Document 52011DC0835
/* COM/2011/0835 final */
- Date of document: 02/12/2011
- Date of dispatch: 02/12/2011; transmis au Parlement
- Date of dispatch: 02/12/2011; transmis au Conseil
- Date of end of validity: 31/12/9999
- EUROVOC descriptor:
Grèce
migration illégale
programme d'action
réfugié
accès à l'emploi
droit d'asile
aide financière - Subject matter:
politique d'immigration et d'asile - Directory code:
19.10.30.00 Espace de liberté, de sécurité et de justice / Libre circulation des personnes / Politique d'asile
- Author: Commission européenne
- Form: Communication
- Procedure number:
Internal procedure
- Treaty: Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne
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ESC Opinion 52012AE1577
COR Opinion 52012IR1665
52011DC0835
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS sur le renforcement de la solidarité au sein de l'Union européenne dans le domaine de l'asileUn programme européen en faveur d'un meilleur partage des responsabilités et d'une plus grande confiance mutuelle /* COM/2011/0835 final */
Introduction La solidarité est une des valeurs fondamentales de l’Union
européenne et un principe directeur de la politique européenne commune en
matière d’asile depuis ses débuts en 1999. Elle est à présent consacrée par
l’article 80 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne[1]. La solidarité a d’emblée été reconnue comme un élément
essentiel du régime d’asile européen commun (RAEC). La nécessité de traduire la
solidarité en mesures concrètes découle des réalités pratiques, puisque les
systèmes d’asile de tous les États membres sont interdépendants. Un système
surchargé ou défaillant dans un État membre a évidemment une incidence sur tous
les autres, notamment via les mouvements secondaires. Les flux de demandeurs
d’asile ne sont pas constants et ne sont pas non plus répartis de manière égale
dans toute l’Union. Ils sont passés d’un pic de
425 000 demandes pour l’UE-27 en 2001 à moins de 200 000
demandes en 2006, avec une importante augmentation attendue cette année. Une
intensification des flux de demandeurs d’asile peut mettre à rude épreuve la
capacité de certains États membres d’y faire face. L’Union a le devoir d’aider
ces États membres, ainsi que de faire respecter les valeurs communes et les
droits fondamentaux de l’Union en veillant à ce que les demandeurs d’asile et
les réfugiés bénéficient d’un accueil adéquat et d’une protection. La solidarité doit toutefois aller de pair avec la
responsabilité. Les États membres doivent veiller à ce que leurs systèmes
soient en mesure de répondre aux normes fixées dans le droit international et
européen, notamment la convention de Genève sur les réfugiés de 1951, la
convention européenne des droits de l’homme et la charte des droits
fondamentaux de l’UE. La nécessité de maintenir l’ordre chez soi afin d’éviter
tout impact sur les autres États membres est un aspect essentiel de la
solidarité. Cet aspect doit aussi être amélioré en vue de créer un climat de
confiance mutuelle qui contribuera à développer l’entraide. Il est fondamental
de renforcer la confiance pour accroître la solidarité. L’application du
principe de solidarité demande un réel engagement de la part des États membres.
La situation économique difficile dans laquelle se trouvent l’Union et ses
États membres complique encore la tâche. L’Union a déjà mis au point une série
d’outils de solidarité qui constituent une base solide. Chacun d’entre eux peut
être amélioré et de nouveaux composants peuvent être introduits afin de
constituer une boîte à outils flexible qui répond aux différents besoins en
matière de solidarité. À cet effet, la Commission propose de renforcer la
solidarité au sein de l’UE dans le domaine de l’asile autour de quatre axes: la
coopération pratique et l’assistance technique, la solidarité financière, la
répartition des responsabilités, et l’amélioration des outils pour la
gouvernance du système d’asile. La présente communication vise aussi à
contribuer au parachèvement du «paquet asile», car pour que l'échéance de 2012
puisse être respectée, la dimension de la solidarité doit jouer son rôle et les
prochains mois seront déterminants à cet égard.
1.
Réaliser pleinement le potentiel de la coopération pratique et de
l’assistance technique
1.1.
Faire de la coopération pratique un pilier constitutif du RAEC
De nombreuses mesures de coopération pratique ont été prises
ces dernières années, la dernière en date étant la création du Bureau européen
d’appui en matière d’asile (BEA), qui renforcera encore la coopération pratique
dans le domaine de l’asile. Le Bureau fera en sorte que la coopération pratique
devienne l'un des principaux piliers du régime d’asile de l’Union. L’expérience
initiale du RAEC a montré que l’action pratique était un complément nécessaire
à la législation en vue d’assurer que tous les États membres effectuent les
mêmes tâches de la même manière, avec des résultats similaires. Le BEA a été inauguré en juin 2011. Il offrira une
structure qui apportera une valeur ajoutée par rapport aux modalités de
coopération existantes. Par exemple, le curriculum européen en matière d’asile
pourrait parfaitement devenir une norme commune pour les travailleurs sociaux
de toute l’Union, qui permettrait de garantir avec un degré de certitude
considérablement plus élevé que les pratiques des différents États membres
sont, pour l’essentiel, similaires et que les décisions prises suivent une
certaine logique. Le BEA devrait mesurer l’incidence de ces mesures au moyen
d’objectifs spécifiques communs à toute l’Union. Les systèmes d’asile s’amélioreront grâce à l’interaction
entre la législation européenne, une coopération pratique renforcée et une
utilisation intelligente des mécanismes de financement européens. Grâce aux
normes communes améliorées et plus harmonisées dont l'Union tend à se doter en
adoptant le paquet législatif sur l’asile, les États membres auront à leur
disposition de meilleurs outils communs de mise en œuvre par l'intermédiaire
des activités du Bureau d’appui qui contribueront aux efforts de réduction des
coûts nationaux. Le BEA pourra aussi recenser et diffuser les meilleures pratiques
dans des domaines tels que l’accès aux procédures, le traitement des demandeurs
d’asile les plus vulnérables, le partage des techniques et la gestion des
dossiers en souffrance. Les outils communs et les meilleures pratiques,
financés par des fonds européens, aideront les États membres à appliquer les
normes communes en pleine évolution. Le BEA contribuera aussi utilement à la
gestion stratégique et transparente du RAEC, notamment en publiant son rapport
annuel sur la situation en matière d'asile dans l’Union. L’impact du BEA dépendra de la volonté des États membres
d’utiliser les possibilités qu’il offre et de leur détermination à s’engager
dans une telle collaboration. Il conviendra d'instaurer, en tant que pratique
régulière, une collaboration européenne entre les autorités nationales chargées
de l’asile. Conformément au programme de Stockholm, le BEA doit étudier,
parmi d'autres outils communs, les procédures qui facilitent le détachement de
fonctionnaires entre les États membres afin d’aider les États membres qui sont
confrontés à des pressions particulières. À cet effet, le BEA devrait
créer une équipe d’experts, de travailleurs sociaux et d’interprètes qui
pourraient être mobilisés au pied levé afin d’apporter une assistance à un État
membre dans le besoin. Il faudra régulièrement vérifier si le mandat et la base
juridique du BEA permettent à ce dernier de relever les différents défis liés à
la solidarité, que ce soit à court terme ou sur le plan structurel, et de faire
face aux nouvelles formes de flux de demandeurs d’asile.
1.2.
Combler le vide en matière de protection internationale dans la réaction
de l’Union aux crises dans le domaine des migrations et de l’asile
Le rôle du BEA consiste aussi à aider les États membres qui
sont confrontés à une pression particulière. Le BEA peut, dans le cadre
d'actions spécifiques, devenir un acteur clé de la gestion des urgences en
matière d’asile et de migration. La possibilité de déployer, dans les États
membres demandeurs, les équipes d’appui en matière d’asile du BEA sur la base
de plans d’exploitation constituera un nouvel atout pour la solidarité dans le
domaine de l’asile. Des enseignements devraient être tirés de la façon dont
l’Union a réagi aux conséquences migratoires des événements dans le sud de la
Méditerranée. L’Union a rapidement été en mesure de dégager des ressources
financières supplémentaires pour aider les États membres touchés, et de
déployer des moyens opérationnels coordonnés par Frontex pour les opérations de
contrôle aux frontières. Frontex, qui a aussi contribué aux opérations de
recherche et de sauvetage en mer, a apporté son aide dans le tri des nouveaux
arrivants et par la mise à disposition d’informations. Toutefois, d’autres
mesures opérationnelles de solidarité, en particulier en matière de protection
internationale, n’ont pas pu être déployées, notamment parce que le BEA n’était
pas encore suffisamment opérationnel. L'un des aspects essentiels dont le BEA devrait tenir compte
en se préparant à pouvoir combler ce vide en cas de besoins futurs est la
coordination avec les autres agences. Le BEA, Frontex et potentiellement
Europol devraient prendre des dispositions particulières, tout comme la
Commission, afin de garantir la clarté des rôles respectifs de chacun et de
faire en sorte que les procédures opérationnelles d’urgence soient rapides et
efficaces. Ces procédures pourraient inclure le déploiement d’équipes
coordonnées. La coopération inter-agences est une nécessité tant pour les
réactions en cas d’urgence que pour les actions à caractère proactif, telles
que les analyses des risques et la capacité d’alerte rapide. En outre, le BEA
devrait soutenir l’intégration des aspects liés à la protection internationale
dans le travail de Frontex, à la lumière des modifications apportées récemment à
la base juridique de Frontex, qui renforcent les mécanismes de protection des
droits fondamentaux dans le contexte des opérations de Frontex. Une
collaboration avec l’Agence des droits fondamentaux est également envisageable
à cet égard. Lors des récents événements en Méditerranée, la Commission a
envisagé la possibilité de recourir au mécanisme de protection civile de
l’Union pour aider les États membres confrontés à des flux migratoires
exceptionnels dépassant les capacités d'intervention nationales. À la demande
des États membres, le mécanisme a pu être utilisé, sous certaines conditions,
pour coordonner la cartographie des offres et l’apport de l’aide en nature. Actions clés ¤ Les États membres doivent contribuer aux activités du BEA ainsi qu’à ses ressources, et faire le meilleur usage possible des outils mutuels du BEA. ¤ Les États membres doivent fixer, début 2012, un objectif quantitatif pour la formation de leurs fonctionnaires chargés des questions d’asile à l’utilisation du curriculum européen en matière d’asile d’ici 2014. ¤ Le BEA doit apporter aux États membres un soutien technique à la mise en œuvre complète de la législation en matière d’asile. ¤ En 2012, le BEA doit réviser les procédures qui faciliteront le détachement de fonctionnaires en vue d’aider les États membres confrontés à des pressions particulières en matière d’asile, et créer une équipe d’experts, de travailleurs sociaux et d’interprètes qui pourront être mobilisés au pied levé en situation de crise. ¤ Le BEA doit améliorer l’efficacité du déploiement d'experts en évaluant la méthode du plan d’exploitation et l’expérience initiale des équipes d’appui à l’asile en Grèce. ¤ En 2013, la Commission doit évaluer l’impact du BEA sur la coopération pratique en matière d’asile et sur le RAEC et proposer d’éventuelles mesures complémentaires jugées nécessaires pour garantir la solidarité et le partage des responsabilités. ¤ En 2012, le BEA et Frontex doivent convenir de modalités de coopération claires afin de maximiser l’analyse, l’assistance technique et le déploiement de moyens et d’experts, en vue de renforcer la capacité de l'Union d'intervenir dans des situations d'urgence. ¤ La Commission et les États membres doivent étudier la possibilité de recourir au mécanisme de protection civile de l’UE en cas de flux migratoires exceptionnels dépassant les capacités de réponse nationales quand certaines conditions sont remplies.
2.
Accroître la valeur ajoutée des instruments de solidarité financière
appuyant la politique d’asile
2.1.
Maximiser l'utilisation du Fonds européen pour les réfugiés jusqu’en
2013
Le Fonds européen pour les réfugiés (FER) a démontré que la
coopération entre l’Union et ses États membres pouvait créer une valeur ajoutée
significative. Depuis sa création en 2000, le Fonds a aidé les États membres à
accroître la capacité de leurs systèmes d’asile. Il a, par exemple, aidé
l’Italie à mettre en place un système d’accueil des demandeurs d’asile et aidé
les États membres de l’UE-10+2 qui avaient une tradition de l’asile moins établie
avant leur adhésion à développer leurs systèmes. Il a aussi permis aux États
membres de lancer des politiques d’intégration des réfugiés et a contribué à
des projets innovants. Il a encouragé les États membres à entreprendre de
nouvelles activités, notamment en matière de réinstallation et de répartition.
Ces dernières années, il a apporté une aide d’urgence indispensable à la
Belgique, à la Grèce, à l’Italie et à Malte. Pour les deux années restantes d’exploitation du FER
(2008-2013), les États membres doivent faire en sorte d’utiliser pleinement les
possibilités offertes par le Fonds. Ils devraient commencer par se conformer à
toutes les exigences formelles afin que tous les crédits puissent être
déboursés. Il est particulièrement important que les États membres utilisent le
FER pour financer les investissements qui ont des effets positifs à long terme
sur leurs systèmes d’asile. Le Fonds n’est pas censé être un simple complément
aux budgets opérationnels nationaux pour l’asile. À cet effet, la Commission a
récemment encouragé les États membres à faire un usage plus stratégique du FER
en 2012 et 2013. Enfin, la mise en œuvre effective du paquet législatif sur
l'asile combinée à des projets de coopération pratique innovants devrait
réduire les coûts des procédures d’asile. L’asile est un domaine politique dans
lequel les investissements engendrent des économies, tant financières que
sociales, à plus long terme. C’est pourquoi le FER devrait notamment être
utilisé pour financer la transposition et la mise en œuvre de la deuxième phase
de la législation RAEC.
2.2.
Un Fonds «Asile et migration» plus flexible, intégré et ciblé
de 2014 à 2020
À partir de 2014, les États membres disposeront d’un nouveau
Fonds «Asile et migration»[2]
(FAM). Comme proposé par la Commission le 15 novembre 2011, ce Fonds
apporte une série d’importantes améliorations qui devraient aider à atteindre
les objectifs stratégiques de l’Union et à générer une valeur ajoutée
européenne plus significative. Une innovation majeure est l'instauration d'un dialogue
global axé sur le thème des affaires intérieures, mené avec chaque État membre
avant la programmation pluriannuelle et consacré à son utilisation du nouveau
Fonds. Ce dialogue permettrait de fixer les objectifs que les États membres
cherchent à atteindre dans ce domaine et les objectifs à réaliser à l’aide des
ressources du Fonds. Ce dialogue sera combiné à l’établissement d’un rapport
annuel par les États membres sur la mise en œuvre du Fonds. En parallèle, le nouveau Fonds sera plus flexible. Les
crédits relevant de la responsabilité directe de la Commission seront traités
comme une enveloppe unique à dépenser à la lumière de l'évolution des
politiques ou de la situation dans les États membres ou les pays tiers. En
outre, le nouveau Fonds permettra de mieux garantir que l’argent aille là où il
est le plus nécessaire. Les critères d’utilisation des dotations par les États
membres devraient être plus ciblés et garantir la solidarité avec les États
membres confrontés à une pression particulière, ou avec ceux qui ont le plus
besoin de développer leur capacité. Le nouveau Fonds permettrait de faire face
à des fluctuations considérables du nombre de demandeurs d’asile dans les États
membres, notamment des demandeurs d’asile transférés en vertu du règlement de
Dublin, et d'affecter des moyens supplémentaires aux États membres qui en ont
besoin lors de l'examen à mi-parcours. Un système de gestion simplifié est
prévu afin de réduire la charge administrative liée à ces mesures. Le Fonds propose d’offrir aux États membres un incitant
financier semblable à celui actuellement utilisé pour la réinstallation de
certaines catégories de réfugiés (les groupes vulnérables et les personnes
issues des programmes de protection régionaux), pour dédommager les États membres
qui acceptent d’accueillir les bénéficiaires d’une protection internationale
d’un autre État membre. Enfin, pour utiliser plus efficacement la compétence et
l’expertise des agences chargées des affaires intérieures de l’Union, la
proposition envisage aussi de recourir à la possibilité, offerte par le
règlement financier, de confier, dans les limites des moyens disponibles au
titre du Fonds, et sans préjudice des réductions globales de personnel prévues,
la mise en œuvre de certaines tâches aux agences, dans le cadre de leurs
missions et en complément de leurs programmes de travail.
2.3.
Exploiter les complémentarités entre les instruments financiers pour un
impact maximal
La solidarité financière dans le cadre de l’asile peut aussi
tirer profit, directement et indirectement, d’autres instruments financiers
européens. Par exemple, le Fonds social européen apporte un soutien aux
programmes de formation professionnelle qui peuvent aider les demandeurs
d’asile et les bénéficiaires d’une protection internationale à accéder au
marché du travail ou à élargir leur gamme de compétences. D’autres fonds
structurels, notamment le Fonds européen de développement régional, peuvent
aussi être utilisés pour aider les régions éligibles des États membres, par
exemple à construire des infrastructures telles que des centres d’accueil. Les
États membres devraient donc envisager de recourir à d’autres instruments
financiers européens dans le cadre d'une approche coordonnée et globale, ce qui
exige une programmation stratégique et une solide coordination
interministérielle. Actions clés ¤ Les États membres doivent faire le meilleur usage possible des programmes 2011, 2012 et 2013 du FER, notamment les mesures d’urgence. En 2013, la programmation doit être utilisée de manière plus stratégique, par exemple pour financer la transposition et la mise en œuvre de la législation adoptée dans le cadre du paquet «asile» de 2012. ¤ Les colégislateurs doivent se mettre rapidement d’accord sur les instruments spécifiques d’appui à la politique d’asile présentés par la Commission le 15 novembre 2011 dans le cadre du CFP. ¤ Les États membres doivent garantir la coordination et la complémentarité avec d’autres instruments financiers européens afin de renforcer leur capacité de gérer les flux de demandeurs d’asile.
3.
Aborder la question de la répartition des responsabilités
3.1.
Le règlement de Dublin doit être réformé
L’objectif du règlement de Dublin, à savoir l’attribution de
la responsabilité de chaque demandeur d’asile à un État membre, reste au cœur
du RAEC. Un mécanisme visant à déterminer la responsabilité des demandes
d’asile reste nécessaire afin de garantir le droit d’accès aux procédures de
détermination du statut de réfugié sans compromettre l’objectif de traitement
rapide des demandes d’asile, et d’empêcher qu’une même personne puisse abuser
du système en introduisant des demandes multiples dans plusieurs États membres. Les principes du règlement de Dublin, que la Commission a
proposé de maintenir dans sa proposition de révision du règlement, qui date de
2008, ne visent pas simplement à renvoyer les demandeurs d’asile dans l’État
par lequel ils sont entrés dans l’Union. Plusieurs clauses tempèrent ce
critère. Dans certaines situations, les transferts au titre du règlement de
Dublin pourraient contribuer à mettre en difficulté les capacités d'un État
membre sous pression, au détriment non seulement de cet État membre, mais aussi
des droits des demandeurs. La jurisprudence, en constante évolution, a soulevé des
questions fondamentales quant à la manière d’exploiter efficacement le système
de Dublin en toutes circonstances et de faire en sorte que les mesures prises
pour l’application du règlement de Dublin respectent totalement les droits
fondamentaux, plus particulièrement dans l’arrêt M.S.S. contre la Belgique et
la Grèce de la Cour européenne des droits de l’homme de 2001[3].
Dans quelques mois, la Cour de justice de l’UE formulera elle aussi des
orientations complémentaires qui devront être prises en considération dans le
cadre du développement et de la mise en œuvre du RAEC. Afin de protéger l'intégrité du système de Dublin,
l’efficience de ce dernier et le niveau de protection des demandeurs doivent
être améliorés. Les négociations relatives à la proposition de la Commission de
2008 ont mis en évidence le besoin de renforcer la confiance mutuelle dans le
système de Dublin. L'une des solutions pourrait être d’intensifier les mesures
de suivi et de résolution des problèmes en vue d’intervenir plus tôt à l’aide
des dispositifs d’évaluation et d’alerte rapide. La priorité devrait désormais
être accordée à ce point dans la dernière phase des négociations en vue de
respecter l’échéance de 2012 (voir point 4.2 ci-dessous). Puisque le bon fonctionnement du système de Dublin est
essentiel pour le RAEC, ses principes et son fonctionnement devraient être
révisés régulièrement à mesure que d’autres composants du RAEC et des outils de
solidarité européens sont créés. Un «bilan de qualité» complet devrait être
effectué sous la forme d'un examen factuel des effets juridiques, économiques
et sociaux du système de Dublin, notamment de ses effets sur les droits
fondamentaux.
3.2.
Développement de la répartition des bénéficiaires d’une protection
internationale
La répartition consiste à transférer des bénéficiaires ou
des demandeurs d'une protection internationale d’un État membre vers un autre,
l’État membre d’accueil assumant alors la responsabilité de l’examen de la
demande ou des mesures d’intégration. L’idée de répartir les demandeurs d'une protection
internationale avant que leurs besoins de protection aient été évalués ne fait
pas l'unanimité. Certaines parties concernées estiment qu’il s’agit d’une
mesure utile, voire nécessaire, certains États membres allant même jusqu’à
préconiser le transfert des migrants en situation irrégulière, tandis que
d’autres contestent cette idée. De nombreuses questions demeurent quant à la
manière dont une telle action s'inscrirait dans le cadre du système de Dublin,
à son utilité pratique et son rapport coût-efficacité par rapport aux autres
formes de solidarité, et à l’impact sur les demandeurs eux-mêmes. La Commission
ne juge pas utile de proposer un mécanisme européen de répartition des demandeurs
d'une protection internationale pour le moment. Néanmoins, elle a prévu la
possibilité d'un cofinancement par l'Union de ce genre d’activités dans la
proposition FAM, en consolidant et en développant encore ce qui est déjà
possible au titre du FER. Cette option stimulera l’innovation dans les États
membres qui seraient désireux de s’engager dans des projets volontaires dans
lesquels le BEA jouerait un rôle de coordination. Ce cofinancement pourrait
aussi être utile en cas d’urgence. En revanche, il existe un consensus autour de l’idée que la
répartition des bénéficiaires d’une protection internationale peut être
à la fois utile et opportune. En juin 2009, la Commission a proposé un
projet pilote à l’échelle européenne, le projet EUREMA (EU Relocation Malta),
cofinancé par le FER. Le projet a pris fin à l’été 2011, après la
répartition de 227 bénéficiaires d’une protection internationale de Malte
dans six autres États membres. Ce projet pilote a constitué une expérience importante pour
tous les participants. Pendant son déroulement, les États membres ont fait
preuve de créativité pour trouver des solutions aux nombreux problèmes
juridiques et pratiques concernant, par exemple, l’octroi d’un statut adéquat
ou les mesures d’intégration proprement dites. Ces solutions ont pu aider le
BEA à préparer les activités d’aide au transfert prévues par la base juridique
du BEA, telles que les mesures préparatoires opérationnelles, la
sensibilisation et la coordination de l’exécution. Le succès du projet a mené
au lancement de sa deuxième phase, avec une conférence d’annonce des
contributions qui s’est tenue le 12 mai 2011 à l’initiative de la
Commission. Bien que le nombre de places annoncé ait été plus élevé que pour la
première phase (près de 340 au total), il reste faible. La Commission encourage
vivement les États membres à proposer autant de places supplémentaires que
possible, en particulier au vu du nombre d’arrivées de nouveaux demandeurs
d’asile à Malte au cours de l’été 2011. La Commission a fortement soutenu la répartition en lançant
et en dirigeant le projet pilote. Sur la base de l’expérience des deux phases
du projet, et compte tenu du futur soutien du BEA aux activités de répartition,
la Commission va proposer, sous réserve d’une analyse d’impact complémentaire,
un système permanent auquel la participation sera volontaire. Les États
membres pourront ainsi demander une assistance sous la forme d'une répartition,
notamment en cas d’urgence. Une autre évolution récente est
l’adoption de la directive modifiée[4]
sur les droits de résidence de longue durée, qui octroie aux bénéficiaires
d’une protection internationale reconnus certains droits, l’égalité de
traitement et le droit de déménager dans un autre État membre après cinq ans de
résidence. S'il ne constitue pas en soi une mesure de solidarité, cet
instrument peut contribuer à réduire la pression sur certains États membres si
plusieurs bénéficiaires reconnus choisissent de déménager dans un autre État
membre sous certaines conditions.
3.3.
Étudier la faisabilité du traitement conjoint des demandes sur le
territoire de l’Union
La question du traitement conjoint des demandes d’asile sur
le territoire de l’Union a été abordée pour la première fois dans le programme
de La Haye. Le programme de Stockholm a invité la Commission à mettre la
touche finale à son étude sur la faisabilité et les implications juridiques et
pratiques de l’établissement d’un traitement conjoint des demandes d’asile. De nombreux aspects du traitement conjoint doivent être
clarifiés. Les questions essentielles à examiner incluent une évaluation du
type de situations dans lesquelles un traitement conjoint pourrait être utile.
Les aspects juridiques et administratifs à prendre en considération comprennent
la compatibilité avec le droit européen, la base juridique des traités, la
question du recours effectif, le statut des personnes qui font l’objet d’un
traitement conjoint, la compétence de la prise des décisions, le lien pour
transférer la protection ou la reconnaissance mutuelle des décisions d’asile,
et la conciliation avec le système de Dublin. Les aspects financiers incluent
une comparaison des coûts par rapport à une procédure purement nationale et les
mécanismes de financement. Les aspects pratiques à étudier sont, entre autres,
l’endroit où aurait lieu le traitement conjoint et le recours potentiel au
travail à distance. Le traitement conjoint devrait, bien sûr, respecter
totalement les droits des demandeurs. Le traitement conjoint sur le territoire de l’Union pourrait
devenir un outil de solidarité utile. Il pourrait compléter le système de
Dublin en aidant les États membres sous pression à réduire le nombre de
dossiers en souffrance, et constituer un moyen de diffuser les meilleures
pratiques et de partager les techniques, de nouveau en vue d’harmoniser les
systèmes d’asile en renforçant la confiance mutuelle des États membres dans
leurs systèmes d’asile respectifs. Le nombre d’arrivées de demandeurs d’asile
étant fluctuant, les États membres qui connaissent des périodes de pression
relativement réduite peuvent mettre à la disposition d'autres États membres
dans le besoin les ressources humaines qu'ils n'utilisent pas. Il conviendrait
d’examiner si ces ressources pourraient être empruntées ou partagées entre les
États membres en fonction des capacités, éventuellement en relation avec des
procédures de détachement de fonctionnaires qui seraient élaborées par le BEA. La Commission lancera une étude afin d’examiner ces
questions en profondeur. Le résultat de cette étude pourrait être disponible
fin 2012.
3.4.
Garantir une répartition adéquate des responsabilités dans des
circonstances exceptionnelles
Outre le volet «urgence» d’un futur système permanent de
répartition, en cas d’afflux massif de personnes déplacées, la Commission
envisagera toujours d’activer le mécanisme de la directive relative à la
protection temporaire, lorsque les conditions sont réunies. Cette directive est
un outil utile dans les situations exceptionnelles. Elle prévoit l'octroi d'un
statut adéquat à ses bénéficiaires, tout en soulageant le système d’asile et en
créant un mécanisme structuré, mais volontaire pour le transfert des bénéficiaires
entre États membres. En même temps, les critères d’activation du mécanisme sont
définis de manière stricte: ce dernier ne peut être activé qu’en cas d’afflux
massif ou d’afflux massif imminent de personnes déplacées qui ne peuvent
rentrer dans leur pays d’origine dans des conditions sûres et durables,
notamment s'il existe un risque que le système d’asile ne puisse traiter cet
afflux sans entrave à son bon fonctionnement. Un afflux massif implique
l’arrivée dans l’Union d’un nombre important de personnes déplacées en
provenance d’un pays ou d’une région géographique déterminés, que leur arrivée
dans l’Union ait été spontanée ou organisée, par exemple dans le cadre d’un
programme d’évacuation. L’Union ne s’est plus trouvée en situation d’afflux massif
de personnes déplacées depuis la crise des réfugiés du Kosovo de 1999. Les
événements de 2011 dans le sud de la Méditerranée n’ont pas entraîné un afflux
de personnes dans l’Union à une échelle comparable. L'arrivée en grands nombres de demandeurs d’asiles et de
migrants en situation irrégulière à la frontière extérieure sud de l’Union
donne souvent lieu à des opérations de recherche et de sauvetage. Les États
membres sont tenus, en vertu du droit international, de porter assistance à
toute personne en détresse en mer et d’assurer son débarquement en lieu sûr le
plus rapidement possible. Le principe de non-refoulement doit être totalement
respecté. Ces obligations s’appliquent aussi aux pays tiers de départ. La
Commission encourage les États membres à garantir une coopération et une
coordination les plus étroites possibles entre eux lorsqu’ils remplissent leurs
obligations. S’il s’agit d’obligations absolues axées sur la vie et la santé
des personnes, on ne peut nier que, sans les mesures prises au niveau européen,
les arrivées massives mettraient à rude épreuve les capacités et
responsabilités d’accueil des États membres, notamment en ce qui concerne les
retours. L’impact positif de mesures telles que la répartition, comme expliqué
au point précédent, devrait donc être vu comme un moyen de réduire les
pressions susceptibles de découler du débarquement de personnes secourues
éligibles et candidates à l'octroi d'une protection internationale. Actions clés ¤ Les colégislateurs doivent accélérer les négociations en vue de réformer le règlement de Dublin afin de respecter l’échéance de 2012. ¤ La Commission doit lancer un «bilan de qualité» du règlement de Dublin en 2014. ¤ Les États membres doivent revoir leurs engagements à la hausse dans le contexte du projet pilote de répartition pour Malte, comme souligné lors de la conférence ministérielle du 12 mai 2011. ¤ Sous réserve d’une analyse d’impact complémentaire, la Commission doit proposer en 2012 un système volontaire et permanent de répartition des bénéficiaires d’une protection internationale. ¤ Le BEA doit entreprendre de soutenir et de faciliter la répartition, tel que prévu par le règlement BEA, sur la base de l’expérience EUREMA. ¤ La Commission doit lancer une étude sur la faisabilité et les implications juridiques et pratiques de l’établissement d’un traitement conjoint des demandes d’asile, tel que prévu dans le programme de Stockholm, dont les résultats seront disponibles avant fin 2012. ¤ L’Union doit utiliser la directive relative à la protection temporaire quand les critères sont réunis et que la situation le requiert.
4.
La confiance mutuelle au cœur d’un système de gouvernance renouvelé
4.1.
Enseignements de la Grèce: compléter les procédures d’infraction
La Commission a souligné à plusieurs reprises que les normes
peu claires de l’actuel acquis en matière d’asile contribuaient au niveau
inégal de mise en œuvre et aux difficultés dans le suivi. Les instruments
modifiés du RAEC proposés par la Commission devraient considérablement
améliorer la clarté et la précision et permettre à la Commission de mieux
superviser l’application du droit européen. En même temps, afin d’assurer le bon fonctionnement et la
résilience du système d’asile de chaque État membre à tout moment, les
instruments traditionnels de supervision de l’application de l’acquis (tels que
les procédures d’infraction et les évaluations régulières des instruments
juridiques) doivent être complétés par des mesures additionnelles, de
préférence préventives, sur la base d’un niveau de confiance mutuelle adéquat.
Si les États membres restent les principaux responsables, une réponse plus
globale est nécessaire, en particulier parce que l’Union a une obligation non
seulement envers ses États membres, mais aussi envers les demandeurs d’asile.
Les événements en Grèce ont été une expérience importante à cet égard, puisque
l’Union a apporté une réponse globale aux problèmes liés au système d’asile
grec défaillant, qui montre certains signes d'amélioration, même s’il reste
beaucoup à faire. À la suite d’allégations selon lesquelles la Grèce n’avait
pas correctement mis en œuvre la législation européenne en matière d’asile et
selon lesquelles certains aspects de son système d’asile laissaient beaucoup à
désirer, notamment les conditions inhumaines dans des centres de rétention, la
Commission a lancé une procédure d’infraction à l’encontre de la Grèce en 2009.
La Commission a cependant reconnu qu’il était nécessaire d’apporter différentes
formes d’assistance à la Grèce pour améliorer la situation, étant donné
l’aspect humanitaire de l’asile. Parallèlement à la procédure d’infraction, la Commission a
donc entamé un dialogue avec les autorités grecques. Elle a aidé la Grèce à
mettre au point un plan d’action national en matière de gestion de l’asile et
de la migration. Elle a coordonné l’aide d’experts issus d’autres États
membres. Elle a aussi débloqué un financement d’urgence du FER, complété par
d’autres sources d’aide financière européenne. Après la demande introduite par
la Grèce, en avril 2011, le BEA et les autorités grecques ont mis au point
ensemble un plan opérationnel d’une durée de deux ans en vue de déployer des
équipes d’appui à l’asile, lesquelles ont entamé leur travail sur le terrain. Outre les changements effectués par le gouvernement grec,
notamment grâce à l’adoption de nouvelles lois, une série de développements
positifs peuvent être soulignés concernant le plan d’action. On peut citer
notamment une augmentation des taux de reconnaissance de l’asile (de moins de
1 % à 12,35 %) et une amélioration de la qualité de la prise de
décision. Bien que des progrès doivent encore être accomplis et que de
sérieuses inquiétudes demeurent dans certains domaines, notamment en ce qui
concerne les centres de rétention et l’accès à certains droits, c’est un exemple
de cas où l’État membre reste responsable du maintien de l’ordre chez lui, mais
reçoit une aide financière et pratique pour y parvenir. Passé un certain stade, le suivi
doit aller au-delà de la seule question de l’application de l’acquis, car avec
le temps, l’accumulation de problèmes de capacité et de choix de gestion
problématiques pourrait aussi potentiellement mener à de sérieuses infractions
des droits fondamentaux et à une déstabilisation du RAEC, notamment du système
de Dublin.
4.2.
Renforcer la résilience du système de Dublin
La Commission, le Parlement européen et les États membres
ont récemment discuté de la manière de garantir le bon fonctionnement des
systèmes d’asile de tous les États membres et de détecter et résoudre les
problèmes émergents avant qu’ils ne mènent à des crises et à des procédures
d’infraction. L’idée d’un mécanisme d’évaluation et d’alerte rapide semble
constituer une voie à suivre. Un tel mécanisme pourrait avoir deux fonctions:
premièrement, le suivi permanent de tous les États membres afin de s’assurer
qu’ils sont constamment à même de parer à toute éventualité; deuxièmement, un
plan d’action structuré séquentiel en vue de remédier aux déficiences avant
qu’elles ne dégénèrent en une véritable crise. En pratique, un processus d’évaluation et d’alerte rapide
pourrait couvrir différents aspects de la gouvernance du système d’asile de
chaque État membre, notamment, par exemple, l’organisation géographique et
budgétaire du système d’asile, l’impact des transferts en vertu du règlement de
Dublin, le bon usage des outils de solidarité européens, la participation aux
initiatives de solidarité européennes, etc. Les rapports et les recommandations
issus de l’évaluation donneraient rapidement l’alerte en cas de problèmes
potentiels. Ils pourraient aussi être utilisés pour mieux coordonner les
mesures de solidarité qui ciblent les États membres, notamment en permettant
une meilleure programmation des fonds de l’UE et une hiérarchisation des
priorités dans le cadre des activités de coopération pratique du BEA. Pour
garantir l'efficacité de ce processus, il conviendra de trouver les moyens
adéquats et de définir des modalités de procédure adaptées. Des mesures de suivi spécifiques doivent être prévues afin
de garantir que les résultats de l’évaluation soient correctement contrôlés. Le
plan pourrait prévoir des demandes de mesures de solidarité coordonnées pour
soutenir l’action requise par l’État membre concerné. La Commission pense qu’un
tel processus pourrait considérablement renforcer la confiance mutuelle entre
les États membres et avec les organisations de la société civile qui sont
souvent critiques à l’égard du système de Dublin.
4.3.
Renforcer la confiance mutuelle via d’autres domaines de la gestion des
migrations
La confiance mutuelle est essentielle à une bonne
coopération en matière d’asile. Une confiance accrue engendrera une plus grande
solidarité. Bien que les objectifs de chaque politique de migration soient
différents, une meilleure gestion des migrations sous la forme d’une meilleure
gestion des frontières et d’une meilleure politique des visas peut aussi avoir
un impact positif sur le renforcement de la confiance mutuelle entre les États
membres dans le domaine de l’asile. La Commission a proposé, le 16 septembre 2011, une
série de modifications de la gouvernance Schengen en vue de protéger la libre
circulation en renforçant la confiance mutuelle entre les États membres. Ces
propositions amélioreraient la gestion commune de Schengen en modifiant le
mécanisme d’évaluation de Schengen. En assurant mieux la bonne application de
l’acquis de Schengen, les propositions renforceraient la confiance dans la
capacité de l’Union de gérer en commun et dans un esprit de solidarité les
problèmes liés au contrôle des frontières, ce qui permettra aussi aux États
membres d’entreprendre plus facilement des initiatives de solidarité dans le
domaine de l’asile. S’agissant de la politique des visas, l'une des
modifications du règlement relatif aux visas[5]
proposées par la Commission le 24 mai 2011 pourrait aussi contribuer
à renforcer l’efficacité des systèmes d’asile des États membres. L’introduction
d’une clause de sauvegarde sur les visas en tant que mesure de dernier ressort
permettrait de suspendre la circulation sans visa à partir d’un pays tiers
donné lorsque tout semble indiquer qu'elle a mené, entre autres, à des abus du
système d’asile. Ce mécanisme permettrait notamment à l’Union de maintenir un
équilibre entre une meilleure gestion de la circulation des ressortissants de
pays tiers et la garantie que la circulation sans visa ne mène pas à des
irrégularités ou à des abus. L’Union continuerait ainsi, d’une part, à
accompagner la libéralisation des visas de mécanismes de protection pour les
États membres, en se basant sur des expériences telles que le «mécanisme de
suivi pour la période suivant la libéralisation des visas» mis en place pour
garantir le bon fonctionnement du régime d'exemption de visa avec les pays des
Balkans occidentaux. D’autre part, l’Union activera aussi des moyens pour
offrir des solutions aux États membres confrontés à un flux donné de demandeurs
d’asile en provenance de pays tiers. Le mécanisme de suivi pour la période
suivant la libéralisation des visas a permis à la Commission d’obtenir les
informations dont elle avait besoin et de proposer des mesures axées sur la
prévention d’afflux ultérieurs d’immigrants irréguliers qui feraient un usage
abusif du régime d'exemption de visa. Actions clés ¤ L’UE doit atteindre l’objectif de 2012 pour le paquet «asile». ¤ Les États membres doivent mettre en œuvre le droit européen et la Commission doit évaluer régulièrement cette mise en œuvre et poursuivre les infractions. ¤ La Grèce doit activement poursuivre la mise en œuvre de son plan d’action et faire pleinement usage des mesures de solidarité disponibles afin de respecter toutes les échéances fixées dans le plan. ¤ Les colégislateurs doivent achever les négociations sur le règlement de Dublin en prévoyant des dispositions renforcées pour favoriser la confiance mutuelle entre les États membres et un système d'alerte rapide afin de détecter les problèmes survenant à un stade précoce. ¤ Les colégislateurs doivent approuver le paquet «Schengen» du 16 septembre 2011 afin d’améliorer la gouvernance de la gestion des frontières. ¤ Les colégislateurs doivent approuver la modification du règlement relatif aux visas proposé par la Commission le 24 mai 2011. Conclusion L’Union et ses États membres ont à leur disposition en
ensemble évolutif et flexible de mesures de solidarité. Ces mesures peuvent
être utilisées ensemble ou séparément. Comme la présente communication le
propose, certaines d’entre elles peuvent être améliorées et de nouvelles
mesures pourraient être élaborées. D’autres aspects de la gestion des migrations peuvent aussi
contribuer à consolider la solidarité au sein de l’UE dans le domaine de
l’asile. L’Union doit disposer d’une politique efficace en matière de retours
afin de garantir la crédibilité et l’intégrité des systèmes d’asile. C’est une
question que la Commission abordera dans une communication distincte en 2013.
Tendre vers davantage de convergence dans la politique de migration légale peut
aussi favoriser la solidarité, notamment en garantissant que la politique
d’asile, et notamment ses aspects liés à la solidarité, ne souffre pas d'une
gestion inefficace des migrations légales. La coopération avec les pays tiers, en particulier les pays
d’origine et de transit des réfugiés, si elle est correctement menée par
l’Union dans son ensemble, peut aussi aider à gérer ou à prévenir les flux de
demandeurs d’asile. Une telle coopération devrait inclure, par exemple, une
aide à l’amélioration de l’espace de protection dans d’autres régions du monde,
ou la mise à disposition de davantage de lieux de réinstallation au sein de
l’Union. Une telle coopération peut aussi constituer un moyen d'exprimer sa
solidarité avec les pays tiers, qui sont souvent soumis à une pression beaucoup
plus forte que l’Union en matière d’asile, comme l’a récemment démontré la
crise migratoire liée aux événements dans le sud de la Méditerranée, et comme
le souligne la communication sur une approche globale de la migration et de la
mobilité[6]. Enfin, la Commission conserve toujours la possibilité de
faire des propositions sur la base de l’article 78, paragraphe 3, du
TFUE dans les situations d’urgence caractérisées par un afflux soudain de
ressortissants de pays tiers, afin d’adopter des mesures provisoires dans
l’intérêt des États membres concernés si les instruments déjà disponibles
n’offrent pas les possibilités et la base juridique requises. Le succès des mesures de solidarité de l’Union dépend de
l’engagement et de la coopération de toutes les parties concernées. L’Union
doit continuer à débattre régulièrement de la solidarité dans le domaine de
l’asile, y compris aux niveaux politiques supérieurs, afin d’améliorer et
d'adapter l'ensemble des mesures de solidarité dans le domaine de l’asile. La
Commission fera état des progrès accomplis dans les prochains rapports annuels
«Méthode de suivi» sur l’immigration et l’asile. ANNEXE Statistiques
sur l’asile Entre 1998 (première année pour
laquelle des données à l’échelle européenne sont disponibles) et 2010, le
nombre total de demandes d’asile dans les 27 États membres de l’Union a
évolué comme suit. Au cours du premier semestre de 2011, le nombre de demandes
d’asile a augmenté de 14 % par rapport au premier semestre de 2010 (il est
à noter que les données de la Grèce et du Luxembourg ne sont pas encore
disponibles dans leur intégralité). Source: Eurostat. Demandes d’asile au premier semestre de 2011 par
rapport au premier semestre de 2010 || S1 2010 || Année 2010 complète || S1 2011* || Évolution S1 2010-2011* || 2011M01 || 2011M02 || 2011M03 || 2011M04 || 2011M05 || 2011M06 BE || 11 445 || 26 550 || 14 790 || +29 % || 2 335 || 2 365 || 2 825 || 2 525 || 2 420 || 2 320 BG || 500 || 1 030 || 465 || -7 % || 115 || 90 || 70 || 65 || 60 || 65 CZ || 465 || 785 || 370 || -20 % || 65 || 55 || 70 || 60 || 75 || 45 DK || 2 310 || 5 105 || 1 830 || -21 % || 365 || 290 || 325 || 290 || 290 || 270 DE || 18 455 || 48 595 || 22 890 || +24 % || 4 245 || 3 735 || 4 075 || 3 365 || 3 875 || 3 595 EE || 20 || 35 || 35 || +75 % || 5 || 5 || 5 || 5 || 10 || 5 IE || 1 025 || 1 940 || 685 || -33 % || 135 || 125 || 125 || 85 || 100 || 115 EL || 4 705 || 10 275 || 3 800* || +3 %* || 605 || 920 || 1 005 || 455 || 815 || : ES || 1 210 || 2 745 || 1 950 || +61 % || 240 || 335 || 365 || 430 || 365 || 215 FR || 25 925 || 52 725 || 28 835 || +11 % || 4 400 || 4 640 || 5 295 || 5 125 || 5 010 || 4 365 IT || 5 370 || 10 060 || 10 865 || +102 % || 590 || 1 625 || 1 775 || 1 460 || 3 305 || 2 110 CY || 1 235 || 2 870 || 895 || -28 % || 185 || 145 || 125 || 125 || 165 || 150 LV || 25 || 60 || 110 || +340 % || 5 || 20 || 5 || 15 || 40 || 25 LT || 195 || 505 || 185 || -5 % || 35 || 35 || 35 || 20 || 30 || 30 LU || 295 || 780 || 770* || +208 %* || 115 || 145 || 230 || 145 || 135 || : HU || 1 405 || 2 095 || 775 || -45 % || 115 || 90 || 135 || 165 || 110 || 160 MT || 60 || 170 || 1 650 || +2 650 % || 10 || 15 || 30 || 1 130 || 365 || 100 NL || 7 280 || 15 110 || 7 105 || -2 % || 1 255 || 1 090 || 1 155 || 1 095 || 1 295 || 1 215 AT || 5 065 || 11 060 || 5 830 || +15 % || 885 || 910 || 970 || 980 || 1 000 || 1 085 PL || 2 920 || 6 535 || 2 865 || -2 % || 365 || 450 || 520 || 430 || 550 || 550 PT || 80 || 160 || 95 || +19 % || 10 || 20 || 15 || 15 || 20 || 15 RO || 475 || 880 || 560 || +18 % || 50 || 85 || 125 || 95 || 95 || 110 SI || 90 || 250 || 205 || +128 % || 35 || 35 || 30 || 15 || 35 || 55 SK || 295 || 540 || 205 || -31 % || 35 || 45 || 30 || 20 || 35 || 40 FI || 2 025 || 3 665 || 1 315 || -35 % || 240 || 210 || 240 || 195 || 210 || 220 SE || 14 110 || 31 940 || 12 620 || -11 % || 1 970 || 1 965 || 2 310 || 2 040 || 2 375 || 1 960 UK || 11 875 || 23 740 || 12 690 || +7 % || 2 140 || 1 995 || 2 230 || 2 020 || 2 070 || 2 235 *
À l’exception de la Grèce et du Luxembourg. Pour ces deux États membres, les
valeurs absolues pour le premier semestre de 2011 et la comparaison sont
calculées sur les cinq premiers mois. Données extraites de
3 octobre 2011, source: Eurostat. Demandes d’asile (A) et nouveaux bénéficiaires d’une
protection (B) pour l’année 2010 complète Année 2010 complète: demandes et
nouveaux bénéficiaires par 1 000 000 habitants Année 2010 complète: demandes et
nouveaux bénéficiaires par 1 000 km² de superficie Année 2010 complète: demandes et
nouveaux bénéficiaires par 1 000 unités de PIB Population:
au 1er janvier 2010.1 Superficie: dernières données
disponibles (2010 ou avant pour certains États membres). PIB: standard de
pouvoir d’achat (unité monétaire artificielle qui élimine les effets des
différences de niveau de prix entre les États membres[7])
pour l’année 2010 complète. Données extraites de 3 octobre 2011,
source: Eurostat. Comparaison du premier semestre 2011/2010: demandes
par 1 000 000 habitants Comparaison du premier semestre 2011/2010:
demandes par 1 000 km² de superficie Comparaison du premier semestre 2011/2010:
demandes par 1 000 unités de PIB Population:
au 1er janvier 2010.1 Superficie: dernières données
disponibles (2010 ou avant pour certains États membres). PIB: standard de
pouvoir d’achat pour l’année 2010 complète. Les données de juin 2011
de la Grèce et du Luxembourg n’étaient pas disponibles et ont été extrapolées à
partir des cinq mois disponibles. Données extraites de
3 octobre 2011, source: Eurostat. Réfugiés de pays tiers réinstallés par les États
membres entre 2006 et 2010 Source: HCR des Nations unies pour
2006–2007, Eurostat (données extraites le 8 décembre 2009) pour 2008
à l’exception du Royaume-Uni: HCR des Nations unies, Eurostat (données
extraites le 1er août 2011) pour 2009 et 2010. [1] La
présente communication n’aborde pas les domaines de la solidarité liés aux
politiques visant à enrayer la migration clandestine, bien qu’il existe un lien
entre les autres politiques de gestion des migrations et un système d’asile
opérationnel. [2] Proposition
de règlement du Parlement européen et du Conseil portant création du Fonds
«Asile et migration» pour la période 2014-2020, COM(2011) 751. [3] Requête
n° 30696/09, 21.1.2011. [4] Directive
2011/51/UE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2011
modifiant la directive 2003/109/CE du Conseil [relative au statut des
ressortissants de pays tiers résidents de longue durée] afin d'étendre son
champ d'application aux bénéficiaires d'une protection internationale. [5] COM(2011) 290. [6] COM(2011) 743. [7] Voir
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/purchasing_power_parities/introduction.

