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Document 52007IE0214

Avis du Comité économique et social européen sur Les relations UE-Japon: le rôle de la société civile

OJ C 97, 28.4.2007, p. 34–38 (BG, ES, CS, DA, DE, ET, EL, EN, FR, IT, LV, LT, HU, NL, PL, PT, RO, SK, SL, FI, SV)

28.4.2007   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 97/34


Avis du Comité économique et social européen sur «Les relations UE-Japon: le rôle de la société civile»

(2007/C 97/12)

Lors de sa session plénière du 17 janvier 2007, le Comité économique et social européen a décidé, conformément à l'article 29, paragraphe 2 de son règlement intérieur, d'élaborer un avis sur les «Relations UE-Japon: le rôle de la société civile».

Dans un courrier daté du 6 avril 2006, Mme Benita FERRERO-WALDNER, commissaire européenne en charge des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage, a encouragé une telle initiative.

La section spécialisée «Relations extérieures», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 24 janvier 2007 (rapporteuse: Mme PÄÄRENDSON).

Lors de sa 433ème session plénière des 15 et 16 février 2007 (séance du 16 février 2007), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 112 voix pour, 3 voix contre et 28 abstentions.

1.   Synthèse et recommandations

1.1

Le Comité a été encouragé par la Commission européenne à examiner les évolutions de la société civile japonaise et à envisager les moyens par lesquels l'Union européenne (UE) pourrait coopérer avec celle-ci, dans l'objectif de poursuivre le renforcement des relations entre l'UE et le Japon.

1.2

L'Union européenne et le Japon ont en commun beaucoup de valeurs et d'intérêts. Dans plusieurs domaines, la coopération au niveau officiel est bien établie et fonctionne de manière satisfaisante.

1.3

Le Japon présente un intérêt croissant pour la coopération régionale fondée sur le modèle d'«intégration fonctionnelle».

1.4

Le rôle de la société civile au Japon croît régulièrement en importance, même s'il reste le plus souvent concentré sur des questions ayant trait à l'échelon local et régional.

1.5

On compte actuellement relativement peu de domaines où les contacts entre les sociétés civiles européenne et japonaise sont forts, même si le fait que l'existence de défis communs est de plus en plus reconnue montre que le temps est venu pour que de nouveaux contacts naissent.

1.6

La mise en place de contacts plus nombreux et plus forts demandera un laps de temps significatif et il sera, dans ce cadre, crucial d'identifier les meilleurs partenaires.

1.7

À cet égard, l'organisation d'une rencontre en vue d'identifier les problèmes communs et d'y envisager des remèdes pourrait constituer une étape initiale essentielle.

1.8

Il conviendrait d'instaurer l'habitude de faire participer aux séminaires pertinents et manifestations similaires les organisations de la société civile appropriées en provenance des deux parties.

1.9

Avec le temps, il pourrait être envisagé de mettre en place un dialogue plus structuré, sur le modèle d'une table ronde.

1.10

Les deux Instituts européens (ci-après centres européens) au Japon offrent déjà une base pour constituer des réseaux et des partenariats.

1.11

Il conviendrait que les demandes de financements soient réduites, grâce à l'usage de plus en plus important de techniques telles que la vidéoconférence et le protocole de téléphonie vocale sur Internet.

2.   Introduction

2.1

En 2001, suite à la montée en puissance de la coopération antérieurement existante, l'Union européenne et le Japon ont décidé de lancer une décennie de coopération commune par le biais d'un plan d'action intitulé «Shaping our Common Future» (Façonner notre avenir commun) (1). Ce plan d'action comportait quatre parties («objectifs»), dont la dernière (objectif IV) s'intitulait «Bringing together peoples and cultures» (rapprocher les peuples et les cultures) et visait notamment à «développer les liens entre sociétés civiles et encourager les échanges interrégionaux». L'objectif III «Coping with Global and Societal Challenges» (Faire face aux défis mondiaux et sociétaux) est également en rapport avec le sujet.

2.2

Parmi les événements récents ayant trait aux liens entre sociétés civiles, on note l'organisation de l'«Année des échanges entre les peuples »en 2005, qui a constitué un franc succès, la mise en place de deux centres européens au Japon (2), dans la région de Tokyo (3) et au Kansai (4), et la tenue d'un colloque conjoint en avril 2006 à Bruxelles visant à débattre des progrès effectués dans la mise en œuvre du plan d'action «Shaping our common future» (Façonner notre avenir commun) et à discuter des modifications éventuelles à lui apporter afin de l'adapter à l'évolution de la situation au Japon, en Europe et ailleurs.

2.3

Le présent avis a pour objectif d'examiner les évolutions de la société civile au Japon et les moyens par lesquels la société civile européenne, et notamment le CESE, pourrait coopérer avec celle-ci pour renforcer encore les relations de l'Union européenne avec le Japon (5).

2.4

Le CESE définit la «société civile »comme «l'ensemble de toutes les structures organisationnelles dont les membres servent l'intérêt général par le biais d'un processus démocratique, basé sur le discours et le consensus, et jouent également le rôle de médiateurs entre les pouvoirs publics et les citoyens» (6).

3.   Contexte

3.1

Le Japon est un acteur majeur de l'Asie orientale, une région d'importance croissante sur le plan économique, où la coopération régionale avance rapidement mais où les inquiétudes en matière de sécurité sont grandissantes. Alors même que la région de l'Asie orientale, et notamment la Chine, prend davantage d'importance vis-à-vis de l'UE, une relation plus étroite avec le Japon apportera un équilibre et impliquera une coopération renforcée sur les questions régionales (7).

3.2

Le Japon est aussi l'un des partenaires stratégiques de l'Union européenne. L'Europe et le Japon se trouvent sur des parties opposées du globe terrestre, et leurs cultures respectives sont complexes et très distinctives; malgré cela, nous avons beaucoup en commun. Nous représentons deux entités économiques majeures qui aspirent à jouer un rôle plus large sur le plan international. Nous partageons, d'une manière générale, les mêmes valeurs fondamentales ainsi que de nombreux intérêts et préoccupations. L'Europe comme le Japon sont des sociétés démocratiques. Il est de notre intérêt commun de consolider et d'approfondir notre relation et notre compréhension mutuelle.

3.3

En termes économiques, le Japon constitue, avec 6,6 %, le cinquième marché d'exportation de l'Union européenne tandis que l'UE est le deuxième marché d'exportation du Japon. Le taux de croissance du PIB y est environ de 2,7 % par an et le taux de chômage de 4,5 % environ. Le Japon représente près de 14 % du PNB mondial (contre 3,4 % pour la Chine) et a un revenu moyen par habitant de 32.230 USD (contre 780 USD pour la Chine).

3.4

Aux premiers stades de la coopération, les principaux domaines de préoccupation commune étaient ceux qui avaient trait au commerce et à d'autres facteurs économiques, qui impliquaient des investissements étrangers significatifs dans les deux directions. Les réformes économiques sont importantes pour que les deux parties soient en mesure d'améliorer leur compétitivité dans un monde globalisé tout en maintenant leurs modèles sociaux respectifs, en tenant compte de l'objectif d'une croissance durable.

3.5

La coopération entre l'UE et le Japon est à présent déjà bien en place dans plusieurs secteurs. Par exemple, il existe des forums permanents de discussion sur la politique industrielle, la science et la technologie, la technologie de l'information, l'emploi, les questions sociales, le commerce électronique, la recherche, l'aide au développement et la protection de l'environnement. En 2006, les partenaires sociaux japonais ont fait preuve d'un intérêt croissant vis-à-vis des pratiques de responsabilité sociale des entreprises. En outre, le dialogue UE-Japon sur la réforme de la réglementation (mis en place il y a environ 12 ans) traite de manière cohérente toutes les questions relatives à la réglementation. Les contenus détaillés de certains programmes se trouvent dans l'annexe I. Plusieurs directions générales de la Commission européenne jouent un rôle dans ce dialogue, de même que des États membres de l'Union européenne.

3.6

On peut constater au Japon une montée en puissance progressive de ce qu'on pourrait qualifier de «sentiment de proximité »avec l'Europe. Toutefois, les États membres ayant adhéré plus récemment restent peu connus au Japon.

4.   Le développement de la société civile

4.1

Comme nous l'avons dit ci-dessus, la culture japonaise ainsi que les conditions sociales en vigueur au Japon sont très différentes de celles de l'UE (8). Il n'est donc pas surprenant que les organisations de la société civile japonaises soient différentes de celles de l'UE. La différence la plus évidente est que, jusque très récemment, l'État jouait un rôle tout à fait dominant dans le mode de fonctionnement de la société civile: partenaires sociaux exceptés, les organisations étaient soumises à l'autorisation des pouvoirs publics puis sujettes à une surveillance de leur part.

4.2

Cet état de fait était accepté par le public, car l'articulation d'une bureaucratie élitiste et centralisée et de gros intérêts industriels (soutenus par les parlementaires) permettait de prendre et de mettre en œuvre des décisions politiques de manière rapide et efficace; tout cela contribuait à la croissance économique (9). Dans ces circonstances, le rôle de la société civile dans la gouvernance était très restreint. À cette époque, les concepts de société civile, de gouvernance et de responsabilité ne faisaient même pas partie du vocabulaire courant.

4.3

À la fin des années 1980, la «bulle économique »a éclaté, ce qui a provoqué une période de déflation et de stagnation économique qui n'a pris fin que récemment. Par la suite, dans les années 1990, plusieurs scandales impliquant des hauts dignitaires de la bureaucratie ont éclaté, qui ont commencé à saper la confiance du public dans cette dominance de l'État et des gros intérêts industriels. Ce sont ces scandales ainsi que la mauvaise gestion des travaux de sauvetage et de reconstruction qui ont suivi le «grand séisme de Hanshin-Awaji »à Kobé en 1995 qui ont montré au public l'efficacité (et le potentiel) de certaines organisations de la société civile. Cette prise de conscience a conduit à l'adoption en 1998 d'une nouvelle loi relative aux «organisations à but non lucratif», reconnaissant que les organisations de la société civile sont susceptibles de jouer un rôle important en vue d'une bonne gouvernance (10). Cette loi a supprimé une grande partie des barrières qui existaient au développement des organisations à but non lucratif ainsi que l'essentiel de la très lourde surveillance bureaucratique dont elles étaient l'objet. Elle a constitué l'un des changements qui a apporté une diminution de la réglementation et de la centralisation dans la société et la politique japonaises.

4.4

Depuis ces événements, la société civile a commencé à changer; les organisations de la société civile ont connu un foisonnement rapide, les groupes qui mettent en avant leur indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics étant ceux qui connaissent la croissance la plus rapide. La question qui fait à présent débat au Japon est celle de savoir comment il serait possible de faire un usage plus complet de la totalité des ressources dont dispose la société japonaise — ce qui conduirait à augmenter l'importance et l'influence des organisations de la société civile. Le processus participatif démocratique commence à être mieux compris et tous les projets de législation sont à présent consultables sur Internet pour y faire l'objet de commentaires; toutefois, d'après les organisations de la société civile, les points de vue exprimés par la société civile (partenaires sociaux exceptés) ne semblent pas influencer suffisamment souvent les décisions finales.

4.5

Dans les débats relatifs à la société civile japonaise, celle-ci est ordinairement divisée en deux grands types. Tout d'abord, on compte les organisations non gouvernementales (ONG) qui prestent en premier lieu des services à l'étranger relatifs au développement et au travail humanitaire. Elles sont largement financées par le gouvernement (ministère des affaires étrangères (MOFA)) et fonctionnent en partenariat étroit avec les pouvoirs publics dans le cadre de leurs programmes d'aide officielle au développement (AOD); elles tiennent des réunions régulières avec le gouvernement pour promouvoir une coopération et un dialogue étroits. Toutefois, leurs ressources financières et humaines restent limitées.

4.6

L'autre catégorie est celle des organisations à but non lucratif, qui se caractérisent par un éventail très varié d'activités, et qui comprennent notamment les partenaires sociaux, les organisations commerciales et professionnelles et celles qui sont actives, entre autres, dans les secteurs de l'environnement, de la protection des consommateurs, de l'agriculture et de la culture. Ces acteurs joueront un rôle croissant dans le dialogue qui commence à avoir lieu dans les entreprises japonaises et les entreprises à capital étranger au sujet de leur responsabilité sociale, tout en respectant le caractère volontaire de la RSE. En outre, les organisations du secteur de la santé jouent un rôle très important. Elles peuvent parfois bénéficier d'un financement de la part des pouvoirs publics. Ces organisations ont pour objectif, pour une très grande partie d'entre elles, de trouver des solutions locales et régionales à des problèmes locaux et régionaux, et leur travail bénéficie à l'environnement local. En conséquence, on compte moins d'organisations à but non lucratif nationales.

4.7

La jeunesse est également bien représentée par des organisations estudiantines et d'autres organisations.

5.   Les contacts actuels entre organisations japonaises et européennes de la société civile

5.1

Alors que les contacts entre pouvoirs publics européens et japonais sont nombreux et réguliers (voir le paragraphe 3.5 ci-dessus ainsi que les annexes), et que leur importance est régulièrement soulignée par les dirigeants politiques des deux parties, beaucoup plus limités sont les liens existant entre la plupart des organisations de la société civile. Toutefois, dans certains domaines, des liens forts et actifs existent déjà.

5.2   Les partenaires sociaux

Les employeurs: Nippon Keidanren (Fédération des entreprises du Japon) est une vaste organisation économique née en mai 2002 de la fusion entre Keidanren (Fédération japonaise des organisations économiques) et Nikkeiren (Fédération japonaise des associations d'employeurs). Elle compte 1 662 membres, parmi lesquels on compte 1 351 entreprises, 130 associations industrielles et 47 organisations économiques régionales (données à jour au 20 juin 2006).

Les syndicats sont relativement faibles, tant sur le plan numérique qu'en matière de ressources. Environ 20 % des travailleurs sont syndiqués. La principale organisation syndicale (RENGO (11)) en représente les deux tiers; elle dispose d'un bureau à Bruxelles. Elle a accès à beaucoup d'informations de la CES et envoie souvent des représentants à des réunions d'organisations syndicales au sein des États membres.

5.3

La «EU-Japan Business Dialogue Roundtable» (Table ronde du dialogue d'affaires UE-Japon (employeurs)) se réunit tous les ans depuis 10 ans pour débattre des voies à emprunter pour améliorer les relations économiques et commerciales et, de plus en plus, pour envisager les questions qui se posent à l'échelon mondial, comme les questions énergétiques. Ses recommandations sont présentées au cours du sommet annuel bilatéral UE-Japon aux dirigeants politiques, qui sont prêts à en tenir compte. En outre, les organisations européennes et japonaises représentatives du monde des affaires entretiennent depuis longtemps un dialogue portant sur un large éventail de domaines.

5.4

Pour faire face aux défis qui se posent à l'échelon mondial, comme la sécurité alimentaire et l'étiquetage, les organisations de consommateurs européennes et japonaises se rencontrent depuis 6 ans. Parmi les autres exemples de coopération, on note les dialogues annuels entre journalistes, mouvements de citoyens, ONG et associations de défense de l'environnement, sans oublier la coopération universitaire qui existe déjà entre universités, facultés et instituts de recherche et qui sera renforcée par la mise en place récente de deux instituts européens au Japon. Les institutions universitaires japonaises disposent de liens particulièrement forts entre elles, ainsi qu'avec leurs homologues européennes.

5.5

L'UE et le Japon, reconnaissant que des contacts personnels sont nécessaires pour favoriser une meilleure compréhension mutuelle, ont convenu que 2005 serait l'«année des échanges entre les peuples». Ce programme, dans le cadre duquel 1900 manifestations ont été organisées, a constitué une grande réussite, et un programme de suivi est actuellement en cours de discussion. Il faut à présent relever le défi d'entretenir les résultats acquis et de faire fond sur ce qui a été atteint.

5.6

Ces contacts, en cours actuellement, sont fort utiles et démontrent qu'il est possible d'établir des rapports durables lorsqu'il existe un cadre clair de défis partagés auxquels il convient de faire face dans le contexte d'un monde en mutation où les pratiques et les normes sont mondialisées et où il est de plus en plus nécessaire d'être compétitif. Ces défis sont notamment ceux du développement durable (notamment la sécurité énergétique, les «achats verts» (12) et les ressources naturelles), de l'aide au développement (l'UE et le Japon sont les principaux donateurs à l'échelon mondial), du vieillissement des populations (avec les conséquences qu'il entraîne sur les pensions, les services de santé et l'aide sociale), de l'immigration, du travail au sein de sociétés multiethniques, de l'équilibre entre travail et vie familiale et des défis relatifs à l'emploi. La responsabilité sociale des entreprises constitue une question à propos de laquelle la communauté d'intérêts apparaît plus clairement, à l'image de l'équilibre entre les femmes et les hommes. Il serait utile de procéder à des échanges de vues sur les sujets ci-dessus.

5.7

Le CESE entretient des liens informels avec le centre européen du Kansai. Ce sont les seuls liens dont il dispose à l'heure actuelle, même si plusieurs membres du CESE ont déjà travaillé avec des organisations japonaises.

6.   Terrains d'action à envisager pour construire et entretenir les relations entre les sociétés civiles respectives de l'Union européenne et du Japon

6.1

Il est clair que la société civile a un rôle significatif à jouer pour faire face aux défis communs, tant en Europe qu'au Japon, dans des entreprises communes et dans le cadre de notre relation. Par le biais de discussions bilatérales, et en faisant valoir leurs positions, les organisations de la société civile contribueront au processus politique en cours entre l'UE et le Japon. Il est clair qu'il est possible d'en faire bien davantage pour le développement des parties adéquates du plan d'action UE-Japon (13) qui ont trait à la société civile, et que ces travaux constitueront un élément important pour apporter de la valeur ajoutée aux relations UE-Japon.

6.2

L'objectif premier de la mise en place de contacts entre la société civile japonaise et la société civile européenne doit être la connaissance et la compréhension mutuelles; cela conduira à l'élaboration de réseaux. C'est seulement lorsque cette condition sera remplie que nous pourrons commencer à coopérer de manière appropriée pour ajouter notre contribution aux liens solides qui existent entre nos autorités respectives. Il ne s'agira pas d'un processus rapide, mais il serait utile de rechercher le soutien de la Commission et des pouvoirs publics japonais, dans la perspective de l'organisation d'une rencontre fondatrice visant à identifier les problèmes communs et à débattre des moyens d'aller de l'avant, notamment pour déterminer quelles sont les organisations qui pourraient le plus utilement représenter chacune des deux parties (14); après cette rencontre fondatrice, des travaux ciblés, comportant notamment une action conjointe, devraient prendre le relais. Les participants de cette réunion devraient être des représentants des sociétés civiles européenne et japonaise susceptibles d'apporter un point d'appui en vue de poursuivre la constitution de réseaux. Pour ce qui concerne la partie européenne, il conviendrait que les délégués proviennent majoritairement du CESE et des partenaires sociaux d'échelon européen.

6.3

Il conviendrait que la Commission envisage d'associer les organisations de la société civile (OSC) européennes et japonaises à tous les séminaires et manifestations similaires pour lesquels cela apparaît pertinent, et qu'elle encourage les autorités japonaises à faire de même. Cette mesure permettrait, avec le temps, de développer la compréhension entre partenaires, ainsi que de mettre en place un réseau qui puisse ensuite être exploité pour toutes sortes de contacts. Il conviendrait que l'identification de ce type de manifestations figure régulièrement à l'ordre du jour des rencontres entre la Commission et ses interlocuteurs japonais.

6.4

Pour les débats impliquant des OSC, la sélection de thèmes appropriés sera un facteur essentiel. Les réunions officielles choisissent des thèmes pour lesquels l'apport des OSC constitue un point positif; la Commission et les pouvoirs publics japonais devraient, quant à eux, envisager de charger le CESE de procéder au choix des sujets, en collaboration avec des partenaires japonais. Dans des réunions conjointes de ce type, les syndicats pourraient, par exemple, débattre des normes fondamentales de travail telles que définies par les conventions de l'OIT. Au départ, ces travaux pourraient être confiés à des groupes ad hoc; le cas échéant, il faudra envisager de mettre en place de petits groupes ad hoc consultatifs (15).

6.5

Au vu de l'importance que revêt de plus en plus, du point de vue du Japon, la coopération régionale, les OSC européennes pourraient également fournir une contribution en faisant usage de leur expérience pour aider des États, à différents stades de leur développement, à devenir plus intégrés, conformément à sa doctrine d'«intégration fonctionnelle». À cet égard, les expériences dont disposent certains nouveaux États membres — du point de vue de la mise en place d'organisations de la société civile viables et de l'incitation à ce que les pouvoirs publics les incluent aux processus de consultation et de prise de décision — peuvent représenter des exemples intéressants. La capacité dont l'Union européenne a fait preuve pour réussir à limiter et à réduire les potentialités de rivalités et de conflits pourrait constituer un modèle susceptible d'apporter une aide utile face aux préoccupations relatives à la sécurité dans la région.

6.6

La mise en place de deux centres européens au Japon (le centre européen de Tokyo et le centre européen du Kansai) offre des possibilités de mise en réseau ou d'amélioration de la compréhension mutuelle. Par exemple:

le CESE pourrait exercer une fonction de point de contact en matière d'assistance et d'information;

cela pourrait avoir lieu notamment en facilitant le lien entre ceux qui recherchent des contacts (dans un but particulier) dans l'espace géographique de l'autre partie;

il pourrait également être envisagé de faire en sorte que le CESE et les centres européens au Japon se proposent réciproquement de participer à des séminaires appropriés (ou d'autres travaux) tant comme orateurs que comme participants;

le CESE pourrait également proposer de s'exprimer sur des sujets relatifs à l'UE qui relèvent de son domaine: les processus de prise de décision dans l'UE, les rôles des organisations de la société civile tant à l'échelon européen qu'à l'échelon national, le rôle des partenaires sociaux, la manière dont les entreprises abordent les phases de discussion et de mise en œuvre de la législation européenne;

le CESE pourrait proposer des stages réguliers aux centres européens.

Le centre européen du Kansai envisage d'ores et déjà l'organisation, en coopération, d'une série de séminaires/ateliers consacrés à des questions spécifiques. Dans ce cadre, il est probable que l'étiquetage alimentaire, la protection de l'environnement et le vieillissement de la société soient des domaines clés.

6.7

Il est également important de noter que les universités (et organismes similaires) jouent un rôle essentiel dans la société japonaise et apportent un autre vecteur pour contribuer à une meilleure compréhension mutuelle entre OSC. Elles peuvent également contribuer à impliquer la jeunesse, dont la participation sera un facteur essentiel dans la mise en place de contacts durables.

6.8

Il conviendrait que le CESE envisage la mise en place d'un petit groupe de contact, pour rester à jour et fournir aux partenaires japonais un point de contact. Une fois que les sociétés civiles européenne et japonaise auront fait preuve d'une meilleure compréhension mutuelle, c'est-à-dire à plus long terme, il conviendra d'envisager l'organisation d'une sorte d'organe permanent, sur le modèle d'une table ronde.

6.9

Il conviendrait de maintenir le contact avec la commission parlementaire mixte UE-Japon, afin de garantir que le rôle et le potentiel de la société civile soient compris, et, lorsque c'est approprié, utilisés au bénéfice des deux parties.

6.10

Comme toujours, le financement sera une question décisive. Toutefois, le coût de ces dispositions ne devrait pas être élevé et l'usage de nouvelles techniques comme la vidéoconférence et le protocole de téléphonie vocale sur Internet (voix sur IP — interconnexion de trois sites ou plus) devrait contribuer à faire en sorte qu'il reste bas dans beaucoup de cas, dont les plus évidents sont les contacts entre les éventuels petits groupes ad hoc qui pourraient être mis en place.

Bruxelles, le 16 février 2007.

Le Président

du Comité économique et social européen

Dimitris DIMITRIADIS


(1)  «Shaping our common future» (Façonner notre avenir commun), plan d'action pour la coopération UE-Japon, Sommet Union européenne — Japon, Bruxelles, 2001.

(2)  Les Centres européens sont financés par l'UE et ont pour mission de combler le fossé qui existe, sur le plan de la connaissance mutuelle, entre le Japon et l'UE, en permettant aux étudiants de toutes les facultés d'élargir leurs connaissances relatives à l'Union européenne.

(3)  Institutions participantes: Université Hitotsubashi, Université chrétienne internationale, Université des études étrangères de Tokyo et Collège Tsuda

http://www.euij-tc.org.

(4)  Institutions participantes: Université de Kobé, Université Kwansei Gakuin et Université d'Osaka

http://euij-kansai.jp/index_fr.html.

(5)  Lettre D/06/468 en date du 6 avril 2006 de Mme FERRERO-WALDNER, commissaire européenne.

(6)  Pour une définition plus complète, se reporter au document COM(2005) 290.

(7)  Il existe déjà un nombre considérable d'organismes régionaux, dont certains avec participation européenne. La rencontre Asie-Europe (Asia-Europe Meeting — ASEM) et la fondation Asie-Europe (Asia-Europe Foundation — ASEF) en sont des exemples importants. Un engagement dans de tels organismes pourrait augmenter la valeur ajoutée de la coopération entre les sociétés civiles européenne et japonaise.

(8)  La culture japonaise est riche d'une très longue histoire; elle est fortement marquée par l'isolation qui a existé pendant des siècles entre le Japon et le reste du monde.

(9)  Cette réussite a provoqué une «légitimité des résultats »(output legitimacy), la légitimité se fondant sur la performance dans la réalisation des objectifs, au détriment de la «légitimité des processus »(input legitimacy) qui se fonde sur le processus participatif démocratique.

(10)  D'un point de vue japonais, l'UE a également connu des crises à peu près à la même période, comme les événements qui ont mené à la démission de la Commission Santer; ces crises ont conduit à repenser la gouvernance européenne, engendrant une association plus large de la société civile européenne au processus politique.

(11)  6 500 000 employés sont membres de RENGO (données à jour en juin 2006).

(12)  Les «achats verts »sont un système au sein duquel les achats publics doivent comporter un pourcentage significatif de produits respectueux de l'environnement.

(13)  Voir paragraphe 2.1 ci-dessus.

(14)  Des partenaires japonais, notamment le centre japonais pour les échanges internationaux (Japan Center for International Exchange, JCIE), ainsi que les IUEJ, pourraient aider à effectuer cette identification, mais, dans la phase initiale, il sera également nécessaire de solliciter les conseils des pouvoirs publics japonais.

(15)  La langue sera, comme ailleurs, source de difficultés.


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