15.12.2012   

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Journal officiel de l'Union européenne

C 388/1


RAPPORT

sur les comptes annuels de l'Agence de coopération des régulateurs de l'énergie relatifs à l'exercice 2011 accompagné des réponses de l'Agence

2012/C 388/01

INTRODUCTION

1.

L’Agence de coopération des régulateurs de l'énergie (ci-après «l’Agence»), sise à Ljubljana, a été créée en vertu du règlement (CE) no 713/2009 du Parlement européen et du Conseil (1). L'Agence a pour tâche principale d’aider les autorités de régulation nationales à exercer, au niveau de l’Union, les tâches réglementaires qu’elles effectuent dans les États membres et, si nécessaire, à coordonner leur action. Le règlement REMIT (2) confère des responsabilités supplémentaires à l’Agence, ainsi qu’aux autorités de régulation nationales, en matière de surveillance des marchés de gros de l'énergie (3).

2.

La Commission a octroyé l’autonomie financière à l’Agence le 8 mars 2011. La période couverte par l’audit de la Cour pour l’exercice 2011 s’étend donc du 8 mars au 31 décembre 2011.

INFORMATIONS À L'APPUI DE LA DÉCLARATION D'ASSURANCE

3.

L’approche d’audit choisie par la Cour repose sur des procédures d’audit analytiques, des tests directs des opérations et une évaluation des contrôles clés des systèmes de contrôle et de surveillance de l’Agence. À cela s'ajoutent des éléments probants obtenus grâce aux travaux d'autres auditeurs (le cas échéant), ainsi qu’une analyse des prises de position de la direction.

DÉCLARATION D'ASSURANCE

4.

Conformément aux dispositions de l'article 287 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, la Cour a contrôlé les comptes annuels (4) de l’Agence, constitués des «états financiers» (5) et des «états sur l’exécution du budget» (6) pour l’exercice clos le 31 décembre 2011, ainsi que la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes à ces comptes.

Responsabilité de la direction

5.

En tant qu’ordonnateur, le directeur exécute le budget en recettes et en dépenses conformément à la réglementation financière de l’Agence, sous sa propre responsabilité et dans la limite des crédits alloués (7). Il est chargé de mettre en place (8) la structure organisationnelle ainsi que les systèmes et procédures de gestion et de contrôle interne appropriés pour établir des comptes définitifs (9) exempts d’inexactitudes significatives, qu’elles résultent d’une fraude ou d’une erreur, et pour garantir la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes à ces comptes.

Responsabilité de l'auditeur

6.

La responsabilité de la Cour consiste à fournir au Parlement européen et au Conseil (10), sur la base de son audit, une déclaration d'assurance concernant la fiabilité des comptes annuels de l’Agence, ainsi que la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes à ces derniers.

7.

La Cour a conduit son audit conformément aux normes internationales d’audit et aux codes de déontologie de l'IFAC, ainsi qu’aux normes internationales des institutions supérieures de contrôle, établies par l’Intosai. En vertu de ces normes, la Cour est tenue de programmer et d'effectuer ses travaux d'audit de manière à pouvoir déterminer avec une assurance raisonnable si les comptes annuels de l’Agence sont exempts d'inexactitudes significatives et si les opérations sous-jacentes à ces comptes sont légales et régulières.

8.

Un audit comprend la mise en œuvre de procédures en vue d’obtenir des éléments probants relatifs aux montants et aux informations qui figurent dans les comptes, ainsi qu’à la légalité et à la régularité des opérations qui leur sont sous-jacentes. Le choix des procédures s’appuie sur le jugement de l’auditeur, qui se fonde entre autres sur une appréciation du risque que des inexactitudes significatives affectent les comptes et, s'agissant des opérations sous-jacentes, du risque de non-respect, dans une mesure significative, des obligations prévues par le cadre juridique de l’Union européenne, que cela soit dû à des fraudes ou à des erreurs. Lorsqu’il apprécie ces risques, l’auditeur examine le système de contrôle interne utilisé pour élaborer les comptes et assurer la fidélité de leur présentation, ainsi que les systèmes de contrôle et de surveillance visant à assurer la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes, afin de concevoir des procédures d'audit adaptées aux circonstances. Un audit comporte également l'appréciation de l’adéquation des politiques comptables appliquées et de la vraisemblance des estimations comptables, ainsi que l’évaluation de la présentation générale des comptes.

9.

La Cour estime que les informations probantes obtenues sont suffisantes et adéquates pour étayer les opinions ci-après.

Opinion sur la fiabilité des comptes

10.

La Cour estime que les comptes annuels de l’Agence (11) présentent fidèlement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière de celle-ci au 31 décembre 2011, ainsi que les résultats de ses opérations et les flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date, conformément aux dispositions de son règlement financier et aux règles comptables adoptées par le comptable de la Commission (12).

Opinion sur la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes aux comptes

11.

La Cour estime que les opérations sous-jacentes aux comptes annuels de l’Agence relatifs à l’exercice clos le 31 décembre 2011 sont légales et régulières dans tous leurs aspects significatifs.

12.

Les commentaires ci-après ne remettent pas en cause les opinions de la Cour.

COMMENTAIRES SUR LA GESTION BUDGÉTAIRE ET FINANCIÈRE

13.

Le budget total de l’Agence s'est élevé à 4,8 millions d’euros, dont 1,5 million d’euros (soit 31 %) des crédits n’ont pas été engagés. Ce montant a été remboursé à la Commission dans son intégralité. Les crédits reportés à 2012 se sont élevés à 0,9 million d’euros (soit 29 % du montant total des crédits). Le niveau de report a été particulièrement élevé pour le titre II (dépenses de fonctionnement), avec 0,3 million d’euros (soit 59 % des crédits du titre II), et pour le titre III (dépenses opérationnelles), avec 0,4 million d’euros (soit 59 % des crédits du titre III). Le niveau des paiements par rapport aux engagements était également faible, à savoir de 41 % pour le titre II et un taux identique pour le titre III. Le niveau élevé des crédits inutilisés et des reports, ainsi que le faible niveau des paiements sont contraires au principe budgétaire d’annualité et indiquent que des insuffisances affectent la planification et l’exécution du budget.

AUTRES OBSERVATIONS

14.

La transparence des procédures de recrutement peut être améliorée. À titre d’exemple, les avis de vacances ne précisaient pas le nombre maximal de candidats pouvant figurer sur les listes de réserve et ne faisaient pas référence à la possibilité de recours. En outre, ni les questions pour les épreuves écrites et les entretiens ni leur pondération n’avaient été établies avant l’examen des candidatures.

15.

En 2011, l’Agence a versé des indemnités de séjour s’élevant à 10 839 euros à des experts détachés qui détenaient la nationalité de l'État sur le territoire duquel est situé son siège. Ce paiement est contraire aux règles relatives au détachement d'experts nationaux adoptées par le conseil d’administration de l’Agence, qui prévoient l’octroi de ces indemnités uniquement aux agents temporaires n’ayant pas la nationalité de l’État membre sur le territoire duquel ils travaillent. Ces paiements sont donc irréguliers.

Le présent rapport a été adopté par la Chambre IV, présidée par M. Louis GALEA, membre de la Cour des comptes, à Luxembourg en sa réunion du 5 septembre 2012.

Par la Cour des comptes

Vítor Manuel da SILVA CALDEIRA

Président


(1)  JO L 211 du 14.8.2009, p. 1.

(2)  Règlement (UE) no 1227/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 (JO L 326 du 8.12.2011, p. 1).

(3)  L'annexe présente, de manière synthétique et à titre d'information, les compétences et activités de l'Agence.

(4)  Ces comptes sont accompagnés d’un rapport sur la gestion budgétaire et financière au cours de l’exercice. Ce rapport fournit de plus amples informations en la matière.

(5)  Les états financiers comprennent le bilan, le compte de résultat économique, le tableau des flux de trésorerie, l’état de variation de l’actif net, ainsi qu’une synthèse des principales politiques comptables et d’autres notes explicatives.

(6)  Les états sur l’exécution du budget comprennent le compte de résultat de l’exécution budgétaire et son annexe.

(7)  Article 33 du règlement (CE, Euratom) no 2343/2002 de la Commission (JO L 357 du 31.12.2002, p. 72).

(8)  Article 38 du règlement (CE, Euratom) no 2343/2002.

(9)  Les règles en matière de reddition des comptes et de tenue de la comptabilité par les agences sont fixées aux chapitres 1 et 2 du titre VII du règlement (CE, Euratom) no 2343/2002, modifié en dernier lieu par le règlement (CE, Euratom) no 652/2008 (JO L 181 du 10.7.2008, p. 23), et sont reprises telles quelles dans le règlement financier de l’Agence.

(10)  Article 185, paragraphe 2, du règlement (CE, Euratom) no 1605/2002 du Conseil (JO L 248 du 16.9.2002, p. 1).

(11)  Les comptes annuels définitifs ont été établis le 19 juin 2012 et reçus par la Cour le 2 juillet 2012. Les comptes annuels définitifs, consolidés avec ceux de la Commission, sont publiés au Journal officiel de l’Union européenne au 15 novembre suivant l’exercice clos. Ils peuvent être consultés sur les sites Web http://eca.europa.eu ou http://www.acer.europa.eu/.

(12)  Les règles comptables adoptées par le comptable de la Commission sont fondées sur les normes comptables internationales pour le secteur public (IPSAS), publiées par la Fédération internationale des experts-comptables, ou, à défaut, sur les normes comptables internationales (IAS)/normes internationales d'information financière (IFRS) publiées par l'International Accounting Standards Board (IASB).


ANNEXE

Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (Ljubljana)

Compétences et activités

Domaines de compétence de l’Union selon le traité

[article 114 (ex-article 95 TCE) et article 194 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne]

Le Parlement européen et le Conseil, statuant conformément à la procédure législative ordinaire et après consultation du Comité économique et social, arrêtent les mesures relatives au rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres qui ont pour objet l’établissement et le fonctionnement du marché intérieur.

Dans le cadre de l’établissement ou du fonctionnement du marché intérieur et en tenant compte de l’exigence de préserver et d’améliorer l’environnement, la politique de l’Union dans le domaine de l’énergie vise, dans un esprit de solidarité entre les États membres:

a)

à assurer le fonctionnement du marché de l’énergie;

b)

à assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique dans l’Union;

c)

à promouvoir l’efficacité énergétique et les économies d’énergie ainsi que le développement des énergies nouvelles et renouvelables; et

d)

à promouvoir l’interconnexion des réseaux énergétiques.

Le Parlement européen et le Conseil, statuant conformément à la procédure législative ordinaire, établissent les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs visés au paragraphe précédent. Ces mesures sont adoptées après consultation du Comité économique et social et du Comité des régions.

Compétences de l’Agence

[définies dans le règlement (CE) no 713/2009 du Parlement européen et du Conseil, le règlement (UE) no 838/2010 de la Commission et le règlement (UE) no 1227/2011 du Parlement européen et du Conseil]

Objectifs

L’objet de l’Agence est d’aider les autorités de régulation nationales à exercer, au niveau de l’Union, les tâches réglementaires qu’elles effectuent dans les États membres et, si nécessaire, à coordonner leur action.

Tâches

Compléter et coordonner les travaux des autorités de régulation nationales,

contribuer à la création de règles applicables aux réseaux européens,

prendre, dans certaines conditions, des décisions individuelles contraignantes concernant les modalités et conditions d’accès et de sécurité d’exploitation applicables aux infrastructures transfrontalières,

conseiller les institutions européennes sur diverses questions touchant l’énergie,

suivre l’évolution des marchés de l’énergie et en faire rapport,

proposer à la Commission de l’UE le montant annuel de la compensation pour l’infrastructure transfrontalière dans le cadre du mécanisme ITC,

coopérer avec les autorités de régulation nationales, l’Autorité européenne des marchés financiers, les autorités financières compétentes des États membres et, le cas échéant, les autorités nationales de concurrence pour surveiller les marchés de gros de l’énergie,

évaluer le fonctionnement et la transparence des différentes catégories de places de marché et des différents modes de transaction,

faire des recommandations à la Commission en ce qui concerne les règles du marché, les relevés des transactions, les ordres, les normes et les procédures qui pourraient améliorer l’intégrité du marché et le fonctionnement du marché intérieur.

Gouvernance

Conseil d’administration

Composition

Deux membres désignés par le Parlement européen, deux membres désignés par la Commission et cinq membres désignés par le Conseil. Chaque membre dispose d’un suppléant.

Tâches

Le conseil d’administration adopte le programme de travail et le budget annuels de l’Agence et en suit l’exécution.

Directeur

Désigné par le conseil d’administration après avis favorable du conseil des régulateurs, sur la base d’une liste de candidats proposée par la Commission.

Conseil des régulateurs

Composition

Un représentant de haut niveau des autorités de régulation de chaque État membre et un représentant de la Commission ne prenant pas part au vote. Chaque membre dispose d’un suppléant désigné par l’autorité de régulation nationale de chaque État membre.

Tâches

Le conseil émet un avis, à l’intention du directeur, concernant les avis, recommandations et décisions qu’il est envisagé d’adopter,

il donne des indications au directeur concernant l’exécution des tâches de ce dernier,

il émet un avis à l’intention du conseil d’administration sur le candidat à nommer directeur,

il approuve le programme de travail de l’Agence.

Contrôle externe

Cour des comptes.

Autorité de décharge

Parlement, sur recommandation du Conseil.

Moyens mis à la disposition de l’Agence en 2011

Budget définitif

4,8 millions d’euros

Effectifs au 31 décembre 2011

Emplois autorisés: 40

Emplois pourvus: 39

Autres emplois: 12

Total: 39 agents, dont affectés à des tâches

opérationnelles: 28

administratives et d’appui: 11

Produits et services fournis en 2011

Cinq orientations-cadres (dans le domaine de l’électricité: orientation-cadre concernant les raccordements au réseau, orientation-cadre concernant l’attribution des capacités et la gestion de la congestion, ainsi qu’orientation-cadre concernant la gestion du réseau; dans le domaine du gaz: orientation-cadre concernant les mécanismes d’attribution des capacités pour le réseau européen de transport de gaz, ainsi qu’orientation-cadre concernant l’équilibrage des réseaux de transport de gaz). Organisation de consultations publiques requises en vertu de l’article 10 du règlement (CE) no 713/2009, y compris des ateliers.

Avis sur les statuts, la liste des membres et le règlement intérieur du REGRT-E et du REGRT-G.

L’avis sur le plan décennal de développement du REGRT-G dans l’ensemble de l’UE a été adopté.

L’avis sur le programme de travail 2012 du REGRT-E a été adopté.

Exigences en matière de données et indicateurs pour la surveillance visée à l’article 11 du règlement (CE) no 713/2009; ouverture officielle (le 3 mars 2011) et développement du site Web de l’Agence.

Mise en place de deux groupes de travail de l’Agence (sur l’électricité et le gaz), et adoption des règles relatives à leur fonctionnement.

L’Agence a repris le rôle, auparavant attribué à l’ERGEG, de coordination des activités réalisées au moyen des initiatives régionales.

L’Agence a acquis de nouvelles compétences en vertu du règlement concernant l’intégrité et la transparence du marché de l’énergie, qui est entré en vigueur le 28 décembre 2011. Séminaire organisé le 28 novembre 2011.

L’Agence a publié le 20 décembre 2011 une orientation sur l’application des définitions énumérées à l’article 2 du règlement REMIT. Mise en place d’une plateforme Web pour recevoir les notifications, effectuées par des acteurs du marché et par des personnes organisant des transactions à titre professionnel, concernant, respectivement, la publication tardive d’informations privilégiées et des infractions soupçonnées aux interdictions d’abus de marché.

Source: Informations transmises par l’Agence.


RÉPONSES DE L’AGENCE

13.

Au cours de sa première année d’activité, l’ACER a dû recruter la majeure partie de son personnel, ce qui constituait un véritable défi. En conséquence, les postes vacants ont été pourvus tardivement, ce qui a eu un impact significatif sur le taux d’exécution budgétaire de l’Agence. Ce facteur a également influé sur l’estimation des besoins en termes de passation de marchés et a donné lieu à une concentration des procédures de passation de marchés à la fin de l’exercice, ce qui s’est traduit par un taux élevé de reports de crédits nécessaires pour exécuter les engagements juridiques et budgétaires qui avaient été contractés. La plupart des postes de l’Agence étant pourvus depuis le début de l'année 2012, l’ACER est désormais mieux à même d’accomplir les tâches qui lui ont été confiées et d’exécuter le budget y afférent.

14.

L’ACER marque son accord avec les observations de la Cour et a déjà mis en œuvre des mesures correctives.

15.

L’ACER marque son accord avec l’observation préliminaire et a déjà cessé de verser des indemnités aux experts nationaux détachés slovènes.