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Commission Decision
Décision de la Commission
of 21 November 2001
du 21 novembre 2001
relating to a proceeding pursuant to Article 81 of the EC Treaty and Article 53 of the EEA Agreement
relative à une procédure d'application de l'article 81 du traité CE et de l'article 53 de l'accord EEE
(Case COMP/E-1/37.512 - Vitamins)
(Affaire COMP/E-1/37.512 - Vitamines)
(notified under document number C(2001) 3695)
[notifiée sous le numéro C(2001) 3695]
(Only the English, French, German and Dutch texts are authentic)
(Les textes en langues allemande, anglaise, française et néerlandaise sont les seuls faisant foi.)
(Text with EEA relevance)
(Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)
(2003/2/EC)
(2003/2/CE)
THE COMMISSION OF THE EUROPEAN COMMUNITIES,
LA COMMISSION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES,
Having regard to the Treaty establishing the European Community,
vu le traité instituant la Communauté européenne,
Having regard to the Agreement on the European Economic Area,
vu l'accord sur l'Espace économique européen,
Having regard to Council Regulation No 17 of 6 February 1962, first Regulation implementing Articles 85 and 86 of the Treaty(1), as last amended by Regulation (EC) No 1216/1999(2), and in particular Article 3 and Article 15(2) thereof,
vu le règlement n° 17 du Conseil du 6 février 1962, premier règlement d'application des articles 85 et 86 du traité(1), modifié en dernier lieu par le règlement (CE) n° 1216/1999(2), et notamment son article 3 et son article 15, paragraphe 2,
Having regard to the Commission decision of 6 July 2000 to initiate a proceeding in this case,
vu la décision de la Commission du 6 juillet 2000 d'ouvrir la procédure dans la présente affaire,
Having given the undertakings concerned the opportunity to make known their views on the objections raised by the Commission pursuant to Article 19(1) of Regulation No 17 and Commission Regulation (EC) No 2842/98 of 22 December 1998 on the hearing of parties in certain proceedings under Articles 85 and 86 of the EC Treaty(3),
après avoir donné aux entreprises concernées l'occasion de faire connaître leur point de vue au sujet des griefs retenus par la Commission, conformément à l'article 19, paragraphe 1, du règlement n° 17 et au règlement (CE) n° 2842/98 de la Commission du 22 décembre 1998 relatif à l'audition dans certaines procédures fondées sur les articles 85 et 86 du traité CE(3),
Having regard to the final report of the Hearing Officer in this case,
vu le rapport final du conseiller-auditeur dans la présente affaire,
Having consulted the Advisory Committee on Restrictive Practices and Dominant Positions,
après consultation du comité consultatif en matière d'ententes et de positions dominantes,
Whereas:
considérant ce qui suit:
1. FACTS
1. FAITS
1.1. SUMMARY OF THE INFRINGEMENT
1.1. RÉSUMÉ DE L'INFRACTION
(1) This Decision imposing fines for infringements of Article 81(1) of the Treaty and Article 53 of the EEA Agreement is addressed to the following undertakings:
(1) Les entreprises suivantes sont destinataires de la présente décision infligeant des amendes pour infractions à l'article 81, paragraphe 1, du traité et à l'article 53 de l'accord EEE:
- F. Hoffmann-La Roche AG (hereafter "Roche"),
- F. Hoffmann-La Roche AG (ci-après dénommée "Roche"),
- BASF AG (hereafter "BASF"),
- BASF AG (ci-après dénommée "BASF"),
- Aventis SA (formerly Rhône-Poulenc) (hereafter "Aventis"),
- Aventis SA (ex-Rhône-Poulenc) (ci-après dénommée "Aventis"),
- Lonza AG (hereafter "Lonza"),
- Lonza AG (ci-après dénommée "Lonza"),
- Solvay Pharmaceuticals BV (hereafter "Solvay"),
- Solvay Pharmaceuticals BV (ci-après dénommée "Solvay"),
- Merck KgaA (hereafter "Merck"),
- Merck KgaA (ci-après dénommée "Merck"),
- Daiichi Pharmaceutical Co. Ltd (hereafter "Daiichi"),
- Daiichi Pharmaceutical Co. Ltd (ci-après dénommée "Daiichi"),
- Eisai Co. Ltd (hereafter "Eisai"),
- Eisai Co. Ltd (ci-après dénommée "Eisai"),
- Kongo Chemical Co. Ltd (hereafter "Kongo"),
- Kongo Chemical Co. Ltd (ci-après dénommée "Kongo"),
- Sumitomo Chemical Co. Ltd (hereafter "Sumitomo"),
- Sumitomo Chemical Co. Ltd (ci-après dénommée "Sumitomo"),
- Sumika Fine Chemicals Ltd (hereafter "Sumika"),
- Sumika Fine Chemicals Ltd (ci-après dénommée "Sumika"),
- Takeda Chemical Industries Ltd (hereafter "Takeda"),
- Takeda Chemical Industries Ltd (ci-après dénommée "Takeda"),
- Tanabe Seiyaku Co. Ltd (hereafter "Tanabe").
- Tanabe Seiyaku Co. Ltd (ci-après dénommée "Tanabe").
(2) For the periods and for the different vitamin products specified in this decision, the manufacturers of vitamins A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3, H, folic acid, beta-carotene and carotinoids supplying the Community and the EEA entered into and participated in a series of continuing agreements contrary to Articles 81(1) of the Treaty and Article 53 EEA by which they fixed prices for the different products, allocated sales quotas, agreed on and implemented price increases, issued price announcements in accordance with their agreements, sold the products at the agreed prices, set up a machinery to monitor and enforce adherence to their agreements, and participated in a structure of regular meetings to implement their plans.
(2) Pour les périodes et pour les différents produits vitaminiques spécifiés dans la présente décision, les producteurs des vitamines A, E, B1, B2, B5, B6 C, D3 et H, d'acide folique, de bêta-carotène et de caroténoïdes approvisionnant la Communauté et l'EEE ont conclu et mis en oeuvre une série d'accords durables, contraires à l'article 81, paragraphe 1, du traité et à l'article 53 de l'accord EEE, dans le cadre desquels ils ont fixé les prix des différents produits, se sont attribués des quotas de vente, ont décidé d'un commun accord et mis en oeuvre des augmentations de prix, ont publié des annonces de prix conformément à leurs accords, ont vendu les produits aux prix convenus, ont mis en place un mécanisme de surveillance et de contrôle du respect des accords et ont participé à un système de réunions régulières pour mettre leurs plans à exécution.
(a) Participants, product, duration
a) Participants, produit, durée
>TABLE>
>TABLE>
(b) Participants by product
b) Participants par produit
>TABLE>
>TABLE>
1.2. THE INDUSTRY
1.2. INDUSTRIE
1.2.1. VITAMINS
1.2.1. VITAMINES
(3) Vitamins are a group of micronutrients of various types of organic compounds required in small amounts in human and animal diet for normal growth, development and maintenance of life. Their physiological function in the organism and mode of action are diverse. Some vitamins are essential sources of certain coenzymes necessary for metabolism; others are involved in the metabolism of other vitamins. All known vitamins can be synthesised chemically.
(3) Les vitamines sont un groupe de micronutriments constitués de différents types de composés organiques qui doivent être présents en petites quantités dans l'alimentation humaine et animale pour assurer une croissance et un développement normaux et le maintien en vie. Leur fonction physiologique dans l'organisme et leur mode d'action diffèrent. Certaines vitamines sont des sources essentielles de coenzymes nécessaires au métabolisme, d'autres interviennent dans le métabolisme d'autres vitamines. Toutes les vitamines connues peuvent être synthétisées chimiquement.
(4) With very few exceptions, the living organism cannot itself synthesise vitamins. They have to be supplied in the diet or in dietary supplements. There are some 15 major vitamins.
(4) À de rares exceptions près, l'organisme vivant ne peut synthétiser lui-même les vitamines. Celles-ci doivent être apportées par l'alimentation ou des compléments alimentaires. Il existe une quinzaine de vitamines principales.
(5) Vitamins are often grouped according to their solubility properties: of the products relevant for this case vitamin C and the B complex vitamins are water soluble; vitamins A, E and D are fat soluble.
(5) Les vitamines sont souvent groupées en fonction de leur solubilité: parmi les produits concernés par la présente affaire, la vitamine C et les vitamines du groupe B sont hydrosolubles. Les vitamines A, E et D sont liposolubles.
(6) Compound animal feeds contain the vitamins required for the health and growth of particular species. Vitamins are added to human food products to replace losses in processing, to fortify the product, and also to act as antioxidants or colourants. Vitamins for pharmaceutical purposes are marketed to the public as diet supplements in tablet or capsule form. In the cosmetics industry, vitamins are added to skin and healthcare products.
(6) Les aliments composés pour animaux contiennent les vitamines nécessaires pour préserver la santé et assurer la croissance de chaque espèce. Des vitamines sont ajoutées aux produits destinés à l'alimentation humaine pour compenser les pertes dues aux procédés de transformation, pour fortifier le produit et aussi pour servir d'antioxydants ou de colorants. Les vitamines destinées à un usage pharmaceutique sont commercialisées en tant que compléments alimentaires, sous forme de tablettes ou de capsules. Dans l'industrie des cosmétiques, des vitamines sont ajoutées aux produits pour la peau et à d'autres produits de soin.
(7) Bulk vitamins are sold in different forms according to the product and the application: crystalline, in oil, with a protective coating or in a powder matrix.
(7) Les vitamines en vrac sont vendues sous des formes qui varient selon le produit et l'application: en cristaux, dans de l'huile, sous une couche protectrice ou en poudre.
(8) The products with which this decision is concerned are those bulk synthetic substances which belong to the following groups of vitamins and closely related products: A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3, biotin (H), folic acid (M), beta-carotene and carotinoids.
(8) Les produits concernés par la présente décision sont les substances synthétiques en vrac appartenant aux groupes de vitamines et de produits connexes suivants: A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3, biotine (H), acide folique (M), bêta-carotène et caroténoïdes.
(9) Each group of vitamins includes those interrelated substances which have the same properties in their own biological field. Each has specific metabolic functions and is therefore not interchangeable with the other groups. In addition, the various group of vitamins when combined have a complementary synergistic effect.
(9) Chaque groupe de vitamines inclut les substances associées qui ont les mêmes propriétés dans leur propre domaine biologique. Chacun a des fonctions métaboliques spécifiques et n'est donc pas interchangeable avec les autres groupes. En outre, lorsqu'ils sont combinés, les différents groupes de vitamines ont un effet synergique complémentaire.
1.2.2. THE VITAMIN MARKETS AND PRODUCTS - OVERVIEW
1.2.2. MARCHÉS DES VITAMINES ET PRODUITS VITAMINIQUES - APERÇU
(10) The three largest producers of vitamins in the world are Roche, BASF and Aventis, formerly Rhône-Poulenc(4) with overall market shares of approximately [40 to 50] %, [20 to 30] % and [5 to 15] % respectively.
(10) Les trois plus grands producteurs de vitamines dans le monde sont Roche, BASF et Aventis (ex-Rhône-Poulenc)(4), avec des parts de marché globales respectives d'environ [40-50] %, [20-30] % et [5-15] %.
(11) Roche and BASF each produce a wide range of vitamins for both animal nutrition and for human usage, pharmaceutical and food.
(11) Roche et BASF produisent chacune une large gamme de vitamines destinées à l'alimentation animale et à un usage humain, pharmaceutique et alimentaire.
(12) The vitamin activity of Aventis is confined to the animal feed sector for which it produces vitamins A and E and buys in for resale certain other vitamins from other producers.
(12) L'activité d'Aventis dans le domaine des vitamines se limite au secteur de l'alimentation animale, pour lequel elle produit elle-même des vitamines A et E et achète certaines autres vitamines à d'autres producteurs pour les revendre.
(13) The total world bulk vitamins market (1999) is estimated at some EUR 3,25 billion.
(13) Le marché mondial total des vitamines en vrac (1999) est estimé à quelque 3,25 milliards d'euros.
(14) In volume terms, worldwide production of vitamins for animal feed, excluding choline chloride - vitamin B4, not the subject of the present procedure, is around 60000 tonnes per year; pharmaceutical/food tonnage totals around 65000 tonnes.
(14) En volume, la production mondiale de vitamines destinées à l'alimentation animale, à l'exclusion du chlorure de choline - vitamine B4, qui n'est pas couvert par la présente procédure, atteint environ 60000 tonnes par an. Le volume total destiné à un usage pharmaceutique et/ou alimentaire est d'environ 65000 tonnes.
(15) The EEA market for the products which are the subject of the present Decision was worth around ECU 800 million, at ex-producer prices, in 1998.
(15) Le marché de l'EEE des produits faisant l'objet de la présente décision s'élevait à quelque 800 millions d'écus, prix départ usine, en 1998.
(16) Vitamins A and E together comprise half the total market for vitamins. In 1998, the last full year of the cartel for these products, the vitamin E market in the Community was worth ECU 250 million; vitamin A sales aggregated some ECU 150 million.
(16) Les vitamines A et E représentent ensemble la moitié du marché total des vitamines. En 1998, dernière année complète d'existence du cartel pour ces produits, le marché de la vitamine E dans la Communauté s'est élevé à 250 millions d'écus. Les ventes de vitamine A ont représenté quelque 150 millions d'écus.
(17) Sales of bulk vitamin C, which in 1995 had accounted for ECU 250 million in the Community, came to ECU 120 million, the price having more than halved since the ending of cartel arrangements at the end of 1995.
(17) Les ventes de vitamine C en vrac dans la Communauté sont tombées de 250 millions d'écus en 1995 à 120 millions d'écus, le prix ayant été réduit de moitié depuis la cessation de l'entente à la fin de 1995.
(18) The value of the vitamins market(5) in the Community/EEA from 1994 to 1998 was as follows:
(18) La valeur du marché des vitamines(5) de l'ensemble Communauté et/ou EEE a suivi l'évolution suivante de 1994 à 1998:
>TABLE>
>TABLE>
Source:
Source:
Roche market share statistics.
Statistiques de Roche concernant les parts de marché.
Table I in the Annex gives the breakdown for each vitamin product by Member State over the same period.
Le tableau I en annexe fournit la ventilation par État membre pour chaque produit vitaminique au cours de la même période.
(19) Some 70 % of production of vitamins A and E is animal feed grade and 30 % for food pharmaceutical grade; in vitamin C, 80 % is intended for human consumption.
(19) Quelque 70 % de la production de vitamines A et E sont destinés à l'alimentation animale et 30 % à un usage pharmaceutique/alimentaire. En ce qui concerne la vitamine C, 80 % sont destinés à la consommation humaine.
(20) Besides selling individual feed grade vitamins in bulk, much of this to "pre-mixers" which combine vitamins with other nutrients to form a package in powder or liquid form for use in the production of animal feed, the two major producers Roche and BASF are both forward-integrated and have their own operations producing pre-mixes, as does Rhône-Poulenc. A substantial proportion of their "feed grade" vitamin production is not sold on the "free" market but is employed internally in the manufacture of their "pre-mixes". These are blends containing other nutrients and medication besides vitamin concentrates which are added in small amounts to the main feed mixture. The remainder is sold to wholesalers, pre-mixers or directly to animal feed compounders.
(20) En plus de vendre des vitamines en vrac destinées à l'alimentation animale, dont une part importante à des fabricants de prémix (ou prémélanges), qui combinent les vitamines à d'autres nutriments pour former un amalgame sous forme de poudre ou de liquide destiné à être utilisé dans la production d'aliments pour animaux, les deux principaux producteurs, Roche et BASF, sont tous deux intégrés en aval et disposent de leurs propres installations de prémixage, de même que Rhône-Poulenc. Une proportion importante de la production de vitamines destinées à l'alimentation animale n'est pas vendue sur le marché "libre", mais utilisée par les producteurs eux-mêmes pour la fabrication de leurs prémix. Ces prémix sont des mélanges contenant d'autres nutriments et médicaments en plus des concentrés vitaminés, qui sont ajoutés en petites quantités à la préparation principale. Le reste est vendu aux grossistes, aux fabricants de prémix ou directement aux fabricants d'aliments pour animaux.
(21) The vitamin producers sell the food/pharmaceutical grade product in "straight" form to intermediate customers, such as other vitamin producers, vitamin formulators who buy in concentrated form and to distributors and resellers. Vitamin producers which do not themselves produce particular vitamins may buy in their requirements from other vitamin producers.
(21) Les producteurs de vitamines vendent les produits à usage alimentaire et/ou pharmaceutique "à l'état pur" aux consommateurs intermédiaires, tels que les autres producteurs de vitamines ou les formulateurs, qui les achètent sous forme concentrée, et aux distributeurs et aux revendeurs. Les producteurs de vitamines qui ne produisent pas eux-mêmes certaines vitamines peuvent, pour couvrir leurs besoins, s'approvisionner auprès d'autres producteurs.
1.2.2.1. The individual vitamin product markets
1.2.2.1. Différents marchés de produits vitaminiques
Vitamins A and E
Vitamines A et E
(22) Vitamin A is a fat-soluble chemical substance with a variety of applications primarily in the feed industry. Smaller quantities of vitamin A are also sold to the food and pharmaceutical industries. Sales to the cosmetics industry are minimal. Vitamin A is necessary to ensure normal growth as well as healthy skin, eyes, teeth, gums and hair.
(22) La vitamine A est une substance chimique liposoluble trouvant de nombreuses applications, principalement dans l'industrie des aliments pour animaux. De petites quantités de vitamine A sont également vendues aux industries alimentaire et pharmaceutique. Les ventes à l'industrie des cosmétiques sont minimes. La vitamine A est nécessaire pour garantir une croissance normale, ainsi que la bonne santé de la peau, des yeux, des dents, des gencives et des cheveux.
(23) Vitamin E is also a fat-soluble chemical substance with a variety of applications in animal and human nutrition as well as in the pharmaceutical and cosmetics industry. Vitamin E is necessary for the formation and functioning of red blood corpuscles, muscles and other tissue. Vitamin E can either be derived from natural sources or be generated as a synthetic product. There is only a very limited competitive overlap between synthetic and natural vitamin E which only occurs in human applications.
(23) La vitamine E est également une substance chimique liposoluble trouvant une variété d'applications dans l'alimentation animale et humaine ainsi que dans les industries pharmaceutique et des cosmétiques. La vitamine E est nécessaire à la formation et au fonctionnement des globules rouges, des muscles et d'autres tissus. La vitamine E peut soit provenir de sources naturelles, soit consister en un produit synthétique. Il n'existe, entre le produit synthétique et le produit naturel, qu'un chevauchement concurrentiel très limité, qui ne concerne que les applications humaines.
(24) The majority of synthetic vitamin E supplies is purchased by the feed industry, the remainder being consumed by the pharmaceutical and food industry as well as the cosmetics industry which has, however, only emerged as a sizeable purchaser of the product since 1996.
(24) La vitamine E synthétique est achetée, en majeure partie, par l'industrie des aliments pour animaux, le reste étant consommé par les industries pharmaceutique et alimentaire, ainsi que par l'industrie des cosmétiques, bien que cette dernière ne figure parmi les acheteurs importants du produit que depuis 1996.
(25) Vitamins A and E together account for some 60 % of the worldwide demand for animal feed vitamins. Both vitamins are largely bought by the same customers, especially in the animal feed industry. The world demand for vitamin E is around 22000 tonnes annually, for vitamin A, around 15000 tonnes.
(25) Les vitamines A et E représentent ensemble environ 60 % de la demande mondiale de vitamines destinées à l'alimentation animale. Elles sont, dans une large mesure, achetées par les mêmes clients, en particulier dans l'industrie des aliments pour animaux. La demande mondiale de vitamine E s'élève à environ 22000 tonnes par an. Pour la vitamine A, le chiffre correspondant est de 15000 tonnes.
(26) Roche was the first producer to synthesise vitamins A and E, holding a monopoly on both vitamins until the late 1960s, at which time Rhône-Poulenc began marketing vitamin A for animal feed. BASF entered the market for both products in 1970, and shortly afterwards Rhône-Poulenc extended its activities to vitamin E, for animal feed only. The Japanese producer Eisai also began marketing vitamin E in Europe for human and animal usage in 1967; it does not produce vitamin A.
(26) Roche a été le premier producteur à synthétiser les vitamines A et E, produits dont elle a détenu le monopole jusqu'à la fin des années soixante, lorsque Rhône-Poulenc a commencé à commercialiser de la vitamine A destinée à l'alimentation animale. BASF est entrée sur le marché de ces deux produits en 1970, et peu de temps après, Rhône-Poulenc a étendu ses activités à la vitamine E, pour l'alimentation animale uniquement. Le producteur japonais Eisai a également commencé à commercialiser de la vitamine E à usage humain et animal en Europe en 1967. Il ne produit pas de vitamine A.
(27) Roche and BASF thus supply vitamin A and E for use in animal feed and human food, Rhône-Poulenc supplies both vitamins, for animal feed only and Eisai supplies vitamin E for both animal and human use. The only significant other producer of vitamin A is the Russian company Bel Vitamini with about 7 to 9 % of the total market volume. As for vitamin E, small Chinese producers have slowly increased their aggregate share from less than 1 % in 1989 to 7 % by the end of the 1990s.
(27) Roche et BASF fournissent donc des vitamines A et E destinées à l'alimentation animale et humaine. Rhône-Poulenc fournit les deux vitamines, mais uniquement pour l'alimentation animale, et Eisai fournit de la vitamine E à usage animal et humain. Le seul autre producteur significatif de vitamine A est la société russe Bel Vitamini, avec une part de marché d'environ 7 à 9 % en volume. En ce qui concerne la vitamine E, de petits producteurs chinois ont lentement accru leur part de marché cumulée, qui est passée de moins de 1 % en 1989 à 7 % à la fin des années quatre-vingt-dix.
(28) The bulk vitamin A market in the EEA in 1998 was worth around ECU 150 million; the vitamin E market, ECU 250 million. The average price of vitamin A in the EEA rose from around ECU 38,80/kg in 1990 to ECU 54,50 in 1998 (see Table II in the Annex). Vitamin E prices in the EEA increased from ECU 18,60/kg in 1990 to ECU 31,10 by 1998 (see Table III).
(28) Le marché de la vitamine A en vrac à l'échelle de l'EEE se chiffrait à quelque 150 millions d'écus en 1998, celui de la vitamine E à 250 millions d'écus. Le prix moyen de la vitamine A dans l'EEE est passé d'environ 38,80 écus/kg en 1990 à 54,50 écus en 1998 (tableau II en annexe). Les prix de la vitamine E dans l'EEE sont passés de 18,60 écus/kg en 1990 à 31,10 écus en 1998 (tableau III en annexe).
Vitamin B1
Vitamine B1
(29) Vitamin B1 (thiamin) is essential for the metabolism of carbohydrates through its coenzyme functions. Deficiency causes reduction of growth and nervous disorders. It is a water-soluble vitamin used for animal and human nutrition and in the pharmaceutical industry. Chemical synthesis is a complex process involving some 15 to 17 different steps.
(29) La vitamine B1 (thiamine) joue, en tant que coenzyme, un rôle essentiel dans le métabolisme des hydrates de carbone. Une carence entraîne un ralentissement de la croissance et des désordres nerveux. C'est une vitamine hydrosoluble utilisée dans l'alimentation humaine et animale et dans l'industrie pharmaceutique. La synthèse chimique de la vitamine B1 est un processus complexe, qui comprend de 15 à 17 étapes différentes.
(30) The main producers are Roche, Takeda and several Chinese manufacturers. BASF ceased its own production of vitamin B1 in 1989 and concluded a five-year supply agreement to obtain its requirements from Roche.
(30) Les principaux producteurs sont Roche, Takeda et plusieurs fabricants chinois. BASF a arrêté sa propre production de vitamine B1 en 1989 et a conclu un contrat de fourniture d'une durée de cinq ans avec Roche pour couvrir ses besoins.
(31) Vitamin B1 prices (feed grade) in Europe were in the region of ECU 32,50/kg, rising by 1993 to ECU 38,00/kg before falling sharply in 1994 and reaching a low in 1996 of ECU 16/kg (see Table IV). The European market in vitamin B1 in 1994 was worth some ECU 18 million (1998: ECU 15 million).
(31) D'environ 32,50 écus/kg, les prix de la vitamine B1 (qualité alimentation animale) en Europe sont passés à 38,00 écus/kg en 1993, avant de chuter fortement en 1994, jusqu'à atteindre un niveau plancher de 16 écus/kg en 1996 (tableau IV en annexe). Le marché européen de la vitamine B1 s'élevait à quelque 18 millions d'écus en 1994 (1998: 15 millions d'écus).
Vitamin B2
Vitamine B2
(32) Vitamin B2 is found in all living cells and is involved in numerous reactions operating energy in cellular metabolism. Riboflavin coenzymes are essential for the conversion of vitamins B6 and folic acid into valid active form.
(32) La vitamine B2 est présente dans toutes les cellules vivantes et intervient dans de nombreuses réactions libérant de l'énergie dans le métabolisme cellulaire. Les coenzymes flaviniques sont essentielles à la transformation des vitamines B6 et de l'acide folique sous une forme active.
(33) Vitamin B2 is mainly used in the animal feed industry. Only 30 % of production is employed in food manufacturing and pharmaceuticals.
(33) La vitamine B2 est utilisée principalement dans l'alimentation animale. Seule une part de 30 % de la production est utilisée dans l'industrie alimentaire et les produits pharmaceutiques.
(34) The principal manufacturers of vitamin B2 are Roche and BASF, with world market shares of 55 % and 30 % respectively in 1990. The third largest supplier is Takeda with 11 % in 1990. There are other producers in Russia, China and the United States of America. So far, only Roche and Takeda produce synthetic vitamin B2; the others employ a fermentation process.
(34) Les principaux fabricants de vitamine B2 sont Roche et BASF, qui détenaient respectivement 55 % et 30 % du marché mondial en 1990. Le troisième fournisseur par ordre d'importance est Takeda, avec 11 % du marché en 1990. Il existe d'autres producteurs en Russie, en Chine et aux États-Unis. À ce jour, Roche et Takeda sont les seules à produire de la vitamine B2 de synthèse. Les autres utilisent un procédé de fermentation.
(35) The European price of riboflavin in 1991 was about ECU 43/kg, rising to about ECU 56 in 1994, after which it fell to the present level of EUR 40 (see Table V in the Annex). The European market for vitamin B2 in 1995 was worth some ECU 44 million (1998: ECU 34 million).
(35) Le prix européen de la riboflavine, qui était d'environ 43 écus/kg en 1991, a atteint quelque 56 écus en 1994, avant de redescendre jusqu'à son niveau actuel de 40 euros (tableau V en annexe). Le marché européen de la vitamine B2 était de l'ordre de 44 millions d'écus en valeur en 1995 (1998: 34 millions d'écus).
Vitamin B5
Vitamine B5
(36) Vitamin B5 (pantothenic acid, also referred to as calpan) plays a key role in the metabolism of carbohydrates, proteins and fats, and is therefore important for the maintenance and repair of all cells and tissues. Dietary deficiency of calpan in human beings results in a wide variety of clinical symptoms. In animals, a deficiency of vitamin B5 is manifested in retarded growth, impaired fertility, neuromuscular and dermatological disorders and sudden death.
(36) La vitamine B5 (acide pantothénique, également appelé "calpan") joue un rôle essentiel dans le métabolisme des hydrates de carbone, des protéines et des graisses et est donc importante pour l'entretien et la réparation de tous les tissus et cellules. Une carence en calpan dans l'alimentation humaine entraîne toute une variété de symptômes cliniques. Chez l'animal, une carence en vitamine B5 se manifeste par un retard de croissance, une perte de fertilité, des troubles neuromusculaires et dermatologiques et la mort subite.
(37) Calpan is produced in two main forms: a pure form known as d-calpan, used both for human consumption and as an ingredient in animal feed and a mixed form, dl-calpan, consisting as to 45 % of d-calpan and as to 55 % of an inert filler, which is used for animal feed only. Reflecting its chemical composition, the price of d-calpan is double that of dl-calpan.
(37) L'acide pantothénique est produit essentiellement sous deux formes: comme produit à l'état pur connu sous le nom de D-pantothénate de calcium, qui est destiné à la consommation humaine ou utilisé comme ingrédient dans l'alimentation animale, et un produit mixte, le DL-pantothénate de calcium, comprenant jusqu'à 45 % de D-pantothénate de calcium et jusqu'à 55 % de matière inerte, utilisé seulement dans l'alimentation animale. Le prix du D-pantothénate de calcium, compte tenu de sa composition chimique, est le double de celui du DL-pantothénate de calcium.
(38) Vitamin B5 is another vitamin for which Roche and BASF were among the three leading producers worldwide; the other main manufacturer of this product is Daiichi of Japan. There are also minor producers in Japan, China, Poland and Romania.
(38) La vitamine B5 est une autre vitamine pour laquelle Roche et BASF étaient parmi les trois premiers producteurs mondiaux. L'autre grand fabricant de ce produit est l'entreprise japonaise Daiichi. (Il existe aussi de petits producteurs au Japon, en Chine, en Pologne et en Roumanie.)
(39) Roche and BASF between them have about two thirds of the market in Europe and worldwide.
(39) Roche et BASF détiennent, à elles deux, les deux tiers environ du marché européen et du marché mondial.
(40) Roche, BASF and Daiichi produce only d-calpan, the majority of which is supplied to the animal feed industry. Alps (Japan) and companies in Romania and Poland produce dl-calpan.
(40) Roche, BASF et Daiichi ne produisent que du D-pantothénate de calcium, en majorité pour le secteur de l'alimentation animale. Alps (Japon) et des entreprises roumaines et polonaises produisent du DL-pantothénate de calcium.
(41) In the animal-feed sector, which accounts for the vast majority of production, d-calpan and dl-calpan are sold to pre-mixers who mix calpan with other vitamins and sell the pre-mix package to manufacturers of animal feed.
(41) Dans le secteur de l'alimentation animale, qui absorbe la plus grosse partie de la production, le D-pantothénate de calcium et le DL-pantothénate de calcium sont vendus à des fabricants de prémix qui mélangent l'acide pantothénique avec d'autres vitamines et vendent ce prémix aux fabricants d'aliments pour animaux.
(42) Daiichi does not produce pre-mixes. Both Roche and BASF are however integrated downstream into pre-mixes; each owns and operates some seven pre-mix plants in Europe. They supply d-calpan both to their own pre-mixing operations (captive use) and to other pre-mixers.
(42) Daiichi ne produit pas de prémélanges. Roche et BASF ont toutefois intégré en aval l'activité de prémixage. Chacune d'elles possède et exploite environ sept usines de prémixage en Europe. Elles fournissent le D-pantothénate de calcium à leurs propres établissements de prémix (utilisation captive) et à d'autres fabricants de prémix.
(43) The price of d-calpan in Europe in 1990 was around ECU 12/kg. It currently sells at around EUR 20/kg (see Table VI in the Annex). The European market for calpan in 1998 was worth some ECU 35 million.
(43) Le prix du D-pantothénate de calcium en Europe en 1990 était d'environ 12 écus/kg. Il se vend actuellement à environ 20 euros/kg (tableau VI en annexe). Le marché européen de l'acide pantothénique en 1998 était de 35 millions d'écus en valeur.
Vitamin B6
Vitamine B6
(44) Vitamin B6 (pyridoxine) serves as a coenzyme for many enzymes involved in the metabolism of amino acids. It plays a significant role in the metabolism of proteins, carbohydrates and fats. Adult ruminants are usually self-sufficient in vitamin B6, but young animals require supplements while growing. Vitamin B6 has a variety of uses in animal and human nutrition and in the pharmaceuticals industry.
(44) La vitamine B6 (pyridoxine) sert de coenzyme pour de nombreuses enzymes intervenant dans le métabolisme des acides aminés. Elle joue un rôle très important dans le métabolisme des protéines, des hydrates de carbone et des graisses. Si les ruminants adultes couvrent généralement eux-mêmes leurs besoins en vitamine B6, les jeunes animaux ont besoin de suppléments pendant leur croissance. La vitamine B6 a de multiples applications dans l'alimentation animale et humaine et dans le secteur pharmaceutique.
(45) The main producers of vitamin B6 are Roche, Takeda, Daiichi and several Chinese producers. BASF and Merck ceased production in 1991/92 and now obtain their requirements from Roche.
(45) Les principaux producteurs de vitamine B6 sont Roche, Takeda, Daiichi et plusieurs producteurs chinois. BASF et Merck ont cessé de produire cette vitamine en 1991-1992 et s'approvisionnent maintenant auprès de Roche.
(46) In 1989, Roche had a world market share in Vitamin B6 of about 40 %; Daiichi had 12 % and Takeda 11 %. The Chinese producers had only 3 % of the world market in 1989, rising to 16 % in 1997 with, according to Roche, an exceptional interim "high" of about 48 % in 1993.
(46) En 1989, Roche avait une part du marché mondial de la vitamine B6 de quelque 40 %, contre 12 % pour Daiichi et 11 % pour Takeda. Les producteurs chinois ne détenaient que 3 % du marché mondial en 1989, mais cette part est passée à 16 % en 1997 (après avoir provisoirement atteint - d'après Roche - un chiffre record de quelque 48 % en 1993).
(47) The price for vitamin B6 in Europe in 1990 was around ECU 25/kg, rising by early 1993 to ECU 46,50/kg. It is now in the region of EUR 20/kg (see Table VII in the Annex). In 1994 the Community market for vitamin B6 was valued at some ECU 15 million. It is currently worth about EUR 11 million.
(47) Le prix de la vitamine B6 en Europe en 1990 était de l'ordre de 25 écus/kg, avant de grimper à 46,50 écus/kg début 1993. Il est maintenant de l'ordre de 20 euros/kg (tableau VII en annexe). En 1994, le marché de la vitamine B6 dans la Communauté représentait en valeur quelque 15 millions d'écus. Il atteint actuellement environ 11 millions d'euros.
Folic acid
Acide folique
(48) Folic acid forms part of the B complex of vitamins. The name is applied to a whole group of compounds also known as folates or folacin. It plays an important role in the metabolism of DNA and RNA, the carriers of genetic information in all living organisms. Folic acid reduces the risk of neural tube birth deformities in humans if consumed in adequate quantities by the expectant mother during pregnancy. In humans folic acid deficiency can also result in anaemia. Folic acid deficiency in animals causes anaemia and, in poultry, reduced laying performance and poor feathering.
(48) L'acide folique fait partie des vitamines du groupe B. Le nom s'applique à tout un groupe de composés également connus sous les noms de folates ou de folacine. L'acide folique joue un rôle important dans le métabolisme de l'ADN et de l'ARN, vecteurs de l'information génétique dans tous les organismes vivants. Il diminue le risque de malformations congénitales du tube neural chez les êtres humains s'il est consommé en quantité suffisante par la mère pendant la grossesse. Chez les êtres humains, une carence en acide folique peut aussi entraîner une anémie. Chez les animaux, la carence en acide folique peut provoquer de l'anémie et, chez les volailles, une diminution de la ponte et de la qualité du plumage.
(49) The producers of folic acid are Roche in Europe and Takeda, Sumika, a subsidiary of Sumitomo, and Kongo in Japan. Roche produces folic acid mainly for incorporation in its pre-mixes. The Japanese folic acid producers do not produce pre-mix, with the exception of a Takeda subsidiary which supplies the product locally in Japan.
(49) Les producteurs d'acide folique sont Roche en Europe et Takeda, Sumika, filiale de Sumitomo, et Kongo au Japon. Roche produit de l'acide folique en vue essentiellement de son incorporation dans des prémix. Les producteurs japonais d'acide folique ne produisent pas de prémix, à l'exception d'une filiale de Takeda qui fournit ce produit localement au Japon.
(50) Until 1989, the three Japanese producers manufactured nearly all the world supply of folic acid. Until then Roche did not produce folic acid, but obtained its requirements from Takeda. In 1988/89 Roche terminated the supply agreement and started its own production.
(50) Jusqu'en 1989, les trois producteurs japonais représentaient la quasi-totalité de l'offre d'acide folique sur le marché mondial. Roche n'en produisait pas jusque-là, mais s'approvisionnait auprès de Takeda. En 1988-1989, Roche a mis fin à cet accord de fourniture et s'est lancée dans la production d'acide folique.
(51) In 1991 folic acid demand worldwide was around 300 tonnes, worth some USD 30 million (ECU 25 million). The European market was worth around ECU 9 million to ECU 10 million. The price of folic acid (per kg) in Europe in 1991 was DEM 160 (approximately ECU 80). It is now about DEM 100 (approximately EUR 51,13).
(51) En 1991, la demande mondiale d'acide folique était d'environ 300 tonnes, pour une valeur de quelque 30 millions de dollars des États-Unis (USD) (25 millions d'écus). Le marché européen était de l'ordre de 9 à 10 millions d'écus en valeur. En 1991, le prix de l'acide folique (par kg) en Europe était de 160 marks allemands (DEM) (environ 80 écus). Il est maintenant d'environ 100 DEM (environ 51,13 euros).
Vitamin C
Vitamine C
(52) Vitamin C (ascorbic acid) is a water-soluble vitamin which is used mainly in the human nutrition and pharmaceutical industries. It is required for the production in the living organism of collagen, the intercellular substance which gives structure to muscles, bone, vascular tissue and cartilage. Deficiency causes scurvy weakening of the tissues and intercapillary bleeding.
(52) La vitamine C (acide ascorbique) est une vitamine hydrosoluble utilisée principalement dans l'alimentation humaine et le secteur pharmaceutique. Elle est nécessaire à la production, dans l'organisme vivant, de collagène, substance intercellulaire qui structure les muscles, les os, les tissus vasculaires et le cartilage. Une carence en vitamine C provoque le scorbut (affaiblissement des tissus et hémorragies).
(53) Vitamin C, together with vitamin E and beta-carotene, is believed to act as an antioxidant with a preventive effect on degenerative cardiovascular diseases and cancer, it prevents the conversion of nitrates into carcinogenic substances. Humans are dependent upon vitamin C supply in the diet. Most food producing animals but not fish can synthesise vitamin C themselves, but may require a supplement to natural production. Vitamin C is also used as an antioxidant to protect the colour or aroma of foodstuffs.
(53) La vitamine C, tout comme la vitamine E et le bêta-carotène, est censée agir comme antioxydant et avoir des effets de prévention des maladies cardio-vasculaires dégénératives et du cancer (elle prévient la transformation des nitrates en substances cancérigènes). Les êtres humains dépendent de l'apport en vitamine C provenant de leur alimentation. La plupart des animaux producteurs d'aliments (à l'exclusion des poissons) synthétisent eux-mêmes la vitamine C, mais ils peuvent avoir besoin d'un supplément. La vitamine C est également utilisée comme antioxydant pour la protection des couleurs ou des arômes des denrées alimentaires.
(54) Roche had a monopoly in the production of vitamin C until the 1970s, when Takeda (Japan), Merck (Germany) and BASF entered the market. In 1990 Roche had 40 % of the world market, Takeda 23 % and Merck and BASF some 14 % between them. In Europe, the shares were Roche 36 %, Takeda 11,5 % and BASF/Merck 24 %.
(54) Roche a détenu un monopole sur la production de vitamine C jusqu'aux années soixante-dix, date de l'arrivée sur le marché de Takeda (Japon), Merck (Allemagne) et BASF. En 1990, Roche possédait 40 % du marché mondial, Takeda 23 %, et Merck et BASF environ 14 % à elles deux. En Europe, les parts de marché étaient les suivantes: Roche 36 %, Takeda 11,5 % et BASF/Merck 24 %.
(55) The price of vitamin C in Europe in 1990 was ECU 11,50/kg. After reaching an interim high in 1993/94 of around ECU 15/kg, prices currently stand at EUR 7,50/kg (see Table VIII). The value of the vitamin C market worldwide in 1990 was ECU 650 million, the European market was around ECU 210 million. In the last year of the cartel (1995) the European market was worth some ECU 250 million (current annual value: EUR 120 million).
(55) En 1990, le prix de la vitamine C en Europe était de 11,50 écus/kg. Après avoir provisoirement atteint un niveau record d'environ 15 écus/kg en 1993-1994, les prix se situent actuellement à 7,50 euros/kg (tableau VIII en annexe). En valeur, le marché mondial de la vitamine C en 1990 représentait 650 millions d'écus, le seul marché européen quelque 210 millions d'écus. La dernière année du cartel (1995), le marché européen était de l'ordre de 250 millions d'écus en valeur, la valeur annuelle actuelle étant de 120 millions d'euros).
Vitamin D3
Vitamine D3
(56) Vitamin D3, a fat-soluble vitamin like vitamins A and E, is sold either in straight form or more often in a blend with vitamin A known as "AD3". Only about 10 % of the vitamin D3 market (by value) is accounted for by human food applications: the vast bulk of production is used in animal feed.
(56) La vitamine D3, vitamine liposoluble comme les vitamines A et E, se vend soit à l'état pur, soit plus souvent mélangée à la vitamine A sous le nom d'"AD3". Les applications dans l'alimentation humaine ne représentent que 10 % environ du marché de la vitamine D3 (en valeur): l'essentiel de la production est destiné à l'alimentation des animaux.
(57) Vitamin D3 is required for healthy bone growth: it is necessary for the absorption of calcium and phosphorus from the small intestine, their reabsorption in the kidneys and the mineralisation of bones. It also plays a role in the proper functioning of muscles, nerves, blood clotting and cell growth. Deficiency leads to rickets in children and osteomalacia in adults; in animals, it leads to reduced growth and leg disorders and, in poultry, thin egg shells.
(57) La vitamine D3 est nécessaire au développement d'un squelette robuste: elle est indispensable à l'absorption du calcium et du phosphore par l'intestin grêle, à leur réabsorption dans les reins et à la minéralisation des os. Elle joue également un rôle dans le bon fonctionnement des muscles, des nerfs, de la coagulation du sang et de la croissance cellulaire. Une carence en vitamine D3 entraîne le rachitisme chez les enfants et l'ostéomalacie chez les adultes. Chez les animaux, elle est la cause d'un ralentissement de la croissance et de troubles des membres. Chez les volailles, elle occasionne un amincissement de la coquille des oeufs.
(58) The first company to produce vitamin D3 in industrial quantities was Duphar, formerly part of Philips and now owned by Solvay. Solvay Pharmaceuticals produced about half the world requirement of vitamin D3 in the early 1990s but its share of the "third party" market was much smaller. This was because some 40 % of Solvay's production of vitamin D3 was supplied in concentrated form to Rhône-Poulenc which incorporated it in an AD3 combination product or blend marketed under its own name.
(58) La première entreprise à avoir produit la vitamine D3 en quantités industrielles a été Duphar, qui faisait auparavant partie de Philips et appartient aujourd'hui à Solvay. Au début des années quatre-vingt-dix, Solvay Pharmaceuticals couvrait par sa production la moitié environ des besoins mondiaux en vitamine D3, mais sa part du "marché des tiers" était beaucoup moins importante. Cela tenait au fait que quelque 40 % de la production de vitamine D3 de Solvay était fournie sous forme concentrée à Rhône-Poulenc, qui l'incorporait dans le mélange AD3, commercialisé sous son propre nom.
(59) Roche, BASF and Rhône-Poulenc are all forward integrated in the market and have their own vitamin pre-mix operations which consume vitamin D3. Solvay does not produce blends or pre-mixes: it supplies the straight product to other vitamin producers like Rhône-Poulenc, vitamin formulators which buy in concentrated form, distributors and resellers and to pre-mixers and feed producers.
(59) Roche, BASF et Rhône-Poulenc sont toutes trois intégrées en aval sur le marché et disposent de leurs propres installations de prémixage de vitamines qui utilisent de la vitamine D3. Solvay ne produit pas de mélanges ni de prémix: elle fournit le produit à l'état pur à d'autres producteurs de vitamines, comme Rhône-Poulenc, aux formulateurs de vitamines, qui l'achètent sous forme concentrée, aux distributeurs et aux revendeurs ainsi qu'aux fabricants de prémix et aux producteurs d'aliments pour animaux.
(60) Vitamin D3 is marketed at different prices in several different product forms. The producers use the D3500 (feed grade) form as the market grade. The price for feed grade vitamin D3 in Europe in 1993 was subject to considerable variations between the different countries. The European market for vitamin D3 in 1998 was worth some ECU 20 million.
(60) La vitamine D3 est commercialisée à des prix différents sous plusieurs formes. Les producteurs utilisent la forme D3500 (qualité alimentation animale) comme qualité commerciale. En 1993, le prix de la vitamine D3 destinée à l'alimentation animale en Europe connaissait de très fortes variations d'un pays à l'autre. Le marché européen de la vitamine D3 en 1998 se chiffrait à quelque 20 millions d'écus en valeur.
Vitamin H
Vitamine H
(61) Vitamin H (biotin), a water-soluble vitamin, assists in the utilisation of protein, folic acid and vitamin B12 (the latter is not the subject of the present procedure). Biotin is produced through chemical synthesis involving some 20 different processes Tanabe is developing a fermentation process but it is not yet in commercial use. It is sold in pure and diluted form.
(61) La vitamine H (biotine), qui est hydrosoluble, favorise l'assimilation des protéines, de l'acide folique et de la vitamine B12, cette dernière ne faisant pas l'objet de la présente procédure. La biotine est synthétisée chimiquement par une vingtaine de procédés différents. Tanabe développe actuellement un procédé de fermentation, qui n'est toutefois pas encore commercialisé. Elle est vendue sous forme pure et diluée.
(62) The animal feed sector accounts for some 90 % of Vitamin H production, the remainder being employed in the pharmaceutical industry. Feed grade biotin is sold in a 1 % diluted form in the United States of America; in Europe and elsewhere a 2 % solution is used for feed grade. Pharmaceutical grade is marketed in pure form.
(62) Le secteur de l'alimentation animale absorbe quelque 90 % de la production de vitamine H, le reste étant utilisé dans l'industrie pharmaceutique. La biotine destinée à l'alimentation animale est vendue sous une forme diluée à 1 % aux États-Unis et en solution à 2 % en Europe et ailleurs. La biotine de qualité pharmaceutique est commercialisée pure.
(63) The main producers of Vitamin H are Roche, Sumitomo, Tanabe, Lonza and Merck. Lonza ceased production in 1996. The largest producer of biotin is Roche which currently has some [45 to 55] % of the world market, followed by Sumitomo and Tanabe, each with [15 to 25] %. Merck has some [5 to 15] % of the world market. Merck supplies the vast majority of its production (90 %) of biotin to BASF in the form of animal feed grade 1 % and 2 % concentrations.
(63) Les principaux producteurs de vitamine H sont Roche, Sumitomo, Tanabe, Lonza et Merck. Lonza a cessé son activité dans ce secteur en 1996. Le premier producteur de biotine est Roche, qui détient aujourd'hui environ [45-55] % du marché mondial, suivi de Sumitomo et de Tanabe, avec chacun [15-25] %, puis de Merck, dont la part s'élève à quelque [5-15] %. Merck livre la grande majorité de sa production (90 %) de biotine à BASF, sous la forme de concentrations à 1 % et à 2 % de qualité alimentation animale.
(64) In Europe the biotin market is now worth some EUR 25 million (in 1995, ECU 36 million). Food/pharmaceutical grade (100 % pure) biotin is priced per gram. In 1990 the European price was around ECU 6,8/gm (DEM 14/gm), remaining stable until about 1995 since when it has declined steadily. The current price is around EUR 3,0/gm. The feed grade biotin price in 1990 was ECU 3,5/gm for the active ingredient. It begun to decline in 1995 and biotin feed grade currently sells at about EUR 1,0/gm.
(64) En valeur, le marché européen de la biotine représente actuellement environ 25 millions d'euros (contre 36 millions d'écus en 1995). Le prix de la biotine destinée à l'alimentation humaine ou au secteur pharmaceutique (100 % pure) est fixé par gramme. En 1990, il se situait autour de 6,8 écus/g (14 DEM/g) en Europe. Stable jusqu'en 1995 environ, il est en baisse régulière depuis cette date. Son niveau actuel est d'environ 3,0 écus/g. Le prix de la biotine destinée à l'alimentation animale était de 3,5 écus/g en 1990, pour le principe actif. Il a commencé à diminuer en 1995 et s'élève à l'heure actuelle à environ 1,0 euro/g.
Beta-carotene and carotinoids
Bêta-carotène et caroténoïdes
(65) Strictly speaking these products are not vitamins. Beta-carotene is a pro-vitamin of vitamin A found naturally in plants; when ingested it is converted by the living organism into vitamin A. The vast majority of beta-carotene supplies are purchased by the food and also by the pharmaceutical industry.
(65) Ces produits ne sont pas, au sens strict, des vitamines. Le bêta-carotène est une provitamine de la vitamine A présente à l'état naturel dans les plantes. Lorsqu'il est ingéré, l'organisme vivant le transforme en vitamine A. Le bêta-carotène mis sur le marché est acheté, pour l'essentiel, par les industries alimentaire et pharmaceutique.
(66) Carotinoids are mostly used as pigments for foods and cosmetics and to impart colour to animal flesh. Carotinoids are generally classified by the colour they produce when ingested by animals. Canthaxanthin and citranaxanthin are used to produce a red or golden colour and are referred to as the red carotinoids.
(66) Les caroténoïdes sont surtout utilisés comme pigments dans les produits alimentaires et les cosmétiques, ainsi que pour donner de la couleur à la chair animale. Les caroténoïdes sont généralement classifiés selon la couleur qu'ils produisent lors de leur ingestion par les animaux. La canthaxanthine et la citranaxanthine sont utilisées pour produire une couleur rouge ou dorée et sont dénommés "caroténoïdes rouges".
(67) The only producers of these products worldwide are Roche and BASF. Until the early 1990s Roche was the dominant producer with a 90 % market share. In 1991 BASF expanded its production facilities for beta-carotene and by late 1992 had doubled its share of the market in this product to 21 %.
(67) Roche et BASF sont les seuls fabricants de ces produits dans le monde. Jusqu'au début des années quatre-vingt-dix, Roche, avec 90 % de part de marché, occupait dans ce secteur une position dominante. En 1991, BASF a agrandi ses installations de production de bêta-carotène et, à la fin de 1992, elle avait doublé sa part de marché, la portant à 21 %.
(68) The European market for beta-carotene in 1993 was worth some ECU 45 million, increasing by 1998 to some ECU 76 million. Germany accounts for more than half of the consumption of beta-carotene in the Community/EEA. The beta-carotene price in 1993 was ECU 677/kg; it is now around EUR 748/kg. The Community market for canthaxanthin, the principal carotinoid product, is in the region of EUR 50 million annually. The price for canthaxanthin is currently around EUR 1250/kg.
(68) D'une valeur de quelque 45 millions d'écus en 1993, le marché européen du bêta-carotène a augmenté, pour atteindre environ 76 millions d'écus en 1998. L'Allemagne représente plus de la moitié de la consommation de bêta-carotène dans l'ensemble Communauté/EEE. En 1993, le prix du bêta-carotène s'élevait à 677 écus/kg. Il s'élève actuellement à environ 748 euros/kg. Le marché communautaire de la cantaxantine, le principal produit caroténoïde, est d'environ 50 millions d'euros par an. La cantaxantine est vendue à l'heure actuelle à quelque 1250 euros/kg.
1.2.3. THE RELEVANT GEOGRAPHIC MARKET FOR VITAMINS A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3, H, FOLIC ACID, BETA-CAROTENE AND CAROTINOIDS
1.2.3. MARCHÉS GÉOGRAPHIQUES EN CAUSE DES VITAMINES A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3 ET H, DE L'ACIDE FOLIQUE, DU BÊTA-CAROTÈNE ET DES CAROTÉNOÏDES
(69) The Commission considers that the markets for vitamins A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3, H, folic acid, beta-carotene and carotinoids are at least EEA-wide. However, there are several indications that point to worldwide markets for each of the vitamin products.
(69) La Commission considère que les marchés des vitamines A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3 et H, de l'acide folique, du bêta-carotène et des caroténoïdes sont au moins à l'échelle de l'EEE. Toutefois, plusieurs éléments indiquent l'existence de marchés de dimension mondiale pour chacun des produits vitaminiques.
(70) During the relevant period, the vitamin markets for all the products mentioned were essentially dominated by a global leader, Roche, and a very significant presence of two other producers, BASF and Takeda, the latter for vitamins B1, B6 and C. The combination of Roche with one of the other two producers resulted in market shares in the EEA and worldwide of over 50 % for any of the relevant vitamin products.
(70) Pendant la période concernée, les marchés de tous les produits vitaminiques mentionnés étaient essentiellement dominés par un leader mondial, Roche, et par une présence très significative de deux autres producteurs, BASF et Takeda, ce dernier pour les vitamines B1, B6 et C. Cumulées, les parts de marché de Roche et de l'un des deux autres producteurs dépassaient les 50 % dans l'EEE et à l'échelle mondiale pour chacun des produits vitaminiques concernés.
(71) Transportation costs and tariff barriers could lead to somewhat higher costs, but they did not prevent the producers of any of the relevant vitamin products from trading on a worldwide basis. This is demonstrated by the fact that a number of companies based in Japan traded in Europe. In addition, all the main companies sold the various products in the main regional markets America, Asia, Europe.
(71) Les frais de transport et les barrières douanières pouvaient quelque peu alourdir les coûts, mais ils n'empêchaient pas les producteurs des différents produits vitaminiques en question de commercialiser ces produits à l'échelle mondiale. Cela ressort du fait qu'un certain nombre de sociétés ayant leur siège au Japon étaient présentes sur le marché européen. En outre, les principales sociétés vendaient toutes les différents produits sur les principaux marchés régionaux en Amérique, Asie et Europe.
(72) Finally, the worldwide character of the markets for vitamins A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3, H, folic acid, beta-carotene and carotinoids is also confirmed by the structure, organisation and operation of each of the cartels.
(72) Enfin, le caractère mondial des marchés des vitamines A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3 et H, de l'acide folique, du bêta-carotène et des caroténoïdes est également confirmé par la structure, l'organisation et le fonctionnement de chacun des cartels.
(73) The Commission therefore concludes that the markets for vitamins A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3, H, folic acid, beta-carotene and carotinoids are worldwide.
(73) La Commission en conclut, par conséquent, que les marchés des vitamines A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3 et H, de l'acide folique, du bêta-carotène et des caroténoïdes sont à l'échelle mondiale.
1.2.4. INTER STATE TRADE
1.2.4. ÉCHANGES ENTRE ÉTATS MEMBRES
(74) European bulk vitamin production is concentrated at a small number of sites. Roche manufactures vitamins A and E at Sisseln, Switzerland, while BASF's facility is in Ludwigshafen (Germany) and Rhône-Poulenc's plant in Commentry (France). Vitamin C is now produced by Roche at Dalry, Scotland (the Grenzach plant in Germany for vitamin C closed in 1994) and by BASF in Grenaa, Denmark. The third European producer is Merck in Germany. Roche's B-complex production is at Grenzach in Germany. BASF has factories in Ludwigshafen and Grenaa.
(74) La production européenne de vitamines en vrac est concentrée dans un petit nombre de sites. Roche fabrique des vitamines A et E à Sisseln, en Suisse, tandis que l'usine de BASF est située à Ludwigshafen (Allemagne) et celle de Rhône-Poulenc à Commentry (France). La vitamine C est produite actuellement par Roche à Dalry, en Écosse (l'unité de production de vitamine C de Grenzach en Allemagne a fermé en 1994) et par BASF à Grenaa, au Danemark. Le troisième producteur européen est Merck, en Allemagne. Roche produit ses vitamines du groupe B à Grenzach, en Allemagne. BASF a des usines à Ludwigshafen et à Grenaa.
(75) Most Community/EEA Member States import the totality of their bulk vitamin requirements, the vast majority of this from production originating in another Member State (Denmark, France, Germany, the United Kingdom).
(75) La plupart des États membres de l'ensemble Communauté/EEE couvrent la totalité de leurs besoins en vitamines en vrac par l'importation de produits provenant, pour l'essentiel, d'autres États membres (Danemark, France, Allemagne, Royaume-Uni).
1.2.5. THE PRODUCERS
1.2.5. PRODUCTEURS
1.2.5.1. Roche
1.2.5.1. Roche
(76) Hoffmann-La Roche AG is one of the world's largest research-based pharmaceutical and healthcare groups. The company's headquarters are in Basel, Switzerland. It has manufacturing facilities in a number of Member States.
(76) Hoffmann-La Roche AG est l'un des plus grands groupes mondiaux dont l'activité se fonde sur la recherche dans le secteur pharmaceutique et des produits de soin. L'entreprise, dont le siège central est situé à Bâle (Suisse), dispose d'installations de production dans plusieurs États membres.
(77) Total group sales worldwide in 1998 were CHF 24,66 billion (ECU 15,3 billion) producing a net income of CHF 4,4 billion equivalent to 18 % of sales. The vitamins and fine chemicals division accounted for 15 % of group turnover (CHF 3,63 billion). Vitamin sales worldwide totalled CHF 1,96 billion and carotinoids also the subject of this procedure, although not strictly speaking vitamins CHF 650 million. The Division's earnings before interest, tax and depreciation in 1998 were CHF 869 million (24 % of sales) or ECU 539 million. Operating profits were CHF 673 million (ECU 417 million). Roche is the largest manufacturer of vitamins both worldwide and in Europe. The company started producing vitamin C by chemical synthesis in 1935 and expanded its activities to produce the whole range of vitamins. In the vitamins industry as a whole, Roche has a market share of around 50 % worldwide. Its range of production is the widest of all the vitamin producers. Roche also supplies other vitamin products bought in from other manufacturers so that it markets the full range of vitamins for all possible uses: animal feed, food, pharmaceutical and cosmetics(6).
(77) Les ventes totales du groupe à l'échelle mondiale se sont élevées à 24,66 milliards de francs suisses (CHF) (15,3 milliards d'écus) en 1998, générant un revenu net de 4,4 milliards de CHF, soit 18 % des ventes. Une part de 15 % du chiffre d'affaires du groupe (3,63 milliards de CHF) est à mettre au crédit de la division "vitamines et chimie fine". Les ventes de vitamines à l'échelle mondiale se sont élevées au total à 1,96 milliard de CHF et celles de caroténoïdes, substances qui font également l'objet de la présente procédure, bien qu'il ne s'agisse pas à proprement parler de vitamines, à 650 millions de CHF. Le résultat avant intérêts, impôts et amortissement de la division en 1998 était de 869 millions de CHF (539 millions d'écus), soit 24 % des ventes. Le bénéfice d'exploitation s'est élevé à 673 millions de CHF (417 millions d'écus). Roche est le plus grand fabricant de vitamines à l'échelle mondiale et européenne. La société a commencé à produire de la vitamine C par synthèse chimique en 1935, avant de développer ses activités jusqu'à produire toute la gamme des vitamines. Elle détient, pour l'ensemble des vitamines, une part de marché d'environ 50 % à l'échelle mondiale. Sa gamme de produits est la plus large de tous les producteurs de vitamines. Comme elle fournit en plus d'autres produits vitaminiques achetés à des producteurs concurrents, elle commercialise la gamme complète des vitamines destinées à tous les usages possibles: alimentation animale, alimentation humaine, produits pharmaceutiques et cosmétiques(6).
(78) The Vitamins and Fine Chemicals Division of Roche is now located at Kaiseraugst, near Basel. Vitamins and carotinoids account for 72 % of the Division's turnover. Other products of the Division include feed enzymes, emulsifiers, citric acid and fatty acids.
(78) La division "vitamines et chimie fine" de Roche est maintenant établie à Kaiseraugst, près de Bâle. Les vitamines et les caroténoïdes représentent 72 % de son chiffre d'affaires. Cette division produit également des enzymes pour l'alimentation animale, des émulsifiants, de l'acide citrique et des acides gras.
(79) The head office of the division is responsible for "strategic issues", while operational matters fall under five area centres which cover respectively Europe, North America, Latin America, Asia-Pacific and China.
(79) Le siège social de la division est responsable des questions stratégiques, tandis que les aspects opérationnels relèvent de la compétence de cinq centres régionaux (Area Centres), qui couvrent respectivement l'Europe, l'Amérique du Nord, l'Amérique latine, la région Asie-Pacifique et la Chine.
(80) Roche Vitamins Europe SA, the marketing and distribution organisation for Europe, the Middle East, Africa and India is located in Müttenz. [...](7). Distribution centres for Europe are located in Venlo (the Netherlands) and Village-Neuf (France).
(80) Roche Vitamins Europe SA, société chargée de la commercialisation et de la distribution pour l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Inde, est établie à Müttenz. [...](7). Les centres de distribution pour l'Europe sont situés à Venlo (Pays-Bas) et Village-Neuf (France).
(81) During the relevant period, the most senior corporate officers responsible for the vitamins business were the head of the vitamins and fine chemicals division, who is also ex officio a member of the executive committee of Hoffmann-La Roche AG and the head of vitamins marketing.
(81) Au cours de la période concernée, les cadres supérieurs de l'entreprise responsables au plus haut niveau du secteur "vitamines" étaient le directeur de la division "vitamines et chimie fine", également membre d'office du comité de direction de Hoffmann-La Roche AG, et le directeur du marketing "vitamines".
1.2.5.2. BASF
1.2.5.2. BASF
(82) BASF AG is a multinational chemical company organised under the laws of Germany and has its principal place of business in Ludwigshafen, Germany. Its operations cover oil and gas, bulk chemicals, plastics, high performance chemical products, plant-protection products and pharmaceuticals. The consolidated turnover of the BASF group including subsidiary companies in which BASF has at least a 50 % shareholding in 1997 was some DEM 54 billion (ECU 27,45 billion).
(82) BASF AG est une société chimique multinationale de droit allemand, dont le principal lieu d'activité est Ludwigshafen, en Allemagne. Ses activités englobent le pétrole et le gaz, les produits chimiques en vrac, les matières plastiques, les produits chimiques à haute performance, les produits phytosanitaires et les produits pharmaceutiques. Le chiffre d'affaires consolidé du groupe BASF, y compris les filiales dans lesquelles BASF détient une participation d'au moins 50 %, s'est élevé à quelque 54 milliards de DEM (27,45 milliards d'écus) en 1997.
(83) BASF's core business is divided into five segments: chemicals; plastics and fibres; colourants and finishing products; health and nutrition; oil and gas. The health and nutrition segment of BASF includes the fine chemicals division which in turn includes vitamins for human and animal nutrition. BASF produces vitamins as bulk chemicals and in pre-mixes in Europe, North and South America and in China.
(83) L'activité centrale de BASF se divise en cinq segments: produits chimiques, matières plastiques et fibres, colorants et produits d'ennoblissement, santé et alimentation, pétrole et gaz. Le segment "santé et alimentation" de BASF comprend la division "chimie fine", qui comprend, à son tour, le département des vitamines destinées à l'alimentation humaine et animale. BASF produit des vitamines en vrac et sous forme de prémix en Europe, en Amérique du Nord et du Sud et en Chine.
(84) In Europe it has vitamin manufacturing facilities at its Ludwigshafen headquarters in Germany as well as at three sites in Denmark: Grenaa, Ballerup and Dianalund. The vitamin products common to the production programme of Roche and BASF are vitamins A, E, B2, B5, C, D3, beta-carotene and carotinoids. In two other vitamins (B1 and H) BASF is a major bulk supplier although it does not itself manufacture the product. BASF ceased its own production of vitamin B1 in 1989 but continued to act as a major supplier selling product bought in from other producers. It also purchases for resale the major part of the biotin (vitamin H) output of another German producer, Merck.
(84) En Europe, elle possède des installations de fabrication de vitamines à son siège central de Ludwigshafen, en Allemagne, ainsi qu'à trois endroits au Danemark: Grenaa, Ballerup et Dianalund. Les produits vitaminiques qui sont communs aux programmes de production respectifs de Roche et de BASF sont les vitamines A, E, B2, B5, C et D3, le bêta-carotène et les caroténoïdes. BASF est également un important fournisseur en vrac de deux autres vitamines (B1, H), bien qu'elle ne fabrique pas elle-même le produit. BASF a arrêté sa production de vitamine B1 en 1989, mais est restée un gros fournisseur de ce produit, qu'elle achète maintenant à d'autres producteurs. Elle achète également, pour la revendre, la majeure partie de la production de biotine (vitamine H) d'un autre producteur allemand, Merck.
(85) During the relevant period, the senior executives responsible for BASF's vitamin business were the president of the fine chemicals division and the head of marketing for vitamins.
(85) Au cours de la période concernée, les cadres supérieurs responsables de l'activité de BASF dans le domaine des vitamines étaient le président de la division "chimie fine" et le directeur du marketing "vitamines".
(86) The president of the fine chemicals division was the most senior corporate officer with operational responsibility for vitamins and reported directly to a designated member of BASF's board of executive directors (Vorstand).
(86) Le président de la division "chimie fine" était le cadre de l'entreprise le plus haut placé exerçant une responsabilité opérationnelle dans le domaine des vitamines. Il était directement sous les ordres d'un membre désigné du directoire (Vorstand) de BASF.
(87) The head of vitamins marketing reported to the head of the fine chemicals division and was the most senior executive with sole responsibility for vitamins.
(87) Le directeur du marketing "vitamines" dépendait hiérarchiquement du directeur de la division "chimie fine" et était le cadre le plus élevé exclusivement responsable du secteur "vitamines".
1.2.5.3. Rhône-Poulenc (now Aventis)
1.2.5.3. Rhône-Poulenc (à présent Aventis)
(88) Rhône-Poulenc SA, whose corporate headquarters were in Courbevoie, France, was an international company involved in the research, development, production and marketing of organic and inorganic intermediate chemicals, speciality chemicals, fibres, plastics, pharmaceuticals and agricultural chemicals.
(88) Rhône-Poulenc SA, dont le siège social se trouvait à Courbevoie (France), était une société internationale active dans les domaines de la recherche et du développement, de la production et de la commercialisation de produits chimiques intermédiaires organiques et inorganiques, de spécialités chimiques, de fibres, de matières plastiques, de produits pharmaceutiques et de produits chimiques à usage agricole.
(89) Its three core businesses were pharmaceuticals, plant and animal health and speciality chemicals. Total group sales in 1998 were FRF 86800 million (ECU 13,15 billion).
(89) Ses trois activités centrales étaient les produits pharmaceutiques, la santé végétale et animale et les spécialités chimiques. Les ventes totales du groupe se sont élevées à 86800 millions de francs français (FRF) (13,15 milliards d'écus) en 1998.
(90) On 1 December 1998 Rhône-Poulenc and Hoechst AG, the German chemical producer, announced their agreement on a plan to merge their life sciences activities in a new entity "Aventis" to be owned 50:50 by the two parent companies and to divest their chemical operations over a three-year period. The next step was to be the complete merger of the two parent companies.
(90) Le 1er décembre 1998, Rhône-Poulenc et Hoechst AG, le producteur chimique allemand, ont annoncé qu'ils avaient conclu un accord prévoyant la fusion de leurs activités dans le domaine des sciences de la vie dans le cadre d'une nouvelle entité, "Aventis", détenue à parts égales par les deux sociétés mères, et la cession de leurs activités chimiques sur une période de trois ans. L'étape suivante devait être la fusion complète des deux sociétés mères.
(91) An accelerated programme for the merger project was announced in May 1999, subject to regulatory and other approvals. On 9 August 1999 the Commission decided under Article 6(1)(b) of Council Regulation EEC No 4064/89 of 21 December 1989 on the control of concentrations between undertakings(8), as last amended by Regulation (EC) No 1310/97(9) not to oppose the concentration and to declare it compatible with the common market(10).
(91) Un programme accéléré de mise en oeuvre du projet de fusion a été annoncé en mai 1999, sous réserve des autorisations réglementaires et autres. Le 9 août 1999, la Commission a décidé, en application de l'article 6, paragraphe 1, point b), du règlement (CEE) n° 4064/89 du Conseil du 21 décembre 1989 relatif au contrôle des opérations de concentration entre entreprises(8), modifié par le règlement (CE) n° 1310/97(9), de ne pas s'opposer à la concentration et de la déclarer compatible avec le marché commun(10).
(92) On 15 December 1999 the completion of the merger was announced. Aventis is led by a board of management of four members and an executive committee which consists of the four board members and five other senior executives. The new group is divided into two business areas, Aventis Pharma and Aventis Agriculture. Aventis Agriculture comprises the crop science, plant biotechnology, animal nutrition and animal health businesses. The chief executive officer of Aventis Agriculture, who was formerly the president of Rhône-Poulenc's plant and animal health division, is also a member of the executive committee of Aventis. The new company is headquartered in Strasbourg.
(92) Le 15 décembre 1999, l'achèvement de la fusion a été annoncé. Aventis est dirigée par un conseil d'administration constitué de quatre membres et par un comité exécutif constitué des quatre membres du conseil d'administration et de cinq autres cadres supérieurs. Le nouveau groupe comprend deux branches, Aventis Pharma et Aventis Agriculture. Cette dernière couvre les activités dans les domaines de la protection et de la production végétales (Crop science), de la biotechnologie végétale, de la nutrition animale et de la santé animale. Le président du conseil d'administration d'Aventis Agriculture, qui était auparavant président de la division "santé végétale et animale" de Rhône-Poulenc, est également membre du comité exécutif d'Aventis. La nouvelle société a son siège central à Strasbourg.
(93) Rhône-Poulenc Animal Nutrition (RPAN) was a wholly owned subsidiary of Rhône-Poulenc which produced and marketed nutritional additives including vitamins and amino acids for use in animal foodstuffs (poultry, pigs and ruminants). Its name has been changed to "Aventis Animal Nutrition". RPAN was directly attached to the plant and animal health division of Rhône-Poulenc SA and reported to it accordingly.
(93) Rhône-Poulenc Animal Nutrition (RPAN) était une filiale à cent pour cent de Rhône-Poulenc, spécialisée dans la production et la commercialisation d'additifs nutritionnels, y compris des vitamines et des acides aminés, pour l'alimentation des animaux (volailles, porcs et ruminants). Elle a été rebaptisée Aventis Animal Nutrition. RPAN était directement rattachée à la division "santé végétale et animale" de Rhône-Poulenc, dont elle dépendait.
(94) RPAN's worldwide corporate headquarters is in Antony, near Paris. It also has regional sales headquarters for Europe, the Middle East and Africa (based in France); North America; South America and Asia-Pacific. RPAN's main feed additive products are vitamins A and E used in poultry and pig feed and methionine, an essential amino-acid used mainly for poultry feed and not the subject of the present procedure. Vitamins A and E are produced in Commentry, France. Some 90 % of Rhône-Poulenc's vitamin production is sold in "straight" form, the rest in pre-mixes.
(94) Le quartier général de RPAN à l'échelle mondiale est établi à Antony, près de Paris. L'entreprise possède aussi des centres régionaux de vente pour l'Afrique (situés en France), l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud et la région Asie-Pacifique. Les principaux additifs nutritionnels produits par RPAN sont les vitamines A et E, utilisées dans l'alimentation des volailles et des porcs, et la méthionine, un acide aminé essentiel utilisé principalement dans l'alimentation des volailles et qui n'est pas couvert par la présente procédure. Les vitamines A et E sont produites à Commentry (France). Une part d'environ 90 % de la production de vitamines de Rhône-Poulenc est vendue à l'état pur, le reste étant écoulé sous forme de prémix.
(95) RPAN produced vitamins only for the animal feed market, its predecessor company AEC having left the human vitamins' market in or about 1988.
(95) RPAN produisait des vitamines exclusivement pour le marché des aliments pour animaux, la société à laquelle elle a succédé, AEC, s'étant retirée du marché des vitamines à usage humain en 1988 ou vers cette époque.
(96) The most senior corporate officer in Rhône-Poulenc with operational responsibility for the vitamins business was the president and chief executive officer of Rhône-Poulenc Animal Nutrition.
(96) Le dirigeant le plus haut placé de Rhône-Poulenc exerçant une responsabilité opérationnelle dans le domaine des vitamines était le président-directeur général de Rhône-Poulenc Animal Nutrition.
(97) Prior to the merger with Hoechst, RPAN was subject to the direct supervision of the president of the AGRO division of Rhône-Poulenc, renamed plant and animal health division in 1997. Following the merger with Hoechst, the equivalent post is currently CEO of Aventis Agriculture.
(97) Avant la fusion avec Hoechst, RPAN était placée sous le contrôle direct du président de la division AGRO de Rhône-Poulenc, rebaptisée "division santé végétale et animale" en 1997. À la suite de la fusion avec Hoechst, le poste équivalent est maintenant celui de président-directeur général d'Aventis Agriculture.
1.2.5.4. Lonza
1.2.5.4. Lonza
(98) Lonza AG is a Swiss chemical producer founded in 1897. In 1994 it was acquired by what was then Alusuisse AG, as an independently managed subsidiary and became part of the Alusuisse Lonza Group (Algroup).
(98) Lonza AG est une société chimique suisse fondée en 1897. En 1994, elle a été acquise, en tant que filiale gérée de manière indépendante, par l'entreprise dénommée alors Alusuisse AG et elle est devenue membre du groupe Alusuisse Lonza Group (Algroup).
(99) The group, one of Switzerland's largest industrial companies, was active for 25 years in aluminium, packaging for pharmaceuticals and cosmetics, chemicals and energy. In 1998 Algroup demerged its chemicals and energy activities from the rest of the group in anticipation of the proposed merger of its aluminium and specialty packaging activities with those of Pechiney and Alcan(11).
(99) Le groupe, qui est l'une des plus grandes entreprises industrielles suisses, exerçait depuis vingt-cinq ans des activités dans les domaines de l'aluminium, des emballages pour produits pharmaceutiques et cosmétiques, des produits chimiques et de l'énergie. En 1998, Algroup a dissocié ses activités dans les domaines de la chimie et de l'énergie du reste du groupe dans la perspective du projet de fusion de ses activités dans le domaine de l'aluminium et des emballages spécialisés avec celles de Pechiney et d'Alcan(11).
(100) The demerged entity is responsible for fine chemicals, food additives and biotechnology products worldwide and energy generation in Switzerland and is named Lonza Group AG.
(100) L'entité résultant de la scission, dénommée Lonza Group AG, est responsable de la chimie fine, des additifs alimentaires et des produits de la biotechnologie à l'échelle mondiale ainsi que de la production énergétique en Suisse.
(101) Despite the multiple restructuring of Lonza AG's parent groups, the company has never been merged into another operation and has remained a separately managed undertaking.
(101) Malgré les nombreuses restructurations des groupes dont dépendait Lonza AG, la société n'a jamais été intégrée à une autre branche d'activité et elle est restée une filiale gérée séparément.
(102) Net sales for 1998 of the entity now constituted as Lonza Group AG were CHF 2153 million (ECU 1340 million) and operating profit CHF 292 million (ECU 182 million).The group headquarters of Lonza Group AG are in Zurich. The fine chemicals and specialties division of Lonza Group is incorporated as Lonza AG (a 100 % subsidiary) and is located in Basel. Net sales of Lonza AG in 1998 were CHF 1012 million (ECU 627 million).
(102) Les ventes nettes de l'entité maintenant constituée sous le nom de Lonza Group AG se sont élevées à 2153 millions de CHF (1340 millions d'écus) et son bénéfice d'exploitation a atteint 292 millions de CHF (182 millions d'écus) en 1998. La division "chimie fine et spécialités" de Lonza Group est constituée en société sous le nom de Lonza AG (filiale à 100 %) et est située à Bâle. Les ventes nettes de Lonza AG en 1998 se sont chiffrées à 1012 millions de CHF (627 millions d'écus).
1.2.5.5. Solvay
1.2.5.5. Solvay
(103) Solvay Pharmaceuticals NV whose headquarters are in Weesp, the Netherlands, is part of the pharmaceuticals group of Solvay SA, the Belgian chemical producer. Up to 1980 it was part of the Philips industrial group. It produces pharmaceutical drugs for human use. The only vitamin it produces and sells is vitamin D3. Its total turnover in 1998 was NLG 788 million (ECU 355 million).
(103) Solvay Pharmaceuticals NV, dont le siège central se trouve à Weesp, aux Pays-Bas, fait partie du groupe pharmaceutique de Solvay SA, la société chimique belge. Jusqu'en 1980, elle faisait partie du groupe industriel Philips. Elle produit des médicaments à usage humain. La seule vitamine qu'elle produit et vend est la vitamine D3. Son chiffre d'affaires total s'est élevé à 788 millions de florins néerlandais (NLG) (355 millions d'écus) en 1998.
1.2.5.6. Merck
1.2.5.6. Merck
(104) Merck KgaA of Darmstadt, Germany is a pharmaceutical and health product manufacturer. It is established as the operating subsidiary of E. Merck oHG, a general partnership dating from 1827, which owns 75 % of the capital.
(104) Merck KgaA, société établie à Darmstadt (Allemagne), est un fabricant de produits pharmaceutiques et de santé. Elle a le statut de filiale d'exploitation de E. Merck oHG, société en nom collectif datant de 1827, qui détient 75 % de son capital.
(105) Up to mid-1995 the business was owned by E. Merck oHG. In July of that year, Merck KgaA was set up and the commercial operations were transferred to it; E. Merck oHG now acts purely as a holding company.
(105) Jusqu'à mi-1995, l'entreprise appartenait à E. Merck oHG. En juillet de cette même année, Merck KgaA a été établie et les activités commerciales lui ont été transférées. E. Merck oHG n'agit plus qu'en qualité de société holding.
(106) Total sales (all products) in 1998 were DEM 8,1 billion (ECU 4,12 billion). Merck's relevant products for the purposes of this procedure are vitamins C and H (biotin). The vast majority of Merck's output of biotin is supplied to BASF which resells in bulk.
(106) Les ventes totales (tous produits confondus) en 1998 se sont élevées à 8,1 milliards de DEM (4,12 milliards d'écus). Les produits de Merck concernés par la présente procédure sont les vitamines C et H (biotine). La production de biotine de Merck est vendue pour l'essentiel à BASF, qui la revend en vrac.
1.2.5.7. Daiichi
1.2.5.7. Daiichi
(107) Daiichi Pharmaceutical Co. Ltd of Tokyo, Japan, was founded in 1915 and produces a wide range of ethical pharmaceuticals, over-the-counter health products and veterinary products.
(107) Daiichi Pharmaceutical Co. Ltd, société fondée en 1915 et ayant son siège à Tokyo (Japon), produit une large gamme de médicaments éthiques, de produits de santé en vente libre et de produits vétérinaires.
(108) Sales in 1998 came to JPY 280805 million (ECU 1,92 billion). Daiichi's relevant vitamin production is in vitamins B5 (calpan) and B6.
(108) En 1998, ses ventes se sont élevées à 280805 millions de yens japonais (JPY) (1,92 milliard d'écus). La production de vitamines de Daiichi concernée par la présente procédure est celle des vitamines B5 (calpan) et B6.
1.2.5.8. Eisai
1.2.5.8. Eisai
(109) Eisai Co. Ltd of Tokyo is a leading Japanese pharmaceutical and drug manufacturer specializing in ethical drugs.
(109) Eisai Co. Ltd, société ayant son siège à Tokyo, est un grand fabricant japonais de produits pharmaceutiques et de médicaments spécialisé dans les médicaments éthiques.
(110) Total sales in 1998 (year ending 31 March 1999) were JPY 284860 million (ECU 1,95 billion), of which 3 % was in Europe. Eisai's only vitamin product is vitamin E, which accounts for some [5 to 15 ] % of total sales.
(110) Ses ventes totales se sont élevées à 284860 millions de JPY (1,95 milliard d'écus), dont une part de 3 % en Europe, en 1998 (exercice clôturé au 31 mars 1999). La seule vitamine produite par Eisai est la vitamine E, qui représente quelque [5-15] % de ses ventes totales.
1.2.5.9. Kongo
1.2.5.9. Kongo
(111) Kongo Chemical Company Ltd of Toyama, Japan, is a privately owned producer of pharmaceutical preparations.
(111) Kongo Chemical Company Ltd, entreprise établie à Toyama (Japon), est une société privée qui produit des préparations pharmaceutiques.
(112) Its total sales in 1998 were JPY 4097 million (ECU 28 million). The only relevant product for present purposes is folic acid.
(112) Ses ventes totales ont atteint 4097 millions de JPY (28 millions d'écus) en 1998. Le seul produit de sa gamme qui soit concerné par la présente procédure est l'acide folique.
1.2.5.10. Sumitomo
1.2.5.10. Sumitomo
(113) Sumitomo Chemical Company Ltd of Osaka and Tokyo is one of Japan's largest chemical manufacturers, with a product range including basic chemicals, petrochemicals, fine chemicals, agricultural chemicals and pharmaceuticals.
(113) Sumitomo Chemical Company Ltd, société établie à Osaka et Tokyo, est l'un des plus grands fabricants japonais de produits chimiques, avec une gamme de produits qui couvre les produits chimiques de base, les produits pétrochimiques, la chimie fine, les produits chimiques à usage agricole et les produits pharmaceutiques.
(114) Total group sales in the financial year ending 31 March 1999 were JPY 927700 million (ECU 6,3 billion). biotin (vitamin H) and folic acid are the relevant products for present purposes.
(114) Les ventes totales du groupe se sont élevées à 927700 millions de JPY (6,3 milliards d'écus) au cours de l'exercice financier clôturé au 31 mars 1999. Les produits de sa gamme qui sont concernés par la présente procédure sont la biotine (vitamine H) et l'acide folique.
1.2.5.11. Sumika
1.2.5.11. Sumika
(115) Sumika Fine Chemicals Company of Osaka, Japan, is a wholly owned subsidiary of Sumitomo Chemical company.
(115) Sumika Fine Chemicals Company, société établie à Osaka (Japon), est une filiale à 100 % de la société Sumitomo Chemical.
(116) It was formed in April 1992 from the merger of Yodogawa Pharmaceutical with Daiei Chemical Industries and Okayama Chemicals on which occasion the new name was adopted.
(116) Constituée en avril 1992 sous son nom actuel, elle est issue de la fusion de Yodogawa Pharmaceutical avec Daiei Chemical Industries et Okayama Chemicals.
(117) Total sales in the financial year 1998 were JPY 19345 million (ECU 132,5 million). The relevant product for present purposes is folic acid.
(117) Ses ventes totales se sont élevées à 19 345 millions de JPY (132,5 millions d'écus) au cours de l'exercice financier 1998. Le produit de sa gamme qui est concerné par la présente procédure est l'acide folique.
1.2.5.12. Takeda
1.2.5.12. Takeda
(118) Takeda Chemical Industries Ltd, also of Osaka, and incorporated in 1925, is engaged in industrial chemicals, drugs, cosmetics and healthcare products and is a leading manufacturer of pharmaceuticals operating on a global basis; it is the principal vitamin producer in Japan and also one of the main producers of bulk vitamins worldwide. The Takeda products relevant for the present case are vitamins B1, B2, B6, C and folic acid.
(118) Takeda Chemical Industries Ltd, société également établie à Osaka et qui a été constituée en 1925, opère dans les domaines de la chimie industrielle, des médicaments, des cosmétiques et des produits de soin et est l'un des grands fabricants mondiaux de produits pharmaceutiques. Elle est le principal producteur de vitamines au Japon et également l'un des principaux producteurs mondiaux de vitamines en vrac. Les produits de Takeda qui sont concernés par la présente procédure sont les vitamines B1, B2, B6 et C, et l'acide folique.
(119) Takeda's total sales in 1998 amounted to JPY 841816 million (ECU 5,7 billion). Overseas sales accounted for 16,1 % of total revenue. Food and vitamin products constituted 10 % of sales.
(119) Les ventes totales de Takeda se sont élevées à 841816 millions de JPY (5,7 milliards d'écus) en 1998, dont une part de 16,1 % réalisée à l'exportation. Les nutriments et les produits vitaminiques ont représenté 10 % des ventes.
1.2.5.13. Tanabe
1.2.5.13. Tanabe
(120) Tanabe Seiyaku Co. Ltd of Osaka is one of the leading pharmaceutical producers in Japan. Pharmaceutical products accounted for 81 % of revenue in 1998, the remainder of its business including food additives and cosmetics. In 1998 total sales were JPY 216 billion (ECU 1,6 billion). Overseas sales comprised 13,8 % of 1998 revenues.
(120) Tanabe Saiyaku Co Ltd, société ayant son siège à Osaka, est l'un des principaux fabricants de produits pharmaceutiques au Japon. Les produits pharmaceutiques ont représenté en 1998 81 % du revenu de l'entreprise, qui produit également des additifs alimentaires et des cosmétiques. En 1998, les ventes totales de l'entreprise se sont élevées à 216 milliards de JPY (1,6 milliard d'écus), dont une part de 13,8 % réalisée à l'exportation.
(121) The relevant product of Tanabe for present purposes is biotin. Tanabe buys in other bulk vitamins from other producers, including Roche (vitamins B1 and C) and either uses them in its downstream production or resells them as a trader.
(121) Le produit de sa gamme qui est concerné par la présente procédure est la biotine. Tanabe achète d'autres vitamines en vrac à des producteurs concurrents, dont Roche (vitamines B1 et C) pour les utiliser dans sa propre production en aval ou les revendre en tant que négociant.
(122) Tanabe's main customer for biotin in Europe is [...](12).
(122) Pour la biotine, le principal client de Tanabe en Europe est [...](12).
1.2.6. TURNOVER AND MARKET SIZE
1.2.6. CHIFFRE D'AFFAIRES ET TAILLE DU MARCHÉ
(123) The following tables give an overview of the relative importance of each undertaking on the worldwide and EEA market and of their respective size(13):
(123) Les tableaux suivants donnent un aperçu de l'importance relative de chacune des entreprises sur le marché mondial et sur celui de l'EEE, ainsi que de leur taille respective(13):
>TABLE>
>TABLE>
For the following series of tables, the first column shows the name of the company concerned. The second column shows data for the worldwide turnover in the vitamin product concerned in the last complete calendar year of the infringement and, in brackets, the range of the company's market share in the worldwide market concerned during the time period of the infringement. The third column shows the same information as that of column two but in relation to the EEA-wide vitamin product market instead of the worldwide market. All of these figures are necessarily approximate.
Dans la série de tableaux suivante, la première colonne indique le nom de la société concernée. La deuxième colonne contient le chiffre d'affaires à l'échelle mondiale généré la dernière année civile complète de l'infraction par le produit vitaminique concerné et, entre parenthèses, la part de marché détenue par l'entreprise sur le marché mondial concerné pendant la période couverte par l'infraction. La troisième colonne donne les mêmes informations que la deuxième, mais pour le marché du produit vitaminique concerné à l'échelle de l'EEE au lieu du marché mondial.
Vitamin A
Vitamine A
Turnover (1998, ECU million) and market share (1990 to 1998)
Chiffre d'affaires (1998 en millions d'écus) et part de marché (1990-1998)
>TABLE>
>TABLE>
Vitamin E
Vitamine E
Turnover (1998, ECU million) and market share (1990 to 1998)
Chiffre d'affaires (1998, en millions d'écus) et part de marché (1990-1998)
>TABLE>
>TABLE>
Vitamin B1
Vitamine B1
Turnover (1993, ECU million) and market share (1991 to 1993)
Chiffre d'affaires (1993, en millions d'écus) et part de marché (1991-1993)
>TABLE>
>TABLE>
Vitamin B2
Vitamine B2
Turnover (1994, ECU million) and market share (1991 to 1994)
Chiffre d'affaires (1994, en millions d'écus) et part de marché (1991-1994)
>TABLE>
>TABLE>
Vitamin B5
Vitamine B5
Turnover (1998, ECU million) and market share (1991 to 1998)
Chiffre d'affaires (1998, en millions d'écus) et part de marché (1991-1998)
>TABLE>
>TABLE>
Vitamin B6
Vitamine B6
Turnover (1993, ECU million) and market share (1991 to 1993)
Chiffre d'affaires (1993, en millions d'écus) et part de marché (1991-1993)
>TABLE>
>TABLE>
Vitamin C
Vitamine C
Turnover (1994, ECU million) and market share (1991 to 1994)
Chiffre d'affaires (1994, en millions d'écus) et part de marché (1991-1994)
>TABLE>
>TABLE>
Vitamin D3
Vitamine D3
Turnover (1997, ECU million) and market share (1994 to 1997)
Chiffre d'affaires (1997, en millions d'écus) et part de marché (1994-1997)
>TABLE>
>TABLE>
Vitamin H
Vitamine H
Turnover (1993, ECU million) and market share (1991 to 1993)
Chiffre d'affaires (1993, en millions d'écus) et part de marché (1991-1993)
>TABLE>
>TABLE>
Folic acid
Acide folique
Turnover (1993, ECU million) and market share (1991 to 1993)
Chiffre d'affaires (1993, en millions d'écus) et part de marché (1991-1993)
>TABLE>
>TABLE>
Beta-carotene
Bêta-carotène
Turnover (1998, ECU million) and market share (1992 to 1998)
Chiffre d'affaires (1998, en millions d'écus) et part de marché (1992-1998)
>TABLE>
>TABLE>
Carotinoids
Caroténoïdes
Turnover (1998, ECU million) and market share (1993 to 1998)
Chiffre d'affaires (1998, en millions d'écus) et part de marché (1993-1998)
>TABLE>
>TABLE>
1.3. PROCEDURE
1.3. PROCÉDURE
(124) On 12 May 1999 Rhône-Poulenc announced to the Commission that, pursuant to the Commission notice on the non-imposition or reduction of fines in cartel cases ("the Leniency Notice")(14), it wished to inform the Commission of its involvement and that of other producers in the European aspect of a [...](15) vitamins cartel, and intended to cooperate with its investigations.
(124) Le 12 mai 1999, Rhône-Poulenc a annoncé à la Commission qu'elle souhaitait, conformément à la communication de la Commission concernant la non-imposition d'amendes ou la réduction de leur montant dans les affaires portant sur des ententes (la "communication sur la clémence")(14) informer la Commission de sa participation et de celle d'autres producteurs au volet européen d'un cartel [...](15) des vitamines et qu'elle avait l'intention de coopérer à l'enquête.
(125) On 19 May 1999 Rhône-Poulenc provided a written summary to the Commission of activities in the market for vitamins A and E which on its own admission constituted a violation of Article 81 of the Treaty.
(125) Le 19 mai 1999, Rhône-Poulenc a fourni par écrit à la Commission une description succincte des activités menées sur le marché des vitamines A et E qui, de son propre aveu, constituaient une violation de l'article 81 du traité.
(126) Rhône-Poulenc provided a supplementary submission to the Commission on 25 May 1999 containing further particulars of the cartel.
(126) Le 25 mai 1999, Rhône-Poulenc a adressé à la Commission une déclaration complémentaire contenant de nouvelles précisions sur le cartel.
(127) Roche and BASF wrote to the Commission on 4 and 6 May 1999 respectively followed by a joint approach on 17 May 1999. They informed the Commission of their intention to cooperate with any investigations, but without at the time providing any statement or documentary evidence.
(127) Roche et BASF ont écrit à la Commission respectivement les 4 et 6 mai 1999, avant d'adopter une démarche commune le 17 mai 1999. Elles ont informé la Commission de leur intention de prêter leur concours à toute enquête qui pourrait être ouverte, mais sans fournir, à cette époque, aucune déclaration ni preuve documentaire.
(128) On 26 May 1999 the Commission addressed to Roche and BASF requests for information under Article 11 of Regulation No 17 concerning their involvement in suspected collusive arrangements in vitamins A, B2, B5, C, E, beta-carotene and pre-mixes, the products identified in the United States of America's proceedings, (see recitals 149 to 154).
(128) Le 26 mai 1999, la Commission a adressé à Roche et à BASF des demandes de renseignements en application de l'article 11 du règlement n° 17 concernant leur participation à des accords collusoires présumés concernant les vitamines A, B2, B5, C et E, le bêta-carotène et les prémix (produits identifiés dans la procédure américaine, considérants 149 à 154).
(129) Each company provided the Commission with a memorandum admitting infringements of Article 81: Roche on 4 June 1999, BASF on 15 June 1999. These statements only covered the vitamin products which were the subject of the prosecutions in the United States of America. As regards pre-mixes, the producers claimed that while there had been sporadic discussions on pre-mix in Europe, there had never been any effective agreements for this format, since most sales were made as "straights"(16).
(129) Chaque société a fourni à la Commission une déclaration écrite dans laquelle elle admettait l'existence d'infractions à l'article 81 du traité: Roche le 4 juin, BASF le 15 juin 1999. Ces déclarations ne couvraient que les produits vitaminiques qui faisaient l'objet des poursuites engagées aux États-Unis. En ce qui concerne les prémix, les producteurs ont soutenu que des discussions sporadiques avaient pu avoir lieu à ce sujet en Europe, mais que ce mode de présentation n'avait jamais fait l'objet d'accords effectifs étant donné que les produits étaient essentiellement vendus "à l'état pur"(16).
(130) By letter of 23 June 1999, BASF provided the Commission with an extensive bundle of documentation relating principally to the volume control and monitoring systems operated under the cartel for the above vitamin products from 1989 onward.
(130) Par lettre du 23 juin 1999, BASF a fourni à la Commission une liasse de documents concernant principalement les systèmes de contrôle des volumes et de surveillance mis en oeuvre dans le cadre du cartel pour les produits vitaminiques susmentionnés à partir de 1989.
(131) Roche also provided the Commission with extensive documentation on the volume control system in vitamins A, E, B5, beta-carotene and carotinoids by letter of 22 June 1999.
(131) Roche a également fourni à la Commission, par lettre du 22 juin 1999, une abondante documentation sur le système de contrôle des volumes pour les vitamines A, E et B5, le bêta-carotène et les caroténoïdes.
(132) By letters dated 9 and 16 July 1999 in response to the Commission's request for information of 26 May 1999, Roche provided detailed information and documentation regarding the arrangements in vitamins A, E, B5, C and beta-carotene; on 30 July 1999 it provided information regarding the agreements in vitamins B1, B6, D3, H and carotinoids. Also pursuant to the information request, BASF provided information on the meetings for vitamins A, E, B5 and C on 16 July 1999.
(132) Par lettres datées des 9 et 16 juillet 1999, Roche a fourni, en réponse à la demande de renseignements de la Commission du 26 mai 1999, des informations détaillées et des documents concernant les accords relatifs aux vitamines A, E, B5 et C et au bêta-carotène. Le 30 juillet 1999, elle a fourni des informations concernant les accords relatifs aux vitamines B1, B6, D3 et H et aux caroténoïdes. Toujours en réponse à la demande de renseignements, BASF a fourni des informations sur les réunions concernant les vitamines A, E, B5 et C le 16 juillet 1999.
(133) Solvay Pharmaceuticals supplied a memorandum concerning restrictive arrangements for vitamin D3 by letter of 29 June 1999, supplemented by further information and documentary evidence on 14 September 1999.
(133) Solvay Pharmaceuticals a présenté un mémoire concernant les accords restrictifs relatifs à la vitamine D3 par lettre du 29 juin 1999, et a fourni des informations complémentaires et des preuves documentaires le 14 septembre 1999.
(134) On 19 and 20 August 1999 the Commission addressed requests for information to Takeda, Daiichi, Tanabe, Sumitomo, Lonza and Merck concerning their suspected involvement in price fixing arrangements for certain vitamins. The requests did not relate to all the products in respect of which collusion on their part was suspected(17).
(134) Les 19 et 20 août 1999, la Commission a adressé des demandes de renseignements à Takeda, Daiichi, Tanabe, Sumitomo, Lonza et Merck concernant leur participation présumée aux accords de fixation des prix pour certaines vitamines. Les demandes ne concernaient pas tous les produits pour lesquels ces entreprises étaient soupçonnées de collusion(17).
(135) On 9 September 1999 the Commission received from Takeda a file of documents relating to vitamins B1, B2, B6, C and folic acid. Takeda claimed it had already prepared the file before receipt of the Article 11 request. It provided a reply to the request for information on 18 and 20 October 1999 concerning vitamins B1 and B6. It also provided further documents on folic acid, and on 10 January 2000 provided a response to a request for information in relation to folic acid, sent on 15 November 1999.
(135) Le 9 septembre 1999, la Commission a reçu de Takeda un dossier relatif aux vitamines B1, B2, B6 et C, et à l'acide folique. Takeda soutient avoir déjà préparé le dossier avant de recevoir la demande en application de l'article 11. Elle a répondu à la demande de renseignements les 18 et 20 octobre 1999 concernant les vitamines B1 et B6. Elle a également fourni d'autres documents sur l'acide folique et, le 10 janvier 2000, elle a répondu à une demande de renseignements concernant ce produit qui lui avait été adressée le 15 novembre 1999.
(136) Daiichi had already supplied on 2 July 1999 a substantial quantity of documents to the Commission concerning vitamin B5 before it was sent the Article 11 request, which related to vitamin B6.
(136) Daiichi avait fourni à la Commission une série de documents concernant la vitamine B5 dès le 2 juillet 1999, avant que ne lui soit envoyée la demande de renseignements concernant la vitamine B6, en application de l'article 11.
(137) In relation to vitamin B6, Daiichi, in reply to the request for information of 19 August 1999, did not deny its involvement in collusion, at least up to mid-1994.
(137) En ce qui concerne la vitamine B6, Daiichi, en réponse à la demande de renseignements du 19 août 1999, n'a pas nié sa participation à la collusion, au moins jusqu'à la mi-1994.
(138) Tanabe, in its reply dated 11 October 1999, admitted its participation in collusion with the other producers of biotin from October 1991 up to 1994.
(138) Dans sa réponse du 11 octobre 1999, Tanabe a admis avoir participé à la collusion avec les autres producteurs de biotine d'octobre 1991 à 1994.
(139) On 12 October 1999 the Commission received from Eisai a file of documents and a memorandum concerning restrictive arrangements for vitamin E.
(139) Le 12 octobre 1999, la Commission a reçu d'Eisai une série de documents et un mémoire concernant les accords restrictifs relatifs à la vitamine E.
(140) In its reply dated 5 November 1999, Sumitomo admitted frequent contacts with other biotin producers, but claimed that these did not involve any anti-competitive behaviour on its part.
(140) Dans sa réponse datée du 5 novembre 1999, Sumitomo a admis avoir eu des contacts fréquents avec d'autres producteurs de biotine, mais a soutenu que ces contacts n'impliquaient pas un comportement anticoncurrentiel de sa part.
(141) Lonza, by letter of 24 September 1999 in response to the request of the Commission, admitted participation in a number of multilateral meetings with other producers of biotin and the anti-competitive nature of these.
(141) Lonza, dans sa réponse du 24 septembre 1999 à la demande de renseignements de la Commission, a admis avoir participé à un certain nombre de réunions multilatérales avec d'autres producteurs de biotine et reconnu le caractère anticoncurrentiel de ces réunions.
(142) Merck admitted in its reply of 26 October 1999 that it had participated in discussions on pricing with competitors regarding biotin. On 22 November 1999 it provided certain relevant documents regarding the arrangements in that product.
(142) Merck a admis, dans sa réponse du 26 octobre 1999, avoir participé à des discussions avec des concurrents concernant la fixation des prix de la biotine. Le 22 novembre 1999, elle a fourni certains documents concernant les arrangements relatifs à ce produit.
1.3.1. THE ADMINISTRATIVE PROCEDURE
1.3.1. PROCÉDURE ADMINISTRATIVE
(143) On 6 July 2000 the Commission initiated proceedings in the present case and adopted a statement of objections against the addressees of the present decision.
(143) Le 6 juillet 2000, la Commission a engagé la procédure dans la présente affaire et adopté une communication des griefs à l'encontre des destinataires de la présente décision.
(144) The companies had access to the Commission's investigation file by means of a CD-ROM which contained all accessible material in the file. This CD-ROM was sent to them shortly after the statement of objections had been issued.
(144) Les sociétés ont eu accès au dossier d'instruction de la Commission sous la forme d'un CD-ROM contenant tous les documents non confidentiels contenus dans le dossier. Ce CD-ROM leur a été adressé peu de temps après l'envoi de la communication des griefs.
(145) Sumitomo and Sumika argue that they did not have complete access to the file as the Commission did not provide non-confidential versions in all cases nor a detailed description of the content of these documents and therefore might have violated the rights of defence of both companies.
(145) Sumitomo et Sumika soutiennent qu'elles n'ont pas eu pleinement accès au dossier étant donné que la Commission n'a pas fourni dans tous les cas des versions non confidentielles ou une description détaillée des documents en question et qu'elle pourrait donc avoir violé les droits de la défense des deux sociétés.
(146) This argument must be rejected. The Commission provided a full copy of all accessible and partially accessible documents in its file of the case, including non-confidential versions of partially accessible documents, in the CD-ROM which was provided to all addressees of the statement of objections. A descriptive list of the content of the non-accessible documents was established and provided to the same addressees.
(146) Cet argument doit être réfuté. La Commission a fourni une copie complète de tous les documents accessibles et partiellement accessibles contenus dans son dossier, y compris des versions non confidentielles des documents partiellement accessibles, dans le CD-ROM qui a été remis à tous les destinataires de la communication des griefs. Une liste descriptive du contenu des documents non accessibles a été établie et communiquée aux mêmes destinataires.
(147) Having replied in writing to the statement of objections, all the addressees of this Decision except Solvay Pharmaceuticals BV, Kongo Chemical Co. Ltd and Sumika Fine Chemicals Ltd attended the Oral Hearing on the case, which was held on 12 December 2000. At the Oral Hearing the undertakings were also given the opportunity to comment on the written replies of the other parties which had been made available to them earlier.
(147) Après avoir répondu par écrit à la communication des griefs, tous les destinataires de la présente décision, sauf Solvay Pharmaceuticals BV, Kongo Chemical Co Ltd et Sumika Fine Chemicals Ltd, ont assisté à l'audition qui s'est tenue le 12 décembre 2000 au sujet de cette affaire. Lors de l'audition, les entreprises ont également eu la possibilité de commenter les réponses écrites des autres parties qui leur avaient été communiquées au préalable.
(148) In their written replies to the statement of objections none of the producers, except Sumitomo and Sumika, substantially contested the facts on which the Commission based its statement of objections.
(148) Dans les réponses écrites à la communication des griefs, aucun des producteurs, à l'exception de Sumitomo et de Sumika, n'a contesté la matérialité des faits sur lesquels la Commission a fondé sa communication des griefs.
1.3.2. PROCEEDINGS IN OTHER JURISDICTIONS
1.3.2. POURSUITES ENGAGÉES DANS D'AUTRES RESSORTS
(149) On 8 May 1998 the District Court of Northern Texas issued a Grand Jury subpoena on Roche's US subsidiary company in connection with investigations by the Justice Department into the vitamins market.
(149) Le 8 mai 1998, le tribunal de district du Texas du Nord a adressé à la filiale américaine de Roche une citation à comparaître sous peine d'amende devant un grand jury, dans le cadre d'une enquête menée par le département américain de la justice sur le marché des vitamines.
(150) By information filed in the District Court of Northern Texas, on 20 May 1999, Roche and BASF were charged with participation in a combination and conspiracy contrary to Section 1 Sherman Act 1890 (15 USC § 1) to suppress and eliminate competition by fixing the price and allocating the sales volumes of certain vitamins in the United States of America and elsewhere. Certain individuals were also charged with criminal violations of the Sherman Act. The vitamins and time periods concerned were as follows:
(150) Par un acte d'accusation déposé au tribunal de district du Texas du Nord le 20 mai 1999, Roche et BASF ont été accusés de participation à une coalition et à une entente contraires à l'article 1er du Sherman Act de 1890 (15 USC §1), en vue de neutraliser et d'éliminer la concurrence en fixant les prix et en répartissant les volumes de vente de certaines vitamines aux États-Unis et ailleurs. Certaines personnes ont également été accusées d'infractions pénales au Sherman Act. Les vitamines et les périodes concernées étaient les suivantes:
- vitamins A and E: from January 1990 to February 1999,
- vitamines A et E: de janvier 1990 à février 1999,
- vitamin B2: from January 1991 to at least Fall 1995,
- vitamine B2: de janvier 1991 à l'automne 1995 au moins,
- vitamin B5: January 1991 to at least December 1998,
- vitamine B5: de janvier 1991 à décembre 1998 au moins,
- vitamin C: from January 1991 to at least Fall 1995,
- vitamine C: de janvier 1991 à l'automne 1995 au moins,
- beta-carotene: from January 1991 to at least December 1998, and
- bêta-carotène: de janvier 1991 à décembre 1998 au moins,
- vitamin pre-mixes: from January 1991 to at least December 1997.
- prémix vitaminiques: de janvier 1991 à fin décembre 1997 au moins.
(151) By virtue of a plea agreement with the United States of America, BASF and Roche pleaded guilty to the charge of conspiracy and were fined USD 225 million and USD 500 million respectively. Two of the most senior executives of Roche, Messrs[...](18) and [...](19), who were both members of its executive board, pleaded guilty to criminal charges and were sentenced to agreed terms in prison of four and five months respectively, as well as paying personal fines.
(151) En vertu d'une transaction pénale intervenue avec la justice américaine, BASF et Roche ont plaidé coupables d'entente délictueuse et se sont vu infliger des amendes respectives de 225 millions et 500 millions d'USD. Deux des dirigeants de Roche, MM. [...] (*) et [...] (*), qui étaient tous deux membres du conseil d'administration de l'entreprise, ont plaidé coupables des infractions pénales dont ils étaient accusés et ont été condamnés à des peines d'emprisonnement fixées respectivement à quatre et cinq mois, ainsi qu'au paiement d'amendes personnelles.
(152) On 9 September 1999 Takeda, Eisai and Daiichi agreed to plead guilty and pay fines totalling USD 137 million for their participation in the vitamins conspiracy.
(152) Le 9 septembre 1999, Takeda, Eisai et Daiichi ont accepté de plaider coupables et de payer des amendes d'un montant total de 137 millions d'USD pour leur participation à l'entente sur les vitamines.
(153) Rhône-Poulenc was granted conditional immunity from prosecution under the Department of Justice's corporate immunity programme after cooperating with the US authorities.
(153) Rhône-Poulenc a bénéficié, pour avoir coopéré avec les autorités américaines, d'une immunité de poursuites conditionnelle en vertu du régime d'indulgence envers les entreprises (corporate immunity programme) mis en oeuvre par le département américain de la justice.
(154) The main corporate fines imposed for the vitamins conspiracy in the US are thus as follows:
(154) Les amendes infligées jusqu'à présent aux entreprises pour leur participation à l'entente sur les vitamines aux États-Unis s'établissent donc comme suit:
>TABLE>
>TABLE>
(155) The Canadian Commissioner for Competition has also conducted extensive enquiries into the price-fixing cartel as it affected competition in the sale and supply of bulk vitamins in Canada.
(155) Le commissaire canadien de la concurrence a également mené une enquête approfondie sur l'accord de fixation des prix, étant donné qu'il affectait la concurrence sur le marché des vitamines en vrac au Canada.
(156) On 22 September 1999 Roche, BASF, Rhône-Poulenc, Daiichi and Eisai pleaded guilty in the Federal Court of Canada (Trial Division) to indictments charging conspiracy to prevent or unduly lesser competition in violation of Section 45 of the Competition Act 1985.
(156) Le 22 septembre 1999, Roche, BASF, Rhône-Poulenc, Daiichi et Eisai ont plaidé coupables devant la Cour fédérale du Canada (section de première instance) de complot visant à empêcher ou à réduire indûment la concurrence en violation de la section 45 de la loi sur la concurrence de 1985.
(157) The following criminal law fines were imposed:
(157) Les amendes pénales suivantes ont été infligées:
>TABLE>
>TABLE>
1.3.3. THE DOCUMENTARY EVIDENCE
1.3.3. PREUVES DOCUMENTAIRES
(158) The principal documentary evidence obtained by the Commission consists of:
(158) Les principales preuves documentaires obtenues par la Commission sont les suivantes:
- statement of Rhône-Poulenc of 19 May 1999 plus annexes ("Rhône-Poulenc statement"),
- déclaration de Rhône-Poulenc du 19 mai 1999, plus annexes (déclaration de Rhône-Poulenc),
- supplemental statement of Rhône-Poulenc of 25 May 1999 plus annexes ("Rhône-Poulenc supplemental statement"),
- déclaration complémentaire de Rhône-Poulenc du 25 mai 1999, plus annexes (déclaration complémentaire de Rhône-Poulenc),
- statement of Roche of 2 June 1999 ("Hoffmann-La Roche statement"),
- déclaration de Roche du 2 juin 1999 (déclaration de Hoffmann-La Roche),
- statement of BASF of 15 June 1999 ("BASF statement"),
- déclaration de BASF du 15 juin 1999 (déclaration de BASF),
- statement of Solvay Pharmaceuticals BV (concerning vitamin D3) of 29 June 1999 ("first Solvay statement"),
- déclaration de Solvay Pharmaceuticals BV (concernant la vitamine D3) du 29 juin 1999 (première déclaration de Solvay),
- documentation provided by Roche by letter of 22 June 1999 (bundle A),
- documents communiqués par Roche par lettre du 22 juin 1999 (liasse A),
- documentation provided by BASF by letter of 23 June 1999 (bundle B),
- documents communiqués par BASF par lettre du 23 juin 1999 (liasse B),
- reply of Roche concerning vitamin E under Article 11 dated 9 July 1999, plus annexes 1 to 14 (bundle C),
- réponse de Roche du 9 juillet 1999 concernant la vitamine E, en application de l'article 11, plus annexes 1 à 14 (liasse C),
- statement of Daiichi of 9 July 1999 (Daiichi Statement) concerning vitamin B5 plus documentary evidence (bundle D),
- déclaration de Daiichi du 9 juillet 1999 (déclaration de Daiichi) concernant la vitamine B5, plus documents probants (liasse D),
- reply of Roche (vitamins A, E, B2, B5, C, etc) under Article 11 of 16 July 1999, plus annexes,
- réponse de Roche du 16 juillet 1999 (vitamines A, E, B2, B5, C, etc.) en application de l'article 11, plus annexes,
- reply of BASF (vitamins A, E, B5, C) under Article 11 of 16 July 1999 plus tables,
- réponse de BASF du 16 juillet 1999 (vitamines A, E, B5, C) en application de l'article 11, plus tableaux,
- letter of Roche of 30 July 1999 concerning vitamins B1, B6, D3, ciotin and carotinoids plus annexes,
- lettre de Roche du 30 juillet 1999 concernant les vitamines B1, B6 et D3, la biotine et les caroténoïdes, plus annexes,
- statement of Solvay Pharmaceuticals BV of 14 September 1999 plus appendices ("second Solvay Statement"),
- déclaration de Solvay Pharmaceuticals BV du 14 septembre 1999, plus appendices (deuxième déclaration de Solvay),
- documentation supplied by Takeda on 7 September 1999 concerning arrangements in B1, B2, B6, C and folic acid (bundle E),
- documents fournis par Takeda le 7 septembre 1999 concernant les arrangements relatifs aux vitamines B1, B2, B6 et C et à l'acide folique (liasse E),
- documentation supplied by Takeda on 18 October 1999 concerning arrangements in folic acid (bundle F),
- documents fournis par Takeda le 18 octobre 1999 concernant les arrangements relatifs à l'acide folique (liasse F),
- reply of Takeda of 18 and 20 October 1999 to request for information concerning vitamins B1 and B6,
- réponse de Takeda des 18 et 20 octobre 1999 à la demande de renseignements concernant les vitamines B1 et B6,
- statement of Eisai of 12 October 1999 plus annexed documents (Eisai statement),
- déclaration d'Eisai du 12 octobre 1999, plus déclarations jointes en annexe (déclaration d'Eisai),
- reply of Tanabe dated 11 October 1999 to request for information concerning biotin plus appendices,
- réponse de Tanabe datée du 11 octobre 1999 à la demande de renseignements concernant la biotine, plus appendices,
- reply of Merck dated 26 October 1999 to request for information concerning biotin,
- réponse de Merck datée du 26 octobre 1999 à la demande de renseignements concernant la biotine,
- letter of Merck dated 22 November 1999 to request for information concerning vitamins B1 and B6,
- lettre de Merck datée du 22 novembre 1999 à la demande de renseignements concernant les vitamines B1 et B6,
- reply of Takeda dated 10 January 2000 to request for information concerning folic acid.
- réponse de Takeda datée du 10 janvier 2000 à la demande de renseignements concernant l'acide folique.
1.4. THE CARTELS
1.4. ENTENTES
(159) This section provides a description of the facts in relation to each of the cartels in the different vitamin product markets concerned, namely the markets for vitamins A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3, H, folic acid, beta-carotene and carotinoids.
(159) La présente section contient une description des faits se rapportant à chacune des ententes sur les différents marchés des produits vitaminiques concernés, à savoir les marchés des vitamines A, E, B1, B2, B5, B6, C, D3 et H, de l'acide folique, du bêta-carotène et des caroténoïdes.
1.4.1. VITAMINS A AND E
1.4.1. VITAMINES A ET E
1.4.1.1. The origin and basic scheme of the cartels
1.4.1.1. Origine et principes directeurs des cartels
(160) The European producers state that prices for both vitamin A and E actually fell significantly during the late 1980s as a result of competition. The "dramatic" fall in price in vitamin E is attributed by Roche to the "price offensive" of Eisai in 1989 (for vitamin A, Roche blames the aggressive pricing policy of Rhône-Poulenc). During the summer of 1989 at least two top level meetings were held, the first on 7 June between Roche and BASF in Basel, and the second in Zurich attended by Rhône-Poulenc as well. Senior executives of Roche, BASF and Rhône-Poulenc met again in Zurich in or about September 1989. The meeting lasted two days. Eisai did not attend; Roche says the idea was to bring Eisai in at a second stage.
(160) Les producteurs européens déclarent que les prix des vitamines A et E ont en fait sensiblement baissé à la fin des années quatre-vingt sous l'effet de la concurrence. La chute "spectaculaire" du prix de la vitamine E est attribuée par Roche à l'"offensive des prix" menée par Eisai en 1989 (pour la vitamine A, Roche impute la baisse à la politique de prix agressive de Rhône-Poulenc). Au cours de l'été 1989, deux réunions "au sommet" au moins ont été tenues, la première le 7 juin entre Roche et BASF à Bâle, et la seconde à Zurich, avec la participation de Rhône-Poulenc. Des cadres supérieurs de Roche, BASF et Rhône-Poulenc se sont à nouveau rencontrés à Zurich en septembre 1989 ou vers cette époque. La réunion a duré deux jours. Eisai n'y a pas assisté. Roche déclare que l'idée était de faire intervenir Eisai à un second stade.
(161) According to Rhône-Poulenc, Roche was satisfied with its 50 % market share, BASF wanted an increase from its then 30 % of the market, and Rhône-Poulenc would have liked more than the 15 % it had but realised that it would not be possible.
(161) Selon Rhône-Poulenc, Roche se satisfaisait de sa part de marché de 50 %, BASF souhaitait augmenter la sienne, qui était alors de 30 %, et Rhône-Poulenc aurait souhaité détenir davantage que les 15 % qui lui revenaient mais se rendait compte que cela ne serait pas possible.
(162) BASF has described in some detail the September 1989 meeting in Zurich which involved the setting up of the cartel in vitamins A and E.
(162) BASF a décrit en détail la réunion de septembre 1989 à Zurich qui a vu la création du cartel des vitamines A et E.
(163) On the first day senior executives responsible for vitamin marketing in each company, together with some product managers, identified the size of the market for vitamins A and E and then agreed the allocation between the four producers of the world and regional markets on the basis of their respective achieved sales in 1988.
(163) Le premier jour, les hauts responsables du marketing "vitamines" de chaque société, auxquels s'étaient joints certains directeurs de produit, ont déterminé la taille du marché des vitamines A et E et sont ensuite convenus de la répartition des marchés mondial et régionaux entre les quatre producteurs sur la base des ventes réalisées par chacun en 1988.
(164) In summary, the underlying objective was to stabilise the world market share of each producer. Market shares were frozen at 1988 levels; as the market expanded, each company could increase its sales only in accordance with its agreed quota and in line with market growth and not at the expense of a competitor.
(164) En résumé, l'objectif sous-jacent était de stabiliser la part du marché mondial revenant à chaque producteur. Les parts de marché ont été gelées aux niveaux de 1988. À mesure que le marché se développerait, chaque société pourrait augmenter ses ventes dans les limites de son quota, en fonction de la croissance du marché et sans que ce soit aux dépens d'un concurrent.
(165) On the second day, the chairmen of the fine chemicals division or the equivalent and the heads of vitamins marketing of each company joined the meeting to approve the agreed quotas and to establish "confidence" between the participants that the arrangements would be respected. The maxim "price before volume" was accepted as the underlying principle of the cartel. Specific pricing levels were also discussed.
(165) Le deuxième jour, les présidents de la division "chimie fine" (ou des responsables d'un rang équivalent) et les directeurs du marketing "vitamines" de chaque société se sont joints à la réunion pour approuver les quotas convenus et établir une certaine "confiance" entre les participants quant au respect des accords. Le mot d'ordre du "prix avant le volume" a été retenu comme principe de base du cartel. Certains niveaux de prix particuliers ont également été examinés.
(166) According to information provided by BASF, the market shares of each of the vitamin A producers in 1988, which served as the "base year" for fixing the quotas, were:
(166) Selon des informations fournies par BASF, les parts de marché des différents fournisseurs de vitamine A en 1988, année qui a servi d'année "de référence" pour la fixation des quotas, s'établissaient comme suit:
>TABLE>
>TABLE>
(167) For vitamin E, BASF also provided information on the achieved sales for 1988 which were equivalent to the following percentages:
(167) Pour la vitamine E, BASF a également fourni des informations sur les ventes réalisées en 1988, qui correspondaient aux pourcentages suivants:
>TABLE>
>TABLE>
(168) These figures may have been slightly adjusted to give the allocated quotas. According to BASF, the global market share agreed at the Zurich meeting were as follows:
(168) Il est possible que ces chiffres aient été légèrement ajustés pour établir les quotas. Selon BASF, les parts du marché mondial fixées d'un commun accord lors de la réunion de Zurich étaient les suivantes:
>TABLE>
>TABLE>
Roche confirms the vitamin A quotas as per the above.
Roche confirme les quotas indiqués ci-dessus pour la vitamine A.
(169) During the autumn of 1989, the European producers held a second meeting in Basel in order to develop in greater detail the framework and procedures of the cartel. For each region, including Europe, the market share quotas were further broken down country by country, so that the total of the allocations corresponded with the regional share assigned and the regional shares added up to the world quotas.
(169) Au cours de l'automne 1989, les producteurs européens ont tenu une seconde réunion à Bâle, afin de définir plus en détail le cadre et les procédures du cartel. Pour chaque région, y compris l'Europe, les quotas de parts de marché ont été ventilés pays par pays, de manière à ce que le total des parts allouées corresponde à la part régionale et à ce que le total des parts régionales corresponde aux quotas mondiaux.
(170) The market for 1990 was estimated and the forecast agreed; the percentage quotas for each company were then converted into sales allocations on a tonnage basis for the world, the region and each national market.
(170) Le marché de 1990 a été estimé et les prévisions ont été arrêtées. Les quotas en pourcentage des différentes sociétés ont ensuite été convertis en parts des ventes exprimées en tonnes pour les marchés mondial, régionaux et nationaux.
(171) For the duration of the cartel, this exercise was repeated in the late summer/autumn of each year, and came to be known as "the budget".
(171) Pendant la durée du cartel, cet exercice, dit "le budget", s'est répété à la fin de l'été ou à l'automne de chaque année.
Structure and participants
Structure et participants
Structure of regular meetings
Système de réunions régulières
(172) As the implementation of the cartel developed, a complex structure of regular meetings evolved. There were four levels.
(172) À mesure que la mise en oeuvre de l'entente progressait, un système complexe de réunions régulières s'est établi. Il comportait quatre niveaux.
Top level
Sommet
(173) This level was constituted by the most senior corporate officers with responsibility for the vitamins business, and included the divisional heads and sometimes the heads of vitamins marketing. Their role was to back the agreement with high-level support, to define overall strategy and ensure each party continued to adhere to the agreement.
(173) Ce niveau, constitué des dirigeants responsables au plus haut niveau du secteur des vitamines, incluait aussi les chefs de division et parfois les directeurs du marketing " vitamines". Leur rôle consistait à avaliser l'entente en lui apportant un soutien de haut niveau, à définir la stratégie globale et à garantir que chaque partie continue d'adhérer à l'entente.
Heads of marketing
Directeurs du marketing
(174) The heads of vitamins marketing, who might also attend the top level meetings, took decisions on the practical operation of the agreements and finalised the budgets. Some of their meetings might also be attended by the divisional chairmen. They met two or three times per year.
(174) Les directeurs du marketing "vitamines", qui assistaient parfois aussi aux réunions au sommet, prenaient des décisions concernant le fonctionnement des accords dans la pratique et finalisaient les budgets. Il pouvait arriver que les présidents de division assistent à leurs réunions. Les rencontres avaient lieu deux ou trois fois par an.
Global product marketing level
Niveau du marketing de produit à l'échelle mondiale
(175) This level consisted of managers with product marketing responsibility for vitamins A and E at global level. Their meetings, held at quarterly intervals, were intended to monitor the implementation of the quota systems.
(175) Ce niveau réunissait les cadres responsables du marketing de produit pour les vitamines A et E à l'échelle mondiale. Leurs réunions, dont la fréquence était trimestrielle, avaient pour objet de surveiller la mise en oeuvre des systèmes de quotas.
Regional product marketing level
Niveau du marketing de produit à l'échelle régionale
(176) These meetings, which were organised by the regional management and involved the heads of marketing for each region, including Europe, were held about four times a year. Discussions included pricing to individual customers. The group was also responsible for:
(176) Ces réunions, qui étaient organisées par la direction régionale, et auxquelles participaient les directeurs du marketing pour chaque région, y compris l'Europe, se tenaient environ quatre fois par an. Les discussions portaient notamment sur les prix applicables à des clients donnés. Le groupe était également chargé:
- monitoring sales against budget on a regional level and making adjustments if necessary;
- de surveiller les ventes au regard du budget au niveau régional et de procéder aux ajustements nécessaires,
- identifying relevant market developments inside their region;
- d'observer l'évolution du marché dans les régions concernées,
- implementing the price increases agreed at the more senior levels.
- de mettre en oeuvre les augmentations des prix décidées aux niveaux supérieurs.
(177) Often the regional meetings for Europe were combined with global operational meetings at a higher level.
(177) Les réunions régionales pour l'Europe étaient souvent combinées avec des réunions opérationnelles mondiales organisées à un niveau plus élevé.
(178) BASF named the usual participants in the meetings over the relevant period.
(178) BASF a nommé les personnes qui participaient habituellement aux réunions pendant la période considérée.
The interaction between the different groups
Interaction entre les différents groupes
(179) The cartel's operations centred on the preparation and implementation of the annual "budget". Indeed in this and other respects its mechanisms were closely modelled on the internal financial management and controls of a single undertaking.
(179) Les activités du cartel étaient centrées sur la préparation et la mise en oeuvre du "budget" annuel. Sous cet angle, et à d'autres égards, ses mécanismes reproduisaient fidèlement le système de gestion financière et de contrôle internes d'une entreprise.
(180) The heads of marketing identified by BASF referred to by Rhône-Poulenc as the "top vitamins operations managers" met, usually in August, to exchange global sales figures and estimates of market size and growth for the following year and to prepare the budget for the next year.
(180) Les directeurs du marketing identifiés par BASF, dénommés par Rhône-Poulenc les top vitamins operations managers, se rencontraient, généralement en août, pour échanger des chiffres de vente mondiaux et des estimations de la taille et de la croissance du marché pour l'année suivante, et pour élaborer le budget de l'année suivante.
(181) These meetings, referred to as "budget meetings", were invariably organised by Roche and were held in hotels in or around Basel. According to Rhône-Poulenc, Roche first made a presentation on the current state of the market with tables prepared from the information which the others had provided in advance by telephone.
(181) Ces réunions, dénommées "réunions budgétaires", étaient invariablement organisées par Roche et se tenaient dans des hôtels de Bâle ou des environs. Selon Rhône-Poulenc, Roche présentait d'abord la situation actuelle du marché à l'aide de tableaux élaborés à partir des informations que les autres avaient fournies préalablement par téléphone.
(182) It was in this forum that price increases would normally be decided: usually the price was raised in steps of five per cent. Final decisions on pricing were usually taken in the second half of the year, a typical effective date for an increase being 1 April of the following year.
(182) C'est en principe à cette occasion que les augmentations de prix étaient décidées: les prix étaient généralement relevés à raison de 5 % chaque fois. Les décisions finales sur les prix étaient en principe prises au cours du second semestre, la date d'entrée en vigueur de l'augmentation étant en général le 1er avril de l'année suivante.
(183) If a price increase was decided, Roche usually took the lead and announced first. Apparently however, it occasionally asked BASF to lead the increase publicly.
(183) Si une augmentation des prix était décidée, Roche était généralement la première à l'annoncer (bien qu'elle ait apparemment parfois demandé à BASF d'annoncer l'augmentation en premier).
(184) After the August budget meeting the three division chairmen (in the case of Rhône-Poulenc, the president of RPAN), met so that the operations managers and heads of marketing who had attended the budget meetings could present the previous year's results.
(184) Après la réunion budgétaire du mois d'août, les trois présidents de division (dans le cas de Rhône-Poulenc, le président de RPAN) se réunissaient pour que les operations managers et les directeurs du marketing qui avaient participé aux réunions budgétaires puissent présenter les résultats de l'année précédente.
(185) The meetings were also held in hotels in or near Basel. At the meetings, which were organised and led by Roche, Roche presented market developments and the Division Chairmen would discuss the size of the market, increases in market shares, price movements and resolve potential problems.
(185) Les réunions se tenaient également dans des hôtels à Bâle ou dans les environs. Lors de ces réunions, qui étaient organisées et conduites par Roche, celle-ci faisait le point sur l'évolution du marché et les présidents de division discutaient de la taille du marché, de l'augmentation des parts de marché et des mouvements de prix, et ils réglaient les problèmes éventuels.
(186) The most senior corporate executives from Roche, BASF and Rhône-Poulenc who supervised the vitamins business held further meetings once or twice a year in Basel, Paris and Frankfurt, the meetings apparently being organised in turn by each of the companies involved. According to Rhône-Poulenc, there was no specific agenda. These are however presumably the meetings described by Roche. Their purpose was to demonstrate top-level support for the cartel and to determine overall strategy.
(186) Les dirigeants de Roche, BASF et Rhône-Poulenc qui supervisaient au plus haut niveau l'activité dans le secteur des vitamines se rencontraient, en outre, une ou deux fois par an à Bâle, Paris ou Francfort, ces réunions étant apparemment organisées à tour de rôle par chacune des entreprises concernées. Selon Rhône-Poulenc, il n'y avait pas d'ordre du jour particulier. On peut néanmoins supposer qu'il s'agit des réunions décrites par Roche. Elles avaient pour but de démontrer que le cartel bénéficiait d'un soutien au plus haut niveau et de déterminer la stratégie globale.
(187) The regional meetings for Europe were also usually organised by Roche and held in Basel. These meetings were scheduled in the month following the end of each quarter. The regional marketing managers reported on market developments to the more senior level of meetings which took the necessary decisions.
(187) Les réunions régionales pour l'Europe étaient aussi généralement organisées par Roche et se tenaient à Bâle. Ces réunions avaient lieu au cours du mois suivant la fin de chaque trimestre. Les directeurs du marketing régional faisaient rapport sur l'évolution du marché aux réunions de niveau plus élevé, où étaient prises les décisions nécessaires.
(188) The managers who attended the European regional meetings had weekly telephone contact in order to monitor the agreements on pricing and sales volumes and to discuss individual customers. Every month they exchanged the volumes of vitamins A and E sold in each national market. Roche provided the others with the monthly sales of Eisai in the European market as a whole rather than for each country.
(188) Les responsables qui participaient aux réunions régionales européennes avaient des contacts téléphoniques hebdomadaires pour surveiller le respect des accords sur les prix et les volumes de vente et pour discuter de certains clients. Chaque mois, ils échangeaient les chiffres de vente en volume des vitamines A et E sur chaque marché national. Roche communiquait aux autres les chiffres de vente mensuels d'Eisai sur le marché européen dans son ensemble et non par pays.
Volume control mechanism: "budgets"
Mécanisme de maîtrise des volumes: "budgets"
General
Considérations générales
(189) The fundamental idea underlying the cartel was to freeze market shares in both products at the 1988 level.
(189) L'idée maîtresse du cartel était de geler les parts de marché pour les deux produits au niveau de 1988.
(190) All three major European producers have supplied to the Commission tables and spreadsheets created and used for the purposes of calculating, reviewing and agreeing the sales quotas of vitamins A and E for each regional and national market.
(190) Les trois principaux producteurs européens ont fourni à la Commission des tableaux et des feuilles de calcul créés et utilisés dans le but de calculer, de réviser et de fixer les quotas de ventes de vitamines A et E pour chaque marché régional et national.
(191) Those provided by BASF are probably the most complete set of documents relating to the "budget" and may be used to demonstrate the operation of the volume control mechanism. For the most part, the BASF documents consist of (a) worksheets or support documents used to fix the annual "budget" for each producer on a country-by-country basis and (b) charts comparing the actual sales of each producer with their respective "budgeted volumes", i.e. their quota for each regional and national market both on an annual basis and for interim periods (sales figures in volumes were exchanged on a monthly basis).
(191) Ceux fournis par BASF constituent probablement le jeu de documents le plus complet concernant le "budget" et ils peuvent être utilisés pour démontrer le fonctionnement du mécanisme de maîtrise des volumes. Les documents de BASF consistent, pour l'essentiel: a) en fiches de travail ou en documents de référence utilisés pour fixer le "budget" annuel pour chaque producteur, pays par pays, et b) en graphiques comparant les ventes réelles de chaque producteur avec son "volume budgétisé", c'est-à-dire son quota pour chaque marché régional et national sur une base annuelle et pour des périodes intermédiaires, les chiffres de vente en volume étant échangés tous les mois.
(192) The documentation provided by Roche consists of (a) spreadsheet documents established from data supplied by the other producers and reflecting the volume allocation agreements and monthly and yearly results exchanged by the participants; (b) charts prepared by Roche for budget discussions and meetings.
(192) Les documents fournis par Roche consistent en feuilles de calcul établies à partir de données fournies par les autres producteurs et reflétant les accords de répartition des volumes et les résultats mensuels et annuels échangés par les participants, et en graphiques élaborés par Roche pour les discussions et les réunions budgétaires.
(193) The "budget" documentation for the year 1998 is representative of the whole and may be taken as an example(20).
(193) Les documents sur le "budget" relatifs à l'année 1998 sont représentatifs de l'ensemble et peuvent servir d'exemple(18).
Vitamin A
Vitamine A
(194) For the whole "region" which also includes Eastern Europe, Africa and the Middle East, the quotas proposed are 45,3 % for Roche, 31,6 % for BASF and 23,3 % for Rhône-Poulenc.
(194) Pour toute la "région", y compris l'Europe orientale, l'Afrique et le Moyen-Orient, les quotas proposés sont de 45,3 % pour Roche, 31,6 % pour BASF et 23,3 % pour Rhône-Poulenc.
(195) For West Europe as a whole, the quotas are given as 44,3 % for Roche, 32,1 % for BASF and 23,6 % for Rhône-Poulenc.
(195) Pour l'Europe occidentale dans son ensemble, les quotas indiqués sont de 44,3 % pour Roche, 32,1 % pour BASF et 23,6 % pour Rhône-Poulenc.
(196) The information for the whole year was maintained on a cumulative monthly basis to ensure that each party kept to its agreed market share; if one was seen to be selling more than its allocated quota, it would have to "slow down" sales to enable the others to catch up. If at the end of the year a producer was substantially ahead of its quota, it had to purchase vitamins from the others in order to compensate them for the corresponding shortfall in their allocation.
(196) Les informations pour l'année complète étaient mises à jour mensuellement sur une base cumulative pour s'assurer du respect par chaque partie de la part de marché qui lui avait été attribuée. S'il apparaissait que l'une des parties dépassait son quota des ventes, elle était tenue de "ralentir" ses ventes pour permettre aux autres de rattraper leur retard. Si, à la fin de l'année, un producteur avait dépassé son quota de façon substantielle, il devait acheter des vitamines aux autres producteurs pour compenser le déficit qu'ils avaient subi par rapport à leurs quotas respectifs du fait de ce dépassement.
Vitamin E
Vitamine E
(197) A similar computerised database was kept for vitamin E, although (1) there are separate charts for "feed", "pharmaceutical" and "total" and (2) the volumes are given in metric tonnes.
(197) Le cartel tenait une base de données informatisée similaire pour la vitamine E, mais: 1) des graphiques séparés étaient établis pour l'"alimentation animale", les "produits pharmaceutiques" et le "total", et 2) les volumes étaient indiqués en tonnes métriques.
(198) Documentation provided by BASF for the year 1998 may again be taken as illustrative of the functioning of the system which operated along these lines also for the years 1989 to 1997.
(198) Les documents fournis par BASF pour l'année 1998 peuvent à nouveau être considérés comme représentatifs du fonctionnement du système, qui a fonctionné selon les mêmes principes de 1989 à 1997.
(199) In the vitamin E spreadsheets the three main producers are again designated as "1", "2" and "3"; "4" refers to Eisai and "5" to other producers.
(199) Dans les feuilles de calcul concernant la vitamine E, les trois principaux producteurs sont de nouveau désignés par les chiffres "1", "2" et "3", "4" désigne Eisai et "5" les autres producteurs.
Minimum and target prices
Prix minimaux et objectifs de prix
(200) In their "top-level" meeting in Zurich in September 1989, the divisional chairmen of Roche, BASF and Rhône-Poulenc had agreed to a policy of "price before volume".
(200) Dans leur réunion "au sommet" tenue à Zurich, en septembre 1989, les présidents de division de Roche, BASF et Rhône-Poulenc étaient convenus d'une politique du "prix avant le volume".
(201) The decisions on whether, when and by how much to increase prices were taken by the heads of vitamin marketing in their periodic meetings. Final decisions were generally taken in the second half of each year with a typical effective date for the "increase" being the following 1 April.
(201) Ce sont les directeurs du marketing "vitamines" qui, lors de leurs réunions périodiques, décidaient d'augmenter ou non les prix et, dans l'affirmative, à quel moment et de combien. Les décisions finales étaient généralement prises au cours du second semestre, la date d'entrée en vigueur de l'augmentation étant généralement fixée au 1er avril de l'année suivante.
(202) At the beginning of the cartel the parties had agreed on a price increase of about 10 % for both vitamins A and E.
(202) Au début du cartel, les parties s'étaient entendues sur une augmentation d'environ 10 % pour les vitamines A et E.
(203) The parties normally agreed that one producer should first "announce" the increase, either in a trade journal or in direct communication with major customers. Once the price increase was announced by one cartel member, the others would generally follow suit.
(203) Les parties convenaient normalement que l'un des producteurs "annoncerait" l'augmentation en premier, soit dans une revue professionnelle soit par une communication directe aux principaux clients. Une fois l'augmentation de prix annoncée par l'un des membres du cartel, les autres avaient coutume de suivre.
(204) In this way the concerted price increases could be passed off, if challenged, as the result of price leadership in an oligopolistic market.
(204) Ainsi on pouvait, en cas de contestation, faire passer les augmentations concertées des prix pour la conséquence du rôle dominant joué par une entreprise en matière de prix sur un marché oligopolistique.
(205) The Commission has obtained internal pricing and management documentation from both Roche and BASF showing that both producers habitually worked on the basis of "list" (or "target/Ziel" and "lowest" prices).
(205) La Commission a obtenu de Roche et BASF des documents internes concernant la fixation des prix et la gestion indiquant que les deux producteurs travaillaient normalement sur la base de prix "catalogue" [ou d'objectifs de prix (Target/Ziel) et de prix minimaux].
(206) An illustration of the utilisation of the price targets is provided by Roche's "pricing sheet" for vitamins A and E issued to the business units in March 1991.
(206) L'utilisation des objectifs de prix est illustrée par la "fiche de prix" (pricing sheet) de Roche pour les vitamines A et E transmise aux unités commerciales (business units) en mars 1991.
(207) The objective for vitamin A was to increase prices in CHF by 5 % to 10 % for 1991 while balancing out the USD/DEM price differential to discourage brokers. While Managers are instructed to hold the worldwide market at 48 %, they are ordered to put "price target before quantity/market share target: do not overshoot quantity by not achieving price target" c.f. the "price before tonnage" maxim. in recital 200 above.
(207) L'objectif pour la vitamine A était d'augmenter les prix en CHF de 5 à 10 % en 1991 (tout en comblant l'écart de prix entre l'USD et le DEM pour décourager les courtiers). Si les responsables étaient chargés de maintenir le marché mondial à 48 %, il leur était aussi donné ordre de faire passer "le prix avant la quantité/l'objectif de part de marché: ne dépassez pas la quantité en manquant l'objectif de prix" (mot d'ordre du "prix avant le tonnage", considérant 200).
(208) The pricing sheet shows the "list" and "lowest" prices to be applied for each product form in DEM and USD for the second and third quarters of 1991.
(208) La fiche de prix indique les prix "catalogue" et les prix "minimaux" à appliquer pour les différentes formes du produit en DEM et en USD pendant les deuxième et troisième trimestres de 1991.
(209) To implement the increase the business unit is warned that in Europe "Present DEM prices in Feed to be strictly applied in second quarter 1991. Price increase of + 10 % to be prepared and announced in May with immediate effect for spot business and all third quarter contracts. Food/Pharma prices to be strictly applied." Similar instructions are given for vitamin E.
(209) Pour la mise en oeuvre de l'augmentation, il est indiqué à l'unité commerciale qu'en Europe "les prix actuels en DEM dans le secteur de l'alimentation animale doivent être appliqués de manière stricte pendant le deuxième trimestre 1991. Une augmentation des prix de 10 % doit être préparée et annoncée en mai avec effet immédiat pour les opérations au comptant et toutes les commandes du troisième trimestre. Les prix des secteurs alimentation et produits pharmaceutiques doivent être appliqués de manière stricte." Des instructions similaires sont données pour la vitamine E.
(210) During the 1991 concerted initiative, new prices were initiated each quarter; from the beginning of 1993, prices were increased as a rule once a year, usually on 1 April, with 1 October being kept as a fallback date in addition.
(210) Dans le cadre de l'initiative concertée de 1991, de nouveaux prix ont été introduits chaque trimestre. À partir de début 1993, les prix ont été relevés, en règle générale une fois par an, normalement le 1er avril, la date du 1er octobre étant gardée comme seconde possibilité.
Operation of the cartels (1989 to 1997)
Fonctionnement du cartel de 1989 à 1997
(211) During the first year of the cartel, executives from Roche, BASF and Rhône-Poulenc met frequently to concretise their arrangements: Rhône-Poulenc has identified some nine meetings in Basel between January 1990 and January 1991.
(211) Pendant la première année du cartel, des dirigeants de Roche, BASF et Rhône-Poulenc se sont rencontrés fréquemment pour concrétiser leurs arrangements: Rhône-Poulenc a recensé neuf réunions à Bâle entre janvier 1990 et janvier 1991.
(212) There were also separate meetings between Roche and Eisai on vitamin E which are documented in a Roche internal memorandum headed "Eisai history" beginning with a top-level meeting in Japan in September 1990.
(212) Des réunions séparées, dont il est question dans un mémoire interne de Roche intitulé "Eisai history", ont également eu lieu entre Roche et Eisai sur la vitamine E. Elles ont commencé par une réunion au sommet au Japon en septembre 1990.
(213) A follow-up meeting took place in Basel on 25 October 1990 in which Eisai executives confirmed the readiness of their company to enter the "club", on condition that the members exchanged their sales data.
(213) Une réunion de suivi a eu lieu à Bâle le 25 octobre 1990, au cours de laquelle les dirigeants d'Eisai ont confirmé que leur société était prête à entrer dans le "club", à condition que les membres échangent leurs données concernant les ventes.
(214) The three European producers agreed in a trilateral meeting held in Basel on 30 October 1990 to include Eisai in the scheme for an initial five years with an allocation of 1600 tonnes subject to increase in line with market growth. For Eisai the advantage would be a guaranteed volume of sales and higher prices.
(214) Les trois producteurs européens ont décidé, lors d'une réunion trilatérale tenue à Bâle le 30 octobre 1990 de faire entrer Eisai dans le système pour une période initiale de cinq ans, avec un quota de 1600 tonnes susceptible d'augmentation en fonction de la croissance du marché. Pour Eisai, l'avantage serait un volume de ventes garanti et des prix plus élevés.
(215) Since during most of 1990 Eisai was not definitively inside the scheme for vitamin E and had supplied more volume than anticipated, the arrangements apparently had not resulted in any great increase in price during that year.
(215) Étant donné que, pendant la majeure partie de l'année 1990, Eisai n'était pas définitivement partie à l'entente pour la vitamine E et qu'elle avait vendu un volume supérieur à ce qui était prévu, les arrangements n'avaient apparemment pas provoqué une hausse substantielle des prix cette année-là.
(216) In December 1990 Rhône-Poulenc's vitamin E factory was severely damaged by fire. The major producers concluded that customers would be prepared to pay higher prices in the face of a product shortage, they also concluded that vitamin A prices could be increased at the same time on the back of the shortfall in vitamin E.
(216) En décembre 1990, l'usine de vitamine E de Rhône-Poulenc a été fortement endommagée par un incendie. Les principaux producteurs ont estimé que les clients seraient disposés à payer des prix plus élevés en raison de la pénurie de produits. Ils ont également estimé que les prix de la vitamine A pourraient être relevés par la même occasion.
(217) Although Rhône-Poulenc presents this fortuitous incident as the catalyst for the consolidation of the cartel, it is clear from BASF's and Roche's accounts of events that the framework of the cartel and the machinery for its implementation had already been agreed by the end of 1989.
(217) Bien que Rhône-Poulenc présente cet incident fortuit comme ayant servi de catalyseur à la consolidation du cartel, il ressort clairement de la relation des faits par BASF et Roche que le cadre du cartel et ses mécanismes avaient été établis dès la fin de 1989.
(218) Following a "summit" meeting in Japan on 8 and 9 January 1991 between senior officials of the three European producers and Eisai (recital 234), the latter confirmed its willingness to join the worldwide volume allocation scheme for vitamin E and its quota was raised from 10 % to 11 %. Eisai appears to have rationalised the discussions with competitors in terms of antitrust law by meeting each of the three separately for 20 minutes each; it disingenuously calls these meetings "courtesy calls". Whatever ambiguity Eisai may have hoped to engender by this colourable device, the effect was negated by its inviting all three competitors to a " joint meeting" immediately afterwards in a restaurant in which on its own admission an "orderly marketing" system was proposed and discussed.
(218) À la suite d'une réunion "au sommet" qui s'est tenue au Japon les 8 et 9 janvier 1991 entre des cadres supérieurs des trois producteurs européens et Eisai (considérant 234), cette dernière a confirmé sa volonté d'adhérer au système mondial de répartition des volumes pour la vitamine E et son quota a été porté de 10 à 11 %. Eisai semble avoir rationalisé les discussions avec ses concurrents du point de vue de la législation antitrust en les rencontrant séparément pendant vingt minutes chacun. Pour masquer la vérité, elle qualifie ces réunions de "visites de courtoisie". L'ambiguïté qu'Eisai peut avoir espéré provoquer par cet artifice a, quoi qu'il en soit, été dissipée par le fait qu'elle a invité les trois concurrents à une "réunion commune" immédiatement après dans un restaurant, réunion au cours de laquelle (de son propre aveu) un système de "commercialisation disciplinée" a été proposé et discuté.
(219) The agreement was confirmed a few weeks later when senior executives of Roche visited Japan and met Eisai (recital 236).
(219) L'accord a été confirmé quelques semaines plus tard, lorsque des dirigeants de Roche se sont rendus au Japon et ont rencontré Eisai (considérant 236).
(220) The definitive inclusion of Eisai in the volume and pricing scheme for vitamin E, together with the shortage of product, enabled the four producers to raise prices for that product significantly during 1991. Rhône-Poulenc was supplied by Roche and BASF with "coproducer" deliveries until its plant was back on stream. At the same time and in parallel with the increase in prices for vitamin E, the three European producers agreed and implemented significant price rises in vitamin A.
(220) L'entrée définitive d'Eisai dans le système de maîtrise des volumes et de fixation des prix pour la vitamine E, ainsi que la pénurie de produits, ont permis aux quatre producteurs d'augmenter sensiblement les prix de ce produit en 1991. Rhône-Poulenc a été approvisionnée par des livraisons "de coproducteur" de la part de Roche et de BASF jusqu'à la remise en service de son usine. Dans le même temps, et parallèlement à l'augmentation des prix de la vitamine E, les trois producteurs européens ont décidé et mis en oeuvre des hausses de prix importantes pour la vitamine A.
(221) Prices for both vitamins increased substantially between 1991 and 1994. The initial price increase implemented in 1991 was in the order of 10 % (see recital 202). According to Roche, the goal after 1994 was to maintain the achieved price levels.
(221) Les prix des deux vitamines ont augmenté sensiblement entre 1991 et 1994. L'augmentation de prix initiale mise en oeuvre en 1991 était de l'ordre de 10 % (considérant 202). Selon Roche, après 1994, l'objectif était de maintenir les niveaux de prix atteints.
(222) The simultaneity and uniformity of the price increases for vitamins A and E led to complaints to the authorities in France from local pre-mixing companies. An inspection was carried out by the French authorities on 28 January 1993. Roche informed Takeda of the outcome in a vitamin C meeting on 8 February 1993. Takeda duly took note of their dismissive attitude towards the investigations:"Nothing was found in the investigation. In addition an inspection was made of RPAN but nothing was found. This type of inspection was also held in 1991, but there was no evidence. R does not consider these inspections problematic: however they are being careful as to how they handle documentation."
(222) La simultanéité et l'uniformité des augmentations de prix des vitamines A et E ont amené, en France, des producteurs locaux de prémix a déposer plainte. Les autorités françaises ont procédé à une inspection le 28 janvier 1993. Roche a informé Takeda des résultats lors d'une réunion concernant la vitamine C le 8 février 1993. Takeda a pris acte de l'attitude dédaigneuse de l'entreprise face à l'enquête:"L'enquête n'a rien révélé. En outre, RPAN a fait l'objet d'une inspection, mais celle-ci n'a rien révélé. Une inspection de ce type avait déjà eu lieu en 1991, mais il n'y avait aucune preuve. R ne considère pas que ces inspections posent un problème: elle se montre néanmoins prudente dans le traitement des documents."
(223) By the beginning of 1994, a substantial price gap (around 10 %) had developed between Europe and the United States of America for vitamins A and E. Brokers were using the opportunity to conduct "arbitrage" operations. Roche instructed its area managers on 1 to 4 February 1994 that the "key focus regarding 1994 pricing is therefore on Europe (...). Our objective is to bring A prices up by DEM 2 and E prices by DEM 1. Volumes need to be strictly controlled." BASF had already drawn the attention of its European sales subsidiaries to the phenomenon in September 1993.
(223) Au début de 1994, un écart de prix considérable (environ 10 %) s'était creusé entre l'Europe et les États-Unis pour les vitamines A et E. Les courtiers en profitaient pour réaliser des opérations "d'arbitrage". Entre le 1er et le 4 février 1994, Roche a donné à ses directeurs régionaux les consignes suivantes: "Pour la fixation des prix de 1994, c'est l'Europe qui doit donc être au centre des préoccupations [...] Notre objectif est d'augmenter les prix A de 2 DEM et les prix E de 1 DEM. Les volumes doivent faire l'objet d'un contrôle strict." BASF avait déjà attiré l'attention de ses filiales de vente européennes sur le phénomène dès septembre 1993.
(224) On 14 February 1994 BASF announced via the trade press increases of 5 % for vitamins A and E. Instructions were given to the sales offices to apply with immediate effect new "limit" prices: the minimum amount of the increase was to be DEM 2 for vitamin A and DEM 1 for vitamin E.
(224) Le 14 février 1994, BASF a annoncé, par le biais de la presse professionnelle, des augmentations de 5 % des prix des vitamines A et E. Les bureaux de vente ont reçu l'ordre d'appliquer de nouveaux prix "limites" avec effet immédiat: le montant minimal de l'augmentation devait être de 2 DEM pour la vitamine A et de 1 DEM pour la vitamine E.
(225) In 1994 the rapid increase in demand for vitamin E for human consumption necessitated a revision of the quota allocated to Rhône-Poulenc. To maintain its agreed 16 % share of the overall market, Rhône-Poulenc had to increase its sales in the animal feed sector. The producers agreed in August 1994 that the Rhône-Poulenc share of the feed segment be capped at 21 %; if the agreed increase in quota in that area did not however give Rhône-Poulenc its full 16 % overall, the other two European producers would purchase product from it to compensate for the shortfall. Compensating purchases were made by Roche in 1996 and by Roche and BASF in 1997.
(225) En 1994, l'augmentation rapide de la demande de vitamine E destinée à la consommation humaine a nécessité une révision du quota attribué à Rhône-Poulenc. Pour maintenir sa part du marché global à 16 %, Rhône-Poulenc devait accroître ses ventes dans le segment de l'alimentation animale. En août 1994, les producteurs sont convenus de porter la part de Rhône-Poulenc dans ce segment à 21 %. Il était prévu que, au cas où le relèvement du quota de Rhône-Poulenc dans ce segment ne suffirait pas pour lui permettre d'atteindre sa part globale de 16 %, les deux autres producteurs européens lui achèteraient des produits pour compenser le déficit. Des achats compensatoires ont ainsi été effectués par Roche en 1996 et par Roche et BASF en 1997.
(226) BASF has stated that throughout the period of the cartel the participants contemplated and explored measures to eliminate or deter marginal competitors in China and Russia from entering the European market.
(226) BASF a déclaré que, pendant toute la durée de l'entente, les participants ont envisagé et étudié la possibilité de prendre des mesures pour éliminer les concurrents marginaux, notamment chinois et russes, ou les dissuader d'entrer sur le marché européen.
The continuation of the cartels after the US investigations
Continuation du cartel après l'enquête menée aux États-Unis
(227) In late 1997, it was publicly reported in the United States of America that the US Department of Justice had convened a Federal Grand Jury to investigate possible criminal violations of Section 1 of the Sherman Act in the vitamins sector.
(227) À la fin de 1997, il a été annoncé publiquement aux États-Unis que le département américain de la justice avait convoqué un grand jury fédéral pour enquêter sur d'éventuelles infractions pénales à l'article 1er du Sherman Act dans le secteur des vitamines.
(228) The participants in the meetings had already become aware of the interest of the antitrust authorities in their secret arrangements and sought to minimize the number and frequency of their contacts. The last trilateral meeting was held in Basel in November 1997, when it was decided that in future meetings would only occur on a bilateral basis.
(228) Les participants aux réunions étaient déjà conscients de l'intérêt porté par les autorités antitrust à leurs arrangements secrets et cherchaient à minimiser le nombre et la fréquence de leurs contacts. La dernière réunion trilatérale s'est tenue a Bâle en novembre 1997 et il a été décidé, à cette occasion, que toutes les réunions ultérieures seraient bilatérales.
(229) Rhône-Poulenc says that in December 1997 the then president of its animal and plant Health sector telephoned his counterparts at Roche and BASF and arranged meetings with them supposedly to announce his company's "withdrawal" from the agreements; on 22 December 1997 he is said to have visited first BASF in Ludwigshafen and then Roche at its Headquarters in Basel to terminate the agreements in vitamins A and E.
(229) Rhône-Poulenc déclare que, en décembre 1997, le président de son département "santé animale et végétale" en poste à l'époque a téléphoné à ses homologues de Roche et BASF et organisé des réunions avec eux, soi-disant pour annoncer que sa société "se retirait" des accords. Le 22 décembre 1997, il aurait rendu visite d'abord à BASF à Ludwigshafen et ensuite à Roche à son siège central de Bâle pour mettre fin aux accords concernant les vitamines A et E.
(230) This action was "announced" to the line management of Rhône-Poulenc Animal Nutrition in early January 1998.
(230) Cette démarche a été "annoncée" aux responsables opérationnels de Rhône-Poulenc Animal Nutrition au début de janvier 1998.
(231) However, whatever formal or official instructions may have been given, the reality was otherwise: senior executives from all three companies decided to continue the cooperation in a modified form and on a "more discreet basis", as BASF put it. This apparently took place at the initiative of Roche. A meeting took place on 15 January 1998 between Roche and Rhône-Poulenc and a few days later with BASF. Both encounters are described by Roche as a "top-level and operational meeting". It was decided that there would be no further group meetings but only one-on-one contacts as necessary. Roche has provided a list of these meetings. For a period of over a year, these senior executives also exchanged monthly sales data from their private residences, the purpose being to monitor any departure from the agreed quota allocations.
(231) Toutefois, quelles qu'aient pu être les instructions formelles ou officielles, les choses se sont passées différemment dans la réalité: les dirigeants des trois sociétés ont décidé de poursuivre la coopération sous une forme modifiée et "de manière plus discrète", comme l'indique BASF. Cela s'est apparemment fait à l'initiative de Roche. Une réunion a eu lieu le 15 janvier 1998 entre Roche et Rhône-Poulenc et quelques jours plus tard avec BASF. Les deux rencontres sont décrites par Roche comme des "réunions au sommet et opérationnelles". Il a été décidé qu'il n'y aurait plus de réunions de groupe, mais seulement, en cas de besoin, des contacts de personne à personne. Roche a fourni une liste de ces réunions. Pendant plus d'un an, les dirigeants en question ont également échangé des données mensuelles sur les ventes depuis leur domicile privé, l'objectif étant de surveiller tout écart par rapport aux quotas.
(232) BASF's attribution of responsibility for these continuing contacts to "a few individuals" in each company has to be seen in the light of the positions they occupied: the heads of vitamins marketing in Roche and the commercial director of RPAN.
(232) L'assertion de BASF selon laquelle la responsabilité du maintien de ces contacts serait imputable à "quelques individus" dans chaque société doit être appréciée à la lumière de la position que ces personnes occupaient: il s'agissait des directeurs du marketing "vitamines" de Roche et du directeur commercial de RPAN.
(233) The last known occasion when these contacts took place was in February 1999; sales data was exchanged for the month of January.
(233) D'après les informations disponibles, ces contacts auraient eu lieu pour la dernière fois en février 1999. Des données concernant les ventes ont été échangées pour le mois de janvier.
Involvement of Eisai
Implication d'Eisai
(234) Eisai was a producer of vitamin E only and did not take part in any meetings for vitamin A. As regards vitamin E, contacts initiated by Roche with a view to setting up a cartel had already begun in Tokyo on 22 and 23 November 1989 and were followed by the meeting in Basel on 8 December 1989 with the three European producers described by Eisai. However, Eisai claims not to have given any commitment on reducing its production. Following further meetings with Roche in Europe and Japan and continuous pressure from Roche, Eisai invited the senior executives of the three European producers to a "summit meeting" on 8 and 9 January 1991. Eisai's claim to have been on this occasion a reluctant host "surprised" by a crude abuse of business protocol is belied by the terms of the invitation to Roche.
(234) Eisai, qui ne produisait que de la vitamine E, n'a pris part à aucune réunion concernant la vitamine A. En ce qui concerne la vitamine E, des contacts en vue de créer un cartel avaient déjà été pris à Tokyo, à l'initiative de Roche, les 22 et 23 novembre 1989. Ils ont été suivis par la réunion de Bâle du 8 décembre 1989 avec les trois producteurs européens, décrite par Eisai. Eisai soutient cependant ne pas s'être engagée à réduire sa production. À la suite d'autres réunions avec Roche en Europe et au Japon et sous l'effet des pressions constantes exercées par Roche, Eisai a invité les dirigeants des trois producteurs européens à une "réunion au sommet" les 8 et 9 janvier 1991. L'argument avancé par Eisai selon lequel elle aurait été, à cette occasion, un hôte réticent, "surpris" par un manquement grossier au protocole des affaires, est démenti par les termes de l'invitation adressée à Roche.
(235) As the invitation expressly states, the meeting was intended to confirm the intentions of top management, to establish a relationship of trust between the parties and to agree the nature of the next "summit".
(235) Comme l'invitation l'indique expressément, la réunion était destinée à confirmer les intentions de la direction au plus haut niveau, à établir une relation de confiance entre les parties et à convenir de la nature du prochain "sommet".
(236) A few weeks later, on 30 and 31 January 1991, Roche senior executives went to Japan to meet separately a number of Japanese vitamin producers, among them Eisai. A price increase of approximately 10 % was agreed (see recital 207). It was also agreed that all their future contacts would be bilateral only: Roche would inform BASF and Rhône-Poulenc of the outcome. In turn, Roche would agree its position with the other two European producers and act on their behalf in its dealings with Eisai.
(236) Quelques semaines plus tard, les 30 et 31 janvier 1991, des dirigeants de Roche se sont rendus au Japon pour rencontrer séparément un certain nombre de producteurs japonais de vitamines, dont Eisai. Une augmentation des prix d'environ 10 % a été décidée (considérant 207). Il a également été décidé que tous les contacts ultérieurs seraient exclusivement bilatéraux: Roche informerait BASF et Rhône-Poulenc des résultats. Roche arrêterait sa position d'un commun accord avec les deux autres producteurs européens et agirait en leur nom dans ses tractations avec Eisai.
(237) Thereafter there were no multilateral meetings involving Eisai and the channel of communication with the cartel was always via Roche.
(237) Plus aucune réunion multilatérale n'a eu lieu avec Eisai par la suite et la communication avec le cartel s'est toujours faite par le truchement de Roche.
(238) The usual procedure was for the three European producers to meet first, whether for top-level, budget, quarterly operational or regional meetings, and then for Roche to meet one or two weeks later with Eisai at the appropriate level.
(238) La procédure normale voulait que les trois producteurs européens se rencontrent d'abord, que ce soit pour des réunions au sommet, des réunions budgétaires, des réunions trimestrielles opérationnelles ou des réunions régionales et que, ensuite, deux ou trois semaines plus tard, Roche rencontre Eisai au niveau approprié.
(239) Eisai provided Roche with its sales volumes in each of the regions; in return Roche gave Eisai the aggregate sales figures for the three European producers combined on a worldwide and regional basis. It did not supply individual data.
(239) Eisai communiquait à Roche ses volumes de vente dans chacune des régions, en échange de quoi Roche lui communiquait les chiffres de vente agrégés des trois producteurs européens aux niveaux mondial et régional. Elle ne fournissait pas de données individuelles.
(240) Eisai's attempts to present itself in these proceedings as a reluctant participant in arrangements simply to "exchange information" are contradicted by the documentation supplied to the Commission by Roche originating from Eisai and demonstrating the latter's active involvement in the establishment of a quota system. Eisai has itself provided to the Commission documents prepared in connection with these meetings which disprove its claim.
(240) Les arguments invoqués par Eisai dans la présente procédure pour donner l'impression qu'elle aurait participé à contrecoeur aux arrangements, simplement pour "échanger des informations", sont contredits par les documents émanant d'Eisai qui ont été communiqués à la Commission par Roche et qui démontrent la participation active d'Eisai à l'établissement d'un système de quotas. Eisai a elle-même fourni à la Commission des documents se rapportant à ces réunions et qui démentent ses arguments.
(241) A chart prepared by an Eisai employee for a meeting in February or March 1995 shows Eisai's results in North America, Europe, Asia and South America for 1990, 1993 and 1994 and its plan for 1995. A "speaking note" for the same meeting shows Eisai's declared policy towards its competitors was to convince them of its good intentions regarding the cartel arrangement:
(241) Un graphique établi par un employé de Eisai pour une réunion de février ou mars 1995 indique les résultats d'Eisai en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et en Amérique du Sud en 1990, 1993 et 1994 et ses prévisions pour 1995. Il ressort également d'un "aide-mémoire" rédigé pour la même réunion que la politique déclarée d'Eisai à l'égard de ses concurrents était de les convaincre de ses bonnes intentions en ce qui concerne le cartel:
"The meeting held in January 1991 has been recognized as 'base' and the result in 1990 was basic quantity.
"La réunion tenue en janvier 1991 a été reconnue comme 'référence' et le résultat de 1990 comme quantité de référence.
As the lowest market share holder, we have started at 11,2 % share (1990) and have been accepted by you at 11,9 % share's plan (1991).
Détenant la part de marché la plus faible, nous avons commencé avec une part de 11,2 % (1990) et avons été acceptés par vous avec une prévision de part de 11,9 % (1991).
Maintaining our 11 % level share, we have followed the basic plan proposed by you in every year to collaborate CLUB.
Maintenant notre part à 11 %, nous avons suivi le plan de base proposé par vous chaque année pour collaborer au CLUB.
We have respected position and status of each other.
Nous avons respecté la position et la situation de chacun.
Starting from the first meeting, we have mentioned our intention to obtain [5 to 15] % market share in mid-term (five years) and also [10 to 20] % share in the long term (10 years).
Dès la première réunion, nous avons fait part de notre intention d'obtenir une part de marché de [5-15] % à moyen terme (cinq ans) et aussi de [10-20] % à long terme (dix ans).
As the result till 1994 per the total table, we have never deviated from the fundamental agreement and understanding."
Comme le montrent les résultats jusqu'en 1994 figurant au tableau d'ensemble, nous ne nous sommes jamais écartés de l'accord fondamental."
(242) The active involvement of Eisai in the cartel for vitamin E, whatever artificial devices were adopted to "justify" the meetings, enabled the European producers to raise the price levels in Europe without fear of undercutting by this Japanese producer. Eisai itself admits that "it had a policy of increasing prices and would follow the price increases put in place by others." In this context any suggestion that normal market forces applied must be assessed in the light of the cartel's peculiar view of what constituted "price leadership": see recitals 200 to 203).
(texte original en anglais).
1.4.2. VITAMIN B1 (THIAMIN)
(242) La participation active d'Eisai au cartel de la vitamine E, nonobstant les artifices auxquels la société a pu recourir pour "justifier" les réunions, a permis aux producteurs européens d'augmenter les prix en Europe sans avoir à craindre que ce producteur japonais vende moins cher. Eisai admet elle-même avoir "eu pour politique d'augmenter les prix et de s'aligner sur les augmentations de prix adoptées par les autres". Dans ce contexte, tout argument selon lequel les forces normales du marché auraient joué doit être apprécié à la lumière de la conception particulière qu'avait le cartel de la notion de "rôle dominant en matière de prix": considérants 200 à 203.
1.4.2.1. The origin and basic scheme of the cartel
1.4.2. VITAMINE B1 (THIAMINE)
(243) In 1989 Roche had a world market share of 44 %, BASF had 13 % and Takeda some 31 %, with the Chinese manufacturers taking 9 %.
1.4.2.1. Origine et principes directeurs du cartel
(244) According to Roche, the cartel agreement in vitamin B1 was initiated on 30 and 31 January 1991 during the visit to Tokyo of the head of vitamins marketing, when he met representatives from Takeda, as well as the other Japanese vitamin manufacturers. The participants exchanged data on tonnages and market shares in 1990.
(243) En 1989, Roche détenait une part de 44 % du marché mondial, contre 13 % pour BASF et quelque 31 % pour Takeda, une part de 9 % revenant aux fabricants chinois.
(245) The purpose of the agreement in vitamin B1 was to increase prices by stabilising market shares and allocating sales volumes on the basis of the previous year's achieved sales.
(244) Selon Roche, l'entente concernant la vitamine B1 a été instaurée les 30 et 31 janvier 1991, lors de la visite à Tokyo du directeur du marketing "vitamines", au cours de laquelle ce dernier a rencontré des représentants de Takeda, ainsi que les autres fabricants japonais de vitamines. Les participants ont échangé des informations sur les tonnages et les parts de marché en 1990.
(246) Roche did not provide to the Commission details of the quota allocations for each region, but these can be seen from the documentation supplied to the Commission by BASF.
(245) L'entente concernant la vitamine B1 visait à augmenter les prix en stabilisant les parts de marché et en répartissant les volumes de vente sur la base des ventes réalisées l'année précédente.
(247) In the "reference year" of 1990, the achieved sales and market shares in Europe are shown as Roche 280 tonnes (38 %), BASF 142 tonnes (20 %) and Takeda 300 tonnes (42 %). Forecasts for each region for 1991 and the "targets" for 1992 are also given.
(246) Roche n'a pas fourni à la Commission de données sur les quotas par région, mais ceux-ci sont indiqués dans les documents que BASF lui a fournis.
(248) BASF did not attend this meeting, and Roche in its statement does not refer to its involvement, but it is clear that BASF was party to the volume control scheme: see recitals 260 to 269.
(247) Pour 1990 ("année de référence"), les ventes réalisées et les parts de marché détenues en Europe se présentent comme suit: Roche 280 tonnes (38 %), BASF 142 tonnes (20 %) et Takeda 300 tonnes (42 %). Les prévisions par région pour 1991 et les objectifs pour 1992 sont également indiqués.
1.4.2.2. Volume control and monitoring system
(248) BASF n'a pas assisté à la réunion susmentionnée et il n'est pas question de sa participation dans la déclaration de Roche, mais il est clair que BASF était partie au système de maîtrise des volumes: considérants 260 à 269.
(249) Although, in contrast with its disclosure for vitamins A and E, the main protagonist Roche provided no "budget" documentation to the Commission relating to vitamin B1, Takeda has supplied a considerable volume of its contemporaneous documents, including tables and meeting reports which demonstrate the operation of the volume control and monitoring system:
1.4.2.2. Système de maîtrise des volumes et de surveillance
- a document dated 5 June 1991 is headed "Vitamin B1 monitoring 1990" and shows for each region (Northern America, Latin America, Japan, Europe, etc.) the sales in tonnes of Roche, BASF, Takeda and the Chinese producers, the latter presumably estimated for the year 1990,
(249) Bien que, par contraste avec les pièces communiquées pour les vitamines A et E, le principal protagoniste, Roche, n'ait fourni à la Commission aucun document "budgétaire" concernant la vitamine B1, Takeda a fourni une masse de documents établis par ses soins à l'époque, y compris des tableaux et des comptes rendus de réunion, qui illustrent le fonctionnement du système de maîtrise des volumes et de surveillance:
- a document bearing the same date is headed "Market forecast 1991" and on the basis of an assumption as to market growth for each region (Europe is 1,5 %) shows the allocation of volumes to each producer for 1991,
- un document daté du 5 juin 1991, intitulé "Vitamine B1 - Surveillance 1990", indique pour chaque région (Amérique du Nord, Amérique latine, Japon, Europe, etc.) les ventes en tonnes de Roche, de BASF, de Takeda et des producteurs chinois (les chiffres fournis pour ces derniers étant vraisemblablement des estimations) pour l'année 1990,
- a further document, bearing the same date, is headed "Market Monitoring first quarter 1991" and shows for Roche, BASF and Takeda a comparison of actual sales against forecast in each region,
- un document, portant la même date, intitulé "Prévisions de marché 1991", indique, sur la base d'une hypothèse de croissance du marché pour chaque région (1,5 % pour l'Europe), la répartition des volumes entre les différents producteurs pour 1991,
- a document headed "Market and Competition Monitor - Vitamin B1" (dated 20 May 1993) shows the achieved sales of Roche, BASF and Takeda by region for 1992 compared with their allocations,
- un autre document de la même date, intitulé "Surveillance du marché, premier trimestre de 1991", fournit, pour Roche, BASF et Takeda, une comparaison entre les ventes effectives et les prévisions par région,
- a document dated 5 November 1993 compares Takeda's achieved sales for 1992 with its quota allocation in each region and contains a template to be completed for a comparison of each producer's "performance" against "plan" for the period January to December 1993,
- un document daté du 20 mai 1993 et intitulé "Surveillance du marché et de la concurrence - Vitamine B1", compare les ventes réalisées par Roche, BASF et Takeda par région pour 1992 à leurs quotas respectifs,
- a set of templates with details filled in for the comparison on a running quarterly basis of the "allocation" and the "result" for Roche, Takeda and BASF for 1993,
- un document, daté du 5 novembre 1993, compare les ventes réalisées par Takeda en 1992 à son quota dans chaque région et contient un formulaire à compléter comparant, pour chaque producteur, "la performance" au "plan" pour la période allant de janvier à décembre 1993,
- similar documentation is available for other years.
- un jeu de formulaires remplis compare, sur une base trimestrielle mobile, le "quota" et le "résultat" pour Roche, Takeda et BASF en 1993,
1.4.2.3. Cartel meetings
- des documents similaires sont disponibles pour d'autres années.
(250) After the first meeting in January 1991, Roche and Takeda executives met at regular intervals in Tokyo and Basel at both "top" and "operational" level in order to monitor the application of the quota system and fix prices.
1.4.2.3. Réunions du cartel
(251) BASF did not take part in the meetings, but it was given a quota in vitamin B1 which was discussed during the meetings.
(250) Après la première réunion de janvier 1991, des dirigeants de Roche et de Takeda se sont rencontrés à intervalles réguliers à Tokyo et à Bâle, au "sommet" et au niveau "opérationnel", pour surveiller l'application du système de quotas et fixer les prix.
(252) Given that there were cartel arrangements across the whole range of vitamins which Roche and Takeda produced in common (vitamins B1, B2, B6, C and folic acid), their regular meetings often covered these five products. From the Roche side, the participants at technical level would change as the discussions moved on to the next product, see for example Takeda's note of the two-day operational meeting in Tokyo in November 1992; the first day was dedicated to vitamin C, while the morning session on the second day covered vitamins B1, B2 and B6.
(251) BASF n'a pas pris part aux réunions, mais un quota lui a été attribué pour la vitamine B1, qui a fait l'objet de discussions lors de ces réunions.
(253) Takeda's note of one meeting in November 1992 typifies the proceedings in the operational meetings:
(252) Étant donné qu'il existait des arrangements pour l'ensemble de la gamme des vitamines que Roche et Takeda produisaient en commun (vitamines B1, B2, B6, C et acide folique), leurs réunions régulières portaient souvent sur ces cinq produits. Du côté de Roche, on changeait de participant au niveau technique selon le produit dont il était question: voir, par exemple, la note de Takeda concernant la réunion opérationnelle de deux jours qui s'est tenue à Tokyo en novembre 1992. Le premier jour a été consacré à la vitamine C, tandis que la matinée du deuxième jour a été dédiée aux vitamines B1, B2 et B6.
"VB1
(253) La note de Takeda concernant une réunion qui s'est tenue en novembre 1992 illustre la procédure suivie lors des réunions opérationnelles: "VB1
(1) Exchange of results for January through September
(1) Échange des résultats pour la période allant de janvier à septembre
>TABLE>
>TABLE>
All below expectation. B's marketing strength is weak.
Tous au-dessous des prévisions. La puissance commerciale de B est faible.
Taken over by Chinese products
Repris par des produits chinois
Interested more in keeping the price than quantity
Plus intéressé par le maintien des prix que par la quantité
(2) Quota for 1993
(2) Quotas pour 1993
Growth rates increased by around 2 %
Augmentation des taux de croissance d'environ 2 %
1992
1992
>TABLE>
>TABLE>
(3) Price
(3) Prix
Unchanged: USD 43,00; DEM 74,00
Inchangé: 43,00 USD, 74,00 DM
(4) Chinese Products
(4) Produits chinois
Takeda would like to protect its traditional customers by using off-spec products of feed grade. It is hard to recover customers after they start using Chinese products."
Takeda souhaiterait protéger ses clients traditionnels en utilisant des produits 'hors-spécif.' de la qualité alimentation animale. Il est difficile de récupérer les clients une fois qu'ils ont commencé à utiliser des produits chinois."
(254) There were also bilateral meetings between Roche and Takeda in Basel which covered their common range of products: vitamins B1, B2, B6, C and folic acid. On occasion, Takeda also had bilateral meetings with BASF, which included discussion on vitamin B1.
(texte original en anglais).
1.4.2.4. The operation of the cartel (1991 to 1994)
(254) Des réunions bilatérales ont également eu lieu entre Roche et Takeda à Bâle, qui étaient consacrées à leur gamme de produits commune: vitamines B1, B2, B6 et C, et acide folique. Occasionnellement, Takeda et BASF ont aussi tenu des réunions bilatérales, au cours desquelles les discussions ont porté notamment sur la vitamine B1.
(255) From 1991 until about 1993, the price of vitamin B1 was gradually increased by the cartel. In 1991, the producers raised the market price from below DEM 65 to DEM 68/kg. A table dated 29 March 1994 supplied by Takeda shows the "list" and "lowest" prices for the product in each geographical zone, including Europe.
1.4.2.4. Fonctionnement du cartel de 1991 à 1994
(256) From 1 January 1992 the "list" price was DEM 76/kg delivered and the "lowest" price DEM 74/kg, BASF's pricing instructions of 11 December 1991 confirm the minimum price level of DEM 74/kg.
(255) De 1991 à 1993 environ, le cartel a progressivement augmenté le prix de la vitamine B1. En 1991, les producteurs ont porté le prix du marché de moins de 65 DEM à 68 DEM par kilogramme. Un tableau, daté du 29 mars 1994, fourni par Takeda, indique le prix "catalogue" et le prix le plus bas pour le produit dans chaque zone géographique, dont l'Europe.
(257) By late 1992 the effect of competition from Chinese products was being felt, and the producers were debating whether to "ignore" this competition as they had done in the past, or to absorb the Chinese production. By June 1993 the producers had decided to compete on price at specific customers who used Chinese products.
(256) À compter du 1er janvier 1992, le prix "catalogue" rendu a été fixé à 76 DEM/kg et le prix minimal à 74 DEM/kg. Les instructions de BASF concernant la fixation des prix du 11 décembre 1991 confirment le prix minimal de 74 DEM/kg.
(258) The policy was confirmed at the end of 1993. The basic plan would be maintained for 1994. In order to maintain their customer base, the producers agreed they had to align on the Chinese prices for feed grade to important customers but the low price ought not to be made universal; higher pricing should continue for food and pharmaceutical grades.
(257) À la fin de 1992, l'effet de la concurrence des produits chinois se faisait sentir et les producteurs ont examiné la question de savoir s'il convenait d'"ignorer" cette concurrence, comme ils l'avaient fait par le passé, ou d'absorber la production chinoise. En juin 1993, ils avaient décidé d'exercer une concurrence par les prix auprès de certains clients qui utilisaient des produits chinois.
(259) According to Roche, the two producers decided by 1994 that the agreement was no longer viable and it was ended in the first half of 1994; the last meeting for vitamin B1 was on 10 June of that year. By about the second half of 1994 the market price for feed grade had fallen to around ECU 28/kg, from a high of ECU 38/kg. The development of the price level of vitamin B1 over the period of the cartel and following its abandonment is shown in Table IV in the Annex.
(258) Cette politique a été confirmée à la fin de 1993, lorsqu'a été prise la décision de maintenir le plan de base pour 1994. Pour garder leur clientèle, les producteurs sont convenus que, en ce qui concerne les produits destinés à l'alimentation animale, ils devaient s'aligner sur les prix chinois pour les clients importants, mais qu'il ne fallait pas que le prix le plus bas devienne la norme Pour les produits destinés à l'alimentation humaine et à l'industrie pharmaceutique, il fallait continuer d'appliquer des prix plus élevés.
1.4.2.5. Involvement of BASF
(259) Selon Roche, les deux producteurs ont décidé en 1994 que l'accord n'était plus viable et il y a été mis fin au premier semestre de 1994. La dernière réunion consacrée à la vitamine B1 a eu lieu le 10 juin de cette année. Vers le second semestre de 1994, le prix du marché de la qualité destinée à l'alimentation animale était tombé à environ 28 écus/kg, après avoir culminé à 38 écus/kg. L'évolution des prix de la vitamine B1, pendant la durée du cartel et après sa dissolution, est décrite au tableau IV figurant à l'annexe.
(260) BASF ceased production of vitamin B1 in 1989 and subsequently obtained its requirements from Roche, initially under a five year supply contract. It was still among the most important suppliers of bulk vitamins in the Community and worldwide during the duration of the cartel.
1.4.2.5. Implication de BASF
(261) Tables provided to the Commission by Takeda for vitamin B1 headed "market and competition monitor - vitamin B1" and "market monitoring" and prepared for the purposes of monitoring collusive arrangements show for Roche, Takeda and BASF the "forecast" and "assessment" of quantities supplied on a quarterly basis in each of the major geographic regions, including Europe.
(260) BASF a arrêté sa production de vitamine B1 en 1989, après quoi elle s'est approvisionnée auprès de Roche, initialement dans le cadre d'un contrat de fourniture de cinq ans. Elle figurait encore parmi les plus importants fournisseurs de vitamines en vrac dans la Communauté et dans le monde pendant la durée du cartel.
(262) BASF data is also included in the tables headed "Vitamin B1: market forecast" and in the cumulative tables showing "result" against "allocation" of each producer for 1993.
(261) Les tableaux concernant la vitamine B1 communiqués à la Commission par Takeda et intitulés "Surveillance du marché et de la concurrence - Vitamine B1" et "Surveillance du marché", qui étaient établis à des fins de contrôle des arrangements collusoires, contiennent, pour Roche, Takeda et BASF, les "prévisions" et une "appréciation" des quantités fournies sur une base trimestrielle dans chacune des grandes régions géographiques, y compris l'Europe.
(263) In Takeda's memorandum recording its meeting with Roche in November 1992 for the five vitamin products they both produced (including vitamin B1) the section headed "Exchange of results for January through September" compares "plan" and "sales result" for Takeda, Roche and BASF (BASF is also allocated a quota for 1993). The information must have been supplied to Roche by BASF.
(262) Les données concernant BASF sont également reprises dans les tableaux intitulés "Vitamine B1: prévisions du marché" et dans les tableaux cumulatifs rapportant le "résultat" au "quota" de chaque producteur pour 1993.
(264) Takeda's more complete minute of this meeting confirms the involvement of BASF in the quota scheme. Roche reports that:
(263) Dans le mémoire de Takeda rendant compte de sa réunion avec Roche en novembre 1992 pour les cinq produits vitaminiques qu'elles produisaient toutes les deux (dont la vitamine B1), la section intitulée "Échange des résultats pour la période allant de janvier à septembre" compare le "plan" et le "résultat des ventes" pour Takeda, Roche et BASF (un quota est également attribué à BASF pour 1993). Les informations nécessaires doivent avoir été fournies à Roche par BASF.
"Because of the influence of Chinese products, neither R, T nor B were able to reach their project results. B is especially behind (- 50 tons) and would desperately like adjustments to be made."
(264) Le compte rendu plus complet de cette réunion établi par Takeda confirme la participation de BASF au système des quotas. Pour sa part, Roche indique que:
(265) Roche had clearly been delegated by BASF to speak on its behalf. The minute continues:
"En raison de l'influence des produits chinois, ni R, ni T ni B n'ont été en mesure d'atteindre les résultats escomptés. B est particulièrement en deçà de l'objectif (- 50 tonnes) et tient absolument à ce que l'on procède à des ajustements."
"By R: We would like to ask if there is any way that you could help B, since they are so much behind. (T replied that B's products are sold by R, so that if B needed help, R should provide it)."
(texte original en anglais).
(266) BASF, while denying direct involvement in the vitamin B1 cartel, has itself provided to the Commission hand-written tables which (it says) "reflect information conveyed to BASF by a representative of Roche concerning the arrangements between Roche and Takeda with respect to vitamin B1." It also points out it does not produce B1. BASF however omits to explain the incorporation in the tables of a quota allocation to it (BASF) as well as to "Roche" and "Tak". For Europe, there are similar calculations for each geographical region, the table reads:
(265) Roche avait à l'évidence été chargée par BASF de s'exprimer en son nom. Le compte rendu poursuit:
>TABLE>
"R: Nous aimerions demander si vous voyez une possibilité d'aider B, puisque celle-ci est tellement en deçà de l'objectif. (T a répondu que les produits de B étant vendus par R, si B a besoin d'aide, c'est à R de la lui fournir)."
The figures for the 1990 "Reference year" match those provided by Takeda.
(texte original en anglais).
(267) On its own admission BASF was informed of the arrangements with Takeda by Roche, which did not want BASF to disrupt the vitamin B1 market with its resales: "Pursuant to this arrangement with Takeda, Hoffmann La Roche instructed BASF as to the prices and volumes of vitamin B1 that BASF could resell on a region by region basis."
(266) Bien qu'elle ait nié toute participation directe au cartel de la vitamine B1, BASF elle-même a fourni à la Commission des tableaux manuscrits qui (dit-elle) "reflètent les informations communiquées à BASF par un représentant de Roche concernant les arrangements entre Roche et Takeda relatifs à la vitamine B1." BASF souligne également qu'elle ne produit pas de vitamine B1. BASF omet cependant d'expliquer l'incorporation dans ces tableaux d'un quota en sa faveur, au même titre que pour "Roche" et "Tak". Pour l'Europe (il existe des calculs similaires pour chaque région géographique), le tableau se présente comme suit:
(268) During Takeda's occasional bilateral contacts with BASF, the subject of vitamin B1 pricing was visited: when BASF's head of vitamins marketing was in Tokyo on 13 July 1993 he indicated that on vitamins C, B1 and B6 BASF "will follow the price policies of R(oche) and T(akeda) ... if the price increases, we will follow your lead."
>TABLE>
(269) Despite the fact it did not attend the meetings between Roche and Takeda, BASF's involvement in the collusive scheme to fix the market in vitamin B1 is thus amply established.
Les chiffres relatifs à 1990, l'"année de référence", correspondent à ceux qui ont été fournis par Takeda.
1.4.3. VITAMIN B2 (RIBOFLAVIN)
(267) De son propre aveu, BASF a été informée des arrangements pris avec Takeda par Roche, qui ne voulait pas que BASF perturbe le marché de la vitamine B1 par ses reventes: "Conformément à cet arrangement avec Takeda, Hoffmann-La Roche a donné à BASF des instructions concernant les prix à appliquer et les volumes de vitamine B1 que BASF pouvait revendre, région par région." (texte original en anglais).
1.4.3.1. The origin and basic scheme of the cartel
(268) Lors des contacts bilatéraux qui ont eu lieu occasionnellement entre Takeda et BASF, le thème de la fixation des prix de la vitamine B1 a été abordé: en visite à Tokyo le 13 juillet 1993, le directeur du marketing "vitamines" de BASF a indiqué que pour les vitamines C, B1 et B6, BASF "suivra les politiques de prix de R(oche) et T(akeda)... si les prix augmentent, nous nous alignerons sur vous". (texte original en anglais).
(270) In the period 1988 to 1990, the price of vitamin B2 fell by about 12 %. In order to reverse the trend, the two major producers decided that concerted action was required.
(269) Bien que BASF n'ait pas participé aux réunions entre Roche et Takeda, son implication dans la collusion ayant pour objet d'organiser le marché de la vitamine B1 est donc amplement démontrée
(271) On 14 and 15 July 1991, representatives of Roche and BASF met at Bottmingen in Switzerland to agree the framework of a cartel in vitamin B2. Takeda was not present at this initial meeting but the intention of BASF and Roche was to include it in a second step. Takeda was by then already involved in the cartel arrangements for vitamins B1 and C.
1.4.3. VITAMINE B2 (RIBOFLAVINE)
(272) Working from their achieved 1990 sales, and estimating the market share of other producers for each year, they agreed on global quotas to be effective for the period 1992 to 1994 inclusive. The volume quotas were worked out as follows:
1.4.3.1. Origine et principes directeurs du cartel
>TABLE>
(270) De 1988 à 1990, le prix de la vitamine B2 a baissé d'environ 12 %. Afin de renverser la tendance, les deux principaux producteurs ont estimé qu'une action concertée s'imposait.
(273) As between Roche and BASF, their respective sales in vitamin B2 were to move from a proportion of 65:35 in 1990 to 62:38 in 1994. 1992 was to be the first year for the operation of the quota system. For 1994, Roche and BASF calculated that they would together have 80 % of the available world market; Takeda was to have 13,5 %, against the figures for Takeda BASF has noted "If they go higher war ?". A document provided by BASF shows the agreement reached in this meeting.
(271) Les 14 et 15 juillet 1991, des représentants de Roche et de BASF se sont rencontrés à Bottmingen, en Suisse, afin d'arrêter le cadre d'une entente sur la vitamine B2. Takeda n'avait pas pris part à cette première réunion, mais BASF et Roche avaient l'intention de l'intégrer dans un second temps. Takeda était en effet, à cette date, déjà impliquée dans les ententes sur les vitamines B1 et C.
(274) Later in 1991, Roche and BASF senior executives went (separately) to Japan in order to persuade Takeda to agree to the proposed market allocation in vitamin B2, which it ultimately did by late 1991/early 1992. The discussions during the visit to Basel on 13 April 1992 of Takeda representatives on "the new price policy to increase the price continuously" included vitamin B2.
(272) Sur la base des ventes qu'elles avaient réalisées en 1990 et d'une estimation de la part de marché des autres producteurs année par année, ces entreprises ont fixé les quotas mondiaux qui seraient applicables de 1992 à 1994 inclus. Ces quotas, exprimés en volume, étaient les suivants:
1.4.3.2. Cartel meetings
>TABLE>
(275) The cartel was implemented by quarterly meetings. The usual procedure was apparently for Roche to meet Takeda first and to then hold a separate bilateral meeting with BASF.
(273) En ce qui concerne Roche et BASF, leurs ventes respectives de vitamine B2 devaient passer d'un rapport de 65/35 en 1990 à 62/38 en 1994. 1992 devait être la première année de fonctionnement du système des quotas. Pour 1994, Roche et BASF avaient calculé qu'elles contrôleraient à elles deux 80 % du marché mondial, la part attribuée à Takeda étant de 13,5 %; en regard des chiffres applicables à Takeda, BASF a noté "Si elle augmente sa part guerre?" (texte original en anglais). Un document fourni par BASF montre l'accord conclu lors de cette réunion.
(276) The purpose of the quarterly meetings was to monitor achieved market shares against quota and to adjust sales levels to comply with the agreed allocations. A control system along the lines of the vitamin A and E mechanism was developed (see recital 283).
(274) Plus tard en 1991, de hauts responsables de Roche et de BASF se sont rendus (séparément) au Japon, afin de persuader Takeda d'accepter la proposition de répartition du marché de la vitamine B2. L'entreprise japonaise a finalement donné son accord fin 1991-début 1992. Les discussions menées lors de la visite de représentants de Takeda à Bâle le 13 avril 1992 sur "la nouvelle politique des prix visant à une augmentation continue" portaient aussi sur la vitamine B2.
(277) Takeda's minute of a meeting with Roche in Zurich on 25 May 1993, headed "Destroy after reading", may be taken as typical of these meetings for vitamin B2:
1.4.3.2. Réunions du cartel
"1) VB2
(275) L'entente a été mise en oeuvre dans le cadre de réunions trimestrielles. La procédure habituelle était apparemment la suivante: Roche rencontrait d'abord Takeda et tenait ensuite une autre réunion bilatérale avec BASF.
- Prices are rising smoothly, (R) (T).
(276) L'objet de ces réunions trimestrielles était de surveiller les parts de marché réelles en les comparant aux quotas et d'adapter le niveau des ventes de manière à respecter les quotas convenus. Un système de contrôle inspiré de celui des vitamines A et E a été mis au point (considérant 283).
e.g. R results in Europe for April, DEM 91,4 (R),
(277) Le compte rendu par Takeda de la réunion avec Roche qui s'est tenue le 25 mai 1993 à Zurich, portant en tête la mention "à détruire après lecture"), peut être considéré comme caractéristique de ces réunions sur la vitamine B2:
T results in Europe for March, DEM 88.
"1) VB2
- No likelihood of increase in demand, meaning that a quantitative increase would be difficult. (R)
- Les prix augmentent sans à-coups, (R) (T).
T expects 400 t for 1993, i.e. about the same level as 1992 (T).
Par exemple: résultats de R en Europe en avril, 91,4 DEM (R),
(...)
résultats de T en Europe en mars, 88 DEM.
- Lohmann(21)
- Aucune augmentation probable de la demande, ce qui signifie qu'une augmentation quantitative serait difficile. (R)
Since R and BASF are in competition, Lohmann would prefer not to purchase the whole quantity from competitors, i.e. they would prefer to purchase from T. T. should take care with pricing when making an offer. The price should under no circumstances be too low. (R)
T espère 400 t pour 1993, càd le même niveau environ qu'en 1992 (T).
Understood, will contact Mr [Takeda employee] (T)"
(...)
(278) Takeda also had occasional bilateral meetings with BASF covering vitamin B2, as well as other products, a memorandum of 13 July 1993 also headed "Destroy after reading" reads:
- Lohmann(19)
"VB2 Feed
Puisque R et BASF sont en concurrence, Lohmann préférerait ne pas acheter la totalité aux concurrents, autrement dit, elle préférerait acheter à T. T. devrait faire attention aux prix lorsqu'elle fait une offre. Les prix ne doivent en aucun cas être trop bas. (R)
(B) B's price in Europe is DEM 90-92. However T is offering a lower price of DEM 85/86. Please correct this as soon as possible.
Compris, contactera M. [employé de Takeda]. (T)"
(T) T is selling at DEM 88/90. On the other hand, B's offer of the lower price of DEM 86 to DK's Loevense is causing problems.
(texte original en anglais).
(B) We will check tomorrow and get back to you. We would like to ask that general prices are kept no lower than DEM 90.
(278) Takeda a aussi rencontré occasionnellement BASF dans le cadre de réunions bilatérales portant sur la vitamine B2 et sur d'autres produits. Une note du 13 juillet 1993, également accompagnée de la mention "à détruire après lecture", se présente comme suit:
(T) We agree."
"VB2 Alimentation animale
1.4.3.3. The quotas
(B) Le prix de B en Europe est de 90-92 DEM. T offre cependant un prix inférieur (85/86 DEM). Veuillez corriger cela dès que possible.
(279) Following Takeda's entry into the cartel arrangements for vitamin B2, the annual quotas were the subject of intense negotiation, with Takeda demanding a higher allocation. A Takeda note of a meeting in or about November 1992 covering the range of vitamins, including B2, reads:
(T) T vend à 88/90 DEM. Par ailleurs, l'offre de B d'un prix inférieur (86 DEM) à celui de Loevense au DK pose des problèmes.
"VB2 January - September
(B) Nous vérifierons demain et vous recontacterons. Nous aimerions que les prix généraux ne tombent pas en dessous de 90 DEM.
(1) Deciding quota
(T) Nous sommes d'accord."
>TABLE>
(texte original en anglais).
Makeup of 384
1.4.3.3. Quotas
>TABLE>
(279) À la suite de l'entrée de Takeda dans le cartel de la vitamine B2, les quotas annuels ont fait l'objet d'intenses négociations, Takeda exigeant une part supérieure. Une note de Takeda relative à une réunion qui se serait tenue en novembre 1992 ou vers cette date et portait sur toute la gamme des vitamines, y compris la vitamine B2, indique:
Division Manager wished to bring it up to 500 tonnes within 5 years (in 1991)
"VB2 janv-septembre
R made an error in calculation at the time of the 1991 estimation (...)
(1) Détermination des quotas
Over-achievement should be acceptable if there is no damage to the pricing."
>TABLE>
(280) Takeda's volume aspirations were clearly a cause of irritation for Roche. Takeda's minute of its meeting with Roche in Tokyo on 17 November 1992 notes as follows in relation to vitamin B2:"As with VB6, R was cautious of T's increase in sales quantity, and kept coming back to T's words that they wished to sell 500 tonnes within 5 years."
Composition du quota de 384
(281) Roche suggested that Takeda's quota for 1993 should be 385/390 tonnes, rising to 420 for 1994. Takeda sets out its reaction as follows:
>TABLE>
"By T: Since our production capacity is still unclear, we do not yet know our quantity. Although we are not serious, Mr [...] wishes to obtain 500 tonnes in 1993. The middle ground between this and your suggestion of 390 would be around 440/445 tonnes. (R did not ask any further)."
Le directeur de la division souhaite le porter à 500 tonnes en 5 ans (en 1991).
(See also a Takeda note of a meeting on 21 April 1993, for a reference to Takeda's reining in its volume ambitions).
R a fait une erreur de calcul lors de l'estimation de 1991 (...)
(282) In fact, for 1994 Takeda agreed to keep its sales volume to about 410 tonnes. In a meeting in the Basel Hilton Hotel with Roche on 9 February 1994, the participants exchanged their sales results in vitamin B2 for 1993 and sales plans for the year 1994:
Des résultats supérieurs à l'objectif fixé seraient acceptables s'il n'en résultait aucun préjudice pour les prix."
"By T: Our 1993 results are 421 t and very close to the agreed quantity, and we will plan to keep the same level of around 420-440 t in 1994. With regard to price, we will support R's policy fully and work toward obtaining the lowest price of USD 69,00 cif/DEM 115,00 for USD products and USD 61,00 CIF/DEM 92,00 for feed (US delivered price) ... In Europe, B will announce a price raise for feed (4 %) in mid-February. T would like to raise the lowest price from DEM 92,00 to DEM 97,00 on April 1. T's sales quantity continues to be low, so concentrated effort will be made toward a raise in price.
(texte original en anglais).
(b) With regard to T's 1993 results and 1994 plans, these are going according to the basic agreement.
(280) Les aspirations de Takeda en matière de quotas constituaient manifestement un motif d'irritation pour Roche. Il est noté ce qui suit dans le compte rendu par Takeda de la réunion qui s'est tenue avec Roche le 17 novembre 1992 à Tokyo (pour ce qui est de la vitamine B2):
We cannot expect much increase in demand in 1994. An effort will be made to increase the price in Europe and maintain the lowest price of USD 61,00 in US. R would also like T to go along with this pricing policy. (T agreed)."
"Comme pour la VB6, R était prudent (sic) en ce qui concerne l'augmentation des ventes en volume de T et n'a cessé de revenir sur le souhait exprimé par T de vendre 500 tonnes d'ici à 5 ans."
1.4.3.4. Volume control and monitoring
(texte original en anglais).
(283) As with most other vitamin products, the quota scheme for vitamin B2 was the subject of a continuously updating reporting and monitoring system. Documentation was provided to the Commission by BASF relating to the operation of the control and monitoring system for vitamin B2, of which the following is representative:
(281) Roche a proposé que le quota de Takeda pour 1993 soit de 385/390 tonnes et soit porté à 420 tonnes pour 1994. Takeda décrit sa réaction comme suit:
- sales data for each region (Europe, North America, Latin America, the Far East and Japan) for the year 1995 and the first three months of 1996. Estimates are included for producers outside the agreements (ADM (Archer Daniels Midland); GUS (the Russian producers)),
"T: Étant donné que notre capacité de production n'est pas encore clairement connue, nous ne pouvons encore savoir quel sera notre quota. Bien que nous ne soyons pas sérieux (sic), M. [...] souhaite obtenir 500 tonnes en 1993. Le moyen terme entre cette proposition et notre suggestion de 390 serait de l'ordre de 440/445 tonnes. (R n'a rien demandé de plus)."
- a BASF internal worksheet giving its own sales in each country(22).
(texte original en anglais).
1.4.3.5. Target and minimum prices
À titre d'illustration de la maîtrise de ses (T) ambitions en termes de volume, voir également une note de Takeda relative à une réunion organisée le 21 avril 1993.
(284) During the course of the cartel, regular price increases were agreed and bottom price limits fixed. Takeda has also provided to the Commission tables giving the "list" and "lowest" prices by region for the different vitamins, including B2 which were in effect during the period 1 June 1991 to 1 April 1993. For vitamin B2, the prices were given as follows:
(282) En fait, pour ce qui est de 1994, Takeda a accepté de maintenir le volume de ses ventes à environ 410 tonnes. Au cours d'une réunion qui s'est tenue le 9 février 1994 à l'hôtel Hilton de Bâle avec Roche, les participants ont échangé des données sur leurs ventes de vitamine B2 en 1993 et leurs plans de vente pour 1994:
>TABLE>
"T: Nos résultats pour 1993, très voisins du quota convenu, sont de 421 t et nous envisageons de maintenir le même niveau (environ 420-440 t) en 1994. En ce qui concerne le prix, nous apporterons tout notre soutien à la politique de R et nous efforcerons d'obtenir le prix plancher de 69 USD CAF/115 DEM pour les produits USD et 61 USD CAF/92 DEM pour les produits destinés à l'alimentation animale (prix livraison USA) ... En Europe, B annoncera une augmentation de prix pour les produits destinés à l'alimentation animale (4 %) à la mi-février. T souhaiterait porter le prix plancher de 92 DEM à 97 DEM le 1er avril. Le volume de vente de T reste faible, de sorte que les efforts seront concentrés sur un relèvement du prix.
(285) The development of the average price level for vitamin B2 over the duration of the cartel and after the arrangements ended is shown in Table V in the Annex.
En ce qui concerne les résultats de T en 1993 et ses plans pour 1994, ils respectent l'accord de base ...
1.4.3.6. The operation of the cartel (1991 to 1996)
Il ne faut pas compter sur une grande progression de la demande en 1994. Un effort sera fait pour augmenter le prix en Europe et maintenir le prix plancher de 61 USD aux États-Unis. R souhaiterait aussi que T s'aligne sur cette politique de prix. (T a accepté)."
(286) The pricing and volume decisions reached in the meetings were implemented by each company issuing directives to the Regional managers. From 1991 to 1993, prices for B2 were regularly increased (see recital 284).
(texte original en anglais).
(287) In 1993, the parties realised that a US producer, Coors, had a larger production capacity for vitamin B2 than they had estimated in 1991. In order to prevent Coors from disrupting their arrangements by the export of its production surplus, Roche and BASF agreed that the former would contract to purchase 115 tonnes of vitamin B2 (representing half of Coors's capacity) in 1993. BASF in turn would purchase 43 tonnes from Roche; the burden was thus to be shared in the same 62:38 proportion as their quotas.
1.4.3.4. Maîtrise des volumes et surveillance
(288) Later Coors sold its vitamin B2 plant to Archer Daniels Midland (ADM). In 1995, Rhône-Poulenc and ADM contracted for Rhône-Poulenc to market in Europe the riboflavin produced by ADM in the United States of America. BASF noted Roche's "ambivalent" attitude at times giving priority to price, at others to volume. BASF saw no point in raising price levels which would simply facilitate ADM's entry to the market. The market share of ADM in Europe rose from only 2 % to 9 %, mainly at the expense of Roche. The price level began to decline. Roche claims it had already become aware that Takeda was cheating by underdeclaring its sales by up to 20 %.
(283) Comme pour la plupart des autres produits vitaminiques, le système de quotas applicable à la vitamine B2 a fait l'objet d'un système d'échange d'informations et de surveillance, fondé sur des mises à jour constantes. BASF a communiqué des documents à la Commission concernant le fonctionnement du système de maîtrise des volumes et de surveillance appliqué à la vitamine B2, dont les suivants sont les plus représentatifs:
(289) A "confidential memorandum" made by Takeda of a meeting, principally on vitamin C, held on 16 March 1995 with representatives of Roche, BASF and Merck reads as follows:
- les données sur les ventes réalisées dans chaque région (Europe, Amérique du Nord, Amérique latine, Extrême-Orient et Japon) en 1995 et pendant le premier trimestre de 1996. Des estimations pour les producteurs ne faisant pas partie de l'entente (ADM = Archer Daniels Midland; GUS = les producteurs russes) sont également indiquées,
"There was a harsh comment on our oversupply of B2.
- une fiche de travail interne de BASF qui indique les ventes de cette entreprise dans chaque pays(20).
As agreed between Mr [...] (Takeda's representative) and Mr [...] (Roche's representative), Takeda's sales volume should be from 380 t to 420 t as a maximum. According to the statistics of Japan's exports (about 500 t) the statistics relating to the import of raw materials and the sales volumes in Japan (about 80 t), Takeda's sales volume is 580 t which exceed 420 t by 40 %. Takeda should clarify the reasons and its policies.
1.4.3.5. Prix "catalogue" et prix minimaux
To this, we only replied, 'We are not in a position to comment on quantities. We will contact you through the appropriate conduit after discussing the matter within our company.' We saw it was not the right time to have a wet blanket thrown over our cooperative stance toward raising the price of V(itamin)C by speaking up our mind."
(284) Pendant toute la durée du cartel, des augmentations de prix régulières ont été décidées et des prix planchers fixés. Takeda a également communiqué à la Commission des tableaux indiquant les prix "catalogue" et les prix "planchers", par région et pour les différentes vitamines, dont la vitamine B2, qui étaient en vigueur du 1er juin 1991 au 1er avril 1993. Pour ce qui est de la vitamine B2, les prix indiqués étaient les suivants:
(290) Takeda subsequently assured Roche that it had not expanded its production facilities: "Consequently we do not expect any extensive increase in the future but we cannot decrease our sales volumes either".
>TABLE>
(291) Roche apparently decided as a result of the disagreements to terminate the cartel agreement with BASF and Takeda in about the third quarter of 1995.
(285) L'évolution du niveau de prix moyen de la vitamine B2 pendant toute la durée du cartel et après la fin de l'entente est indiquée dans le tableau V à l'annexe.
1.4.4. VITAMIN B5 (CALCIUM-D-PANTOTHENATE, OR CALPAN)
1.4.3.6. Fonctionnement du cartel de 1991 à 1996
1.4.4.1. The origin of the cartel
(286) Les décisions en matière de prix et de quotas prises lors des réunions étaient mises en oeuvre par chaque entreprise au moyen d'instructions adressées aux directeurs régionaux. De 1991 à 1993, les prix de la vitamine B2 ont été régulièrement relevés (considérant 284).
(292) In 1989, Roche and Daiichi each had around 35 % of the global market in Calpan and BASF 20 %.
(287) En 1993, les parties ont constaté qu'un producteur américain, Coors, avait une capacité de production de vitamine B2 supérieure à ce qu'elles avaient estimé en 1991. Afin d'empêcher Coors de déstabiliser leur entente en exportant son excédent de production, Roche et BASF sont convenues que Roche achèterait 115 tonnes de vitamine B2 (soit la moitié de la capacité de Coors) en 1993 et que BASF achèterait en échange 43 tonnes à Roche. La charge était ainsi partagée selon un rapport (62/38) identique à celui de leurs quotas.
(293) The background against which the cartel was formed, suggests Daiichi, was a steady drop in prices for vitamins of the B complex during the 1980s and the weakness of the dollar in 1989 to 1990, leading to zero profitability for Roche in these products.
(288) Par la suite, Coors a vendu son usine de production de vitamine B2 à Archer Daniels Midland (ADM). En 1995, Rhône-Poulenc et ADM ont conclu un contrat aux termes duquel Rhône-Poulenc commercialiserait en Europe la riboflavine produite par ADM aux États-Unis. BASF a noté la "duplicité" du comportement de Roche, qui donnait la priorité tantôt au prix, tantôt au volume. BASF ne voyait pas l'intérêt d'un relèvement du niveau des prix qui aurait pour seul effet de faciliter l'entrée d'ADM sur le marché. La part de marché d'ADM en Europe est passée de seulement 2 % à 9 %, principalement aux dépens de Roche. Le niveau des prix a commencé à baisser. Roche allègue qu'elle avait déjà pris conscience que Takeda trichait en déclarant un chiffre de vente inférieur à ce qu'il était en réalité (l'écart allant jusqu'à 20 %).
(294) In fact, by Daiichi's own account, there had been orchestrated collusion on the pricing of vitamin B5 between Roche, BASF and Daiichi from the early or mid-1980s and continuing until 1989.
(289) Il est écrit ce qui suit dans une "note confidentielle" établie par Takeda concernant une réunion du 16 mars 1995, consacrée principalement à la vitamine C, avec des représentants de Roche, de BASF et de Merck:
(295) According to Daiichi, this collusion did not however obtain the level of sophistication of the later cartel arrangements and "appears to have fallen apart in 1989 and 1990".
"Le fait que nous ayons fourni trop de B2 a été vivement critiqué.
(296) Around the beginning of 1991, says Daiichi, Roche made strenuous efforts to organise a structured cooperation involving the regular exchange of prices and sales data, the establishment of "budgets" aimed at maintaining market shares, and concerted price increases. Daiichi states unequivocally that the collusion was "organised, orchestrated and policed by Roche".
D'après ce qui a été convenu par MM. [...] (représentant de Takeda) et [...] (représentant de Roche), le volume des ventes de Takeda devrait passer de 380 à 420 t au maximum. Il ressort des statistiques sur les exportations japonaises (environ 500 t) et sur les importations de matières premières et les ventes au Japon (de l'ordre de 80 t) que le volume des ventes réalisé par Takeda est de 580 t, soit un dépassement de 40 % par rapport aux 420 t admises. Takeda doit éclaircir les raisons de ce dépassement et sa politique.
(297) According to Daiichi, a representative of Roche visited Tokyo just prior to Christmas 1990 and insisted in a meeting with Daiichi, that Daiichi should restrict its output; Roche said it had to "control" the export of calpan from Japan to other regions (including Europe) or calpan prices would deteriorate.
À cela, nous nous sommes contentés de répondre: 'Nous ne sommes pas en mesure de commenter ces quantités. Nous vous contacterons par le canal approprié après examen de la question dans notre entreprise.' Nous avons compris que ce n'était pas le moment de compromettre notre position dans le cadre de la coopération en vue de relever le prix de la V(itamine) C en disant tout haut notre pensée."
(298) The proposal of Roche was for the producers to use fixed quantities "as a base" and then reach agreement as to the national growth of demand which could be used to adjust the base. At this stage, says Daiichi, the discussion was "conceptual", and no reference tonnages were actually discussed. Daiichi said such a scheme would not work without BASF, to which Roche replied that it would invite BASF to a meeting to agree a scheme for calpan.
(texte original en anglais).
(299) The first "trilateral" meeting between Roche, BASF and Daiichi took place in Basel during the first quarter of 1991. At a later meeting in Basel in about mid-1991, the participants - Roche, BASF and Daiichi - provided the details of their calpan sales in each region for 1990 in order to agree a basis or reference year.
(290) Takeda a ensuite assuré à Roche qu'elle n'avait pas agrandi ses installations de production: "Nous ne nous attendons, par conséquent, à aucune augmentation sensible à l'avenir, mais nous ne pouvons pas non plus diminuer notre volume de vente."
1.4.4.2. The basic scheme of the cartel
(291) Roche a apparemment décidé, face à ces désaccords, de mettre fin à l'entente avec BASF et Takeda vers le troisième trimestre de 1995.
(300) The three producers agreed from 1991 onwards on the allocation amongst themselves of that part of the world calpan market (90 %) which they controlled between them.
1.4.4. VITAMINE B5 (D-PANTOTHÉNATE DE CALCIUM, ACIDE PANTOTHÉNIQUE OU CALPAN)
(301) Percentage quotas were allocated to each of the participants on both a worldwide and regional basis. According to Daiichi, they varied from year to year, ranging as follows over the period 1991 to 1999:
1.4.4.1. Origine du cartel
>TABLE>
(292) En 1989, Roche et Daiichi possédaient chacune quelque 35 % du marché mondial de l'acide pantothénique, et BASF 20 %.
(302) Daiichi has provided documentation which would indicate that for the reference year 1990, the three producers took as the basis of their scheme the following worldwide division of sales:
(293) Le contexte dans lequel le cartel s'est formé (d'après les indications de Daiichi) était celui d'une baisse constante des prix des vitamines du groupe B au cours des années quatre-vingt et de la faiblesse du dollar en 1989-1990, de sorte que ces produits n'étaient pas du tout rentables pour Roche.
>TABLE>
(294) En fait, selon Daiichi, il existait une collusion orchestrée sur le prix de la vitamine B5 entre Roche, BASF et Daiichi depuis le début ou le milieu des années quatre-vingt, qui s'était poursuivie jusqu'en 1989.
(303) The agreement was implemented by "global" meetings held on a quarterly basis, either in Europe or Japan. To ensure adherence to the assigned quotas, sales information was exchanged on a quarterly, later monthly basis. The participants also agreed the details of concerted price increases, including target prices.
(295) D'après Daiichi, cette collusion n'avait toutefois pas atteint le même degré de complexité que les ententes ultérieures et "paraît s'être dissoute en 1989 et 1990".
1.4.4.3. Target and minimum prices
(296) Vers le début de l'année 1991 (d'après Daiichi), Roche a déployé des efforts acharnés pour organiser une coopération structurée impliquant l'échange régulier de données sur les prix et les ventes, l'établissement de "budgets" destinés à maintenir les parts de marché, ainsi que des augmentations de prix concertées. Daiichi affirme catégoriquement que la collusion était "organisée, orchestrée et contrôlée par Roche".
(304) The target and minimum prices fixed in the period from 1 October 1991 to 1 April 1993 for Europe were:
(297) Selon Daiichi, un représentant de Roche s'est rendu à Tokyo juste avant Noël 1990 et a insisté, pendant une réunion avec Daiichi, pour que cette dernière restreigne sa production. Roche a déclaré qu'elle devait "contrôler" les exportations d'acide pantothénique du Japon vers les autres régions (notamment l'Europe) ou bien les prix de ce produit risquaient de fléchir.
>TABLE>
(298) Roche proposait que les producteurs utilisent des quantités fixes "comme base" et parviennent ensuite à un accord quant à la progression nationale de la demande qui servirait à adapter cette base. À ce stade, selon Daiichi, la discussion était "théorique", et aucun tonnage de référence n'avait été réellement examiné. Daiichi a avancé qu'un tel mécanisme ne fonctionnerait pas sans BASF, à quoi Roche a répondu qu'elle inviterait BASF à une réunion afin de convenir d'un système pour l'acide pantothénique.
The price lists of Roche and BASF show that the target/list price was increased to DEM 39 in 1994 (lowest DEM 37,50); DEM 40 in 1995; DEM 43 in 1997.
(299) La première réunion "trilatérale" entre Roche, BASF et Daiichi s'est déroulée à Bâle au cours du premier trimestre de 1991. Lors d'une autre réunion à Bâle, vers la mi-1991, les participants - Roche, BASF et Daiichi - ont échangé des données détaillées sur leurs ventes d'acide pantothénique dans chaque région en 1990, afin de convenir d'une année de base ou de référence.
1.4.4.4. Budgets
1.4.4.2. Principes directeurs du cartel
(305) As with the other vitamin products, the core of the cartel was the fixing of the "annual budget". The three producers estimated annually the worldwide demand by projecting changes from the previous year on a regional basis and aggregating the forecasts. The volume of DL-calpan to be produced in Japan and Eastern Europe was also estimated. Volume targets were then set and percentage market shares allocated on a worldwide and regional basis.
(300) Les trois producteurs sont convenus, à compter de 1991, de se répartir la part du marché mondial d'acide pantothénique (90 %) qu'ils contrôlaient à eux trois.
(306) Each year there were discussions about the "escalation factor", i.e. normal market growth, and the volume allocations were adjusted on a regional basis to take account of the anticipated increase in demand.
(301) Des quotas mondiaux et régionaux, exprimés en pourcentage, ont été alloués à chaque participant. D'après Daiichi, ces quotas variaient d'une année sur l'autre, atteignant les pourcentages suivants pendant la période 1991-1999:
(307) Daiichi says that the budget was initially discussed three to six months before the end of the calendar year, since the European producers used a calendar year for this accounting. Later, to accommodate Daiichi, which used a fiscal year system ending later, the meetings were moved to November.
>TABLE>
(308) Documentation relating to the budgets has been provided by both BASF and Daiichi.
(302) Daiichi a produit des documents indiquant que pour l'année de référence 1990, les trois producteurs avaient pris comme base de leur système la répartition suivante des ventes au niveau mondial:
(309) The following illustrate the operation of the scheme:
>TABLE>
- a document showing the 1995 actual sale for each producer; the 1996 "budget" allocation, and 1996 actual sales ("1-12/96"). "H" refers to Hoffmann-La Roche, "B" to BASF and "D" to Daiichi. "A" designates Alps, a Japanese producer which was not a participant in the agreement,
(303) L'accord a été mis en oeuvre dans le cadre de réunions "mondiales" organisées tous les trimestres, soit en Europe, soit au Japon. Pour s'assurer du respect des quotas alloués, des informations sur les ventes étaient échangées chaque trimestre et, par la suite, chaque mois). Les participants ont également arrêté les détails des augmentations de prix concertées, notamment des objectifs de prix.
- the "Regional" market shares of the three cartel producers for the years 1992 and 1993 and for 1994 were set out, their "budget" allocation and estimated actual sales ("HR"). An additional document sets out the Roche and BASF sales for the first six months of 1994 by region,
1.4.4.3. Objectifs de prix et prix minimaux
- a document supplied by Daiichi but originating from Roche shows the original and revised budget quotas by region for 1998,
(304) Les objectifs de prix et les prix minimaux fixés pour l'Europe pour la période allant du 1er octobre 1991 jusqu'au 1er avril 1993 étaient les suivants:
- a further document prepared by Daiichi this time compares the monthly performance of the three producers against budget for 1998.
>TABLE>
(310) Volume sales data were reported on a quarterly and later on a monthly basis. There was no formal compensation scheme but according to Daiichi, Roche would complain if it (Daiichi) exceeded its quota while in practice tolerating a variation of up to 2 %.
Les prix "catalogue" de Roche et de BASF montrent que l'objectif de prix/prix "catalogue" a été porté à 39 DEM en 1994 (prix plancher: 37,50 DEM), 40 DEM en 1995 et 43 DEM en 1997.
1.4.4.5. Cartel meetings
1.4.4.4. Budgets
(311) From 1991 to 1998, the parties met on a regular basis. Daiichi has provided a very detailed account of these meetings.
(305) Comme pour les autres produits vitaminiques, l'élément clé du cartel était la fixation du "budget annuel". Les trois producteurs procédaient à des estimations annuelles de la demande mondiale en projetant les modifications de l'année précédente sur une base régionale et en agrégeant les prévisions. Le volume de DL-pantothénate de calcium devant être produit au Japon et en Europe orientale faisait également l'objet d'estimations. Les objectifs de volume étaient ensuite fixés et des parts de marché, exprimées en pourcentage, étaient allouées pour le marché mondial et les marchés régionaux.
(312) Following the confirmation of Daiichi's adherence to the cartel mechanism in Tokyo in January 1991, and another meeting in Basel between Daiichi and Roche, the first trilateral meeting between Roche, BASF and Daiichi took place in Basel. There is some confusion about the participants and the precise date: Roche says it was in the first quarter of 1991, but Daiichi believes it was somewhat later.
(306) Chaque année, les participants examinaient le "coefficient de progression" (escalation factor), c'est-à-dire la croissance normale du marché, et les quotas alloués étaient adaptés pour chaque région afin de tenir compte de la progression anticipée de la demande.
(313) It was at this meeting that a definitive agreement was reached on the allocation of market shares. The fact that a "budget" for 1991 was prepared would indicate that the meeting was in early 1991, if not before.
(307) Daiichi déclare que le budget était discuté, à l'origine, trois à six mois avant la fin de l'année civile, car les producteurs européens utilisaient l'année civile pour cette comptabilité. Par la suite, pour tenir compte du fait que Daiichi utilisait un exercice social qui ne coïncidait pas avec l'année civile, l'exercice étant clos à une date postérieure à la fin de l'année civile, les réunions ont été repoussées au mois de novembre.
(314) There was a "top level" meeting in Baden Baden on 2 June 1992 between Roche and BASF to "foster mutual understanding" which included discussion on calpan.
(308) BASF et Daiichi ont communiqué des documents sur les budgets.
(315) Thereafter both "top level" and "operational" meetings took place regularly in Basel, Kaiseraugst (Roche's headquarters for vitamins) and Tokyo. Generally, but not always, Roche met separately with BASF and Daiichi. "Budgets" were prepared in October or November for the following year.
(309) Les documents suivants illustrent le fonctionnement du système:
(316) In addition to the meetings, price and volume information was exchanged quarterly until 1996 or 1997 when BASF proposed that henceforth it should be on a monthly basis.
- un document montrant les ventes réelles de chaque producteur en 1995, la répartition du "budget" 1996 et les ventes réelles en 1996 ("1-12/96"). "H" désigne Hoffmann-La Roche, "B", BASF et "D", Daiichi. "A" désigne Alps, un producteur japonais qui ne participait pas à l'accord,
1.4.4.6. The operation of the cartel (1991 to 1997)
- les parts des marchés "régionaux" des trois producteurs membres du cartel pour les années 1992 et 1993 et, pour 1994, la répartition de leur "budget" et les ventes réelles estimées ("HR"). Un document complémentaire indique les ventes de Roche et de BASF par région pendant les six premiers mois de 1994,
(317) During the period of the cartel, the three producers contrived to raise the price of vitamin B5 at regular intervals in a series of concerted price increases.
- un document fourni par Daiichi, mais émanant de Roche, montre les quotas "budgétisés" initiaux et révisés, par région, pour 1998,
(318) The largest step increases in the price of calpan were made in the period 1991 to 1993, with the price in Europe going up by some 50 % in two years.
- un autre document élaboré par Daiichi compare les résultats mensuels des trois producteurs au budget 1998.
(319) According to Daiichi, either Roche or BASF would indicate to it periodically that one or the other of them was going to make a price increase announcement, advised when it was to take place, and invited Daiichi to "follow". These announcements were often made via the trade press.
(310) Les données sur les volumes de vente étaient échangées tous les trimestres puis, par la suite, tous les mois. Il n'existait aucun système formel de compensation, mais d'après Daiichi, Roche se plaignait lorsque Daiichi dépassait son quota, même si elle tolérait en pratique un écart pouvant aller jusqu'à 2 %.
(320) In the period covered by the cartel, the price of D-calpan feed grade in Europe rose from around DEM 24/kg in 1990 to DEM 42/kg at the beginning of 1998.
1.4.4.5. Réunions du cartel
(321) One of the main preoccupations of BASF and Roche was to ensure that currency fluctuations did not lead to price differentials between the regions and consequent transshipment by dealers. Thus when the US dollar became strong in relation to the Deutschmark, the two European producers were concerned to raise the European prices so as to deter dealers selling from Europe to North America; such trans-shipment was feasible as soon as the price differential rose to 10 %(23).
(311) De 1991 à 1998, les parties se sont rencontrées à intervalles réguliers. Daiichi a fourni un compte rendu très circonstancié de ces réunions.
(322) According to Daiichi, BASF and Roche had another strategic incentive to raise the price of calpan and indeed of other vitamins used for animal feed. Both have a strong market position in pre-mixes by virtue of their integrated production of the vitamins used. By increasing the prices of the vitamins used in pre-mixes, they would put a price squeeze on their competitors in this downstream activity, and over time drive the smaller pre-mixers from the market.
(312) Après la confirmation à Tokyo, en janvier 1991, de l'adhésion de Daiichi au cartel et la tenue d'une autre réunion à Bâle entre Daiichi et Roche, la première réunion trilatérale entre Roche, BASF et Daiichi a eu lieu à Bâle. Il y a une certaine imprécision quant aux participants et à la date précise de cette réunion: Roche déclare qu'elle s'est déroulée au cours du premier trimestre de 1991, tandis que Daiichi pense qu'elle a eu lieu un peu plus tard.
(323) Daiichi says that in November 1997 it opposed a planned increase to DEM 46/kg from DEM 42/kg for Spring 1998 proposed by BASF, partly because at so high a price, its pre-mixer customers in Europe would have every incentive to switch to DL-calpan suppliers in Poland and Romania. Even if it opposed the price rise, BASF and Roche could however (it says) still increase the price because they produced pre-mix themselves and their exposure to DL competition was small. This perception is confirmed by BASF's firm declaration in its instructions to the national sales offices in June 1995: "Mit DL-Calpan Konkurrieren wir auch in Zukunft nicht!" [We will not compete with DL-calpan in the future].
(313) C'est lors de cette réunion qu'un accord définitif est intervenu sur la répartition des parts de marché. Le fait qu'un "budget" ait été élaboré pour 1991 semblerait indiquer que la réunion a été organisée début 1991 ou plus tôt.
(324) BASF announced the price increase for calpan, as well as vitamins A, E and B2, via the trade journal "Ernährungsdienst" of 25 February 1998. The limit price was fixed at DEM 44/kg.
(314) Une réunion "au sommet" s'est tenue à Baden-Baden le 2 juin 1992 entre Roche et BASF afin de "favoriser la compréhension mutuelle". Les discussions ont notamment porté sur l'acide pantothénique.
(325) When BASF's customers resisted the increase, Roche supported the rise by also announcing an increase to DEM 46/kg, announced in "Ernährungsdienst" of 13 June 1998. According to Daiichi, the concerted increase was unsuccessful because of customer resistance and the huge differential between D-calpan and the equivalent in DL-calpan.
(315) Ensuite, des réunions "au sommet" et des réunions "opérationnelles" ont eu lieu régulièrement à Bâle, à Kaiseraugst (siège de la division "vitamines" de Roche) et à Tokyo. En général, mais pas toujours, Roche rencontrait séparément BASF et Daiichi. Des "budgets" étaient élaborés en octobre ou en novembre pour l'année suivante.
(326) BASF and Roche became aware of the investigations in the United States of America into vitamins by late 1997 (see recitals 227 to 233). They had already increased their security precautions two years before when the ADM case became public knowledge. Even so, meetings for vitamin B5 continued after November 1997 and indeed on 17 November representatives of Roche visited Daiichi in Japan to introduce the new executive vice-president and head of vitamins marketing from 1 January 1998.
(316) Outre ces réunions, des informations sur les prix et les volumes étaient échangées tous les trimestres jusqu'en 1996 ou 1997, date à laquelle BASF a proposé de passer à une fréquence mensuelle.
(327) On or about 16 December 1997 the parties met in Basel to produce the budget for the following year. It was not until 16 April 1998 on the occasion of a global operational meeting in Japan that Roche's head of vitamins marketing informed Daiichi that it should no longer exchange volume/price data by telephone with a lower level commercial manager. In future Roche's head of vitamins marketing would make the exchanges in person.
1.4.4.6. Fonctionnement du cartel de 1991 à 1997
(328) Meetings continued through 1998, with details of sales volume and price information being exchanged at quarterly intervals and person to person. A budget for 1999 was prepared. The last exchange of sales volumes took place in Tokyo on 12 February 1999, in a meeting between Roche and Daiichi. The collusion only ended then because the participants had learned that prosecutions were imminent in the United States of America.
(317) Pendant toute la durée du cartel, les trois producteurs se sont arrangés pour relever le prix de la vitamine B5 à intervalles réguliers, au moyen d'une série de hausses de prix concertées.
(329) For the development of the price level for calpan over the duration of the cartel, see Table VI in the Annex.
(318) Les augmentations graduelles les plus importantes du prix de l'acide pantothénique ont eu lieu entre 1991 et 1993, puisque le prix a augmenté en Europe de quelque 50 % en deux ans.
1.4.5. VITAMIN B6 (PYRIDOXINE)
(319) Selon Daiichi, Roche ou BASF lui indiquait périodiquement que l'une ou l'autre d'entre elles allait relever le prix, l'informait de la date à laquelle cette augmentation aurait lieu et l'invitait à "suivre". Ces annonces étaient souvent faites par la voie de la presse spécialisée.
1.4.5.1. The origin and basic scheme of the cartel
(320) Pendant la durée du cartel, le prix du D-pantothénate de calcium destiné à l'alimentation animale en Europe est passé d'environ 24 DEM/kg en 1990 à 42 DEM/kg au début de 1998.
(330) As with several other vitamin products, the starting point of the cartel arrangements in vitamin B6 can be taken as the visit of senior Roche executives to Tokyo on 30 and 31 January 1991. A meeting between Roche, Takeda and Daiichi was held at this time for the purpose of reaching agreement on vitamin B6. Takeda had already been involved in - not entirely conclusive - discussions with Roche on vitamin C since April 1990. As a backdrop to this meeting, the price of vitamin B6 had declined by about 15 to 20 % during 1989 to 1990(24).
(321) L'une des principales préoccupations de BASF et de Roche était de faire en sorte que les fluctuations monétaires ne conduisent pas à des écarts de prix entre les régions et à des détournements de trafic sous forme de réexpéditions par les distributeurs. C'est ainsi que lorsque le dollar s'est raffermi par rapport au mark allemand, les deux producteurs européens ont pris soin de relever les prix européens de manière à dissuader les distributeurs de vendre en Amérique du Nord à partir de l'Europe. Ces détournements de trafic étaient possibles dès que l'écart de prix atteignait 10 %(21).
(331) The three producers of vitamin B6 agreed on the basis of their achieved 1990 sales the division of the worldwide market "available" i.e. the total worldwide market minus the sales made by Chinese producers, with quotas for each region.
(322) Selon Daiichi, BASF et Roche avaient une autre motivation stratégique pour relever le prix de l'acide pantothénique, et d'ailleurs des autres vitamines utilisées dans l'alimentation animale. Elles sont toutes deux en position de force sur le marché des prémix en raison de leur production intégrée des vitamines utilisées. En augmentant le prix des vitamines utilisées dans les prémix, elles rétrécissaient les marges de leurs concurrents sur ce marché en aval, pour finir par évincer du marché les petits fabricants de prémix.
(332) During 1991 vitamin B6 was in short supply as BASF and Merck had both withdrawn from the market. Daiichi had temporarily ceased production in August 1991 as it was closing an old plant and the new factory was not coming into operation until March 1992.
(323) Daiichi indique que, en novembre 1997, elle s'est opposée à l'augmentation envisagée, proposée par BASF, qui devait faire passer le prix de 42 DEM/kg à 46 DEM/kg pour le printemps 1998, en partie parce que, à un prix aussi élevé, ses clients européens pour les prémix auraient eu toutes les raisons de se tourner vers les fournisseurs polonais et roumains de DL-pantothénate de calcium. Cependant, même si elle s'opposait à cette augmentation de prix, BASF et Roche pouvaient (c'est ce qu'elle prétend) toujours augmenter le prix, car elles produisaient elles-mêmes des prémix et étaient peu exposées à la concurrence du DL-pantothénate de calcium. Ce point de vue est confirmé par la déclaration catégorique de BASF dans ses instructions à ses bureaux de vente nationaux de juin 1995 selon laquelle: "À l'avenir, nous ne serons pas non plus en concurrence avec le DL-pantothénate de calcium!" (texte original en allemand).
1.4.5.2. Target and minimum prices
(324) BASF a annoncé la hausse du prix de l'acide pantothénique, ainsi que des vitamines A, E et B2, par le canal du journal spécialisé Ernährungsdienst, du 25 février 1998. Le prix plancher était fixé à 44 DEM/kg.
(333) As with the other vitamin products, the price increases for B6 were achieved using "list" and "minimum" prices. The Commission has obtained from Takeda a table showing the development of the prices for several vitamins, including vitamin B6 (United States of America, Europe and "overseas"):
(325) Lorsque les clients de BASF se sont opposés à cette augmentation, Roche l'a soutenue en annonçant elle aussi une augmentation qui portait le prix à 46 DEM/kg, par un avis paru dans Ernährungsdienst, du 13 juin 1998. D'après Daiichi, l'augmentation concertée n'a pas réussi en raison de la résistance de la clientèle et du très grand écart de prix entre le D-pantothénate de calcium et son équivalent, le DL-pantothénate de calcium.
>TABLE>
(326) Vers la fin de 1997, BASF et Roche ont été informées de l'enquête sur les vitamines menée aux États-Unis (considérants 227 à 233). Ces deux entreprises avaient déjà renforcé leurs mesures de précaution deux ans auparavant, lorsque l'affaire ADM était devenue de notoriété publique. Les réunions sur la vitamine B5 se sont quand même poursuivies après novembre 1997 et c'est d'ailleurs le 17 novembre que des représentants de Roche ont rendu visite à Daiichi au Japon pour présenter leur nouveau vice-président, membre du comité de direction et directeur du marketing "vitamines", qui prendrait ses fonctions le 1er janvier 1998.
(334) Takeda's note of the meeting with Roche in Basel on 13 April 1992 covering the whole of their common range of vitamins states that the DEM 90 from 1 July 1992 was in fact the lowest price: list price was DEM 95.
(327) Le 16 décembre 1997 ou vers cette date, les parties se sont retrouvées à Bâle pour établir le budget de l'année suivante. Ce n'est que le 16 avril 1998, à l'occasion d'une réunion opérationnelle mondiale au Japon, que le directeur du marketing "vitamines" de Roche a informé Daiichi qu'elle ne devait plus échanger de données sur les volumes et les prix par téléphone avec un directeur commercial subalterne. C'est lui à l'avenir qui se chargerait personnellement de ces échanges de données.
(335) An internal note of Daiichi of 1 September 1992 shows a price of DEM 90 for vitamin B6, with the hand-written annotation "85-90 R" and "80-85 DPE" ("R" is Roche and "DPE" is Daiichi Pharmaceutical Europe).
(328) Les réunions ont continué pendant toute l'année 1998, des données détaillées étant échangées tous les trimestres et de personne à personne sur les volumes de ventes et les prix. Un budget a été élaboré pour 1999. Le dernier échange de données sur les volumes de ventes a eu lieu à Tokyo le 12 février 1999, lors d'une réunion entre Roche et Daiichi. L'entente n'a alors pris fin que parce que les participants avaient appris que des poursuites étaient imminentes aux États-Unis.
1.4.5.3. Cartel meetings
(329) En ce qui concerne l'évolution du niveau des prix de l'acide pantothénique pendant toute la durée du cartel, voir le tableau VI à l'annexe.
(336) According to Roche, the parties met bilaterally about twice a year either in Tokyo, Basel or in the vicinity of the latter, i.e. Roche met separately with Takeda and Daiichi. Daiichi and Takeda were also in regular bilateral contact, although Daiichi claims these contacts were mainly concerned with inter-company sales of calpan. The reason for the adoption of this artifice was the unwillingness of the Japanese producers to take part in meetings with more than one competitor at a time.
1.4.5. VITAMINE B6 (PYRIDOXINE)
(337) The dates and venues of the meetings have been identified by Roche. As with other vitamin products, the cartel meetings were held at both the "top" and "operational" levels. Takeda has provided the Commission with copies and notes of several meetings which it had with Roche, usually covering their common range of vitamins, and including vitamin B6.
1.4.5.1. Origine et principes directeurs du cartel
1.4.5.4. Operation of the cartel (1991 to 1994)
(330) Comme pour plusieurs autres produits vitaminiques, le point de départ de l'entente sur la vitamine B6 peut être situé à la date de la visite des hauts responsables de Roche à Tokyo, les 30 et 31 janvier 1991. Une réunion s'était tenue à l'époque entre Roche, Takeda et Daiichi afin de parvenir à un accord sur la vitamine B6. Takeda participait déjà à des discussions - pas totalement concluantes - avec Roche sur la vitamine C depuis avril 1990. En toile de fond à cette réunion, le prix de la vitamine B6 avait chuté d'environ 15 à 20 % en 1989-1990(22).
(338) In the meeting of 13 April 1992 held in Basel the participants noted the "dramatic" increase in the price of vitamin B6 owing to the shortage of supply and concluded: "we can continue increasing the price". In fact, as Daiichi points out, the price in Europe rose from DEM 51/kg in the first quarter of 1991 to almost DEM 80/kg a year later. In Europe a new list price of DEM 95 (lowest price DEM 90) for B6 was to be introduced with effect from 1 July 1992. The new price was supposed to continue to apply in 1993.
(331) Les trois producteurs de vitamine B6 ont arrêté, sur la base des ventes qu'ils avaient réalisées en 1990, la répartition du marché mondial "disponible", c'est-à-dire après déduction des ventes des producteurs chinois, en allouant des quotas par région.
(339) In the meeting between Takeda and Roche in Tokyo on 17 November 1992 the B6 quotas for 1993 could not be decided. Takeda noted that Roche was trying to stop it from increasing its sales in 1993 and demanded to know by how much its sales would grow; Takeda gave a non-committal reply. On pricing, Roche wanted to keep the current (DEM 90) price in Europe, this was said to have been agreed by Daiichi as well. Roche was to announce new prices in February 1993 and Takeda was expected to follow(25).
(332) En 1991, l'offre de vitamine B6 était insuffisante, car BASF et Merck s'étaient toutes deux retirées du marché. Daiichi avait temporairement arrêté la production en août 1991 parce qu'elle fermait une ancienne usine et que la nouvelle ne devait pas entrer en service avant mars 1992.
(340) The "Far East" meeting held on 21 April 1993 was concerned with maintaining the price level in Europe; the allocation of quotas was to depend upon an assessment of the feasible demand. Roche suggested a three-party meeting, i.e. to include Daiichi. It appears from a Takeda note of a communication with a representative of Roche, that Daiichi had demurred.
1.4.5.2. Objectifs de prix et prix minimaux
(341) In a "European" meeting on 25 May 1993 between Takeda and representatives of Roche, the participants discussed Daiichi's relations with them and noted that its policy, at least for B6, was not to participate in meetings and to sell its production "irrespective of market scale". Roche and Takeda agreed to give priority to maintaining price levels. Roche had taken the line that sales quantities would have to be decreased in accordance with the size of the market, but Takeda believed prices could be maintained even with an increase in volume.
(333) Comme dans le cas des autres produits vitaminiques, les augmentations de prix de la vitamine B6 se sont opérées sur la base de prix "catalogue" et de prix "minimaux". La Commission a obtenu de Takeda un tableau qui montre l'évolution des prix de plusieurs vitamines, notamment la vitamine B6 (États-Unis, Europe et "outre-mer"):
(342) In 1993 all three producers (Roche, Takeda and Daiichi) lost a substantial amount of market share to the Chinese producers, who were reported as selling below production cost.
>TABLE>
(343) Indeed, during 1993 Takeda and Roche also identified Daiichi as selling below their prices and determined they would match its prices, but not those of the Chinese producers.
(334) La note de Takeda concernant la réunion du 13 avril 1992 avec Roche à Bâle et portant sur toute leur gamme commune de vitamines indique que le prix de 90 DEM applicable à compter du 1er juillet 1992 constituait en fait le prix plancher, le prix "catalogue" étant de 95 DEM.
(344) After the second quarter of 1993, the price of vitamin B6 fell sharply. Daiichi attributes the price fall and subsequent low level of price to (a) the higher volume of Chinese production and sales; (b) a substantial (28 %) price decrease by Roche in July 1994 to match Chinese prices.
(335) Une note interne de Daiichi du 1er septembre 1992 affiche un prix de 90 DEM pour la vitamine B6, avec les annotations manuscrites "85-90 R" et "80-85 DPE" (où "R" désigne Roche et "DPE", Daiichi Pharmaceutical Europe).
(345) On 20 July 1993 Takeda and Roche discussed the situation in vitamin B6 in a meeting in Tokyo. Takeda reported that Daiichi was now aiming for a cheaper price and an increase in quantity.
1.4.5.3. Réunions du cartel
(346) Roche said it "would like to conduct a three party meeting including Daiichi, but this was denied by both T(akeda) and Daiichi". Takeda's reaction was that "We would like R to convince Daiichi"(26).
(336) D'après Roche, les parties ont tenu des réunions bilatérales environ deux fois par an, à Tokyo ou à Bâle, ou dans les environs de cette dernière ville, ce qui signifie que Roche rencontrait séparément Takeda et Daiichi. Ces dernières entretenaient également des contacts bilatéraux réguliers, bien que Daiichi ait prétendu que ceux-ci concernaient principalement les ventes d'acide pantothénique réalisées entre elles. La raison de l'adoption d'un tel artifice était la réticence des producteurs japonais à prendre part à des réunions avec plus d'un concurrent à la fois.
(347) In their meeting in Basel on 9 February 1994 Takeda and Roche agreed to observe the market situation with the Chinese in the first half of the year and decide on their policy after reviewing the January to June results. This was the last documented meeting between Takeda and Roche for vitamin B6.
(337) Les dates et les lieux des réunions ont été indiqués par Roche. Comme pour les autres produits vitaminiques, les réunions du cartel se tenaient tant "au sommet" qu'à des niveaux "opérationnels". Takeda a communiqué à la Commission des copies et des notes de plusieurs réunions que l'entreprise avait eues avec Roche (consacrées généralement à leur gamme commune de vitamines, notamment la vitamine B6).
(348) Roche says that by the first half of 1994 the parties recognised that the vitamin B6 agreement was no longer viable owing to the Chinese imports and decided to end the agreement.
1.4.5.4. Fonctionnement du cartel de 1991 à 1994
(349) The last known meetings between Roche and its Japanese competitors for vitamin B6 took place in Tokyo on 10 June 1994 (Takeda) and 15 June (Daiichi).
(338) À la réunion du 13 avril 1992 qui s'est tenue à Bâle, les participants ont noté l'augmentation "spectaculaire" du prix de la vitamine B6 liée à l'insuffisance de l'offre et ont conclu: "nous pouvons continuer à relever le prix" (texte original en anglais). En fait, ainsi que Daiichi le souligne, le prix en Europe est passé de 51 DEM/kg au premier trimestre de 1991 à près de 80 DEM/kg un an plus tard. En Europe, un nouveau prix "catalogue" de 95 DEM (prix plancher: 90 DEM) pour la vitamine B6 devait être adopté, avec effet au 1er juillet 1992. Le nouveau prix était censé rester applicable en 1993.
(350) After the B6 agreement ended, Roche states that it still met the Japanese producers separately in meetings covering other vitamins in the course of which "information on price trends" for this product were exchanged.
(339) Lors de la réunion de Tokyo du 17 novembre 1992 entre Takeda et Roche, les quotas de vitamine B6 pour 1993 n'ont pu être arrêtés. Takeda a noté que Roche essayait de l'empêcher d'accroître ses ventes en 1993 et a exigé de savoir quelle serait la progression de ses ventes. Takeda a donné une réponse évasive. En ce qui concerne la fixation des prix, Roche souhaitait maintenir le prix en vigueur à l'époque (90 DEM) en Europe: c'est ce qui avait été convenu, selon elle, avec Daiichi. Les nouveaux prix devaient être annoncés par Roche en février 1993, et Takeda devait suivre(23).
(351) For the second quarter of 1994, Roche had amended its price lists to show a "lowest" price of 75 DEM/kg (against the target of DEM 95); for the third quarter the prices were revised downward again (target DEM 65; lowest DEM 53).
(340) La réunion "Extrême-Orient" du 21 avril 1993 portait sur le maintien du niveau des prix en Europe, la répartition des quotas devant dépendre de l'appréciation de la demande possible. Roche proposa une réunion trilatérale, c'est-à-dire avec Daiichi. Il ressort d'une note de Takeda relative à un contact avec un représentant de Roche que Daiichi s'y était opposée.
(352) Daiichi for its part does not deny participation in cooperation amongst the producers of vitamin B6 in the period 1991 to mid-1994.
(341) Lors d'une réunion "européenne", du 25 mai 1993, entre Takeda et des représentants de Roche, les participants ont parlé de leurs relations avec Daiichi et ont fait observer que la politique de cette entreprise, du moins pour ce qui était de la vitamine B6, était de ne pas participer aux réunions et de vendre sa production "indépendamment de la taille du marché". Roche et Takeda ont convenu de donner la priorité au maintien du niveau des prix. Roche était d'avis que les quotas de vente devaient être réduits selon la taille du marché, mais Takeda estimait que les prix pouvaient être maintenus même en cas d'augmentation du volume.
(353) The development of the average price level of vitamin B6 is shown in Table VII in the Annex.
(342) En 1993, les trois producteurs - Roche, Takeda et Daiichi - ont tous vu leur part de marché reculer sensiblement au profit des producteurs chinois, qui, disait-on, vendaient à un prix inférieur à leur coût de production.
1.4.6. FOLIC ACID
(343) En 1993, Takeda et Roche se sont en outre aperçues que Daiichi vendait à bas prix et ont décidé d'appliquer les mêmes prix qu'elle, mais de ne pas s'aligner sur ceux des producteurs chinois.
1.4.6.1. The origin and basic scheme of the cartel
(344) Après le deuxième trimestre de 1993, le prix de la vitamine B6 a subi une brusque baisse. Daiichi attribue cette chute et le faible niveau de prix qui en est résulté: a) à la progression du volume de production et des ventes des producteurs chinois, et b) à l'importante baisse de prix (28 %) opérée par Roche en juillet 1994 en vue de s'aligner sur les prix chinois.
(354) The cartel arrangements in folic acid began, as did those in several other products, with the visit of senior Roche executives to Tokyo in January 1991 and more specifically the meeting between that company and Takeda (see recital 244).
(345) Le 20 juillet 1993, Takeda et Roche ont examiné la situation de la vitamine B6 lors d'une réunion à Tokyo. Takeda a signalé que Daiichi envisageait désormais de baisser le prix et d'augmenter les quantités.
(355) At that meeting, Roche put forward a plan for sales quotas and minimum selling prices in folic acid and asked Takeda to coordinate with Kongo and Yodogawa, the predecessor of Sumika. According to Takeda, the Japanese producers acceded to Roche's suggestion because of its market power.
(346) Roche a déclaré qu'elle "souhaitait organiser une réunion trilatérale avec Daiichi, mais T(akeda) et Daiichi s'y sont toutes deux opposées". La réaction de Takeda a été la suivante: "Nous voudrions que R convainque Daiichi"(24).
(356) Roche claims that it was Takeda which made the first approach "with a view to exchanging information", that this was in late 1992, that there were only two meetings and that any quota arrangements soon became "obsolete".
(347) Au cours de leur réunion de Bâle du 9 février 1994, Takeda et Roche sont convenues d'observer la situation sur le marché en ce qui concernait les Chinois pendant le premier semestre de l'année et d'arrêter leur politique après examen des résultats pour la période allant de janvier à juin. Ce fut la dernière réunion sur la vitamine B6 entre Takeda et Roche pour laquelle il existe des documents.
(357) As with all other vitamins, the basis of the collusive arrangements for folic acid was the establishment of a quota scheme. The fundamental principle of the quota allocation scheme was the division of the world market between Roche on the one hand and the three Japanese producers on the other; on the basis of achieved 1990 results, Roche was given 42 %, the Japanese 58 %. The Japanese producers agreed the division amongst themselves of their 58 % quota on the basis of their respective 1990 achieved sales performance. The annual quotas (by region) in volume terms had to maintain the agreed 42:58 division overall, while allowing for natural growth rate.
(348) Roche allègue que, vers le premier semestre de 1994, les parties avaient admis que l'accord sur la vitamine B6 n'était plus viable en raison des importations chinoises et avaient décidé de mettre fin à l'entente.
(358) For 1991 the agreed tonnage allocation was as follows:
(349) Les dernières réunions connues sur la vitamine B6 entre Roche et ses concurrents japonais ont eu lieu à Tokyo le 10 juin (Takeda) et le 15 juin (Daiichi) 1994.
>TABLE>
(350) Roche déclare que, après que l'entente sur la vitamine B6 eut pris fin, elle a continué à rencontrer les producteurs japonais séparément dans le cadre de réunions portant sur d'autres vitamines et au cours desquelles des "informations sur l'évolution des prix" de ce produit ont été échangées.
(359) Results were to be monitored on a quarterly basis against target quotas; if necessary, the producers could operate compensation arrangements. The usual system of agreed list and minimum prices was also to apply to folic acid.
(351) Pour le deuxième trimestre de 1994, Roche avait modifié ses prix "catalogue" de façon à faire apparaître un "prix plancher" de 75 DEM/kg (par rapport à un objectif de prix de 95 DEM) Pour le troisième trimestre de l'année, les prix ont à nouveau été revus à la baisse (objectif de prix: 65 DEM, prix plancher: 53 DEM).
1.4.6.2. Volume control and monitoring
(352) Quant à Daiichi, elle ne nie pas avoir pris part à une coopération entre les producteurs de vitamine B6 entre 1991 et le milieu de 1994.
(360) Takeda has provided comprehensive spreadsheets and tables showing how the sales quotas were calculated for each year and how actual sales ("result") were compared with quota ("allocation").
(353) L'évolution du niveau de prix moyen de la vitamine B6 est indiquée dans le tableau VII à l'annexe.
(361) The following are typical and can be taken as illustrating the operation of the scheme:
1.4.6. ACIDE FOLIQUE
- the monitoring on a quarterly basis of performance against allocation, on the whole the producers were on target at the end of the year,
1.4.6.1. Origine et principes directeurs du cartel
- a table dated 20 November 1992, shows the scheme according to which the provisional allocations for 1993 were determined. For each of the four regions, the total demand for 1993 is estimated and the 1992 allocation of each producer adjusted to take account of forecast market growth in order to maintain the agreed 42:58 proportion,
(354) L'entente sur l'acide folique a commencé, comme les ententes sur plusieurs autres produits, par la visite de hauts responsables de Roche à Tokyo en janvier 1991 et, plus particulièrement, avec la réunion entre cette entreprise et Takeda (considérant 244).
- a document headed "Market and competition monitoring" and dated 24 June 1994 compares forecast and achieved sales of each producer for the first quarter of 1994,
(355) À cette réunion, Roche a présenté un plan de quotas de vente et de prix de vente minimaux pour l'acide folique et a demandé à Takeda d'assurer la coordination avec Kongo et Yodogawa (le prédécesseur de Sumika). Selon Takeda, les producteurs japonais ont accepté la suggestion de Roche en raison de sa puissance sur le marché.
- a table headed "94 allocation" shows the historical development of the allocations for each year 1991 to 1993 and compares these with 1994, total available market excluding Chinese producers is 275 tonnes: in accordance with the agreed proportions, Roche is to have 115 tonnes and the Japanese producers 160,
(356) Roche fait valoir que c'est Takeda qui a fait les premiers pas "en vue d'échanger des informations", que cette première approche a eu lieu à la fin de 1992, qu'il n'y a eu que deux réunions et que les accords en matière de quotas sont rapidement devenus "obsolètes".
- the breakdown by region of the 1994 plan,
(357) Comme pour toutes les autres vitamines, la base des accords collusoires sur l'acide folique a été l'établissement d'un système de quotas. Le principe fondamental du système de répartition des quotas était la division du marché mondial entre Roche, d'une part, et les trois producteurs japonais, d'autre part. Sur la base des résultats de 1990, Roche s'est vu attribuer 42 % et les Japonais 58 %. Les producteurs japonais se sont mis d'accord sur la répartition entre eux du quota de 58 % sur la base des ventes qu'ils avaient respectivement réalisées en 1990. Les quotas annuels (par région) en volume devaient maintenir le rapport 42/58 convenu, tout en tenant compte du taux de croissance naturelle.
- a table dated 30 January 1995 giving the annual results of each producer for 1991 to 1993 (the 1994 figures are left blank).
(358) Pour 1991, la répartition convenue des tonnages était la suivante:
1.4.6.3. List and minimum prices
>TABLE>
(362) In the autumn of each year, the minimum sales price was fixed in DEM for the European market and in USD for the other regions. A minimum price was set for each country using the appropriate exchange rate.
(359) Les résultats devaient être surveillés tous les trimestres et comparés aux quotas convenus. Le cas échéant, les producteurs pouvaient appliquer des mécanismes de compensation. Le système habituel des prix "catalogue" et des prix minimaux convenus était également applicable à l'acide folique.
(363) Takeda has produced a price schedule showing the "list" and "lowest" prices for folic acid in each region (United States of America, Canada, Europe, overseas) from 1991 to 1994. For Europe the agreed prices were:
1.4.6.2. Maîtrise des volumes et surveillance
>TABLE>
(360) Takeda a communiqué des feuilles de calcul et des tableaux détaillés qui indiquent comment les quotas de vente étaient calculés pour chaque année et les ventes réelles ("résultat") comparées aux quotas ("répartition des quotas").
The Japanese producers were permitted to sell at the old (i.e. lower) price from October 1992 onwards.
(361) Les documents suivants sont caractéristiques du fonctionnement du système et peuvent être considérés comme une bonne illustration de celui-ci:
1.4.6.4. The operation of the cartel (1991 to 1994)
- le mécanisme de surveillance trimestrielle fondé sur une comparaison des résultats par rapport aux quotas (dans l'ensemble, les producteurs atteignaient l'objectif en fin d'année),
(364) Cartel meetings between Takeda and Roche were held on a quarterly basis. When Roche representatives visited Japan for meetings with Takeda on the B-complex range of vitamins, folic acid was the subject of a separate meeting in which representatives of Kongo and Yodogawa (later Sumika(27)) also took part at least on several occasions. At the meetings which were held in Europe, Takeda represented the other Japanese producers.
- un tableau daté du 20 novembre 1992 qui montre le mode de détermination des quotas provisoires pour 1993. Pour chacune des quatre régions, la demande totale pour 1993 est estimée et les quotas alloués à chaque producteur pour 1992 sont adaptés de façon à tenir compte des prévisions de croissance du marché et à maintenir le rapport 42/58 convenu,
(365) The coordination between the Japanese producers prior to Takeda's quarterly meetings with Roche took place in the context of a group known as "Yosankai" ("folic acid Group"), which had originally been a trade grouping organised by MITI, the Japanese Ministry of International Trade and Industry.
- un document intitulé "Surveillance du marché et de la concurrence" et daté du 24 juin 1994 compare les prévisions et les ventes réalisées par chaque producteur au cours du premier trimestre de 1994,
(366) Takeda informed Kongo and Yogodawa (later Sumika) of Roche's wishes and proposals and sales results were collated. Takeda acted as the agent of the other two Japanese producers in the negotiations with Roche.
- un tableau intitulé "Répartition des quotas 1994", montre l'évolution dans le temps des quotas pour chaque année pendant la période 1991-1993 et compare ces quotas avec ceux de 1994. Le marché total disponible, sans compter les producteurs chinois, est de 275 tonnes: conformément aux rapports convenus, Roche doit obtenir 115 tonnes et les producteurs japonais 160 tonnes,
(367) In the regular meetings between Takeda and Roche, the sales results of the four companies in folic acid were examined on the basis of reports submitted by them. In the event that one or other had exceeded the quota allocations, adjustments would be made to balance the excess sales.
- une ventilation par région du plan pour 1994,
(368) In the first documented meeting, in Basel on 13 April 1992, Takeda reported that while there were still low price offers in the market from traders, it was limiting supply to get the price up. Roche was warned by Takeda not to offer pre-mixes at low prices; its information was that Roche was selling folic acid "straight" at the agreed DEM 190/kg but including it in pre-mix at the equivalent of only DEM 150; the Japanese did not sell pre-mixes.
- un tableau daté du 30 janvier 1995 qui donne les résultats annuels de chaque producteur au cours de la période 1991-1993 (les données pour 1994 sont laissées en blanc).
(369) The Tokyo meeting on 17 November 1992 was attended by representatives of Sumika and Kongo. This time Roche complained that the Japanese producers were selling below list price; "please correct this quickly". Takeda defended the Japanese producers by reference to Roche's sales of pre-mix: Roche might well offer the straight product at list price, and so turn away business, but it was not in good faith as most of its sales of folic acid were in pre-mixes and it was covering itself by selling pre-mix including folic acid at a cheap price.
1.4.6.3. Prix "catalogue" et prix minimaux
(370) According to Takeda, it suited Roche to push the Japanese producers to keep high the folic acid price they charged to the independent pre-mixers - who were competitors of Roche in this product - as it put them in a price squeeze: Roche could undercut them by selling its own pre-mix at artificially low prices. The upshot was that Roche agreed to raise the price of pre-mix and the Japanese promised to bring their prices for folic acid up to list price as soon as possible.
(362) Chaque année à l'automne, le prix de vente minimal était fixé en DEM pour le marché européen et en USD pour les autres régions. Un prix minimal était fixé pour chaque pays sur la base du taux de change correspondant.
(371) The new quotas were fixed for 1993 on the basis of an estimated total market of 320 tonnes, 20 tonnes more than 1992. However, the allocations were to be reviewed the following year. Takeda considered that "sales quota should not be fixed without sales effort". Roche had kept the promise it had made when it set up its own folic acid production facility to double world demand for folic acid, but Takeda had also worked hard at creating new sales routes.
(363) Takeda a produit un barème de prix indiquant les prix "catalogue" et les prix planchers de l'acide folique dans chaque région (États-Unis, Canada, Europe, outre-mer) de 1991 à 1994. Pour ce qui est de l'Europe, les prix convenus étaient les suivants:
(372) In the folic acid meeting in Japan in February 1993 attended by all the Japanese producers and Roche, there were intensive discussions over the precise division among the regions of the 1993 allocations, these had already been agreed, based on a total market of 320 tonnes, but Takeda and Kongo wanted some revisions.
>TABLE>
(373) Finally Roche's regional allocations were left unchanged, as were Sumika's, while for Takeda 2 tonnes were reassigned between the USA and the Community, and Kongo's volumes were totally rearranged mainly to give it more sales in Europe.
Les producteurs japonais ont été autorisés à vendre à l'ancien prix (c'est-à-dire au prix plancher) à compter d'octobre 1992.
(374) Again Roche complained about pricing by the Japanese producers: they were selling in Europe at DEM 169 to DEM 178, far below the agreed DEM 195, while its regular prices were DEM 205 and list was DEM 215.
1.4.6.4. Fonctionnement du cartel de 1991 à 1994
(375) At the time the producers were planning a price rise for all vitamins for 1 April 1993. Roche intended if conditions were right, to include folic acid and put the list price up from DEM 215/kg to DEM 225/kg.
(364) Les réunions du cartel entre Takeda et Roche étaient trimestrielles. Lorsque des représentants de Roche se rendaient au Japon pour assister à des réunions avec Takeda au sujet de la gamme des vitamines du groupe B, l'acide folique faisait l'objet d'une réunion séparée à laquelle ont assisté, du moins à plusieurs reprises, des représentants de Kongo et de Yodogawa [devenue par la suite Sumika(25)]. Lors des réunions qui se tenaient en Europe, Takeda représentait les autres producteurs japonais.
(376) The agreed minimum price had not been respected in any region, much to Roche's chagrin; it claimed that at each meeting the Japanese always promised "we will try" without following up seriously. They had (said Roche) to decide on their April pricing by the end of February.
(365) La coordination entre les producteurs japonais, préalable aux réunions trimestrielles de Takeda avec Roche, s'opérait dans le cadre d'un groupe connu sous le nom de "Yosankai" ("Groupe acide folique"), qui était à l'origine un groupement professionnel organisé par le MITI, le ministère japonais du commerce extérieur et de l'industrie.
(377) By the next meeting in Zurich on 25 May 1993 Takeda reported that prices were rising. It was expected that by the beginning of the next year the price would go up by 7 %. The Japanese were striving to achieve the list prices and would agree to another increase in January 1994, but further discussions would be needed in October/November because of the need to keep a close watch on market trends.
(366) Takeda informait Kongo et Yogodawa (devenue depuis Sumika) des souhaits et des propositions de Roche, et les résultats des ventes étaient collationnés. Takeda représentait ces deux autres producteurs japonais dans les négociations avec Roche.
(378) In their "Yosankai" meeting of 24 September 1993 the Japanese producers reviewed the different markets and concluded that in Europe it was difficult to increase the sales price and however much they wanted to achieve the DEM 195 minimum, actual prices were more like DEM 180 to DEM 185. They also agreed that it was necessary to modify the 320 tonnes of sales quota.
(367) Lors des réunions périodiques entre Takeda et Roche, les résultats des ventes d'acide folique des quatre entreprises étaient examinés sur la base des rapports qu'elles présentaient. Lorsque l'une ou l'autre entreprise avait dépassé les quotas qui lui étaient alloués, des ajustements étaient opérés afin de compenser les ventes excédentaires.
(379) The influx of inexpensive Chinese folic acid onto the world market, including Europe, was identified as the cause for the difficulties in getting up the price and achieving quotas.
(368) Au cours de la première réunion au sujet de laquelle il existe des documents - le 13 avril 1992 à Bâle - Takeda a déclaré que, même si les importateurs/exportateurs vendaient encore à bas prix sur le marché, l'entreprise limitait l'offre de manière à faire grimper les prix. Takeda a déconseillé à Roche d'offrir des prémix à bas prix. Elle avait été informée que Roche vendait l'acide folique à l'état pur au prix convenu de 190 DEM/kg, mais l'incorporait dans ses prémix pour 150 DEM seulement. Les producteurs japonais ne vendaient pas, quant à eux, de prémix.
(380) The 1993 achieved results indeed proved to be well short of expected demand and the agreed volume allocations; in Europe total sales were about 80 tonnes as against the 110,6 tonne allocation for the four producers.
(369) Des représentants de Sumika et de Kongo ont assisté à la réunion de Tokyo du 17 novembre 1992. À cette occasion, Roche s'est plainte de ce que les producteurs japonais vendaient en dessous du prix "catalogue" ["veuillez corriger cette situation rapidement" (texte original en anglais)]. Takeda a pris la défense des producteurs japonais en invoquant les ventes de prémix de Roche: il était possible que cette dernière offre le produit à l'état pur au prix "catalogue" et, partant, refuse des clients, mais elle n'était pas de bonne foi étant donné qu'elle réalisait la plupart de ses ventes d'acide folique dans des prémix et se couvrait en vendant ses prémix à base d'acide folique à bon marché.
(381) For 1994, the volume quotas had to be scaled back in line with an anticipated demand of 275 tonnes (Europe, 96,3). Results for that year however showed a significant shortfall of some 50 tonnes. According to Takeda, the sales price had collapsed in late 1993 owing to the appearance of a vast quantity of Chinese material.
(370) D'après Takeda, cela arrangeait Roche de pousser les producteurs japonais à maintenir à un niveau élevé le prix de l'acide folique qu'ils vendaient aux fabricants indépendants de prémix - qui faisaient concurrence à Roche sur ce produit - car cela les obligeait à resserrer leurs marges: Roche pouvait vendre ses propres prémix à des prix artificiellement bas. Le résultat a été que Roche a accepté de relever le prix de ses prémix et que les producteurs japonais ont promis d'augmenter leurs prix de l'acide folique dès que possible de manière à atteindre le prix "catalogue".
(382) Takeda states that in the meeting in Tokyo with Roche on 10 June 1994, its president of the vitamins and fine chemicals division, announced to his counterparts at Roche that the agreement was "no longer in effect". This is the last known meeting between Roche and Takeda in relation to folic acid.
(371) Les nouveaux quotas pour 1993 ont été fixés sur la base d'un marché total estimé à 320 tonnes, soit 20 tonnes de plus qu'en 1992. Les quotas devaient cependant être révisés l'année suivante. Takeda estimait que "les quotas de vente ne devaient pas être fixés sans un effort au niveau des ventes". Roche avait tenu la promesse qu'elle avait faite, lors de la création de ses propres installations de production d'acide folique, de doubler la demande mondiale de ce produit, mais Takeda avait aussi travaillé dur pour ouvrir de nouveaux débouchés.
(383) In its reply to the Statement of Objections, Sumika contests certain of the facts described by the Commission. However, Sumika simultaneously acknowledges that it is unable to either confirm or refute most of these facts, since the individuals in charge of folic acid at the relevant time can no longer be contacted by Sumika. Sumika points at some factual "errors" which, according to it, would cast doubt on the reliability of at least some of Takeda's evidence. This concerns mainly the name of individuals reported to have attended certain meetings and the nature of the discussion at certain meetings.
(372) Lors de la réunion sur l'acide folique qui s'est tenue en février 1993 au Japon et à laquelle assistaient tous les producteurs japonais ainsi que Roche, de vives discussions ont eu lieu sur la répartition précise entre les régions des quotas alloués pour 1993. Ces quotas avaient déjà été arrêtés sur la base d'un marché total de 320 tonnes, mais Takeda et Kongo souhaitaient y voir apporter certaines modifications.
(384) Nevertheless Sumika recognises that it attended the meeting of 17 November 1992 and the meeting of February 1993 in which Roche took part. It also acknowledges that it participated in the Yosankai meetings.
(373) Finalement, les quotas régionaux alloués à Roche n'ont pas été modifiés, ni ceux de Sumika, tandis que, pour ce qui est de Takeda, 2 tonnes ont été réaffectées entre les États-Unis et la Communauté, et que les volumes attribués à Kongo ont été totalement réorganisés, principalement pour lui attribuer plus de ventes en Europe.
(385) As far as the period from 1991 to 1993 is concerned, Sumika recognises that "Takeda requested Sumika and Kongo to identify their exports in the customs clearance statistics contained in the trade statistics issued periodically by the Japanese Government and obtained by Takeda". Sumika says it is unable to provide any information regarding the year 1993 but confirms that again from mid-1993 to 1995, the companies disclosed to each other their export sales at the request of Takeda.
(374) Roche s'est à nouveau plainte des prix pratiqués par les producteurs japonais: ils vendaient en Europe à 169-178 DEM, soit bien au-dessous du prix convenu de 195 DEM, alors qu'elle-même pratiquait des prix courants de 205 DEM et que son prix "catalogue" était de 215 DEM.
(386) Sumika contests the Commission's conclusion that Takeda acted as an "agent" of the two other Japanese companies in negotiations with Roche. However, this is perfectly consistent with the facts as they are described by both Takeda and Roche, together with the fact that the breakdown of Japanese exports was carefully calculated during the Yosankai meetings.
(375) Les producteurs envisageaient à l'époque une hausse du prix de toutes les vitamines pour le 1er avril 1993. Roche entendait, si la situation le permettait, inclure l'acide folique et porter le prix "catalogue" de 215 à 225 DEM/kg.
(387) The Commission concludes that the arguments put forward by Sumika to contest the facts are outweighed by those recognised by Sumika itself and by the detailed evidence provided by Roche and Takeda. These arguments must therefore be dismissed.
(376) Le prix minimal convenu n'avait été respecté dans aucune région, ce qui contrariait beaucoup Roche, qui alléguait que, à chaque réunion, les Japonais faisaient toujours des promesses ["nous essaierons" (texte original en anglais)] qu'ils ne tenaient jamais. Il fallait (disait Roche) qu'ils décident des prix qu'ils pratiqueraient en avril avant la fin de février.
1.4.7. VITAMIN C (ASCORBIC ACID)
(377) À la réunion suivante du 25 mai 1993 à Zurich, Takeda indiqua que les prix augmentaient. On s'attendait à une hausse de 7 % avant le début de l'année suivante. Les producteurs japonais s'efforçaient d'atteindre les prix "catalogue" et accepteraient une nouvelle augmentation en janvier 1994, mais des discussions complémentaires seraient nécessaires en octobre-novembre afin de surveiller étroitement les tendances du marché.
1.4.7.1. The origin of the cartel
(378) Au cours de leur réunion "Yosankai" du 24 septembre 1993, les producteurs japonais ont passé en revue les différents marchés et conclu que, en Europe, il était difficile d'augmenter le prix de vente et que, en dépit de leur souhait d'atteindre le prix minimal de 195 DEM, les prix réels étaient plus proches de 180 à 185 DEM. Ils sont aussi convenus qu'il faudrait modifier le quota de vente de 320 tonnes.
(388) The vitamin C cartel was instituted during 1990 to 1991, supposedly following a fall in prices of some 10 % in a year. On 7 April 1990 the head of vitamins marketing at Roche, met his counterpart from Takeda in Basel. Another top-level meeting between the two leading producers was held on 4 September 1990 in Zurich.
(379) L'afflux d'acide folique bon marché en provenance de Chine sur le marché mondial, y compris en Europe, était présenté comme la cause des difficultés rencontrées pour relever le prix et atteindre les quotas.
(389) In January 1991 Roche, BASF and Merck met in Switzerland, at the lower "manager" level in order to prepare for the visit to Tokyo of Roche and BASF senior executives which was scheduled for 30 and 31 January.
(380) Les résultats obtenus en 1993 furent en effet bien en deçà de la demande escomptée et des quotas convenus. En Europe, les ventes totales furent d'environ 80 tonnes, contre 110,6 tonnes allouées aux quatre producteurs.
(390) On 30 and 31 January 1991 Roche employees met their counterparts at Takeda in Tokyo; this meeting occurred during the visit to Japan of senior executives of Roche (and BASF) who met a series of Japanese vitamin producers in order to secure their definitive entry to cartel arrangements in various products, including vitamins E, B1, B6 and C.
(381) Pour 1994, il fallut réduire les quotas proportionnellement de manière à les aligner sur une demande prévue de 275 tonnes (Europe: 96,3). Les résultats enregistrés cette année-là ont cependant révélé un important déficit de quelque 50 tonnes. Selon Takeda, le prix de vente s'était effondré à la fin de 1993, en raison de l'arrivée sur le marché d'énormes quantités d'acide folique chinois.
(391) There was a further "top-level" meeting in vitamin C between Roche and Takeda on 10 April 1991 and by May the cartel was already functioning at the "operational" level (see recital 420), so the detailed terms of the agreement must have been settled by the latest at some time in the first quarter of 1991.
(382) Takeda indique que, au cours de la réunion de Tokyo avec Roche le 10 juin 1994, le président de sa division "vitamines et chimie fine" a annoncé à son homologue de chez Roche que l'accord "n'était plus en vigueur". Il s'agit de la dernière réunion connue entre Roche et Takeda concernant l'acide folique.
1.4.7.2. The basic scheme of the cartel
(383) Dans sa réponse à la communication des griefs, Sumika conteste certains des faits décrits par la Commission. Cependant, elle reconnaît en même temps qu'elle ne peut ni confirmer ni réfuter la plupart de ces faits, car il ne lui est plus possible de prendre contact avec les personnes qui étaient responsables de l'acide folique à l'époque des faits. Sumika relève plusieurs "erreurs" factuelles qui pourraient, selon elle, jeter un doute sur la fiabilité d'au moins certaines des preuves fournies par Takeda. Ces erreurs portent essentiellement sur l'identité des participants à certaines réunions et sur la nature des discussions menées lors de certaines réunions.
(392) The accepted principle on which the cartel in vitamin C was based was that the existing worldwide market share of the four producers should be stabilised.
(384) Néanmoins, Sumika admet avoir pris part aux réunions du 17 novembre 1992 et de février 1993, auxquelles Roche a participé. Elle reconnaît également avoir assisté aux réunions "Yosankai".
(393) To set the quotas themselves, the participants first determined the total market on the basis of their sales and estimated sales by the Chinese and East Europeans producers of vitamin C. Expected sales by third parties were deducted, the remainder of the market being defined as the "available market". Volume targets for each producer for the next period were set on the basis of their estimate of the "available market".
(385) En ce qui concerne la période 1991-1993, Sumika admet que "Takeda a demandé à Sumika et à Kongo de spécifier leurs exportations dans les statistiques relatives au dédouanement qui figuraient dans les statistiques commerciales publiées périodiquement par le gouvernement japonais et qu'elle recevait". Sumika déclare qu'elle est incapable de fournir des informations relatives à l'année 1993, mais confirme que, entre la mi-1993 et 1995, les entreprises concernées ont à nouveau échangé des données sur leurs exportations respectives à la demande de Takeda.
(394) The shares of the available market in 1990 (Roche 52 %, T 30 %, Merck 10 % and BASF 8 %) formed the basis for the allocations.
(386) Sumika conteste la conclusion de la Commission selon laquelle Takeda représentait les deux autres entreprises japonaises dans les négociations avec Roche. Cependant, cette conclusion correspond parfaitement aux faits, tels qu'ils sont décrits à la fois par Takeda et par Roche, ainsi qu'au fait que les exportations japonaises étaient ventilées très précisément lors des réunions "Yosankai".
(395) There was to be "parallel development of sales and market share", i.e. quotas were adjusted in volume terms to take account of increased demand while maintaining the same percentage shares and targets set each year by region. Sales would be monitored and the necessary corrections made quarterly.
(387) La Commission conclut que les arguments invoqués par Sumika pour contester les faits sont de peu de poids devant ce que cette entreprise reconnaît elle-même et devant les preuves détaillées fournies par Roche et Takeda. Ces arguments doivent donc être rejetés.
(396) As with the other vitamin products the producers would agree target prices and concert their price increases.
1.4.7. VITAMINE C (ACIDE ASCORBIQUE)
(397) The key customers were identified in each major national market, the idea being to fix a sales plan for each so that the producers could thus reinforce their efforts to raise prices in the market (see recitals 402 to 406).
1.4.7.1. Origine du cartel
1.4.7.3. Budgets
(388) Le cartel de la vitamine C a été mis en place en 1990-1991, apparemment à la suite d'une chute des prix de quelque 10 % en un an. Le 7 avril 1990, le directeur du marketing "vitamines" chez Roche a rencontré son homologue de Takeda à Bâle. Une autre réunion au sommet a eu lieu entre les deux premiers producteurs le 4 septembre 1990 à Zurich.
(398) The quota system was monitored on a running basis in a manner very similar to that employed for vitamins A and E and involving the establishment and implementation of "budgets". The following, from 1993 and 1994, can be taken as representative of the budget system for the whole duration of the cartels:
(389) En janvier 1991, Roche, BASF et Merck se sont rencontrées en Suisse, au niveau des directeurs "subalternes", afin de préparer la visite à Tokyo des hauts responsables de Roche et de BASF, qui était fixée aux 30 et 31 janvier.
- a document(28) reflecting the allocation of vitamin C volumes to each company on a regional basis for 1993 and 1994,
(390) Les 30 et 31 janvier 1991, les représentants de Roche ont rencontré leurs homologues de Takeda à Tokyo. Cette réunion a eu lieu à l'occasion de la visite au Japon de hauts responsables de Roche (et de BASF), qui ont rencontré une série de producteurs japonais de vitamines afin d'assurer leur entrée définitive dans les ententes sur divers produits, notamment les vitamines E, B1, B6 et C.
- a note used in the meeting of 25 May 1993; the handwritten annotations were made by a BASF employee. The numbers in the box headed "2nd estimation" set out the proposed new market division,
(391) Une autre réunion au sommet sur la vitamine C a été organisée entre Roche et Takeda le 10 avril 1991 et, en mai, le cartel fonctionnait déjà au niveau "opérationnel" (considérant 420) de sorte que les conditions détaillées de l'accord avaient dû être réglées au plus tard vers le début de l'année 1991.
- a document, headed "Confidential", shows (1) the "Ist" (meaning achieved sales) for Roche, Takeda, Merck and BASF in each geographical region for 1992 there are annotations comparing the actual sales with budget; (2) BASF's own "budget" for 1993 which was revised on several occasions. The remark is made in the bottom right-hand corner "1993 muss Kompensation für zuviel von Takeda 1992 erfolgen (burden sharing)." (In 1993 compensation must result from Takeda's exceeding quota in 1992 (burden-sharing)),
1.4.7.2. Principes directeurs du cartel
- a further document shows the corrections to the "budget" for 1993 resulting from a meeting held on 5 August 1993,
(392) Le principe reconnu sur lequel reposait le cartel de la vitamine C était le gel des parts du marché mondial détenues par les quatre producteurs.
- the sales of each producer by country and region for 1994 were also set out. An (unsuccessful) attempt seems to have been made to disguise the real nature of the data shown: the spreadsheet has four columns marked "VIPS"; "Lager", "Captive use" and lastly "Ist". A hand-written annotation however shows that the columns are in fact respectively "Roche", "Tak", "Merck" and "BASF" data.
(393) Pour calculer les quotas proprement dits, les participants déterminaient tout d'abord le marché total sur la base de leurs ventes et d'une estimation des ventes réalisées par les producteurs de vitamine C de Chine et d'Europe de l'Est. Les prévisions de ventes des tiers étaient déduites, le reste du marché étant défini comme le "marché disponible". Les objectifs de volume alloués à chaque producteur pour la période suivante étaient fixés sur la base de leur estimation du "marché disponible".
1.4.7.4. Target and minimum prices
(394) Les parts du marché disponible en 1990 (Roche 52 %, T 30 %, Merck 10 % et BASF 8 %) servaient de base à l'attribution des quotas.
(399) At the outset, the prices were fixed on a quarterly basis, later this exercise was an annual one. The usual system of "list", "target" and "lowest" prices was adopted; for Europe, the DEM price was used as the reference.
(395) Il fallait une "évolution parallèle des ventes et de la part de marché", autrement dit les quotas étaient corrigés en volume de manière à tenir compte de l'accroissement de la demande tout en maintenant chaque année et par région les mêmes parts de marché et les mêmes objectifs en pourcentage. Les ventes étaient surveillées et les corrections nécessaires apportées suivant une fréquence trimestrielle.
(400) During the first year (1991) the objective was to bring the market price from DEM 20/kg up to the "list" level of DEM 24/kg by increasing the "lowest" prices each quarter. "Lowest" prices were set in each national currency for 1 March, 1 July and 1 October 1991 (this latter increase for France and Italy only) and 1 January 1992. In DEM the "lowest" prices were 20,50, 22 and 24.
(396) Comme pour les autres produits vitaminiques, les producteurs arrêtaient des objectifs de prix et des augmentations de prix concertées.
(401) The "list" and "lowest" prices for vitamin C (and other vitamins) from 1 January 1992 to 1 April 1994 were as follows.
(397) Les clients clés sur chaque grand marché national étaient définis, l'idée étant de fixer un plan de vente pour chacun d'eux, de sorte que les producteurs puissent concentrer leurs efforts de relèvement des prix sur le marché (considérants 402 à 406).
>TABLE>
1.4.7.3. Budgets
1.4.7.5. Customer allocation/key accounts
(398) Le système des quotas faisait l'objet d'une surveillance continue, selon un mode très proche de celui qui était utilisé pour les vitamines A et E et comprenait l'établissement et l'exécution de "budgets". Les documents suivants, relatifs à 1993-1994, peuvent être considérés comme représentatifs du système de budgets appliqué pendant toute la durée des cartels:
(402) To underpin their concerted efforts to raise the price for vitamin C in each market, the producers conceived a sophisticated system for handling the "key accounts", i.e. important individual customers for which a detailed sales plan would be agreed.
- un document(26) qui reflète l'attribution des volumes de vitamine C par région à chaque entreprise pour 1993 et 1994,
(403) Takeda's note of a meeting with Roche on 15 and 16 May 1991, sets out clearly how the scheme operated at the time. For each "key customer" which is identified, the producers estimated its total annual demand and reported the price it was currently paying, ascertained whether this was under a tonnage or fixed-term contract and agreed who would supply what tonnage in 1991.
- une note qui a été utilisée lors de la réunion du 25 mai 1993. Les annotations manuscrites ont été apportées un employé de BASF. Les numéros figurant dans l'encadré intitulé "2nd estimation" présentent la nouvelle division du marché proposée,
(404) In some cases a producer asserted the right to supply exclusively a particular "traditional" customer; in others, it demanded that the business of that customer be split according to a particular set formula.
- un document (avec en tête la mention "confidentiel") montre: 1) la rubrique "Ist" (signifiant les ventes réalisées) pour Roche, Takeda, Merck et BASF dans chaque région géographique en 1992, comportant des annotations qui comparent les ventes réelles et le budget); 2) le "budget" établi par BASF pour 1993, qui a été révisé à plusieurs reprises. On peut lire, dans le coin inférieur droit, la remarque suivante: "En 1993, il faudra compenser le dépassement de quota effectué par Takeda en 1992 (répartition des charges)" (texte original en allemand),
(405) A refinement was brought to the key customer allocation system in May 1993. Takeda's note of a meeting of all four producers in Zurich on 25 May describes the new practice.
- un autre document montre les corrections apportées au "budget" 1993 à la suite de la réunion du 5 août 1993,
"Handling of key clients
- les ventes réalisées par chaque producteur, par pays et par région en 1994 étaient également indiquées. Il semble que l'on ait tenté (en vain) de dissimuler la nature réelle des données indiquées: la fiche comporte quatre colonnes marquées "VIPS", "Lager", "Captive Use" et enfin "Ist". Une annotation manuscrite montre cependant que les titres des colonnes étaient en fait respectivement les données "Roche", "Tak", "Merck" et "BASF".
1) Allocation of key European clients has been going on since 1991 but with little success. In order to ensure that key clients are better controlled, each company should take responsibility of one company for this. (R is at present controlling.) (Decision chairman)
1.4.7.4. Objectifs de prix et prix minimaux
e.g.
(399) Au départ, les prix étaient fixés tous les trimestres; par la suite, cette fixation s'est faite annuellement. Le système habituel des prix "catalogue", des "objectifs de prix" et des prix "plancher" a été adopté. Pour l'Europe, c'est le prix en DEM qui servait de référence.
B: Puratos
(400) Au cours de la première année (1991), l'objectif était de faire passer le prix du marché de 20 DEM/kg au prix "catalogue" de 24 DEM/kg en relevant tous les trimestres les prix plancher. Ces derniers étaient exprimés dans chaque monnaie nationale pour le 1er mars, le 1er juillet, le 1er octobre 1991 (pour la France et l'Italie seulement pour cette dernière date) et le 1er janvier 1992. Exprimés en DEM, les prix plancher étaient de 20,50, 22 et 24.
M: Astra
(401) Les prix "catalogue" et les prix "plancher" pour la vitamine C (et les autres vitamines) du 1er janvier 1992 au 1er avril 1994 étaient les suivants:
T: Kabi Pharma
>TABLE>
R: Bayer.
1.4.7.5. Répartition de la clientèle et des clients clés
2) Need for immediate implementation to gauge success. (Strong request from B) T stated that it would reply later since this was a European matter and arrangements would have to be made with Hamburg(29). However, T essentially agreed with this approach.
(402) Afin d'étayer leurs efforts concertés pour relever le prix de la vitamine C sur chaque marché, les producteurs ont conçu un système ingénieux de traitement des "clients clés", c'est-à-dire des clients importants pour lesquels un plan de vente détaillé serait arrêté.
3) Since R is extremely busy with its routine business, it was very enthusiastic about this proposal. However, since the proposal would mean that R would lose control over all key clients, it is difficult to say how the company really thinks in spite of its surface approval. It will be necessary to ask R directly about this matter."
(403) Une note de Takeda relative à la réunion avec Roche des 15 et 16 mai 1991 présente clairement le mode de fonctionnement du système à l'époque. Les producteurs estimaient la demande totale annuelle de chaque "client clé" identifié et indiquaient le prix qu'il payait alors, vérifiaient si le contrat conclu avec ce client portait sur un volume en tonnes ou était à durée déterminée et se mettaient ensuite d'accord sur l'entreprise qui approvisionnerait ce client en 1991 et sur le nombre de tonnes concernées.
(406) During their technical level meetings the four producers reported in some considerable detail on their supplies to each key customer and the prices which had been offered. One device applied, not always successfully, was customer "protection"(30):
(404) Dans certains cas, un producteur faisait valoir son droit d'approvisionner exclusivement un client "habituel" déterminé. Dans d'autres, il exigeait que les ventes réalisées avec ce client soient réparties selon une formule prédéterminée.
"ASTRA(S)
(405) Le système de répartition des clients clés a été encore affiné en mai 1993. Une note de Takeda relative à la réunion de Zurich du 25 mai entre les quatre producteurs décrit cette nouvelle pratique.
R and T support M and B.
"Traitement des clients clés
M and B divided share
1) La répartition des clients européens clés est appliquée depuis 1991, mais sans grand succès. Pour assurer un meilleur contrôle des clients clés, chaque entreprise sera chargée du contrôle d'une entreprise en particulier. (C'est R qui effectue actuellement ce contrôle.) (décision du président)
>TABLE>
par exemple:
Allocation of share unsuccessful in the case of Puratos. T in particular saw its share decrease owing to its observance of prices. B's arrangements particularly poor. T took the 1993 share in the case of Astra, but achieved zero in 1994."
B: Puratos
1.4.7.6. Coca Cola
M: Astra
(407) One of the largest customers worldwide was Coca Cola whose total requirements of vitamin C are in excess of 1000 tonnes per year. For this major account, which received special treatment, Coca Cola negotiated a worldwide supply contract with its suppliers, the vitamin producers agreed between themselves how the business would be shared between them and the prices quoted. The minute of the bilateral meeting between Takeda and Roche of 10 November 1993 reads:
T: Kabi Pharma
"(6) Regarding the pool contract toward Coca Cola for 1994
R: Bayer
Situation of first offer
2) Nécessité d'une mise en oeuvre immédiate pour juger du succès de ce système. (Demande pressante de B) T déclare qu'elle répondra plus tard, car il s'agit d'une question européenne qu'il faudra régler avec Hambourg(27). T est néanmoins d'accord sur le fond avec cette approche.
>TABLE>
3) R étant très prise par ses affaires courantes, elle est très enthousiasmée par cette proposition. Toutefois, comme cette proposition signifierait pour R une perte de contrôle sur tous ses clients clés, il est difficile de savoir ce que pense réellement cette entreprise en dépit de son apparente approbation. Il faudra interroger R directement à ce sujet."
The dates for negotiations in Puerto Rico have not yet been decided."
(texte original en anglais).
(408) In later meetings the producers argued over their respective shares of Coca Cola business in the different regions:
(406) Au cours de leurs réunions au niveau technique, les quatre producteurs donnaient une foule de précisions sur ce qu'ils avaient livré à chaque client clé et sur les prix proposés. Une devise s'appliquait, pas toujours avec succès: la "protection" du client(28):
"(4) 1994 contract with Coca Cola
"ASTRA(S)
- R was forced to accept a lower share. The question in the United States of America was solved at the local discussions. Orders received from Kellogg.
R et T soutiennent M et B.
- Europe: demand for supplementation [sic] from B and M at the meeting between the four parties.
M et B ont divisé la part
- The 9 tons at USD 17,00 CIF intended by T for Austria would appear to be a penalty placed on R by Mr. [...]. This can't be helped if Mr. [...] is going to buy from expensive sources."
>TABLE>
(409) In further discussions on their joint strategy towards Coca Cola, Roche drew attention to the fact that Merck and BASF had slightly lowered their prices (below Roche's quota) and obtained a "pool contract" for Europe. BASF defended itself on the ground that it had been "steamrollered" by Coca Cola into lowering its price.
Échec de la répartition de la part dans le cas de Puratos. T en particulier a vu sa part diminuer en raison de son respect des prix. Dispositions concernant B particulièrement peu satisfaisantes. T a pris la part de 1993 dans le cas d'Astra, mais a obtenu zéro en 1994."
"- T said that they thought the preliminary discussions had been successful and supported R (the Japanese market had developed exactly as T had hoped). However, as pointed out by B and M, it would be a good idea if more time could be spent on the next occasion considering how to deal with Coca Cola. They proposed that, on the next occasion, prices should not be made uniform but should be set differently for each country so that different prices could be offered for different markets. If this were not done, Coca Cola would always attempt to conclude all its contracts at the lower market price. (The three parties all seemed to agree on this). On the next occasion the preliminary meeting will be based on price offers differing according to region."
(texte original en anglais).
(410) In discussions as to Coca Cola's 1995 requirements, Roche proposed that the producers should "sit down together" to coordinate their position as soon as Coca Cola started prospecting the suppliers in October. BASF and Merck agreed immediately to the Roche proposal; Takeda was non-committal on detail, it was the first multilateral meeting on vitamin C which it had attended "in an adversary's country", but promised that "we could extend our cooperation as usual."
1.4.7.6. Coca-Cola
(411) As late as the last documented meeting for vitamin C in August 1995 the producers were colluding on their forthcoming (separate) negotiations with Coca Cola:
(407) L'un des plus gros clients mondiaux était Coca-Cola, dont les besoins totaux en vitamine C dépassent 1000 tonnes par an. Pour ce gros client, qui bénéficiait d'un traitement spécial (Coca-Cola a négocié un contrat de fourniture mondial avec ses fournisseurs), les producteurs de vitamines sont convenus entre eux de la répartition des ventes et des prix à proposer. Le compte rendu de la réunion bilatérale du 10 novembre 1993 entre Takeda et Roche comprend les mentions suivantes:
"R(oche) stated that for (1996) Coca Cola would ask each company for an offer by the end of October/early November, and each company would negotiate with Coca Cola in early December in Puerto Rico. Furthermore, R stated that due to the reduction in demand in Europe and the US, the total sales volume would be less than in previous years. (...) Our company (Takeda) stated that in 1996 we should keep the position that the Japanese and the US entities are the main suppliers and that we want to keep the same level of price as in 1995 although presently it is difficult to increase the price. Each country agreed that they would offer a higher price."
"(6) En ce qui concerne le contrat commun avec Coca-Cola pour 1994
1.4.7.7. Pfizer contract
Situation de la première offre
(412) The cartel also discussed the supply contracts which Roche had with the pharmaceutical company Pfizer. This contract was renewed every two years. Takeda's report of its meeting with Roche in February 1993 read as follows:
>TABLE>
"1. Stopping supplies to Pfizer
Les dates des négociations à Porto Rico n'ont pas encore été fixées."
R supplies approx. 2,000 tons to Pfizer. However, they are unable to control the price properly, so that they will stop supplies within this FY.
(texte original en anglais).
R would like Takeda not to supply Pfizer if they contact Takeda. We will let Tokyo know, and T will also not supply Pfizer."
(408) Au cours de réunions ultérieures, les producteurs ont discuté de leurs parts respectives des ventes à Coca-Cola dans les différentes régions:
(413) It appears that Takeda became anxious for Roche to stop supplying Pfizer, or at least cut deliveries substantially. Takeda's detailed minute of the bilateral meeting with Roche on 10 November 1993 in Japan sets out the discussions on this point:
"(4) contrat de 1994 avec Coca-Cola
"(4) Supply contract between Pfizer and R
- R a été contrainte d'accepter une part moindre. La question a été réglée aux États-Unis lors des discussions locales. Commandes reçues de Kellogg.
R had been telling T that the present contract will be completed at the end of 1993. However, they explained at this time that the contract ended next year, at the end of 1994. When we questioned the different explanation from before, the answer was that the contract was renewed every 2 years, and that the end of 1994 was at the end of a contract period.
- Europe: demande de complément [sic] de la part de B et de M à la réunion entre les quatre parties.
They mentioned that they had been cutting supplies since 1993, but did not answer how much they were supplying and how many tons had been cut.
- Les 9 tonnes à 17,00 USD CAF destinées par T à l'Autriche apparaîtraient comme une sanction de M. [...] contre R. On ne peut l'empêcher si M. [...] s'approvisionne auprès de fournisseurs chers."
In addition, regarding their supply regions, they could not check regional supplies because Pfizer was supplying all over Europe, and the only documentation on the distribution was on Pfizer's reports."
(texte original en anglais).
(414) Roche reported later that when the agreement expired in December 1994, it would not be renewed. Roche requested the other producers not to supply; BASF and Takeda confirmed they had not received any approaches from Pfizer.
(409) Dans des discussions ultérieures sur leur stratégie commune à l'égard de Coca-Cola, Roche a attiré l'attention sur le fait que Merck et BASF avaient légèrement baissé leurs prix (en deçà de l'offre de Roche) et avaient obtenu un "contrat commun" pour l'Europe. BASF s'est justifiée en disant que l'effet de "rouleau compresseur" exercé par Coca-Cola l'avait contrainte à baisser son prix.
1.4.7.8. Cartel meetings
"- T a déclaré qu'elle pensait que les discussions préliminaires avaient été un succès et a soutenu R (le marché japonais s'était développé exactement comme T l'avait espéré). Cependant, comme B et M l'ont souligné, ce serait une bonne idée de consacrer plus de temps, la prochaine fois, à l'examen du traitement à réserver à Coca-Cola. Elles ont proposé que la prochaine fois, les prix ne soient pas uniformisés, mais soient au contraire différenciés pour chaque pays, de manière à pouvoir proposer des prix différents pour les différents marchés. Dans le cas contraire, Coca-Cola essaierait toujours de conclure tous ses contrats au prix du marché le plus bas. (Les trois parties ont toutes semblé d'accord sur ce point). La prochaine fois, la réunion préliminaire se fera sur la base d'offres de prix différentes selon les régions." (texte original en anglais).
(415) As with the other vitamins, quarterly meetings were held for the purpose of implementing the cartel agreements. From 1991 to May 1993, the meetings usually took place in Basel; participants during this period were Roche, BASF and Merck. Takeda refused to attend the multilateral cartel meetings with BASF and Merck but held "one to one" meetings with Roche.
(410) Au cours des discussions sur les besoins de Coca-Cola pour 1995, Roche a proposé que les producteurs "s'assoient autour de la table" afin de coordonner leurs positions dès que Coca-Cola commencerait, en octobre, à prospecter les fournisseurs. BASF et Merck ont soutenu immédiatement la proposition de Roche. Takeda est restée évasive sur les détails (il s'agissait de la première réunion multilatérale sur la vitamine C à laquelle elle assistait "dans le pays d'un adversaire"), mais a promis "qu'elle coopérerait comme d'habitude".
(416) These quarterly meetings, at which Roche spoke for Takeda, were concerned with the following:
(411) À la dernière réunion consacrée à la vitamine C pour laquelle on dispose de documents, c'est-à-dire en août 1995, les producteurs discutaient encore de leurs prochaines négociations (séparées) avec Coca-Cola:
- monitoring of the agreement;
"R(oche) a indiqué que pour [1996], Coca-Cola demanderait à chaque entreprise de présenter une offre pour fin octobre/début novembre et que chaque entreprise négocierait avec Coca-Cola début décembre à Porto Rico... En outre, R ajoutait qu'en raison de la baisse de la demande en Europe et aux États-Unis, le volume total des ventes serait plus faible que les années précédentes. (...) Notre entreprise [Takeda] a déclaré qu'en 1996, nous devions nous en tenir à la position selon laquelle les sociétés japonaises et américaines sont les principaux fournisseurs et que nous voulions maintenir le même niveau de prix qu'en 1995 même si, actuellement, il est difficile de relever les prix. Chaque pays a accepté d'offrir un prix plus élevé."
- adjustments to bring actual results in line with targets;
(texte original en anglais).
- agreement on prices and market shares.
1.4.7.7. Contrat avec Pfizer
(417) The participating producers and Takeda communicated their sales to Roche which reported the overall results per company back to the group.
(412) Le cartel a également discuté des contrats de fourniture que Roche avait conclus avec l'entreprise pharmaceutique Pfizer. Ce contrat était renouvelé tous les deux ans. Il est écrit, dans le compte rendu par Takeda de sa réunion de février 1993 avec Roche:
(418) Roche representatives usually met separately with Takeda, either in Tokyo or in Basel. Roche's bilateral meetings with Takeda sometimes covered the range of vitamins which they produced in common (vitamin B1, B2, B6, C and folic acid); other cartel meetings were concerned with vitamin C only.
"1. Arrêt de l'approvisionnement de Pfizer
(419) Indeed, Roche invited Takeda on 13 April 1992 to take part in the quarterly European meetings with itself, BASF and Merck: Takeda had however declined "due to our company policy. But if there is an important topic, like an allocation sales plan, we tentatively join the meeting. Of course we continue the meeting(s) with R as (at) present." Takeda started attending multilateral meetings in May 1993.
R fournit quelque 2000 tonnes à Pfizer, mais elle est incapable de contrôler les prix correctement, de sorte qu'elle cessera les approvisionnements pendant l'exercice financier en cours.
1.4.7.9. The operation of the cartel (1991 to 1995)
R voudrait que Takeda ne livre pas à Pfizer si cette dernière contacte Takeda. Nous informerons Tokyo, et T n'approvisionnera pas non plus Pfizer."
(420) The first bilateral meeting between Roche and Takeda for which a detailed record is available was held on 15 and 16 May 1991. Representatives of Takeda met the Manager responsible for vitamin C at Roche, the two product managers and area managers for each European region.
(texte original en anglais).
(421) The purpose of the meeting was "to discuss (...) the price increasing results in March and April, and the lowest price for the third quarter, the fourth quarter '91 and the first quarter '92 by country with the demand and share of the big clients with (the) four area managers." Takeda had announced a price increase effective 1 March.
(413) Il apparaît que Takeda tenait beaucoup à ce que Roche cesse d'approvisionner Pfizer, ou du moins diminue sensiblement ses livraisons. Le procès-verbal circonstancié que Takeda a établi au sujet de la réunion bilatérale du 10 novembre 1993 au Japon expose les discussions sur ce point:
(422) In its summary of the outcome of the meeting Takeda reports that "we confirmed the key clients with the '90 results and '91 plan with the exceptional contracts which are still (at) old prices made before 1st of March '91."
"(4) Contrat de fourniture entre Pfizer et R
(423) The minimum price for the third quarter was agreed, but Takeda did not at this stage accept the Roche proposal to fix the European sales quotas for 1991 on a country-by-country basis.
R avait dit à T que le contrat actuel arriverait à son terme fin 1993. Elle a expliqué toutefois que le contrat expirait l'an prochain, c'est-à-dire fin 1994. Lorsque nous avons mis en doute les différentes explications données précédemment, la réponse a été que le contrat était renouvelé tous les deux ans et que la fin de l'année 1994 marquait la fin de la durée du contrat.
(424) The meeting had been called by Roche which explained that while it had been attempting to raise the price level for the past 4 or 5 years, the present price level of DEM 20,50 was too low. BASF did not (it said) always follow Roche's pricing locally; BASF's top management had however promised Roche that if it (Roche) found that BASF's prices disturbed the market, it could inform BASF top management which would then "change the local organisation."
Elle a précisé qu'elle réduisait ses livraisons depuis 1993, mais n'a pas donné de réponse quant aux quantités livrées et aux réductions opérées en nombre de tonnes.
(425) Takeda complained that it had announced the new price level in Europe from 1 March 1991 but had lost business to Roche and BASF who had sold below the agreed price. If it did not get evidence that the European producers were following its price in May and June, it would "react" against them. Roche sought to defuse the situation by explaining that no new business had been accepted below the new price since 1 March; there were however still outstanding contracts at the old price.
En outre, en ce qui concerne les régions qu'elle approvisionne, elle n'a pas pu vérifier les fournitures régionales parce que Pfizer approvisionne toute l'Europe et que les seuls documents disponibles sur la distribution sont les rapports de Pfizer."
(426) The discussions with the area management of Roche are reported in minute detail for each country. Total demand for 1991 is assessed and the results for the previous year (1990) exchanged. The key customers in each market are identified and allocated, their contractual arrangements are discussed individually and information is exchanged about their precise tonnage requirements and the prices they are being, or will be, offered. In some cases specific agreement is made about dividing their business or increasing the price. For each national market a "sales plan" for 1991 is agreed.
(texte original en anglais).
(427) Takeda's report of its reaction to the Roche proposal to fix sales quotas for each national market is revealing of its ambivalent attitude to the rules of competition and antitrust law:
(414) Roche a fait savoir par la suite que, lorsque le contrat arriverait à expiration en décembre 1994, il ne serait pas renouvelé. Elle a demandé aux autres producteurs de ne pas approvisionner Pfizer. BASF et Takeda ont confirmé ne pas avoir été contactées par Pfizer.
"His [the area manager of Roche for western Europe] idea is, it is not enough to exchange the figures of key clients, but it is necessary to fix the figures (...) country by country, in order to attain our policy.
1.4.7.8. Réunions du cartel
Not only Mr. [...] but also Basel people strongly requested us to fix the figures by country.
(415) Comme pour les autres vitamines, des réunions trimestrielles étaient organisées afin de mettre en oeuvre les accords constitutifs de l'entente. De 1991 à mai 1993, les réunions se déroulaient habituellement à Bâle. Pendant toute cette période, les participants étaient Roche, BASF et Merck. Takeda refusait d'assister aux réunions multilatérales de l'entente avec BASF et Merck, mais tenait des réunions "en tête-à-tête" avec Roche.
We denied their proposal due to the legal point of views (sic), but they will propose it again in the next meeting on 23 May 91."
(416) L'ordre du jour de ces réunions trimestrielles, dans le cadre desquelles Roche parlait au nom de Takeda, était le suivant:
(428) Takeda's report concludes with a list of the minimum prices agreed in each national currency effective on 1 March, 1 July and 1 October 1991 and 1 January 1992 (see recital 400).
- surveillance de l'accord,
(429) At the beginning of 1993 worldwide sales results for 1992 were exchanged and Takeda was shown to have exceeded its quota by 4 %. The position was as follows: Takeda 104 % of quota, Roche 95,6 %, Merck 85,6 % and BASF 88,5 %.
- corrections à apporter de manière à mettre les résultats réels en conformité avec les objectifs,
(430) For 1993, the producers estimated the total world market at 43225 tonnes, to be divided on the basis of the agreed 1992 sales plan. Takeda argued that it was unfair that the 1992 results were not reflected in the 1993 quotas: a party which failed to make adequate efforts to meet its sales quota should (it claimed) have its share reduced. Roche however insisted on the continuation of the basic agreement (see recitals 392 to 397).
- accord sur les prix et les parts de marché.
(431) The Chinese manufacturers of vitamin C, which had made substantial investment in new production facilities, began at about this time to make incursions into the world vitamin C market. Their low prices and increasing volumes disrupted the cartel arrangements of the other producers. One short-term solution canvassed by the cartel was to buy up Chinese products.
(417) Les producteurs participants, ainsi que Takeda, communiquaient leurs chiffres de vente à Roche qui indiquait en retour au groupe les résultats totaux par entreprise.
(432) In early 1993, BASF held a meeting at its Ludwigshafen headquarters with Roche and Merck to consider the perceived threat from the Chinese producers. Roche proposed in this meeting that the European producers and Takeda should restrict their output and raise prices in the second, third and last quarters of 1993. Roche however claims that at this time it was planning to reduce vitamin C prices by 12 %.
(418) Les représentants de Roche tenaient habituellement des réunions séparées avec Takeda, soit à Tokyo, soit à Bâle. Les réunions bilatérales entre Roche et Takeda couvraient parfois toute leur gamme commune de vitamines (vitamines B1, B2, B6, C et acide folique). Les autres réunions du cartel ne portaient que sur la vitamine C.
(433) What would appear to be a detailed note of this meeting was supplied by BASF and shows that whatever Roche now asserts, "target" prices for the second, third and fourth quarters were to be DEM 25, DEM 26 and DEM 27. Indeed the minutes of Roche's area managers' meeting held on 15 to 18 June 1993 describes its "firm" pricing policy in vitamin C.
(419) Le 13 avril 1992, Roche a convié Takeda à participer aux réunions européennes trimestrielles entre elle-même, BASF et Merck: Takeda a néanmoins décliné cette offre "en raison de la politique de notre entreprise. Mais si une question importante est à l'ordre du jour, comme un plan de répartition des ventes, nous essaierons d'assister à la réunion, mais sans garantie. Naturellement, nous maintenons le système actuel de réunions avec R." (texte original en anglais). Takeda a commencé à assister aux réunions multilatérales en mai 1993.
(434) The other two European producers agreed to Roche's proposal on restricting output provided Takeda agreed, which it did.
1.4.7.9. Fonctionnement du cartel de 1991 à 1995
(435) Takeda's report of 19 April 1993 on Roche's pricing policy confirms that Roche had announced its price increase (list: DEM 28,00/kg) effective on 1 April through the trade press, although in practice it was expected to devote a real effort to increasing effective prices in Europe only from July.
(420) La première réunion bilatérale entre Roche et Takeda pour laquelle on dispose d'un compte rendu détaillé est celle des 15 et 16 mai 1991. Des représentants de Takeda ont rencontré le directeur responsable de la vitamine C chez Roche, les deux directeurs de produit et les directeurs régionaux de chaque région d'Europe.
(436) On or about 25 May 1993, the producers held a follow-up meeting at Zurich airport which was the first multilateral meeting attended by Takeda. Roche's proposal for restricting production with a 5 % cut in the 1993 allocations was put to Takeda. Takeda would not agree to a 5 % cut across the board, arguing instead that "the more rational approach would be to adjust the allocation in accordance with rates of achievement in different areas". Its counter-proposal would have given it an adjusted quota worldwide of 13014 tonnes, compared with its original 13310 tonne allocation.
(421) L'objet de cette réunion était "de discuter (...) avec les quatre directeurs régionaux des résultats enregistrés en mars et en avril en matière de hausse des prix, du prix plancher par pays pour les troisième et quatrième trimestres de 1991 et pour le premier trimestre de 1992, ainsi que de la demande et de la part des gros clients". Takeda avait annoncé un relèvement des prix qui prendrait effet le 1er mars.
(437) A compromise was reached to the effect that the three European producers should have a quota reduction of 2,5 % and Takeda 2,2 %, with further consultations probably necessary to determine whether or not further adjustments were required. BASF has provided its working papers intended for this meeting showing the details of the proposal for a 5 % cut and the compromise solution.
(422) Dans son résumé sur l'issue de la réunion, Takeda indique que "nous avons confirmé les clients clés, les résultats de 1990 et le plan de 1991, ainsi que les contrats exceptionnels conclus avant le 1er mars 1991 et qui appliquent encore les anciens prix" (texte original en anglais).
(438) It was also at this Zurich meeting that an agreement in principle was reached on implementing a scheme to improve the operation of the customer allocation system by having each producer take the responsibility for a particular key customer.
(423) Le prix minimal pour le troisième trimestre a été arrêté, mais à ce stade, Takeda n'a pas accepté la proposition de Roche de fixer les quotas de vente européens pour 1991 pays par pays.
(439) The four producers met again on 5 August 1993 in BASF's offices in Frankfurt. Takeda has provided a detailed contemporaneous memorandum. Following an exchange of data it was confirmed that the 2,5 % cut referred to as a "voluntary target" had more or less been achieved during the first six months of 1993. Price increases to DEM 25,00 were being implemented in Europe.
(424) C'est Roche qui avait convoqué la réunion et qui a expliqué que, tandis qu'elle s'était efforcée, au cours des quatre à cinq dernières années, de relever le niveau de prix, le niveau de prix atteint (20,50 DEM) était trop bas. BASF ne suivait pas toujours, disait-elle, les prix pratiqués par Roche au niveau local. La direction générale de BASF avait cependant promis à Roche que si celle-ci (c'est-à-dire Roche) constatait que les prix de BASF déstabilisaient le marché, elle pouvait en informer les dirigeants de BASF qui alors "modifieraient l'organisation locale".
(440) For the year as a whole, given the unexpected increase in Chinese exports, the European producers repeated their proposal for the 5 % cut to be imposed, a suggestion opposed by Takeda: the US market for vitamin C was growing fast and it would (Takeda argued) be absurd to compensate for increased sales in America by cutting back in other regions.
(425) Takeda s'est plainte de ce qu'elle avait annoncé le nouveau niveau de prix applicable en Europe à compter du 1er mars 1991, mais avait vu ses ventes baisser au profit de Roche et de BASF, qui avaient vendu au-dessous du prix convenu: si elle n'obtenait pas la preuve que les producteurs européens s'alignaient sur son prix en mai et juin, elle prendrait des mesures à leur encontre. Roche a essayé de désamorcer la situation en expliquant qu'aucun nouveau contrat n'avait été accepté en deçà du nouveau prix depuis le 1er mars. Il restait cependant des contrats en cours à l'ancien prix.
(441) Roche reiterated the basic principles of the agreement reached in 1991, BASF's representative noted them down. Each company produced its own proposals for a volume reduction scheme. Takeda's own proposal for volume cuts, awarding itself the lowest reduction provoked vociferous opposition from the other participants. Takeda's notes state that it "proved impossible to reach agreement on this matter".
(426) Les discussions avec les directeurs régionaux de Roche sont rapportées par le menu pour chaque pays. La demande totale pour 1991 a été évaluée et des informations sur les résultats de l'année précédente (1990) ont été échangées. Les clients clés sur chaque marché ont été déterminés et répartis, les conditions contractuelles conclues avec chacun d'eux ont été examinées cas par cas et des informations ont été échangées sur leurs besoins exacts en nombre de tonnes et les prix qui leur étaient, ou leur seraient, proposés. Dans certains cas, la répartition des ventes d'un client ou le relèvement du prix ont fait l'objet d'un accord particulier. Pour chaque marché national, un "plan de vente" pour 1991 a été adopté.
(442) According to BASF however, the three European producers presented Takeda with an ultimatum: unless it agreed to cut back its vitamin C sales, they would withdraw from the agreement. "Takeda relented and new lower vitamin C volume allocations were agreed among the four companies."
(427) Le compte rendu établi par Takeda dans lequel l'entreprise expose sa réaction à la proposition de Roche de fixer des quotas de vente pour chaque marché national est révélateur de son comportement ambivalent à l'égard des règles de concurrence et de la législation sur les ententes:
(443) Takeda's minutes of its working level meeting with Roche covering several vitamins in Tokyo on 10 November 1993 confirms that new volume allocations had been agreed for vitamin C in the August meeting: sales results for the four companies in the period January to September were "within the allotment of 73,6 %".
"Son [le directeur régional de Roche pour l'Europe occidentale] idée est qu'il ne suffit pas d'échanger des données chiffrées sur les clients clés, mais qu'il est nécessaire de fixer les chiffres (...) pays par pays, pour pouvoir atteindre nos objectifs.
(444) However, Takeda returned to its favourite theme that it was "unreasonable to ensure the continuation of 1990 shares without any conditions, and that it was necessary to consider cuts in allotment for B and M who are directly influenced by the Chinese products." Roche replied that if allotment cuts were mentioned to BASF and Merck they would stop following the scheme and bring chaos to the market with their low prices: "It is therefore necessary to continue this basic agreement to maintain shares. The present system should be maintained because it is now most important to keep the present prices."
Non seulement M. [...] mais aussi les personnes présentes à Bâle ont insisté pour que nous fixions les chiffres par pays.
(445) Roche proposed a new scheme for the 1994 volume allocations, with "active" and "passive" quotas for each region. In the next day's "top management" meeting the quantity allotment for 1994, together with tentative plans to increase the market price in Europe on 1 January to DEM 25,00, and on 1 April to DEM 26,00, were agreed.
Nous avons rejeté leur proposition pour des raisons légales (sic), mais ils présenteront à nouveau cette proposition lors de la prochaine réunion, le 23 mai 1991."
(446) On 8 February 1994, all four vitamin C producers agreed in a meeting in Basel to continue in 1994 the basic agreement to freeze their shares at 1990 levels. While the three European producers stressed the importance of maintaining the 1990 market shares, Takeda had serious reservations and (by its account) only compromised in order to ensure BASF and Merck remained in the four-party discussions (they had threatened to walk out unless Takeda agreed to abide by the market shares fixed in the 1990 agreement).
(texte original en anglais).
(447) After the usual exchange of information on the 1993 results, with each company explaining the reasons for any deviation from target, Takeda proposed that the four producers should purchase Chinese products in accordance with their shares so as to remove it from the market. Since there would be implications for the shares fixed in the 1990 "basic agreement", which Roche insisted were immutable, the Takeda proposal was rejected. As in previous years, the planning for 1994 therefore excluded Chinese material from the estimate of total demand. The price policy for Europe was confirmed but it was finally decided to go for DEM 25,50 instead of DEM 26,00 on 1 April 1994.
(428) Takeda conclut son compte rendu par une liste des prix minimaux convenus dans chaque monnaie nationale, qui devaient prendre effet le 1er mars, le 1er juillet et le 1er octobre 1991 ainsi que le 1er janvier 1992 (considérant 400).
(448) The Chinese producers continued to sell at prices which threatened the stability of the cartel. According to BASF, the price for vitamin C had as a result fallen by around one third by 1995.
(429) Début 1993, des données sur les ventes mondiales réalisées en 1992 ont été échangées, et il en est ressorti que Takeda avait dépassé son quota de 4 %. La situation était la suivante: Takeda 104 % de son quota, Roche 95,6 %, Merck 85,6 % et BASF 88,5 %.
(449) By this time, Takeda was regularly sending a representative to the European meetings although ostensibly remaining non-committal as to the permanence of its participation. BASF states that the quarterly European meetings were marked by increasing tensions between Roche and Takeda; Roche accused the Japanese producer of cheating by misstating its real sales.
(430) Pour 1993, les producteurs ont estimé à 43225 tonnes le marché mondial total, ce volume devant être réparti sur la base du plan de vente adopté pour 1992. Takeda a rétorqué qu'il était injuste que les résultats de 1992 n'aient pas été pris en considération dans les quotas pour 1993: toute partie qui ne faisait pas suffisamment d'efforts pour respecter son quota de vente devait (selon elle) voir sa part réduite. Roche a toutefois insisté pour que l'on maintienne l'accord de base (considérants 397 à 392).
(450) In March 1995 the regional quotas for each producer for 1995 were confirmed as "firm and final".
(431) Les producteurs chinois de vitamine C, qui avaient réalisé de lourds investissements dans de nouvelles installations de production, ont commencé vers cette époque à faire des incursions sur le marché mondial de la vitamine C. Les prix bas qu'ils pratiquaient et la croissance de leurs volumes ont déstabilisé l'entente des autres producteurs. L'une des solutions à court terme explorées par le cartel était d'acheter tous les produits chinois.
(451) Roche claims it announced in mid-1995 that it was ending the vitamin C agreements. The last meeting was apparently held in Hong Kong in August of that year. However, there is no indication in Takeda's full notes of this global meeting, held on 24 August, that the four producers had in fact decided to terminate their arrangements. Nevertheless, business was carried on as usual, including making forecasts for the period July to December 1995 and the setting sales quotas and minimum prices for each region.
(432) Au début de 1993, BASF a tenu une réunion à son siège social de Ludwigshafen avec Roche et Merck, afin d'examiner ce qui était perçu comme une menace de la part des producteurs chinois. Roche a proposé, lors de cette réunion, que les producteurs européens ainsi que Takeda limitent leur production et relèvent les prix au cours des deuxième, troisième et quatrième trimestres de 1993. Roche objecte cependant que, à l'époque, elle envisageait de baisser les prix de la vitamine C de 12 %.
(452) They did however identify one disagreeable irritant that might disturb their arrangements. As a result of a recent criminal investigation in the United States of America involving ADM, the four companies agreed in that meeting on "complete security".
(433) Un document qui paraît constituer une note détaillée sur cette réunion a été communiqué par BASF et montre que, quoi que soutienne actuellement Roche, les objectifs de prix pour les deuxième, troisième et quatrième trimestres étaient respectivement 25, 26 et 27 DEM. Le compte rendu des directeurs régionaux de Roche sur la réunion du 15 au 18 juin 1993 décrit d'ailleurs la politique de prix "ferme" de cette société en ce qui concerne la vitamine C.
"Also the four companies agreed that for the time-being, direct contact with the subsidiary (sic) in the US would be suspended. Any contact would be made with the headquarters (...). This is because R(oche) USA has been requested to submit documents in connection with (an investigation into) citric acid. Also, we are concerned that after the summer vacation, the EU Commission might take some action, although currently, the US situation does not have any influence on Europe."
(434) Les deux autres producteurs européens se sont ralliés à la proposition de Roche de limiter la production, sous réserve que Takeda accepte également, ce qu'elle a fait.
(453) As usual, the producers reviewed their achieved sales volumes (for the period January to June 1995) and the total available market (for July to December).
(435) Le compte rendu de Takeda du 19 avril 1993 sur la politique de prix de Roche confirme que cette dernière avait annoncé son augmentation de prix (prix "catalogue": 28 DEM/kg), qui devait prendre effet le 1er avril, par voie de presse spécialisée, même si, en pratique, elle n'était censée faire de réels efforts pour augmenter les prix en Europe qu'à compter de juillet.
(454) In Europe total demand had gone down and the influx of Chinese material had increased rapidly. As against a forecast "available market" in Europe of 11078 tonnes for the year 1995, the estimate had to be revised downward to 9500 tonnes. Takeda notes "... a reduction in sales quotas for the companies had been set at the August 11 regional meeting, which our sales company attended, and the reduced sales amounts were already agreed upon by the four companies".
(436) Le 25 mai 1993 ou vers cette date, les producteurs ont tenu une réunion de suivi à l'aéroport de Zurich, qui fut la première réunion multilatérale à laquelle assistait Takeda. La proposition de Roche de restreindre la production et de réduire les quotas de 1993 de 5 % a été exposée à Takeda. Cette dernière n'acceptait pas la réduction générale de 5 % et faisait valoir à la place que " l'approche la plus rationnelle consisterait à adapter la répartition des quotas en fonction des résultats enregistrés dans les différentes régions" (texte original en anglais). Sa contre-proposition lui aurait permis d'obtenir un quota mondial corrigé de 13014 tonnes, contre les 13310 tonnes qui lui avaient été allouées au départ.
(455) Contrary to BASF's claims that by then prices had fallen to only DEM 15/kg, the Takeda note of the 24 August meeting shows that the minimum sales price agreed by the four producers at the European Regional meeting of DEM 24/kg to DEM 23,50/kg were confirmed. Indeed, Roche volunteered the forecast that the European price would remain at DEM 24/kg.
(437) Aux termes du compromis sur lequel la réunion a débouché, les trois producteurs européens voyaient leurs quotas diminués de 2,5 % tandis que le quota de Takeda était réduit de 2,2 %. Des consultations complémentaires seraient en outre probablement nécessaires pour déterminer si d'autres ajustements s'imposaient. BASF a communiqué ses documents de travail pour cette réunion, qui présentent en détail la proposition de réduction de 5 % et le compromis trouvé.
(456) In a separate bilateral meeting between Takeda and Roche, Takeda even requested a "review and revision" of the agreement, to which Roche responded that "there was no problem with the current system and the two other companies would not agree to any amendments."
(438) C'est également à cette réunion de Zurich qu'un accord de principe a été conclu sur la mise en oeuvre d'un mécanisme visant à améliorer le fonctionnement du système de répartition de la clientèle en confiant à chaque producteur la responsabilité d'un client clé déterminé.
(457) At what precise stage the agreement for vitamin C was abandoned is not documented, but by mid-1996 Roche's lowest price had been reduced to around DEM 20/kg (list: DEM 25/kg).
(439) Les quatre producteurs se sont rencontrés à nouveau le 5 août 1993 dans les bureaux de BASF à Francfort. Takeda a fourni une note circonstanciée rédigée à l'époque des faits. Après un échange de données, la confirmation a été donnée que la réduction de 2,5 %, désignée par le terme d'"objectif volontaire", avait été plus ou moins réalisée au cours du premier semestre de 1993. Les augmentations visant à faire passer le prix à 25 DEM étaient en cours en Europe.
(458) The development of the price level for vitamin C over the duration of the cartel and after it ended is shown in Table VIII in the Annex.
(440) Pour l'ensemble de cette année, étant donné la progression inattendue des exportations chinoises, les producteurs européens ont renouvelé leur proposition de réduction de 5 %, mais Takeda s'y est opposée: le marché américain de la vitamine C connaissait une croissance rapide et il serait (d'après Takeda) absurde de compenser la progression des ventes en Amérique par une réduction dans les autres régions.
1.4.8. VITAMIN D3
(441) Roche a rappelé les principes de base de l'accord conclu en 1991, le représentant de BASF en ayant pris note par écrit. Chaque entreprise a présenté ses propres propositions sur un système de réduction des volumes. La proposition faite par Takeda, qui s'octroyait la réduction la plus faible, a provoqué de très vives protestations de la part des autres participants. Les notes prises par Takeda indiquent qu'il a été "impossible de parvenir à un accord sur la question".
1.4.8.1. The origin of the cartel
(442) D'après BASF, toutefois, les trois producteurs européens ont lancé un ultimatum à Takeda: si Takeda n'acceptait pas de diminuer ses ventes de vitamine C, ils se retireraient de l'accord. "Takeda se laissa fléchir et de nouveaux quotas de vitamine C inférieurs furent convenus entre les quatre entreprises."
(459) The accounts given by Solvay Pharmaceutical and Roche view the events surrounding the origin of the cartel arrangements from opposite standpoints. Roche attributes the initiative to Solvay which, it says, had already during 1992 initiated (unsuccessful) contacts with the other producers to interest them in forming a cartel. Roche claims - unlike Solvay - to have had no great desire to put up the price of straight D3; it says its interest was to keep the D3 price premium in AD3 combinations low so as to boost its sales of the far more profitable vitamin A in the AD3 compound. (In reality as early as March 1991 Roche's policy for vitamin D3 was expressed as follows: "Price targets and increases to be coordinated with vitamin A (AD3). Agreed prices to be strictly implemented.") According to Roche, Solvay persisted and finally persuaded the others to agree to meet in early 1994.
(443) Le compte rendu de Takeda concernant sa réunion de travail du 10 novembre 1993 à Tokyo avec Roche, qui était consacrée à plusieurs vitamines, confirme que de nouveaux quotas avaient été convenus pour la vitamine C au cours de la réunion du mois d'août: les ventes réalisées par les quatre entreprises au cours de la période allant de janvier à septembre restaient "à l'intérieur du quota de 73,6 % alloué".
(460) Solvay initially glossed over the issue of which company initiated the cartel. In the comments it submitted following the Statement of Objections, however, Solvay states that it was the last D3 producer to be contacted for the cartel which had been initiated by the vitamin A producers (Roche, RPAN and BASF). Solvay claims to have been at risk from its two larger competitors who both produced A, D3 and other vitamins and could force it out of the market by depressing the price of D3. It had decided in 1990 not to re-enter the vitamin A market and was left with its vitamin D3 manufacturing. Roche had stopped supplying Solvay with vitamin A in 1991. At about the same time, BASF which had previously purchased D3 from Solvay, became an independent manufacturer in its own right of D3, with the result that Solvay's sales went down by 25 %.
(444) Takeda a toutefois repris son argument favori selon lequel il était "déraisonnable de maintenir les parts de 1990 sans autres conditions, et qu'il était nécessaire d'envisager de réduire les quotas attribués à B et à M qui sont directement influencés par les produits chinois". Roche a rétorqué que si l'on parlait de réductions de quota à BASF et à Merck, ces deux entreprises cesseraient d'appliquer le système et plongeraient le marché dans le chaos en pratiquant des prix bas: "C'est pourquoi il faut maintenir l'accord de base sur le gel des parts. Il faut continuer à appliquer le système actuel, car le maintien des prix actuels est ce qui importe le plus à présent."
(461) Whoever it was that took the initiative, it is common ground that the three producers began meeting in about the beginning of 1994 to agree a formal cartel scheme for vitamin D3.
(445) Roche a proposé un nouveau système pour les quotas de 1994, avec la fixation de quotas "actifs" et de quotas "passifs" pour chaque région. Lors de la réunion au sommet du lendemain, les participants se sont mis d'accord sur l'attribution de quotas pour 1994 et sur des plans provisoires d'augmentation du prix du marché en Europe afin de porter le prix à 25 DEM à compter du 1er janvier et à 26 DEM à compter du 1er avril.
(462) The first meeting, held probably on 11 January 1994 in Basel, was attended by Roche, BASF, and Solvay. They focused in this initial meeting on determining total world demand for vitamin D3 and their individual shares. A consensus was reached that their respective shares were Solvay 41 %, Roche 38 % and BASF 21 %.
(446) Le 8 février 1994, les quatre producteurs de vitamine C sont convenus, au cours d'une réunion à Bâle, de maintenir en 1994 l'accord de base fondé sur un gel de leurs parts à leur niveau de 1990. Alors que les trois producteurs européens soulignaient l'importance d'un maintien des parts de marché de 1990, Takeda a formulé de sérieuses réserves et, selon elle, n'a accepté un compromis que pour éviter que BASF et Merck ne se retirent des discussions quadripartites. ces deux entreprises avaient en effet menacé de se retirer si Takeda ne s'engageait pas à respecter les parts de marché fixées dans l'accord de 1990.
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