DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT /* SEC/2011/1388 final */
1.
Définition
du problème
Dans le contexte des négociations d'adhésion à l'Union
européenne, les trois pays candidats que sont la Bulgarie, la Lituanie et la
Slovaquie se sont engagés à fermer, puis à déclasser, les réacteurs nucléaires
ne pouvant pas être mis à niveau de manière à répondre d'ici à une date
convenue conjointement aux normes minimales de sécurité requises à un coût
économiquement acceptable. Cette fermeture anticipée représentait une charge
financière exceptionnelle pour les États membres, non proportionnelle à la capacité
économique des pays concernés. Reconnaissant cet état de fait et en signe de
solidarité, l'Union européenne s'est engagée à continuer à fournir une aide
financière supplémentaire pour le déclassement de ces réacteurs. L'engagement de
procéder à leur fermeture pris par les trois États membres, ainsi que
l'engagement de l'UE à fournir son soutien financier étaient prévus par les traités
d'adhésion correspondants. L'assistance financière de l'UE est actuellement prévue
jusqu'à la fin de l'année 2013 et atteint un total de 2 847 800 000 EUR
(1 367 000 000 EUR pour la Lituanie, 613 000 000 EUR pour la Slovaquie et 867 800 000 EUR
pour la Bulgarie). Ce soutien financier de l'UE a effectivement atténué les
conséquences économiques de la fermeture anticipée et le processus de déclassement
est bien engagé: le démantèlement des systèmes et des éléments n'ayant pas
trait à la sécurité a commencé dans les centrales nucléaires et la construction
des infrastructures requises pour la gestion des déchets, telles que les
installations de stockage du combustible usé et les installations de traitement
et de stockage des déchets, a atteint un stade avancé. Des activités non moins
importantes comme la préparation de tous les documents relatifs aux permis
nécessaires et, le cas échéant, les évaluations des incidences environnementales
ont été effectuées. Cependant, le déclassement des centrales nucléaires
constituant un processus à long terme (20 à 30 ans), il se poursuivra au-delà
de 2013 et d'importants projets clés relatifs à la sécurité doivent encore être
mis en œuvre. Afin de permettre un déclassement sûr, des ressources
financières adéquates devraient être disponibles en cas de besoin[1].
Bien que les trois États membres aient constitué des fonds nationaux pour affecter
des ressources financières au déclassement, celles-ci s'avèrent insuffisantes,
pour des raisons historiques. C'est pourquoi le problème à résoudre dans
l'immédiat est le manque de financement nécessaire à la poursuite du déclassement
des centrales nucléaires conformément aux exigences de sûreté afin de s'assurer
que la fermeture devienne irréversible[2]
tout en encourageant les États membres bénéficiaires à assumer progressivement la
responsabilité de la totalité du financement et la propriété. L'intervention
publique est nécessaire pour fournir un soutien financier supplémentaire de
l'UE aux États membres concernés. La population de l'UE et les générations futures, ainsi que
l'environnement, sont les principaux ensembles touchés par les problèmes du
manque de financement et de la sûreté nucléaire. Un financement insuffisant empêcherait
d'entretenir les réacteurs fermés conformément aux exigences de sûreté jusqu'au
déchargement complet de leur combustible, ainsi que la poursuite du déclassement
conformément aux exigences de sûreté, en raison du risque de report des étapes
ultérieures du déclassement à une date indéterminée, dans l’attente de fonds disponibles,
ce qui rejetterait cette responsabilité sur les générations futures. Cela engendrerait
de plus un risque de réouverture des centrales nucléaires. Sur le site de la
plupart des réacteurs, aucune grande étape majeure irréversible en vue du déclassement
n'a été mise en œuvre. En cas d'incident ou d'accident, cela provoquerait également
une dégradation de l'environnement de façon inévitable.
2.
Subsidiarité
de l'intervention de L'UE
La nécessité de l'intervention de l'UE découle dans
l'incapacité à trouver en temps opportun dans les fonds nationaux respectifs les
fonds adéquats nécessaires à la poursuite du déclassement. Contrairement à
d'autres États membres se trouvant dans une situation similaire, mais n'étant toutefois
pas confrontés à la fermeture anticipée de centrales, les trois États membres
concernés n'ont pas été en mesure d'affecter suffisamment de fonds à partir de
l'exploitation des centrales. Il est donc dans l'intérêt de l'Union européenne de
s'assurer que les réacteurs concernés restent fermés, soient déchargés de leur
combustible puis démantelés, afin de réduire le risque d'incidences négatives
pour la population de l'UE et pour l'environnement. La valeur ajoutée de l'UE
réside dans le soutien de mesures ciblées visant à atteindre un état
irréversible dans le cadre du processus de démantèlement des réacteurs nucléaires
concernés, conformément à leurs plans de déclassement respectifs, tout en maintenant
le niveau de sûreté le plus élevé possible. Une telle initiative contribuera à
soutenir notablement et durablement la santé des travailleurs et des
populations, à empêcher la dégradation de l'environnement et à assurer de réels
progrès sur le plan de la sûreté et de la sécurité nucléaires.
3.
Objectifs
de l'initiative de l'UE
3.1.
Objectifs de politique générale
L'objectif politique général de
l'octroi d'un financement supplémentaire de l'UE au-delà de 2013 en appui des
efforts déployés par les trois États membres pour poursuivre le déclassement conformément
aux exigences de sûreté vise à progresser dans le déchargement du combustible
et dans le déclassement des réacteurs nucléaires concernés et à s'assurer de
l'irréversibilité de la fermeture. Afin d'atteindre les objectifs
mentionnés ci-dessus dans le contexte donné, le soutien financier supplémentaire
nécessaire au déclassement sûr est estimé à 500 000 000 EUR pour la période
2014-2020.
3.2.
Objectifs spécifiques
Les trois objectifs spécifiques du programme de soutien
supplémentaire de l'UE consistent à: 1.
atteindre un état irréversible dans le processus de déclassement. Les
principaux résultats/productions attendus pour atteindre cet objectif sont les
suivants: ·
les centrales nucléaires sont entretenues conformément aux
exigences de sûreté après leur arrêt et jusqu'au déchargement complet de leur
combustible; ·
le permis de déclassement a été octroyé; ·
la conception du démantèlement du cœur du réacteur et du circuit
primaire est terminée; ·
le démantèlement a commencé dans le bâtiment réacteur; 2.
gérer les déchets radioactifs conformément aux exigences de sûreté. Les
principaux résultats/productions attendus pour atteindre cet objectif sont les
suivants: ·
toutes les unités des réacteurs nucléaires sont entièrement
déchargées et le combustible nucléaire usé est stocké conformément aux
exigences de sûreté; ·
les déchets générés par le déclassement font partie d'un
programme de gestion global des déchets, sont traités conformément aux
exigences de sûreté et stockés conformément à un plan de gestion détaillé des
déchets. 3.
conserver l'expertise et les connaissances clés: cet élément est, d’une
part, utile pour le déclassement conformément aux exigences de sûreté et,
d’autre part, crucial pour atténuer les conséquences sociales de la fermeture
anticipée. Le résultat attendu pour atteindre cet objectif est le redéploiement
du personnel de la centrale dans les activités de déclassement. La matrice du cadre logique présentée à la fin du présent
résumé donne un aperçu des principaux aspects de l'initiative de l'UE
(objectifs, indicateurs, sources de vérification et hypothèses). L'aide financière supplémentaire de l'UE en vertu des
objectifs ci-dessus permettra d'assurer la poursuite ininterrompue de l'aide
prévue par le traité d'adhésion en faveur d'un démantèlement conforme aux
exigences de sûreté. Ce soutien supplémentaire doit clairement être perçu comme
une expression de solidarité à l'égard des trois États membres concernés. La
responsabilité finale en matière de sécurité nucléaire incombe toutefois aux
États membres, ce qui implique également la responsabilité finale de son
financement, y compris du financement du déclassement.
4.
Options
politiques
Trois options ont été identifiées et évaluées: Option 1 : Option de base: aucune aide
financière supplémentaire de l'UE; Option 2: Statu quo: contribution financière
de l'UE pour le déclassement et mesures consécutives dans le secteur de
l'énergie; Option 3: Financement partiel de l'UE uniquement
pour le déclassement. Selon l'option 1, l'application des dispositions du
traité d'adhésion prendrait fin en 2013. Aucune autre aide financière de l'UE
ne serait allouée et par conséquent les États membres seraient tous trois tenus
de garantir l'achèvement de leur programme de déclassement conformément aux
exigences de sûreté avec leurs propres ressources nationales. L'option 2 conduirait à une extension des programmes
de financement actuels, avec un niveau similaire de financement (soutien
actuel: 258 000 000 EUR par an) et une portée équivalente (démantèlement et
mesures visant le secteur de l'énergie afin de contribuer à atténuer les
conséquences économiques de la fermeture anticipée). L'option 3 constitue un message politique clair selon
lequel les trois États membres devraient accepter un degré de responsabilité
financière et de propriété plus élevé. Par conséquent, un financement
supplémentaire réduit (environ 71 400 000 EUR par an) et limité dans
le temps (arrêt du soutien de l'UE après 2020) est proposé. Selon cette option,
aucune autre aide de l'UE ne serait allouée au financement de mesures dans le
secteur de l'énergie pour atténuer les conséquences économiques de la fermeture
anticipée. Le soutien de l'UE ciblerait uniquement les points clés afin de
progresser sur la voie du démantèlement conformément aux exigences de sûreté.
D'importantes ressources financières nationales supplémentaires devraient
compléter le soutien de l'UE pour répondre au déficit de financement restant de
manière à achever le déclassement. En complément des options politiques, quatre mécanismes possibles
de mise en œuvre peuvent être envisagés pour les options 2 et 3 (l'option 1 ne
nécessite aucun mécanisme de mise en œuvre), à savoir: Mécanisme A: financement en gestion conjointe avec la
BERD au moyen des fonds multidonateurs internationaux existants (mécanisme
actuel pour les trois États membres): il s'agit du système actuel. Celui-ci a
bien fonctionné pendant la période de préadhésion, mais a depuis lors commencé
à montrer ses limites. On notera que les autres donateurs n'ont fourni aucune
aide supplémentaire depuis plusieurs années, faisant de l'UE le principal donateur
et le seul depuis 2004 (plus de 95 % du total des fonds actuels). Mécanisme B: financement en gestion conjointe avec la
BERD, mais grâce à des fonds de l'Union spécifiques: ce système bénéficierait
de la compétence de la BERD en tant qu'institution financière dans le cadre
d'une gestion commune, sans toutefois présenter les inconvénients du système de
fonds multidonateurs. Mécanisme C: financement en gestion centralisée
indirecte par l'agence nationale existante, à savoir l'agence centrale de
gestion des projets (CPMA) (mécanisme supplémentaire actuel uniquement pour la
Lituanie), désignée par la Commission: avec l'achèvement des principaux projets
d'investissement dans les infrastructures et l'avancement du processus de
déclassement mené par le personnel qualifié sur le site de la centrale
nucléaire, on se dirige vers l'exécution complète du budget de l'UE par la
CPMA. Mécanisme D: financement intégré au mécanisme des Fonds
structurels de l'UE: ce mécanisme de mise en œuvre serait entièrement nouveau
et ferait entrer le programme d'assistance au déclassement dans le champ
d'application du règlement général régissant les Fonds structurels.
5.
évaluation
des impacts
5.1.
Impacts économiques:
· Prix
de l'électricité pour les consommateurs: Même si l'on peut arguer que, jusqu'à présent, le coût de
l'électricité facturé ne comprenait pas l'ensemble des coûts à long terme (sauf
en Slovaquie), les fermetures anticipées font grimper les prix de l'électricité
pour le consommateur final. Les options 2 et 3 atténueraient cette
conséquence, en compensant partiellement les coûts de déclassement et en étalant
dans le temps la hausse des prix due à des prélèvements accrus sur
l'électricité. · Échanges
d'électricité: La fermeture anticipée a conduit à une diminution de la
capacité de production des trois États membres, et donc à une baisse des
échanges d'électricité (Bulgarie) ou à une transition du statut d'exportateur
d'électricité à celui d'importateur (Lituanie et Slovaquie). On notera que la
Lituanie et les États baltes en général ne sont pas connectés au réseau
électrique européen, ce qui les rend dépendants d'importations d'électricité substantielles
provenant d'une source unique, à savoir la Russie. Seule l'option 2 pourrait avoir
un effet différent puisque dans ce cas, les mesures concernant le secteur
énergétique seraient financées. · Compétitivité: Les traités d'adhésion reconnaissent déjà la charge
considérable imposée aux économies des trois États membres concernés à la suite
de la fermeture anticipée. La nécessité d'affecter les ressources financières indispensables
au processus de déclassement pourrait, essentiellement en raison du contexte de
la fermeture anticipée, entraver la compétitivité des trois États membres
pendant une période prolongée. L'option 1 diminuerait donc le niveau de compétitivité
des trois États membres concernés. Les options 2 et 3 restaureraient les bases d'une
concurrence loyale au regard des montants nécessaires au déclassement.
Toutefois, étant donné le temps qui s'est écoulé depuis la fermeture et les
mesures d'atténuation déjà mises en place jusqu'à présent, il faut veiller à ne
pas aller trop loin, surtout en matière de capacité de renouvellement ou d'économies
équivalentes. Une telle mesure (option 2) pourrait engendrer des distorsions par
rapport aux autres États membres devant remplacer eux-mêmes leurs capacités de
production d'électricité dépassées. Cette position est également partagée par
le Parlement européen. · Impact
sur le PIB: La mise en œuvre ininterrompue des plans de déclassement
actuels (option 2 et 3) stimulera la croissance en accélérant le rythme des
activités de déclassement à réaliser. Retarder le déclassement en raison d'un
financement inadapté (option 1) aurait un impact négatif sur le PIB, puisque les
investissements seraient reportés. · Pouvoirs
publics: L'option 1 aura un impact budgétaire important pour les
États membres bénéficiaires. Ceux-ci auraient à couvrir la totalité du
financement du déclassement restant à partir de leur budget national. Les
options 2 et 3 limiteront l'impact sur les budgets nationaux. L'option 3
met toutefois clairement l'accent sur la nécessité pour les trois États membres
d'assurer un degré plus élevé de responsabilité financière et de propriété.
Cette approche, tout en permettant de réduire le soutien au-delà de 2013,
permettrait une transition homogène vers un financement intégral du déclassement
par les États membres jusqu'à la fin du processus. · Charge
administrative: Concernant la mise en œuvre des options (2 et 3 seulement),
la charge repose sur le choix du mécanisme de mise en œuvre (voir section IV). Dans le mécanisme A, les systèmes de décision sont
complexes, avec une seule voix pour l'UE au sein des donateurs, et conduisent à
une dilution des responsabilités. Lorsque des difficultés se présentent dans la
mise en œuvre des projets, ce mécanisme montre ses limites en matière de
possibilités d'intervention de la Commission. Dans le mécanisme B, le processus de prise de décision
serait rationalisé, le suivi serait amélioré et la charge administrative
diminuée. Cette approche permettrait de renforcer les possibilités de gestion de
la Commission pour lui permettre d'intervenir plus efficacement en cas de
difficultés (retards et dépassements de coûts) dans la mise en œuvre du projet
de déclassement par les bénéficiaires. La mise en œuvre du soutien de l'UE par l'intermédiaire
d'une agence nationale spécifique dans le cadre du mécanisme de mise en œuvre C
comporte des avantages pour le futur type de projets de proximité, notamment
pendant le processus d'appel d'offres et le suivi au jour le jour des
opérations de déclassement par des entreprises locales. Bien que ce mécanisme
fonctionne en Lituanie, aucune solution de substitution similaire n'est à
l'étude pour la Slovaquie et la Bulgarie, étant donné qu'aucune structure
adaptée n'existe à ce jour pour remplir un tel rôle. Compte tenu du temps nécessaire
pour mettre en place, vérifier et accréditer ce type de nouvelles structures,
un risque significatif de retard en résulterait. L'inclusion des fonds de déclassement dans les Fonds structurels
(mécanisme D) serait contraire à la philosophie globale des Fonds structurels,
qui sont axés sur les objectifs de croissance, conformément notamment aux
priorités de la stratégie EUROPE 2020. Les Fonds structurels fonctionnent sur
la base de la gestion partagée. Les États membres conçoivent, sélectionnent,
mettent en œuvre et gèrent les projets, conformément aux axes prioritaires
fixés dans les programmes opérationnels couverts par une décision de la
Commission. La responsabilité principale en matière de suivi et de contrôle du
projet incombe aux États membres. La Commission intervient uniquement à titre
consultatif et effectue des audits sélectifs sur la base d'une analyse des
risques. Les spécificités du programme d'assistance au déclassement ne sont pas
facilement compatibles avec le mode de gestion partagée des Fonds structurels. · Impacts
sur les pays tiers: L'option 1 générerait un déficit de financement immédiat,
qui pourrait avoir un impact potentiel majeur dans et en dehors de l'UE, comme le
souligne la définition du problème dans la partie 2. Les options 2 et 3 traitent
le déficit de financement et auront un impact positif sur la population et
l'environnement dans et en dehors de l'UE.
5.2.
Impacts sociaux:
· Emploi: Actuellement, nombre de personnes qualifiées sont employées
dans les centrales concernées. Cette main-d'œuvre qualifiée est indispensable
pour entretenir de façon sûre les réacteurs fermés, pour les opérations de
caractérisation radiologique et pour certaines activités préalables au
déclassement faisant appel aux connaissances historiques qu'elle a acquises au
cours de la durée de vie opérationnelle de la centrale. Si aucun financement
n'était disponible (option 1), le paiement du salaire des employés[3]
serait fortement hypothéqué, ce qui affecterait en outre la population de
villes entières, dont la centrale nucléaire constitue généralement le principal
employeur. C'est pourquoi outre le personnel direct, un nombre bien plus élevé
de personnes seraient touchées dans le futur. Dans l'hypothèse de la poursuite
du financement par l'UE du déclassement (options 2 et 3), le personnel clé et
son expertise seraient préservés, tout comme la mémoire historique, ce qui
apporterait la plus forte valeur au projet de déclassement. · Sûreté
(accidents/terrorisme/sécurité de l'approvisionnement énergétique): En l'absence de financement (option 1), il faut s'attendre à
des contrôles moins stricts et à un entretien allégé, ce qui génère un risque
plus élevé de mauvaise utilisation. Ce risque diminue avec l'accélération du
processus de déclassement (options 2 et, surtout, 3). · Santé: Des risques radiologiques pour les travailleurs ainsi que
pour les populations sont possibles en cas d'accident ou en cas d'entretien inférieur
au niveau requis de sûreté. Le traitement, le stockage et l'évacuation sûrs du
combustible usé et des déchets radioactifs devraient satisfaire aux normes de sûreté
les plus élevées, mais ils nécessitent un financement approprié (options 2 et
3).
5.3.
Impacts environnementaux:
· Environnement: En cas d'entretien peu sûr, de vieillissement des
équipements de surveillance, d'incidents ou d'accidents, l'environnement risque
des dégradations. Il est important d'assurer une surveillance transparente,
notamment en matière d'incidences possibles à l'échelle européenne. Le risque
d'accidents, de pollution, de fuites, etc., augmente proportionnellement au
manque de financement affecté à l'entretien et au déclassement conformes aux
exigences de sûreté. L'option 1 entraîne un risque important, qui s'avère
beaucoup plus faible pour les options 2 et 3.
6.
Comparaison
des options
L'option de base, qui ne prévoit aucun soutien
supplémentaire de l'Union, stopperait les programmes de déclassement et menacerait
par conséquent la sûreté nucléaire. L'option du statu quo se traduirait par un
soutien financier de l'UE beaucoup plus élevé avec une valeur ajoutée limitée.
Un soutien supplémentaire aux projets du secteur énergétique conduirait à une
distorsion de concurrence, et le maintien d'un niveau élevé de soutien
financier de la part de l'Union ne n'inciterait pas suffisamment les États
membres à adopter la pleine responsabilité financière de l'achèvement du
déclassement. Le financement partiel de l'UE uniquement pour le
déclassement (option 3) est considéré comme la solution la plus appropriée faisant
suite à une volonté politique clairement exprimée. Cette option maximise la
valeur ajoutée de l'UE et soutient la transition vers un financement intégral
par les États membres de l'achèvement du déclassement conformément aux
exigences de sûreté au-delà du prochain cadre financier pluriannuel. L'option 3
permet une amélioration réelle de la sûreté nucléaire et aidera à réaliser en
temps opportun de réels progrès matériels dans le déchargement du combustible
et dans le déclassement et elle contribuera à assurer l'irréversibilité de la
fermeture. L'option 3 combinée aux mécanismes de mise en œuvre B (pour
la Bulgarie et la Slovaquie) et C (pour la Lituanie) permettra un renforcement
continu de la gestion de la Commission en vue d'une utilisation concrète, efficace
et rationnelle des fonds de l'UE. Cette approche permettrait de surmonter les
faiblesses repérées dans le mécanisme de mise en œuvre actuel (mécanisme A)
et de renforcer les possibilités de gestion de la Commission pour lui permettre
d'intervenir plus efficacement en cas de difficultés (retards et dépassements
de coûts) dans la mise en œuvre du projet de déclassement par les
bénéficiaires. Les objectifs spécifiques, qui sont alignés sur le budget
proposé et fondés sur les plans de déclassement révisés/mis à jour (besoins
exprimés par les États membres), associés à des indicateurs de performance significatifs,
constituent la base qui permettra d'engranger les avantages attendus du soutien
financier supplémentaire de l'UE après 2013. Cette approche est totalement
conforme aux recommandations de la Cour des comptes européenne.
7.
Suivi
et évaluation
Afin d'être en mesure de contrôler la réussite du programme
(la réalisation des objectifs généraux et spécifiques), des indicateurs SMART, objectivement
vérifiables, ont été définis (voir détails dans le tableau ci-dessous). Le
suivi se fonde sur le réexamen des indicateurs définis et sur la mesure des
progrès accomplis en matière de réalisation des objectifs. Actuellement, ces indicateurs sont communs aux trois
programmes individuels (programmes Ignalina, Bohunice et Kozloduy). Concernant
la mise en œuvre, il est prévu d'adopter un seul programme de travail annuel
pour les trois programmes individuels précisant les objectifs, les résultats
attendus, les indicateurs correspondants et un calendrier pour l'utilisation
des fonds dans le cadre de chaque engagement financier annuel. D’un point de vue procédural, il est prévu d'adopter, pour
le 31 décembre 2014 au plus tard, des procédures de mise en œuvre détaillées
pour toute la durée du programme. La décision y afférente contiendra notamment des
exigences détaillées en matière de suivi et de rapports, ainsi que les plans de
déclassement détaillés révisés pour les trois programmes individuels, qui
serviront de base au suivi de l'avancement et de la réalisation en temps
opportun des résultats attendus. Les dispositions de l'UE en matière de suivi, de rapports et
d'évaluation prévoiront au minimum: –
deux fois par an, une réunion sur place du comité de suivi avec l'UE
pour vérifier l'avancement des travaux de déclassement; –
la présentation par les centrales nucléaires bénéficiaires et par les organismes
de mise en œuvre (BERD et CPMA) de rapports réguliers concernant la situation
et les progrès accomplis; –
des documents de programmation annuels, annexés à la décision de la
Commission concernant le financement, faisant état de l'avancement du déclassement; –
une évaluation à mi-parcours du programme; –
des rapports de situation au Parlement et au Conseil concernant la mise
en œuvre de l'aide financière de l'UE. Un système de suivi devrait en outre être instauré par les
bénéficiaires, permettant le suivi actif au jour le jour des projets et des
tâches, ainsi que le retour opérationnel et immédiat d'informations destinées à
la planification, associé à la prise de mesures correctives. Matrice du cadre logique || Logique de l'intervention || Indicateurs || Source de vérification || Hypothèses Objectif global || Soutenir les efforts des États membres en matière de déclassement conforme aux exigences de sûreté || Avancement en fonction du plan de déclassement (tâches, coûts, ressources, calendrier) || Plan de déclassement; réunions de suivi régulières; rapports des centrales et des autorités nationales || Cadre politique et réglementaire stable; financement national affecté pour faire face au déficit de financement Objectifs spécifiques du programme But || Atteindre un état irréversible dans le processus de déclassement; gérer de façon sûre le combustible nucléaire usé et les déchets radioactifs; conserver l'expertise et les connaissances essentielles || Réaliser les opérations de démantèlement conformément au plan de déclassement; gérer les déchets selon un plan détaillé de gestion des déchets; s'appuyer sur du personnel provenant des centrales nucléaires || Prévoir un plan de déclassement et de gestion des déchets; préparer régulièrement des rapports et des réunions de suivi || Cadre politique et réglementaire stable; aucun changement dans la stratégie de déclassement Réalisations (résultats attendus) || Centrales nucléaires entretenues de manière sûre; aucune incidence sur l'environnement; stockage sûr du combustible usé; stockage sûr des déchets nucléaires; octroi du permis de déclassement; conception du déclassement du cœur du réacteur/ du circuit primaire; engagement de personnel pour le déclassement || Nombre d'incidents/accidents; données de surveillance environnementale; nombre d'éléments combustibles stockés et de colis de déchets stockés conformément à la planification; permis délivré conformément au calendrier; conception terminée dans les temps; nombre de personnes employées; analyse de la valeur acquise || Rapports de situation et d'avancement; réunions de suivi régulières; permis délivré par le régulateur; comptabilité relative au personnel || Structure de gestion efficace des centrales en vue du déclassement créée et pleinement opérationnelle; mise en place d'une planification efficace du déclassement; retour d'informations opérationnel et utilisé efficacement; aucun changement dans la stratégie de déclassement; fonction de suivi proactif du projet en place Activités || Entretien sûr; déchargement du combustible; travaux de démantèlement; traitement et conditionnement des déchets radioactifs; documents relatifs aux permis; conception du démantèlement du cœur du réacteur et du circuit primaire formation et réaffectation du personnel || Planification de l'entretien conforme aux exigences de sûreté; nombre d'éléments combustibles déchargés; nombre d'équipements/systèmes démantelés; quantité de déchets radioactifs traités et conditionnés; soumission des documents relatifs aux permis; études de faisabilité et d'ingénierie de la conception; nombre de membres du personnel formés et réaffectés || Rapports de situation et d'avancement; réunions de suivi régulières; plan de travail détaillé pour le déclassement; retour d'informations opérationnel adressé au service de planification des centrales; plan RH || Structure de gestion efficace des centrales en vue du déclassement créée et pleinement opérationnelle; financement national affecté pour faire face au déficit de financement; viabilité économique de l'utilisation par les centrales de leur propre personnel [1] Recommandation
de la Commission du 24 octobre 2006 concernant la gestion des ressources
financières destinées au démantèlement d’installations nucléaires, de
combustibles usés et de déchets radioactifs (JO L 330 du 28.11.2006, p.31)
[Ndt: au lieu de «démantèlement», lire «déclassement»]. [2] La
fermeture irréversible signifie que le déclassement a progressé sur le plan
technique jusqu'à un niveau tel qu'il ne serait économiquement plus avantageux
de considérer la réouverture des réacteurs concernés. [3] En
cas de déclassement, les salaires ne seraient versés qu'à une partie du
personnel.