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Document 52000DC0241

Document de travail de la Commission - Perspectives et priorités du processus ASEM (réunion Asie-Europe) pour les dix années à venir

/* COM/2000/0241 final */

52000DC0241

Document de travail de la Commission - Perspectives et priorités du processus ASEM (réunion Asie-Europe) pour les dix années à venir /* COM/2000/0241 final */


DOCUMENT DE TRAVAIL DE LA COMMISSION - Perspectives et priorités du processus ASEM (réunion Asie-Europe) pour les dix années à venir

DOCUMENT DE TRAVAIL DE LA COMMISSION - Perspectives et priorités du processus ASEM (réunion Asie-Europe) pour les dix années à venir

RÉSUMÉ

L'évolution de la situation depuis la première réunion Asie-Europe à Bangkok en 1996 a souligné l'interdépendance mutuelle entre nos deux régions et la précieuse contribution du processus ASEM à l'amélioration du dialogue et de la coopération entre l'Asie et l'Europe. Le troisième sommet ASEM qui se tiendra à Séoul en octobre 2000 représente un enjeu majeur en ce sens qu'il devra contribuer au développement du processus en veillant à ce qu'il continue à servir les intérêts de nos citoyens. Il devra en particulier définir le rôle du processus ASEM pour les dix années à venir. Le présent document entend formuler des suggestions pour les perspectives et les priorités clés sur lesquelles le processus ASEM pourrait s'engager à Séoul et après.

Conformément aux décisions prises aux sommets de Bangkok et de Londres, le dialogue actif et constructif qui se développe au sein des trois piliers de l'ASEM (questions politiques, questions économiques et financières et, enfin, questions culturelles et intellectuelles) représente déjà un succès considérable. Les partenaires devraient continuer à se fonder sur l'absence de formalité, la dimension plurielle et la participation de haut niveau qui caractérisent le processus ASEM. Des défis importants sont néanmoins à relever - tels que la nécessité de s'assurer que le processus continue à progresser dans chacun de ses trois piliers tout en renforçant l'engagement public dans les relations Asie-Europe et de répondre aux attentes des partenaires qui ne participent pas encore à ce processus. S'agissant de l'avenir, les perspectives clés du processus ASEM devraient fondamentalement rester celles qui ont été établies lors des deux premiers sommets.

Dans l'exercice de définition des priorités ASEM pour l'avenir, une distinction est faite entre d'une part les priorités générales et d'autre part les priorités spécifiques appelant des actions à court terme. Des priorités générales sont proposées pour chacun des trois piliers et reposent en grande partie sur les travaux en cours dans le processus ASEM. Les priorités ont pour objectif d'exploiter les acquis du processus et d'approfondir les relations entre nos deux régions. Il faut continuer à mettre l'accent sur le potentiel de l'ASEM en tant qu'enceinte informelle permettant un échange de vues entre nos deux régions qui contribue à améliorer la connaissance mutuelle des questions politiques et de sécurité ainsi que des questions économiques, financières et sociales et, dans un contexte plus large, des questions culturelles et intellectuelles. Ces priorités devraient être intégrées au Cadre Actualisé de Coopération entre l'Asie et l'Europe qui sera adopté à Séoul et qui établira les bases générales du processus ASEM pour la décennie à venir.

En outre, cinq priorités spécifiques sont suggérées pour adoption lors du troisième sommet ASEM: un échange de vues plus approfondi sur les questions de sécurité régionale et mondiale, une coopération renforcée et davantage axée sur les résultats dans le domaine commercial et économique incluant un dialogue portant sur les questions de politique sociale, l'intensification des échanges dans le domaine de l'éducation entre nos deux régions, la mise en réseaux des échanges et la coopération dans le domaine de la protection des consommateurs et un élargissement possible de la participation au processus ASEM.

1. Introduction

La réunion Asie-Europe (ASEM) a débuté avec le sommet de Bangkok en mars 1996. Les chefs d'État et de gouvernement asiatiques et européens et le président de la Commission européenne se sont engagés dans un nouveau processus de dialogue et de coopération visant à établir de nouvelles relations entre les deux régions. L'objectif poursuivi par le processus ASEM est d'instaurer un partenariat d'égaux, couvrant un large champ et fondé sur les trois piliers de l'ASEM, à savoir la promotion du dialogue politique, l'approfondissement des relations économiques et le renforcement des liens culturels entre les peuples. Dix pays asiatiques [1], les quinze États membres de l'Union européenne et la Commission européenne participent à ce processus.

[1] Brunei, Chine, Indonésie, Japon, Corée du Sud, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam

Bien qu'en grande partie dominé par le sujet de la crise économique et financière en Asie, le deuxième sommet ASEM qui s'est tenu à Londres en avril 1998 a confirmé l'engagement de l'Europe envers l'Asie et sa confiance dans sa capacité de reprise économique. Le sommet, en relevant ce défi, a reconnu l'importance de la coopération entre nos deux régions et a promis, en réponse à la crise, de maintenir les flux de commerce et d'investissements. Les chefs de gouvernement ont également exprimé leur impatience de voir s'approfondir plus encore le partenariat et ont exprimé leur confiance dans le retour à la croissance en Asie qui est devenu maintenant très visible.

L'enjeu du troisième sommet à Séoul sera de confirmer et de développer ce partenariat entre nos deux régions et, en fait, de maintenir sa dynamique et sa pertinence, de contrecarrer tout sentiment de «lassitude» au sein du processus ASEM. Le troisième sommet ASEM définira les perspectives et les priorités clés que l'Asie et l'Europe en tant que partenaires égaux pourraient traiter au cours de la première décennie du nouveau siècle. Le prochain sommet offre ainsi une excellente occasion de faire le point des réalisations passées pour préparer l'avenir.

Ce qui s'est passé depuis le sommet de Bangkok a souligné l'interdépendance de nos deux régions. Dans le domaine politique, l'Asie et l'Europe peuvent trouver une cause commune dans la promotion de la paix et de la stabilité là où, dans nos régions respectives, les conflits sont source d'inquiétude réelle. Dans le domaine économique, la reprise de la croissance soutenue en Asie, d'ores et déjà réelle, aura une incidence très positive sur la croissance de l'économie mondiale en général et de l'Europe en particulier. Les partenaires asiatiques de l'ASEM représentent 31,5 % de la population mondiale, 18,9 % du PIB mondial, 24,7 % des exportations mondiales de marchandises (15,9 % des services) et 17,5 % des importations mondiales de marchandises (22,5 % des services). Ils génèrent 7,5 % des flux d'investissement étranger direct sortants et absorbent 14,5 % des flux d'investissement étranger direct entrants [2]. Sur le plan culturel, une meilleure connaissance réciproque et le développement de contacts directs entre nos deux régions contribueront de manière significative à la réalisation de notre objectif de compréhension mutuelle tout en facilitant les échanges politiques et économiques.

[2] Chiffres de 1998 (Source: DG « TRADE », décembre 1999).

En juin 1997, dans le cadre de la préparation du deuxième sommet ASEM à Londres, la Commission européenne a présenté un document de travail sur le processus ASEM dans lequel elle exposait les perspectives et les priorités spécifiques [3] de l'Union. Le document actuel a pour objet de réexaminer et de mettre à jour cette analyse et de présenter les perspectives et les priorités clés que le processus ASEM pourrait aborder à Séoul et après. Le sommet offre une possibilité, qui vient à point nommé, de repositionner et de renforcer la relation entre l'Europe et l'Asie dans un contexte d'après-crise et dans cette ère de mondialisation des relations internationales.

[3] SEC (97) 1239, 26 juin 1997. La communication de la Commission « Vers une nouvelle stratégie asiatique » (COM (94) 314, 13 juillet 1994) constitue un autre document de référence qui, tout en précédant l'initiative ASEM, n'en annonce pas moins un certain nombre d'éléments importants.

2. Réalisations et défis

À l'aune des objectifs qui lui ont été assignés lors des précédents sommets, le processus ASEM a déjà montré son utilité. Un dialogue constructif et actif, de haut niveau, a été instauré entre nos deux régions, avec comme point d'ancrage les réunions bisannuelles des chefs d'État et de gouvernement et, dans l'intervalle, les réunions périodiques des ministres des affaires étrangères, des finances et de l'économie [4]. Les hauts fonctionnaires des ministères des affaires étrangères, des finances et de l'économie se réunissent régulièrement tandis que les hommes d'affaires, de leur côté, se réunissent chaque année dans le cadre du forum Asie-Europe des entreprises.

[4] Les ministres des affaires étrangères de l'ASEM se sont réunis en février 1997 à Singapour et en mars 1999 à Berlin, les ministres des finances en septembre 1997 à Bangkok et en janvier 1999 à Francfort et les ministres de l'économie en octobre 1997 au Japon et en octobre 1999 à Berlin. Par ailleurs, une conférence ministérielle portant sur la science et la technologie a eu lieu à Pékin en octobre 1999. A l'annexe 1 figure un résumé plus détaillé de l'évolution du processus à ce jour. L'annexe 2, quant à elle, illustre les relations entre le processus ASEM et les autres formes de dialogue.

Le dialogue sur les questions politiques d'intérêt commun a été développé au niveau des sommets, des réunions ministérielles et des hauts fonctionnaires. De plus, des séminaires informels, des ateliers et des colloques, organisés par les différents partenaires de l'ASEM ou par la fondation Asie-Europe, ont permis d'aborder des sujets tels que les droits de l'homme, la mondialisation, et d'autres aspects des relations internationales.

Dans les domaines économique et financier, un dialogue soutenu s'est instauré, à leurs niveaux respectifs, entre les ministres et les hauts fonctionnaires. Il a porté notamment sur les relations commerciales, les investissements et l'Organisation Mondiale du Commerce ainsi que sur certains sujets liés aux politiques macro-économiques et à la surveillance du secteur financier. Ce dialogue a été complété par la mise en oeuvre active des deux grands plans d'action ASEM (sur la facilitation du commerce et la promotion des investissements) adoptés à l'occasion du deuxième sommet, par la tenue de réunions et de colloques sur des sujets tels que les infrastructures et les PME, par la création de sites Internet accessibles au public [5] et par l'intensification de la coopération entre les fonctionnaires des douanes.

[5] Pour de plus amples informations sur les réglements relatifs aux investissements, voir le site http://www.asem.vie.net et pour des informations sur les possibilités d'investissement, voir le site http://www.asemconnect.sg.

En réponse à la crise économique et financière en Asie, lors du sommet de Londres la crise et ses implications pour les relations entre l'Asie et l'Europe ont fait l'objet d'une discussion franche et substantielle. Les chefs de gouvernement se sont engagés à maintenir leurs marchés ouverts face en anticipation de pressions protectionnistes qui auraient pu résulter de la crise ("Engagement ASEM concernant les échanges et les investissements") et ont accepté de créer un fonds fiduciaire ASEM destiné à fournir l'expertise nécessaire pour aider les pays en crise à résoudre leurs problèmes financiers et sociaux liés à la crise. Ils ont également décidé de créer un réseau européen d'expertise financière (EFEX) dont le but est d'identifier des experts de haut niveau dans le secteur public et le secteur privé auxquels les partenaires asiatiques pourront faire appel.

Dans le domaine scientifique et technologique, la conférence ministérielle ASEM sur la science et la technologie organisée à Pékin a posé les jalons du lancement d'un éventail de nouvelles activités de coopération destinées à améliorer les contacts scientifiques entre les deux régions, à accroître les échanges d'informations, à stimuler les flux d'idées entre les communautés scientifiques et la mise en réseau des chercheurs et à promouvoir les partenariats entre les universités et l'industrie [6].

[6] Un site Internet concernant la coopération scientifique et technique dans le cadre de l'ASEM a été créé à l'adresse suivante: http://www.cordis.lu/asem/home.html

Dans le domaine de l'environnement, un centre Asie-Europe de technologie environnementale (AEETC) a été établi à Bangkok pour promouvoir la coopération en matière de recherche et développement dans le domaine de l'environnement.

Dans le domaine culturel et intellectuel, la fondation Asie-Europe à Singapour est à l'origine d'un programme, en plein essor, de conférences et de soutien d'activités de type «mise en réseau» visant à améliorer la compréhension mutuelle et les contacts personnels directs entre les deux régions. En outre, une série de dialogues et d'initiatives de mise en réseau a été lancée par divers partenaires de l'ASEM dans des domaines aussi divers que la protection de l'enfance, le patrimoine culturel et les politiques socio-économiques.

Soucieux de définir les grands paramètres du processus ASEM, le sommet de Londres a adopté un Cadre de Coopération euro-asiatique qui définit les objectifs et les priorités clés de ce processus et a créé le "groupe de vision Asie-Europe" qui a pour tâche d'examiner les perspectives à moyen et à long terme des relations entre l'Asie et l'Europe pour les dix années à venir. Le rapport du groupe de vision [7] a été présenté aux ministres des affaires étrangères en mars 1999 et sera discuté au sommet de Séoul.

[7] Le texte intégral du rapport est disponible à l'adresse suivante http://www.mofat.go.kr/aevg

En outre, il semble que le processus ASEM a coïncidé avec et a contribué à un besoin croissant de dialogue et de coopération au niveau régional en Asie. Le troisième sommet informel «ANASE plus Trois» qui s'est tenu à Manille en novembre 1999 a consolidé les bases du dialogue entre l'ANASE et ses partenaires de l'Asie du Nord-Est (Chine, Japon et Corée) tout en fournissant également l'occasion de tenir un premier sommet à haut niveau réunissant la Chine, le Japon et la Corée.

En dehors du processus officiel ASEM, les groupes de la société civile ont également organisé une série d'événements et de réseaux en s'inspirant de l'esprit du nouveau partenariat établi par les chefs de gouvernement, ce qui s'est traduit, par exemple, par des contacts entre les ONG d'Europe et d'Asie en marge des sommets de Bangkok et de Londres. Il importe de tenir compte des résultats de ces rencontres au niveau "officiel" du processus ASEM et, de manière générale, de renforcer la portée et l'intensité du dialogue entre les acteurs de la société civile de nos deux régions dans un large éventail de secteurs.

Globalement, le processus ASEM a bien répondu aux attentes très fortes exprimées par les chefs d'État et de gouvernement, mais les défis restent nombreux. Il y a plus particulièrement un risque réel d'essoufflement du processus ASEM s'il ne réussit pas à confirmer et maintenir sa pertinence vis à vis des préoccupations et des intérêts du public et des milieux d'affaires. Par conséquent, le sommet ASEM de Séoul se doit de donner au processus ASEM les moyens de continuer à progresser dans le cadre de chacun des trois piliers ASEM définis en 1996. Le dialogue politique, fort de son caractère informel, devrait continuer à contribuer à une meilleure compréhension réciproque de diverses questions de politique, de sécurité ou de stratégie, y compris dans des domaines où nos vues pourraient diverger. Le dialogue et la coopération économiques devraient produire un véritable impact sur les conditions de commerce et d'investissement auxquelles sont confrontés nos opérateurs économiques. La mise en place de réseaux culturels et intellectuels devrait contribuer à sensibiliser davantage le grand public à l'importance des relations entre l'Asie et l'Europe. Il est essentiel de relever ces défis pour que l'opinion publique en général et les milieux d'affaires, qui attendent plus particulièrement des résultats concrets des plans d'action renforcés sur le commerce et l'investissement, continuent à s'intéresser au processus ASEM et à le soutenir.

Ces initiatives se sont traduites par un nombre impressionnant d'activités [8] organisées conjointement par les partenaires ASEM de leur propre initiative et à leurs frais. Par conséquent, la question de la gestion du processus ASEM devient de plus en plus importante, ne serait-ce que pour éviter le syndrome de "lassitude des forums", lequel n'est pas propre à l'ASEM. Nous devons rechercher la valeur ajoutée et minimiser les chevauchements possibles avec les dialogues bilatéraux et multilatéraux. Nous devons veiller à ce que l'intérêt et l'engagement de tous les participants dans le processus soient entièrement et uniquement alimentés par les résultats de nos actions qui doivent être ciblés, pertinents et concrets. Et nous devons, notamment, travailler de façon à ce que l'opinion publique dans sa globalité se sente pleinement concernée par notre action.

[8] Voir la « Matrice des activités ASEM », un document informel régulièrement mis à jour par la Commission, qui décrit sur plus de 39 pages les nombreuses activités effectuées dans le cadre de l'ASEM.

3. Perspectives et priorités pour l'avenir

Le document de travail de la Commission de juillet 1997 avait déjà identifié un certain nombre de perspectives clés pour le processus ASEM. Il y était suggéré que le véritable avantage de l'ASEM résidait dans son absence de formalité (le dialogue plutôt que la négociation), dans sa dimension plurielle (processus touchant de façon équilibrée à la fois aux aspects politiques, économiques et culturels) et dans sa représentation au plus haut niveau (le seul forum de chefs de gouvernement liant nos deux régions).

Ces considérations ont conduit à l'hypothèse selon laquelle l'avantage comparatif essentiel de l'ASEM se situerait dans sa capacité à stimuler et à faciliter les travaux dans les enceintes bilatérales et multilatérales, à promouvoir le dialogue et la compréhension dans des domaines où les vues pourraient différer et à envisager une coopération plus active dans les domaines où un consensus peut être dégagé. Il a également été souligné que l'ASEM, en tant que partenariat entre pairs, devrait éviter d'accorder une importance majeure à des actions dans le domaine de l'aide.

Ces perspectives restent d'actualité, mais les nouveaux enjeux marquant les relations entre l'Asie et l'Europe (dans le cadre, par exemple, de la mondialisation) soulignent l'importance du potentiel de l'ASEM en tant que cadre de dialogue informel et invitent à utiliser cette enceinte pour améliorer la connaissance et la compréhension réciproques. Il importe plus que jamais de renforcer la connaissance mutuelle des questions politiques et de sécurité, des questions économiques, financières et sociales ainsi que des aspects culturels et intellectuels qui intéressent directement les citoyens de nos deux régions.

Il importe également de considérer comment et quand la participation au processus ASEM pourrait être augmentée. Un dialogue avec l'Asie dont est absent un représentant important de cette région est sous-optimal et il est opportun que nos partenaires asiatiques envisagent les possibilités d'élargir la présence asiatique au sein de l'ASEM et de répondre aux attentes de l'Asie du Sud et de l'Australasie. Du côté européen, nous devons confirmer que l'Union européenne, en tant qu'Union, reste au coeur du processus, car les objectifs sous-jacents du processus ASEM sont et resteront des questions fondamentales pour l'Union. Lorsque, dans un avenir proche, l'UE s'élargira, ses nouveaux États membres joueront évidemment pleinement leur rôle en tant que partenaires de l'ASEM, comme ils le feront d'ailleurs dans le cadre d'autres aspects des relations extérieures de l'Union.

En outre, il importe d'encourager l'opinion publique à soutenir l'approfondissement des relations entre nos deux régions. A cet égard, il est recommandé d'accorder une attention spéciale aux activités susceptibles de toucher directement le grand public (telles que, par exemple, les activités concernant l'enseignement, la culture, la sensibilisation du public à la science et à la compréhension de la science). De même, le dialogue entre nos parlements devrait être développé (qu'il s'agisse du Parlement Européen ou des Parlements nationaux) [9]. Enfin, la participation active de la société civile dans le dialogue entre nos deux régions devrait être encouragée davantage.

[9] À cet égard, une initiative prometteuse a été prise: il s'agit de la réunion des jeunes parlementaires organisée par l'ASEF. Une première réunion a eu lieu à Cebu (Philippines) en novembre 1998 et une deuxième réunion se tiendra à Lisbonne en avril 2000.

Ces perspectives générales, qui soulignent l'avantage comparatif conféré au processus ASEM par son absence de formalité, son caractère pluri-disciplinaire et le fait que sa dynamique lui est donnée par les autorités politiques au plus haut niveau, devraient nous guider dans l'adoption de priorités spécifiques pour l'ASEM pour les dix années à venir.

À maints égards, les grandes priorités thématiques que le processus ASEM devrait aborder ont été définies dans les décisions prises aux sommets de Bangkok et de Londres. Le cadre de coopération euro-asiatique adopté au sommet de Londres a traité dans le détail certaines priorités spécifiques. Le rapport du groupe de vision Asie-Europe contient un certain nombre de suggestions intéressantes pour les perspectives à plus long terme. Il a été déjà souligné à Londres que le cadre de coopération devrait être mis à jour au sommet de Séoul afin de tenir compte des opinions des ministres sur les recommandations du groupe de vision.

En s'inspirant à la fois des priorités déjà définies et des grands thèmes émergeant des travaux du groupe de vision et de nos discussions initiales sur ce dernier, il est possible de suggérer un ensemble de priorités générales que le processus ASEM pourrait aborder dans les années à venir. En outre, il importe, pour le sommet de Séoul lui-même, de mettre en lumière un petit nombre de questions prioritaires précises qui pourraient être ciblées lors du sommet et qui pourraient réellement rallier le grand public au processus ASEM.

3.1. Priorités générales

Dans le domaine politique, les efforts menés dans le cadre de l'ASEM devraient se concentrer sur des questions d'intérêt commun et être menés de façon progressive dans le but de rechercher un consensus, sans pour autant exclure de sujets a priori. L'ambition devrait être d'améliorer la connaissance et la compréhension mutuelles entre les partenaires, et notamment sur des questions où il pourrait y avoir des divergences de vue. Dans ce contexte, les priorités générales devraient être les suivantes:

(1) intensification, au niveau des ministres et des hauts fonctionnaires, du dialogue de haut niveau portant sur des questions régionales et internationales d'intérêt commun et sur des politiques thématiques touchant notre avenir commun;

(2) organisation d'échange de vues entre partenaires de l'ASEM dans le cadre d'institutions internationales compétentes;

(3) développement du dialogue politique informel, en réunissant des universitaires et des fonctionnaires des deux régions à l'occasion de séminaires et d'ateliers ASEM portant sur des sujets tels que les relations internationales, la politique et l'économie;

(4) renforcement de la mise en réseau et du dialogue entre les deux régions, en améliorant notamment les réseaux et les échanges universitaires, en promouvant les échanges bilatéraux de jeunes fonctionnaires et en encourageant la tenue d'un débat public sur des thèmes concernant notre avenir commun;

(5) défense des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit;

(6) examen de dossiers mondiaux que l'Asie et l'Europe peuvent contribuer à faire avancer dans des enceintes internationales compétentes et où l'Asie et l'Europe peuvent, le cas échéant, envisager de joindre leurs efforts pour en traiter certains, particulièrement importants. Il convient de se concentrer sur des domaines où le processus ASEM serait véritablement en mesure d'apporter une valeur ajoutée par exemple grâce au dialogue et à la coopération dans des domaines tels que: environnement (exploitation durable des forêts et gestion de l'eau), lutte contre la criminalité internationale, blanchiment d'argent, violence dont sont victimes les femmes et les enfants, racisme et xénophobie, échange d'expériences dans des domaines liés à la prévention des conflits et au maintien de la paix et efforts visant à contrôler le commerce des armes.

Il est à noter que le groupe de vision a également proposé que les principes de «bonne gestion des affaires publiques» soient reconnus lors du sommet de Séoul. En effet, ce sommet serait l'occasion de faire une déclaration politique affirmant l'attachement de tous les partenaires aux principes de bonne gestion des affaires publiques et de l'État de droit, à condition, bien entendu, qu'une telle déclaration n'aille pas à l'encontre des obligations internationales existantes.

Dans le domaine économique, les efforts de l'ASEM devraient être ciblés sur le renforcement du partenariat économique entre les deux régions, en vue d'améliorer leurs relations économiques et commerciales, de promouvoir le développement durable et équitable et de contribuer ensemble au dialogue économique mondial. Dans ce contexte, les priorités clés devraient être les suivantes:

* intensification du dialogue entre les ministres de l'économie et entre les hauts fonctionnaires du ministère, en veillant particulièrement à:

- compléter et intensifier les efforts visant à renforcer ensemble, dans la foulée de la conférence de Seattle, le système commercial multilatéral de l'OMC - qui se caractérise à la fois par son ouverture et par les règles sur lesquelles il repose - en vue de poursuivre le lancement de négociations commerciales globales et d'utiliser le caractère informel de l'ASEM pour faciliter ce processus;

- renforcer les flux commerciaux et d'investissement entre l'Asie et l'Europe, notamment par la mise en oeuvre diligente des plans d'action de facilitation des échanges et de promotion des investissements (TFAP et IPAP) pour réduire ou éliminer les obstacles dans ces domaines. Il conviendra d'accorder une attention particulière aux principaux obstacles techniques au commerce (dans des domaines tels que les douanes, les normes ou les mesures sanitaires et phytosanitaires), aux obstacles identifiés dans le cadre des deux plans d'action (tels que les droits de propriété intellectuelle et les marchés publics) et à un dialogue substantiel portant sur les obstacles au commerce les plus coûteux et sur les mesures les plus efficaces en matière de promotion des investissements et des politiques d'investissements;

- créer un climat qui soit plus favorable à la coopération entre entreprises des deux régions et qui réponde aux questions concrètes que se posent à nos milieux d'affaires, tout en prêtant une attention particulière aux problèmes rencontrés par les PME;

- améliorer le dialogue et la coopération dans les secteurs clé qui affecteront de façon déterminante nos économies dans les dix années à venir, à savoir des secteurs essentiels comme les services, les systèmes d'infrastructure et de transport et les secteurs de la haute technologie tels que les informations et les télécommunications (y compris le commerce électronique), les industries aéronautique et aérospatiale ainsi que l'énergie et l'environnement;

* consolider le dialogue entre entreprises des deux régions, en soulignant le rôle central du forum Asie-Europe des entreprises et en encourageant sa continuité et en facilitant le dialogue entre les gouvernements et les milieux d'affaires;

* améliorer le dialogue et la coopération entre acteurs compétents des secteurs public et privé du monde scientifique et technologique pour rendre plus efficace l'utilisation des instruments existants et des nouveaux instruments de coordination scientifique et technologique et promouvoir la coopération scientifique et la génération de connaissances en vue de résoudre des problèmes économiques et sociaux communs;

* engager un dialogue sur les questions socio-économiques plus générales qui détermineront notre avenir commun. Ce dialogue informel, qui devrait se faire avec la participation des milieux universitaires et de la société civile, devrait porter sur le développement durable, la protection et la conservation de l'environnement, l'emploi et la sécurité sociale [10], l'administration dans le domaine publique et privé, la protection des consommateurs et la politique de la concurrence, les questions liées à la société de l'information et au fonctionnement de l'économie en réseau ainsi que sur des questions concernant la croissance et la gestion urbaines;

[10] A titre d'exemple, l'expérience de l'Europe en matière de création et de modernisation des systèmes de sécurité sociale pourrait, à la suite de la crise asiatique, présenter un intérêt particulier pour ses partenaires dans cette région du monde.

* intensifier le dialogue au niveau des ministres des finances et des ministres adjoints, en veillant tout particulièrement à améliorer le dialogue sur les questions financières à l'échelle mondiale, à renforcer la consultation en matière de politique macro-économique, à renforcer la coopération en matière de surveillance et de réglementation financières, à combattre le blanchiment d'argent et à renforcer la coopération douanière. Etant donné les liens étroits entre les questions financières et économiques , il pourrait être envisagé d'organiser des réunions conjointes occasionnelles entre les ministres concernés.

* Dans le domaine culturel et intellectuel, les efforts de l'ASEM devraient viser en priorité à encourager les contacts et à améliorer la connaissance mutuelle des peuples de nos deux régions afin d'aider les sociétés civiles d'Europe et d'Asie à mieux évaluer et examiner les questions concernant notre avenir commun et ainsi contribuer à faire évoluer positivement leurs perceptions. Cet objectif est celui qui sous-tend le lancement même du processus ASEM. Dans ce contexte, les priorités essentielles à retenir devraient inclure:

* L'approfondissement du dialogue et de la coopération dans les domaines de la science et de la technologie, de l'environnement (en tenant compte des travaux de l'AEETC- « Asia Europe Environmental Technology Center »), des sciences sociales ainsi que des arts et des sciences humaines; promouvoir la mise en réseaux et l'organisation d'échanges au niveau des chercheurs et des décideurs politiques; favoriser la protection du patrimoine culturel;

* L'encouragement du développement du dialogue et de la mise en place de réseaux reliant nos représentants parlementaires et, plus généralement, les groupes qui constituent la société civile (notamment les pouvoirs locaux, les partenaires sociaux et les ONG);

* La continuation de notre soutien et de notre appui du rôle de la Fondation Europe-Asie (« ASEF » en anglais), catalyseur du dialogue culturel et intellectuel entre nos deux régions ainsi que notre encouragement au développement du dialogue, couvrant un large champ de sujets culturels et intellectuels, au sein de la société civile.

Enfin, en ce qui concerne l'enseignement, il faudrait accorder la priorité absolue à l'intensification des contacts et des échanges, notamment des échanges d'étudiants et de professeurs, à l'approfondissement de la coopération entre les universités et à l'aide à la mise en place de réseaux électroniques entre les établissements scolaires de nos deux régions [11] . Cela complètera et augmentera nos efforts actuellement en cours, notamment grâce à l'accent mis sur la coopération structurelle dans le cadre de programmes bilatéraux et horizontaux de coopération avec les pays asiatiques. Il faudrait fixer un objectif ambitieux en terme de multiplication des échanges d'étudiants entre nos deux régions qui reflète les efforts auxquels s'engageront les divers partenaires pour intensifier leurs activités dans ce domaine. Le groupe de vision a déjà suggéré un programme de bourses prestigieux. Il faudrait également se concentrer sur les échanges de jeunes professionnels et sur des programmes de stages pour étudiants, sur le renforcement de la coopération structurelle entre les établissements d'enseignement et la promotion des réseaux électroniques. À cela s'ajoutent les questions touchant à la formation professionnelle et à la formation permanente qu'il ne faut pas négliger.

[11] En se fondant, par exemple, sur le modèle du programme euro-asiatique de stages en entreprises, du nouveau Asia Link programme, ou du programme Netd@ys qui encourage la mise en place de réseaux électroniques entre les écoles.

3.2. Priorités spécifiques du troisième sommet ASEM

Si les priorités générales évoquées ci-dessus peuvent constituer les éléments principaux d'un programme de travail solide et actif pour le processus ASEM pour la décennie à venir, il importe aussi de retenir un petit nombre de priorités spécifiques que le prochain sommet de Séoul pourrait souligner. Cet effort de concentration sur quelques sujets clé pourrait permettre de cibler les résultats concrets auxquels le Sommet pourrait aboutir et de renforcer ainsi son impact sur l'opinion publique.

Au sein de cet ensemble de priorités proposées ci-dessus et compte tenu des travaux du groupe de vision ainsi que des intérêts sous-jacents de l'UE, la Commission propose de retenir cinq priorités essentielles sur lesquelles le sommet de Séoul pourrait se concentrer.

Premièrement, on pourrait exploiter, au sein du pilier politique, le potentiel que le format même d'ASEM offre en matière de promotion et facilitation des échanges de vues sur la sécurité régionale et mondiale et en matière d'amélioration de la compréhension mutuelle sur ces questions. Cette initiative se justifie par l'importance croissante de la dimension "sécurité", l'intérêt qu'il revêt pour les citoyens ordinaires et la reconnaissance de cet état de fait, au niveau du sommet, par les ministres des affaires étrangères et par le groupe de vision.

Dans la poursuite de l'objectif de sécurité mondiale, l'Union européenne désire engager avec les partenaires asiatiques de l'ASEM un dialogue sur les questions de sécurité qui devrait compléter les travaux en cours en exploitant le côté informel du processus ASEM et en permettant de partager nos expériences régionales en matière d'analyse, de planification et de formation dans les domaines de la prévention des conflits et du maintien de la paix, de la réconciliation, de l'aide humanitaire et des autres aspects de la coopération en matière de sécurité non-militaire. Il importera également d'échanger nos vues sur les "nouveaux problèmes de sécurité" tels que le terrorisme et la criminalité internationale, la piraterie informatique et autre ou encore la cyber-guerre. L'encouragement de la recherche, dans les enceintes appropriées, de soutiens pour des actions ciblées visant à stopper la prolifération des armes de destruction massive et leurs vecteurs et à encourager l'adhésion universelle aux traités de non-prolifération nucléaire et d'interdiction complète des essais nucléaires et aux conventions sur les armes chimiques et sur les armes biologiques.

Ces discussions seront d'autant plus efficaces qu'elles seront engagées de la manière la plus informelle possible dans le cadre, par exemple, de séminaires pour fonctionnaires associés à des réunions de hauts fonctionnaires et, peut-être, de "retraites" au niveau des ministres des affaires étrangères. L'organisation d'échanges d'analystes et de planificateurs ainsi que des discussions informelles entre universitaires et fonctionnaires pourraient aussi être très utiles. L'expérience de l'UE en matière de gestion des crises et de coopération non institutionnalisée pourrait être partagée avec ses partenaires asiatiques. Bien entendu, ces échanges ne devraient pas faire double emploi avec les travaux menés dans le cadre d'autres enceintes multilatérales ou régionales telles que les Nations unies, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou le forum régional de l'ANASE (FRA).

Deuxièmement, dans le cadre du pilier économique et financier, il serait utile d'accorder une attention particulière au dialogue sur les questions touchant au commerce et aux investissements, sur les questions de politique socio-économique et sur la coopération macro-économique régionale.

* En ce qui concerne le commerce et les investissements, la priorité est d'oeuvrer au lancement d'un cycle global de négociations commerciales de l'OMC visant à la fois à libéraliser davantage les échanges et à renforcer les règles sur lesquelles repose le système de l'OMC, sans négliger aucun des moyens à notre disposition et en profitant du caractère informel de l'ASEM. La récente conférence ministérielle de Seattle a clairement montré qu'il était nécessaire d'améliorer la compréhension mutuelle et de conclure des alliances dans ce but. Encouragés par la récente décision des ministres de l'économie de l'ASEM de redynamiser le « TFAP » (« Trade Facilitation Action Plan- en anglais- Plan de Facilitation du Commerce -en français) et d'adopter des mesures d'étalonnage des progrès dans le cadre de l'IPAP (« Investment Promotion Action Plan »- en anglais- Plan de Promotion des Investissements- en français), nous devons poursuivre et dynamiser nos travaux sur la facilitation et la promotion des échanges et des flux d'investissements entre nos deux régions et contribuer à réduire les obstacles grâce aux initiatives « TFAP » et « IPAP ». En ce qui concerne les questions de politique socio-économique, l'expérience récente de la crise financière et économique en Asie a montré que tous les pays, qu'ils soient industrialisés ou en voie d'industrialisation, sont confrontés aux mêmes questions socio-économiques. Le débat public qui a entouré la conférence ministérielle de l'OMC a également souligné la nécessité de promouvoir un vaste débat public sur les conséquences de la mondialisation. Que ce soit au niveau officiel ou au niveau de la société civile, l'ASEM constitue une enceinte des plus adaptées pour échanger des expériences sur les problèmes socio-économiques, notamment sur les questions de politique relatives aux déséquilibres sociaux, à l'exclusion, à la pauvreté et au développement équitable.

* En ce qui concerne la coopération macro-économique régionale, il importera tout particulièrement, dans la foulée de la crise asiatique, de poursuivre et d'intensifier le dialogue qui existe déjà entre les ministres des finances et de favoriser les échanges de vues et la mise en commun d'expériences concernant nos efforts de coopération régionale en matière d'échanges d'information, de surveillance et de contrôle et de surveillance financière.

Troisièmement, dans un monde où les préoccupations des consommateurs se mondialisent, pourquoi ne pas engager un dialogue des consommateurs entre nos deux régions- La sécurité alimentaire, par exemple, préoccupe beaucoup l'opinion publique que ce soit en Europe ou en Asie. D'autres questions relatives à la qualité et à la sécurité des biens de consommation et des services intéressent directement les citoyens des deux régions (notamment l'étiquetage des produits de consommation et le label écologique). Il serait particulièrement intéressant, sans néanmoins que cela n'implique la mise à disposition de moyens financiers importants de la part du secteur public, d'instaurer un dialogue et de mettre en place des réseaux entre les groupements de consommateurs, les organismes de contrôle et les législateurs des deux régions afin de partager nos expériences et de promouvoir la coopération transfrontalière dans ce domaine qui revêt aussi une importance considérable pour le commerce international. Ce dialogue pourrait également contribuer à la création d'associations dans ceux des pays asiatiques où il n'existe pas encore d'organisations de consommateurs.

Quatrièmement, nous devrions insister tout particulièrement sur les échanges dans le domaine de l'éducation. Le groupe de vision a déjà précisé que ce domaine méritait une attention spéciale. D'ailleurs, plusieurs initiatives sont en cours de préparation et divers programmes de coopération sont actuellement mis en oeuvre tant au niveau bilatéral que sous-régional. Pour pouvoir traiter concrètement ce thème lors du sommet de Séoul, la Commission propose d'envisager une initiative en trois volets:

* un engagement politique de tous les partenaires de l'ASEM d'intensifier les échanges en matière d'éducation entre l'Asie et l'Europe, dans le cadre de programmes tant bilatéraux qu'interrégionaux et d'activités propres à l'ASEM, en se fixant pour objectif d'augmenter le nombre de bourses de manière à multiplier par cinq les échanges d'étudiants entre nos deux régions sur les dix ans à venir;

* le lancement d'un programme de bourses ASEM qui pourrait s'inspirer du programme de bourses Jean Monnet et des programmes Rhodes et Fulbright et viserait à sensibiliser les futurs dirigeants de nos sociétés aux traditions culturelles, sociales et scientifiques de nos deux régions.

* la promotion des échanges entre jeunes professionnels en s'inspirant des modèles existants et en les améliorant.

À ce sujet, les partenaires devraient être encouragés à annoncer, lors du sommet, des objectifs concrets (sous réserve de disponibilité de ressources) permettant une évaluation annuelle des résultats. Il faudrait aussi inciter les entreprises à financer ce type de programmes (qui pourraient être liés à des stages).

Cinquièmement, en ce qui concerne l'élargissement de l'ASEM, le sommet de Séoul offre la possibilité de relever le défi lancé à Bangkok et à Londres et de mettre en place un partenariat global Asie-Europe réunissant l'Union européenne et des représentants de l'ensemble de la région asiatique. Conformément aux décisions prises à l'occasion du sommet de Londres, les ministres des affaires étrangères se penchent actuellement sur la question et certains paramètres fondamentaux de l'élargissement sont déjà à l'examen. Toutefois, afin d'assurer la pertinence du processus ASEM sur le long terme et de convaincre l'opinion publique de son importance, il sera nécessaire d'aboutir à des propositions concrètes en la matière à Séoul. Si le "déséquilibre numérique" actuel suggère un élargissement vers les principaux candidats asiatiques, il faut bien entendu continuer à souligner le rôle de l'Union européenne en tant qu'union.

4. Coordination du processus ASEM

Le rapport du groupe de vision évoque brièvement les moyens de renforcer la coordination au sein du processus ASEM, dont la possibilité de mettre en place un secrétariat ASEM peu étoffé, mais efficace. Vu que le caractère informel du processus ASEM, défini à Bangkok et confirmé à Londres, joue un rôle inestimable dans la promotion du dialogue entre nos deux régions, cette approche institutionnelle apparaît inappropriée voire même contre-productive. En outre, il importe de veiller à ce que les partenaires de l'ASEM puissent continuer à se sentir pleinement responsables des initiatives qu'ils présentent.

Le succès même du processus ASEM et l'éventail de plus en plus large de thèmes abordés font qu'il est nécessaire d'examiner comment cibler au mieux les activités ASEM et en optimaliser la coordination et la gestion. Tout doit être mis en oeuvre pour exploiter les mécanismes existants (renforcement du rôle des coordinateurs et des fonctionnaires de contact et exploitation maximale des possibilités offertes par les communications électroniques) et éviter la multiplication des réunions. Il faudrait confirmer le rôle clé joué par les ministres des affaires étrangères dans la coordination et la gestion générales du processus ASEM. Ces questions institutionnelles seront nécessairement développées au niveau du cadre de coopération euro-asiatique actualisé qui doit être adopté à Séoul. Il n'y a donc pas lieu de les examiner en profondeur ici.

5. Conclusions

Nul ne peut nier l'importance cruciale de l'Asie pour l'Europe et de l'Europe pour l'Asie. Certains pays ou groupes de pays asiatiques tels que la Chine, l'Inde, la Corée et l'ANASE comptent parmi les acteurs principaux de la scène mondiale et régionale et la région compte quelques-unes des principales poudrières de la planète, notamment la péninsule coréenne divisée, le Kashmir et les îles Spratly. Les tensions récurrentes entre la Chine et Taïwan méritent l'attention internationale. L'Indonésie, facteur important de stabilité de la région, a organisé des élections démocratiques, mais reste confrontée au défi de la transition et du changement structurel. L'Union européenne, qui est sans aucun doute une puissance mondiale sur le plan économique, marque de plus en plus sa volonté politique de jouer activement un rôle sur la scène internationale. Dans la foulée du traité d'Amsterdam et de la déclaration du sommet européen de Cologne, les dirigeants européens ont décidé, à l'occasion du récent sommet d'Helsinki, de relever le défi et de donner à l'Union européenne une dimension politique à ses relations extérieures à la mesure de ses résultats économiques et du succès de son modèle démocratique stable. Parallèlement, l'UE reconnaît qu'il existe aux confins du continent européen des zones de tension potentielle qui intéressent l'Asie.

En conséquence, les partenaires de l'ASEM doivent suivre attentivement ce qui se passe dans l'autre région que la leur. Politiquement, et du point de vue de la sécurité, le monde devient de plus en plus petit, les crises que connaît une région pouvant avoir des répercussions à l'autre bout de la planète. Il nous incombe donc de renforcer le dialogue politique et la coopération sur les questions d'intérêt commun. Ce dialogue et cette coopération se justifient d'autant plus que des menaces existent au niveau mondial (telles que le terrorisme, le crime organisé et la prolifération), le meilleur moyen d'y faire face étant d'agir de concert. C'est pourquoi la paix et la prévention des conflits exigent l'adoption d'une approche globale qui mobilise la coopération politique, économique, sociale et humanitaire à divers niveaux. L'échange, au niveau de l'ASEM, des expériences régionales en matière de sécurité pourrait contribuer à la stabilité des deux régions.

La prospérité de l'Asie et de l'Europe sont inéluctablement liées compte tenu de la place importante qu'elles occupent dans l'économie mondiale et du processus de mondialisation en cours. L'Asie, forte de sa longue tradition de croissance dynamique et de sa reprise économique rapide à l'issue de la récente crise (sans pour autant ignorer le défi de la réforme), est un partenaire incontournable pour l'Europe. L'Europe, qui est le plus grand marché unique, la principale source d'investissement étranger direct et le premier donateur du monde, a un poids économique, qui, ajouté à ses expériences d'intégration économique et monétaire régionales, en fait un partenaire essentiel de l'Asie.

La prospérité économique, en Europe comme en Asie, peut être menacée non seulement par les crises financières, mais aussi par l'instabilité politique d'une région lointaine. L'engagement politique de l'Europe envers l'Asie ne reflète pas uniquement des considérations économiques, mais aussi un intérêt commun pour la stabilité et de nombreuses valeurs partagées. Cet état de fait a été illustré par la réponse concertée de la communauté internationale aux besoins humanitaires engendrés par les crises politiques au Timor oriental ou en Corée du Nord, par exemple. L'attention portée par l'Europe aux problèmes de l'Asie a pour pendant l'aide financière considérable apportée par le Japon aux actions d'aide internationale, de rétablissement de la paix et de reconstruction dans les Balkans, aide complétée par les contributions d'autres pays asiatiques tels que la Corée du Sud et la Malaisie.

Aucune coopération entre les deux régions visant à promouvoir la paix et la prospérité ne peut se passer de la participation de la société civile. C'est pourquoi l'ASEM doit continuer à encourager les liens entre les sociétés civiles asiatique et européenne et à promouvoir la compréhension mutuelle en encourageant plus d échanges intellectuels, culturels et personnels par la multiplication, par exemple, des bourses et des échanges d'étudiants. Les travaux précieux déjà entrepris dans les domaines de l'environnement et de l'éducation ne sont que deux exemples de contribution du processus ASEM. Le développement de contacts entre organisations non gouvernementales et l'intensification des échanges culturels contribueront également à la compréhension mutuelle entre les deux régions. Afin d'améliorer la pertinence du processus ASEM et de lui rallier l'opinion publique, il serait utile de développer conjointement une stratégie de communication destinée à sensibiliser le grand public. Une avancée réelle serait que l'opinion publique soit effectivement davantage sensibilisée au troisième sommet de l'ASEM et au rôle constructif qu'il jouera dans l'approfondissement des relations entre nos deux régions.

Bien qu'elle soit confrontée à des défis tels que l'union économique et monétaire, l'élargissement, le bassin méditerranéen et les Balkans, l'Union européenne continuera de s'engager envers cette région dynamique et complexe qui compte la moitié de la population mondiale et dont les perspectives tant économiques que politiques sont impressionnantes, malgré la gravité de la crise financière qui l'a frappée. Le dialogue entre les partenaires asiatiques et européens de l'ASEM pourrait se concentrer davantage sur les perspectives d'intégration des deux régions, surtout si l'Asie envisage de mettre davantage l'accent sur l'intégration régionale comme le suggère le sommet "ANASE plus trois" qui s'est tenu récemment à Manille.

Le troisième sommet, organisé à Séoul, fixera les orientations clés du partenariat Asie-Europe pour les dix années à venir. Le présent document propose cinq priorités spécifiques en vue de leur adoption lors du sommet: approfondissement des échanges de vues sur les questions de sécurité régionale et mondiale, intensification du dialogue et de la coopération en matière de commerce, de politique sociale et de questions économiques, intensification des échanges dans le domaine de l'éducation, coopération dans le domaine de la protection des consommateurs et possibilités d'élargissement de la participation au processus ASEM. Il importe que le sommet confirme et approfondisse la relation entre l'Asie et l'Europe et que nous orientions le processus pour l'avenir. À cette fin, il convient de continuer à miser sur le caractère informel du processus ASEM sur lequel repose son avantage comparatif.

La Commission, tout comme les États membres et nos partenaires asiatiques, continuera à assumer pleinement son rôle dans le processus.

ANNEXE 1

Le processus ASEM

La réunion des chefs d'États et de gouvernement et du président de la Commission européenne donne l'impulsion et l'orientation générale du processus. Le cadre de coopération euro-asiatique qui définit les principes directeurs du processus ASEM a été adopté lors du sommet de Londres.

Un processus a été instauré pour assurer la continuité du dialogue et la réalisation de progrès entre les sommets. La coordination générale et la responsabilité du dialogue politique sont confiées aux ministres des affaires étrangères qui se réunissent les années intermédiaires et à la veille des sommets. Les ministres se sont réunis en février 1997 (Singapour) et en mars 1999 (Berlin) ainsi qu'à l'occasion des deux sommets. Ils se réuniront à nouveau à la veille du sommet de Séoul.

Les ministres de l'économie se sont réunis en septembre 1997 (Makuhari) et en octobre 1999 (Berlin). Ils se réuniront à nouveau en 2001 (En Asie - le lieu de la réunion doit être confirmé). Ils ont discuté, entre autres, des relations économiques, des effets de la crise, du commerce, des investissements, des questions liées à l'OMC et de la croissance économique. Lors de la réunion de Berlin, ils ont prolongé de deux ans le mandat du groupe d'experts en investissements et adopté un document définissant les travaux à venir du plan d'action pour la facilitation des échanges commerciaux. Le forum Asie-Europe des entreprises est l'occasion d'échanges de vues pour les représentants des secteurs privé et public sur, notamment, les investissements et les questions commerciales. Ce forum se tiendra pour la cinquième fois à Vienne, en septembre 2000.

Les ministres des finances se sont réunis en septembre 1997 (Bangkok) et en janvier 1999 (Francfort) et se réuniront à nouveau en 2001 (Japon). Ils ont abordé, entre autres, les perspectives macro-économiques, l'évolution des taux de change, l'UEM et le secteur financier. Ils ont décidé de lancer des initiatives dans les domaines de la coopération douanière, du blanchiment d'argent et de la surveillance financière. Les directeurs généraux des douanes se réunissent tous les deux ans pour discuter plus particulièrement de procédures douanières et de leur application.

La conférence ministérielle sur la science et la technologie organisée en octobre 1999 (Pékin) a posé les bases de l'amélioration de la communication et à la mise en place de réseaux entre les communautés scientifiques des deux régions.

La dimension humaine et culturelle de l'ASEM vise à encourager les contacts et à améliorer la compréhension mutuelle entre les peuples au moyen d'un large faisceau d'activités telles que les échanges dans le secteur de l'éducation, l'établissement de réseaux entre les représentants de la société civile et les parlementaires, la préservation du patrimoine culturel et la protection de l'enfance. La Fondation Asie-Europe (ASEF) basée à Singapour a pour objectif de promouvoir les échanges intellectuels, sociaux et culturels entre l'Asie et l'Europe. Le centre euro-asiatique pour les technologies de l'environnement (AEETC « Asia Europe Environmental Technology Center »- en anglais), situé à Bangkok a pour objectif d'encourager la coopération sur les grands thèmes écologiques.

À un niveau moins élevé que les réunions ministérielles, les hauts fonctionnaires des ministères des affaires étrangères se sont rencontrés à cinq reprises pour examiner des problèmes politiques. De plus, des hauts fonctionnaires responsables du commerce et des investissements se sont eux aussi réunis cinq fois. Les ministres adjoints des finances se sont réunis à trois occasions pour discuter de problèmes macro-économiques et préparer les réunions de leurs ministres. Au niveau en dessous, on compte plus de dix groupes de travail. S'ils couvrent un vaste éventail de domaines, ils traitent essentiellement de la mise en oeuvre du plan d'action pour la facilitation des échanges. L'une des grandes forces du processus ASEM est l'organisation des réunions des coordinateurs pour préparer les grands événements. Les deux coordinateurs de l'UE sont la présidence et la Commission. Il y a rotation des coordinateurs asiatiques qui sont actuellement la Corée et la Thaïlande:

Le processus est essentiellement caractérisé par:

(1) son caractère informel (il complète les travaux réalisés dans les enceintes bilatérales et multilatérales);

(2) sa dimension plurielle (dimensions politique, économique et culturelle)

(3) l'accent mis sur l'égalité des partenaires excluant toute relation fondée sur l'assistance (cette dernière étant traitée dans le cadre des relations bilatérales) au profit d'un processus plus général de dialogue et de coopération

(4) sa représentation de haut niveau due à la nature même des sommets.

>REFERENCE A UN GRAPHIQUE>

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