Rapport de la Commission - Rapport annuel 2004 - (ECHO) {SEC(2005) 1481} /* COM/2005/0580 final */
[pic] | COMMISSION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES | Bruxelles, le 23.11.2005 COM(2005) 580 final RAPPORT DE LA COMMISSION Rapport annuel 2004 - (ECHO) {SEC(2005) 1481} TABLE DES MATIÈRES 1. Introduction 3 2. Aspects de politique générale 3 3. Aperçu des opérations humanitaires de la DG ECHO 4 4. Principales questions horizontales 7 4.1. Relations contractuelles avec les partenaires – ACP 7 4.2. Relations avec les principaux partenaires humanitaires, les donateurs extérieurs à l’Union européenne et les autres institutions communautaires 7 4.3. Planification stratégique et questions transversales 8 4.4. Financement thématique 9 4.5. Formation et études, communication et information 9 4.6. Ressources budgétaires et humaines, audit et évaluation 9 5. Perspectives 10 1. INTRODUCTION La direction générale de l’aide humanitaire de la Commission européenne, la «DG ECHO», est responsable de la gestion des fonds de l’Union européenne destinés à l’aide humanitaire en faveur des victimes de conflits ou de catastrophes (d’origine naturelle ou humaine), dans les pays extérieurs à l’Union. Sa mission consiste à sauver et à préserver les vies des populations frappées par des crises humanitaires, à éviter et à atténuer leurs souffrances ainsi qu’à garantir leur intégrité et leur dignité. Elle s’engage à fournir une assistance en fonction des seuls besoins, indépendamment de toute considération politique. L’année 2004 restera vraisemblablement dans les annales comme l’année du tragique tsunami du 26 décembre, qui, en quelques instants, a tué près de 280 000 personnes sur les côtes de l’océan Indien. Toutefois, en 2004, d’autres crises, survenues ailleurs dans le monde, ont coûté la vie à des milliers d’autres personnes, souvent sans que le public n’ait connaissance de la détresse des populations touchées. Ce sont ce que la Commission appelle les «crises oubliées», celles auxquelles les médias n’accordent pas, ou plus d’attention. Un des objectifs de la DG ECHO est précisément d’être présente dans ces situations et de soulager les souffrances des victimes de ces crises parfois très longues. Si elle se concentre sur l’évolution des besoins humanitaires mondiaux, la DG ECHO accorde dans le même temps une attention particulière aux questions transversales, comme le lien entre l’aide d’urgence et l’aide au développement, la préparation aux désastres, le VIH/SIDA et l’enfance. Le présent rapport synthétise les principales activités de la direction générale en 2004. L’annexe fournit davantage de détails sur ces activités, et notamment un aperçu, par pays, des opérations humanitaires soutenues par la DG ECHO. 2. ASPECTS DE POLITIQUE GÉNÉRALE Comme le montre la répartition régionale des fonds de la DG ECHO, la réponse apportée par celle-ci aux situations d’urgence humanitaire en 2004 a évolué en fonction des modifications des besoins humanitaires mondiaux, une attention particulière ayant été consacrée aux crises oubliées. Afin de garantir que ses opérations correspondent bien aux besoins, la DG ECHO établit son programme de travail selon une méthode fondée sur l’évaluation mondiale de ces besoins. Pour ce faire, elle procède à une comparaison de la situation de quelque 130 pays en développement, sur la base de neuf indicateurs humanitaires (développement humain, pauvreté, exposition aux catastrophes naturelles, conflits, réfugiés, déplacés internes (PDI), malnutrition, mortalité et contributions d’autres donateurs). Les pays situés dans le premier quart du classement sont ceux qui ont les besoins les plus élevés, ceux situés dans les deuxième et troisième quarts sont considérés comme des pays à besoins moyens et ceux du quart restant comme des pays dont les besoins sont faibles. Cette évaluation permet à la DG ECHO de vérifier, d’un point de vue global, le degré de réussite de la mise en œuvre de sa stratégie axée sur les besoins. L’application de cette méthode aux résultats 2004 (situation au 31 décembre 2004) fait apparaître que 62 % (soit 353 millions EUR) des 570 millions EUR engagés au titre du FED et du chapitre 23 02 du budget ont été octroyés aux régions dont les besoins étaient les plus importants, 30 % (soit 172 millions EUR) à celles à besoins moyens et moins de 1 % (soit 4 millions EUR) aux régions dont les besoins étaient les plus faibles (besoins ponctuels). Le montant restant (soit 41 millions EUR ou 7 %) a été consacré à des actions thématiques, à l’assistance technique ou à des dépenses d’appui. Sur le plan géographique, la DG ECHO a procédé à une évaluation de ses opérations en Corée du Nord, au Sri Lanka, au Zimbabwe, en République démocratique du Congo et au Moyen-Orient. Les actions de préparation aux catastrophes ont également fait l’objet d’un examen. Dans l’ensemble, les évaluateurs ont estimé que les activités financées par la DG ECHO dans ces pays et régions répondaient aux principaux objectifs humanitaires. En 2004, la stratégie d’aide de la DG ECHO est restée axée sur les crises oubliées. Il s’agit des crises humanitaires auxquelles le monde politique et l’opinion publique ne s’intéressent guère, ou pas du tout, et dans lesquelles les autres donateurs interviennent peu ou hésitent à intervenir en raison de risques importants. Pour repérer les crises oubliées, la DG ECHO se fonde sur une méthode d’analyse tenant compte de critères tant quantitatifs (faible couverture médiatique ou peu de soutien des donateurs mais besoins importants) que qualitatifs (évaluation sur le terrain par les experts et les responsables de dossiers de la DG ECHO). Les principales crises oubliées identifiées en 2004 se déroulaient dans les régions ou pays suivants: Algérie (Sahara occidental), République démocratique du Congo, Guinée, Haïti, Inde, Myanmar/Birmanie, Népal, Caucase du Nord (Tchétchénie), Thaïlande (réfugiés birmans), Somalie, Soudan, Ouganda et Yémen. Au cours de l’année, une aide totale de 239 millions EUR a été allouée à ces crises, soit 42 % des 570 millions EUR engagés au titre du FED et du chapitre 23 02 du budget. La DG ECHO, en collaboration avec les agences et organisations humanitaires, insiste avec force sur la nécessité de créer un accès sûr, durable et sans entrave à l’espace humanitaire. Tout au long de l’année 2004, la DG est restée vigilante et active afin de garantir que le respect des principes humanitaires d’impartialité, de neutralité et d’indépendance reste une priorité, tant au sein des institutions de l’Union européenne que dans les différentes enceintes internationales. C’est en grande partie grâce à cette approche que la sauvegarde des principes humanitaires a pu être intégrée dans le projet de traité constitutionnel européen. 3. APERÇU DES OPÉRATIONS HUMANITAIRES DE LA DG ECHO En dépit de signes positifs observés dans certaines régions, la situation humanitaire globale en 2004 n’a guère prêté à l’optimisme, les difficultés ayant continué à s’accumuler. Certes, le nombre de réfugiés est passé de 10,6 millions en 2002 à 9,67 millions à la fin 2003[1], mais l’expérience a néanmoins montré qu’une fois rapatriés, les réfugiés ont encore besoin de l’aide humanitaire, du moins dans la période suivant immédiatement leur retour. On estime en outre à 25 millions le nombre de déplacés internes[2]. On peut donc, à juste titre, parler à leur égard du «groupe de personnes vulnérables le plus important du monde[3]». Le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2004 publié par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge indique que, si le nombre de morts causés par les catastrophes a diminué, celui des personnes touchées a augmenté. La crise humanitaire provoquée en Asie par le tremblement de terre du 26 décembre et par le tsunami qui s’en est suivi illustre de manière tragique la vulnérabilité croissante des populations aux catastrophes naturelles. En 2004, la réponse apportée par la DG ECHO aux crises humanitaires a fait l’objet de 102 décisions de financement, pour un montant total de 570,4 millions EUR, 518,2 millions étant à charge du budget de la Commission, les 52,2 millions restants provenant du FED. Le taux d’exécution des crédits d’engagement a atteint les 100 %. Les pays ACP ont été les principaux bénéficiaires de l’aide (301,6 millions EUR), suivis par l’Asie (111,1 millions EUR). Le tableau ci-dessous donne un aperçu de la distribution géographique de l’aide humanitaire octroyée en vertu des décisions de financement adoptées en 2004 (montants en milliers d’euros). Unité/Région | Montant | % | DG ECHO -1: Afrique, Caraïbes, Pacifique | 301 555 | 53% | Corne de l’Afrique | 139 618 | Grands Lacs | 76 360 | Afrique occidentale | 37 300 | Caraïbes, Pacifique, océan Indien | 19 477 | Afrique australe | 28 800 | DG ECHO -2: Europe de l’Est, Fédération de Russie, Caucase du Sud, Asie centrale (y compris la Mongolie), Moyen-Orient, bassin méditerranéen | 90 705 | 16% | Fédération de Russie, Caucase du Sud et Asie centrale (y compris la Mongolie) | 41 850 | Bassin méditerranéen et Moyen-Orient | 48 855 | DG ECHO -3: Asie, Irak, Amérique centrale et Amérique du Sud | 123 322 | 22% | Asie | 111 122 | Irak | - | Amérique centrale et Amérique du Sud | 12 200 | Dipecho – Préparation aux catastrophes naturelles | 13 700 | 2% | Financement thématique | 19 430 | 3% | Assistance technique (experts et régies d’avances) | 15 300 | 3% | Dépenses d’appui (audits, évaluation, information et communication, etc.) | 6 400 | 1% | TOTAL 2004 | 570 412 | 100% | Principales opérations de la DG ECHO en 2004 En Afrique, les opérations les plus importantes se sont déroulées au Soudan/Darfour . La guerre civile qui y a éclaté en 2003 s’est considérablement intensifiée en 2004. Avec plus d’un million de personnes déracinées et deux tiers de la population touchés par le conflit, cette crise est considérée par l’ONU comme «la plus grande crise humanitaire du monde». Outre les 20 millions EUR en faveur du Soudan initialement inscrits au budget, différentes mesures d’urgence ont été adoptées, portant à 83 millions EUR le montant total de l’aide apportée aux victimes de l’escalade du conflit dans la région du Grand Darfour ainsi qu’aux réfugiés du Tchad voisin. La DG ECHO a également participé à certains efforts de sensibilisation internationale, par exemple en co-présidant un groupe d’alerte aux donateurs, en juin à Genève. La situation humanitaire générale en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs (Burundi, République démocratique du Congo, Congo Brazzaville, République centrafricaine et Tanzanie) est restée précaire en 2004. Les différents processus de paix n’ont progressé que de manière timide, marqués par une poursuite des conflits en RDC et par des accrochages réguliers au Burundi. Des millions de personnes ont bénéficié des projets financés par la DG ECHO. Les habitants de certaines parties de la sous-région ouest-africaine ont également souffert des catastrophes naturelles et de la persistance des conflits armés en 2004. La DG ECHO a continué à financer des projets d’aide d’urgence destinés, notamment, à faire face à l’apparition, en Afrique occidentale, d’épidémies menaçant près de 200 millions de personnes. Dans le Caucase du Nord, la crise humanitaire oubliée qui sévit depuis longtemps en Tchétchénie est restée l’une des principales priorités d’action de la DG ECHO en 2004, un total de 28,5 millions EUR ayant été alloué aux victimes de ce conflit. La DG ECHO a octroyé des fonds considérables en vue de répondre aux besoins de plus de 450 000 personnes frappées par la crise, tant en Tchétchénie que dans les républiques voisines d’Ingouchie et du Daguestan. La situation dans les territoires palestiniens occupés s’est encore détériorée en 2004, alors que le processus de paix est resté au point mort. L’insécurité alimentaire ou le risque d’insécurité alimentaire concernait 70 % de la population, estimée à 3,8 millions d’habitants, alors que près de deux millions de personnes vivaient dans la pauvreté. La DG ECHO a débloqué 37,35 millions EUR pour des opérations humanitaires destinées à venir en aide aux Palestiniens des territoires occupés ainsi qu’aux réfugiés palestiniens établis en Jordanie, au Liban et en Syrie. Certains réfugiés iraquiens hébergés dans des camps en Jordanie et dans le «no man’s land» situé entre la Jordanie et l’Irak ont également bénéficié de l’aide de la DG ECHO. Depuis la fin des opérations militaires d’envergure en Afghanistan en 2002, plus de trois millions de personnes, réfugiées en Iran et au Pakistan ou déplacées à l’intérieur du pays (PDI), ont regagné leur région d’origine. Les besoins locaux restent toutefois très importants. En 2004, la DG ECHO a accordé une aide humanitaire de 35 millions EUR en faveur de l’Afghanistan, au travers d’un plan global couvrant toute l’année. Elle a également continué à venir en aide aux groupes les plus vulnérables, notamment en soutenant le retour et la réintégration des réfugiés et des PDI. Enfin, le tsunami qui a frappé les côtes de l’océan Indien le 26 décembre a coûté la vie à plus de 280 000 personnes et reste de ce fait l’une des pires catastrophes jamais enregistrées. Il a en outre laissé des millions d’habitants sans toit ni moyens de subsistance. La DG ECHO a été le premier donateur à réagir, en accordant des fonds aux agences actives sur le terrain. Ainsi, le 26 décembre 2004, elle a octroyé 3 millions EUR à la Fédération internationale de la Croix-Rouge. Les 30 et 31 décembre, deux décisions ont été adoptées, chacune prévoyant une aide de 10 millions EUR en faveur du Sri Lanka, des Maldives et de l’Indonésie. En janvier 2005, la Commission européenne a demandé à l’autorité budgétaire (le Parlement et le Conseil) d’accorder jusqu’à 100 millions EUR d’aide d’urgence supplémentaire destinée aux régions sinistrées et, le 9 février 2005, une décision a été adoptée en vue d’apporter une aide de 80 millions aux populations concernées, notamment pour des actions de réhabilitation à court terme. L’annexe du présent rapport décrit dans le détail les opérations dans chacun des pays en question. 4. PRINCIPALES QUESTIONS HORIZONTALES 4.1. Relations contractuelles avec les partenaires – ACP Le 30 avril 2004, la Commission a adopté la décision fixant les dépenses d’appui administratif pour 2004, prévoyant notamment une enveloppe d’aides non remboursables pour l’année en question (ligne budgétaire réservée aux petites subventions, non renouvelables, destinées à la formation, aux études et aux réseaux dans le domaine humanitaire). En octobre 2004, trois subventions ont été octroyées pour un montant total d’environ 300 000 EUR. La première phase des travaux préparatoires à la mise en place d’un instrument contractuel couvrant les agences spécialisées de États membres est à présent terminée. Il s’agissait notamment d’identifier les organismes susceptibles de bénéficier des nouvelles procédures ainsi que le type d’action concernées. 4.2. Relations avec les principaux partenaires humanitaires, les donateurs extérieurs à l’Union européenne et les autres institutions communautaires Au niveau international , la DG ECHO a participé à différentes réunions afin d’examiner en profondeur, avec les autres donateurs principaux, des questions telles que le rétrécissement de l’espace humanitaire, les principes humanitaires, et notamment le risque de voir ceux-ci non respectés en cas de missions intégrées de l’ONU, ou encore les problèmes d’accès à certains pays rencontrés par les travailleurs humanitaires. Dans le cadre du dialogue de programmation stratégique, quatre réunions se sont tenues avec les principaux partenaires (l’OCHA, l’UNICEF, l’OMS et le PAM) dans le courant de l’année 2004. Au niveau des institutions communautaires , la DG ECHO est restée vigilante et active tout au long de l’année afin de garantir que le respect des principes humanitaires d’impartialité, de neutralité et d’indépendance reste une priorité, tant au sein des institutions de l’Union européenne que dans les différentes enceintes internationales. La DG ECHO a également participé à de nombreuses réunions à divers niveaux au Conseil ainsi que dans les autres services de la Commission comme la DG «Environnement» (pour les questions de protection civile) ou la DG «Relations extérieures» (en ce qui concerne la gestion des crises), afin d’insister sur le fait que les principes humanitaires font partie intégrante du travail des uns et des autres. Le comité d’aide humanitaire (CAH) a rencontré à onze reprises les représentants des États membres au cours de l’année 2004. En outre, les présidences irlandaise et néerlandaise ont organisé deux sessions informelles du CAH, l’une consacrée aux principes humanitaires, l’autre aux relations entre les civils et l’armée. 4.3. Planification stratégique et questions transversales En 2004, la DG ECHO a défini sa stratégie pour 2005. Celle-ci est fondée sur une évaluation des besoins à travers le monde et sur l’analyse des crises oubliées. - Liens entre l’aide d’urgence, la réhabilitation et le développement (LRRD): La DG ECHO a poursuivi ses travaux au sein du groupe interservices consacré à ce sujet. Des progrès significatifs ont été enregistrés dans bon nombre des quinze pays et régions sélectionnés en 2003 pour servir de cas pilotes. La mise en œuvre de stratégies LRRD est restée une priorité constante sur le terrain, des avancées sensibles ayant été réalisées dans des pays comme l’Angola, le Tadjikistan et le Cambodge. On trouvera plus de détails à l’annexe du présent rapport. - Enfance: La DG ECHO a donné davantage de visibilité à cette priorité transversale. En 2004, 66 des 102 décisions de financement ainsi que 79 contrats ont été consacrés, en tout ou en partie, à des actions dans le domaine de l’enfance (alimentation thérapeutique, vaccination, réintégration des enfants soldats), pour un montant total de 46 millions EUR (contre 26 millions EUR en 2003). En 2004, la DG ECHO a également élaboré un projet de lignes directrices internes relatives aux politiques en faveur des enfants victimes des crises humanitaires et mis au point un mécanisme d’information lui permettant d’évaluer avec davantage de précision l’étendue et les retombées de ses activités de soutien à l’enfance. - PCPP : La DG ECHO a adopté, en 2004, 16 décisions de financement soutenant des actions de préparation aux catastrophes. Elle a consacré un total de 360 000 EUR à la conférence mondiale de Kobe sur la prévention des catastrophes naturelles, étape majeure de la campagne planétaire en faveur de la prévention des catastrophes. La DG ECHO a également consenti des efforts importants pour renforcer les initiatives internationales dans ce domaine, notamment par la mise en place d’un système d’alerte mondiale en matière de catastrophes, en collaboration avec l’OCHA et le Centre commun de recherche de la Commission (420 000 EUR). - Eau: En 2004, la DG ECHO a fait de l’eau une des priorités de son programme de travail. Dans cette optique, elle a lancé un appel d’offres restreint destiné à examiner les questions liées à l’eau et à l’assainissement dont il convient de tenir compte dans le cadre de l’aide humanitaire. La remise du produit final est prévue en 2005. Allant plus loin que l’objectif de départ, la DG ECHO a également procédé à un examen de son approche en matière de VIH/SIDA. 4.4. Financement thématique Le financement thématique constitue une nouvelle forme de collaboration avec les organisations internationales ainsi qu’une réaffirmation de la volonté de la DG ECHO de travailler en partenariat étroit avec les agences de l’ONU et les organismes de la Croix-Rouge afin d’améliorer l’efficacité de l’aide humanitaire. En 2004, la DG ECHO a conclu des contrats thématiques avec l’OCHA (4 millions EUR), pour améliorer la gestion de l’information de celui-ci, avec l’OMS (3,5 millions EUR), afin de soutenir ses actions sanitaires dans les crises, et avec le PAM (4,5 millions) en vue de renforcer sa capacité à évaluer de manière adéquate les besoins humanitaires en matière d’alimentation. En outre, la DG ECHO a soutenu les activités de protection de l’enfance de l’UNICEF (2 millions EUR) ainsi que le renforcement des capacités d’intervention d’urgence de l’Organisation (5,4 millions EUR) grâce à une série de mesures comme le préacheminement des médicaments de base et des articles de première nécessité. 4.5. Formation et études, communication et information La DG ECHO a organisé 42 séances de formation sur le nouveau cadre juridique régissant les relations de la DG avec ses partenaires. Au total, ces formations se sont déroulées sur 77 jours et ont rassemblé 904 participants. La DG ECHO a continué à soutenir activement le réseau d’aide humanitaire NOHA, qui, en collaboration avec sept universités, propose un diplôme post-universitaire pluridisciplinaire d’un an en affaires humanitaires. Au cours de l’année 2004, la DG ECHO a organisé une série d’activités destinées à faire connaître, au moyen de publications et d’affiches bien visibles, les valeurs, les principes et les réalisations concrètes de la politique d’aide humanitaire de l’Union européenne. Elle a aussi diffusé des programmes audiovisuels présentant ses activités. La «journée solidarité jeunesse», organisée avec succès pour 540 jeunes au Parlement européen, a constitué l’une des principales manifestations d’information de l’année. 4.6. Ressources budgétaires et humaines, audit et évaluation La DG ECHO dispose de mécanismes officiels assurant un suivi continu des données financières et la remise régulière d’informations de gestion adéquates. Des indicateurs financiers spécifiques ont été intégrés dans un tableau de bord général. Les activités humanitaires sont soumises à des audits financiers , tant au siège que sur le terrain. En 2004, 145 audits, dont certains ont déjà été finalisés, se sont déroulés au siège des organisations humanitaires. Il a en outre été procédé à 32 audits opérationnels (sur le terrain). En ce qui concerne les ressources humaines , la DG ECHO comptait en 2004 quelque 172 membres du personnel, dont 146 fonctionnaires et 26 agents externes. La DG a pris un certain nombre de mesures destinées à assurer la prise en compte de la réforme de la Commission dans la mise en œuvre de la politique des ressources humaines. Le budget administratif de la DG ECHO s’est élevé, en 2004, à 2,2 millions EUR. Il a été utilisé pour recruter du personnel externe, pour couvrir les frais administratifs afférents aux missions, formations et conférences, ainsi que pour rémunérer les experts et pour financer des études. Chaque année, la DG ECHO évalue une dizaine de ses opérations. En 2004, ces évaluations ont porté sur les activités déployées en Corée du Nord, au Sri Lanka, au Zimbabwe, en République démocratique du Congo et au Moyen-Orient ainsi que sur les mesures de préparation aux catastrophes dans les Caraïbes. La DG ECHO a en outre procédé à l’examen des dossiers thématiques relatifs aux PDI, à la sécurité, à l’eau et à l’assainissement. Enfin, elle a réalisé une évaluation des activités de la FICR et de l’ONG «Action contre la faim». Dans le cadre de l’initiative sur l’aide humanitaire efficace (Good Humanitarian Donorship), la DG ECHO a passé en revue les questions de sécurité concernant les organisations humanitaires. À l’issue de ce processus, elle a publié un Guide générique de la sécurité , un Répertoire des actions de formation à la sécurité et un Rapport sur la sécurité . Ces documents sont destinés à aider les organisations humanitaires à faire face à leurs responsabilités en ce qui concerne les besoins de sécurité de leur personnel, tant expatrié que local. Le détail de toutes les activités horizontales figure à l’annexe du présent rapport. 5. PERSPECTIVES En 2004, la DG ECHO a défendu une politique de strict respect des valeurs et principes fondamentaux de l’aide humanitaire, à savoir la neutralité, l’impartialité et l’indépendance. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire de se tenir rigoureusement à ces principes étant donné qu’on observe une évolution inquiétante, d’une part au niveau institutionnel, où certaines forces politiques ont tendance à considérer l’aide humanitaire comme un instrument de politique étrangère ou de gestion des crises, et, d’autre part, sur le terrain, où les organisations humanitaires, devenant parfois la cible des belligérants, doivent faire face à des conditions de plus en plus dangereuses. Pour la DG ECHO, le meilleur moyen de préserver l’«espace humanitaire» est de continuer à observer de façon stricte les principes d’une aide efficace définis à Stockholm les 16 et 17 juin 2003 et confirmés à Ottawa en octobre 2004 (c’est-à-dire fournir de l’aide en fonction des besoins). Il est également primordial d’avoir toujours le souci d’apporter une aide de grande qualité et de poursuivre un dialogue transparent avec d’autres acteurs clés, dans le cadre des relations bilatérales comme dans les enceintes humanitaires multilatérales. L’expérience des crises récentes, que ce soit en Afghanistan, au Moyen-Orient, en Irak, au Darfour ou ailleurs, a montré que le respect de ces principes est indispensable si l’on veut apporter une aide efficace, garantir un accès aux populations dans le besoin et préserver la sécurité ainsi que la vie des travailleurs humanitaires. [1] HCR: Refugees by Numbers (édition 2004) http://www.unhcr.ch/cgi-bin/texis/vtx/basics/ [2] Global IDP Project: Internal Displacement - A Global Overview of Trends and Developments in 2003. Disponible sur http://www.idpproject.org/press/2004/Global_Overview.pdf [3] HCR: Internally Displaced Persons, Questions and Answers (2004) http://www.unhcr.ch/cgi-bin/texis/vtx/basics/