27.11.2012   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 367/8


Publication d’une demande en application de l’article 6, paragraphe 2, du règlement (CE) no 510/2006 du Conseil relatif à la protection des indications géographiques et des appellations d’origine des produits agricoles et des denrées alimentaires

2012/C 367/06

La présente publication confère un droit d’opposition conformément à l’article 7 du règlement (CE) no 510/2006 du Conseil (1). Les déclarations d’opposition doivent parvenir à la Commission dans un délai de six mois à compter de la date de la présente publication.

DOCUMENT UNIQUE

RÈGLEMENT (CE) No 510/2006 DU CONSEIL

«STROMBERGER PFLAUME»

No CE: DE-PDO-0005-0841-03.01.2011

IGP ( ) AOP ( X )

1.   Dénomination:

«Stromberger Pflaume»

2.   État membre ou pays tiers:

Allemagne

3.   Description du produit agricole ou de la denrée alimentaire:

3.1.   Type de produit:

Classe 1.6

Fruits, légumes et céréales en l’état ou transformés

3.2.   Description du produit portant la dénomination visée au point 1:

La dénomination «Stromberger Pflaume» ne s’applique qu’aux fruits cultivés dans l’aire géographique provenant de pruniers communs. La quetsche commune est une variété très ancienne, mi-tardive, de quetsche (lat. Prunus domestica subsp. domestica), appelée, en allemand, Zwetschge, Zwetsche ou Quetsche (Zwetschke en Autriche). La quetsche est elle-même une variété de prune. La prune fait partie de la famille des rosacées (Rosaceae) et compte parmi les fruits à noyau. Par rapport à la prune, la quetsche est moins arrondie; elle présente des extrémités pointues; sa couleur tire plus vers le bleu foncé, sa ligne de soudure est plus marquée et sa chair se détache plus facilement du noyau.

Le fruit atteint sa pleine maturité entre la fin du mois d’août et la mi-septembre. Il est alors bien coloré. Par rapport aux autres quetsches, le fruit est oblong et de taille moyenne. Il a un diamètre minimal de 24 mm. Le noyau est plat, ovale et de couleur brun moyen. Fine et ferme, la chair présente une couleur uniforme jaunâtre à orangée et lorsque le fruit est mûr, elle se détache facilement du noyau. Chaque fruit a un poids pouvant aller jusqu’à 30 grammes. Le rapport entre la masse de la chair et la masse du noyau est au moins de 3 à 1. Les fruits frais arrivés à pleine maturité ont une teneur totale en sucres d’au moins 6 %.

La «Stromberger Pflaume» se caractérise par une saveur subtilement aromatique, par un équilibre des saveurs acidulées et sucrées et par une faible teneur en eau; elle n’a pas tendance à produire des substances amères.

3.3.   Matières premières (uniquement pour les produits transformés):

3.4.   Aliments pour animaux (uniquement pour les produits d’origine animale):

3.5.   Étapes spécifiques de la production qui doivent avoir lieu dans l’aire géographique délimitée:

Toutes les étapes de la production doivent avoir lieu dans l’aire géographique: plantation des jeunes arbres (arbres de deux à trois ans), croissance et taille de formation des arbres, récolte des fruits, tri et conditionnement de ces derniers pour le transport ou la vente. La «Stromberger Pflaume» est essentiellement obtenue à partir d’arbres à haute tige.

3.6.   Règles spécifiques applicables au tranchage, râpage, conditionnement, etc.:

3.7.   Règles spécifiques d’étiquetage:

4.   Description succincte de la délimitation de l’aire géographique:

Localité de Stromberg, dans la commune d’Oelde, plus une zone de 500 mètres de large autour de cette localité. En raison de cette zone de 500 mètres de large, l’aire géographique englobe une petite partie des communes de Wadersloh (district de Warendorf), de Langenberg (district de Gütersloh) et de Rheda Wiedenbrück (district de Gütersloh).

5.   Lien avec l’aire géographique:

5.1.   Spécificité de l’aire géographique:

Parmi les principaux facteurs influant sur la qualité et la saveur des prunes figurent le climat local, influencé par l’altitude, la période de végétation riche en précipitations, le relief, en particulier la déclivité du terrain, ainsi que la qualité pédologique associée aux caractéristiques hydrologiques, notamment le niveau des eaux souterraines. En outre, la quetsche est cultivée depuis très longtemps dans la zone de production, ce qui confère aux producteurs un savoir-faire particulier.

a)   Qualité pédologique

La zone de production se prête particulièrement bien à la culture de la prune. Elle fait partie de la plaine d’Allemagne du Nord, et se situe plus précisément dans le bassin de Münster (également appelé bassin de Westphalie), une plaine parsemée de quelques reliefs située entre la Forêt de Teutoburg et le nord du massif schisteux rhénan. Dans ce bassin se trouvent les Beckumer Berge, un ensemble de collines. La zone de culture de la «Stromberger Pflaume» s’étend sur une de ces hauteurs, à l’est plus précisément, à une altitude comprise entre 90 et 151 m au-dessus du niveau de la mer.

Les couches du sol des Beckumer Berge et de la zone de production reposent essentiellement, à une profondeur comprise entre 1,50 et 2 mètres, sur un socle de marne argileuse. Sous cette couche, on trouve, affleurant par endroits, de vastes roches argileuses du jurassique parcourues d’importantes nappes aquifères dont les eaux, en partie sous pression, remontent vers la surface et, dans certaines formations géologiques, se fraient un passage jusqu’à l’air libre. Au-dessus s’étend une couche d’argile et de marne limoneuses d’une épaisseur de 30 à 50 cm, elle-même recouverte d’une couche de 20 à 50 cm de limon grossier dense à lourd, parfois argileux, parfois calcaire. La couche supérieure, d’une épaisseur de 20 à 30 cm, est formée de limon humifère légèrement sablonneux à dense. Cette structure profonde et lourde du sol retient l’humidité très longtemps, y compris lors des années sèches.

b)   Climat

Le bassin de Westphalie connaît un climat maritime caractérisé par des étés frais et des hivers doux. Le climat est essentiellement influencé par la mer du Nord et les moyennes montagnes avoisinantes (Forêt de Teutoburg, Eggegebirge, Sauerland). Le vent, principalement orienté à l’ouest/au nord-ouest, apporte des masses d’air suffisamment humides et chaudes. La pluviométrie moyenne est de 767 mm (1976 = 561 mm; 1998 = 998 mm). Dans le basin de Westphalie, ouvert vers l’Atlantique, les températures mensuelles moyennes sur une longe période (1961-1990) atteignent encore des valeurs positives de 1,5 °C au cours du mois le plus froid (janvier) et montent jusqu’à 18 °C environ au cours du mois le plus chaud (juillet).

Dans la zone de culture, à savoir la localité de Stromberg, la température annuelle moyenne est de 10 °C, soit un demi-degré de moins que la moyenne enregistrée dans le bassin de Westphalie (10,5 °C), en raison de l’altitude des Beckumer Berge.

c)   Facteurs humains

À Stromberg, la culture de la prune est une tradition depuis 1790 environ. Historiquement, pour les agriculteurs, le relief vallonné se prêtait idéalement aux pâturages et à la culture des pruniers, étant donné que le labour des pentes posait des difficultés considérables. Jadis, les pruniers étaient cultivés en prés-vergers ou en lisières; aujourd’hui, les plantations sont plutôt la norme.

5.2.   Spécificité du produit:

a)   Caractéristiques déterminantes

D’un diamètre moyen de 24 mm au minimum, la «Stromberger Pflaume» est légèrement plus petite que beaucoup d’autres quetsches communes.

Juteuse sans être aqueuse, elle a une saveur douce et fraîche et développe une acidité fine et légère, ce qui en fait un fruit à couteau idéal. Grâce à sa teneur élevée en sucres et à la facilité avec laquelle sa chair se détache du noyau, la «Stromberger Pflaume» se prête parfaitement à la transformation par cuisson, cuisson au four, séchage ou distillation. La consistance ferme de la «Stromberger Pflaume» confère au fruit de bonnes propriétés de cuisson. Il ne s’écrase pas à la cuisson, sa peau ne durcit pas et ne produit pas de substances amères sous l’effet de chaleur. Du fait de sa teneur en eau plus faible que celle d’autres quetsches, les temps de séchage sont considérablement réduits. L’arôme de la «Stromberger Pflaume» n’est pas uniquement dû à la teneur élevée en solides solubles mais aussi à la proportion élevée de ces solides par rapport à l’acidité. Le fruit est bien coloré.

b)   Le produit jouit d’une renommée particulière

Grâce à sa saveur hautement aromatique et à ses bonnes propriétés de transformation, la «Stromberger Pflaume» est connue bien au-delà des frontières de la ville. Selon un article paru dans Die Glocke le 4 octobre 1940, lors des bonnes récoltes, jusqu’à 2 500 tonnes de cette prune ont été vendues dans la Ruhr et le pays de Münster. À cet égard, il ne faut pas perdre de vue que la localité de Stromberg compte aujourd’hui tout juste 4 600 habitants et s’étend sur une superficie de 23,75 km2. En 2000, année exceptionnelle, la récolte s’est élevée à 1 500 tonnes environ.

Du fait de l’intérêt suscité par la «Stromberger Pflaume», la première foire de la prune de Stromberg a été organisée en 2004. Avec une moyenne de 15 000 visiteurs, celle-ci connaît chaque année un large succès. La première foire de la prune de Stromberg, en 2004, a donné lieu au sacre de la première reine allemande de la prune. L’histoire de la «Stromberger Pflaume» atteste de sa renommée particulière et de l’existence réelle de ses propriétés spécifiques.

La tradition de la culture de la prune à Stromberg, instituée par Ludwig Niedieck, remonte à environ 1790 (150 ans avant 1940: Johan Koberg, «Die Stromberger Zwetsche im Wandel der Zeit», Die Glocke, 4 octobre 1940). Ce commerçant aurait, du moins selon les nombreux indices disponibles, importé quelques pruniers du sud de la France. Dans son article intitulé «Damals, als die Dörröfen rauchten» (Heimatblätter der Glocke, 17 octobre 1972), Elisabeth Reckmann écrit ce qui suit:

«Sur une pente longeant le chemin qui va de Hof Bettmann à la cinquième station du chemin de croix, il y aurait eu quelques arbres dont l’âge était estimé à plus de 200 ans. Les arbres francs de pied qui en furent issus trouvèrent rapidement leur place dans les jardins, le long des rues et des chemins. Les nouvelles plantations se développèrent en un ensemble de cultures homogènes […].»

L’article intitulé «Stromberger gründen einen Pflaumenverein», paru dans le Westfälische Nachrichten du 20 octobre 1949, raconte l’histoire de Franz Stanlein et Heinrich Hungerkötter, deux natifs de Stromberg que le destin avait fait échouer à Warendorf, à 25 kilomètres de là. Chaque année, depuis la fin du XIXe siècle jusque dans les années 1930, ils se rendirent avec des charrettes à cheval dans leur ville natale de Stromberg afin d’en ramener des prunes pour eux et de nombreux autres habitants de Warendorf. En 1931, ils fondèrent même à cet effet une association, la confrérie de la prune (Verein der Pflaumenbrüder).

En 1818, la petite localité de Stromberg comptait déjà 30 000 pruniers pour 1 341 habitants (article intitulé «Alte Tradition mit lila Früchten treibt Blüten» paru dans Die Glocke le 28 août 1992). En 1940, Stromberg était la commune allemande qui comptait le plus d’arbres fruitiers par habitant (Die Glocke, 4 octobre 1940, «Die Stromberger Zwetsche im Wandel der Zeit»).

La renommée du produit est également étayée par le fait qu’une distillerie établie dans la zone géographique produise, à partir de la «Stromberger Pflaume», un alcool appelé «Stromberger Pflaumenbrand» et une liqueur de prunes, et qu’elle se serve de l’origine des prunes comme argument de vente.

5.3.   Lien causal entre l’aire géographique et la qualité ou les caractéristiques du produit (pour les AOP), ou une qualité spécifique, la réputation ou une autre caractéristique du produit (pour les IGP):

La «Stromberger Pflaume» doit sa qualité et ses propriétés, dont sa réputation, essentiellement aux conditions géographiques ainsi qu’aux facteurs naturels et humains locaux. Elle est «l’image de marque» de la localité de Stromberg, comme l’indique très justement l’article intitulé «Alte Tradition mit lila Früchten treibt Blüten» paru dans Die Glocke le 28 août 1992. La saveur particulière et la belle coloration du fruit découlent des propriétés du sol et du climat.

a)   Influence des facteurs géologiques

Le paysage vallonné et les profonds sols limoneux humifères offrent de nombreux atouts pour la culture de la prune. Les arbres sont profondément enracinés dans un sol lourd qui, grâce à sa teneur élevée en calcium et en nutriments et à son pH neutre, permet aux arbres d’absorber lentement, mais de manière constante, l’humidité très présente dans le sol et donc de contenir des minéraux primaires rapidement assimilables. Ces propriétés contribuent à augmenter la teneur aromatique de la «Stromberger Pflaume» et à en améliorer la qualité gustative.

La température locale des sols ainsi que la conductivité et la capacité thermiques de ceux-ci jouent également un rôle positif à cet égard. Ces types de sols se réchauffent et se refroidissent aussi plus lentement que les autres sols, ce qui permet d’atténuer les variations de températures et a une influence positive sur le microclimat.

Malgré une pluviométrie relativement importante, la déclivité du terrain, qui distingue même la zone de production des surfaces essentiellement planes de Westphalie qui la jouxtent, et l’hydrologie permettent d’empêcher un engorgement hydrique, qui pourrait entraîner la mort des arbres. La perméabilité relativement faible du sol et le terrain essentiellement vallonné permettent une évacuation rapide des eaux (pas d’engorgement hydrique), ce qui contribue à l’optimisation de la teneur en eau des fruits et, partant, à la concentration des arômes spécifiques.

Grâce à sa capacité de stocker l’humidité au cours des années humides et sèches, le sol lourd et profond assure un approvisionnement continu en eau des racines des pruniers, de sorte que la «Stromberger Pflaume» n’emmagasine pas d’eau et présente par conséquent une consistance ferme, et qu’elle reste également juteuse en cas de sécheresse.

b)   Influence des facteurs climatiques

La quantité relativement importante de pluie qui tombe chaque année dans l’aire géographique libère du sol des minéraux importants qui se retrouvent ainsi disponibles pour les pruniers. Grâce à ces précipitations, les fruits sont particulièrement juteux.

La douceur du climat, surtout lors des mois les plus froids de l’année, permet aux arbres de croître rapidement et assure une floraison précoce au printemps. En raison d’étés relativement frais, liés à l’altitude, la durée de la maturation des fruits est plutôt longue par rapport à celle que l’on observe dans les autres zones de production fruitière de Westphalie, du sud de l’Allemagne ou d’Europe méridionale. Lors de cette période de maturation, l’alternance de l’ensoleillement et du refroidissement nocturne plus marqué en raison de l’altitude, favorise la formation de fructose et de subtils arômes de fruits, qui confèrent à la «Stromberger Pflaume» sa note aromatique typique et particulièrement prononcée. Du fait de la variation des températures entre le jour et la nuit, qui, en raison de l’altitude, est plus marquée que dans d’autres zones de production mais aussi que dans les environs immédiats de la zone géographique, la «Stromberger Pflaume» présente une meilleure coloration que les quetsches cultivées dans ces autres zones.

c)   Facteurs humains et propriétés ainsi que réputation de la «Stromberger Pflaume»

Pour faire connaître au public la longue histoire de la culture de la prune à Stromberg, une foire de la prune y est organisée depuis quelques années, non sans succès, ce qui atteste de la bonne qualité de la «Stromberger Pflaume».

L’agriculteur joue un rôle particulier dans la culture de la «Stromberger Pflaume», lui qui, par des innovations simples mais efficaces, a su adapter de manière optimale les méthodes de culture et de récolte aux conditions de la zone géographiques. Non seulement ces innovations constituent un compromis réussi entre tradition et culture locale d’une part, et exigences de production modernes, d’autre part, mais elles ont également permis une baisse des coûts d’exploitation, grâce par exemple, à la culture en plantation, à l’utilisation d’équipements techniques pour la coupe des arbres ou au recours à des techniques de récolte modernes. L’exploitation, avec les engins modernes, de terrains pentus difficiles d’accès constitue un problème particulier, qui a rendu indispensables la création de terrasses sur les pentes et la transformation des machines.

Référence à la publication du cahier des charges:

[article 5, paragraphe 7, du règlement (CE) no 510/2006]

Markenblatt, cahier no 11 du 19 mars 2010, partie 7a-aa, p. 4243

http://register.dpma.de/DPMAregister/geo/detail.pdfdownload/13350


(1)  JO L 93 du 31.3.2006, p. 12.