RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Premier rapport relatif à l'application des articles 13, 16 et 17 de la directive 2010/13/UE au cours de la période 2009-2010 Promotion des œuvres européennes dans les services de médias audiovisuels linéaires et à la demande dans l'UE /* COM/2012/0522 final */
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU
CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Premier rapport relatif à l'application des articles 13, 16
et 17 de la directive 2010/13/UE au cours de la période 2009‑2010
Promotion des œuvres européennes dans les services de médias audiovisuels
linéaires et à la demande dans l'UE I. INTRODUCTION Le présent rapport, composé de deux
parties, est établi conformément à l'article 13, paragraphe 3, et à
l'article 16, paragraphe 3, de la directive 2010/13/UE (ci-après
dénommée «directive SMA»)[1]. Le présent rapport, qui porte sur la
période 2009-2010, est le premier rapport de la Commission relatif à
l'application de l'article 13 concernant la promotion d'œuvres européennes
par les services à la demande de l'UE depuis l'adoption de la directive SMA.
Conformément à l'article 13, ce rapport se fonde à la fois sur les données
que les États membres devaient communiquer avant décembre 2011 et sur une
étude indépendante menée en 2011[2]
(ci-après dénommée l'«étude»). Le prochain rapport relatif à l'application de
l'article 13 est prévu pour dans quatre ans. Le présent document inclut également
un rapport relatif à l'application des articles 16 et 17[3]
de la directive SMA concernant la promotion des œuvres européennes et des
productions indépendantes par les services télévisés de l'UE durant la
période 2009-2010. Il s'agit d'un rapport bisannuel. Contrairement aux rapports précédents,
relatifs aux anciens articles 4 et 5 de la
directive 89/552/CE (directive «Télévision sans frontières»)[4],
ce rapport ne couvre pas sur les pays de l'EEE[5],
en raison du retard de transposition de la directive SMA dans l'acquis
de l'EEE. Ces pays n'ont dès lors pas été invités à communiquer leurs données
pour l'élaboration de ce rapport. II. RAPPORTS 1. Rapport de la Commission relatif
à l'application de l'article 13 1.1. Observations générales Face à la convergence de tous les
médias audiovisuels, la directive 89/552/CEE a été révisée afin d'étendre son
champ d'application aux services non linéaires. La directive SMA dispose que
les services à la demande doivent aussi promouvoir les œuvres européennes et la
diversité culturelle. À l'instar des articles 16 et 17,
l'article 13 poursuit un objectif à la fois économique et culturel: le
renforcement du secteur européen de l'audiovisuel. Les États membres doivent
faire en sorte que les services à la demande relevant de leur compétence
promeuvent, lorsque cela est réalisable et par des moyens appropriés, la
production d’œuvres européennes ainsi que l’accès à ces dernières. Étant donné
le caractère récent et la nature spécifique des services à la demande,
l'article 13 autorise une certaine souplesse quant aux méthodes à utiliser
pour promouvoir les œuvres européennes. L'article 13, paragraphe 1,
cite des exemples de méthodes de promotion: contribution financière apportée
par ces services à la production d’œuvres européennes et à l’acquisition de
droits pour ces œuvres, ou la part et/ou la place importante réservée aux œuvres
européennes dans le catalogue de programmes proposés par les services de médias
audiovisuels à la demande. La promotion de la programmation
d'œuvres européennes et l'accessibilité à ces dernières font partie des
questions soulevées dans le cadre de l'émergence des dispositifs connectés et
du phénomène de la convergence. La diffusion et la consommation de contenu
audiovisuel par l'internet existent déjà depuis un certain nombre d'années. Ce
contenu peut parvenir aux spectateurs en échappant au contrôle des câblo-opérateurs,
des fournisseurs de services internet ou des diffuseurs. Avec l'émergence de
téléviseurs et de décodeurs offrant une connectivité internet, ainsi qu'avec
l'augmentation de l'utilisation des tablettes et des téléphones intelligents,
la convergence devient un aspect de plus en plus concret de notre quotidien. 1.1.1. L'article 13 dans le
contexte du secteur européen des services à la demande Au cours de la période de référence,
le marché des services à la demande s'est développé de manière très inégale
dans l'UE. Selon l'étude susmentionnée, en 2009[6],
le nombre de services à la demande était estimé à 435. Plus d'un quart d'entre
eux étaient des services de télévision de rattrapage. Le système de diffusion
le plus utilisé était l'internet, suivi par la télévision par IP. En 2009,
c'est la France qui comptait le nombre le plus élevé de services à la demande
(73 services), suivie par le Royaume-Uni (66) et par l'Allemagne (47).
Dans la majorité des États membres, le nombre de services à la demande se situait
entre 10 et 20. La plupart d'entre eux étaient gratuits, sans abonnement. Ils
étaient en général financés par la publicité ou par des fonds publics. Comme expliqué au point 1.1.2., tous
les rapports nationaux n'ont pas fourni d'informations relatives aux services à
la demande. Les 14 rapports nationaux qui en contiennent font apparaître
une grande disparité entre les stades de développement des marchés. Cinq États
membres[7]
font état d'un nombre total de services à la demande supérieur à 10 en 2010. Ce
nombre est le plus élevé au Royaume-Uni (82) et en Slovaquie (36) et
le plus bas en Irlande (3), en Espagne (3), dans la Communauté
française de Belgique (2) et en Autriche (1). Chypre ne dispose pas
de service à la demande. En outre, la typologie des services à
la demande[8]
diffère largement d'un État membre à l'autre et il est difficile de déceler une
tendance en matière de service favori: dans six États membres[9],
les services de vidéo à la demande, en général avec accès conditionnel,
l'emportent; dans six autres[10],
ce sont les services de télévision de rattrapage en libre accès dominent le
marché; pour un autre[11]
État membre, une combinaison de services de télévision de rattrapage et de
services hybrides accessibles gratuitement arrive en tête; enfin, pour un
dernier[12],
les services hybrides sont prédominants. Pour certains États membres, on relève
des différences entre le nombre de services à la demande indiqué dans l'étude
et celui mentionné dans les rapports nationaux. Cela pourrait s'expliquer par
des différences d'interprétation quant aux types de services à prendre en
considération. Selon la définition de l'article 1er,
paragraphe 1, point g), de la directive SMA, il ne faut pas
faire état des services proposant du contenu audiovisuel à titre auxiliaire. En
revanche, les services de télévision de rattrapage constituent bel et bien des
services à la demande et doivent être pris en compte, à moins que les
programmes proposés ne soient exactement identiques à ceux diffusés par la
télévision[13].
Bien que les termes de l'article 13 ne fassent pas explicitement référence
au type de contenu proposé par les services à la demande, l'objectif de
l'article 13 est identique à celui des articles 16 et 17 de
la directive SMA. Dès lors, les services à la demande proposant exclusivement
des informations, des sports, des jeux ou des communications commerciales
devraient être exclus des rapports nationaux relatifs à l'application de
l'article 13. De même, le pourcentage d'œuvres européennes devrait, le cas
échéant, être calculé en principe comme un pourcentage des heures de diffusion
éligibles[14]. 1.1.2.
Méthodologie employée par la Commission L'étude menée en 2011 visait à étudier
l'état d'avancement de la mise en œuvre de l'article 13 dans les États
membres de l'UE à la fin de 2010, ainsi que le contenu des services non
linéaires de l'UE. Elle avait aussi pour objectif de fournir à la Commission
les informations nécessaires à l'établissement d'indicateurs de performance
concernant l'application de l'article 13. Prenant comme point de départ les
trois modes de promotion d'œuvres européennes par des services non linéaires
cités à l'article 13, paragraphe 1, de la directive, l'étude a passé
en revue les différentes modalités de contrôle et examiné la faisabilité de
leur mise en application. Sur cette base, la Commission a
constitué une liste d'indicateurs qui ont été définis dans les questionnaires
envoyés aux autorités nationales. En ce qui concerne la place importante à
réserver aux œuvres, notamment, plusieurs possibilités sont mentionnées: indication
du pays d'origine dans la description des œuvres, navigation par origine,
outils de recommandation d'œuvres européennes, affectation d'une partie des
services aux œuvres européennes, bandes-annonces en faveur d'œuvres européennes
ou promotion d'œuvres européennes. Il sera peut-être nécessaire d'affiner ces
indicateurs pour les rapports futurs. 1.1.3. Méthodes de mise en œuvre et
de contrôle des États membres a) État de la situation au regard
de la législation nationale Conclusions de l'étude quant à
l'application de l'article 13 A la fin de 2010, quatorze États
membres avaient reproduit les termes de la directive SMA sans imposer
d'obligations concrètes aux fournisseurs de services à la demande. Dans
certains cas, il appartient aux autorités réglementaires nationales de préciser
ultérieurement les méthodes de promotion des œuvres européennes. En ce qui concerne le contrôle,
l'étude montre que la majorité des États membres se fient aux informations
communiquées par les fournisseurs de services à la demande sans les vérifier.
Seuls deux États membres appliquent un système de contrôle indépendant et
quatre autres vérifient les informations transmises par les fournisseurs de
services à la demande. Rapports nationaux Neuf rapports nationaux ne contiennent
aucune information en raison des délais de transposition de la directive SMA,
ou de l'entrée en vigueur tardive de la législation nationale appliquant la
directive. Cinq États membres ont fait état d'une absence de services à la
demande enregistrés[15]
ou reconnus[16]
durant la période de référence. Seuls six des États membres[17]
ayant appliqué la directive (c'est-à-dire ayant imposé aux services à la
demande l'obligation de promouvoir les œuvres européennes) ont indiqué dans
leur rapport que leur législation définissait des mesures concrètes. Ces mesures varient d'un État membre à
l'autre: en République tchèque, en Espagne, en Italie et en Autriche, les
services à la demande sont obligés de consacrer une partie de leurs catalogues
aux œuvres européennes (respectivement 10 %, 30 %, 20 % et
50 %[18]).
Dans la Communauté française de Belgique, en République tchèque, en Espagne et
en Italie, ces services doivent contribuer au financement d'œuvres européennes
(respectivement à concurrence de 2,2 %, d'au moins 1 % et 5 % de
leurs chiffres d'affaires)[19].
Dans la Communauté française de Belgique, en Bulgarie et en Autriche, les
services privés à la demande sont soumis à une obligation légale de mise en
avant des œuvres européennes dans les catalogues, ce qui peut être fait en
recourant, entre autres, à des encarts publicitaires, à des onglets
spécifiques, à des articles de magazines ou à des émissions promotionnelles
ainsi qu'en signalant les œuvres européennes de manière appropriée ou en
indiquant leurs pays d'origine. b) Méthodes de suivi des autorités
nationales Un petit nombre de rapports nationaux
traitaient de cette question mais la majeure partie des données relatives à
l'application de l'article 13 a été obtenue par les autorités nationales
directement auprès des fournisseurs de services à la demande. Certains États membres ont expliqué
comment ils avaient sensibilisé, ou prévoyaient de sensibiliser, les
fournisseurs de services à la nécessité d'être enregistré et/ou de respecter
l'obligation prévue à l'article 13[20].
L'autorité réglementaire française, le CSA, a signalé l'existence de contrôles
ponctuels portant sur la part et l'importance réservées aux œuvres européennes
dans les catalogues. La Belgique (Communauté française), où il est obligatoire
de mettre en avant les œuvres européennes, a fourni d'intéressantes
informations circonstanciées quant au contrôle exercé par l'autorité
réglementaire en ce qui concerne la proportion d'«occurrences promotionnelles»
consacrées aux œuvres européennes par les services à la demande[21]. La Commission souligne l'importance
d'exercer un contrôle efficace afin de garantir que l'article 13 soit
correctement appliqué. Bien que la directive SMA ne rende pas obligatoire la
mise en place de dispositifs concrets de contrôle, la Commission demande aux
autorités nationales qui ne l'ont pas encore fait d'instaurer des systèmes
permettant de vérifier les données communiquées par les fournisseurs de
services à la demande. 1.2. Application de
l'article 13 - Services de médias audiovisuels à la demande Conclusions de l'étude[22] Les services de télévision de
rattrapage accordent aux œuvres européennes une place nettement plus importante
(96,2 % de la totalité des heures) que les services de vidéo à la demande
(seulement 45,1 % de la totalité des heures). Le contenu des catalogues de
rattrapage est étroitement lié au contenu diffusé par les services de
télévision. La proportion d'œuvres européennes est beaucoup plus élevée dans
les catalogues des diffuseurs (81,1 % des heures) que dans ceux des indépendants
(46,7 % des heures) et des opérateurs de télécommunications (31,2 %).
L'importance donnée aux œuvres européennes est également plus significative
dans les catalogues des services publics (99,1 % des heures) que dans ceux
des services privés (55,8 % des heures). En général, les nouveaux acteurs[23]
sont ceux qui proposent la proportion la plus faible d'œuvres
européennes (10‑20 %). La proportion d'œuvres européennes en
termes d'«heures éligibles»[24]
(64,5 %) est proche de celle des catalogues en général (65,1 %). Rapports nationaux Les données figurant dans les rapports
nationaux ne sont pas exhaustives et pas suffisamment représentatives pour
permettre de tirer des conclusions fiables quant à l'application de
l'article 13. Bien que la législation de certains
pays n'ait pas défini d'obligation spécifique en la matière, quatorze rapports
nationaux fournissent des données – d'ampleurs variables – concernant les
modalités pratiques de promotion des œuvres européennes par les fournisseurs de
services à la demande. Ces rapports attestent d'une proportion importante
d'œuvres européennes dans les catalogues. Les moyennes vont de
40 % (Espagne[25])
à 88,9 % (Danemark) en 2009 et de 36,4 % (Portugal) à
100 % (Autriche[26])
en 2010. En raison du nombre limité de rapports et du très petit nombre de
services à la demande (deux ou trois) communiqué par certains États membres,
calculer des moyennes européennes n'aurait pas de sens. La comparaison des
pourcentages de la consommation et de l'offre d'œuvres européennes ne permet pas
non plus de tirer des conclusions sérieuses. Cinq États membres[27]
relèvent l'existence de contributions financières à des productions européennes
et six rapports nationaux[28]
font mention de recours à des outils de promotion[29]. La Commission ne peut que se féliciter
de la présence d'une proportion relativement élevée d'œuvres européennes dans
les services à la demande. 2. AVIS DE LA COMMISSION SUR
L’APPLICATION DES ARTICLES 16 ET 17 2.1. Observations générales 2.1.1. Les
articles 16 et 17 dans le contexte du paysage audiovisuel
européen Le marché européen de l'audiovisuel a
continué à croître de façon constante au cours des années 2009‑2010.
Les chiffres montrent une accélération de l'augmentation du nombre de chaînes.
Selon l'Observatoire européen de l'audiovisuel, en décembre 2010, on
dénombrait 7 622 chaînes de télévision dans l'UE‑27 (dont
3 126 chaînes locales) contre 6 067 en 2008. Cela
représente une hausse de 25,6 %, soit une augmentation supérieure à celle
enregistrée entre 2006 et 2008. Au cours de la même période, une
diminution du nombre total de chaînes «couvertes»[30]
par les articles 16 et 17 a été enregistrée par rapport à la
période précédente: leur nombre était de 1 679 en 2008, de 1 313
en 2009 et de 1 390 en 2010, en ce qui concerne les œuvres
européennes[31].
Cela s'explique par un changement dans la méthodologie qui permet d'exempter
les très petites chaînes de l'obligation de rapport, comme évoqué au
paragraphe 2.1.2.1. ci-dessous. Cependant, si l'on utilise la méthodologie
du rapport précédent, c'est-à-dire si l'on tient compte des chaînes exemptées
de l'obligation d'établir un rapport, les chiffres montrent que le nombre de
chaînes couvertes a augmenté de 21,8 % entre 2008 (1 679) et
2010 (2 045), soit un taux légèrement inférieur à celui du marché. 2.1.2. Méthodes de mise en œuvre et
de suivi des États membres 2.1.2.1. Changements de la
méthodologie Compte tenu de l'apparition de chaînes
dont la part d'audience est très faible (inférieure à 0,3 %), il a
été décidé que ces dernières pourraient demander une exemption individuelle à
l'obligation de rapport prévue aux articles 16 et 17. Les
conditions précises de l'octroi de ce type d'exemption sont définies dans le
document «Orientations révisées relatives au contrôle de l'application des
articles 16 et 17 de la directive “Services de médias
audiovisuels”», dont la révision est prévue en 2014, après la première mise en
œuvre intégrale de ces orientations[32]. Dans l'ensemble, le nombre de rapports
nationaux contenant des données pour la totalité des chaînes couvertes a
augmenté par rapport à la période précédente. Quinze rapports sur 27
fournissaient des données statistiques concernant la proportion d'œuvres
européennes pour la totalité des chaînes en 2009 et 2010 contre
12 en 2007 et 11 en 2008. En ce qui concerne les
productions indépendantes, 14 rapports nationaux en 2009 et
15 en 2010 contenaient des données relatives à la totalité des
chaînes (11 en 2007 et 2008). La Commission se félicite de cette
tendance qui témoigne d'un suivi plus efficace de la part des autorités
nationales de régulation. Cette tendance peut aussi s'expliquer, au moins en
partie, par l'exemption de l'obligation de rapport dont les très petites
chaînes ont bénéficié en raison du fait qu'elles éprouvent, en général,
davantage de difficultés à fournir des données statistiques. 2.1.2.2. Suivi Comme l'indiquaient les rapports
précédents, les méthodes de suivi ne sont pas harmonisées dans l'UE. À Chypre,
en application de la législation[33],
durant la période de référence seules les chaînes analogiques étaient tenues de
soumettre leurs rapports à l'autorité compétente. La Grèce et la Slovénie ont
éprouvé des difficultés à recueillir les données pour la totalité des chaînes[34].
A l'inverse, trois États membres ont
enregistré des améliorations. Ainsi, l'autorité réglementaire slovène a
commencé à vérifier les données transmises par certains diffuseurs.
L'intégration de données concernant les chaînes régionales publiques dans le
rapport allemand doit également être considérée comme une amélioration du suivi.
En Suède, les efforts entrepris par l'autorité de contrôle pour sensibiliser
davantage les diffuseurs à l'importance d'une application satisfaisante des
articles 16 et 17 semblent porter leurs fruits. En effet, la
proportion d'œuvres européennes, qui se situait en deçà du niveau requis au
cours de la période précédente, a dépassé le seuil des 50 %
en 2009 et 2010. Toutefois, il reste encore des progrès
à faire. La Commission rappelle l'importance que revêt le contrôle pour
garantir une mise en œuvre satisfaisante des articles 16 et 17.
Bien que la directive SMA ne rende pas obligatoire la mise en place de
dispositifs concrets de contrôle, la Commission demande aux autorités
nationales qui ne l'ont pas encore fait d'instaurer des systèmes permettant de
vérifier les données communiquées par les diffuseurs. 2.2. Application de
l'article 16 – Proportion majoritaire d'œuvres européennes Le temps de diffusion moyen consacré
aux œuvres européennes par la totalité des chaînes considérées dans l'UE‑27
était de 63,8 % en 2009 et 64,3 % en 2010[35].
Ces chiffres font apparaître une tendance à la hausse, comme on le voit
dans le tableau ci-dessous, ce qui compense partiellement la baisse
enregistrée entre 2006 et 2007. 2009-2010: 0,5 point de pourcentage d'augmentation 2007-2010: 1,7 point de pourcentage d'augmentation Entre 2007 et 2010,
l'augmentation a été plus forte dans les «nouveaux États membres»[36]. UE-15: 1,7 point de pourcentage de diminution (65,8 % en 2007, 64,1 % en 2010) UE-12: 5,9 points de pourcentage d'augmentation (58,7 % en 2007, 64,6 % en 2010) La Commission se félicite des progrès
qui ont été enregistrés par l'UE-12 et qui ont permis à ce groupe d'États
membres de dépasser légèrement le niveau atteint par l'UE-15. Au niveau de chaque État membre, le
pourcentage moyen du temps de diffusion consacré aux œuvres européennes au
cours de la période de référence allait de 44 % (Irlande)
à 83 % (Hongrie) en 2009 et de 47,4 % (Slovénie
et Royaume-Uni) à 81 % (Hongrie) en 2010. Au cours de la
même période, la tendance a été positive dans 12 États membres, négative
dans 12 autres et stable dans les 3 derniers. Les tendances concernant les temps de
diffusion réservés aux œuvres européennes durant la période 2007‑2010
dans chaque État membre sont illustrées par des graphiques[37]. La mesure portant sur la promotion des
œuvres européennes par les services linéaires est globalement efficace même si,
du fait qu'elle n'organise pas la distribution des œuvres européennes non
nationales, ses effets sur la circulation des programmes à travers l'UE sont
limités. Les œuvres européennes non nationales représentent 8,1 % du total
des heures de diffusion éligibles alors que la grande majorité des œuvres
non-européennes sont américaines[38].
Certains succès audiovisuels, comme «Borgen» ou la coproduction «Borgia», ont
traversé les frontières nationales mais de tels exemples restent trop rares. Il
est crucial de produire des œuvres européennes attrayantes pour un public
international. Des coproductions pouvant séduire un large public européen
constituent un bon moyen d'y parvenir. Á l'échelle de
l'UE, les taux moyens de conformité en ce qui concerne les œuvres
européennes sont restés généralement stables au cours de la période considérée.
Toutefois, ils ont enregistré une augmentation considérable durant la
période 2007‑2010, passant de 59,6 % à 69,6 % avec
une hausse sensible dans l'UE-15 (11,3 %). Il est à noter que
les taux de conformité reflètent non seulement l'état de la situation quant à
la proportion d'œuvres européennes proposées par les chaînes mais également la
quantité/l'absence de données communiquées. L'amélioration enregistrée durant
la période de référence par rapport aux données communiquées (voir
section 2.1.2.1.) a joué un rôle dans l'évolution positive des taux de
conformité. Trois États
membres[39]
ont eu des difficultés à respecter les proportions requises d'œuvres
européennes sur l'ensemble de la période de référence. Dans le même temps, deux
États membres, qui avaient enregistré des moyennes inférieures à 50 %
au cours de la période précédente, ont atteint le pourcentage imposé d'œuvres
européennes en 2010[40].
La Commission encourage les États membres concernés à soutenir les efforts des
chaînes relevant de leur compétence en vue d’améliorer ou de conserver leurs
niveaux de performance au cours des prochaines années. 2.3. Application de
l'article 17 de la directive SMA – Œuvres européennes de producteurs
indépendants (productions indépendantes) et œuvres récentes Á l’échelle de
l’UE, la proportion moyenne réservée aux productions indépendantes par
la totalité des chaînes considérées dans tous les États membres a été de
34,1 % en 2009 et de 33,8 % en 2010, soit une légère baisse au cours
de la période de référence. 2009-2010: 0,3 point de pourcentage de diminution (34,1 % en 2009, 33,8 % en 2010) 2007-2010: 1,5 point de pourcentage de diminution (35,3 % en 2007, 33,8 % en 2010) Cette tendance à
la baisse avait déjà été signalée dans le neuvième rapport[41].
Les États membres sont dès lors invités à réfléchir aux moyens d'inverser cette
tendance. Au niveau de
chaque État membre, le pourcentage moyen du temps de diffusion consacré aux
productions indépendantes au cours de la période de référence allait de
14,5 % (Slovénie) à 59,7 % (Belgique) en 2009 et
de 14,8 % (Italie) à 61,7 % (Belgique) en 2010. Comme
ce fut le cas durant la période précédente, tous les États membres ont atteint
l'objectif de 10 % de temps d'antenne réservé aux œuvres indépendantes. Plus de 25 % du nombre total
d'heures de diffusion éligibles a été consacré aux productions indépendantes
dans 21 États membres en 2009 et dans 19 en 2010. L'UE‑12 a presque rattrapé son
retard sur l'UE‑15. UE-15: 4 points de pourcentage de diminution (38,5 % en 2007, 34,5 % en 2010) UE-12: 1,7 point de pourcentage d'augmentation (31,2 % en 2007, 32,9 % en 2010) Bien que la
progression ait été meilleure dans l'UE-12 que dans l'UE‑15, la
proportion de productions indépendantes à laquelle ces pays sont parvenus
en 2010 reste inférieure à celle de l'UE‑15. Á l'échelle de
l'UE, les taux moyens de conformité concernant les œuvres indépendantes
suivent une tendance similaire à celle des œuvres européennes, avec une
augmentation modérée au cours de la période de référence et une augmentation
considérable au cours de la période 2007-2010 (11,5 points de
pourcentage), en particulier dans l'UE‑15 (15,4 points de
pourcentage). Dans le cas des
œuvres européennes récentes de producteurs indépendants (œuvres récentes[42])
également, les moyennes à l'échelle européenne accusent une tendance à la
baisse: 2009-2010: 0,3 point de pourcentage de diminution (62,1 % en 2009, 61,8 % en 2010) 2007-2010: 1,2 point de pourcentage de diminution (63 % en 2007, 61,8 % en 2010) Si l'on compare
les deux groupes d'États membres[43],
les conclusions pour la période 2007‑2010 sont les suivantes: UE-15: 0,6 point de pourcentage d'augmentation (65,4 % en 2007, 66 % en 2010) UE-12: 4 points de pourcentage de diminution (60 % en 2007, 56 % en 2010) Bien que les
résultats concernant les œuvres récentes soient globalement satisfaisants, la
Commission encourage les États membres, en particulier dans l'UE‑12, à
faire des efforts afin de promouvoir la diffusion d'œuvres indépendantes
récentes dans leurs pays respectifs. 3. CONCLUSION Les données de ce
premier rapport sont insuffisantes pour permettre de tirer des conclusions en
matière de promotion des œuvres européennes par les fournisseurs de services à
la demande (article 13). Le retard dans la transposition de la directive
par les États membres et le développement très inégal des marchés des services
à la demande rendent difficiles l'analyse et la comparaison. La manière dont
l'article 13 a été transposé varie également d'un État membre à l'autre.
Certains pays imposent, par voie législative, des outils spécifiques de promotion
des œuvres européennes alors que d'autres ne préconisent pas de mesures
concrètes devant être appliquées par les fournisseurs de services à la demande.
Conformément à l'article 13, paragraphe 3, la Commission tiendra
compte des évolutions technologiques et traitera ces questions dans le contexte
de l'émergence des dispositifs connectés et du phénomène de la convergence. La
Commission engagera bientôt un dialogue avec les États membres afin de
déterminer les méthodes appropriées permettant d'appliquer l'article 13. En ce qui concerne
l'article 16 de la directive, dans l'ensemble, les données fournies par
les États membres indiquent une amélioration au cours de la période de
référence. La moyenne de 64,3 % d'œuvres européennes atteinte
en 2010, bien supérieure à la proportion définie dans l'article 16,
traduit le sérieux avec lequel cette mesure a, en général, été appliquée dans
toute l'Union. Toutefois, la grande majorité des œuvres européennes diffusées
sont des œuvres nationales. Les États membres sont invités à contrôler
attentivement les performances de toutes les chaînes relevant de leur
compétence et à encourager celles dont les résultats sont insuffisants à
respecter la proportion requise d'œuvres européennes. En 2010, les exigences définies à l'article 17
en matière de diffusion de productions indépendantes ont été respectées sans
difficulté avec une moyenne de 33,8 %. Néanmoins, les résultats révèlent
une tendance à la baisse par rapport au niveau de 2007, aussi bien pour les
œuvres indépendantes que pour les œuvres récentes. Bien que les performances de
l'UE‑12 aient été meilleures que celles de l'UE‑15 en ce qui
concerne les productions indépendantes, tous les États membres sont invités à
contrôler la mise en œuvre de l'article 17 par les diffuseurs et à
encourager les efforts visant à accroître la proportion de productions
européennes indépendantes et d'œuvres récentes diffusées. Cette augmentation
contribuera à soutenir et à renforcer le secteur européen de la production
indépendante et à stimuler la création d'emplois. La Commission invite les États membres
à prendre en compte la faible circulation des œuvres européennes non nationales
et à s'attaquer à ce problème dans la mesure du possible. Évolution
des principaux indicateurs de 2007 à 2010 (UE‑27) [1] Directive
2010/13/UE du Parlement européen et du Conseil du 10.3.2010 visant à la
coordination de certaines dispositions législatives, réglementaires et
administratives des États membres relatives à la fourniture de services de
médias audiovisuels (directive «Services de médias audiovisuels»). Cette
version codifiée remplace la directive 89/552/CEE telle que modifiée par les
directives 97/36/CE et 2007/65/CE. [2] L'étude
peut être consultée à l'adresse suivante: http://ec.europa.eu/avpolicy/info_centre/library/studies/index_en.htm#promot. [3] Les
anciens articles 4 et 5 de la directive 89/552/CEE. [4] Directive
89/552/CEE du Conseil du 3.10.1989 visant à la coordination de certaines
dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres
relatives à l'exercice d'activités de radiodiffusion télévisuelle (JO L 298 du
17.10.1989, p. 23). [5] Norvège,
Islande, Liechtenstein. [6] Ce
chiffre concerne l'UE‑30, y compris les pays de l'EEE. [7] Belgique
(Communauté flamande), République tchèque, Danemark, Slovaquie et Royaume-Uni. [8] Le
questionnaire envoyé aux États membres par la Commission fait la distinction
entre les services de télévision de rattrapage, de vidéo à la demande et les
services hybrides (vidéo à la demande et télévision de rattrapage). [9] Belgique (97,7 %),
Bulgarie (100 %), Danemark (100 %),
Espagne (75 %), Luxembourg (80 %) et
Portugal (55,6 %). [10] République
tchèque (86,2 %), Irlande (100 %),
Grèce (76,9 %), Autriche (100 %),
Roumanie (100 %) et Slovaquie (58,3 %). [11] Finlande. [12] Suède. [13] Voir
le considérant 27 de la directive SMA. [14] À
l'exclusion des informations, des sports, des jeux et des communications
commerciales. [15] Estonie,
Lettonie, Lituanie et Hongrie. [16] Il
existait 23 services déclarés aux Pays-Bas à la fin de 2010 mais l'autorité
responsable des médias n'avait pas encore défini les critères permettant de
déterminer s'ils pouvaient être considérés effectivement comme des services de médias
audiovisuels à la demande – voir document de travail, partie I,
section 2. [17] La
Communauté française de Belgique, la Bulgarie, la République tchèque,
l'Espagne, l'Italie (pas encore d'application en 2010) et l'Autriche. Deux
États membres n'ont pas été inclus dans la liste: la Lettonie, où la
législation impose l'obligation de proposer des œuvres européennes sans
préciser de pourcentage concret, et la Hongrie, où la législation définit un
quota pour les œuvres hongroises uniquement (cette mesure a été modifiée
entre-temps). [18] Uniquement
pour les services publics à la demande en Autriche. [19] En
République tchèque et en Italie, il est permis de choisir entre la contribution
financière ou l'obligation de réserver une partie du catalogue aux œuvres
européennes. [20] En
particulier, la République tchèque, la Lettonie, les Pays-Bas et la Suède. [21] Voir
les commentaires concernant l'application de l'article 13 dans la
Communauté française de Belgique, document de travail, partie I,
section 2. [22] Pour
des raisons techniques, le contrôle a eu lieu durant la première moitié de
2011. [23] iTunes
d'Apple, Lovefilm en Allemagne et Blinkbox au Royaume-Uni, entre autres. [24] Voir
note de bas de page 14. [25] Ce
chiffre correspond à l'unique service dont il est fait état en 2009. [26] Ce
chiffre correspond à l'unique service de télévision de rattrapage dont il est
fait état en 2010. [27] Belgique
(Communauté française), Bulgarie, Grèce, Espagne et Suède. [28] Belgique
(Communauté française), Bulgarie, Grèce, Espagne, Roumanie et Suède. [29] Voir
document de travail, partie I, section 2. [30] Chaînes
«couvertes»: il s’agit du nombre total des chaînes recensées, moins le nombre
des chaînes non opérationnelles et le nombre des chaînes exemptées de
l'obligation de fournir un rapport (voir paragraphe 2.1.2.1.) ou exemptées
(en raison de la nature de leurs programmes) ou exclues (en raison de
dérogations prévues par la législation) – voir sous «Indicateur 1» à l’annexe
1, partie II, du document de travail des services de la Commission. [31] Pour
les œuvres indépendantes, le nombre de chaînes couvertes allait de 1 585
en 2007 à 1 311 en 2009 et 1 387 en 2010. [32] http://ec.europa.eu/avpolicy/docs/reg/tvwf/eu_works/guidelines_2011_en.pdf. [33] Cette
situation a été modifiée depuis le 1.7.2011. [34] Voir
les commentaires de la Grèce et de la Slovénie dans le document de travail,
partie II, section 3. [35] Les
chiffres fournis à l’échelle de l’UE résultent de la moyenne arithmétique de
toutes les moyennes nationales calculées sur la base des données statistiques
communiquées par les États membres. Ils n’ont pas été pondérés étant donné que
tous les paramètres nécessaires à une pondération correcte ne sont pas
disponibles pour toutes les chaînes. [36] Les
États membres qui ont rejoint l'UE en 2004 et en 2007
(UE-12). L'Europe des 15 (UE-15) est composée d'États membres qui ont
rejoint l'UE précédemment (jusqu'à 1995 inclus). [37] Voir
document de travail, partie II, section 2. [38] Voir
l'étude, note de bas de page 2. [39] L'Irlande,
la Slovénie et le Royaume-Uni. [40] Chypre
et la Suède. [41] Neuvième
communication relative à l'application des articles 4 et 5 de la
directive 89/552/CEE, telle que modifiée par la directive 97/36/CE et
la directive 2007/65/CE, pour la période 2007-2008 disponible à l'adresse
suivante: http://ec.europa.eu/avpolicy/reg/tvwf/implementation/promotion/index_en.htm. [42] Il
s'agit des œuvres diffusées dans les cinq ans qui suivent leur production. [43] Voir
note de bas de page 36.