffisantes
pour accueillir tous les demandeurs. Or, pour accéder aux procédures d’asile,
il est indispensable d’être hébergé dans un centre pour demandeurs d’asile. La
Serbie devrait améliorer son régime d’asile en ouvrant un troisième centre, en
mettant au point un système permettant de traiter les données biométriques des
demandeurs d’asile et en améliorant les conditions d’intégration de ceux-ci. Elle
devrait en outre adopter de nouvelles mesures en vue d’aligner sa législation
sur l’acquis communautaire en matière d’immigration légale, et notamment pour
ce qui concerne le droit au regroupement familial, le statut de résident de
longue durée et les conditions d’admission des étudiants issus de pays tiers. Des
démarches ont été entreprises en vue de la création d’une base de données
nationale pour la vérification des données personnelles et des empreintes
digitales des demandeurs d’asile. Dans le domaine des migrations, la Serbie a
pris plusieurs mesures. Le commissariat aux réfugiés et aux migrations, en
coopération avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a mis
en œuvre une série de mesures destinées à renforcer les capacités des bureaux
municipaux chargés des questions de migration et de réinsertion afin
d’améliorer les services sociaux et éducatifs aux personnes rapatriées et à leurs
familles. Les autorités et l’OIM ont également organisé des tables rondes sur
les migrations, la réinsertion et la réadmission à l’intention de la société
civile serbe. La Serbie continue de mettre en œuvre l’accord de réadmission
conclu avec l’UE et, selon les chiffres, le pays accepterait quelque 95 pour
cent des demandes de réadmission émanant des États membres de l’UE. La Serbie a quelque peu progressé dans la
lutte contre la criminalité organisée. Elle met actuellement en œuvre sa
nouvelle stratégie de police fondée sur le renseignement. Le procureur
spécialisé dans la criminalité organisée a ouvert plusieurs dossiers très
importants au cours de la période de référence, mais aucun système d’échange
d’informations entre la police et les procureurs n’a encore été instauré. La
Serbie est sur le point de conclure un accord opérationnel avec Europol. Le
nombre de saisies de biens a augmenté en 2012, mais le nouveau code pénal serbe
ne semble pas faciliter la confiscation et le gel des actifs provisoires. Les
capacités de conduire des enquêtes financières complexes demeurent limitées,
même si la FIU s’est montrée plus proactive à cet égard. De son côté, la police
criminelle a continué de collaborer avec Interpol et le réseau CARIN (réseau
Camden regroupant les autorités compétentes en matière de recouvrement
d’avoirs) dans le cadre d’affaires de blanchiment d’argent transfrontalières. Les
recouvrements de biens ont été un peu plus nombreux mais restent modestes. La Serbie reste un pays d’origine, de
transit et de destination pour les victimes de la traite des êtres humains. S’il
est vrai que le nombre de victimes serbes de la traite des êtres humains a
chuté en 2012, la Serbie figurait toujours parmi les dix pays de l’UE où l’on
recensait le plus grand nombre de criminels impliqués dans ce type d’activités.
C’est en Autriche, en Croatie, en Grèce et en Slovénie que le nombre de
victimes serbes a été le plus élevé en 2012. La Serbie intensifie sa
coopération avec la Belgique, la Bulgarie, la France, l’Italie et la Roumanie
dans la lutte contre la traite des êtres humains. Les autorités serbes ont
ouvert plusieurs enquêtes, mené des campagnes de sensibilisation et organisé
des formations à destination des parties prenantes. Un nouveau centre pour la
protection des victimes a été créé, mais il n’est pas encore opérationnel. Il
faudrait encore développer une approche de la traite des êtres humains qui soit
plus globale et davantage centrée sur les victimes, en mettant l’accent sur
l’identification des victimes et l’accès à l’assistance et à la protection. Quelques progrès ont été engrangés dans la
lutte contre la corruption. La Serbie a mis en place un cadre juridique et
institutionnel approprié, notamment une agence anti-corruption et une loi sur
le financement des partis politiques conforme aux normes européennes. Cette loi
était déjà en vigueur lors des élections législatives de 2012, et les autorités
vérifieront prochainement si ses dispositions ont été respectées par les partis
politiques. Cela étant, il manque toujours une approche proactive, fondée sur
le renseignement, dans la lutte contre la corruption et la criminalité
organisée. Une nouvelle stratégie et un plan d’action pour la lutte contre la
corruption ont été adoptés. L’agence anti-corruption doit encore faire ses
preuves dans le contrôle efficace du financement des partis et améliorer la
coopération avec les parties prenantes en vue d’examiner efficacement les
déclarations de patrimoine. La législation relative aux dénonciateurs n’est pas
mise en œuvre efficacement. Dans le domaine des droits fondamentaux
liés à la libre circulation, quelques améliorations sont à noter. Le
commissariat aux réfugiés et aux migrations, en coopération avec l’OIM, a mené
une série de projets au niveau local afin de renforcer les capacités de
réinsertion. Ces projets impliquaient des municipalités et des ONG. Le
gouvernement a aussi adopté une stratégie nationale et un plan d’action pour
améliorer la situation des Roms, avec l’aide de fonds européens. Le plan
national 2013 pour l’emploi identifie l’emploi des Roms comme un domaine
prioritaire pour les programmes de création d’emplois. Une légère amélioration
a été observée concernant l’enseignement primaire, l’inscription dans les
écoles, l’enregistrement à l’état civil (notamment la régularisation de la
situation des «personnes juridiquement invisibles») et l’accès aux soins de
santé pour les personnes rapatriées mais, dans l’ensemble, la situation des
Roms demeure précaire. Le gouvernement serbe devrait continuer de mettre en
œuvre des mesures à court et à moyen terme pour améliorer la situation
socioéconomique des Roms, en particulier pour ce qui concerne leur accès à
l’éducation, au marché du travail, à la formation professionnelle, aux services
sociaux et aux soins de santé. 3. Fonctionnement du régime
d’exemption de visas en 2012 et durant les six premiers mois de 2013 3.1. Évolution de la situation En 2012, le recours abusif au droit
d’asile a continué d’entraver le bon fonctionnement du régime d’exemption
de visa entre les Balkans occidentaux et l’UE. D’après Eurostat, le nombre
total de demandes d’asile introduites par des citoyens des cinq pays des
Balkans occidentaux exemptés de visas dans les États membres de l’UE et les
pays associés à l’espace Schengen a atteint 47 025 en 2012, ce qui
correspond à une hausse de 63 pour cent par rapport à 2011 (tableau 6.1). Il
s’agit du chiffre le plus élevé enregistré depuis la suppression de
l’obligation de visa pour les citoyens des Balkans occidentaux. Durant les neuf
premiers mois de 2013, le nombre total de demandes d’asile émanant des cinq
pays exemptés de visa a baissé de seulement 5,6 pour cent par rapport au
chiffre enregistré pour les neuf premiers mois de 2012[4]. Les afflux de
demandeurs d’asile en 2013 ont suivi une tendance très similaire à celle de
2012. Selon Eurostat, en 2012, les ressortissants
des cinq pays des Balkans occidentaux exemptés de visa représentaient quelque
13 pour cent de tous les demandeurs d’asile dans les États membres de l’UE et
les pays associés à l’espace Schengen[5].
Près de 92 pour cent de ces demandes ont été introduites dans les six États
membres et pays associés à Schengen qui sont en première ligne: Allemagne,
Belgique, France, Luxembourg, Suède et Suisse. La part de ces pays en tant
que destination des demandeurs d’asile originaires des Balkans occidentaux au
sein de l’espace Schengen est passée de 64 à 92 pour cent entre 2009 et 2012
(tableau 6.2). L’augmentation considérable des demandes
d’asile émanant de ressortissants des Balkans occidentaux observée l’année
dernière a touché de manière très variable les États membres et les pays
associés à Schengen concernés (tableau 6.3): –
en Allemagne, les demandes d’asile ont augmenté
de 143 pour cent, pour atteindre un total de 22 715; –
en Suède, les demandes d’asile ont augmenté de
31 pour cent, pour atteindre un total de 6 410; –
en France, les demandes d’asile ont augmenté de
133 pour cent, pour atteindre un total de 5 505; –
en Suisse, les demandes d’asile ont augmenté de
31 pour cent, pour atteindre un total de 3 670; –
en Belgique, les demandes ont chuté de 36 pour
cent, pour atteindre un total de 3 315; –
au Luxembourg, les demandes ont baissé de 9 pour
cent, pour atteindre un total de 1 435; La proportion de demandes d’asile
acceptées[6]
dans ces États membres et pays associés à Schengen a reculé de 2,8 à 2,3 pour
cent entre 2011 et 2012 (tableau 6.4). Ce chiffre, peu élevé, masque des
différences considérables entre les différents pays des Balkans occidentaux: seulement
1,3 pour cent de demandeurs monténégrins, 0,7 pour cent de demandeurs
originaires de l’ancienne République yougoslave de Macédoine et 1,7 pour cent
de demandeurs serbes ont obtenu une protection internationale dans les six
États membres et pays associés à l’espace Schengen mentionnés ci-dessus. Par contre,
9,1 pour cent des demandeurs d’asile albanais[7]
et 3,2 pour cent des demandeurs originaires de Bosnie-Herzégovine ont obtenu le
droit d’asile dans ces pays en 2012. Les demandes d’asile émanant de
ressortissants des Balkans occidentaux exemptés de visa ont augmenté en
2012, et ce pour chacun de ces pays. Les citoyens de Serbie et de
l’ancienne République yougoslave de Macédoine sont ceux qui ont introduit le
plus grand nombre de demandes. L’Albanie a quant à elle supplanté la
Bosnie-Herzégovine, devenant le troisième «pourvoyeur» de demandeurs d’asile de
la région. Les demandes introduites par des Monténégrins ont aussi enregistré
une forte hausse en 2012, mais à partir d’un niveau moins élevé (tableaux 6.5 à
6.9): –
les demandes d’asile introduites par des
ressortissants serbes ont augmenté de 35 pour cent, pour atteindre un total de
20 935; –
les demandes introduites par des ressortissants
macédoniens ont augmenté de 64 pour cent, pour atteindre un total de
10 740. –
les demandes introduites par des ressortissants
albanais ont augmenté de 143 pour cent, pour atteindre un total de 7 705; –
les demandes introduites par des citoyens de
Bosnie-Herzégovine ont augmenté de 117 pour cent, pour atteindre un total de
6 335. –
les demandes introduites par des ressortissants
monténégrins ont augmenté de 96 pour cent, pour atteindre un total de 1 310; Les années précédentes ont été marquées par
deux tendances saisonnières: une «vague printanière» de moindre ampleur aux
alentours du mois de mars, et une «vague automnale», plus consistante en
raison de l’arrivée du froid. En 2012, la «vague printanière» n’a pas été très
marquée mais s’est caractérisée par une hausse linéaire des demandes d’asile à
partir du mois d’avril, qui a atteint son apogée en octobre, avec une explosion
soudaine des demandes. Au seul mois d’octobre 2012, 8 605 demandes d’asile
ont été introduites par des ressortissants des Balkans occidentaux dans les six
États membres de l’UE et pays associés à l’espace Schengen qui sont en première
ligne (le chiffre mensuel le plus élevé depuis la suppression de l’obligation
de visa pour les citoyens des Balkans occidentaux). À la fin de 2012, le nombre
de demandes d’asile était retombé à son niveau «creux». L’évolution a été très
similaire en 2013, avec une tendance à la hausse linéaire depuis mai 2013. En 2012, le glissement des flux de
demandeurs d’asile vers l’Allemagne a été encore plus marqué que les années
précédentes: plus de 48 pour cent de toutes les demandes émanant des Balkans
occidentaux (22 715 au total) ont en effet été introduites dans ce pays
(figure 6.4). Au cours de ce fameux mois d’octobre 2012, l’Allemagne a absorbé
près de quatre cinquièmes (6 615 sur 8 605) des demandes introduites
par des citoyens des Balkans occidentaux dans les six États membres et pays
associés à Schengen qui sont en première ligne. Ce glissement vers l’Allemagne
est particulièrement patent dans le cas des demandeurs originaires de Serbie,
de l’ancienne République yougoslave de Macédoine et, dans une moindre mesure,
de Bosnie-Herzégovine (tableaux 6.6, 6.7 et 6.9). Une corrélation plus étroite entre certains
pays des Balkans occidentaux et l’espace Schengen a également été observée en
2012. La majorité des demandes introduites lors de la vague d’octobre 2012 en
Allemagne émanaient de citoyens de Serbie, de l’ancienne République yougoslave
de Macédoine et, dans une moindre mesure, de Bosnie-Herzégovine. La plupart des
Monténégrins ont, eux aussi, introduit leur demande d’asile en Allemagne. La
Suède, en revanche, a été confrontée à un afflux de demandeurs d’asile albanais
en avril-mai 2012 et à une soudaine augmentation des demandes de ressortissants
de Bosnie-Herzégovine en juin 2012. Outre la Suède, le Royaume-Uni et la Grèce
ont aussi été des destinations privilégiées pour les demandeurs d’asile
albanais. Le rapport demandes d’asile
infondées/retours est resté proche de la parité jusqu’en août 2012[8]. L’explosion des
demandes d’asile en octobre 2012 a fait grimper ce rapport jusqu’à 8:1: près de
8 000 demandes d’asile émanant de ressortissants des Balkans occidentaux
pour environ 1 000 retours[9].
Le rapport est ensuite retombé à 1:1 au cours des deux derniers mois de 2012,
un recul attribuable à la fois à la diminution des demandes et aux efforts
déployés par les États membres et les pays associés à l’espace Schengen qui
sont en première ligne pour rapatrier les demandeurs vers les Balkans
occidentaux. Durant le premier trimestre 2013, le rapport demandes
infondées/retours est resté proche de la parité mais se creusait de nouveau à
4:1 en septembre 2013. Cette évolution semble indiquer que les États membres et
les pays associés à l’espace Schengen ne réussissent à faire coïncider le
nombre de nouvelles demandes avec le nombre de retours effectifs que durant la
saison «creuse». Les «vagues automnales» pèsent lourdement sur les systèmes
d’asile des États membres et des pays associés à Schengen qui se trouvent en
première ligne car elles détournent les ressources, au détriment des demandes
de protection internationale justifiées. L’analyse des méthodes de rapatriement
met aussi en évidence des différences intéressantes entre les États membres et
les pays associés à l’espace Schengen. Au cours du premier trimestre 2013,
l’Allemagne a rapatrié presque tous les demandeurs originaires des Balkans occidentaux
par des procédures de retour forcé; le Luxembourg, en revanche, a procédé par
retour volontaire dans la majorité des cas, à l’instar de la Suède et la
Belgique; de son côté, la Suisse a utilisé les deux méthodes, dans des
proportions presque égales. Dans son analyse des risques annuelle 2013
pour les Balkans occidentaux, Frontex épinglait deux risques migratoires
concernant les mouvements des Balkans occidentaux vers l’Union européenne: 1)
les mouvements secondaires des immigrés clandestins qui pénètrent dans l’UE à
la frontière gréco-turque et transitent par les Balkans occidentaux; et 2)
l’utilisation abusive du régime d’exemption de visas de l’UE par des
ressortissants des Balkans occidentaux. Le premier risque s’est manifesté par
le franchissement illégal des frontières vertes des Balkans occidentaux et des
entrées clandestines aux points de passage frontaliers; le second par des abus
du droit d’asile, des séjours illégaux dans des États membres et des fraudes
documentaires par des ressortissants des Balkans occidentaux. Concernant les mouvements secondaires des
immigrés clandestins par les Balkans occidentaux, Frontex a observé en 2012 une
augmentation des franchissements illégaux des frontières, aux points de
passage frontaliers dans les Balkans occidentaux et entre ces points. Une
augmentation de 33 pour cent des détections de franchissement de frontières
vertes[10]
et une augmentation de 68 pour cent aux points de passage frontaliers[11] ont été enregistrées.
Elles étaient essentiellement liées au fait que des migrants non européens
tentaient de rentrer dans l’UE via les Balkans occidentaux après y être entrés
une première fois à la frontière gréco-turque. Dans la plupart des cas, les
citoyens cherchant à franchir illégalement les frontières vertes des Balkans
occidentaux étaient originaires d’Afghanistan, d’Albanie, d’Algérie, de
l’Autorité palestinienne, du Kosovo, du Maroc, du Pakistan, de Serbie, de
Somalie et de Syrie (tableau 6.10). En 2012, la plus forte augmentation des
franchissements illégaux des frontières a été enregistrée chez les
ressortissants du Kosovo (par comparaison aux autres pays de la région). Le nombre de citoyens des Balkans
occidentaux en séjour illégal dans l’UE a grimpé à 31 522 en 2012,
ce qui représente quelque 10 pour cent de toutes détections dans l’Union
l’année dernière. En 2011, la proportion de citoyens des Balkans occidentaux
parmi les ressortissants de pays tiers séjournant illégalement dans l’UE était
de 8,7 %. Le nombre de migrants en séjour illégal originaires des
différents pays des Balkans occidentaux exemptés de visa a augmenté en 2012,
principalement les Albanais (12 003) et les Serbes (8 006). Plus de
la moitié de tous les migrants en séjour illégal provenant des Balkans
occidentaux ont été localisés en Allemagne, en Grèce, en Italie et en Slovénie. Frontex a également constaté en 2012 une
forte augmentation des fraudes documentaires perpétrées par des citoyens
albanais et kosovars. L’année dernière, parmi les ressortissants de pays tiers
à tenter d’entrer dans l’espace Schengen en utilisant des documents falsifiés,
les citoyens albanais ont été les plus nombreux, suivis des Syriens, des
Marocains, des Ukrainiens et des Nigérians. Le plus souvent, la fraude
consistait à utiliser de faux cachets d’entrée grecs conçus pour masquer la
durée du séjour. Les autorités irlandaises et britanniques ont également
constaté une augmentation du nombre de citoyens albanais tentant d’entrer dans
leur pays à partir de l’espace Schengen en présentant de fausses cartes
d’identité italiennes. Si les cachets falsifiés sont la forme de fraude
documentaire qui a connu la plus forte augmentation en 2012, les passeports
falsifiés restent le type de fraude le plus usité. Les fraudes les plus
fréquemment détectées aux points de passage frontaliers des Balkans occidentaux
sont les faux passeports prétendument délivrés par l’Albanie, la Bulgarie et
l’ancienne République yougoslave de Macédoine, ces documents étant le plus
souvent présentés par des ressortissants kosovars, turcs et albanais. 3.2. Les facteurs incitatifs,
et les mesures à prendre pour y remédier Dans une analyse menée récemment, le BEAA identifie
les principaux «facteurs incitatifs» qui entraînent des recours abusifs
au droit d’asile de la part des ressortissants des Balkans occidentaux. Les
motifs le plus souvent invoqués par les citoyens des pays exemptés de visa pour
obtenir une protection internationale dans les États membres sont les
privations, le chômage, l’absence d’accès aux soins de santé, aux prestations
sociales et à l’éducation, la discrimination institutionnalisée et, dans le cas
du Kosovo et de l’Albanie, les bains de sang. Dans l’enquête du BEAA, les États
membres ont identifié comme principaux facteurs du recours abusif au droit
d’asile: la marginalisation des Roms et des autres minorités, les privations et
la pauvreté, les conditions difficiles durant l’hiver et l’absence
d’infrastructures de base et de soins médicaux. Dans son analyse des risques annuelle 2013
pour les Balkans occidentaux, Frontex indique que les Roms constituent toujours
la grande majorité des demandeurs d’asile provenant des pays exemptés de visa. En
Allemagne, plus de 80 pour cent des demandeurs d’asile étaient des Roms. En
Suède, les Roms représentaient au moins quatre cinquièmes des demandeurs
d’asile originaires des Balkans occidentaux mais, selon une étude ultérieure,
cette proportion pourrait être encore plus grande. En Suède, lorsque l’on
demande aux demandeurs d’asile quelle est leur langue maternelle afin de
déterminer leur origine ethnique, nombreux sont ceux qui déclarent une langue
autre que le romani, ce qui peut avoir conduit les autorités suédoises à
sous-estimer le nombre de demandeurs d’asile d’origine rom. Les cinq pays exemptés de visa ont renforcé
la coopération opérationnelle avec leurs voisins et avec les États
membres les plus concernés par l’abus du droit d’asile en 2012: –
l’Albanie a intensifié sa coopération
opérationnelle avec la Grèce et l’Italie, les deux États membres les plus
concernés par le dépassement des durées de séjour et la fraude documentaire de
la part de ressortissants albanais, et avec la Suède afin de contrôler les
itinéraires de vol suivis par les demandeurs d’asile albanais qui arrivent en
Suède; –
la Bosnie-Herzégovine a renforcé la coopération
frontalière avec ses voisins et les échanges d’information avec la Suède afin
de retracer les itinéraires le plus fréquemment utilisés par les demandeurs
d’asile albanais qui arrivent en Suède; –
la Serbie et l’ancienne République yougoslave de
Macédoine ont renforcé leur coopération opérationnelle avec les autorités
allemandes, également via l’intermédiaire de Frontex, afin de les aider à faire
face à l’afflux massif de demandeurs d’asile en octobre 2012; –
le Monténégro a intensifié le contrôle des
conditions d’entrée des voyageurs dans l’espace Schengen, notamment de leurs
documents de voyage, moyens de subsistance et assurance santé, afin de tenter
de prévenir les abus du droit d’asile dans l’espace Schengen. Les pays des Balkans occidentaux ont
également signalé avoir pris des mesures pour identifier les «facilitateurs»
qui favorisent l’abus du droit d’asile, comme les agences de voyage et les
entreprises de transport potentiellement impliquées dans la désinformation des
citoyens sur les avantages de l’asile. La Bosnie-Herzégovine, l’ancienne
République yougoslave de Macédoine et la Serbie ont continué à coordonner les
activités de leurs instances judiciaires et de leurs ministères des transports
pour examiner les irrégularités potentielles. Les cinq pays exemptés de visa
ont mis en œuvre les mesures ci-après en 2012: –
l’Albanie a ouvert plusieurs enquêtes
criminelles sur des individus soupçonnés d’avoir facilité le franchissement
illégal des frontières ou falsifié des documents; –
la Bosnie-Herzégovine a ouvert plusieurs enquêtes
sur des entreprises de transport dont le personnel était soupçonné d’avoir
facilité le déplacement de citoyens aux fins expresses de demander l’asile en
Suède; –
les instances judiciaires de l’ancienne
République yougoslave de Macédoine ont engagé des poursuites pénales contre
plusieurs personnes, en vertu du code pénal tel qu’il a été modifié, pour
utilisation abusive du régime d’exemption de visa convenu avec les États
membres de l’UE; –
le Monténégro n’a pas pu établir de lien avec la
criminalité organisée dans la facilitation de l’immigration clandestine aux
fins d’abuser du droit d’asile dans les États membres de l’UE, mais a engagé
des poursuites pénales contre un groupe de criminalité organisée soupçonné
d’avoir falsifié des documents en vue de faciliter le passage illicite de
migrants à travers le pays; –
la Serbie a modifié son code pénal en y ajoutant
le délit pénal de «facilitation de l’abus du droit d’asile dans un pays
étranger», et a multiplié les enquêtes sur les entreprises de transport et les
agences de voyage soupçonnées de faciliter l’immigration clandestine vers l’UE. Les pays exemptés de visa se sont également
employés à renforcer les contrôles aux frontières, notamment par le
biais d’opérations et de patrouilles conjointes le long des frontières et aux
points de passage frontaliers très fréquentés: –
l’Albanie a modifié sa législation afin de
rendre plus strictes les conditions auxquelles les citoyens peuvent changer de
nom[12]
pour se soustraire aux contrôles frontaliers, a connecté la base de données de
contrôle des frontières au registre d’état civil national, et a renforcé le
contrôle des cachets d’entrée aux points de passage frontaliers avec la Grèce; –
la Bosnie-Herzégovine, l’ancienne République
yougoslave de Macédoine et le Monténégro ont modernisé leurs systèmes de
gestion des frontières de manière à pouvoir vérifier l’identité des voyageurs
au regard des bases de données nationales et la base de données des passeports
perdus et volés d’Interpol, ce qui a permis de détecter plus facilement les
fraudes documentaires aux points de passage frontaliers; –
la Serbie indique également que les contrôles
aux frontières ont été renforcés aux points de passage frontaliers, en
conformité avec les droits fondamentaux des citoyens[13]. Les pays exemptés de visa ont également
pris des mesures pour améliorer l’intégration socioéconomique des Roms,
en particulier pour ce qui concerne la création d’emploi, la formation
professionnelle, l’aide au logement et l’inscription à l’état civil: –
l’Albanie a continué à mettre en œuvre sa stratégie
de réinsertion des rapatriés dans les domaines de la création d’emplois et de
la formation professionnelle; –
la Bosnie-Herzégovine a alloué des ressources
supplémentaires à la réinsertion des personnes rapatriées, dans les domaines de
l’emploi, du logement et des soins de santé; –
l’ancienne République yougoslave de Macédoine a
ouvert 11 centres d’information sur les Roms et a mis en œuvre des projets en
faveur des Roms dans les domaines de l’éducation, l’inclusion sociale, la création
d’emplois, l’aide au logement, l’aide juridique et l’inscription à l’état civil: –
le Monténégro s’est efforcé de faciliter
l’inscription à l’état civil ainsi que l’accès à l’éducation, à l’emploi, aux
services sociaux, aux soins de santé et au logement pour les Roms; –
la Serbie s’est efforcée, avec l’aide de l’OIM,
de renforcer les capacités des autorités centrales et municipales de gérer la
réinsertion, et a organisé une série de tables rondes sur les meilleures
pratiques en matière de gestion des flux migratoires et de réinsertion. En 2012,
les autorités de ces cinq pays des Balkans occidentaux ont pris de nouvelles
mesures pour lutter contre l’abus du droit d’asile dans l’espace Schengen. Chacun
de ces pays a annoncé avoir mené des campagnes d’information afin
d’expliquer aux citoyens des droits et obligations que leur confère le régime
d’exemption de visas, en étroite association avec les ONG locales et les
délégations de l’UE: –
l’Albanie a entrepris de distribuer des
prospectus dans les aéroports; –
la Bosnie-Herzégovine a publié, dans la presse
écrite et dans des médias électroniques, une série d’articles et de conseils à
l’intention des voyageurs; –
l’ancienne République yougoslave de Macédoine,
en étroite collaboration avec les centres des migrations et un centre
d’information sur les Roms, a lancé une campagne d’information dans les
municipalités, dans le cadre de laquelle des brochures traduites en romani ont
été distribuées; –
le Monténégro a mené plusieurs campagnes
d’information dans des municipalités; –
la Serbie a lancé plusieurs campagnes
d’information électroniques pour lutter contre l’abus du droit d’asile, et a
amélioré le traitement des dossiers de rapatriement grâce à ses missions
diplomatiques à l’étranger. 3.3. Les facteurs attractifs,
et les mesures à prendre pour y remédier Le BEAA a constaté que plusieurs «facteurs
attractifs» contribuaient aux abus du droit d’asile par des citoyens des
Balkans occidentaux, par exemple la présence d’une communauté de la diaspora
dans le pays de destination, la longueur de la procédure d’asile, le montant
des prestations en espèces perçues tout au long de la procédure, l’accès à la
mendicité ou au travail au noir, et le fait que le droit d’asile ait été
accordé précédemment dans des cas liés à des massacres, à l’homosexualité, à
des violences domestiques ou à la traite des êtres humains. Comme l’attestent les exemples ci-dessous,
la modification de certains facteurs attractifs dans les pays de destination a
une incidence sur les mouvements migratoires en provenance des Balkans
occidentaux: –
Dans un arrêt rendu en juillet 2012[14], un tribunal
constitutionnel allemand a estimé que les dispositions pertinentes de la
loi relative aux prestations accordées aux demandeurs d’asile étaient
incompatibles avec le droit fondamental à un niveau de vie minimal. En vertu de
ladite loi, les demandeurs d’asile avaient droit à une allocation de
225 euros par mois, dont 40 euros en espèces. À la suite de cet
arrêt, le montant de l’allocation a été relevé à 336 euros par mois, dont
130 euros en espèces. Cette modification a eu pour effet d’accroître le
flux de demandeurs d’asile, essentiellement ceux en provenance de Serbie et de
l’ancienne République yougoslave de Macédoine: 6 615 demandes émanant de
ressortissants de cette région ont été introduites durant le seul mois
d’octobre 2012. Les autorités allemandes ont réagi en rétablissant une unité
d’appui pour les Balkans occidentaux. Ce service, dont le fonctionnement est
assuré par du personnel détaché de plusieurs autorités fédérales et qui est
spécifiquement chargé de traiter les demandes de ces pays, a permis de réduire
le temps de traitement des dossiers de 40 à 10 jours et d’accélérer les
rapatriements. En dépit de ces mesures opérationnelles, il semble que le
glissement à grande échelle des demandes d’asile vers l’Allemagne soit devenu
une spécificité permanente du régime d’exemption de visa de l’UE. –
La Suède a été
confrontée à une augmentation spectaculaire des demandes d’asiles introduites
par des citoyens albanais en avril et mai 2012, ainsi qu’à une forte
augmentation des demandes de la part de citoyens de Bosnie-Herzégovine en juin
2012. L’afflux d’Albanais serait imputable à la propagation de rumeurs dans le
nord de l’Albanie, selon lesquelles la Suède accorderait la protection
internationale pour raisons économiques[15].
Les autorités consulaires suédoises ont réagi en déclarant sans ambages que les
demandes d’asile pour raisons économiques seraient aussitôt rejetées. et que
les demandeurs seraient sanctionnés par une interdiction de réadmission dans
l’espace Schengen de cinq ans. Avec l’aide de Frontex, les gardes-frontières
suédois ont aussi envoyé des officiers de liaison dans les aéroports de
Podgorica et Belgrade afin d’y renforcer les contrôles sur les vols de Turkish
Airlines à destination de Stockholm via Istanbul. Ces mesures ont permis de
réduire l’afflux de demandeurs d’asile albanais après mai 2012. –
La Suède a aussi dû faire face, en juin 2012, à
une augmentation des demandes d’asile introduites par des citoyens de Bosnie-Herzégovine.
Les autorités suédoises ont constaté que la majorité des demandeurs provenaient
d’une même municipalité située dans le nord-est du pays. Un grand nombre
d’entre eux avaient vendu leur maison, avaient utilisé différents moyens de
transport par crainte de se faire intercepter aux points de passage
frontaliers, étaient accompagnés des membres de leur famille et prétendaient
avoir perdu leurs passeports biométriques avant de demander l’asile en Suède. Tous
ces éléments étaient révélateurs d’une stratégie pour s’installer de manière
durable dans le pays. La Suède a alors décidé d’intensifier sa coopération avec
les autorités de Bosnie-Herzégovine, ce qui a permis aux deux parties de
réduire les flux migratoires en provenance de cette municipalité dans le mois
qui a suivi. Aujourd’hui, la Suède reste la deuxième destination européenne de
prédilection pour les demandeurs d’asile originaires des pays des Balkans
occidentaux exemptés de visa. –
L’année dernière, la Suisse a mis en place plusieurs
mesures qui ont débouché sur une diminution des flux migratoires en provenance
des pays des Balkans occidentaux exemptés de visa. Les autorités ont commencé
par instaurer, pour tous les pays européens bénéficiant de l’exemption de
visas, une procédure accélérée permettant de prendre des décisions sur le fond
dans un délai de 48 heures. Cette mesure a été suivie d’autres, comme
l’instauration d’une interview préliminaire afin d’informer les demandeurs des
conséquences que peut entraîner toute demande d’asile infondée; l’annulation de
toutes les formes d’aide au retour pour les demandeurs d’asile déboutés
originaires de pays européens exemptés de visa; et une interdiction de
réadmission de cinq ans pour les demandeurs déboutés qui ne coopèrent pas avec
les autorités suisses ou qui soumettent plusieurs demandes infondées. Les
mesures prises semblent avoir permis de réduire de manière permanente l’afflux
vers la Suisse de demandeurs d’asile en provenance des pays bénéficiant de
l’exemption de visa. La Suisse a aussi rejoint la task-force de Frontex sur la
libéralisation du régime des visas en janvier 2012. Le BEAA a dressé la synthèse des mesures
opérationnelles prises ces dernières années par les États membres de l’UE pour
faire face à l’afflux de demandeurs d’asile en provenance des Balkans
occidentaux: –
visites ciblées de haut niveau dans les pays
concernés et campagnes d’information, en coopération avec des ONG locales et
les municipalités, afin d’expliquer aux citoyens des droits et obligations que
leur confère le régime d’exemption de visas, par le biais de la presse écrite
et des médias électroniques; –
maintien de la coopération opérationnelle avec
les autorités des pays concernés; –
réduction des prestations médicales pour les
demandeurs d’asile, tout en leur assurant des soins d’urgence; –
réduction des prestations en espèces, comme
l’argent de poche et l’aide financière au retour, afin de limiter les
incitations financières à abuser du droit d’asile; –
réduction de la durée des procédures d’asile en
affectant davantage de personnel au traitement des dossiers lors des pics ou en
mettant en place une procédure accélérée permettant un traitement rapide des
dossiers lors des pics ou pour les citoyens de pays spécifiques. 3.4. Autres développements
concernant le régime d’exemption des visas Le Parlement européen et le Conseil ont
récemment adopté une refonte de la directive relative aux procédures d’asile
(initialement, la directive 2005/85/CE). Cette version révisée,
que les États membres seront tenus d’appliquer dès le mois de juin 2015, crée
de nouveaux outils pour empêcher les migrants d’utiliser le système d’asile de
manière abusive en introduisant plusieurs demandes infondées. Le droit des
demandeurs de rester dans un État membre peut être restreint s’ils soumettent
une deuxième demande d’asile qui ne contient aucun élément nouveau par rapport
à la demande antérieure, ou si une deuxième demande est introduite dans le but
d’empêcher l’expulsion imminente du demandeur. Le droit de rester peut aussi
être restreint si le demandeur a introduit une troisième ou plusieurs demandes
d’asile. Ces règles ne constituent en aucun cas une exception au principe de non-refoulement,
lequel doit être respecté en toute circonstance. Les
colégislateurs sont sur le point d’adopter la proposition de la Commission
concernant la modification du règlement relatif aux visas (initialement,
le règlement 539/2001)[16].
En mai 2011, la Commission a proposé de créer un mécanisme de suspension des
visas permettant de suspendre provisoirement le statut d’exemption de visa des
ressortissants de pays tiers dans des circonstances exceptionnelles. Ce
mécanisme serait appliqué uniquement à titre provisoire et ne pourrait être
activé que dans des cas d’urgence. Le 12 septembre, le Parlement européen a
approuvé le compromis convenu avec le Conseil. Le règlement modifié devrait
être adopté formellement avant la fin de cette année, et entrera en vigueur 20
jours après sa publication au Journal officiel. 4. Prochaines étapes Le mécanisme de suivi de la libéralisation
du régime des visas a permis le partage d’informations actualisées sur
le fonctionnement du régime d’exemption de visas de l’UE entre, d’une part, les
pays des Balkans occidentaux et, d’autre part, les États membres de l’UE et les
pays associés à l’espace Schengen. Le service d’alerte mensuel de Frontex est à
la base de ce mécanisme et doit être maintenu. La France devrait être ajoutée à
la liste des pays dont FRONTEX assure le suivi mensuel. La grande majorité des citoyens des pays
des Balkans occidentaux exemptés de visa restent des voyageurs bona fide qui
se déplacent à travers l’UE pour des raisons tout à fait légitimes. Le
régime d’exemption de visas a atteint son objectif: il a renforcé les contacts
interpersonnels entre les Balkans occidentaux et l’UE, notamment avec les
communautés de la diaspora dans les États membres; amélioré les débouchés
commerciaux et favorisé les échanges culturels; et donné la
possibilité aux citoyens exemptés de visa de mieux connaître l’UE. Tous les
pays des Balkans occidentaux ont exprimé clairement leur volonté de poursuivre
les réformes nécessaires pour que leurs citoyens puissent continuer de
bénéficier de l’exemption de visa. Pourtant, les cas d’abus du droit d’asile
se sont multipliés en 2012, et une tendance très similaire a été observée
durant les neuf premiers mois de 2013. Les demandes d’asile émanant de
ressortissants de la région ont commencé à augmenter en mai 2013, et le nombre
total de demandes entre janvier et septembre 2013 a diminué de seulement 5,6
pour cent par rapport à celui enregistré durant les neuf premiers mois de 2012.
En 2012, les ressortissants des cinq pays exemptés de visa ont été plus
nombreux qu’en 2011 à introduire une demande d’asile, mettant sous pression les
systèmes d’asile de l’Allemagne, de la Suède et de la Suisse. Bien que les
pressions migratoires exercées par les pays de la région se soient atténuées
après octobre 2012, les tendances de l’immigration clandestine en provenance
des cinq pays exemptés de visa durant les trois premiers trimestres de 2013 ont
été extrêmement similaires à celles de 2012. Cette situation est intenable. La Commission demande aux pays des Balkans
occidentaux d’étayer leur engagement politique envers le régime d’exemption de
visas par la mise en œuvre de politiques concrètes et efficaces sur le terrain.
Il faut aller dans le sens d’une réduction durable de l’absorption de
demandeurs d’asile originaires des différents pays bénéficiant de l’exemption
de visa. La Commission recommande que chaque pays exempté continue de prendre
des mesures dans les domaines ci-après: (1)
accroître l’assistance ciblée aux populations
minoritaires, en particulier les Roms, afin de faciliter leur intégration
socioéconomique à long terme au travers de programmes éducatifs ainsi que de
programmes d’aide à l’emploi et de formation professionnelle, notamment en
mettant en œuvre des stratégies nationales et d’une assistance intérieure, avec
l’appui de l’Union européenne et l’aide bilatérale d’États membres; (1)
intensifier la coopération opérationnelle et les
échanges d’information avec les pays voisins, les États membres de l’UE et les
pays associés à l’espace Schengen, la Commission européenne et, le cas échéant,
Frontex, Europol et le BEAA, dans les domaines de la gestion des frontières,
des migrations, de l’asile et de la réadmission, conformément aux législations
communautaire et nationale; (2)
poursuivre les efforts engagés pour identifier
les facilitateurs de l’immigration clandestine, et poursuivre ceux qui
permettent l’utilisation abusive du régime d’exemption de visas, en étroite
coopération avec les services répressifs des États membres de l’UE, les pays
associés à l’espace Schengen et Europol; (3)
renforcer les contrôles aux frontières, dans le
respect le plus strict des droits fondamentaux des citoyens, et resserrer les
liens de coopération avec les États membres portant une responsabilité directe
dans la gestion des frontières extérieures de l’UE; (4)
intensifier les campagnes de sensibilisation et
d’information ciblées visant à expliquer aux citoyens les droits et obligations
associés à l’exemption de visas, notamment par la diffusion d’informations sur
les risques encourus en cas d’abus des droits liés au régime d’exemption. Enfin, la Commission recommande que les
États membres de l’UE et les pays associés à l’espace Schengen qui ont
enregistré le plus grand nombre de demandes d’asile infondées émanant de
ressortissants des Balkans occidentaux envisagent des mesures supplémentaires
dans les domaines ci-après: –
le cas échéant, rationaliser les procédures
d’asile pour les citoyens des pays des Balkans occidentaux exemptés de visa; –
intensifier la coopération opérationnelle,
notamment par l’intermédiaire d’officiers de liaison, avec les pays exemptés de
visa; –
aider les pays exemptés de visas à mener des
campagnes de communication plus efficaces afin d’informer les citoyens des
droits et obligations que leur confère le régime d’exemption de visas. La Commission continuera de suivre
l’évolution de la mise en œuvre de ces mesures via le mécanisme actuel de suivi
de la libéralisation du régime des visas, et fera rapport au Parlement européen
et au Conseil en 2014. 5. ANNEXE 5.1. Demandes d’asile
introduites par les citoyens des cinq pays des Balkans occidentaux dans les
États membres de l’UE et les pays associés à l’espace Schengen Source: Eurostat 5.2. Demandes d’asile
introduites par les citoyens des cinq pays des Balkans occidentaux dans les
États membres de l’UE et les pays associés à l’espace Schengen (%) Source: Eurostat 5.3. Demandes d’asile
introduites par des citoyens des pays des Balkans occidentaux dans les États
membres et les pays associés à l’espace Schengen qui sont en première ligne Source: Eurostat 5.4. Taux de reconnaissance des
demandes d’asile en première instance dans les États membres de l’UE et les
pays associés à l’espace Schengen qui sont en première ligne Citoyen || EM/SAC || Nombre total de décisions rendues en première instance || Décisions positives rendues en première instance || Taux de reconnaissance || 2009 || 2010 || 2011 || 2012 || 2009 || 2010 || 2011 || 2012 || 2009 || 2010 || 2011 || 2012 MNE || BE || 20 || 20 || 15 || 125 || 5 || 0 || 0 || 0 || 25.0 % || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % || 1.3 % MNE || DE || 80 || 110 || 90 || 355 || 5 || 0 || 0 || 5 || 6.3 % || 0.0 % || 0.0 % || 1.4 % MNE || FR || 55 || 50 || 75 || 395 || 0 || 0 || 0 || 5 || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % || 1.3 % MNE || LU || 5 || 0 || 35 || 195 || 0 || 0 || 0 || 0 || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % MNE || SE || 45 || 40 || 85 || 95 || 0 || 5 || 5 || 0 || 0.0 % || 12.5 % || 5.9 % || 0.0 % MNE || CH || 15 || 0 || 15 || 20 || 5 || 0 || 5 || 5 || 33.3 % || 0.0 % || 33.3 % || 25.0 % MK || BE || 180 || 390 || 905 || 625 || 0 || 25 || 15 || 15 || 0.0 % || 6.4 % || 1.7 % || 2.4 % || 0.7 % MK || DE || 75 || 2.480 || 1.740 || 6.240 || 5 || 5 || 5 || 10 || 6.7 % || 0.2 % || 0.3 % || 0.2 % MK || FR || 50 || 340 || 495 || 720 || 5 || 15 || 5 || 15 || 10.0 % || 4.4 % || 1.0 % || 2.1 % MK || LU || 0 || 0 || 180 || 230 || 0 || 0 || 0 || 0 || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % MK || SE || 45 || 630 || 720 || 430 || 0 || 5 || 0 || 0 || 0.0 % || 0.8 % || 0.0 % || 0.0 % MK || CH || 30 || 135 || 325 || 755 || 15 || 15 || 5 || 20 || 50.0 % || 11.1 % || 1.5 % || 2.6 % SRB || BE || 605 || 960 || 1.415 || 945 || 15 || 115 || 100 || 55 || 2.5 % || 12.0 % || 7.1 % || 5.8 % || 1.7 % SRB || DE || 675 || 4.830 || 6.105 || 13.095 || 15 || 30 || 25 || 25 || 2.2 % || 0.6 % || 0.4 % || 0.2 % SRB || FR || 620 || 630 || 380 || 810 || 30 || 45 || 25 || 155 || 4.8 % || 7.1 % || 6.6 % || 19.1 % SRB || LU || 10 || 85 || 440 || 530 || 0 || 0 || 0 || 0 || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % SRB || SE || 560 || 4.760 || 2.175 || 2.455 || 20 || 25 || 20 || 20 || 3.6 % || 0.5 % || 0.9 % || 0.8 % SRB || CH || 440 || 450 || 400 || 1.295 || 210 || 115 || 120 || 70 || 47.7 % || 25.6 % || 30.0 % || 5.4 % ALB || BE || 215 || 125 || 445 || 1.630 || 40 || 10 || 30 || 225 || 18.6 % || 8.0 % || 6.7 % || 13.8 % || 9.1 % ALB || DE || 60 || 35 || 65 || 115 || 5 || 5 || 15 || 15 || 8.3 % || 14.3 % || 23.1 % || 13.0 % ALB || FR || 315 || 435 || 465 || 680 || 15 || 15 || 40 || 40 || 4.8 % || 3.4 % || 8.6 % || 5.9 % ALB || LU || 30 || 5 || 15 || 130 || 10 || 0 || 0 || 0 || 33.3 % || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % ALB || SE || 105 || 65 || 185 || 985 || 10 || 5 || 20 || 45 || 9.5 % || 7.7 % || 10.8 % || 4.6 % ALB || CH || 10 || 5 || 25 || 35 || 0 || 0 || 0 || 0 || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % BiH || BE || 95 || 75 || 295 || 350 || 5 || 0 || 0 || 5 || 5.3 % || 0.0 % || 0.0 % || 1.4 % || 3.2 % BiH || DE || 205 || 340 || 350 || 2.030 || 15 || 10 || 15 || 25 || 7.3 % || 2.9 % || 4.3 % || 1.2 % BiH || FR || 240 || 370 || 110 || 710 || 15 || 25 || 15 || 100 || 6.3 % || 6.8 % || 13.6 % || 14.1 % BiH || LU || 30 || 25 || 20 || 195 || 0 || 0 || 0 || 0 || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % || 0.0 % BiH || SE || 95 || 105 || 365 || 1.335 || 10 || 10 || 5 || 5 || 10.5 % || 9.5 % || 1.4 % || 0.4 % BiH || CH || 95 || 165 || 70 || 225 || 55 || 70 || 30 || 20 || 57.9 % || 42.4 % || 42.9 % || 8.9 % WB Total || Total || 5.005 || 17.660 || 18.005 || 37.735 || 510 || 550 || 500 || 880 || 10.2 % || 3.1 % || 2.8 % || 2.3 % Source: Eurostat 5.5. Demandes d’asile
introduites par des citoyens albanais dans les États membres de l’UE et les
pays associés à l’espace Schengen Source: Eurostat 5.6. Demandes d’asile
introduites par des citoyens de Bosnie-Herzégovine dans les États membres de
l’UE et les pays associés à l’espace Schengen Source: Eurostat 5.7. Demandes d’asile
introduites par des citoyens de l’ancienne République yougoslave de Macédoine
dans les États membres de l’UE et les pays associés à l’espace Schengen Source: Eurostat 5.8. Demandes d’asile
introduites par des citoyens du Monténégro dans les États membres de l’UE et
les pays associés à l’espace Schengen Source: Eurostat 5.9. Demandes d’asile
introduites par des citoyens de Serbie dans les États membres de l’UE et les
pays associés à l’espace Schengen Source: Eurostat 5.10. Détection de citoyens
franchissant illégalement les frontières extérieures de l’UE (aux frontières
vertes) Source: Eurostat [1] Règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars
2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à
l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres
et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation
(JO L 81 du 21.3.2001, p. 1). [2] Les
rapports précédents sont les suivants : SEC(2011) 695,
SEC(2011) 1570, COM(2012) 472. [3] COM(2012) 472. * Cette désignation ne préjuge pas des positions sur le
statut du Kosovo et elle est conforme à la résolution n° 1244/1999 du Conseil
de sécurité des Nations Unies et à l’avis de la CIJ sur la déclaration
d’indépendance du Kosovo. [4] Durant les neuf premiers mois de 2013, Frontex a
comptabilisé 16 940 demandes d’asile émanant des Balkans occidentaux dans
les cinq pays les plus sollicités, ce qui correspond à une baisse de 5,6 pour
cent par rapport aux neuf premiers mois de 2012. Au cours des trois premiers
trimestres de 2013, l’Allemagne a reçu 70 pour cent de demandes en plus qu’à la
même période en 2012 alors que le nombre de demandes d’asile a chuté en
Belgique, au Luxembourg, en Suède et en Suisse. [5] Sur un total de 360 880 demandes d’asile
introduites en 2012 dans les pays de l’UE et les pays associés à Schengen, 47 025
ont été introduites par des ressortissants des pays des Balkans occidentaux
exemptés de visa. [6] Cette «proportion» est calculée en pourcentage des
décisions positives (concernant le statut de réfugié, la protection
complémentaire ou le statut humanitaire) sur le nombre total de décisions
rendues en première instance. [7] Ce chiffre particulièrement élevé pour les
ressortissants albanais est probablement en partie imputable à la décision de
supprimer l’Albanie de la liste des pays d’origine sûrs, prise en mars 2012 par
le Conseil d’État français. [8] Les
chiffres de FRONTEX et d’Eurostat divergent à cet égard. Le rapport entre les
demandes d’asile infondées et les retours est calculé à partir des chiffres
mensuels fournis par FRONTEX. [9] D’après Eurostat, les ressortissants des cinq pays
exemptés ont introduit 7 865 demandes en Allemagne, en Belgique, au
Luxembourg, en Suède et en Suisse en octobre 2012. Selon FRONTEX, ce même mois,
ces cinq États membres et pays associés à l’espace Schengen ont rapatrié plus
de 1 000 ressortissants des Balkans occidentaux. [10] Le nombre de migrants détectés alors qu’ils tentaient
de franchir illégalement les frontières vertes (entre les points de passage
frontaliers) a augmenté, de 26 244 à 34 839 entre 2011 et 2012. [11] Le nombre de migrants repérés alors qu’ils tentaient de
franchir illégalement les points de passage frontaliers a augmenté, de
1 421 à 2 387, entre 2011 et 2012. [12] En vertu d’un nouveau décret pris par le ministre de
l’intérieur albanais, les citoyens doivent, préalablement à toute demande de
changement de nom, se procurer auprès de la police des frontières un certificat
attestant qu’ils ne figurent pas sur la liste des personnes visées par une
interdiction d’admission dans l’espace Schengen. [13] Un citoyen de l’ancienne République yougoslave de
Macédoine a déposé plainte contre le ministère serbe de l’intérieur, qu’il
accuse d’avoir pratiqué une discrimination ethnique en lui interdisant l’entrée
sur le territoire serbe. Il a été débouté par un tribunal local en 2012. [14] Jugement rendu par la Cour constitutionnelle fédérale
d’Allemagne dans la procédure 1 BvL 10/10, 18 juillet 2012. [15] Un afflux similaire de demandeurs d’asile albanais en
Belgique s’est produit en octobre-novembre 2011, alimenté par des rumeurs selon
lesquelles le droit d’asile aurait été octroyé pour des raisons économiques.
Mais cet afflux a cessé aussi vite qu’il avait commencé. [16] COM(2011) 290.