RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Évolution des importations de sucre dans l’Union européenne en provenance des pays ACP et des pays les moins avancés (PMA). Rapport de la Commission visé à l’article 5, paragraphe 3, du règlement (CE) n° 828/2009 de la Commission. /* COM/2013/0323 final */
TABLE DES MATIÈRES 1........... Cadre juridique............................................................................................................... 3 2........... Introduction.................................................................................................................... 4 3........... Nouveau contexte pour l’importation du sucre................................................................. 4 4........... Évolution des importations de sucre................................................................................. 5 4.1........ Quantités des importations de sucre................................................................................ 5 4.2........ Origine des importations de sucre.................................................................................... 6 4.3........ Importations de sucre brut/importations de sucre
blanc.................................................... 6 5........... Évolution de l’approvisionnement en sucre et des
prix du sucre........................................ 7 6........... Mesures de marché nécessaires...................................................................................... 8 7........... Conclusions.................................................................................................................... 9 ANNEXE I................................................................................................................................ 10 RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU
CONSEIL Évolution des importations de sucre dans l’Union européenne
en provenance des pays ACP et des pays les moins avancés (PMA). Rapport de la Commission visé à l’article 5,
paragraphe 3, du règlement (CE) n° 828/2009 de la Commission. 1. Cadre juridique L’article 9 du
règlement (CE) n° 1528/2007 du Conseil du 20 décembre 2007 (règlement
concernant l’accès au marché) appliquant aux produits originaires de certains
États appartenant au groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique
(ACP) les régimes prévus dans les accords établissant ou conduisant à établir
des accords de partenariat économique (APE) prévoit, pour la période allant du
1er octobre 2009 au 30 septembre 2015, la suspension des
importations de sucre originaires des pays ACP qui ne comptent pas parmi les
pays les moins avancés (PMA), lorsque à la fois les importations de sucre
originaires de l’ensemble des pays ACP sont supérieures à 3,5 millions de
tonnes et les importations originaires des pays ACP non PMA dépassent 1,6
million de tonnes par campagne de commercialisation. Cette quantité est
subdivisée par région de production, ce qui garantit un accès minimal pour
chaque région APE. C’est ce qu’on appelle le mécanisme de sauvegarde
transitoire. L’article 5 et
l’annexe IV du règlement (CE) n° 828/2009 de la Commission du 10 septembre
2009 établissant les modalités d’application pour les campagnes de
commercialisation 2009/2010 à 2014/2015 pour l’importation et le raffinage des
produits du secteur du sucre relevant de la position tarifaire 1701 dans le
cadre d’accords préférentiels, précisent les modalités dudit mécanisme.
L’article 5, paragraphe 3, dispose que «la Commission présente un rapport sur
le fonctionnement du mécanisme de sauvegarde transitoire pour le sucre». Le
rapport tient compte des flux commerciaux de sucre en provenance des pays ACP
/PMA énumérés à l’annexe I dudit règlement. 2. Introduction En 2006, l’Union
européenne a réformé son régime sucrier pour renforcer la compétitivité et pour
que l’industrie sucrière de l’UE réponde mieux aux besoins du marché. Parmi les
éléments clés de cette réforme, notons une réduction progressive de 36 %
des prix de soutien de l’UE à la fois pour les producteurs de l’UE et pour les
exportateurs des pays ACP/PMA bénéficiant du régime préférentiel, et une
réduction du quota de production sucrière de l’UE. La réforme du secteur du
sucre en 2006 a pris en compte l’accès préférentiel dont bénéficient les
producteurs de sucre des pays ACP /PMA. Lors de la réforme, on a estimé, en ce qui concerne les
importations, que les échanges croisés («swap»)[1] sur les flux commerciaux
en provenance des partenaires bénéficiant du régime préférentiel (pays ACP et
PMA) pouvaient jouer un rôle majeur, dans l’hypothèse où le prix du sucre blanc
pratiqué sur le marché mondial serait de 200 USD/tonne et le taux de
change de 1,3 USD/EUR. Sur la base de cette hypothèse, la différence entre le
prix du sucre dans l’UE et le prix mondial ou le prix dans les pays ACP et les
PMA, pourrait encourager certains de ces pays à exporter vers l’UE la plus
grande partie de leur production intérieure en recourant aux échanges croisés. Les échanges
croisés dépendent de l’écart entre le prix mondial et le prix dans l’UE, des
coûts du transport et de la capacité des importateurs à mettre en place ce
régime complexe. Lors de la réforme, il a été estimé que la quantité maximale
pouvant faire l’objet d’échanges croisés était de 3,5 millions de tonnes, ce
qui correspond à la capacité de production des pays ACP /PMA. 3. Nouveau contexte pour l’importation du
sucre C’est durant la
campagne de commercialisation 2009/2010 qu’un cadre juridique complètement
nouveau en matière d’importations a été mis en œuvre pour la première fois.
Depuis le 1er octobre 2009, le régime d’importation
préférentiel dont bénéficiaient les pays ACP et qui prévoyait des quotas pour
les pays ACP signataires du «protocole sur le sucre» a été modifié. Il autorise
à présent des importations en franchise de droits et hors quota dans le cadre
de l’accord de partenariat économique (APE) et de l’accord «Tout sauf les armes»
(TSA), ce qui se traduit par un accès au marché considérablement élargi pour
les pays ACP/PMA: les exportations de sucre des PMA vers l’UE ont été
complètement libéralisées et les importations de sucre originaires des pays ACP
non PMA sont uniquement soumises à une clause de sauvegarde en fonction de la
quantité. En 2009/2010,
les exportations des pays ACP /PMA vers l’UE ont légèrement diminué, mais
depuis 2010-2011, nous avons assisté à une lente mais constante augmentation de
ces exportations. Les prix du marché mondial ont été particulièrement élevés au
cours des trois dernières années et le marché de l’UE a donc été moins
attrayant; les pays ACP et les PMA ont également bénéficié de prix plus élevés
sur le marché local, régional et mondial. En 2011, les pays ACP et les PMA ont
exporté dans le monde 3,2 millions de tonnes de sucre, dont
1,9 million vers l’Union européenne. En outre, la croissance de la
production et des exportations des pays ACP /PMA a été plus faible que prévu en
raison de retards dans les investissements en cours. De plus,
depuis 2008, certains pays ACP ont adopté une décision stratégique pour
accroître les exportations sous la forme de sucre blanc. Cette évolution,
associée à une hausse de la consommation dans les pays ACP et les PMA, a réduit
les quantités de sucre brut disponibles pour les exportations vers l’UE. En 2011, la consommation
de sucre dans les pays ACP et les PMA s’élevait à 7,3 millions de tonnes,
contre 5,1 millions en 2004, ce qui représente une augmentation de
41 % au cours de cette période. Pour plus de
détails, voir le tableau V à l’annexe. 4. Évolution des importations de sucre À la suite de
la réforme du secteur du sucre en 2006, l’UE est passée du statut d’exportateur
net de sucre à celui d’importateur net. 4.1. Quantités des
importations de sucre Au cours de la
période entre 2001/2002 à 2005/2006, la moyenne des importations totales
de sucre dans l’UE était de 2,1 millions de tonnes, dont 1,6 million
en provenance des pays ACP /PMA. Depuis la
campagne de commercialisation 2006/07, les livraisons totales de sucre
originaires de pays tiers ont commencé à augmenter de façon sensible, et
pendant la campagne de commercialisation 2010/2011, les importations de
sucre avaient déjà atteint le niveau record de 3,7 millions de tonnes
(+ 77 % par rapport à la période 2001/02 à 2005/2006), son niveau le
plus élevé. Entre-temps, les importations de sucre préférentiel, en provenance
des pays ACP /PMA ont atteint 1,8 million de tonnes (+ 16 % par
rapport à la période 2001/02 à 2005/2006). Au cours de la
campagne de commercialisation 2011/2012, l’ensemble des importations de
sucre dans l’UE était légèrement inférieur par rapport à la campagne de
commercialisation précédente, soit 3,6 millions de tonnes (- 3 %). En
revanche, les importations de sucre préférentiel, en provenance des pays ACP
/PMA ont continué d’augmenter pour atteindre un nouveau niveau record de
1,84 million de tonnes (+ 1,9 % par rapport à la campagne
précédente). Par conséquent, les importations de sucre préférentiel ont
progressé de manière continue depuis la réforme de 2006, sans toutefois
atteindre le niveau escompté dans l’hypothèse la plus optimiste, les échanges
croisés compris. Pour plus de
détails sur les importations voir l’annexe I. 4.2. Origine des importations
de sucre Cette tendance à
la hausse a été enregistrée notamment dans les pays ACP et les PMA suivants:
Mozambique, Swaziland, Malawi, Zambie, Zimbabwe, Laos et Cambodge. Au vu des
données actuelles, il semblerait que le Mozambique soit, parmi les PMA, le pays
le plus susceptible de continuer à augmenter sa production de sucre et ses
exportations vers l’UE. Pour plus de
détails sur les importations voir les annexes II, III et IV. 4.3. Importations de
sucre brut/importations de sucre blanc Le précédent
protocole sur le sucre acceptait uniquement le sucre contingentaire,
principalement le sucre brut destiné au raffinage. Par conséquent, l’un des
principaux éléments nouveaux intervenus depuis la réforme du régime sucrier
était la possibilité d’importer du sucre blanc. Et, de fait, certains pays ACP,
notamment Maurice, ont augmenté leurs exportations de sucre blanc par rapport à
celles de sucre brut, dans le but de profiter de la plus haute valeur ajoutée. Pour la
campagne de commercialisation 2011/2012, les importations de sucre brut dans
l’UE ont atteint un nouveau niveau record de 2,7 millions de tonnes soit
76 % de l’ensemble des importations. Pour plus de
détails sur les importations voir l’annexe I. 5. Évolution de l’approvisionnement en
sucre et des prix du sucre Évolution de l’approvisionnement Pendant les campagnes de commercialisation 2006/2007 et 2007/2008, le
marché du sucre de l’UE étant engorgé, l’UE a été obligée de retirer du marché
du sucre sous quota. Cette situation excédentaire du marché a duré jusqu’au
début de la campagne de commercialisation 2008/2009. Depuis la campagne de
commercialisation 2009/2010, le marché du sucre de l’UE, après avoir été
excédentaire, se retrouve dans une situation plus équilibrée. Alors que de
nouvelles opportunités en matière d’achat de sucre se sont présentées aux
opérateurs de l’UE en raison du libre accès au marché européen dont bénéficient
les pays ACP et les PMA, cette situation a induit une pression à la baisse sur
les prix du sucre dans l’UE. Toutefois, en raison de cette évolution, combinée
à la hausse des prix du marché mondial, certains importateurs de l’Union
européenne ont rencontré des difficultés pour couvrir leurs besoins
d’approvisionnement. Au cours de l’année civile 2011, il est devenu évident que
le marché du sucre de l’UE n’était pas un marché excédentaire mais plutôt un
marché restreint. Par conséquent, à compter de la campagne de commercialisation
2011/2012, les prix du sucre ont été négociés dans ce nouveau contexte
économique et les producteurs de sucre ont réussi à obtenir des prix beaucoup
plus élevés pour le marché de l’UE. Évolution des prix Pendant la période de transition comprise entre juillet 2006 et
septembre 2009, le prix du sucre blanc sur le marché intérieur de l’UE a
diminué de 12 %, passant de 630 EUR/tonne à 555 EUR/tonne. Au cours de la
période comprise entre octobre 2009 et février 2010, la valeur des
importations correspondait aux prévisions, conformément au système de suivi du
TSA/APE. En conséquence, le prix sur le marché intérieur de l’UE est passé de
555 EUR/tonne en septembre 2009 à 493 EUR/tonne en novembre 2009 (–
11 %), malgré l’augmentation temporaire des prix du marché mondial, qui en
février 2010, atteignaient un niveau record de 522 EUR/tonne, jamais
atteint au cours des 30 dernières années. Au cours des
mois suivants, les prix du marché mondial ont commencé à diminuer et ont
brutalement chuté entre février et mai 2010, passant de
522 EUR/tonne à 376 EUR/tonne (- 28 %). Au cours de cette
période, les prix sur le marché intérieur de l’UE se sont stabilisés aux
environs de 475 EUR/tonne. Toutefois, les
prix du marché mondial ont fait apparaître une forte augmentation au cours du
second semestre de 2010, atteignant des niveaux supérieurs au prix dans l’UE,
entre septembre 2010 et janvier 2011: en décembre 2010, le prix du sucre
blanc sur le marché mondial était beaucoup plus élevé que celui dans l’UE, soit
628 EUR/tonne contre 486 EUR/tonne. Au cours du
premier semestre 2011, le marché de l’UE et le marché mondial ont évolué en
sens inverse, et en mai 2011 les prix du marché mondial avaient chuté,
passant de 628 EUR/tonne à 400 EUR/tonne, sous l’effet
de l’abondance de l’offre sur le marché mondial. Dans l’intervalle, au cours de
la même période, le prix dans l’UE est passé de 486 EUR/tonne à 536 EUR/tonne. Au début de la
campagne de commercialisation 2011/2012, les perspectives avaient
changé. Il était clair que les concessions à l’importation attribuées aux pays
ACP et aux PMA sur la base des accords TSA/APE, ne généraient pas de flux
d’importation excessifs. Contre toute attente, le marché du sucre de l’UE n’a
pas été inondé par le sucre originaire des pays ACP /PMA, et selon les
prévisions, les importations en provenance de ces pays ne seraient pas en
mesure de combler l’écart entre la production et la demande sur le marché de
l’UE (en quota). En conséquence, les prix du sucre dans l’UE ont commencé à
augmenter considérablement pour dépasser les prix du marché mondial, même
au-delà du niveau antérieur à la mise en œuvre de la réforme de 2006, et
contrairement à la baisse continue des prix du marché mondial depuis le début
de l’année 2011. Par conséquent, au cours de l’année 2012, le prix dans l’UE a
augmenté sans interruption, pour atteindre le niveau élevé de 738 EUR/tonne
en janvier 2013. Pour de plus
amples informations, voir le graphique à l’annexe VIII. 6. Mesures de marché nécessaires Paradoxalement,
au cours des dernières campagnes de commercialisation, au lieu d’appliquer le
mécanisme de sauvegarde transitoire, la Commission a dû trouver d’autres moyens
pour autoriser l’importation de quantités supplémentaires de sucre sur le
marché de l’Union européenne afin de combler le fossé de l’offre sur le marché
du sucre de l’UE à des fins alimentaires (c’est-à-dire le marché des quotas de
l’UE). L’UE a le choix entre deux modes d’approvisionnement: ·
mettre sur le marché intérieur du sucre hors quota ; ·
autoriser l’importation de quantités supplémentaires. Au cours de la campagne de
commercialisation 2010/2011, le marché de l’UE a reçu une quantité
supplémentaire totale de 1,35 million de tonnes de sucre dont: ·
500 000 tonnes de sucre hors quota (et 26 000
tonnes d’isoglucose) mises sur le marché à droit nul ·
500 000 tonnes provenant d’importations
supplémentaires dans le cadre d’un contingent tarifaire à droit nul ·
350 000 tonnes autorisées dans le cadre d’offres à
droit réduit. Au cours de la campagne de
commercialisation 2011/2012, le marché de l’UE a reçu un million de
tonnes de sucre supplémentaires dont: ·
400 000 tonnes de sucre hors quota (et 21 000
tonnes d’isoglucose) mises sur le marché au droit de douane de
85 EUR/tonne ·
250 000 tonnes de sucre hors quota (et 13 000
tonnes d’isoglucose) mises sur le marché au droit de douane de
211 EUR/tonne ·
399 000 tonnes de sucre importées à droit réduit (y
compris 15 000 tonnes de sucre blanc). 7. Conclusions Dans le cadre
de la réforme de 2006, il avait été prévu que, dans des conditions très
particulières, le marché du sucre de l’UE pourrait être inondé de sucre en
provenance des PMA. Deux conditions devaient être remplies, à savoir: 1) un
grand écart entre le prix dans l’UE et le prix mondial et, 2) la capacité de
mettre en place un régime complexe débouchant sur l’exportation de la
production locale des pays PMA producteurs de sucre et l’importation d’une
quantité similaire en provenance du marché mondial pour répondre aux besoins du
marché intérieur. À la suite de
la libéralisation des importations en 2009, très peu de pays semblent avoir
réussi à mettre en place un régime des échanges d’une telle complexité.
Néanmoins, les importations de sucre originaires de ces pays ont atteint des
niveaux record, bien qu’ils soient inférieurs au niveau qui aurait activé le
mécanisme de sauvegarde au cours des campagnes de commercialisation de
2009/2010 à 2011/2012. Jusqu’à la fin
de la campagne de commercialisation 2014/2015, le niveau maximal des
importations de sucre en provenance des pays ACP/PMA devrait se situer dans la
fourchette de 2,1-2,2 millions de tonnes. Il est donc très peu probable que le
mécanisme de sauvegarde sera activé pendant sa période d’application. ANNEXE I ANNEXE II ANNEXE III
ANNEXE IV ANNEXE V ANNEXE VI ANNEXE VII ANNEXE
VIII Prix
du sucre dans l'UE et sur le marché mondial [1] Selon ces
estimations, il a été souligné qu’«un rôle majeur peut être joué par les
échanges croisés sur les flux commerciaux, dont le niveau reste encore très
incertain», en raison des difficultés pour mettre en place ce régime
(c’est-à-dire que tout le sucre produit par les pays bénéficiaires de
l’initiative TSA doit être exporté vers l’UE et ces mêmes pays doivent acheter
le sucre nécessaire à leur consommation sur le marché mondial). Document de
travail des services de la Commission –Vers une réforme de la politique sucrière
de l’Union européenne, SEC 2005, 0808 final, page 9.