COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 15.9.2021
COM(2021) 573 final
Rapport sur la phase de co-conception
ANNEXE
de la
communication de la Commission européenne au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social et au Comité des régions
Nouveau Bauhaus européen: esthétique, durable, ouvert à tous
Table des matières
RAPPORT SUR LA PHASE DE CO-CONCEPTION
1.
Le calendrier de la phase de co-conception
2.
Principes clés
2.1.
Commencer par les valeurs
2.2.
S’inspirer des projets et idées existants
2.3.
La diffusion des conversations en tant qu’outil clé
2.4.
Le développement d’une communauté
2.4.1.
Partenaires
2.4.2.
Table ronde de haut niveau
3.
Méthodologie et outils
3.1.
Le site web du nouveau Bauhaus européen en tant que premier outil d’engagement
3.1.1.
Le collecteur d’histoires
3.1.2.
Le collecteur de contributions libres
3.1.3.
Le recueil des résultats des conversations
3.2.
Analyse des données: approche générale
3.2.1.
Principes
3.2.2.
Catalyseurs et échelles: matrice
4.
Activités et résultats
4.1.
Activités
4.2.
Diffusion
4.2.1.
Communication numérique
4.2.2.
Partenaires officiels du nouveau Bauhaus européen
4.2.3.
Recueil d’histoires
4.2.4.
Bilan géographique et bilan sectoriel
4.3.
Résultats
5.
Axes émergents
5.1.
Se reconnecter à la nature
5.2.
Retrouver un sentiment d’appartenance
5.3.
Donner la priorité aux lieux et aux personnes qui en ont le plus besoin
5.4.
Nécessité d’une réflexion à long terme, sur le cycle de vie et intégrée dans l’écosystème industriel
6.
Idées d’actions
6.1.
Attention pour les interventions à petite échelle
6.2.
Travailler à plusieurs échelles en même temps
6.3.
La transdisciplinarité au service d’une approche intégrée
6.4.
Partir d’une approche participative
6.5.
L’innovation au-delà de la poussée technologique
6.6.
Entre le passé et le présent
6.7.
Nouvelles formes de financement
7.
VII. Conclusions et étapes suivantes
RAPPORT SUR LA PHASE DE CO-CONCEPTION
Pour l’initiative «Nouveau Bauhaus européen» («NEB»), la Commission a choisi une approche inhabituelle: elle a conçu un projet ascendant, fondé sur la participation et l’inclusion. Après le lancement du projet en septembre 2020, par la présidente de la Commission, Mme von der Leyen, la Commission s’est mise en mode d’écoute et a donné l’occasion à toutes les personnes intéressées de partager leurs idées, des exemples, des visions et des défis qu’il conviendrait, selon elles, de prendre en compte dans le projet.
Vous trouverez dans cette annexe un rapport sur cette «phase de co-conception» qui a inspiré le concept du nouveau Bauhaus européen, tel qu’il est présenté aujourd’hui dans la communication de la Commission. Pendant plus de six mois, la Commission a mené une vaste collaboration avec les citoyens, les professionnels et les organisations et en a recueilli les principaux défis et idées qui guideront le nouveau Bauhaus européen à court et à long terme.
Au total, plus de 200 conversations multidisciplinaires ont eu lieu, et plus de 2 000 contributeurs ont partagé directement leurs idées, leurs défis et leurs points de vue à travers le site web du nouveau Bauhaus européen. Quelque 12 000 personnes ont en outre suivi et interagi avec l’initiative sur Instagram et plus de 8 500 téléspectateurs ont suivi la conférence en ligne sur le nouveau Bauhaus européen. Durant cette phase, le soutien tant des partenaires officiels du nouveau Bauhaus européen que des membres de la table ronde de haut niveau a été essentiel, car ces personnes ont joué un rôle d’amplificateurs, activant leurs réseaux et stimulant de nouvelles conversations.
Le document résume les principales conclusions de la phase de co-conception. Il présente également les méthodes et les outils qui ont été utilisés.
1.Le calendrier de la phase de co-conception
·De janvier à la mi-février: lancement officiel de l’initiative le 18 janvier 2021 avec la mise en ligne du site web dédié. Développement d’une stratégie visant à activer les conversations autour de l’initiative (webinaires d’information, appel à partenaires, recherche de réseaux). Sélection des membres de la table ronde de haut niveau.
·De la mi-février à la mi-mars: webinaires et ateliers hebdomadaires en vue d’intensifier l’engagement des organisations et des communautés; la table ronde de haut niveau prend forme. Le premier groupe de partenaires est sélectionné.
·De la mi-mars à la mi-avril: début de l’examen des contributions entrantes: extraction des tendances, des sujets clés et des défis à partir des contributions recueillies; organisation de la conférence sur le nouveau Bauhaus européen (22-23 avril). Premières réunions de la table ronde de haut niveau; activités des organisations partenaires.
·De la mi-avril à la fin juin: recueil et examen des contributions. La table ronde de haut niveau se réunit toutes les deux semaines. Sélection d'un nouveau groupe de partenaires chaque semaine. Les premiers résultats de l’analyse des contributions du site web sont partagés, discutés, testés et enrichis lors de nombreux événements organisés par les partenaires et d’autres parties prenantes indépendantes.
·Fin juin: clôture de la phase de co-conception.
2.Principes clés
2.1.Commencer par les valeurs
Depuis le début, le nouveau Bauhaus européen est associé à trois valeurs fondamentales, à savoir l’esthétique, la durabilité et l’inclusion, et met fortement l’accent sur les espaces de vie et l'art de vivre. L’ambition de transformer le pacte vert en une expérience culturelle, centrée sur l’humain, et une expérience positive et tangible repose sur cet ensemble précis de valeurs.
Découlant du triangle Esthétique — Durable — Ouvert à tous, la phase de co-conception vise à répondre à des questions clés:
·Que signifient pour la population les concepts d’esthétique, de durabilité et d’inclusion sociale par rapport aux lieux et aux modes de vie?
·Quels sont les défis les plus urgents auxquels les citoyens sont confrontés en ce qui concerne leur cadre de vie?
·Quelles idées concrètes un mouvement tel que le nouveau Bauhaus européen pourrait-il soutenir?
·Quelles devraient être la portée ultime et les principales priorités de l’initiative du nouveau Bauhaus européen?
2.2.S’inspirer des projets et idées existants
Il existe déjà de nombreuses bonnes initiatives à l’intersection de la durabilité, de l’inclusion et de l’esthétique. C’est vrai pour l’architecture durable, comme l’illustrent les lauréats du prix Pritzker 2021 pour la transformation d’immeubles de logements sociaux à Bordeaux. Cela se reflète également, par exemple, dans le nombre croissant de jardins communautaires, où les voisins participent à la transformation de l’espace vert public, ou dans les festivals culturels qui sensibilisent aux questions environnementales par l’art.
Afin d’activer ceux qui travaillent déjà sur les dimensions du nouveau Bauhaus européen, de valoriser leurs projets et de récolter leurs idées, la phase de co-conception a mis l’accent sur les projets existants qui peuvent inspirer l’initiative. Au total, quelque 1 800 exemples ont été soumis sur le site web.
Les prix Nouveau Bauhaus européen 2021 ont renforcé cette approche.
Les prix ont été répartis en dix catégories afin de couvrir la diversité des dimensions pertinentes pour le nouveau Bauhaus européen. Dans chaque catégorie, un prix spécial a été attribué pour la jeune génération.
1.Techniques, matériaux et procédés de construction et de conception;
2.Construire dans une perspective de circularité;
3.Solutions pour l’évolution conjointe de l’environnement bâti et de la nature;
4.Régénération des espaces urbains et ruraux;
5.Produits et art de vivre;
6.Préservation et transformation du patrimoine culturel;
7.Réinvention des lieux de rencontre et de partage;
8.Mobilisation de la culture, des arts et des communautés;
9.Solutions de vie modulaires, adaptables et mobiles;
10. Modèles éducatifs interdisciplinaires.
L’accueil réservé au concours a été impressionnant: plus de 2 000 candidatures en provenance de toute l'UE ont été reçues dans le délai d'un mois. Le processus de sélection a également été de nature participative, prévoyant, d’une part, un vote du public et, d’autre part, une évaluation par les partenaires officiels du nouveau Bauhaus européen. Les lauréats finaux seront proclamés le 16 septembre lors d’une cérémonie de remise des prix qui se tiendra à Bruxelles.
2.3.La diffusion des conversations en tant qu’outil clé
Nous constatons tous lors de nos repas partagés et de nos réunions de travail que c’est au détour d'une conversation qu’émergent les meilleures idées. Et elles sont encore meilleures lorsque vous réunissez des personnes d’horizons divers et d’opinions différentes. Telle est la raison pour laquelle le principal outil de la phase de co-conception a été des conversations à divers niveaux.
L’accent a été mis sur la recherche d’une collaboration entre différents secteurs, acteurs institutionnels ou groupes aussi variés que possible afin de briser les «silos» établis et de créer de nouvelles connexions fondées sur la coopération en vue d’atteindre des objectifs partagés.
La Commission a soutenu ces conversations en mettant à disposition sur le site web une série d’outils et en y participant.
Les conversations comprenaient aussi bien celles organisées à l'échelon local ou par les gouvernements nationaux que celles relevant d'initiatives paneuropéennes. Les résultats de ces conversations ont été communiqués à la Commission.
En avril, la Commission a organisé une conversation à l’échelle mondiale: la conférence «Nouveau Bauhaus européen», un événement hybride auquel ont participé plus de 40 intervenants et animateurs internationaux. La conférence a rassemblé plus de 8 500 spectateurs représentant 85 pays. De multiples tables rondes et huit ateliers ont permis des échanges fructueux entre les participants. Les résultats des ateliers ont été recueillis au cours des sessions et ont contribué à nourrir la réflexion.
2.4.Le développement d’une communauté
Pour inspirer un mouvement, le nouveau Bauhaus européen s’appuie sur une communauté grandissante mobilisée à travers deux actions: l’appel à des partenaires officiels et la table ronde de haut niveau.
2.4.1.Partenaires
Dès le début de la phase de co-conception, la Commission a lancé, sur le site web, un appel à des partenaires officiels pour le nouveau Bauhaus européen.
Les partenaires officiels sont des organisations à but non lucratif qui partagent les valeurs du nouveau Bauhaus européen et qui ont proposé des actions concrètes en vue de soutenir son développement et sa mise en œuvre, par exemple des événements, des rapports, des conversations.
Au départ d’un premier groupe de 20 partenaires le 25 mars, la communauté des partenaires officiels comptait plus de 200 parties prenantes à la fin de la phase de co-conception. L’appel à partenaires restera actif tout au long de la phase de mise en œuvre afin de permettre à la communauté de se développer davantage..
2.4.2.Table ronde de haut niveau
Sur un groupe initial de près de 80 experts retenus par la Commission pour former la table ronde de haut niveau de l’initiative, 18 membres ont été sélectionnés sur la base de leur expérience personnelle et de leur expertise couvrant les différentes dimensions du nouveau Bauhaus européen. Ces experts ne représentent ni des organisations ni des pays. Dans le processus de sélection, une attention particulière a été accordée à l’équilibre géographique, à l’équilibre sectoriel et à l’équilibre des genres.
Le rôle de la table ronde de haut niveau est de partager et d’exprimer des idées sur des thèmes clés, des concepts novateurs et des enjeux. Les membres ont régulièrement échangé des idées avec la Présidente et les deux membres de la Commission responsables de l’initiative et ont coopéré dans le cadre d’une série d’ateliers. Les membres ont également œuvré en tant qu’ambassadeurs de la communauté en s’engageant auprès de leurs réseaux respectifs pour rendre compte de la conversation et recueillir des échos dans leur pays d'origine et ailleurs.
Sur la base de leurs échanges, les membres de la table ronde de haut niveau ont partagé leur vision et leurs idées d’action dans un document de réflexion.
3.Méthodologie et outils
3.1.Le site web du nouveau Bauhaus européen en tant que premier outil d’engagement
Compte tenu des restrictions liées à la pandémie, une plateforme numérique permettant aux parties prenantes de partager aisément leurs idées et leur expérience a dû être mise en place afin de permettre au public d’accéder directement à la phase de co-conception. Depuis sa mise en ligne, le 18 janvier 2021, le site offre deux points d’entrée principaux pour les contributions: l’un recueillant des histoires et l’autre, des idées librement exprimées.
3.1.1.Le collecteur d’histoires
Ce point d’entrée a été conçu de façon à recueillir des histoires présentées de manière très succincte (environ 2 000 caractères en moyenne). Les histoires pouvaient ensuite être partagées suivant trois canaux distincts abordant chacun une dimension différente:
·Exemples et projets existants: qu’a-t-on déjà réalisé et développé?
·Visions et idées: propositions de projet qui n'ont pas encore été mises en œuvre.
·Enjeux: souhaits et besoins des citoyens.
Exemples de récits, en bref:
Respecter la planète tout en aidant les personnes dans le besoin
Conception, à Jankowice, d’un refuge pour les sans-abri qui sont trop malades pour être accueillis dans des centres d’hébergement de nuit, mais pas assez malades pour être hébergés dans les institutions publiques de soins de santé. Le bâtiment de plain-pied dissimulé par de vieux arbres a été aménagé avec des espaces partagés et des zones privées afin de les accueillir, et est accessible de par sa conception. Des matériaux et des installations écologiques, ainsi que la réutilisation de matériaux pour les éléments intérieurs, garantissent la durabilité du bâtiment.
Éduquer les enfants à la citoyenneté responsable et au développement durable
Donner aux enfants les moyens de s’engager en faveur de la durabilité, de la démocratie et des objectifs mondiaux, et les éduquer dans ce sens. En apprenant aux enfants comment les villes sont planifiées et en faisant appel à leur créativité, un programme d’un an destiné aux élèves de cinquième année a amené ceux-ci à imaginer et à présenter en classe leur «ville de rêve durable».
Aménagement d’un centre de santé durable pour améliorer le moral des patients et du personnel
Un centre de soins d’urgence extrahospitalier à La Corogne, en Espagne, a été étendu en construisant un bâtiment en bois couplé à des matériaux naturels, en grande partie préfabriqués et garantissant une faible consommation d’énergie. Le bâtiment a une consommation nette quasi nulle, intègre la végétation et la lumière naturelle dans l’environnement et présente des effets bénéfiques prouvés pour les patients.
Recyclage de briques et de dalles en céramique en vue de la production de nouveaux matériaux de construction
Un projet sur la réincarnation des matériaux de construction basé sur l’entretien et l’appréciation de la valeur intrinsèque des matériaux. Le recyclage des déchets de construction et de démolition («DCD») sous forme de briques et de dalles en céramique de Barcelone crée de nouveaux matériaux pour l’économie circulaire et reflète l’identité architecturale et l’histoire des rues colorées de la ville.
3.1.2.Le collecteur de contributions libres
Un autre point d’entrée offrait la possibilité de remplir un formulaire afin de soumettre des contributions libres. Le formulaire structuré comportait quatre questions ouvertes visant à encadrer la contribution et à la positionner dans le contexte de l’initiative du nouveau Bauhaus européen.
3.1.3.Le recueil des résultats des conversations
Durant toute la phase de co-conception, de nombreuses conversations autour de l’initiative du nouveau Bauhaus européen ont été organisées. Au cours des premières semaines en particulier, des dizaines de «sessions d’activation» ont été organisées par la Commission de manière à stimuler la participation parmi des réseaux spécifiques. Tandis que les premières réunions ont été étroitement encadrées et organisées sous la houlette de l’équipe NEB, un nombre croissant d’événements croisés ont commencé à voir le jour de manière autonome semaine après semaine par la suite, en particulier après la tenue, en avril, de la conférence sur le nouveau Bauhaus européen. Dans de nombreux cas, les organisateurs des événements faisaient part des résultats des conversations sur le site web.
3.2.Analyse des données: approche générale
3.2.1. Principes
La phase de co-conception, et plus particulièrement les activités liées à la collecte des contributions, a été construite autour d’un certain nombre de principes clés.
3.2.1.1. Transparence
Le processus ne peut être pleinement ouvert et participatif que si la transparence est assurée en permanence. Ce principe a été garanti par le site web du nouveau Bauhaus européen qui, en plus des liens essentiels vers les outils de participation, offre la possibilité de trouver des informations sur la table ronde de haut niveau, les partenaires et sur les principaux événements entourant l’initiative, accompagnés d’un calendrier. Toutes les contributions ont, par ailleurs, été progressivement rendues publiques par le développement d’un système de visualisation. Grâce à cet outil et à ses fonctions de recherche, tout utilisateur intéressé ou toute organisation intéressée a la possibilité de mener sa propre analyse et d’avoir sa propre «réflexion».
3.2.1.2. Diversité et égalité de traitement
Les profils des contributions sont très variés, allant des courts témoignages aux thèses, prises de position ou articles de recherche en passant par des résumés très complets de séries d’événements. Malgré la disparité existant au niveau de la complexité, de la formulation et de la longueur, chaque contribution méritait d’être examinée avec le même niveau d’attention.
3.2.1.3.Regroupement
Il est, par ailleurs, apparu fondamental d’éviter de classer les contributions dans des catégories spécifiques et prédéfinies, puis de procéder à une approche fondée sur la quantité qui aurait eu pour résultat de limiter l’analyse au nombre de contributions traitant d’un certain sujet.
La méthode a été adaptée en permanence en fonction du contenu qui était collecté au fil du temps, en regroupant les histoires et les idées en différents groupes thématiques sur la base des questions auxquelles elles pouvaient répondre.
Une fois les grands axes déterminés, il est apparu essentiel de prendre des mesures pour éviter de privilégier les grands nombres au détriment des voix individuelles. Tout a donc été mis en œuvre pour accorder une attention particulière aux contributions uniques, afin de contrebalancer le poids des grands groupes de contributions similaires.
3.2.2.Catalyseurs et échelles: matrice
Outre la détermination des tendances et des aberrations, le processus de regroupement devait aussi permettre de dégager un jeu de catalyseurs, à savoir une typologie des ressources nécessaires pour soutenir la transformation (réseaux, culture, éducation, recherche, infrastructures, lieux, technologie, politiques et cadre réglementaire, stratégies et programmes). La liste de catalyseurs a été croisée avec des échelles d’application, en commençant par la dimension locale et en «zoomant» jusqu’au contexte mondial (bâtiment, quartier, village et ville, régional, national, européen, mondial et multiple).
La combinaison des catalyseurs et des échelles en une matrice a constitué une étape importante pour relier les tendances générales exprimées dans les aspirations aux idées plus concrètes sur la façon de progresser vers les transformations souhaitées.
4.Activités et résultats
4.1.Activités
Les activités organisées étaient très variées et diverses. La Commission n’a pas contrôlé les activités proposées par d’autres organisations afin que la conversation soit aussi inclusive et ouverte que possible. Il est impossible de mentionner toutes les organisations et activités dans le présent document. Les exemples retenus en cachent une multitude d'autres.
Un large éventail de publics a été touché, allant des architectes à la communauté scientifique, des organismes de logement social à l’industrie et des enfants et étudiants en art aux autorités publiques.
Des organisations de terrain locales se sont associées et ont organisé des événements dans leur quartier ou leur région (Galice en Espagne, Gdynia en Pologne). Dans d’autres cas, les partenaires ont fait appel à leurs réseaux européens pour établir des conversations à l'échelle européenne autour d’un thème déterminé [Housing Europe, Bureau of European Design Associations (BEDA), IFLA Europe (International Federation of Landscape Architects), New European Bauhaus Collective, Europeana, Europa Nostra, Triennale Milano, Wood4Bauhaus Alliance].
Dans certains États membres, l’initiative a été adoptée par les acteurs ou ministères nationaux (Suède, Danemark, Espagne, Lituanie, Allemagne, Slovénie, Estonie, Italie, etc.). D’autres villes et États membres ont tendu la main
à leurs homologues dans les pays voisins afin d’organiser des conversations régionales (Nordic Bauhaus, Bauhaus of the Sea ou «NEB goes South», une plateforme réunissant les départements d'architecture de six universités)
Les partenaires officiels et les membres de la table ronde de haut niveau du nouveau Bauhaus européen ont très souvent joué un rôle crucial dans ces initiatives.
Le nouveau Bauhaus européen a stimulé le développement de nombreuses activités faisant intervenir des enfants et des jeunes dans le but souvent d’intégrer leur créativité dans la phase de co-conception. En Allemagne, par exemple, le ministère bavarois du logement, de la construction et des transports a lancé un concours pour les enfants de moins de 14 ans, invitant ceux-ci à lui envoyer une photo afin d’inspirer l’avenir de la construction de maisons et du vivre ensemble. Le ministère saxon de la justice, de la démocratie, de l’Europe et de l’égalité, en collaboration avec la ville de Chemnitz et le secrétariat d’État à l’enseignement et l’éducation, a organisé un concours similaire au profit de jeunes citoyens âgés de 14 à 18 ans, accordant un prix à la meilleure vision de l’avenir représentée au travers de dessins, peintures, graphiques, sculptures ou modèles.
Arkki, une plateforme culturelle finlandaise, a lancé un concours d’art afin de réfléchir à l’initiative NEB, tandis que Architektūros Fondas, une organisation à but non lucratif lituanienne, organisera des ateliers de cinq jours dans sept petites villes du pays afin d’améliorer la compréhension, par les jeunes, de leur environnement de vie, d’encourager la créativité et de favoriser le sens de la responsabilité personnelle.
Le nouveau Bauhaus européen a également suscité un grand intérêt au sein de la communauté industrielle. Plusieurs organisations sectorielles se sont portées candidates en tant que partenaires du nouveau Bauhaus européen, organisant des événements et des ateliers (par exemple, Fashion Council Germany, LafargeHolcim Foundation ou The Concrete Initiative). L’industrie européenne du bois a créé l’alliance Wood4Bauhaus, une première dans l’histoire de cette industrie, car c’est la toute première fois que ses acteurs s’efforcent d’unir leurs forces dans un projet commun. La Table ronde des industriels européens a organisé deux sessions consacrées au nouveau Bauhaus européen, principalement axées sur le secteur de la construction. La communauté des énergies renouvelables s’est jointe aux conversations et a apporté un éclairage intéressant sur le processus.
L’Institut européen d’innovation et de technologie (IET) a activé son écosystème de partenaires situés dans toute l’UE afin de sensibiliser au nouveau Bauhaus européen et de co-créer des activités interdisciplinaires dans les villes et les zones rurales sur des thèmes tels que la transition verte à travers les sites architecturaux, culturels et historiques, la circularité et la résilience urbaine, la mobilité universelle en tant que facteur clé de l’inclusion sociale.
Des gouvernements nationaux et des entités régionales ont participé activement à la phase de co-conception. Ainsi, le ministère espagnol des transports, des mobilités et des programmes urbains a organisé une conférence pour étudier le rôle que l’Espagne peut jouer dans la définition et la mise en œuvre du nouveau Bauhaus européen et a lancé un dialogue institutionnel et un échange d’expériences entre les projets et les acteurs concernés. Un cas similaire est le Nordic Bauhaus au sein duquel plus de 1 600 personnes issues des divers pays nordiques ont discuté, sous la direction du ministère finlandais de l’environnement, de sujets importants pour le climat nordique, en s’inspirant des villes en bois traditionnelles locales et de l’État-providence nordique. En Allemagne, le ministère de l’intérieur a organisé un atelier pour recueillir les contributions des différents acteurs sur le terrain. En Lituanie, le ministère de l’environnement et le ministère de la culture ont organisé une discussion nationale sur le nouveau Bauhaus européen.
Le nouveau Bauhaus européen a suscité beaucoup d’intérêt au sein du Parlement européen: la commission de la culture et de l’éducation (CULT) et la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) ont organisé une série d’événements autour du Bauhaus, allant d’échanges informels avec la Commission à une audition officielle avec des experts de différents États membres. Un groupe interpartis et intercommissions, baptisé Friendship, a été créé en reflétant l’approche holistique du nouveau Bauhaus européen et a rassemblé plus de 30 députés européens. Ils ont participé, par leurs contributions, à la phase de co-conception et ont organisé un événement public avec la société civile.
Le Comité des régions a organisé, avec le soutien et la participation de la Commission, une conversation entre les maires des capitales européennes de la culture et des capitales européennes de l’innovation et ses propres membres.
La Commission européenne a, elle-même, organisé une série de webinaires visant à informer les différentes communautés et recueillir des contributions, de même que la New European Bauhaus Conference. Les différents services de la Commission qui travaillent sur certains aspects du nouveau Bauhaus européen se sont adressés à leurs communautés respectives et ont organisé des ateliers et des événements, par exemple avec des représentants de la jeunesse ou des régions charbonnières, afin d’examiner comment le nouveau Bauhaus européen pourrait, selon eux, faciliter la transition.
La plupart des conversations et des événements étaient adressés à un public européen, mais des activités ont également eu lieu en dehors de l’UE, par exemple en Turquie, en Amérique du Sud et aux États-Unis. La Commission a choisi délibérément d’associer des non-Européens à la table ronde de haut niveau afin de souligner l’ambition mondiale du projet. De plus, plusieurs partenaires non européens ont organisé des événements au cours desquels ils ont noué des relations avec leurs homologues européens.
4.2.Diffusion
4.2.1.Communication numérique
Les principes clés de la stratégie de communication sont l’ouverture, l’engagement et la co-création, avec du contenu fondé sur les histoires partagées par les parties prenantes. L’identité visuelle de la phase de co-conception était très simple, tournant autour de dessins. L’objectif était de donner aux personnes la possibilité de prendre possession du concept et de se montrer créatives.
Depuis janvier 2021, la campagne a permis d’atteindre et d’engager un public important à travers l’Europe:
·Instagram: le compte (qui a été retenu comme principale plateforme de communication en raison de sa nature visuelle) a touché plus de 12 000 suiveurs.
·Twitter: sans compte Twitter dédié, les conversations utilisant le hashtag #NewEuropeanBauhaus ont généré environ 23 000 engagements.
·Le site officiel a enregistré plus de 350 000 visites.
·La circulaire compte plus de 20 000 abonnés.
·Une page Pinterest a été activée.
·Les webinaires ont généré une audience de 4 300 participants.
4.2.2.Partenaires officiels du nouveau Bauhaus européen
À l'issue de la phase de conception, 750 entités avaient demandé à devenir partenaire officiel, dont 270 ont été admises, avec publication sur le site web.
L'activité de diffusion de la communauté des partenaires officiels s’effectue à divers niveaux, allant des organisations actives à l’échelle locale jusqu’aux réseaux à l’échelle de l’UE, englobant de multiples entités. La portée cumulée des organisations qui sont jusqu’à présent des partenaires officiels peut être estimée à plusieurs millions.
(Par «réseaux» il faut entendre des organisations partenaires comptant des membres dans plusieurs pays, tandis que la notion d'«activités» se réfère à des partenaires établis dans un seul État mais développant certaines de leurs activités dans d'autres pays)
Les partenaires représentent une grande diversité en termes de secteurs et de domaines d’expertise.
La communauté compte des partenaires dans la plupart des États membres, dont 36 % sont des réseaux transnationaux ayant des membres dans beaucoup d'États membres et ailleurs, renforçant ainsi la diffusion et l'équilibre géographiques.
Répartition géographique des partenaires, y compris la couverture des réseaux
4.2.3.Recueil d’histoires
4.2.3.1.Le collecteur d’histoires
Au total, le collecteur d’histoires a enregistré quelque 1 800 contributions. Certaines histoires se présentaient sous la forme de longues explications de recherches effectuées; d’autres formulaient de brèves remarques sur un lieu idyllique, un souvenir ou un certain bâtiment ou technique.
Nombre de contributions: exemples: 1145; idées: 452; enjeux: 167
4.2.3.2.Collecteur de contributions libres
Quelque 200 contributions ont été partagées via le collecteur de contributions libres. Ce point d’entrée a permis de toucher un large éventail de participants: professionnels, chercheurs et groupes de recherche, entreprises privées, écoles et universités, organisations culturelles, organisations gouvernementales et non gouvernementales, agences régionales et nationales, réseaux et pôles. Parmi les groupes et associations qui ont soumis leurs contributions, l’échelle d’engagement varie également et va de la dimension locale à la dimension internationale, voire mondiale.
4.2.4.Bilan géographique et bilan sectoriel
La Commission a accordé une attention particulière à l’équilibre géographique et sectoriel: au cours des premières semaines de la collecte de contributions, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne ont été les plus actives en termes de nombre de soumissionnaires et d’activités. Stimulé par les interventions de la Commission, des organisations partenaires, des membres de la table ronde de haut niveau et d’autres parties prenantes, le projet a pu toucher un public plus large grâce à des événements, des conversations et des sessions d’activation.
S’agissant du rôle des contributeurs, le nouveau Bauhaus européen a naturellement suscité un grand intérêt dans le secteur de la construction (architectes et ingénieurs), en raison principalement de la référence explicite au monde de l’architecture contenue dans le nom du projet. Une série d’événements thématiques planifiés directement avec et pour des groupes spécifiques d’organisations a permis d’atteindre les secteurs non représentés (ou moins représentés), ce qui, conjointement avec l’intégration de partenaires de différents domaines, a amélioré la diversité sectorielle.
Quel est votre rôle?
La plupart des contributions émanaient du niveau local.
4.3.Résultats
L’analyse des résultats repose sur les données recueillies dans le collecteur d’histoires, le collecteur de contributions libres, les résultats des conversations et les événements que la Commission européenne a organisés ou auxquels elle a participé.
Afin d’examiner ce que les concepts d’esthétique, de durabilité et d’inclusion sociale signifient pour les personnes par rapport aux lieux et aux formes de vie, il a fallu démêler les contributions et les multiples dimensions.
La durabilité a été principalement associée aux aspects «verts», tels que l’économie circulaire, l’efficacité énergétique et la réutilisation des matériaux. L’inclusion a été reliée à une plus grande attention portée aux besoins des groupes marginalisés ou vulnérables, à la participation à la prise de décision de tous les groupes de la société, à l’accessibilité accrue et à prix abordable du parc immobilier et à la création de liens entre les personnes. S’agissant de l’esthétique, un lien est généralement fait avec une redécouverte de l’histoire et du patrimoine architectural, avec des lieux qui semblent familiers ou qui sont en harmonie avec le monde naturel, et avec des lieux ou des formes qui font appel à la créativité et à l’imagination.
«Ce n’est pas parce que l’on fait confiance aux nouveautés que l’on doit se précipiter à l’aveugle dans un avenir sans racines. Au contraire, il faut plutôt explorer l’interaction positive du fond identitaire d’un pays (son genius loci), avec les langues, les matériaux, les moyens techniques et de production du monde actuel».
«Les habitants ne sont pas seulement concernés par la connaissance pratique des travaux de rénovation. Ils sont également impliqués sur le plan émotionnel et ils éprouvent le besoin d’avoir une relation poétique et sensible avec les lieux dans lesquels ils vivent pendant ces périodes de transition».
(Site web du nouveau du Bauhaus européen, collecteur d’histoires).
La plupart des sujets sont interconnectés: par exemple, avoir accès à des espaces verts peut aussi permettre aux gens de se rassembler; les logements abordables doivent être proches du marché du travail afin de créer un écosystème de vie sain et fonctionnel. L’amélioration locale d’un lieu ne peut se faire sans tenir compte de l’ADN du lieu.
5.Axes émergents
Le regroupement des contributions a permis de dégager quatre grands axes, comme expliqué dans la présente communication:
·Se reconnecter à la nature
·Retrouver un sentiment de communauté et d’appartenance
·Donner la priorité aux lieux et aux personnes qui en ont le plus besoin
·Nécessité d’avoir une réflexion (circulaire) à long terme, axée sur le cycle de vie et intégrée dans l’écosystème
industriel.
5.1.Se reconnecter à la nature
Une aspiration observée de manière récurrente dans les contributions est le besoin fondamental de se reconnecter à la nature et de reconstruire une relation avec elle. La tendance générale est au retour à une réflexion holistique qui aborde l'art de vivre et l’état d’esprit, l’économie et la société, ainsi que les limites de la planète, selon une approche centrée sur l’écologie.
«Les habitants des centres urbains sont éloignés de la nature depuis des décennies. Aujourd’hui, le besoin d’espaces verts ouverts se fait plus que jamais ressentir».
«Dans la nature (végétation verticale, bâtiments verts, places vertes, potagers urbains, etc.), la végétation ne doit plus se limiter à quelque chose d’extérieur et de différent de la ville, mais doit en devenir l’un des principaux matériaux».
«Le programme Barcelona Superblocks vise à rendre la ville plus saine et plus vivable, avec de courtes distances. Telle est la raison pour laquelle le programme place la santé des individus au premier plan, réorganise la mobilité et la rend plus efficace et plus sûre, tout en favorisant la mobilité active et durable, en gagnant de l’espace pour les relations sociales et en aspirant à une ville plus verte et plus naturalisée, avec une riche biodiversité».
«Ma proposition repose sur le développement de programmes éducatifs permanents dans les écoles et pour les enfants de manière à les associer, dès leur plus jeune âge, au développement et à la protection de l’environnement».
«Nous n’avons rien inventé. Nous ne faisons que perpétuer la vision de nos ancêtres en respectant la nature et en lui permettant de coexister avec nous».
(Site web du nouveau du Bauhaus européen, collecteur d’histoires).
Plusieurs voix ont attiré l’attention sur la nécessité d’éviter de traiter l’environnement bâti et l’environnement naturel comme des éléments distincts. Il s’agit de parties interconnectées d’un même écosystème. Dans les villes, la nature devrait faire partie intégrante du tissu urbain, avec des interventions allant des petits jardins aux projets de plus grande envergure, l’objectif commun étant de «re-végétaliser» la ville et de laisser la nature prendre le dessus. La lutte contre les zones urbaines dégradées est l’une des idées récurrentes, en particulier lorsque des espaces laissés pour compte ont le potentiel d’être transformés en espaces actifs où il fait bon vivre et en espaces capables de favoriser la biodiversité et la régénération.
En termes d’espace, la planification urbaine doit accorder une même attention à plusieurs dimensions simultanément. La restauration de la biodiversité et des habitats doit aller de pair avec l’évolution des schémas de mobilité, qui ne sont plus dominés par la voiture, mais bien par des aménagements piétonniers et connectés, pour des villes plus saines et plus vivables. L’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau en s’attaquant à l’utilisation non durable des ressources et à la gestion des déchets permettra également d’améliorer la qualité de vie et la santé des habitants des villes et de la nature.
«La haie verte autour de la place a été agencée comme s’il s’agissait de l’orée d’une forêt urbaine. Il s’agit du point de départ d’une réflexion sur la ville dans son ensemble en tant qu’écosystème urbain».
(Place Skanderbeg, Tirana, Albanie — Site web du nouveau Bauhaus européen, collecteur d’histoires)
En dehors de la sphère urbaine, la perte de biodiversité, la vulnérabilité environnementale, la perte de connaissances locales et la disparition des exploitations agricoles sont des défis auxquels sont confrontées de nombreuses zones rurales. Dans ces cas-là, les solutions proposées font principalement référence aux pratiques de tourisme durable, aux modèles de permaculture ou d’agroforesterie, aux villages intelligents ou écologiques, à la restauration de la biodiversité et à l’intégration de la dynamique campagne-ville.
«Nous souhaitons présenter des stratégies de planification durable qui peuvent être utilisées par les acteurs locaux et régionaux des régions alpines lors de la reconversion d’anciens sites industriels en de bons environnements de travail et de vie. Une tâche aussi complexe doit tenir compte du contexte économique, écologique et social local et ne peut être maîtrisée par un seul expert».
(Projet Alpine Industrial Landscapes Transformation — Site web du nouveau Bauhaus européen, collecteur de contributions libres)
5.2.Retrouver un sentiment d’appartenance
Un thème clé qui ressort des contributions est la nécessité d’encourager le sentiment d’appartenance et de redécouvrir l’esprit d’un lieu en reconnectant les habitants avec leur environnement de vie et avec la culture et l’histoire locales.
«Le manque d’espaces publics culturels créatifs. Des espaces qui feront le lien entre l’art et la société. Des espaces pour la croissance socioculturelle. Des espaces pour les discussions et conversations publiques. Des espaces pour la co-création et la collaboration. Des espaces pour le développement des compétences et des ateliers. L’espace pour une inclusion totale».
«On aspire clairement à une vie communautaire, à être ensemble, à faire partie de quelque chose».
«Pour les immigrés, il est important de retrouver une dimension familiale afin de partager des moments avec les autres. De telles occasions naissent généralement autour d’une bonne table et d’espaces communs dans des logements partagés».
«Les activités culturelles seront utiles pour créer une histoire et des valeurs partagées liées au respect de l’environnement dans un espace commun tel qu’un forum où de nouvelles approches culturelles pourraient aider à résoudre les problèmes sociaux afin d’atteindre un bien-être commun. Nous savons tous que les activités culturelles soutiennent quatre axes de durabilité: l’axe économique, l’axe social, l’axe environnemental et surtout le capital humain».
«Capturer l’ADN d’une communauté. Inspirée par les principes du Bauhaus, renouvelés et réinventés pour notre ère, cette idée propose un projet pilote qui combine recherche et vision avec des méthodes consultatives, afin d’engager la communauté dans la définition de sa propre signature d’expérience unique. Par ce biais, la proposition vise à aider au développement d’une architecture et d’un espace public plus pertinents et significatifs qui reflètent et refamiliarisent les éléments que nous aimons et qui sont appréciés dans un lieu ou un temps donné, et qui en définissent l’identité».
(Site web du nouveau du Bauhaus européen, collecteur d’histoires)
Un bon exemple illustrant cette question est tiré des conversations menées entre différentes parties prenantes des régions charbonnières en transition. Elles ont attiré l’attention sur le fait que les politiques de transition se concentrent sur la durabilité, l’innovation et la création de nouveaux emplois, mais négligent souvent la dimension du renforcement de la communauté, du patrimoine culturel et architectural et de la finalité. La transition doit se recentrer sur les besoins de la communauté et sa vision de la transformation de son environnement.
Un autre défi important exprimé par les gens est le manque de lieux de qualité où ils pourraient se rencontrer, échanger des idées et avoir des liens sociaux avec d’autres, ce qui affecte négativement à la fois l’unité sociale et le bien-être individuel. Tel est, par exemple, le cas des anciens quartiers et bâtiments soviétiques, où le processus de rénovation ne devrait pas se concentrer uniquement sur la (re)construction proprement dite, mais aussi sur la recherche d’un nouveau sentiment d’identité et la promotion du bien-être.
«Nous devons humaniser les quartiers et les voisinages soviétiques. Actuellement, il n’existe pas d’espaces publics susceptibles de stimuler l’engagement communautaire, les activités récréatives ou les entreprises locales. Cette question exige la recherche d’un design urbain, d’outils et de solutions novateurs et originaux».
-«Les espaces urbains et les typologies caractéristiques des centres-villes ou des vieilles villes ne seront jamais adaptés aux quartiers soviétiques, car ces quartiers ont été construits de manière fondamentalement différente. Par conséquent, nous devons quasiment réinventer ces espaces et créer de nouveaux espaces urbains pour que les communautés puissent en profiter et y vivre».
(Site web du nouveau Bauhaus européen, collecteur de contributions libres)
La culture et l’art jouent un rôle de premier plan dans le rétablissement de la relation entre les habitants et le caractère, l’histoire et les traditions qui constituent l’«âme» distinctive d’un lieu. Ce sont en outre des catalyseurs pour rassembler les gens et combler les distances sociales en partageant des points de vue et des expériences différents et ils jouent également un rôle dans la revitalisation des quartiers, voire des territoires.
L’élargissement du concept de culture permettrait d’inclure la préservation du patrimoine architectural et des repères culturels, qui ont un rôle important à jouer, notamment dans le cadre de projets de réaménagement et de rénovation. L’utilisation des connaissances et des techniques locales est un moyen de reconnecter les gens avec les lieux où ils vivent, mais elle a aussi le potentiel de rajeunir l’économie.
Les intervenants ont, en outre, exprimé le désir de devenir actifs en soutenant l’écosystème commercial local et la décentralisation de plusieurs chaînes d’approvisionnement, de la production alimentaire à la fabrication distribuée de divers biens. Le soutien d’une «économie de proximité» et d’un modèle de «ville en 15 minutes» (ou de «communautés complètes») peut créer davantage d’opportunités locales et des communautés dynamiques à usage mixte où tous les besoins sont à portée de main pour tout le monde.
5.3.Donner la priorité aux lieux et aux personnes qui en ont le plus besoin
Les principales dimensions qui ont émergé dans ce domaine sont les suivantes:
·l’importance d’une participation des citoyens à la prise de décision sur un pied d’égalité et la nécessité d’une approche inclusive qui prenne en compte les expériences et les besoins des différents groupes dans les contextes publics et privés;
·la nécessité de relier les zones rurales aux villes, mais aussi de combler la fracture numérique;
·la nécessité de s’attaquer au problème des sans-abri et d’améliorer l’accessibilité des logements et leur mise à disposition à prix abordables au profit des groupes qui sont confrontés aux défis les plus difficiles.
«Mais (rappelant le Bauhaus) la maison n’est rien sans services, sans sociabilité, sans espace collectif et public. En fait, se concentrer sur le logement, c’est travailler sur le cœur même de notre société: c’est prendre soin des gens, de tous les gens, peu importe leur couleur de peau, l’endroit d’où ils viennent, leur sexe ou leur religion, s’ils sont autochtones ou migrants».
«Inclusion est un mot à signification unique, mais il existe des milliers de façons d’être réellement inclus dans notre société. Les personnes souffrant d’un handicap visuel, auditif ou moteur ne sont pas pleinement incluses dans notre société moderne».
«Les petites villes et les villages qui n’ont pas pu résister aux changements économiques ont vu leurs jeunes générations partir, leurs habitants plus âgés s’isoler et leur environnement bâti être progressivement abandonné».
«En Europe, il existe un grand nombre de municipalités et de petits noyaux de population rurale qui sont en déclin et qui disparaissent. Et pourtant, un grand nombre d’entre elles ont un énorme potentiel en réunissant des essences d’authenticité historique, culturelle, patrimoniale et naturelle».
«Les personnes handicapées connaissent un solide phénomène d’auto-isolement dû: — à l’attitude de leur entourage (facteur subjectif lié aux préjugés),
— à l’inaccessibilité de l’environnement bâti (facteur objectif affectant directement la mobilité). Ce phénomène apparaît pendant l’enfance, dès la cour de récréation, un lieu où les enfants prennent conscience d’eux-mêmes et des différences qui les séparent».
«Les jeunes et les personnes âgées sont particulièrement exclus de l’offre [de logements] actuelle: les premiers, principalement en raison de leurs revenus; les seconds, à cause d’une série de facteurs (accessibilité, éloignement du centre urbain, solitude, besoin)».
(Site web du nouveau Bauhaus européen, collecteur d’histoires).
Afin de renforcer l’inclusion sociale, il est nécessaire de répondre aux besoins des groupes marginalisés ou vulnérables, tels que les personnes âgées, les personnes handicapées ou les migrants, et de garantir l’égalité d’accès pour tous aux services, aux espaces verts et aux outils numériques. De nombreuses contributions font référence à ce dernier point en tant qu’instruments à plébisciter pour responsabiliser les gens et démocratiser la participation à la prise de décision.
De nombreuses zones rurales souffrent de dépeuplement, ce qui entraîne une privation économique et/ou sociale et une dégradation de l’environnement naturel et bâti. Les zones rurales souffrent souvent d’un manque de connectivité (physique et numérique) et partant, d’un manque d’opportunités en termes d’emplois ou de potentiel d’innovation. S’attaquer à la connectivité et à l’accessibilité en tant que moyen d’amélioration de l’inclusion sociale vaut également pour les zones urbaines où certains quartiers sont physiquement et/ou socialement déconnectés et souffrent donc de marginalisation et d’inégalité d’accès aux services. Dans les zones urbaines, la question du «rétrécissement» des villes a également des conséquences économiques, sociales et infrastructurelles négatives qui nécessitent une stratégie à long terme.
De très nombreuses contributions et conversations soulignent que l’accent ne doit pas être mis uniquement sur le logement et l’environnement bâti, mais aussi sur la facilitation de l’accès aux services et aux infrastructures.
5.4.Nécessité d’une réflexion à long terme, sur le cycle de vie et intégrée dans l’écosystème industriel
Il est urgent de s’attaquer à l’utilisation non durable des ressources et des déchets dans différents secteurs (par exemple, la construction, la mode, la fabrication).
«Comme le Bauhaus a ouvert une discussion sur la façon dont nous concevons et réalisons les bâtiments, le nouveau Bauhaus doit tenir compte de la pression exercée par le processus de construction sur les écosystèmes dont nous faisons partie».
«L’utilisation de la posidonie sèche en tant qu’isolant thermique nous rappelle que nous ne vivons pas dans une maison, mais dans un écosystème».
«Une industrie durable doit reposer sur des données et des réglementations couvrant le cycle de vie, en suivant l’exemple de l’industrie du bois».
«Nous proposons d’adopter le mycélium (plutorus spp.) et les déchets dans un matériau composite pour remplacer les matériaux de construction hautement toxiques actuels».
«La valorisation pourrait réduire la dépendance aux importations et contribuer à créer des emplois dans les pratiques de fabrication locales».
«L’approche des architectes vis-à-vis des projets de mobilier des maisons neuves devrait être plus disruptive et créative, en assemblant et en combinant des éléments de mobilier remis à neuf».
(Site web du nouveau Bauhaus européen, collecteur d’histoires).
Dans le secteur de la construction, le principal message est d’éviter la démolition en se concentrant sur la réhabilitation et la réutilisation adaptative des bâtiments anciens.
Des solutions et matériaux fondés sur la nature sont essentiels pour une nouvelle façon de penser les écosystèmes industriels. Des solutions inspirées du monde naturel peuvent contribuer à une approche plus intégrée et circulaire. Les bâtiments et les procédés industriels doivent être considérés comme faisant partie de l’écosystème naturel. Des exemples de pratiques circulaires, de valorisation, d’évitement et de réutilisation de différents types de déchets peuvent être transférés et étendus.
En ce qui concerne la rénovation urbaine ou la réhabilitation de logements, plusieurs éléments clés doivent être pris en compte dans une approche intégrée et à long terme.
«L’un des plus grands défis en Flandre et en Europe est la rénovation urbaine des bâtiments existants. Une caractéristique de la Belgique est le grand nombre de propriétaires privés. Un véritable défi consiste donc à trouver des solutions pour renouveler et rénover ces bâtiments existants en collaboration avec les propriétaires privés. Comment peut-on stimuler cela en donnant à ces propriétaires privés les moyens d’être impliqués, de participer et de trouver des modes de rénovation? Comment adapter le système en tenant compte de la spécificité belge?»
(Site web du nouveau Bauhaus européen, collecteur de contributions libres)
De nouvelles techniques et de nouveaux matériaux pourraient offrir des solutions pour une perspective à long terme dans le secteur de la construction. L’utilisation de matériaux valorisés ou de déchets provenant de la démolition, ainsi que de matériaux biosourcés pour la réhabilitation en termes de renforcement de l’intégrité structurelle ou d’amélioration de l’isolation thermique des bâtiments anciens pourrait se justifier. Outre les solutions naturelles et circulaires, d’autres technologies et innovations peuvent jouer un rôle important. Citons, à titre d’exemple, la récupération de chaleur et les énergies renouvelables, l’impression 3D, la collecte de données et les outils de partage pour améliorer l’efficacité énergétique, l’utilisation de l’eau et la gestion des déchets. Les outils numériques peuvent jouer un rôle efficace pour capturer la «vie» des communautés et favoriser la collaboration et l’engagement communautaire dans le développement urbain ou fournir des informations perspicaces concernant les besoins des résidents par rapport à leur environnement de vie.
La transformation de certains secteurs économiques nécessite une meilleure formation et une requalification de la main-d’œuvre en vue de l’intégration de la pensée et des pratiques du cycle de vie dans toutes les dimensions et tous les processus de l’écosystème industriel. Il conviendrait de mener une réévaluation et des recherches plus poussées sur le coût des pratiques non durables afin de fixer des priorités et de réorienter les cycles les plus dommageables.
La réflexion sur le cycle de vie doit s’appliquer à toutes les échelles: à l’échelle du quartier, en travaillant et en réutilisant les matériaux locaux, par exemple en transformant les matériaux mis au rebut en mobilier urbain ou en espaces partagés, ou à l’échelle nationale ou internationale en opérant des changements dans la chaîne de valeur des industries clés.
6.Idées d’actions
Les contributeurs ont attiré l'attention sur divers besoins à prendre en considération pour permettre la transition et mettre en œuvre le nouveau Bauhaus européen, allant de la fourniture de financements à la création de réseaux, en passant par une meilleure visibilité des projets et produits prometteurs.
Au-delà de cette indication horizontale, les contributions ont donné lieu à quelques recommandations d'action claires.
6.1.Attention pour les interventions à petite échelle
Le nouveau Bauhaus européen devrait accorder une attention particulière aux actions et aux changements au niveau des rues et des quartiers, car même les plus petites actions peuvent faire une grande différence. De plus, les voisins sont des experts dans leur propre quartier. Les projets à petite échelle réussis abaissent également le seuil du changement: les petites initiatives sont déjà là et ne demandent qu’à être renforcées. Souvent, la conception des appels complique les demandes de financement de l'UE pour ce type d'actions.
6.2.Travailler à plusieurs échelles en même temps
On prend de plus en plus conscience que les actions entreprises en Europe influencent le reste du monde et vice versa. On prend également conscience de l’interconnexion des échelles plus petites et plus grandes et de la possibilité de travailler avec les mêmes principes dans différentes structures. La conversation et la coopération dans le domaine du nouveau Bauhaus européen devraient donc devenir mondiales, et certaines contributions ont développé des idées concrètes en la matière.
6.3.La transdisciplinarité au service d’une approche intégrée
Une transformation significative des lieux exige non seulement qu’il faille impliquer de nombreuses compétences et connaissances différentes, mais aussi qu’il faille les engager dans des dialogues et une exploration transdisciplinaires. Si les modes de collaboration multidisciplinaires sont souvent évoqués, de nombreuses histoires vont au-delà du concept d'inter- ou de multidisciplinarité. De leur point de vue, la véritable innovation consiste à combiner et accepter l'appui cognitif des spécialistes et non-spécialistes, accordant ainsi aux volets «faire» et «penser» la même importance. Idéalement, cela va de pair avec le fait de travailler dans des environnements sûrs, fondés sur la confiance mutuelle et la collaboration.
6.4. Partir d’une approche participative
Une conception et un urbanisme inclusifs réussis devraient commencer par inviter toutes les personnes à participer à la conversation. Trop souvent, les contributeurs ont écrit que, dans ce cadre, le processus participatif est partiel, voire symbolique. Afin de garantir que les solutions correspondent aux besoins et au lieu d’intervention de la meilleure façon possible, il est essentiel de s’assurer que le processus est mené par les personnes qui bénéficieront également de sa conception. Parmi les outils permettant d’atteindre une plus grande participation, les contributeurs mentionnent souvent le financement participatif et d’autres possibilités de financement coopératif pour les citoyens.
6.5.L’innovation au-delà de la poussée technologique
Un nouveau paradigme de l’innovation est nécessaire pour dépasser les modèles strictement technologiques et parvenir à une relation harmonieuse entre la technologie et la société. L’innovation technologique a beaucoup à apporter à l’ambition du nouveau Bauhaus européen. Cela va de l’utilisation intelligente des outils numériques aux nouveaux matériaux. L’incidence de l’innovation ne découle toutefois pas forcément de la nouveauté ou de la technologie elle-même: le défi de l’innovation pourrait venir, par exemple, de nouvelles méthodes industrielles réduisant les coûts et rendant les solutions disponibles plus abordables ou de l’association de nouvelles technologies et de solutions artisanales et locales traditionnelles permettant de s’adapter à des contextes ou des choix esthétiques spécifiques. Le domaine «Art et science» a également été mentionné en tant qu’axe prometteur pour nourrir une approche plus large de l’innovation.
6.6.Entre le passé et le présent
Reconnaître et comprendre l’importance du patrimoine, des connaissances et des traditions locales et leur rôle dans la construction d’un avenir durable. Nécessité de réévaluer les pratiques qui ne sont pas adaptées aux défis sociaux et environnementaux actuels, tout en tenant compte des anciennes formes de connaissances qui pourraient contribuer à façonner de nouvelles orientations futures.
6.7. Nouvelles formes de financement
L’innovation peut prendre la forme de solutions de financement. De nouveaux partenariats public-privé, une gestion différente des projets, de nouvelles opportunités qui permettront aux citoyens et aux petites entreprises de s’impliquer davantage.
7.VII. Conclusions et étapes suivantes
La co-conception a été la première étape importante de l’initiative du nouveau Bauhaus européen. Elle a façonné son identité, tant au niveau du processus que du contenu.
Au cours des étapes suivantes, le nouveau Bauhaus européen poursuivra son approche participative et s’attachera à approfondir les axes dégagés lors de la phase de co-conception. Afin d’élargir encore le public cible et d’adopter une approche encore plus inclusive, les efforts de rencontre de la population seront intensifiés.
Les outils utilisés pour recueillir les expériences et les visions se sont révélés adéquats compte tenu des limites imposées par la pandémie. Mais force est de reconnaître que les outils numériques empêchent certains groupes ou certaines personnes de faire entendre leur voix. Les étapes suivantes devraient permettre la mise en place de différents cadres et différentes conditions qui permettront de travailler avec les personnes sur le terrain.
La communauté des partenaires va s’élargir et se diversifier. Une attention particulière devra donc être accordée aux partenaires situés en dehors de l’Europe afin de façonner et de renforcer la dimension mondiale de l’initiative. Cela nécessitera également une participation plus étroite des acteurs politiques et de l’industrie en tant qu’acteurs clés pour permettre une transformation de l’écosystème industriel.
Remerciements
Nous tenons à exprimer notre sincère gratitude à toutes les personnes et organisations qui ont pris la peine de partager avec nous leurs rapports, leurs points de vue et leur expertise et d’organiser et participer aux conversations. Cette initiative est notre œuvre commune!
Crédits
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·Coquille de nautile © Adobe Stock – Dean Pennala
·Texture de feuillage vert © Adobe Stock – Vera Kuttelvaserova
·Vue aérienne de personnes installées sur la pelouse du parc © Adobe Stock – Watman
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https://www.up.pt/neb-goes-south/
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https://centrumdesignu.gdynia.pl/
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https://www.arcticdesignweek.fi/en/
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https://europa.eu/new-european-bauhaus/events/bauhaus-north-rhine-westphalia-focus-europe_en
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https://wood4bauhaus.eu/
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https://www.dcci.ie/consumers/blog/new-european-bauhaus
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https://www.uni-weimar.de/en/media/news/news/titel/open-call-for-a-new-european-bauhaus-weimar-2/
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https://triennale.org/bauhaus
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·Wunderbugs / © Francesco Lipari
·Tree-House School / © Valentino Gareri
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·Protegemos las escuelas © Barcelona City Council
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·Ljuba in Drago / © Ksenja Perko
·Jardins tropicaux sur Rundelsgatan à Vellinge / © Source: edge
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·Domo - éducation à l’architecture durable en école secondaire / © Dolores Victoria
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