COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Feuille de route pour une union bancaire /* COM/2012/0510 final */
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET
AU CONSEIL Feuille de route pour une union bancaire 1. Introduction Au cours des quatre dernières années, l'Union européenne a
agi de manière décisive face à la crise économique et financière. Des améliorations
significatives ont été apportées à l'Union économique et monétaire (UEM), et un
programme de réforme financière substantiel est en cours d'exécution,
conformément aux engagements pris au sein du G20 dans le contexte de la crise
financière et afin de renforcer la stabilité, la compétitivité et la résilience
des établissements et des marchés financiers [1].
Il est primordial de mener à bien cette réforme du cadre
réglementaire de l'UE, mais ce ne sera pas suffisant pour contrer les menaces
significatives qui pèsent sur la stabilité financière dans l'ensemble de
l'Union économique et monétaire. D'autres mesures sont nécessaires pour faire
face aux risques spécifiques qui pèsent sur la zone euro, où la mise en commun
des responsabilités monétaires a entraîné une intégration économique et
financière étroite, renforçant la probabilité de retombées au-delà des
frontières nationales en cas de crise bancaire, pour briser le lien entre la
dette souveraine et la dette des banques et ainsi mettre fin au cercle vicieux
qui a conduit à utiliser plus de 4,5 billions d'euros du contribuable pour le
sauvetage des banques dans l'UE. La coordination entre les autorités de
surveillance est essentielle, mais la crise a montré que cela ne suffisait pas,
en particulier en présence d'une monnaie unique, et qu'un processus décisionnel
commun était nécessaire. Par ailleurs, il est important de faire face au risque
croissant de fragmentation des marchés bancaires dans l'UE, qui met à mal le
marché unique des services financiers et limite les effets concrets de la
politique monétaire sur l'économie réelle dans toute la zone euro. La Commission a donc appelé [2]à une union bancaire afin
d'asseoir le système bancaire sur des bases plus saines et de rétablir la
confiance dans l'euro, dans une perspective d'intégration économique et
budgétaire à plus long terme. Pour y parvenir, il est essentiel de transférer
la surveillance des banques au niveau européen, mais cette mesure devra ensuite
être combinée à d'autres, notamment un système commun de protection des dépôts
et une gestion intégrée des crises bancaires. Le rapport des présidents du
Conseil européen, de la Commission, de l'Eurogroupe et de la Banque centrale
européenne (BCE) du 26 juin 2012 [3]a
soutenu cette approche. De son côté, le Parlement européen a recommandé des
mesures dans le même sens, notamment dans son rapport de juillet 2010 sur la
gestion de crise transfrontalière dans le secteur bancaire[4]. Cette position a également
été confirmée lors du sommet de la zone euro du 29 juin 2012[5]. Faire en sorte que la surveillance des banques et la
résolution de leurs défaillances répondent à des normes élevées dans toute la
zone euro permettra de rassurer les citoyens et les marchés en leur montrant
qu'un niveau commun et élevé de réglementation prudentielle s'applique de
manière cohérente à toutes les banques. À l'avenir, si les banques rencontrent
des difficultés, le public doit être confiant dans le fait que les banques
défaillantes seront restructurées ou fermées à un coût aussi faible que
possible pour les contribuables. Ce système futur contribuera à construire la
confiance nécessaire entre les États membres, qui constitue une condition
préalable à l'introduction de dispositions financières communes visant à
protéger les déposants et à permettre une résolution ordonnée des banques
défaillantes. La présente communication accompagne deux propositions
législatives, destinées respectivement à mettre en place un mécanisme de
surveillance unique en confiant des missions spécifiques à la BCE concernant
les politiques liées à la surveillance prudentielle des établissements de
crédit, et à apporter des adaptations au règlement instituant l'Autorité
bancaire européenne (ABE)[6].
Ces propositions législatives marquent un premier pas important pour une
amélioration qualitative de la stabilité financière et de la confiance, en
particulier dans la zone euro. La présente communication place le mécanisme de
surveillance unique dans son contexte et, au-delà de ces premières
propositions, fournit des indications sur les travaux futurs en vue d'une union
bancaire. 2. Union bancaire et marché unique Le marché unique des services financiers repose sur des
règles communes garantissant que les banques et autres établissements
financiers qui bénéficient de la liberté d'établissement et de prestation de
services au titre du traité sont soumis à des règles équivalentes et à une
surveillance appropriée sur l'ensemble du territoire de l'UE. La création de l'union bancaire ne peut mettre en péril
l'unité et l'intégrité du marché unique, qui demeure l'un des succès les plus
importants de l'intégration européenne. En fait, l'union bancaire repose sur la
réalisation du programme de réforme en cours de la réglementation du marché
unique (le «règlement uniforme»). Le marché unique et l'union bancaire sont donc des processus
qui se renforcent mutuellement. Aussi, il faut continuer à renforcer le marché
unique dans tous les domaines couverts par les propositions de la Commission. De plus, les travaux devraient s'accélérer dans trois
domaines importants pour l'union bancaire, et un accord devrait intervenir
avant la fin 2012 entre les co-législateurs sur les propositions
correspondantes. Des exigences prudentielles plus rigoureuses ont été
proposées pour les banques. Avec ses propositions relatives aux exigences de
fonds propres des banques (CRD IV)[7],
la Commission a entamé la mise en œuvre des nouvelles normes mondiales
concernant les fonds propres et la liquidité des banques. La création du
mécanisme de surveillance unique ne devrait pas entraîner de modifications
substantielles des propositions de règlement et de directive, bien que des
adaptations puissent s'avérer nécessaires dans un nombre limité de domaines
pour refléter la nouvelle situation. Durant les dernières étapes des
négociations concernant la CRD IV, la Commission sera particulièrement
attentive à faire en sorte que les textes approuvés soient techniquement
compatibles avec la proposition de règlement instituant le mécanisme de
surveillance unique, et collaborera avec le Parlement européen et le Conseil
dans ce sens. Il convient notamment d'assurer que toutes les dispositions de la
proposition de directive CRD IV puissent être mises en œuvre tant au niveau
national que par la BCE. La couverture des systèmes nationaux de garantie des dépôts
a déjà été relevée à un niveau harmonisé de 100 000 EUR par déposant et par
établissement à compter du 31 décembre 2010. En juillet 2010, la Commission a
proposé[8]
d'aller plus loin, en harmonisant et en simplifiant la protection des dépôts,
en raccourcissant les délais de remboursement et en améliorant le financement
des systèmes de garantie des dépôts, notamment par la mise en place d’un
financement ex ante de ces systèmes avec les contributions des banques et d’une
facilité d’emprunt mutuel de caractère contraignant, dans certaines limites,
entre les systèmes nationaux . La proposition de la Commission sur la création
d’instruments de redressement et de résolution pour les banques en crise,
adoptée le 6 juin 2012[9],
est la dernière d’une série de propositions visant à renforcer le secteur
bancaire européen et à empêcher à l’avenir qu’une éventuelle crise financière
ne fasse tache d’huile, entraînant des répercussions négatives pour les
déposants et les contribuables. Pour préserver la stabilité financière et pour
que les actionnaires et créanciers des banques assument pleinement leur part de
responsabilité en cas de pertes bancaires et de frais de recapitalisation, la
Commission a proposé un cadre commun de règles et de compétences. Ce cadre
aidera les États membres à prévenir les crises bancaires et, le cas échéant, à
les gérer de manière plus ordonnée et plus efficace. Les États membres seraient
appelés à constituer un fonds de résolution ex ante financé par les contributions
des banques; une facilité d'emprunt mutuel de caractère contraignant entre les
systèmes nationaux, respectant de nouveau des limites précises, est prévue. Ces règles constitueront donc une base commune pour
l'ensemble du marché unique sur laquelle les propositions en vue d'une union
bancaire pourront se fonder. Ce règlement uniforme est nécessaire pour la
stabilité et l'intégrité du marché intérieur des services financiers de l'UE.
Il constitue une base commune permettant de progresser vers l'union bancaire
sans risque de fragmentation du marché unique. Il est donc primordial que les
co-législateurs finalisent rapidement, avant la fin de l'année, les réformes en
cours sur les exigences de fonds propres, les systèmes de garantie des dépôts
et la résolution des crises bancaires. De même, ces règles doivent s'appliquer de la même manière
dans l'ensemble de l'Union, au moyen d'une surveillance cohérente et
convergente des établissements de crédit exercée par les autorités nationales
de surveillance et la BCE. L'ABE doit jouer un rôle essentiel dans cette
perspective, notamment grâce aux instruments et aux compétences qui lui sont
confiés par son règlement fondateur (traitement des infractions au droit de
l'Union, médiation, normes techniques contraignantes, orientations et
recommandations). Il est dès lors extrêmement important que l'ABE joue
pleinement son rôle en vue de créer un cadre juridique commun et une culture
commune de la surveillance dans l'ensemble de l'Union. De plus, pour éviter une divergence entre la zone euro et le
reste de l'UE, le règlement uniforme devrait s'accompagner de pratiques de
surveillance uniformes. Les différences entre les États membres qui participent
au mécanisme de surveillance unique et les autres États membres concernant les manuels
et les approches en matière de surveillance feraient peser un risque de
fragmentation du marché unique, dans la mesure où les banques pourraient
exploiter ces différences pour faire un arbitrage entre les réglementations.
L'ABE devrait mettre au point un manuel uniforme pour la surveillance en
complément du règlement uniforme. Toutes les mesures adoptées par la BCE – notamment pour
formuler plus en détail les modalités de la surveillance prudentielle dans le
contexte de la structure de surveillance spécifique créée par le mécanisme de
surveillance unique – doivent être conformes au règlement uniforme, y compris
les normes techniques instaurées par des actes délégués adoptés par la
Commission européenne. Enfin, il convient de noter que la proposition de ce
jour maintient l'équilibre actuel entre les États membres d'origine et les
États membres d'accueil, y compris en ce qui concerne leur participation aux
collèges d'autorités de surveillance. L'incidence effective et les implications du mécanisme de surveillance
unique sur le fonctionnement opérationnel de l'ABE seront examinées plus
spécifiquement lors du prochain examen du fonctionnement des autorités
européennes de surveillance, qui sera présenté par la Commission le 2 janvier
2014 au plus tard[10].
Dans ce contexte, la Commission examinera en particulier si le rôle de l'ABE
doit être renforcé en ce qui concerne les exercices de tests de résistance,
pour éviter que cette Autorité dépende trop des informations et contributions
provenant des autorités compétentes pour évaluer la résilience effective du
secteur bancaire dans l'Union. La Commission continuera par ailleurs à renforcer la
stabilité financière et à garantir des conditions égales dans le marché unique
de l'UE pour le secteur bancaire par le biais du contrôle des aides d'État et
des conditions dont est assortie l'aide à l'ajustement économique. Actions clés La Commission invite le Parlement européen et le Conseil à conclure un accord avant la fin de 2012 sur: (i) les propositions CRD IV, en les rendant applicables tant dans le marché unique que dans le contexte du mécanisme de surveillance unique; (ii) la proposition de directive sur les systèmes de garantie des dépôts, telle qu'elle a été présentée par la Commission; (iii) la proposition de directive sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances. 3. Achever l'union bancaire Comme indiqué par la Commission[11] avant le Conseil européen
de juin 2012 ainsi que dans le rapport des présidents du Conseil européen, de
la Commission, de l'Eurogroupe et de la Banque centrale européenne du 26 juin
2012[12],
achever l'union bancaire nécessitera de nouveaux travaux en vue de la mise en
place d'un mécanisme de surveillance unique, d'un système commun de garantie
des dépôts et d'un cadre de gestion de crise intégré. L'établissement du
mécanisme de surveillance unique en constitue la première étape, de grande
ampleur et d'importance cruciale. 3.1. Un mécanisme de surveillance unique Le mécanisme de surveillance unique proposé aujourd'hui par
la Commission est fondé sur le transfert vers le niveau européen de missions
clés spécifiques en matière de surveillance des banques établies dans les États
membres ayant adopté l'euro. La BCE, tout en étant responsable en dernier
ressort, s'acquitterait de ses missions dans le cadre du mécanisme de
surveillance unique composé d'elle-même et des autorités nationales de
surveillance. Cette structure permettra une surveillance forte et cohérente
dans toute la zone euro, tout en utilisant au mieux le savoir-faire des
autorités nationales, adapté à leur pays et à ses spécificités. Ainsi, la
surveillance continuera de se faire en toute connaissance de l'ensemble des
circonstances nationales et locales pertinentes pour la stabilité financière.
La Commission propose aussi un mécanisme qui permettra aux États membres qui
n'ont pas adopté l'euro, mais souhaitent participer au mécanisme de
surveillance unique, de coopérer de manière rapprochée avec la BCE. En vertu du mécanisme de surveillance unique, la BCE deviendra
responsable de la surveillance de toutes les banques dans l'union bancaire;
elle leur appliquera le règlement uniforme applicable dans l'ensemble du marché
unique. L'expérience récente a montré que les difficultés, même si elles
touchent des banques de taille relativement réduite, peuvent avoir des
incidences négatives significatives sur la stabilité financière des États
membres. C'est pourquoi, dès le départ, la BCE sera habilitée à décider de
prendre en charge la surveillance de toute banque de la zone euro, notamment si
cette banque reçoit une aide publique. Pour toutes les banques non concernées,
la surveillance de la BCE sera introduite progressivement de façon automatique:
le 1er juillet 2013 pour les plus grandes banques européennes
d'importance systémique et le 1er janvier 2014 pour toutes les
autres banques. L'ensemble des banques de la zone euro sera donc sous
surveillance européenne au 1er janvier 2014. La BCE se verra confier les missions de surveillance clés
spécifiques indispensables pour détecter les risques menaçant la viabilité des
banques. Elle sera habilitée à exiger des banques qu'elles prennent les mesures
correctives nécessaires. La BCE sera, entre autres, l'autorité compétente pour
agréer les établissements de crédit, apprécier si une participation est
qualifiée, veiller au respect des exigences minimales de fonds propres, veiller
à l'adéquation du capital interne d'un établissement de crédit par rapport à
son profil de risque («mesures du deuxième pilier») et réaliser la surveillance
sur une base consolidée ainsi que les missions de surveillance des conglomérats
financiers. La BCE garantira aussi le respect des dispositions en matière de
levier et de liquidités, l'application des coussins de fonds propres, et
prendra, en coordination avec les autorités de résolution, des mesures
d'intervention précoce lorsqu'une banque ne respecte pas les exigences de fonds
propres réglementaires ou est sur le point de ne plus les respecter. La BCE sera investie des pouvoirs d'enquête et de
surveillance nécessaires à l'exercice de ses missions. La participation active
des autorités nationales de surveillance au sein du mécanisme de surveillance
unique est prévue pour garantir une élaboration et une mise en œuvre efficaces
et sans heurts des décisions de surveillance ainsi que la coordination et les
flux d'information nécessaires en ce qui concerne les questions de portée tant
locale qu'européenne, afin de garantir la stabilité financière dans l'Union et
dans ses États membres. Toutes les missions non explicitement confiées à la BCE
resteront de la compétence des autorités nationales. Par exemple, celles-ci
resteront chargées de la protection des consommateurs et de la lutte contre le
blanchiment de capitaux, ainsi que de la surveillance des établissements de
crédit de pays tiers qui établissent une succursale ou fournissent des services
en prestation transfrontière dans un État membre. La BCE doit pouvoir s'acquitter de
ses nouvelles fonctions de surveillance en toute indépendance, tout étant
pleinement responsable de ses actes. La Commission propose, pour garantir la
légitimité démocratique, d'importantes mesures de sauvegarde en matière de
comptes rendus, notamment vis-à-vis du Parlement européen et du Conseil. Par
ailleurs, la proposition établit un certain nombre de principes
organisationnels permettant une séparation claire entre la politique monétaire
et la surveillance. Cela permettra à la fois d'atténuer les conflits potentiels
entre les différents objectifs et d'exploiter autant que possible les synergies
entre eux. Ainsi, toutes les activités préparatoires et exécutives seront
exercées par des divisions administratives et organes distincts de ceux chargés
des fonctions de politique monétaire, dans le cadre d'un comité de surveillance
établi expressément à cette fin au sein de la BCE. Enfin, les propositions de
modifications au règlement instituant l'ABE feront en sorte que cette autorité
puisse continuer à remplir sa mission de façon efficace pour tous les États
membres. Elle exercera aussi ses pouvoirs et ses missions vis-à-vis de la BCE.
Les modalités de vote au sein de l'ABE seront adaptées de façon à garantir que
les structures décisionnelles de cette autorité restent équilibrées et
efficaces, reflétant les positions des autorités compétentes des États membres
qui participent au mécanisme de surveillance unique et de celles des États qui
n'y participent pas et préservant ainsi pleinement l'intégrité du marché
unique. Les modifications des modalités de vote visent les domaines dans
lesquels l'ABE prend des décisions contraignantes en matière d'application du
règlement unique dans le cadre du traitement d'infractions ou du règlement de
différends. Dans les autres domaines, les garanties procédurales existantes
sont jugées suffisantes pour assurer une prise de décisions équilibrée et
efficace. Par exemple, les projets de normes techniques sont soumis à la
Commission pour adoption, et cette dernière peut décider de ne pas les
approuver ou de les modifier, notamment s'ils ne sont pas totalement conformes
aux principes fondamentaux du marché intérieur des services financiers. Enfin,
une clause de réexamen ciblée a été insérée dans le projet de règlement
modifiant le règlement (UE) nº 1093/2010 afin de tenir compte, notamment,
de toute évolution du nombre d'États membres dont la monnaie est l'euro ou dont
les autorités compétentes ont établi une coopération rapprochée et d'examiner
si, étant donné ces évolutions, une nouvelle adaptation des dispositions est
nécessaire pour faire en sorte que les décisions de l'ABE visent effectivement
à préserver et à approfondir le marché intérieur des services financiers. Actions clés La Commission invite: – i) le Conseil à examiner et à adopter en urgence la proposition de règlement du Conseil confiant à la BCE des missions spécifiques ayant trait aux politiques en matière de surveillance prudentielle des établissements de crédit, en tenant compte de l'avis du Parlement européen; – ii) le Parlement européen et le Conseil à examiner et à adopter en urgence la proposition modifiant le règlement (UE) nº 1093/2010 instituant l'ABE. – Un accord sur ces deux propositions devrait être obtenu avant la fin de 2012. 3.2. Prochaines étapes dans le domaine de la
gestion des crises bancaires L'intégration financière mondiale et le marché unique de
l'UE ont permis au secteur bancaire d'atteindre dans certains États membres un
volume plusieurs fois supérieur au PIB national; des établissements deviennent
donc à la fois trop gros pour pouvoir faire faillite et trop gros pour être
sauvés par les dispositifs nationaux existants. D'autre
part, l'expérience montre que la défaillance de banques même relativement
petites peut provoquer des dommages systémiques transfrontaliers. En outre, les retraits massifs au profit
d'établissements d'un autre pays peuvent affaiblir dangereusement le système
bancaire national, portant préjudice à la position budgétaire et renforçant les
problèmes de financement tant pour le système bancaire que pour l'État. Une surveillance renforcée dans l'union bancaire contribuera
à renforcer la solidité des banques. Il est
nécessaire de veiller à ce que, si une crise se produit néanmoins, les
établissements puissent faire l'objet d'une résolution ordonnée et les
déposants soient assurés de la sécurité de leur épargne. Dans ce contexte, la Commission a souligné[13] qu'une union bancaire
devrait passer notamment par une gestion davantage centralisée des crises
bancaires. Le Parlement européen a aussi
préconisé des avancées dans ce domaine. La
nécessité de «mécanismes communs permettant de résoudre les défaillances
bancaires et de garantir les dépôts des clients» a aussi été évoquée dans le
rapport des présidents du Conseil européen, de la Commission, de l'Eurogroupe
et de la Banque centrale européenne du 26 juin 2012[14].
La Commission envisage donc notamment de proposer la
création d'un mécanisme de résolution unique qui régirait la résolution
bancaire et permettrait de coordonner, en particulier, l'application des
instruments de résolution aux banques dans l'union bancaire. Étant donné que la vitesse et la crédibilité sont
indispensables pour faire face aux crises bancaires, ce mécanisme serait plus
efficace qu'un réseau d'autorités de résolution nationales, notamment dans le
cas de défaillances transfrontalières. Il
constituerait un complément naturel à la mise en place d'un mécanisme de
surveillance unique. En outre, il permettrait
de réaliser de substantielles économies d'échelle et d'éviter les externalités
négatives qui pourraient découler de décisions purement nationales. Il prendrait ses décisions conformément aux
principes de résolution définis par le règlement uniforme, qui sont en accord
avec les bonnes pratiques internationales et respectent totalement les règles
de l'Union en matière d'aides d'État. En
particulier, les actionnaires et les créanciers devraient supporter le coût de
la résolution avant l'octroi de tout financement externe, et il conviendrait de
trouver des solutions émanant du secteur privé au lieu de recourir à l'argent
des contribuables. Par ailleurs, ce mécanisme de résolution unique, après
évaluation de son fonctionnement, pourrait aussi se voir confier de nouvelles
tâches de coordination en matière de gestion des situations de crise et
d'instruments de résolution dans le secteur bancaire, comme exposé dans le rapport
présenté en juin 2012 par les présidents du Conseil européen, de la Commission,
de la BCE et de l'Eurogroupe. Actions clés Lorsqu'un accord sur les propositions existantes relatives au système de garantie des dépôts ainsi qu'au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances aura été obtenu, la Commission envisage de proposer notamment la création d'un mécanisme de résolution unique pour résoudre les défaillances bancaires et coordonner l'application des instruments de résolution aux banques dans le cadre de l'union bancaire. 4. Prochaines étapes L'Union européenne a les moyens de remédier à ses faiblesses
actuelles et de mettre en place l'union bancaire, étape essentielle sur la voie
d'une véritable Union économique et monétaire. La Commission invite le Parlement européen et le Conseil: –
à appuyer pleinement l'union bancaire et à approuver les orientations et
la feuille de route exposées dans la présente communication; –
à accorder le plus haut niveau de priorité dans le processus législatif
aux actions nécessaires à la mise en place de l'union bancaire; –
à achever, dès que possible et en tout cas avant la fin de l'année,
leurs travaux sur les propositions qui ont été déposées en ce qui concerne: –
les systèmes de garantie des dépôts; –
l'accès à l'activité des établissements de crédit et la surveillance
prudentielle des établissements de crédit et des entreprises d'investissement
(CRD); –
les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et
aux entreprises d'investissement (CRR); –
un cadre pour le redressement et la résolution des défaillances
d'établissements de crédit et d'entreprises d'investissement; –
les missions à confier à la BCE en matière de surveillance prudentielle
des établissements de crédit; –
la modification de certaines dispositions du règlement sur l'ABE. En publiant la présente communication et les propositions
législatives qui l'accompagnent, la Commission a agi de façon rapide et
responsable en réaction au mandat qui lui avait été donné fin juin par le Conseil
européen et par les chefs d'État ou de gouvernement de la zone euro. Les autres
institutions doivent maintenant accomplir leur part du travail pour faire en
sorte que le mécanisme de surveillance unique soit en place au 1er
janvier 2013. [1] http://ec.europa.eu/internal_market/finances/policy/map_reform_fr.htm
[2] http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/president/news/archives/2012/06/20120626_speeches_2_fr.htm [3] http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/131201.pdf. [4] Résolution
du Parlement européen du 7 juillet 2010 contenant des recommandations à la
Commission sur la gestion de crise transfrontalière dans le secteur bancaire
[2010/2006(INI)]. [5] «La
Commission présentera prochainement des propositions sur la base de l'article 127,
paragraphe 6, concernant un mécanisme de surveillance unique. Nous demandons au
Conseil d'examiner ces propositions d'urgence d'ici la fin de 2012. Lorsqu'un
mécanisme de surveillance unique, auquel sera associée la BCE, aura été créé
pour les banques de la zone euro, le MES pourrait, à la suite d'une décision
ordinaire, avoir la possibilité de recapitaliser directement les banques. Cette
possibilité serait soumise à une conditionnalité appropriée, y compris quant au
respect des règles relatives aux aides d'État, qui devrait être spécifique à
chaque établissement, à chaque secteur ou concerner l'ensemble de l'économie,
et qui serait formalisée dans un mémorandum d'accord»,
http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/131360.pdf.
[6] Règlement
(UE) n° 1093/2010. [7] http://ec.europa.eu/internal_market/finances/policy/map_reform_fr.htm
[8] http://ec.europa.eu/internal_market/bank/docs/guarantee/200914_fr.pdf
[9] http://ec.europa.eu/internal_market/bank/crisis_management/index_fr.htm
[10] Conformément
à l'article 81 des règlements instituant les autorités européennes de
surveillance [règlement (UE) n° 1093/2010, règlement (UE)
n° 1094/2010, et règlement (UE) n° 1095/2010]. [11] http://ec.europa.eu/europe2020/banking-union/index_fr.htm
[12] http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/131201.pdf [13] http://ec.europa.eu/europe2020/banking-union/index_fr.htm
[14] http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/131201.pdf