COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Vers un cadre de qualité pour les stages Deuxième phase de consultation des partenaires sociaux au niveau européen au titre de l’article 154 TFUE /* COM/2012/0728 final */
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN,
AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Vers un cadre de qualité pour les stages Deuxième phase de consultation des partenaires sociaux
au niveau européen
au titre de l’article 154 TFUE 1. Introduction La présente communication a pour
objectif de consulter les partenaires sociaux au niveau de l’UE, conformément à
l’article 154, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de
l’Union européenne (TFUE), sur le contenu d’une proposition de la Commission
relative à l’établissement d’un cadre européen de qualité pour les stages,
d’une part, et leur souhait éventuel d’entrer en négociations, ainsi que le
prévoit l’article 154, paragraphe 4, TFUE, d’autre part. Dans sa communication intitulée Vers
une reprise génératrice d’emplois[1]
du 18 avril 2012 (paquet «emploi»), la Commission a annoncé qu’elle
présenterait une recommandation du Conseil concernant un cadre de qualité pour
les stages d’ici fin 2012. Parallèlement, une consultation publique a été
lancée[2]
dans le but de connaître l’avis des différentes parties prenantes sur la
nécessité d’une telle initiative, sa portée, sa forme et son contenu éventuel.
La consultation publique a recueilli plus de 250 réponses, dont 29 émanant
d’autorités nationales et régionales (ministères et agences), 8 de
syndicats, 40 d’organisations patronales et de représentants des
entreprises, 14 d’organisations (fédérations) de jeunesse,
33 d’établissements d’enseignement, 11 d’autres organisations et
117 de particuliers. L’importance des
stages pour une transition en douceur du monde de l’éducation à celui du
travail et la nécessité de stages de qualité ont fait l’objet d’un large
consensus. Les syndicats, la communauté des
ONG, la plupart des établissements d’enseignement, les particuliers et
plusieurs instances nationales se sont prononcés en faveur d’un cadre de
qualité pour les stages. Dans leur réponse à la consultation
publique, les partenaires sociaux européens ont demandé à être consultés officiellement
sur les orientations possibles d’une action, conformément à la procédure prévue
aux articles 154 et 155 TFUE. Ces articles prévoient que la
Commission consulte les partenaires sociaux avant de soumettre des propositions
en matière de politique sociale. La Commission a accepté la demande
des partenaires sociaux et a insisté sur le fait qu’ils peuvent jouer un rôle
essentiel dans la création et la mise en œuvre d’un cadre de qualité pour les
stages. Le 11 septembre 2012, lors d’une première phase de consultation,
les partenaires sociaux européens ont été invités à exprimer leur avis sur les
orientations possibles de l’action de l’UE. Compte tenu des réponses reçues, la
Commission lance maintenant une deuxième phase de consultation sur le contenu
de la proposition[3]. La présente communication rassemble
les principaux résultats de la première phase de consultation et fournit des
données récentes sur des problèmes de qualité concernant des stages. Elle
présente ensuite différentes options possibles concernant l’action à l’échelle
de l’UE. Afin d’aider les partenaires sociaux à préparer leur réponse à cette
consultation, elle est assortie d’un document analytique fournissant des
informations générales et une analyse (par exemple, une définition des différents
types de stages, leurs avantages et leur coût, l’avis des parties prenantes,
une définition des problèmes et les objectifs stratégiques)[4]. On entend par «stage» une période
de travail d’une durée limitée que des étudiants ou des jeunes venant de terminer
leurs études passent dans une entreprise, un organisme public ou une
organisation sans but lucratif en vue d’acquérir une précieuse expérience
professionnelle sur le terrain avant d’occuper un emploi régulier. Il existe cinq types principaux de stages, qui se
recoupent en partie: les stages effectués au
cours des études, les stages s’inscrivant dans
la formation professionnelle obligatoire (par exemple, en droit, en médecine,
dans l’enseignement, l’architecture, la comptabilité, etc.), les stages relevant des politiques actives de
l’emploi, les stages sur le marché libre et les stages transnationaux. En ce qui
concerne le champ d’application de l’initiative, et bien qu’il appartienne aux
partenaires sociaux d’en décider, celle-ci pourrait cibler les stages sur le
marché libre, qui constituent le segment le plus problématique. Cependant, il existe d’autres possibilités: le champ d’application des mesures pourrait être
élargi ou au contraire restreint pour ne concerner que les stages à l’étranger
ou les stages dépassant une certaine durée. Une
autre question est de savoir si des spécificités sectorielles justifieraient
l’adaptation ou la limitation des mesures à certains secteurs. 2. Première phase de consultation des partenaires sociaux Les partenaires sociaux européens
s’accordent largement à reconnaître l’importance des stages pour une transition
en douceur du monde de l’éducation à celui du travail, en particulier dans un
contexte de crise. En 2010, les partenaires sociaux intersectoriels avaient convenu
de «promouvoir des contrats d’apprentissage et de stage plus nombreux et de
meilleure qualité» comme action principale au titre de l’Accord-cadre
européen sur les marchés du travail inclusifs. Tous les interrogés
reconnaissent que les partenaires sociaux jouent un rôle important pour
favoriser l’offre de stages et invitent instamment la
Commission à apporter une aide financière pour augmenter le nombre de stages, y
compris en lançant des programmes de grande envergure à l’échelle de l’UE. Toutefois,
la première phase de consultation fait apparaître des avis divergents en ce qui
concerne la nécessité d’une initiative européenne, le champ d’application d’une
telle initiative, la forme qu’elle devrait prendre et les principaux critères
de qualité qu’elle pourrait couvrir. Les syndicats
estiment qu’une action de l’UE en matière de stages est «absolument
nécessaire». La CES[5]
est très préoccupée par le grand nombre de jeunes qui enchaînent les stages,
parfois pendant plusieurs années. Très
souvent, ces jeunes n’ont pas de statut clairement défini, ne bénéficient
d’aucune protection sociale et gagnent bien moins que le salaire minimum. En d’autres termes, ils fournissent un service
équivalent à celui d’un salarié mais ne bénéficient d’aucun avantage
comparable. La CES insiste par conséquent sur
le fait que pour résoudre ces problèmes, un cadre de qualité devrait être prévu
dans la législation ou par un accord collectif. La
CES approuve l’analyse et la définition des critères de qualité dans le
document de consultation soumis par la Commission (contrat de stage, objectifs
et contenu clairement définis, durée limitée, rémunération et protection
sociale adéquates, etc.) et insiste sur le fait que les partenaires
sociaux doivent jouer un rôle actif dans ce processus à chaque étape et à tous
les niveaux. La CES souligne également la
nécessité de surveiller le respect du futur cadre de qualité. Les organisations
patronales se montrent plus sceptiques et insistent sur la nécessité
d’établir une distinction claire entre les stages et l’apprentissage. BusinessEurope s’interroge sur la réelle nécessité
d’une initiative à l’échelon de l’UE. Les
organisations patronales reconnaissent que certains stages peuvent poser des
problèmes de qualité, mais estiment que la réponse à ces préoccupations devrait
être apportée à l’échelle nationale ou régionale. D’après
elles, l’UE ne possède pas les compétences suffisantes, notamment pour ce qui
est de la rémunération. BusinessEurope
estime que les questions de rémunération et de protection sociale ne sont pas
du ressort de l’UE et qu’en tout état de cause, il serait difficile pour les
petites entreprises d’appliquer des mesures de ce type.
Bien qu’il soit reconnu que les stages offrent d’importants avantages
aux PME (notamment la possibilité de repérer d’éventuels futurs employés, de
recruter et de garder des travailleurs hautement qualifiés et d’améliorer
l’image de l’entreprise pour un coût relativement faible), l’UEAPME[6]
souligne que les petites entreprises rencontrent des difficultés particulières
à offrir des stages, en raison de coûts relativement élevés. Le CEEP[7]
est favorable à un cadre de qualité à l’échelle de l’UE, sous la forme d’un
ensemble de principes généraux. BusinessEurope
et l’UEAPME estiment que le cadre devrait être suffisamment souple pour tenir
compte de la diversité des systèmes et des pratiques dans les États membres. Des inquiétudes sont émises quant au fait que les
régimes de stage pourraient pâtir de procédures légales ou administratives trop
lourdes, susceptibles de dissuader des entreprises de prendre des stagiaires,
privant ainsi des jeunes d’une expérience professionnelle précieuse. D’une manière
générale, les partenaires sociaux s’accordent sur le fait que la plupart des
problèmes signalés concernent des stages sur le marché libre et plusieurs
organisations (dont de nombreuses organisations patronales, mais non leur
totalité) proposent de restreindre le cadre aux stages sur le marché libre. À la réunion
du comité du dialogue social du 23 octobre 2012, BusinessEurope, le CEEP
et l’UEAPME ont fait savoir que les employeurs européens étaient prêts à
engager des discussions sur les stages dans le contexte des négociations
autonomes des partenaires sociaux de l’UE sur un cadre d’action pour l’emploi
des jeunes. La CES a expliqué que bien qu’elle
ait résolument à cœur de prendre part aux négociations des partenaires sociaux
de l’UE sur le cadre d’action et qu’elle salue l’initiative de la Commission
pour l’élaboration d’un cadre de qualité pour les stages, elle considérait que
les discussions menées au titre du cadre d’action ne constituaient pas, à ce
stade, le contexte approprié pour des négociations sur les stages en vertu de
l’article 154 TFUE. Les deux parties ont
précisé que les positions qu’elles ont exprimées au stade de la première
consultation ne préjugeaient pas de leurs positions lors d’une (éventuelle)
seconde consultation. 3. Problèmes liés aux stages Bien que les
stages présentent un certain nombre d’avantages pour les stagiaires mais aussi
pour les employeurs et la société en général, toutes les institutions
européennes ont fait part de préoccupations quant à l’efficacité, à la
disponibilité et à la qualité des stages. En
2010, le Parlement européen a adopté une résolution qui réclamait
spécifiquement des stages de meilleure qualité et offrant des garanties, ainsi
que la mise en place d’une charte de qualité européenne établissant des normes
minimales pour les stages afin de garantir leur valeur pédagogique et
d’empêcher l’exploitation[8]. En avril 2012, la Commission européenne a
annoncé, dans le paquet «emploi»[9],
qu’elle entendait déposer une proposition relative à un cadre de qualité pour
les stages d’ici fin 2012. En juin 2012,
le Conseil européen a conclu qu’il était «essentiel de s’attaquer au chômage
des jeunes, en particulier au travers des initiatives de la Commission
relatives aux garanties pour la jeunesse et au cadre de qualité pour les
stages»[10]. La haute
importance accordée à cette question par les responsables politiques est due au
fait qu’une grande partie des stages est marquée par des problèmes tels qu’un
contenu pédagogique insuffisant, des indemnités inexistantes ou trop faibles,
des conditions peu satisfaisantes en ce qui concerne les aspects autres que la
rémunération/les indemnités (de mauvaises conditions de travail, par exemple).
Il existe également des problèmes liés à la faible mobilité des stagiaires à
l’intérieur de l’UE[11]. Dans tous les
États membres, le taux de chômage des jeunes est bien supérieur à celui du
reste de la population en âge de travailler – deux fois plus élevé en
moyenne. Cette situation s’explique par plusieurs raisons, et en particulier
par le manque d’expérience professionnelle des nouveaux arrivants sur le marché
du travail. Cela souligne l’importance des stages pour une transition en
douceur du monde de l’éducation à celui du travail et, in fine, pour la
réduction du chômage des jeunes. Un cadre de qualité efficace devrait fournir
des lignes directrices visant à aider les employeurs à proposer plus de stages
qui bénéficieraient à la fois à leur entreprise et aux stagiaires en leur
offrant un tremplin pour accéder au marché du travail. D’autre part,
des stages de mauvaise qualité, qui n’améliorent pas la possibilité pour les
stagiaires de trouver un emploi, n’offrent pas un niveau de protection minimal
et servent à remplacer à moindre coût des postes existants, peuvent dissuader
les jeunes d’investir dans un stage et fausser la situation sur le marché du
travail. Dans un certain nombre d’États membres, un contrat de stage stipulant
les droits et les obligations des parties n’est pas obligatoire. Par
conséquent, certains stagiaires (25 % d’après une enquête menée en 2011
par le Forum européen de la jeunesse) ne sont pas liés à l’organisation qui les
accueille par un contrat écrit. En ce qui concerne l’indemnisation
et la rémunération, fournir une formation de qualité représente certes un coût
pour l’employeur. La rémunération constitue néanmoins un critère de qualité
important. L’absence d’indemnisation pour nombre de stages soulève la question
de l’égalité d’accès, car elle risque d’exclure de fait les personnes issues de
milieux défavorisés de ces stages. L’augmentation des stages
successifs, c’est-à-dire le fait qu’un jeune doive parfois enchaîner plusieurs
stages avant d’entrer sur le marché du travail, constitue un autre problème.
D’après l’enquête du Forum européen de la jeunesse, 37 % des personnes
interrogées ont effectué au moins trois stages. Une rémunération faible ou
inexistante combinée à l’augmentation des stages successifs peut également
faire craindre que les employeurs utilisent les stages comme une forme d’emploi
non rémunéré. Actuellement, relativement peu de
jeunes effectuent un stage à l’étranger. Or, une enquête Eurobaromètre
de 2011 a montré qu’en Europe, 53 % des jeunes sont disposés à travailler
dans un autre État membre de l’UE ou aimeraient le faire[12]. Les principaux obstacles à la
mobilité transnationale recensés sont liés à l’insuffisance d’informations
transparentes et facilement accessibles sur les conditions légales et
administratives d’une telle mobilité, ainsi qu’à la difficulté de trouver des
organisations d’accueil dont les besoins sont en adéquation avec le profil du
stagiaire. En effet, le manque d’informations sur la qualité des stages est plus
important pour les stages transnationaux. L’étude sur les stages a mis
en lumière des différences importantes concernant le marché du travail et la
réglementation en matière de stages d’un État membre à un autre. Étant donné
que les stagiaires étrangers connaissent mal les conditions locales, il leur
est plus difficile de comprendre et de faire respecter leurs droits. Le décalage entre l’intérêt que
montrent les jeunes pour partir travailler à l’étranger et la faible proportion
des stages réellement effectués dans un autre pays laisse à penser qu’une
méconnaissance des conditions de travail à l’étranger pourrait constituer un
frein important. Si un jeune ignore ce à quoi il peut s’attendre en ce qui
concerne les conditions de travail, l’aspect pédagogique, la protection
sociale, la rémunération, etc., dans le cadre d’un stage à l’étranger, il
sera moins disposé à s’engager. Cela signifie pour le stagiaire (et futur
travailleur) une opportunité manquée d’acquérir de nouvelles compétences et une
expérience et constitue une entrave à la mobilité à l’intérieur de l’UE. 4. Nécessité d’une action de l’UE en matière de stages Compte tenu de la situation des
jeunes sur le marché du travail de l’UE et des problèmes décrits ci-dessus, il
est urgent d’améliorer la qualité des stages en mobilisant les partenaires
sociaux et en fournissant des orientations aux États membres. Il est nécessaire
de remédier aux taux élevés de chômage des jeunes et d’améliorer l’adéquation
entre l’offre et la demande sur le marché du travail européen en facilitant la
transition du monde de l’éducation à celui du travail et en levant les
obstacles à la mobilité. La présente communication est adoptée dans le cadre du
paquet «emploi des jeunes», qui inclut des initiatives sur une Garantie pour la
jeunesse, la mobilité et l’apprentissage[13]. Au cours du semestre
européen 2012, vingt-deux États membres ont reçu des recommandations par
pays spécifiquement destinées à améliorer la situation des jeunes sur le marché
du travail[14].
Des stages de qualité aident à améliorer l’employabilité des jeunes et
constituent des tremplins vers un emploi véritable. L’action de l’UE aidera les États
membres à appliquer la ligne directrice pour l’emploi n° 8 de la stratégie
Europe 2020, en particulier par la mise en place de dispositifs destinés à
aider les jeunes diplômés à trouver un premier emploi ou à suivre un programme
d’enseignement ou de formation complémentaire. De
plus, l’établissement de normes de qualité internationalement reconnues peut
être plus rapide si des institutions supranationales jouent un rôle de
coordination et de soutien. L’UE est la mieux
placée pour cela, car la tendance à l’élaboration spontanée de normes de
qualité internationales semble faible ou inexistante.
Une solution à l’échelle de l’UE présenterait également des avantages
manifestes en ce qui concerne la mobilité des stagiaires à l’intérieur de l’UE
et contribuerait à un marché du travail européen plus intégré. La promotion de la mobilité géographique des
stagiaires à l’intérieur de l’UE aidera à réduire le chômage structurel
puisqu’il existe une forte inadéquation des compétences et un déséquilibre
prononcé entre l’offre et la demande sur le marché du travail européen. Le
développement des stages à l’étranger constitue un moyen essentiel d’y
parvenir. Les jeunes qui envisagent d’effectuer un stage dans un autre État
membre de l’UE devraient disposer d’éléments de référence clairs pour pouvoir
vérifier les critères de qualité et pour éviter qu’une méconnaissance des
formalités administratives, des questions d’ordre juridique ou des obligations
contractuelles ne les décourage. Une approche à
l’échelon de l’UE est également une condition nécessaire, d’un point de vue
opérationnel, à l’extension d’EURES à l’apprentissage et aux stages, ainsi que
l’a demandé le Conseil européen de juin 2012[15]. 5. Voies possibles d’une action de l’UE La Commission a recensé des voies
possibles pour une action de l’UE, sur lesquelles elle souhaite demander l’avis
des partenaires sociaux de même que sur la possibilité que ceux-ci entament des
négociations. Toutes les voies possibles d’une
action de l’UE – qui peuvent être combinées entre elles – sont
détaillées dans le document analytique ci-joint. Pour
l’instant, les partenaires sociaux de l’UE ont exprimé, lors de la
première phase de consultation, des avis divergents sur le contenu et la forme
d’une telle initiative. 5.1. Cadre de qualité pour les stages Dans le paquet
«emploi» d’avril 2012[16],
la Commission a annoncé une proposition relative à un cadre de qualité pour les
stages. En ce qui concerne le choix des
critères de qualité à adopter, la Commission a dégagé un certain nombre de
principes qui caractérisent les stages de qualité, à partir de l’étude sur les
stages ainsi que des réponses reçues dans le cadre de la consultation ouverte
et de la première phase de consultation. Bien
que ces principes semblent avoir une validité générale, ils pourraient être
adaptés en fonction du type d’activité et de secteur et suivant la taille de
l’organisation d’accueil. La contrainte que suppose
le respect de tels principes pour les PME devrait être prise en compte, car il peut être plus difficile pour les petites
entreprises, et notamment les micro-entreprises, de fournir aux
stagiaires le même niveau d’encadrement (ou un autre suivi) que les
organisations de plus grande taille. De plus,
le niveau de protection accordé aux stagiaires ne devrait pas être supérieur à
celui dont bénéficient les salariés. Il convient
d’envisager d’inclure les éléments suivants dans le cadre: –
Convention de stage: Le point de départ pour un cadre de qualité
est l’établissement d’une convention de stage. Un stage de qualité devrait
donner lieu à un accord écrit entre le stagiaire et l’organisation d’accueil
(éventuellement l’organisme de formation), couvrant des aspects tels que les
objectifs professionnels et pédagogiques, la durée, le temps de travail
journalier/hebdomadaire et, s’il y a lieu, la sécurité sociale et la
rémunération/les indemnités. –
Transparence des informations: Droits et obligations du stagiaire,
de l’employeur et, le cas échéant, de l’établissement d’enseignement. Des
informations actualisées sur les dispositions légales et autres applicables au
niveau européen et national devraient être facilement accessibles, dans un
format permettant une comparaison, à toutes les parties participant à
l’organisation de stages ou effectuant des stages. La difficulté d’accès à des
informations complètes et fiables sur ces dispositions dans tous les États
membres est l’un des obstacles majeurs à l’organisation de stages
transnationaux. –
Objectifs et contenu: Les stages devraient permettre aux
stagiaires d’acquérir sur le terrain des compétences complémentaires des études
théoriques suivies. L’objectif principal des stages est d’améliorer la capacité
d’insertion professionnelle des jeunes et de faciliter leur évolution
professionnelle. Pour augmenter la capacité d’insertion professionnelle du
stagiaire, il est important d’avoir des objectifs précis et un contenu
pédagogique de qualité. –
Orientation et reconnaissance: Afin de garantir le contenu
pédagogique, il conviendrait d’assigner à chaque stagiaire un maître de stage
ou un parrain dans l’organisation d’accueil. Un maître de stage devrait guider
le stagiaire dans l’exécution des tâches assignées, suivre les progrès
accomplis et expliquer les méthodes de travail et les techniques générales. Il
devrait évaluer le travail du stagiaire à l’issue du stage, par exemple sous la
forme d’une lettre de recommandation. Une évaluation finale contenant des
indications sur la durée, le contenu pédagogique, les tâches effectuées, les
connaissances, aptitudes et compétences acquises ainsi qu’une appréciation des
prestations du stagiaire devrait garantir la reconnaissance appropriée du
stage. –
Durée: Les stages sur le marché libre ne devraient normalement
pas dépasser une période déterminée, par exemple de six mois, pour garantir que
les stages ne remplacent pas des emplois réguliers. Les formations
professionnelles obligatoires après l’obtention du diplôme (par exemple, pour les
médecins, les avocats et les enseignants) ne devraient pas être concernées, car
ces stages sont généralement très réglementés. Il en va de même pour les
«programmes de stages» internes à une entreprise destinés au recrutement à des
niveaux d’encadrement supérieurs, qui visent à préparer les stagiaires à une
carrière de haut niveau dans l’entreprise. –
Stages successifs: Une limitation des stages successifs pour un
même employeur devrait être prévue, par exemple grâce à des règles restreignant
la possibilité d’établir une nouvelle convention de stage entre les mêmes
parties pendant une certaine période (12 mois par exemple) après
l’expiration de la convention de stage précédente. –
Dispositions en matière de sécurité sociale: L’étendue de la
protection sociale dont bénéficie le stagiaire devrait être précisée avec
l’organisation d’accueil. Cela comprend l’assurance-maladie et une assurance
couvrant les accidents sur le lieu de travail. Si le stagiaire n’est pas
étudiant[17],
l’organisation d’accueil et celui-ci doivent respecter les obligations en
matière d’assurance énoncées dans le droit du travail du pays concerné. Les
dispositions contractuelles pourraient également prévoir la possibilité que
l’assurance soit payée par l’organisation d’accueil ou le stagiaire. –
Rémunération/indemnisation des frais: Si le bénéfice est mutuel
pour l’organisation d’accueil et le stagiaire compte tenu du transfert de
connaissances et du savoir-faire acquis, un stage non rémunéré peut se
justifier. Une ligne directrice en matière de rémunération et d’indemnisation
devrait donc indiquer que la convention de stage écrite doit spécifier
clairement les indemnités ou la rémunération prévues, le cas échéant, et
mentionner l’importance que peut avoir une rémunération ou une indemnisation des
frais pour garantir l’accès à des stages de qualité et, in fine, à certaines
professions, pour les (jeunes) personnes issues de milieux défavorisés. –
Approche de partenariat: Pour augmenter le nombre de stages de
qualité, les employeurs et les organisations d’accueil devraient renforcer leur
coopération avec les services publics de l’emploi (y compris grâce au réseau
EURES), d’autres autorités publiques, les établissements d’enseignement et de
formation et d’autres employeurs afin de tirer un meilleur parti des synergies,
de réduire les coûts, de partager les pratiques exemplaires, de mieux répondre
à la demande des stagiaires potentiels, etc. Un tel cadre
de qualité pourrait se limiter aux stages sur le marché libre et prendre la
forme d’une recommandation (basée sur les articles 292 et 153 TFUE),
comme annoncé dans le paquet «emploi». 5.2. Label de qualité pour les stages Une autre
possibilité consisterait à décerner un label de qualité aux organisations
d’accueil, aux établissements d’enseignement, aux services de l’emploi et/ou
aux autres acteurs concernés qui respectent le cadre de qualité ou une série
plus restreinte de principes de qualité. La
création d’un label de qualité pour des secteurs spécifiques pourrait également
être envisagée. Plusieurs
solutions sont possibles. Afin de limiter au
maximum les coûts de mise en conformité, le label de qualité pourrait être
décerné aux organisations qui se seront engagées à observer les principes de
qualité sans qu’une inspection ou une sélection préalable soit nécessaire, en
partant du principe que des plaintes dûment justifiées pourraient entraîner le
retrait du label. Le label pourrait ainsi être
géré par un petit organisme externe ou une organisation concernée. La création d’un label de qualité constituerait une
solution de nature non réglementaire aux problèmes de qualité. Cependant, elle présente le risque que seules
quelques organisations demandent le label, notamment en raison du fait
qu’actuellement, la demande de stages est supérieure à l’offre. De plus, il est probable que bon nombre des
établissements qui demanderaient le label offriraient déjà des stages de
qualité et le problème ne serait donc pas entièrement résolu. 5.3. Création d’un site web d’information Une autre
possibilité consisterait à créer un site web qui contiendrait un observatoire
des stages (avec des informations régulièrement mises à jour sur les conditions
de stage et le cadre légal dans chaque État membre – éventuellement sur le
portail EURES). Un site web bien conçu et
convivial permettrait d’accéder plus facilement aux informations relatives aux
législations nationales en matière de stages et aux différents types de stages
existant dans les États membres. Cela
permettrait de réduire les coûts de recherche pour les stagiaires et pourrait
contribuer à améliorer l’adéquation entre l’offre et la demande et à inciter
davantage de candidats à effectuer un stage à l’étranger. Toutefois, l’incidence sur la qualité des stages
pourrait être limitée. Le site web permettrait de répondre au manque d’informations générales sur les normes, mais il ne
pourrait pas fournir systématiquement des informations sur la qualité de chaque
stage proposé. À cet égard, la seule possibilité serait un module dans lequel
les stagiaires ou anciens stagiaires pourraient laisser un commentaire
personnel sur un stage en particulier. 5.4. Incidence des différentes options Toutes les
possibilités concernant l’action de l’UE auront une incidence, comme indiqué
dans le document analytique ci-joint. La
Commission aimerait connaître l’avis des partenaires sociaux sur l’incidence
des différentes options proposées. 6. Prochaines étapes Un cadre de qualité pourrait jouer
un rôle essentiel dans l’amélioration de la qualité des stages dans l’UE. Il
inciterait les organisations d’accueil à proposer davantage de stages avec un
contenu pédagogique de qualité et des conditions de travail correctes et
constituerait un véritable tremplin facilitant l’entrée sur le marché du
travail. La Commission tiendra compte des
résultats de la présente consultation dans ses prochains travaux visant à
améliorer la qualité des stages. Elle pourrait notamment suspendre ces travaux
si les partenaires sociaux décidaient de négocier entre eux sur des sujets
ayant un champ d’application suffisamment large. Dans le cas contraire, elle
poursuivra la procédure en vue de l’adoption d’une initiative européenne
relative à un cadre de qualité pour les stages, appuyée par une analyse
d’impact. 7. QUESTIONS AUX PARTENAIRES SOCIAUX La Commission sollicite l’avis des partenaires sociaux sur
les questions suivantes et sur la manière dont ils évaluent l’impact de la
solution qui a leur préférence: 1. Pensez-vous que l’option présentée à la
section 5.1: –
pourrait constituer un cadre acceptable pour répondre aux préoccupations
que vous avez exprimées dans vos réponses à la première phase de consultation? –
devrait se limiter aux stages sur le marché libre ou s’appliquer à tous
les types de stages? 2. Que pensez-vous des autres options
présentées aux sections 5.2 et 5.3? 3. Les partenaires sociaux de l’UE sont-ils
disposés, au niveau interprofessionnel ou sectoriel, à entrer en négociations
sur la base des éléments fournis à la section 5.1 de la présente
communication, dans le but de parvenir à un accord sur un cadre de qualité pour
les stages conformément à l’article 155 TFUE? [1] COM(2012) 173
final. [2] SWD(2012) 99
final. [3] Cette
procédure peut aboutir aux résultats suivants: les partenaires sociaux peuvent
engager des négociations et arriver à un accord autonome ou demander à la Commission
de présenter une proposition législative fondée sur leur accord. Si les
partenaires sociaux ne parviennent pas à un accord ou décident de ne pas
négocier, la Commission doit évaluer la situation et décider si elle présente
ou non sa propre proposition. [4] SWD(2012)
407 du 5 décembre 2012. [5] Confédération
européenne des syndicats. [6] Union
européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises. [7] Centre
européen de l’entreprise publique. [8] PE
2009/2221(INI) du 14.6.2010. [9] COM(2012)
173 du 18.4.2012. [10] EUCO
76/12, 28-29 juin 2012. [11] Commission
européenne (2012): étude portant sur une vue d’ensemble des dispositions en
matière de stages dans les États membres (ci-après l’«étude sur les stages»). [12] L’expérience
acquise dans le cadre des programmes Erasmus et Leonardo da Vinci montre que
nombre d’étudiants aimeraient effectuer un stage à l’étranger, car la demande
émanant de stagiaires potentiels est largement supérieure au budget disponible. [13] COM(2012)
727 du 5 décembre 2012. [14] Un
aperçu détaillé des recommandations spécifiques pour les jeunes est fourni à
l’annexe II du document SWD(2012) 406 du 5 décembre 2012. [15] EUCO
76/12, 28 et 29 juin 2012. [16] COM(2012)
173 du 18.4.2012. [17] Dans
la plupart des États membres, les étudiants bénéficient d’une protection
sociale octroyée par l’État ou par leur établissement d’enseignement,
c’est-à-dire qu’ils bénéficient d’une assurance-maladie et sont assurés contre
les accidents lorsqu’ils effectuent un stage au cours de leurs études.