RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL sur la base des rapports des États membres concernant la suite donnée à la recommandation du Conseil relative à la sécurité des patients, y compris la prévention des infections associées aux soins et la lutte contre celles-ci (2009/C 151/01) /* COM/2012/0658 final */
TABLE DES MATIÈRES 1........... Introduction.................................................................................................................... 3 2........... Résumé des principales actions entreprises à
l’échelon des États membres....................... 4 2.1........ Sécurité générale des patients.......................................................................................... 4 2.1.1..... Élaboration de politiques et programmes nationaux
de sécurité des patients...................... 4 2.1.2..... Informations concernant les événements indésirables........................................................ 5 2.1.3..... Autonomisation des patients............................................................................................ 5 2.1.4..... Éducation et formation du personnel de santé en
matière de sécurité des patients.............. 6 2.1.5..... Activités transfrontalières dans le domaine de la
sécurité des patients................................ 6 2.1.6..... Travaux de recherche..................................................................................................... 6 2.1.7..... Actions réalisées par le plus grand nombre et
actions réalisées par le plus petit nombre..... 7 2.2........ Infections associées aux soins.......................................................................................... 8 2.2.1..... Adoption et exécution d’une stratégie de prévention
des infections associées aux soins (IAS) et de lutte contre celles-ci.......................................................................................................................... 8 2.2.2..... Mise en place d’un mécanisme intersectoriel ou d’un
système équivalent........................ 10 3........... Principales actions entreprises à l’échelon de
l’Union européenne................................... 11 3.1........ Sécurité générale des patients........................................................................................ 11 3.2........ Infections associées aux soins........................................................................................ 12 4........... Contexte socio-économique.......................................................................................... 13 5........... Conclusions.................................................................................................................. 14 1. Introduction En juin 2009, le Conseil a adopté une recommandation
relative à la sécurité des patients, y compris la prévention des infections
associées aux soins et la lutte contre celles-ci (2009/C 151/01), dénommée ci-après
la «recommandation». La recommandation comporte deux chapitres. Dans le premier
chapitre, qui concerne la sécurité des patients en général, les États membres
sont invités à prendre toute une série de mesures en vue de réduire autant que
possible les préjudices subis par les patients lorsqu’ils se voient prodiguer
des soins. Parmi ces mesures figurent la mise au point de politiques nationales
de sécurité des patients, l’autonomisation et l’information des patients, la
mise en place de systèmes de signalement des événements indésirables capables
de tirer des enseignements des défaillances, la promotion de l’éducation et de
la formation du personnel de santé, et le développement des travaux de recherche
en la matière. La recommandation invite les États membres à partager les
connaissances, l’expérience et les meilleures pratiques, et à classifier et
codifier la sécurité des patients au niveau de l’UE en œuvrant de concert les
uns avec les autres et avec la Commission. Dans le second
chapitre, qui concerne la prévention des infections associées aux soins (IAS)
et la lutte contre celles-ci, les États membres sont invités à adopter et à
exécuter, au niveau approprié, une stratégie de prévention des IAS et de lutte
contre celles-ci, et à envisager, aux fins de la coordination de l’exécution de
cette stratégie, la création d’un mécanisme intersectoriel ou d’un système
équivalent. Cette stratégie devrait comprendre des mesures de prévention des
infections et de lutte contre celles-ci à l’échelon national ou régional et à l’échelon
des établissements de soins, et prévoir des systèmes de surveillance, des
programmes d’éducation et de formation du personnel de santé, des mesures d’information
des patients et des travaux de recherche. La recommandation complète d’autres initiatives de l’UE. La directive 2011/24/UE
du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2011 relative à
l’application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers[1],
qui doit être transposée pour le mois d’octobre 2013, vise non seulement à
clarifier les droits des patients qui se font soigner dans un autre État membre
de l’UE, mais également à garantir que les soins dispensés sont sûrs et de qualité.
Elle prévoit donc plusieurs mesures ayant trait à la sécurité et à la qualité
des soins de santé: la collaboration des États membres en matière de normes et de
lignes directrices, la communication aux patients d’informations relatives aux
prestataires de soins de santé et aux normes de sécurité et de qualité
appliquées, et la possibilité de refus d’autorisation préalable s’il existe des
doutes concernant la qualité et la sûreté d’un prestataire de soins de santé
dans l’État membre de traitement. L’évaluation des normes de sécurité au titre de la directive
se fera sur la base de l’application des actions recommandées par la
recommandation (partage des connaissances, de l’expérience et des meilleures
pratiques, révision et mise à jour régulières, par les États membres, des
normes de sécurité des patients applicables aux soins de santé dispensés sur leur
territoire, communication aux patients d’informations relatives aux mesures de
sécurité visant à réduire ou à prévenir les préjudices et d’informations relatives
aux normes de sécurité des patients, adoption et exécution d’une stratégie de
prévention des infections associées aux soins et de lutte contre celles-ci, et création
d’un mécanisme intersectoriel ou d’un système équivalent aux fins de la
coordination de l’exécution de la stratégie, etc.). En outre, l’article 12 de la directive 2011/24/UE
vise à encourager la création de centres d’expertise et de réseaux européens de
référence. Dans un premier temps, il confère à la Commission le pouvoir de
définir, par voie d’actes délégués et d’actes d’exécution, les critères et
conditions que ces centres et réseaux doivent remplir. Les exigences et
critères en matière de sécurité des patients sont susceptibles d’être définis
dans ce contexte. Par ailleurs, en mettant en œuvre des initiatives ou
pratiques communes dans le domaine de la sécurité des patients, les centres de
soins de santé des futurs réseaux européens de référence aideront à définir des
pratiques exemplaires dans les procédures complexes. Enfin, le plan d’action quinquennal pour combattre les
menaces croissantes de la résistance aux antimicrobiens, adopté par la
Commission en novembre 2011, vise à la mise en place de méthodes efficaces pour
prévenir les infections microbiennes et la propagation des micro-organismes. Le
renforcement de la prévention des infections et de la lutte contre celles-ci
dans les établissements de soins (action n° 4 du plan) contribuera à la
réalisation de cet objectif. La recommandation invite la Commission à présenter au
Conseil un rapport de mise en œuvre, sur la base des informations communiquées
par les États membres. En avril 2011, les États membres ont été invités à rendre
compte à la Commission de la suite donnée à la recommandation, sur la base d’un
questionnaire type. La Commission a reçu des réponses de tous les États membres
et d’un pays de l’EEE (la Norvège[2]) sur une base volontaire;
cinq régions ont transmis des informations sur la sécurité générale des
patients et quinze régions, sur les IAS. En juillet 2012, quatorze États membres
ont transmis des informations actualisées sur la sécurité générale des
patients. Le présent rapport résume les principales actions entreprises
au niveau des États membres et de l’UE jusqu’en juin 2011 (jusqu’en juillet
2012 en ce qui concerne la sécurité générale des patients), et met en évidence les
points de la recommandation qui nécessitent davantage d’attention. Il est
accompagné d’un document de travail des services de la Commission, qui livre une
analyse technique plus détaillée des réponses reçues. Le présent rapport ne
traite que des réponses relatives à l’échelon national[3].
Le document de travail en question contient une analyse des réponses relatives
à l’échelon tant national que régional. Dans le présent rapport, le terme «pays»
désigne les États membres de l’UE et la Norvège. 2. Résumé
des principales actions entreprises à l’échelon des États membres 2.1. Sécurité
générale des patients 2.1.1. Élaboration
de politiques et programmes nationaux de sécurité des patients Tous les pays ont élaboré des politiques en matière de
sécurité des patients et/ou les ont érigées en priorité de leur politique de la
santé. Dix-neuf États membres ont officiellement créé une autorité compétente en
matière de sécurité des patients au niveau national ou régional au moyen d’un
acte juridique, et six autres États membres en ont désigné une sans acte
juridique. Les autorités compétentes ont essentiellement pour mission de recenser
et promouvoir les pratiques exemplaires, de recueillir des informations
concernant les programmes de sécurité des patients en place et d’élaborer des
lignes directrices relatives à la sécurité des patients. Quinze États membres
disposent de normes de sécurité des patients régulièrement mises à jour, et ces
normes revêtent un caractère obligatoire dans onze d’entre eux. Huit autres
pays ont adopté des mesures de sécurité des patients autres que des normes (des
lignes directrices cliniques fondées sur des données probantes, des procédures d’accréditation
et une évaluation de la culture en matière de sécurité des patients, etc.). En
revanche, cinq États membres ne rendent compte d’aucune norme de sécurité des
patients ni d’autres mesures. La grande majorité des pays (vingt-quatre)
conviennent que des lignes directrices sur la façon de concevoir et d’introduire
des normes de sécurité des patients leur seraient utiles. 2.1.2. Informations
concernant les événements indésirables La recommandation invite les États membres à établir des
systèmes de signalement des événements indésirables capables de tirer des
enseignements des défaillances. En juillet 2012, de tels systèmes étaient
pleinement opérationnels dans quinze États membres, et partiellement mis en
œuvre dans onze autres. Ces systèmes servent essentiellement à fournir des
informations sur les causes des événements indésirables et à en consigner le
nombre par catégorie. Dans dix-huit pays, ces systèmes sont distincts des
procédures disciplinaires afin que les signalements ne puissent donner lieu à
aucune sanction. Les professionnels de la santé et le reste du personnel de
santé sont encouragés à signaler les événements indésirables dans quasiment
tous les pays disposant de systèmes de signalement capables de tirer des
enseignements des défaillances. Dans les deux tiers des pays, le nombre de signalements
effectués par les professionnels de la santé a augmenté ces deux dernières
années. Dans treize des vingt-six États membres concernés, les systèmes
de signalement capables de tirer des enseignements des défaillances permettent
également aux patients et à leur famille d’effectuer des signalements.
Cependant, les informations concernant les taux de signalement ne sont
systématiquement recueillies que dans neuf États membres, dont cinq font état d’une
hausse du nombre de signalements effectués par les patients de 2009 à 2012. 2.1.3. Autonomisation
des patients La recommandation encourage les États membres à autonomiser
les patients en associant les organisations de patients et les patients eux-mêmes. Dans quatorze pays, les organisations de patients sont invitées
de manière formelle à participer à l’élaboration des politiques de sécurité des
patients. Dans six autres pays, ces organisations y participent, mais leur participation
n’est pas formelle. Il est recommandé aux États
membres de communiquer aux patients des informations relatives aux normes de
sécurité des patients, aux mesures de sécurité visant à réduire ou à prévenir
les erreurs, au droit de donner son consentement éclairé à un traitement, aux
procédures de réclamation et aux voies de recours et de dédommagement
disponibles. Dans tous les pays qui ont répondu, au moins l’une de ces
informations est communiquée aux patients (le droit de donner son consentement
éclairé), tandis que seuls cinq États membres leur fournissent toutes ces
informations. Les informations concernant les normes de sécurité des patients
sont les moins communiquées. D’autre part, plus de la moitié des États membres
signalent qu’une liste des établissements de soins agréés est mise à la
disposition des citoyens. Les informations sont essentiellement fournies aux
patients au moyen de sites web libres d’accès ou par les professionnels de la santé.
Vingt-trois pays disposent de moyens permettant de recueillir l’avis des
patients sur la disponibilité et l’exactitude des informations fournies,
notamment des questionnaires imprimés ou électroniques à remplir à la sortie des
établissements de soins, des enquêtes annuelles sur l’expérience des patients
et la possibilité de donner son avis sur un site web spécialisé. Seuls douze États membres s’emploient à doter les patients des
compétences de base en la matière et à les y sensibiliser. Il ressort des
rapports que cette notion est interprétée différemment d’un pays à l’autre.
Deux États membres ont mis au point un ensemble spécifique de compétences de
base à l’intention des patients, tandis que dix autres ont inscrit des éléments
connexes dans d’autres politiques de la santé. 2.1.4. Éducation
et formation du personnel de santé en matière de sécurité des patients Tous les pays sauf un déclarent
avoir favorisé l’éducation et la formation des professionnels de la santé en
matière de sécurité des patients ces deux dernières années. Cependant, seuls
quinze pays prévoient des modules de formation obligatoires sur la sécurité des
patients dans un ou plusieurs types d’études ou de formation. Ces modules sont
généralement proposés aux infirmiers et aux docteurs en médecine dans le cadre
de la formation professionnelle continue, de l’enseignement supérieur ou de la
formation en cours d’emploi. L’offre est plus réduite pour les gestionnaires du
secteur de la santé et le personnel de santé autre que les docteurs en
médecine, les infirmiers et les pharmaciens. Aucun pays ne prévoit de formation
sur la sécurité des patients dans tous les niveaux de formation pour tous les
groupes de professionnels, mais trois pays en prévoient pour les médecins, les
infirmiers et les pharmaciens. 2.1.5. Activités
transfrontalières dans le domaine de la sécurité des patients Outre les actions au niveau national, certains États membres
mentionnent des exemples d’activités transfrontalières. Trois États membres ont élaboré une stratégie
transfrontalière de sécurité des patients, en plus de la stratégie nationale.
Dans deux États membres, les systèmes de signalement capables de tirer des
enseignements des défaillances opèrent dans un contexte transfrontalier. Quinze
pays disposent de procédures spécifiques destinées à informer les patients non
résidents des normes de sécurité des patients et des autres mesures. Ils ne
donnent en revanche aucun détail supplémentaire sur ces procédures. 2.1.6. Travaux de recherche Dix États membres déclarent disposer d’un programme national
de recherche sur la sécurité des patients. Les travaux de recherche existants ont
pour thèmes la culture en matière de sécurité des patients, la réduction du
risque d’erreurs de médication, le renforcement des compétences des patients en
matière de sûreté des médications, les infections associées aux soins, la
prévention des chutes chez les personnes âgées, les répercussions de
l’absentéisme du personnel de santé sur la satisfaction des patients, l’influence
de la téléradiologie sur la prise en charge de patients au pronostic vital
engagé, les instruments d’appréciation des événements indésirables et la
fréquence des événements indésirables chez les patients hospitalisés. 2.1.7. Actions
réalisées par le plus grand nombre et actions réalisées par le plus petit
nombre Parmi les treize actions recommandées et analysées dans le
présent rapport[4], les trois actions
suivantes ont été entreprises par le plus grand nombre de pays: tous les pays
ont érigé la sécurité des patients en priorité de leur politique de santé
publique, vingt-cinq ont désigné une autorité compétente en matière de sécurité
des patients et vingt-quatre favorisent la formation à la sécurité des patients
dans les établissements de soins. Les actions entreprises par le plus petit nombre de pays
sont les suivantes: trois pays ont intégré la sécurité des patients dans
l’éducation et la formation des professionnels de la santé, cinq communiquent
aux patients des informations exhaustives sur la sécurité des patients, onze diffusent
des informations de base concernant la sécurité des patients auprès du
personnel de santé et douze s’emploient à doter les patients de compétences de
base dans le domaine de la sécurité des patients. Ci-après un récapitulatif du nombre d’actions recommandées auxquelles
les pays ont donné suite: Pays ayant entrepris les 13 actions || 0 pays Pays ayant entrepris entre 10 et 12 actions || 9 pays: CZ, DE, DK, ES, FR, IE, IT, NL et UK Pays ayant entrepris entre 6 et 9 actions || 14 pays: AT, BE, BG, EE, FI, LT, LU, MT, NO, PL, PT, SE, SI et SK Pays ayant entrepris entre 4 et 6 actions || 3 pays: CY, HU et LV Pays ayant entrepris entre 1 et 3 actions || 2 pays: EL et RO Dans l’analyse d’impact de 2008[5],
la Commission fournissait des informations sur les activités menées par les
États membres en matière de sécurité des patients (notamment sur l’existence et
la maturité de systèmes de signalement capables de tirer des enseignements des
défaillances, sur la création d’une autorité compétente en matière de sécurité
des patients, et sur la participation active des États membres à des
initiatives visant à étoffer et à utiliser les connaissances et les données
probantes concernant la sécurité des patients au niveau européen ou
international). Les principaux progrès accomplis depuis 2008 concernent les systèmes
de signalement capables de tirer des enseignements des défaillances: seize
systèmes ne revêtent aucun caractère punitif, contre quatre seulement en 2008,
et onze systèmes permettent aux patients de signaler des événements
indésirables, contre trois seulement en 2008. Cependant, en ce qui concerne d’autres
aspects, les progrès accomplis sont modestes (en matière d’évaluation des
systèmes de sécurité des patients existants, par exemple), voire inexistants.
Il convient d’observer que cette comparaison est sujette à des limites
méthodologiques et a une valeur purement indicative. 2.2. Infections
associées aux soins 2.2.1. Adoption
et exécution d’une stratégie de prévention des infections associées aux soins
(IAS) et de lutte contre celles-ci La recommandation invite les États membres à adopter et à
exécuter, au niveau approprié, une stratégie de prévention des IAS et de lutte
contre celles-ci. Dix-huit États membres considèrent que le niveau national ou
fédéral est celui qui convient pour une telle stratégie. En juin 2011, neuf de
ces États membres disposaient d’une stratégie nationale, six étaient en train d’en
élaborer une et trois ne disposaient d’aucune stratégie et n’avaient pas
entrepris d’en élaborer une. Neuf pays jugent les niveaux national et régional
appropriés. Tous ces pays disposent d’une stratégie nationale et de stratégies
régionales. Un État membre estime que le niveau régional est le niveau
approprié. La plupart des stratégies de prévention des IAS et de lutte contre
celles-ci sont liées aux stratégies relatives à l’utilisation prudente des
agents antimicrobiens en médecine humaine et/ou aux stratégies de sécurité des
patients. La recommandation prévoit que la stratégie de prévention des
IAS et de lutte contre celles-ci comporte les grands objectifs suivants: (a)
Application de mesures de prévention et de lutte à l’échelon
national ou régional pour contribuer à endiguer les infections associées aux
soins Vingt-deux pays ont adopté des lignes directrices relatives
à l’hygiène des mains, et dix-neuf d’entre eux se fondent sur les recommandations
de l’OMS. Trois États membres sont en train d’élaborer des lignes directrices
et un État membre prévoit des dispositions relatives à l’hygiène des mains dans
sa réglementation. Deux États membres ne disposent pas de lignes directrices en
la matière. Dix-huit pays ont organisé des campagnes de sensibilisation et
quatre États membres sont en train d’en préparer. Par ailleurs, vingt-trois pays disposent de lignes
directrices relatives à la prévention des IAS et à la lutte contre celles-ci
dans les hôpitaux, et trois États membres sont en train d’en élaborer. Deux
États membres n’en ont arrêté aucune. (b)
Amélioration de la prévention des infections et de la lutte
contre celles-ci au niveau des établissements de soins –
Hôpitaux En ce qui concerne les comités de lutte contre les
infections (ou les mécanismes de gouvernance organisationnelle équivalents) au
sein des hôpitaux, vingt-deux pays ont adopté des dispositions légales et/ou
des lignes directrices professionnelles. Six États membres n’en ont adopté aucune.
Les dispositions et/ou les lignes directrices en vigueur prévoient la participation
de la direction au comité de lutte contre les infections. En ce qui concerne les équipes de lutte contre les
infections (ou les mécanismes de gouvernance équivalents) au sein des hôpitaux,
vingt-quatre pays ont adopté des dispositions légales et/ou des lignes
directrices professionnelles. Seuls quatre États membres n’en ont adopté aucune
(mais la législation de l’un d’eux prévoit la présence d’un épidémiologiste). La législation de cinq États membres prévoit que les
hôpitaux consacrent un budget à cet objectif. Dans l’ensemble, seuls deux États membres déclarent ne pas
avoir adopté de dispositions concernant les mécanismes de gouvernance dans les hôpitaux. –
Maisons de soins Douze pays déclarent encourager les maisons de soins à
disposer de mécanismes de gouvernance organisationnelle appropriés pour
l’élaboration et le suivi d’un programme de prévention des infections et de
lutte contre celles-ci. Parmi eux, dix États membres ont adopté des
dispositions légales ou des lignes directrices professionnelles relatives aux
structures de lutte contre les infections dans les maisons de soins. (c)
Instauration de systèmes de surveillance active ou renforcement
de ceux-ci lorsqu’il en existe Tous les pays sauf deux disposent d’au moins un type de
réseau de surveillance des IAS; dans les deux pays qui n’en disposent pas
(petits États membres), la surveillance est effectuée au niveau de l’hôpital et
non au moyen d’un réseau national ou régional. Les réseaux de surveillance
ciblent les bactéries multirésistantes (dix-huit pays), les infections du site
opératoire (quinze pays), les infections dans les services de soins intensifs
pour adultes (seize pays) et les bactériémies (quinze pays). Dix-neuf pays ont
réalisé des enquêtes de prévalence au cours des vingt dernières années. En ce qui concerne les systèmes de surveillance aux fins de la
détection et du signalement en temps utile des micro-organismes à risque ou des
agrégats d’IAS, les systèmes en place concernent essentiellement des agrégats
de certaines IAS. Un système d’évaluation externe de la qualité des
antibiogrammes est en place dans dix‑neuf pays, et en cours d’élaboration
dans trois États membres. Six États membres ne disposent d’aucun système de ce
type. (d)
Promotion de l’éducation et la formation du personnel de santé Treize pays ont adopté un tronc commun de compétences
(programme de cours) applicable à l’échelle nationale que le personnel chargé
de la lutte contre les infections doit acquérir dans le cadre de formations
spécialisées et/ou programmes d’études, et trois États membres sont en train d’en
élaborer un. Onze pays ne prévoient pas de programmes de cours de ce type. La
formation continue spécialisée non parrainée est obligatoire dans neuf États
membres pour les médecins chargés de la lutte contre les infections et dans onze
pays pour les infirmiers chargés de la lutte contre les infections. En ce qui concerne la formation du personnel de santé autre
que le personnel chargé de la lutte contre les infections, treize pays
disposent d’un tronc commun de compétences applicable à l’échelle nationale relatif
aux principes de base de l’hygiène et la prévention des infections et la lutte
contre celles-ci, et un pays est en train de mettre au point un programme de ce
type. Douze pays ont mis en place une formation obligatoire à l’entrée en
service pour tout le personnel de santé des établissements de soins. Dans
quatorze pays, des formations obligatoires sont régulièrement organisées pour
tout le personnel de santé des établissements de soins. Trois États membres prévoient
également une formation à l’intention des gestionnaires des établissements de
soins. (e)
Amélioration de l’information des patients par les établissements
de soins Seuls trois États membres prévoient la distribution d’une
brochure d’information nationale et/ou régionale aux patients pendant leur
séjour dans un établissement de soins, laquelle comprend des informations sur
les IAS. Dans deux d’entre eux, les brochures contiennent des informations sur
les mesures prises par l’établissement de soins pour prévenir les IAS. En
outre, les brochures informent sur les risques que présentent les IAS (deux
États membres), recommandent aux patients des solutions pour aider à prévenir
les infections (un État membre), et contiennent des informations à l’intention
des patients colonisés ou infectés par des micro-organismes associés aux soins
(deux États membres). Onze États membres déclarent disposer de mécanismes visant à
encourager les établissements de soins à fournir des informations aux patients.
Ces mécanismes revêtent un caractère contraignant dans six États membres et
revêtent la forme de lignes directrices professionnelles dans six États membres
et de systèmes d’accréditation ou de certification dans quatre États membres. (f)
Soutien des travaux de recherche Dans six États membres, les IAS peuvent faire l’objet d’appels
d’offres (épidémiologie, nouvelles technologies et interventions préventives et
thérapeutiques, et rapport coût/efficacité de la prévention des infections et
de la lutte contre celles-ci) gérés par le ministère de la santé ou de la
recherche. Dix pays utilisent leur mécanisme intersectoriel pour définir les
priorités de la recherche dans le domaine de la prévention des infections et de
la lutte contre celles-ci, et trois autres États membres prévoient de le faire. 2.2.2. Mise
en place d’un mécanisme intersectoriel ou d’un système équivalent Aux fins de la coordination de l’exécution de la stratégie
de prévention des IAS et de lutte contre celles-ci, dix-sept pays disposent
d’un mécanisme intersectoriel ou d’un système équivalent, et sept États membres
sont en train d’en créer un. Dans la majorité des cas (treize pays sur
dix-sept), les mécanismes intersectoriels ou les systèmes équivalents
coordonnent également la stratégie relative à l’utilisation prudente des agents
antimicrobiens en médecine humaine. Quatre États membres déclarent ne pas
disposer de mécanisme intersectoriel ou de système équivalent. 3. Principales
actions entreprises à l’échelon de l’Union européenne 3.1. Sécurité
générale des patients La Commission européenne a poursuivi les activités suivantes
en vue de promouvoir l’apprentissage mutuel entre les États membres et de
proposer des définitions et une terminologie communes pour la sécurité des
patients. Dans le cadre du groupe de travail sur la sécurité des
patients et la qualité des soins, la Commission a favorisé l’échange
d’informations sur les initiatives concernant la sécurité des patients et la
qualité des soins. Ce groupe se compose de tous les États membres de l’UE, des
représentants de l’AELE, d’organisations internationales (OMS, OCDE et Conseil
de l’Europe) et d’organisations de tutelle de l’UE représentant les patients,
les professionnels de la santé, les gestionnaires du secteur de la santé et les
experts en qualité des soins. Le groupe a examiné les travaux de l’OMS sur la
classification internationale pour la sécurité des patients (quinze pays sont
associés à ces travaux et deux les ont traduits dans leur langue nationale),
ainsi que plusieurs exemples d’activités nationales dans le domaine de la
sécurité des patients. Cependant, à ce jour, aucune classification pour la
sécurité des patients n’a été proposée au niveau de l’UE. La Commission européenne cofinance, dans le cadre du
programme de l’UE dans le domaine de la santé, le projet d’indicateurs de
qualité des soins de santé dirigé par l’OCDE. En 2011, le projet a publié pour
la première fois six indicateurs de sécurité des patients: deux concernent le
traumatisme obstétrical et quatre les complications des interventions et les
complications postopératoires. Vingt des pays qui ont répondu participent à la
collecte de données dans le cadre de ce projet, dont onze pays qui recueillent
des indicateurs comparables sur la sécurité des patients. La Commission a également consacré 3 600 000 EUR
à un projet de collaboration triennal en matière de sécurité des patients, sous
la forme d’une action commune pour les années 2012 à 2015. Cette action commune
prévoit, notamment, le recensement des pratiques exemplaires des prestataires
de soins en matière de sécurité des patients et la mise à l’épreuve de
celles-ci dans d’autres États membres. Elle prévoit également la cartographie
et l’analyse des stratégies existantes en matière d’assurance et d’amélioration
de la qualité, et propose un modèle de collaboration durable à l’échelle
européenne en matière de sécurité des patients et de qualité des soins. Les vingt‑sept
États membres et la Norvège sont associés à l’action commune, qui est
coordonnée par la Haute Autorité de santé (France). Vingt-et-un pays apportent
une contribution financière au projet. Vingt-deux des pays qui ont répondu ont choisi de collaborer
avec d’autres États membres de l’UE à la réalisation d’actions de la
recommandation du Conseil, souvent dans le cadre de projets cofinancés par l’UE
ou par des organisations internationales. Les principales actions faisant l’objet
d’une collaboration sont l’élaboration de stratégies et programmes de sécurité
des patients (vingt pays), la mise au point de systèmes de signalement capables
de tirer des enseignements des défaillances et ne revêtant aucun caractère
punitif (quinze États membres) et l’élaboration et la révision des normes de
sécurité des patients (quinze États membres). Les actions qui font le moins l’objet
d’une collaboration (neuf États membres seulement collaborent à leur
réalisation) sont la communication aux patients d’informations relatives à leur
sécurité et l’enseignement aux patients de compétences de base sur leur sécurité. Dans le cadre du septième programme-cadre de recherche, l’UE
a cofinancé six projets de recherche en matière de sécurité générale des
patients, pour un montant total de 16 000 000 EUR. 3.2. Infections
associées aux soins La prévention des IAS et la lutte
contre celles-ci sont étroitement liées à la résistance aux antimicrobiens,
autre priorité clé de la Commission. Celle-ci dispose d’un «plan d’action pour
combattre les menaces croissantes de la résistance aux antimicrobiens»[6],
qui énonce douze actions à entreprendre avec les États membres de l’UE, dont
une action visant à «renforcer la prévention des infections et la lutte contre
celles-ci dans les établissements de soins». Pour donner suite au plan
d’action, des priorités de financement de projets de dimension européenne
seront fixées sur la base des conclusions du présent rapport. En réponse à la recommandation préconisant que les États
membres utilisent les définitions de cas approuvées au niveau de l’Union[7],
un projet de décision d’exécution de la Commission, modifiant la décision
2002/253/CE établissant des définitions de cas pour la déclaration des maladies
transmissibles au réseau communautaire en application de la décision
n° 2119/98/CE[8], donne une définition de
cas générale concernant un type d’IAS (infection nosocomiale ou infection
contractée à l’hôpital). Cette définition de cas a été élaborée conformément à
l’avis d’un comité créé pour exécuter la décision n° 2119/98/CE. La Commission a déjà agi dans le domaine des IAS en
finançant plusieurs projets de dimension européenne dans le cadre des programmes
dans le domaine de la santé 2003-2007 et 2008-2013: le projet IPSE[9]
(Improving Patient Safety in Europe), le projet Burden[10]
(Burden of Resistance and Disease in European Nations) et le projet Implement[11]
(Implementing Strategic Bundles for Infection Prevention & Management). Dans le cadre des sixième et septième programmes-cadres de
recherche et de développement technologique (2002-2006 et 2007-2013), la
Commission finance de nombreux projets de recherche dans le domaine des IAS et
de la résistance aux antimicrobiens[12]. Le projet MOSAR, par
exemple, visait à étudier la dynamique de transmission des pathogènes
résistants et l’efficacité des interventions destinées à réduire les IAS. Un
autre exemple est le projet R-Gnosis, actuellement en cours, qui inclut cinq
études cliniques visant à recenser des mesures préventives fondées sur des données
probantes et des orientations cliniques pour lutter contre la propagation et les
répercussions des infections causées par des bactéries à Gram négatif multirésistantes.
Enfin, le projet Prohibit[13], également en cours, analyse
les lignes directrices et pratiques existantes en matière de prévention des IAS
dans les hôpitaux en Europe, définit les facteurs qui favorisent ou réduisent
le respect des pratiques exemplaires, et vérifie l’effet utile des
interventions dont l’efficacité est connue. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies
(ECDC) coordonne la surveillance des infections du site opératoire, des IAS
dans les services de soins intensifs[14] et de la résistance aux
antimicrobiens[15] à l’échelle de l’Europe.
En outre, en 2009 et 2010, les experts des États membres et l’ECDC ont mis au
point un protocole et une boîte à outils pour la réalisation d’enquêtes
nationales ponctuelles sur la prévalence des IAS et l’utilisation
d’antimicrobiens dans les hôpitaux de soins de courte durée; ce protocole et
cette boîte à outils ont été mis en œuvre dans les États membres en 2011 et
2012. Par ailleurs, l’ECDC soutient un réseau européen de surveillance des IAS
et de l’utilisation d’antimicrobiens dans les établissements de soins de longue
durée (HALT-2) et un projet visant à renforcer les capacités de surveillance
des infections à Clostridium difficile (ECDIS-Net). En 2010, l’ECDC a
procédé à une évaluation des besoins en formation à la lutte contre les
infections dans les États membres et a mis à jour les compétences de base en
matière de formation à la lutte contre les infections dans l’UE définies dans
le cadre de l’IPSE6 (TRICE). L’ECDC a
élaboré des lignes directrices fondées sur des données probantes pour la
prévention des infections à Clostridium difficile et la lutte contre
celles-ci, et a publié des recommandations visant à éviter la propagation des
entérobactéries productrices de carbapénémases[16]. Enfin, l’ECDC parraine
également l’élaboration de lignes directrices et d’indicateurs pour la
prévention des IAS. 4. Contexte socio-économique La crise économique et financière a contraint la plupart des
États membres de l’Union européenne à des restrictions budgétaires. Cette
situation a conduit certains pays à réformer en profondeur leur système de
soins de santé. Les États membres ont pris des mesures visant à réduire les
coûts et à améliorer l’efficacité et la productivité: réduction des dépenses de
santé, introduction de plafonds d’augmentation du budget des soins de santé,
réduction des coûts de fonctionnement des services de santé, diminution des
honoraires des prestataires de services, réduction des frais pharmaceutiques,
et introduction de restrictions du nombre de professionnels de la santé dans
les politiques en matière de personnel et dans les réformes des retraites (par
exemple, licenciements ou non-remplacement des personnes partant à la retraite,
politiques restrictives en matière de recrutement et de remplacement du
personnel, et réduction des traitements dans la fonction publique)[17]. Dans un tel contexte, la plupart des États membres font état
d’un ralentissement de la réalisation des actions recommandées en matière de
sécurité générale des patients. Certains des États membres qui ont le moins
progressé à cet égard font partie de ceux qui ont été les plus sévèrement
touchés par la crise financière et économique. Il serait toutefois prématuré de
conclure à l’existence d’un lien de causalité direct entre la situation
financière des États membres et l’application des mesures recommandées en
matière de sécurité des patients. En effet, certains États membres ont été
sévèrement touchés par la crise économique mais ont néanmoins investi considérablement
en faveur de la sécurité des patients. Il convient que la réduction des ressources ne compromette
ni la sécurité des patients ni la qualité des soins, non seulement dans
l’intérêt des patients mais également parce que des données probantes indiquent
que les préjudices associés aux soins de santé engendrent des coûts
supplémentaires[18]. Un examen de la
littérature internationale révèle que de 13 à 16 % des seuls frais
hospitaliers (un euro sur sept) sont dus à des préjudices et maladies associés
aux soins de santé. À cette somme s’ajoutent les coûts liés à la prise en
charge de ces préjudices et maladies (qui ne sont pas comptabilisés dans les frais
hospitaliers). Qui plus est, de récentes études sur le rapport coût/efficacité des
mesures en faveur de la sécurité des patients indiquent que de telles mesures sont
rentables[19].
L’adoption de mesures efficaces par les pouvoirs publics, la réduction
des coûts liés aux soins à risque et la mise au point de programmes de sécurité
des patients rentables nécessitent des travaux de recherche supplémentaires et des
données probantes sur la situation qui prévaut dans les États membres de l’UE.
En outre, des travaux supplémentaires sont nécessaires afin de mieux définir et
concevoir des solutions qui s’intègrent dans les cadres institutionnels et
organisationnels existants. Par ailleurs, les États membres déplorent le délai trop
court entre l’adoption de la recommandation et la transmission des rapports.
Certains font état de problèmes de coordination interne entre les ministères de
la santé et de l’éducation évoquent la possibilité de l’absence de priorité
politique au niveau national. 5. Conclusions La plupart des États membres ont pris un certain nombre des mesures
recommandées. Concernant la sécurité générale des patients, la plupart des
États membres ont érigé la sécurité des patients en priorité des politiques de
santé publique et ont désigné une autorité compétente en matière de sécurité
des patients. En outre, la plupart des pays ont encouragé la formation en
matière de sécurité des patients dans les établissements de soins, même si
seuls quelques-uns en ont fait un module à part entière des programmes d’études
et de formation des professionnels de la santé. Les systèmes de signalement capables
de tirer des enseignements des défaillances existants ont été considérablement
améliorés en ce qui concerne deux aspects essentiels: ils ne revêtent aucun
caractère punitif et permettent aux patients d’effectuer des signalements. Ils
restent cependant perfectibles. Il en va de même pour les mesures en faveur de l’autonomisation
des patients. En outre, les efforts se concentrent sur le milieu hospitalier,
seules quelques actions concernant les soins de santé primaires. Concernant la
prévention des IAS et le contrôle de celles-ci, vingt-six des vingt-huit pays
qui ont répondu ont conjugué différentes mesures visant à prévenir les IAS et à
lutter contre celles-ci, généralement (dans 77 % des cas) dans le cadre
d’une stratégie et/ou d’un plan d’action au niveau national et/ou régional.
Treize États membres déclarent que la recommandation a suscité des initiatives
relatives aux IAS, notamment la création d’un mécanisme intersectoriel ou d’un
système équivalent, l’élaboration et/ou la révision de stratégies, et des
campagnes d’information à l’intention du personnel de santé. Il reste que la suite donnée à la recommandation demeure largement
perfectible sur plusieurs points. Eu égard aux conclusions du présent rapport,
les mesures à prendre devraient notamment se concentrer sur les domaines
prioritaires suivants: (a)
Dans le domaine de la sécurité générale des patients: Au niveau des États membres: ·
Associer activement les patients à leur sécurité: informer
les patients des mesures de sécurité, des procédures de réclamation et des
droits de recours, œuvrer à l’élaboration d’un ensemble commun de compétences
de base pour les patients, et encourager ces derniers et leur famille à
signaler les événements indésirables. ·
Recueillir des informations concernant les événements
indésirables en perfectionnant les systèmes de signalement capables de tirer
des enseignements des défaillances, garantir l’absence de toute sanction en
cas de signalement d’événements indésirables et évaluer les
progrès réalisés en matière de signalement, c’est-à-dire le taux de
signalements effectués par les professionnels de la santé, le reste du
personnel de santé et les patients. Les systèmes de signalement devraient
compléter les dispositions de la nouvelle législation relative à la
pharmacovigilance (directive 2010/84/UE) en ce qui concerne le signalement
des effets indésirables des médicaments. ·
Transposer les stratégies et programmes de sécurité des patients
du milieu hospitalier au milieu non hospitalier. ·
Au niveau de l’UE: ·
Collaborer à l’élaboration de lignes directrices
concernant la manière de concevoir et d’introduire des normes de sécurité
des patients allant au-delà de la recommandation. ·
Progresser dans l’élaboration d’une terminologie commune
de la sécurité des patients. ·
Poursuivre les échanges de pratiques exemplaires, surtout dans
les domaines dans lesquels les États membres constatent un manque d’expertise
nationale ou des difficultés d’accès à l’expertise internationale ou
européenne, par exemple l’intégration systématique de la sécurité des patients
dans les études et la formation des professionnels de la santé à tous
les niveaux. ·
Intensifier les travaux de recherche dans le domaine de la
sécurité des patients, y compris des études sur le rapport coût/efficacité des
stratégies en la matière. (b)
Dans le domaine de la prévention des infections associées aux soins
et de la lutte contre celles-ci: ·
Au niveau des États membres: ·
Veiller à ce qu’il y ait suffisamment de personnel spécialisé
dans la lutte contre les infections, qui dispose de temps à consacrer à
cette mission, dans les hôpitaux et les autres établissements de soins. ·
Améliorer la formation du personnel spécialisé dans la lutte
contre les infections et œuvrer à l’harmonisation des qualifications entre
les États membres. ·
Renforcer les structures et pratiques de base adaptées à la
prévention des infections et à la lutte contre celles-ci dans les maisons de
soins et les autres établissements de soins de longue durée. ·
Renouveler les enquêtes nationales ponctuelles sur la
prévalence des IAS afin de surveiller la charge que représentent les IAS
dans tous les types d’établissements de soins, de définir des priorités et
objectifs d’intervention, d’évaluer l’incidence des interventions et
d’accroître la sensibilisation. ·
Veiller à ce que les infections dans les services de soins
intensifs et les infections du site opératoire fassent l’objet d’une
surveillance. ·
Mettre en œuvre des systèmes de surveillance pour la détection
et le signalement en temps utile des micro-organismes à risque et renforcer
les capacités d’intervention en cas de propagation (notamment transfrontalière)
de ces organismes et de prévention de leur introduction dans les établissements
de soins. ·
Améliorer la communication aux patients d’informations
relatives aux IAS et associer davantage ceux-ci à l’application des mesures
de prévention des infections et de lutte contre celles-ci. ·
Élaborer un système d’évaluation assorti d’un ensemble
d’indicateurs dans les États membres afin d’évaluer l’exécution de la
stratégie/du plan d’action et ses résultats en matière de prévention des
IAS et de lutte contre celles-ci. ·
Au niveau de l’UE: ·
Poursuivre l’élaboration de lignes directrices relatives à
la prévention des IAS et à la lutte contre celles-ci, y compris des lignes
directrices adaptées aux maisons de soins et aux établissements de soins de
longue durée. ·
Intensifier les travaux de recherche dans le
domaine de la prévention des IAS et de la lutte contre celles-ci, y compris des
études sur le rapport coût/efficacité des mesures de prévention et de
lutte. La recommandation invite la Commission à «déterminer l’efficacité
des mesures proposées». Cependant, les actions n’ayant été entreprises que
récemment ou étant encore en cours dans de nombreux États membres et à l’échelle
de l’UE, il peut être judicieux de réévaluer la situation dans deux ans sur la
base du présent rapport. C’est pourquoi la Commission propose de prolonger de
deux années supplémentaires le suivi de la suite donnée à la recommandation concernant
la sécurité générale des patients. En juin 2014, la Commission élaborera un
deuxième rapport d’avancement qui tiendra compte des résultats à mi-parcours de
l’action commune sur la sécurité des patients et la qualité des soins. [1] JO L 88
du 4.4.2011, p. 45. [2] La
Norvège participe activement aux activités liées à la sécurité des patients au
niveau de l’Union et fait aussi l’objet de l’analyse du présent rapport. [3] Les
réponses similaires données par les régions d’un État membre dont seul
l’échelon régional a répondu ont été considérées comme les réponses du pays. [4] Désigner
l’autorité compétente en matière de sécurité des patients; ériger la sécurité
des patients en priorité des politiques de la santé; mettre au point des
systèmes, procédés et outils plus sûrs et faciles à utiliser; revoir et mettre
à jour régulièrement les normes de sécurité et/ou les pratiques exemplaires en
la matière; encourager les organisations de professionnels de la santé à participer
activement à la sécurité des patients; promouvoir des pratiques sûres afin de
prévenir les événements indésirables les plus fréquents; associer les
organisations de patients à l’élaboration des politiques de sécurité des
patients; communiquer aux patients des informations relatives aux normes de
sécurité des patients, au risque, aux mesures de sécurité, aux procédures de
réclamation et aux voies de dédommagement disponibles; instaurer des systèmes
de signalement des événements indésirables capables de tirer des enseignements
des défaillances; promouvoir l’éducation et la formation de tout le personnel
dans les structures de soins; prévoir des modules de formation à la sécurité
des patients dans les études ou la formation des professionnels de la santé; doter
l’ensemble du personnel de santé des compétences, des connaissances, des attitudes
et des aptitudes de base en la matière. [5] http://ec.europa.eu/health/archive/ph_systems/docs/patient_ia_en.pdf. [6] Communication de la Commission au
Parlement européen et au Conseil intitulée «Plan d’action pour combattre les
menaces croissantes de la résistance aux antimicrobiens» [COM(2011) 748 final].
Disponible à l’adresse: http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2011:0748:FIN:fr:PDF. [7] JO
L 268 du 3.10.1998, p. 1 à 7, conformément aux dispositions de la décision
n° 2119/98/CE du Parlement européen et du Conseil du 24 septembre
1998 instaurant un réseau de surveillance épidémiologique et de contrôle des
maladies transmissibles dans la Communauté. [8] JO
L 86 du 3.4.2002, p. 44 à 62. [9] http://ipse.univ-lyon1.fr/. [10] http://www.eu-burden.info. [11] http://www.eu-implement.info/. [12] http://ec.europa.eu/research/health/infectious-diseases/antimicrobial-drug-resistance/projects_fr.html. [13] https://plone2.unige.ch/prohibit. [14] http://www.ecdc.europa.eu/en/activities/surveillance/hai/Pages/default.aspx. [15] http://www.ecdc.europa.eu/en/activities/surveillance/EARS-Net/Pages/index.aspx. [16] http://ecdc.europa.eu/en/publications/Publications/110913_Risk_assessment_resistant_CPE.pdf. [17] Recommandations
par pays dans le cadre du Semestre européen: http://ec.europa.eu/europe2020/making-it-happen/country-specific-recommendations/index_fr.htm;
HOPE: http://www.hope.be/05eventsandpublications/docpublications/86_crisis/86_HOPE-The_Crisis_Hospitals_Healthcare_April_2011.pdf. [18] Institut
canadien pour la sécurité des patients, http://www.patientsafetyinstitute.ca/English/research/commissionedResearch/EconomicsofPatientSafety/Documents/Economics%20of%20Patient%20Safety%20Literature%20Review.pdf).
D’autres études indiquent que les taux internationaux de préjudices évitables sont
de l’ordre de 10 % (NES; http://www.nes.scot.nhs.uk/media/6470/Overview%20of%20patient%20safety_KHowe2009.pdf). [19] Møller
A.H. (2010). «A cost-effectiveness analysis of reducing ventilator-associated
pneumonia at a Danish ICU with ventilator bundle», Journal of Medical
Economics, Vol. 15, n° 2, 2012, p. 1 à 8.