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À propos du droit de l'UE

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7 mai 1948, La Haye
Winston Churchill est chaleureusement accueilli au congrès du Mouvement européen. L‘ancien Premier ministre britannique, alors leader de l‘opposition, préside la séance inaugurale des «États généraux» de l‘Europe. Le 19 septembre 1946, il avait lancé un appel à l‘unité européenne dans son discours de Zurich.
De Paris à Lisbonne en passant par Rome, Maastricht, Amsterdam et Nice
Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le fonctionnement de l’État et la vie politique dans nos pays reposaient encore presque exclusivement sur les constitutions et les lois nationales. Celles-ci fixaient dans nos pays démocratiques les règles de conduite que les citoyens et les partis, mais également l’État et ses institutions, étaient tenus de respecter. Il aura fallu attendre l’effondrement total de l’Europe et le déclin économique et politique du vieux continent pour pouvoir jeter les bases d’un renouveau et relancer l’idée d’un nouvel ordre européen.
 
Dans leur ensemble, les efforts d’unification européenne d’après-guerre renvoient l’image déconcertante d’une myriade d’organisations complexes et difficiles à cerner. Ainsi coexistent, sans véritable lien entre elles, des organisations telles que l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), l’Union de l’Europe occidentale (UEO), l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le Conseil de l’Europe et l’Union européenne. Selon les organisations, le nombre d’États membres varie de dix (UEO) à quarante-sept (Conseil de l’Europe).
 
Cette diversité d’institutions européennes n’acquiert une structure que si l’on se penche sur les objectifs concrets des différentes organisations. On peut alors distinguer trois grands groupes.

PREMIER GROUPE: LES ORGANISATIONS EURO-ATLANTIQUES

 

DEUXIÈME GROUPE: LE CONSEIL DE L’EUROPE ET L’OSCE

 
 

TROISIÈME GROUPE: L’UNION EUROPÉENNE

 
 
 
 
 
 
 
 
Ils ont procédé à cet égard de manière tout à fait atypique et ne se sont pas limités, comme d’habitude, à des missions générales, devant ensuite être traduites en dispositions concrètes par une Conférence intergouvernementale, mais ils ont eux-mêmes défini la structure et le contenu des modifications à apporter, en fixant même souvent le texte précis d’une disposition. La plus grande polémique a porté sur la délimitation des compétences entre l’UE et les États membres, le développement de la politique étrangère et de sécurité commune, le nouveau rôle des parlements nationaux dans le processus d’intégration, l’intégration de la charte des droits fondamentaux dans le droit de l’Union ainsi que les éventuels progrès dans le domaine de la coopération policière et judiciaire en matière pénale. La Conférence intergouvernementale convoquée en 2007 n’avait donc qu’une faible marge de manœuvre et n’a été habilitée qu’à transposer techniquement les modifications souhaitées. Les travaux de la Conférence intergouvernementale ont ainsi pu être terminés dès les 18 et 19 octobre 2007; ils ont été politiquement entérinés lors de la réunion informelle du Conseil européen qui se déroulait en même temps à Lisbonne. Enfin, le 13 décembre 2007, le traité a été formellement signé à Lisbonne par les chefs d’État ou de gouvernement des vingt-sept États membres de l’UE. Cependant, le processus de ratification de ce traité s’est lui aussi révélé extrêmement difficile. Certes, le traité de Lisbonne, à la différence du traité constitutionnel, a réussi à passer les obstacles de la ratification en France et aux Pays-Bas, mais celle-ci a d’abord échoué en Irlande lors d’un premier référendum organisé le 12 juin 2008 (53,4 % de «non», avec un taux de participation de 53,1 %). Ce n’est qu’après avoir obtenu certaines assurances juridiques concernant la portée (limitée) du nouveau traité que les citoyens irlandais ont été appelés, en octobre 2009, à se prononcer une nouvelle fois sur le traité de Lisbonne lors d’un second référendum. Cette fois, la population irlandaise a approuvé le traité à une large majorité (67,1 % de «oui», avec un taux de participation de 59 %). L’issue positive du référendum en Irlande a aussi ouvert le chemin à la ratification du traité de Lisbonne en Pologne et en République tchèque. En Pologne, le président Kaczyński avait subordonné la signature de l’acte de ratification à l’issue positive du référendum irlandais. Le président tchèque Václav Klaus souhaitait également attendre le résultat du référendum irlandais et a finalement subordonné, lui aussi, la signature de l’instrument de ratification à la garantie que les «décrets Beneš» de 1945, qui avaient exclu toute revendication territoriale sur les anciens territoires allemands situés en République tchèque, ne soient pas affectés par le traité de Lisbonne et, en particulier, par la charte des droits fondamentaux que ce dernier introduit dans le traité UE. Après qu’une solution eut été trouvée également pour cette exigence, le président tchèque a signé l’acte de ratification le 3 novembre 2009. Ainsi, le processus de ratification a pu être mené à bien dans le dernier des vingt-sept États membres, de sorte que le traité de Lisbonne a pu entrer en vigueur le 1er décembre 2009.
 
Par le traité de Lisbonne, l’Union européenne et la Communauté européenne sont fusionnées en une seule Union européenne. L’expression «Communauté» est partout remplacée par celle d’«Union». L’Union se substitue à la Communauté européenne dont elle prend la succession. Le droit de l’Union reste toutefois marqué par les trois traités suivants:
Traité sur l’Union européenne
Le traité sur l’Union européenne (traité UE ou TUE) est complètement remanié. Il est divisé en six titres: «Dispositions communes» (I), «Dispositions relatives aux principes démocratiques» (II), «Dispositions relatives aux institutions» (III), «Dispositions sur les coopérations renforcées» (IV), «Dispositions générales relatives à l’action extérieure de l’Union et dispositions spécifiques concernant la politique étrangère et de sécurité commune» (V) et «Dispositions finales» (VI).
Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
Le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE ou TFUE) est issu du traité instituant la Communauté européenne. Il suit pour l’essentiel la structure du traité CE. Les modifications principales concernent l’action extérieure de l’UE et l’introduction de nouveaux chapitres, relatifs notamment à la politique de l’énergie, à la coopération policière et judiciaire en matière pénale, à l’espace ou au sport et au tourisme.
Traité instituant la Communauté européenne de l’énergie atomique
Le traité instituant la Communauté européenne de l’énergie atomique (traité CEEA ou Euratom) n’a fait l’objet que de modifications ponctuelles. Les diverses modifications spécifiques ont été opérées dans des protocoles qui ont été ajoutés au traité de Lisbonne.
 
 
L’Union européenne compte actuellement vingt-sept États membres. Il s’agit, en premier lieu, des six pays fondateurs de la Communauté économique européenne (CEE), à savoir la Belgique, l’Allemagne (qui s’est élargie, après la réunification des deux États allemands le 3 octobre 1990, au territoire de l’ex-Allemagne de l’Est), la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Le 1er janvier 1973, le Danemark (exception faite du Groenland qui, en février 1982, s’est prononcé par référendum à une courte majorité contre le maintien de l’île dans la CE), l’Irlande et le Royaume-Uni ont rejoint la Communauté. En Norvège, l’adhésion également prévue a été rejetée par un référendum en octobre 1972 (53,5 % de votes contre). L’«élargissement vers le sud» de l’UE a été inauguré par l’adhésion de la Grèce le 1er janvier 1981 et s’est terminé ensuite par l’adhésion de l’Espagne et du Portugal le 1er janvier 1986. Cet élargissement vers le sud a été suivi par l’adhésion à l’UE, le 1er janvier 1995, de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède. La Norvège a refusé de nouveau d’adhérer — comme vingt-deux ans auparavant — à une courte majorité, 52,4 % des citoyens s’étant prononcés par référendum contre l’adhésion de leur pays. Le 1er mai 2004, les États baltes — l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie — , les pays d’Europe centrale et orientale — la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Slovénie et la Slovaquie — ainsi que deux îles méditerranéennes — Chypre et Malte — ont adhéré. Un peu plus de deux ans plus tard, l’élargissement vers l’est a provisoirement pris fin avec l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie le 1er janvier 2007. Le nombre d’États membres de l’UE est ainsi passé de quinze à vingt-sept, et le nombre de citoyens de l’Union a augmenté d’environ 90 millions, atteignant 474 millions d’habitants. Cet élargissement historique de l’UE constitue l’aboutissement d’un long processus qui a permis la réunification des peuples européens séparés pendant plus d’un demi-siècle par le rideau de fer et la guerre froide. Ce cinquième élargissement de l’UE marque donc surtout la volonté d’assurer la paix, la stabilité et le bien-être économique dans un continent européen uni.
 
D’autres négociations d’adhésion sont déjà en cours, comme par exemple avec la Turquie, qui a présenté sa demande d’adhésion le 14 avril 1987. Les relations entre l’UE et la Turquie s’inscrivent toutefois dans une histoire bien plus ancienne. Dès 1963, un accord d’association faisant référence à une perspective d’adhésion a été conclu entre la CEE et la Turquie. En 1995, une union douanière a été créée, et, en décembre 1999, le Conseil européen de Helsinki a conféré officiellement à la Turquie le statut de candidat à l’adhésion. Se trouvait ainsi exprimée la conviction que ce pays possède les fondements d’un système démocratique, même si d’énormes progrès sont encore nécessaires en ce qui concerne le respect des droits de l’homme et la protection des minorités. En décembre 2004, sur la base d’une recommandation de la Commission, le Conseil européen a finalement donné son feu vert à l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie; celles-ci ont commencé en octobre 2005. Leur objectif final est l’adhésion. Cependant, aucune garantie n’est donnée quant à la réalisation de cet objectif. En outre, il existe un consensus au sein de l’UE: une éventuelle adhésion ne pourra pas intervenir avant 2014. Il conviendra de la préparer avec la plus grande minutie pour que l’intégration soit harmonieuse et ne mette pas en péril les acquis d’un demi-siècle d’intégration européenne. Les autres candidats à l’adhésion sont la Croatie, où le terrain pour l’ouverture des négociations d’adhésion a été préparé en octobre 2005, et l’ancienne République yougoslave de Macédoine, qui a reçu le statut de candidat à l’adhésion en décembre 2005 sans pour autant que soit fixée une date concrète pour le début des négociations. L’Islande a déposé une demande d’adhésion à l’UE le 17 juillet 2009. Le 24 février 2010, la Commission européenne a recommandé au Conseil l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’Islande.
 
L’UE se tourne résolument vers les pays des Balkans occidentaux. Elle a décidé d’appliquer à ces pays la même stratégie que celle adoptée précédemment pour les nouveaux États adhérents. Un processus élargi de stabilisation et d’association doit donc constituer le cadre global pour rapprocher les pays des Balkans occidentaux de l’UE jusqu’à une future adhésion. Un premier pas important est constitué par les «partenariats européens» institués avec l’Albanie, la Bosnie-et-Herzégovine, ainsi que la Serbie et le Monténégro, y compris le Kosovo 1. Les divers partenariats européens, qui seront adaptés en fonction des besoins particuliers, ont pour objectif d’assister les pays des Balkans occidentaux afin que la préparation à une éventuelle adhésion puisse se faire dans un cadre ordonné et concerté; en outre, ils offrent un cadre pour élaborer des plans d’action assortis de calendriers pour les réformes à réaliser et définissant avec précision les moyens que les pays comptent mettre en œuvre pour répondre aux exigences d’une intégration plus forte dans l’UE.
 
Le retrait de l’UE est également prévu: le traité UE introduit une clause de retrait permettant à un État membre de quitter l’Union. Le retrait n’est lié à aucune condition, il suffit qu’un accord soit conclu entre l’UE et l’État membre concerné sur les modalités du retrait ou, à défaut d’un tel accord, que s’écoule un délai de deux ans à compter de la notification de l’intention de retrait pour que ce dernier prenne effet même sans accord. Il manque toutefois une disposition relative à l’exclusion d’un État membre de l’UE en cas de violations graves et persistantes des traités.