Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL visant à ce que soit mis un terme à la situation de déficit public excessif en Espagne /* COM/2013/0383 final */
Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL visant à ce que soit mis un terme à la situation de déficit
public excessif en Espagne LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE, vu le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, et
notamment son article 126, paragraphe 7, vu la recommandation de la Commission européenne, considérant ce qui suit: (1) En vertu de l'article 126 du traité sur le
fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), les États membres évitent les
déficits publics excessifs. (2) Le pacte de stabilité et de croissance
repose sur l’objectif de finances publiques saines en tant que moyen de
renforcer les conditions propices à la stabilité des prix et à une croissance
soutenue et durable, génératrice d’emplois. (3) Le 27 avril 2009, conformément à
l'article 104, paragraphe 6, du traité instituant la Communauté
européenne (TCE), le Conseil a décidé que l'Espagne présentait un déficit
excessif et lui a adressé une recommandation pour qu'elle le corrige en 2012 au
plus tard, conformément à l'article 104, paragraphe 7, du TCE et à
l'article 3 du règlement (CE) nº 1467/97 du Conseil du 7 juillet
1997 visant à accélérer et à clarifier la mise en œuvre de la procédure
concernant les déficits excessifs[1]. (4) Le 2 décembre 2009, le Conseil a décidé,
conformément à l'article 3, paragraphe 5, du règlement (CE) n° 1467/97 du
Conseil, qu'une action suivie d'effets avait été engagée et que des événements
économiques négatifs et inattendus ayant des conséquences défavorables majeures
pour les finances publiques s'étaient produits après l'adoption de cette
recommandation[2].
En particulier, la dégradation brutale des perspectives économiques au
lendemain de la crise économique et financière mondiale a eu des incidences
budgétaires négatives majeures. En conséquence, le Conseil a décidé d'adopter
une recommandation révisée au titre de l'article 126, paragraphe 7,
du TFUE pour que l'Espagne corrige son déficit excessif d'une manière crédible
et durable en 2013 au plus tard en prenant des mesures à moyen terme. (5) Le 15 juin 2010, la Commission a
conclu que l'Espagne avait engagé une action suivie d'effets en réponse à la
recommandation du Conseil du 2 décembre 2009 en vue de ramener son déficit
public sous la valeur de référence de 3 % du PIB et a estimé dès lors
qu'aucune autre mesure ne s'imposait dans le cadre de la procédure de déficit
excessif (PDE). (6) Le 10 juillet 2012, conformément à
l'article 3, paragraphe 5, de son règlement (CE) nº 1467/97, le
Conseil a décidé que l'Espagne avait engagé une action suivie d'effets mais que
des événements économiques négatifs et inattendus ayant des conséquences
défavorables majeures pour les finances publiques s'étaient produits après
l'adoption de sa recommandation révisée en 2009. En particulier, une
détérioration des perspectives de croissance et une composition de la
croissance moins riche en recettes fiscales avaient des implications
budgétaires négatives importantes. Le Conseil a donc adopté une recommandation
révisée au titre de l'article 126, paragraphe 7, du TFUE (ci-après la
«recommandation révisée au titre de la PDE») et recommandé à l'Espagne de
corriger son déficit excessif en 2014 au plus tard. Afin de ramener le déficit
public nominal sous la valeur de référence de 3 % du PIB en 2014 au plus
tard, il a été recommandé à l'Espagne d'améliorer son solde structurel de 2,7 %
du PIB en 2012, de 2,5 % du PIB en 2013 et de 1,9 % du PIB en 2014, sur la base
d'une version actualisée des prévisions des services de la Commission du
printemps 2012. Les objectifs de déficit nominal
ont été fixés à 6,3 % du PIB en 2012, à 4,5 % en 2013 et à 2,8 % en 2014. Il a également été recommandé aux autorités
espagnoles de mettre en œuvre les mesures adoptées dans le budget 2012 et dans
les plans de rééquilibrage des régions autonomes et d'adopter le plan
budgétaire pluriannuel annoncé pour 2013-2014 avant la fin du mois de juillet
2012, y compris une stratégie budgétaire à moyen terme qui préciserait
pleinement les mesures structurelles nécessaires pour corriger le déficit
excessif en 2014 au plus tard. (7) Le 14 novembre 2012, la Commission a estimé
que, sur la base des prévisions de l'automne 2012 de ses services, l'Espagne
avait engagé une action suivie d'effets en réponse à la recommandation révisée
du Conseil du 10 juillet 2012 et qu'aucune mesure supplémentaire ne s'imposait
dans le cadre de la procédure de déficit excessif. (8) Conformément à l'article 3, paragraphe 5,
du règlement (CE) n° 1467/97, si l’État membre concerné a engagé une
action suivie d’effets, et si des événements économiques négatifs et inattendus
ayant des conséquences défavorables majeures pour les finances publiques se
produisent après l’adoption de la recommandation, le Conseil peut décider, sur
recommandation de la Commission, d’adopter une recommandation révisée au titre
de l’article 126, paragraphe 7, du TFUE. La survenance d’événements
économiques négatifs et inattendus ayant des conséquences défavorables majeures
pour les finances publiques est évaluée par rapport aux prévisions économiques
à la base de la recommandation du Conseil. (9) Conformément à l'article 126,
paragraphe 7, du TFUE, et à l'article 3 de son règlement (CE)
nº 1467/97, le Conseil est tenu d'adresser des recommandations à l'État
membre concerné pour que celui-ci mette fin à la situation de déficit excessif
dans un délai donné. La recommandation doit fixer un délai maximum de six mois
pour que l'État membre concerné engage une action suivie d'effets en vue de
corriger le déficit excessif. De plus, dans sa recommandation en vue de la
correction du déficit excessif, le Conseil doit recommander la réalisation
d'objectifs budgétaires annuels qui, sur la base des prévisions qui
sous-tendent la recommandation, permettent une amélioration annuelle minimum du
solde structurel, à savoir le solde corrigé des variations conjoncturelles hors
mesures exceptionnelles et temporaires, d'au moins 0,5 % du PIB. (10) Après une brève relance en 2011, l'économie
est retombée en récession, avec une croissance trimestrielle du PIB réel
négative depuis le troisième trimestre de 2011. En termes annuels, le PIB a
reculé de 1,4 % en 2012. Selon les prévisions du printemps 2013 des services de
la Commission, la récession devrait perdurer en 2013, les exportations nettes
positives n'étant pas encore suffisantes pour compenser la contraction de la
demande intérieure. La production ne devrait se stabiliser que vers la fin de
2013. Par conséquent, on prévoit une contraction du PIB réel de 1,5 % en 2013,
puis une croissance de 0,9 % en 2014 (dans l'hypothèse de politiques inchangées).
Lors de la publication de la dernière recommandation du Conseil, on prévoyait
une contraction du PIB réel de 1,9 % en 2012 et de 0,3 % en 2013, puis une
croissance de 1,1 % en 2014. Les résultats moins défavorables en 2012
concernant la croissance sont dus principalement à une demande intérieure un
peu plus résiliente et probablement aussi aux liquidités injectées par le biais
du plan de remboursement des dettes commerciales accumulées par les régions et
les collectivités locales avant le 1er janvier 2012 (27,4 milliards
d'EUR, soit 2,6 % du PIB). En ce qui concerne 2013 et 2014, les prévisions du
printemps 2013 des services de la Commission prévoient une contraction plus
marquée du PIB réel en 2013 puis une relance plus timide en 2014. Ces prévisions
misent sur une diminution plus importante de la demande intérieure sur ces deux
années et une crise plus longue de l'emploi. La détérioration des perspectives
macroéconomiques est partiellement liée à la prise en compte de mesures
supplémentaires d'assainissement dans le cadre du plan budgétaire 2013-2014 et
dans le budget 2013. (11) En 2012, selon les prévisions du printemps
2013 des services de la Commission, le déficit public a atteint 10,6 % du PIB,
par rapport à un objectif du gouvernement et de la PDE de 6,3 % du PIB et à un
résultat de 9,4 % du PIB en 2011. Si l'on tient compte des transferts de
capitaux en faveur des banques (considérés comme des opérations
exceptionnelles), les déficits correspondants étaient respectivement de 7,0 %
et 9,0 % du PIB en 2012 et 2011. La diminution
du solde nominal correspond à une amélioration du solde primaire de 2,4 pp (hors transferts de capitaux vers les banques),
dans un contexte de ralentissement économique et de composition de la
croissance pauvre en recettes fiscales. Les
prévisions du printemps 2013 des services de la Commission font état d'une
amélioration du déficit structurel de 1,8 pp en 2012, par rapport à une
amélioration recommandée de 2,7 pp. Si l'on tient compte de la légère révision
à la baisse de la croissance potentielle depuis la dernière recommandation du
Conseil, l'effort budgétaire estimé demeure inchangé. Toutefois, la variation
estimée du solde structurel a été fortement influencée par une baisse
inattendue des recettes, qui représentait environ 1,0 pp. Dans l'ensemble, en
tenant compte de ces effets, l'effort budgétaire ajusté augmenterait jusqu'à
2,9 pp, au-delà de l'effort recommandé dans la recommandation révisée au titre
de la PDE. En dehors des mesures de recapitalisation, le dérapage budgétaire de
2012 est lié à une combinaison de recettes plus faibles que prévu (compte tenu
de l'impact des mesures discrétionnaires et de l'effet de base) et d'une
consommation intermédiaire et de transferts sociaux plus élevés. La composition
de la croissance, moins riche en recettes fiscales, et une dégradation plus
marquée du marché du travail, ont entraîné des pertes de recettes importantes,
notamment en taxes directes et indirectes, et des dépenses sociales plus
élevées. L'Espagne a adopté d'importantes mesures d'assainissement en 2012,
représentant environ 4 % du PIB, dont environ 1½ % du PIB dans le volet des
recettes et 2½ % du PIB dans le volet des dépenses. Ces mesures ont également
compensé en partie la détérioration sous-jacente du solde structurel liée à
l'augmentation des paiements d'intérêts et des transferts sociaux. (12) En 2013, selon les prévisions du printemps
2013 des services de la Commission, le déficit public devrait tomber à 6,5 % du
PIB, alors que l'objectif de la PDE était de 4,5 % du PIB. Le solde primaire
devrait s'améliorer de 4,5 pp (0,9 pp hors transferts de capitaux aux banques).
Depuis la dernière recommandation du Conseil, le gouvernement espagnol a
présenté en août 2012 un plan budgétaire pluriannuel pour 2013-2014 exposant certains
points de la stratégie d'assainissement à moyen terme. Au total, l'incidence
budgétaire des mesures discrétionnaires pour l'année 2013 est estimée à environ
1 % du PIB pour le volet des dépenses et à environ 1½ % pour le volet
des recettes. Le dérapage budgétaire attendu d'environ 2 % du PIB par rapport à
l'objectif de la PDE s'explique en partie par une position de départ plus
défavorable. Toutefois, le principal facteur à la base du dérapage est la
composition défavorable de la croissance, avec une contraction plus marquée de
la consommation privée et des performances du marché du travail pires que ce
qui était prévu dans la recommandation révisée au titre de la PDE. Les
prévisions du printemps 2013 des services de la Commission misent sur une nouvelle
diminution du déficit structurel de 1,1 pp en 2013, par rapport à un effort
recommandé de 2,5 pp. Compte tenu de la variation de la croissance potentielle
estimée et des pertes de recettes plus importantes que prévu, l'effort
budgétaire estimé s'améliore de 1,4 pp, ce qui ramène l'effort budgétaire
ajusté à 2,5 % du PIB, conformément à l'effort recommandé dans la
recommandation révisée au titre de la PDE. Dans son programme de stabilité de
2013, le gouvernement espagnol a annoncé un objectif de déficit public de 6,3 %
du PIB pour 2013, sur la base de mesures d'assainissement supplémentaires
représentant environ 3 milliards d'EUR (0,3 % du PIB), qui doivent encore être
adoptées et mises en œuvre cette année. (13) En 2014, le déficit nominal devrait se creuser
pour atteindre 7,0 % du PIB, par rapport à un objectif de 2,8 % du PIB au titre
de la PDE. Le déficit primaire augmenterait de 0,4% du PIB. En dehors de
l'effet de base, le dérapage attendu reflète principalement l'expiration des
mesures temporaires prises les années précédentes et le fait que les mesures
d'assainissement prévues pour 2014 n'étaient pas suffisamment précisées dans le
plan budgétaire pluriannuel d'août 2012 pour être prises en compte dans les
prévisions des services de la Commission. De plus, la composition de la
croissance économique resterait pauvre en recettes fiscales, avec des
cotisations sociales et des taxes indirectes qui ne progressent pas
parallèlement au PIB nominal. Les paiements d'intérêts continueraient eux aussi
d'augmenter en raison de l'accroissement de la dette. Selon les prévisions du
printemps 2013 des services de la Commission, le déficit structurel devrait se
détériorer de 1,1 pp, par rapport à une amélioration recommandée de 1,9 % du
PIB. Compte tenu de la variation de la croissance potentielle estimée et des
pertes de recettes inattendues, l'écart se creuse encore de 0,2 pp. (14) En ce qui concerne la gouvernance
budgétaire, des progrès considérables ont été réalisés dans la communication
d'informations concernant l'exécution budgétaire des administrations
décentralisées. Toutefois, les dispositions de la loi sur la stabilité
budgétaire concernant l'alerte précoce et les mécanismes de correction visant à
limiter les dérapages budgétaires ne sont pas encore pleinement en vigueur, et
leur mise en œuvre mériterait d'être plus transparente. Malgré les progrès
accomplis en ce qui concerne la communication d'informations relatives à
l'exécution budgétaire au niveau régional, une plus grande transparence
budgétaire impliquerait la transmission en temps utile de données plus globales
et plus cohérentes, également en ce qui concerne les plans budgétaires, sur une
base consolidée au niveau de l'administration, conformément au SEC 95. La mise
en place d'un conseil budgétaire doté d'une pleine indépendance
institutionnelle et financière, est toujours en attente. (15) La dette publique brute a augmenté pour
atteindre environ 84 % du PIB en 2012, contre 80,9 % du PIB annoncés dans les
prévisions actualisées du printemps 2012 des services de la Commission.
L'augmentation du taux d'endettement résultait d'un déficit effectif plus élevé
que prévu, d'une croissance moindre du PIB nominal, des coûts liés aux
opérations de recapitalisation des banques et du paiement d'arriérés des administrations
publiques. Selon les prévisions du printemps 2013 des services de la
Commission, le ratio de la dette au PIB devrait encore augmenter et dépasser 95
% en 2014 dans un scénario de politiques inchangées, et être ainsi supérieur à
la valeur de référence du traité pour toutes les années considérées. (16) Le 10 avril 2013, la Commission a conclu,
sur la base de son bilan approfondi 2013 consacré à l'Espagne au titre de la
procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques[3],
que l'Espagne enregistre des déséquilibres macroéconomiques excessifs. La
correction de ces déséquilibres majeurs accumulés durant les années de
croissance, et en particulier l'absorption de la dette privée et de la dette
extérieure très élevées, ont des conséquences négatives majeures pour la
croissance économique, la stabilité financière et les finances publiques. Une
correction durable du déficit excessif à moyen terme implique des progrès
simultanés dans la correction des déséquilibres macroéconomiques, soutenus par
des réformes structurelles destinées à stimuler la croissance et la création
d'emplois et à réduire les rigidités structurelles qui entravent l'ajustement. (17) Selon les prévisions du printemps 2013 des
services de la Commission, l'Espagne n'atteindra pas les objectifs budgétaires
nominaux fixés dans la recommandation du Conseil du 10 juillet 2012. Elle a
toutefois consenti en 2012 et 2013 un effort structurel qui, compte tenu de
l'évolution économique défavorable et inattendue par rapport à ce qui était
prévu lors de la publication de cette recommandation, est conforme à la
recommandation révisée au titre de la PDE. Ces évolutions économiques négatives
et inattendues ont entraîné des conséquences défavorables majeures pour les
finances publiques. En particulier, des pertes de recettes significatives liées
au rééquilibrage de l'économie vers une structure de croissance moins riche en
recettes fiscales et les effets négatifs liés sur les élasticités des recettes
ont conduit à une dégradation substantielle de la position budgétaire. De plus,
la récession économique a durement touché l'emploi, et le chômage a fortement
augmenté. Conformément au pacte de stabilité et de croissance, compte tenu de
tous ces éléments, et notamment de la nécessité de corriger les déséquilibres
macroéconomiques excessifs entraînant des conséquences négatives majeures pour
les finances publiques, une prolongation de deux ans du délai accordé à
l'Espagne pour lui permettre de corriger son déficit excessif en 2016 au plus
tard semble se justifier. (18) En raison des incertitudes élevées
concernant l'évolution économique et budgétaire, l'objectif budgétaire
recommandé pour la dernière année de la période de correction devrait être fixé
à un niveau nettement inférieur à la valeur de référence, afin de garantir une
correction effective et durable du déficit dans les délais impartis. (19) Les objectifs intermédiaires concernant le
déficit nominal, en vue de la correction du déficit excessif en 2016 au plus
tard, sont fixés à 6,5 % du PIB en 2013, à 5,8 % en 2014, à 4,2 % en 2015 et à
2,8 % en 2016. La réalisation de ces objectifs implique une amélioration
annuelle du solde primaire (hors mesures exceptionnelles) de 1,3 % du PIB en
moyenne sur la période 2013-2016 et, sur la base des prévisions du printemps
2013 des services de la Commission étendues jusqu'en 2016, une amélioration du
solde structurel de 1,1 % du PIB en 2013, de 0,8 % en 2014, de 0,8 % en 2015 et
de 1,2 % en 2016. La trajectoire d'ajustement plus progressif tient compte du
climat économique difficile et de la transformation structurelle majeure de
l'économie espagnole, et elle devra s'appuyer sur des réformes structurelles
ambitieuses. Cette trajectoire d'ajustement devrait contribuer à la correction
des déséquilibres macroéconomiques externes et internes, et mitiger l'incidence
négative à court terme de l'assainissement budgétaire sur la croissance
économique, tout en stabilisant et en inversant la tendance à l'augmentation de
la dette publique. (20) Selon les prévisions du printemps 2013 des
services de la Commission étendues jusqu'en 2016, qui reposent sur des
hypothèses de politiques inchangées, aucune mesure supplémentaire ne semble
nécessaire à ce stade pour opérer l'amélioration recommandée du solde
structurel en 2013 (et le nouvel objectif de déficit de 6,5 % du PIB), mais les
plans budgétaires devront être rigoureusement exécutés à tous les niveaux de
l'administration. En ce qui concerne la période 2014-2016, la réduction du
déficit sous la valeur de référence du traité de manière durable nécessitera
des mesures budgétaires structurelles considérables en plus des mesures déjà
prises en compte dans les prévisions du printemps 2013 de la Commission. Ces
mesures, qui représentent environ 2 % du PIB en 2014, 1 % en 2015 et 1½ % en
2016, devraient prendre en compte la nécessité de compenser les effets négatifs
de second tour, la croissance négative du PIB potentiel, ainsi que la hausse
des paiements d'intérêts et des prestations sociales. (21) Le programme de stabilité de 2013 prévoit
une trajectoire d'ajustement globalement cohérente avec la correction du
déficit excessif en 2016 au plus tard, en ciblant des déficits nominaux de 6,3
% du PIB en 2013, 5,5 % en 2014, 4,1 % en 2015 et 2,7 % en 2016. Pour 2013,
l'objectif repose sur des mesures d'assainissement supplémentaires d'environ 3
milliards d'EUR, annoncées dans le programme mais qui doivent encore être
précisées. (22) Les mesures d'assainissement budgétaire
devraient garantir une amélioration durable du solde budgétaire, et mener en outre
à un accroissement de la qualité des finances publiques et à un renforcement du
potentiel de croissance de l'économie. (23) Des risques élevés pèsent sur la viabilité
des finances publiques à moyen terme, et à long terme, ces risques sont moyens.
Le rétablissement d'un solde primaire structurel plus élevé, d'environ -0,5 %
du PIB comme c'était le cas en moyenne sur la période 1998-2012, contribuerait
à limiter ces risques. La réforme des mécanismes de retraite anticipée de 2013
devrait contribuer à la viabilité du système de sécurité sociale à long terme.
Toutefois, de nouvelles mesures semblent nécessaires pour limiter la croissance
des dépenses liées au vieillissement, notamment par le biais d'une
réglementation appropriée du facteur de viabilité prévu dans la réforme de 2011
du système de retraites, en prévoyant de relever l'âge du départ à la retraite
parallèlement à l'allongement de l'espérance de vie. (24) Compte tenu de la décentralisation des
finances publiques, la trajectoire d'ajustement budgétaire de l'Espagne devrait
s'appuyer sur une stratégie d'assainissement crédible à moyen terme comportant
(i) un plan budgétaire pluriannuel détaillé qui précise toutes les mesures
prévues pour 2014-2016, (ii) un nouveau renforcement de l'efficacité du cadre
institutionnel (en améliorant encore la transparence de l'application de la loi
sur la stabilité budgétaire et en établissant un conseil budgétaire
indépendant), (iii) l'adoption de mesures concrètes pour endiguer le déficit
structurel croissant de la sécurité sociale, et (iv) un effort accru pour que
l'assainissement soit plus propice à la croissance (notamment par le biais
d'examens systématiques des dépenses et du système fiscal). (25) Parallèlement aux examens réguliers de
l'assistance financière du MES pour la recapitalisation des établissements
financiers espagnols[4]
et comme convenu dans le protocole d'accord signé le 23 juillet 2012, les
progrès accomplis dans la mise en œuvre des engagements pris par l'Espagne dans
le cadre de la PDE seront évalués tous les trimestres. (26) L'Espagne remplit les conditions de
prolongation du délai prévu pour la correction du déficit public excessif
fixées par l'article 3, paragraphe 5, du règlement (CE)
nº 1467/97 visant à accélérer et à clarifier la mise en œuvre de la
procédure concernant les déficits excessifs, A ADOPTÉ LA PRÉSENTE
RECOMMANDATION: (1)
Les autorités espagnoles devraient mettre fin au déficit excessif actuel
en 2016 au plus tard. (2)
L'Espagne devrait atteindre un objectif de déficit de 6,5 % du PIB en
2013, 5,8 % du PIB en 2014, 4,2 % du PIB en 2015 et 2,8 % du PIB en 2016, ce
qui, selon les prévisions du printemps 2013 des services de la Commission
étendues jusqu'en 2016, va de pair avec une amélioration du solde structurel de
1,1 %, 0,8 %, 0,8 % et 1,2 % du PIB respectivement pour les années 2013 à 2016. (3)
Les mesures adoptées dans les plans budgétaires de 2013 devraient être
mises en œuvre à tous les niveaux de l'administration, et les autorités
espagnoles devraient être prêtes à engager une action corrective en cas de
dérapage par rapport aux plans budgétaires. Les autorités devraient renforcer
la stratégie budgétaire à moyen terme au moyen de mesures structurelles
clairement définies pour la période 2014-2016, afin de pouvoir corriger le
déficit excessif en 2016 au plus tard. (4)
Le Conseil fixe la date limite du 1er octobre 2013 pour que
le gouvernement espagnol engage une action suivie d'effets et, conformément à
l'article 3, paragraphe 4 bis, du règlement (CE) n° 1467/97 du
Conseil, remette un rapport détaillé sur la stratégie d'assainissement
envisagée pour atteindre les objectifs. De plus, les autorités espagnoles devraient (i) renforcer
l'efficacité du cadre institutionnel en améliorant encore la transparence de
l'application de la loi sur la stabilité budgétaire et en mettant en place un
conseil budgétaire indépendant qui sera chargé d'analyser et de surveiller la
conformité de la politique budgétaire avec les règles budgétaires nationales et
européennes, et d'émettre des conseils dans ce sens, (ii) prendre des mesures
concrètes pour endiguer la progression du déficit structurel de la sécurité
sociale, et (iii) faire en sorte que l'assainissement soit plus propice à la
croissance, notamment en menant des réexamens systématiques des dépenses et du
système fiscal. De plus, pour assurer le
succès de la stratégie d'assainissement budgétaire, il sera important de
l'appuyer sur des réformes structurelles globales, conformément aux
recommandations que le Conseil a adressées à l'Espagne dans le contexte du
semestre européen et de la procédure concernant les déséquilibres
macroéconomiques. Le Royaume d’Espagne est destinataire de la présente
recommandation. Fait à Bruxelles, le Par
le Conseil Le
président [1] JO
L 209 du 2.8.1997, p. 6. [2] Tous
les documents relatifs à la procédure de déficit excessif concernant l'Espagne
se trouvent à l'adresse:
http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/deficit/countries/spain_en.htm
[3] http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2013/op134_en.htm [4] http://ec.europa.eu/economy_finance/assistance_eu_ms/spain/index_en.htm