RAPPORT DE LA COMMISSION Rapport 2012 sur les obstacles au commerce et à l’investissement /* COM/2012/070 final */
RAPPORT
DE LA COMMISSION AU CONSEIL EUROPÉEN Rapport 2012 sur les
obstacles au commerce et à l’investissement 1. INTRODUCTION En 2011, la Commission a présenté son
premier rapport sur les obstacles au commerce et à l’investissement (ROCI) au
Conseil européen. La publication du rapport faisait suite à un engagement de la
stratégie «Europe 2020»[1], qui a été repris
ultérieurement dans la communication de la Commission «Commerce, croissance
et affaires mondiales»[2]. Le rapport visait à «insister
[au niveau politique] sur les efforts communs qui doivent être déployés pour
certaines barrières d’accès au marché» empêchant les entreprises
européennes d’exporter ou d’investir dans les pays tiers. Le rapport avait un
objectif de sensibilisation, afin de montrer combien la suppression ciblée et
concertée de ces obstacles était importante pour permettre aux entreprises
européennes de tirer profit du marché mondial, conformément à ce qui a été
négocié avec les partenaires commerciaux de l’UE au niveau multilatéral ou bilatéral. Le présent document est le second
rapport sur les obstacles au commerce et à l’investissement. Il rend compte des
progrès réalisés sur les 21 obstacles identifiés dans la première édition
du rapport et identifie plusieurs nouveaux obstacles qui méritent d’être pris
en compte dans les actions concertées et les priorités politiques de la
Commission et des États membres. Tout comme l’édition 2011, le rapport
2012 met l’accent sur les barrières commerciales existant sur les marchés de
certains partenaires stratégiques de l’UE, en l’occurrence la Chine, l’Inde et
le Japon, le Mercosur[3], la Russie et les
États-Unis[4]. Si la priorité est accordée à
certains partenaires stratégiques de l’UE, cela ne signifie pas pour autant que
les obstacles existant sur d’autres marchés sont ignorés. Au contraire, la Commission
a noué le dialogue avec un groupe plus large de partenaires commerciaux, dont
le Viêt Nam, l’Indonésie, l’Ukraine et la Turquie – pays dans lesquels les
entreprises européennes font face à un nombre considérable d’obstacles – en vue
d’améliorer les conditions d’accès au marché. La suppression de certaines barrières
commerciales reste l’une des pierres angulaires dans les liens que l’UE
entretient avec les pays tiers et constitue une composante essentielle de sa politique
commerciale. Cet aspect est d’autant plus pertinent dans la situation actuelle
de crise économique prolongée, ayant de graves répercussions sur un grand
nombre d’entreprises européennes et de citoyens de l’UE. Dans ce contexte, le
commerce est un moteur essentiel de la croissance économique et de la création
d’emplois[5]. Dans le même temps
toutefois, les risques accrus de protectionnisme[6] représentent une menace
pour l’ouverture du système commercial. Il est donc dans l’intérêt légitime de
l’UE d’encourager et de poursuivre l’ouverture des marchés dans toutes les
enceintes – que ce soit dans un cadre bilatéral ou multilatéral. Étant donné que la perspective d’une
conclusion prochaine du programme de Doha pour le développement est en train de
s’éloigner, l’UE a réorienté sa stratégie commerciale vers les négociations
bilatérales. Un accord global très ambitieux de libre-échange avec la Corée du Sud
est provisoirement entré en vigueur le 1er juillet 2011 et
procurera des avantages économiques intéressants aux entreprises et aux
consommateurs européens. Des négociations commerciales bilatérales ont été
finalisées avec l’Amérique centrale, au même titre qu’avec le Pérou et la
Colombie. Les négociations sont en cours de finalisation avec l’Ukraine, elles
sont bien avancées dans le cas du Canada, de l’Inde et de Singapour et se
poursuivent avec la Malaisie et le Mercosur. De nouvelles négociations d’ALE
ont été lancées avec la Géorgie et la Moldavie et des discussions ont lieu actuellement
avec l’Indonésie, le Viêt Nam, la Thaïlande, les Philippines et le Japon, en
vue de la tenue d’éventuelles négociations. L’adhésion de la Russie à l’OMC
ouvre de nouvelles perspectives pour la négociation en cours d’un nouvel
accord. À l’égard des États-Unis et la Chine, l’UE est engagée dans un dialogue
de haut niveau traitant notamment la question des obstacles à l’accès au
marché. En ce qui concerne la Chine également, l’UE est en train d’examiner s’il
est souhaitable et possible d’élaborer un accord d’investissement autonome. Du fait de ce vaste programme de
négociation, il est essentiel de rendre irréversibles les engagements pris en ce
qui concerne l’accès des entreprises européennes aux marchés tiers, de même que
de créer de nouveaux accès à ces marchés. Une telle stratégie contribue aussi à
créer des conditions cadres stables et prévisibles pour les activités
économiques au niveau mondial. La finalisation des négociations ne représente
cependant qu’une face de la médaille. Il est tout aussi important de veiller à
ce que les possibilités qu’ouvrent les négociations se traduisent par des flux réels
d’échanges sur le terrain. Trop souvent, les entreprises européennes restent
confrontées en pratique à des obstacles considérables en matière d’accès aux
marchés étrangers. Ces obstacles sont souvent de nature non tarifaires (par
exemple, règlements et normes techniques), correspondent à des procédures
douanières lourdes ou sont le fruit d’une mise en œuvre timorée des droits de
propriété intellectuelle. Depuis le début de la crise en économique en 2008, on
observe que les obstacles prolifèrent dans des domaines dans lesquels les réglementations
commerciales internationales restent plutôt faibles, notamment les marchés
publics et les restrictions à l’exportation. Les négociations commerciales et la
mise en œuvre des accords doivent aller de pair. Renforcer le programme de
négociation conduit inévitablement à mettre davantage l’accent sur le volet de
la «mise en œuvre», ce que souligne également une résolution adoptée récemment
par le Parlement européen[7], qui comporte des lignes
directrices intéressantes pour les travaux de la Commission et des États
membres en matière de barrières commerciales. Elle montre que la politique est
davantage consciente qu’il est essentiel de supprimer les barrières
commerciales pour les besoins tant de la légitimité et que de l’efficacité de
la politique commerciale. De ce fait, la mise en œuvre doit se poursuivre à
titre de priorité, en particulier en période de crise économique, notamment au
niveau politique. Le message clé du présent rapport est
compatible avec l’idée qui sous-tend la stratégie d’accès au marché: lorsque la
Commission et les États membres pèsent de tout leur poids en faveur d’actions
ciblées, déterminées et coordonnées, il est possible de supprimer les obstacles
existant dans les pays tiers, en vue de permettre aux entreprises européennes d’accéder
plus facilement à ces marchés étrangers. Le succès d’une telle démarche est
parfois long à se dessiner et n’est pas toujours aussi étendu que les acteurs
économiques le souhaiteraient. Toutefois, lorsqu’il se matérialise, il permet
aux entreprises et aux citoyens européens de disposer d’avantages économiques
considérables. Cette seconde édition du rapport sur
les obstacles au commerce et à l’investissement est structurée de la manière
suivante: la partie 2 expose les progrès réalisés pour les obstacles qui
ont été identifiés dans le rapport précédent et met en évidence les options
d’actions futures dans les secteurs où ces progrès ne sont pas encore
satisfaisants. La partie 3 étudie plusieurs nouveaux obstacles
susceptibles de faire l’objet de mesures prioritaires. La partie 4 donne
un aperçu des tendances qui se dessinent dans certains pays en ce qui concerne
l’introduction de politiques d’industrialisation qui restreignent le commerce. 2. OBSTACLES
2011: QUELS SONT LES PROGRÈS RÉALISÉS? Le ROCI 2011 a identifié
21 obstacles dans six régions/pays partenaires. Il a été jugé que ces obstacles
revêtaient une importance majeure pour les entreprises européennes, compte tenu
de leurs répercussions économiques ou systémiques potentielles et de
l’importance stratégique des pays concernés. Ces questions d’accès au marché
ont été élevées au rang de priorités clés dans les relations commerciales
bilatérales de l’UE avec les pays en question. La Commission s’est efforcée de les
soulever systématiquement lors des réunions bilatérales, jusqu’au plus haut
niveau politique (par exemple à l’occasion de sommets), le cas échéant. La présente partie rend compte des
principales mesures prises à propos des obstacles, ainsi que des progrès
réalisés en 2011. Le document de travail des services de la Commission joint au
présent rapport contient un résumé synthétique de l’ensemble des mesures prises
par la Commission, y compris au niveau opérationnel. Dans certains cas, les
progrès réalisés ont permis de supprimer totalement un obstacle. Dans d’autres,
une amélioration a été observée, même si les obstacles continuent d’exister
partiellement. Parfois aussi, la situation s’est détériorée par rapport à
l’année précédente, malgré les nombreuses actions mises en œuvre. La présente partie est structurée conformément
à ces trois catégories, en fonction du degré de progrès accomplis. Dans le cas
de la Russie, l’adhésion prochaine à l’OMC peut éventuellement résoudre nombre
de problèmes d’accès au marché existant depuis longtemps. Par conséquent, la situation
de ce pays sera analysée dans une catégorie distincte. 2.1 Obstacles
pour lesquels des progrès sensibles ont été réalisés Des progrès sensibles ont été
réalisés pour deux mesures concernant l’Inde. Premièrement, les restrictions
imposées en 2010 sur les exportations de coton, et plus particulièrement
les exportations de fil de coton et de coton brut, ont pu être levées.
Et en août 2011, l’administration indienne a finalement levé toute
restriction quantitative subsistant pour le coton brut. À l’heure actuelle,
aucune restriction à l’exportation de coton n’est applicable. Les restrictions
à l’exportation de coton et de produits en coton étaient une source de
préoccupation majeure, en raison de la pression à la hausse qu’elles exerçaient
sur les prix mondiaux ainsi que des distorsions qu’elles étaient susceptibles
d’entraîner sur la sécurité de l’approvisionnement. Par ailleurs, l’Inde est
restée l’une des principales sources d’importation de l’UE en matière de
produits en coton: en 2009, 23 % des importations de produits concernés
par les restrictions étaient originaires d’Inde. Aussi la levée de cet obstacle
revêt-elle une grande importance économique pour les entreprises de l’UE,
notamment celles qui travaillent dans le secteur du textile. En 2011, les
craintes de l’UE ont été exposées aux autorités indiennes à de multiples reprises,
y compris par le directeur général de la DG TRADE. La seconde mesure indienne sur
laquelle des progrès sensibles ont été réalisés concerne les dispositions
prises en 2010 pour les licences relatives au matériel de télécommunication:
ces dispositions ont finalement été modifiées de façon à éliminer la plupart
des conditions limitatives qu’elles comportaient. En vertu des exigences
introduites initialement en 2009 et 2010 sur la base de critères de sécurité,
les fournisseurs étrangers de matériel de télécommunication auraient dû
transférer leur technologie au cours des trois premières années de contrat et
auraient dû remplacer leurs propres ingénieurs par des ingénieurs indiens dans
un délai de deux ans. De plus, certains renseignements sensibles auraient dû
être divulgués aux autorités indiennes pour des raisons de sécurité. Ces
exigences se démarquaient toutefois sensiblement des pratiques internationales établies.
Compte tenu des craintes exprimées par de nombreux acteurs et pays, dont l’UE,
l’Inde a finalement mis un terme à ces règles de sécurité contraignantes, y
compris aux exigences de transfert obligatoire de technologies. Les actions entreprises par la
Commission en 2011 se sont avérées très efficaces. La question a été abordée à
chaque occasion, y compris par le président Barroso lors du sommet UE/Inde qui
s’est tenu en décembre 2010. Les progrès réalisés ont permis de résoudre
les questions les plus pertinentes pour les entreprises de l’UE. Au total, le
marché indien du matériel de télécommunication représentait une valeur
d’environ 16,7 milliards d’euros pour l’exercice 2010-2011. La
Commission reste en contact étroit avec les entreprises concernées et continuera
de surveiller certaines questions techniques qui restent en suspens. 2.2 Obstacles
pour lesquels certains progrès ont été réalisés Des progrès ont également été
réalisés pour plusieurs autres obstacles identifiés dans le ROCI 2011.
Néanmoins, ces questions ne sont pas totalement réglées et restent par
conséquent sur la liste des priorités 2012. Dans certains cas, les
obstacles sont de nature systémique et constituent autant de questions se
posant depuis longtemps dans les relations commerciales bilatérales. C’est
pourquoi les améliorations réalisées en 2011 sont des signaux prometteurs,
annonçant peut-être les progrès qui seront réalisés cette année. La Commission
continuera à soulever ces questions auprès de toutes les instances, en se
basant sur les solides progrès réalisés en 2011 et en visant la levée totale de
ces barrières en 2012. En ce qui concerne la Chine,
l’action persistante de la Commission a été couronnée de succès pour l’une des
questions les plus systémiques de la liste des problèmes affectant les échanges
bilatéraux. De solides progrès ont été obtenus dans le domaine de la «politique
d’innovation intérieure», qui est basée sur le principe selon lequel seuls
les produits innovateurs dont la propriété intellectuelle est d’origine
chinoise ont accès aux marchés publics. Alors qu’une première série
d’indications positives avaient déjà données lors de la réunion économique et
commerciale de haut niveau qui s’est tenue en décembre 2010, la Chine a
pris des mesures concrètes en 2011 en vue de découpler les marchés publics des
exigences relatives à l’origine de la propriété intellectuelle, par exemple en
supprimant toute référence à l’innovation intérieure dans le projet de décret d’application
de la loi sur les marchés publics et en s’engageant à supprimer les catalogues
obligatoires (y compris les catalogues provinciaux). En outre, le ministère des
finances a adopté une note annonçant l’abolition de trois politiques nationales
relatives à l’innovation intérieure. Enfin, à l’occasion de la réunion de la
Commission conjointe États-Unis/Chine sur le commerce et les échanges qui s’est
tenue en novembre 2011, la Chine a pris d’autres mesures concrètes sur la
mise en œuvre des engagements au niveau provincial. La Commission salue et accueille
favorablement les progrès importants réalisés en 2011, qui constituent une
étape d’envergure sur la voie de la suppression des dispositions discriminatoires
dans un domaine aussi important que les marchés publics. La Commission
continuera à surveiller les engagements ultérieurs de la Chine, de manière à s’assurer
que ceux-ci permettent réellement aux entreprises européennes d’accéder au
marché chinois. Dans le même temps, des
développements positifs ont été observés pour les mesures que l’UE a prises en
ce qui concerne les restrictions chinoises à l’exportation de
matières premières, dans le cadre du litige soumis à l’OMC en 2009 dans le
cas de neuf produits[8]. Le rapport que le panel
de l’OMC a rendu en juillet 2011 précise que les restrictions d’exportation,
telles qu’elles étaient appliquées par la Chine à plusieurs matières premières,
n’étaient pas compatibles avec les obligations de la Chine en vertu de la
législation de l’OMC. Le panel a notamment établi que les droits d’exportation
chinois sur les matières premières en question n’étaient pas compatibles avec
les obligations auxquelles est soumise la Chine en vertu de son protocole
d’adhésion à l’OMC. De fait, les contingents d’exportation institués par la
Chine sur cet ensemble de matières premières étaient contraires à
l’interdiction générale d’instaurer des prescriptions quantitatives en matière
d’exportation. Par ailleurs, le panel a estimé que les mesures en question n’étaient
pas justifiées par des préoccupations de protection de l’environnement ou par
la pénurie d’un produit essentiel. La Chine a fait appel du rapport du panel et,
le 30 janvier 2012, l’organe d’appel de l’OMC a confirmé l’illégalité
des contingents et droits d’exportation chinois. Courant 2011, la
Commission a également continué à soulever la question plus vaste des
restrictions d’exportation de matières premières au-delà de l’affaire
spécifique soumise à l’OMC, puisque cette politique chinoise continue de
couvrir un très grand nombre de composantes fondamentales des matières
premières, telles que les terres rares. La Commission attendra la publication
du rapport de l’organe d’appel pour se prononcer sur la suite à donner à cette
affaire. Dans le cas de l’Inde, si un
ALE est en cours de négociation, des progrès ont été réalisés sur les questions
sanitaires et phytosanitaires (SPS), plus précisément sur le matériel génétique
bovin, par rapport aux perspectives d’alignement sur les normes
internationales. De plus amples progrès sont toutefois nécessaires pour
débloquer totalement les exportations de l’UE. Par ailleurs, dans le domaine de
la sécurité alimentaire, l’Inde a élaboré des lignes directrices ad hoc en
octobre 2011, qui faciliteront les exportations de plusieurs produits
agroalimentaires de l’UE vers l’Inde. Globalement toutefois, l’Inde doit encore
s’aligner davantage sur les normes internationales afin d’ouvrir complètement
son marché aux produits de l’UE. À cette fin, la Commission continuera à
soulever ces questions auprès des autorités indiennes, dans tout cadre
multilatéral et bilatéral, en se basant sur les résultats positifs obtenus en
2011. En ce qui concerne le Japon,
les discussions préliminaires progressent, au point que des négociations d’ALE pourraient
être lancées en 2012, et certains progrès ont été réalisés sur les dispositifs
médicaux, à la suite des engagements pris par le Japon lors du sommet UE‑Japon
de 2009. Les contacts réguliers avec le ministère japonais de la santé, du
travail et des affaires sociales ont permis de clarifier les procédures
d’approbation de «précommercialisation» que le Japon applique aux dispositifs
médicaux et d’améliorer marginalement le processus d’évaluation de la
conformité pour certaines catégories de dispositifs (par exemple, les contrôles
«sur site» des dispositifs médicaux de classe IV sont limités à une
fréquence biennale). La Commission suivra la mise en œuvre de cet engagement et
poursuivra ses efforts d’amélioration et de simplification des procédures
japonaises d’évaluation de la conformité afin de s’assurer qu’elles ne
constituent pas d’obstacle injustifié à l’accès des dispositifs médicaux, ou
d’autres produits, au marché japonais. D’autres progrès ont été réalisés en
ce qui concerne les marchés publics japonais, dans le cadre des négociations
d’accord sur les marchés publics (AMP) qui ont été menées à bien en décembre 2011.
En fait, le Japon s’est engagé vis-à-vis de l’UE à appliquer la clause de
sécurité opérationnelle dans les marchés publics ferroviaires de façon
transparente et non discriminatoire. Cet engagement devrait permettre une
utilisation non arbitraire de la clause, de sorte que les appels d’offres dans
le secteur ferroviaire devraient être ouverts aux soumissionnaires étrangers. Des progrès ont également été
réalisés en ce qui concerne la législation «100 % scanning» des États-Unis.
À la suite d’un certain nombre d’actions, y compris celles qui ont été
entreprises par la Commission européenne, la ministre américaine de la sécurité
intérieure (Homeland Security) a annoncé qu’elle avait l’intention de repousser
la date d’entrée en vigueur de cette mesure, initialement prévue pour le 1er juillet 2012.
Il s’agit d’un premier pas, dont il faut espérer qu’il aboutira à l’abrogation
de cette législation par le Congrès américain. Cette évolution fait suite aux
mesures prises dans le cadre du Conseil économique transatlantique (CET),
notamment en 2010 et 2011, qui s’était penché sur la question de la sécurité du
commerce. La coopération dans le domaine de la sécurité de la chaîne
d’approvisionnement entre les États-Unis et l’UE a été encouragée sur une
déclaration conjointe de la ministre américaine de la sécurité intérieure, Mme Napolitano,
et des commissaires Šemeta, Kallas et Malmström, le 23 juin 2011.
Cette déclaration constitue un cadre politique pour la coopération UE/États-Unis,
tant au niveau bilatéral que dans le cadre multilatéral des organisations
telles que l’Organisation mondiale des douanes (OMD), l’Organisation de
l’aviation civile internationale (OACI), l’Organisation maritime internationale
(OMI) et l’Union postale universelle (UPU). Lors de la réunion de
novembre 2011 du CET, l’UE et les États-Unis ont donné suite à la
déclaration en achevant leurs travaux préparatoires sur la reconnaissance
mutuelle des programmes de partenariat commercial qui, une fois signés et mis
en œuvre, feront partie intégrante d’une alternative à la procédure du «100 %
scanning». Un succès – certes limité – a
également pu être enregistré en ce qui concerne la législation «Buy
American». Le train de mesures incitatives mis en œuvre durant la crise
financière de 2009[9], qui comporte des
dispositions étendues en matière de «Buy American», est arrivé à expiration en
septembre 2011 et n’a pas été prorogé. Néanmoins, la tendance du Congrès de
l’administration américaine de soumettre des propositions législatives
contenant des dispositions «Buy American» similaires se maintient dans le
contexte actuel de difficultés économiques. L’exemple le plus récent de cette
tendance est l’annonce, faite en septembre 2011 par le président Obama, d’une
proposition de «American Jobs Act», qui prévoirait la mise en œuvre d’un
programme de dépenses publiques d’infrastructures, soumis aux exigences des dispositions
«Buy American». Les perspectives d’adoption de ces initiatives restent
incertaines à l’heure actuelle, étant donné le contexte politique actuel au
sein du Congrès. Toutefois, la Commission restera vigilante par rapport à toute
évolution possible vers l’adoption des dispositions «Buy American» dans la
nouvelle législation. 2.3 Russie – Répercussions de l’adhésion à l’OMC sur les
questions se posant de longue date en matière d’accès au marché La Russie est arrivée au terme du
processus de 18 ans qui l’a amenée à adhérer à l’OMC: elle fera son entrée
officielle dans l’Organisation courant 2012. La Russie devra donc mettre
en œuvre des réglementations multilatérales qui devraient aider à résoudre
plusieurs questions se posant de longue date en matière d’accès bilatéral aux
marchés, tout en contribuant à empêcher l’introduction de nouvelles mesures
contraires à ses engagements OMC, avant de devenir officiellement membre de
cette organisation. Premièrement, l’adhésion à l’OMC réglera
également la question des mesures russes concernant les
investissements liés au commerce dans le secteur des véhicules à moteur et de
leurs composants. Conformément aux conditions d’adhésion convenues, le
programme d’investissement russe ne sera pas soumis aux règles de l’OMC avant
le 1er juillet 2018, date jusqu’à laquelle la Russie
supprimera progressivement ces mesures. Dans le même temps toutefois, un accord
bilatéral entre l’UE et la Russie établit un mécanisme de compensation qui
entrera en vigueur si les exportations européennes de pièces détachées et de
composants de véhicules à moteur diminuent à la suite de l’application des
mesures russes. Des progrès sont également attendus dans
le domaine des pratiques douanières. Les craintes qui sont apparues dans
le contexte de la formation d’une Union douanière ont été partiellement dissipées,
grâce aux contacts étroits entre la Commission et les autorités russes et à la
période transitoire prévue pour la mise en œuvre du nouveau code douanier.
D’une manière générale, les nouvelles pratiques douanières ne se sont pas
traduites par l’instauration d’obstacles supplémentaires en matière d’accès aux
marchés, contrairement à ce qui avait été craint initialement. Néanmoins, les
questions telles que l’interprétation arbitraire de la législation douanière
par les autorités russes restent une source de préoccupation. L’adhésion à
l’OMC devrait amener plusieurs améliorations, puisque la Russie sera soumise
aux dispositions de l’OMC, de même qu’à des textes tels que l’accord de l’OMC
sur la valeur en douane, ce qui devrait contribuer à faciliter les échanges. Des
travaux ont également été lancés en vue de mettre en œuvre les objectifs du
cadre stratégique UE-Russie pour la coopération douanière, visant à faciliter
au mieux les échanges tout en assurant leur sûreté et leur sécurité. Des progrès sont aussi attendus en
matière de droits de propriété intellectuelle (DPI), secteur dans lequel
le dialogue bilatéral UE-Russie sur la propriété intellectuelle restera sans
doute très utile pour traiter les problèmes de mise en œuvre. Enfin, des progrès devraient être
réalisés sur de nombreuses questions SPS, étant donné que la Russie doit
pleinement respecter les normes internationales et les appliquer de manière non
discriminatoire. La Russie devra également veiller à ce que ses mesures SPS
soient basées sur des principes de transparence et de justification
scientifique et qu’elles soient proportionnées et non discriminatoires. Les
discussions de préadhésion sur les questions de SPS dans le cadre de l’OMC ont
déjà amené la Russie à prendre plusieurs engagements et à adopter plusieurs
textes – y compris au niveau de l’Union douanière avec la Biélorussie et le Kazakhstan
– de manière à préparer l’alignement complet des normes SPS sur les normes
internationales à la date d’adhésion. D’autres décisions ou normes ont été
adoptées ou sont en préparation[10]. La mise en œuvre de ces
actes et d’autres textes législatifs conformément aux règles OMC/SPS doit être surveillée
de près afin de veiller à ce que la Russie respecte pleinement ses obligations
SPS dès lors qu’elle sera membre de l’OMC, en particulier en ce qui concerne la
non-discrimination et la proportionnalité. En parallèle, la Commission poursuit
les discussions bilatérales avec la Russie, de même qu’avec ses partenaires de
l’union douanière, à propos de la nécessaire adaptation ultérieure des réglementations
de la Russie et de l’union douanière aux normes internationales. L’adhésion de la Russie à l’OMC
marque une étape très importante sur la voie de la levée de nombreux obstacles
commerciaux auxquels les entreprises européennes sont exposées depuis longtemps
sur le marché russe. L’une des priorités du programme de mise en œuvre de l’UE
en 2012 et au-delà consistera notamment à surveiller la mise en œuvre, par la
Russie, de ses engagements OMC par rapport aux progrès réalisés en ce qui
concerne ces obstacles. 2.4 Obstacles pour lesquels aucun progrès n’a été enregistré en
2011 Malgré les efforts déployés en 2011 par
la Commission européenne, qui a notamment traité certaines questions au plus
haut niveau politique, aucun progrès sensible n’a été enregistré pour certains
obstacles qui resteront sur la liste des priorités 2012. Par exemple, la Chine n’a
réalisé aucun progrès pour deux des obstacles identifiés dans le
ROCI 2011. Les investissements restent un domaine essentiel des relations
bilatérales avec la Chine, compte tenu de l’énorme potentiel qu’offre ce pays.
Néanmoins, les obstacles à l’investissement persistent et la situation ne s’est
pas améliorée en 2011. En plus des mécanismes existant en matière de contrôle des
investissements directs étrangers (IDE), la Chine a adopté en février 2011
un mécanisme de réexamen au titre de la sécurité nationale, qui permet de faire
objection à des opérations de fusion/acquisition faisant intervenir des
investisseurs étrangers pour des raisons de sécurité nationale (voir
partie 3). Le champ d’application excessivement vaste et ambigu de ce
texte a soulevé des craintes par rapport aux nouveaux obstacles potentiels
auxquels pourraient être soumis à l’avenir les investisseurs étrangers en
Chine. Ce signal a été confirmé par le projet de révision, attendu de longue
date, du catalogue d’investissement publié par la Commission nationale
de développement et de réforme, en avril 2011, lequel n’a pas répondu aux
attentes concernant une plus grande ouverture de la Chine aux investissements
étrangers, notamment dans le secteur des télécommunications, des services
financiers[11], de la construction, de
la vente au détail, de la livraison expresse ou certains secteurs
manufacturiers tels que l’industrie automobile, plus particulièrement le
sous-secteur des véhicules électriques. Le commissaire De Gucht a soulevé
cette question à l’occasion de la réunion du comité conjoint de juillet 2011
et la Commission a soumis des commentaires détaillés aux autorités chinoises au
niveau technique. Le catalogue a été adopté le 24 décembre 2011 sans
modification substantielle par rapport à la version d’avril. La Commission continue de travailler
activement aux relations d’investissement globales avec la Chine. Depuis le
lancement d’une task-force bilatérale UE-Chine sur les investissements, en
2010, des discussions sont en cours pour travailler au lancement potentiel de
négociations en vue d’un accord d’investissement UE-Chine qui pourrait intégrer
les aspects liés à l’accès aux marchés au même titre que les normes les plus
élevées en matière de protection des investissements et pourrait également
inclure d’autres mécanismes de transparence destinés à accroître la sécurité
juridique pour les investisseurs européens en Chine. Dans le domaine de la normalisation
et de la réglementation technique, les barrières chinoises existant dans le
secteur de la sécurité des TIC, qui ont été identifiées comme une
priorité (réglementation OSCCA[12] sur le chiffrage
commercial et système MLPS «Multi-Level Protection System»), continuent de
susciter des craintes. La Commission a redoublé d’efforts en 2011 en soumettant
cette question au niveau ministériel. À chaque occasion, notamment en ce qui
concerne la révision du règlement OSCCA, les autorités chinoises ont
signalé que le règlement révisé sera publié pour consultation des parties
prenantes avant son adoption, qu’elles prendront en considération les
préoccupations des entreprises et seront davantage ouvertes aux technologies
étrangères. Néanmoins, le calendrier d’adoption du nouveau règlement, dont la
finalisation était prévue pour 2011, reste incertain. Dans le même temps, le
règlement OSCCA et le système MLPS continuent d’être utilisés comme base
juridique pour l’adoption de mesures liées à la sécurité de l’information,
notamment dans le cas de 6 normes destinées aux applications informatiques.
En 2012, la Commission européenne continuera de soulever cette question à
chaque occasion et poursuivra ses efforts visant à démarcher l’ensemble des
autorités chinoises concernées par cet ensemble très complexe de mesures. Aucun progrès substantiel n’a été
réalisé en Inde en ce qui concerne l’ouverture de certains secteurs aux
investissements étrangers, notamment les services juridiques, la
comptabilité, l’assurance, la banque et les services financiers. Des
préoccupations similaires persistent pour la réforme du secteur postal et ses
éventuelles répercussions négatives sur les services de livraison expresse. Ces
questions sont traitées essentiellement dans le cadre des négociations ALE en
cours. La proposition législative actuellement en discussion à des fins d’adoption
autoriserait les investissements étrangers dans la vente au détail et les
services de distribution. Les investissements dans la vente au détail
multimarques, en revanche, ont été mis en attente sine die en raison d’une
réaction politique et sociale négative. Dans le cas du Japon, les
activités bilatérales se sont intensifiées en 2011, mais les progrès réalisés
sur certains obstacles du ROCI 2011 sont limités. À la suite du dernier
sommet UE-Japon de mai 2011, une étude exploratoire a été lancée en vue de
déterminer l’étendue et le niveau des futures négociations APE. Cette étude
constitue une plateforme utile à la discussion d’obstacles spécifiques avec les
autorités japonaises. Si certains progrès ont été réalisés en ce qui concerne
les procédures d’évaluation de la conformité des dispositifs médicaux et les
marchés publics (voir point 2.2.), la situation est demeurée inchangée pour
les services financiers. Enfin, aucune amélioration n’a été
enregistrée pour les obstacles identifiés en 2011 en ce qui concerne les pays Mercosur,
dans lesquels certaines tendances protectionnistes se sont au contraire confirmées,
notamment les mesures en vigueur en Argentine et au Brésil[13].
Pour certains de ces obstacles (par exemple les restrictions dans le
transport maritime et les restrictions à l’exportation de matières premières en
Argentine et au Brésil), la négociation de l’ALE est le principal cadre
dans lequel ces questions sont actuellement discutées. Ces questions seront
donc prioritaires dans ce contexte. La Commission a en outre abordé ces
problèmes avec l’Argentine et le Brésil dans un cadre bilatéral et continuera à
s’en tenir à cette stratégie en 2012. Dans le cas des licences
d’importation non automatiques de l’Argentine (NAL), le système est resté
en vigueur et la situation ne s’est pas améliorée. En fait, en mars 2011,
l’Argentine a étendu l’application des licences d’importation non automatiques
à une liste de 178 nouvelles lignes tarifaires[14].
De ce fait, le système de licences non automatiques couvre désormais 589 lignes
tarifaires, touchant ainsi 12,3 % des exportations de l’UE vers
l’Argentine. Si les exportations de l’UE ont été un peu moins touchées par ces
mesures que les exportations en provenance d’autres pays, tels que les États-Unis,
la Chine ou le Brésil, les pertes ainsi encourues par les entreprises
européennes sont estimées à 147 millions de dollars US pour la période de
janvier à septembre 2011. La Commission a soulevé cette question auprès de
l’Argentine à plusieurs occasions, tant dans un cadre bilatéral qu’avec un
grand nombre d’autres pays au sein des organes concernés de l’OMC. À la suite des interventions de la Commission,
le gouvernement argentin a montré qu’il était disposé, dans une certaine
mesure, à trouver des solutions au cas par cas. Cette évolution a quelque peu
contribué à atténuer les difficultés les plus graves rencontrées par les
entreprises européennes. Le problème reste toutefois très sérieux, notamment
parce que l’Argentine a obligé les entreprises à mettre en œuvre des plans de
compensation des importations/exportations, en vertu desquels, pour chaque peso
importé, les entreprises sont tenues de réaliser des exportations d’un même
montant monétaire, ce qui fausse sérieusement les décisions économiques. Compte
tenu de la gravité de la situation, la Commission examine toutes les solutions
envisageables, y compris le lancement d’une procédure de règlement de litige
devant l’OMC. Cette stratégie prévoit également des consultations avec d’autres
pays touchés. La situation s’est par ailleurs
dégradée en ce qui concerne l’accès aux marchés publics au Brésil. En
2010, le Brésil a introduit une marge préférentielle horizontale de 25 %
dans sa loi nationale sur les marchés publics, qui s’est immédiatement
appliquée au secteur des TIC. La question a été soulevée à plusieurs occasions,
notamment devant le Comité conjoint, courant 2011. Néanmoins, dans le même
temps, le gouvernement brésilien a annoncé qu’une marge préférentielle serait
appliquée également dans le domaine de la santé, des communications et de la
haute technologie. L’ensemble des obstacles mentionnés
dans la présente partie mérite une attention particulière du point de vue des
mesures de mise en œuvre 2012. La Commission travaillera d’arrache-pied sur ces
obstacles et intensifiera ses actions à tous les niveaux, y compris – le cas
échéant – lors de sommets multilatéraux, à travers des négociations d’ALE ou
des procédures de règlement de litiges, de façon à s’assurer que des progrès
tangibles seront réalisés d’ici 2013, date à laquelle le prochain rapport sera
publié. 3. NOUVEAUX OBSTACLES D’ENVERGURE DANS NOS RELATIONS
COMMERCIALES En plus des obstacles subsistants qui
sont identifiés dans le ROCI 2011, plusieurs obstacles d’accès aux marchés
sont apparus en 2011 et méritent d’être inclus dans la liste des priorités de
mise en œuvre 2012. La Chine a entrepris des développements
importants en matière d’investissements, en liaison également avec l’adoption
du 12e plan quinquennal, qui expose les priorités de
développement industriel pour les cinq années à venir. Dans ce contexte, la
Chine a adopté en février 2011 un mécanisme d’examen au titre de la
sécurité nationale pour les fusions/acquisitions faisant intervenir des
investisseurs étrangers, en vertu duquel la Chine pourrait bloquer les
acquisitions étrangères pour des raisons de sécurité nationale. Si l’on en juge
par le libellé de la mesure et la liste indicative provisoire des secteurs
susceptibles d’être inclus dans le champ d’application de ce mécanisme, il
apparaît que la notion de sécurité nationale est très large et pourrait être
étendue à des considérations de politique économique. Sont notamment concernées
des branches d’activité qui n’appartiennent pas aux secteurs «habituellement»
considérés comme pertinents (tels que les secteurs de la défense et de
l’énergie), puisque les dispositifs médicaux, les services postaux,
l’entreposage ainsi que la vente au détail et en gros figurent également sur la
liste en question. Une autre source de préoccupation est
liée aux conditions et subventions chinoises en matière de
financement des exportations. La Chine a recours à des crédits à
l’exportation qui ne sont pas conformes aux réglementations de l’OCDE/OMC afin
de stimuler les exportations de ses champions nationaux dans des secteurs
souvent caractérisés par les hautes technologies et une forte intensité de
capital. Cette évolution constitue un défi croissant pour les entreprises
européennes compétitives, à vocation mondiale et de grande taille, et menace
des secteurs qui sont importants pour l’économie européenne, pas seulement sur
les marchés tiers, mais aussi en Europe même. En outre, de nombreux secteurs
bénéficient de subventions qui ne sont pas transparentes, et qui passent
notamment par l’activité des entreprises et des banques d’État, ainsi que par
la mise à disposition de terres, de matières et de produits énergétiques
subventionnés. Ce problème n’est pas nouveau, mais les mesures destinées à
empêcher ces pratiques anticoncurrentielles doivent être intensifiées et ces questions
doivent être soulevées systématiquement au plus haut niveau, compte tenu des
répercussions que ces pratiques peuvent avoir (entraves à l’accès aux marchés dans
de nombreux secteurs et concurrence faussée sur les marchés internationaux). L’Inde est en train de mettre
en œuvre une nouvelle politique manufacturière nationale (PMN), qui a
été approuvée en octobre 2011 par le gouvernement, mais doit encore être adoptée
par le Parlement. Le plan prévoit des mesures visant à développer la production
intérieure, notamment par le biais d’actions incitatives (concessions fiscales
et subventions publiques) destinées à favoriser le développement de
technologies et l’acquisition préférentielle, par les agences gouvernementales,
de produits et de technologies développés au niveau national. De plus, le
gouvernement envisagera le recours aux marchés publics dans certains secteurs,
en instituant une valeur ajoutée locale dans des domaines tels que les
équipements à énergie solaire, le matériel électronique, les équipements de
transport économes en énergie et les systèmes de sécurité informatique. Même si
la PMN en est encore à l’état de projet, ses dispositions ont déjà été intégrées
dans plusieurs plans sectoriels. Le ministère indien des communications et des
technologies de l’information est en train de finaliser trois politiques
nationales distinctes, mais connexes, pour l’électronique, les technologies de
l’information et les télécommunications (politiques publiées en
octobre 2011 pour commentaires publics). La Commission a déjà fait
connaître les préoccupations de l’UE: la vice-présidente Kroes et le
commissaire De Gucht ont envoyé une lettre à leurs homologues indiens. En
outre, lors d’une récente visite en Inde, la vice-présidente Kroes a discuté la
question avec plusieurs autorités concernées. Enfin, certaines nouvelles mesures
ont été introduites dans le Mercosur, le Brésil ayant été particulièrement
actif dans ce domaine en 2011. Le 15 septembre 2011, le Brésil
a revu à la hausse sa taxe sur les produits industriels (IPI), pour les
producteurs de véhicules automobiles et de camions qui ne répondent pas à
certaines conditions de production locale. Pour bénéficier d’un allégement
fiscal, 65 % des composants des véhicules doivent être produits au Brésil.
Les entreprises doivent investir au moins 0,5 % du volume brut de leurs ventes
dans la R&D au Brésil et doivent réaliser un certain nombre de processus de
fabrication essentiels au Brésil. La mesure est applicable depuis le 12 décembre 2011
et devrait rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 2012. La Commission
a déjà soulevé cette question avec le Brésil, dans un cadre bilatéral, et avec
les autres partenaires touchés, auprès des organes concernés de l’OMC. Elle
restera en contact avec les entreprises concernées pour tout ce qui a trait aux
mesures à prendre afin de minimiser les répercussions négatives sur les
entreprises européennes. Le Brésil a également renforcé ses
procédures concernant les importations d’articles d’habillement et de
textiles en introduisant des contrôles de douane plus stricts. Les
importations de textiles et d’articles d’habillement sont maintenant soumises
aux procédures de douane grises et rouges, ce qui signifie que les marchandises
font l’objet d’un contrôle physique et que des échantillons peuvent être soumis
à des tests en laboratoire. De ce fait, le délai de mise en circulation des
importations peut prendre jusqu’à 90 jours (+ 90 jours
supplémentaires, le cas échéant). Par ailleurs, un plus grand nombre de
certificats sont exigés par les autorités douanières. L’Argentine a introduit de
nouvelles restrictions dans le secteur des services de réassurance. En
février 2011, le régulateur argentin du secteur de l’assurance (Superintendencia
de Seguros de la Nacion, SSN) a rendu une résolution modifiant le cadre
réglementaire de la réassurance. De nouveaux règlements prévoient notamment de
n’autoriser que des entreprises nationales ou des filiales locales
d’entreprises étrangères à fournir des services de réassurance dans le pays.
Par voie de dérogation, des entreprises peuvent être libérées de cette
obligation lorsqu’elles peuvent prouver que le risque ne peut pas être couvert
par le marché local. En mai 2011, une nouvelle résolution a légèrement
allégé le cadre réglementaire en autorisant la fourniture transfrontalière de
services de réassurance à la fois pour les risques supérieurs à
50 millions de dollars US et pour les services de rétrocession. Néanmoins,
d’autres restrictions importantes restent en place, notamment l’interdiction de
la réassurance à l’étranger de polices d’assurance-vie ou du transfert à
l’étranger de plus de 40 % des primes des sociétés de réassurance locales. 4. TENDANCE À LA MISE EN PLACE DE POLITIQUES INDUSTRIELLES
RESTREIGNANT LES ÉCHANGES DANS LES ÉCONOMIES ÉMERGENTES L’analyse du contexte global des
obstacles étudiés montre que les mesures font souvent partie intégrante de
plans industriels nationaux comportant des dispositions discriminatoires à
l’égard des produits, services et investissements étrangers. Il s’agit là d’une
tendance de fond qui est apparue au cours des deux dernières années, notamment
dans les économies émergentes. En 2008 et 2009, au début de la crise économique
et financière, de nombreux pays ont eu recours à des interventions publiques
pour contrer l’effet négatif de la crise sur la demande. Toutefois, dans un
certain nombre de cas, ces mesures ont pu avoir un effet de distorsion des
échanges. À un certain degré, ces mesures visaient à protéger les secteurs
particulièrement exposés aux effets négatifs d’une baisse mondiale de la
demande. D’une manière générale, il y avait un lien avéré entre la crise et les
mesures prises, qui n’étaient en fait destinées qu’à être temporaires, en
attendant la reprise économique. Toutefois, la vague de mesures de
restriction des échanges qui a récemment fait son apparition, notamment dans
les pays émergents, est d’une tout autre nature. Les mesures ne sont plus liées
à la crise, puisque ces pays se sont bien repris et enregistrent des taux de
croissance élevés depuis 2010 au moins. Par conséquent, les mesures concernées
ne sont pas de nature temporaire, mais s’inscrivent dans le cadre de plans
industriels nationaux, créés pour le long terme et visant à modifier
structurellement les caractéristiques de production des économies nationales en
misant sur des avantages comparatifs potentiels. Les économies émergentes ont
indiscutablement le droit d’adopter des politiques industrielles afin d’engager
des modifications structurelles et d’améliorer leurs modes de production.
Toutefois, ces politiques doivent solidement reposer sur des principes de
non-discrimination et d’équité. En Chine, il est de tradition de
favoriser le développement industriel national en prenant des mesures
discriminant les acteurs étrangers et faussant la concurrence, comme le montre
également le 12e plan quinquennal adopté en mars 2011.
Le plan se démarque qualitativement de ce qui était considéré comme un modèle
de développement «expansionniste» et vise à la consolidation industrielle, à
l’efficacité énergétique, à la hausse de la productivité et à l’amélioration de
la qualité, l’objectif global étant de progresser dans la chaîne de
valorisation manufacturière et de rendre la croissance chinoise plus durable.
En outre, le 12e plan quinquennal insiste encore davantage sur
le renforcement du secteur des services, ce qui est également une indication de
la réorientation de la politique chinoise. Dans ce contexte, la Chine devrait
continuer à soutenir certaines «industries stratégiques émergentes» (par
exemple les énergies propres, les véhicules électriques, les technologies
informatiques et à large bande, les industries pharmaceutiques), y compris en
orientant les investissements (souvent sous la forme de transferts obligatoires
de technologie) et le financement. Le 12e plan quinquennal et
les dispositions du catalogue d’investissements ont déjà été pris en compte
dans plusieurs plans sectoriels aux niveaux central et provincial. En ce qui
concerne les plans élaborés récemment au niveau central, le 12e plan
quinquennal sur le développement scientifique et technologique national a été
publié en se basant sur le principe de renforcement des capacités d’innovation
indépendantes. En outre, certains éléments donnent à penser que le nouveau plan
pour les véhicules électriques, qui est en cours d’élaboration au sein du
ministère de l’industrie et des technologies de l’information (MIIT),
prévoirait le transfert obligatoire de technologies dans les projets communs
dans lesquels les investisseurs étrangers détiendraient une part minoritaire. Par
ailleurs, des craintes ont été exprimées à propos d’un projet du MIIT, qui
prévoirait que l’ensemble des voitures électriques vendues en Chine en 2015
devraient être de marque chinoise. Récemment toutefois, les Chinois ont fourni des
assurances, selon lesquelles ils n’ont pas l’intention de maintenir les mesures
rendant obligatoire le transfert de technologies ou toute autre obligation à
laquelle seraient soumises les entreprises à base d’investissements étrangers
pour créer des marques domestiques en Chine. Compte tenu de ces signaux positifs
et des mesures prises en matière d’innovation interne, la Commission encourage
la Chine à favoriser l’innovation dans le respect de principes tels que l’égalité
de traitement et la protection de la propriété intellectuelle. Dans le même
temps toutefois, les subventions et le financement de l’exportation devraient
continuer à jouer un rôle important dans le développement industriel et
innovateur du pays. La politique manufacturière
nationale (PMN) récemment introduite par l’Inde constitue un autre
exemple de politique d’industrialisation basée partiellement sur des principes
discriminatoires. Cette politique a pour objectif de remodeler le paysage
économique et le marché de l’emploi indien en renforçant la part du secteur
manufacturier (de 16 % du PIB actuel à 25 % en 2022), en mettant
l’accent sur la production intérieure. Comme cela a été expliqué ci-dessus
(partie 3), le plan associe des éléments de préférence nationale pour les
produits intérieurs dans le domaine des marchés publics et des exigences de
contenu local dans les achats des opérateurs privés à des concessions fiscales
et des subventions publiques bénéficiant au développement des technologies
nationales. Il sera donc essentiel de surveiller de près la mise en œuvre de la
PMN ainsi que des plans sectoriels pertinents[15] en termes de
compatibilité avec les normes internationales. Le Brésil et l’Argentine ont
également adopté récemment des plans nationaux d’industrialisation. Au Brésil
par exemple, le «Plano Brasil Maior» a été adopté en août 2011 et
constitue un plan général visant à favoriser le développement industriel du
pays. Des problèmes se posent, dans la mesure où les dispositions spécifiques
du plan prévoient des instruments tels que le subventionnement indirect ou les
exemptions fiscales bénéficiant à des secteurs manufacturiers particuliers (par
exemple les textiles et chaussures, la téléphonie mobile et les logiciels,
entre autres). Le Plano Maior prévoit notamment d’étendre la marge
préférentielle de 25 % dans les marchés publics des TIC à des secteurs
tels que la santé, la défense, la communication et les hautes technologies. La politique commerciale de l’Argentine
s’est caractérisée, au cours des dernières années, par une évolution vers une
politique de substitution des importations et de «gestion des échanges»,
notamment des mesures touchant les importations et les exportations (les NAL
étant certainement à la base de cette politique), ce qui traduit la mise en œuvre
de solutions à court terme à des problèmes macroéconomiques sous-jacents.
Certains éléments du nouveau «Plan stratégique industriel 2020» traduisent
la tentative de l’Argentine de développer une vision à plus long terme dans des
secteurs tels que l’automobile, les biens d’équipement, les chaussures, les
machines agricoles, les matériaux de construction, les médicaments ainsi que
les produits chimiques et les textiles, mais ils confirment également les
éléments de restriction des importations susmentionnés. Par conséquent, il est
à craindre que des mesures telles que les licences d’importation non automatiques
restent en vigueur à l’avenir dans le cadre d’une politique d’industrialisation
plus large, basée sur une stratégie de substitution des importations. Outre des plans de développement
nationaux, de nombreux pays adoptent également des mesures individuelles
faussant les échanges, l’objectif étant de favoriser le développement
industriel. En effet, la plupart des mesures considérées comme prioritaires
dans le présent rapport concernent ce schéma d’industrialisation. Des exigences
de contenus locaux, souvent formulées en liaison avec des projets d’investissement
et des marchés publics, semblent constituer l’un des instruments de
distorsion des échanges les plus utilisés dans le cadre de l’industrialisation.
Outre le plan manufacturier national indien et les plans sectoriels connexes,
il convient de citer à cet égard l’«initiative de localisation du secteur
automobile» en Russie, en vertu de laquelle les investisseurs
étrangers doivent progressivement atteindre des seuils de production locale en
utilisant une proportion définie de contenus locaux. Cette mesure sera
supprimée progressivement d’ici 2018, à la suite de l’adhésion de la Russie à
l’OMC. Parmi les nouvelles mesures, l’application par le Brésil de la taxe
sur les produits industriels dans le secteur automobile prévoit des
exigences de production locale pour bénéficier d’un allégement fiscal de
30 %. Les exigences en matière de
normalisation et d’évaluation de la conformité semblent également être fréquemment
utilisées pour encourager le développement industriel. La démarche chinoise
en matière de normalisation en est un parfait exemple. Malgré de grandes
ambitions en matière de développement industriel et d’innovation, la Chine
conserve une approche très nationale en matière de normalisation et d’exigences
techniques[16], ce qui constitue un
obstacle sérieux d’accès aux marchés, protégeant effectivement l’industrie
nationale de la concurrence étrangère. Les objectifs ambitieux du 12e plan
quinquennal visant à faire de la Chine le leader mondial pour certains produits
ou secteurs obligent ce pays à modifier son comportement et à adopter une
approche davantage intégrée au cadre international en matière de normalisation
et de réglementations techniques. Le cas de la sécurité informatique en Chine
montre comment l’approche actuelle en matière de réglementation technique et
d’évaluation de la conformité gêne sensiblement l’accès au marché chinois. En
se basant sur des préoccupations de sécurité nationale, la Chine a développé
des mécanismes d’évaluation de la conformité prévoyant des procédures et des
contrôles excessivement lourds qui, dans la plupart des cas, doivent être
réalisés par des laboratoires nationaux. De plus, pour obtenir les
certifications nécessaires à l’entrée sur le marché chinois, il est obligatoire
de divulguer des renseignements faisant l’objet d’un droit de propriété et de
recourir à des technologies nationales. L’Inde suit la même approche
dans le secteur des télécommunications, puisque la proposition initiale de
mesures de sécurité dans le secteur des équipements de télécommunication,
modifiées par la suite, prévoyait la divulgation des codes sources pour obtenir
les certifications. La version révisée de la proposition constitue une
amélioration par rapport aux propositions précédentes, mais elle prévoit
toujours la réalisation de tests obligatoires dans des laboratoires indiens et
d’autres exigences de contrôle lourdes. De plus, le nouveau projet de politique
nationale des télécommunications encourage l’élaboration de normes nationales et
renvoie, en particulier pour les aspects liés à la sécurité, à la mise en place
d’une approche spécifiquement indienne en matière d’exigences techniques et de
normalisation. Enfin, la solution la plus directe
pour protéger la production locale consiste à limiter les importations
des produits concurrents, de même que les exportations, notamment de
matières premières, afin d’abaisser les coûts de fabrication intérieure. En ce
qui concerne les restrictions à l’exportation, la tendance est généralement à
la hausse et, en fait, l’OMC a jugé que cette évolution constituait l’une des
tendances les plus inquiétantes de l’année écoulée dans le domaine du commerce. Les exemples susmentionnés font
apparaître l’importance croissante des mesures de restriction des échanges en
tant qu’éléments des politiques nationales d’industrialisation. Il s’agit d’une
source de préoccupation majeure, étant donné que les mesures prises dans le
cadre de tels plans sont susceptibles d’être structurelles et d’exister pendant
longtemps. La Commission surveillera donc ces évolutions de très près et
prendra les mesures qui s’imposent. 5. CONCLUSION L’accès des entreprises européennes
aux marchés des pays tiers est un élément central de la dimension externe de la
stratégie européenne de croissance. En négociant des ALE, en démarchant les
partenaires stratégiques dans les enceintes de haut niveau et en mettant
rigoureusement en œuvre les droits prévus par les accords bilatéraux et
multilatéraux, la politique commerciale de l’UE apporte une contribution
majeure aux objectifs de la stratégie Europe 2020 consistant à créer une
croissance intelligente, durable et inclusive. Le présent rapport fait apparaître
les résultats qu’une action ciblée menée à différents niveaux - y compris, le
cas échéant, au niveau politique - peut avoir sur la suppression des obstacles
existant sur les marchés des pays tiers. En outre, des actions concertées de la
Commission et des États membres peuvent s’avérer décisives. Lorsque des
intérêts économiques importants sont en jeu, la Commission et les États membres
ne devraient pas hésiter à utiliser tous les moyens disponibles pour défendre
les intérêts de l’UE de manière coordonnée. Dans ce contexte, le Conseil
européen s’est prononcé plusieurs fois en faveur d’une amélioration des
synergies entre l’Union européenne et les pays, en respectant les dispositions
des traités, l’objectif étant d’améliorer la coordination entre les acteurs
institutionnels, de mieux intégrer l’ensemble des politiques et des instruments
et d’exploiter plus efficacement les réunions au sommet avec les pays tiers. La
Commission et les États membres devraient donc continuer à renforcer leurs
actions respectives de manière coordonnée, également en améliorant les
instruments du partenariat pour l’accès aux marchés et en assurant un suivi
rigoureux du ROCI. En outre, lorsque les partenaires de l’UE ne respectent pas
leurs obligations internationales, le recours à des organes de règlement des
litiges ainsi qu’à des mesures de rétorsion ciblées seront une option. Les enseignements tirés des cas
présentés dans ce rapport sont clairs: supprimer les obstacles rencontrés par
les entreprises européennes sur les marchés des pays tiers est rarement une
chose aisée. La levée de ces obstacles nécessite des actions continues et
concertées de la part de la Commission et des États membres. Ces actions ne
sont pas nécessairement visibles du grand public, mais elles ont un impact très
concret et tangible pour les entreprises et les citoyens européens. [1] Stratégie
Europe 2020 pour l’emploi et une croissance intelligente, durable et inclusive.
http://europa.eu/press_room/pdf/complet_fr_barroso_-_europe_2020_-_fr_version.pdf. [2] Commerce,
croissance et affaires mondiales, COM (2010) 612 du 9.11.2010. http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2010/november/tradoc_146954.pdf. [3] Argentine
et Brésil. [4] Sur la question des partenaires
stratégiques, voir: conclusions du Conseil européen du
16 septembre 2010, point 4: «Les partenariats stratégiques de l’Union
européenne avec des acteurs clés dans le monde constituent un instrument utile
pour servir les objectifs et les intérêts européens. Mais pour qu’il en soit
ainsi, ces partenariats doivent fonctionner dans les deux sens, sur la base d’intérêts
et de bénéfices mutuels et en partant du principe que tous les acteurs ont des
droits mais aussi des devoirs.» [5] Document
de travail des services de la Commission «Le commerce, moteur de la
prospérité» accompagnant la communication de la Commission «Commerce,
croissance et affaires mondiales». [6] Organisation
mondiale du commerce, Overview of developments in the international trading
system, 21 novembre 2011; Organisation mondiale du commerce, Report
on G20 Trade Measures
(may to mid–october 2011), 25 octobre 2011; DG Trade, Eighth
Report on Trade Restrictive
Measures, – October 2011-September 2011, octobre 2011: http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2011/october/tradoc_148288.pdf. [7] Rapport sur
les barrières au commerce et à l’investissement (2011/2115 (INI)), Commission
du commerce international du Parlement européen, rapporteur: Robert Sturdy. [8] Le 23 juin 2009, l’UE et les
États-Unis, auxquels s’est joint le Mexique, ont demandé des consultations au
sein de l’OMC avec la Chine en ce qui concerne les restrictions chinoises à
l’exportation de neuf produits: bauxite, coke, fluorine, carbure de silicium, silicium
métal, zinc, magnésium, manganèse, phosphore jaune. En particulier, l’UE a
sollicité des consultations sur les droits et contingents d’exportation de la
Chine et sur ses mesures de gestion des contingents et d’octroi des licences,
de même que sur le système chinois des prix minimums à l’exportation. Un panel
a été créé en décembre 2009. [9] Le
13 février 2099, le Congrès a passé la loi «American Economic
Recovery and Reinvestment Act» (ARRA), représentant un montant de 790 milliards
de dollars et comportant deux dispositions «Buy American» qui interdisent
l’utilisation des fonds ARRA pour les besoins: i) d’un projet de construction,
de modification, d’entretien ou de réparation d’un bâtiment public ou de
travaux publics, à moins que l’ensemble du fer, de l’acier et des biens
manufacturés utilisés dans le cadre du projet ne soient produits aux
États-Unis, ii) des marchés publics lancés par le «Department of Homeland
Security» concernant une liste détaillée d’articles textiles (par exemple
habillement, tentes, coton et fibres naturelles, etc.), à moins que ces
textiles ne proviennent des États-Unis et ne soient transformés aux États-Unis. [10] Ces normes comporteront notamment des garanties
en matière de transparence, de proportionnalité, de non-discrimination,
d’équivalence, d’évaluation du risque, de contrôles vétérinaires et de
certification, d’importation et de permis de transit. [11] Par
exemple, l’assurance continue d’appartenir à la catégorie des investissements «restreints». [12] Office
of State Cryptography Administration. [13] DG Trade, Eighth Report on Trade Restrictive
Measures – October 2011-September 2011, octobre 2011
http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2011/october/tradoc_148288.pdf [14] L’extension
de ce champ d’application englobe certains types de véhicules et de pièces
détachées, les motocyclettes, les bicyclettes et leurs pièces détachées, les textiles,
les produits métallurgiques et certains produits électriques. [15] Outre le projet de politique nationale des
télécoms (partie 3), il convient de citer la «Jawaharal Nehru National
Solar Mission» (Mission solaire nationale) adoptée en 2008, qui semble lier les
investissements dans certains projets destinés à développer des
infrastructures d’énergie solaire à des «exigences de contenu domestique»,
prévoyant que certains équipements solaires utilisés par les acteurs de tels
projets doivent être fabriqués en Inde. En outre, l’Inde proposerait des tarifs
subventionnés lors de l’achat d’énergie solaire produite dans le cadre de
projets réalisés au titre de la Mission solaire nationale, sachant que les
entreprises associées à ces projets ne peuvent bénéficier de ces tarifs
subventionnés que si elles répondent favorablement aux exigences de contenu local
du plan. Toujours dans le domaine des énergies renouvelables, le ministère des
énergies nouvelles et renouvelables a publié, en septembre 2011, un projet de
lignes directrices faisant obligation aux fournisseurs d'éoliennes d'une
puissance supérieure à 15 MW d'installer des sites de fabrication en Inde, ce
qui exclut de fait les fournisseurs étrangers. [16] Par exemple, les entreprises détenues en tout ou
partie par des capitaux étrangers sont soumises à des restrictions concernant
leur activité dans certains secteurs tels que les TIC.