RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Deuxième rapport d'évaluation sur la mise en œuvre de la directive relative à l'amélioration de la sûreté des ports /* COM/2013/0792 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU
CONSEIL Deuxième rapport d'évaluation sur la mise en œuvre de la
directive relative à l'amélioration de la sûreté des ports (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE) 1. Introduction La
directive 2005/65/CE[1] sur l'amélioration de la sûreté des
ports (ci-après "la directive") a pour
objectif principal de compléter les mesures adoptées en 2004 avec le règlement
(CE) n° 725/2004[2] sur l'amélioration de la sûreté des
navires et des installations portuaires (ci-après "le règlement"). Le champ
d'application du règlement est limité aux mesures de sûreté à bord des navires
et à l'interface immédiate entre le port et le navire. Ce sont à ces
obligations relevant essentiellement du code ISPS (International Ship and Port
facility Security) que les États membres ont souscrit en priorité, avant
d'accepter la mise en œuvre d'obligations supplémentaires dans le cadre de la
directive. La directive complète le dispositif en instaurant un système de sûreté dans toute
l'enceinte portuaire pour garantir un niveau de sûreté élevé et égal dans tous
les ports européens[3]. Plus de 1 200 ports maritimes
commerciaux sont exploités sur les 70 000 kilomètres de côtes de l'Union
européenne, l'une des régions du monde ayant le plus de ports. Parmi ceux-ci
près d'un millier (voir point 6.1.) entrent dans le champ d'application de la
directive, c'est-à-dire tous les ports qui abritent une ou plusieurs
installations portuaires faisant l'objet d'un plan de sûreté approuvé en vertu
du règlement. L'objectif
de la directive est d'améliorer la sûreté dans les zones portuaires qui ne sont
pas couvertes par le règlement et de faire en sorte que le renforcement de la
sûreté dans les ports vienne appuyer les mesures de sûreté prises en
application du règlement. Alors que la mise en place des mesures de sûreté au
niveau de l'installation portuaire pèse essentiellement sur son exploitant, les
mesures de sûrteté appropriées au niveau du port engagent, de façon
prioritaire, l'autorité portuaire[4]
et tous les services chargés des missions de maintien de la sécurité et de la
paix publique. L'article
19 de la directive prévoit que la Commisssion évalue le respect de la directive
et l'efficacité des mesures prises au plus tard le 15 décembre 2008, et ensuite
tous les cinq ans. Le
premier rapport a été adopté le 20 janvier 2009[5].
Ce deuxième rapport sur l'état d'avancement de la mise en œuvre expose les
mesures engagées pour favoriser la mise en place de mesures de sûreté portaire
homogènes au niveau de l'Union, les progrès accomplis pendant la dernière
période de référence de cinq ans et les problèmes encore persistants qui sont
apparus au cours de la mise en œuvre[6]. Le présent rapport est fondé sur: –
les retours d'informations des
autorités des États membres chargées de la sûreté maritime et des autres
parties prenantes; –
les résultats des inspections conduites
par la Commission dans le domaine de la sûreté portuaire; –
le dialogue constant entretenu avec les
autorités nationales et les différents acteurs du monde maritime et portuaire. Le
rapport attire l'attention sur certaines difficultés rencontrées en vue
d'atteindre les effets désirés mais également sur l'impact global que
représente la mise en oeuvre de la directive. 2. Conclusions du
premier rapport Le
premier rapport soulignait que si la directive avait été adoptée en première
lecture avec un large soutien du Parlement européen et à l'unanimité du
Conseil, la plupart des États membres concernés ne l'avaient transposé qu'avec
un retard significatif, conduisant à l’ouverture de procédures d’infraction,
dont deux se sont achevées par des arrêts en manquement[7]. A la fin
de cette période d'évaluation, les principales dispositions de la directive
avaient finalement été intégrées dans le droit interne de la grande majorité
des États membres. Malheureusement, leur mise en application pratique se heurtait
encore à des difficultés d'ordre organisationnel et fonctionnel au niveau des
ports eux-mêmes, car les administrations locales ne disposaient pas encore tous
les éléments nécessaires à poursuivre la mise en œuvre pratique de la
directive. La principale difficulté concernait la définition du périmètre du
port au regard de la sûreté. 3. Mesures d'accompagnement et de suivi de la
mise en œuvre depuis la période d'évaluation précédente Les
retards pris dans la préparation et l'adoption des mesures de transposition ont
eu des conséquences en cascade puisque les autorités compétentes au niveau des
ports ne pouvaient pas procéder à leur travail de mise en œuvre de la directive
tant que les mesures nationales n'étaient pas définitivement arrêtées. Globalement,
les États membres ont correctement transposé la directive, c'est-à-dire que les
mesures de transposition ont bien été reprises dans les dispositions
législatives, réglementaires et administratives. Cependant, leur mise en
pratique au plan local restait trop souvent à établir. En effet,
la directive – conformément au principe de subsidiarité – a prévu que les États
membres déterminent eux-mêmes les limites de chaque port et leur laisse le soin
de décider de l'appliquer aux zones adjacentes. De plus, les États membres
devaient veiller à ce que les évaluations et les plans de sûreté portuaire
soient correctement élaborés. Or, en 2009, un nombre important de ports n'était
toujours pas en mesure de remplir les obligations de la directive. Pendant
toute la période 2009-2013, la Commission a donc poursuivi son engagement de
veiller à une meilleure mise en œuvre de la directive. L'action de ses services
s'est concrétisée à la fois par des initiatives d'assistance aux États membres
et par des mesures de contrôle. Des démarches se sont développées autour des
axes suivants: –
La préparation d'un second séminaire consacré à la mise en œuvre de la
directive; –
La réalisation d'une étude sur les
aspects techniques de la sûreté portuaire (TAPS II) confiée au Centre Commun de
Recherche (JRC – Ispra); –
Le recueil et la diffusion de bonnes
pratiques dans le cadre du comité MARSEC; –
La mise en place d'un système
d'information régulière sur la réalisation et le suivi des plans d'action des
États membres pour l'achèvement de la mise en œuvre pratique de la directive; –
La conduite d'inspections pour le suivi
de l'application de la directive conformément au règlement (CE) n° 324/2008[8]. 4. Assistance à la
mise en œuvre de la directive 4.1. Séminaire du 21
octobre 2010 Un
premier séminaire avait été organisé en septembre 2006 en vue de permettre aux
États membres et à la Commission d'échanger des informations sur les modalités
de la transposition et de la mise en œuvre de la directive. Cependant, les
États membres qui rencontraient le plus de difficultés ont souhaité obtenir des
informations supplémentaires sur les dispositifs et les pratiques déjà mis en
place avec succès dans certains ports de l'Union européenne. La
Commission a répondu favorablement en organisant, le 21 octobre 2010, un second
séminaire au cours duquel des exemples variés contribuant à élever les
standards de sûreté des ports ont été présentés. Ce
séminaire a permis d'illustrer différentes approches envisagées pour la définition
du périmètre du port au regard de la sûreté selon la configuration
géographique des zones portuaires, leur imbrication dans des zones
résidentielles ou avec des sites industriels et commerciaux. Diverses solutions
retenues ont été présentées pour déterminer les limites de la zone portuaire
dans des cas aussi variés que celui d'un port d'estuaire (Bordeaux), d'un port
historique (La Vallette), d'un port enclavé dans un tissu urbain très dense
(Salerno) ou encore d'un des plus grands ports du monde (Rotterdam). Cet
atelier de travail a été l'occasion de rappeler les objectifs fondamentaux de
la directive et d'insister sur tous les aspects relatifs à l'évaluation de
sûreté portuaire qui est la pierre angulaire de l'application de la directive. Les conclusions de ce
séminaire ont ensuite été avalisées par le comité MARSEC. 4.2. Etude concernant les aspects techniques de
la sûreté portuaire (TAPS II) Compte
tenu des difficultés rencontrées par certains États membres, la Commission a confié au Centre Commun de
Recherche (CCR) la réalisation d'une étude sur l’application de la directive
dans les ports européens. Cette
étude se concentre sur les méthodologies favorisant la bonne application de la
directive et les moyens techniques pour sa mise en œuvre. Le but de l'étude est
d'aider à déterminer des critères communs pour réaliser les objectifs de la
directive par l’élaboration de normes minimales, de recommandations, de lignes
directrices et de recueil de bonnes pratiques. La définition du périmètre du
port a fait l'objet d'une attention toute particulière étant donné les
difficultés ou les réticences que certains États membres ont eu pour définir le
champ d’application de la directive et les mesures de sûreté portuaire en
général. Le rapport final propose une méthodologie qui prévoit deux stades de
vérifications successives, l'une vise à définir les installations portuaires et
les autres éléments caractéristiques faisant partie du même port, tandis que la
seconde vise, par le biais de l’analyse de risques, à définir les limites du
port de façon à obtenir le niveau de sûreté portuaire le plus efficace. Avant la
diffusion du rapport final de l'étude à la Commission, l'Institut pour la protection et la sécurité des citoyens du CCR a organisé, les 9 et 10 mars 2011 à Ispra (Italie),
une rencontre avec l'ensemble des parties intéressées, dont 14 représentants
des États membres et de l'industrie portuaire, pour présenter et de discuter les
conclusions préliminaires et les recommandations de l'étude, permettant ainsi
aux auteurs de l'étude de valider leurs conclusions. Le 20
septembre 2011, les résultats de l'étude TAPS II ont été diffusés au comité
MARSEC. Certaines propositions, notamment celles développant une méthodologie
systémique pour la conduite d'une analyse des risques en deux étapes afin de
déterminer le périmètre du port, ont été présentées comme des outils
particulièrement utiles et efficaces dans le travail d'analyse à réaliser
préalablement à la mise en œuvre pratique de la directive[9]. Le 24
janvier 2012, un document de travail a été soumis aux membres du comité sur le
chapitre relatif à la détermination des limites du port. Les États membres ont
généralement considéré que l'approche présentée dans l'étude permettrait de
résoudre certaines difficultés dans la détermination des limites géographiques
du port. Cependant, l'éventualité d'un recours obligatoire à une telle
méthodologie a été catégoriquement rejetée mais – au cas par cas et sur une
base non-contraignante - les conclusions formulées dans l'étude TAPS II
pourraient être utilisées en vue de la prochaine révision quinquennale des
évaluations de sûreté portuaire. 5. Contrôle de la mise en œuvre de la directive 5.1. Suivi
des plans d'action pour l'achèvement de la mise en œuvre pratique de la
directive Dès 2009,
la Commission a mis en place un système lui permettant de recevoir, sur une
base régulière, l'information des États membres sur la mise en œuvre de la
directive. Un dialogue assidu s'est engagé avec les autorités des États membres
en vue d'obtenir, avec régularité, des informations fiables sur le niveau de
réalisation des évaluations et l'adoption des plans de sûreté des ports. Pour les
États membres ayant les retards les plus importants dans l'accomplissement de
leurs obligations, il a été demandé de recevoir des plans d'actions nationaux
assortis de dates d'échéance précises pour la réalisation des évaluations et
des plans. De plus, des rapports d'étapes réguliers ont été sollicités pour
vérifier la bonne réalisation des engagements. La
situation s'est rapidement améliorée pour les États membres disposant d'un
nombre de ports inférieur à 30. Pour ce groupe d'États membres, la
quasi-totalité des évaluations ont été conduites et 96% des plans de sûreté
portuaire ont été établis et approuvés. Au
contraire, pour les États membres disposant d'un nombre de ports supérieur à
30, l'évolution a été beaucoup plus lente. Actuellement on peut considérer que 92%
des évaluations ont bien été conduites et un peu plus des deux tiers (70%) des
plans de sûreté portuaire ont été établis et approuvés. Les retards observés concernent
essentiellement le Royaume-Uni, l'Espagne, la Grèce et l'Allemagne. Le manque
de volonté de ces Etats membres à montrer leur détermination à conduire de
façon prioritaire la mise en œuvre de la directive a amené la Commission à
ouvrir des procédures d'infraction (voir point 5.3.). 5.2. Conduite
d'inspections effectuées par la Commission pour le suivi de l'application de la
directive Les
procédures pour le suivi de l'application de la directive ont été effectuées
lors des inspections de la Commission conformément au règlement (CE) n°
324/2008. Depuis
2009, le programme de travail pour la conduite des inspections dans le domaine
de la sûreté maritime comporte systématiquement un volet permettant de vérifier
que les procédures pour le suivi de l'application de la directive ont été
correctement mises en œuvre. Cependant,
jusqu'en 2012, les missions d'inspection se sont malheureusement heurtées au
retard de la mise en œuvre pratique, les administrations au niveau local n'ayant
reçu les instructions et les moyens nécessaires à la réalisation des
évaluations de sûreté portuaire. Les
inspections menées à partir de 2012, tant au niveau des administrations
nationales que directement sur un échantillon de ports, ont permis de constater
que si le cadre général de la mise en œuvre de la directive est maintenant
correctement posé, il existe un décalage important entre les objectifs d'amélioration de la sûreté des ports et les
résultats encore imparfaits constatés sur le terrain. Entre autres, des
observations sont régulièrement rapportées par les inspecteurs sur le fait que
les évaluations n'ont pas été conduites selon les procédures adéquates, les
plans ne sont pas cohérents avec les résultats de l'évaluation, les agents de
sûreté portuaire n'ont pas toujours été désignés, le système de surveillance
régulière des plans de sûreté portuaire n'est pas correctement assuré ou les
prescriptions en matière de formation et d'exercices ne sont pas réalisées. 5.3. Procédures
d'infraction Bien que
la Commission ait entretenu un dialogue constant avec tous les États membres
pour parvenir à une application conforme et cohérente de la mise en œuvre de la
directive, elle a été contrainte d'engager cinq procédures d'infraction au
cours de la période 2009-2013. Trois de
ces dossiers concernent une mise en œuvre incomplète de la directive en raison des
retards pris dans la réalisation des évaluations et l'adoption des plans de
sûreté des ports. Ces procédures concernent la Grèce, l'Espagne et le
Royaume-Uni qui – désormais - se sont engagés sur de nouveaux plans d'action en
vue d'achever la pleine réalisation des évaluations et des plans d'ici le
premier trimestre 2014. Deux
autres procédures concernent une application non-conforme de la directive
relevée à l'occasion de la conduite d'inspections: –
La première concernait le port de Malmö
(Suède) où les inspecteurs avaient constaté que les onze installations
portuaires constituant le port avaient été identifiées comme autant de ports
individuels pour éviter la mise en œuvre des dispositions essentielles de la
directive. Cette procédure a pu être classée suite à une révision de
l'évaluation de la sûreté portuaire qui a conclu à l'établissement d'un port de
Malmö unique (Malmö Hamn) constitué des onze installations portuaires[10]. –
La seconde concerne les ports du Land
de Mecklembourg-Poméranie occidentale (Allemagne) où il a été relevé lors des
inspections que les évaluations et les plans de sûreté portuaire restent encore
à établir et à mettre en œuvre. Après l'envoi d'un avis motivé, les autorités
allemandes ont convenu de conduire de nouvelles évaluations de sûreté dans les
ports disposants de plusieurs installations portuaires afin de préparer les
plans de sûreté portuaire remplissant les obligations de la directive. 6. Points
particuliers resultant des travaux d'evaluation 6.1. Taille
critique des ports soumis aux exigences de la mise en œuvre pratique de la
directive Lors des
entretiens avec les diverses parties prenantes, celles-ci considèrent souvent
que la directive est généralement bien conçue pour les grands ports avec une
forte activité commerciale mais qu'elle pose plus de difficultés à être adaptée
aux petits ports. Il faut
rappeler que la directive s'applique à tous les ports des États membres, qui
abritent une ou plusieurs installations portuaires faisant l'objet d'un plan de
sûreté de l'installation portuaire approuvé en vertu du règlement (CE) n°
725/2004 (Article 2, paragraphe 2) et que les États membres veillent à ce
que les mesures de sûreté portuaire soient étroitement coordonnées avec les
mesures prises en application du règlement (Articles 4 et 7). La directive a
prévu que les États membres déterminent eux-mêmes les limites de chaque port et
leur laisse le soin de décider de l'appliquer aux zones adjacentes. Ainsi,
afin de veiller à l'instauration équilibrée de mesures utiles conformément au
principe de proportionnalité, les co-législateurs ont pris la précaution de
prévoir à l'article 2, paragraphe 4 que si le périmètre de l'installation
portuaire au sens du règlement (CE) n° 725/2004 a été défini comme
englobant effectivement le port, les dispositions pertinentes du règlement
priment celles de la directive. Cette
disposition a été largement utilisée par les États membres dans les ports ne
disposant que d'une seule installation portuaire au titre du règlement. Sur
base de l'évaluation de sûreté du port, le périmètre du port a très souvent
(mais pas toujours) été défini comme coïncidant avec celui de l'installation
portuaire. Ainsi, sur les 1052 ports[11]
abritant une ou plusieurs installations portuaires faisant l'objet d'un plan de
sûreté approuvé en vertu du règlement, 586 ports ont été considérés comme
relevant des dispositions du paragraphe 4 de l'article 2 de la directive, soit
55% des ports de l'Union européenne. Cette situation a été plus spécifiquement
remarquée dans les États membres disposant de petits ports disséminés le long
des côtes ou sur des îles[12]. 6.2. Connaissance
de la menace et sensibilisation des acteurs Le
travail réalisé lors des évaluations de sûreté permet d'identifier les biens et
les infrastructures à protéger au regard des menaces et des risques qui pèsent
sur les activités portuaires. La phase suivante consiste à concevoir et mettre
en place les mesures adéquates susceptibles de contrer les menaces, à chacun
des trois niveaux de risque identifié (normal, croissant, élevé), par des
procédures spécifiques et par l'utilisation des équipements techniques
répondant aux spécificités des ports et permettant d'apporter la réponse
appropriée à la vulnérabilité potentielle des infrastructures. La
directive a ouvert la possibilité de créer des comités de sûreté portuaire
chargés de fournir des conseils pratiques (9ème considérant). Dans
les États membres ayant mis en place ce type de structure, celle-ci est
généralement composée des représentants locaux des administrations chargées de
missions de sûreté (services de police, garde-côtes, affaires maritimes,
douanes, gendarmerie, etc.). Les indispensables échanges d'information trouvent
ainsi un forum adéquat pour assurer la diffusion de la connaissance de la
menace et ainsi favoriser la sensibilisation de tous les acteurs concernés. Le
développement de la sensibilisation à la protection des ports participe à la
politique générale de sûreté qu'il est important de faire connaître à
l'ensemble des personnels du port (c'est-à-dire le personnel des entreprises
portuaires mais aussi celui des entreprises extérieures participant à
l'activité portuaire) et aux différents usagers du port. Les actions de
sensibilisation sont des atouts pour assurer une diffusion efficace et une
pédagogie appropriée du respect des mesures de sûreté. Il est important que les
mesures de sûreté soient perçues comme des moyens favorisant la réalisation et
le développement des activités économiques du port. Une
meilleure prise en compte des exigences relatives à la formation des personnels
et à la réalisation des exercices de sûreté portuaire[13], comme cela est régulièrement relevé
dans les rapports d'inspection, permettrait également d'améliorer le niveau général
de connaissance nécessaire à la protection des ports. 6.3. Contrôle
et surveillance des plans de sûreté portuaire. Conformément
à l'article 13 de la directive, les États membres doivent assurer un contrôle
leur permettant d'exercer une surveillance appropriée et régulière des plans de
sûreté portuaire et de leur mise en œuvre. Il s'agit là d'un point crucial qui
n'a toujours pas atteint son rythme de croisière dans tous les États membres,
en raison des retards de transposition mais aussi de l'inadéquation entre les
objectifs fixés et les ressources nécessaires à la conduite de ces contrôles. Chaque
État membre a développé son propre système de surveillance selon son
organisation interne et ses ressources disponibles. Ce rôle de contrôle a été
dévolu soit aux administrations centrales, soit aux administrations locales,
soit encore à des équipes polyvalentes regroupant plusieurs corps
administratifs (Transport, Police, Douanes, Capitaineries, etc). Les audits ont
pour but de vérifier que les plans sont conformes à la réglementation, que la
réalité des mesures de sûreté correspond bien aux exigences du plan et qu'elles
sont correctement mises en place. Ces
tâches sont effectuées selon un programme de travail arrêté périodiquement.
Lorsqu'une défaillance est constatée, une proposition est faite en vue de la
rectifier. Sur base du rapport transmis à l'administration compétente, la
nécessité d'une nouvelle évaluation de la sûreté du port ou d'une actualisation
du plan peuvent être exigées. Un important sujet de préoccupation pour les
services d'inspection est de vérifier la coordination effective entre les
mesures prises au niveau des installations portuaires et celles envisagées au
niveau du port. Le suivi des mesures correctives peut parfois être assuré lors
d'audits inopinés de la qualité opérationnelle des mesures mises en place. Les
rapports des auditeurs mais aussi ceux des inspecteurs de la Commission,
servent de base aux autorités nationales pour fournir conseil et assistance aux
autorités compétentes des ports en vue de rectifier les défaillances relevées.
Cette pratique doit être encouragée et développée; malheureusement, certains
États membres n'ont toujours pas mis en place les structures nécessaires à
assurer ce contrôle de conformité de façon régulière et appropriée[14]. Il est important que les moyens
humains ou financiers dévolus à ces tâches de surveillance soient mise en place
dans les meilleurs délais. L'attention sur ce point sera encore accentuée à
l'avenir, les systèmes actuels de surveillance des plans de sûreté portuaire
restant globalement à améliorer. 7. Conclusion Le
travail d'évaluation de la mise en œuvre de la directive 2005/65/CE révèle que
les mesures nécessaires pour parvenir à une application complète de l'ensemble
des dispositions de la directive restent encore à améliorer dans la majorité
des États membres. Cependant,
l'expérience acquise dans le cadre du contrôle de la mise en œuvre de la
directive indique que des progrès importants ont été faits. Il ne fait aucun
doute que le niveau de sûreté a augmenté dans les ports européens. L'action
combinée de la mise en œuvre du règlement et de l'application de la directive a
permis de réaliser un cadre crédible pour prévenir les atteintes à la sûreté
des ports et obtenir une protection adéquate des activités maritimes et
portuaires. Si l'impact de ces mesures est difficile à évaluer pour ce qui
concerne la dissuasion d'actes terroristes, les autorités portuaires
s'accordent à dire que les conséquences sont appréciables au regard des actes de
contrebande, des vols et des actes de malveillance qui sont en nette
diminution. Par ailleurs, la mise en place des mesures de sûreté ont souvent
conduit à revoir l'organisation des ports, comme – par exemple - la circulation
et le stockage des marchandises, les contrôles d'accès aux différentes parties
du port ou la définition de zones d'accès restreint. Ces mesures se sont
révélées comme autant d'atouts pour l'amélioration de l'efficacité des
activités portuaires, dans un environnement très concurrentiel. Comme la
Commission vient de le rappeler dans sa communication[15] du 23 mai 2013 "Les ports:
un moteur pour la croissance", l’Union européenne est extrêmement
dépendante des ports maritimes pour les échanges commerciaux avec le reste du
monde et aussi au sein de son marché intérieur. La sûreté des ports et de leurs
approches est donc essentielle pour assurer la sûreté globale du transport
maritime. Les conditions de la sûreté portuaire nécessitent un haut degré de
vigilance des États membres et de préparation de tous les acteurs concernés
pour garantir un niveau de sûreté élevé et égal dans tous les ports européens.
C’est la raison pour laquelle, tous les acteurs concernés doivent continuer à
travailler à l’amélioration permanente des dispositifs de prévention, de
protection et de réaction à opposer aux nouvelles menaces. A cette fin, les
systèmes de sûreté des installations portuaires et ceux du port doivent
parfaitement se compléter. Des relations efficaces entre le port, ses installations
portuaires et les navires qui les desservent, restent un défi majeur pour les
opérateurs et les administrations. Dans les
mois à venir, les États membres devront réexaminer les évaluations et les plans
de sûreté portuaire conformément aux dispositions de l'article 10 de la
directive qui prévoit ce réexamen au moins une fois tous les cinq ans. A cette
fin, la Commission considère que la méthodologie développée dans l'étude
TAPS II pourrait valablement être utilisée, en tant que de besoin, pour
redéfinir le périmètre des ports, incluant la nécessité de prendre dûment en
compte le plan d'eau. Par
ailleurs, le programme de travail pluriannuel des inspections de la Commission
va entrer dans une phase de contrôle plus approfondi. Il s'agira - par exemple
– de poursuivre l'examen de la mise en œuvre et l'application des procédures
prévues par les plans de sûreté portuaire à appliquer aux passagers et aux
véhicules devant être embarqués sur des navires rouliers (qui sont par nature
particulièrement vulnérables) ou, également, de vérifier, que les États membres
concernés coopèrent à l'évaluation de la sûreté portuaire aux deux extrémités
de la ligne maritime, dans le cas de services de transport maritime
international. Enfin, la
Commission va continuer à travailler avec les États membres pour améliorer la
mise en œuvre de la directive, avec l'objectif commun de mieux protéger encore
les ports de l'Union européenne pour le bénéfice de tous usagers des ports, des
utilisateurs des moyens de transport, de l'économie du transport maritime et de
la société en général. Elle poursuivra l'exercice de sa vigilance sur la bonne
application de cette directive et elle continuera à engager des poursuites
lorsqu'elle le jugera nécessaire. [1] Directive 2005/65/CE du Parlement européen et
du Conseil du 26 octobre 2005 relative à l'amélioration de la sûreté des ports
– JO L 310 du 25.11.2005, p. 2 [2] Règlement (CE) n°
725/2004 du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 relatif à
l'amélioration de la sûreté des navires et des installations portuaires - JO L
129 du 29.4.2004, p. 6 [3] La directive ne concerne
que les ports maritimes, les obligations ne s'appliquent pas à l'Autriche, à la
République tchèque, à la Hongrie, au Luxembourg et à la Slovaquie. Par
ailleurs, l'Autorité de surveillance de l'AELE veille à ce que l'Islande et la
Norvège respectent leurs obligations résultant de l'accord sur l'Espace
économique européen. [4] L'autorité de sûreté portuaire
est désignée par l'Etat membre conformément aux dispositions de
l'article 5 de la directive. [5] COM(2009)2 final [6] La mise en œuvre de la directive
en Croatie n'a pas encore fait l'objet d'une évaluation. [7] Aff. C-464/08 Commission/Estonie
du 3 septembre 2009 et Aff. C-527/08 Commission/Royaume-Uni du 3 septembre 2009. [8] Règlement (CE) n° 324/2008 de la Commission du
9 avril 2008 établissant les procédures révisées pour la conduite des
inspections effectuées par la Commission dans le domaine de la sûreté maritime -
JO L 98 du 10.4.2008, p. 5. [9] Lors des inspections, la valeur pédagogique
et les pistes de réflexion proposées par l'étude TAPS II ont été – à plusieurs
reprises – constatées. [10] Une inspection de suivi a permis de vérifier
et confirmer la conformité de la mise en œuvre de la directive à Malmö. [11] La différence avec le chiffre cité dans le rapport de
2009 (754 ports) s'explique par le fait que certains Etats membres n'avaient
pas initialement inclus les ports relevant des dispositions de l'article 2,
paragraphe 4, dans leur liste des ports concernés par la directive. Ceci a été
corrigé à la demande de la Commission (chiffres au 16/09/2013). [12] Ces
ports disposant d'une installation portuaire unique représentent une part
importante des ports de Finlande (65/78, soit 83%), de Suède (131/162, soit
81%), de Grèce (82/119, soit 69%), du Royaume-Uni (119/175, soit 68%) et du
Danemark (51/82, soit 62%). [13] Le 4 mai 2012, faisant suivi à la réalisation
d'un manuel sur les exercices et entraînements de sûreté portuaire, un exercice
a été mené dans le port d'Anvers (Belgique). Cet exercice a pu être suivi par des
observateurs des Etats membres et de la Commission. [14] Dans le cadre des échanges
d'information, il a été demandé aux États membres de fournir des relevés de
leurs programmes. Certains ont transmis des chiffres précis sur le recrutement
d'auditeurs et sur leurs tableaux de conduite des audits portuaires, d'autres
n'ont pas été en mesure d'adresser des informations aussi précises. [15] COM(2013)295 final