RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS concernant la stratégie de l’Union européenne pour la région du Danube /* COM/2013/0181 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU
CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS concernant la stratégie de l’Union européenne pour la
région du Danube 1. Introduction La région du Danube s'étend sur quatorze pays, dont huit
États membres de l’Union européenne. Elle compte plus de cent millions
d'habitants, ce qui représente un cinquième de la population de l'UE. Les pays
appartenant à cette région ont des potentiels économiques différents, mais ils
forment un ensemble fortement interdépendant qui présente de bonnes
possibilités en matière de croissance et en faveur d'une plus grande
intégration. Cette région a subi des transformations au cours des deux
derniers cycles d'élargissement de l'Union européenne: la Croatie va bientôt
faire partie des États membres. Cinq autres pays font progresser de diverses
façons leurs liens politiques, socio-économiques et sectoriels avec l'UE. La
région du Danube occupe une position stratégique vis-à-vis des régions voisines
(la région de la mer Noire, le Caucase méridional et l'Asie centrale), en tant
que porte d’entrée vers ses États voisins de l'UE. Elle est traversée par le
fleuve le plus «international» de la planète qui est également un important axe
de transport, un bassin versant interconnecté d'importance capitale et un
couloir écologique de renommée mondiale. Ainsi, la région se caractérise par des opportunités à
saisir et des défis à relever. Les politiques des pays concernés sont
interdépendantes. Toutefois ces pays gagneraient beaucoup à renforcer leur
coopération mutuelle, par exemple en fournissant les maillons manquants des
réseaux de transport, en réduisant la pollution et les risques d'inondations,
en diminuant leur dépendance vis-à-vis des fournisseurs d'énergie de
l’extérieur de la région et en remédiant à la question de l'évolution
démographique liée à la fuite des cerveaux. La compétitivité de la région
pourrait également être grandement améliorée par des actions communes dans le
domaine des PME, des politiques du marché du travail, de l'éducation et de la
sécurité. Il est nécessaire d'améliorer les capacités institutionnelles à tous
les niveaux. Dans les conclusions de la
présidence du Conseil du 18 juin 2009, le Conseil européen a invité
la Commission à préparer une stratégie de l'UE pour la région du Danube. La
Commission a répondu à cette demande du Conseil par une communication en date
du 8 décembre 2010. En avril 2011, le Conseil a approuvé cette
communication, ainsi que le plan d'action y annexé, qui définit des actions à
mener et donne des exemples de projets dans onze domaines thématiques
prioritaires. Ce plan d'action s'inscrit dans la ligne de l'approche inaugurée
par la stratégie européenne pour la région de la mer Baltique. La présente stratégie prévoit un solide cadre intégré pour
que les pays et les régions puissent remédier aux problèmes qui ne peuvent pas
être abordés de manière satisfaisante d'une manière isolée mais nécessitent des
approches stratégiques transfrontières, des projets internationaux et une mise
en réseau à l'échelle de plusieurs pays. Elle prévoit un renforcement de la
coopération, afin d'améliorer l’efficacité, l'effet de levier et l’impact des
politiques, aux niveaux européen, national et local, en mettant à profit les
actions et les programmes existants et en créant des synergies entre eux. La stratégie se situe à un niveau intermédiaire,
s'intercalant entre les projets d'envergure nationale et les projets
d'envergure européenne, dans des domaines tels que la recherche et l'innovation,
les migrations et la sécurité. La stratégie consolide l'intégration européenne
de ces pays et rapproche de l'Union européenne des pays et régions des Balkans
occidentaux, ainsi que la Moldavie et certaines régions d'Ukraine. Après dix-huit mois de mise en
œuvre, des résultats significatifs ont été obtenus. Cette stratégie a pour
objectifs de: –
promouvoir des projets transnationaux concrets ayant des incidences sur
la région et donnant un nouvel élan aux actions entreprises dans la région du
Danube; –
soutenir la coordination des diverses politiques nationales et
européennes et des fonds qui leur sont associés et ouvrir la voie à une plus
grande cohérence et à de meilleurs résultats, en prévoyant un impact renforcé
pour la période 2014-2020; –
développer une plate-forme de coopération de vaste envergure, permettant
de relever les défis recensés comme nécessitant des efforts communs.
Vingt-quatre coordinateurs de domaines prioritaires et quatorze points de
contact nationaux sont les éléments moteurs de la mise en œuvre; –
mettre en évidence l'importance politique de la région du Danube, en
assurant un appui stratégique au niveau ministériel et des progrès concrets sur
le plan de la mise en œuvre; Les chapitres suivants rendent compte de ces réalisations,
en les illustrant d'exemples concrets, tout en mettant en évidence les domaines
qui demandent des efforts plus soutenus. Le chapitre 5 ci-après récapitule
les enseignements tirés et le chapitre 6 propose des recommandations pour
l’avenir. 2. Les politiques, les projets et les réseaux pour la
région du Danube La stratégie porte en particulier sur des initiatives et des
projets concrets et stratégiques ayant un impact au niveau macrorégional. La
stratégie et son plan d'action s'articulent autour de quatre piliers, afin
d'aborder les problèmes les plus importants. La stratégie permet de faciliter
la mise en œuvre des projets nouveaux, donne un nouvel élan aux projets en
cours et soutient les réseaux au profit de la région [1]. 2.1. Raccorder la région du Danube Nouveaux projets –
De nouveaux projets de recherche sur les navires innovants, tels que le
projet NEWS, mettent au point des solutions technologiques pour renouveler la
flotte du Danube, en privilégiant des stratégies plus compétitives et plus
respectueuses de l'environnement, par exemple au moyen de moteurs plus
efficaces et moins polluants et de coques des navires mieux conçues. Tout cela
contribue à l'objectif global qui vise à augmenter de 20 % par
rapport à 2010 le transport durable de marchandises sur le Danube d’ici 2020; –
Des épaves de navires sont actuellement retirées du lit du Danube, de la
Sava et de la Tisa, ce qui améliore la navigation et la situation du point de
vue écologique. Initié par la Chambre de commerce serbe dans le cadre de la
présente stratégie, le projet de retrait des épaves — d'un poids total
de 15 000 tonnes environ — comprend également une participation
du secteur privé; –
Les travaux sur le projet d'interconnexion gazière entre la Bulgarie et
la Serbie ont progressé, en vue de relier la zone de la mer Baltique aux mers
Adriatique et Égée, et, plus loin, à la mer Noire. Le gazoduc
fera 150 km de long. Il contribuera à la diversification de
l’approvisionnement en gaz, assurera la sécurité de l'approvisionnement en gaz
et complètera l'important dispositif régional d'approvisionnement en gaz (
le«Ring»). Une impulsion nouvelle pour les projets existants –
L’approche centrée sur la coopération a facilité l'achèvement du pont
Calafat-Vidin, qui relie la Roumanie à la Bulgarie. Cofinancé par des fonds
européens, ce pont n'est que le deuxième point de passage du fleuve, qui, sur
630 km, constitue aussi une frontière nationale; il représente un maillon
important — qui manquait encore — du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Nouvelles initiatives de coordination des actions –
Le 7 juin 2012, à l’invitation de la Commission, les
ministres des transports des pays de la région du Danube ont adopté une
déclaration au sujet de l'entretien des voies navigables du Danube, par
laquelle ils s'engagent à prendre des mesures effectives, à s avoir notamment
la surveillance de la profondeur des eaux ainsi que la signalisation des
chenaux de navigation pour les sections peu profondes du fleuve. Cette
déclaration a conduit à un accord entre la Roumanie et la Bulgarie en vue de
programmer conjointement les tâches à effectuer et de mettre en commun les
équipements; –
Un modèle du marché du gaz de la région du Danube a été élaboré pour
quantifier l’impact régional des projets d'infrastructures gazières prévues
dans la région; il a abouti à un accord en cours d'adoption par les pays de la
région du Danube et portant sur un ensemble de recommandations politiques pour
les projets futurs dans ce domaine. 2.2. Protéger l’environnement dans la région du
Danube Nouveaux projets –
La direction générale de la recherche et de l'innovation de la
Commission européenne a lancé un appel d'offres pour des projets de recherche,
en vue de repenser la recherche sur l'environnement et d'améliorer
l'utilisation régionale des résultats obtenus. Tout cela a mobilisé des acteurs
d'envergure et d'importantes ressources du secteur public (au niveau national
et européen) comme du secteur privé, en vue de parvenir à une gestion globale
efficace de l'ensemble fleuve-delta-côte-mer; –
Le groupe d'action pour les esturgeons du Danube a été créé pour assurer
la sauvegarde des populations viables de cette espèce importante, en facilitant
les projets, les mesures et les initiatives visant à leur permettre de
repeupler le fleuve. Ce groupe privilégie une approche transversale,
établissant des liens entre la biodiversité et des domaines d'action tels que
la qualité de l'eau, la perméabilité des habitats, le développement économique,
l'éducation en matière d'environnement et même la prévention de la criminalité
(liée au commerce illégal du caviar). Une impulsion nouvelle pour les projets existants –
Le projet «Danube Floodrisk» de gestion des risques liés aux crues du
Danube examine des méthodes et des bases de données sur lesquelles les pays
pourraient travailler ensemble. Au total, dix-neuf organisations appartenant à
huit États de la région du Danube y participent et contribuent à accélérer les
progrès accomplis en vue de créer des bases de données communes et de
cartographier les zones inondables. Le Système européen de sensibilisation aux
inondations effectue également des travaux complémentaires dans ce domaine. 2.3. Bâtir la prospérité dans la région du
Danube Nouveaux projets –
La direction générale des réseaux de communication, du contenu et des
technologies de la Commission européenne a lancé un nouveau projet
d'infrastructure électronique au titre du septième programme-cadre, pour
améliorer l’accès aux services informatiques de pointe (et la fourniture de
tels services) aux chercheurs. La nouvelle infrastructure électronique jouera
le rôle de relais pour le supercalculateur de l'initiative européenne PRACE
(Partenariat pour le calcul avancé en Europe) pour les pays de la région du
Danube, et du reste également pour certains pays du Caucase. Le projet SEERA-EI
tire parti de cette nouvelle infrastructure, la plaçant, ainsi que d'autres
travaux, sur la liste des priorités de la région du Danube. –
Le forum des entreprises de la région du Danube, dont la coordination
est assurée par la Chambre de commerce autrichienne, constitue une plateforme
importante pour la mise en réseau de plus de 300 PME. Il facilite les
rendez-vous d'affaires et soutient les liens avec des sources de connaissances
telles que les instituts de recherche et les universités. –
Des centres de transfert de technologie sont actuellement mis en place
dans la région du Danube et cinq projets pilotes sont confiés à des universités
importantes de la région du Danube, afin de renforcer les liens entre les
universités et le secteur privé. –
Dans un autre projet pilote, des établissements scolaires et des
étudiants de la région du Danube préparent ensemble des formations innovantes
et des programmes éducatifs imaginatifs visant à favoriser les contacts
transnationaux entre cultures, en mettant l'accent sur la citoyenneté active et
l’engagement en faveur du développement durable. Un guide novateur à
l’intention des enseignants de l'ensemble de la région du Danube est en cours
d'élaboration. Nouvelles initiatives de coordination des politiques –
Les travaux préparatoires pour la création d'un fonds pour la recherche
et l'innovation dans la région du Danube mettant en commun des fonds nationaux
et régionaux ont commencé, sur la base de l'expérience du programme commun de
recherche et de développement sur la mer Baltique (BONUS). Une déclaration
conjointe des ministres chargés de la recherche dans la région du Danube a été
signée à Ulm le 9 juillet 2012, ouvrant la voie pour les travaux
préparatoires. La direction générale de la recherche et de l'innovation et la
direction générale de la politique régionale et urbaine soutiennent ces
travaux, au moyen notamment d'une initiative INCO.NET pour le Danube, ainsi que
d'autres formes d'assistance. 2.4. Renforcer la région du Danube Nouveaux projets –
Le Centre commun de recherche a lancé une initiative visant à apporter
un soutien scientifique à la mise en œuvre de la stratégie, en coopération avec
les principaux partenaires scientifiques de la région. Les travaux ont commencé
en vue de la mise en place d'une infrastructure de données de référence et de
services, pour l'ensemble de la région du Danube, portant sur les défis à
relever en commun tels que la protection de l'environnement, la navigabilité,
l'irrigation, la diversification agricole et la production d'énergie. On
annonce la création de quatre groupes scientifiques thématiques en vue de
promouvoir la coopération scientifique et de simplifier les activités de
recherche. Une attention particulière portée aux stratégies de spécialisation
intelligente apporte un soutien aux pays et aux régions pour la mise en place
de stratégies régionales d'innovation; –
Pour améliorer l'accès au financement dans la région, le projet «de
dialogue pour le financement dans la région du Danube» apparie les projets aux
fonds, mettant en contact les promoteurs de projets, tels que les PME, avec les
banques, les institutions financières internationales et les programmes de
financement. Nouvelles initiatives de coordination des politiques –
En janvier 2012, une réunion des responsables de la police a créé une
initiative destinée à intensifier la coopération entre les autorités policières
dans la région du Danube, en améliorant les mesures de lutte contre la
criminalité liée au fleuve (y compris la criminalité organisée), et en mettant
en place une plateforme transnationale policière et judiciaire. Par ailleurs,
Europol a élaboré un projet spécifique d'analyse des menaces pesant sur la
région du Danube. 3. Tirer le meilleur parti de l'existant: harmoniser les
sources de financement et créer des synergies La tâche a été menée à bien grâce à l'amélioration de la
façon dont on utilise les ressources et le savoir-faire, souvent déjà
disponibles dans la région, à la faveur d'une meilleure coordination. En
s'appuyant sur cette approche, la stratégie vise à obtenir de meilleurs
résultats et un impact plus important en harmonisant les fonds et les
politiques aux niveaux national, régional et de l'Union européenne. À titre
d’exemple, citons: –
des projets d'infrastructure, comme la station d'épuration des eaux
usées de Budapest, qui assure une amélioration de la qualité de l'eau dans
l'ensemble de la région et a été financée par les Fonds structurels et
d'investissement européens; –
des programmes transfrontaliers, tels que les programmes Roumanie-Serbie
et Hongrie-Serbie, s'alignent de plus en plus sur la stratégie, utilisant des
appels à propositions spécifiques ou attribuant des points supplémentaires lors
des procédures de sélection. En 2011, la Serbie à elle seule avait réservé
une enveloppe de 19 millions EUR pour les projets se rapportant
spécifiquement à la stratégie, dans le volet «coopération transfrontalière» de
l’IAP (instrument d'aide de préadhésion); –
des programmes transnationaux de coopération, tels que ceux pour
l’Europe du Sud-est et pour l’Europe centrale, ont assuré le financement de
nouveaux projets de la stratégie pour le Danube; –
le septième programme-cadre de recherche a lancé trois appels à
propositions de recherche concernant spécifiquement les défis à relever par la
région du Danube: une flotte innovante, des solutions environnementales, et la
coordination des politiques en matière de sciences et de technologies; –
des projets cofinancés par la direction générale des entreprises et de
l'industrie ont soutenu le tourisme transnational durable dans la région du
Danube; –
le Danube est désormais pris en compte sur tout son tracé dans le projet
de révision des lignes directrices relatives au réseau transeuropéen de
transport; –
dans le contexte du nouveau cadre d'investissement en faveur des Balkans
occidentaux, financé au titre de l’instrument d'aide de préadhésion, la
priorité est accordée aux projets qui se conforment à la stratégie; –
le Parlement européen soutient des projets pilotes et des actions
préparatoires pour la région du Danube, en fournissant une assistance technique
aux coordinateurs des zones prioritaires et en encourageant les approches
innovantes de mise en œuvre de la stratégie; –
des régions telles que le Bade-Wurtemberg ont elles-mêmes réservé des
fonds à l'appui de la stratégie, y compris pour la phase initiale de projets
ayant un impact macrorégional clairement exprimé; –
conjointement avec la Hongrie, la Banque européenne d'investissement a
mis en place le point de contact du Danube à Budapest, afin de faciliter le
développement de projets transnationaux d'investissement; –
des travaux similaires sont en cours en vue d'élaborer un mécanisme
d'assistance technique pour l'ensemble de la région du Danube, afin de
faciliter la phase de préparation des projets. En ce qui concerne la prochaine période importante de
programmation, à savoir 2014-2020, il est essentiel que les programmes et
les actions puissent continuer à être utilisés pour la mise en œuvre de la
stratégie: –
le cadre stratégique commun met l'accent sur les stratégies
macrorégionales et prend en compte la coordination des instruments financiers
pour les Fonds structurels et d'investissement européens («Fonds ESI»). Une
direction stratégique est ainsi donnée au processus de programmation, ce qui
facilite l'établissement de liens sectoriels et territoriaux en ce qui concerne
les fonds en gestion partagée, à savoir le Fonds de cohésion, le Fonds européen
de développement régional, le Fonds social européen, le Fonds européen agricole
pour le développement rural et le Fonds européen pour les affaires maritimes et
la pêche; –
l'approche macrorégionale est reprise dans les accords de partenariat,
pour chaque pays, de manière à ce que les programmes nationaux/régionaux et de
coopération en tiennent tous compte. Cela assure le financement futur de la
stratégie par l'intermédiaire des «Fonds ESI» et, partant, la durabilité pour
les années à venir; –
un programme de coopération transnationale redéfini et spécifique est
créé pour la région du Danube, afin de financer les projets de mise en réseau
et d'apporter un soutien institutionnel en faveur de la mise en œuvre et de la
gouvernance. 4. Une plateforme de coopération Ainsi, pour la première fois depuis la fin des conflits et
des clivages qui se sont produits dans la région, la présente stratégie établit
une structure opérationnelle de coopération afin de remédier dans un esprit de
coopération aux problèmes qui pèsent sur la région du Danube, en s'appuyant sur
l'élargissement. Cette nouvelle plateforme, qui comprend aussi des projets et
de la programmation, est également importante du fait qu'elle mobilise un large
éventail de parties prenantes, dont des pays de la région du Danube qui se sont
engagés politiquement au niveau global. Sans créer de nouvelles institutions, cette plateforme
permet aux principaux acteurs concernés des administrations nationales et
régionales de faire avancer la mise en œuvre au quotidien: –
La stratégie s'articule autour de onze domaines prioritaires
fonctionnels rapprochant les domaines d'expertise et de responsabilité: 1)
Voies de navigation intérieure et transports ferroviaires, routiers et aériens;
2) Énergie; 3) Culture et tourisme; 4) Qualité de l'eau; 5) Risques
environnementaux 6) Biodiversité; 7) Société de la connaissance et technologies
de l'information; 8) Compétitivité et développement en grappes; 9)
Investissements dans les personnes et les compétences; 10) Capacités
institutionnelles 11) Sécurité. –
Ces domaines prioritaires sont gérés par des coordonnateurs des domaines
prioritaires (CDP), des fonctionnaires de haut niveau des administrations
nationales et régionales, des experts de ces domaines thématiques. Ces
intervenants sont soutenus par leurs homologues de la région du Danube et sont
regroupés en onze groupes de pilotage, un pour chaque domaine prioritaire. Il
s'agit de nouvelles plateformes de coopération importantes en tant que telles. –
Aux niveaux national et régional, la mise en œuvre est assurée par les
points de contact nationaux (PCN), qui ancrent la stratégie dans des contextes
nationaux et régionaux et en encourageant les décideurs à «penser sur un mode
macrorégional». L'engagement politique intervient par le biais de réunions des
ministres des affaires étrangères et des ministres responsables des secteurs
concernés, ainsi que d'initiatives provenant des villes et des régions. –
Le niveau européen facilite la mise en œuvre, ainsi que l’intégration de
la stratégie dans les politiques de l'UE, grâce aux contacts établis avec les
parties prenantes dans les pays du Danube, en établissant des liens avec les
décideurs de l’UE, au moyen, par exemple, de l'organisation à intervalles
réguliers de forums pour les membres du Parlement européen, de la participation
régulière de fonctionnaires de la Commission aux réunions concernant l'ensemble
de la région du Danube, et du soutien institutionnel fourni par le budget de
l'UE. –
Le programme européen INTERACT prévoit un renforcement des capacités et
un soutien logistique ainsi que des outils de communication (par exemple,
identité visuelle, site web, lettre d'information) faisant connaître les
résultats de la stratégie dans les médias et auprès du grand public. –
S'appuyant sur ce qui a déjà été mis en place, la stratégie donne
également de l'importance et un appui opérationnel aux institutions existantes
dans la région, telles que la Commission internationale pour la protection du
Danube (ICPDR) — en abordant les questions de l'environnement et de la qualité
de l'eau — et la Commission du Danube, qui travaille sur les questions de
navigabilité. Les acteurs de la société civile participent aux travaux, et
notamment aux séminaires organisés pour les parties prenantes, aux groupes de
pilotage et au forum annuel, et, plus particulièrement pour le domaine
prioritaire 10, en ce qui concerne la priorité «Capacité
institutionnelle». 5. Enseignements tirés Après la période initiale de mise en œuvre, les principaux
enseignements sont les suivants: Structure de mise en œuvre ·
Les points de contact nationaux, ainsi que les coordinateurs des
domaines prioritaires et leurs groupes de pilotage constituent le cœur de la
stratégie de mise en œuvre. Leurs travaux doivent encore être davantage
intégrés dans les structures politiques et administratives. Leur rôle pivot,
d'une grande visibilité, nécessite une stabilité institutionnelle, la
reconnaissance politique et l’allocation de ressources humaines suffisantes.
pour pouvoir s’acquitter de leur rôle, il est essentiel qu'ils disposent du
personnel adéquat et d'un soutien approprié de la part des ministères. ·
L'expérience montre que la coordination nationale fonctionne
mieux dans les pays qui ont constitué des groupes de travail interministériels
chargés de la coordination au niveau national des travaux relatifs à la région
du Danube, en particulier lorsque des plateformes ont été mises en place à
l'échelon des décideurs politiques ou à celui des hauts fonctionnaires, et
lorsqu'un secrétariat technique fournit un appui. Il s'agit d'une bonne
pratique, qui devrait être encouragée dans l'ensemble de la région. ·
Le budget de l'UE peut fournir jusqu'en 2014 un financement
direct limité pour la structure de mise en œuvre. Toutefois, comme le
financement n'est pas garanti par la suite, d'autres moyens de soutien doivent
être trouvés, tels que des sources nationales, le futur programme de
coopération transnationale pour le Danube et le futur programme INTERACT. Soutien politique ·
La stratégie a été lancée grâce à un appui politique à haut
niveau qui demeure crucial pour sa mise en œuvre. Des réunions ministérielles
(sur les transports, la recherche et l'innovation, l'énergie) ont permis de
faire progresser sensiblement l'entretien du Danube, la coordination des
politiques nationales et régionales de recherche et d’innovation, ainsi que le
soutien aux États non membres de l’UE qui mettent en œuvre le troisième paquet
sur l'énergie, dans le cadre de la Communauté de l’énergie. ·
Des réunions des ministres des affaires étrangères ont mis en
évidence l'existence d'un large soutien politique en faveur de la stratégie. Le
rôle actif de la Hongrie dans le cadre de sa présidence a accéléré les travaux.
Il s'agit là d'un élément particulièrement utile lorsque le niveau politique
est lié aux événements du cycle de la stratégie. Financement des actions concrètes ·
Il est primordial de faire le meilleur usage des politiques et
programmes existants, tels que les fonds structurels et le fonds européen
d'investissement (Fonds ESI), l’instrument de préadhésion, le programme RTE-T,
le programme-cadre de recherche et de développement ou les fonds privés. En ce
qui concerne la période 2014-2020, il est essentiel d'intégrer
systématiquement la stratégie dans les programmes. Il est nécessaire que les
pays et les régions du Danube et la Commission européenne unissent leurs
forces. ·
D'importantes initiatives ont été prises pour soutenir les
projets dans leur phase préparatoire et pour améliorer l’accès au financement;
il s'agit notamment du mécanisme d’assistance technique de la région du Danube,
de fonds du Land de Bade-Wurtemberg, du point de contact du Danube à Budapest
ou du projet «de dialogue pour le financement dans la région du Danube». Les
liens entre les initiatives doivent être renforcés. Renforcer les initiatives existantes ·
Les synergies avec les organismes existants et des initiatives
telles que l'ICPDR, la Communauté de l'énergie ou l'organisation internationale
pour les migrations, ont été mises en place et doivent être renforcées. Faire
participer des institutions existantes, des organismes et des réseaux en place,
permet de s'appuyer sur des expériences positives acquises ailleurs, notamment
dans la région de la mer Baltique. Cela est de plus en plus souvent facilité
par le groupe de haut niveau, institué pour l'orientation des initiatives
macrorégionales, fournissant des conseils dans ce domaine, ce qui renforce
l'expertise disponible, évite l'émergence de structures parallèles et qui tire
le meilleur parti des ressources disponibles. Orientation des résultats et objectifs ·
Les cibles, les objectifs intermédiaires et les feuilles de route
établissent les priorités, contribuant à une mise en œuvre rapide et facilitant
la diffusion des possibilités que présente la stratégie. Ils devraient faire
l'objet d'un réexamen et d'un suivi continus. Intégrer les politiques et fonds ·
Les approches intégratives ont une valeur spécifique; on peut par
exemple associer la navigation et les intérêts de l’environnement au
développement de la rivière, comme sur le tronçon situé à l'Est de Vienne. La
Commission facilite la coopération intersectorielle, par exemple dans le
domaine scientifique, grâce aux activités du Centre commun de recherche, en
faisant participer les services compétents et des sources de financement
multiples. En général, il convient d'utiliser des cadres à l'échelle de l'UE,
en insistant sur le fait que la région du Danube comprend bien d'autres composantes
que le fleuve en soi. Intégration des pays non-membres de l’UE ·
La stratégie prévoit la participation à un niveau égal de six
pays non-membres de l'UE, y soutient les processus d'intégration et renforce la
coopération dans la région. Des solutions innovantes permettant de faciliter la
participation de ces pays et de financer la mise en œuvre des projets doivent
être trouvées et consolidées. Cela inclut d'ores et déjà la pleine
participation à la coordination des domaines prioritaires et à des groupes de pilotage,
où le soutien en matière de participation fait l'objet d'une attention
particulière. L'un au moins des pays non membres de l'UE a réservé des fonds
issus des dotations de l'Union européenne en faveur des activités liées à la
stratégie pour le Danube; cela constitue une bonne pratique à imiter par les
autres pays. Communication ·
L’identité visuelle commune, le site web exhaustif couvrant tous
les domaines prioritaires, le bulletin d’information, et le matériel
promotionnel élaboré avec le soutien important du programme Interact, ont accru
la visibilité de la stratégie et facilité la communication. Il serait utile de
centraliser les informations sur les réunions et les conférences organisées
dans le cadre de la stratégie pour le Danube, afin d'en permettre une diffusion
plus concertée. ·
Le premier forum annuel, qui s'est tenu à Ratisbonne en
novembre 2012, a confirmé le soutien politique en faveur de la stratégie
et a fourni l'occasion de présenter sa mise en œuvre et d'en débattre. Une
valeur ajoutée réelle est apportée par l'organisation d'une telle conférence, à
intervalles réguliers, en tant que principal événement relatif à la stratégie,
conjointement avec une réunion des ministres des affaires étrangères. 6. Recommandations La première phase de mise en œuvre de la stratégie de l'UE
pour la région du Danube a clairement mis en exergue les possibilités qu'offre
cet instrument. La stratégie a mis en vedette une région qui présente des
potentialités considérables sur le plan du développement et d'une intégration
plus poussée, et qui, dans un esprit de coopération, relève des défis communs
tels que l'utilisation durable des ressources et la lutte contre le changement
climatique. Afin de garantir la poursuite des travaux sur les principales
questions auxquelles est confrontée la région et sur la base des expériences
évoquées ici, ainsi que dans les discussions tenues lors du premier forum
annuel, la Commission recommande que les régions et les pays participants: ·
renforcent leurs structures internes de mise en œuvre, en
garantissant un soutien financier suffisant, un appui politique et une plus
grande stabilité institutionnelle; ·
assurent la continuité et donnent des mandats adéquats aux
représentants participant aux groupes de pilotage, en utilisant les programmes
des Fonds structurels et du Fonds européen d'investissement pour la
période 2014-2020 afin de soutenir les structures de mise en œuvre; ·
dotent la stratégie d'une structure de direction et d''une
planification stratégique durables, avec l'aide de la Commission européenne, de
manière à ce que les régions et les pays participants assument pleinement leurs
responsabilités. La mise en œuvre de la stratégie doit gagner en autonomie et
ses structures doivent en assurer la continuité, même en cas de changements
d'intervenants; ·
contrôlent en permanence la mise en œuvre de tous les domaines
prioritaires, y compris l'engagement au niveau politique et les réalisations
concrètes, de manière à se concentrer sur des défis spécifiques et sur les
idées-force, tout en fournissant une base permettant de définir les priorités
et d'obtenir une structure plus économe en ressources et davantage axée sur les
résultats; ·
veillent à ce que l’accent soit mis davantage sur les résultats,
en accordant une plus grande attention aux objectifs et indicateurs appropriés,
aux étapes intermédiaires et aux feuilles de route; ·
veillent à l'intégration systématique de la stratégie dans les
programmes nationaux, régionaux et de l'UE pour la période 2014-2020, à
savoir en particulier ceux qui relèvent des Fonds structurels et du Fonds
européen d'investissement, l'initiative Horizon 2020, le programme COSME,
et le mécanisme pour l'interconnexion en Europe, en utilisant l'expertise des
réseaux et des principales parties prenantes de la stratégie pour le Danube en
matière de programmation et de mise en œuvre; ·
renforcent la contribution de la présente stratégie à la
stratégie «Europe 2020» au moyen d'actions concrètes pour la région du
Danube liées à une croissance intelligente, durable et inclusive; ·
renforcent la cohérence des actions pour le Danube avec les
politiques de l'UE, en veillant à ce que les travaux de la stratégie soient
examinés par les institutions existantes, par les conseils sectoriels
compétents, et, le cas échéant, au sein de réunions ministérielles spécifiques; ·
démultiplient les activités de communication afin d'atteindre un
public plus large; ·
établissent la conférence annuelle comme le principal événement
de l'année, apportant une direction stratégique, créant des liens et des approches
communes, et diffusant les réalisations; ·
renforcent, de concert avec la Commission européenne, la
coordination et la cohérence avec les initiatives européennes existantes et
futures pour des macrorégions ou des bassins maritimes similaires. [1] Un
rapport complet ayant trait à chaque domaine prioritaire peut être téléchargé
sur le site internet de la stratégie de l'UE pour la région du Danube (www.danube-region.eu/pages/reports
)