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Document C:2022:434:FULL

Journal officiel de l'Union européenne, C 434, 15 novembre 2022


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ISSN 1977-0936

Journal officiel

de l'Union européenne

C 434

European flag  

Édition de langue française

Communications et informations

65e année
15 novembre 2022


Sommaire

page

 

 

PARLEMENT EUROPÉEN
SESSION 2022-2023
Séances du 4 au 7 avril 2022
TEXTES ADOPTÉS

1


 

I   Résolutions, recommandations et avis

 

RÉSOLUTIONS

 

Parlement européen

 

Mardi 5 avril 2022

2022/C 434/01

Résolution du Parlement européen du 5 avril 2022 sur l’avenir de la pêche dans la Manche, la mer du Nord, la mer d’Irlande et l’océan Atlantique après le retrait du Royaume-Uni de l’UE (2021/2016(INI))

2

2022/C 434/02

Résolution du Parlement européen du 5 avril 2022 sur la protection des droits de l’enfant dans les procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille (2021/2060(INI))

11

2022/C 434/03

Résolution du Parlement européen du 5 avril 2022 sur les mesures de lutte contre la pollution de l’eau par les nitrates, y compris les améliorations à apporter dans les différents systèmes de mesure des nitrates dans les États membres (2021/3003(RSP))

19

 

Mercredi 6 avril 2022

2022/C 434/04

Résolution du Parlement européen du 6 avril 2022 sur l’approche mondiale de la recherche et de l’innovation — La stratégie de coopération internationale de l’Europe dans un monde en mutation (2021/3001(RSP))

23

2022/C 434/05

Résolution du Parlement européen du 6 avril 2022 sur le début de la mise en œuvre de la politique de cohésion 2021-2027 (2022/2527(RSP))

28

2022/C 434/06

Résolution du Parlement européen du 6 avril 2022 sur le déploiement de mesures en faveur de l’éducation civique (2021/2008(INI))

31

2022/C 434/07

Résolution du Parlement européen du 6 avril 2022 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87769 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D078875/02 — 2022/2566(RSP))

42

 

Jeudi 7 avril 2022

2022/C 434/08

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la protection accordée par l’Union européenne aux enfants et aux jeunes qui fuient en raison de la guerre en Ukraine (2022/2618(RSP))

50

2022/C 434/09

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur les conclusions du Conseil européen des 24 et 25 mars 2022, y compris les dernières évolutions de la guerre en Ukraine et les sanctions de l’Union contre la Russie ainsi que leur mise en œuvre (2022/2560(RSP))

59

2022/C 434/10

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, notamment la persécution des minorités religieuses (2022/2620(RSP))

66

2022/C 434/11

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la situation de l’état de droit et des droits de l’homme dans la République du Guatemala (2022/2621(RSP))

71

2022/C 434/12

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la répression croissante en Russie, y compris le cas d’Alexeï Navalny (2022/2622(RSP))

75

2022/C 434/13

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur le droit à la réparation (2022/2515(RSP))

81

2022/C 434/14

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la situation en Afghanistan, en particulier la situation des droits des femmes (2022/2571(RSP))

86


 

III   Actes préparatoires

 

Parlement européen

 

Mardi 5 avril 2022

2022/C 434/15

Amendements du Parlement européen, adoptés le 5 avril 2022, à la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil modifiant la décision (UE) 2015/1814 en ce qui concerne la quantité de quotas à placer dans la réserve de stabilité du marché pour le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’Union jusqu’en 2030 (COM(2021)0571 — C9-0325/2021 — 2021/0202(COD))

92

2022/C 434/16

Résolution législative du Parlement européen du 5 avril 2022 sur la position du Conseil en première lecture en vue de l’adoption de la directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2006/1/CE relative à l’utilisation de véhicules loués sans chauffeur dans le transport de marchandises par route (13531/1/2021 — C8-0172/2017 — 2017/0113(COD))

103

2022/C 434/17

P9_TA(2022)0105
Infrastructures énergétiques transeuropéennes ***I
Résolution législative du Parlement européen du 5 avril 2022 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant des orientations pour les infrastructures énergétiques transeuropéennes, et abrogeant le règlement (UE) no 347/2013 (COM(2020)0824 — C9-0417/2020 — 2020/0360(COD))
P9_TC1-COD(2020)0360
Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 5 avril 2022 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2022/… du Parlement européen et du Conseil concernant des orientations pour les infrastructures énergétiques transeuropéennes, modifiant les règlements (CE) no 715/2009, (UE) 2019/942 et (UE) 2019/943 et les directives 2009/73/CE et (UE) 2019/944, et abrogeant le règlement (UE) no 347/2013

104

2022/C 434/18

Résolution du Parlement européen du 5 avril 2022 sur les orientations générales pour la préparation du budget 2023, section III — Commission (2021/2226(BUI))

105

2022/C 434/19

P9_TA(2022)0107
Équivalence des inspections sur pied et de certaines semences produites en Bolivie ***I
Résolution législative du Parlement européen du 5 avril 2022 sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil modifiant la décision 2003/17/CE du Conseil en ce qui concerne sa période d’application et en ce qui concerne l’équivalence des inspections sur pied des cultures productrices de semences de céréales et des cultures productrices de semences de plantes oléagineuses et à fibres effectuées en Bolivie, et l’équivalence des semences de céréales et des semences de plantes oléagineuses et à fibres produites en Bolivie (COM(2022)0026 — C9-0024/2022 — 2022/0016(COD))
P9_TC1-COD(2022)0016
Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 5 avril 2022 en vue de l’adoption de la décision (UE) 2022/… du Parlement européen et du Conseil modifiant la décision 2003/17/CE du Conseil en ce qui concerne sa période d’application et en ce qui concerne l’équivalence des inspections sur pied des cultures productrices de semences de céréales et des cultures productrices de semences de plantes oléagineuses et à fibres effectuées en Bolivie, et l’équivalence des semences de céréales et des semences de plantes oléagineuses et à fibres produites en Bolivie

115

2022/C 434/20

Résolution du Parlement européen du 5 avril 2022 concernant la position du Conseil sur le projet de budget rectificatif no 1/2022 de l’Union européenne pour l’exercice 2022 — inscription au budget de l’incidence, pour le budget 2022, de l’adaptation du cadre financier pluriannuel conformément à l’article 7 du règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027 (06310/2022 — C9-0052/2022 — 2022/0018(BUD))

116

2022/C 434/21

P9_TA(2022)0109
Niveau minimal de formation des gens de mer (codification) ***I
Résolution législative du Parlement européen du 5 avril 2022 sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant le niveau minimal de formation des gens de mer (codification) (COM(2020)0739 — C9-0371/2020 — 2020/0329(COD))
P9_TC1-COD(2020)0329
Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 5 avril 2022 en vue de l’adoption de la directive (UE) 2022/… du Parlement européen et du Conseil concernant le niveau minimal de formation des gens de mer (texte codifié)

118

 

Mercredi 6 avril 2022

2022/C 434/22

P9_TA(2022)0111
Acte sur la gouvernance des données ***I
Résolution législative du Parlement européen du 6 avril 2022 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur la gouvernance européenne des données (acte sur la gouvernance des données) (COM(2020)0767 — C9-0377/2020 — 2020/0340(COD))
P9_TC1-COD(2020)0340
Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 6 avril 2022 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2022/… du Parlement européen et du Conseil portant sur la gouvernance européenne des données et modifiant le règlement (UE) 2018/1724 (règlement sur la gouvernance des données)

119

 

Jeudi 7 avril 2022

2022/C 434/23

P9_TA(2022)0116
Médicaments disponibles au Royaume-Uni en ce qui concerne l'Irlande du Nord, Chypre, l'Irlande et Malte ***I
Résolution législative du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2001/20/CE et 2001/83/CE en ce qui concerne les dérogations à certaines obligations relatives à certains médicaments à usage humain mis à disposition au Royaume-Uni en ce qui concerne l’Irlande du Nord ainsi qu’à Chypre, en Irlande et à Malte (COM(2021)0997 — C9-0475/2021 — 2021/0431(COD))
P9_TC1-COD(2021)0431
Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 7 avril 2022 en vue de l’adoption de la directive (UE) 2022/… du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2001/20/CE et 2001/83/CE en ce qui concerne les dérogations à certaines obligations relatives à certains médicaments à usage humain mis à disposition au Royaume-Uni en ce qui concerne l’Irlande du Nord ainsi qu’à Chypre, en Irlande et à Malte

120

2022/C 434/24

P9_TA(2022)0117
Médicaments expérimentaux disponibles au Royaume-Uni en ce qui concerne l'Irlande du Nord, Chypre, l'Irlande et Malte ***I
Résolution législative du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 536/2014 en ce qui concerne une dérogation à certaines obligations relatives aux médicaments expérimentaux mis à disposition au Royaume-Uni en ce qui concerne l’Irlande du Nord ainsi qu’à Chypre, en Irlande et à Malte (COM(2021)0998 — C9-0476/2021 — 2021/0432(COD))
P9_TC1-COD(2021)0432
Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 7 avril 2022 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2022/… du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 536/2014 en ce qui concerne une dérogation à certaines obligations relatives aux médicaments expérimentaux mis à disposition au Royaume-Uni en ce qui concerne l’Irlande du Nord ainsi qu’à Chypre, en Irlande et à Malte

122

2022/C 434/25

P9_TA(2022)0118
Augmentation du préfinancement issu des ressources REACT-EU ***I
Résolution législative du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 1303/2013 et le règlement (UE) no 223/2014 en ce qui concerne l’augmentation du préfinancement provenant des ressources REACT-EU et l’établissement d’un coût unitaire (COM(2022)0145 — C9-0127/2022 — COM(2022)0162 — C9-0136/2022 — 2022/0096(COD))
P9_TC1-COD(2022)0096
Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 7 avril 2022 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2022/… du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) no 1303/2013 et (UE) no 223/2014 en ce qui concerne l’augmentation du préfinancement provenant des ressources REACT-EU et l’établissement d’un coût unitaire

124

2022/C 434/26

Décision du Parlement européen du 7 avril 2022 renvoyant la question à la commission compétente aux fins de négociations interinstitutionnelles sur la base de la proposition non modifiée de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) 2017/1938 du Parlement européen et du Conseil concernant des mesures visant à garantir la sécurité de l’approvisionnement en gaz naturel et le règlement (CE) no 715/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant les conditions d’accès aux réseaux de transport de gaz naturel (COM(2022)0135 — C9-0126/2022 — 2022/0090(COD))

125

2022/C 434/27

Résolution législative du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la proposition de règlement du Conseil relatif à la création et au fonctionnement d’un mécanisme d’évaluation et de contrôle destiné à vérifier l’application de l’acquis de Schengen, et abrogeant le règlement (UE) no 1053/2013 (COM(2021)0278 — C9-0349/2021 — 2021/0140(CNS))

126

2022/C 434/28

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur l’état prévisionnel des recettes et des dépenses du Parlement européen pour l’exercice 2023 (2021/2227(BUI))

160


Légende des signes utilisés

*

Procédure de consultation

***

Procédure d'approbation

***I

Procédure législative ordinaire (première lecture)

***II

Procédure législative ordinaire (deuxième lecture)

***III

Procédure législative ordinaire (troisième lecture)

(La procédure indiquée est fondée sur la base juridique proposée par le projet d'acte.)

Amendements du Parlement:

Les parties de texte nouvelles sont indiquées en italiques gras . Les parties de texte supprimées sont indiquées par le symbole ▌ ou barrées. Les remplacements sont signalés en indiquant en italiques gras le texte nouveau et en effaçant ou en barrant le texte remplacé.

FR

 


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/1


PARLEMENT EUROPÉEN

SESSION 2022-2023

Séances du 4 au 7 avril 2022

TEXTES ADOPTÉS

 


I Résolutions, recommandations et avis

RÉSOLUTIONS

Parlement européen

Mardi 5 avril 2022

15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/2


P9_TA(2022)0103

L'avenir de la pêche dans la Manche, la mer du Nord, la mer d'Irlande et l'océan Atlantique

Résolution du Parlement européen du 5 avril 2022 sur l’avenir de la pêche dans la Manche, la mer du Nord, la mer d’Irlande et l’océan Atlantique après le retrait du Royaume-Uni de l’UE (2021/2016(INI))

(2022/C 434/01)

Le Parlement européen,

vu le règlement (UE) no 1380/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 sur la politique commune de la pêche (1),

vu l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (2) (ci-après «l’accord de retrait») et la déclaration politique fixant le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui accompagne l’accord de retrait (3) (ci-après «la déclaration politique»),

vu l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, d’autre part (4) (ci-après «l’accord de commerce et de coopération») et, en particulier, la deuxième partie, cinquième rubrique, sur la pêche,

vu le règlement (UE) no 1026/2012 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 concernant certaines mesures aux fins de la conservation des stocks halieutiques en ce qui concerne les pays autorisant une pêche non durable (5),

vu le règlement (UE) 2017/2403 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2017 relatif à la gestion durable des flottes de pêche externes (6),

vu le règlement (UE) 2021/1203 du Conseil du 19 juillet 2021 modifiant le règlement (UE) 2020/1706 en ce qui concerne l’inclusion de contingents tarifaires autonomes de l’Union pour certains produits de la pêche (7),

vu le règlement (UE) 2021/1755 du Parlement européen et du Conseil du 6 octobre 2021 établissant la réserve d’ajustement au Brexit (8) et l’avis de la commission de la pêche du 11 mai 2021 (A9-0178/2021),

vu la convention des Nations unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 (9) (CNUDM),

vu l’accord des Nations unies aux fins de l’application des dispositions de la convention des Nations unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 relatives à la conservation et à la gestion des stocks de poissons et des stocks de poissons grands migrateurs, signé à New York le 4 août 1995 (10),

vu les objectifs de développement durable des Nations unies,

vu le traité concernant le Spitzberg (traité de Svalbard), signé à Paris le 9 février 1920,

vu la convention sur les pêcheries de l'Atlantique Nord-Est (11),

vu l’accord visant à prévenir la pêche non réglementée en haute mer dans l’océan Arctique central, entré en vigueur le 25 juin 2021 (12),

vu l’accord de pêche entre la Communauté économique européenne, d’une part, et le gouvernement du Danemark et le gouvernement local des Îles Féroé, d’autre part (13),

vu l’accord de pêche entre la Communauté économique européenne et le royaume de Norvège (14),

vu l’accord entre la Communauté économique européenne et la République d’Islande sur la pêche et le milieu marin (15),

vu l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne, d’une part, et le gouvernement du Groenland et le gouvernement du Danemark, d’autre part (16),

vu sa résolution du 12 février 2020 sur la proposition de mandat de négociation en vue d’un nouveau partenariat avec le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (17),

vu sa recommandation du 18 juin 2020 pour les négociations en vue d’un nouveau partenariat avec le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (18) et l’avis de la commission de la pêche du 26 mai 2020 (A9-0117/2020),

vu sa résolution du 28 avril 2021 sur le résultat des négociations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni (19) et l’avis sous forme de lettre de la commission de la pêche du 4 février 2021 sur la conclusion de l’accord de commerce et de coopération (A9-0128/2021),

vu la communication de la Commission du 20 mai 2020, intitulée «Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030: ramener la nature dans nos vies» (COM(2020)0380),

vu sa résolution du 9 juin 2021 sur la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030: ramener la nature dans nos vies (20),

vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 13 octobre 2021 intitulée «Un engagement plus fort de l’UE en faveur d’un Arctique pacifique, durable et prospère» (JOIN(2021)0027),

vu la première déclaration de Saint-Jacques-de-Compostelle du 25 octobre 2017 et la deuxième déclaration de Saint-Jacques-de-Compostelle des communautés de pêcheurs européens, du 20 juin 2020, sur l’avenir du secteur de la pêche en Europe après le Brexit,

vu l'article 54 de son règlement,

vu le rapport de la commission de la pêche (A9-0042/2022),

A.

considérant que l’accord de retrait fixe les conditions du retrait officiel du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne, que la déclaration politique définit le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, et que l’accord de commerce et de coopération qui en résulte jette les bases de relations étendues au sein d’un espace de prospérité et de bon voisinage caractérisé par des relations étroites et pacifiques fondées sur la coopération, dans le respect de l’autonomie et de la souveraineté des parties;

B.

considérant que l’importance de la conservation et de la gestion durable des ressources biologiques marines et des écosystèmes marins sur la base des meilleurs avis scientifiques disponibles et de la promotion d’une aquaculture responsable et durable est reconnue, tout comme le rôle essentiel que jouera le commerce dans la réalisation de ces objectifs, notamment grâce à une action cohérente conforme aux accords internationaux pertinents de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et à la convention des Nations unies sur le droit de la mer, y compris les efforts visant à prévenir et à éradiquer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée ainsi que l’interdiction de commercialiser les produits de la pêche résultant de cette activité néfaste;

C.

considérant les objectifs de la politique commune de la pêche (PCP), notamment le devoir pour l’Union européenne de promouvoir, au niveau international, les objectifs de ladite politique, en veillant à ce que les activités de pêche de l’Union exercées en dehors de ses eaux soient fondées sur les mêmes principes et en garantissant des conditions de concurrence équitables pour les opérateurs de l’Union et des pays tiers, et en coopérant avec les pays tiers et les organisations internationales afin d’améliorer le respect des mesures internationales, y compris la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, en se fondant toujours sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles;

D.

considérant que l’un des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies consiste à protéger la vie marine (ODD 14);

E.

considérant que, par le passé, les stocks halieutiques qui étaient gérés uniquement par l’Union l’étaient de manière plus durable que les stocks partagés; qu’un certain nombre de stocks qui étaient gérés uniquement par l’Union seront désormais en gestion commune avec le Royaume-Uni;

F.

considérant que la PCP dispose que, compte tenu de la variabilité de la situation biologique des stocks, la relative stabilité de la pêche devra préserver les besoins spécifiques des régions dont les communautés locales sont particulièrement dépendantes de la pêche et des activités connexes;

G.

considérant que les parties sont convenues de collaborer en ce qui concerne la conservation et les politiques et mesures en matière de pêche et d’aquaculture liées au commerce, notamment dans le contexte de l’Organisation mondiale du commerce et des organisations régionales de gestion des pêches ainsi qu’au sein d’autres instances multilatérales, selon le cas, en vue de promouvoir des pratiques de pêche et d’aquaculture durables et le commerce de produits de la pêche issus d’opérations de pêche et d’aquaculture gérées durablement;

H.

considérant que les parties ont pour objectif commun d’exploiter les stocks en gestion commune à des taux permettant de maintenir et de rétablir progressivement les populations des espèces exploitées à des niveaux de biomasse équivalents ou supérieurs à ceux pouvant produire le rendement maximal durable;

I.

considérant que l’accord de commerce et de coopération établit des principes de gestion de la pêche et de durabilité environnementale, sociale et économique à long terme en vue d’une meilleure exploitation des stocks en gestion commune, sur la base des meilleures connaissances scientifiques disponibles, en particulier celles fournies par le Conseil international pour l’exploration de la mer;

J.

considérant que la pêche a joué un rôle très important dans la campagne du référendum de 2016 sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union; que les questions liées à la pêche étaient le dernier obstacle aux négociations sur l’accord entre le Royaume-Uni et l’Union, et que l’objectif de conclure et de ratifier un accord de pêche avant le 1er juillet 2020 énoncé dans la déclaration politique n’a pas été atteint;

K.

considérant que le transfert des parts de quotas de l’Union vers le Royaume-Uni au cours de la période de transition, comme convenu dans l’accord de commerce et de coopération, aura des conséquences économiques négatives majeures pour les pêcheurs de l’Union; que l’importance de limiter l’impact économique négatif des futurs accords avec le Royaume-Uni est reconnue;

L.

considérant que le comité spécialisé de la pêche a été mis sur pied conformément à l’accord de commerce et de coopération; que ce comité préparera des stratégies pluriannuelles de conservation et de gestion servant de base à la fixation des totaux admissibles des captures et d’autres mesures de gestion, y compris pour les stocks hors quota, et définira la collecte de données scientifiques à des fins de gestion des pêches, ainsi que le partage de ces données avec des organismes scientifiques en vue de disposer des meilleurs avis scientifiques disponibles;

M.

considérant que le protocole sur l’accès aux eaux, ajouté en tant qu’annexe 38 de l’accord de commerce et de coopération, prévoit une «période d’adaptation», qui s’étend du 1er janvier 2021 au 30 juin 2026, au cours de laquelle chaque partie accorde aux navires de l’autre partie le plein accès à ses eaux pour la pêche des stocks de poissons énumérés;

N.

considérant que les pêcheurs ont souffert des retards et des incertitudes dues à la délivrance des licences d’accès aux eaux;

O.

considérant que des questions restent en suspens concernant l’accès des navires de l’Union aux eaux entourant les îles inhabitées de l’Atlantique Nord, telles que Rockall, ce qui entraîne des incertitudes et des risques pour les pêcheurs;

P.

considérant que l’accord de commerce et de coopération prévoit un accès en franchise de droits et sans contingent pour les produits de la pêche originaires des eaux britanniques, mais que les territoires d’outre-mer britanniques ne sont toutefois plus associés à l’Union et ne bénéficient plus d’exonérations tarifaires pour les exportations de produits de la pêche vers l’Union, étant donné qu’ils sont exclus du champ d’application de l’accord;

Q.

considérant que, le 18 novembre 2020, la Norvège a décidé, de manière unilatérale et discriminatoire, de réduire le quota de cabillaud du Svalbard de l’Union en 2021; que, le 28 mai 2021, la Norvège a décidé, également de manière unilatérale et contre les avis scientifiques, d’augmenter de 55 % sa part du stock de maquereau partagé; que les Îles Féroé et l’Islande ont également augmenté leur quota de maquereau de manière unilatérale;

R.

considérant que le retrait du Royaume-Uni de l’Union a provoqué d’importantes perturbations de la chaîne d’approvisionnement sur l’île d’Irlande et a interrompu des connexions de longue date entre l’île d’Irlande et l’Europe continentale;

1.

souligne la nécessité que l’Union et le Royaume-Uni continuent de collaborer pour garantir une bonne gouvernance internationale des océans, en promouvant l’utilisation et l’exploitation durables de leurs ressources et en favorisant la protection et la restauration des zones, sur la base des meilleures et des plus récentes connaissances scientifiques;

2.

rappelle que les conséquences du Brexit ne sont pas encore entièrement connues, d’autant moins que l’accord de commerce et de coopération dans le domaine de la pêche est en cours et n’est toujours pas pleinement mis en œuvre, et insiste sur le fait que des questions qui n’ont pas été abordées dans l’accord de commerce et de coopération, telles que les aspects liés à l’aquaculture, continuent d’apparaître;

3.

rappelle que le Brexit n’a pas eu un impact sur le secteur de la pêche dans la seule zone géographique du Royaume-Uni et qu’il a des conséquences importantes pour l’ensemble de la région Nord-Est de l’océan Atlantique, ainsi que pour la flotte de pêche de l’Union opérant dans d’autres régions de la planète, comme les eaux qui entourent les Îles Falkland, le Groenland et le Svalbard; souligne que la relation entre l’Union et le Royaume-Uni doit constituer un pilier de la gouvernance en matière de pêche dans l’Atlantique du Nord-Est et de la gestion durable des stocks partagés avec d’autres pays tiers, comme le maquereau ou le merlan bleu;

4.

déplore que l’accord de commerce et de coopération réduise progressivement de 25 % la part des possibilités de pêche dans les eaux britanniques pour la flotte de l’Union sur une période de cinq ans et demi, sachant que cette réduction touchera tous les segments de la flotte de l’Union, y compris la pêche artisanale; s’inquiète de la situation qui suivra la fin de la période d’adaptation; invite la Commission à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir qu’après le 30 juin 2026, l’accès réciproque aux eaux et aux ressources halieutiques sera maintenu et qu’aucune nouvelle réduction de quotas ne sera imposée aux pêcheurs de l’Union après la fin de la période de transition;

5.

invite les parties à prêter dûment attention aux aspects socio-économiques lorsqu’elles conviennent des totaux admissibles de captures pour les stocks énumérés dans l’accord de commerce et de coopération; demande que le fonctionnement des mécanismes d’échange de quotas de pêche entre les parties soit simplifié et ne soit pas onéreux pour le secteur;

6.

rappelle qu’il incombe aux États membres d’attribuer leurs quotas à leur flotte et les encourage, le cas échéant, à faire usage des possibilités offertes par l’article 17 du règlement (UE) no 1380/2013 pour atténuer les conséquences de l’accord de commerce et de coopération sur leurs flottes, y compris la pêche artisanale, lors de l’attribution de leurs quotas;

7.

rappelle qu’il est urgent de connaître toutes les conséquences potentiellement négatives, non seulement en mer du Nord, mais également dans tout l’Atlantique, en particulier pour les communautés de pêche des régions ultrapériphériques, dont l’économie est vulnérable, les écosystèmes fragiles et qui sont largement dépendantes des secteurs primaires;

8.

souligne que l’expansion accrue des parcs éoliens en mer dans la Manche, la mer du Nord, la mer d’Irlande et l’Atlantique compliquera encore davantage l’accès des pêcheurs aux zones de pêche;

9.

rappelle que l’accès aux eaux et aux ressources par les flottes de l’Union et du Royaume-Uni doit être considéré comme relevant pleinement du champ d’application de l’accord de commerce et de coopération et qu’il ne peut être dissocié de questions telles que l’accès aux marchés; souligne qu’une grande partie de la flotte de l’Union dépend historiquement des zones de pêche qui sont désormais gérées exclusivement par le Royaume-Uni, qu’il existe de nombreuses entreprises britanniques, en particulier celles actives dans la production aquacole, qui dépendent du marché unique de l’Union, et qu’il existe une demande pour ces produits dans l’Union; se félicite que l’accord de commerce et de coopération intègre un lien direct entre les dispositions commerciales et les dispositions en matière de pêche; invite la Commission et le Conseil à veiller à ce que les négociations en matière de pêche avec le Royaume-Uni et avec les autres États côtiers de l’Atlantique du Nord-Est soient également liées aux questions relatives au commerce et à l’accès au marché unique de l’Union;

10.

invite la Commission à garder ouvertes toutes les voies de négociation avec le Royaume-Uni en vue de trouver des solutions stables, pérennes et bénéfiques pour les deux parties, qui offrent des conditions stables et prévisibles aux pêcheurs et au secteur de la pêche dans son ensemble, y compris pendant la période post-2026; souligne toutefois que, pour garantir la mise en œuvre intégrale de l’accord de commerce et de coopération, il convient d’utiliser tous les instruments juridiques, y compris ceux liés à l’accès au marché, ainsi que toutes les mesures compensatoires et de réaction et les mécanismes de règlement des différends prévus par l’accord de commerce et de coopération;

11.

rappelle que de nombreuses communautés côtières de l’Union dépendent fortement du secteur de la pêche, raison pour laquelle elles ont besoin d’une certaine stabilité et prévisibilité concernant l’accord de commerce et de coopération et ses conséquences; demande, par conséquent, la plus grande transparence de la part des États membres en ce qui concerne les processus de négociation menés avec le Royaume-Uni et l’absence de rétention d’informations au niveau technique de la part de la Commission;

12.

demande que soit apportée une solution permanente à la question de la pêche dans la baie de Granville, à la suite de la fin du traité de la baie de Granville;

13.

rappelle que si le Royaume-Uni envisageait de limiter l’accès après la période d’adaptation, l’Union serait en mesure de prendre des mesures pour protéger ses intérêts, notamment en rétablissant des droits de douane ou des quotas pour les importations de poisson britanniques, ou encore en suspendant d’autres parties de l’accord de commerce et de coopération, en cas de risque de graves difficultés économiques ou sociales pour les communautés de pêcheurs de l’Union;

14.

se déclare profondément préoccupé par l’incertitude créée par la clause contenue dans l’article 510 de l’accord de commerce et de coopération concernant la révision de la deuxième partie, rubrique 5 («Pêche»), de l’accord quatre ans après la fin de la période d’adaptation;

15.

note que la situation de la pêche après 2026 demeure hautement incertaine et que l’accord de commerce et de coopération ne la prévoit pas entièrement; considère qu’un accord pluriannuel post-2026 offrirait davantage de stabilité et de visibilité économique; invite la Commission à entamer des négociations en gardant cet objectif à l’esprit;

16.

invite la Commission à assister les États membres afin qu’ils utilisent pleinement les fonds de la réserve d’ajustement au Brexit pour promouvoir et soutenir le secteur et les communautés côtières touchées et pour compenser entièrement les pertes subies, en particulier la perte de leurs quotas; invite les États membres à utiliser les fonds affectés à la pêche au titre de la réserve et, le cas échéant, à allouer des sommes supplémentaires; estime qu’il convient d’utiliser ces fonds tout en tenant compte du fait que la période de transition pour les quotas durera jusqu’au 30 juin 2026;

17.

souligne qu’il est nécessaire de mettre ces fonds au service de tous les pêcheurs et des entreprises concernés, y compris les pêcheries artisanales, et qu’il convient de remédier à tout obstacle potentiel au financement direct, tel que les règles relatives aux aides d’État, qui entravent l’assistance aux pêcheurs touchés; invite la Commission à tenir dûment compte de l’avis de la commission de la pêche du 11 mai 2021 sur la réserve d’ajustement au Brexit et à prendre toutes les mesures nécessaires à cet égard, y compris en présentant, le cas échéant, une proposition législative;

18.

demande à la Commission de faciliter le développement de possibilités économiques supplémentaires pour les communautés côtières, en particulier les communautés les plus touchées par le Brexit;

19.

constate que le Brexit a déstabilisé les relations entre les États côtiers de l’Atlantique Nord et insiste sur le fait que l’Union subit des conséquences négatives, comme la perte du quota de cabillaud du Svalbard, en raison de la présence d’un autre pays dans les négociations bilatérales avec des pays tiers de l’Atlantique Nord; déplore que le nouveau contexte international dans l’Atlantique du Nord-Est après le Brexit soit utilisé par des pays et territoires tiers tels que la Norvège, l’Islande et les Îles Féroé pour adopter des décisions unilatérales qui ont des incidences négatives considérables sur les stocks halieutiques et les flottes de pêche de l’Union; souligne qu’il convient de tenir compte de ces incidences négatives et d’y réagir; souligne la nécessité d’apporter un soutien au secteur pour y remédier si elles ne sont pas déjà couvertes par d’autres fonds ou aides d’État existants;

20.

invite la Commission, compte tenu du défi que constituent la résolution coordonnée des problèmes soulevés par le Brexit dans l’Atlantique du Nord-Est, à adopter les décisions appropriées sur la structure organisationnelle et les ressources, et à rechercher des solutions structurelles avec d’autres États côtiers de la région afin de parvenir à une meilleure gestion de la pêche, notamment à l’approfondissement de la coopération et des échanges en matière d’études scientifiques et de collecte de données;

21.

rappelle que les relations internationales doivent être fondées sur l’état de droit, garantir l’autonomie nécessaire de chaque pays ou union de pays, et toujours se fonder sur de bonnes relations ainsi que sur les accords conclus;

22.

rejette toute décision, en particulier unilatérale, établissant des possibilités de pêche contraires au droit international et aux avis fondés sur les connaissances scientifiques les meilleures et les plus récentes, qui remettent en cause les accords internationaux ainsi que l’exploitation durable des ressources partagées;

23.

demande instamment à la Norvège, en particulier, de rectifier sa décision de réduire unilatéralement le quota de cabillaud du Svalbard pour la flotte de l’Union; exhorte en outre la Norvège, l’Islande, les Îles Féroé et le Groenland à rectifier leurs décisions visant à augmenter leurs quotas de maquereau de manière unilatérale et contre les critères scientifiques; invite la Commission et le Conseil à protéger les droits historiques et les intérêts socio-économiques légitimes de la flotte européenne dans l’Atlantique du Nord-Est;

24.

invite la Commission, tout en maintenant les négociations avec tous les partenaires, à renforcer sa position vis-à-vis du Royaume-Uni et à s’engager à tous les niveaux, y compris au plus haut niveau politique, et à être prête à utiliser tous les outils appropriés et suffisamment lourds, y compris des mesures d’accès au marché, également dans le cadre de l’Espace économique européen, en particulier en ce qui concerne les décisions unilatérales des pays tiers, afin de démontrer l’importance de résoudre les éventuelles situations de conflit; prie en outre instamment la Commission de ne pas non plus exclure la possibilité de recourir aux mesures de réaction prévues par le règlement (UE) no 1026/2012, qui peuvent notamment consister à restreindre les importations de produits de la pêche ou à limiter l’accès aux ports de l’Union;

25.

regrette que la Norvège, l’Islande et les Îles Féroé conservent une attitude restrictive à l’égard des investissements européens dans leurs secteurs de la pêche; souligne qu’il convient que l’Union entretienne avec ces pays et territoires une relation plus équilibrée, qui permettrait de progresser dans la levée des restrictions à la liberté d’établissement et d’investissement;

26.

rappelle que l’Union est le marché d’importation le plus important et le plus attractif pour les produits de la mer; demande que cette position de force soit reconnue et utilisée comme un point d’appui pour protéger les intérêts de sa flotte de pêche, pour empêcher ses partenaires de violer des accords ou des engagements, et pour promouvoir des conditions de concurrence équitables à l’échelle internationale, notamment en ce qui concerne les normes sociales, économiques et environnementales;

27.

rappelle qu’outre la coopération relative aux zones relevant de la juridiction de l’Union et du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, la poursuite d’une coopération loyale relative à l’exploitation des eaux internationales adjacentes présente également un intérêt pour les deux parties; rappelle par ailleurs que les ressources biologiques marines n’ont pas de frontières, raison pour laquelle la gestion de ces ressources a une influence directe sur les eaux relevant de la juridiction de chacune des parties; souligne à cet égard l’importance d’une bonne coopération et d’échanges fructueux en matière de science et de collecte de données;

28.

rappelle que le Brexit n’est pas une excuse pour retarder les mesures indispensables à la restauration des écosystèmes marins, à la réalisation du bon état écologique du milieu marin exigé par la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» (21) ou à la réalisation des objectifs de la stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030;

29.

souligne la nécessité pour la Commission de garantir le respect par toutes les parties contractantes et les parties non contractantes coopérantes ainsi que l’intégration rapide, pleine et entière dans le droit de l’Union des dernières décisions de la Commission des pêches de l’Atlantique du Nord-Est; demande instamment à la Commission de collaborer avec les autres parties contractantes afin d’inclure des mesures ambitieuses de contrôle et de gestion de la pêche conformes aux objectifs définis dans la politique commune de la pêche et le pacte vert pour l’Europe, et qui soient compatibles avec les règles établies par l’accord de commerce et de coopération concernant l’accès aux eaux et aux ressources dans les eaux définies par la juridiction des deux parties;

30.

se félicite des négociations qui ont eu lieu en dépit des difficultés causées par la pandémie de COVID-19 et constate qu’elles ont abouti à un accord de commerce et de coopération ambitieux, qui a toutefois entraîné des pertes de quotas pour les pêcheurs de l’Union; exprime sa préoccupation quant au fait que l’accès aux eaux britanniques a été accordé pour une période de cinq ans et demi seulement, rendant l’avenir incertain; souligne toutefois qu’il est nécessaire de respecter et de faire respecter les engagements pris;

31.

invite la Commission, les États membres et le Royaume-Uni à respecter et à faire appliquer l’accord de commerce et de coopération, sans interpréter les règles de façon contraire l’esprit de bonne foi, de bon voisinage et de poursuite de relations étroites et pacifiques fondées sur la coopération, lesquels garantissent la sécurité juridique et le respect de l’autonomie et de la souveraineté des parties; souligne que le Royaume-Uni a tenté d’interpréter les termes de l’accord de commerce et de coopération dans un esprit contraire à celui de l’accord, notamment en fixant des conditions supplémentaires pour l’obtention de licences pour les navires;

32.

s’inquiète de la situation relative aux licences pour les navires de l’Union dans les eaux des dépendances de la Couronne ainsi que du manque d’engagement du Royaume-Uni à mettre en œuvre scrupuleusement l’accord de commerce et de coopération à cet égard; invite par conséquent le Royaume-Uni à ne pas donner aux conditions d’octroi des licences des interprétations restrictives et de nature à susciter des controverses, en particulier pour les navires qui ont toujours pêché dans la zone de 6 milles à 12 milles nautiques de la mer territoriale britannique et dans les eaux du Bailliage de Jersey et de Guernesey et de l’Île de Man; demande aux parties d’accorder une attention toute particulière à la situation des navires appartenant à la flotte de pêche artisanale qui, avant le Brexit, n’était pas tenue de recourir à des technologies visant à conserver l’historique continu de leur activité de pêche et peine à présent à fournir ces informations;

33.

prie instamment la Commission d’envisager toutes les possibilités afin de garantir le respect des droits des navires de l’Union par le Royaume-Uni; souligne que l’accord de commerce et de coopération prévoit des dispositions permettant au conseil de partenariat d’envisager différents arrangements pour la coopération dans les eaux des dépendances de la Couronne; souligne à cet égard que le conseil de partenariat pourrait s’appuyer pour les futures adaptations des règles sur les dispositions antérieures prises en vertu du traité de la baie de Granville;

34.

demande au Royaume-Uni de ne pas faire obstacle à la pêche des palangriers de surface de l’Union qui entrent habituellement dans les eaux britanniques à la poursuite des bancs de germons et d’espadons; rappelle que la pêche de ces poissons grands migrateurs est réglementée au sein de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique; demande à la Commission d’accorder une attention toute particulière à la situation de ces segments de flotte;

35.

souligne qu’en vertu de l’accord de commerce et de coopération, les mesures techniques devraient être proportionnées, se fonder sur les meilleurs avis scientifiques, ne pas être discriminatoires et s’appliquer de la même manière aux navires des deux parties, ainsi qu’être notifiées à l’avance; appelle de ses vœux une amélioration de la coopération et de la coordination en ce qui concerne l’introduction de mesures techniques, de gestion et de contrôle, y compris l’élaboration de critères clairs et non discriminatoires pour ces mesures, afin de garantir qu’elles ne pourront pas être utilisées pour restreindre indirectement l’accès aux flottes de pêche lorsqu’elles disposent de droits de pêche;

36.

invite les parties à veiller à ce que la désignation de zones marines protégées sur leur territoire soit non discriminatoire, fondée sur des données scientifiques et proportionnée; souligne qu’il convient d’établir les zones marines protégées à l’aide d’objectifs clairement définis et de ne pas les utiliser comme un outil pour restreindre l’accès des étrangers aux eaux; regrette, à cet égard, le manque de coopération du Royaume-Uni lors de la désignation de nouvelles zones autour du Dogger Bank;

37.

exige que le Royaume-Uni cesse immédiatement tout contrôle intimidant des navires de l’Union et s’abstienne d’imposer des mesures techniques discriminatoires; exprime sa profonde inquiétude quant au fait que le Royaume-Uni pourrait s’écarter de manière injustifiée des règlements de l’Union sur les mesures techniques et d’autres législations environnementales connexes de l’Union, ce qui pourrait de facto limiter l’accès aux eaux britanniques pour certains navires de pêche européens, rendant ainsi les activités de pêche trop onéreuses; souligne le rôle du comité spécialisé de la pêche pour rechercher une approche commune sur les mesures techniques et, le cas échéant, discuter de toute mesure notifiée par l’une des parties à l’autre; rappelle que l’accord de commerce et de coopération oblige chaque partie à justifier précisément le caractère non discriminatoire de toute mesure prise dans ce domaine et la nécessité d’assurer une durabilité environnementale à long terme, sur la base de données scientifiquement vérifiables; invite la Commission à se montrer particulièrement vigilante quant au respect de ces conditions et à réagir fermement dans le cas où le Royaume-Uni agirait de manière discriminatoire;

38.

prend acte des mesures du Royaume-Uni relatives au «lien économique», qui, à partir du 1er avril 2022, limiteront le pavillon de ses navires, augmenteront le pourcentage minimal de membres d’équipage britanniques à leur bord et fixeront à 70 % la quantité minimale de poisson qui doit être débarquée dans les ports britanniques; invite la Commission à accorder une attention toute particulière à l’incidence de ces mesures protectionnistes et à réagir en conséquence, si nécessaire;

39.

se félicite de l’adoption du règlement (UE) 2021/1203, dans le but d’atténuer les conséquences du retrait du Royaume-Uni de l’Union en ce qui concerne la perte du statut préférentiel des territoires d’outre-mer; invite la Commission et le Conseil à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer les importations en franchise de droits de calmar de Patagonie (Loligo gahi);

40.

fait part de son inquiétude quant à l’adoption récente, par l’Assemblée des Îles Falkland, de la loi sur les pêches (conservation et administration) de 2021, qui exige que 51 % des actionnaires de toutes les entreprises de pêche opérant dans leur zone de pêche soient malouins;

41.

exprime sa préoccupation face aux récents épisodes d’excès de zèle dans l’application des règles de contrôle des pêches en mer Celtique; invite instamment tous les États membres à éviter les pratiques pouvant conduire à l’expression d’un «nationalisme» injustifié en matière de pêche;

42.

souligne la nécessité de garantir la mise en place et l’entrée en fonction rapides du comité spécialisé de la pêche, qui devra prendre des décisions de manière équilibrée pour les deux parties et garantir une gestion pérenne et durable des ressources, ainsi que donner la priorité au traitement des questions urgentes, telles que l’application pratique de l’accès aux eaux et la définition du «remplaçant direct» d’un navire admissible, afin de faciliter davantage une mise en œuvre scrupuleuse de l’accord de commerce et de coopération;

43.

insiste sur la nécessité pour le comité spécialisé de la pêche d’être transparent sur ses travaux et pour le Parlement européen d’être régulièrement informé de ses travaux et de ses décisions, aussi bien avant qu’après les réunions du comité; demande que des représentants techniques de la commission de la pêche du Parlement européen soient invités à participer aux réunions du comité spécialisé de la pêche en qualité d’observateurs;

44.

invite instamment la Commission et le Conseil à garantir que l’ensemble des décisions prises dans le cadre de l’accord de commerce et de coopération respecte les prérogatives des différentes institutions et suit le processus législatif approprié, en particulier en ce qui concerne les mesures techniques;

45.

rappelle que l’accord de commerce et de coopération prévoit que ses parties consultent la société civile; souligne l’importance d’intégrer aux groupes consultatifs les entités régionales représentatives du secteur ainsi que les autorités publiques régionales, afin de garantir que les communautés côtières des régions qui seront touchées directement ou indirectement jouissent d’une protection juridique inscrite à l’accord de commerce et de coopération, en particulier face aux effets de décisions unilatérales que le Royaume-Uni pourrait prendre;

46.

demande instamment que les représentants du secteur de la pêche, des administrations régionales, des communautés côtières et des autres parties prenantes soient associés activement au suivi et à la mise en œuvre de l’accord de commerce et de coopération, notamment par leur participation aux groupes consultatifs internes et au forum de la société civile visés aux articles 13 et 14 de l’accord; invite instamment la Commission à promouvoir la création d’un groupe consultatif interne sur la pêche à cette fin, sans préjudice des conseils consultatifs existants;

47.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Comité des régions, aux gouvernements et aux parlements des États membres, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, de Jersey, de Guernesey, de l’Île de Man, de la Norvège, de l’Islande, du Groenland et des Îles Féroé.

(1)  JO L 354 du 28.12.2013, p. 22.

(2)  JO L 29 du 31.1.2020, p. 1.

(3)  JO C 34 du 31.1.2020, p. 1.

(4)  JO L 149 du 30.4.2021, p. 10.

(5)  JO L 316 du 14.11.2012, p. 34.

(6)  JO L 347 du 28.12.2017, p. 81.

(7)  JO L 261 du 22.7.2021, p. 1.

(8)  JO L 357 du 8.10.2021, p. 1.

(9)  Convention des Nations unies sur le droit de la mer et accord relatif à l’application de la partie XI de ladite convention (JO L 179 du 23.6.1998, p. 3).

(10)  JO L 189 du 3.7.1998, p. 14.

(11)  vu le règlement (UE) no 1236/2010 du Parlement européen et du Conseil du 15 décembre 2010 établissant un régime de contrôle et de coercition dans la zone de la convention sur la future coopération multilatérale dans les pêches de l’Atlantique du Nord-Est et abrogeant le règlement (CE) no 2791/1999 du Conseil (JO L 348 du 31.12.2010, p. 17).

(12)  Décision (UE) 2019/407 du Conseil du 4 mars 2019 relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, de l’accord visant à prévenir la pêche non réglementée en haute mer dans l’océan Arctique central (JO L 73 du 15.3.2019, p. 1).

(13)  JO L 226 du 29.8.1980, p. 12.

(14)  JO L 226 du 29.8.1980, p. 48.

(15)  JO L 161 du 2.7.1993, p. 2.

(16)  JO L 175 du 18.5.2021, p. 3.

(17)  JO C 294 du 23.7.2021, p. 18.

(18)  JO C 362 du 8.9.2021, p. 90.

(19)  JO C 506 du 15.12.2021, p. 26.

(20)  JO C 67 du 8.2.2022, p. 25.

(21)  Directive 2008/56/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (directive-cadre «stratégie pour le milieu marin») (JO L 164 du 25.6.2008, p. 19).


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/11


P9_TA(2022)0104

Protection des droits de l’enfant dans les procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille

Résolution du Parlement européen du 5 avril 2022 sur la protection des droits de l’enfant dans les procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille (2021/2060(INI))

(2022/C 434/02)

Le Parlement européen,

vu le traité sur l'Union européenne, et notamment son article 3, paragraphe 3,

vu la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la «Charte»), et notamment son article 24,

vu l’article 81 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant,

vu l’observation générale no 24 (2019) du Comité des droits de l’enfant sur les droits de l’enfant dans le système de justice pour enfants,

vu la communication de la Commission du 24 mars 2021 intitulée «Stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant» (COM(2021)0142),

vu le règlement (CE) no 2201/2003 du Conseil du 27 novembre 2003 relatif à la compétence, à la reconnaissance et à l’exécution des décisions en matière matrimoniale et en matière de responsabilité parentale (1) (règlement Bruxelles II bis),

vu le règlement (CE) no 4/2009 du Conseil du 18 décembre 2008 relatif à la compétence, la loi applicable, la reconnaissance et l’exécution des décisions et la coopération en matière d’obligations alimentaires (2) (ci-après le «règlement sur les obligations alimentaires»),

vu la directive 2008/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2008 sur certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale (3),

vu le règlement (UE) 2021/693 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 établissant le programme «Justice» (4),

vu le règlement (UE) 2021/692 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 établissant le programme «Citoyens, égalité, droits et valeurs» (5),

vu le tableau de bord de la justice dans l’Union européenne,

vu les lignes directrices du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur une justice adaptée aux enfants, adoptées le 17 novembre 2010,

vu la résolution 2079 (2015) du Conseil de l’Europe du 2 octobre 2015 intitulée «Égalité et coresponsabilité parentale: le rôle des pères»,

vu l’arrêt rendu par la Cour de justice de l'Union européenne dans l’affaire C-490/20 (6),

vu la convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants,

vu la convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale,

vu sa résolution du 2 février 2017 contenant des recommandations à la Commission concernant les aspects transfrontaliers des adoptions (7),

vu sa résolution du 11 mars 2021 sur les droits de l’enfant dans la perspective de la stratégie de l’Union européenne sur les droits de l’enfant (8),

vu sa résolution du 6 octobre 2021 sur les conséquences des violences conjugales et des droits de garde sur les femmes et les enfants (9),

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

vu l’avis de la commission des pétitions,

vu le rapport de la commission des affaires juridiques (A9-0033/2022),

Une justice adaptée aux enfants dans les procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille

A.

considérant que de plus en plus d’enfants et d’adolescents ont affaire au système judiciaire dans le cadre de procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille, principalement en raison de l’augmentation des divorces, des séparations et des adoptions; que dans le cadre de ces procédures, les enfants devraient se voir garantir l’accès non discriminatoire à la justice et, en particulier, aux tribunaux et à des modes alternatifs de résolution des conflits;

B.

considérant que l’Union s’est engagée à assumer la responsabilité de respecter, de protéger et de mettre en œuvre les droits de chaque enfant afin de construire une société plus saine, plus résiliente, plus équitable et plus égale pour tous;

C.

considérant que les enfants ont le droit d’être entendus, d’exprimer leur point de vue dans toute procédure qui concerne leur bien-être et leurs futures conditions de vie et de participer à ces procédures en tenant compte de leur âge, de leur maturité et de leurs compétences linguistiques; que le point de vue des enfants devrait être dûment pris en considération et ce, que la procédure soit menée par un tribunal ou par toute autre autorité compétente;

D.

considérant que la participation aux procédures judiciaires et administratives devrait avoir lieu dans un environnement confortable et adapté aux enfants afin de ne pas causer de traumatisme ou de stress supplémentaire à l’enfant et de réduire au minimum les conséquences psychologiques et émotionnelles de telles situations, en particulier pour les enfants les plus vulnérables, comme les enfants handicapés ou issus de l’immigration;

E.

considérant que la participation des enfants à de telles procédures devrait être soutenue à travers la mise en place, par les autorités compétentes, d’une approche pluridisciplinaire;

F.

considérant que les États membres sont tenus d’établir des garanties, des protections et des règles de procédure régissant les auditions d’enfants; que ces dispositions diffèrent toutefois fortement d’un État membre à l’autre;

G.

considérant qu’à la maison et dans un environnement familial, où il existe un conflit entre les parents, les enfants peuvent être victimes des violences dont ils sont témoins, en ce qu’ils sont exposés à toutes sortes de mauvais traitements sous la forme d’actes de violence physique, verbale, psychologique, sexuelle et économique infligés à des personnes de référence ou à d’autres figures majeures au sein du foyer; que de telles violences ont des conséquences très graves sur le développement psychologique et émotionnel de l’enfant; qu’il est donc essentiel d’accorder une attention toute particulière à ces violences lorsque l’audition de l’enfant a lieu dans le cadre de procédures relevant du droit de la famille, afin de garantir la primauté de l’intérêt supérieur de l’enfant;

H.

considérant que les enfants ont le droit d’être dûment informés, d’une manière adaptée à leur âge, à leur maturité et à leurs compétences linguistiques, et d’une façon compréhensible pour eux à chaque étape des procédures judiciaires et administratives qui les concernent;

I.

considérant que, dans le cadre des procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille, notamment dans les cas ayant des conséquences transfrontières, les possibilités pour les enfants d’être représentés par un juriste ou un avocat sont limitées;

J.

considérant que, dans certains cas (10), l’expérience a montré l’intérêt de disposer d’une personne de confiance spécifique et indépendante pour soutenir et accompagner l’enfant tout au long de la procédure judiciaire, y compris en cas de médiation;

K.

considérant que l’intérêt supérieur de l’enfant devrait présider à toute décision des tribunaux, des organes administratifs et des institutions de protection sociale concernant l’enfant; que de telles décisions devraient être prises au cas par cas en tenant compte de l’âge, des besoins et de la situation particulière de l’enfant et de sa famille;

L.

considérant que l’intérêt supérieur de l’enfant et l’accès de tous les enfants à la justice ne peuvent être garantis si leur participation aux procédures relevant du droit civil, du droit administratif ou du droit de la famille et le recours à des services de soutien et d’accompagnement dépendent des ressources financières des parents, pour la simple raison que les coûts de ces procédures et services peuvent être très élevés;

M.

considérant que l’Union européenne et ses États membres sont tenus de promouvoir les droits de l’enfant, y compris grâce à une justice adaptée aux enfants, dans la mise en œuvre de l’ensemble des actions du programme «Justice»;

Un cadre de l’UE pour la protection des droits de l’enfant dans les litiges civils transnationaux

N.

considérant que le nombre d’enfants nés dans des familles comportant un élément transfrontière devrait augmenter avec l’accroissement de la mobilité;

O.

considérant que même si le droit civil matériel et le droit de la famille relèvent toujours de la compétence des États membres, il serait possible d’établir des règles harmonisées relatives au droit civil et de la famille transfrontière au niveau de l’Union;

P.

considérant qu’en leur qualité de parties à la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, les États membres doivent faire de l’intérêt supérieur de l’enfant un critère essentiel de toutes les actions publiques, y compris du règlement des litiges familiaux transfrontières; que, dans les litiges familiaux ayant une incidence transfrontalière, les autorités compétentes de certains États membres interprètent souvent la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant comme l’obligation de faire rester ce dernier sur le territoire de l’État, même dans les cas où des abus et des violences domestiques ont été signalés à l’encontre du parent résidant dans l’État en question;

Q.

considérant que le principe de reconnaissance mutuelle, qui repose sur la confiance mutuelle, impose aux États membres de donner effet à un jugement ou à une décision émanant d'un autre État membre;

R.

considérant que les procédures transfrontalières sont plus complexes d’un point de vue juridique et donc généralement plus longues et plus coûteuses;

S.

considérant que l’absence de procédures efficaces d’exécution des décisions en matière de responsabilité parentale, de droit de visite, d’enlèvement parental ou d’obligation alimentaire dans les affaires transfrontalières porte atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant;

T.

considérant que les enfants concernés par des litiges relevant du droit civil ou du droit de la famille devraient jouir des mêmes droits, du même niveau de protection, des mêmes garanties procédurales et normes minimales dans tous les États membres, quelle que soit la nationalité de leurs parents;

U.

considérant que chaque enfant a le droit de connaître ses parents et d’être élevés par eux; qu’en cas de séparation, tout enfant a le droit d’entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents ou, si ses parents ne sont pas disponibles, avec les membres de la famille de ses parents ou, à défaut, avec une personne de son choix; que les relations personnelles et les contacts directs de l’enfant avec ses parents ne peuvent être limités par l’autorité compétente que pour protéger l’intérêt supérieur de l’enfant;

V.

considérant que la convention de La Haye de 1980 instaure un système de coopération internationale entre les pays pour résoudre sans délai les affaires d’enlèvement international d’enfants; qu’à ce jour, la convention a été ratifiée par 101 pays, dont tous les États membres de l’Union européenne;

W.

considérant que, malgré les efforts déployés jusqu’à présent, l’Union ne dispose pas de données suffisantes sur les enfants concernés par des procédures judiciaires, notamment au sein des tribunaux spécialisés;

X.

considérant que l’absence de règles communes de l’Union sur la reconnaissance des décisions de justice en matière de parentalité, en particulier dans les affaires concernant des parents de même sexe, peut entraîner une perte des droits parentaux, porter atteinte au droit de l’enfant d’être élevé et entretenir des relations avec ses deux parents, ainsi qu’à tout droit découlant de la parentalité (notamment en matière alimentaire et successorale), et peut également encourager la recherche de la juridiction la plus favorable en cas de litiges familiaux transfrontières; que la future proposition législative dans ce domaine devrait contribuer à réduire le nombre de procédures administratives et judiciaires;

Y.

considérant que la Cour de justice a récemment rendu l’arrêt suivant dans l’affaireC-490/20: s’agissant d’un enfant mineur, citoyen de l’Union dont l’acte de naissance délivré par les autorités compétentes de l’État membre d’accueil désigne comme ses parents deux personnes de même sexe, l’État membre dont cet enfant est ressortissant est obligé i) de lui délivrer une carte d’identité ou un passeport, sans requérir l’établissement préalable d’un acte de naissance par ses autorités nationales, ainsi que ii) de reconnaître, à l’instar de tout autre État membre, le document émanant de l’État membre d’accueil permettant audit enfant d’exercer, avec chacune de ces deux personnes, son droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres;

Médiation dans les affaires concernant des enfants

Z.

considérant que, dans de nombreux cas, la médiation familiale s’est révélée plus rapide, moins onéreuse et plus adaptée aux enfants pour résoudre le litige qu’une procédure judiciaire, et qu’elle pourrait donc permettre de prévenir de futurs enlèvements parentaux;

AA.

considérant que le recours à des modes alternatifs de résolution des conflits devrait être encouragé, sauf si cela est contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant, notamment en cas de violence familiale et d’abus sexuels;

AB.

considérant que le nombre de procédures nationales et transfrontières de médiation familiale reste faible;

AC.

considérant que, dans la plupart des États membres, aucune aide juridictionnelle pour la médiation n’est mise à disposition pour les parents ayant des moyens financiers limités mais qui pourraient avoir droit à une aide juridictionnelle pour la procédure judiciaire;

AD.

considérant que les parents peuvent éprouver des difficultés à obtenir des informations correctes et vérifiées sur la possibilité d’entreprendre une médiation pendant la phase précontentieuse;

AE.

considérant que la médiation commerciale diffère sensiblement de la médiation familiale;

AF.

considérant que la médiation familiale transfrontière peut faciliter les accords entre les parents qui permettent de défendre l’intérêt supérieur de l’enfant en réduisant la charge émotionnelle et financière ainsi que la complexité juridique inhérentes aux procédures judiciaires;

AG.

considérant que la médiation familiale transfrontière est plus complexe que la médiation dans le cadre des litiges familiaux nationaux sur les plans juridique et logistique, et qu’elle requiert des connaissances et des compétences linguistiques supplémentaires de la part du médiateur;

AH.

considérant qu’aussi bien les juges que les avocats devraient être formés pour avoir davantage de connaissances sur la méditation familiale transfrontière;

Une justice adaptée aux enfants dans les procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille

1.

invite les États membres à veiller à ce que, dans toutes les procédures relatives au bien-être de l’enfant et à ses futures conditions de vie, les droits de l’enfant soient pleinement respectés, garantis et pleinement appliqués, et à ce que l’intérêt supérieur de l’enfant prime et soit dûment intégré et appliqué de manière cohérente dans toutes les mesures prises par les institutions publiques, en particulier dans les procédures judiciaires, qui ont des conséquences directes et indirectes pour l’enfant, conformément à l’article 24 de la Charte;

2.

rappelle que l’accès à la justice et le droit d’être entendu constituent des droits fondamentaux et que chaque enfant, quels que soient son milieu social, économique ou son origine ethnique, doit pouvoir jouir pleinement de ces droits à titre personnel, indépendamment de ses parents ou de ses tuteurs légaux;

3.

souligne que la pandémie de COVID-19 a causé des difficultés supplémentaires en matière d’accès à la justice, y compris des retards dans les procédures; invite par conséquent les États membres à prévoir des mesures visant à faciliter l’accès à la justice en cas de pandémie, en particulier lorsqu’un enfant est concerné par une procédure relevant du droit civil, administratif ou familial;

4.

invite la Commission à présenter, sans retard injustifié, un ensemble de lignes directrices communes ou d’autres instruments non législatifs similaires, qui comprendraient des recommandations et des bonnes pratiques à l’intention des États membres, afin de garantir que l’audition de l’enfant soit menée par un juge ou par un expert qualifié et qu’aucune pression ne soit exercée, y compris de la part des parents; souligne que ces auditions, en particulier lorsqu’il s’agit de procédures relevant du droit de la famille, devraient avoir lieu dans un cadre adapté aux enfants et être adaptées à l’âge, à la maturité et aux compétences linguistiques de l’enfant pour ce qui est du langage et du contenu, tout en offrant toutes les garanties de respect de l’intégrité émotionnelle et de l’intérêt supérieur de l’enfant, en évitant tout stress inutile et en veillant à ce que l’autorité compétente tienne dûment compte de l’avis de l’enfant en fonction de son âge et de sa maturité; souligne en outre que l’audition de l’enfant dans le cadre de procédures relevant du droit de la famille, en cas de soupçon de violence domestique ou familiale ou lorsque l’enfant est témoin d’actes de violence, devrait toujours avoir lieu en présence de professionnels, de médecins ou de psychologues qualifiés, y compris de professionnels qualifiés en neuropsychiatrie infantile, afin de ne pas aggraver leur traumatisme ni de leur nuire davantage;

5.

insiste sur le fait que de telles lignes directrices ou autres outils non législatifs similaires doivent clairement indiquer que les enfants concernés par une procédure relevant du droit civil, administratif ou familial doivent être informés à chaque étape de la procédure de façon totalement compréhensible pour eux et, en particulier, et souligne que la décision rendue par l’autorité doit être expliquée à l’enfant par un professionnel spécifiquement formé en tenant compte de son âge et de sa maturité;

6.

insiste sur la nécessité de reconnaître le lien étroit entre les procédures relevant du droit pénal, civil et d’autres procédures juridiques afin de coordonner les réponses de la justice et des autres instances juridiques en cas de violences envers les enfants ou de violence domestique; invite par conséquent les États membres à adopter des mesures visant à établir un lien entre les affaires pénales et civiles concernant une seule famille et des enfants afin de prévenir efficacement toute divergence entre les décisions judiciaires et autres décisions juridiques portant préjudice aux enfants;

7.

invite les États membres à garantir et à fournir des informations facilement accessibles, compréhensibles, complètes et adaptées aux enfants sur les droits de l’enfant dans les procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille et sur les procédures elles-mêmes, y compris les procédures de nature transfrontière;

8.

invite les États membres à permettre l’accès des enfants concernés par des litiges, y compris de nature transfrontière, relevant du droit civil, du droit administratif ou du droit de la famille à une représentation juridique de qualité élevée gratuite et financée par des fonds publics, dans les cas où les parents n’assument pas l’entière responsabilité parentale ou lorsque l’on soupçonne leurs intérêts d’être contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant;

9.

recommande vivement aux États membres d’adopter une approche pluridisciplinaire et de mettre en place des services de conseil et d’aide à l’enfance facilement accessibles, de qualité élevée, personnalisés, gratuits et financés par des fonds publics, tant au sein des tribunaux qu’en dehors, afin de fournir, le cas échéant, le soutien de professionnels formés, tels que des médecins, des psychologues, des professionnels qualifiés en neuropsychiatrie infantile, des travailleurs sociaux et des spécialistes de l’enfance, afin d’apporter le meilleur soutien possible à l’enfant à tous les stades de la procédure; souligne qu’il convient d’adopter une approche individualisée pour chaque enfant concerné par une procédure relevant du droit civil, du droit administratif ou du droit de la famille, et qu’une attention particulière devrait être accordée aux enfants qui sont fréquemment victimes de discrimination ou sont en situation de vulnérabilité, notamment les enfants handicapés, les enfants issus de l’immigration et les enfants vivant dans la pauvreté ou victimes d’exclusion sociale;

10.

invite les États membres à offrir des formations obligatoires sur les droits et les besoins spécifiques de l’enfant destinée aux juges, aux autres professionnels du droit, aux autorités répressives, aux travailleurs sociaux, aux enseignants, aux garderies, et à toutes les autres parties concernées par les procédures judiciaires et administratives concernant les enfants; invite la Commission à renforcer son soutien en faveur de de telles actions, par exemple à travers le Réseau européen de formation judiciaire ou les programmes «Citoyens, égalité, droits et valeurs» et «Justice»;

11.

invite la Commission à encourager les réseaux et plates-formes existants de professionnels du droit à échanger les bonnes pratiques en matière d’audition des enfants, de droit des enfants à l’information et de droit au respect de la vie privée dans l’ensemble de l’Union; invite la Commission à envisager la mise en place d’un guichet unique d’experts de toute l’Union pour servir de plate-forme d’échange d’informations; encourage le Réseau européen de formation judiciaire à constituer un tel espace pour les juges intervenant dans les litiges familiaux transfrontières;

12.

invite les États membres à mettre à disposition des ressources suffisantes pour veiller à ce que les procédures relevant du droit civil, du droit administratif ou du droit de la famille concernant des enfants soient traitées dans le plus grand respect des normes d’une justice adaptée aux enfants et à leur intégrité émotionnelle et physique, et sans retard injustifié; insiste, à cet égard, sur le fait que les États membres doivent garantir le fonctionnement des tribunaux de la famille et de la jeunesse en tant que service essentiel, en maintenant la tenue d’audiences d’urgence et en exécutant les décisions judiciaires relatives à la garde et à la protection des enfants exposés à un risque immédiat de négligence ou d’abus;

13.

rappelle que les États membres devraient tirer le meilleur parti du programme «Justice» pour financer des activités et des organisations qui facilitent l’accès effectif et non discriminatoire à la justice pour tous les enfants et pour apporter un soutien financier aux organisations travaillant avec et pour les enfants dans le cadre du programme «Citoyens, égalité, droits et valeurs»; invite les États membres à mettre en place des mécanismes et des procédures de plainte, de recours ou de compensation adéquats pour faire en sorte que les droits de l’enfant soient pleinement et correctement intégrés aux procédures judiciaires qui ont des conséquences directes ou indirectes pour l’enfant;

Un cadre de l’UE pour la protection des droits de l’enfant dans les litiges civils transnationaux

14.

invite les États membres à protéger l’intérêt supérieur de l’enfant dans les procédures familiales transfrontières, notamment en veillant à ce que les lois et procédures ne créent aucune discrimination entre les parents sur la base de la nationalité, du pays de résidence ou d’un autre motif, et en refusant la présomption selon laquelle l’intérêt supérieur de l’enfant est de rester sur le territoire d’un État membre en particulier;

15.

insiste sur le fait que l’une des raisons pour lesquelles les affaires transfrontières peuvent être délicates sur le plan juridique est qu’il existe des différences de terminologie entre les États membres, par exemple en ce qui concerne les limites d’âge minimales, ce qui peut entraîner un traitement différent des enfants en fonction des critères d’âge appliqués, ou pour ce qui est du rôle du conseiller juridique des enfants dans les procédures les concernant;

16.

prie instamment les États membres de respecter le droit de tout enfant d’entretenir des contacts personnels et directs avec chacun de ses parents, à moins que cela ne soit contraire à l’intérêt de l’enfant, quelles que soient la composition de sa famille ou sa parenté biologique; souligne que ces droits devraient être respectés en dépit des mesures restrictives liées à la COVID-19;

17.

invite les États membres à exécuter efficacement les décisions rendues dans les litiges familiaux transfrontières concernant des enfants, conformément au droit de l’Union applicable et aux arrêts de la Cour de justice, en particulier dans les affaires liées aux enlèvements parentaux transfrontaliers d’enfants, mais aussi à la séparation, au divorce, au droit de garde, à l’adoption et au placement en famille d’accueil, ainsi qu’aux décisions relatives à la reconnaissance de la parentalité, y compris les couples de même sexe, tout en tenant toujours compte de l’intérêt supérieur de l’enfant, conformément à l’article 24 de la Charte;

18.

invite les États membres à mettre en œuvre correctement les nouvelles dispositions et obligations du règlement (UE) 2019/1111 du Conseil relatif à la compétence, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière matrimoniale et en matière de responsabilité parentale, ainsi qu'à l’enlèvement international d’enfants (11); souligne l’importance de l’échange d’informations entre les juridictions nationales dans les affaires transfrontières et prie instamment la Commission de coopérer avec les États membres à cet effet, de surveiller attentivement la bonne mise en œuvre du règlement et de réagir rapidement en cas de manquement;

19.

rappelle que la refonte du règlement Bruxelles II bis visait à protéger les droits de l’enfant en clarifiant les règles, en raccourcissant les procédures transfrontières concernant les enfants en fixant des délais et en supprimant l’exequatur, et en encourageant une coopération plus étroite entre les autorités centrales ainsi que l’échange d’informations dans les affaires transfrontières; invite les États membres, à cet égard, à prévoir des ressources humaines et financières adéquates pour faciliter la mise en œuvre effective du règlement;

20.

invite la Commission et les États membres à offrir une formation appropriée sur les nouvelles règles à l’intention des autorités centrales, des juges et des autres professionnels du droit concernés par des litiges transnationaux, y compris sur l’audition de l’enfant et le recours éventuel à la médiation dans de tels cas; souligne qu’une telle formation devrait apporter un niveau suffisant de connaissances et d’expertise en matière de procédures familiales transfrontières;

21.

invite la Commission à fournir un guide de bonnes pratiques sur la refonte du règlement Bruxelles II bis;

22.

invite la Commission à évaluer la nécessité d’une législation de l’Union visant à harmoniser les garanties procédurales pour les enfants dans les procédures transfrontières relevant du droit de la famille;

23.

invite les États membres à garantir que les coûts financiers des procédures et les coûts supplémentaires inhérents aux affaires transfrontières ne font pas obstacle à l’accès à la justice dans les affaires transfrontières relevant du droit civil, du droit administratif et du droit de la famille concernant des enfants; invite les États membres à rendre disponibles et accessibles les informations relatives à l’aide juridictionnelle éventuellement disponible dans ces affaires;

24.

constate que le Royaume-Uni ne participe plus à la coopération au titre du règlement Bruxelles II bis et du règlement sur les obligations alimentaires; invite la Commission à évaluer d’urgence les moyens les plus appropriés, notamment un instrument bilatéral, afin de remédier à l’insécurité juridique existant entre l’Union européenne et le Royaume-Uni dans le domaine des procédures relevant du droit civil, du droit administratif et du droit familial concernant les enfants;

25.

se félicite de l’annonce de la Commission, qui présentera une proposition législative visant à faciliter la reconnaissance mutuelle de la parentalité entre les États membres;

26.

invite la Commission, à cet égard, à tenir dûment compte de la résolution du Parlement du 2 février 2017 concernant les aspects transfrontières des adoptions, y compris de son annexe prévoyant un règlement sur la reconnaissance transfrontalière des ordonnances d’adoption, afin de créer un cadre juridique clair et de fournir aux familles la sécurité juridique nécessaire pour que les ordonnances d’adoption légalement émises dans un État membre soient reconnue dans un autre;

27.

invite la Commission et le Conseil à informer dûment le Parlement et à l’associer à toute proposition législative nouvelle ou révisée en matière de droit civil et de droit de la famille transfrontières, étant donné que ces dispositions influent directement sur la vie et sur le bien-être des citoyens de l’Union et, surtout, sur celui des enfants;

28.

considère que la convention de La Haye de 1980 constitue un instrument essentiel pour protéger l’intérêt supérieur de l’enfant dans les affaires d’enlèvements internationaux d’enfants, et estime que l’Union doit se féliciter de l’adhésion de nouveaux pays à cette convention; encourage par conséquent la Commission à avancer rapidement dans son évaluation de l’adhésion de nouveaux pays et invite les États membres à les accepter sans hésiter;

29.

réclame une nouvelle fois l’intensification de la coopération internationale entre les États membres et avec les pays tiers, notamment le Japon, dans la mise en œuvre de l’ensemble du droit international relatif à la protection de l’enfance, afin de protéger les enfants des effets néfastes de l’enlèvement par un de leurs parents;

30.

invite la Commission à continuer de développer les travaux de recherche et de collecte de données sur la justice adaptée aux enfants et sur les meilleures pratiques adoptées dans ce domaine au sein des États membres; invite la Commission et les États membres à recueillir des données sur les litiges transfrontières relevant du droit civil concernant des enfants, comme les affaires de garde, de droit de visite et d’enlèvement parental; invite la Commission à inclure ces données dans le tableau de bord de la justice dans l’Union européenne;

Médiation dans les affaires concernant des enfants

31.

invite la Commission à présenter une nouvelle proposition de règlement sur la médiation transfrontière, accompagnée d’une analyse d’impact approfondie, qui établisse des normes communes pour la procédure transfrontière, des règles en matière de reconnaissance et d’application des accords de médiation, des exigences pour la création d’un certificat européen pour les médiateurs afin de garantir la qualité de l’expertise dans les affaires transfrontières, ainsi que des normes communes en matière de contrats de médiation transfrontière; estime que ces normes communes devraient garantir le respect des règles de confidentialité de chaque État membre et fournir aux parties suffisamment d’informations juridiques sur le concept, les limites et les conséquences de la médiation;

32.

invite la Commission et les États membres à continuer de soutenir les réseaux existants de médiateurs dans les litiges familiaux transfrontières;

33.

invite les États membres à mettre en place des bureaux de pré-médiation afin de fournir aux parents et aux enfants concernés toutes les informations dont ils ont besoin sur la conduite de la médiation ainsi que sur ses coûts et bénéfices éventuels, notamment pour les enfants eux-mêmes, leurs droits et leur bien-être; souligne que certains États membres ont déjà créé de tels bureaux ou s’y emploient;

34.

insiste sur le fait que la médiation peut constituer un outil efficace pour protéger l’intérêt supérieur de l’enfant dans les affaires d’enlèvement parental transfrontière; insiste à cet égard sur les bonnes pratiques et sur le modèle de médiation au tribunal utilisé par certains États membres en vue de la résolution à l’amiable et extrajudiciaire des litiges familiaux transfrontières;

35.

invite les États membres à veiller à ce que les enfants aient la possibilité de parler à une personne qualifiée et indépendante tout au long de la procédure de médiation, qui puisse leur fournir des informations et un soutien adaptés;

36.

invite les États membres à faciliter l’accès des parents disposant de moyens financiers limités à une aide juridictionnelle pour la médiation dans les litiges familiaux transfrontières;

37.

insiste sur la nécessité d’explorer l’utilisation d’outils en ligne, y compris le recours aux vidéoconférences, dans le cadre d’une médiation en cas de litiges à longue distance ou de litiges marqués par des circonstances extraordinaires, telle la pandémie de COVID-19;

38.

invite les États membres à promouvoir activement la médiation volontaire dans les affaires familiales concernant les enfants, y compris par des modifications de la législation;

39.

invite les États membres à prévoir des règles simples, rapides et financièrement abordables pour rendre les accords de médiation entre les parents juridiquement contraignants et exécutoires;

o

o o

40.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Comité des régions, au Comité économique et social ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1)  JO L 338 du 23.12.2003, p. 1.

(2)  JO L 7 du 10.1.2009, p. 1.

(3)  JO L 136 du 24.5.2008, p. 3.

(4)  JO L 156 du 5.5.2021, p. 21.

(5)  JO L 156 du 5.5.2021, p. 1.

(6)  Arrêt de la Cour (grande chambre) du 14 décembre 2021, V.M.A./Stolichna obshtina, rayon «Pancharevo», C-490/20, ECLI:EU:C:2021:1008.

(7)  JO C 252 du 18.7.2018, p. 14.

(8)  JO C 474 du 24.11.2021, p. 146.

(9)  Textes adoptés de cette date, P9_TA(2021)0406.

(10)  Voir notamment les initiatives «Kindbehartiger» aux Pays-Bas ou «Youth at Risk» en Flandre.

(11)  JO L 178 du 2.7.2019, p. 1.


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/19


P9_TA(2022)0110

Mesures de lutte contre la pollution de l’eau par les nitrates, y compris les améliorations dans les différents systèmes de mesure des nitrates dans les États membres

Résolution du Parlement européen du 5 avril 2022 sur les mesures de lutte contre la pollution de l’eau par les nitrates, y compris les améliorations à apporter dans les différents systèmes de mesure des nitrates dans les États membres (2021/3003(RSP))

(2022/C 434/03)

Le Parlement européen,

vu les pétitions nos 0751/16, 1025/16, 0793/17, 0819/17, 0482/20, 0490/20, 0491/20, 0499/20, 0535/20, 0095/21 et 0862/21,

vu l’article 3, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne, les articles 4, 191 et 192, paragraphe 4 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et les articles 35 et 37 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

vu la directive 91/676/CEE du Conseil du 12 décembre 1991 concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles (1) (directive «Nitrates»),

vu la directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau (2) (directive-cadre sur l’eau, DCE),

vu la directive 2006/7/CE du Parlement européen et du Conseil du 15 février 2006 concernant la gestion de la qualité des eaux de baignade et abrogeant la directive 76/160/CEE (3) (directive sur les eaux de baignade),

vu la directive 2006/118/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006 sur la protection des eaux souterraines contre la pollution et la détérioration (4) (directive sur les eaux souterraines),

vu la directive 2008/56/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (5) (directive-cadre «stratégie pour le milieu marin»),

vu la directive (UE) 2020/2184 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (6) (directive relative à l’eau potable),

vu la communication de la Commission du 20 mai 2020, intitulée «Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030: Ramener la nature dans nos vies» (COM(2020)0380),

vu la communication de la Commission du 17 novembre 2021 intitulée «Stratégie de l’UE pour la protection des sols à l’horizon 2030 — Récolter les fruits de sols en bonne santé pour les êtres humains, l’alimentation, la nature et le climat» (COM(2021)0699),

vu la communication de la Commission du 20 mai 2020 intitulée «Une stratégie “De la ferme à la table” pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement» (COM(2020)0381),

vu la communication de la Commission du 12 mai 2021 intitulée «Cap sur une planète en bonne santé pour tous — Plan d’action de l’UE: “Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols”» (COM(2021)0400),

vu le rapport de la Commission du 11 octobre 2021 relatif à la mise en œuvre de la directive 91/676/CEE du Conseil concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles, sur la base des rapports établis par les États membres pour la période 2016 — 2019 (COM(2021)1000),

vu sa résolution du 17 décembre 2020 sur la mise en œuvre de la législation de l’Union européenne relative à l’eau (7),

vu l’article 227, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A.

considérant que la commission des pétitions a reçu plusieurs pétitions dont les auteurs s’inquiètent de la pollution des masses d’eau par les nitrates et dénoncent des violations de la législation de l’Union applicable en matière d’environnement; qu’elle a aussi reçu des pétitions concernant les problèmes liés aux différents systèmes de mesure des nitrates en vigueur dans les États membres et les difficultés rencontrées pour mesurer la teneur en nitrates dans les eaux européennes et obtenir un tableau général de la situation dans l’Union;

B.

considérant que l’état de nombreuses masses d’eau dans l’Union s’est détérioré sous l’effet de la surexploitation et de la pollution ou ne remplit pas les conditions énoncées à l’article 4 de la DCE;

C.

considérant que certaines régions de l’Union sont particulièrement exposées à ce type de pollution du fait de leurs caractéristiques géographiques et des conséquences du dérèglement climatique;

D.

considérant que l’excès de nitrates est l’un des grands facteurs responsables de la pollution délétère qui affecte les eaux de l’Union en raison de l’accumulation d’azote et de phosphore provenant des effluents d’élevage et des engrais inorganiques;

E.

considérant que l’azote est une substance nutritive essentielle pour la croissance des végétaux et des cultures; que sa présence dans l’eau dans des concentrations élevées est nuisible à l’être humain et à la nature; que les nitrates conduisent à l’appauvrissement en oxygène et à l’eutrophisation et mettent ainsi en péril la santé humaine comme les écosystèmes; qu’ils ont des conséquences économiques importantes sur le traitement de l’eau destinée à la consommation humaine, sur le transport d’eau douce vers les collectivités touchées et sur les secteurs de l’économie tributaires des eaux polluées;

F.

considérant que, entre 2016 et 2019, 14,1 % des eaux souterraines des États membres dépassaient toujours la limite de concentration en nitrates fixée pour l’eau potable; que les eaux signalées comme eutrophes dans l’Union représentent 81 % des eaux marines, 31 % des eaux côtières, 36 % des rivières et 32 % des lacs; qu’entre les périodes 2012-2015 et 2016-2019, la superficie totale des zones vulnérables aux nitrates (y compris celle des États membres appliquant une approche couvrant l’ensemble de leur territoire) a augmenté de 14,4 %; que la Commission a observé que l’eutrophisation n’était pas suffisamment prise en considération lors de la désignation des zones contaminées par les nitrates;

G.

considérant que, 30 ans après l’adoption de la directive «Nitrates», les données relatives à la qualité de l’eau montrent que le niveau de mise en œuvre et d’application n’est toujours pas suffisant pour atteindre les objectifs de la directive et les objectifs correspondants de la DCE;

H.

considérant que de nombreux États membres continuent d’enregistrer une mauvaise qualité de l’eau sur l’ensemble de leur territoire et rencontrent des difficultés systémiques pour maîtriser les pertes de nutriments de l’agriculture, tandis que quelques autres abritent des zones critiques où la la lutte contre la pollution est insuffisante;

I.

considérant que, malgré l’adoption de mesures, les progrès dans l’Union sont lents depuis 2012; que les violations de la directive «Nitrates» par les États membres sont le plus souvent liées à des problèmes de stabilité du réseau de surveillance, à la désignation des zones vulnérables et à la mise en œuvre des programmes d’action;

J.

considérant que les systèmes et normes de mesure des nitrates diffèrent d’un État membre à l’autre; que cette situation complique la comparaison des résultats des mesures effectuées et peut engendrer des problèmes de concurrence dans le secteur agricole de l’Union et, par suite, provoquer des perturbations sur le marché intérieur;

K.

considérant que le pacte vert pour l’Europe prévoit une réduction de 50 % des pertes de nutriments à l’horizon 2030;

L.

considérant que, en vertu de la directive «Nitrates», les États membres doivent recenser et désigner convenablement les zones vulnérables exposées à la pollution par les nitrates afin de pouvoir mettre en place des mesures efficaces contre cette pollution sur leur territoire;

M.

considérant que l’eutrophisation provoque un appauvrissement inquiétant de la biodiversité, voire dans certains cas des catastrophes écologiques dans des écosystèmes de grande valeur environnementale, auxquelles il est difficile de remédier;

N.

considérant que l’ampleur des problèmes de pollution des eaux engendrés par la mauvaise utilisation des nitrates dans le secteur agricole et par les effluents urbains, qui émanent notamment des stations de traitement des eaux usées, met en péril la survie de certains écosystèmes européens;

O.

considérant que de nombreuses stations de traitement des eaux usées urbaines ne répondent pas aux exigences en vigueur actuellement;

1.

rappelle que la DCE exige que toutes les eaux de surface européennes atteignent un bon état en 2027 au plus tard; regrette que la moitié des masses d’eau de l’Union ne soient toujours pas en bon état et que la contamination par les nitrates demeure l’une des premières sources de pression sur l’environnement aquatique;

2.

observe que la directive «Nitrates» reste un instrument essentiel pour la protection des masses d’eau européennes; exprime son inquiétude devant la mauvaise application de la directive «Nitrates», son exécution insuffisante et la large utilisation faite par les États membres des dérogations; constate dès lors que les progrès sont lents depuis son adoption en 1991;

3.

souligne qu’il importe d’intensifier les mesures de lutte contre l’eutrophisation des eaux douces et salées due à l’azote et au phosphore de toutes origines, singulièrement de sources agricoles et urbaines, dont les stations de traitement des eaux usées et les eaux résiduaires qui ne sont pas traitées ou le sont insuffisamment; invite la Commission à proposer des mesures ambitieuses dans ce domaine dans le plan d’action pour la gestion intégrée des nutriments qu’elle prévoit de présenter en 2022;

4.

souligne qu’il est indispensable d’avoir une connaissance approfondie de la situation en vigueur dans chaque État membre et au niveau européen; estime que l’utilisation de systèmes de mesure différents dans chaque État membre est de nature à compliquer la lutte contre le problème de la pollution des eaux par les nitrates au niveau européen; invite la Commission à veiller à la comparabilité des mesures des teneurs en nitrates et des résultats des évaluations de l’eutrophisation dans tous les États membres; estime qu’il y a lieu d’harmoniser dans l’Union les systèmes de mesure des nitrates et d’évaluation de l’eutrophisation, et en particulier la localisation des points de mesure; encourage la Commission à fournir un appui technique aux États membres dans cette démarche, ce en améliorant ses recommandations et en réalisant une étude sur la manière dont les États membres mettent en œuvre leurs systèmes de surveillance; souligne que la mise en place d’un dispositif uniforme de prélèvement et d’analyse s’impose pour assurer la comparabilité des teneurs mesurées;

5.

invite la Commission et les États membres à assurer l’entière transparence des modèles établis pour les estimations des émissions d’azote, et des choix et hypothèses qui les sous-tendent, et à en garantir l’accès au public;

6.

souligne que les mesures nécessaires pour assurer la protection de la qualité des eaux et pour lutter contre la pollution par les nitrates doivent être conçues et adoptées à partir des données relatives à la qualité de l’eau et non pas sur la base des estimations produites par les modèles, lesquelles ne doivent être qu’une source d’informations complémentaires pour l’élaboration de mesures ciblées;

7.

estime qu’il est capital d’améliorer nettement et rapidement toutes les mesures en vigueur pour assurer la bonne qualité de l’eau, comme il est nécessaire, au vu des tendances observables actuellement, d’opérer des changements radicaux pour atteindre les objectifs de bon état écologique et chimique des eaux, fixés dans la DCE;

8.

demande instamment à la Commission de traiter avec l’attention voulue tous les cas de non-respect de la directive «Nitrates» en tenant pleinement compte des éléments de preuve et des renseignements de plus en plus nombreux présentés par les citoyens et de veiller à l’entière transparence des mesures générales qu’elle prend contre les États membres en infraction afin de faire respecter les droits des citoyens et de défendre leur faculté de profiter pleinement des avantages découlant de la législation de l’Union; invite la Commission, à cet égard, à faire un bien meilleur usage de ses pouvoirs d’exécution, y compris en engageant efficacement en temps opportun des procédures en manquement afin de garantir que les États membres désignent convenablement les zones vulnérables aux nitrates et définissent et mettent en œuvre avec justesse toutes les mesures utiles dans leurs programmes d’action contre les nitrates;

9.

regrette que, pendant la période 2016-2019, dix États membres aient fait l’objet de procédures d’infraction ouvertes pour non-respect de la directive «Nitrates»; invite les États membres à s’attaquer d’urgence aux pollutions existantes des eaux et à prévenir tout risque de nouvelle pollution en accentuant la désignation de zones vulnérables au titre de la directive «Nitrates» et en renforçant leurs programmes d’action pour appliquer et faire respecter pleinement les mesures adoptées conformément à la directive «Nitrates»; demande également aux États membres d’intégrer les objectifs relatifs à l’eau dans d’autres domaines d’action;

10.

fait observer que le changement climatique et l’augmentation des précipitations peuvent entraîner des inondations et des pertes de nutriments; regrette que les programmes d’action actuels pourraient ne pas suffire à affronter ces risques; invite les États membres à tenir compte de ces projections et de ces risques lorsqu’ils réexaminent leurs programmes d’action en appliquant le principe de précaution;

11.

souligne qu’il importe de favoriser l’adoption des innovations pour dégager de l’efficacité et stimuler les bonnes pratiques dans l’agriculture et qu’il faut réduire les facteurs d’inefficacité qui font consommer trop d’eau, d’engrais, de pesticides et d’antibiotiques;

12.

rappelle l’importance de s’acheminer vers une agriculture écologiquement viable afin de faire cesser la pollution par les nutriments et d’encourager la mise en œuvre des bonnes pratiques environnementales, notamment en mettant à profit tous les leviers utiles qu’offrent la politique agricole commune, les Fonds structurels et d’autres programmes de l’Union, dont LIFE; souligne qu’il importe d’appliquer des méthodes innovantes, telles que la récupération de l’azote des fumiers, pour atténuer cette pollution et réduire au minimum les rejets de nutriments dans l’environnement; invite la Commission à financer des programmes de recherche dans le cadre d’Horizon Europe pour trouver des solutions intelligentes et novatrices au problème de la pollution par les nutriments dans l’Union;

13.

estime que l’instrument législatif le mieux indiqué pour assurer la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole et faire appliquer uniformément les objectifs de qualité de l’eau dans toute l’Union, dans le droit fil du pacte vert pour l’Europe, est le règlement;

14.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution à la Commission et au Conseil ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1)  JO L 375 du 31.12.1991, p. 1.

(2)  JO L 327 du 22.12.2000, p. 1.

(3)  JO L 64 du 4.3.2006, p. 37.

(4)  JO L 372 du 27.12.2006, p. 19.

(5)  JO L 164 du 25.6.2008, p. 19.

(6)  JO L 435 du 23.12.2020, p. 1.

(7)  JO C 445 du 29.10.2021, p. 126.


Mercredi 6 avril 2022

15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/23


P9_TA(2022)0112

Approche globale de la recherche et de l’innovation — Stratégie de l’Europe en matière de coopération internationale dans un monde en mutation

Résolution du Parlement européen du 6 avril 2022 sur l’approche mondiale de la recherche et de l’innovation — La stratégie de coopération internationale de l’Europe dans un monde en mutation (2021/3001(RSP))

(2022/C 434/04)

Le Parlement européen,

vu la communication de la Commission du 18 mai 2021 intitulée «L’approche mondiale de la recherche et de l’innovation — La stratégie de coopération internationale de l’Europe dans un monde en mutation» (COM(2021)0252),

vu la communication de la Commission du 30 septembre 2020 intitulée «Un nouvel EER pour la recherche et l’innovation» (COM(2020)0628),

vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 intitulée «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640),

vu la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies adoptée le 25 septembre 2015 et intitulée «Transformer notre monde: le programme de développement durable à l’horizon 2030»,

vu l’accord de Paris adopté au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (1),

vu la question adressée à la Commission sur l’approche mondiale de la recherche et de l’innovation — La stratégie de coopération internationale de l’Europe dans un monde en mutation (O-000013/2022 — B9-0011/2022),

vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

vu la proposition de résolution de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie,

A.

considérant que la stratégie de coopération internationale dans un monde en mutation reconnaît que les évolutions de l’équilibre géopolitique actuel posent problème en termes de droits de l’homme, de valeurs et de liberté académique;

B.

considérant que la stratégie a pour but de promouvoir des règles fondées sur le multilatéralisme, l’ouverture réciproque, des conditions de concurrence équitables ainsi que solutions dans le domaine de l’écologie, du numérique, de la santé, du social et de l’innovation en coopération avec les pays tiers tout en veillant au respect des droits fondamentaux et des valeurs partagées;

C.

considérant que la stratégie sera mise en œuvre par des initiatives prenant pour modèle l’approche de l’Équipe Europe;

D.

considérant qu’Horizon Europe restera ouvert au monde et que l’Union œuvrera à une compréhension et à une mise en œuvre communes de principes tels que l’éthique et l’intégrité de la recherche, l’égalité entre les hommes et les femmes, la diversité et l’inclusion, les données ouvertes et la science ouverte, la liberté académique, les normes et l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes;

E.

considérant que la stratégie a pour but de mobiliser la science, la technologie et l’innovation pour accélérer la transition durable et inclusive vers des sociétés et des économies fondées sur la connaissance dans les pays à revenu faible et intermédiaire;

F.

considérant que le programme de diplomatie scientifique permettra de renforcer les partenariats entre l’Union et les pays tiers et contribuera à soutenir les objectifs diplomatiques;

G.

considérant que la coopération dans le domaine de la recherche et de l’innovation (R&I) fait partie intégrante de l’espace européen de la recherche;

H.

considérant que le Conseil européen de l’innovation et l’Institut européen d’innovation et de technologie joueront un rôle important pour aider les start-ups innovantes dans le cadre d’initiatives de collaboration avec des pays tiers;

I.

considérant que la collaboration internationale dans le domaine de la R&I dans le respect des objectifs de développement durable, de l’accord de Paris et du pacte vert pour l’Europe est indispensable et nécessaire pour renforcer la santé dans le monde et développer des solutions innovantes pour une transition écologique et numérique juste tout en garantissant qu’une solution à long terme soit trouvée à ces problèmes;

J.

considérant que l’Union européenne doit montrer l’exemple en protégeant les normes de propriété intellectuelle de l’Union et en luttant contre les ingérences étrangères;

K.

considérant que la R&I au niveau international pourrait jouer un rôle important en contribuant à la stratégie de l’Union pour l’hydrogène;

L.

considérant que la stratégie encourage la coopération avec les pays tiers industrialisés;

1.

salue la communication de la Commission intitulée «L’approche mondiale de la recherche et de l’innovation — La stratégie de coopération internationale de l’Europe dans un monde en mutation», qui reconnaît que la science et l’innovation font partie du même système et que la coopération mondiale doit tenir compte de tous les aspects de la chaîne de valeur des connaissances;

2.

salue la volonté de la Commission de faire de l’approche mondiale une action rassemblant les ressources de l’Équipe Europe;

3.

estime que la coopération internationale dans le domaine de la R&I fait partie intégrante de l’espace européen de la recherche renouvelé et invite la Commission à tirer parti du potentiel des actions et programmes pertinents de l’Union pour attirer des talents du monde entier;

4.

rappelle qu’il faut continuer d’investir dans les compétences et les carrières des chercheurs, ce qui devrait passer notamment par le soutien à la mobilité des cerveaux;

5.

invite la Commission à doter les acteurs pertinents de la R&I européenne et le Parlement européen d’un rôle structuré au sein du Forum pour la transition de l’espace européen de la recherche;

6.

souligne que l’Union doit développer la coopération multilatérale fondée sur des règles afin de relever les grands défis économiques, sociétaux et environnementaux mondiaux, où la R&I devrait jouer un rôle essentiel;

7.

rappelle que des accords d'association avec des pays tiers relevant du champ d'application de l’article 16, paragraphe 1, point d), du règlement Horizon Europe (2), ne peuvent être conclus qu’avec des pays tiers et des territoires qui s’engagent en faveur d’une économie de marché ouverte fondée sur des règles, notamment un traitement juste et équitable des droits de propriété intellectuelle et le respect des droits de l’homme, soutenus par des institutions démocratiques;

8.

déplore le rôle limité que jouent les sciences humaines et sociales dans les disciplines de coopération mondiale;

9.

souligne le rôle essentiel que l’Institut européen d’innovation et de technologie et le Conseil européen de l’innovation peuvent jouer pour encourager la coopération internationale et libérer le potentiel des start-ups et des entreprises en expansion de par leur participation à des initiatives menées avec des pays tiers; encourage les entreprises communes et les autres partenariats de l’Union dans le domaine de la R&I à renforcer leur coopération internationale;

10.

souligne que la coopération mondiale dans le domaine de la R&I est essentielle à la compétitivité de l’Europe tout en soulignant que cela ne doit pas déboucher sur une ouverture inconditionnelle de la part de l’Union; soutient l’approche générale caractérisée par le principe «aussi ouvert que possible, mais aussi fermé que nécessaire»;

11.

soutient le principe de réciprocité d'accès aux programmes de recherche, de science ouverte et de protection de la propriété intellectuelle tout en exigeant des partenaires qu’ils respectent les normes européennes en matière de protection de la propriété intellectuelle et qu’ils instaurent des normes équivalentes en la matière; salue l’instrument de lutte contre l’ingérence étrangère dans la R&I présenté par la Commission tout en restant désireux de préserver un esprit de collaboration et d’ouverture à l’égard de la science et de l’innovation;

12.

soutient l'application de l’article 22, paragraphe 5, du règlement Horizon Europe dans les cas exceptionnels; demande néanmoins instamment à la Commission de publier des règles relatives aux exclusions justifiées et d’engager un débat public sur la bonne utilisation de ces possibilités;

13.

souligne qu'il faut aligner l’approche mondiale sur la stratégie industrielle de l’Union et le pacte vert pour l’Europe, moteurs de prospérité et de croissance économique durable; demande que l’on tienne davantage compte de la coopération industrielle dans le cadre de la stratégie;

14.

souligne le rôle essentiel des semi-conducteurs pour assurer la souveraineté numérique de l’Union; salue les initiatives de la Commission en la matière et souligne la collaboration en matière de recherche avec des pays tiers associés aux programmes existants de l’Union;

15.

insiste sur l’importance du rôle des petites et moyennes entreprises (PME) européennes dans la coopération internationale et souligne qu’il faut donner aux PME la possibilité d’accéder aux conseils en investissement, instruments leur permettant d’accroître leur capacité d’innovation, et qu’elles doivent avoir la possibilité de développer des capacités pour attirer des talents du monde entier;

16.

souligne que l’Union européenne devrait faire en sorte que la coopération internationale dans le domaine de la R&I se fasse intégralement en ligne, contribue aux objectifs de développement durable, à l’accord de Paris et au pacte vert pour l’Europe et, en fin de compte, assure le développement de l’innovation et des technologies conformément au principe consistant à «ne pas causer de préjudice important»;

17.

invite la Commission et les États membres à soutenir les transferts vers les pays en développement de technologies et de solutions essentielles pour l’environnement et le climat et à s’engager à les multiplier;

18.

salue la volonté de la Commission d’encourager les synergies entre le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques; estime que des partenariats sur mesure doivent être développés avec les pays tiers dans le domaine de la R&I et qu’ils doivent s’inscrire dans le cadre plus large de la coopération économique et de la coopération au développement, à l’instar de ce qui se fait dans le cadre de l’initiative «Global Gateway»;

19.

est d’avis que l’approche globale de la R&I devrait être tout particulièrement axée sur la santé, la médecine préventive et les soins de santé et se fonder sur les principes d'accès ouvert, de partage des données et de gestion des droits de propriété intellectuelle ainsi que sur la disponibilité, l’accessibilité et le caractère abordable; estime que ces principes devraient s’appliquer aux projets de recherche qui mettent au point des produits médicaux et des technologies médicales au service des collectivités locales tout en améliorant l’accès aux services de santé;

20.

recommande d’intensifier la collaboration avec tous les pays intéressés qui partagent nos valeurs afin de trouver une solution durable à la pénurie de matières premières ainsi que d’augmenter les capacités mondiales d’innovation dans la science des matériaux et l’économie circulaire tout en encourageant la substitution afin de réduire l’empreinte environnementale de ces matières premières critiques au cours de leur cycle de vie;

21.

soutient les actions et les initiatives menées par l’Union pour encourager la diplomatie scientifique, et notamment la définition d’un programme de diplomatie scientifique par la Commission et le Service européen pour l’action extérieure;

22.

constate avec une inquiétude de plus en plus grande que la liberté académique fait l’objet de pressions et de restrictions de plus en plus nombreuses dans l’Union européenne et dans le monde;

23.

s’inquiète de la dépendance financière croissante des universités européennes vis-à-vis de pays tiers et des conséquences que cela pourrait avoir sur la liberté académique;

24.

invite la Commission à présenter une proposition assurant la protection juridique de la liberté académique dans l’Union dans les traités et à faire référence au respect de cette liberté dans les accords d’association;

25.

invite la Commission à présenter un rapport tous les ans ainsi que lors de la révision à mi-parcours d’Horizon Europe sur l’état de la liberté académique en Europe et dans les pays tiers avec lesquels l’Union a conclu un accord d’association ou de collaboration scientifique;

26.

souligne qu’il est urgent que la Commission publie des orientations pratiques sur la liberté académique à l’intention des acteurs de la R&I afin de garantir la sûreté, la sécurité, le bien-être et la compétitivité de l’Union;

27.

invite les États membres et la Commission à encourager des actions et à définir un programme de l’Union en vue de soutenir l’octroi de bourses ou les séjours en faveur de chercheurs en danger;

28.

souligne que l’Union doit jouer un rôle de premier plan dans la promotion de la science ouverte dans le monde et du partage transfrontière des données, des résultats et des infrastructures de recherche tout en adhérant au principe des données FAIR (faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables); fait toutefois observer que cela ne peut pas déboucher sur une ouverture inconditionnelle et soutient le principe général «aussi ouvert que possible, mais aussi fermé que nécessaire»;

29.

estime qu’une approche stratégique de la normalisation internationale est un élément essentiel de la réussite d’une approche globale de la R&I et attend avec intérêt la définition d’une stratégie européenne de normalisation;

30.

souligne que, dans le cadre de sa coopération internationale dans le domaine de la R&I, l’Union devrait montrer l’exemple en fixant des normes éthiques élevées et en respectant un degré élevé d’intégrité scientifique lors de la production scientifique d’excellence au niveau mondial tout en veillant à ce que la recherche et le développement de nouvelles technologies respectent l’article 19 d’Horizon Europe et ne portent pas préjudice à l’environnement;

31.

souligne qu’il faut encourager l’égalité entre les hommes et les femmes, et notamment l’amélioration des compétences et des rôles des chercheuses; souligne qu’il faut mieux intégrer la dimension de genre dans le contenu de la R&I et collecter des données et des résultats ventilés tout en améliorant l’équilibre entre hommes et femmes dans les équipes de R&I; invite la Commission à poursuivre ces objectifs par le dialogue et l'échange de bonnes pratiques avec les pays tiers;

32.

invite le Conseil et la Commission à conclure un accord interinstitutionnel avec le Parlement afin de doter celui-ci d'un rôle plus important dans la gestion des accords d’associations conclus au titre de l’article 16, paragraphe 1, point d), du règlement Horizon Europe, étant donné leur nature éminemment politique et leur incidence budgétaire sur les programmes-cadres actuels et futurs;

33.

souligne qu'il importe de dégager des synergies et de renforcer la coopération avec les programmes d'action extérieure de l’Union, comme l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale, les investissements dans le développement d’infrastructures mondiales dans le cadre de «Global Gateway» ou l’instrument d’aide de préadhésion, afin de doter les pays partenaires de capacités dans le domaine de la R&I et de l’enseignement supérieur tout en renforçant les partenariats existants, notamment avec les partenaires africains; estime qu’il est tout aussi important de renforcer les capacités de R&I dans les délégations de l’Union européenne à l’étranger afin d’assurer une véritable approche mondiale de la recherche et de l’innovation de l’Union;

34.

souligne que la R&I menée dans le cadre de la coopération entre l’Union européenne et les pays à revenu faible et intermédiaire doit être renforcée dans des domaines clés tels que le changement climatique, la santé, la préparation aux épidémies, la numérisation, la sécurité alimentaire et la nutrition;

35.

fait observer que la stratégie de l’Union pour l’hydrogène nécessitera l’importation d’hydrogène propre; souligne que les pays de la rive sud de la Méditerranée offrent un potentiel considérable d’utilisation et d’exportation d’hydrogène propre vers l’Europe; reconnaît en outre que pour que ces relations commerciales futures soient optimales, il faut que tous les partenaires participent aux actions de R&I qui soutiendront la stratégie pour l’hydrogène; invite la Commission à analyser la possibilité d’élargir le financement des partenariats de l’Union dans le domaine de la R&I, comme le partenariat en matière de recherche et d'innovation dans la zone méditerranéenne (PRIMA), sans le détourner de ses grands objectifs, notamment le développement de solutions innovantes conjointes dont la région méditerranéenne a besoin d’urgence;

36.

salue le soutien politique renouvelé en faveur de l’approfondissement de la coopération transatlantique au moyen de diverses enceintes commerciales et technologiques et se dit favorable à une plus grande intensification de la coopération scientifique entre l’Union européenne et les États-Unis;

37.

souligne qu’il importe d’encourager les actions de R&I et de renforcer la coopération avec les pays du voisinage méridional et du voisinage oriental afin de promouvoir le développement, la paix et la stabilité géopolitique;

38.

condamne avec force l’invasion violente de l’Ukraine par la Fédération de Russie; invite la Commission à définir, en collaboration avec les autorités ukrainiennes, des appels à projets d’Horizon Europe consacrés au renforcement des milieux scientifiques ukrainiens ainsi qu’à la coopération entre l’Union européenne et l’Ukraine; invite l’Union à mettre fin à toute coopération en matière scientifique et de recherche avec la Fédération de Russie, les entités russes et les entités européennes contrôlées par des entités russes ainsi qu’à appliquer la même approche à l’égard de tout pays soutenant l’intervention armée russe;

39.

encourage la définition d’une politique d’innovation avec la Géorgie et la région du Caucase du Sud, comme le prévoit l’accord d’association UE-Géorgie;

40.

invite les autorités suisses et britanniques ainsi que la Commission à rétablir des relations constructives comme base de coopération plus étroite et d'association potentielle avec Horizon Europe;

41.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution à la Commission et au Conseil, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1)  Décision (UE) 2016/1841 du Conseil du 5 octobre 2016 relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, de l’accord de Paris adopté au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (JO L 282 du 19.10.2016, p. 1).

(2)  Règlement (UE) 2021/695 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l'innovation «Horizon Europe» et définissant ses règles de participation et de diffusion et abrogeant les règlements (UE) no 1290/2013 et (UE) no 1291/2013 (JO L 170 du 12.5.2021, p. 1).


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/28


P9_TA(2022)0113

Mise en œuvre de la politique de cohésion 2021-2027

Résolution du Parlement européen du 6 avril 2022 sur le début de la mise en œuvre de la politique de cohésion 2021-2027 (2022/2527(RSP))

(2022/C 434/05)

Le Parlement européen,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment ses articles 4, 162, 174 à 178 et 349,

vu le règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (le règlement portant dispositions communes) (1),

vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil du 17 décembre 2020 fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027 (2),

vu le règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (3),

vu le règlement (UE) 2021/1058 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 relatif au Fonds européen de développement régional et au Fonds de cohésion (4),

vu le règlement (UE) 2021/1059 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions particulières relatives à l’objectif «Coopération territoriale européenne» (Interreg) soutenu par le Fonds européen de développement régional et les instruments de financement extérieur (5),

vu la communication de la Commission du 4 février 2022 intitulée «8e rapport sur la cohésion: la cohésion en Europe à l’horizon 2050» (COM(2022)0034),

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil du 8 mars 2022 modifiant le règlement (UE) no 1303/2013 et le règlement (UE) no 223/2014 en ce qui concerne l’action de cohésion pour les réfugiés en Europe (CARE) (COM(2022)0109),

vu la question à la Commission sur la mise en œuvre de la politique de cohésion 2021-2027 (O-000002/2022 — B9-0006/2022),

vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A.

considérant que la politique de cohésion représente en permanence la principale politique d’investissement et de solidarité à l’échelle de l’Union en faveur de l’égalité sociale et de la transition juste, et qu’elle est un catalyseur établi pour une croissance et des emplois durables, pour la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union et pour la réalisation des objectifs climatiques de l’Union, du pacte vert pour l’Europe et des objectifs de développement durable, avec un budget de 392 milliards d’euros jusqu’en 2027;

B.

considérant que la pandémie a été la principale raison du retard dans les négociations sur la politique de cohésion, qui a entraîné un retard ultérieur dans l’adoption du cadre législatif pour la période de financement 2021-2027; considérant que la majorité des États membres ne semblaient pas en mesure d’accélérer la préparation du processus de programmation;

C.

considérant que la priorité accordée à la préparation des plans pour la reprise et la résilience ainsi qu’aux dépenses au titre de REACT-EU, tout en étant nécessaire dans le contexte de la pandémie de COVID-19, a contribué par inadvertance au retard susmentionné;

D.

considérant que le financement de la politique de cohésion devrait être conforme à la charte des droits fondamentaux, à l’état de droit et au code de conduite européen sur le partenariat;

E.

considérant que les accords de partenariat et les programmes sont des outils stratégiques permettant d’orienter les investissements dans les États membres et les régions en fonction des dernières informations disponibles, mais que seuls quelques-uns de ces accords et programmes ont été présentés à ce jour, un seul d’entre eux (en Grèce) ayant été adopté;

F.

considérant que ce qui précède n’a donné lieu qu’à 0,2 % des crédits d’engagement prévus pour 2021 au titre de la rubrique 2.1: «cohésion économique, sociale et territoriale» ayant été engagés, ce qui est nettement moins élevé qu’en 2014 (4,22 %), notamment en raison de la priorité accordée aux nouveaux fonds et initiatives, tels que la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), React-EU et le Fonds pour une transition juste;

G.

considérant que le commissaire chargé du budget et de l’administration indique qu’il s’attend à ce que la quasi-totalité de la dotation budgétaire 2021 doive être reprogrammée pour les années suivantes, sur la base du règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil (6);

1.

fait part de la grande inquiétude que lui inspire le retard significatif enregistré dans la mise en œuvre de la politique de cohésion au titre de la période 2021-2027, tout en reconnaissant l’importance d’adopter des programmes de qualité dès le début de la période de programmation pour éviter toute reprogrammation ultérieure;

2.

souligne que les retards actuels remettent en cause la capacité des autorités nationales, régionales et locales à planifier efficacement, à mettre en œuvre les fonds de la politique de cohésion de l’Union pour la période 2021-2027 et à garantir la reprise et la résilience économiques des régions européennes;

3.

rappelle que la politique de cohésion, associée au cofinancement assuré par les États membres, continue de fournir une part importante des dépenses publiques liées à la croissance dans l’Union et constitue un instrument important pour lutter contre le changement climatique et soutenir la réalisation des objectifs de l’accord de Paris; souligne qu’il est dès lors impératif de commencer à mettre en œuvre les nouveaux programmes dès leur adoption afin de renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale dans l’Union, de corriger les déséquilibres entre les pays et les régions et au sein de ceux-ci, de réaliser les priorités politiques de l’Union, en particulier une transition écologique et numérique équitable et inclusive, de maximiser les résultats des investissements dans la croissance durable, d’accroître la productivité, de stimuler la création d’emplois, de lutter contre la perte de biodiversité et de respecter le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important»;

4.

invite instamment la Commission et les États membres à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour accélérer l’adoption des accords de partenariat et des programmes dans les plus brefs délais, sans compromettre les objectifs de contribution au climat, le principe de partenariat et le processus de consultation avec les collectivités locales et régionales ainsi que les organisations de la société civile, tout en encourageant le développement local mené par les acteurs locaux et d’autres approches ascendantes; demande en particulier que la Commission, tout en continuant à mettre fortement l’accent sur la qualité, les principes horizontaux et la nécessité de poursuivre la lutte contre la fraude, analyse tous les moyens possibles pour rationaliser ses procédures internes à l’appui de ce processus;

5.

invite les États membres à considérer la politique de cohésion et la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) comme un tandem budgétaire et opérationnel, au lieu de donner la priorité à la mise en œuvre des plans nationaux pour la reprise et la résilience par rapport à la programmation et à la mise en œuvre des programmes de cohésion; estime qu’il est fondamental d’établir une complémentarité au sein des programmes de cohésion et de la FRR et entre eux, et d’éviter les chevauchements dans leur mise en œuvre; invite la Commission à veiller à ce que les États membres respectent le principe d’additionnalité des ressources en ce qui concerne les programmes de cohésion;

6.

invite la Commission, à cet égard, à tirer pleinement parti des possibilités offertes par l’actuel règlement portant dispositions communes pour accélérer l’approbation des accords de partenariat et des programmes, tout en respectant le code de conduite en matière de partenariat;

7.

demande à la Commission, compte tenu de ce qui précède, de coopérer avec les États membres et de présenter au Parlement les mesures qu’elle envisage de prendre pour faciliter la mise en œuvre des programmes, ainsi que le calendrier envisagé;

8.

est préoccupé par le fait que toute sous-exécution perçue pourrait conduire à des appels en faveur d’une réduction du budget de la politique de cohésion au cours de la prochaine période de programmation; invite dès lors la Commission à présenter un plan d’urgence pour atténuer le risque de sous-exécution et de dégagements en raison du démarrage tardif des programmes au moyen d’une proposition législative lors de l’examen à mi-parcours et, si nécessaire, d’une révision correspondante du cadre financier pluriannuel;

9.

souligne que le retard actuel dans la mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion pour la période 2021-2027 entrave la capacité des États membres à réagir, dans le contexte de l’agression de la Russie contre l’Ukraine, non seulement à la crise de l’énergie et de l’approvisionnement, mais aussi à la crise des réfugiés à moyen et à long terme; se félicite de la flexibilité temporaire et des mesures supplémentaires offertes par la proposition d’une action de cohésion pour les réfugiés en Europe (CARE) et la dernière proposition de la Commission sur l’augmentation du préfinancement, qui contribueront à accroître la capacité des États membres à réagir à cette crise humanitaire; attire l’attention sur le fait que CARE n’aurait pas d’incidence budgétaire négative et n’affecterait pas les programmes, projets et investissements en cours; souligne toutefois que CARE et l’utilisation proposée du financement au titre de REACT-EU pourraient ne pas être suffisantes dans le contexte de la crise actuelle des réfugiés; encourage la Commission à vérifier s’il serait possible d’utiliser pour CARE II les fonds 2022 au titre de la période de financement actuelle, qui pourraient être dégagés en raison de retards dans la programmation, afin d’assurer une prise en charge continue des réfugiés;

10.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution à la Commission, au Conseil, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au Comité des régions et au Comité économique et social européen.

(1)  JO L 231 du 30.6.2021, p. 159.

(2)  JO L 433 I du 22.12.2020, p. 11.

(3)  JO L 193 du 30.7.2018, p. 1.

(4)  JO L 231 du 30.6.2021, p. 60.

(5)  JO L 231 du 30.6.2021, p. 94.

(6)  Règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil du 17 décembre 2020 fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027 (JO L 433 I du 22.12.2020, p. 11).


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/31


P9_TA(2022)0114

Déploiement de mesures en faveur de l’éducation civique

Résolution du Parlement européen du 6 avril 2022 sur le déploiement de mesures en faveur de l’éducation civique (2021/2008(INI))

(2022/C 434/06)

Le Parlement européen,

vu l’article 2 et l’article 10, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne (traité UE),

vu les articles 9 et 165 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la «Charte»),

vu les objectifs de développement durable des Nations unies, en particulier l’objectif 4 (Éducation de qualité) et la cible 4.7,

vu la communication de la Commission du 5 mars 2020 intitulée «Une Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025» (COM(2020)0152),

vu sa résolution du 9 septembre 2015 sur l’émancipation des jeunes filles par l’éducation dans l’Union européenne (1),

vu la communication de la Commission du 12 novembre 2020 intitulée «Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGTBIQ pour la période 2020-2025» (COM(2020)0698),

vu sa résolution du 25 mars 2021 sur le thème «Donner forme à la politique d’éducation numérique» (2),

vu le cadre de référence des compétences nécessaires à une culture de la démocratie élaboré par le Conseil de l’Europe,

vu les conclusions du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, visant à favoriser la sensibilisation démocratique et l’engagement démocratique chez les jeunes en Europe (3),

vu la charte du Conseil de l’Europe sur l’éducation à la citoyenneté démocratique et l’éducation aux droits de l’homme,

vu la communication de la Commission du 4 mars 2021 intitulée «Plan d’action sur le socle européen des droits sociaux» (COM(2021)0102),

vu le socle européen des droits sociaux proclamé et signé par le Conseil de l’Union européenne, le Parlement européen et la Commission le 17 novembre 2017,

vu la communication de la Commission du 14 novembre 2017 intitulée «Renforcer l’identité européenne par l’éducation et la culture — Contribution de la Commission européenne à la réunion des dirigeants du 17 novembre 2017 à Göteborg» (COM(2017)0673),

vu la communication de la Commission du 14 juin 2016 intitulée «Soutien à la prévention de la radicalisation conduisant à l’extrémisme violent» (COM(2016)0379),

vu la communication de la Commission du 1er juillet 2020 intitulée «Stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience» (COM(2020)0274),

vu la communication de la Commission du 30 septembre 2020 intitulée «Plan d’action en matière d’éducation numérique 2021-2027 — Réinitialiser l’éducation et la formation à l’ère du numérique» (COM(2020)0624),

vu le cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation (Éducation et formation 2020), en particulier son objectif visant à renforcer l’équité, la cohésion sociale et la citoyenneté active,

vu la communication de la Commission du 30 septembre 2020 relative à la réalisation place d’un espace européen de l’éducation d’ici à 2025 (COM(2020)0625),

vu la recommandation du Conseil du 22 mai 2018 relative aux compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie (4),

vu la recommandation du Conseil du 22 mai 2018 relative à la promotion de valeurs communes, à l’éducation inclusive et à la dimension européenne de l’enseignement (5),

vu la résolution du Conseil du 19 février 2021 relative à un cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation, dans la perspective de l’espace européen de l’éducation et au-delà (2021-2030) (6),

vu les conclusions du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil le 17 mai 2021, sur le renforcement de la gouvernance multiniveaux dans le cadre de la promotion de la participation des jeunes aux processus décisionnels (7),

vu la déclaration sur la promotion de l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs communes de liberté, de tolérance et de non-discrimination (déclaration de Paris de 2015), signée le 17 mars 2015 à Paris, en France,

vu le rapport du panel de citoyens européens 1 «Une économie plus forte, justice sociale et emploi / Jeunesse, sport, culture et éducation / Transformation numérique» de la conférence sur l’avenir de l’Europe,

vu le rapport de la Rencontre des jeunes européens 2021 intitulé «Youth Ideas Report for the Conference on the Future of Europe» (Rapport sur les idées des jeunes pour la conférence sur l’avenir de l’Europe),

vu le rapport Eurydice de la Commission du 7 novembre 2017 intitulé «L’éducation à la citoyenneté à l’école en Europe 2017»,

vu la résolution de l’Union des fédéralistes européens (UEF) relative à une approche systématique de l’éducation à la citoyenneté européenne, adoptée le 4 juillet 2021, lors du XXVIIe Congrès européen de l’UEF à Valence,

vu le briefing du service de recherche du Parlement européen de mai 2021 sur l’espace européen de l’éducation et le cadre stratégique 2030 pour l’éducation et la formation,

vu le rapport Eurydice de la Commission du 19 octobre 2020 intitulé «L’équité dans l’enseignement scolaire en Europe — Structures, politiques et performances des élèves»,

vu le rapport de la Commission du 15 décembre 2021 intitulé «Rapport sur la citoyenneté de l’Union 2020 — Donner aux citoyens les moyens d’agir et protéger leurs droits» (COM(2020)0730),

vu le plan d’action de la Commission du 3 décembre 2020 pour la démocratie européenne,

vu la synthèse des conclusions et des débats du Forum 2019 sur l’avenir de l’apprentissage publié par le groupe d’experts «Éducation et formation» de la Commission européenne le 7 décembre 2019,

vu le rapport de la Commission de juin 2020 intitulé «European Union Citizenship and Democracy» (Citoyenneté et démocratie dans l’Union européenne),

vu les orientations 2017 du réseau Jean Monnet à l’intention des formateurs d’enseignants concernant l’identité et la citoyenneté des enfants en Europe,

vu le rapport de la Commission du 18 mars 2015 intitulé «Promoting citizenship and the common values of freedom, tolerance and non-discrimination through education — Overview of education policy developments in Europe following the Paris Declaration of 17 March 2015» (Promotion de l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs communes de liberté, de tolérance et de non-discrimination — Aperçu des évolutions des politiques éducatives en Europe à l’issue de la déclaration de Paris du 17 mars 2015),

vu le suivi 2018 et 2020 de l’éducation et de la formation,

vu le document de travail du groupe d’experts européen «Éducation et formation» relatif à l’inclusion et à la citoyenneté,

vu sa résolution du 12 avril 2016 intitulée «Apprendre l’Union européenne à l’école» (8),

vu sa résolution du 19 janvier 2016 sur le rôle du dialogue interculturel, de la diversité culturelle et de l’éducation dans la promotion des valeurs fondamentales de l’Union (9),

vu sa résolution du 11 novembre 2021 sur l’Espace européen de l’éducation: une approche globale commune (10),

vu sa résolution du 12 décembre 2017 sur le rapport 2017 sur la citoyenneté de l’Union: renforcer les droits des citoyens dans une Union du changement démocratique (11),

vu sa résolution du 7 juillet 2021 sur les dialogues citoyens et la participation des citoyens au processus décisionnel de l’Union européenne (12),

vu l’article 54 de son règlement intérieur, ainsi que l’article 1er, paragraphe 1, point e), et l’annexe 3 de la décision de la Conférence des présidents du 12 décembre 2002 relative à la procédure d’autorisation pour l’élaboration de rapports d’initiative,

vu le rapport de la commission de la culture et de l’éducation (A9-0060/2022),

A.

considérant que l’éducation est un droit fondamental et un bien public qui doit être accessible à tous gratuitement et sur un pied d’égalité; que le socle européen des droits sociaux dispose que toute personne a droit à une éducation de qualité et inclusive tout au long de la vie afin de participer pleinement et avantageusement à la société; que l’éducation et l’apprentissage ne devraient pas être compris uniquement comme des outils au service du marché du travail;

B.

considérant que de nouveaux changements systémiques aux répercussions aussi bien mondiales que locales et régionales, tels que le changement climatique, la transformation numérique, les fractures sociales et territoriales, voire l’intégration politique supranationale elle-même, exigent une adaptation des systèmes éducatifs en conséquence, y compris de l’éducation civique; que la transition écologique et le pacte vert pour l’Europe invitent à élargir l’éducation civique afin d’y inclure la nécessité d’agir de manière responsable non seulement au sein d’une communauté ou d’une société donnée, mais aussi envers la planète dans son ensemble; que la transformation numérique et la stratégie numérique, tout en offrant de nouvelles possibilités de citoyenneté active et de participation démocratique en ligne, comportent également des risques et des menaces liés à la mésinformation et à la désinformation; que la citoyenneté numérique active devrait tenir compte de la fracture numérique entre les générations et y remédier; que la participation des médias locaux, nationaux et européens dans la popularisation de la culture et de l’histoire européennes est cruciale pour le débat public ainsi que pour la participation des citoyens;

C.

considérant que l’éducation civique doit être abordée à plusieurs niveaux, en englobant la citoyenneté locale, régionale, nationale, européenne et mondiale; que le processus actuel de mondialisation et d’intégration européenne exigera de la nouvelle génération d’Européens qu’elle participe davantage à la politique à différents niveaux, mais aussi qu’elle soit capable de vivre et de travailler à l’échelle internationale, ainsi que de surmonter les différences dans sa vie quotidienne; que l’esprit critique, les compétences relationnelles et les compétences civiques prennent de plus en plus d’importance sur le marché du travail et dans la vie sociale; que les sociétés se diversifient, ce qui renforce davantage encore l’importance, en Europe, du respect à l’égard de la diversité des cultures et des origines, ainsi que du rejet de toute forme de discrimination envers les femmes, les personnes LGTBIQ ou les minorités;

D.

considérant qu’une approche intersectorielle ainsi qu’une coopération mutuelle entre les secteurs de l’éducation formelle, non formelle et informelle ne peuvent que bénéficier à l’éducation civique; que cette dernière permet aux éducateurs et aux apprenants de découvrir et de construire des valeurs, des attitudes, des compétences et des connaissances et d’appréhender le monde ensemble grâce, notamment, à une pédagogie participative;

E.

considérant que les évolutions sociopolitiques observées dans les États membres — notamment la polarisation sociale, la faible confiance accordée aux institutions, le recul de la démocratie, l’érosion de l’état de droit, le nationalisme entraînant des politiques d’exclusion, l’instrumentalisation de l’euroscepticisme à des fins politiques, la montée des mouvements extrémistes, la résurgence du racisme et de la xénophobie sous toutes leurs formes, l’autoritarisme et la mésinformation — sont susceptibles de représenter une grave menace pour les démocraties européennes et déstabiliser l’Union européenne dans son ensemble; que le renforcement de l’éducation civique dans l’enseignement formel, non formel et informel ainsi que dans l’apprentissage tout au long de la vie pourrait jouer un rôle important pour contrer ces tendances et donner naissance à un discours politique plus ouvert et à une participation accrue des citoyens aux processus politiques et législatifs aux niveaux national et européen;

F.

considérant que le soutien politique de l’Union tend davantage à s’exprimer sous la forme de sentiments, d’attitudes et de valeurs que d’effets concrets sur la vie quotidienne; que les citoyens, et en particulier les jeunes, ont du mal à appréhender, par manque de proximité, les processus démocratiques de l’Union et ses mécanismes de participation; qu’un élan renouvelé, au niveau européen, en faveur de l’éducation civique peut servir à encourager les jeunes à participer aux élections, ternir les appas des discours extrémistes et populistes et renforcer ainsi la cohésion sociale;

G.

considérant que l’émergence d’une citoyenneté européenne dynamique a été freinée par un manque de connaissances et de lien émotionnel, ainsi que par l’absence de mécanismes favorisant la participation des citoyens et le dialogue; que l’identité européenne complète les multiples identités locales, nationales, géographiques, culturelles ou autres qu’une personne peut présenter; qu’une connaissance insuffisante ou nulle de l’Union et une mauvaise compréhension de son fonctionnement et de sa valeur ajoutée peuvent contribuer à la perception d’un déficit démocratique et favoriser la défiance, le désengagement civique et l’euroscepticisme dans les États membres;

H.

considérant que, dans sa résolution du 12 avril 2016 intitulée «Apprendre l’Union européenne à l’école», le Parlement demande à la Commission de proposer un cadre commun et d’élaborer des lignes directrices assorties d’exemples concrets, pour un apprentissage relatif à l’Union européenne, afin d’encourager le développement de l’esprit critique et de l’objectivité concernant les avantages de l’Union européenne pour ses citoyens;

I.

considérant que, dans sa résolution du 11 novembre 2021 sur l’espace européen de l’éducation, le Parlement souhaite que cette espace permette d’accroître la mobilité des apprenants, des enseignants et des connaissances, de favoriser le sentiment d’appartenance à l’Europe et la conscience civique, de garantir les droits et les valeurs, d’offrir des chances équitables et égales et d’améliorer la cohésion sociale;

J.

considérant que la Commission n’a déployé aucune initiative importante et de nature systémique dans ce domaine pourtant stratégique; que les programmes existants de l’Union, tels qu’Erasmus+ ou le corps européen de solidarité, disposent encore d’un important potentiel inexploité qui permettrait d’améliorer la mise en œuvre de l’éducation civique grâce à une approche plus stratégique des composantes d’apprentissage formel, non formel et informel des programmes, et à une meilleure coordination des ressources; que la Commission et les États membres devraient redoubler d’efforts afin d’accroître le nombre et relever le niveau des informations relatives à l’Union européenne ainsi qu’à certains droits et à certaines obligations;

K.

considérant que plusieurs États membres ont mis en place des programmes de volontariat national; que la mise en place et le développement de ces programmes sont importants pour assurer une éducation civique pratique, renforcer la cohésion sociale et favoriser la mobilisation pour des causes d’intérêt général, notamment pour les jeunes qui disposent de moins de perspectives, ce qui contribue à leur développement personnel et professionnel; qu’une plus grande mobilité civique européenne peut contribuer à renforcer le sentiment d’appartenance des jeunes à une communauté européenne, consolidant ainsi l’émergence d’une Europe des citoyens; que les programmes de volontariat nationaux ont le potentiel de constituer une passerelle naturelle vers la mobilité européenne des jeunes, notamment de ceux qui disposent de moins de perspectives;

L.

considérant que le corps européen de solidarité, créé en 2018 pour prendre la relève du service volontaire européen créé en 1996, est le programme européen de mobilité qui couvre l’ensemble du volontariat, mais qu’il dispose d’un budget limité pour la période 2021-2027; qu’il y a lieu de favoriser davantage de synergies et une meilleure coopération entre le corps européen de solidarité et les programmes nationaux de volontariat, ainsi qu’entre ces programmes nationaux dans le cadre du corps européen de solidarité;

L’état de l’éducation civique dans l’Union

1.

déplore l’absence de définition commune de l’éducation civique; estime que l’enseignement de l’éducation civique nécessite une combinaison de connaissances, de compétences, d’aptitudes, de méthodes, d’outils, de matériel pédagogique, d’attitudes, de valeurs et de diligence, et qu’il est essentiel à la naissance d’un esprit de solidarité et d’un sentiment d’appartenance;

2.

considère que l’éducation civique devrait offrir, au minimum, une compréhension théorique des concepts et des structures politiques, juridiques, sociaux, environnementaux et économiques, y compris au niveau européen, ainsi que de la situation mondiale, proportionnelle au niveau d’éducation et de formation et associée à des expériences pratiques; met l’accent sur l’importance de l’esprit critique et de l’éducation aux médias, qui doivent faire partie intégrante de l’éducation civique; insiste sur la nécessité d’un renouveau pédagogique et de l’adoption d’une approche théorique et pratique de l’éducation civique dans l’Union; propose de recourir aux définitions de l’éducation civique fournies par la charte du Conseil de l’Europe sur l’éducation à la citoyenneté démocratique et l’éducation aux droits de l’homme et le cadre de référence des compétences nécessaires à une culture de la démocratie élaboré par le Conseil de l’Europe;

3.

se dit préoccupé par l’attention limitée accordée aux aspects européen et mondial de la citoyenneté dans les programmes scolaires nationaux; constate avec inquiétude que seule la moitié des étudiants qui suivent un cursus dans l’Union déclarent avoir eu l’occasion d’apprendre à connaître l’Europe à l’école; souligne que plus le niveau d’instruction civique des étudiants est élevé, plus ils sont favorables à la coopération entre pays européens; déplore la tension croissante entre le niveau national et le niveau européen dans les programmes scolaires de certains États membres; se dit préoccupé par la politisation excessive de l’éducation civique et ses conséquences, telles que des modifications incessantes et drastiques du programme, et réaffirme la nécessité d’une stabilité et d’une cohérence sur la durée des programmes d’éducation civique;

4.

souligne que les changements sociopolitiques et mondiaux exigeront une augmentation considérable de la qualité de l’éducation civique et du nombre d’initiatives qui lui sont consacrées; se dit préoccupé par le fait que les étudiants obtiennent des résultats nettement inférieurs à ceux des étudiantes (13); exprime des préoccupations quant aux disparités dans les connaissances civiques moyennes entre les États membres et au sein de ceux-ci; observe que les étudiants qui vivent dans des régions rurales, éloignées et socialement défavorisées, ou dans des régions ultrapériphériques, doivent surmonter des obstacles supplémentaires pour prendre part à des programmes d’éducation civique; affirme que tout apprenant doit avoir accès à une éducation civique de qualité axée sur ses besoins particuliers en matière de financement et d’infrastructure, entre autres ressources, ce qui est crucial pour que la création d’un espace européen de l’éducation soit un succès;

5.

souligne que, malgré la prise en considération de certains aspects de l’éducation civique dans la plupart des programmes scolaires nationaux, d’importantes différences subsistent entre États membres, ainsi qu’en leur sein, en ce qui concerne les niveaux d’enseignement où elle est dispensée, le nombre total d’heures consacrées à la matière, les contenus enseignés et les méthodes utilisées; constate que seuls certains États membres disposent d’évaluations structurées, d’objectifs, d’orientations pédagogiques ou de formations spécifiques pour les enseignants; note que même en présence de ces éléments, il existe un fossé entre les programmes nationaux et leur mise en œuvre concrète dans les écoles;

6.

rappelle que l’efficacité de l’apprentissage dépend avant tout de la qualité des enseignants et souligne dès lors que la formation initiale et continue de tous les enseignants et éducateurs, quel que soit leur domaine de spécialité, doit être érigée en priorité dans le domaine de l’éducation civique, et notamment en ce qui a trait aux dimensions mondiale et européenne de cette matière;

7.

souligne que le manque de recherches fiables sur la manière d’enseigner et d’évaluer efficacement l’éducation civique, mais aussi d’instruments pédagogiques appropriés à cette fin, empêche d’enseigner efficacement l’éducation civique; observe que certaines preuves empiriques indiquent que les approches associant l’ensemble des acteurs de l’école ou de la communauté ont un effet bénéfique sur les compétences et attitudes civiques; estime qu’une bonne approche de l’éducation civique doit tenir compte des pédagogies participatives afin de permettre aux apprenants de vivre la citoyenneté dans toutes ses dimensions et de les sensibiliser à son rôle dans et au service de l’Union européenne, des États membres, des citoyens et de la société dans son ensemble;

8.

déplore le peu d’attention accordée à l’éducation civique dans l’enseignement et la formation professionnels initiaux et l’enseignement pour adultes; demande l’inclusion, à tous les niveaux d’enseignement, d’une éducation civique adaptée aux caractéristiques et aux besoins particuliers des apprenants; déplore le manque d’importance accordée à la valeur des contextes d’apprentissage intergénérationnels, qui facilitent le dialogue entre les générations;

9.

estime qu’il n’est jamais trop tôt pour être initié à la citoyenneté dans toutes ses dimensions, y compris régionale, nationale, européenne et mondiale; relève que l’éducation de la petite enfance joue un rôle important dans l’acquisition de compétences sociales et émotionnelles essentielles et jette les bases du bien-être, du dialogue, du respect mutuel, de la compréhension et des valeurs communes;

10.

rappelle le rôle pédagogique essentiel joué par l’apprentissage non formel et informel, notamment le volontariat, le mentorat, les débats et le sport, dans l’acquisition des aptitudes, des compétences et des comportements sociaux et citoyens et dans la formation de citoyens responsables et actifs;

Politiques de l’Union dans le domaine de l’éducation civique

11.

déplore que le consensus politique au niveau européen concernant la nécessité de renforcer l’éducation civique et l’enseignement de valeurs européennes communes n’ait pas été traduit en objectifs, cibles, critères de référence et mesures concrets; en conclut que les politiques publiques en matière d’éducation civique pâtissent d’un défaut de mise en pratique;

12.

estime que les programmes de l’Union européenne n’apportent qu’une contribution limitée au renforcement de certaines dimensions de l’éducation civique, du fait principalement d’un manque d’assistance explicite directe, de contraintes en matière de ressources et d’une couverture géographique inégale; déplore qu’à ce jour, les projets financés par l’Union européenne dans ce domaine n’aient pas eu d’effets généralisés et à long terme;

13.

constate un manque de cohérence des politiques dans le domaine de l’éducation civique au niveau de l’Union, et qu’il n’existe actuellement aucun instrument de politique publique qui rassemble de manière structurée l’ensemble des organismes et des autorités concernés;

14.

constate que les programmes de l’Union européenne tels qu’Erasmus+, Horizon Europe, le corps européen de solidarité, le programme «Droits et valeurs» et Europe créative, ont contribué, de manière indirecte surtout, à l’enseignement actif de l’éducation civique; relève toutefois qu’ils n’ont pas été en mesure d’avoir des effets systématiques et durables;

15.

affirme que, conformément aux articles 9, 10, 165 et 166 du traité UE et à la Charte, celle-ci est responsable en premier lieu de stimuler l’éducation civique de sorte à s’assurer que ses citoyens acquièrent des connaissances plus approfondies sur le projet européen en tant qu’union d’États démocratiques, leur garantissant le droit de participer pleinement à la vie politique et au processus de prise de décision au niveau de l’Union;

16.

souligne la volonté d’encourager une identité européenne commune au moyen d’un programme universitaire commun et d’intégrer résolument une dimension européenne dans l’éducation, qui a été exprimée par les citoyens dans le contexte de la conférence sur l’avenir de l’Europe, ainsi que la demande de la jeunesse européenne d’inclure dans les programmes universitaires des informations sur les possibilités et les avantages offerts par l’Europe;

17.

signale que certains États membres constatent l’influence positive des évolutions des politiques de l’Union européenne sur l’accélération du changement pédagogique dans le domaine de l’éducation civique;

18.

exprime des préoccupations quant au manque d’action effective de la Commission pour faire progresser les «compétences citoyennes» du cadre 2018 relatif aux compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie, alors que d’autres aptitudes de base sont prises en considération dans les critères de référence du cadre 2020 pour la coopération dans le domaine de l’éducation et de la formation ou sont appuyées par des cadres de compétences spécifiques en vue de faciliter l’enseignement et l’adhésion au niveau national;

19.

attire l’attention sur l’attribution du prix du citoyen européen 2021 à des initiatives de débat portées par des étudiants; considère que dans un climat de polarisation croissante, le débat démocratique est plus important que jamais; estime que la promotion des compétences et des aptitudes nécessaires au débat fait partie intégrante de l’éducation civique;

20.

prend acte de l’importance de l’éducation civique pour sensibiliser à la transition climatique et pour la réalisation des objectifs de développement durable d’ici à 2030; souligne le lien entre l’éducation civique et l’éducation au développement durable ainsi que l’importance de coordonner les actions menées pour intégrer ces deux domaines dans les politiques, les programmes scolaires, les pédagogies et les méthodes de l’apprentissage et de l’éducation formels, non formels et informels;

Recommandations pour une éducation civique européenne renouvelée

21.

encourage les États membres à soutenir, à réexaminer et à actualiser leur système éducatif, ainsi que tous les types de contenus des cours relatifs à l’Union à tous les niveaux d’enseignement et d’apprentissage, notamment l’enseignement et la formation professionnels, en vue de renforcer la dimension de l’Union, tout en encourageant fortement les collectivités régionales et locales à faire de même, en particulier lorsqu’elles ont des compétences directes en matière éducative;

22.

souligne, à cet égard, l’importance de tenir compte de la diversité linguistique dans l’éducation civique européenne et de prendre dûment en considération les langues minoritaires et régionales, ainsi que les langues en danger;

23.

invite à nouveau les États membres et la communauté éducative à s’assurer la participation de tous, y compris les descendants de migrants, les migrants, les réfugiés et les communautés religieuses, dans le cadre de processus de construction de la citoyenneté bidirectionnels, respectueux et donnant des moyens d’action, en vue d’une participation active à la vie civique et culturelle; estime que la promotion d’une meilleure compréhension, par les citoyens, des causes historiques et personnelles des déplacements des migrants, notamment du colonialisme, ainsi que des origines culturelles communes, constitue une composante importante de la citoyenneté mondiale;

24.

demande aux États membres d’améliorer et d’élargir les possibilités de développement initial, continu, professionnel et tout au long de la vie pour les enseignants, les éducateurs, les familles et la communauté éducative au sens large, et de leur fournir un soutien et des ressources appropriés pour enseigner l’éducation civique, en étroite coopération avec tous les acteurs pertinents aux niveaux européen et national;

25.

invite la Commission, à cet égard, à élaborer un cadre européen de compétences en matière d’éducation civique, pour les enseignants et les étudiants, pour la compétence clé «citoyenneté», y compris des compétences multilingues et interculturelles pour les éducateurs, cadre qui tienne compte des sphères locale, régionale, nationale, européenne et mondiale, semblable au cadre des compétences numériques, à celui des compétences entrepreneuriales et au cadre des compétences personnelles, sociales et d’apprentissage, ainsi qu’au récent cadre de compétences européennes en développement durable, en établissant des synergies entre tous les cadres;

26.

souligne qu’il est nécessaire de promouvoir et d’encourager les possibilités de mobilité, l’apprentissage entre pairs et l’échange des meilleures pratiques parmi le personnel enseignant; considère le caractère flexible et hybride de la mobilité dans le cadre du programme Erasmus+ 2021-2027 comme une occasion d’accroître les possibilités de mobilité pour les enseignants et les futurs enseignants; encourage la Commission à promouvoir la mobilité à court terme des enseignants et à établir des partenariats de mobilité à long terme en tirant parti des technologies numériques, mais sans que celle-ci remplace la mobilité physique et les échanges interpersonnels;

27.

invite les États membres et la Commission à encourager et à faciliter la formation de qualité, pendant le temps de travail, sur des thèmes de l’Union européenne pour les enseignants, les autres membres du personnel éducatif, les animateurs de jeunesse et les formateurs, incluant des modules à l’étranger qui leur permettent de passer une partie de leur formation dans un autre État membre, et de garantir la reconnaissance de leur compétence à dispenser un enseignement sur l’Union européenne;

28.

demande la création et la promotion d’un label d’«enseignant européen»; réitère son appel en faveur de la promotion et de la création d’«académies des enseignants Erasmus+» afin de favoriser la dimension européenne dans l’éducation; invite la Commission à créer une académie des enseignants Erasmus+ consacrée à l’éducation civique pour l’ensemble des enseignants, des formateurs et des apprenants du secteur formel et non formel, y compris du secteur de l’enseignement et de la formation professionnels;

29.

invite la Commission et les États membres à renforcer les synergies pour améliorer les effets systémiques de l’éducation civique, et d’œuvrer ensemble à la mise au point d’un module de formation initiale des enseignants afin de les familiariser avec les systèmes éducatifs européens, les meilleures pratiques pédagogiques, les plateformes d’échange de l’Union, les outils et les partenariats qui reflètent les valeurs européennes et favorisent l’émergence d’une culture européenne de l’éducation civique, dans le respect de la diversité sur le continent; souligne qu’il est nécessaire d’inclure ce type de modules de formation dans le programme des académies des enseignants;

30.

demande la reconnaissance et la validation des compétences en matière de citoyenneté acquises dans le cadre de l’apprentissage non formel et informel, notamment le travail socio-éducatif et le bénévolat, de même que le renforcement des liens entre l’apprentissage formel, non formel et informel dans l’éducation civique;

31.

estime que le cadre post-2020 pour la coopération dans le domaine de l’éducation et de la formation devrait être axé sur l’élaboration de programmes scolaires et d’évaluations nationales d’éducation civique qui intègrent l’ensemble des aspects pertinents en la matière conformément au cadre de référence des compétences nécessaires à une culture de la démocratie élaboré par le Conseil de l’Europe et au cadre de référence européen des compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie, en particulier en ce qui concerne les compétences sociales et civiques, tout en tenant compte de l’éducation informelle et non formelle, de sa coordination et de sa facilitation;

32.

demande la création d’un nouveau groupe de travail axé sur l’éducation civique et destiné à assurer le suivi des travaux du groupe de travail «Éducation et formation 2020 sur la promotion de valeurs communes et de l’éducation inclusive» mis en place après la déclaration de Paris de 2015;

33.

demande la mise au point d’objectifs et de critères de référence concrets et mesurables relatifs à l’éducation civique, y compris l’éducation civique européenne, dans le cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation, dans la perspective de l’espace européen de l’éducation et au-delà (2021-2030); fait observer que ces objectifs devraient être déclinés en cibles pour 2025, avec des cibles spécifiques concernant les apprenants défavorisés, et intégrés à un plan d’action spécifique en matière d’éducation civique européenne, dans la perspective d’un apprentissage tout au long de la vie qui commence dès la petite enfance;

34.

insiste sur la nécessité d’aborder de manière plus structurée l’appréciation et la diffusion des résultats des projets en faveur de l’éducation civique issus des programmes de l’Union européenne, notamment Erasmus+, Horizon Europe, Europe pour les citoyens, Citoyens, égalité, droits et valeurs, Europe créative et le corps européen de solidarité et ses successeurs, afin de reproduire les résultats à l’ensemble de l’Union, avec la participation du Parlement européen tout au long du processus; considère, à cette fin, qu’il est nécessaire d’établir un mécanisme permanent d’examen et d’analyse au niveau de l’Union, afin de recenser les bonnes pratiques qui peuvent être diffusées et appliquées à plus grande échelle pour contribuer à l’adaptation systémique et durable des politiques publiques;

35.

insiste sur la nécessité de faire avancer de manière décisive la recherche sur les meilleures pratiques en matière d’enseignement et d’évaluation de l’éducation civique, en particulier pour l’éducation civique dans la petite enfance, sur le rôle des possibilités d’apprentissage formel, non formel et informel, ainsi que sur le suivi de la mise en œuvre de l’éducation civique, sur la base d’une quantité suffisante de données comparatives actualisées provenant de tous les États membres; souligne l’importance des actions clés 2 et 3, des chaires Jean Monnet et d’Horizon Europe; salue le fait que l’action clé 2 soit davantage axée sur les valeurs communes et l’engagement et la participation civiques dans le cadre d’Erasmus+ 2021-2027;

36.

souligne qu’il est nécessaire d’investir davantage dans les modules éducatifs consacrés à l’Union européenne dans les écoles et les universités en renforçant les réseaux existants et l’élaboration de nouveaux programmes adaptés à ce type de formation; demande la participation des facultés spécialisées dans les affaires européennes à la recherche et à la mise en application des meilleurs outils et méthodes pédagogiques pour l’éducation civique, grâce au recours aux fonds et ressources disponibles de l’Union;

37.

souligne que la détermination du contenu de l’éducation civique doit aller de pair avec l’enseignement de compétences et d’une éducation numériques, non seulement pour favoriser l’adaptation à la transition numérique, mais également pour promouvoir une utilisation responsable des médias numériques;

38.

prie à nouveau la Commission et les États membres de mettre au point un cadre commun et participatif de recherche dans le domaine de l’éducation, en particulier des examens comparables au niveau de l’Union dans le domaine de l’éducation civique, y compris l’enseignement de la citoyenneté européenne, doté d’un mandat et d’un budget bien définis relevant des compétences de l’Union; recommande la réalisation d’une enquête Eurobaromètre spéciale sur la connaissance générale de l’Union, en élargissant la portée des enquêtes actuelles sur la citoyenneté et la démocratie dans l’Union;

39.

invite la Commission à inclure des modules d’enseignement de la citoyenneté européenne et un programme de visites de sites du patrimoine et de lieux de mémoire revêtant une importance historique pour l’Union et les pays d’accueil, en tant que partie intégrante de toute expérience de mobilité du programme Erasmus+ et du corps européen de solidarité, afin d’encourager une approche interculturelle et dialogique de l’histoire et de consolider les valeurs et les principes européens;

40.

invite la Commission à agir plus activement en faveur de l’éducation civique pour tous les citoyens, y compris les adultes, et à traduire cette volonté dans les programmes de financement correspondants et au sein des groupes de travail; demande à la Commission de relier les initiatives de la nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe aux compétences civiques et d’inclure la citoyenneté numérique dans l’élaboration du certificat européen de compétences numériques;

41.

demande la création de labels européens pour les écoles et les universités qui agissent activement en faveur de l’éducation civique; appelle de ses vœux la création d’un prix européen pour les éducateurs et les acteurs locaux qui œuvrent activement en faveur de l’éducation consacrée à l’Europe;

42.

demande à la Commission d’envisager la création d’un nouveau volet spécifique, dans les programmes Erasmus+ et Citoyens, égalité, droits et valeurs, destiné à encourager l’éducation civique et assorti de sa propre enveloppe budgétaire, et lui demande de lancer, pour Erasmus+ et Horizon Europe, des appels à propositions consacrés spécifiquement à l’éducation civique afin d’accroître le nombre d’actions et d’activités en la matière; invite instamment la Commission à tirer le meilleur parti de l’Année européenne de la jeunesse 2022 pour élaborer certains programmes et certaines actions qui renforcent la citoyenneté et l’identité européennes;

43.

estime qu’il est important de faire davantage connaître les possibilités existantes au niveau de l’Union au sein de la communauté éducative de l’enseignement et de la formation professionnels et de fournir un soutien adapté afin de faciliter l’accès aux programmes; demande que l’éducation civique fasse l’objet d’une attention particulière dans toutes les actions d’enseignement et de formation professionnels de l’Union, notamment dans le cadre des activités des centres d’excellence professionnelle;

44.

souligne le rôle de la Maison de l’histoire européenne pour favoriser la création de certains programmes, instruments et activités qui permettent d’élaborer un récit cohérent sur l’intégration européenne et ses valeurs fondamentales, en particulier pour les étudiants et les enseignants à tous les niveaux d’enseignement; demande à la Commission de coopérer avec le Parlement pour évaluer le moyen de décentraliser la Maison de l’histoire européenne afin d’en élargir l’accessibilité, y compris dans les États membres et, en particulier, par la communauté éducative, notamment par une collaboration accrue avec les institutions culturelles des États membres, des expositions itinérantes et un réseau de délégations permanentes;

45.

appelle de ses vœux l’élaboration d’une stratégie européenne globale en matière de citoyenneté européenne et d’éducation civique, ainsi que la création de plateformes d’appui en faveur de la mise en place de cette stratégie, en se concentrant notamment sur des valeurs et des principes démocratiques communs au niveau de l’Union et sur les droits fondamentaux, tels que la dignité humaine, la démocratie, l’état de droit, les droits de l’homme, l’égalité, la tolérance, le respect de la diversité et la liberté de conscience, dans le but d’améliorer la compréhension, par les citoyens, des institutions, de la répartition des compétences, du processus décisionnel et des politiques de l’Union, de sensibiliser aux avantages, aux droits et aux obligations liés à la citoyenneté européenne, d’approfondir la connaissance du processus d’intégration européenne et de la manière de participer activement aux processus démocratiques et décisionnels de l’Union, ainsi que de faire croître un sentiment commun d’appartenance;

46.

encourage les organisations de la société civile, les institutions, les experts et les praticiens qui travaillent dans le domaine de l’éducation civique à accroître leur coopération et à créer des synergies par l’intermédiaire de réseaux transnationaux ouverts; souligne le rôle que le réseau européen pour l’éducation civique a joué en offrant des forums et en visant à accorder une plus grande priorité à l’éducation civique aux niveaux national, européen et international; demande une plus grande institutionnalisation de ces réseaux européens, qui mettent en place et soutiennent des initiatives en matière d’éducation civique dans l’Union et au-delà;

47.

souligne que la stratégie devrait inclure une perspective d’apprentissage tout au long de la vie et de communauté, qui associe les secteurs informels et non formels, ainsi que les entreprises et les organisations non gouvernementales, en particulier les bénéficiaires d’un financement de l’Union, ce qui devrait contribuer directement à améliorer la connaissance de l’Union parmi les participants et les communautés au sein desquelles ils sont actifs;

48.

estime que cette stratégie devrait inclure des synergies avec les actions pertinentes de l’Union dans le domaine de la jeunesse et les stratégies européennes en matière de lutte contre le racisme, la xénophobie sous toutes ses formes, la haine envers les personnes LGTBIQ et la discrimination à l’égard des femmes et des minorités, grâce à l’établissement de liens avec le plan d’action de l’Union contre le racisme, ainsi que des instruments de financement tels que le programme «Droits, égalité et citoyenneté»;

49.

appelle de ses vœux l’intégration de l’éducation civique dans touts les programmes de l’Union pertinents, ainsi que davantage de synergies entre ces programmes afin de renforcer les effets systémiques de l’éducation civique, notamment par l’introduction et la mise à disposition d’un module obligatoire sur la citoyenneté européenne à suivre en amont ou en parallèle de tout projet financé par les fonds structurels de l’Union ou de toute expérience de mobilité dans le cadre de programmes tels qu’Erasmus+ ou le corps européen de solidarité; estime que la participation à un module d’éducation civique européenne devrait donner droit à une certification grâce à des micro-certifications;

50.

encourage la Commission à promouvoir les cours consacrés à l’Union européenne dans les écoles dans le cadre des processus de négociation avec les pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne;

51.

souligne qu’il est nécessaire d’investir davantage dans les modules éducatifs consacrés à l’Union européenne dans les écoles et les universités, à la fois dans l’éducation formelle et dans l’enseignement et la formation professionnels, en élaborant de nouveaux programmes scolaires et universitaires dans ce domaine; invite la Commission à proposer une recommandation présentant des programmes scolaires d’enseignement primaire, secondaire et universitaire indicatifs, ainsi que des programmes indicatifs pour l’enseignement et la formation professionnels, consacrés à l’éducation civique européenne et mondiale en vue de sa mise en œuvre volontaire par les États membres, dans le plein respect des dispositions du traité, en particulier de l’article 165 du traité FUE; le contenu de cette recommandation serait préparé en collaboration avec, dans les États membres, des spécialistes, des facultés spécialisées dans les affaires européennes, des enseignants, des éducateurs, des étudiants et la communauté éducative dans son ensemble, et s’accompagnerait de mesures incitatives pour encourager sa mise en œuvre; estime que lesdits programmes indicatifs communs devraient favoriser une meilleure compréhension de l’histoire de l’intégration européenne, de l’organisation et de la structure des institutions existantes de l’Union européenne, des processus électoral et décisionnel européens, y compris les voies de participation citoyenne à la vie démocratique de l’Union, en combinant différentes approches et méthodes pédagogiques, mêlant apprentissage théorique et apprentissage fondé sur des projets, adaptées aux besoins des apprenants;

52.

demande à la Commission de redoubler d’efforts en matière d’éducation civique afin d’améliorer l’accessibilité et la qualité de l’éducation civique dans l’ensemble des États membres et d’appuyer le renforcement de la dimension européenne dans l’éducation civique pour élèves et étudiants de tous âges; estime qu’il y a lieu de charger une structure permanente de créer des synergies au niveau européen en matière d’éducation civique, de gérer les ressources de l’Union allouées à cette fin et de coordonner les initiatives relatives aux méthodes, aux pratiques, aux outils et aux contenus communs; considère que cette structure devrait être chargée de la collecte de données et de l’évaluation des résultats des actions d’éducation civique financées par l’Union, afin d’appliquer à plus grande échelle les actions les plus efficaces et de permettre à la Commission, sur cette base, de proposer des initiatives politiques et législatives dans ce domaine; estime que cette structure devrait épauler les initiatives de formation à l’éducation civique destinées aux enseignants et aux éducateurs et encourager les échanges transnationaux;

53.

estime qu’il est urgent de donner une première impulsion aux travaux dans ce domaine par l’introduction d’une action de faisabilité axée sur la collecte de données et l’évaluation des résultats des mesures en matière d’éducation civique, coordonnée par des unités spécialisées dans l’éducation civique au sein de la direction générale de l’éducation, de la jeunesse, du sport et de la culture de la Commission et au sein de l’Agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture; estime que ce peut être là l’occasion d’accroître le soutien aux actions en matière d’éducation civique des États membres et à leur mise en œuvre, ainsi que leur coordination, de donner une orientation stratégique à la mise en place de structures et de programmes scolaires nationaux d’éducation civique et de fixer des normes minimales relatives aux contenus et aux méthodes de l’éducation civique dans toute l’Union; estime que pour y parvenir, les unités susmentionnées devraient solliciter la participation des États membres, du Parlement européen et de la communauté éducative dans son ensemble;

54.

salue le programme des écoles ambassadrices, qui permet de mieux faire connaître aux élèves la démocratie parlementaire européenne et les valeurs européennes; salue également l’initiative Euroscola, qui offre à des élèves du secondaire l’occasion de participer à une expérience immersive dans l’hémicycle du Parlement européen; estime que ces deux initiatives en particulier représentent une valeur ajoutée durable en ce qui concerne l’éducation civique et l’initiation à la participation active à la vie démocratique; demande l’introduction d’une certification et d’une reconnaissance des aptitudes et des compétences acquises par les participants, qu’ils soient apprenants ou enseignants; considère qu’il s’agit d’une bonne pratique qui mérite d’être diffusée à plus grande échelle afin de parvenir à un effet systémique dans l’ensemble de l’Union;

55.

encourage tous les États membres à mettre en place des programmes de volontariat national et à les développer; invite la Commission et les États membres à garantir une reconnaissance mutuelle entre systèmes nationaux et à renforcer la coopération européenne en matière de service civique et de volontariat des jeunes; encourage les programmes de volontariat national et les services civiques à prévoir des expériences de mobilité européenne, sur une base de réciprocité;

56.

demande à la Commission et aux États membres de développer la mobilité civique européenne dans le cadre du corps européen de solidarité, qui s’adresse aux jeunes, afin d’encourager un véritable engagement et un vrai service civique européen; invite dès lors la Commission et les États membres à accroître sensiblement les ressources consacrées au corps européen de solidarité; souligne que les normes européennes en matière de volontariat, notamment en ce qui concerne le soutien financier aux volontaires, la couverture d’assurance, l’apprentissage, la formation, l’inclusion et le principe selon lequel un volontaire ne doit pas remplacer un employé, doivent orienter tout développement à venir du corps européen de solidarité; insiste sur la fait que les activités du corps européen de solidarité ne peuvent que compléter les programmes de volontariat ou de service civique nationaux et qu’elles ne sauraient s’y substituer;

57.

considère que le manifeste rédigé par Altiero Spinelli sur l’île de Ventotene a joué un rôle décisif dans l’histoire de l’intégration européenne; souligne que cette île est un lieu de mémoire emblématique de l’intégration européenne et de la protection des valeurs européennes communes; souligne qu’il s’agit en outre d’un haut lieu de l’éducation civique européenne, où les jeunes peuvent participer activement chaque année à un séminaire sur l’intégration européenne, lancé par Altiero Spinelli en 1982; souligne également l’importance symbolique des travaux entrepris pour récupérer la prison de Santo Stefano («Carcere di Santo Stefano») et son potentiel à devenir un centre de référence pour des échanges culturels permanents, des événements publics, des expositions et des débats; considère donc ce lieu comme une capitale historique, témoin de la construction morale et intellectuelle des valeurs européennes;

58.

invite la Commission et les États membres à investir dans des actions formelles d’éducation civique autant qu’à encourager l’éducation civique informelle, dans le cadre des activités scolaires et extrascolaires, et à renforcer les programmes de l’Union qui soutiennent l’éducation et l’éducation civique; demande l’inclusion d’objectifs spécifiques liés à l’éducation civique dans la facilité pour la reprise et la résilience et les programmes éducatifs financés par les fonds de l’Union; invite à allouer davantage de ressources financières aux activités, outils et actions du Parlement liés à la promotion de l’éducation civique dans tous les États membres, notamment à Euroscola; invite la Commission à approuver les projets pilotes proposés par le Parlement européen qui sont destinés à renforcer l’éducation civique; insiste sur la nécessité d’une enveloppe budgétaire spécialement consacrée à la mise au point d’examens comparables au niveau de l’Union dans le domaine de l’éducation civique;

59.

estime que la conférence sur l’avenir de l’Europe tombe à point nommé pour instaurer un débat à plusieurs niveaux sur le renforcement des politiques publiques dans les domaines de l’éducation, de la jeunesse et de la culture; invite les États membres et la Commission à adopter et à développer les rapports finaux du groupe de travail «Éducation, culture, jeunesse et sport» de la conférence; estime, dès lors, que des compétences partagées devraient être mises en place dans le domaine de l’éducation, au moins en ce qui concerne l’éducation civique, mais souligne que l’exercice de celles-ci par l’Union ne saurait empêcher les États membres d’exercer leurs propres compétences;

60.

invite la Commission à envisager la possibilité d’appuyer la création, dans chaque commune des États membres, d’un monument à l’Union européenne, afin d’offrir aux citoyens un symbole visuel de l’intégration européenne;

61.

demande aux États membres de renforcer les efforts de mise en œuvre de la recommandation du Conseil du 20 décembre 2012 relative à la validation de l’apprentissage non formel et informel (14), eu égard à la quantité de compétences acquises par ces types d’apprentissages qui sont adjacentes, complémentaires ou tout simplement essentielles à l’acquisition de compétences civiques;

o

o o

62.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1)  JO C 316 du 22.9.2017, p. 182.

(2)  JO C 494 du 8.12.2021, p. 2.

(3)  JO C 415 du 1.12.2020, p. 16.

(4)  JO C 189 du 4.6.2018, p. 1.

(5)  JO C 195 du 7.6.2018, p. 1.

(6)  JO C 66 du 26.2.2021, p. 1.

(7)  JO C 241 du 21.6.2021, p. 3.

(8)  JO C 58 du 15.2.2018, p. 57.

(9)  JO C 11 du 12.1.2018, p. 16.

(10)  Textes adoptés de cette date, P9_TA(2021)0452.

(11)  JO C 369 du 11.10.2018, p. 11.

(12)  JO C 99 du 1.3.2022, p. 96.

(13)  Schulz, W. et al., Becoming Citizens in a Changing World, IEA International Civic and Citizenship Education Study 2016 International Report, Springer, Cham, 2016.

(14)  JO C 398 du 22.12.2012, p. 1.


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/42


P9_TA(2022)0115

Soja génétiquement modifié MON 87769 × MON 89788

Résolution du Parlement européen du 6 avril 2022 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87769 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D078875/02 — 2022/2566(RSP))

(2022/C 434/07)

Le Parlement européen,

vu le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87769 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil,

vu le règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2003 concernant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés (1), et notamment son article 7, paragraphe 3, et son article 19, paragraphe 3,

vu le vote du 3 mars 2022 du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale visé à l’article 35 du règlement (CE) no 1829/2003, par lequel il a décidé de ne pas rendre d’avis,

vu les articles 11 et 13 du règlement (UE) no 182/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 février 2011 établissant les règles et principes généraux relatifs aux modalités de contrôle par les États membres de l’exercice des compétences d’exécution par la Commission (2),

vu l’avis adopté par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) le 17 septembre 2015 et publié le 8 octobre 2015 (3),

vu ses résolutions précédentes, par lesquelles il s’est opposé à l’autorisation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) (4),

vu l’article 112, paragraphes 2 et 3, de son règlement intérieur,

vu la proposition de résolution de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire,

A.

considérant que, le 27 juillet 2010, Monsanto Europe S.A./N.V., dont le siège est en Belgique, a présenté, au nom de Monsanto Company, dont le siège est aux États-Unis, une demande (ci-après, la «demande») en vue de la mise sur le marché de denrées alimentaires, d’ingrédients alimentaires et d’aliments pour animaux contenant du soja génétiquement modifié MON 87769 × MON 89788 (ci-après, le «soja GM»), consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, conformément aux articles 5 et 17 du règlement (CE) no 1829/2003; considérant que la demande concernait aussi la mise sur le marché de produits contenant le soja GM ou consistant en ce soja et destinés à des usages autres que l’alimentation humaine et animale, à l’exception de la culture;

B.

considérant que, le 8 octobre 2015, l’EFSA a publié un avis en vertu des articles 6 et 18 du règlement (CE) no 1829/2003 (5); considérant que l’EFSA n’a pas pu parvenir à une conclusion sur la sécurité du soja GM, en raison du manque de données sur l’exposition alimentaire à l’huile de soja raffinée, décolorée et désodorisée produite à partir du soja GM, ce qui conduit à une évaluation nutritionnelle incomplète; considérant que l’EFSA a conclu, dans le contexte de la demande, qu’il était peu probable que le soja GM ait des effets néfastes sur l’environnement;

C.

considérant que le 12 mai 2021, l’EFSA a publié une déclaration complétant son avis scientifique (6), compte tenu de l’évaluation de l’exposition alimentaire révisée fournie par le demandeur en vue de l’évaluation de l’huile de soja raffinée, décolorée et désodorisée produite à partir du soja GM à des fins d’alimentation humaine; considérant que l’EFSA a conclu que la consommation du soja GM et de ses produits dérivés, en particulier de l’huile raffinée, décolorée et désodorisée, ne présentait pas de risque alimentaire pour l’homme;

D.

considérant que le soja GM a été conçu pour produire de l’acide stéaridonique et être tolérant aux herbicides à base de glyphosate (7);

Manque d’évaluation de l’herbicide complémentaire

E.

considérant que le règlement d’exécution (UE) no 503/2013 de la Commission (8) impose une évaluation de l’influence éventuelle des pratiques agricoles attendues sur l’expression des critères étudiés; considérant que, selon ce règlement d’exécution, cette évaluation est particulièrement utile pour les plantes tolérantes aux herbicides;

F.

considérant qu’il ressort de plusieurs études que les cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides entraînent une augmentation de l’utilisation des herbicides complémentaires, du fait notamment de l’apparition de plantes adventices tolérantes aux herbicides (9); considérant qu’il faut, par conséquent, s’attendre à ce que le soja GM soit exposé à des doses plus élevées et plus fréquentes d’herbicides à base de glyphosate, ce qui peut entraîner une augmentation de la quantité de résidus et de leurs produits de dégradation (ci-après, les «métabolites») dans les récoltes;

G.

considérant que l’EFSA a conclu en novembre 2015 que le glyphosate n’était probablement pas carcinogène et que l’Agence européenne des produits chimiques a conclu en mars 2017 que rien ne justifiait de le classifier comme tel; considérant qu’en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (agence de l’Organisation mondiale de la santé spécialisée dans la recherche sur le cancer) a, au contraire, classé le glyphosate comme étant probablement carcinogène pour l’homme;

H.

considérant qu’une étude comparative récente évaluée par des pairs décrit les effets de l’exposition au glyphosate ou aux herbicides à base de glyphosate sur l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique, chez le mâle comme la femelle, à savoir une perturbation endocrinienne et des conséquences sur la viabilité et la prolifération des cellules; considérant que cette étude comparative a montré que les herbicides à base de glyphosate peuvent entraîner des modifications des voies reproductives chez le mâle comme la femelle, que celles-ci peuvent se transmettre de génération en génération par des effets épigénétiques et que la fertilité de la descendance n’est donc pas protégée contre les effets néfastes des herbicides à base de glyphosate, qui sont plus dangereux que le glyphosate seul, certainement à cause de formulants tels que le polyoxyéthylène amine de suif (10);

I.

considérant que plusieurs autres études scientifiques récentes évaluées par des pairs confirment le caractère potentiellement carcinogène du glyphosate (11);

J.

considérant que l’une des deux expériences de terrain examinées dans l’étude comparative n’incluait pas le traitement du soja GM au moyen d’herbicides à base de glyphosate, ce qui aurait permis d’évaluer les effets de l’herbicide (12);

K.

considérant que l’évaluation des résidus d’herbicides et des métabolites trouvés dans les plantes génétiquement modifiées est considérée comme ne relevant pas des compétences du groupe scientifique de l’EFSA sur les OGM, et qu’elle n’est donc pas réalisée dans le cadre du processus d’autorisation des OGM; considérant que cela pose problème, car la manière dont les herbicides complémentaires sont dégradés par la plante génétiquement modifiée concernée, la composition des métabolites et donc leur toxicité peuvent être influencées par la modification génétique elle-même (13);

Observations des autorités compétentes des États membres

L.

considérant que les États membres ont transmis à l’EFSA de nombreuses observations critiques au cours de la période de consultation de trois mois (14); considérant que ces observations critiques signalaient notamment que l’évaluation des risques que les plantes génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides présentent pour l’alimentation humaine et animale ne respecte pas les exigences de base de l’EFSA en matière de conception des expériences, que le plan de surveillance ne fait pas correspondre les activités de surveillance et les objectifs pertinents en matière de protection, que les données et analyses de données sur l’évaluation phénotypique, la composition et la toxicologie sont insuffisantes, que les conclusions sur l’équivalence du soja GM et du soja traditionnel sont prématurées, de même que celles sur la sécurité pour l’alimentation humaine et animale qui sont déduites de cette équivalence, et que l’analyse de composition ne porte pas sur les résidus de l’herbicide complémentaire ou ses métabolites, ce qui est important puisque la résistance aux herbicides que la modification génétique confère permet d’utiliser l’herbicide complémentaire de manière plus intensive; considérant que certaines observations ont remis en question les avantages nutritionnels de l’augmentation de la teneur en acide stéaridonique; considérant que plusieurs autorités compétentes des États membres ont recommandé de fixer une teneur maximale en acides gras trans pour cette huile de soja GM riche en acide stéaridonique;

Respect des obligations internationales de l’Union

M.

considérant que, selon un rapport de la rapporteuse spéciale des Nations unies sur le droit à l’alimentation de 2017, les pesticides dangereux ont des incidences catastrophiques sur la santé, notamment dans les pays en développement (15); considérant que l’objectif de développement durable (ODD) 3.9 des Nations unies vise, d’ici 2030, à réduire nettement le nombre de décès et de maladies dus à des substances chimiques dangereuses, à la pollution et à la contamination de l’air, de l’eau et du sol (16); considérant que l’autorisation d’importation du soja GM augmenterait la demande pour cette culture traitée au glyphosate, ce qui augmenterait l’exposition des travailleurs et de l’environnement dans les pays tiers; considérant que le risque d’une exposition accrue des travailleurs et de l’environnement est particulièrement préoccupant en ce qui concerne les cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides, compte tenu des volumes plus élevés d’herbicides utilisés;

N.

considérant que, selon une étude évaluée par des pairs publiée en 2020, le Roundup, l’un des herbicides à base de glyphosate les plus utilisés au monde, peut entraîner une perte de biodiversité, rendant les écosystèmes plus vulnérables à la pollution et au changement climatique (17);

O.

considérant que la déforestation est une cause majeure du déclin de la biodiversité; considérant que les émissions liées à l’utilisation et au changement d’utilisation des terres, principalement imputables à la déforestation, sont la deuxième cause du changement climatique, derrière la consommation de combustibles fossiles (18); considérant que l’ODD 15 vise notamment à mettre un terme à la déforestation d’ici 2020 (19); considérant que les forêts jouent un rôle multifonctionnel de soutien à la réalisation de la plupart des ODD (20);

P.

considérant que la production de soja est un facteur essentiel de déforestation en Amazonie et dans les forêts du Cerrado et du Gran Chaco en Amérique du Sud; considérant que 97 % du soja cultivé au Brésil et 100 % du soja cultivé en Argentine sont génétiquement modifiés (21); considérant que la grande majorité des variétés de soja génétiquement modifiées dont la culture est autorisée au Brésil et en Argentine peuvent également être importées dans l’Union;

Q.

considérant que l’Union, en tant que partie à la convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB), a le devoir de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de sa juridiction ou sous son contrôle ne causent pas de dommage à l’environnement dans d’autres États (22);

R.

considérant que le règlement (CE) no 1829/2003 dispose que les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux génétiquement modifiés ne doivent pas avoir d’effets négatifs sur la santé humaine, la santé animale ou l’environnement, et oblige la Commission, lorsqu’elle prépare sa décision, à tenir compte de toute disposition pertinente du droit de l’Union et d’autres facteurs légitimes utiles au regard de la question examinée; considérant que ces facteurs légitimes devraient comprendre les obligations incombant à l’Union en vertu des ODD, de l’accord de Paris sur le changement climatique et de la CDB;

Processus décisionnel non démocratique

S.

considérant que lors du vote qui a eu lieu le 3 mars 2022 au sein du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale visé à l’article 35 du règlement (CE) no 1829/2003, aucun avis n’a été rendu, ce qui signifie que l’autorisation n’a pas été soutenue par une majorité qualifiée d’États membres;

T.

considérant que la Commission reconnaît qu’il est problématique que les décisions relatives à l’autorisation d’OGM continuent d’être adoptées par la Commission sans qu’une majorité qualifiée des États membres y soient favorables, ce qui est très largement l’exception pour les autorisations de produits dans leur ensemble, mais est devenu la norme pour les décisions concernant les autorisations de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux génétiquement modifiés;

U.

considérant qu’au cours de sa huitième législature, le Parlement a adopté au total 36 résolutions par lesquelles il s’est opposé à la mise sur le marché d’OGM destinés à l’alimentation humaine et animale (33 résolutions) et à la culture d’OGM dans l’Union (trois résolutions); considérant qu’au cours de sa neuvième législature, le Parlement a déjà adopté 26 résolutions s’opposant à la mise sur le marché d’OGM; considérant qu’aucune majorité qualifiée ne s’est dégagée parmi les États membres en faveur de l’autorisation des OGM concernés; considérant que les raisons pour lesquelles certains États membres ne soutiennent pas ces autorisations comprennent le non-respect du principe de précaution au cours de la procédure d’autorisation ainsi que des inquiétudes scientifiques liées à l’évaluation des risques;

V.

considérant que, tout en reconnaissant elle-même les lacunes démocratiques, le soutien insuffisant des États membres et les objections du Parlement, la Commission continue d’autoriser les OGM;

W.

considérant qu’il n’est pas nécessaire de modifier la législation pour que la Commission puisse refuser d’autoriser des OGM en l’absence d’une majorité qualifiée d’États membres favorables au sein du comité d’appel (23);

1.

considère que le projet de décision d’exécution de la Commission excède les compétences d’exécution prévues dans le règlement (CE) no 1829/2003;

2.

estime que le projet de décision d’exécution de la Commission n’est pas conforme au droit de l’Union, en ce qu’il n’est pas compatible avec l’objectif du règlement (CE) no 1829/2003, qui est, conformément aux principes généraux prévus dans le règlement (CE) no 178/2002 du Parlement européen et du Conseil (24), d’établir les bases afin d’assurer un haut niveau de protection de la vie et de la santé des personnes, de la santé et du bien-être des animaux, de l’environnement et des intérêts des consommateurs en relation avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés, tout en garantissant le bon fonctionnement du marché intérieur;

3.

demande à la Commission de retirer son projet de décision d’exécution;

4.

prie la Commission de ne pas autoriser l’importation de cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides, car cela entraînerait une hausse de l’utilisation d’herbicides complémentaires et augmenterait donc les risques pour la biodiversité, la sécurité alimentaire et la santé des travailleurs;

5.

se félicite que la Commission ait finalement reconnu, dans une lettre en date du 11 septembre 2020 à l’attention des députés, que les décisions d’autorisation relatives aux OGM doivent tenir compte de la durabilité (25); se déclare toutefois profondément déçu que la Commission ait depuis continué d’autoriser l’importation d’OGM dans l’Union, malgré les objections exprimées à de multiples reprises par le Parlement et le vote défavorable de la majorité des États membres;

6.

invite la Commission à suspendre immédiatement l’importation de soja génétiquement modifié cultivé au Brésil et en Argentine, en recourant, si nécessaire, à l’article 53 du règlement (CE) no 178/2002, jusqu’à ce que des mécanismes juridiquement contraignants et efficaces soient mis en place pour empêcher la mise sur le marché de l’Union de produits liés à la déforestation et aux violations des droits de l’homme associées à celle-ci;

7.

demande instamment à la Commission, une fois encore, de tenir compte des obligations qui incombent à l’Union en vertu d’accords internationaux, tels que l’accord de Paris sur le climat, la CDB et les ODD; demande une nouvelle fois que les projets d’actes d’exécution soient accompagnés d’un exposé des motifs expliquant comment ils respectent le principe de «ne pas nuire» (26);

8.

souligne que les amendements à la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 182/2011 (27), adoptés par le Parlement le 17 décembre 2020 comme base de négociations avec le Conseil, interdisent à la Commission d’autoriser des OGM en l’absence d’une majorité qualifiée d’États membres favorables; insiste pour que la Commission respecte cette position; invite le Conseil à poursuivre ses travaux et à adopter d’urgence une orientation générale sur ce dossier;

9.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1)  JO L 268 du 18.10.2003, p. 1.

(2)  JO L 55 du 28.2.2011, p. 13.

(3)  Avis scientifique du groupe scientifique de l’EFSA concernant une demande (référence EFSA-GMO-NL-2010-85) en vue de la mise sur le marché du soja MON 87769 × MON 89788, génétiquement modifié pour contenir de l’acide stéaridonique et être tolérant au glyphosate à des fins d’alimentation humaine et animale, d’importation et de transformation en vertu du règlement (CE) no 1829/2003 de Monsanto, EFSA Journal 2015; 13(10):4256, https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/4256

(4)  Au cours de sa huitième législature, le Parlement a adopté 36 résolutions par lesquelles il s’est opposé à l’autorisation d’OGM. En outre, depuis le début de la neuvième législature, il a adopté les résolutions suivantes:

Résolution du Parlement européen du 10 octobre 2019 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MZHG0JG (SYN-ØØØJG-2), consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 202 du 28.5.2021, p. 11.

Résolution du Parlement européen du 10 octobre 2019 sur le projet de décision d’exécution de la Commission renouvelant l’autorisation de mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié A2704-12 (ACS-GMØØ5-3), consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 202 du 28.5.2021, p. 15.

Résolution du Parlement européen du 10 octobre 2019 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 89034 × 1507 × MON 88017 × 59122 × DAS-40278-9 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux, trois ou quatre des événements simples MON 89034, 1507, MON 88017, 59122 et DAS-40278-9, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 202 du 28.5.2021, p. 20.

Résolution du Parlement européen du 14 novembre 2019 sur le projet de décision d’exécution de la Commission renouvelant l’autorisation de mise sur le marché de produits contenant du coton génétiquement modifié LLCotton25 (ACS-GHØØ1-3), consistant en ce coton ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 208 du 1.6.2021, p. 2.

Résolution du Parlement européen du 14 novembre 2019 sur le projet de décision d’exécution de la Commission renouvelant l’autorisation de mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 89788 (MON-89788-1), consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 208 du 1.6.2021, p. 7.

Résolution du Parlement européen du 14 novembre 2019 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 89034 × 1507 × NK603 × DAS-40278-9 et les sous-combinaisons MON 89034 × NK603 × DAS-40278-9, 1507 × NK603 × DAS-40278-9 et NK603 × DAS-40278-9, consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 208 du 1.6.2021, p. 12.

Résolution du Parlement européen du 14 novembre 2019 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié Bt11 × MIR162 × MIR604 × 1507 × 5307 × GA21 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux, trois, quatre ou cinq des événements uniques Bt11, MIR162, MIR604, 1507, 5307 et GA21, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 208 du 1.6.2021, p. 18.

Résolution du Parlement européen du 14 mai 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87708 × MON 89788 × A5547-127, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 323 du 11.8.2021, p. 7.

Résolution du Parlement européen du 11 novembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × MIR162 × NK603 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques MON 87427, MON 89034, MIR162 et NK603, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, et abrogeant la décision d’exécution (UE) 2018/1111, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 415 du 13.10.2021, p. 2.

Résolution du Parlement européen du 11 novembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié SYHT0H2 (SYN-ØØØH2-5), consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 415 du 13.10.2021, p. 8.

Résolution du Parlement européen du 11 novembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 87460 × MON 89034 × MIR162 × NK603 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux, trois ou quatre des événements simples MON 87427, MON 87460, MON 89034, MIR162 et NK603, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 415 du 13.10.2021, p. 15.

Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87751 × MON 87701 × MON 87708 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 445 du 29.10.2021, p. 36.

Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × MIR162 × MON 87411 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques MON 87427, MON 89034, MIR162 et MON 87411, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 445 du 29.10.2021, p. 43.

Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission renouvelant l’autorisation de mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MIR604 (SYN-IR6Ø4-5), consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 445 du 29.10.2021, p. 49.

Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission renouvelant l’autorisation de mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 88017 (MON-88Ø17-3), consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 445 du 29.10.2021, p. 56.

Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission renouvelant l’autorisation de mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 89034 (MON-89Ø34-3), consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 445 du 29.10.2021, p. 63.

Résolution du Parlement européen du 11 mars 2021 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du coton génétiquement modifié GHB614 × T304-40 × GHB119, consistant en ce coton ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 474 du 24.11.2021, p. 66.

Résolution du Parlement européen du 11 mars 2021 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MZIR098 (SYN-ØØØ98-3), consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 474 du 24.11.2021, p. 74.

Résolution du Parlement européen du 7 juillet 2021 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié DAS-81419-2, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 99 du 1.3.2022, p. 45.

Résolution du Parlement européen du 7 juillet 2021 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié DAS-81419-2 (DAS–44406–6), consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 99 du 1.3.2022, p. 52.

Résolution du Parlement européen du 7 juillet 2021 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié 1507 × MIR162 × MON810 × NK603 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques 1507, MIR162, MON810 et NK603, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 99 du 1.3.2022, p. 59.

Résolution du Parlement européen du 7 juillet 2021 sur le projet de décision d’exécution de la Commission renouvelant l’autorisation de mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié Bt 11 (SYN-BTØ11-1), consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil, JO C 99 du 1.3.2022, p. 66.

Résolution du Parlement européen du 15 février 2022 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié GMB151 (BCS-GM151-6), consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0024).

Résolution du Parlement européen du 15 février 2022 sur le projet de décision d’exécution de la Commission renouvelant l’autorisation de mise sur le marché de produits contenant du coton génétiquement modifié GHB614 (BCS-GHØØ2-5), consistant en ce coton ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0025).

Résolution du Parlement européen du 9 mars 2022 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du coton génétiquement modifié GHB811 (BCS-GH811-4), consistant en ce coton ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0062).

Résolution du 9 mars 2022 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du colza génétiquement modifié 73496 (DP-Ø73496-4), consistant en ce colza ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0063).

(5)  Avis scientifique du groupe scientifique de l’EFSA sur les OGM concernant une demande (référence EFSA-GMO-NL-2010-85) en vue de la mise sur le marché du soja génétiquement modifié MON 87769 × MON 89788 contenant de l’acide stéaridonique tolérant au glyphosate à des fins d’alimentation humaine et animale, d’importation et de transformation en vertu du règlement (CE) no 1829/2003 de Monsanto. EFSA Journal 2015; 13(10):4256, https://doi.org/10.2903/j.efsa.2015.4256.

(6)  Avis scientifique du groupe scientifique de l’EFSA sur les OGM concernant une demande (référence EFSA-GMO-NL-2010-85). en vue de l’autorisation des produits utilisés pour l’alimentation humaine et animale contenant du soja génétiquement modifié MON 87769 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci. EFSA Journal 2021; 19(5):6589, https://doi.org/10.2903/j.efsa.2021.6589.

(7)  Avis de l’EFSA, p. 7.

(8)  Règlement d’exécution (UE) no 503/2013 de la Commission du 3 avril 2013 relatif aux demandes d’autorisation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux génétiquement modifiés introduites en application du règlement (CE) no 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil et modifiant les règlements de la Commission (CE) no 641/2004 et (CE) no 1981/2006, JO L 157 du 8.6.2013, p. 1.

(9)  Voir, à titre d’exemple, Bonny S., «Genetically Modified Herbicide-Tolerant Crops, Weeds, and Herbicides: Overview and Impact» (Plantes génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides, mauvaises herbes et herbicides: vue d’ensemble et incidence), Environmental Management, janvier 2016; 57(1), p. 31-48, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26296738 et Benbrook, C.M., «Impacts of genetically engineered crops on pesticide use in the U.S. — the first sixteen years» (Conséquences des plantes génétiquement modifiées sur l’utilisation de pesticides aux États-Unis: seize premières années), Environmental Sciences Europe; 28 septembre 2012, Vol. 24(1), https://enveurope.springeropen.com/articles/10.1186/2190-4715-24-24.

(10)  Serra, L.; Estienne, A.; Vasseur, C.; Froment, P.; Dupont, J., «Review: Mechanisms of Glyphosate and Glyphosate-Based Herbicides Action in Female and Male Fertility in Humans and Animal Models» (Étude comparative sur les mécanismes de l’action du glyphosate et des herbicides à base de glyphosate sur la fertilité des mâles comme des femelles chez l’homme et des modèles animaux», 2021, Cells, 10 (11): 3079, http://dx.doi.org/10.3390/cells10113079.

(11)  Voir, par exemple, https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1383574218300887,

https://academic.oup.com/ije/advance-article/doi/10.1093/ije/dyz017/5382278,

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0219610, et

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6612199/.

(12)  Avis de l’EFSA, p. 10.

(13)  Tel est le cas du glyphosate, comme l’indique l’EFSA dans son avis motivé intitulé «Review of the existing maximum residue levels for glyphosate according to Article 12 of Regulation (EC) No 396/2005» (Étude comparative sur les niveaux maximaux existants de résidus pour le glyphosate en vertu de l’article 12 du règlement (CE) no 396/2005), EFSA Journal 2018; 16(5):5263, p. 12, https://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/5263.

(14)  Observations des États membres, accessibles dans le registre de questions de l’EFSA: https://www.efsa.europa.eu/en/register-of-questions.

(15)  https://www.ohchr.org/EN/Issues/Food/Pages/Pesticides.aspx.

(16)  https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/.

(17)  https://www.mcgill.ca/newsroom/fr/channels/news/un-herbicide-demploi-courant-nocif-pour-la-biodiversite-320906.

(18)  Communication de la Commission du 23 juillet 2019 intitulée «Renforcer l’action de l’UE en matière de protection et de restauration des forêts de la planète» (COM(2019)0352), p. 1.

(19)  Voir ODD 15.2: https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/.

(20)  Communication de la Commission du 23 juillet 2019 intitulée «Renforcer l’action de l’UE en matière de protection et de restauration des forêts de la planète» (COM(2019)0352), p. 2.

(21)  Service international pour l’acquisition d’applications agricoles biotechnologiques, «Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops in 2017: Biotech Crop Adoption Surges as Economic Benefits Accumulate in 22 Years» (Statut mondial des cultures biotech/OGM commercialisées en 2017: l’adoption de cultures biotech bondit, tandis que les avantages économiques s’accumulent en 22 ans), ISAAA Brief no 53 (2017), p. 16 et 21, https://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/53/download/isaaa-brief-53-2017.pdf.

(22)  Convention des Nations unies sur la diversité biologique, article 3, https://www.cbd.int/doc/legal/cbd-fr.pdf.

(23)  Conformément à l’article 6, paragraphe 3, du règlement (UE) no 182/2011, en l’absence de majorité qualifiée d’États membres favorables à l’autorisation au sein du comité d’appel, la Commission «peut» adopter l’acte d’exécution, et non «adopte» l’acte d’exécution.

(24)  Règlement (CE) no 178/2002 du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2002 établissant les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire, instituant l’Autorité européenne de sécurité des aliments et fixant des procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires, JO L 31 du 1.2.2002, p. 1.

(25)  https://tillymetz.lu/wp-content/uploads/2020/09/Co-signed-letter-MEP-Metz.pdf.

(26)  Résolution du Parlement européen du 15 janvier 2020 sur le pacte vert pour l’Europe, JO C 270 du 7.7.2021, p. 2, paragraphe 102.

(27)  JO C 445 du 29.10.2021, p. 257.


Jeudi 7 avril 2022

15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/50


P9_TA(2022)0120

Protection accordée par l'Union européenne aux enfants et aux jeunes qui fuient en raison de la guerre en Ukraine

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la protection accordée par l’Union européenne aux enfants et aux jeunes qui fuient en raison de la guerre en Ukraine (2022/2618(RSP))

(2022/C 434/08)

Le Parlement européen,

vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989 et les protocoles additionnels s’y rapportant,

vu la convention européenne des droits de l’homme,

vu l’article 24 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

vu la recommandation (UE) 2021/1004 du Conseil du 14 juin 2021 établissant une garantie européenne pour l’enfance (1),

vu la communication de la Commission du 24 mars 2021 intitulée «Stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant» (COM(2021)0142),

vu la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées du 13 décembre 2006,

vu sa résolution du 29 avril 2021 sur la garantie européenne pour l’enfance (2),

vu le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux,

vu la décision d’exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l’existence d’un afflux massif de personnes déplacées en provenance d’Ukraine, au sens de l’article 5 de la directive 2001/55/CE, et ayant pour effet d’introduire une protection temporaire (3),

vu l’étude mondiale des Nations unies de juillet 2019 sur les enfants privés de liberté,

vu la convention des Nations unies sur la réduction des cas d’apatridie, du 30 août 1961,

vu le pacte mondial des Nations Unies sur les réfugiés, de 2018,

vu sa résolution du 3 mai 2018 sur la protection des enfants migrants (4),

vu la recommandation générale no 38 du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes du 6 novembre 2020 sur la traite des femmes et des filles dans le contexte des migrations internationales,

vu sa résolution du 26 février 2014 sur l’exploitation sexuelle et la prostitution et leurs conséquences sur l’égalité entre les hommes et les femmes (5),

vu la communication de la Commission du 23 mars 2022 intitulée «Accueil des personnes fuyant la guerre en Ukraine: préparer l’Europe à répondre aux besoins» (COM(2022)0131),

vu l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A.

considérant que l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie et la prise pour cible de la population ukrainienne ont poussé un grand nombre de personnes et de familles à fuir l’Ukraine, avec des répercussions considérables, en particulier pour les enfants et les jeunes dans l’ensemble de la région;

B.

considérant que, selon le dernier rapport de l’UNICEF (6), au 25 mars 2022, plus de 3,7 millions de réfugiés avaient fui l’Ukraine depuis le début de la guerre; que ce chiffre devrait continuer à augmenter dans les semaines à venir; que les Nations unies estiment également que près de 6,5 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis le début de la guerre, et que 12,65 millions de personnes supplémentaires sont directement touchées par le conflit;

C.

considérant que, selon le dernier rapport de l’UNICEF (7), les femmes et les enfants représentent 90 % de l’ensemble des réfugiés fuyant l’Ukraine; considérant que près de la moitié des réfugiés qui fuient l’Ukraine sont en âge d’être scolarisés (8); que l’UNICEF estime également que plus de 2,5 millions d’enfants ont été déplacés à l’intérieur du pays depuis le début du conflit;

D.

considérant qu’à la date du 25 mars 2022, les pays voisins faisaient face à un afflux massif de réfugiés fuyant l’Ukraine, plus de 2,2 millions se rendant en Pologne, plus de 579 000 en Roumanie, plus de 379 000 en Moldavie, près de 343 000 en Hongrie et plus de 545 000 dans d’autres pays (9);

E.

considérant qu’avec des chiffres aussi élevés, les enfants, en particulier lorsqu’ils ne sont pas accompagnés, sont exposés à un risque accru de violence, d’abus et d’exploitation, et qu’il existe un risque accru pour les enfants de disparaître et de devenir victimes de la traite des êtres humains, en particulier lorsqu’ils franchissent les frontières;

F.

considérant que plus de 100 000 enfants, dont la moitié sont handicapés, vivent dans des institutions ou des internats en Ukraine (10) et que plus de 90 % de ces enfants ont des parents; que, selon des chiffres officiels, 4 311 bébés sont nés en Ukraine entre le 24 février et le début du mois de mars, et qu’on estime qu’au début de la crise, le nombre de femmes enceintes s’élevait à 265 000, dont environ 80 000 devraient accoucher au cours des trois prochains mois;

G.

considérant que, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’Ukraine comptait au moins 35 875 apatrides et personnes de nationalité indéterminée en 2021; qu’environ 10 à 20 % des quelque 400 000 Roms vivant en Ukraine sont apatrides ou menacés d’apatridie; que 55 % des enfants nés à Donetsk et à Lougansk et 88 % des enfants nés en Crimée seraient dépourvus d’actes de naissance ou de documents personnels ukrainiens, ce qui les mettrait en danger d’apatridie (11); considérant que les enfants en situation de migration forcée courent un risque accru d’apatridie en raison de problèmes liés aux obstacles à l’enregistrement des naissances dans leur pays d’origine ou pendant leur déplacement et de l’absence de reconnaissance de l’apatridie de leurs parents; que ce risque est exacerbé pour les enfants non accompagnés en raison des obstacles à la documentation et à l’enregistrement, y compris l’absence de preuve de liens familiaux;

H.

considérant que la garantie européenne pour l’enfance est un instrument de l’Union qui vise à prévenir et à combattre la pauvreté et l’exclusion sociale en assurant l’accès gratuit et effectif des enfants dans le besoin à des services essentiels tels que l’éducation et l’accueil de la petite enfance, les activités scolaires et éducatives, les soins de santé, la possibilité de consommer au moins un repas sain chaque jour d’école, ainsi que l’accès effectif de tous les enfants dans le besoin à une alimentation saine et à un logement adéquat; considérant que les objectifs de la garantie pour l’enfance devraient s’appliquer à tous les enfants dans l’Union;

I.

considérant que les enfants des migrants et des réfugiés sont souvent victimes des lacunes des législations nationales, ce qui a pour conséquence qu’ils sont laissés pour compte, ce qui peut aggraver leur sous-développement social et entraîner la précarité, ainsi qu’un risque accru de marginalisation, de maltraitance et d’abus;

J.

considérant que les enfants qui grandissent avec peu de ressources et dans des situations familiales précaires sont plus susceptibles d’être confrontés à la pauvreté et à l’exclusion sociale, ce qui a des répercussions considérables sur leur développement et, plus tard, sur leur vie d’adulte, perpétuant ainsi le cercle vicieux de la pauvreté intergénérationnelle; considérant que le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale est de mettre en place des politiques globales, appliquées de manière étroite mais ayant un large champ d’application, ciblant non seulement les enfants, mais aussi leurs familles et leurs communautés, et de donner la priorité aux investissements dans la création de nouvelles possibilités et de nouvelles solutions; que toutes les composantes de la société doivent participer à la résolution de ces problèmes, des autorités locales, régionales, nationales et européennes jusqu’à la société civile;

K.

considérant que la pauvreté des enfants a été identifiée par les organisations internationales comme étant à la fois une cause et une conséquence potentielles des violations des droits de l’enfant, en raison de son incidence sur la capacité des enfants à exercer leurs droits et du non-respect de ces droits;

L.

considérant que 378 établissements d’enseignement secondaire et supérieur ont été détruits en Ukraine par des bombardements russes à ce jour (12);

M.

considérant que l’intégration des enfants et des jeunes dans les structures d’accueil et d’apprentissage devrait rester une priorité pour l’Union et ses États membres;

N.

considérant que de graves violations sont commises à l’encontre des enfants dans le contexte du conflit, notamment de ceux qui sont placés en détention; qu’il convient de s’attaquer de manière efficace et globale aux conséquences à court, moyen et long terme des conflits armés sur les enfants, en utilisant l’ensemble des outils à la disposition de l’Union, notamment les orientations nouvelles et consolidées de l’Union sur les enfants face aux conflits armés;

O.

considérant que les filles sont particulièrement menacées au cours de cette crise humanitaire et de déplacements de population, étant donné qu’elles continuent d’être victimes, de manière disproportionnée, de discrimination fondée sur les normes de genre et de violence fondée sur le genre;

P.

considérant qu’en Moldavie, les enfants représentent la moitié du nombre de réfugiés fuyant l’Ukraine;

1.

se félicite de la publication de la communication de la Commission du 23 mars 2022 intitulée «Accueil des personnes fuyant la guerre en Ukraine: préparer l’Europe à répondre aux besoins», des lignes directrices opérationnelles pour la mise en œuvre de la décision d’exécution (UE) 2022/382 (13) du Conseil et du plan en dix points pour une coordination européenne plus étroite en matière d’accueil des réfugiés ukrainiens;

2.

rappelle que l’Union européenne et tous les États membres ont ratifié la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et sont donc tenus de respecter, de protéger et de garantir les droits qui y sont énoncés; souligne que, conformément à la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, l’intérêt supérieur de l’enfant devrait toujours présider à toutes les décisions relatives à l’enfant;

3.

demande aux États membres de traiter chaque enfant cherchant refuge dans l’Union en premier lieu comme un enfant, quels que soient son origine sociale ou ethnique, son sexe, son orientation sexuelle, ses aptitudes, sa nationalité ou son statut migratoire;

4.

demande la création de passages sûrs et de couloirs humanitaires pour les enfants fuyant le conflit, qu’ils soient non accompagnés ou avec leur famille, ainsi que la fourniture de l’aide d’urgence dont ont besoin les enfants déplacés à l’intérieur du pays, bloqués ou incapables de quitter les zones encerclées;

5.

rappelle l’importance de la stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant, de la garantie pour l’enfance, de la stratégie de l’UE de lutte contre la traite des êtres humains, de la stratégie de l’UE en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030, ainsi que de tous les instruments juridiques existants de l’Union, y compris la directive relative à la protection temporaire (14), pour aider les États membres à répondre aux besoins spécifiques des enfants fuyant la guerre;

6.

souligne l’importance du partage d’informations entre les États membres dans le plein respect des règles en matière de protection des données et que l’enregistrement dans un État membre soit reconnu par les autres;

7.

souligne que tout enfant a le droit d’être protégé contre la violence, l’exploitation et les abus et que les États membres de l’Union doivent veiller à l’adoption de mesures préventives, en particulier pour les enfants exposés au risque de traite et d’enlèvement, ainsi qu’au soutien des enfants qui ont été exposés à des violences et à des traumatismes; rappelle que les enfants sont généralement plus en sécurité et mieux pris en charge dans des environnements familiaux et demande dès lors un soutien accru pour les familles et des efforts en matière de réunification familiale; rappelle qu’en tout état de cause, il devrait toujours y avoir une évaluation de l’intérêt supérieur de l’enfant; demande, en outre, qu’un soutien soit apporté aux personnes ayant survécu à des violences fondées sur le genre;

8.

invite la Commission à aider les pays voisins à mettre en place des espaces adéquats et sûrs, adaptés aux enfants, avec des agents de protection de l’enfance immédiatement après la frontière, tels que les centres baptisés «points bleus» mis en place par l’UNICEF et le HCR;

9.

recommande vivement que des agents de protection de l’enfance et d’autres services critiques soient présents et disponibles aux frontières afin de repérer les vulnérabilités de ces enfants, notamment en déterminant et en enregistrant avec précision leur nationalité, leur apatridie ou leur risque d’apatridie à leur arrivée, et en les orientant vers les services adéquats, notamment les services chargés du soutien psychosocial, de l’aide à la santé maternelle, de la protection contre la violence fondée sur le genre, de la recherche des familles et de l’aide à la réunification familiale, et afin de garantir un transfert approprié vers les systèmes nationaux de protection de l’enfance afin que les enfants aient pleinement accès à tous les services de base et à des soins appropriés conformément aux normes internationales de protection de l’enfance;

10.

invite instamment toutes les parties à travailler en étroite collaboration avec les autorités ukrainiennes afin d’accélérer l’évacuation des enfants placés en institution et des enfants nécessitant des soins médicaux et à veiller à ce qu’ils soient transférés vers des structures de soins communautaires ou familiales appropriées dans les États membres afin qu’ils puissent recevoir les soins appropriés;

11.

souligne que les évacuations devraient toujours être effectuées dans le respect de mesures spéciales tenant compte de l’intérêt supérieur de l’enfant, et que leurs parents ou les personnes responsables de leurs soins devraient donner leur consentement;

12.

souligne l’importance de mettre en place une stratégie de l’Union visant à intensifier l’action humanitaire sur le terrain afin de secourir les familles et les enfants, en particulier les enfants vulnérables, y compris ceux issus de milieux socio-économiques défavorisés, ceux qui sont placés en institution et en famille d’accueil, ceux qui sont hospitalisés, ainsi que les enfants handicapés, orphelins ou non accompagnés, en particulier dans les zones de combat;

13.

se déclare préoccupé par les informations selon lesquelles des jeunes seraient toujours détenus dans des centres de détention pour migrants en Ukraine, qui courent un risque accru dans le contexte des hostilités; invite la Commission à collaborer avec les autorités ukrainiennes pour permettre la libération des jeunes migrants et demandeurs d’asile détenus dans des centres de détention pour migrants en Ukraine et pour faciliter leur évacuation en toute sécurité;

14.

se félicite de l’annonce de la Commission concernant la mise en place de la plateforme de solidarité pour l’échange d’informations sur les capacités d’accueil des États membres et le nombre de personnes bénéficiant d’une protection temporaire sur leur territoire;

15.

souligne l’importance de coopérer étroitement avec les autorités ukrainiennes et les organisations internationales et non gouvernementales compétentes afin d’enregistrer et d’identifier les enfants qui bénéficiaient d’une prise en charge en institution en Ukraine qui entrent dans l’Union afin de prévenir la traite des enfants, l’adoption illégale et d’autres abus éventuels, dans le plein respect des normes de l’Union en matière de protection des données; souligne l’importance de surveiller le bien-être et le lieu de séjour de ces enfants après leur arrivée dans l’Union;

16.

demande que les enfants non accompagnés et séparés et les enfants qui bénéficiaient d’une prise en charge en institution en Ukraine soient immédiatement inclus dans les systèmes de surveillance des services sociaux et de protection de l’enfance dans les États membres d’accueil afin de faciliter la réunification familiale si cette solution s’avère être dans leur intérêt supérieur à l’avenir et de superviser la fourniture des soins afin de garantir leur sécurité et leur protection;

17.

souligne l’importance de collecter des données désagrégées conformément aux normes de l’Union en matière de protection des données afin de recenser les groupes vulnérables en provenance d’Ukraine, notamment, mais sans s’y limiter: les enfants placés en institution, les enfants handicapés, les enfants issus des communautés roms, les enfants sans papiers et les autres enfants non ukrainiens, les enfants apatrides et les enfants menacés d’apatridie, en vue de déterminer les besoins de groupes particuliers et d’apporter un soutien à la localisation et à la réunification des enfants non accompagnés, des femmes et des victimes de la traite des êtres humains;

18.

prend acte de la plateforme d’enregistrement de l’Union, dont le but est de permettre aux États membres d’échanger des informations afin de garantir que les personnes bénéficiant d’une protection temporaire ou adéquate en vertu du droit national puissent effectivement bénéficier de leurs droits dans tous les États membres, tout en limitant les abus éventuels;

19.

prie instamment les États membres voisins de fournir aux enfants des informations qui leur sont adaptées, dans une langue qu’ils sont à même de comprendre, sur leur situation, leurs droits et les risques auxquels ils peuvent être confrontés en raison de la traite des êtres humains et d’autres formes d’exploitation; souligne que les informations fournies aux adultes devraient inclure des sections spéciales sur la traite des enfants afin d’alerter ceux qui s’en occupent et de faciliter un soutien sur mesure;

Conditions d’accueil et enfants vulnérables

20.

souligne que les enfants ont le droit et un besoin inné d’être proches de leurs parents ou d’une personne qui s’occupe d’eux en permanence; souligne qu’il importe que les frères et sœurs ne soient pas séparés et, partant, qu’il importe d’accueillir les enfants non accompagnés dans des familles et dans des communautés afin de permettre à tous les enfants de grandir non pas dans des institutions, mais dans des familles et dans des communautés, et d’éviter ainsi une séparation familiale inutile; souligne que, lorsque les enfants ne sont pas accompagnés, il convient d’accorder la priorité au placement en famille d’accueil ou à une autre forme de prise en charge de proximité et que, lorsque cela n’est pas possible, les enfants devraient être placés dans des structures distinctes de celles des adultes;

21.

invite les États membres à veiller à ce qu’un tuteur soit rapidement désigné pour tous les enfants non accompagnés à leur arrivée dans leur premier pays, indépendamment de leur nationalité ou de leur statut d’immigration, et à ce que toutes les informations fournies par le tuteur le soient d’une manière adaptée aux enfants; estime, à cet égard, que les États membres voisins devraient tirer pleinement parti du réseau européen de la tutelle existant et, lorsqu’il n’y a pas de tuteurs disponibles dans les pays d’accueil, recommande vivement la désignation de tuteurs temporaires dans le contexte frontalier afin de garantir un transfert approprié des responsabilités aux systèmes nationaux de protection de l’enfance;

22.

demande que des fonds soient mis à disposition pour la fourniture de services essentiels et vitaux en matière de santé sexuelle et génésique et de services immédiats pour les personnes ayant survécu à des violences fondées sur le genre, conformément au «service minimum initial» (MISP), en vue de prévenir et de gérer les conséquences de la violence sexuelle, de réduire la transmission du VIH, de prévenir l’excès de morbidité et de mortalité maternelle et néonatale et de planifier des services complets en matière de santé reproductive; demande la facilitation immédiate de l’accès transfrontalier aux soins de santé sexuelle et génésique et/ou au transit vers d’autres États membres de l’Union, le cas échéant, afin de surmonter les restrictions sévères dans les États membres de transit et ceux qui accueillent des réfugiés et de veiller à ce que les enfants et les jeunes fuyant l’Ukraine aient accès à des services complets en matière de santé sexuelle et génésique et à des produits sanitaires;

23.

souligne l’importance des communautés locales et des municipalités ainsi que des organisations de la société civile qui sont en première ligne pour assurer l’accueil et l’hébergement des enfants et des jeunes ainsi que pour leur donner accès à l’enseignement; invite dès lors la Commission à accélérer leur accès aux fonds européens existants;

24.

salue et reconnaît le rôle essentiel de la société civile pour assurer l’accueil, l’hébergement et l’inclusion sociale des enfants et des jeunes qui fuient la guerre, ainsi que pour leur fournir une assistance humanitaire et juridique; rappelle que les autorités ne peuvent compter uniquement sur les citoyens et les organisations de la société civile pour organiser l’accueil et la protection des enfants qui fuient l’Ukraine; souligne l’importance du contrôle exercé par les autorités des États membres dans l’accueil des enfants non accompagnés;

25.

invite la Commission à contribuer au renforcement des systèmes de protection de l’enfance dans les pays d’accueil afin d’améliorer le soutien psychologique et l’accès aux services de base, tels que l’éducation et la santé, pour les enfants qui fuient l’Ukraine, sur un pied d’égalité avec les enfants des pays d’accueil, et à mettre en place des mécanismes de relocalisation qui accordent la priorité à la réunification familiale et à la relocalisation des enfants vulnérables et autres afin de réduire la pression sur les pays voisins;

26.

souligne la nécessité de soutenir les systèmes de santé des pays d’accueil afin d’assurer la continuité des soins aux enfants et aux jeunes qui fuient l’Ukraine, notamment en fournissant des médicaments essentiels, par exemple pour les patients atteints du VIH, du cancer et de maladies rares; invite les États membres à coordonner leurs efforts avec l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé pour assurer la vaccination des enfants et des jeunes qui fuient l’Ukraine contre les maladies de base, y compris la poliomyélite, la rougeole et la COVID-19;

27.

rappelle que l’Union européenne et tous les États membres ont ratifié la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et sont donc tenus de respecter, de protéger et de garantir les droits qui y sont énoncés; prie instamment les États membres de mettre en place des mesures spécifiques pour répondre de manière adéquate aux besoins des enfants handicapés, y compris des infrastructures adéquates et des soins constants prodigués par des personnes sélectionnées;

28.

souligne qu’il est nécessaire de veiller à la prise en compte des besoins des enfants et des jeunes LGBTIQ +, notamment en prévoyant des dispositifs d’accueil ou de soins sûrs et appropriés et en veillant à ce qu’il n’y ait pas de discrimination aux points de passage frontaliers; souligne les difficultés spécifiques que rencontrent les femmes transgenres et les familles arc-en-ciel lorsqu’elles franchissent les frontières; souligne que les enfants de couples de même sexe risquent d’être séparés de l’un ou des deux parents; invite les États membres à tenir compte des partenariats de fait et des familles dans la mise en œuvre de la directive relative à la protection temporaire;

29.

se félicite de l’initiative de la Commission qui vise à mettre en place un mécanisme de solidarité pour les transferts médicaux à l’intérieur de l’Union de réfugiés et de personnes déplacées en provenance des États membres limitrophes de l’Ukraine, y compris d’enfants et de jeunes ayant besoin sans délai d’un traitement ou d’une thérapie présentant un caractère vital;

30.

invite les États membres à renforcer la ligne d’urgence unique européenne qui est en place pour les enfants disparus (116 000) et la ligne d’assistance téléphonique européenne qui fournit une assistance psychologique gratuite aux enfants et aux jeunes qui fuient l’Ukraine (116 111); insiste sur la nécessité de renforcer la coopération entre les États membres dans le cadre de la ligne d’assistance téléphonique 116 000 ainsi que l’action transfrontalière qui vise à identifier et à trouver des enfants disparus;

Réunification familiale

31.

invite les États membres à traiter les dossiers de tous les enfants qui ont fui l’Ukraine et qu'ils ont temporairement pris en charge dans le but ultime de faciliter la réunification familiale, notamment en veillant à ce que les autorités vérifient les bases de données existantes, régulièrement et dans le plein respect des normes de l’Union en matière de protection des données, y compris celles qui collectent des informations sur les enfants disparus; souligne que lorsque la réunification physique n’est pas immédiatement possible, le contact devrait être maintenu ou rétabli dans les meilleurs délais, y compris avec les frères et sœurs ou la famille élargie; estime que ces mesures doivent inclure des mécanismes solides de protection et de signalement, avec notamment l’orientation vers les services et les renvois et demandes aux systèmes nationaux de gestion des dossiers de protection de l’enfance;

32.

invite les États membres à mettre un terme aux adoptions d’enfants afin d’éviter que les enfants soient séparés davantage ou de manière permanente de leurs parents et de leur famille au détriment de leur intérêt supérieur;

Relocalisation

33.

demande la promotion de mécanismes de relocalisation, y compris des transports sûrs, rapides et coordonnés à travers les États membres pour les enfants et leurs familles déjà présents dans les États membres voisins, en particulier pour les enfants non accompagnés et les enfants handicapés qui ont besoin de soins spécifiques, en étroite coopération avec les autorités ukrainiennes et les services consulaires ukrainiens dans l’Union, lorsque cela est nécessaire pour des raisons de santé;

34.

invite la Commission à aider les États membres voisins à réaliser des évaluations individuelles de l’intérêt supérieur des enfants et, lorsqu’ils sont accompagnés d’un adulte, qu’il s’agisse d’un membre de la famille, d’un parent ou d’un parrain privé, à garantir la mise en place d’un système de vérification adéquat des familles d’accueil afin de protéger les enfants et de veiller à ce qu’ils soient transférés en toute sécurité vers leur famille d’accueil;

Intégration

35.

invite les États membres à garantir une approche coordonnée de la programmation et de la mise en œuvre des fonds de l’Union et à veiller à ce que les financements de l’Union apportent une réponse rapide et directe venant à l’aide des prestataires de services dans les pays les plus touchés, y compris la société civile et les organisations internationales; invite en outre les États membres à accélérer la mise en œuvre de ces mesures et à y consacrer toutes les ressources nationales possibles, complétées par des fonds de l’Union tels que le Fonds social européen plus, le soutien à la reprise en faveur de la cohésion et des territoires de l'Europe (REACT-EU), la facilité pour la reprise et la résilience, le Fonds européen de développement régional, InvestEU, Erasmus +, le Fonds «Asile, migration et intégration» et «L’UE pour la santé», afin de garantir aux réfugiés l’intégration socio-économique, l’égalité d’accès à des emplois de qualité, l’éducation, la formation et les soins, et la protection contre la pauvreté des enfants et l’exclusion sociale; rappelle que les États membres doivent inclure des mesures spécifiques visant à investir dans les enfants et les jeunes dans leurs plans nationaux pour la reprise et la résilience afin d’accéder au Fonds, conformément au pilier «Next Generation» de la facilité pour la reprise et la résilience et à l’action de cohésion pour les réfugiés en Europe (CARE); invite la Commission et le Conseil à fournir des ressources supplémentaires si nécessaire;

36.

reconnaît les difficultés que rencontrent les États membres pour intégrer les apprenants dans leurs systèmes d’éducation et de formation; invite instamment les États membres à intégrer rapidement les apprenants de tous âges dans les structures générales d’apprentissage formel, informel et non formel, et à fournir un soutien éducatif spécialisé aux personnes ayant des besoins supplémentaires, y compris les enfants issus de communautés marginalisées telles que les Roms, afin de limiter le décrochage scolaire et d’éviter la ségrégation dans l’éducation, qui conduit à l’exclusion sociale et à la discrimination; reconnaît que les barrières linguistiques pourraient entraver l’inscription et les résultats à l’école des enfants qui fuient l’Ukraine; invite par conséquent la Commission à aider les autorités nationales des États membres à garantir la gratuité de l’interprétation, des cours de langues spéciaux et d’autres programmes spéciaux pour recruter des enseignants ukrainiens ainsi que des enseignants parlant l’ukrainien et/ou des langues minoritaires utiles;

37.

reconnaît que les outils numériques peuvent constituer des mesures très utiles, flexibles et taillées sur mesure pour assurer rapidement une continuité éducative et un soutien supplémentaire aux enfants et aux jeunes en situation de vulnérabilité, et qu’ils devraient être pleinement conformes aux normes en matière de protection des données; invite la Commission à utiliser au mieux les outils et équipements éducatifs numériques existants, en particulier ceux mis au point en Ukraine, afin de garantir que tous les enfants puissent poursuivre leur éducation; rappelle toutefois que ces outils et équipements devraient compléter les structures physiques et souligne que l’éducation en présentiel est essentielle, en particulier dans le contexte actuel, où ces enfants et jeunes ont besoin d’un soutien psychosocial supplémentaire; demande que les pays d’accueil bénéficient d’un soutien concerté pour renforcer l’accès à des soins psychologiques adéquats de la part d’experts capables de traiter les traumatismes liés à la guerre; invite les États membres, à cet égard, à soutenir les enseignants, les formateurs et les autres membres du personnel éducatif travaillant avec des enfants traumatisés;

38.

se félicite de l’initiative de la Commission qui consiste à élargir le portail School Education Gateway pour contribuer à mettre en relation les États membres afin qu’ils commencent à partager leurs expériences et à recenser les besoins pour la poursuite de l’éducation des enfants déplacés, en faisant office de guichet unique pour coordonner le matériel éducatif entre l’Ukraine et les États membres dans la langue de l’apprenant; souligne la nécessité de tirer parti des capacités des enseignants ukrainiens qui se trouvent parmi les nouveaux arrivants en Europe;

39.

insiste sur la nécessité de reconnaître les diplômes, les qualifications et les périodes d’apprentissage, y compris pour les éducateurs et les professionnels de la santé, car ils sont essentiels à l’intégration harmonieuse dans leur nouvel environnement des enfants et des jeunes qui fuient l’Ukraine; invite instamment les États membres, compte tenu des circonstances actuelles, à faire preuve de souplesse dans les cas où des documents administratifs font défaut et à élaborer des solutions innovantes et pragmatiques combinant des options numériques et des options papier;

40.

invite instamment la Commission à suivre de près les mesures prises pour répondre aux besoins éducatifs et sociaux des enfants et des jeunes qui fuient l’Ukraine, en utilisant au mieux la collecte de données agrégées tout en garantissant le plein respect des normes de l’Union en matière de protection des données;

41.

se félicite des premières tentatives de la Commission visant à faciliter l’adaptation des programmes de financement existants de l’Union pour soutenir les jeunes, en particulier Erasmus + et le Corps européen de solidarité, et demande instamment que ces efforts soient maintenus ou renforcés en fonction de l’évolution de la situation et aussi longtemps que nécessaire; souligne qu’au titre de la garantie renforcée pour la jeunesse, tous les jeunes à partir de l’âge de 15 ans devraient recevoir une offre d’emploi, de formation, de stage ou d’apprentissage dans les quatre mois suivant la perte de leur emploi ou leur sortie de l'enseignement formel; invite en outre les États membres à mettre en œuvre la garantie renforcée pour la jeunesse afin de garantir des offres de qualité, qui assurent notamment une rémunération équitable et un accès à la protection sociale, en interdisant l’utilisation abusive des contrats atypiques et en garantissant des environnements de travail adaptés aux besoins des personnes handicapées;

42.

souligne le rôle du sport dans le processus d’intégration des réfugiés, en particulier des enfants et des jeunes, et invite les États membres à faciliter l’accès des enfants et des jeunes aux activités et manifestations sportives, ce qui les aidera à améliorer leur bien-être mental, à surmonter les traumatismes, à s’adapter à leur nouvel environnement et à créer des liens avec les communautés d’accueil;

43.

se félicite des efforts que certains pays déploient pour mettre des fonds spécifiques à la disposition de bourses d’études en faveur d’étudiants ukrainiens et demande que des efforts européens communs aient lieu à cet égard; souligne qu’il importe que tous les étudiants fuyant l’Ukraine, y compris les étudiants internationaux, puissent bénéficier de ces fonds et obtenir leurs diplômes, étant donné qu’ils se trouvent également dans une situation d’urgence; insiste sur l’importance de soutenir tous les enfants et tous les jeunes;

44.

demande à la Commission et aux États membres de rechercher et d’adopter une approche cohérente pour faire face aux défis actuels et futurs que pose la guerre en Ukraine, et de ne pas oublier les enseignements tirés de la réponse à cette guerre, mais plutôt d’y donner suite, notamment en appliquant et en mettant en œuvre la directive sur la protection temporaire afin de garantir l’accès à la protection pour les réfugiés et les demandeurs d’asile de toute origine;

45.

invite les États membres et, en particulier, les coordinateurs nationaux de l’Union au titre de la garantie européenne pour l’enfance à garantir l’accès des enfants qui fuient l’Ukraine à des services gratuits, efficaces et de qualité, sur un pied d’égalité avec les autres enfants dans les pays d’accueil, conformément à la recommandation qui consiste à assurer des mesures nationales intégrées et à tenir compte des inconvénients spécifiques; souligne que la crise de la COVID-19 et l’arrivée de réfugiés à la suite de la guerre en Ukraine peuvent aggraver la situation des enfants menacés de pauvreté et d’exclusion sociale ou des enfants qui ont besoin d’un accès à des soins de qualité; invite dès lors les États membres et la Commission à augmenter de toute urgence le financement de la garantie européenne pour l’enfance au moyen d’un budget spécifique d’au moins 20 milliards d’euros afin de lutter contre la pauvreté qui touche les enfants et leurs familles et de contribuer à l’objectif de réduction du nombre de victimes de la pauvreté d’au moins 15 millions de personnes d’ici à 2030, dont au moins 5 millions d’enfants dans tous les États membres d’ici à 2030; invite, à cet égard, tous les États membres à consacrer plus que le minimum de 5 % des ressources du Fonds social européen en gestion partagée au soutien d’activités au titre de la garantie européenne pour l’enfance;

46.

invite les États membres, dans ce contexte, à intensifier les investissements dans les emplois durables et de qualité et dans l’aide sociale aux jeunes et aux parents et à mettre en œuvre des politiques de l’emploi ciblées qui garantissent un niveau de vie décent, des salaires et des conditions de travail équitables, un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, un marché du travail inclusif et une meilleure employabilité, y compris l’enseignement et la formation professionnels; souligne qu’il convient de mettre en place des structures d’accueil gratuites pour les jeunes enfants afin de faciliter la participation des parents au marché du travail, en particulier des femmes, et de soutenir l’épanouissement social des enfants; souligne la nécessité de travailler en étroite collaboration avec les syndicats nationaux et européens afin d’aider toutes les personnes qui fuient l’Ukraine à exercer leurs droits en matière d’emploi et de droits sociaux dans les États membres;

47.

invite les États membres à garantir un logement adéquat et sûr à toutes les personnes fuyant l’Ukraine; invite les États membres à faire de la fourniture de logements permanents aux enfants et à leurs familles exposés au risque de sans-abrisme une priorité, et à prévoir des solutions de logement pour les enfants sans abri et victimes d’exclusion grave en matière de logement dans leurs plans d’action nationaux au titre de la garantie pour l’enfance; invite les États membres à veiller à ce que tous les enfants et jeunes qui fuient l’Ukraine aient accès à l’eau courante, à des installations sanitaires et d’hygiène personnelle, tant à la maison qu’à l’école;

o

o o

48.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1)  JO L 223 du 22.6.2021, p. 14.

(2)  JO C 506 du 15.12.2021, p. 94.

(3)  JO L 71 du 4.3.2022, p. 1.

(4)  JO C 41 du 6.2.2020, p. 41.

(5)  JO C 285 du 29.8.2017, p. 78.

(6)  UNICEF, Ukraine Situation: Refugee Response in Neighbouring Countries — Humanitarian Situation Report No 3 (Situation en Ukraine: action pour les réfugiés dans les pays voisins — rapport sur la situation humanitaire no 3), 23 mars 2022.

(7)  UNICEF, Ukraine Situation: Refugee Response in Neighbouring Countries — Humanitarian Situation Report No 3 (Situation en Ukraine: action pour les réfugiés dans les pays voisins — rapport sur la situation humanitaire no 3), 23 mars 2022.

(8)  Commission européenne, «Personnes fuyant l’Ukraine: soutien à l’éducation», disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/stronger-europe-world/eu-solidarity-ukraine/eu-assistance-ukraine/information-people-fleeing-war-ukraine/fleeing-ukraine-support-education_fr

(9)  UNICEF, Ukraine Situation: Refugee Response in Neighbouring Countries — Humanitarian Situation Report No 3 (Situation en Ukraine: action pour les réfugiés dans les pays voisins — rapport sur la situation humanitaire no 3), 23 mars 2022.

(10)  Cf. UNICEF, «Les enfants non accompagnés et séparés qui fuient l’escalade du conflit en Ukraine doivent être protégés», déclaration commune de la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, et du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, le 7 mars 2022, et Hope and Homes for Children, The Illusion of Protection: An Analytical Report Based on the Findings of a Comprehensive Study of the Child Protection System in Ukraine (L’illusion de la protection: rapport analytique basé sur les résultats d’une étude approfondie du système de protection de l’enfance en Ukraine), 2017, consulté à l’adresse suivante: http://www.openingdoors.eu/the-illusion-of-protection-national-audit-of-the-child-protection-system-in-ukraine

(11)  Voir le document d’information du Réseau européen sur l’apatridie, intitulé «Stateless people and people at risk of statelessness forcibly displaced from Ukraine» (Les apatrides et les personnes menacées d’apatridie déplacées de force depuis l’Ukraine), 10 mars 2022, et le document du HCR, intitulé «Stateless Persons» (Personnes apatrides), disponible à l’adresse suivante: https://www.unhcr.org/ua/en/stateless-persons

(12)  École d’économie de Kiev, «Direct damage caused to Ukraine’s infrastructure during the war has already reached almost $63 billion. Global economic losses are about $543-600 billion» («Les dommages directs causés aux infrastructures ukrainiennes pendant la guerre ont déjà atteint près de 63 milliards de dollars. Les pertes économiques globales s’élèvent à entre 543 et 600 milliards de dollars»), article disponible en ligne à l’adresse suivante: https://kse.ua/about-the-school/news/zbitki-naneseni-infrastrukturi-ukrayini-v-hodi-viyni-skladayut-mayzhe-63-mlrd/

(13)  JO C 126 I du 21.3.2022, p. 1.

(14)  JO L 212 du 7.8.2001, p. 12.


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/59


P9_TA(2022)0121

Conclusions du Conseil européen des 24 et 25 mars 2022, y compris les dernières évolutions de la guerre en Ukraine et les sanctions de l'UE contre la Russie ainsi que leur mise en œuvre

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur les conclusions du Conseil européen des 24 et 25 mars 2022, y compris les dernières évolutions de la guerre en Ukraine et les sanctions de l’Union contre la Russie ainsi que leur mise en œuvre (2022/2560(RSP))

(2022/C 434/09)

Le Parlement européen,

vu ses résolutions antérieures sur la Russie et l’Ukraine, notamment celle du 16 décembre 2021 sur la situation à la frontière ukrainienne et dans les territoires de l’Ukraine occupés par la Russie (1) et celle du 1er mars 2022 sur l’agression russe contre l’Ukraine (2),

vu les déclarations des dirigeants du Parlement européen sur l’Ukraine des 16 et 24 février 2022,

vu la déclaration du 24 février 2022 du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au nom de l’Union, sur l’invasion de l’Ukraine par les forces armées de la Fédération de Russie,

vu la déclaration du président du Conseil européen et de la présidente de la Commission du 24 février 2022 sur l’agression militaire sans précédent et non provoquée de l’Ukraine par la Russie,

vu la déclaration de Versailles du 11 mars 2022,

vu les conclusions du Conseil européen du 25 mars 2022,

vu la déclaration du 4 avril 2022 du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au nom de l’Union, sur les atrocités russes commises à Boutcha et dans d’autres villes ukrainiennes,

vu les décisions prises par le Conseil concernant des sanctions et des mesures restrictives à l’égard de la Russie, qui comprennent des mesures diplomatiques, des mesures restrictives individuelles telles que le gel des avoirs et des restrictions de déplacement, des restrictions applicables aux relations économiques avec la Crimée et Sébastopol et avec les zones non contrôlées par le gouvernement de Donetsk et de Louhansk, des sanctions économiques, des restrictions imposées aux médias et des restrictions à la coopération économique,

vu les principes de Nuremberg formulés par la commission de droit international des Nations unies, qui définissent la notion de crime de guerre,

vu le statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI),

vu la charte des Nations unies,

vu les conventions de Genève et leurs protocoles additionnels,

vu l’acte final d’Helsinki et les actes qui ont suivi,

vu la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies du 2 mars 2022 sur l’agression commise contre l’Ukraine ainsi que celle du 24 mars 2022 sur les conséquences humanitaires de l’agression contre l’Ukraine,

vu la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide,

vu l’ordonnance de la Cour internationale de justice des Nations unies du 16 mars 2022,

vu la convention européenne des droits de l’homme, le mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité, le document de Vienne et ses protocoles additionnels,

vu l’article 132, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur,

A.

considérant que selon la charte des Nations unies et les principes du droit international, tous les États jouissent de l’égalité souveraine et «s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force […] contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État»; considérant que la Fédération de Russie mène une guerre d’agression illégale, non provoquée et injustifiée contre l’Ukraine depuis le 24 février 2022 et que, le 16 mars 2022, la Cour internationale de justice a ordonné à la Fédération de Russie de «suspendre immédiatement ses opérations militaires sur le territoire ukrainien»;

B.

considérant que depuis le 24 février 2022, des milliers de civils ukrainiens ont perdu la vie ou ont été blessés lors de l’agression et de l’invasion russes, tandis que près de 6,5 millions de citoyens ukrainiens ont été déplacés à l’intérieur du pays et que plus de 4 millions de personnes ont fui vers les pays voisins, venant s’ajouter aux plus de 14 000 personnes, tant militaires que civiles, mortes au cours des huit dernières années en raison de l’occupation de la Crimée par la Fédération de Russie et du conflit qu’elle a provoqué dans l’est de l’Ukraine;

C.

considérant que la guerre en Ukraine continue de faire des victimes innocentes un mois après le début de l’agression russe; que les atrocités perpétrées par les troupes russes ont franchi un nouveau cap avec la découverte, le dimanche 3 avril 2022, de corps de civils, hommes et femmes, allongés dans les rues de Boutcha, ville inaccessible à l’armée ukrainienne depuis près d’un mois; que ces faits justifient clairement la création d’une commission internationale chargée d’enquêter sur l’ensemble des crimes commis par l’armée russe depuis le début de la guerre;

D.

considérant que l’armée russe poursuit les bombardements aveugles et les attaques aériennes contre des zones résidentielles et des infrastructures civiles telles que les hôpitaux, les écoles et les crèches, ce qui a conduit à la destruction complète ou quasi complète de Marioupol, de Volnovakha et d’autres villes et villages;

E.

considérant que l’Ukraine a jusqu’à présent fait preuve d’un niveau de résistance et de résilience inédit et qu’elle a empêché la Russie d’atteindre son objectif initial, qui était de propager la guerre à l’ensemble du pays;

F.

considérant que la Commission a proposé et annoncé de nouvelles sanctions le 5 avril 2022 et qu’elle travaille actuellement à d’autres trains de sanctions; que les premières sanctions de l’Union à l’égard de la Fédération de Russie ont été imposées en mars 2014 à la suite de l’annexion illégale de la Crimée, et que le dernier train de mesures a été adopté le 15 mars 2022 à la suite de l’invasion non provoquée et injustifiée de l’Ukraine par la Russie, lancée le 24 février 2022; que l’Union a également adopté des sanctions à l’égard de la Biélorussie pour son implication dans l’agression et l’invasion russes;

G.

considérant que les sanctions ont un effet, mais que les achats de combustibles fossiles de l’Union en Russie continuent de fournir au régime des moyens qui contribuent au financement de la guerre;

H.

considérant que l’Union verse jusqu’à 800 millions d’euros par jour à la Russie en contrepartie de la fourniture de combustibles fossiles, pour un total annuel de près de 300 milliards d’euros;

I.

considérant que près de 500 entreprises internationales ont choisi de suspendre leurs activités en Russie ou de se retirer purement et simplement du marché russe; que certaines entreprises continuent néanmoins de mener des activités en Russie comme si de rien n’était, plaçant ainsi les bénéfices tirés des opérations sur le marché russe avant la sécurité et la responsabilité sociale, et affaiblissant ce faisant les effets des sanctions et compromettant la condamnation de la Fédération de Russie par la communauté internationale;

J.

considérant que des études (3) montrent que l’interdiction des importations de combustibles fossiles russes aurait une incidence sur la croissance économique de l’Union, et se traduirait par des pertes estimées à moins de 3 % du PIB, alors que les pertes que subirait l’économie russe au cours de la même période représenteraient 30 % du PIB et contribueraient à mettre un terme à l’agression russe;

K.

considérant que Roberta Metsola, Présidente du Parlement européen, s’est adressée à la Verkhovna Rada le 1er avril 2022 et qu’elle s’est entretenue avec le président et le Premier ministre de l’Ukraine ainsi qu’avec les dirigeants des fractions politiques au nom du Parlement européen;

1.

condamne avec la plus grande fermeté la guerre d’agression menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine, ainsi que l’implication de la Biélorussie dans cette guerre, et exige que la Russie mette un terme immédiat à toutes ses activités militaires en Ukraine et retire sans condition l’intégralité de ses forces et équipements militaires de la totalité du territoire ukrainien internationalement reconnu; partage la douleur de la population ukrainienne qui subit des pertes et des souffrances indicibles;

2.

souligne que cette agression militaire et cette invasion constituent une violation grave du droit international, en particulier de la convention de Genève et ses protocoles additionnels et de la charte des Nations unies, et demande à la Fédération de Russie de se consacrer de nouveau aux responsabilités qui lui incombent en matière de maintien de la paix et de la sécurité en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et de respecter les engagements qu’elle a pris au titre de l’acte final d’Helsinki, de la charte de Paris pour une nouvelle Europe et du mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité; estime que l’attaque que constitue l’invasion russe en Ukraine n’est pas uniquement dirigée contre un pays souverain, mais aussi contre les principes et le mécanisme de coopération et de sécurité en Europe et contre l’ordre international fondé sur des règles, tel que défini par la charte des Nations unies;

3.

exprime la colère et l’indignation que lui inspirent les atrocités dont il est fait état, y compris le viol et l’exécution de civils, les déplacements forcés, le pillage et le ciblage d’infrastructures civiles, telles que les hôpitaux, les installations médicales, les écoles, les abris et les ambulances, et les tirs visant les civils qui tentent de fuir les zones de conflit en empruntant les couloirs humanitaires définis d’un commun accord, et qui ont été commises par les forces armées russes dans un certain nombre de villes ukrainiennes occupées, dont Boutcha; rappelle avec insistance que les auteurs de crimes de guerre et d’autres violations graves de droits ainsi que les représentants gouvernementaux et les chefs militaires responsables devront répondre de leurs actes; rappelle qu’en cas de crimes de guerre et de génocide, la communauté internationale est tenue d’agir et devrait utiliser tous les instruments à sa disposition; soutient pleinement l’enquête lancée par le procureur de la CPI sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, ainsi que les travaux de la commission d’enquête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme; invite les institutions de l’Union à prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre des institutions et procédures internationales, ainsi qu’auprès de la CPI ou d’autres juridictions ou tribunaux internationaux compétents, pour que les actes de Vladimir Poutine et d’Alexandre Loukachenko soient poursuivis comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et à participer activement aux enquêtes sur ces crimes; demande la création d’un tribunal spécial des Nations unies compétent pour les crimes commis en Ukraine; estime qu’il serait pertinent de tirer parti du mécanisme international, impartial et indépendant pour contribuer à toute enquête internationale sur les crimes de guerre commis en Ukraine; invite les États membres et l’Union à renforcer leur capacité à lutter efficacement contre l’impunité de ceux qui ont commis des crimes de guerre ou y ont participé;

4.

rappelle qu’il convient de poursuivre et d’intensifier les livraisons d’armes pour permettre à l’Ukraine de se défendre efficacement; réaffirme son soutien à toute aide défensive aux forces armées ukrainiennes fournie individuellement par les États membres et collectivement par l’intermédiaire de la facilité européenne pour la paix (FEP); se félicite de la décision d’augmenter de 500 millions d’euros supplémentaires l’aide apportée à l’Ukraine par l’intermédiaire de la FEP et demande une nouvelle augmentation des contributions concrètes, tant au niveau bilatéral que dans le cadre de la FEP, pour renforcer d’urgence les capacités de défense de l’Ukraine;

5.

demande la mise en place de couloirs humanitaires et de passage sûrs pour évacuer les civils qui fuient les bombardements ainsi que le renforcement des réseaux d’aide humanitaire de l’Union en Ukraine (y compris en ce qui concerne le carburant, la nourriture, les médicaments, l’approvisionnement en eau potable, les générateurs d’énergie et les campus mobiles); suggère que la Commission mette en place des programmes d’aide entre pairs pour l’Ukraine afin d’accroître l’efficacité de l’aide; invite à accorder une attention particulière à la situation des enfants, qu’il s’agisse de mineurs non accompagnés ou d’enfants qui fuient avec leurs familles, et demande que tous les enfants cherchant refuge soient avant tout traités comme des enfants et que la protection de toutes les personnes fuyant l’Ukraine soit assurée, indépendamment de leur origine sociale ou ethnique, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leurs aptitudes ou de leur statut migratoire; salue la réaction rapide et positive des États membres et des États voisins de l’Ukraine, face à l’afflux de plus de 4 millions de réfugiés fuyant la guerre; se félicite de l’activation de la directive relative à la protection temporaire (4) et demande d’encourager la mise en place de mécanismes de répartition des réfugiés entre les États membres, y compris le transport rapide et coordonné des réfugiés, en particulier pour les enfants non accompagnés et les enfants handicapés qui ont besoin de soins spécifiques;

6.

souligne que la réaction et l’engagement politique de l’Union doivent permettre d’affronter l’hostilité et être à la mesure de l’effort déployé par nos proches partenaires ukrainiens, qui luttent et se sacrifient pour les valeurs et principes européens, dont la portée s’étend au-delà de l’Union telle qu’elle est actuellement composée;

7.

exprime sa solidarité pleine et entière avec le peuple ukrainien et ses fortes aspirations à transformer son pays en un État européen démocratique et prospère; prend acte de la volonté de l’Ukraine de participer au projet européen, telle qu’exprimée dans sa demande d’adhésion à l’Union européenne présentée le 28 février 2022; demande une fois de plus aux institutions de l’Union d’envoyer un signal clair de leur engagement en faisant en sorte d’accorder à l’Ukraine le statut de candidat à l’Union européenne, conformément à l’article 49 du traité sur l’Union européenne et sur la base de ses mérites, et, dans l’intervalle, de continuer à œuvrer à son intégration dans le marché unique de l’Union, conformément à l’accord d’association; se félicite de la déclaration de Versailles du Conseil européen, qui affirme que l’Ukraine fait partie de notre famille européenne;

8.

condamne fermement la rhétorique russe fondée sur la menace voilée de l’utilisation d’armes de destruction massive par la Fédération de Russie et souligne que tout déploiement de ce type serait inacceptable et aurait de graves conséquences; condamne en outre la prise de contrôle par les forces russes d’installations et de sites nucléaires actifs ou démantelés sur le territoire ukrainien, soulignant que la bonne gestion de ces installations est une question de santé cruciale qui concerne l’ensemble de la région; souligne le rôle fondamental de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en ce qui concerne la sûreté des installations nucléaires en Ukraine; soutient l’invitation faite par les autorités ukrainiennes au Conseil de sécurité des Nations unies de prendre des mesures immédiates pour démilitariser la zone d’exclusion de la centrale nucléaire de Tchernobyl et permettre à l’AIEA de prendre immédiatement le contrôle intégral du site de la centrale nucléaire;

9.

se félicite de l’adoption rapide de sanctions par le Conseil et salue l’unité des institutions de l’Union européenne et des États membres en réponse à l’agression de la Russie contre l’Ukraine, ainsi que le niveau élevé de coordination parmi les pays du G7; invite tous les partenaires, en particulier les pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne et les pays candidats potentiels, à s’aligner sur les trains de sanctions adoptés; salue la création récente de la task force «Russian Elites, Proxies and Oligarchs» (groupe de travail sur les élites, les mandataires et les oligarques russes) qui a pour mission de coordonner les travaux de l’Union, des pays du G7 et de l’Australie en ce qui concerne les sanctions contre des oligarques russes et biélorusses; invite le Service européen pour l’action extérieure et la Commission à inciter davantage les pays qui n’ont pas encore adhéré à l’Union à prévoir des sanctions contre la Fédération de Russie, en s’appuyant sur l’influence de l’Union et l’ensemble des outils dont ils disposent à cette fin, et en apportant une aide le cas échant; déplore le non-alignement de certains pays candidats à l’adhésion à l’Union sur les sanctions de l’Union; demande la mise en place d’un plan d’action clair à l’égard des pays tiers qui facilitent le contournement des sanctions par la Fédération de Russie; demande au Conseil d’adopter de nouvelles sanctions sévères, qui soient à la mesure de l’escalade continue de l’agression russe et des atrocités choquantes commises par les forces militaires russes, qui constituent indéniablement des crimes de guerre;

10.

invite les États membres à soutenir l’envoi d’une force de maintien de la paix des Nations unies pour protéger les quinze réacteurs nucléaires en Ukraine, en étroite coopération avec la mission de l’Agence internationale de l’énergie atomique; souligne que, conformément à sa résolution 377, l’Assemblée générale des Nations unies dispose de pouvoirs de décision subsidiaires lorsque le Conseil de sécurité n’est pas en mesure de prendre des décisions adéquates en matière de maintien de la paix;

11.

invite les dirigeants de l’Union européenne et les dirigeants d’autres États à exclure la Russie du G20 et d’autres organisations de coopération multilatérale, telles que le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, INTERPOL, l’Organisation mondiale du commerce, l’Unesco et d’autres organisations, ce qui constituerait un signe clair que la communauté internationale ne reprendra pas de relations normales avec l’État agresseur;

12.

souligne que la mise en œuvre intégrale et effective des sanctions existantes dans l’ensemble de l’Union et par les alliés internationaux de l’Union doit désormais être une priorité; incite les États membres à déterminer et, si nécessaire, à créer rapidement une base juridique permettant de garantir sans délai le respect intégral et effectif des sanctions sur le territoire national; demande à la Commission et aux autorités de surveillance de l’Union de surveiller de près la mise en œuvre effective et complète, par les États membres, de toutes les sanctions imposées par l’Union et à lutter contre toute pratique de contournement;

13.

encourage vivement les États membres à veiller à ce que les sanctions nationales infligées en cas d’infraction aux sanctions imposées par l’Union soient efficaces, proportionnées et dissuasives; se félicite de l’annonce de la création d’un répertoire d’informations sur les sanctions et d’une feuille de route (comprenant des critères et un calendrier) pour passer du stade de la détection du non-respect systématique des sanctions de l’Union à celui des procédures d’infraction devant la Cour de justice de l’Union européenne;

14.

invite le Conseil à imposer de nouvelles sanctions aux personnalités publiques qui diffusent de la propagande agressive en Russie en faveur de l’agression russe contre l’Ukraine;

15.

rappelle que les recettes fiscales des plus grandes entreprises étrangères en Russie constituent une part importante du budget russe et qu’elles représentent, selon les estimations, un tiers des dépenses militaires; se félicite à cet égard des décisions prises par de nombreuses entreprises occidentales de refuser de mener des activités en Russie ou de fournir leurs produits et services dans ce pays; demande aux entreprises privées de retirer leurs investissements, de délocaliser leurs sites de production hors de la Russie et de résilier les contrats en cours; invite les grandes entreprises informatiques à restreindre considérablement ou à bloquer complètement l’accès des utilisateurs de Russie à leurs produits, services et systèmes d’exploitation;

16.

demande d’accroître l’efficacité des sanctions existantes, notamment en excluant, en coordination avec les partenaires internationaux de l’Union partageant les mêmes valeurs, les banques de la Fédération de Russie du système SWIFT et en interdisant à tout navire maritime battant pavillon russe ou enregistré, détenu, affrété ou exploité par la Russie ainsi qu’à tout navire en provenance ou à destination d’un port russe et à tout navire autrement lié à la Russie, y compris Sovcomflot, d’entrer dans les eaux territoriales de l’Union et d’accoster dans les ports de l’Union; demande l’interdiction du transport routier de marchandises en provenance et à destination des territoires de la Russie et de la Biélorussie et suggère d’étendre l’interdiction d’exportation aux livraisons qui ont fait l’objet de contrats avant l’entrée en vigueur des sanctions, mais qui n’ont pas encore été entièrement exécutées; demande que des sanctions secondaires soient prononcées à l’égard de toute entité enregistrée dans l’Union ou dans un pays tiers qui aiderait les régimes russe et biélorusse à contourner les sanctions;

17.

demande un embargo total et immédiat sur les importations russes de pétrole, de charbon, de combustible nucléaire et de gaz soit mis en place, que les projets Nordstream 1 et 2 soient totalement abandonnés, et qu’un plan visant à continuer à garantir la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Union à court terme soit présenté; engage la Commission, le Service européen pour l’action extérieure et les États membres à établir un plan d’action global pour l’Union relatif à de nouvelles sanctions et à communiquer clairement sur les lignes rouges et les étapes détaillées à suivre pour revenir sur les sanctions au cas où la Russie prendrait des mesures visant à rétablir l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues et où elle retirerait ses troupes du territoire ukrainien;

18.

souligne, une fois de plus, l’importance de diversifier les ressources, les technologies et les voies d’approvisionnement énergétiques, mais également celle d’investir davantage dans l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les solutions de stockage du gaz et de l’électricité et d’effectuer des investissements durables à long terme conformément au pacte vert pour l’Europe; souligne qu’il importe d’obtenir un approvisionnement énergétique auprès des partenaires commerciaux de l’Union au moyen des accords de libre-échange existants et futurs, afin de réduire encore la dépendance de l’Union à l’égard de la Russie, en particulier en ce qui concerne les matières premières; demande en outre que des réserves énergétiques stratégiques communes et des mécanismes d’achats énergétiques soient mis en place au niveau de l’Union dans le but d’accroître la sécurité énergétique tout en réduisant la dépendance énergétique extérieure et la volatilité des prix; demande que des travaux soient engagés en vue de la création d’une union du gaz, fondée sur des achats communs de gaz par les États membres;

19.

encourage vivement les États membres à cesser toute collaboration avec les entreprises russes sur les projets nucléaires existants et nouveaux, y compris en Finlande, en Hongrie et en Bulgarie, pour lesquels les experts russes peuvent être remplacés par des experts occidentaux, et à supprimer progressivement le recours aux services de Rosatom; recommande qu’il soit mis fin à la coopération scientifique avec les entreprises énergétiques russes, telles que Rosatom, et d’autres entités scientifiques russes concernées; exige que les sanctions prises à l’égard de la Biélorussie reflètent celles qui ont été infligées à la Russie afin de supprimer toute faille qui permettrait à Poutine d’utiliser l’aide de Loukachenko pour contourner les sanctions;

20.

demande instamment aux organisations internationales de l’énergie de revoir le rôle de la Russie dans leurs activités, y compris la suspension éventuelle des projets de coopération entre la Russie et l’AIEA, ainsi que la suspension de la participation de la Russie à des projets multilatéraux;

21.

souligne qu’il conviendrait de saisir tous les actifs appartenant aux fonctionnaires russes ou aux oligarques associés au régime de Poutine, à leurs mandataires ou à leurs hommes de paille ainsi qu’aux personnes, en Biélorussie, qui sont liées au régime de Loukachenko, et de révoquer les visas de l’Union dans le cadre d’une interdiction totale et immédiate des passeports, visas et titres de séjour dorés; souligne que les sanctions devraient viser un éventail plus large de responsables, gouverneurs, maires et membres de l’élite économique russes qui se soumettent à la politique du régime de Poutine et en bénéficient;

22.

demande que des travaux soient engagés en vue de créer un fond analogue au plan Marshall (Fonds fiduciaire de solidarité avec l’Ukraine) pour reconstruire l’Ukraine après la guerre, mettre en œuvre un vaste programme d’investissement et libérer le potentiel de croissance du pays; estime que le fonds devrait être généreux et qu’il devrait être financé, entre autres, par l’Union et par ses États membres, par les contributions des donateurs et par l’indemnisation des dommages de guerre par la Russie, y compris les avoirs russes précédemment gelés par suite de sanctions ou qui devraient être légalement confisqués conformément au droit international;

23.

demande à l’Union d’accroître rapidement la transparence financière, de combler toutes les failles permettant de dissimuler les bénéficiaires effectifs dans le cadre des négociations sur le paquet législatif relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de veiller à ce que tout argent stocké par des oligarques russes dans l’Union soit confisqué; demande, dans ce contexte, que tous les établissements financiers de pays tiers qui se livrent au blanchiment de capitaux ou le permettent soient mis sur liste noire;

24.

demande la mise en place d’un mécanisme de solidarité de l’Union permettant de faire face aux conséquences économiques et sociales entraînées par la guerre de la Russie contre l’Ukraine et par les sanctions imposées; reconnaît que des sanctions efficaces contre la Fédération de Russie et le flux de millions de réfugiés fuyant l’Ukraine à la suite de l’agression et de l’invasion russes engendrent des difficultés économiques et sociales inévitables dans l’ensemble de l’Union et de ses États membres; demande des mesures compensatoires et d’autres sources d’approvisionnement en biens et en sources d’énergie afin d’atténuer ces retombées négatives, ainsi que des mesures efficaces contre la spéculation inacceptable qui ne fait qu’aggraver la situation, notamment en tirant les leçons des mesures efficaces mises en œuvre par l’Union en réaction à la pandémie de COVID-19;

25.

se félicite des déclarations de nombreuses villes européennes signalant qu’elles ont mis fin à leurs programmes de coopération et de partenariat avec des villes et des organisations russes; invite les collectivités locales et les villes à réexaminer et à mettre un terme à leurs accords de partenariat avec les villes de la Fédération de Russie et, par ailleurs, à établir une coopération avec des villes sœurs ukrainiennes;

26.

souligne qu’il est important de veiller à ce que le secteur agricole ukrainien puisse retrouver le plus rapidement possible un fonctionnement correct, en déployant tous les efforts possibles pour préserver la saison d’ensemencement et de production à venir et en aménageant des couloirs permettant un transport sûr ainsi que l’acheminement de denrées alimentaires et de combustibles à destination et en provenance du pays; invite à ouvrir des couloirs terrestres verts permettant d’introduire en Ukraine tous les produits nécessaires au maintien de la production agricole (pesticides et engrais, par exemple) et de faire sortir de l’Ukraine tous les produits agricoles qui peuvent encore être exportés;

27.

exprime son soutien sans réserve à la décision du procureur de la CPI d’ouvrir une enquête sur les allégations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Ukraine, et souligne qu’il importe d’agir et de progresser rapidement afin d’obtenir les preuves nécessaires; demande par conséquent qu'un soutien financier et pratique soit fourni à la CPI pour son travail d’importance, par exemple en autorisant la mission de conseil de l'UE en Ukraine à lui prêter main-forte pour la documentation des preuves;

28.

invite l’Union et ses États membres à mettre en place un mécanisme mondial de sanctions contre la corruption et à adopter rapidement des sanctions ciblées contre les personnes responsables de la corruption de haut niveau en Russie et en Biélorussie;

29.

invite les États membres et la Commission à apporter leur soutien à tous les processus internationaux et nationaux légitimes permettant d’enquêter sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre présumés commis en Ukraine, afin que tous les auteurs et complices répondent de leurs actes devant les tribunaux;

30.

rappelle que la désinformation russe fait partie intégrante des efforts de guerre déployés par la Russie en Ukraine et que les sanctions de l’Union à l’égard des médias publics russes peuvent aisément être contournées par l’utilisation de réseaux privés virtuels, de la télévision par satellite et de fonctions de télévision connectée; invite la Commission et les États membres à interdire totalement les chaînes de propagande appartenant à l’État russe;

31.

demande que les exigences en matière de divulgation imposées aux établissements financiers européens soient étendues afin que les autorités compétentes puissent être informées, non seulement des dépôts mais également de tous les actifs détenus par certains citoyens russes et biélorusses; rappelle que les citoyens de l’Union peuvent utiliser l’outil de lancement d’alerte de la Commission pour signaler anonymement les cas de non-respect des sanctions passées, actuelles et prévues contre des personnes et entités russes et biélorusses; considère que la liste des sanctions individuelles devrait être étendue pour inclure les noms de tous ceux qui bénéficient actuellement, ou qui ont bénéficié dans le passé, de liens étroits avec les gouvernements russe ou biélorusse; demande à la Commission d’utiliser pleinement le cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et d’inclure la Russie et la Biélorussie dans la liste des pays à haut risque visée à l’article 9 de la quatrième directive anti-blanchiment (5); invite la Commission à proposer la création d’un organisme spécialisé chargé de surveiller l’application des sanctions financières et des autres mesures restrictives de l’Union; invite la Commission à cartographier et à publier les avoirs gelés et saisis par chaque État membre; salue les efforts déployés par la société civile et les journalistes d’investigation pour mettre au jour les biens détenus par les oligarques russes;

32.

salue la décision prise par certaines organisations internationales, en particulier dans le domaine de la culture et du sport, de suspendre la participation de la Russie; demande aux États membres de diminuer le niveau de représentation de la Fédération de Russie et de réduire le nombre d’agents diplomatiques et consulaires russes et biélorusses dans l’Union, en particulier lorsque leurs activités sont liées à l’espionnage, à la désinformation ou au domaine militaire; demande la poursuite des efforts de coordination avec les alliés transatlantiques et les partenaires partageant les mêmes valeurs, tels que ceux de l’OTAN, du G7 et de l’Organisation de coopération et de développement économiques, les membres de l’Association européenne de libre-échange, les États associés et les pays candidats; souligne que l’Union devrait réagir avec détermination lorsque des partenaires supposés ne soutiennent pas ses positions;

33.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne, au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à l’OTAN, au G7, au Conseil de l’Europe, à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, au président, au gouvernement et au parlement de l’Ukraine, au président, au gouvernement et au parlement de la Fédération de Russie, ainsi qu’au président, au gouvernement et au Parlement de la Biélorussie.

(1)  Textes adoptés de cette date, P9_TA(2021)0515.

(2)  JO C 125 du 18.3.2022, p. 2.

(3)  Notamment celles de Bachmann et al., de la Banque centrale européenne, de la Deutsche Bank Research, d’Oxford Economics, de Goldman Sachs, telles que résumées par le Conseil allemand des experts économiques (Sachverständigenrat zur Begutachtung der gesamtwirtschaftlichen Entwicklung), dans son rapport de mars 2022 intitulé «Auswirkungen eines möglichen Wegfall Russischer Rohstofflieferungen auf Energiesicherheit und Wirtschaftsleistung: Auszug aus der aktualisierten Konjunkturprognose 2022 und 2023» (Effets d’un arrêt éventuel des importations de matières premières russes sur la sécurité énergétique et les performances économiques: extrait des prévisions économiques actualisées pour 2022 et 2023).

(4)  Directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l’octroi d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil (JO L 212 du 7.8.2001, p. 12).

(5)  JO L 141 du 5.6.2015, p. 73.


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/66


P9_TA(2022)0123

Situation des droits de l'homme en Corée du Nord, notamment la persécution des minorités religieuses

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, notamment la persécution des minorités religieuses (2022/2620(RSP))

(2022/C 434/10)

Le Parlement européen,

vu ses résolutions antérieures sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC),

vu la déclaration du 25 mars 2022 des ministres des affaires étrangères du G7 et du haut représentant de l’Union sur le lancement d’un missile balistique intercontinental par la République populaire démocratique de Corée,

vu la résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies le 1er avril 2022 sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée,

vu les déclarations du vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell, du 25 mars 2022, sur le lancement d’un missile balistique intercontinental,

vu la déclaration du porte-parole pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du Service européen pour l’action extérieure du 11 janvier 2022 sur le lancement de missiles par la République populaire démocratique de Corée,

vu les sanctions les plus récentes, du 22 mars 2021, imposées par l’Union européenne pour les graves violations des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée,

vu le rapport du 1er avril 2022 du rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée,

vu les résolutions 1718 (2006), 1874 (2009), 2087 (2013), 2094 (2013), 2356 (2017), 2270 (2016), 2371 (2017), 2375 (2017) et 2397 (2017) du Conseil de sécurité de l’ONU, qui interdisent explicitement à la République populaire démocratique de Corée de procéder à des essais nucléaires,

vu la résolution sur la situation des droits de l’homme en République démocratique de Corée, que l’Assemblée générale des Nations unies a adoptée le 16 décembre 2021,

vu la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948,

vu la déclaration de 1981 sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction,

vu le rapport du 7 février 2014 de la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée,

vu la convention de 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,

vu l’article 144, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 4, de son règlement intérieur,

A.

considérant que la République populaire démocratique de Corée reste l’un des pays les plus répressifs au monde; qu’en République populaire démocratique de Corée, l’État exerce un contrôle absolu sur tous les aspects de la vie de ses citoyens, conserve un monopole absolu sur l’information et contrôle les mouvements à l’intérieur et à l’extérieur du pays ainsi que la vie sociale de ses citoyens, tout en maintenant l’obéissance de la population par la peur au moyen de menaces d’exécution, d’incarcérations, de déportations et de travaux forcés dans des centres de détention et des camps d’emprisonnement;

B.

considérant que la République populaire démocratique de Corée dispose d’un système de sécurité très étendu et structuré, qui surveille étroitement la vie de pratiquement chaque citoyen et empêche l’exercice de toute liberté fondamentale dans le pays;

C.

considérant que la commission d’enquête de l’ONU a examiné les «violations graves, systématiques et généralisées des droits de l’homme» en République populaire démocratique de Corée et a publié un rapport le 7 février 2014; que la commission d’enquête a conclu dans son rapport que la gravité, l’échelle et la nature des violations des droits de l’homme commises par Pyongyang «révèlent un État unique en son genre dans le monde contemporain»;

D.

considérant que la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée ne s’est pas améliorée depuis la publication du rapport 2014 de la commission d’enquête; que les exécutions extrajudiciaires, la torture, les violences sexuelles, l’esclavage et les détentions arbitraires perpétrées par le régime de la République populaire démocratique de Corée, notamment les persécutions fondées sur des convictions religieuses, sont permanents et systématiques; que, selon son système songbun, les pratiquants religieux appartiennent à la classe «hostile» et sont considérés comme des ennemis de l’État, méritant «la discrimination, la sanction, l’isolement, voire l’exécution»; que des documents émanant d’organisations non gouvernementales (ONG) montrent que les adeptes du shamanisme et du christianisme sont particulièrement exposés au risque de persécution;

E.

considérant que le régime s’en prend systématiquement aux croyances et minorités religieuses, notamment au chamanisme, au bouddhisme coréen, au catholicisme, au cheondoïsme et au protestantisme; que les exécutions de prêtres catholiques autochtones et de dirigeants protestants qui ne voulaient pas abjurer leur foi et qui ont été éliminés en tant qu’«espions américains» sont autant d’exemples de cette prise pour cible systématique;

F.

considérant qu’outre les violations subies par la population en général, les femmes et les filles en Corée du Nord sont potentiellement la cible d’une série d’abus sexuels et sexistes, puisque des fonctionnaires de l’État commettent des violations des droits humains ou ne les combattent pas efficacement, notamment une discrimination sexuelle et des violences sexuelles et sexistes généralisées;

G.

considérant que le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée n’autorise pas l’opposition politique, la tenue d’élections libres et régulières, la liberté des médias, la liberté religieuse, la liberté d’association, la négociation collective ou la liberté de circulation et ne respecte donc pas le principe de l’état de droit; que des informations font état de la répression sévère contre les personnes participant à des activités religieuses publiques et privées, y compris la privation arbitraire de liberté, la torture, le travail forcé et l’exécution; que les kwanliso (camps de prisonniers politiques) restent opérationnels et sont fondamentaux pour le contrôle et la répression de la population, selon le rapporteur spécial des Nations unies; que, selon le rapporteur spécial, nombre de ces violations impliquent des crimes contre l’humanité commis en République populaire démocratique de Corée, et il est urgent de mettre en place des processus concrets de responsabilisation, que ce soit au niveau national ou international;

H.

considérant que les autorités de la République populaire démocratique de Corée refusent systématiquement les droits fondamentaux des prisonniers et sont responsables d’exécutions extrajudiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées, notamment sous la forme d’enlèvements de ressortissants étrangers, en emprisonnant plus de 100 000 personnes, selon certaines sources, dans un vaste système pénal de centres de détention, de centres de rétention, de camps de travail, de camps de prisonniers politiques et de camps de rééducation, entre autres; que le régime de la République populaire démocratique de Corée impose régulièrement et systématiquement le travail forcé à une grande partie de sa population pour soutenir son économie, notamment aux personnes détenues dans les kwanliso;

I.

considérant que le régime de la République populaire démocratique de Corée a rejeté toutes les résolutions du Conseil des droits de l’homme, de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la situation des droits de l’homme sur son territoire;

J.

considérant que la pandémie de COVID-19 a été utilisée par la République populaire démocratique de Corée pour isoler davantage le pays du monde extérieur, ce qui a aggravé les violations des droits de l’homme et a eu des répercussions négatives sur la santé de sa population; que les organisations humanitaires ne sont toujours pas en mesure de retourner en République populaire démocratique de Corée; que la présence internationale limitée à l’intérieur du pays et la diminution significative du nombre de réfugiés arrivant en République de Corée rendent la documentation des violations des droits de l’homme plus difficile que jamais; que la République populaire démocratique de Corée a fermé ses frontières à tous les points de passage extérieurs afin d’éviter la propagation de la COVID-19 et n’a distribué aucun vaccin contre la COVID-19 à sa population, affirmant que le virus n’existe pas dans le pays; que, depuis le début de la pandémie, la Corée du Nord s’est encore plus isolée du reste du monde en raison de la faiblesse notoire de ses infrastructures sanitaires et du manque de vaccination de sa population; que, selon le dernier rapport du Conseil des droits de l’homme publié en mars 2022, la Corée du Nord est plus isolée que jamais en raison des fermetures prolongées à grande échelle des frontières et des restrictions de déplacement entre les villes et les régions imposées en janvier 2020; que le contrôle oppresseur de la population s’est encore renforcé;

K.

considérant que la population de la République populaire démocratique de Corée est confrontée à des décennies de sous-développement, caractérisées par des soins de santé médiocres et des niveaux élevés de malnutrition maternelle et infantile, dans un contexte d’isolement politique et économique et de pénurie de nourriture et de carburant; que l’insécurité alimentaire chronique reste très répandue et s’est probablement aggravée avec la réduction significative des échanges à la suite de la fermeture des frontières du pays; que certains segments de la population, en particulier les populations vulnérables, peuvent être confrontés à la faim et à la famine;

L.

considérant que l’Union européenne défend et promeut les droits de l’homme et la démocratie dans le monde; que les dialogues politiques entre l’Union européenne et la République populaire démocratique de Corée ont eu lieu pour la dernière fois en juin 2015; que le gouvernement chinois considère la plupart des réfugiés nord-coréens comme des migrants économiques illégaux et rapatrie certains d’entre eux s’ils sont découverts, sans tenir compte du risque de persécution à leur retour; que les Nord-Coréens en Russie risquent d’être rapatriés dans leur pays d’origine, étant donné que la police russe a toujours arrêté les Nord-Coréens à la demande de Pyongyang; que cette pratique constitue une violation directe des obligations de la Chine et de la Russie au titre de la convention des Nations unies de 1951 relative aux réfugiés et de son protocole de 1967; que de nombreuses personnes qui fuient la Corée du Nord traversent des difficultés considérables en Chine et dans les pays voisins, sans identité officielle ni statut juridique, et qu’elles sont extrêmement exposées à la traite des êtres humains, aux enlèvements et à l’exploitation sexuelle;

M.

considérant que la République populaire démocratique de Corée poursuit son programme de capacités nucléaires et de missiles balistiques, comme l’a récemment démontré l’augmentation des essais de missiles au début de l’année 2022; que l’Union a imposé des sanctions à 57 personnes et neuf entités pour avoir contribué aux programmes de la République populaire démocratique de Corée liés aux capacités nucléaires et de missiles balistiques ou à d’autres armes de destruction massive, ou pour avoir contourné les sanctions; que la prolifération des armes atomiques, chimiques et biologiques, ainsi que de leurs vecteurs, représente une menace pour la paix et la sécurité internationales; que la République populaire démocratique de Corée s’est retirée du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2003, qu’elle effectue des essais nucléaires depuis 2006 et qu’elle a officiellement déclaré en 2009 avoir mis au point une arme nucléaire, ce qui signifie que le développement de ses capacités nucléaires constitue désormais une menace nettement plus sérieuse; que, le 20 avril 2018, la République populaire démocratique de Corée a annoncé qu’elle suspendrait immédiatement les essais nucléaires et de missiles et fermerait le site de Punggye-ri qui avait été utilisé pour six essais nucléaires; que le Conseil de l’Union européenne a condamné le lancement par la République populaire démocratique de Corée d’un missile balistique intercontinental le 24 mars 2022, qui constitue une violation de la suspension des lancements de missiles balistiques intercontinentaux sur laquelle la République populaire démocratique de Corée s’était engagée et une violation des sanctions des Nations unies; que, le 22 mars 2022, l’Union a imposé un gel des avoirs et une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’Union au titre du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme à deux personnes et à une entité en République populaire démocratique de Corée;

N.

considérant que le président sortant de la République de Corée, Moon Jae-in, a proposé une déclaration de «fin de guerre» à la République populaire démocratique de Corée afin de déclarer la fin officielle de la guerre de Corée qui s’est achevée en 1953 sans traité de paix;

O.

considérant que les ministres des affaires étrangères du G7 et le haut représentant de l’Union européenne ont indiqué dans une déclaration commune que la situation humanitaire désastreuse en République populaire démocratique de Corée est le résultat du détournement par la RPDC des ressources du pays vers des programmes d’armes de destruction massive et de missiles balistiques plutôt que vers le bien-être de sa population;

1.

réitère sa ferme condamnation de la répression d’État exercée systématiquement depuis des décennies par les dirigeants suprêmes actuel et anciens et l’administration de la République populaire démocratique de Corée; demande à Kim Jong-un de mettre un terme à la politique d’extermination, de meurtres, d’esclavage, de torture, d’emprisonnement, de viols, d’avortements forcés et d’autres violences sexuelles, à la persécution pour des motifs politiques, religieux, raciaux et de genre, au transfert forcé de populations, à la disparition forcée de personnes, à l’acte inhumain de provoquer sciemment une famine prolongée et à l’impunité institutionnalisée des auteurs de ces actes; prie instamment les autorités de la République populaire démocratique de Corée de mettre un terme à leurs crimes contre l’humanité, perpétrés notamment par l’intermédiaire du système kwanliso, et d’entreprendre un processus de réforme dans le cadre duquel tous les droits de l’homme seront respectés et protégés; souligne la nécessité de démanteler le kwanliso; demande que des informations détaillées sur ces camps soient publiées et que des organes de contrôle internationaux indépendants aient la possibilité de les visiter;

2.

condamne vigoureusement l’utilisation systématique, à grande échelle, de la peine de mort en République populaire démocratique de Corée; demande au gouvernement de la République populaire démocratique de Corée de déclarer un moratoire sur toutes les exécutions, ce dans l’objectif d’abolir la peine de mort dans un avenir proche; demande à la République populaire démocratique de Corée de mettre fin aux exécutions extrajudiciaires et aux disparitions forcées, de libérer les prisonniers politiques et de permettre à ses ressortissants de se déplacer librement, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays; demande à la République populaire démocratique de Corée d’autoriser la liberté d’expression et la liberté de la presse, tant pour les médias nationaux qu’internationaux, ainsi de permettre à ses citoyens d’accéder à l’internet sans aucune censure; demande à la République populaire démocratique de Corée de cesser d’accuser de trahison les personnes qui fuient le pays et de cesser d’exiger le rapatriement en République populaire démocratique de Corée des personnes qui se sont réfugiées en Chine;

3.

encourage le gouvernement de la République populaire de Chine et le gouvernement de la Fédération de Russie, conformément à leurs obligations en tant qu’États parties à la convention des Nations unies sur les réfugiés, à ne pas priver les réfugiés nord-coréens qui franchissent la frontière chinoise et russe de leur droit de demander l’asile ou de les renvoyer de force en Corée du Nord, mais à protéger leurs droits fondamentaux; demande une nouvelle fois aux pays qui accueillent des réfugiés en provenance de la République populaire démocratique de Corée de respecter la convention de Genève de 1951 et son protocole de 1967 et de s’abstenir impérativement de coopérer sous quelque forme que ce soit avec l’administration de la République populaire démocratique de Corée en ce qui concerne l’extradition ou le rapatriement de citoyens nord-coréens;

4.

condamne les restrictions sévères imposées aux libertés de mouvement, d’expression, d’information, de réunion pacifique et d’association, ainsi que la discrimination fondée sur le système du songbun, système, institué par l’État, qui catégorise l’individu selon sa classe sociale et sa naissance et englobe notamment les opinions politiques et la religion; est profondément préoccupé par les violations systématiques de la liberté de religion et de conviction contre le chamanisme et le christianisme ainsi que d’autres religions en Corée du Nord; dénonce les arrestations arbitraires, les détentions de longue durée, la torture, les mauvais traitements, les violences sexuelles et les meurtres de personnes religieuses; prie instamment les autorités de la République populaire démocratique de Corée de cesser toute violence à l’encontre des minorités religieuses et de leur accorder le droit à la liberté de religion et de conviction, le droit d’association et le droit à la liberté d’expression; souligne la nécessité de demander des comptes aux auteurs de ces actes violents, y compris le ministère de la sécurité sociale populaire et le ministère de la sécurité de l’État, qui jouent un rôle déterminant dans la persécution des communautés religieuses;

5.

exhorte le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée de mettre un terme à son programme de travail forcé financé par l’État, dans le cadre duquel des pays étrangers ont bénéficié de dizaines de milliers de travailleurs nord-coréens dans des conditions précaires, générant ainsi une monnaie forte pour contribuer au maintien du régime; souligne qu’en pareille situation, le devoir de protéger les droits des travailleurs incombe également aux pays d’accueil, qui doivent veiller au respect des règles applicables en matière de droits de l’homme et du travailleur;

6.

se déclare particulièrement préoccupé par les conditions de détention dans l’ensemble du système pénal, notamment le refus des soins de santé, la torture et les peines et traitements cruels, inhumains et dégradants, la privation arbitraire de liberté, le travail forcé, les viols et d’autres formes de violence sexuelle, le refus du droit à la vie et à un procès équitable et les violations des droits des détenus vulnérables, y compris les femmes, les personnes handicapées et les mineurs; invite les autorités de la République populaire démocratique de Corée à veiller à ce que les observateurs indépendants des droits de l’homme aient accès au système pénal du pays et à coopérer avec eux en vue de collaborer avec les acteurs internationaux pertinents pour réformer son système pénal et son système judiciaire;

7.

condamne l’instrumentalisation de la pandémie, qui a conduit à l’imposition de nouvelles restrictions et de mesures sévères, inutiles et extrêmes que le gouvernement nord-coréen a prétendument mises en place pour protéger contre la COVID-19, mais qui restreignent encore davantage les droits à l’alimentation et à la santé, ainsi que les droits à la libre circulation et à la liberté d’expression et d’information, qui ont été intrinsèquement supprimés; salue les travaux du Comité des sanctions établi au titre de la résolution 1718, qui a rapidement approuvé toutes les demandes d’exemption de sanctions liées à la COVID-19 pour l’aide humanitaire en faveur de la République populaire démocratique de Corée; invite la République populaire démocratique de Corée à collaborer avec les organisations internationales, y compris l’initiative pour un accès mondial aux vaccins contre la COVID-19 (Covax), afin de garantir la livraison et la distribution en temps utile de vaccins contre la COVID-19 à sa population;

8.

fait part de sa vive inquiétude devant la gravité de la situation alimentaire à laquelle le pays doit faire face, et devant son incidence sur les droits économiques, sociaux et culturels de la population; demande aux autorités de la République populaire démocratique de Corée d’assurer l’accès de tous les habitants à l’aide alimentaire et humanitaire en fonction des besoins, conformément aux principes humanitaires;

9.

souligne qu’il importe de garantir l’obligation de rendre des comptes pour les crimes contre l’humanité passés et en cours; demande instamment à la République populaire démocratique de Corée de se conformer pleinement à toutes les obligations juridiques découlant des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU; invite tous les membres de l’ONU à prendre des mesures pour mettre pleinement en œuvre les sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies en vigueur; demande que des efforts soient déployés pour que la situation en République populaire démocratique de Corée soit déférée à la Cour pénale internationale ou qu’un tribunal ad hoc ou un mécanisme similaire soit mis en place pour déterminer la responsabilité pénale des fonctionnaires de l’État, y compris des plus hautes autorités; insiste sur la nécessité pour le Conseil d’adopter de fortes sanctions supplémentaires en matière de droits de l’homme dans le cadre du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme, visant les personnes identifiées comme responsables de ces violations; prend note de l’avis du rapporteur spécial des Nations unies selon lequel il convient de veiller à ce que les sanctions à l’encontre du pays n’aient pas d’incidence négative sur les droits à l’alimentation, à la santé, à l’eau et au système sanitaire, au logement et au développement, et pour prévenir toute incidence négative sur l’aide humanitaire, notamment dans le contexte de la pandémie de COVID-19;

10.

condamne fermement le lancement par la République populaire démocratique de Corée, le 24 mars 2022, d’un missile balistique intercontinental, ce qui constitue une provocation inutile et dangereuse et une violation de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et une menace grave pour la paix et la sécurité internationales et régionales; invite la République populaire démocratique de Corée à abandonner ses programmes d’armes de destruction massive et de missiles balistiques de manière complète, vérifiable et irréversible;

11.

exhorte la République populaire démocratique de Corée à entretenir des rapports constructifs avec ses interlocuteurs internationaux afin de favoriser l’amélioration concrète de la situation des droits de l’homme sur le terrain, notamment grâce à des dialogues, à des visites officielles et à l’approfondissement des relations interpersonnelles;

12.

continue de soutenir un règlement pacifique du conflit dans la péninsule coréenne, qui devrait impliquer la dénucléarisation et l’amélioration de la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée; invite le Service européen pour l’action extérieure et les États membres de l’Union à soutenir les structures des Nations unies et les organisations de la société civile afin de garantir l’obligation de rendre des comptes pour les crimes commis, grâce à la collecte continue de preuves et à la documentation des violations passées et actuelles des droits de l’homme dans le pays, en vue de mettre un terme à l’impunité des graves violations des droits de l’homme commises en République populaire démocratique de Corée;

13.

salue la reconduction du mandat du rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée; regrette que le bureau local du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) de Séoul reste en sous-effectif et prie instamment les membres de l’ONU et du HCDH de soutenir le mécanisme et de veiller à ce qu’il dispose de tous les effectifs et ressources nécessaires;

14.

recommande de progresser sur la voie de la réconciliation et de mettre en place une procédure de recours appropriée; invite les États concernés à publier une «déclaration de fin de guerre» afin de mettre un terme au conflit militaire non résolu;

15.

se félicite du régime de sanctions de l’Union, ainsi que de la volonté déclarée de l’Union de soutenir tout processus diplomatique constructif; encourage l’Union et les États membres à élaborer une stratégie complétant le régime de sanctions de l’Union, conformément à la stratégie globale de l’Union, et tenant compte de la reprise du dialogue politique avec la Corée du Nord lorsque le moment sera venu, en vue d’intégrer les droits de l’homme, la dénucléarisation et les initiatives de paix dans son engagement avec la République populaire démocratique de Corée;

16.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme, au gouvernement et au parlement de la République populaire démocratique de Corée, au gouvernement et au parlement de la République de Corée, au gouvernement et au parlement de la République populaire de Chine, au gouvernement et au parlement des États-Unis, au gouvernement et au parlement de la Fédération de Russie, au gouvernement et au parlement japonais, au rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée et au secrétaire général des Nations unies.

15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/71


P9_TA(2022)0124

Situation de l’état de droit et des droits de l’homme dans la République du Guatemala

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la situation de l’état de droit et des droits de l’homme dans la République du Guatemala (2022/2621(RSP))

(2022/C 434/11)

Le Parlement européen,

vu ses résolutions antérieures sur le Guatemala, notamment celle du 14 mars 2019 sur la situation des droits de l’homme au Guatemala (1),

vu les déclarations du porte-parole du vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) du 11 février 2022 sur la situation de l’état de droit au Guatemala et du 23 mars 2022 sur la détérioration de l’état de droit au Guatemala,

vu l’accord établissant une association entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et l’Amérique centrale, d’autre part (2), en particulier sa clause relative aux droits de l’homme,

vu les orientations de l’Union européenne concernant les défenseurs des droits de l’homme,

vu le rapport du 28 février 2022 de la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme sur la situation des droits de l’homme au Guatemala,

vu la déclaration du 11 février 2022 communiquée par le porte-parole du secrétaire général des Nations Unies sur le Guatemala,

vu la déclaration de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) du 22 février 2022 dans laquelle elle se déclare préoccupée par les nouvelles violations de l’indépendance de la justice au Guatemala, et celle de la CIDH et du rapporteur spécial des Nations unies du 9 mars 2022 sur l’indépendance des juges et des avocats exhortant le Guatemala à garantir l’indépendance et l’impartialité lors de la nomination du nouveau procureur général du pays,

vu la déclaration universelle des droits de l’homme et les conventions des Nations unies relatives aux droits de l’homme, ainsi que les protocoles facultatifs s’y rattachant,

vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966,

vu la constitution du Guatemala,

vu l’article 144, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 4, de son règlement intérieur,

A.

considérant que le Guatemala est un partenaire important pour l’Union européenne, dont il partage les valeurs, comme en témoignent le rôle clé du pays dans l’intégration régionale en Amérique centrale tout au long de sa présidence intérimaire du système d’intégration régionale d’Amérique centrale, le développement de la coopération commerciale UE-Guatemala, la solidarité du pays avec l’Ukraine et l’Europe et sa ferme condamnation de l’invasion russe de l’Ukraine, son rôle actif dans les enceintes internationales ainsi que le dialogue constructif avec l’ambassade du Guatemala à Bruxelles dans le cadre de la délégation du Parlement européen pour les relations avec les pays d’Amérique centrale;

B.

considérant qu’en 2019, le gouvernement de la République du Guatemala a décidé unilatéralement de mettre fin au mandat de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), active depuis 12 ans dans le pays; qu’au cours de la période de collaboration entre les autorités et la CICIG, le Guatemala a fait montre de progrès constants dans la poursuite des affaires de droits de l’homme et de corruption;

C.

considérant que, depuis lors, le Guatemala a connu un processus continu de cooptation institutionnelle et de démantèlement de l’état de droit, l’obstruction et le harcèlement systématiques des juges et des procureurs dans leur travail légitime, des campagnes de dénigrement, des arrestations et des intimidations à l’encontre des professionnels de la justice, en particulier ceux de la CICIG, du bureau du procureur des droits de l’homme et du bureau du procureur spécial contre l’impunité (FECI), ainsi qu’une augmentation de la fréquence et de l’intensité des agressions à l’encontre des organisations de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que la criminalisation de ces organisations;

D.

considérant que les procureurs chargés de la corruption et de la criminalité organisée impliquant des hauts fonctionnaires et des chefs d’entreprise ont vu leurs travaux érigés en infractions pénales dans le cadre de nombreuses procédures judiciaires par le truchement de plaintes devant le conseil de discipline judiciaire et de procès préliminaires, soutenus par le ministère public du Guatemala, afin qu’ils soient arrêtés ou que leur immunité judiciaire soit levée; que la multiplication de ces procédures judiciaires contre des juges, des procureurs et des avocats indépendants est alarmante, de même que l’absence de réaction rapide et efficace ainsi que de mesures de protection;

E.

considérant que les menaces, le harcèlement et le risque de détention arbitraire ont conduit plus de 20 juges à annoncer leur exil du Guatemala afin de protéger leur sécurité et leur intégrité physique et psychologique et d’éviter les représailles de la part des autorités de l’État guatémaltèque; que les cas de la juge Erika Aifán, des anciennes procureures générales Claudia Paz et Thelma Aldana, et de Juan Francisco Sandoval, qui a dirigé la FECI, ne sont que quelques exemples de harcèlement à l’encontre d’acteurs du système judiciaire au Guatemala;

F.

considérant que l’article 203 de la constitution du Guatemala souligne que la fonction judiciaire doit être exercée exclusivement par la Cour suprême de justice et d’autres tribunaux prévus par la loi; considérant l’absence de progrès dans l’élection des juges aux sièges vacants à la Cour suprême et à la Cour d’appel; considérant que cette année, le président et le Congrès pourvoiront trois postes clés: le procureur général, le médiateur des droits de l’homme et le contrôleur général;

G.

considérant que le nouveau procureur général de la République du Guatemala sera élu en mai 2022; que la constitution du Guatemala dispose que la nomination du procureur général s’effectue par l’intermédiaire d’une commission de nomination composée du président de la Cour suprême, des doyens de l’école de droit, des membres du barreau et de membres de la société civile; qu’en septembre 2021, la procureure générale de la République du Guatemala et candidate à sa propre réélection, María Consuelo Porras, ainsi que le secrétaire général du ministère public, Angel Pineda, ont été inscrits par le département d’État américain sur la liste Engel en tant qu’acteurs corrompus et non démocratiques faisant obstacle à la poursuite pénale des affaires de corruption; que le procureur général a un rôle fondamental à jouer pour garantir l’état de droit, la protection et la défense des droits de l’homme ainsi que la lutte contre la corruption et l’impunité;

H.

considérant que la Commission interaméricaine des droits de l’homme et le rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats ont formulé plusieurs recommandations en vue de procéder à une réforme constitutionnelle concernant les procédures d’élection du procureur général et des juges des hautes juridictions du pays, conformément aux normes internationales d’indépendance et d’impartialité;

I.

considérant que le gouvernement guatémaltèque s’est efforcé de mettre en œuvre des politiques favorisant la transparence, la lutte contre la corruption et la lutte contre l’impunité grâce à la création du comité présidentiel contre la corruption et du comité présidentiel pour la paix et les droits de l’homme, qui devraient produire des résultats concrets;

J.

considérant que, selon Transparency International, le Guatemala a perdu 59 places dans l’indice de perception de la corruption au cours de ces dix dernières années, passant du 91e rang (2010) au 150e, sur 180 pays;

K.

considérant que le décret 4-202, connu sous le nom de loi sur les ONG, entré en vigueur en février 2022, vise à restreindre les activités des ONG, à renforcer le contrôle du gouvernement et à ouvrir la voie à la dissolution des ONG qui ne respectent pas les exigences administratives;

L.

considérant que la violence et l’extorsion par de puissantes organisations criminelles demeurent de graves problèmes au Guatemala et que la violence liée aux gangs est un facteur important qui pousse les gens à quitter le pays;

M.

considérant qu’en 2021, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a recensé 103 attaques contre des défenseurs des droits de l’homme et six assassinats, ainsi que 33 attaques contre des journalistes; que les défenseurs de l’environnement et des terres, les peuples et communautés autochtones et les défenseurs des droits des femmes sont confrontés à de graves menaces; que le HCDH souligne l’augmentation de l’utilisation abusive du droit pénal par des acteurs étatiques et non étatiques à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes afin de les pénaliser ou d’entraver l’exercice légitime de leur travail;

N.

considérant que les peuples autochtones sont toujours confrontés à de multiples formes de discrimination et d’inégalités économiques et sociales; qu’il est nécessaire de renforcer la relation de confiance entre les institutions publiques et les peuples autochtones par la mise en œuvre de mesures de protection et de réalisation de leurs droits, y compris le droit au consentement préalable, libre et éclairé;

O.

considérant que les violences sexistes et sexuelles à l’égard des femmes et des filles sont des problèmes très répandus et profondément enracinés; que, le 8 mars 2022, le Congrès guatémaltèque a approuvé le décret 18-2022, appelé «loi pour la protection de la vie et de la famille», qui criminalise l’avortement en toutes circonstances, avec des peines de prison allant de 5 à 25 ans, et interdit la diversité de genre et l’éducation sexuelle dans les écoles; qu’à la suite de nombreuses manifestations au niveau national et international, le président a exprimé son intention de s’opposer au décret et que, le 15 mars 2022, le Congrès guatémaltèque a voté en faveur de la suspension de la loi controversée;

P.

considérant que le Guatemala affiche l’un des taux d’inégalité les plus élevés et certains des taux de pauvreté, de malnutrition et de mortalité maternelle et infantile les plus élevés de la région; que le Guatemala se classe sixième dans le monde en ce qui concerne la malnutrition chronique;

Q.

considérant que l’Union reste l’un des principaux partenaires de coopération du Guatemala, avec 152 millions d’EUR alloués au titre de la période de programmation de l’instrument de financement de la coopération au développement (2014-2020), axés sur la sécurité alimentaire, la lutte contre la corruption, la paix et la sécurité et la compétitivité;

R.

considérant qu’Aura Lolita Chávez, militante guatémaltèque autochtone engagée pour la protection de l’environnement et finaliste pour la remise du prix Sakharov 2017 du Parlement européen, a quitté son pays après avoir subi de graves agressions, des menaces de mort et des actes de diffamation, et qu’elle ferait l’objet de diverses poursuites judiciaires en cas de retour; que sa sécurité juridique et physique devrait être garantie si elle décide de retourner dans son pays;

1.

s’inquiète de la détérioration de l’état de droit au Guatemala et des actions en justice intentées par la Cour suprême de justice et le procureur général à l’encontre de juges, d’avocats et de procureurs indépendants qui enquêtent sur des structures criminelles liées à des hauts fonctionnaires de l’État et à des propriétaires d’entreprises ou engagent des poursuites en la matière;

2.

condamne la criminalisation, la détention, les campagnes médiatiques visant à discréditer, les menaces et les actes de harcèlement dont sont victimes les opérateurs judiciaires qui poursuivent des affaires de corruption et luttent contre l’impunité, ainsi que ceux visant des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes; demande instamment aux autorités guatémaltèques de mettre un terme à ces actions ainsi que de défendre l’état de droit et le plein respect de l’indépendance des branches du pouvoir en tant qu’éléments clés de la lutte contre l’impunité et la corruption;

3.

invite les autorités guatémaltèques à mener des enquêtes immédiates, approfondies et impartiales sur les menaces, les actes de harcèlement et les campagnes de stigmatisation à l’encontre des fonctionnaires de la justice et des acteurs de la société civile, afin d’identifier les responsables et de les traduire devant des tribunaux compétents, indépendants et impartiaux;

4.

demande aux autorités guatémaltèques de prendre d’urgence les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et l’intégrité des juges, des procureurs, des avocats — y compris les anciens avocats de la CICIG — et des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que des personnes détenues, et à préserver leur droit à un procès équitable; presse les autorités de garantir le retour en toute sécurité des personnes contraintes de quitter le pays par crainte pour leur sécurité;

5.

rappelle le caractère indispensable de canaux de dialogue renforcés et effectifs dans le cadre des institutions guatémaltèques afin de promouvoir les valeurs démocratiques, l’état de droit et le respect des droits de l’homme;

6.

réaffirme que le processus de sélection et de nomination des juges doit être transparent et participatif et que les candidats devraient être sélectionnés sur la base de leurs mérites et de leurs antécédents avérés en matière de respect des droits de l’homme, conformément aux normes internationales et à la constitution du Guatemala; invite les autorités guatémaltèques, en ce sens, à garantir l’élection équitable des juges, notamment l’élection du procureur général et du médiateur des droits de l’homme;

7.

observe que l’adoption d’une législation restrictive telle que la loi sur les ONG peut contribuer au démantèlement du système de protection des défenseurs des droits de l’homme et, partant, renforcer l’impunité; appelle de ses vœux l’abrogation de ces mesures;

8.

prie instamment le gouvernement guatémaltèque de prendre les mesures nécessaires pour renforcer la législation et les politiques visant à protéger les défenseurs des droits de l’homme, y compris les défenseurs de l’environnement et les journalistes, et d’élaborer une politique publique de protection des défenseurs des droits de l’homme, conformément à un arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l’homme de 2014 et à l’engagement pris par le Guatemala lui-même devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies en 2018; recommande au gouvernement guatémaltèque de ratifier l’accord d’Escazú;

9.

se félicite de la création, par les autorités guatémaltèques, du comité présidentiel contre la corruption et du comité présidentiel pour la paix et les droits de l’homme, en tant que piliers essentiels du plan national du gouvernement pour l’innovation et le développement, et en vue de mettre en œuvre des politiques favorisant la transparence, la lutte contre la corruption et la lutte contre l’impunité; demande instamment à ces comités de parvenir à des résultats concrets;

10.

encourage le gouvernement guatémaltèque à poursuivre sa coopération avec l’ensemble des Nations unies et des mécanismes régionaux en matière de droits de l’homme afin de faire progresser la promotion et la protection des droits de l’homme dans le pays; recommande au gouvernement guatémaltèque de renouveler le mandat du HCDH au Guatemala pour une durée raisonnable;

11.

se félicite des mesures prises par les ambassades des États membres de l’Union européenne et la délégation de l’Union européenne au Guatemala en ce qui concerne les mesures de protection des défenseurs des droits de l’homme; invite la Commission à étendre considérablement et à mettre en œuvre plus activement les mesures de protection, y compris en élargissant l’observation des audiences des défenseurs des droits de l’homme dont les travaux ont été érigés en infractions pénales, en particulier les défenseurs de l’environnement et des femmes, en renforçant, entre autres, son soutien aux organisations indépendantes de la société civile;

12.

demande à l’Union et à ses États membres d’utiliser les mécanismes prévus dans les accords d’association et de dialogue politique et de coopération pour encourager vivement le Guatemala à mettre en œuvre un programme ambitieux en matière de droits de l’homme et à lutter contre l’impunité en vue d’améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays;

13.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Service européen pour l’action extérieure, au représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à l’Organisation des États américains, à l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine, au président, au gouvernement et au parlement de la République du Guatemala, au secrétariat d’Amérique centrale pour l’intégration économique et au Parlement d’Amérique centrale.

(1)  JO C 23 du 21.1.2021, p. 92.

(2)  JO L 346 du 15.12.2012, p. 3.


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/75


P9_TA(2022)0125

Intensification de la répression en Russie, y compris le cas d'Alexeï Navalny

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la répression croissante en Russie, y compris le cas d’Alexeï Navalny (2022/2622(RSP))

(2022/C 434/12)

Le Parlement européen,

vu ses résolutions antérieures sur la Russie,

vu la charte des Nations unies, la déclaration universelle des droits de l’homme, la convention européenne des droits de l’homme, le pacte international relatif aux droits civils et politiques et la déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme,

vu la Constitution de la Fédération russe,

vu les déclarations du vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) Josep Borrell, du 28 mars 2022, sur le journal indépendant russe Novaïa Gazeta,

vu la déclaration du haut représentant, au nom de l’Union, du 22 mars 2022 sur la décision de prolonger de neuf années supplémentaires la peine d’emprisonnement d'Alexeï Navalny motivée par des considérations politiques,

vu la déclaration du commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe du 24 mars 2022 dans laquelle il se félicite du travail courageux des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme, y compris ceux de la Fédération de Russie et de la Biélorussie,

vu la déclaration du représentant pour la liberté des médias de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe du 3 mars 2022 sur la violation grave du droit à la liberté d’expression et à la liberté des médias en Russie dans le contexte de l’attaque militaire perpétrée par ce pays contre l’Ukraine,

vu les déclarations de la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme sur les dernières évolutions en Russie et en Ukraine,

vu l’article 144, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 4, de son règlement intérieur,

A.

considérant que la Fédération de Russie a violé à plusieurs reprises le droit international et ses engagements internationaux et qu’elle a lancé une guerre d’agression illégale, non provoquée et injustifiée contre l’Ukraine et a perpétré des massacres contre ses citoyens; que les restrictions législatives, les interdictions des médias, la criminalisation des reportages indépendants et de la liberté d’opinion, ainsi que d’autres poursuites politiques, ont atteint une ampleur totalitaire ces derniers mois, ce qui a entraîné la désintégration d’un espace civil indépendant et pluraliste en Russie;

B.

considérant que le régime russe a intensifié, comme jamais auparavant, sa répression à l’encontre des manifestants pacifiques, des journalistes et des blogueurs indépendants, des défenseurs des droits de l’homme et des militants de la société civile afin de réduire au silence toute critique et opposition à l’égard de son agression militaire illégale, non provoquée et injustifiée contre l’Ukraine; que des milliers de personnes ont fui la Russie en raison du risque considérablement accru d’arrestations et de poursuites arbitraires; que cette répression a eu un effet dévastateur sur la vie et les libertés des minorités, des personnes LGBTQI+, des femmes et de toutes les personnes considérées par le gouvernement et la société comme s’écartant des règles et attentes comportementales ou normatives imposées ou pour avoir critiqué le régime et les politiques des autorités russes;

C.

considérant que les droits de l’homme fondamentaux, y compris la liberté d’association et la liberté d’expression, sont inscrits dans la Constitution de la Fédération de Russie ainsi que dans de nombreux instruments juridiques internationaux que la Russie s’est engagée à respecter; que les autorités russes sont responsables d’années de campagnes systématiques de propagande contre l’Ukraine, l’Europe et les valeurs démocratiques libérales, qui ont abouti à l’éradication de tous les vestiges d’une société civile dynamique, politiquement active et indépendante;

D.

considérant que, depuis le 24 février 2022, les autorités russes ont détenu arbitrairement plus de 15 400 manifestants pacifiques contre la guerre dans tout le pays, soumettant certains d’entre eux à de mauvais traitements graves et à d’autres violations des droits de l’homme; que plus de 60 affaires pénales ont déjà été engagées depuis lors;

E.

considérant que de nombreuses lois imposées au cours des dernières années, telles que la loi sur les «agents étrangers» et ses variations, la réglementation et le jugement des «organisations extrémistes» et d’innombrables décrets de l’autorité de régulation chargée de la surveillance des médias (Roskomnadzor) ont été utilisés par les autorités russes pour exercer une répression axée sur la société civile indépendante et les médias actifs en Russie, ciblant en particulier les organisations non gouvernementales (ONG), les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes, les avocats, ainsi que les droits des femmes, les personnes LGBTQI+ et les défenseurs de l’environnement, ainsi que les militants des minorités ethniques et culturelles; que l’imposition de l’ensemble de cette législation, de la réglementation et des charges judiciaires et administratives oblige les acteurs de la société civile à refuser les financements étrangers, à s’autocensurer et à réduire leur visibilité publique et leurs activités par crainte de représailles de l’État;

F.

considérant que, le 4 mars 2022, le Parlement russe a modifié le code pénal afin d’infliger une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour avoir diffusé de prétendues «fausses» informations sur la guerre en Ukraine; que, le 22 mars 2022, la loi a été élargie afin d’ériger en infraction pénale le partage de «fausses informations» sur toutes les activités des organes officiels russes à l’étranger; que, le 4 mars 2022, la Douma russe a interdit les manifestations contre la guerre en Ukraine; que les réformes juridiques russes ont mis en place des infractions administratives et pénales pour les ressortissants et les entités juridiques russes qui appellent à des sanctions internationales contre l’État russe, ses ressortissants ou toute entité juridique russe;

G.

considérant que les autorités russes ont contraint plusieurs médias indépendants à suspendre leurs activités, à fermer ou à déplacer leurs activités à l’étranger, tout en bloquant l’accès à d’autres médias dans le contexte d’une censure, d’un contrôle et d’un isolement croissants sur l’internet, privant ainsi la population russe d’informations impartiales sur la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et les crimes de guerre qui y sont commis au nom de la Fédération de Russie; qu’il s’agit notamment de la station de radio Écho de Moscou, de la chaîne de télévision Dojd et du journal Novaïa Gazeta; que les autorités ont bloqué les médias sociaux étrangers en Russie et ont inscrit Meta, la société mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, sur la liste noire, en la qualifiant d’«extrémiste»;

H.

considérant que depuis le début de la guerre russe en Ukraine, des centaines de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme, de militants et autres ont quitté la Russie en raison du risque considérablement accru d’arrestations et de poursuites arbitraires, notamment après que le président Poutine a qualifié les opposants à la guerre de «traîtres nationaux» et de «cinquième colonne»;

I.

considérant que, le 16 mars 2022, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a décidé de révoquer, avec effet immédiat, l’adhésion de la Fédération de Russie au Conseil de l’Europe; que la Fédération de Russie, pour sa part, a décidé de quitter le Conseil de l’Europe le 15 mars 2022, privant les citoyens russes de la protection inscrite dans la convention européenne des droits de l’homme et leur refusant l’accès à des recours juridictionnels devant la Cour européenne des droits de l’homme;

J.

considérant qu’Alexeï Navalny, avocat russe, homme politique de l’opposition, militant anticorruption et lauréat du prix Sakharov 2021, a été arrêté en janvier 2021 et est en prison depuis février 2021, où il purge une peine arbitraire et motivée par des considérations politiques et où il a été soumis à plusieurs reprises à la torture et à des traitements inhumains; que l’Union européenne a condamné avec la plus grande fermeté l’empoisonnement et l’emprisonnement pour raisons politiques d’Alexeï Navalny, a imposé des sanctions ciblées et continue d’exiger une enquête indépendante sur son empoisonnement;

K.

considérant que, le 22 mars 2022, le tribunal de Lefortovski de Moscou, à la suite d’une session extraordinaire organisée dans un camp de prison et donc en dehors des installations judiciaires ordinaires, a condamné Alexeï Navalny à une peine d’emprisonnement de neuf ans dans une prison de haute surveillance et lui a infligé une amende administrative de 1,2 million de RUB (environ 12 838 EUR); que cet arrêt est clairement contraire au droit international et à la Constitution russe et qu’il est aussi illégal, arbitraire et motivé par des considérations politiques que l’arrêt précédent;

L.

considérant qu’un certain nombre de militants ont été menacés ou soumis à des arrestations et à des poursuites pour avoir soutenu Alexeï Navalny ou travaillé avec lui ou pour avoir soutenu ses idées, comme la stratégie de vote intelligent; qu’ils ont été accusés et poursuivis pour ce soutien à travers l’application rétroactive de nouvelles lois ou de nouvelles décisions administratives sur la base de leurs déclarations sur les médias sociaux, et qu’un grand nombre d’entre eux ont quitté la Russie après avoir fait l’objet de poursuites pénales; que la Fondation anticorruption d’Alexeï Navalny a été qualifiée d’«extrémiste»;

1.

condamne la répression interne exercée par le régime russe, qui s’est aggravée à la suite de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; demande instamment aux autorités russes de mettre un terme au harcèlement, à l’intimidation et aux attaques contre tous les manifestants anti-guerre, les organisations indépendantes de la société civile, les ONG, les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes, les avocats, ainsi que les militants qui s’occupent des droits des femmes, des personnes LGBTQI+ et de l’environnement en Russie; exprime sa solidarité avec les forces démocratiques en Russie engagées en faveur d’une société ouverte et libre, et affirme son soutien à toutes les personnes et organisations qui sont la cible d’attaques et de répression;

2.

condamne la position idéologique néo-totalitaire et impérialiste défendue par le gouvernement russe et ses propagandistes; souligne que l’agression contre la démocratie et le mépris des droits d’autres nations ont ouvert la voie au despotisme, à l’agression internationale et aux crimes de guerre de la Russie; souligne qu’une Russie non démocratique constitue une menace constante pour la sécurité et la stabilité de l’Europe;

3.

déplore la législation russe, y compris en ce qui concerne les «agents étrangers», les modifications apportées au code pénal le 4 mars et le 22 mars 2022 et la loi sur les médias de masse, qui sont utilisées pour se livrer à un harcèlement judiciaire à l’encontre des voix dissidentes dans le pays et à l’étranger et pour saper l’indépendance des médias; souligne que ces évolutions sont en contradiction flagrante avec les engagements pris volontairement par la Russie en vertu du droit international et inscrits dans sa propre Constitution;

4.

dénonce la censure permanente et croissante de la part des autorités russes, y compris de l’internet, et les prie instamment de mettre immédiatement un terme à leur contrôle et à leur censure;

5.

condamne le comportement des autorités russes, qui persécutent les mères de soldats russes et leurs organisations établies, privent les parents russes d’informations sur la localisation de leurs enfants et refusent de coopérer avec les autorités ukrainiennes pour la restitution des dépouilles de soldats russes tués au combat;

6.

condamne le rôle du patriarche Cyrille de Moscou, chef de l'Église orthodoxe russe, pour avoir fourni une couverture théologique à la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine; loue le courage des 300 prêtres de l'Église orthodoxe russe qui ont signé une lettre condamnant l'agression, pleurant le calvaire du peuple ukrainien et demandant «d'arrêter la guerre»;

7.

condamne fermement l’emprisonnement du lauréat du prix Sakharov Alexeï Navalny et réitère son appel en faveur de sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que celle des centaines d’autres citoyens russes détenus sans aucun fondement au seul motif qu’ils ont eu le courage de manifester en faveur de la démocratie et de la paix ou pour améliorer leurs droits, y compris le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique; invite les autorités russes à améliorer les conditions dans les prisons et les centres de détention afin de respecter les normes internationales; estime que la situation humanitaire, la santé et la sécurité d’Alexeï Navalny sont une préoccupation prioritaire pour l’Union; invite les autorités russes à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir pleinement ses droits pendant sa détention illégale; condamne le fait que le procès contre Alexeï Navalny n’ait pas respecté son droit à un procès équitable et réitère son appel en faveur d’une enquête transparente sur l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, sans tarder;

8.

estime que la répression exercée à l’encontre d’Alexeï Navalny, de ses partisans, des médias et de la société civile s’inscrit dans le cadre d’un prélude à la guerre d’agression criminelle menée par la Russie et réaffirme que le pluralisme politique et la liberté des médias constituent les meilleures garanties et obstacles à l’agression internationale par un gouvernement non démocratique; estime que nos efforts visant à soutenir la liberté d’opinion et la liberté des médias pour les citoyens russes font partie intégrante de nos efforts pour lutter contre la guerre et l’agression en Ukraine;

9.

condamne fermement les décisions des tribunaux russes ayant conduit à la fermeture du Memorial international et du Centre des droits humains «Memorial», qui constituent ensemble l’une des organisations de défense des droits de l’homme les plus anciennes et les plus éminentes de Russie, lauréate du prix Sakharov; condamne les mises en garde continues de Roskomnadzor contre Novaïa Gazeta concernant la censure et les violations présumées de la loi sur les «agents étrangers», qui ont entraîné l’annonce par le journal de la cessation de ses activités jusqu’à la fin de la guerre en Ukraine; déplore également la demande du procureur général russe visant à ce que Roskomnadzor limite l’accès à Écho de Moscou et à Dojd en raison de leur couverture de la guerre en Ukraine; salue le rôle joué par ces médias, ainsi que par tant d’autres organisations indépendantes et organes de presse qui ont depuis été fermés, dans la découverte de la vérité et la communication de faits sur les crimes commis par le régime soviétique et le gouvernement russe, ainsi que leur engagement en faveur des droits de l’homme; demande qu’il soit mis fin à la répression systématique des institutions journalistiques et des médias indépendants, qui constituent les piliers fondamentaux de la liberté et de la démocratie;

10.

invite le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à enquêter pleinement et de toute urgence sur les violations du droit à l’information et à la liberté d’expression commises par le régime russe;

11.

exprime sa profonde inquiétude quant à la manière dont la répression à l’encontre de la société civile russe, des défenseurs des droits de l’homme, des militants des droits des femmes, des militants de la santé et des droits sexuels et génésiques et des communautés LGBTQI+ aggrave encore la situation de groupes déjà vulnérables et déjà ciblés dans le pays;

12.

rappelle que le travail libre et indépendant des organisations de la société civile et des médias est une pierre angulaire d’une société démocratique; demande par conséquent à la Russie de mettre en place un cadre juridique clair ainsi qu’un environnement sûr pour les organisations de la société civile, les manifestants, les médias et les acteurs politiques, conformément à la Constitution russe et aux obligations internationales, ainsi qu’aux normes internationales en matière de droits de l’homme, pour leur permettre de mener à bien leur travail légitime et utile sans ingérence; souligne la nécessité de garantir un recours judiciaire efficace aux manifestants, aux militants de la société civile et aux journalistes dont les droits fondamentaux ont été violés;

13.

invite la Commission, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et les États membres à suivre de près la situation des droits de l’homme en Russie, à fournir une aide d’urgence et à accroître le soutien à la société civile, aux ONG indépendantes, aux défenseurs des droits de l’homme et aux médias indépendants qui restent actifs en Russie, y compris une aide financière durable et flexible; invite la délégation de l’Union européenne et les représentations des États membres en Russie à faire publiquement preuve de solidarité avec les personnes persécutées;

14.

prie instamment la Commission et les États membres de renforcer la protection des droits et de l’intégrité physique des militants, des journalistes indépendants et des défenseurs des droits de l’homme visés par la répression des autorités russes, de leur fournir des visas d’urgence pour leur permettre de quitter le pays et de trouver un refuge temporaire dans l’Union, ainsi que de permettre aux ONG et aux médias russes menacés ou interdits de poursuivre immédiatement leur travail depuis le territoire de l’Union si nécessaire;

15.

invite le VP/HR et le Conseil à faire un usage efficace du mécanisme international de l’Union permettant de sanctionner les violations des droits de l’homme et à imposer des mesures restrictives à tous les fonctionnaires russes impliqués dans la répression contre la société civile indépendante, les médias et les manifestants pacifiques, ainsi que, dans ce dernier cas, contre Alexeï Navalny;

16.

invite la Commission et les États membres à prévenir et à endiguer la propagation de la désinformation, y compris la propagande, et à renforcer l’indépendance des médias; se félicite dès lors de la mise en place de plateformes et d’informations adaptées, en russe et en ukrainien; demande que les communications stratégiques de l’Union soient améliorées et que soient explorés des moyens efficaces de lutter contre la propagande de guerre de Russie et émanant de médias tels que Rossija, Pervi Kanal et NTV, qui diffusent des contenus approuvant la guerre d’agression et fournissent à la population des informations erronées à ce sujet; demande aux États membres, à la Commission et au SEAE d’accroître encore les informations en ligne alternatives en langue russe sur les évolutions en cours pour lutter contre la désinformation, de continuer à veiller à ce que les déclarations publiques de l’Union et des États membres soient traduites en russe et de s’adresser aux publics et aux plateformes russophones;

17.

invite la Commission et les États membres à accueillir dans l’Union des équipes de médias interdites et à mettre en place une plateforme commune pour les médias en exil, ainsi qu’à soutenir les technologies qui permettent aux citoyens d’utiliser l’internet pour exercer leurs droits fondamentaux, en particulier la liberté d’information et d’expression, et à soutenir la défense de la démocratie et de l’état de droit, en mettant en place des moyens technologiques pour contourner la surveillance des communications et le blocage de sites web et d’applications en Russie, y compris des appareils faiblement technologiques utilisant des ondes mobiles, une plateforme VPN Russie, des réseaux d’anonymisation et la télévision par satellite;

18.

invite la délégation de l’Union européenne et les représentations diplomatiques nationales en Russie à suivre de près la situation sur le terrain et le déroulement des procès et à offrir aux personnes concernées tout soutien dont elles pourraient avoir besoin, y compris une aide financière directe pour rémunérer les avocats et les experts; invite tous les gouvernements à refuser toute future demande d’extradition de ressortissants russes pour des infractions au titre du code pénal et du code des infractions administratives;

19.

invite instamment les États membres, le Conseil et la Commission à garantir le statut humanitaire et à créer des possibilités de migration sûres pour les représentants menacés de l’opposition russe, de la société civile et des médias, y compris en leur garantissant la possibilité de bénéficier d’un séjour et d’un travail de longue durée dans l’Union européenne; invite les États membres à mettre au point un mécanisme de protection des soldats russes qui décideraient de déserter; invite les institutions financières, les banques, les sociétés de cartes de crédit et les autorités publiques à mettre en place des procédures de filtrage pour l’application sur mesure de sanctions à l’encontre de citoyens russes dans l’Union afin de permettre aux militants de l’opposition, aux représentants indépendants de la société civile et des médias de conserver l’accès à leurs avoirs financiers nécessaires pour garantir leur existence dans l’Union européenne;

20.

rappelle que la collaboration académique et culturelle au niveau individuel, même en période de conflit, peut contribuer à renforcer les voix pluralistes dans des circonstances antidémocratiques et servir de base au rétablissement des relations après le conflit; souligne que la communauté scientifique russe a été la cible principale de la répression exercée par le régime de Poutine;

21.

souligne la valeur stratégique de la contribution des universitaires russes qui s’opposent à la guerre afin de mieux analyser le régime de Poutine et la manière de le contrer; demande qu’une stratégie de l’Union permette aux étudiants et professeurs russes de poursuivre officiellement leurs études et leur travail dans les universités européennes, en particulier dans les sciences humaines, et de recevoir les diplômes correspondants;

22.

demande au SEAE, à la Commission et aux États membres d’intégrer les droits de l’homme et la consultation de la société civile dans tous les dialogues entre l’Union, ses États membres et la Russie, et de respecter leur engagement en faveur de l’intégration de la dimension de genre;

23.

demande à l’Union et aux États membres de continuer à dialoguer avec la population russe et la société civile russe en exil; prie instamment l’Union européenne de démontrer sa volonté de soutenir la société civile russe dans ses efforts pour construire une Russie démocratique et d’accueillir une Russie démocratique et responsable au sein de la communauté internationale;

24.

demande à l’Union de nommer un envoyé spécial pour une Russie démocratique, qui devrait être responsable des relations avec le peuple russe, en particulier avec les défenseurs de la démocratie en exil et ceux qui sont restés en Russie et qui souhaitent que leur pays renoue avec la démocratie;

25.

invite la Commission, en coopération avec le SEAE, à contribuer à la création et au soutien d’une plateforme russe démocratique pour un dialogue continu avec la communauté russe démocratique, en particulier le comité contre la guerre mis en place par les militants de l’opposition démocratique russe, afin d’assurer une communication directe avec le peuple russe, d’élaborer avec la société civile une stratégie de l’Union pour une future Russie démocratique, d’améliorer l’intégration des nouveaux migrants russes au moyen de programmes éducatifs et d’organiser des sommets annuels de l’Union avec la Russie démocratique en exil;

26.

prie instamment le VP/HR et les États membres d’agir en coordination avec des pays partageant les mêmes valeurs afin de sensibiliser aux restrictions des libertés fondamentales et des droits de l’homme imposées par les autorités russes et de s’y opposer, y compris par des interventions publiques de haut niveau, des démarches coordonnées, une surveillance permanente au sein d’enceintes internationales et régionales de défense des droits de l’homme et des évaluations régulières de l’impact sur les droits de l’homme, et ce afin que la coopération avec la Russie ne nuise pas aux objectifs de défense des droits de l’homme et ne contribue pas, de manière directe ou indirecte, à des violations des droits de l’homme;

27.

relève que, selon le Centre Levada, 83 % des Russes soutiennent la guerre de Poutine en Ukraine, tandis que le pourcentage de Russes qui disent que le pays va dans la bonne direction est passé de 52 % à 69 %, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis 1996; salue, à cet égard, les personnes courageuses qui manifestent ouvertement leur opposition à l’impérialisme proches de l’État, telles que le réseau des centres russes pour la science et la culture ou les organisations et associations de la diaspora russe qui opèrent sous les auspices et la direction de missions diplomatiques russes et se livrent à la propagande russe et à la désinformation; condamne les rassemblements organisés par les diasporas russes pour soutenir la guerre ou pour protester contre l’acceptation des réfugiés ukrainiens; russe sous sa forme la plus récente, à savoir l’invasion de l’Ukraine, bravant la brutalité de la police anti-émeute, ainsi que les pressions sur les médias et la société; néanmoins, prie instamment les citoyens de l’Union de ne pas assimiler tous les citoyens russes aux actions brutales de leurs dirigeants et militaires en Ukraine; invite la Commission et les États membres à soutenir et à protéger les voix critiques au sein de la diaspora russe qui sont confrontées à des menaces de la part des autorités russes; condamne les rassemblements organisés par les diasporas russes pour soutenir la guerre ou pour protester contre l’acceptation des réfugiés ukrainiens;

28.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au vice-président de la commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, au Conseil de l’Europe, à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ainsi qu’au président, au gouvernement et au parlement de la Fédération de Russie.

15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/81


P9_TA(2022)0126

Droit à la réparation

Résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur le droit à la réparation (2022/2515(RSP))

(2022/C 434/13)

Le Parlement européen,

vu la directive (UE) 2019/771 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2019 relative à certains aspects concernant les contrats de vente de biens («directive relative aux ventes de biens») (1),

vu la directive (UE) 2019/770 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2019 relative à certains aspects concernant les contrats de fourniture de contenus numériques et de services numériques («directive relative au contenu numérique») (2),

vu la directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 établissant un cadre pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception applicables aux produits liés à l’énergie («directive relative à l’écoconception») (3),

vu la directive 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs dans le marché intérieur («directive sur les pratiques commerciales déloyales») (4), en particulier son annexe I,

vu sa résolution du 25 novembre 2020 intitulée «Vers un marché unique plus durable pour les entreprises et les consommateurs» (5),

vu sa résolution du 10 février 2021 sur le nouveau plan d’action en faveur de l’économie circulaire (6),

vu sa résolution du 4 juillet 2017 sur une durée de vie plus longue des produits: avantages pour les consommateurs et les entreprises (7),

vu la question à la Commission sur le droit à la réparation (O-000010/2022 — B9-0010/2022),

vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

vu la proposition de résolution de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs,

A.

considérant que le Parlement a souligné à plusieurs reprises (8) l’importance d’accorder aux consommateurs un droit à la réparation en tant que pilier essentiel du programme en faveur de l’économie circulaire dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, dans la mesure où cela favoriserait une utilisation plus efficace et plus durable des ressources, éviterait ou réduirait la production de déchets et favoriserait une utilisation et une réutilisation à plus long terme des produits ainsi que l’économie du partage, tout en renforçant les droits et le bien-être des consommateurs;

B.

considérant que la lettre d’intention de la Commission sur l’état de l’Union en 2021 (9) annonce une proposition législative relative au droit à la réparation comme l’une des initiatives clés pour 2022 et que cette proposition devrait être adoptée en étroite coordination avec les initiatives législatives connexes, telles que l’initiative sur les produits durables et l’initiative visant à donner aux consommateurs les moyens de participer à la transition verte, qui partagent toutes l’objectif de parvenir à des produits et à des modes de consommation plus durables;

C.

considérant que la Commission a lancé une consultation publique, ouverte jusqu’au 5 avril 2022, sur la consommation durable de biens et la promotion de la réparation et de la réutilisation; qu’elle entend proposer une directive modifiant la directive relative aux ventes de biens et envisage de présenter un acte législatif distinct sur le droit à la réparation;

D.

considérant que la directive relative au contenu numérique et la directive relative aux ventes de biens prévoient des dispositifs complets recouvrant des éléments essentiels du droit des contrats à la consommation, tels que les exigences de conformité au contrat et les modes de dédommagement dont disposent les consommateurs en cas de défaut de conformité, notamment des dispositions relatives à la réparation, au remplacement, à la mise en conformité du contenu ou des services numériques, à la réduction de prix et à la résiliation du contrat, ainsi que des règles sur les principales modalités d’exercice de ces recours et sur les garanties commerciales;

E.

considérant que 79 % des citoyens de l’Union estiment que les fabricants devraient être tenus de faciliter la réparation des biens numériques ou le remplacement de leurs pièces détachées; que 77 % des citoyens de l’Union préfèreraient faire réparer leurs appareils plutôt que les remplacer; que les entreprises de réparation pourraient être une source d’emplois locaux et de savoir-faire spécifique en Europe;

F.

considérant que la crise de la COVID-19 a démontré la nécessité de mettre en place de nouveaux modèles d’entreprise plus résilients et de soutenir les entreprises européennes, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), les microentreprises et les travailleurs indépendants;

G.

considérant que l’octroi aux consommateurs du droit à la réparation contribuerait à faire progresser la transition industrielle de l’Europe et à renforcer sa résilience et son autonomie stratégique ouverte; que la promotion d’une culture de la réparation offre des possibilités économiques et sociales au regard de l’esprit d’entreprise et des créations d’emplois; que les produits durables profitent à la fois aux entreprises et aux consommateurs en stimulant la demande et l’offre de biens durables;

H.

considérant qu’un certain nombre d’obstacles empêchent les consommateurs de recourir à la réparation, notamment l’absence d’informations, le manque d’accès aux pièces de rechange, le défaut de standardisation et d’interopérabilité, ou d’autres obstacles techniques, ainsi que les coûts de la réparation;

I.

considérant que les déchets électroniques sont le flux de déchets qui connaît la croissance la plus rapide au monde, avec plus de 53 millions de tonnes de déchets électroniques rejetés en 2019;

1.   

souligne qu’un droit effectif à la réparation devrait porter sur des aspects du cycle de vie des produits et être envisagé sous différents angles interdépendants, notamment la conception des produits, les principes éthiques majeurs de la production, la standardisation, l’information des consommateurs, y compris l’étiquetage sur la réparabilité et sur la durée de vie lorsque cela est possible et approprié, les droits et garanties des consommateurs et les marchés publics;

2.   

souligne que l’initiative relative au droit à la réparation doit être proportionnée, fondée sur des preuves et rentable, et concilier les principes de durabilité, de protection des consommateurs et d’une économie sociale de marché hautement compétitive, afin que toutes les parties prenantes concernées puissent tirer parti des possibilités offertes par la transition écologique;

3.   

souligne qu’un droit effectif à la réparation devrait générer des avantages concurrentiels significatifs pour les entreprises européennes tout en évitant de leur imposer toute forme de charge financière disproportionnée, et devrait susciter l’innovation et encourager les investissements dans les technologies durables, tout en tenant compte des évolutions du marché et des besoins fluctuants des consommateurs;

Concevoir des produits qui durent plus longtemps et peuvent être réparés

4.

se félicite de l’intention de la Commission d’adopter une initiative sur les produits durables qui revisite la directive relative à l’écoconception et élargit son champ d’application au-delà des produits ayant trait à l’énergie;

5.

rappelle que la fabrication de produits conformes, durables et sûrs est un atout essentiel du marché unique de l’Union, qui est bénéfique tant pour les consommateurs que pour les entreprises; invite la Commission à exiger des fabricants qu’ils conçoivent leurs produits de manière à ce qu’ils durent plus longtemps, qu’ils puissent être réparés en toute sécurité et que leurs pièces puissent être facilement accessibles et retirées;

6.

souligne la nécessité de garantir aux utilisateurs finaux et aux prestataires de services de réparation indépendants un meilleur accès aux pièces de rechange et aux manuels d’instructions dans un délai raisonnable et à un coût raisonnable, pendant une période correspondant à la durée de vie prévue du produit;

7.

invite la Commission à réfléchir à des exigences de durabilité et de réparabilité dans une future directive relative à l’écoconception dont le champ d’application serait plus large; souligne la nécessité d’analyser minutieusement les exigences produit par produit afin de s’assurer que ce sera l’exigence la mieux adaptée qui sera retenue, et de faire remarquer, par exemple, que pour certains produits, la conception modulaire facilitera les réparations et prolongera la durée de vie du produit, alors que pour d’autres produits, la conception modulaire ou l’obligation de garantir la réparabilité peut compromettre la durabilité;

8.

souligne qu’un certain nombre de mesures d’exécution au titre de la directive relative à l’écoconception ont été adoptées en 2019, qui prévoient une période obligatoire pendant laquelle les pièces de rechange doivent être fournies et des délais de livraison maximum, ainsi que des critères de conception pour le démontage et l’assemblage des composants; invite par conséquent la Commission à étendre le champ d’application de ces mesures à d’autres catégories de produits, y compris les produits sans lien avec l’énergie, en tenant compte de leurs spécificités;

9.

rappelle que l’accès aux informations sur la réparation et l’entretien pour tous les acteurs du secteur de la réparation est essentiel pour donner aux consommateurs un meilleur accès aux services de réparation; affirme donc qu’un véritable «droit à la réparation» devrait permettre aux acteurs du secteur de la réparation, y compris les réparateurs indépendants, et aux consommateurs d’accéder gratuitement aux informations nécessaires en matière de réparation et d’entretien, et notamment aux informations sur les outils de diagnostic, les pièces détachées, les logiciels et les mises à jour, autant d’éléments nécessaires pour effectuer les réparations et l’entretien; rappelle l’importance d’un environnement économique innovant et du respect des secrets d’affaires;

10.

souligne que les biens comportant des éléments numériques doivent faire l’objet d’une attention particulière; souligne en particulier que les mises à jour des logiciels doivent être disponibles pendant une période minimale, conformément à la directive relative au contenu numérique; insiste pour que les consommateurs soient pleinement informés de la disponibilité des mises à jour au moment de l’achat; ajoute que les mises à jour des fonctionnalités devraient être réversibles et ne pas entraîner de baisse des performances; observe que les pratiques qui restreignent indûment le droit à la réparation ou conduisent à l’obsolescence pourraient être considérées comme des pratiques commerciales déloyales et, par conséquent, être ajoutées à l’annexe I de la directive sur les pratiques commerciales déloyales;

Donner aux consommateurs les moyens de choisir des produits réparables

11.

estime que pour permettre aux consommateurs de jouer un rôle plus actif dans l’économie circulaire, il est essentiel de les informer davantage sur la réparabilité des produits; considère que si les consommateurs étaient mieux informés, ils pourraient prendre des décisions d’achat plus avisées, ce qui pourrait orienter le marché vers plus de produits réparables; se félicite dès lors de l’initiative annoncée de la Commission visant à donner aux consommateurs les moyens de participer à la transition écologique;

12.

souligne que les consommateurs devraient recevoir, au point de vente, des informations fiables, claires et facilement compréhensibles sur la durabilité et la réparabilité d’un produit, afin qu’ils puissent comparer et identifier les produits les plus durables qui sont disponibles sur le marché; invite la Commission à proposer des règles harmonisées pour ces informations aux consommateurs, y compris, entre autres, les indices de réparabilité, les informations sur la durée de vie estimée, les informations sur les pièces de rechange, les informations sur les services de réparation et la période pendant laquelle les mises à jour des logiciels seraient disponibles dans le cas de biens comportant des éléments numériques, sans perdre de vue les impératifs de sécurité des consommateurs; fait observer que, pour qu’elles soient utiles, ces informations devraient être disponibles au moment de l’achat;

13.

demande en outre à la Commission de veiller à ce que les informations sur les produits reposent sur des mesures standardisées, par exemple pour la durabilité, et de susciter l’élaboration de normes lorsqu’elles n’existent pas;

14.

souligne le rôle clé du label écologique de l’UE pour encourager le secteur à adopter des politiques d’étiquetage qui donnent aux consommateurs des informations essentielles sur la durée de vie des produits, mais également pour trouver un équilibre entre les obligations imposées aux entreprises et les fortes incitations commerciales positives visant à renforcer la confiance des consommateurs; note toutefois que ce système d’étiquetage n’est que facultatif;

15.

invite la Commission à étudier la possibilité de proposer des exigences imposant aux fabricants de se doter de moyens d’étiquetage intelligents tels que les codes QR et les passeports numériques de produits, et ce dans toute nouvelle législation sur les produits et dans la révision de la directive relative à l’écoconception; demande que l’équilibre soit assuré dans l’élaboration d’initiatives telles que le passeport numérique européen des produits, grâce à une coopération étroite avec les entreprises et les parties prenantes concernées, en tenant compte en particulier du principe de proportionnalité et en accordant une attention particulière aux besoins des PME;

16.

demande instamment que les consommateurs qui achètent des produits en ligne reçoivent les mêmes informations que ceux qui achètent hors ligne et que les États membres contrôlent et fassent respecter la réglementation imposant aux vendeurs en ligne de mentionner les informations nécessaires sur leurs sites web et lorsqu’ils proposent leurs produits sur des marchés en ligne;

17.

prie instamment la Commission de présenter une proposition législative visant à encourager le recours à des marchés publics écologiques; estime que les produits réutilisés, réparés, reconstruits et rénovés, ainsi que d’autres produits et solutions permettant une utilisation efficace des ressources, qui réduisent à son minimum l’incidence environnementale durant le cycle de vie sont un choix par défaut dans tous les marchés publics et qu’il convient — conformément aux objectifs du pacte vert pour l’Europe, et si ceux-ci ne sont pas utilisés en priorité — d’appliquer le principe «appliquer ou expliquer»;

18.

invite la Commission et les autorités nationales à aider et à soutenir financièrement les autorités, entreprises et associations locales et régionales dans le lancement de campagnes de sensibilisation des consommateurs sur la question du prolongement du cycle de vie des produits, notamment en leur fournissant des informations et des conseils fiables et clairs sur l’entretien, la réparation, le réemploi et les services y afférents;

19.

invite la Commission et les États membres à concevoir des incitations financières applicables aux services de réparation afin que les réparations deviennent pratiques et avantageuses pour les consommateurs;

Renforcer les droits des consommateurs et les garanties pour que les biens soient utilisés plus longtemps

20.

souligne que les consommateurs européens peuvent faire réparer leurs biens ou mettre en conformité les contenus et services numériques en vertu de la directive relative à la vente de biens et de la directive relative au contenu numérique; souligne que si les consommateurs ont le droit de choisir entre la réparation et le remplacement des biens défectueux en vertu de la directive relative à la vente de biens, la réparation pourrait dans de nombreux cas être un choix plus efficace du point de vue des ressources et plus neutre du point de vue climatique; note que, dans la pratique, les consommateurs choisissent généralement le remplacement plutôt que la réparation, peut-être parce que le coût de la réparation est trop élevé; souligne que le remplacement du produit doit rester une option si le consommateur et le vendeur en conviennent, les fois où la réparation pourrait prendre trop de temps;

21.

demande donc à la Commission de proposer, dans son initiative sur le droit à la réparation, une série de mesures visant à promouvoir la réparation et à encourager les consommateurs, les producteurs et les commerçants à opter pour cette solution plutôt que pour le remplacement des produits; souligne que, lorsqu’elle propose de telles mesures, la Commission doit toujours garder à l’esprit que la protection et le bien-être des consommateurs doivent être optimaux;

22.

fait observer que la prochaine révision de la directive relative à la vente de biens pourrait, entre autres, inclure des mesures visant à encourager les consommateurs à choisir la réparation plutôt que le remplacement, comme l’obligation de prévoir un produit de remplacement pendant que le produit est en réparation; considère que pour encourager la réparation des produits, il faudrait proposer certaines incitations aux consommateurs qui choisissent la réparation plutôt que le remplacement; considère qu’une extension de garantie pourrait inciter à choisir la réparation plutôt que le remplacement; ajoute que les vendeurs devraient toujours informer de la même manière les consommateurs de toutes les options à leur disposition, y compris la réparation et les droits de garantie y afférents;

23.

invite la Commission à étudier la possibilité d’introduire un mécanisme de responsabilité conjointe du fabricant et du vendeur en cas de non-conformité du produit;

24.

constate que le cadre juridique actuel de la directive relative à la vente de biens prévoit une période minimale de responsabilité de deux ans seulement pour les biens défectueux et encourage les États membres à la prolonger; souligne qu’il s’agit d’une règle d’harmonisation a minima et que seul un nombre limité d’États membres ont instauré une période plus longue; estime dès lors que la révision de la directive relative à la vente de biens devrait également proposer d’étendre la garantie légale au-delà de deux ans pour certaines catégories de produits; note en outre l’importance d’harmoniser complètement la période de garantie légale;

25.

demande à la Commission d’évaluer dans quelle mesure le droit à la réparation pourrait être proposé afin que les opérateurs du marché puissent offrir un accès facile et abordable aux réparations, même au-delà de la période de garantie;

26.

souligne que toute proposition devrait être accompagnée d’une analyse d’impact appropriée qui comprenne les analyses coûts-bénéfices correspondantes pour les consommateurs et les entreprises, une comparaison des meilleures pratiques au niveau national et avec des pays tiers ainsi que les répercussions chiffrées sur le bien-être général des consommateurs, l’environnement et les entreprises, y compris les PME, entre autres aspects; demande à la Commission de fournir des informations sur les coûts des réparations pour les entreprises de l’Union au sein du marché unique; souligne la nécessité de fournir toutes les informations pertinentes et de proposer également des indicateurs quantifiables afin de mesurer les retombées de toute nouvelle législation;

27.

rappelle qu’il n’existe actuellement aucune règle particulière pour la réparation des biens remanufacturés ou remis en état; invite la Commission à proposer des mesures qui récompensent les commerçants proposant des solutions de réparation pour les biens remanufacturés ou remis en état, afin d’accroître la confiance des consommateurs; invite la Commission à examiner des dispositifs tels que des compteurs d’utilisation et l’interdiction de détruire les biens invendus afin de faciliter la réutilisation et la réparation des produits;

o

o o

28.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1)  JO L 136 du 22.5.2019, p. 28.

(2)  JO L 136 du 22.5.2019, p. 1.

(3)  JO L 285 du 31.10.2009, p. 10.

(4)  JO L 149 du 11.6.2005, p. 22.

(5)  JO C 425 du 20.10.2021, p. 10.

(6)  JO C 465 du 17.11.2021, p. 11.

(7)  JO C 334 du 19.9.2018, p. 60.

(8)  Résolution du 25 novembre 2020 intitulée «Vers un marché unique plus durable pour les entreprises et les consommateurs»; résolution du 10 février 2021 sur le nouveau plan d’action en faveur de l’économie circulaire.

(9)  Commission européenne, État de l’Union 2021, Lettre d’intention, 15 septembre 2021.


15.11.2022   

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 434/86


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(2022/C 434/14)

Le Parlement européen,