RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN RAPPORT D’ÉTAPE 2013 SUR L’ESPACE EUROPÉEN DE LA RECHERCHE /* COM/2013/0637 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT
EUROPÉEN RAPPORT D’ÉTAPE 2013 SUR L’ESPACE EUROPÉEN DE LA RECHERCHE (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)
1.
Introduction
Réformer l’EER pour
contribuer à la croissance et à l’emploi Les réformes des systèmes nationaux de recherche sont au cœur de l’Espace
européen de la recherche (EER). Des systèmes nationaux de recherche plus
efficaces, en liaison avec les programmes «Horizon 2020», qui seront exemplaires
pour l’ensemble des priorités EER, permettront de mieux répondre aux défis sociétaux
auxquels l’Europe doit faire face. Il est d’autant plus urgent de réformer l’EER
que le contexte actuel est marqué par la récente crise économique et
financière, qui appelle des solutions rapides, efficaces et génératrices de
croissance. Le secteur européen de la recherche est un élément clé pour la
compétitivité future de nos économies de même que pour la croissance, comme l’ont
reconnu les États membres en adoptant l’objectif de 3 % du PIB pour les
investissements dans la recherche et le développement. Si les investissements
privés dans la recherche sont indispensables pour atteindre cet objectif, il
appartient aux autorités nationales de réaliser des réformes structurelles en
vue de faire levier sur le niveau des investissements. La recherche est une
composante essentielle du processus du semestre européen, dans le cadre duquel
les États membres déterminent leurs réformes économiques et budgétaires
nationales. En tant que
contribution à la stratégie «Europe 2020»[1],
notamment en ce qui concerne une croissance intelligente en Europe, la
Commission européenne a adopté le 17 juillet 2012 une communication intitulée
«Un partenariat renforcé pour l’excellence et la croissance dans l’Espace
européen de la recherche»[2].
La Commission y préconise des réformes structurelles urgentes, qu’elle envisage
de mener en partenariat avec les États membres et les organisations d’acteurs
de la recherche, l’objectif étant de prendre des mesures concrètes en temps
utile afin de relever le niveau d’excellence du système public de recherche
européen. Des
orientations politiques fortes sont nécessaires dans le cadre du semestre
européen Les réformes
de l’EER doivent être ancrées dans le cycle de gouvernance du semestre européen
afin d’inscrire les politiques nationales de recherche dans un contexte
économique plus vaste. Comme l’a indiqué le Conseil[3],
les États membres sont invités à «recenser les réformes et actions
nationales nécessaires pour créer l’EER dans le cadre de l’Union de l’innovation,
compte tenu de leurs spécificités nationales, et à présenter ces réformes et
leur mise en œuvre ultérieure lorsqu’ils feront rapport sur les mesures
nationales relatives à l’EER, le cas échéant dans les programmes nationaux de réforme
à compter du semestre européen 2013». Il est essentiel de définir des
orientations politiques fortes au niveau de l’Union, le cas échéant en liaison
avec les pays associés, pour assurer le développement d’un EER pleinement opérationnel. Le paysage européen de la recherche et de l’innovation est
marqué par sa diversité et se caractérise par des schémas institutionnels et
des structures de gouvernance différents. Il conviendrait que les États membres
et les régions réforment leurs systèmes de recherche en fonction de leurs propres
forces et spécificités nationales. Dans le cadre du cycle 2013 du semestre
européen, plusieurs États membres ont déjà prévu une partie consacrée à l’EER
ou ont fait indirectement référence à l’EER dans leur programme national de
réforme (PNR). La
communication sur l’EER a été approuvée par le Conseil[4]
et accueillie favorablement par le Parlement européen[5].
La nécessité de considérer l’EER comme «un objectif prioritaire pour
encourager la croissance et le développement économique, social et culturel de
l’UE, ainsi que l’excellence scientifique et la cohésion entre les États
membres, les régions et les sociétés» a également été reconnue par le
Comité économique et social européen (CESE) et par le Comité des régions (CdR)[6]. Une participation renforcée des acteurs de l’EER Les acteurs de la recherche jouent un rôle déterminant dans
l’établissement d’un partenariat EER solide. Ils connaissent le mieux les
difficultés auxquelles sont confrontés les chercheurs lorsqu’il s’agit d’accéder
à des carrières scientifiques, de les gérer ou d’y progresser. S’il appartient aux États membres de créer un
environnement favorable au développement de l’EER, les organismes de financement
de la recherche ainsi que les acteurs de la recherche devraient se charger de
mettre en œuvre l’EER au quotidien. Les cinq organisations
européennes d’acteurs de la recherche avec lesquelles la Commission a signé, le
jour même de l’adoption de la communication sur l’EER, une déclaration
conjointe, suivie de quatre protocoles d’accord et d’une déclaration
unilatérale[7],
se sont engagées à appeler leurs membres à réaliser des progrès substantiels dans
les domaines EER prioritaires, avant la fin de l’année 2013, et de rendre un
rapport d’étape succinct pour décembre 2013. Une plateforme des acteurs
de la recherche a été mise en place par la Commission afin de suivre la mise en
œuvre des engagements, d’échanger des informations et de résoudre les problèmes
rencontrés. Premier rapport d’étape sur l’EER Le rapport d’étape 2013 sur l’EER présente pour la première
fois un aperçu du contexte politique, des mesures prises et des premiers
résultats obtenus dans les 28 États membres ainsi que dans plusieurs pays
associés[8]. Le document de travail des services de la
Commission qui accompagne ce rapport, «ERA Facts and
Figures», présente des données factuelles au niveau européen et national
en ce qui concerne les priorités de l’EER. Il constitue une base de travail en
vue de l’élaboration d’une évaluation approfondie des progrès réalisés en 2014
en ce qui concerne l’EER. Les réformes structurelles et les décisions stratégiques
concernant l’EER ne peuvent être fondées que sur un système robuste de suivi
fournissant des données précises sur les politiques nationales et leur mise en œuvre
par les organismes de financement de la recherche et par les acteurs de la
recherche. Le mécanisme de suivi de l’EER est un processus évolutif qui se
construit en coopération étroite avec les États membres et les organisations d’acteurs
de la recherche. Des améliorations y seront apportées progressivement, y
compris sur le plan de la méthodologie et de la qualité des données.
2.
Analyse
du premier rapport d’étape EER: principaux résultats et tendances générales
Dans un
contexte marqué par les pressions constantes exercées sur les budgets nationaux
de R&D, les réformes structurelles de l’EER devraient permettre d’utiliser
plus efficacement des ressources limitées et, partant, de maximiser le retour
sur investissement dans la recherche tout en améliorant son efficacité au
niveau national et européen. Efficacité des systèmes nationaux de recherche Un financement concurrentiel de
la recherche contribue à l’efficacité des fonds publics investis dans la
recherche. Que la concurrence soit assurée par des appels d’offres ou par l’octroi
de fonds sur la base des performances réalisées, elle induit des modifications
organisationnelles et améliore la qualité et la reconnaissance mondiale des
établissements de recherche et de leurs chercheurs. La part du financement
concurrentiel et du financement institutionnel basé sur les performances est en
progression en Europe. De la même manière, une majorité d’États membres
appliquent de plus en plus les principes de base de l’examen international par
les pairs[9]
et plusieurs d’entre eux font appel à des experts étrangers pour ce type d’examen
afin d’assurer une plus grande indépendance des évaluations ou d’élever le
niveau des normes intérieures, tout en ajustant le processus aux spécificités
du terrain et du contexte national[10].
Il en va de même au niveau européen, où l’expertise des pairs internationaux
constitue le principe de base de l’octroi de moyens financiers dans les
programmes-cadres (PC). Si l’équilibre entre financement concurrentiel et non
concurrentiel est une question de choix national, il convient de faire du
financement concurrentiel et des évaluations institutionnelles basées sur les
performances des critères de base dans les décisions relatives au financement
de la recherche dans les États membres, en appliquant les principes
fondamentaux de l’examen international par les pairs. Coopération transnationale L’Europe a besoin d’une masse critique pour relever efficacement
les grands défis et pour tirer le meilleur parti des ressources dont elle
dispose. Des activités conjointes permettent de mobiliser des complémentarités
transfrontalières de façon à éviter la duplication inutile des efforts, à
exploiter les synergies et à mener des travaux de recherche à grande échelle
qui ne peuvent pas être pris en charge par un seul pays. Le programme-cadre de l’UE est l’outil le mieux adapté pour
favoriser la coopération transnationale entre équipes de recherche dans les
États membres et les pays associés[11].
Chose importante, il renforce également la coordination transnationale des
programmes nationaux de recherche à travers de nombreux dispositifs de
coordination «ERA-Net». LE 7e PC a encouragé de nouvelles
initiatives de grande envergure: –
cinq initiatives «Article 185» ont été lancées, dont l’une fait
intervenir l’ensemble des 28 États membres. En juillet 2013, la Commission a
proposé de les étendre et de les renforcer, mobilisant quelque 3,5 milliards d’euros
au total, dont 1,4 milliard à travers les programmes «Horizon 2020»[12];
–
dix initiatives de programmation conjointe ont été lancées depuis 2009.
Cinq disposent désormais de programmes stratégiques de recherche et sept ont
lancé ou prévoient de lancer des appels conjoints; –
plusieurs organisations intergouvernementales d’envergure jouent un rôle
déterminant dans l’aide à la coopération transnationale à travers la
coordination et le financement de la recherche au niveau intra-européen et
international. Ainsi, avec l’aide appuyée de leurs États membres, les
organisations intergouvernementales européennes de recherche[13]
qui font partie de l’EIROforum sont parvenues à créer des infrastructures de
recherche qui figurent parmi les meilleures au monde. Le secret de la réussite
de l’EIROforum réside notamment dans la mise en relation entre les besoins de
la communauté scientifique et l’aide des États membres. Plusieurs agences de financement de la recherche dans les
États membres ont passé des conventions bilatérales ou multilatérales ou ont
établi des modèles de coopération transnationale spécifiques tels que la
procédure d’organisme chef de file[14].
Toutefois, la plupart de ces initiatives présentent une structure ascendante et
sont de taille restreinte. Abstraction faite du financement du programme-cadre
et de l’Agence spatiale européenne, moins de 1 % du financement public
national de la recherche et développement est consacré à la recherche
transnationale en Europe, et les initiatives visant à accroître l’interopérabilité
des programmes nationaux de recherche sont encore relativement rares[15]. Pour améliorer l’efficacité de la recherche en tenant compte
du volume limité des fonds publics disponibles, il est essentiel non seulement
d’ouvrir le financement transnational, mais aussi et surtout d’effectuer un
rapprochement stratégique entre différentes sources de financement nationales
et d’autres fonds au niveau de l’Union européenne. Certains États membres ont
adopté des stratégies nationales tenant compte des priorités conjointes
convenues dans le cadre d’«Horizon 2020» ou du programme stratégique de
recherche des initiatives de programmation conjointe auxquelles ils participent.
Toutefois, le niveau de rapprochement n’est pas suffisant pour relever les grands
défis sociétaux auxquels est confrontée l’Europe. Les
États membres devraient améliorer le rapprochement des programmes nationaux de
recherche afin de mettre en œuvre des objectifs stratégiques de recherche
définis d’un commun accord dans le cadre d’une programmation conjointe. Ils
devraient en outre améliorer l’interopérabilité des programmes nationaux de
manière à faciliter encore davantage la coopération trasnfrontalière en matière
de recherche. La mise au
point d’un programme conjoint par des États membres permet à un plus grand
nombre de chercheurs de coopérer à des activités de recherche transnationale
qui bénéficient d’un financement national et qui portent sur des enjeux
sociétaux majeurs, comme le montrent par exemple les alliances européennes pour
la recherche dans le domaine de l’énergie qui relèvent du plan SET[16]. Infrastructures de recherche
Les inventaires établis récemment[17]
ont mis en évidence le grand nombre d’infrastructures de recherche existant à
travers l’Europe et ont rendu le paysage de la recherche plus transparent. Le
suivi de l’EER montre également que les conditions d’accès transfrontalier aux
infrastructures de recherche ne sont pas toujours précisées ou harmonisées
entre États membres. Les conditions de l’accès transnational aux
infrastructures de recherche doivent être rendues plus transparentes. Les programmes
«Horizon 2020» continueront d’intégrer et d’ouvrir l’accès des infrastructures
nationales de recherche présentant un intérêt paneuropéen et régional à l’ensemble
des chercheurs européens, qu’ils soient issus du monde universitaire ou de
celui des entreprises, et d’assurer leur utilisation optimale ainsi que leur
développement conjoint. Le Forum stratégique européen sur les infrastructures
de recherche (ESFRI) est un bon exemple d’instrument assurant le développement
de l’intégration stratégique de l’Europe. Ensemble, la Commission et les États
membres progressent dans la mise en œuvre de l’engagement pris au titre de l’Union
de l’innovation de lancer ou parachever, d’ici 2015, la création de 60 %
des 48 infrastructures prioritaires identifiées en 2010 par l’ESFRI. Le recours
accru au règlement «ERIC» pour la mise en place d’infrastructures de recherche
européennes est la parfaite illustration d’un instrument qui permet de mettre
en place des structures de gouvernance plus comparables ainsi que des
conditions d’accès claires. Les engagements financiers nationaux restent un élément indispensable
pour encourager une vision à long terme et une participation aux infrastructures
de recherche mondiales présentant un intérêt européen et ce, encore davantage
en temps de crise. Près des deux tiers des États membres ont élaboré des
feuilles de route concernant les infrastructures nationales de recherche[18],
ce qui contribue à la défragmentation du paysage des infrastructures de
recherche en Europe. Toutefois, il existe encore des marges de rapprochement
avec la feuille de route ESFRI. Les programmes «Horizon 2020» continueront à
faciliter et à soutenir l’élaboration, la mise en œuvre, la durabilité à long
terme et le bon fonctionnement des infrastructures de recherche identifiées par
l’ESFRI et d’autres infrastructures de recherche de premier ordre. Les États membres devraient s’efforcer de lever les
barrières financières, organisationnelles et politiques au développement et à
la mise en place d’infrastructures de recherche. Ils devraient en outre
procéder au rapprochement des feuilles de route concernant les infrastructures
de recherche et coordonner leur développement. La Commission européenne établira une charte de l’accès
transfrontalier aux infrastructures de recherche ainsi que de leur utilisation
afin d’instituer une plus grande transparence et des conditions harmonisées en
ce qui concerne l’accès transfrontalier aux infrastructures de recherche. Ouverture du marché du travail pour les chercheurs Pour parachever l’EER, il est
essentiel de mettre en place un marché du travail européen des chercheurs qui
soit à la fois véritablement ouvert et attractif. Un recrutement ouvert, transparent et basé sur le mérite
permet aux systèmes de recherche de sélectionner leur personnel parmi un
réservoir de talents aussi vaste que possible, favorisant ainsi l’excellence et
renforçant la mobilité. Plus de 200 universités et instituts de recherche
contribuent activement à l’exercice «HR Excellence in Research» et la grande
majorité sont en train de revoir leur processus de recrutement. Le recours au
portail de l’emploi «EURAXESS Jobs» pour proposer des postes dans le secteur de
la recherche à travers toute l’UE représente également une étape décisive et a
contribué à rapprocher l’offre et la demande au niveau transfrontalier. Toutefois,
les principes de recrutement ouvert vont bien au-delà du droit d’être informé
des postes vacants ou d’y postuler. Environ 40 % des chercheurs européens
ont indiqué qu’ils n’étaient pas satisfaits des pratiques de recrutement ouvert
au sein de leur établissement. Dans certains pays, ce taux dépassait les 50 %[19].
L’année 2012 a vu les écarts se creuser entre États membres
dans le domaine de l’innovation. Dans ce contexte, et en liaison avec les
coupes opérées dans les budgets consacrés à la recherche dans les pays les plus
touchés par la crise financière, un recrutement ouvert et la progression dans
la carrière constituent des éléments d’autant plus importants pour créer les conditions
d’une croissance plus équilibrée dans l’ensemble de l’Europe. Un effort coordonné est nécessaire de la part des
États membres et des établissements concernés afin de veiller à ce que l’ensemble
des postes de chercheurs fassent l’objet de pratiques de recrutement ouvertes,
transparentes et basées sur le mérite. Des différences subsistent entre États membres en ce qui
concerne la portabilité des subventions et l’accès aux subventions nationales. Quelques
États membres seulement indiquent que leurs mécanismes de financement nationaux
prévoient la portabilité des subventions. L’accès aux subventions et aux bourses
nationales est souvent limité dans le cas des non-résidents, sauf lorsque ces
financements servent les intérêts du système national de recherche. Même si
plusieurs initiatives[20]
ont été adoptées, leur impact reste limité à l’échelle de l’UE. Les États membres devraient lever les barrières à l’accès
effectif aux subventions nationales ainsi qu’à la portabilité de celles-ci,
alors que les organismes de financement de la recherche doivent intensifier
leur coopération pour faciliter le bon déroulement du processus. Des formalités d’immigration simplifiées peuvent constituer
un facteur déterminant pour attirer en Europe des chercheurs qui figurent parmi
les plus talentueux au monde. En mars 2013, la Commission a proposé une refonte[21]
de la directive sur le visa scientifique qui fixera des délais plus
contraignants pour le traitement des demandes de visas par les autorités
nationales et donnera aux chercheurs des possibilités accrues de mobilité et d’accès
au marché du travail après leur séjour. L’Europe compte relativement peu de chercheurs employés dans
l’industrie, alors qu’elle forme pourtant un nombre croissant de doctorants. Bien
que la nature des doctorats proposés se diversifie et que les diplômés sont de
plus en plus nombreux à opter pour des carrières non universitaires, nombre d’entre
eux sont mal préparés au marché de l’emploi. Plusieurs États membres ont enregistré des progrès, même si
le défi consiste toujours à élargir la portée, le financement et la durabilité
du programme et à renforcer l’engagement des entreprises dans la formation des
doctorants, notamment pour tenir compte des principes relatifs à la formation
doctorale innovante, tels qu’approuvés par le Conseil[22].
En outre, plusieurs États membres ont judicieusement utilisé les fonds structurels
pour favoriser la formation des doctorants. Les États membres, les organismes de financement de la
recherche et les acteurs de la recherche sont encouragés à favoriser une adoption
plus large des principes relatifs à la formation doctorale innovante, y
compris, le cas échéant, à travers le recours aux fonds structurels et aux
fonds d’investissement européens. Pour favoriser une participation plus large à l’EER, la
Commission propose d’établir des «Chaires EER» dans le cadre des programmes
«Horizon 2020», en vue d’aider les universités et d’autres établissements de
recherche à atteindre le niveau d’excellence requis en matière de recherche
pour être compétitifs au niveau international. Un appel pilote a été lancé à
cet effet dans le cadre du 7e PC et plus de 100 institutions y ont
répondu. Égalité entre les sexes et intégration de la dimension hommes-femmes
dans la recherche La recherche
européenne souffre encore d’un manque notable – et d’une utilisation inefficace
– de femmes hautement qualifiées, ainsi que de l’absence de la dimension
hommes-femmes dans les contenus de recherche. Si le nombre de femmes titulaires
d’un doctorat a sensiblement augmenté au cours des dernières années dans
presque tous les secteurs, les femmes faisant de la recherche restent une
minorité et le nombre de femmes à la tête d’établissements d’enseignement
supérieur est très faible[23].
En matière d’initiatives
politiques, la situation des États membres est très contrastée. L’égalité entre
les sexes est généralement réglementée au moyen des dispositions globales
régissant le marché du travail. Quelques États membres semblent avoir introduit
des dispositions spécifiques pour assurer l’égalité hommes-femmes dans la
législation applicable à la recherche. Dans la moitié des États membres, des
mesures incitatives sont prises pour encourager les jeunes femmes à embrasser
une carrière scientifique et pour soutenir les carrières des femmes dans la
recherche. Un plus petit nombre d’États membres fixe des objectifs, en
particulier en ce qui concerne l’équilibre hommes-femmes dans les groupes et
comités. Très rares sont ceux qui encouragent les établissements à adopter et à
mettre en œuvre des plans en faveur de l’égalité hommes-femmes[24].
Les États
membres n’accordent que peu d’attention à l’intégration de la dimension
hommes-femmes dans les programmes nationaux de recherche, alors même que le
fait de tenir dûment compte des besoins, des comportements et des attitudes tant
des femmes que des hommes peut contribuer à améliorer la qualité et la
pertinence des résultats de la recherche et de l’innovation. Les
États membres devraient mettre en œuvre des stratégies globales de mutation
structurelle afin de surmonter les inégalités hommes-femmes dans les
établissements et les programmes de recherche. Dans le 7e PC, la Commission a financé la mise en
place et l’exécution de projets pour l’égalité hommes-femmes dans les
organismes de recherche. En 2013, le projet ERA-Net consacré à l’égalité
hommes-femmes sera lancé en vue d’encourager la coopération entre les États
membres et les pays associés. Dans le cadre des programmes «Horizon 2020», la Commission
continuera d’encourager les mutations structurelles dans les établissements de
recherche. En comparaison du 7e PC, l’égalité entre les sexes et la
dimension hommes-femmes dans les contenus de recherche et d’innovation seront
plus systématiquement intégrées aux différentes étapes des programmes «Horizon
2020». Optimisation de la
circulation et du transfert des connaissances scientifiques Accès ouvert aux résultats de la recherche financée par
les budgets publics En matière d’EER, le savoir est essentiel. Les connaissances
issues de travaux de recherche financés par les budgets publics doivent
être accessibles aux chercheurs et au secteur privé, de manière à élargir le
socle des connaissances, à réduire les écarts entre régions et à encourager les
solutions innovatrices aux enjeux sociétaux. L’accès illimité et gratuit aux
publications est soutenu par un nombre croissant d’universités, de centres de
recherche et d’organismes de financement à travers l’Europe. Presque tous les
États membres ont mis en place des dispositions législatives et administratives
permettant l’accès ouvert aux publications et certains d’entre eux sont
également favorables à l’accès ouvert aux données[25].
Les États membres
devraient continuer à déployer des efforts pour assurer l’accès ouvert aux
publications et devraient continuer à élaborer un cadre politique adéquat en ce
qui concerne l’accès ouvert aux données, tout en prenant en considération les
questions de DPI, notamment dans le cas de l’intervention du secteur privé dans
la recherche. Les programmes «Horizon 2020»
donnent l’exemple en rendant obligatoire l’accès ouvert aux publications de
recherche pour obtenir un financement de la recherche et de l’innovation au
niveau européen. La dimension numérique de l’EER Les moyens numériques sont
essentiels pour la création de savoirs, l’accès à ceux-ci ainsi que leur
transfert. Certains États membres ont déjà pris des mesures pour encourager l’EER
numérique de manière à faciliter un accès en ligne aisé aux ressources de la
recherche, aux services connexes et aux formules de coopération existant dans
ce domaine[26].
L’ensemble des États
membres devraient s’assurer que les conditions soient remplies pour: un accès
en ligne aisé aux services de recherche numériques à des fins de coopération, d’élaboration
de données et d’accès à l’information scientifique; la fédération des identités
électroniques des chercheurs, ce qui facilite l’accès transfrontalier des
chercheurs aux services et aux ressources; et des politiques harmonisées d’usage
et d’accès aux infrastructures en ligne et aux services de recherche numériques,
afin de permettre la coopération au sein de groupements de recherche
multinationaux associant à la fois des partenaires publics et privés. Transfert de connaissances et innovation ouverte Les transferts de connaissances représentent un domaine clé de
l’EER dans lequel les administrations publiques et les parties prenantes sont
très actives, compte tenu de leur rôle essentiel dans l’économie, notamment
dans la perspective de la reprise. Si ces efforts d’appui dans les États
membres sont louables, les mesures nationales restent fragmentées, ce qui nuit
globalement à une innovation ouverte et à l’efficacité des transferts de
connaissances au niveau national[27].
Des stratégies qui structurent, stimulent, facilitent et, partant, assurent la
contribution de la recherche publique à une innovation ouverte et aux
transferts de connaissances ont un rôle important à jouer dans l’économie de la
connaissance. Les États membres doivent aller plus loin dans la
définition, la mise en œuvre et l’évaluation des stratégies nationales de
transfert de connaissances afin de réussir la mutation structurelle et culturelle
du système de recherche et d’innovation et de renforcer ainsi le poids
économique et social de la recherche. La politique des sciences et de l’innovation est de plus en
plus interconnectée. Les connaissances scientifiques sont de plus en plus le fruit
d’un processus collaboratif dynamique qui, à son tour, amène une innovation
utile et limite les frais de transaction. Pour favoriser ce processus, la
Commission est en train d’élaborer une approche politique globale en faveur d’une
innovation ouverte et du transfert des connaissances, et elle consultera les
parties prenantes à cet égard. Coopération
internationale La dimension externe de l’EER[28]
est intrinsèque à son développement. Les résultats obtenus par l’EER
en ce qui concerne la mise en commun de ressources et la création d’une masse
critique, la facilitation du développement, du transfert et de la circulation
des connaissances et l’établissement d’un marché du travail ouvert pour les
chercheurs contribueront à faire de l’Europe un lieu attractif pour une
communauté de chercheurs à forte mobilité internationale ainsi que pour les
investissements dans la recherche et l’innovation. Une meilleure coordination des
politiques nationales assurera une représentation plus efficace et plus
cohérente de la recherche et de l’innovation européenne dans le monde et
renforcera sa visibilité et son impact. Il sera ainsi possible d’accroître l’influence
de l’Europe dans l’élaboration de principes communs au niveau mondial (par
exemple, dans les domaines des examens par les pairs, de l’intégrité de la
recherche, de la promotion de l’égalité des sexes et de la dimension
hommes-femmes dans la recherche, des carrières dans la recherche, des DPI et de
l’accès ouvert aux publications de recherche financées par les budgets
publics), de manière à faciliter la coopération internationale dans la
recherche et l’innovation et à créer des règles du jeu égales pour tous au
niveau mondial.
3.
Conclusions
et prochaines étapes
Le rapport d’étape 2013 montre que la mise en œuvre du programme
de l’EER est indispensable pour rendre plus efficaces les activités de
recherche et d’innovation et pour contribuer à une croissance intelligente,
durable et inclusive. Toutefois, il montre également que le paysage européen de
la recherche et de l’innovation reste fragmenté et il identifie les obstacles qui
empêchent l’Europe de bénéficier pleinement d’un EER unifié dans lequel les
chercheurs, les connaissances scientifiques et les technologies circulent
librement[29]. Aussi est-il important pour les États membres d’adhérer sans
réserve aux priorités de l’EER, étant donné qu’ils restent les principaux
acteurs de l’introduction des réformes clés de l’EER dans les systèmes
nationaux de recherche. Le semestre européen est un instrument puissant permettant
aux États membres d’intégrer de façon cohérente les priorités de l’EER dans le
contexte plus large des réformes visant à renforcer les investissements dans la
recherche et le développement et à relancer l’économie. Dans l’optique de l’interaction stratégique et plus informée
avec les États membres, le Conseil a confirmé le rôle du CEER dans la
réalisation de l’EER[30]
et dans la fourniture de données pour les rapports annuels de la Commission
ainsi que dans l’exploitation pleine et entière des synergies avec le semestre
européen. Dans cette perspective, il est indispensable que les États membres
poursuivent et, le cas échéant, intensifient leur contribution au mécanisme de
suivi en vue de disposer des meilleures fondations possibles pour une
évaluation complète des progrès en 2014. Dans le contexte du partenariat EER renforcé, il convient de
mieux ancrer l’interaction entre les autorités nationales et les parties
prenantes et de la rendre explicite dans la plupart des États membres. Les
organisations d’acteurs de la recherche qui ont signé la déclaration conjointe
avec la Commission devraient être considérées comme un exemple d’interaction
entre elles et leurs membres dans le domaine de l’EER. Elles devraient rendre
compte des progrès qu’elles ont accomplis d’ici à la fin de l’année en cours,
renforcer leur coopération et, le cas échéant, accroître leurs efforts en vue d’actions
conjointes à l’appui de l’EER. La Commission s’efforcera de contribuer davantage à l’EER à
travers les programmes «Horizon 2020» qui constitueront un pilier financier important
pour la réalisation de l’EER, en plus du financement national de la recherche
publique disponible dans les 28 États membres et dans les pays associés. Il
importe en outre que les États membres tiennent compte du calendrier EER dans
leur utilisation des Fonds structurels et d’investissement européens (ESIF). Il appartient à la Commission de contribuer au débat sur la
politique globale de l’EER ainsi qu’à sa mise en œuvre. La Commission
continuera à encourager l’apprentissage mutuel et l’échange de bonnes pratiques
entre États membres, à développer une meilleure compréhension et appréciation
des politiques nationales de recherche et d’innovation dans le contexte plus
vaste des investissements dans la recherche et l’innovation ainsi que le
développement économique en liaison avec le semestre européen[31].
L’aide à l’achèvement de l’EER apportée par le Conseil, le
Conseil européen, le Parlement européen, le CESE et le CdR reste cruciale pour
assurer le lien avec les parties prenantes dans la société au sens large, avec
les parlements nationaux et les régions. La Commission veillera donc à ce qu’un
véritable dialogue interinstitutionnel soit maintenu. Une évaluation complète des progrès réalisés sera effectuée en
2014, afin de déterminer si le Partenariat renforcé pour l’excellence et la
croissance dans l’Espace européen de la recherche est suffisant pour réaliser l’EER,
comme l’a demandé le Conseil européen[32].
[1] COM(2010) 2020 final. [2] COM(2012) 392 final. [3] C 17649/12, RECH 467, COMPET 773. [4] Idem.
Le Conseil estime également que «pour réaliser l’EER, il faudra que sa
progression fasse l’objet d’un suivi, en liaison étroite avec le semestre
européen, et qu’il soit piloté au plus haut niveau par le Conseil». [5] Réunion
de la commission ITRE du 19.6.2012. [6] CESE
INT/662-CES2075-2012_00_00_TRA_AC et JO 2013/C 62/4. [7] EARTO,
EUA, LERU, NordForsk, Science Europe. Une année plus tard, CESAER a rejoint le
partenariat à la suite d’une déclaration unilatérale. [8] Trois
pays associés (Suisse, Islande et Norvège) ont été analysés sur la base de
contributions volontaires. [9] http://ec.europa.eu/research/era/docs/en/voluntary_guidelines.pdf. [10] Document
de travail des services de la Commission (DTSC) «ERA Facts and Figures», p.
14-15. [11] Les
États membres ont bénéficié d’environ 29,4 milliards d’euros et les pays
associés de 2,9 milliards d’euros en contributions de la CE entre 2007 et 2012. [12] COM(2013)
494 final. [13] CERN,
EFDA-JET, EMBL, ESA, ESO, ESRF, European XFEL et ILL. [14] DTSC «ERA Facts and Figures», p. 17. [15] Étude
JOREP («Joint & Open Research European Programmes») réalisée pour la
Commission européenne, 2013. [16] COM(2007)
723 final. [17] Par
exemple: infrastructures de recherche de l’EER, Forum des organisations membres
de l’ESF, mars 2013. [18] DTSC «ERA Facts and Figures», p. 18. [19] DTSC «ERA Facts and Figures», p. 21-22. [20] Par exemple «Money follows Researcher» et «Money
follows Cooperation Line». [21] http://ec.europa.eu/dgs/home-affairs/e-library/documents/policies/immigration/study-or-training/docs/students_and_researchers_proposal_com_2013_151_fr.pdf [22] Conclusions
du Conseil sur la modernisation de l’enseignement supérieur, 11/2011: http://register.consilium.europa.eu/pdf/fr/11/st16/st16746.fr11.pdf. [23] Rapport
«She Figures 2012»: les femmes représentent 46 % des titulaires d’un doctorat
dans l’UE, 33 % des chercheurs et 20 % des cadres de l’enseignement
supérieur. Le déséquilibre hommes-femmes est plus frappant dans les instances
décisionelles, puisque la part des femmes qui sont à la tête d’un établissement
de recherche s’établit à 15,5 % et celle des femmes dirigeant un établissement
d’enseignement supérieur à 10 %:
http://ec.europa.eu/research/science-society/document_library/pdf_06/she-figures-2012_en.pdf
[24] DTSC «ERA Facts and Figures», p. 26. [25] DTSC «ERA Facts and Figures», p. 28. [26] Idem, page 32. [27] Idem, pages 29-30. [28] COM(2012) 497,
http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/intm/137347.pdf
[29] TFUE,
art. 179. [30] Résolution
du Conseil sur les travaux consultatifs pour l’EER, 31.5.2013. [31] En
2013 ont eu lieu des séminaires d’apprentissage mutuel portant sur le
financement concurrentiel et les effets de synergie entre les fonds structurels
et les programmes «Horizon 2020». Un séminaire, soutenu par la CE, est prévu
sur la question des stratégies nationales visant à former un nombre suffisant
de chercheurs pour atteindre les objectifs nationaux de R&D. [32] Document
EUCO 2/1/11.